Foire Aux Questions

Studio Canal

ROMANS

Denis Chauvet s'est intéressé aux nombreux romans adaptés de la série. Ces novélisations sont-elles du même niveau que le matériel original ? La réponse dans les lignes qui suivent...

1. Chapeau Melon et bottes de cuir, collection Télé Junior

2. Romans de John Garforth

2.1 Les différentes éditions

2.2 Analyse successive des romans

3. The New Avengers

4. Steed and Mrs Peel

5.Deadline & Dead Duck (L'article de la mort & Canards mortels)

6. Chez l'éditeur américain Berkley Medallion Books

6.1 Romans de John Garforth

6.2 Romans de Keith Laumer

6.3 Romans de Norman Daniels

6.4 Verdict final

7. Too Many Targets

8. The Avengers (Douglas Enefer)

9. The Avengers Steed and Mrs Peel, The Comic Strips

10. Comics : Steed and Mrs Peel

11. Batman’66 meets Steed and Mrs Peel


1. Chapeau melon et bottes de cuir, collection Télé junior.

Collection Télé junior No1, juillet 1980.

48 pages, bandes dessinées couleur.

Couverture :

Les aventures de Steed, Gambit et Purdey en bandes dessinées.

Les dessins sont de Pierre Le Goff, journaliste et dessinateur. Il a adapté d'autres séries en BD comme Les Brigades du Tigre et L'homme qui valait trois milliards. Né en 1932 et passionné d'automobiles, Pierre Le Goff illustra dans Le Journal de Mickey, Spirou, Tintin, Pilote entre autres. Néanmoins, certains experts s'accordent à dire que Pierre Le Goff ne serait pas le dessinateur de toutes les histoires, en particulier Falkenstein qui serait l'œuvre d'un autre auteur.

Six histoires sont dans cet ouvrage ; deux avait déjà été publiées en anglais dans l'Annual de 1978 : Le secret de Midas et Le cybernaute. Les quatre autres histoires n'ont jamais été publiées en anglais. Il est probable que les histoires soient parues sur plusieurs semaines dans des magazines français en 1977 et qu'elles soient ensuite ressorties ensemble en 1980.

Cet album est sorti en France (12FF), en Belgique et en Suisse sous le copyright : 1977 The Avengers (Film & TV) Enterprises Limited. Le dessin au premier plan fait référence à l'épisode Les fossoyeurs où Steed sauve Mrs Peel sur les rails, mais cette dernière n'est pas présente dans les différentes histoires.

La plupart des histoires sont des condensés d'épisodes de la série. Néanmoins, la première et la plus longue, La malédiction de Falkenstein (11 pages) est inédite. Le repaire de l'aigle (sept pages, épisode du même nom), Le secret de Midas (huit pages, inspiré du Baiser de Midas), La mort avait des ailes (sept pages, inspiré d'Un chat parmi les pigeons), Le cybernaute (huit pages, inspiré du Dernier des cybernautes) et Le mystère de la planète Y (sept pages, inspiré de La grande interrogation) sont les autres aventures de cet album.

Les histoires sont inspirées des épisodes mais différentes, soit dans le scénario, soit dans les noms des personnages. Dans Le repaire de l'aigle, les noms des personnages varient ainsi : Stanley (Stannard), Professeur Weber (Von Claus), Colonel Rudoff (Father Trasker). À noter que, contrairement à l'épisode où le Führer est deviné, la BD le représente par un dessin. Dans Le secret de Midas, les noms des protagonistes n'ont pas changé mais le personnage de Freddy a disparu. Également, Fortelli remplace Zarcardi (La mort avait des ailes) et le professeur Aronov est l'inventeur des cybernautes et non le docteur Armstrong. Dans Le mystère de la planète Y, le personnage de Brandon est Bradley.

Quelques bizarreries de language sont à noter (peu nombreuses heureusement). Elles concernent surtout la première histoire où l'on peut lire : 'Dieu gracieux, Mike, je suis ravie.' (page 3) ou 'Bonté gracieuse' (page 4). Juste après, à la page 5, Steed déclare : 'Je crois que je saurais utiliser une bonne bière.' Également des fautes d'orthographe ('de nombreux peintures', page 1). Sinon, Purdey ne dit pas Steed mais John. On peut se le procurer sur e-bay… à partir de 1€. Cela serait dommage de s'en priver.

Mon avis : Dans l'ensemble, cet album est fidèle à la série et aux personnages ; les dessins de Steed, Gambit et Purdey sont très ressemblants et les histoires familières. Les scénarios sont généralement moins denses vu le nombre de pages consacrées à chaque aventure.

Extraits :







 


 2. Romans de John Garforth

2.1 Les différentes éditions :

Date de publication en Grande-Bretagne : 1967, Panther Books.

Les romans sont également sortis en France, aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Allemagne en 1967 avec des couvertures différentes (ainsi qu'au Chili en 1968 !).

En France, les quatre romans, traduits par France-Marie Watkins, sont sortis séparément chez Solar en 1967 et ont été réédités dans un seul ouvrage en 1995, aux éditions Fleuve Noir.

À noter que les secondes éditions américaines de 1969 ont Tara King en couverture, alors qu'elle n'apparaît dans aucune des histoires de John Garforth.

Trois romans sont sortis individuellement en 1967 en Allemagne, la série et particulièrement Mrs Peel étant très populaires outre-Rhin. Ils ont été réédités en un seul ouvrage en 1998, aux éditions Heyne sous le titre Mit Schirm, Charme und Melone – neue Fälle für John Steed und Emma Peel. À noter que la quatrième histoire, Heil Harris ! n'a pas été traduite en allemand ; le thème de cette aventure étant sûrement la raison de cet 'oubli'. En allemand, The Floating Game devient Drei kleinen Chinamädchen ; The Laugh was on Lazarus est Die traurigen Toten von Highgate et The Passing of Gloria Munday est Der singende Tod von Blackpool.

Couverture allemande :

L'édition française la plus récente : 1995, Fleuve Noir (Collection Super Poche).

Couverture :

 

4e de couverture :

 

Cet ouvrage, intitulé tout simplement Chapeau melon et bottes de cuir, regroupe les quatre histoires sorties en 1967 séparément. Elles sont précédées d'une préface d'une vingtaine de pages et d'une bibliographie très intéressantes. En préface, les passages concernent l'historique de la série et l'influence des Avengers girls, plus particulièrement Emma Peel. Les différents livres (sortis jusqu'en 1995) sont passés en revue ainsi que les magazines, fanzines et différentes associations. Ainsi, Club chapeau melon et bottes de cuir (années 80), The Avengers Club International – des imposteurs comme j'ai pu lire récemment –, Steed and Co et You have just been murdered (de Marseille), tous des années 90. La photographie de la couverture est tirée de l'épisode Le club de l'enfer.

2.2 Analyse successive des romans :

LE FLAMBEUR FLAMBE – THE FLOATING GAME

Couverture originale :

Couverture française :

Fait penser à :Avec vue imprenable (lavage de cerveaux, trois chinoises).

Emma est croupier et Steed se présente aux élections.

Mon avis : Histoire abracadabrante d'espions russes et de mafia à peine compréhensible. La finalité est de discréditer le gouvernement britannique. Tamara, agent lesbienne, veut épouser Emma aux États-Unis !

DRÔLES DE MORTS – THE LAUGH WAS ON LAZARUS

Couverture originale :

Couverture française :

4e de couverture française :

Fait penser à : Le mort vivant, Double personnalité, Le repaire de l'aigle.

Emma est une tueuse de zombies et Steed doit se faire lobotomiser.

Mon avis : La meilleure des quatre histoires. Le cerveau et l'invention d'un professeur sont utilisés afin de ressusciter les personnes souhaitées (après les avoir tuées) pour accomplir une mission. Le premier chapitre est excellent. L'histoire se déroule à Watford et Radlett, lieux de tournage de la série, mais on y trouve un agent noir, une femme tuée et Steed est en cage, à poils et il séduit une vieille peau en tenue d'Ève !

POP CRIME – THE PASSING OF GLORIA MUNDAY

Couverture originale :

 

Couverture française :

Fait penser à : Les aigles, La poussière qui tue.

Emma est chanteuse pop et Steed est en prison.

Mon avis : Le conditionnement des masses par la pop musique doit faciliter la révolution en Grande-Bretagne. La plus faible des quatre histoires de John Garforth. Beaucoup d'ennui et de références temporelles qui n'existaient pas dans la série.

HEIL HARRIS !

Couverture originale :

4e de couverture originale :

Couverture française :

Fait penser à : Les chevaliers de la mort , Le repaire de l'aigle

Emma infiltre les chemises brunes et Steed se rend en Bavière à la recherche du trésor.

Mon avis :Bonne histoire Avengers malgré quelques éléments qui ne collent pas à la série (Steed est tout près de coucher avec la belle espionne allemande). Une organisation britannique composée de militaires et de nostalgiques veut mettre la main sur le trésor de guerre du Reich et provoquer une révolution sanglante en Grande-Bretagne. Steed se demande même si le Führer n'est pas derrière tout cela…

Conclusion : Les histoires de John Garforth, écrivain anglais, sont très moyennes dans l'ensemble mais le lecteur peut y retrouver de temps à autre l'atmosphère de la série. Steed est accompagné de Mrs Peel dans les aventures. Deux bonnes histoires sur quatre, même si les critères de la série ne sont pas toujours respectés. Un collaborateur de couleur (dans deux histoires), des femmes assassinées, de la violence et du sexe qui font plus penser à du James Bond qu'aux Avengers ! De plus, Steed fume ; il a un supérieur, le Vieux, un clochard informateur, Thorburn, et un chauffeur de taxi, Benson, qui le conduit aux convocations du Vieux.

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3. The New Avengers

Date de publication en Grande-Bretagne : 1976 et 1977, Futura Publications.

Aucun roman n'a été traduit et publié en français.

Six romans adaptés d'épisodes des New Avengers sont sortis en Grande-Bretagne en livres de poche peu après le passage de la série à la télévision. Il existe une édition américaine pour les trois premiers romans ; une édition néerlandaise pour deux romans et une édition allemande pour le premier. Ils n'ont pas été réédités et il est par conséquent assez difficile de trouver des exemplaires en état impeccable. Néanmoins, on peut se les procurer à des prix très abordables sur des sites comme e-bay ou amazon. Ces romans sont sortis en Grande-Bretagne, surtout pour les bibliothèques de prêts, en couverture dure chez l'éditeur Arthur Barker Ltd (sauf le dernier Hostage) mais ces versions sont beaucoup plus rares.

La production étant en mal de liquidités, il est facile de comprendre les raisons de la publication de certains épisodes. Quatre écrivains ont participé à l'élaboration de ces six romans : John Carter, Justin Cartwright, Peter Cave et Walter Harris. À noter que quatre couvertures sur six sont illustrées par des photos provenant d'épisodes autres que le titre du roman.

HOUSE OF CARDS

Auteur : Peter Cave.

Premier des six romans publiés en livre de poche. L'histoire est basée sur le scénario de l'épisode écrit par Brian Clemens (Le château de cartes) mais celui-ci n'est pas mentionné. Il existe une édition néerlandaise (1977), américaine (1978) et allemande (1978). À noter que la couverture de l'édition britannique est illustrée par une photo provenant de l'épisode Le dernier des cybernautes.

THE EAGLE'S NEST

Auteur : John Carter.

Second des six romans publiés en livre de poche. L'histoire est basée sur le scénario de l'épisode écrit par Brian Clemens (Le repaire de l'aigle) avec un mixage du scénario de l'épisode Le baiser de Midas. Brian Clemens n'est pas mentionné. Il est fait souvent référence à Mother dans le texte alors que chacun sait que le personnage de Mère-Grand n'est jamais mentionné dans les New Avengers. Il existe une édition américaine (1978).

TO CATCH A RAT

Auteur : Walter Harris.

Troisième des six romans publiés en livre de poche. L'histoire est basée sur le scénario de l'épisode écrit par Terence Feely (Pour attraper un rat). Il existe une édition néerlandaise (1977) et américaine (1978).

FIGHTING MEN

Auteur : Justin Cartwright.

Quatrième des six romans publiés en livre de poche. L'histoire est basée sur le scénario de l'épisode, Commando très spécial écrit par Brian Clemens. Le roman, qui n'a pas le même titre que l'épisode, va plus loin que sa source. À noter que la couverture est illustrée par une photo provenant de l'épisode La grande interrogation.

THE CYBERNAUTS

Auteur : Peter Cave.

Avant-dernier des six romans publiés en livre de poche. L'histoire est basée sur le scénario de l'épisode Le dernier des Cybernautes écrit par Brian Clemens. Le roman a pour titre The Cybernauts sur la couverture mais Last of the Cybernauts sur la page titre ! À noter que la couverture est illustrée par une photo provenant de l'épisode Cible.

HOSTAGE

Auteur : Peter Cave.

Dernier des six romans publiés en livre de poche. La seule histoire adaptée de la seconde saison des New Avengers. Elle est basée sur le scénario de l'épisode écrit par Brian Clemens (Otage). À noter que la couverture est illustrée par une photo provenant de l'épisode Le long sommeil. Le seul roman à ne pas être sorti en couverture dure chez Arthur Barker Ltd.

Verdict :

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 4. Steed and Mrs Peel

 

Trois recueils de bandes dessinées publiés au début des années 90 et inspirés de la série. Une autre bande dessinée s'appelait The Avengers et il était, par conséquent, impossible d'en affubler une deuxième avec le même titre. Cette mini-série devait commémorer le trentième anniversaire des Avengers.

Les trois albums sont publiés par deux éditeurs : l'américain Eclipse Comics et l'anglais Acme Press. À noter que les livres sont imprimés aux États-Unis. Le nom de Dave Rogers, décidemment partout, apparaît comme consultant.

Deux histoires, The Golden Game et Deadly Rainbow, se trouvent dans ces trois volumes mais, de telle façon, qu'il est indispensable d'avoir le troisième pour connaître l'issue des deux histoires. C'est sûrement pour cela qu'il est le plus difficile à trouver.

On y retrouve les personnages de la série à savoir Steed, Mrs Peel, Tara King, Mother (avec une calvitie prononcée) mais leurs aspects sont moins familiers, surtout pour Steed, comparé, par exemple, aux dessins de l'album publié par Télé junior en 1980. Jugez par vous-même avec les planches plus bas.

Les auteurs :

Grant Morrison, né en 1960 à Glasgow, est un scénariste de comics reconnu ; il a écrit des scénarios pour les comic trips de Doctor Who Magazine. Le super héros Animal Man lui permit d'avoir sa place dans la bande dessinée américaine mais son travail sur The Invisibles fut sûrement le plus important.

Ian Gibson est connu pour son travail en noir et blanc dans les années 80 pour le magazine 2000AD et, comme Grant Morrison, il s'est fait un nom aux États-Unis. Il fut également caricaturiste.

Les albums :

45 pages, format 16X26, couverture souple.

Le 'Book One', publié en 1990, contient la première partie de l'histoire The Golden Game. Le scénario est de Grant Morrison et les dessins sont de Ian Gibson.

Le 'Book Two', publié en 1991, contient la seconde partie de The Golden Game ainsi que la première partie de Deadly Rainbow écrite par Anne Caulfield (sa toute première histoire). Les dessins sont toujours de Ian Gibson. À noter que la numérotation des pages commence là où elle s'était arrêtée à la fin du premier volume (page 46) pour la seconde partie du Golden Game (page 46 à 69).

Le troisième et dernier volume 'Book Three', publié en 1992, contient la troisième et dernière partie de The Golden Game (page 70 à 92) et la seconde et dernière de Deadly Rainbow (page 22 à 43).

Les histoires :

The Golden Game. Tara King a disparu et Mother convoque Steed. L'agent au chapeau melon 'réactive' Mrs Peel pour l'aider à la retrouver. Avec comme indices un dé et un livre, l'enquête conduit les Avengers dans un club très fermé réservé aux créateurs de jeux. Les inventeurs étant liquidés les uns après les autres, Steed rejoint le club. Il se rendra vite compte que tout n'est pas un jeu… La référence à l'épisode Game de la saison 6 est, bien entendu, évidente, mais certaines répliques et situations font penser à d'autres épisodes : La chasse au trésor, Les espions font le service ("At least, we know the butler didn't do it") et nous avons les deux coupes de champagne s'entrechoquant comme dans le générique de la saison 5. Pour accéder au QG de Mère-Grand dans les égouts, Steed doit se rendre dans une cabine de toilettes publiques et tirer la chasse ! À noter le bref échange à la fin de l'histoire entre Mrs Peel : 'You've lost weight' et Tara King : 'I try to exercise.'

Deadly Rainbow. Peter Peel, pilote test, s'est crashé dans la jungle et il y est resté trois années, amnésique, en compagnie de la tribu des Léopards. De retour à la civilisation, il part en voyage avec sa femme, Emma Peel. Ils décident de passer la nuit à Pringle-on-sea, village qui s'avère être déserté…. Peter Peel est bien présent et l'histoire peut s'apparenter à une sorte de suite de l'épisode Ne m'oubliez pas. Les trois années de sa disparition sont évoquées en pictogrammes Incas pendant les huit premières pages ! Pringle-on-sea fait, bien entendu, référence à Little Bazeley by the sea de Voyage sans retour et Steed assiste au départ de Peter Peel et de sa femme comme dans l'épisode mais il a lieu, cette fois-ci, au début de l'histoire. Après un début fastidieux, l'atmosphère Avengers est moins présente que dans l'histoire précédente malgré de nombreuses références, en particulier la miniaturisation qui renvoie à l'épisode Mission très improbable. En effet, Emma Peel se bat contre une tribu Inca, vêtue de polos arc-en-ciel sortis tout droit de la gay pride !

Où se les procurer ? :

Comme la plupart des livres sur la série, la collection est épuisée, mais elle apparaît souvent sur plusieurs sites à des prix très différents. On peut très bien trouver les deux premiers volumes à $16 ou moins de £20 sur Amazon pièce ou alors jusqu'à €32 sur PriceMinister, mais il est également possible de se les procurer bon marché sur e-bay. J'ai acheté les deux premiers pour une dizaine d'euros. Le troisième est plus coûteux (environ $26) et plus difficile à trouver.

Boom ! Studios a réédité les deux histoires en six volumes à partir de janvier 2012 au prix de $3.99 l’album. La nouveauté est qu’il y a six volumes, au lieu de trois, et les deux histoires sont saucissonnées, profits obligent ! Les trois premières couvertures sont pratiquement identiques à celles des trois recueils publiés par Eclipse aux débuts des années 90. Pour différencier les deux éditions sur les sites d’achat en ligne, il faut regarder le coin supérieur gauche de la couverture. La nouvelle édition a : BOOM !, le numéro encadré (de 1 à 6), l’année 2012 et le prix.

Le premier volume, sorti le 17 janvier 2012, présente la première partie de l’histoire The Golden Game intitulée Crown and Anchor! Il est déjà épuisé sur le site de l’éditeur. La couverture ci-dessous est l’édition limitée, toujours disponible, au prix de $9.99.

Boom ! Studios  The Avengers

Le second volume, sorti le 1er mars 2012, présente la seconde partie de l’histoire The Golden Game intitulée Hare & Hounds.

Le troisième volume, sorti le 20 mars 2012, présente la troisième partie de l’histoire The Golden Game intitulée Fox & Geese. La couverture correspond aux évènements du quatrième volume, car le découpage des histoires de Boom est différent des éditions Eclipse.  La couverture ci-dessous est l’édition limitée au prix de $9.99.

Boom ! Studios  The Avengers

Le quatrième volume, sorti le 17 avril 2012, présente la quatrième, et dernière, partie de l’histoire The Golden Game intitulée Rhythm and the Golden Game. La couverture de droite est l’édition limitée au prix de $9.99.

Boom ! Studios  The Avengers Boom ! Studios  The Avengers

Le cinquième volume, sorti le 17 mai 2012, présente la première partie de l’histoire The Deadly Rainbow. La couverture de droite est l’édition limitée au prix de $9.99.

Boom ! Studios  The Avengers Boom ! Studios  The Avengers

Le sixième et dernier volume, sorti le 13 juin 2012, présente la seconde partie de l’histoire The Deadly Rainbow. La couverture A (à gauche) est à $3.99 et la couverture B (à droite) à $9.99.

Boom ! Studios  The Avengers Boom ! Studios  The Avengers

 

Verdict :

Deux histoires en bandes dessinées qui permettent de retrouver l'atmosphère de la série ; ma préférence va à la première beaucoup plus ancrée dans le monde des Avengers. Les références à la série sont nombreuses et, outre les clins d'œil directs à certains épisodes, les amateurs retrouveront également le suspense, les excentriques, la Bentley verte et même... l'Union Jack. On s'habitue très rapidement au coup de crayon particulier de Ian Gibson. Sans vous ruiner, si l'affaire se présente, n'hésitez pas !

Lire l'interview exclusive de l'illustrateur par Denis.

Lire la critique d'un site spécialisé.

Extraits :

 

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 5. Deadline & Dead Duck (L'article de la mort & Canards mortels)

Deux romans écrits en pleine gloire Avengers par Steed lui-même, Patrick Macnee, et Peter Leslie, journaliste et écrivain. Les deux romans, qui mettent en scène Steed et Mrs Peel, ont l'atmosphère de la saison quatre et ils sont considérés comme étant les meilleures adaptations sur papier de la série. La réédition de ces livres par Titan Books en 1994 a coïncidé avec la sortie de la série en cassettes vidéo chez Lumière. Les romans ont fait leur apparition aux États-Unis en 1998 pour coller à la sortie du film avec Ralph Fiennes et Uma Thurman.

Peter Leslie, né en 1922 comme Patrick Macnee, a écrit d'autres romans adaptés des séries Des agents très spéciaux et Les envahisseurs entre autres. Il fut journaliste et écrivit pour le journal anglais de musique The Melody Maker dans les années 50, essentiellement sur le jazz. Dans les années 60, il déménagea en France pour commencer une carrière de romancier et il co-écrivit ces deux adaptations Avengers dans notre pays. Nous ne pouvons que stipuler quant à l'aide apportée à Patrick Macnee par Peter Leslie dans la rédaction de ces deux histoires. Sur la page de garde des deux livres, Patrick Macnee ne manque pas d'écrire : "Je remercie vivement Peter Leslie de l'aide qu'il m'a apportée pour écrire ce livre". L'équivalent anglais ne se trouve que sur Deadline : "Patrick Macnee gratefully acknowledges the help given to him by Peter Leslie in writing this book." (Renseignements sur Peter Leslie recueillis sur le site Dead Duck de Mike Noon).

DEADLINE

Auteurs : Patrick Macnee & Peter Leslie.

Paru en Angleterre en novembre 1965 chez Hodder and Stoughton sous le titre… Deadline.

La présentation du livre : A novel of death and deceit, savagery and sabotage, matched by the swift, smooth action of an operator whose umbrella is his sword.

Le livre a été réédité chez Titan Books en 1994. 188 pages, format poche.

En quatrième page de couverture, trois petites photos de la série : la première est tirée du générique de la saison 5, la seconde de la séquence de l'échiquier et la dernière de l'épisode Ne m'oubliez pas.

Emma Peel n'apparaît qu'à la page 44 et une secrétaire nommée Samantha Sheppard à la page 54. Samantha était le nom initial du personnage de Mrs Peel et Sheppard sonne un peu comme Shepherd, nom de la première actrice à incarner Mrs Peel. Coïncidence ? À noter une référence à Sherlock Holmes (p 31). Un clin d'œil au second roman lorsque Steed déclare : 'Or even dead ducks…' (p104).

Il a été traduit en français par Martin Winckler et édité dans la collection Huitième Art en 1995 sous le titre : L'article de la mort. 184 pages, format 14 X 22,5. À noter qu'à la fin de cette édition, il y a un encart invitant les fans à rejoindre l'association Steed & Co!

Le roman est également sorti au Portugal sous le titre, O Dia Depois De Amanha (Dêaga, 1967) et aux États-Unis, même couverture que l'édition Titan Books (TV Books, 1998).

Qui a intérêt à discréditer le gouvernement en faisant publier des discours politiques modifiés dans les éditions étrangères de la presse britannique ? Cela irrite certaines nations et provoque des émeutes anti-britanniques. Steed et Mrs Peel mènent leur enquête dans le milieu de la presse à Fleet Street et jusqu'aux Midlands. Ils vont devoir affronter la 'Confrérie', une bande de néo fascistes redoutables dont le but est de s'emparer du pouvoir… Macnee et Leslie se sont bien documentés sur l'élaboration d'un journal, de la typographie à la livraison. Une histoire d'espionnage et de crime qui pourrait s'apparenter aux saisons Cathy Gale.

DEAD DUCK

Auteurs : Patrick Macnee & Peter Leslie.

Paru en Angleterre en mai 1966 chez Hodder and Stoughton.

La présentation du livre : In the wilderness of an Essex marsh one dead duck and two live madmen spell danger for The Avengers and execution for a nation.

Le livre a été réédité chez Titan Books en 1994. 160 pages, format poche.

En quatrième page de couverture, trois petites photos de la série : la première est tirée du générique de la saison 5 et les deux autres des épisodes Interférences et Les marchands de peur .

Il a été traduit en français par Martin Winckler et édité dans la collection Huitième Art en 1996 sous le titre : Canards mortels. 182 pages, format 14 X 22,5. À noter qu'à la fin de cette édition, il y a un encart invitant les fans à rejoindre l'association Steed & Co !

Le roman est également sorti au Portugal sous le titre, O Pato Morto (Dêaga, 1967) et aux États-Unis, même couverture que l'édition Titan Books (TV Books, 1998).

Pourquoi plusieurs personnes tombent-elles raides mortes après avoir consommé du canard ? Steed invite Mrs Peel dans un restaurant renommé et ils assistent au décès d'une nouvelle victime. Quelle est la relation entre un docteur, un garde-chasse et une artiste ? L'enquête mènera les Avengers dans les marécages du comté de l'Essex où de redoutables comploteurs visent les réservoirs d'eau potable de la Grande-Bretagne… Ce roman Avengers est sûrement le meilleur jamais écrit car on retrouve l'atmosphère si particulière de la saison quatre. Tout le charme, l'humour et l'excentricité de la série télévisée sont présents dans cette aventure qui aurait fourni un scénario parfait.

Où se les procurer ?

Oubliez les éditions de 1965-66 (à moins d'être un collectionneur acharné) car elles sont généralement rares, chères et plus en très bon état. Les éditions anglaises Titan Books sont souvent meilleur marché que les traductions françaises parues chez Huitième Art. Ne dépensez pas plus de 10€ par exemplaire quelle que soit la version. Avec de la chance, vous pouvez même dégoter, comme je l'ai fait, les livres Huitième Art à 5€ pièce chez les bouquinistes des quais parisiens.

Verdict :

Ces deux livres doivent faire partie de la bibliothèque des fans car ils reproduisent l'atmosphère de la série, ce qu'aucun autre romancier (à part Dave Rogers et Peter Peel dans Too Many Targets) n'a su recréer. La collaboration Macnee – Leslie envoie aux oubliettes les nombreuses tentatives, les romans de John Garforth entre autres, car les auteurs ont réussi dans ces deux histoires à transmettre le feeling des Avengers sur papier. La contribution de Patrick Macnee himself n'est pas étrangère à cette réussite : les Avengers, c'est lui, le reste ne peut être qu'imitation ! J'ai une petite préférence pour Dead Duck, le second roman, et son excellent chapitre 'The Corpse in the Cardboard Coffin' qui retranscrit la magie Avengers.

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 6. Chez l'éditeur américain Berkley Medallion Books

En l'espace de deux ans (1967-69), l'éditeur américain Berkley Medallion Books, exploitant le filon, a sorti aux États-Unis neuf romans consacrés aux Avengers sous forme de collection, en numérotant les ouvrages.

Où se procurer les ouvrages ? On trouve ces romans à tous les prix sur Internet. Vu qu'ils sont épuisés, il faut passer par des sites d'occasion ; de plus, il ne faut pas oublier qu'ils n'ont pas été réédités depuis plus de quarante ans et qu'ils sont souvent, par conséquent, dans un état passable. Pour les collectionneurs donc. Le prix peut varier de €1,50 (The Magnetic Man sur e-bay) à plus de…£22 !

En plus des livres détaillés ci-dessous, Berkley Medallion Books a également publié en 1978 les trois premiers des six romans New Avengers avec des couvertures différentes des éditions britanniques :

De nombreuses infos et photos de ce dossier sont reprises du site de Mike Noon, Dead Duck.

La photo de couverture de "The Afrit Affair" provient de la collection personnelle de Carl Schmidt.

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6.1 Romans de John Garforth

John Garforth est un londonien un peu touche-à-tout : écrivain, politicien, directeur artistique, animateur d'œuvres sociales. Il a son blog et son site personnels depuis début 2008. On peut y lire qu'il a une piètre opinion de ses écrits Avengeresques : 'Je recommande à toute personne qui, par hasard, verrait l'un de ces romans dans une librairie d'occasion ou une vente de charité de les acheter et de les détruire immédiatement sans même les avoir lus. Je vous rembourserai les 50p ou plus que vous avez payés. Vous rendrez service à la littérature! '.

Il dit néanmoins avoir apprécié d'aller à Pinewood et de rencontrer Diana Rigg.

Les quatre romans de John Garforth, sortis au Royaume-Uni au début 67 chez Panther Books, furent publiés aux États-Unis sous les numéros 1 à 4 une première fois entre avril et septembre 1967, puis en février 1969 avec des couvertures différentes.

Les critiques des livres ( deux "melons" ) et présentations des éditions britanniques et françaises sont un peu plus haut dans cette rubrique.

Premières éditions américaines :

Secondes éditions américaines :

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6.2 Romans de Keith Laumer

Keith Laumer (1925-1993) fut d'abord capitaine dans l'US Air Force puis officier dans le corps diplomatique. Il devint ensuite écrivain et il est surtout connu pour ses romans de science-fiction.

Une biographie plus complète est disponible sur Wikipédia.

Il est également l'auteur des romans inspirés de la série Les envahisseurs : The Invaders et The Invaders : Enemies from Beyond. Tous les deux publiés aux USA en 1967 (Pyramid Books).

Les trois romans de Keith Laumer furent publiés aux États-Unis sous les numéros 5 à 7 entre juin et septembre 1968. Ils n'ont pas été traduits ni réédités.

The Afrit Affair :

Publié par Berkley Medallion Books en juin 1968. Ce livre est le premier de poche américain d'inspiration Avengers et le seul à mettre en scène Emma Peel après les romans de John Garforth.

La couverture représente une photo couleur du tournage de l'épisode Les fossoyeurs, saison 4.

Résumé : Steed et Mrs Peel sont à la recherche d'un mystérieux individu qui signe ses messages menaçants par The Afrit. Les Avengers découvrent les empreintes géantes d'un monstre, des bombes dans un sous-sol, des cadavres avec une seule oreille… Un scientifique complètement fou a décidé de contrôler l'univers.

Mon avis : Un des meilleurs romans de la collection Berkley. On y retrouve Emma Peel mais le scénario fait penser à un épisode de la saison Tara King : des indices sont retrouvés dans du hareng mariné ou d'énormes lettres en mousse.

The Drowned Queen :


Publié par Berkley Medallion Books en juin 1968. Ce livre est le second de poche américain d'inspiration Avengers et le premier à mettre en scène Tara King.

La couverture représente deux photos couleur de Steed et Tara King.

Résumé : Les Avengers peuvent-ils empêcher un sabotage pendant le voyage inaugural de L'Atlantic Queen, le premier paquebot de luxe sous-marin ? Steed se fait passer pour le professeur de danse du navire et Tara King est la psychothérapeute.

Mon avis : Beaucoup moins intéressant que le précédent.

The Gold Bomb :

Publié par Berkley Medallion Books en septembre 1968. Ce livre est le troisième de poche américain d'inspiration Avengers et le second à mettre en scène Tara King.

La couverture représente une photo couleur du générique des cibles (Steed et Tara King sur fond orange).

Résumé : Il y a de fortes probabilités qu'une personne se fabrique une bombe atomique sur le sol anglais. Dans quel but ? Steed et Tara partent à la recherche d'indices mais le temps presse avant que le maniaque fasse sauter la moitié de la Perfide Albion !

Mon avis : Le moins bon des trois romans de Keith Laumer. On ne retrouve pas du tout l'atmosphère particulière des Avengers. L'auteur fait souvent référence, dans des termes assez crus, à la différence d'âge entre Steed et Tara.

Verdict :

Les romans de Keith Laumer sont intéressants pour un collectionneur, mais pas pour leur contenu. Ils sont d'un niveau inférieur à ceux de John Garforth malgré un premier livre prometteur.

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6.3 Romans de Norman Daniels

Norman Daniels est un des nombreux pseudos utilisés par Norman A. Danberg (1906-1995). Écrivain de 'pulp fiction' (littéralement : "romans à deux sous"), de romans et de nouvelles, il écrivit sous, au moins, huit différents pseudos ! La plupart de ses 'œuvres' sont inconnues chez nous. Il signa d'autres romans inspirés directement des séries Ben Casey, Dr Kildare ou Alfred Hitchcock Présente ainsi que les scénarios de trois épisodes de cette série.

Les deux romans de Norman Daniels furent publiés aux États-Unis sous les numéros 8 et 9 en décembre 1968 et février 1969. Ils n'ont pas été traduits ni réédités.

The Magnetic Man :

Publié par Berkley Medallion Books en décembre 1968. Ce livre est le quatrième de poche américain d'inspiration Avengers et le troisième à mettre en scène Tara King.

Une des deux photos de la couverture provient néanmoins du petit film d'introduction à la saison couleur Emma Peel : The Strange Case of the Missing Corpse. Même style de couverture que la seconde édition des romans de John Garforth.

Résumé : Steed doit aller à Hong Kong récupérer une valise, mais il est assommé et le contenu de la valise remplacé par une importante somme d'argent. De retour à Londres, les Avengers tendent un piège à ce généreux bienfaiteur… Une aventure avec Tara King dans laquelle les Avengers sont confrontés à un magicien diabolique qui utilise des jouets sur son prisonnier, Steed…

Mon avis : L'auteur n'a pas cerné la magie Avengers à part quelques scènes stéréotypées. Tara King est une apprentie espionne qui passe son temps à se vernir les ongles ou à faire ses courses.

Moon Express :

Publié par Berkley Medallion Books en février 1969. Ce livre est le cinquième et dernier de poche américain d'inspiration Avengers et le quatrième à mettre en scène Tara King.

Une des deux photos de la couverture provient néanmoins de la saison couleur Emma Peel. Même style de couverture que la seconde édition des romans de John Garforth.

Résumé : Qui propose un voyage vers la Lune avec possibilité d'y acheter une propriété lunaire ? Steed et Tara se portent candidats à l'aventure afin de savoir ce qui se cache derrière tout cela.

Mon avis : Je ne connais pas ce roman dont le résumé me fait penser à un mélange de Bons baisers de Vénus et à l'épilogue de Bizarre.

Verdict :

Les deux romans de Norman Daniels sont très méconnus mais méritent-ils un autre sort ?

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6.4 Verdict final

Les neuf romans publiés dans les années 60 par Berkley sont, dans l'ensemble, un bon faire-valoir sur les étagères de collectionneurs. Néanmoins, deux romans de John Garforth et le premier de Keith Laumer font, de temps à autres, replonger le lecteur dans l'atmosphère si particulière des Avengers.

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 7. Too Many Targets

Auteurs : John Peel & Dave Rogers.

Plus de 20 ans après le dernier roman consacré à la série, Too Many Targets vit le jour. Il fut uniquement publié aux États-Unis, par St Martin's Press of New York en novembre 1990 (couverture dure) puis réédité par Tor Books (poche) en juin 1998. Il n'a, par conséquent, jamais été traduit en français ou dans une autre langue.



1990 – Couverture dure : 181 pages, 21 x 14 x 1.3 cm.

1998 - Poche : 214 pages, 16.8 x 10.4 x 1.5 cm.

La fiche révèle des spoilers et il est conseillé de lire le livre avant de la consulter.

Les deux couvertures présentent The Avengers en plus gros caractères que le titre du roman lui-même ce qui permet, bien évidemment, d'attirer les fans. Too Many Targets (en français : "Trop de cibles") a sa signification à la fin du roman, lorsque les cinq agents – Steed, Dr Keel, Cathy, Emma, Tara – sont cernés par un Cybernaute, nouvelle génération. Les deux couvertures ont une cible en évidence ; sur celle de 1990, la cible est accompagnée d'un melon et d'un brolly ; sur celle de 1998, Steed et Mrs Peel sont les cibles.

La toute première page, intitulée The Remarkable Mrs Peel, présente un court extrait accrocheur mettant en scène la plus populaire des Avengers girl. La courte, mais efficace, préface de Patrick Macnee donne ensuite un ton officiel et rassembleur pour les fans de la série. L'acteur précise qu'on peut même envisager de voir les Avengers au 21e siècle ! Pour la petite histoire, il donne 28 ans d'âge à son premier roman écrit avec Peter Leslie, Deadline ; or, dans ce cas, cela signifierait qu'il ait été écrit en 1962, ce qui est impossible (il fut publié en 1965).

Auteurs :

John Peel, né en 1954, est un auteur britannique bien qu'il soit marié à une Américaine et qu'ils vivent aux USA. Il est l'auteur de plus de 100 romans dont la plupart inspirés de séries télévisées : Doctor Who, Star Trek, Diadem, The Outer Limits… Ami de Terry Nation, il est l'auteur de novélisations de plusieurs histoires de Doctor Who avec les Daleks. Un des rares auteurs à avoir accepté, vu le montant des droits demandés pour utiliser ces personnages. Il a publié en 1988 The Official Doctor Who & The Daleks Books (avec Terry Nation). Il signa d'autres romans adaptés de séries cultes des années 60 : Le prisonnier (The Prisoner Files – 1986), Des agents très spéciaux (trois romans dont The Girl from Uncle – 1987). Il a également écrit sous plusieurs pseudonymes dont John Vincent (sous lequel il écrivit les aventures de James Bond Jr) et Nicholas Adams. Il est membre de The Horror Writers Association.

Dave Rogers peut être considéré comme le pape de la série. Si les fans ont des ouvrages de référence et de qualité sur The Avengers, ils le doivent à cet homme qui a œuvré pour que la série retrouve une seconde jeunesse.
Il a publié le premier livre au monde consacré uniquement à la série en 1983 – The Avengers. D'autres ouvrages de référence suivirent : The Avengers Anew (1985), The Complete Avengers (1988), le meilleur de cette série, et The Ultimate Avengers (1995). Mais c'est assurément The Avengers and me, écrit en collaboration avec Patrick Macnee himself en 1997 sur les coulisses de la série, qui ravira les fans. Il a fait d'ailleurs l'objet d'une réédition (janvier 2008) sous le titre The Inside Story.
Dave Rogers est également l'auteur dans les années 80 et 90 de fanzines très prisés par les fans de la série : On Target et Stay Tuned. Bourrés d'informations, ils sont pratiquement introuvables, à part sur e-bay à environ £4 le journal. Dave Rogers est vraiment le plus grand spécialiste de la série : il est à l'origine de la découverte des négatifs originaux et il a demandé à Patrick Macnee de convaincre les éditeurs de ressortir la série dans une version remasterisée. C'est donc grâce à lui que nous avons aujourd'hui des copies de belle qualité en DVD. Dans une interview qu'on peut voir sur 'ce site , il parle de son travail pour les Avengers comme d'un labour of love !

Situation:

L'action de l'histoire est située moins d'un an après le départ de Mrs Peel. Tara fait équipe avec Steed.

Résumé :

Deux agents ont été assassinés et il y aurait une taupe dans les services britanniques. Mère-Grand est suspecté de trahison et Charles, son prédécesseur, fait appel à Steed pour enquêter. Celui-ci reprend contact avec Mrs Peel, plus apte et moins compromise que Tara pour l'agent au chapeau melon. De son côté, Mère-Grand soupçonne Steed et lance Tara sur sa piste. Rapidement, il s'avère que les voix accusatrices ont été modifiées au synthétiseur pour les impliquer. Qui a intérêt à semer le trouble dans le Département ?

Pendant ce temps-là, chacun de leur côté, Cathy Gale et Dr Keel ont en commun la destiné d'un petit état africain, le Katawa, à priori sans aucun rapport avec l'affaire de trahison. Dr Keel, témoin d'un kidnapping, mène son enquête et fait la connaissance de Cathy Gale tandis que Tara King résout une partie du mystère avec l'aide du professeur Lipp.

En définitive, la taupe et la trahison ne sont que des leurres pour attirer les Avengers au repaire du diabolical mastermind… tout simplement dans les Knight industries de Mrs Peel ! Le mobile est, bien entendu, la vengeance !

Tous les chemins mènent à Knight Industries et les cinq agents finissent par s'y rendre et se jeter dans le piège tendu par un ancien nazi : le frère de Klaus Drucker, connu pour avoir été à la tête du groupe Eisenhand qui voulait implanter un nouveau Reich en Angleterre. Le groupe avait été anéanti par Steed et Keel et les protagonistes tués. Le frère de Klaus Drucker avait, après de nombreuses expériences pendant la guerre, découvert l'ADN (DNA en anglais) et l'ARN (RNA en anglais) en injectant des substances d'une personne à une autre. Il n'avait pas participé au groupe Eisenhand, estimant l'Angleterre pas 'prête', mais il a jeté depuis son dévolu sur un petit pays africain, le Katawa. Ses expériences en génétique combinées avec les cybernautes du Dr Armstrong le rendraient irrésistible : des cybernautes à visage humain.

Il a réussi à approcher ainsi le concept d'immortalité en prélevant des cellules et l'ARN d'un individu pour le faire revivre. Son choix s'est porté sur le Dr Armstrong, devenu ainsi mi homme, mi cybernaute. Ce dernier a pour fantasme d'éradiquer tous les Avengers consignés dans un vase clos pour l'occasion mais… il y a, du coup, trop de cibles !

Mrs Peel a mis au point dans le melon de Steed un moyen de court-circuiter les cybernautes en manipulant les voix bidouillées qui ont permis de soupçonner Steed et Mère-Grand de trahison. Lorsque le Dr Keel applique le melon sur la partie 'non humaine' de Armstrong, la partie mécanique, le bon docteur est envoyé pour de bon ad patres. Quant au frère de Drucker (je ne révèle pas le nom sciemment), il succombe, victime des cybernautes.

Références :

De nombreuses références et clins d'œil à la série, au monde des Avengers ou autres. En voici quelques-unes, mais la liste n'est pas exhaustive.

– Référence bien évidente à la trilogie des Cybernautes ; Paul Beresford, contrairement à Felix Kane, est évoqué. Par contre, le prénom du Dr Armstrong est Clement dans la série mais Steed et Mrs Peel lisent sur sa tombe l'inscription : 'Dr Henry Armstrong. Born 1921.'

– L'évocation des nazis et d'un nouveau Reich renvoient au Repaire de l'aigle ; les cybernautes à visage humain à Interférences et le cybernaute mi humain, mi machine, au Dernier des cybernautes.

– À l'issue de la première scène censée se passer dans la jungle, des chasseurs échappent à un gorille et se réfugient dans leur voiture devant le panneau 'LONDON – 27 MILES'. Allusion évidente à l'épisode Petit gibier pour gros chasseurs de la saison 4. Le pays africain imaginaire, ici Katawa, est le pendant de Kalaya dans ce même épisode.

– Le docteur Keel travaille maintenant pour la World Health Organization et il est ainsi le Dr W.H.O. ! (titre du chapitre 4).

– Steed se remémore la carte envoyée par Cathy de Fort Knox : épisode Faites de beaux rêves.

– La présence de Brodny, vu dans Un Steed de trop et L'homme transparent.

– Les anges cybernétiques qui pourchassent Steed et Mrs Peel dans le cimetière sont les Angels of Death (titre VO d'un épisode des New Avengers : Les anges de la mort).

– Dans le cimetière, à la recherche de la tombe du Dr Armstrong, Steed découvre celle de Uncle Evelyn Armstrong ! Et Steed de s'exclamer : 'So they had one, too. Made my life hell.' [Ils en avaient donc une aussi. M'a rendu la vie impossible.] Évidemment, Uncle Evelyn est ici une référence à la biographie de Patrick Macnee, Blind in one ear, dans laquelle l'acteur raconte qu'il vécut avec sa mère et son amie 'Uncle Evelyn' qui obligea, entre autres, le jeune Patrick à porter des kilts.

– La vie privée de Mrs Peel est évoquée dans la série : les Knight Industries dans L'héritage diabolique et Peter Peel dans Ne m'oubliez pas.

– Par contre, l'aventure avec David Keel, évoquée dans le roman, n'a pas été portée à l'écran lors de la saison 1. Dans cette dernière, Steed et Keel ont détruit l'organisation de Klaus Drucker. Son adjoint s'appelle Jaeger. Est-ce une coïncidence que Benson, l'adjoint du Dr Armstrong puis de Beresford, soit Frederick Jaeger ?

Critique :

Too Many Targets est le meilleur roman consacré aux Avengers, reléguant la plupart des autres à de simple faire-valoir dans une bibliothèque pour collectionneurs ! Si les autres ouvrages – à l'exception de Deadline et Dead Duck – servent donc seulement de décoration sans grand intérêt littéraire, ce roman ravira les amateurs de la série. Les auteurs, John Peel et Dave Rogers, connaissent la série et cela fait toute la différence !

L'histoire permet de regrouper tous les personnages Avengers (à l'exception de la mièvre Venus Smith !) mais pas, malheureusement, les New Avengers (Purdey et Gambit). Ainsi, le titre (en français : "Trop de cibles") fait référence aux Avengers ; Steed, le docteur Keel, Cathy Gale, Mrs Peel, Tara King sont les cibles du nouveau cybernaute. Mère-Grand et Rhonda sont également présents dans ce roman.

Les personnages sont mis en scène en tenant compte des caractéristiques apportées à l'écran. Ils ont poursuivi leur vie et les 'mises à jour' sont crédibles. Dr Keel travaille dans l'humanitaire, Cathy Gale a passé quelques années en Afrique et Mrs Peel a repris les Knight Industries après le décès de son mari.

Il y a de grands moments qu'on verrait bien transposés à l'écran : la lutte de Tara avec le cybernaute Steed , celle de Mrs Peel avec la fausse Rhonda et la séquence du cimetière où les Angels of Death, anges cybernautes, attaquent Mrs Peel et Steed. Tara leur vient en aide en utilisant… un Magnum ! Difficile néanmoins d'imaginer la midinette jouer l'inspecteur Harry !

Steed a toujours son tuba dans son salon, mais il lit The Guardian dorénavant (plus à gauche que The Times). On apprend qu'un certain Charles fut le prédécesseur de Mère-Grand et la rencontre initiale de Mrs Peel et Steed n'est pas celle décrite dans la série dans La porte de la mort.

Par contre, l'horripilant Brodny, sans sa crème de violette, a une place (trop) importante (neuf pages). Ce n'est pas ce personnage qui insuffle l'humour dans le roman. Les réparties de Steed avec Mrs Peel et la présence d'un excentrique, valeur sûre de la série, y contribuent. Le professeur Lipp, directeur de V.O.I.C.E. – Venerable Order of Inter-Communicative Endeavors – est, en effet, un excentrique qui n'aurait pas dépareillé avec ceux de la période Emma Peel.

Tara ou Mrs Peel ? Quelle est la partenaire préférée de Steed ? Le roman ne fait pas de mystère à ce sujet. Tara est ennuyée de la très bonne entente entre Mrs Peel et Steed. Elle se sent triste, inférieure et délaissée, particulièrement lorsque Mrs Peel, à l'avant de la Bentley avec Steed, bidouille le chapeau melon en lui expliquant sa stratégie. Tara se rend compte qu'elle peut lutter contre n'importe qui pour garder Steed… sauf Mrs Peel ! Assez jubilatoire, je dois l'avouer, pour ceux qui, comme moi, préfèrent la période Peel ! Miss King se demande ce qui va se passer après cette affaire. D'ailleurs, lors de l'épilogue, Mère-Grand demande à Steed : « And how about Mrs. Peel ? Think she might be amenable to being reactivated, eh ? » [Et Mrs Peel ? Vous pensez qu'elle peut-être réactivée, hein ?] Et il conclut par : « She was always one of the best. » [Elle a toujours été une des meilleures.]

Quelques points négatifs pour terminer. Le récit est freiné par le nombre d'Avengers et l'implication de plusieurs enquêtes s'entremêlant qui amèneront finalement à la réunification des cinq Avengers. L'action est ainsi un peu trop hachée et décousue – il faut attendre la page 71 pour lire : 'Mrs Peel, you're needed' – avant que Cathy Gale rencontre le docteur Keel et que Tara secoure Steed et Mrs Peel au cimetière. Après ces rencontres, la narration sera ancrée sur deux pôles au lieu de quatre ce qui rendra l'action plus fluide.

L'intrigue intéressera les fans, mais elle aura plus de mal à captiver les non initiés au monde des Avengers. La fin peut également paraître bâclée et un peu décevante.

Verdict :

Dommage que ce livre soit resté sans suite ! Il permet aux fans de se replonger avec émerveillement dans l'univers Avengers. Les deux auteurs, connaisseurs, ont choisi les Cybernautes, seuls ennemis récurrents de nos héros, pour cette aventure en y ajoutant tous les ingrédients nécessaires à une bonne soupe Avengers. Le thème n'est pas la trahison, comme pressentie, mais la vengeance, souvent explorée avec mæstria dans la série. La fin du roman et le retour envisagé de Mrs Peel permettent de rêver ! Grande nostalgie !

Lire l'interview de John Peel par Denis

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8. The Avengers

avengers enefer

Auteur : Douglas Enefer

Publié par World Distributors, en novembre 1963.

Format 18 x 11, 125 pages, aucune illustration.

Le livre, presque épuisé, se trouve malaisément sur Internet et uniquement en Anglais.

Soustitré Based on the highly successful TV series on ABC television, le récit narre une aventure de Steed et Cathy Gale. Il s'agit de la première adaptation des Avengers en roman, mais aussi la première fois que cet exercice de style est réalisé pour une série britannique. Le journaliste Douglas Enefer (1910-1987) fut également un populaire auteur de genre, des années 50 aux 70. Sous divers pseudonymes, il s'essaya avec succès au Policier, mais aussi à l'Aventure et au Western. Passionné par les séries télévisées, il écrivit également un épisode du Saint (The Man Who Liked Lions), mais aussi une novélisation originale de cette série, ainsi que plusieurs adaptations de Cannon durant les années 70.

La couverture représente Steed et Cathy Gale en médaillons.

Résumé :

Un diplomate anglais basé à Rome, soupçonné de délivrer des informations à l'ennemi, est  assassiné, tout comme sa fille. Cela conduit Steed à soupçonner l'existence d'un réseau international d'espionnage, ayant pénétré les hautes sphères des serviteurs de sa Gracieuse Majesté et désireux de couper court à toute investigation. Le Ministre de la Recherche lui-même serait compromis. Tout en faisant chanter des personnalités mises en situation compromettante en compagnie de demi-mondaines, l'organisation à recours à des tueurs professionnels de la mafia napolitaine, dont un dangereux représentant s'est installé à Londres. Des boites de nuit interlopes des docks londoniens jusqu'aux rivages ensoleillés de Sorrento, John Steed et Mrs Catherine Gale vont mener une périlleuse enquête, afin de découvrir l'identité du cerveau de la conspiration, le mystérieux Six-One.

Verdict :

De prime abord, The Avengers présente un vif intérêt historique. Basé à Londres et à Manchester, World Distributors était alors un éditeur de pointe en ce qui concernait l'ensemble des produits dérivés des séries télévisées. Par ce livre, il va introduire en Grande-Bretagne les romans développant des histoires originales de leurs héros, un genre déjà pratiqué aux États-Unis, mais encore inconnu en Europe. Concomitamment à la vogue des séries anglaises d'aventure durant les Sixties, ces histoires (à ne pas confondre avec les simples novélisations, souvent ennuyeuses) vont connaître un succès croissant, perdurant encore de nos jours. A côté des si abondantes parutions de romans Star Trek ou Buffy, l'exemple européen le plus frappant en demeure sans doute la monumentale bibliothèque édifiée autour du Docteur, y compris en audio livres. Mais l'on apprécie vivement que, en ce domaine comme dans d'autres, les Avengers aient été précurseurs.

Par ailleurs, le savoir-faire et le métier de Douglas Enefer nous valent une passionnante histoire d'espionnage, mâtinée de roman noir, après un premier chapitre plus orienté vers un whodunnit à la Agatha Christie. L'intrigue galope en accumulant les rebondissements, tout en développant une partie d’Échecs parfaitement maîtrisée entre Steed et Six-One, ruse contre ruse, pièges contre pièges, jusqu'à la confrontation finale. Sans pouvoir parler pour autant de Diabolical Mastermind, Six-One s'impose comme un redoutable adversaire, intéressant agréablement les enjeux. On lui doit toutefois la seule véritable incongruité de l'ouvrage, l'inutile télescopage avec les divers « One » ayant supervisé Steed durant les deux premières saisons. On trouve d'ailleurs un One-Six dans Man in the Mirror, en saison 2. D'autre part Le récit sait varier ses effets, tirant le meilleur parti de l'atmosphère des quartiers chauds portuaires de ce qui n'est encore qu'en devenir le Swinging London, mais aussi d'un ensoleillé impromptu italien, en complet opposé. Ce passage nous rappelle à point nommé à quel point les Avengers étaient alors itinérants. Il confirme ainsi la proximité du roman avec les aventures du Saint, en conformité avec de nombreux épisodes de l'ère Cathy Gale.

L'auteur séduit également par sa judicieuse vision du duo Steed/Cathy, ainsi que par son évidente connaissance approfondie du sujet. Il s'entend à nous faire partager son goût pour ces chamailleries perpétuelles pimentant la solide amitié existant entre les deux partenaires. Enefer manifeste à cette occasion de réels dons de dialoguiste et l'on se divertira tout au long du récit des tirs de missiles décochés par Cathy ou de l'ironie à la fois subtile et tranchante de Steed. Le brio d'Enefer le conduit occasionnellement à une surabondance de dialogues, notamment avec les tiers, mais ces passages restent haut en couleurs. L'auteur n’insiste pas sur les combats proprement dits (davantage favorisés par l'image), préférant développer la personnalité des deux protagonistes, mais Cathy a tout de même latitude de démontrer ses qualités martiales. Surtout Enefer dessine parfaitement la féconde opposition entre une Cathy Gale humaniste et un Steed dont le vernis social et la ruse florentine dissimulent encore une grande brutalité. Il n'hésite ainsi pas à mettre la vie d'autrui en danger, voire à laisser sa collaboratrice dans les griffes du tueur mafieux, un acte inimaginable à l'époque Emma Peel, sans même parler de la jeune Tara. Drechef l'écrivain démontre une parfaite compréhension des atouts et des ressorts de cette période de la série, qu'il connaît sur le bout des doigts, comme le démontre l'insertion de plaisants détails tels le charmant chapeau espagnol de Cathy, le chapeau melon blindé, le tableau de R. K. J. J. de V. Steed ou la vision critique de l'appartement ultra moderne de Cathy par Steed.

Le succès de cet excellent roman d'espionnage (avec une seconde édition dans la foulée de la première), souligne éloquemment la popularité connue par les Avengers dès l'ère Cathy Gale. Tel quel, l'ouvrage apporte un talentueux témoignage des atouts spécifiques de ce printemps de la série, bien avant la survenue des flamboyants esprits diaboliques ou des si délicieusement excentriques quartiers généraux de Mother.

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9. The Avengers Steed and mrs Peel, The Comic Strips

 comicstrips

The Avengers Steed and mrs Peel, The Comic Strips 

Auteur : Emilio Frejo 

Ce livre a été publié en décembre 2016 par les éditions Big Finish. Il se trouve aisément sur Internet, mais uniquement en langue anglaise. 

Format 25,7X20 cm, 96 pages, bandes dessinées en couleurs 

Emilio Frejo (1931-2013) fut un auteur et dessinateur de Comics d’origine espagnole, né à Valence. il appartint à l’école dite « valencienne », qui occupe une place importante dans l’histoire de la bande dessinée espagnole. Frejo accomplit une partie de sa carrière au profit de Comics et de livres pour enfants britanniques. Il fut également un peintre de talent. 

Contenu :

La couverture représente les deux comédiens Julian Wadham et Olivia Poulet en ombre chinoise, dans une posture évoquant les Avengers, sur un arrière-fond d’images issues des strips.

En 1966 et 1967, parfois aidé par son compatriote Juan Gonzalez Alecrejo, Emilio Frejo écrivit et dessina huit brèves histoires narrant des aventures hors-séries de Steed et Mrs Peel. Elles parurent en strips dans le magazine anglais Diana, publication des éditions DC Thompson destinée aux jeunes filles (son titre n’a aucun rapport avec Diana Rigg). La taille des histoires varie entre deux, trois et quatre doubles pages selon les cas.

Fondée en 1996, Big Finish est spécialisée dans l’édition de dramatiques audio (en Cd ou en téléchargement), format très prisé Outre-Manche. Big Finish se consacre essentiellement aux séries télévisées, en premier lieu à Doctor Who (mais aussi Le Prisonnier, Stargate, Torchwood, Sapphire & Steel…), à travers des histoires originales ou des recréations d’épisodes disparus.

En 2016, Big Finish fit restaurer ces huit histoires et les publia en un recueil unique. L’ordre des bandes dessinées reprend celui de leur édition dans le magazine Diana. Le livre est destiné à servir de support d‘accompagnement aux adaptations audio des bandes dessinées, éditées en deux coffrets de quatre aventures chacun.

Steed s’y voit incarné par Julian Wadham, qui s’était déjà prêté à l’exercice lors d’une production précédente de Big Finish reconstituant plusieurs épisodes perdus de la saison 1, à partir des scripts. De son côté, Olivia Poulet devient une nouvelle interprète d’Emma Peel.

Après un bref mot d’introduction et les huit histoires dessinées, le livre se conclue sur un dossier intitulé From Strip To Script. Les différents adaptateurs au format audio y expliquent en quoi a consisté leur travail et quel est leur regard sur la série télévisée.

On y trouve aussi une interview des deux acteurs principaux, expliquant notamment leur approche des personnages, y compris vis à vis des interprétations effectuées par Patrick Macnee et Emma Peel. Le tout est illustré par plusieurs photographies de l’équipe.

Conclusion :

Le grand intérêt du livre consiste à proposer huit aventures originales de Steed et Emma à leur public. Le pari est globalement gagné, car la plupart des histoires (hormis la dernière, The Secret Six, très à part) respecte globalement, même s’il y a des nuances de ci delà, la bible de la série à l’époque de nos deux héros. On ressent, le plus souvent, l’impression d’assister à un épisode au sujet souvent astucieux, avec un duo d’Avengers produisant les étincelles attendues. De plus les dessins d’Emilio Frejo s’avèrent souvent admirables et rès précis, ainsi que superbement colorés. Il s’agit d’un atout maître pour l’ensemble de ces Comics.

Mais deux distorsions existent néanmoins. Le fait que les strips prennent place dans un magazine destiné à la jeunesse n’est pas sans conséquences. Ainsi personne ne meurt (hormis là aussi dans la dernière histoire) et les Avengers ne fêtent pas leur succès au Champagne, mais plutôt avec une tasse de café. Surtout, le format réduit des bandes dessinées fait que le scénario demeure restreint à son épure, il s‘agit plutôt de l’idée initiale d’un opus, à être prolongée et enrichie. D’ailleurs les adaptations audio de Big Finish n’hésitent pas à développer les récits.

Par ailleurs, malgré l’excellence des adaptations et des parfaites prestations des remarquables Julian Wadham et Olivia Poulet (évitant notamment le piège d’une imitation des acteurs historiques), le manque total d’image fait que la compréhension de la narration exige un niveau d’anglais assez élevé. Dès lors disposer de la bande dessinée facilitera considérablement l’écoute de l’auditeur français.  Le dossier sur la réalisation des CD se lit également avec grand intérêt. On regrettera toutefois une trop grande fragilité de la reliure, une meilleure qualité aurait vraiment été appréciable.

Description et avis sur les huit bandes-dessinées :

1) Return to Castle De’ath 


Résumé :

Le prince héritier d’un émirat riche en pétrole et ami de la Grande-Bretagne (les gentils) se rend en Ecosse pour faire du ski. Mais la fourbe opposition, inféodée à une puissance hostile (les méchants), ont décidé de traitreusement profiter de l’occasion pour vilement assassiner le prince. Mais on ne la fait au Ministère, qui dépêche sur place son agent d’élite et sa  plus talentueuse amatrice. Les Avengers vont contrer victorieusement plusieurs attaques des ignobles félons, avant que le cerveau du complot ne trouve la mort suite à l’intervention d’un mystérieux fantôme (non, pas de crossover avec les Comics US, c’est un fantôme, pas The Phantom).

Critique :

Légère déception pour ce premier Comics. En effet le titre laisse croire à un retour à l’un des plus fameux opus de la saison, or,si l’on se trouve bien en écosse avec un fantôme à cornemuse, l’histoire n’a en fait rien à voir et ne se déroule pas non plus au même endroit. Surtout le thème est très bateau, on a vu maintes fois le même thème brodé de manière à chaque fois de façon légèrement différentes dans les séries d’aventures Sixties, notamment chez le Saint. L’épisode manque de la fantaisie propre aux Avengers de l’ère Emma Peel et ses simples tueurs dépourvus de toute invention mirobolante aurait sans doute mieux convenue à Mrs Gale (et j’adore Cathy, c’est juste une question de cohérence). On a réellement l’impression d’assister à une aventure du célèbre Simon templar auquel se seraient simplement substitués Steed et Mrs Peel.

Par contre l’histoire respecte globalement la bible de la série, on ne voit pas de sang, les seules personnes tuées sont des  mâles (les gardes du corps du prince) et le décor est quasi désert, assez inévitablement (pistes de ski et hôtel, la nuit). Si le format court de l’histoire, six pages de Comics en tout et pour tout, impose un manque de caractérisation des ennemis, il insuffle un vrai rythme aux péripéties dans la station de ski (Cf. For Your Eyes Only), on ne s’ennuie jamais au long de ce récit efficacement minuté. On parlerait de montage nerveux pour un épisode. Les dessins sont de qualité, même si assez datés, tout comme la technique des petits paragraphes de texte sagement insérés. J’ai vraiment apprécié le travail effectué sur les couleurs et les Avengers sont parfaitement reconnaissables. Ceux-ci se montrent aussi à l’aise dans l’action (grand show Emma) que dans l’humour, les dialogues sont très réussis de ce point de vue, relevant clairement d’un outrageux marivaudage par moments (fort heureusement on montre expressément Emma et Steed avoir chacun leur chambre, Dieu bon). La garde de robe de Mrs Peel emprunte fort judicieusement à l’élégance de la saison 4 et les hideux Emmapeelers ne sont pas de sortie. Elle arbore sa tenue de cuir la plus classique lors des combats

2) The Miser 

Résumé :

Un criminel se surnommant The Miser (l’Avare) multiplie de terrifiantes actions : plonger Londres dans le noir, endormir les passagers et l’équipage d’un train manquant de dérailler à son arrivée.  Il réclame une colossale rançon pour y mettre fin. Les Avengers remontent la piste grâce aux indications d’un ami présent dans le train. Capturée, Mrs Peel est conduite dans la ferme servant de QG secret au Miser. Elle est sur le point de périr écrasée dans une presse à cidre, quand survient Steed, malgré les flammes lancées par un épouvantail gardant la propriété ! Le dernier acte se joue dans un musée de cire de Londres, où l’astuce des héros permet l’arrestation du Mastermind et de ses hommes de main.

Critique :

Le deuxième strip de la série capitalise sur plusieurs atouts, à commencer par sa dimension graphique. On peut ainsi admirer plusieurs belles images permettant de reconstituer des scènes dépassant parfois largement ce qu’aurait autorisé le budget limité de la série : arrivée du train frôlant la catastrophe, la cathédrale St-Paul cernée par l’obscurité (cela aura pu éventuellement évoquer le blitz au lecteur anglais d’alors), incendie dantesque, étrangeté du musée de cire visité de nuit. Le récit se voit également richement pourvu en scènes d’action, même si parfois un peu trop. Il reste ainsi étonnant qu’un incendie aussi rapide et énorme soit provoqué par un lance- flammes au beau milieu d’une campagne anglaise guère surchauffée.

Avec tout cela la BD trouve le temps d’agréablement caractériser le Diabolical du jour, petit homme à la fois cupide et tentant de pallier un complexe lié à sa taille par l’ampleur de ses exploits criminels. On comprend par contre mal pourquoi il choisit un surnom en soi assez dépréciatif. On apprécie quelques références à la série, comme le Miser ayant un penchant pour la haute technologie et s’adressant de manière cachée aux Avengers via des hauts parleurs (Mr. Teddy Bear), tandis que la presse où manque de périr Mrs Peel évoque clairement celle de A Surfeit of H2O. La bible Avengers est également respectée, avec un ton surréaliste et peu de personnes vues en dehors de celles liées à l’action. L’astuce finale permet d’introduire des Bobbies, mais pas des vrais, puisqu’il s’agit de mannequins de cire !

Au niveau des regrets, on note que, malgré une belle résistance quand elle est assaillie,  Mrs Peel n’accomplit que peu de choses durant ce récit laissant bien davantage la part belle à Steed. Elle commente davantage l’action qu’elle n’y participe. La BD se retranche également dans un flou très pratique concernant le Maître plan final du Miser visant les banques de Londres et empêché à la dernière minute par nos amis. On ne sait jamais de quoi il en retourne, ce qui s’avère assez frustrant.

3) The Golden Dresses 

Résumé :

Steed et Mrs Peel assistent à un défilé de haute couture organisé par Mrs Zingara, où une magnifique robe en or tressé fait sensation, où une. Ils remarquent que nombre des invitées sont des épouses de hauts dirigeants militaires. Or plusieurs de ces officiers disparaissant les jours suivants. En fait la robe dorée hypnotise l’épouse, qui assomme le mari avant de le livrer aux complices de Mme Zingara. Soupçonneux, les Avengers se font passer pour l’un des couples visés mais Emma est à son tour subjuguée par la robe et Steed est enlevé. Revenue à elle, la talentueuse amatrice se lance à la poursuite des espions, ce qui l’emmène Jusqu’à une île de la Mer du Nord, où les captifs sont détenus. Réunis, les Avengers affrontent victorieusement le gang.

Critique :

L’opus souffre d’être segmenté en deux paries très distinctes, l’affaire de la robe d’or, puis l’aventure en mer et sur l’île, où l’artefact n’intervient plus du tout.  On assiste donc à deux mini épisodes, fatalement succincts. La robe d’or (un clin d’œil à Paco Rabanne ?) introduit un élément de science-fiction astucieux, dont le croisement avec le récit d’espionnage correspond bien à la spécificité de la série, mais il demeure isolé et disparait finalement assez vite (il n’intervient évidemment pas du tout lors du combat final). De fait, même si un micro univers se voit ici détourné de manière amusante, la maison  de haute couture succédant au club de golf, à l’agence matrimoniale ou au salon de danse, l’ambiance surréaliste du récit se voit ici réduite à la portion congrue, nous situant plutôt en saison trois qu’en autre. De fait le défilé évoque se voit dépourvu de la fantaisie de celui auquel participe Steed dans Two Is A Crowd.

La suite du récit sur le bateau, puis le combat final dans l’ile relèvent davantage de péripéties  classiques. Steed utilise ainsi un gadget pour échapper à ses ravisseurs, une rareté dans la série : une lame jaillissant de la semelle de chaussure,  ce qui évoquera James West aux amateurs des Mystères de l’Ouest ! L’action demeure toutefois à un rythme soutenu et maintient jusqu’au bout l’intérêt du lecteur. C’est d’autant qu’une aventure maritime demeure une amusante spécificité, seuls quelques rares exemples existant dans la série (A Chorus of Frogs, Mission to Montreal), d’ailleurs  survenus avant l’arrivée d’Emma Peel. La qualité des dessins et de la colorisation appuie cette originalité, avec de jolis teints bleus ou violets. Le navire se voit de plus dessiné avec une grande précision, tous comme les voitures, celles emblématiques des Avengers, tout comme la Rolls-Royce fatalement dorée de Mrs Zingara. La robe fatidique sied également à merveille à Mrs Peel !

4) The Norse Code 

Résumé :

Steed et Mrs Peel partent pour un week-end de pêche dans le Norfolk. En louant un bateau, ils apprennent que plusieurs disparitions mystérieuses se sont déroulées dans les parages. A leur grande surprise ils sont attaqués en mer par un drakkar rempli de guerriers vikings ! Un temps capturés, les Avengers s’échappent et mènent l’enquête : les habitants d’un petit village côtier sont des descendants de Vikings et ont entrepris d’achever la conquête de l’Angleterre jadis entreprise par leurs ancêtres. A cette fin, ils se sont emparés d’une bombe atomique ! Tandis que Steed poursuit son infiltration, Mrs Peel part prévenir les autorités. Découvert, Steed est sur le point d’être mis à mort quand Emma survient avec les gardes-côtes.

Critique :

Cet épisode aurait pu avantageusement s’insérer parmi les divers remakes présents en saison cinq, tant il constitue une relecture d’un de ceux de la saison trois, The Grandeur That Was Rome, où les Vikings se substituent aux Romains et et la bombe atomique à l’arme biologique. La transposition s’effectue astucieusement jouant sur une double caractéristique du Norflolk : ce comté de l’Est-Anglie est en effet connu pour être tombé jadis au pouvoir des Vikings mais aussi pour l’excentricité supposée de ses habitants. Une fois l’effet de surprise passé, le récit  joue habilement du contraste entre l’humour pince sans rire des Avengers et la brutalité affichée des descendants des Northmen (qui ne connaissent pas la peur). Les péripéties  se déroulent à un rythme enlevé aussi bien sur terre que sur mer, jusqu’à un final paroxystique.

L’intrigue constitue un catalogue à peu près complet de l’imagerie habituellement associée aux Vikings, non sans évoquer les péplums faisant alors fureur. Le film Les vikings est ainsi encore récent (1958). Dans le style graphique un peu désuet mais charmant des strips cela nous vaut de jolis dessins comme issu d’en encyclopédie pour la jeunesse. Nos héros font preuve d’une belle énergie au sein d’une aventure ont la fantaisie leur sied idéalement. On apprécie que Mrs Peel soit cette fois mis en avant, jusqu’à sauver Steed, même si faire appel aux autorités pour remporter la partie n’est pas dans les us et coutumes avengeriennes. Le scénario souffre toutefois de plusieurs invraisemblances, allant au-delà de la permissivité déjà assez large des séries d’aventures. Ainsi les adversaires font preuve d’un comportement aberrant, prenant lamer en laissant la bombe quasiment sans surveillance, voire laissant les Avengers à la garde d’un unique faucon !

5) Playtime is over 

Résumé :

Alors qu’ils enquêtent sans succès sur une affaire de vols de bijoux au déroulement incompréhensible, les Avengers sont la cible d’étranges tentatives de meurtres perpétrées par des enfants équipés de jouets rendus mortels. En fait la belle mais sinistre Black Heart a réuni sept nains artistes de cirque, qui grâce à leur petite taille et à leur souplesse, ont perpétré les cambriolages. De plus ils  se déguisent en enfants afin de tromper la vigilance des gardes… et des Avengers ! Après avoir triomphé de plusieurs attaques, John et Emma sont finalement capturés. Ils parviennent à échapper à un nouveau diabolique dispositif imaginé par Black Heart et rejoignent la bande alors qu’elle était sur le point de dérober une prestigieuse collection de joyaux français. Après un ultime affrontement s’en est fini de Black Heart et les sept nains !

Critique :

Cet épisode très mouvementé permet de pleinement renouer avec cette ambiance insolite caractéristique des meilleurs moments de l’ère Emma Peel. Cette+atmosphère plaisamment décalée provient deux sources différentes, mais développées en totale symbiose. L’utilisation des jouets évoque agréablement les maquettes tueuses de Two’s a Crowd, tout en préfigurant déjà le futur succès de Game, Le ballon endormant soudain Steed en émettant un gaz soporifique nous entraine cette fois du côté de Something Nasty in the Nursery. Qui plus est, les jouets autorisent plusieurs moments comme paroxystiques, comme l’ours en peluche d’Emma s’animant soudain après l’avoir épiée, car abritant l’un des nains diaboliques (bonjour, amie Paranoïa) ou l’instant méta voyant Black Heart écraser de rage la maquette Corgi de la Bentley contenait un Steed et une Emma miniatures. Les jolis dessins désuets du Comics servent admirablement les superbes jouets des années 60, ici placés dans leur environnement d’époque.

La vision inversée du conte de Blanche Neige et les sept nains apportent également son lot d’étrangeté bienvenue à l’épisode, d’autant que l’identité d’enfants revêtue par les nains permet une bonne connexion avec le thème des jouets. La brièveté du Comics limité à quelques strips empêche toutefois de développer un sujet qui aurait sans doute été davantage défendu dans le cadre élargi d’un épisode de la série. Demeure la beauté hiératique de Black Heart, dessinée très à la manière de la Méchante Reine de Walt Disney. Par ailleurs le scénario rejoint la linéarité des scénarios de la cinquième saison, la succession des attaques, toujours spectaculaires, des pseudo enfants se substituant à celle des meurtres. Le récit ne manque pas de nous proposer le premier de ces féroces combats féminins participant à l’identité de la série, même si la brièveté du format en réduit la chorégraphie. On regrettera simplement la présence régulière de passants, inutile et divergeant des codes du programme.

6) The Antagonizer 

Résumé :

Steed et Mrs regardent l’émission présentée par un ami journaliste, Tom Partridge. Celui-ci reçoit le Pr. Klein, qui a inventé un rayon permettant de modifier à volonté le caractère des animaux. Mais Partridge n’est pas convaincu par la démonstration et ridiculise le scientifique. Le lendemain les Avengers se rendent chez Partridge pour un dîner mais le découvrent ayant été agressé par ses fidèles chiens. En fait le Pr. Klein a entrepris de se venger grâce à son rayon. Il lance ensuite les gorilles d’un zoo voisin contre le journaliste et même un troupeau de vaches ! Heureusement les Avengers sauvent à chaque fois leur ami et appréhendent le savant fou chez lui, après  un ultime combat.

Critique :

Cet épisode s’avère assez décevant par son manque de substance. La linéarité du scénario rejoint celle communément observée en saison tout comme le précédent Playtime is over, mais de manière davantage accentuée encore. En effet, après une brève mise en situation, le scénario se résume en tout en et pour tout à une succession d’affrontements entre les Avengers et divers animaux. Si les dessins des animaux attireront sans doute le regard des jeunes publics, les affrontements n’ont rien de spécialement étranges. Si leur cause relève de la Science-fiction, leur déroulé n’a rien d’insolite en soi.

 Par ailleurs le scénario commet quelques maladresses. Ainsi, pour justifier un combat aquatique, Emma perd subitement l’équilibre pour tomber dans un bassin, sans aucune raison visible, les Avengers mettent vraiment beaucoup de temps à deviner l’identité de leur ennemi, alors qu’ils ont toutes les éléments en main, alors qu’il est en proie aux attaques Tom va malgré tout se promener le soir dans la campagne, etc. Demeurent heureusement une amusante préfiguration de The Hidden Tiger et des dialogues pétillants entre des Avengers visiblement toujours ravis l’un de l’autre !

7) The Mad Hatter

Résumé :

Une tentative d’attentat est perpétrée lors de l’arrivée d’une princesse étrangère en visite à Londres. Les Avengers découvrent que l’explosif a été dissimulé sous la forme d’un chapeau lancée depuis la foule sur le carrosse. Ils remontent une piste les conduisant jusqu’à une très sélect boutique de chapellerie. Ils se font passer pour un couple d’acheteurs (au grand plaisir de Steed, qui s’offre un superbe chapeau melon). Mais ils ne dupent pas le propriétaire, en fait un dangereux criminel agissant via des chapeaux transformés en astucieux gadgets. Il dissimule un mortel petit serpent dans le chapeau de Steed, mais le piège échoue grâce au sang froid d’Emma. Les Avengers donnent alors l’assaut à la boutique et le gang est vaincu malgré ses redoutables couvre-chefs. 

Critique :

Il est vraiment à regretter que cette histoire constitue la plus courte du lot, avec à peine deux doubles pages, là où presque toutes en comportent trois, voire quatre pour Playtime is over. En effet on tient réellement là l’idée de base d’un excellent scénario de la saison 4, dont le manque de développement génère une vraie frustration. On y trouve ainsi une digne boutique ayant pignon sur rue, s’inscrivant dans le mode de vie traditionnel de la bonne société anglaise, mais dissimulant un nid d’espions, mais aussi un méchant intéressant, pouvant se développer en alter ego négatif de Steed et un modus operandi autorisant un spectaculaire combat final.

Mrs Peel n’est pas non plus oubliée dans cette histoire de chapeaux masculins et joue même un rôle crucial dans la victoire. Incidemment, on se dit que, traité sur un mode davantage psychédélique, la même histoire aurait très bien bu convenir à la série Batman, ce qui souligne une nouvelle fois les convergences entre les deux programmes. Après tout, le Mad Hatter (le Chapelier fou), l’un des meilleurs ennemis du Dark Knight, y est intervenu à plusieurs reprises. Même si le Comics reste trop court pour tenir toutes les promesses de son sujet, il emploie efficacement chacune de ses cases et sa lecture demeure fort plaisante.

8) The Secret Six 

Résumé :

Steed et Mrs Peel sont conviés par un ami commun, Lord Tweezle, dans sa résidence campagnarde, pour un week-end de festivités. A leur arrivée, ils découvrent que le maître des lieux a été assassiné et que sa demeure a été investie par le Secret-Six, un gang composé de six criminels comptant parmi les plus recherchés au monde, avec à sa tête le sinistre Chang-Tu. Ils ont entendu une embuscade pour se débarrasser des Avengers, qui leur causent bien du souci. Après une première tentative de meurtre déguisée en accident de chasse, Steed et Emma  passent à la contre-attaque, et les Six périssent les uns après les autres, hormis Chang-Tu, capturé malgré qu’il ait déployé un tank cracheur de flammes.

Critique :

Le recueil de Comics s’achève sur le plus mauvais d’entre eux, rejoignant ainsi une tradition également observée par Chapeau Melon et Bottes de Cuirs, selon de nombreux critiques d’Emily. Mais il s’agit là sans doute de l’unique point commun que l’on discernera ici entre la bande dessinée et la série. En effet avec son gang de criminels présentés comme ayant une ampleur mondiale et dirigée par un Chinois, The Secret Six s’inspire visiblement de The Big Four d’Agatha Christie, et parvient à résulter aussi étranger à l’univers des Avengers que le roman à celui de Poirot. L’auteur ne caractérise pas des bandits tristement banaux et qui agissent non pas de manière surréaliste, mais plutôt incompréhensiblement stupide.

Ils donnent ainsi toute latitude aux Avengers pour s’en sortit, avec une tentative de meurtre inutilement compliquée puis en se faisant ensuite tirer comme des lapins, infirmant totalement leur présentation comme champions du crime. Tout ceci se déroule de manière morne, avec des dialogues empesés ente Avengers et la surenchère dans la violence comme unique moteur du récit. Deux femmes sont ainsi tuées, l’une par balle et l’autre carrément dévorée vivante par des crocodiles, ce qui en correspond pas vraiment à la charte de la série. Une espèce de paroxysme se voit atteint avec la charge du char d’assaut-lance flammes Le récit aura confondu de bout en bout l’insolite et l’incongru.

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10. Comics : Steed and Mrs Peel

Comportant deux histoires distinctes (The Golden Game et Deadly Rainbow), une première série de comics Steed and Mrs Peel fut publiée de 1990 à 1992 par Eclipse Comics, l’un de ces éditeurs américains indépendants réservant souvent de bonnes surprises à l’ombre des géants Marvel et DC. Eclipse ne survécut aux années 90 (inondation détruisant la majorité du stock, forte contraction du marché direct).  Steed and Mrs Peel fut néanmoins réédité en 2012 par Boom ! Studios, éditeur californien de Comics fondé en 2005 et aux licences très variées, de Hellraiser à des productions pour la jeunesse. (Kaboom !). Cette édition a déjà été présentée par Denis sur le site.

En 2012, Boom ! Studios publia une nouvelle série de Comics Steed and Mrs Peel, après s’être associé avec Studio canal, détenteur des droits. Les bandes dessinées furent publiées en douze fascicules mensuels, d’aout 2012 à juillet 2013. Ils recouvrent une seule longue histoire, composée d’un prologue et de onze chapitres. Si le Comics connut plusieurs dessinateurs (couvertures et bandes dessinées), l’ensemble fut écrit par un duo d’auteurs, Mark Waid (prologue, chapitres 1 à 3) et Caleb Monroe (chapitres 4 à 11, collaboration  aux chapitres 1 à 3).

Caleb Monroe est une valeur montante parmi les jeunes auteurs de Comics, il a notamment travaillé pour Batman, les versions Comics de L’Age de glace ou de La Planète des Singes…  Mark Waid est un auteur majeur depuis les années 80. Il a été l’éditeur en chef de Boom ! Studios durant les années 2000 et a participé en freelance à l’écriture de nombreux Comics essentiels chez Marvel et DC (Superman : Birthright, Kingdom Come…). Il contribua au développement de l’Hypertime durant les années 90, concept réintroduisant une forme limitée de Multivers au sein de l’Univers DC, après Crisis on Infinite Earths. Cela contribua à régler les différents problèmes de continuité, à la manière d’un superviseur de scénarios, jusqu’à l’arrivée d’Infinite Crisis, en 2005.

Mark Waid définit les Avengers comme étant « du James Bond raconté à la manière de Doctor Who ». Deux fringants agents secrets anglais s’y voient en effet confrontés à des conspirations mettant en jeu des éléments étranges, voire de la Science-fiction. Il indique avoir choisi le Hellfire Club comme principal méchant de l’histoire, du fait de son intérêt, mais aussi du travail d’adaptation mené pour les X-Men par Chris Claremont et John Byrne, chez Marvel, depuis 1980 (le Club des Damnés). Cette organisation maléfique fut longtemps la Némésis des X-Men, avec la redoutable Emma Frost en version alternative d’Emma Peel.

Au-delà du clin d’œil, Waid développe néanmoins sa propre vision du Hellfire Club, avec non plus des fétichistes du Passé, comme dans A Touch of Brimstone, mais au contraire du Futur. Une subtilité supplémentaire en découle, car, comme le Comics prend place en 1969, il s’agit de ce que les amateurs de Science-fiction nomment le Rétro-futurisme, une vision alternative, volontiers uchronique, du XXIe siècle, alliant éléments avant-gardistes et rétro : l’avenir tel qu’on le concevait dans notre passé. La vision des décennies futures par le Hellfire Club évoque ainsi davantage Barbarella que le Présent du lecteur ! Les Diabolical Masterminds à la tête de l’Organisation sont bien décidés à bâtir le Futur de la Grande Bretagne à leur guise, afin que leurs visions délirantes s’accomplissent au plus vite. Ils ne laisseront personne se mettre en travers de leur chemin !

Nous allons découvrir les douze segments de l’histoire à travers les trois paperbacks publiés (recueils de Comics). Chacun comporte quatre segments, plus une galerie des différentes couvertures des fascicules regroupés, externes ou internes.

Il s’agit de :

- 1) A Very Civil Armageddon (mai 2013, 128 pages),

- 2) The Secret History of Space (novembre 2013, 112 pages),

- 3) The Return of the Monster (avril 2014, 112 pages).

Tous trois ont les mêmes dimensions : largeur de 18 cm et longueur de 25 cm. Ils se trouvent aisément sur Internet, mais uniquement en langue anglaise.

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Une troisième série de Comics, Steed and Mrs. Peel : We're Needed, a été lancée à l’été 2014 par Bloom ! Studios, mais a été rapidement interrompue. Elle n’a pas été reprise depuis.

I) A Very Civil Armageddon

0) Prologue : The Dead Future 

Steed feels his age, Emma turns back Time.

Résumé :

Les Avengers interviennent quand est découvert le cadavre d'un collègue de Steed est découvert, mystérieusement vieilli d'une quarantaine d'années. La piste les mène à découvrir que le Club de l'Enfer a secrètement été reconstitué. Ses membres intéressent désormais au Futur, et s’entourent d’un décorum évoquant l’an 2000, façon Science-fiction des années 30. Ils capturent des membres des services secrets et, après lui avoir administré une substance les vieillissant, leur font croire qu’ils sont restés dans le coma jusqu’à ce lointain futur. Dès lors ils n’ont plus qu’à enregistrer les secrets qu’ils détiennent, sous couverts d’archives nationales ! Les Avengers triomphent du gang après que Steed eut lui-aussi vieilli, heureusement temporairement. Ils découvrent que son chef n’est autre que John Cartney, ayant survécu à sa chute survenue mais désormais quasi paralysé. Son fils Ian a cependant réussi à s’enfuir.

Critique :

Ce prologue à la nouvelle aventure en Comics de Steed & Mrs Peel reconstitue un opus de la série télévisée dans son intégralité. Il recrée soigneusement le cérémonial des épisodes de la saison 5 de la série télévisée, les auteurs, amateurs affirmés du programme, ont visiblement bien travaillé le sujet. Via l’expérience vécue à travers les yeux du collègue de Steed, on retrouve ainsi la traditionnelle séquence générique, avec son meurtre à la fois choquant et énigmatique introduisant un élément étrange. Un soin est apporté aux détails narratifs, via l’introduction de l’accroche demeurée associée à cette époque de la série (Steed…, Emma…), de la séquence bien connue du Mrs Peel, we’re needed et du tag final. Cette recréation ne résulte pas mécanique, mais au contraire animée d’une vraie ambition.

 La vision de l’An 2000 par le Club de l’Enfer, aurait sans doute pu être davantage développée, mais elle constitue déjà un intéressant travail graphique, empruntant aussi bien à la Science-fiction des années 50 (Guy l’Eclair) qu’aux couvertures des Pulps ou au Steampunk (mention spécial à l’ordinateur futuriste fonctionnant encore avec des cartes perforées). A travers artefacts et costumes, ce bel exemple de rétro-futurisme fait écho aux également superbes décors de l’épisode originel A Touch of Brimstone, de même que le spectaculaire combat entre Steed et la représentation anthropomorphique du Temps (et sa terrible faux) évoque le délirant duel endiablé entre Emma et l’acrobate. L’astucieuse arnaque servant d’idée de base au scénario introduit comme un crossover avec Escape in Time, l’illusion représentant cette fois le Futur. Les caractéristiques et aptitudes propres à chaque Avenger se voient fidèlement déployées, ainsi que la nature de leur relation. Le tag final avec son jeu de mots entre Camping et « Camp », style musical typique du Swinging London (Dusty Springfield) ramène symboliquement les Avengers à leur époque.

Malgré parfois une certain approximation quelques représentations du visage des Avengers, les dessins de Steve Bryant se montrent globalement de qualité correcte. Au passage on remarque que Mrs Peel nous révèle ses dessous quand elle se déguise en gynoïde pour s’infiltrer dans le Club, mais, après tout, à l’instar de Mrs Gale, elle aussi pratiqué l’exercice dans la série (the Joker). On regrettera simplement l’aspect très standardisé du développement de l’intrigue, mais là aussi le Comics transpose judicieusement un épisode de la saison quatre dans la cinq, époque où la série, derrière la fantaisie des thèmes, commence à virer au Formula Show. Le grand auteur de Comics qu’est Mark Waid n’hésite pas à insérer quelques clins d’œil. Ainsi les diverses couvertures internes adaptent celles du Club de l’Enfer version X-Men, tandis que durant la séquence du We’re needed, Emma regarde un film de Super-héros très à la Batman. Le costume du simili Riddler s’orne ainsi de points d’exclamation et non d’interrogation !

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1) London Falling 

Steed plays with fire, Emma tests the waters

Résumé :

Un commando armé jusqu’aux dents s’empare d’une base de missiles nucléaires, après avoir abattu les gardes. Les bombes sont aussitôt envoyées sur Londres, et malgré les efforts de la RAF, la capitale britannique est atomisée. Quelques survivants, dont les Avengers, se trouvent dans un abri souterrain, mais un incendie se déchaîne et envahit les lieux avec une troublante rapidité. Steed et Emma décident alors de tenter le tout pour le tout et de partir en éclaireurs à la surface. Plusieurs faits étranges se produisent alors : si Londres apparaît bien dévasté, ni le sol, ni l’eau ne sont radioactifs, et la météorologie ne concorde pas non plus. Des mutants difformes apparaissent également, alors que le laps de temps écoulé depuis l’explosion est beaucoup trop court. Le tout se révèle alors observé par Ian Cartney et sa sœur Joan.

Critique :

La première partie du Comics, trois pages dépourvues de toute bulle, s’avère représenter un modèle de narration par l’image. D’une manière tout à fait haletante et avec un effarement croissant, découvre pas à pas l’exécution du drame en cours, jusqu’à ce que le terrifiant champignon atomique s’étende au dessus du Parlement. On pourra certes regretter que la bible de la série ne se voit pas respectée, les images ultra violentes de l’attaque de la base laissant apparaître des flots de sang. Toutefois, après l’épisode très dans la norme que constituait le prologue, on peut émettre l’hypothèse que Mark Waid nous indique ainsi que nous allons désormais pénétrer dans des territoires inconnus. On lui accorde d’autant plus aisément le bénéfice du doute que la destruction par explosion du parlement manifeste une tranchante ironie, puisque réalisant in fine l’objectif du premier Club de l’Enfer (ainsi que son modèle historique de la conspiration des poudres, en 1605).

L’abri antiatomique gouvernemental ne sera pas sans évoquer l’atmosphère du Cocon aux amateurs de la période Cathy Gale. Cependant les dialogues affutés et parfois à double sens entre Steed et Emma relèvent bien de leur période ! Dès ce lancement, les évènements étranges commencent à habilement nous mettre la puce à l’oreille. La découverte du Londres s ravagé et surtout des mutants agressant les Avengers nous semblent hors sujet dans un premier temps hors sujet, car relevant trop de la Science-fiction pure et bouleversant totalement l’univers de la série. Mais les discordances avec le supposé réel s’accumulent progressivement, utilisant habilement les proverbiaux multiples talents scientifiques de Mrs Peel pour se faire jour. Le lecteur peut dès lors formule l’hypothèse d’un astucieux univers truqué à Philip K. Dick. Le cliffhanger de l’apparition des Courtney achève de dessiner la perspective d’un Club de l’Enfer  ayant composé un nouveau Futur illusoire, cette fois post-apocalyptique. Pourquoi et comment, c’est qu’aura à nous conter.la suite de ce Comics correctement dessiné, même si les décors restent trop épurés.

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2) Life in Hell 

Steed checks on breakfast, Emma checks and mates

Résumé :

Les Avengers et les dignitaires britanniques sont accueillis dans le somptueux abri antiatomique de Club de l’Enfer. Ian et Joan Cartney forment en apparence des hôtes courtois et beaux joueurs, mais, au fil du temps, Steed et Emma remarquent que ministres et généraux disparaissent sans explication. En fait, profitant du choc psychologique provoqué par la catastrophe nucléaire et aidée par un dispositif de pointe, Joan conditionne les personnalités à se soumettre à l’autorité du club de l’Enfer. Ceux-ci rejoignent alors Ian, qui tient une fête permanente au dernier sous-sol du bunker. Mrs Peel mène l’enquête mais est traîtreusement capturée, puis conditionnée, par Joan. Steve découvre le pot aux roses, mais se voit soudain contraint d’affronter une Emma sous influence, redevenue la Reine du Péché. La diabolique Joan entend ainsi se venger de la défaite naguère subie par son père.

Critique :

Cet opus résulte plus inégal que précédemment. L’action y apparaît en effet moins fournie, d’autant que Mark Waid a recours à une vieille astuce de scénariste quand l’inspiration vient à manquer : faire ressasser l’action en cours en cours par nos héros ; un long pan de l’histoire voit ainsi les Avengers récapituler l’ensemble des évènements, sans que cela débouche sur quoi que ce soit de concret. il faut attendre la seconde moitié du récit pour les voir débuter leur enquête après les disparitions des personnalités, ce qui aurait pu être entrepris directement. On regrette également qu’une relation à la Jaime/Cersei Lannister soit instaurée entre ia et Joan, là aussi cela n’apporte rien à l’action principale, hormis un sensationnalisme facile.

La seconde partie relève heureusement le niveau, avec une intrigue sachant ménager à la fois suspense et retournements de situation. Elle s’insère parfaitement dans le dévoilement progressif du plan joyeusement démentiel imaginé par la nouvelle génération des Cartney, Joan s’avérant autant azimutée que son frère, et pas moins cruelle. On aime bien leur look Pop et Sixties (la tenue à jabot d’Ian évoque assez celle d’Austin Powers). Le thème de la manipulation des esprits rejoint également un concept fort présent dans les séries d’aventures de l’époque, on songe par moments au très bon épisode de l’ère Cathy Gale des Avengers que constitue Lavage de cerveau (The Wringer). Quelques autres pépites très Avengers émaillent le récit, comme Steed débusquant une bouteille de champagne dans les ruines de Londres, la partie d’échecs entre lui et Emma, ou, bien entendu, l’apparition choc de celle-ci en Queen of Sin, en forme de cliffhanger spectaculaire.

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3) Long live the Queen 

Steed triggers Emma, Emma pulls the trigger

Résumé :

Un combat oppose Steed à la Reine du Péché. Mais les Avengers ont naguère subi un entrainement contre le contrôle mental et Steed parvient à briser l’assujettissement de sa talentueuse collaboratrice, en prononçant un mot clef, le prénom de son mari disparu. Ayant tout découvert, les Avengers parviennent jusqu’à l’ultime sous-sol du bunker, où Ian accueille les dignitaires convertis, au sein d’une fête très licencieuse. Steed et Emma s’enfuient en moto, poursuivis par Joan et ses gardes. Cette dernière est capturée après un ultime combat et Emma envoient un signal à la Navy, qui donne l’assaut à ce qui est en fait une île de la Mer de Chine. En introduisant de faux souvenirs par hypnose et en se servant d’un décor reconstituant un Londres apocalyptique, le Club de l’Enfer avait entrepris de subjuguer l’ensemble du gouvernement britannique !

Critique :

Conclusion du deuxième sous-récit du vaste arc narratif dédié au Club de l’Enfer représenté par cette série de Comics, Long live the Queen se devait de porter réponse aux nombreuses interrogations véhiculées par une narration volontiers énigmatique. Il n’y parvient que partiellement. En effet si les ressorts concrets de la vaste arnaque s’avèrent correctement présentés (les déguisements de mutants, les compteurs Geiger truqués…), le propos demeure beaucoup plus flou quant au moyen par lequel le Club de l’Enfer a réuni l’ensemble du gouvernement britannique sur cette île ou l’absence de toute prise en compte de l’écho rencontré par cette soudaine disparition. On regrette aussi l’inutile vulgarité de fête quasi orgiaque menée dans le lupanar souterrain d’Ian, loin de la sympathique fantaisie de la situation équivalente présentée dans Bizarre. Décidément, le duo antagoniste reste bien déséquilibré en faveur de Joan.

Très présentes tout au long de l’histoire, les scènes d’action se montrent heureusement très convaincantes, car rythmées et dessinées avec un sens de la mise en scène dans la meilleure tradition des Comics. Très tonique, la narration des différents combats sait également s’agrémenter d’éléments purement Avengers, comme la tenue ad hoc de Mrs Peel, le parapluie pare-balles de Steed ou un nouveau combat féminin aussi acharné qu’impitoyable, entre Joan et une Emma ferment décidée à prendre sa revanche. De même un Union Jack parvient à se planter dans le décor, sur la barque avec laquelle les Avengers quittent l’île.  Les dialogues entre Avengers demeurent très affûtés et s’adonnant volontiers aux devil minds. On regrettera par contre l’intervention des militaires pour débloquer la situation, les Avengers ne nous ayant pas habitué à avoir besoin de l’aide des forces de l’ordre. Si les finitions de l’intrigue auraient pu être davantage soignées, cet opus apporte une spectaculaire conclusion à un triple épisode astucieux et très divertissant.

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II) The Secret History of Space

4) Ball Dance Fu 

Steed dresses up, Emma trips down

Résumé :

Peu de temps après leur précédente aventure, Steed et Mrs Peel sont conviés à un bal masqué réunissant la meilleure société dans la résidence d’un écrivain. Celui-ci a posé le noir et blanc comme sujet de la soirée. L’orchestre du bal est dirigé par un étrange individu masqué, venu accompagné par des danseurs de Butō entièrement grimés de blanc. Il est en fait le Dominant, le maître hypnotiseur du Club, à l’œuvre sur l’île. Alliant tempo musical et fascination exercée en résonnance par le Butō, il subjugue l’assistance qui quitte les lieux vers une destination inconnue. Steed rattrape le groupe et triomphe des danseurs, tandis qu’une confrontation oppose l’hypnotiseur à Mrs Peel. Celle-ci parvient à l’abattre au moment où il allait la dominer grâce à un émetteur de bruit blanc. Les Avengers s’offrent une dernière danse, alors que la scène est observée depuis l’Espace par un satellite du Club.

Critique :

Après le départ de Mark Waid et de Will Sliney vers de nouvelles aventures (notamment Daredevil pour l’un et Spiderman pour l’autre), cet opus allait permettre au nouveau duo, Caleb Monroe à l’écriture et Yasmin Liang aux dessins, de s’inscrire dans la continuité ou, au contraire, d’affirmer une identité propre. C’est clairement la deuxième option qui se voit retenue, Ball Dance Fu s’affranchissant largement du moule des séries d’aventures assez fidèlement respecté jusqu’ici au sein de Steed and Mrs Peel. En effet, hormis la bagarre finale assez prestement expédiée entre Steed et les danseurs, il est bien moins question ici d’action que d’ambiance.

L’Etrange règne ainsi en maître, Monroe jouant avec talent plusieurs cartes originales, comme l’absence de toute motivation clairement établie pour le complot en cours (soit l’inverse absolu du Maître Plan narré avec gourmandise par le Mastermind traditionnel). Véritable réincarnation du Joueur de flûte de Hamelin, le Dominant s’avère également un chef d’orchestre d’une toute autre nature que celui de La Danse macabre. Fascinant et intrigant, il permet à Monroe de tenir tout un discours sur l’art pervers d’assujettir autrui, via les propriétés d’une musique s’incarnant également chez les danseurs de Butō, ou s’exprimant via le mystère du Bruit blanc (également évoqué dans la série MillenniuM lors de l’épisode The Sound of Snow). Si ces concepts forment un ensemble stimulant l’imagination, ils se voient évoqués avec une inévitable rapidité lors de la captivante confrontation d’esprit avec Mrs Peel.

Ceci se voit largement compensé par tout un esthétisme venant en relai du discours. Cela par quelques clins d’œil, comme l’orchestre jouant Le Lac des Cygnes dans un épisode où le blanc, sonore ou visuel, joue un rôle clef. Mais c’est bien l’entrée en scène de Yasmin Liang qui résulte déterminante ici. L’une des très rares dessinatrices présente dans le milieu si masculin des Comics, elle apporte une vraie sensibilité à ses dessins, sophistiqués en ce qui concerne les visages et les costumes, élégamment stylisés pour les décors. Elle accomplit plusieurs prouesses tranchant avec tout ce qui a précédé, tels les impressionnantes vues du bal (Mrs Peel retrouvant avec bonheur son élégance en noir et blanc de la saison 4) ou la scène totalement insolite voyant les convives s’éloigner, subjugués par les danseurs en qui s’incarne la musique.

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5) The Secret History of Space 

Steed dries up, Emma drifts up

Résumé :

Le tumulte sur venu durant le bal a permis au Club de l’Enfer d’enlever en toute discrétion l’épouse d’un officier supérieur de la Royal Air Force. Afin de libérer son épouse, le mari dérobe un artefact dans un entrepôt secret de l’armée et le transmet au Club, qui tient parole. Les Avengers remontent la piste mais on la surprise de constater que l’objet dérobé est un simple bocal vide, dont l’origine a été perdue. Steed établit que le cerveau de l’affaire est le Dr. Glass, un ancien ennemi qu’il croyait mort. Glass explique à son assistante que le bocal miraculeux est capable de génération spontanée. Grâce à lui, il met au point des lunettes capables de visualiser le flux temporel.

Critique :

Cet épisode apparaît moins substantiel que les précédents, se résumant à un vaste prologue mettant en place les éléments et conditions de la probable confrontation prochaine entre Steed et le Dr. Glass. De fait il s’avère difficile de se passionner pour une « aventure » particulièrement paisible, où les héros se bornent à revoir les témoignages du mari et de quelques autres fonctionnaires très interchangeables. L’identification du Dr. Glass assure un cliffhanger ouvrant sur la seconde période de l’histoire, mais pour cela il a fallu passer par l’indice particulièrement bateau de fertilisants présents dans les chaussures de l’épouse libéré, conduisant miraculeusement au bon docteur.

Le segment consacré au Dr. Glass se montre davantage intéressant, plantant sa personnalité de visionnaire et suscitant une curiosité autour de ses intrigantes lunettes temporelles. Quelques éléments agréablement insolites viennent agrémenter ponctuellement le récit, comme la fausse chambre d’hôtel en trompe l’œil où est retenue l’épouse ou encore l’amusante énigme de ce bocal vide, un MacGuffin pour le moins original. L’épisode reste aussi l’occasion d’admirer une nouvelle fois les très beaux dessins de Yasmin Liang, toujours élégants et encore rehaussés par leur superbe colorisation effectuée par Ron Riley. Cela nous vaut quelques jolis effets, concernant notamment la garde-robe de Mrs Peel, ou l’étrange lueur psychédélique émanant des lunettes.

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6) Time Flies 

Steed loses tracks of Emma, Emma loses track of Time

Résumé :

Steed se remémore son affrontement passé avec le Dr. Glass, alors inventeur d’un rayon laser mortel. Celui-ci s’était conclu par la mort du savant, mais, aujourd’hui, celui-ci envoie son assitante le sauver, grâce au pouvoir temporel de ses lunettes. L’opposition enlève Mrs Peel et se prépare à l’envoyer elle aussi voyager dans le Temps, le Dr. Glass annonçant la réalisation d’une nouvelle étape d’un mystérieux Maître Plan. Heureusement Steed survient et les Avengers triomphent de l’étrange quatuor, après un combat acharné.

Critique :

La seconde partie du Dr. Glass confirme l’impression de manque de substance laissée par la première. L’histoire aurait sans doute gagné à se resserrer sur un seul segment, ce qui aurait contribué à raccourcir ses tunnels digressifs, les longues évocations conjointes d’un passé déconnecté de l’intrigue principale succédant ici aux fastidieux interrogatoires. Il existe tout de même un contraste contre-productif entre la faible exploitation du concept des lunettes temporelles et le long exposé de leur mise au point passablement délirante, très à la Doctor Who (des mouches envoyées dans l’Espace sont soumises à un flux les déplaçant dans le Temps et les propriétés optiques de leurs yeux multi faces permettent la réalisation de l’Artefact !).

Tout ça pour ça, Glass se sert des lunettes pour se sauver lui-même, mais jamais contre les héros ou pour réaliser un plan plus en avant. On s’étonne aussi du manque d’émotion de sa collaboratrice, absolument pas troublée on voyage dans le temps. La grande place occupée par les exposés divers réduit réellement à la portion congrue l’enquête menée par Steed : il consulte un annuaire. L’épisode sait heureusement se conclure par un affrontement spectaculaire, aux nombreux rebondissements et confirmant que la très stylée Yasmin Liang sait également dessiner les affrontements, un élément incontournable des Comics, quel que soit leur sujet. Elle sait également parfaitement retranscrire les deux véhicules emblématiques des Avengers, jusqu’ici très peu représentés dans la série.

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7) Tawdry Little Endings 

Steed subdued by Emma, Emma subdued by Steed

Résumé :

Le village minier d’Abergylid, dans le Pays de Galles, connaît depuis plusieurs semaines un nombre de suicides absurdement élevé. Trois viennent d’ailleurs d’y survenir en une unique nuit. Envoyé sur place, le Dr. Mortimer, spécialiste du suicide, ne trouve pas d’explication. Le Ministère dépêche à son tour les Avengers. En réalité Mortiner expérimente secrètement ne potion incitant irrésistiblement se suicider et appelée à devenir une terrible arme chimique. Il empoisonne les Avengers et ceux-ci s’efforcent de se jeter du haut d‘une falaise, tout en empêchant l’autre de le faire ! Découvert, Mortimer est arrêté, après que Steed et Emma l’eussent empêché de se suicider à son tour.

Critique :

Cet opus a la bonne idée de renouer avec l’une des meilleures traditions des Avengers, celle des petits villages en apparence paisibles, mais abritant des menées aussi insolites qu’inquiétantes (Dans sept jours, le déluge, Voyage sans retour, Le Mort vivant, Le Village de la mort…). L’idée de base, certes morbide, apparaît de nature à créer une tension palpable qu’un épisode télévisé aurait sans doute su exploiter. L’on ne peut que regretter que le faible nombre de pages d’un unique fascicule apparemment disjoint du corpus central de la série Comics) oblige à traiter trop rapidement cette dimension, toutefois bien présente lors de l’oppressante séquence finale. Le récit ne laisse toutefois pas passer l’occasion d’insérer quelques moments très Avengers, comme la discussion en train de nos héros, ou leur arrivée à l’auberge.

Le principal atout de l’opus réside toutefois dans la personnalité du Dr. Mortimer. Avec la réserve qu’il demeure sans doute trop explicitement sinistre pour la bible de la série, Mortimer se voit en effet intelligemment trait. Le camper en ténébreux Excentrique obsédé par l’idée de suicide permet ainsi d’atténuer, au moins dans un premier temps, son évidente culpabilité. Le procédé permet également une captivante découverte de sa collection d‘artefacts ayant servi à des suicides historiques le tout agrémenté par sa narration de si plaisantes et goutteuses anecdotes. Effet garanti. L’idée astucieuse d’Emma et Stee désireux de se jeter dans le vide, tout en empêchant l’autre de le faire, conduit à un combat pour le moins original ! Yasmin Liang dessine talentueusement l’ensemble, dans un décor très à la Broadchurch. Évidemment, les amateurs de Miss Tara King et de Miroirs savent bien qu’un Avenger peut chuter d’une falaise sans subir aucun dommage !

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III) The Return of the Monster

8) The Art of Resurrection 

Steed sees double, Emma is all wet

Résumé :

Les Avengers sont appelés à la rescousse quand Joan Cartney s’évade d’une prison de haute sécurité, grâce à l’intervention d’un complice détruisant tous les obstacles. Steed et Mrs Peel comprennent qu’il s’agit d’un robot similaire à un Cybernaute. C’est John Cartney lui-même qui l’a envoyé. Suite au succès de cet ultime test, ses scientifiques parviennent à transférer projeter son esprit depuis son enveloppe charnelle en ruine jusque dans le robot, dont il prend dès lors le contrôle. Joan et Ian sont envoyés tuer les Avengers, après s’être grimés en leurs cibles, par jeu. Steed le repère depuis la fenêtre de son appartement, quand celui-ci est détruit par l’explosion d’une bombe.

Critique :

Très riche en péripéties et en images choc, ce fascicule correspond idéalement à l’accélération de l’action et à l’accroissement des enjeux caractérisant l’approche de la conclusion d’une saison de série télévisée. Le récit ne se contente pas d’empiler les rebondissements et sait prendre le temps de ménager l’entrée en scène du simili Cybernaute, tout en permettant au lecteur d’en arriver à l’inévitable conclusion en même temps que les Avengers. La création du monstre fusionnant esprit humain et corps de métal fait sans doute basculer le récit dans pure Science-fiction, davantage que la norme de la série télévisée (on songe aux Cybermen de Doctor Who), mais le procédé demeure prometteur. En effet le Cybernaute Cartney devrait bénéficier autrement plus large que les modèles classiques, dont l’ordinaire se limitait à briser inlassablement nuques et portes.

Après la défaite de leurs vaisseaux (le Dominat et les deux savants fous) La reconstitution de la famille Cartney indique bien que le combat final vient de débuter. Le duo Ian & Joan pétille de nouveau par son palpable amusement à faire le Mal, mais il continue également à connaître une liaison incestueuse très explicite, ce qui enthousiasme beaucoup moins. Jamais cet aspect du récit n’aurait pu s’imaginer au sein de la série de Clemens et cela n’apporte touours rien de substantiel. Cet épisode éminemment particulier reste quasi exclusivement narré à travers le regard de l’Opposition, d’autant que l’on explore la folie de John et son obsession toujours plus exacerbée envers Emma. Cela dramatise encore les enjeux alors qu’il est désormais libéré de la prison de son corps. Logiquement les Avengers ont peu à accomplir mais la perspicacité de Steed laisse envisager une belle contre-attaque, après le cliffhanger de la destruction de son appartement.

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9) The Clothes make the Cybernaut

Steed burns up, Emma cools off

Résumé :

Emma et Steed ont survécu à l’explosion en se réfugiant dans l’imposant réfrigérateur de ce dernier. Ils rattrapent les enfants Cartney et un féroce combat à quatre s’en suit. Vaincus, Ian et Joan parviennent à s’enfuir en emportant le parapluie de Steed en trophée, or celui-ci y avait dissimulé un émetteur. Les Avengers parviennent ainsi au quartier général du Club de l’Enfer. Mais John Cartney a désormais le plein contrôle du Cybernaute servant de vaisseau à son esprit et y a incorporé diverses inventions jusqu’ici déployées par le Club. Cela lui permet de capturer aisément Steed et Emma.

Critique :

On pourra reprocher à l’opus de manquer de substance, la moitié du récit étant consacrée du récit étant consacrée au combat opposant les Avengers aux enfants Cartney. Toutefois l’exercice de style se voit menée avec brio. Le duel spectaculaire (très dans la tradition de l’épisode télévisuel) se voit ainsi chorégraphié avec un grand soin, Cela permet d’insérer plusieurs rebondissements de manière fluide, dont la ruse de Steed autorisant l’apparition d’un parapluie-épée, l’un des emblèmes de la série, quoiqu’y demeurant fort rare en réalité.  Les traditionnels échanges de piques verbales font également mouche (là-aussi large victoire pour les Avengers, bien entendu), tandis que Yasmin Liang sait déployer tout l’arsenal graphique des Comics usité en la circonstance, avec une belle variété d’effets. Elle reconstitue également parfaitement la fameuse rue de Steed, enceinte de l’affrontement.

L’anecdote des Avengers survivant à l’attentat grâce au réfrigérateur de Steed pourra également laisser sceptique, mais après tout on a vu Indiana Jones échapper de la sorte à une explosion atomique, donc tout est relatif ! Et puis on aime bien le détail de la bouteille de champagne qu’ils ont pensé à emporter avec eux.  John Cartney constitue l’autre grande vedette de l’épisode. Une fois sa liberté de mouvement retrouvée, on apprécie de le voir redevenir le dandy à la fois sémillant et impitoyable. La visite chez l’archétypal tailleur, tout à fait semblable à la couverture des Kingsman, résulte très plaisante de ce point de vue. L’intégration des armes représentées par l’émetteur sonique du Dominant et par les lunettes temporelles du Dr. Glass agrègent agréablement au corpus central les histoires où les Cartney ne figuraient pas. Le triomphe facile qu’elles assurent face aux Avengers nous vaut un impressionnant cliffhanger, validant le choix d’une intrigue relevant désormais bien davantge du feuilleton que de la série.  

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10) Punchlines and Proposals 

Steed Steed gets the whip, Emma gets an offer

Résumé :

Après avoir été tenté d’en finir avec les Avengers, Cartney ne peut se résoudre à envisager sa vie sans Emma. Pat vengeance il fait torturer Steed avec le propre fouet de l’ancienne Reine des péchés. Puis il offre à Emma de libérer Steed si elle accepte de l’épouser. Elle accepte la proposition, afin de gagner du temps. Ente temps Ian et Joan découvrent qu’ils ne sont pas les enfants de Cartney, mais un couple dont l’esprit a été manipulé par le Dominant. Dyrant la scène qui s’en suit, Cartney tue accidentellement Ian. Joan feint la soumission, mais s’empare de la potion suicidaire du Dr. Mortimer, afin de se venger.

Critique :

L’épisode se démarque du précédent, en apparaissant littéralement plein à ras bord. En à peine quelques pages l’histoire sait incorporer l’ensemble des nombreux personnages, tout en proposant plusieurs rebondissements des plus cruciaux, on ressent réellement l’impression d’une accélération du récit menant tout droit à une confrontation finale.  L’étude des divers contours de l’abyssale folie de Cartney sert de propice fil rouge à l’ensemble des péripéties ; Outre son aspect immédiatement choquant, la froideur inexpressive corps de métal introduit un troublant contraste avec la violence des passions l’animant. Le procédé propulse l’histoire aux confins de l’épouvante, avec une grande réussite.

Le choc de la révélation du cruel destin accroît encore la folie perverse imprégnant le récit, avec comme résultante de sans doute excéder la tonalité coutumière de la série télévisée. Il en va de même pour la séance voyant Steed subir le fouet, avec des sillons sanguinolents parfaitement visibles. Si l’on apprécie qu’une explication soit, même tardivement, apportée à la relation incestueuse entre Ian et Joan, la tonalité reste très sombre. Les perpétuels traits d’esprit malicieux entre Steed et Emma apportent un humour bienvenu de ce point de vue. On peut s’étonner de voir Cartney libérer un Steed n’allant certainement pas s’en tenir là, mais cela paraît en définitive cohérent avec son délire de toute puissance. Tout semble en place pour un final spectaculaire !

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11) Punchlines and What They Do 

Steed disrupts the proceedings, Emma plays Goddess in the lab

Résumé :

Steed intervient alors que Cartney est sur le point d’épouser Emma dans l’église de son manoir. Un combat épique s’engage alors entre les deux Avengers et le Cybernaute animé par leur adversaire. Les armes intégrées au modèle de base sont sur le point de lui valoir la victoire, quand Joan injecte la potion suicidaire de Mortimer à l’enveloppe charnelle de son prétendu père, ce qui retourne la situation.  Cartney meurt, d’autant qu’Emma parvient à lui également à l’intoxiquer avec la poudre vieillissante mise au point par le Club. Cartney décède et les dirigeants de son organisation sont arrêtés.  

Critique :

Cet ultime fascicule répercute la tradition très Avengers du combat final en conclusion à l’ensemble de la série Comics. Dans cette optique il devient logique que la majeure partie du récit se voit consacrée à l’affrontement, d’ailleurs rendu spectaculaire à souhait par Yasmin Ling. L’ensemble incorpore d’ailleurs des dialogues toujours amusants de la part des héros et toujours plaisamment mégalomaniaques de la part de Cartney. L’usage des diverses armes relevant de la Science-fiction rencontrées au cours de la série Comics fait judicieusement converger l’ensemble des histoires, l’emploi de la poudre vieillissante par Emma Peel boucle d’ailleurs la boucle, puisque découverte lors du prologue.

La dimension humaine demeure présente, empêchant l’ensemble de se résumer à un défilé de gadgets. Les ultimes adieux de Cartney à Emme s’avèrent ainsi étonnamment émouvants. La vengeance de Joan résulte également comme un modèle de cruauté, tandis que la dévotion des membres du Club à leur chef apparaît touchante. En guise d’inévitable  conclusion au champagne, on  apprécie que les Avengers portent élégamment un toast en l’honneur de leur ennemi défunt, génie fasciné alternativement par le Passé ou le Futur car incapable de se satisfaire du moment présent. Soit l’opposé absolu de nos héros sybarites, profitant de chaque instant de la vie et du manifeste plaisir d’être ensembles.

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Avis général : 

Cette version Comics se découvre avec beaucoup de plaisir, sachant alterner action spectaculaires, scénarios astucieux et profils psychologiques finement étudiés. Les adversaires des Avengers se montrent souvent savoureux ou  plus grands que la vie, à l’instar de Cartney, à qui l’ensemble de l’histoire rend en définitive un bel hommage. La relation entre Steed et Mrs Peel se voit agréablement retranscrite, même si nos amis flirtent sans doute un tantinet plus ouvertement que dans la série télévisuelle. Les dessins de Yasmin Liang allient élégance et expressivité, tandis qu’à l’écriture le jeune Caleb Monroe succès efficacement au vétéran Mark Waid.

On regrettera toutefois la violence trop explicite (voire sanguinaire) de certains passages, en rupture avec la tonalité impulsée à l’époque par Brian Clemens. De même, plusieurs inventions diaboliques du Club relèvent directement de la Science-fiction pure, au lieu de la fantaisie propre à la série. Ces Comics s’avèrent également victimes de leur succès, car l’on ressent une certaine frustration avoir certaines brillantes idées s’inscrire dans le seul cadre assez bref d’un fascicule, alors qu’elles mériteraient un plus ample développement.

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 11. Batman’66 meets Steed and Mrs Peel

Auteur : Ian Eddington

Dessinateur : Matthew Dow Smith

Ce livre a été publié en mars 2017 par les éditions DC Comics et Boom ! Studios. Il se trouve aisément sur Internet, mais uniquement en langue anglaise.

Format 17.5 x 26.7 cm, 135 pages, bandes dessinées en couleurs

Contenu :

En juillet 2013, DC Comics lance la publication de Batman’66, Comics prolongeant la fameuse série Batman avec Adam West (1966-1968), qui exerça une durable influence sur la Pop Culture. Les histoires reprennent le Duo dynamique d’alors ; face à leurs adversaires les plus populaires, tout en tâchant de retrouver l’ambiance très particulière de cette série particulièrement audacieuse, iconoclaste et lysergique. Certaines libertés se voient toutefois prises, certains antagonistes y figurant alors qu’ils ne participent pas à la série, voire lui sont ultérieurs. C’est notamment le cas pour Bane ou Killer Croc, ou encore pour Poison Ivy et Harley Quinn, les futures Sirènes de Gotham City.

En rupture à peu près totale avec ce que propose DC à notre époque, ce Comics délicieusement rétro rencontre un beau succès public et critique. Batman’66 va ainsi connaître trente publications, avant de s’achever en février 2016. Toutefois l’univers de Batman’66 va se poursuivre à travers l’édition de crossovers avec d’autres séries cultes des années 60 et 70. Après un premier essai avec Le Frelon vert, cette formule est ainsi reconduite avec Des Agents Très Spéciaux puis Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Actuellement DC édite un nouveau crossover, cette fois avec Wonder Woman’77, autre Comics maison poursuivant cette fois la fameuse série avec Lynda Carter (qui, de son côté, tente l’aventure avec Super Jaimie).

Développé grâce une collaboration entre DC et Boom ! Studios, le Comics Batman’66 meets Steed and Mrs Peel permet un crossover entre ces deux Comics adaptant les séries télévisées originelles. Celui va être édité en six fascicules, échelonnés entre juillet et décembre 2016. A  l’instar de la série Barman, essentiellement composée de doubles (voire triple) épisodes, chacun de ces fascicules se décompose en deux parties disjointes, séparées par un cliffhanger (chacune des deux sous-parties aura la même couverture). Le succès rencontré va ainsi permettre d’aller jusqu’au bout du projet. Un paperback  (recueil de fascicules), ici étudié, sera édité en mars 2017. Il se constitue des douze sous parties, séparées par les diverses couvertures publiées, externes et internes. Le recueil s’achève sur un bref ensemble de portraits des protagonistes de l’histoire, en mode Pop’art.

L’écriture du projet fut confiée à Ian Edington, scénariste anglais réputé en tant que spécialiste du Steampunk mais aussi de l’adaptation en Comics. Il ainsi écrit pour Akileos les versions en bandes dessinées de grands classiques de Sherlock Holmes, mais également participé à diverses franchises (Xena, Star Wars, Star Trek,  Judge Dredd Alien, Predator, Terminator, Warhammer 40K…), chez différentes maisons d’édition. Les dessins furent l’œuvre de Matthew Dow Smith, artiste américain ayant notamment travaillé pour Doctor Who, Supernatural Origins, Hellboy

Le Comics narre une seule longue histoire, se déroulant tout d’abord à Gotham, puis dans l’Angleterre de Steed et Mrs Peel. Le Duo Dynamique et celui des Avengers vont devoir contrer le retour des Cybernautes, dirigés par un mystérieux nouveau commanditaire, après la mort du Dr. Amstrong. La nouvelle organisation maléfique va obtenir l’appui du plus British Invasion des adversaires de Batman et Robin, en la personne de Lord Marmaduke Ffogg. D’autres figures criminelles de Gotham City viendront également apporter leur grain de sel : la troublante Catwoman et le glacial Mr Freeze. 

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Description et avis sur les 12 bandes dessinées :

1) The Bowler and the Bat 

Résumé :

Au musée de Gotham City, Bruce Wayne visite une grande exposition de joyaux en compagnie de Miss Michalea Gough, présidente d’United Automation, société anglaise   partenaire de Wayne Enterprises. Tous deux ont cofinancé l’exposition, qui accueille un somptueux diamant transparent prêté par la famille royale britannique, le Star Diamond. Soudain, Bruce et Michaela sont agressés par Catwoman et son gang de minets, qui entreprennent de dérober les pierres. Ne pouvant dévoiler son identité secrète, Bruce demeure  impuissant, mais Catwoman est arrêtée par deux nouveaux venus, Steed et Mrs Peel ! Dissimulé, un Cybernaute a observé toute la scène.

Critique :

Très bref (à peine dix pages) ce fascicule sert essentiellement à la mise en place des personnages, tandis que le récit reste encore à peine esquissé. La confrontation entre Catwoman et les deux duos occupe l’essentiel de l’espace, mais le récit ne se limite pas à une bagarre certes menée avec énergie et humour. Les dialogues se montrent ainsi fort savoureux, non seulement car ils pétillent comme à l’ordinaire entre les Avengers. mais aussi parce que  Ian Edington à la bonne idée de les parsemer de termes et expressions purement anglais (idem pour Michaela), un astucieux moyen de souligner la nature So British des personnages.  De son côté Bruce pontifie bien entendu irrésistiblement !

La présence du Cybernaute et la référence à United Automation positionnent déjà Michaela en félonne dans la meilleure tradition des séries d’aventures Sixties. Le meilleure demeure le bel hommage à Michael Gough, interprète du Pr. Amstrong, père des Cybernautes, mais aussi d’un excellent Alfred au cinéma. Ian Edington a l’habileté de hisser encore l’intérêt de la jeune femme en la positionnant comme alter ego d’Emma peel, féministe et fort pimpante dans sa robe Mondrian. On sera plus réservé quant à l’aspect graphique du fascicule, non pas que les dessins de Matthew Dow Smith soient mauvais, mais la colorisation en s’en avère sommaire, avec de plus des visages perpétuellement grêlés de zones d’ombre inutiles et assez laides. Il s’agira d’une faiblesse récurrente de la publication.

 

* La référence faite à Batgirl par Michaela indique que l’action prend place en saison 3 de Batman’66. Le style vestimentaire d’Emma indique que l’on se situe plutôt en saison 5 de Chapeau Melon. La diffusion de ces deux saisons fut d’ailleurs à peu près simultanée, en 1967 - 1968.

2) The Robin and the Cat 


Résumé :

Il s’avère que Steed et Mrs Peel ont été dépêchés par le gouvernement de Sa majesté, afin de veiller sur le Star Diamond car tous les grands diamants transparents sont actuellement dérobés, dans un but encore mystérieux. Toutefois le Star Diamond n’est qu’une copie destinée à attirer les cambrioleurs, tandis que l’original demeure à l’abri dans la Tour de Londres. Visiblement le gang a embauché Catwoman, la plus grande voleuse de bijoux de Gotham, afin de dérober le joyau. Or la mystérieuse commanditaire des Cybernautes a écouté toute la conversation via un stylo-micro porté à son insu par Steed et elle envoie ses robots tuer Catwoman avant qu’elle ne parle.

Critique :

La première partie de ce nouveau fascicule pourrait sembler plus statique que la confrontation précédente car elle se résume à une longue conversation entre les différents protagonistes, dans le bureau du Commissaire Gordon. Mais outre qu’elle achève de planter le décor de l’intrigue principale avec une parfaite efficacité, la séquence se montre souvent irrésistiblement comique. Chacun des héros déroule ainsi idéalement son registre avec un Batman et un Gordon toujours aussi pompeux dans leur interminables tartines caricaturant les dialogues sentencieux et moralistes des productions compassées des Networks d’alors (un régal). Alors que le jeune Robin apparaît pour le moins troublé par Emma, le Commissaire et le Chef en font toujours des tonnes dans leur registre de groupies absolues du Caped Crusader. On se tient les côtes.

En revanche les Avengers font assaut de mots d’esprit aussi narquois que décapant, avec snobisme au second degré participant tellement à leur charme. Non seulement Ian Eddington a parfaitement compris la dynamique des deux séries, mais ils se sert brillamment du contraste existant entre leurs formes d’humour afin de les mettre en valeur. On apprécie les locutions toujours aussi British de Steed et Emma, Batman venant  assurer la traduction auprès d’un Robin ahuri. La perspective de la bataille contre les Cybernautes pour sauver Selina satisfera les amateurs d’action, tandis que les indices continuent à s’accumuler autour de Michaela (dont le stylo truqué faisant évidement référence à celui servant d’émetteur dans la série) mis elle continue de manière amusante à rester celée. Aux dessins Matthew Dow Smith reussit quelques jolis coups, avec des Cybernautes aussi inquiétants que décalés, ou la bonne reconstitution du bureau de Gordon, avec l’emblématique téléphone.

* Lors de la discussion Batman présente ses regrets de n’avoir pas pu rencontrer les Avengers lors d’une précédente aventure à Londres. Il s’agit d’une référence à l’arc Londinium, voyant le Duo Dynamique affronter Lord Marmaduke Ffogg et Lady Penelope Peasoup dans une version décalée de capitale britannique, en saison 3. Composé de trois épisodes (The Londinium Larcenies, The Foggiest Notion et The Bloody Tower) l’arc parodie joyeusement le Swinging London.

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3) Lord Ffogg Plays His Hand 

Résumé :

Les héros parviennent à la cellule de Catwoman au moment celle-ci est attaquée par trois Cybernautes. Avec l’aide de Steed et de son parapluie blindé, Bruce parvient in extremis à sauver Selina et un féroce combat s’engage entre robots et héros. Grâce à aux ressources de Batman et à l’expérience des Avengers, les Cybernautes sont vaincus, bien que plus puissants que les créations du Pr. Amstrong. Affaiblis, les robots évacuent les lieux, poursuivis par les deux duos dynamiques. Mais Lord Ffogg intervient et les dissimule grâce son brouillard très britannique. La piste est perdue !

Critique :

Ce troisième volet de l’aventure laisse la part belle à l’action puisqu’il se consacre exclusivement à la première bataille d’envergure opposant les Avengers et le Duo Dynamique aux Cybernautes. Le récit de l’affrontement s’avère parfaitement séquencé et narré avec une grande clarté. Si priorité se voit donnée à l’action, Ian Eddington ne cède jamais à la tentation d’y sacrifier ses personnages. Bien au contraire son art des dialogues amusants et percutants continue de faire merveille et nous vaut plusieurs moments forts. Les amateurs du Dark Knight apprécieront la séquence émotion voyant Bruce rejoindre Selena au cœur de la bataille, après tout un suspense savamment construit. Ceux des Avengers - et des New Avengers - s’amuseront de découvrir Batman vaincre un robot grâce à un spray de produit grippant, tout comme plus tard Steed, Purdey et Gambit triompheront du Dernier des Cybernautes.

En fait l’on s’aperçoit qu’au-delà du côté ludique du crossover ou de la nostalgie des merveilleuses séries d’aventures des Sixties, Ian Eddington édifie bel et bien un Comics de grande qualité, avec une intrigue développée avec un vrai sens du mystère et des retournements de situations, mais aussi de la narration des combats, autre élément clé du genre. Matthew Dow Smith apporte également sa contribution sachant restituer a mieux les gadgets de la Bat-ceinture, les prises foudroyantes d’Emma Peel ou la menaçante aura des Cybernautes. La survenue inattendue de Lord Marmaduke Ffogg pimente encore l’ensemble et promet beaucoup pour la suite des événements. En effet il compose sans doute l’un es adversaires les plus drôles et mégalomanes du Batman d’Adam West et sa dimension  anglaise ultra caricaturale sied parfaitement aux Avengers. On regrettera simplement l’absence de Lady Penelope Peasoup, sa sœur aussi irrésistiblement ravagée que lui (Pénélope n’accomplira aucun travail effectif durant la totalité du Comics).

* Le brouillard de Lord Ffogg est un clin d’œil à celui qu’il déploie dans la série Batman grâce à sa fameuse pipe et qui lui permet d’échapper plusieurs fois au Duo Dynamique.

* Steed se plaint de la destruction de son parapluie blindé auprès d’une Mrs Peel guère éplorée, car il s agissait d’un cadeau de Mother (Mère-grand). Dans  Chapeau Melon, Mother n’apparaît qu’en saison 6, mais Ian Eddington intègre le fait qu’il figure dans la première série du Comics Steed and Mrs Peel.

4) The Avengers join the Band

Résumé :

Alors que Lord Ffogg et les Cybernautes évacuent les lieux dans un engin volant, Les héros font le point sur les informations recueillies et les Avengers en profitent pour dévoiler l’histoire des Cybernautes et du Pr. Amstrong. Alors que l’on apprend l’enlèvement de Michaela, les héros se rendent à la Batcave afin d’examiner les fragments de Cybernaute recueillis. Batman détermine que les diamants transparents dérobés servent à doper les circuits électroniques des robots et que les quantités détenues par l’opposition lui permet d’en construire de nombreux exemplaires. Or la Mastermind a déterminé l’emplacement de la Batcave grâce au stylo toujours porté par Steed et s’apprête à lancer une petite armée de Cybernautes à. l’assaut.

Critique :

L’épisode apparaît clairement en retrait vis-à-vis des précédents et se positionne avant tout comme une transition entre les deux pics d’action que constituent les batailles de la prison et celle, encore à venir, de la Batcave. Celle-ci se présente d’ores et déjà comme électrique pour les amateurs du Batman’66, car concernant le Sanctum sanctorum du Caped Crusader, mais, pour l’heure, il nous faut nous contenter de longs exposés de faits et données, davantage fonctionnels que divertissants. Ainsi la narration de l’épopée des Cybernautes par les Avengers ne pétille pas particulièrement, de même que la théorie, fantaisiste en soi, des diamants rendant plus puissants et autonomes les robots. Tout ceci représente sans doute  un passage obligé, mais Ian Eddington nous avait habitué à plus d’éclat.

Restent quelques bonnes idées, comme les commentaires très remontés de Michalea, enfin, du Mastermind mystère, écoutant propos des héros, ou la surveillance de Lord Ffogg par le Ministère, qui renforce la cohérence déjà agréable entre les deux séries. Les dessins apportent également une plus-value, avec une belle représentation de la Batcave, ou l’astucieuse insertion du noir et blanc de la saison 4 des Avengers pour représenter l’épisode des Cybernautes. La vision des Cybernautes tombant bras écartés de l’engin volant jusqu’au sol ne manque pas d’une certaine poésie, qui évoquera au lecteur quelque peu grisonnant les dessins de Folon du générique de fermeture des programmes d’Antenne 2, naguère.

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5) Tinkering with Terror 

Résumé :

Les Cybernautes lancent l’assaut contre la Batcave. Armes des sprays anti-robots, Robin et les Avengers tentent désespérément de gagner du temps, tandis que le Chevalier Noir active la pile atomique alimentant son légendaire repaire. In extremis, Batman parvient à déclencher une impulsion électromagnétique paralysant tous les cybernautes. Dépité, l’Esprit diabolique tourne désormais le regard vers Londres, où il sait que se trouve le véritable diamant royal. Son complice sur place n’est autre que Mr. Freeze !

Critique :

Ce nouveau grand combat s’avère un tantinet moins captivant que celui se déroulant au GCPD. En effet il se montre moins varié dans ses péripéties, car, jusqu’au dénouement, les héros se cantonnent à la seule posture défensive. Ce Fort Alamo génère néanmoins du suspense, tout en autorisant d’amusants dialogues. Le charmant intermède du Manoir Wayne entre Tante Harriet et Alfred se situe également tout à fait dans l’esprit de leur série. Par contre l’EMI déclenchée se situe en dehors de batman’66, pour des raisons budgétaires, mais aussi et surtout parce que la science s’y voit toujours introduite de manière fantaisiste. C’est une tradition des adaptations en BD que d’utiliser la liberté narrative qu’elles procurent afin d’outrepasser les contraintes du modèle originel. Ici on se situe encore bien loin de ce que l’on peut trouver en la matière chez la Tueuse de Sunnydale.

Davantage gênant, pour la première fois le crossover rompt le jusque là parfait équilibre existant entre les deux tandems, les Avengers se situant ici en supplétifs du Caped Crusader, à l’instar de Robin. Mais, après tout, ce dernier combat  au cœur d e sa forteresse mythique, il reste donc logique qu’il soit propulsé en avant. On ressent toutefois que le « véritable » Steed aurait été autrement plus prompt à repérer le stylo piégé ! Le déplacement prochain de l’action dans Angleterre des Avengers promet d’enthousiasmants développements, d’autant que l’on se doute bien que nos héros ne sont pas disposés à permettre au Diabolical Mastermind de connaître une paisible croisière !

* Holy Twilight Zone !, s’écrie Robin devant les robots. Les fameuses exclamations de Robin, faisant succéder une expression souvent humoristique et décalée après le proverbial Holy, sont devenus l’une des marques de la série. Désormais passés dans la culture populaire, on en trouve à peu près 360 tout au long de Batman’66 (sans compter ceux du dessin animé Super Friends), avec des résultats parfois étonnants : Holy Frankenstein, It's Alive ! Holy Hole in a Donut !, Holy Contributing to the Delinquency of Minors !,  Holy Astringent Plum-like Fruit !, etc.

6) A Deadly Error 

Résumé :

En pistant le signal émis par le stylo désormais découvert, le Duo Dynamique et les Avengers parviennent jusqu’au quartier général du Mastermind, un phare désaffecté. A l’effarement général, la confrontation révèle que celui-ci n’est autre... Que Michaela Gough ! Diantre ! Après avoir nargué les héros et vanté la grandeur de son Maître Plan, elle s’enfuit à bord  du dirigeable à hélices de Lord Ffogg. Celui-ci attaque Batman et ses compagnons grâce à un essaim d’abeilles africaines tueuses, mais Emma Peel sauve la situation car elle connaît le langage dansé de ces insectes ! Les Anglais diaboliques ont pris la poudre d’escampette mais Batman est bien décidé à porter le combat jusque dans les airs. 

Critique :

La prise du quartier général où trônait jusque là l’Opposition constitue un moyen efficace de dramatiser et de scander l’action, sans pour autant en ralentir le rythme (une série comme 24h Chrono aura d’ailleurs  régulièrement recours à cette astuce). Mais au-delà de cette astuce formelle, on apprécie la fantaisie débridée de l’ensemble d’une séquence s’amusant franchement de tous les clichés Sixties de ce type de confrontation. La fantaisie débridée des dialogues et des situations correspond aussi bien aux Avengers qu’à Batman’66. Le Comics continue à se montrer habile en donnant au réellement au lecteur l’impression d’un même univers partagé entre les deux équipes, en faisant la part belle aux convergences des deux séries (même si en saison 5, l’Angleterre surréaliste des Avengers n’est pas tout à fait similaire au Gotham psychédélique, ce sera davantage le cas en saison 6).

Outre l’humour irrésistible de ses gags, le fascicule permet également de rétablir l’équilibre au sein des héros. Après que Batman eut été mis en avant lors de la bataille de la Batcave, c’est en effet ici Emma Peel qui sauve ici la situation, avec l’une de ses compétences nombreuses et parfois exotiques participant à son charme. Onse demande bien comment résider en Amazonie à pu lui apprendre le langage d’abeilles africaines, mais l’on n’est plus à ça près ! Le récit  également la bonne idée de mettre fin à la plaisanterie de l’identité secrète transparente du Mastermind, à point nommé pour qu’elle ne devienne pas répétitive. Michaela se montre piquante et mégalomane à souhait, dans la meilleure tradition du genre. Elle se montre de plus une nouvelle fois très à la mode Sixties, une robe métallique de  succédant à la Mondrian. Le dessinateur Matthew Dow Smith a également l’occasion de briller (sinon de s’illustrer) avec le superbe dirigeable à hélices de Lord Ffogg, proche de la thématique Steampunk chère à Ian Eddington.

* Michaela avertit cruellement Emma que Steed  la remplacera dès qu’elle aura le dos tourné, tout comme sa devancière. Il s’agit d’une référence à l’épisode Le quadrille des homards, où Steed téléphone à la remplaçante de Cathy Gale dès que celle-ci a définitivement pris la porte. La prédiction de Michaela s’avèrera exacte, puisque, dans Ne m’oubliez pas, Mrs Peel croisera tout bonnement Tara King dans l’escalier !

* Batman et Robin montent au sommet du phare en étant comme debout sur le mur. Il s’agit d’un clin d’œil à une fameuse séquence régulière de Batman’66. Avec l’évident trucage d’une caméra à 90°, Le Duo Dynamique y rencontrait rituellement  une vedette assurant un caméo en ouvrant une fenêtre (Jerry Lewis, le Frelon Vert et Kato, Sammy Davis Jr., le Père Noël, etc.).

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7) Batman Gets flightly

Résumé :

Les héros poursuivent le dirigeable de Michaela et de Lord Ffogg, Steed et Robin dans le Batcopter, Batman et Mrs Peel dans le Bat-jet. Les Anglais maléfiques sont sur lepoint d’être rejoints quand Michaela déploie une nouvelle arme : des Cybernautes rendus volants gâce à des réacteurs dorsaux ! Une bataille s’engent dans les airs, remportée quand Robin parvient à détourner le détecteur des ondes cybernétiques eu un émetteur fatal pour les robots. Malheureusement, le dirigeable s’est entretemps volatilisé. La prochaine manche se déroulera en Albion !

Critique :

Dans une histoire structurée en feuilleton, il reste toujours dommageable qu’un épisode n’apporte aucune contribution à l’intrigue principale, se concluant là où l’on a commencé. Il en va ainsi de ce fascicule, où, une fois le combat achevé, où se retrouve au point de départ ; D’où une impression de relative gratuité pour cet opus que l’on aurait volontiers troqué contre une première aventure en Angleterre. C’est d’autant plus vrai que les dialogues s’avèrent moins affutés qu’à l’ordinaire et que l’affrontement se déroule sur un modus operandi très similaire à celui de la Batcave : on gagne du temps jusqu’à ce qu’une onde fatidique vienne régler son compte aux robots. Reste le plaisir de découvrir le superbe dirigeable de Lord Ffogg sous de nouveaux angles et de retrouver les emblématiques et Bat-jet et Batcopter (immortalisé par la séquence du requin dans Batman 66 - le film), superbement restitués par le dessinateur.

8) Back to Old Blightly 

Résumé :

Sous une identité d’emprunt, Bruce Wayne et Dick Grayson arrivent à Londres, où ils sont accueillis pas les Avengers. Les héros se rendent  à la Tour de Londres mais ils ont la mauvaise surprise de constater que le diamant a été subtilisé et remplacé par un bloc de glace l’imitant parfaitement ! Mr Freeze a en effet réfrigéré l’habitacle où se tenait la pierre ! De plus les gardes de la Tour se révèlent être des Cybernautes portant un masque et un combat s’engage. Pendant ce temps Michaela, en fait la fille du Dr. Amstrong, utilise les propriétés du diamant afin de dynamiser le cortex de son père, qui en fait survécu, mais très diminué.

Critique :

Le déplacement de l’action dans l’Angleterre des Avengers apporte quelques moments plaisants, comme la Bentley de Steed accueillant le Duo Dynamique ou la découverte de la Tour de Londres. Mais le Comics  échoue à en reconstituer l’atmosphère particulière, car en fit il se contente de récréer celle du Gotham de Batman 66, en y incorporant quelques éléments culturels britanniques. Ainsi le déroulement du scénario demeure caractéristiquement très similaire  à la formule de cette série, tandis que le chef du Yard est l’alter ego du Commissaire Gordon (son propre cousin !) par son incompétence absolue et sa servilité envers Batman.

Le combat demeure néanmoins très prenant, avec la bonne idée d’une amélioration apportée par Michaela à ses mécaniques rendant le spray inutile, ce qui dramatise quelque peu les enjeux. Le cliffhanger laisse ainsi les héros dans une situation apparemment désespérée. Tout comme le rituel de Batman 66 là-aussi. Voir les robots grimés en la célèbre garde d’apparat de la Tour apporte également un insolite bienvenu. Michaela anime les débats par ses déclarations venimeuses et mégalomanes, elle confirme être une très divertissante Mastermind. Par contre tenter de sauver son père grâce à la technique robotique évoque trop directement les évènements de la seconde série Steed and Mrs Peel (cette fois autour de la fille de Cartney) pour ne pas apparaître comme un doublon partiel.

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9) Ffogg and Ice 

Résumé :

Mrs Peel parvient à vaincre les Cybernautes en retournant contre eux le fluide réfrigérant que Mr Freeze utilisait pour simuler le faut diamant. Les héros se ruent ensuite à l’assaut du de la résidence campagnarde de Lord Ffogg, où Micheala s’est retranchée avec ses deux lieutenants. Steed et le Boy Wonder affrontent Mr Freeze, tandis que Batman et Emma se confrontent à Lord Ffogg. Mais le sol se dérobe sous les pas des héros et chacun se retrouve suspendu au-dessus d’une cuve remplie d’un liquide glacial ou brûlant, dans tous les cas mortels !

Critique :

L’épisode ouvre le combat final, qui va désormais occuper les débats sans discontinuer. On apprécie de retrouver une touche d’esprit purement Avengers, avec la  belle et très anglaise  résidence de Lord Ffogg, parfaitement représentative de ce que propose régulièrement Chapeau Melon et Bottes de Cuir sur le sujet. Même si le récit a veillé à renouveler les circonstances et le déroulement de chacun des duels contre les Cybernautes, le combat cette se déroulant fois contre deux super vilains tombe à pic pour éviter une lassitude.

Par ailleurs l’exercice de style consistant à rebattre les cartes des deux tandems fonctionne cette fois à la perfection. Les dialogues au sein des deux duos de héros originaux crépitent réellment, de même que les confrontations avec Ffogg et Freeze. Le cliffhanger s’avère également spectaculaire à souhait, tandis que l’on se doute bien que durant ce temps, Michaela prépare une ultime fourberie ! Etirer le combat final à ce point mène inévitablement à un récit moins substantiel, mais l’ensemble demeure très amusant.

* La fameuse Lincoln Futura représentant la Batmobile tout au long de Batman’66 étant demeurée à Gotham, Bruce utilise ici une version anglaise du célèbre véhicule. Constituée d’un Rolls-Royce arborant le visage stylisé de Batman sur son devant, cette Batmobile s’inspire clairement des modèles figurant dans les Detective Comics des années 50. 

10) Sugar and Spice 

Résumé :

Conjuguant leurs talents et leurs gadgets, le héros parviennent finalement à vaincre Lord Ffogg et mr. Freeze, qu’ils mettent en état d’arrestation ; Touefois les appels de Batman au Yard demeurent bloqués par un brouillage installé par Michaela. Celle-ci envoie également une nouvelle vague de Cybernautes contre le Duo Dynamique et les Avengers. Or il s’avère que ces robots ont l’apparence des anciennes pupilles criminelles de Ffogg. !

Critique :

Ici l’action prolonge simplement le double combat entamé lors del’opus précédent, d’où la confirmation d’une certaine diminution de substance du scénario. Toutefois ette limitation demeure relative, car, au-delà du relationnel particulier entre héros de série télévisées, le double duel se montre d’une excellente qualité. Il résulte  tout à fait conforme à ce que pouvait proposer à l’époque les Comics de Super héros entre rebondissements, mégalomanie sardonique des vilains, astuce des héros et gadgets amusants. Tout ceci résulte très divertissant à défaut d’original. L’équilibre des contributions est préservé entre les protagonistes, et la victoire définitive acquise contre les deux criminels démontre que l’intrigue principale avance, un élément essentiel. La survenue des Cyber pupilles de Ffogg démontre également que le récit fait accomplit décidément des prouesses pour varier les combats contre les robots !

* Apparues dans la série Batman’66, Duchess, Sheila, Kit, Daisy et Rosamund sont les pupilles de Lord Ffogg. Sous la direction de Lady Peasoup, ces incarnations du Swinging London profitent de la non violence absolue du Duo Dynamique envers les femmes, mais sont troublées  par le jeune Robin.

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11) A Robotic Revelation 

Résumé :

Les Cybernautes visent également Lord Ffogg et Mr Freeze, désormais inutiles à Michaela. Malgré quelques succès, les héros et leurs alliés inattendus sont rapidement cernés par les jeunes femmes robotiques. Michalea leur déclare qu’elle souhaite non seulement venger son père, mais aussi vendre ses robots à tous les tyrans et criminels du monde entier. Leur mort va lui procurer la meilleure des publicités, ricane-t-elle. Le rideau va-t-il tomber pour les quatre Justiciers  transatlantiques, ou ont-ils une ultime carte dans leur manche ?

Critique :

Ce troisième épisode d’affilée de combats dans les appariement inépuisables sous-sols du manoir de Ffogg confirme qu’ils auraient sans doute pu être concentrés sur un double épisode, permettant de libérer un espace où le Duo Dynamique serait davantage allé à la rencontre du Monde des Avengers. Mais tel quel, il demeure très amusant par ses dialogues et postures plaisamment caricaturaux et très tonique dan son déroulement. Il en va de même pour les ronflantes introductions et conclusions en voix hors champs, elle-aussi caractéristiques de Batman 66, avec des phrases du genre : It’s a blast from the past, as the Fantastic Foursome come face to face with the Groovy Gear Gals of Frightful Ffogg Hall !

Toujours aussi sûre d’elle-même et de ses créations mécaniques, Michaela continue à assurer le spectacle en Diabolical Mastermind totalement fêlée et forte en gueule. Elle confirme qu’une bonne aventure va toujours de pair avec un bon méchant. On apprécie également que le combat contre les Groovy Gear Gals très  à la Austin Powers se déroule sur un échiquier géant, l’un de symboles de Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Tout est en place pour l’ultime confrontation !

12) A Startling Explanation ! 

Résumé :

Les héros parviennent à actionner le système anti-incendie, dont l’eau électrocute de nombreux robots. Steed accuse alors Michaela de trahir l’héritage de son père, qui, à sa manière, voulait le bien de l’humanité. Lors de la confrontation en découlant, Mrd Peel assène un violent coup au visage de Michaela, qui s’avère alors être elle-même un Cybernaute ultra-perfectionné, ce qu’elle ignorait. . La révélation la rend folle et elle détruit les ordinateurs reconstituant l’esprit d’Amstrong et téléguidant les Cybernautes, jusqu’à ce qu’un arc électrique la mette hors de combat. L’histoire s’achève avec les quatre héros présentés à la Reine afin de recevoir ses félicitations.

Critique :

One ne peut s’empêcher d’estimer qu’il est dommage d’avoir in fine rendue Michaela pathétique, alors qu’elle composait jusque l’à une formidable adversaire. Elle méritait sans doute une autre fin, même si le talent d’Ian Edington parvient à insuffler une vraie grandeur tragique à ce destin. Le fait que cette conclusion tranche totalement avec le ton humoristique l’ayant précédé lui apporte également un impact supplémentaire. Une difficulté supplémentaire est suscitée par l’aggravation du sentiment de doublon existant avec la deuxième série Steed et Mrs Peel. Dans ce Comics également la fille de l’Adversaire s’avérait en effet également un simulacre, le le lavage de cerveau rejoignant la supercherie robotique, avec le même résultat homicide.

Malgré ses réserves, l’ultime segment de l’aventure demeure plaisant et habile, sachant enrober d’humour le cliche du système anti-incendie (Les New Avengers procèderaont de même pour vaincre un ordinateur maléfique dans Complexe X-41) et cette fois Steed aura son parapleuie !) ou évacuant les destinées secondaires (Ffogg et Freeze arrêtés) pour  se centrer sur Michaela. La conclusion royale se montre également astucieuse, avec le clin d’œil de la reine en grande fan de Batman. Un tag final bien dans la tradition cette fois de Chapeau Melon et Bottes de Cuir.

Avis général : 

Le Comics se montra particulièrement amusant, pétillant et mouvementé. Rondement menée et riche en scène d’action. L’histoire d’Ian Eddington a l’intelligence de mettre en avant les points communs entre Duo Dynamique et Avengers (un univers surréaliste, une Science-fiction hautement fantaisiste, les Diabolical Masterminds avec l’excellente Michalea…) jusqu’à donner l’impression d’un réel univers commun partagé entre les héros, véritable atout pour un crossover abouti et pas simplement formel. S’il nécessite un petit temps d’adaptation, le style graphique de Matthew Dow Smith sert finalement agréablement l’histoire.

 On regrettera toutefois certaines similitudes trop marqués avec la précédente série de Steed et Mrs Peel. De même si un parfait équilibre en matière d’action se voit maintenu entre les deux tandems, l’Angleterre des Avengers se voit quelque peu sacrifiée aux combats. En pinaillant quelque peut, on notera également l’absence de toute référence au Vengeur volant, le plus Batman des épisodes de Chapeau melon. Voir le Duo Dynamique à Winged Avenger Enterprises aurait assez ultime !  Mais l’entrain débridé du Comics et sa fine connaissance des deux séries assureront aux amateurs de passer un fort agréable moment.  

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