saison  saison

Les rues de San Francisco (1972-1977)

Saison 2


1. UNE MORT INJUSTE
(A WRONGFUL DEATH)



Lors d'un cambriolage, Keller abat un jeune voyou en légitime défense. Cependant, l'arme est introuvable et l'inspecteur est suspendu. Mike Stone va se retrouver au milieu d'un drame familial pour innocenter son collègue.

Un bon départ pour cette seconde saison. Un père veuf n'admet pas que ses deux fils soient des délinquants et son désespoir est bien interprété par Michael Constantine. Stone, en policier aguerri, sert de conseiller à Keller, suspecté d'homicide involontaire et obligé de rendre son insigne et son arme. Le cambriolage est subtilement filmé de telle sorte qu'on ne sait pas très bien le nombre de voleurs ; quatre en fait. Karl Malden est en grande forme lors des deux poursuites à pied avec le même suspect. La première image des deux policiers en train de manger des sandwichs pas très proprement est cocasse.

o La scène du cambriolage se déroule à The Cannery, lieu très prisé à San Francisco. Construit en 1907 et rénové dans les années soixante, c'est aujourd'hui un endroit pour touristes avec ses restaurants et ses boutiques. Le bâtiment à trois étages (vu dans l'épisode) a été transformé en petits chemins et balcons qui entourent une place avec des oliviers plus que centenaires.

o Deuxième épisode où Keller roule en Porsche. Elle n'est pas de la même couleur que celle vue dans Beyond Vengeance. Amusant de voir Stone observer la contractuelle y placer une contravention.

o Dans cette seconde saison, Stone et Keller roulent en Ford Galaxie marron clair de 1973.

o Lors du cambriolage, un calendrier de juin 73 est très visible ce qui doit correspondre à la date du tournage.

o Michael Constantine (1927), d'origine grecque, a commencé sa carrière en 1957 et il fut récompensé en 2002 pour Mariage à la grecque.

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2. TRAHIE
(BETRAYED)

Un financier a une richissime fiancée ravissante mais également une maîtresse, employée de banque, au physique ingrat. Cette dernière, follement éprise, réalise difficilement qu'elle a été utilisée après avoir reconnu son amant dévaliser la banque.

Martin Sheen, en financier cupide et manipulateur, est excellent. On se demande seulement pourquoi il a gardé ce bracelet au poignet pendant le hold-up ! Sous des apparences naïves, la vieille fille délaissée est prête à tout pour garder un homme, même à le tuer ! Elle mène sa propre enquête et surprend son amant par sa lucidité et sa détermination dans un superbe final ayant le Golden Gate pour toile de fond. Les investigations sur le cambriolage et le meurtre du gardien piétinent jusqu'à ce que Keller fasse preuve d'initiative. À ce propos, on notera la pointe d'humour lorsque Keller fait de la monnaie avec un dollar emprunté à Stone pour passer le coup de téléphone qui va dénouer l'affaire. (Stone : 'It's a dime to you, a buck for me' faisant allusion à la séquence précédente près de la machine à café). La fausse piste permet d'avoir une bonne scène d'action avec des seconds rôles de qualité, que ce soit ce suspect ou le marchand de journaux et le chauffeur de taxi dans d'autres passages. Un seul bémol : comment Stone peut-il avoir vu le bracelet sur la vidéo de surveillance alors qu'il a toujours besoin de lunettes ?

o Lieux de tournage : California Street, North Beach, Hillsborough. Le final fut tourné à Marin Headlands, célèbre pour son panorama et la vue sur le Golden Gate Bridge.

o La voiture de Stone et Keller sort du commissariat sur les chapeaux de roue pour se rendre sur les lieux de crime. Les images ont été prises à l'épisode pilote.

o Martin Sheen (1940) a joué dans pratiquement toutes les séries américaines à succès dès les années 60. Cette apparition dans Les rues de San Francisco est coincée entre Cannon et Columbo. Il a tenu plus récemment la vedette dans la série À la Maison Blanche.

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3. POUR L'AMOUR DE DIEU
(FOR THE LOVE OF GOD)

En quelques semaines, trois prêtres ont été abattus après la messe dominicale. Stone et Keller découvrent que les hommes d'Église ont suivi le même séminaire et qu'ils furent responsables de l'éviction d'un postulant. Ce dernier, dépressif, n'a pourtant pas quitté l'hôpital psychiatrique.

Excellent. L'épisode commence par l'assassinat d'un prêtre, ami d'enfance de Mike Stone, lors d'une confession mortelle et la scène suivante, où le policier va brûler un cierge, est très émouvante. Il précise que trois perspectives s'offraient alors à eux : 'a crook, a cop or a priest.'[Escroc, flic ou prêtre.] Les seconds rôles, habitués des séries télévisées, donnent le change. Père Carey et surtout l'ultime cible, Père Driscoll, embellissent l'histoire. Peter Strauss interprète parfaitement le tueur schizophrène au canon scié dissimulé sous un imper.

L'enquête débute par la découverte d'une liste de prêtres ayant assisté au même séminaire mais le principal suspect, renvoyé, n'est pas apte à commettre de tels actes. Il séjourne depuis 19 ans dans un asile et il s'occupe des roses, mais il a fait un adepte. Pour débusquer l'assassin, Stone devient prêtre (la soutane va très bien à Karl Malden) et le portrait-robot va relancer l'enquête au point mort.

Le dernier acte, en deux temps, est bien agencé. D'abord, la messe est dite et les policiers surveillent sans se douter que Novack, le tueur, est déjà caché dans le confessionnal. Stone est blessé en s'interposant et on a droit à une seconde scène d'action au pied de l'immense croix du Mount Davidson, théâtre d'un passage clé de Dirty Harry. D'ailleurs, la comparaison ne s'arrête pas là : Keller s'accroche à un bus jaune mais il s'y prend moins bien que Harry Callahan ! La musique grave est bien choisie et il y a un excellent raccord lorsque le tueur va faire sa troisième victime ; on passe directement sur une vue de la cloche de l'église et de la voiture de Keller en arrière-plan. Impensable avec les séries de nos jours. Même dans un épisode noir, l'humour n'est pas en reste ; il suffit de voir le visage radieux de Stone lorsqu'une (jolie) bonne sœur l'appelle : 'Père' !

o Leif Erickson (1911-1986), Father Henry Driscoll, est connu pour la série western Chaparral, 97 épisodes (1967-71).

o Marshall Thompson (1925-1992), Father Carey, est connu pour la série animalière Daktari, 45 épisodes (1966-68).

o Peter Strauss (1947), le tueur, a participé à plusieurs productions pour la télévision dont Le riche et le pauvre.

o La carte de San Francisco sur le mur de la cabane de Novack est à l'envers (source : TV.com).

o Lieux de tournage : l'église catholique Saint Brigid, la Croix à Mount Davidson.

o Le psychologue fait référence à l'étrangleur de Boston.

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4. AVANT DE MOURIR
(BEFORE I DIE)

Un policier apprend qu'il est condamné à brève échéance. Avant de mourir, il décide d'abattre un truand sur lequel il enquête depuis un an et demi.

Un épisode excessivement lent du fait du thème principal. La seule véritable scène d'action est une poursuite en voitures de trois minutes qui se termine par une explosion au tout début. John T. Connor, qui n'a plus que quelques temps à vivre, est magistralement interprété par Leslie Nielsen. Après 32 ans de service, il veut abattre un gangster avant de mourir. Il crève l'écran et sa présence excède celles des deux héros. Dans de longues scènes, parfois fastidieuses, le policier s'entretient successivement avec son médecin, sa femme, son collègue et, finalement, Mike Stone.

L'histoire soulève l'épineuse question des limites des pouvoirs de la loi, de la justice et du dilemme qui consiste à utiliser les services publics pour protéger un truand. À ce titre, la fin, tragique et inattendue, est très forte : le coéquipier depuis 12 ans tue Connor au moment où celui-ci allait passer à l'acte. On ne sait donc pas comment aurait réagi Stone.

o Leslie Nielsen était le clochard Jake Wilson dans le dernier épisode de la première saison, La légion des épaves. Il reviendra dans un troisième épisode de la série.

o Lieux de tournage : aux alentours de China Basin pour la poursuite, le port et la scène finale à l'hippodrome Bay Meadows.

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5. MA MAISON EST UNE PRISON
(GOING HOME)

Un escroc minable cambriole un magasin et s'empare de deux sacs de billets appartenant au syndicat. Rapidement, il est pourchassé dans San Francisco par deux tueurs et la police. Rejeté de tous, il se réfugie à Alcatraz, son chez soi.

On suit avec plaisir mais aussi compassion ce petit malfrat aux allures sympathiques errer dans San Francisco à la recherche d'une main tendue. Ayant raté sa vie, il dit, anticipant ses ennuis : 'Even when I do something right, it's wrong !' [Même quand je fais quelque chose correctement, ça ne va pas !]. Sa femme et ses supposés amis le repoussent et il trouve seulement du réconfort lorsqu'il revoit son fils incognito dans le parc et lui offre le panda en peluche dans une scène touchante. Les deux tueurs, lancés à ses trousses, le poursuivent jusqu'à Alcatraz dans un somptueux final. L'escroc n'est pas un mauvais bougre et il mourra dans sa cellule après avoir sauvé indirectement Stone et mis l'argent en sûreté dans la peluche, ultime clin d'œil. C'est un peu choquant d'ailleurs de voir Keller proposer 10% du magot à la femme alors qu'elle a qualifié son mari de : 'Garbage'.

o Lieu de tournage : la dernière partie de l'épisode est tournée à Alcatraz.

o Cet épisode fut diffusé pour la première fois aux USA le 11 octobre 1973 sur ABC ; il fut diffusé en France sur Antenne 2 deux ans plus tard, jour pour jour.

o Tom Bosley (1927) a commencé sa carrière en 1959. Il a joué dans deux autres épisodes de la série dont le pilote. Il est connu pour son rôle de Cunningham de Happy Days.

o Sheree North (1932-2005) fut engagée à ses débuts pour palier aux frasques de Marilyn Monroe. Elle décéda d'un cancer.

o Milton Selzer (1918-2006), le commerçant Beal, est connu de tous fans de séries. D'après le livre Television Guest Stars: An Illustrated Chronicle for Performers of the Sixties and Seventies, il est l'acteur qui a joué dans le plus grand nombre de séries télévisées. Citons Les Incorruptibles, Le fugitif, Les envahisseurs, Chaparral, L'homme de fer, Mission impossible, Mannix, Kojak, Cannon, Hawaii police d'état, Wonder Woman

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6. LE TIMBRE DE LA MORT
(THE STAMP OF DEATH)

Un riche collectionneur de timbres est tué. Un seul timbre, inestimable car unique, semble avoir été dérobé, à moins que cela soit justement ce que le criminel veut faire croire à la police.

Une histoire très alambiquée qui garde son mystère jusqu'aux ultimes instants. Dès la scène du début, trop longue, nous avons connaissance de la substitution des planches qui fait penser qu'un seul timbre a été volé. En fait, un expert faussaire doit transformer les dix timbres dérobés en Magenta, pièce unique, que nul ne sait où trouver. L'assureur meurtrier semble dominer la situation mais c'est sa femme qui a, finalement, tout arrangé. Alors qu'on se demande qui va rouler l'autre, un troisième individu profite de la situation. Le final entretient le suspense, laissant croire que le malin est le marchand de timbres mais c'est finalement l'indic de Stone ! Un épisode moyen car peu crédible et compliqué. À noter un peu d'humour lorsque Stone se rend sur les lieux du crime avec les chaussures de bowling !

o Earl Holliman (1928) se fit connaître dès 1953. Il fut second rôle dans quelques westerns de renom. En 1974, il fut le partenaire d'Angie Dickinson dans la série policière Sergent Anderson.

o Jessica Walter (1941) a fait du théâtre et quelques films dont Un frisson dans la nuit. Elle est Evelyn, la femme qui persécute Eastwood dans son premier film en tant que réalisateur. Ce rôle lui valu d'être nominée pour le Golden Globe.

o On apprend que Keller collectionnait les timbres étant enfant.

o Lieux de tournage : Nob Hill, Union Square, The Tenderloin, Pacific Heights et The Breakwater à Ocean Beach (scène finale).

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7. LE HAREM
(HAREM)

Tel un gourou, un musicien manipule des groupies mineures pour qu'elles deviennent des prostituées dociles. Il en assassine trois qui peuvent lui poser des problèmes. Une quatrième aidera la police.

La musique adoucit les mœurs ? Après le tueur à l'harmonica (Beyond Vengeance), voici le flûtiste proxénète assassin. D'autres points communs entre les deux épisodes : le réalisateur est Virgil Vogel et la fille de Stone, Jeannie, est présente mais elle est moins active que lors de sa première apparition, se contentant d'acheter des sandwichs ! Le personnage engendre d'ailleurs quelques longueurs dont la scène où Stone, moralisateur, énumère à sa fille les statistiques de la criminalité américaine mais le policier répercute l'enquête sur elle et le passage de la découverte du corps de la jeune prostituée à la Marina est fort. Il y aura deux autres cadavres sur la plage ; Stone et Keller découvriront que toutes les victimes habitent à la même adresse et qu'elles sont en possession de numéros de cabines téléphoniques.

Le serial killer est froid ('Kiss me goodbye, Sarah') mais moins impressionnant que celui de Beyond Vengeance et la fin de l'épisode est moins spectaculaire. Les seconds rôles sont des jolies filles, accompagnées d'une mélodie très agréable. Une scène cocasse lorsque Stone se fait racoler dans le parc, près de la cabine téléphonique, et palper le flingue ! Cette même prostituée traitera les deux policiers de 'Pig !'.

o Lieux de tournage : Marina, Union Square (où Stone se fait aborder) déjà vu dans l'épisode In the Midst of Strangers, Ghirardelli Square (près de la fontaine où Jeffers joue de la flûte) et des hôtels à Nob Hill. On aperçoit par deux fois le fameux Golden Gate en arrière-plan sur les scènes de meurtres.

o Deuxième des douze apparitions de Darleen Carr dans le rôle de Jeannie Stone.

o Ricky Nelson (1940-1985) était une idole de Rock and Roll dans les années 60 et 70. Il périt dans un accident d'avion avec sa fiancée et son groupe à la St Sylvestre à l'âge de 45 ans. Parmi ses rôles au cinéma, celui de Colorado dans Rio Bravo.

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8. PAS D'INSIGNE POUR BENJY
(NO BADGE FOR BENJY)

Alors que Stone tente de résoudre un meurtre, Keller se rend au chevet d'un de ses indics blessé par balles.

Deux enquêtes sans lien pour un épisode pas captivant du tout. La première histoire est en filigrane car tout se passe au commissariat (comme dans les séries actuelles) tandis que la seconde est banale et incohérente. Comment peut-on laisser un blessé à l'hôpital sans surveillance après une tentative d'assassinat ? L'informateur a trouvé une piste et il a été assassiné avant d'avoir pu joindre la police. Sa fille essaie de le venger à sa façon. Les seconds rôles ne sont pas non plus convaincants. Il reste, dans ces cas-là, l'excellente musique et les somptueuses vues de la ville toujours présentes dans cette série.

o Argentina Brunetti (1907-2005) fait une brève apparition au début de l'épisode (elle sort ses poubelles). Elle a fait un site à son nom racontant les histoires passées d'Hollywood peu avant son décès. Son fils le continue. Elle a joué dans l'épisode des Incorruptibles, Le roi de l'artichaut.

o William Watson (1938-1997) reprendra son rôle du flic Dedini dans l'épisode Commitment.

o Lieux de tournage : San Francisco General Hospital.

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9. L'OR MORTEL
(THE TWENTY-FOUR KARAT PLAGUE)

Quatre malfrats s'emparent d'un fourgon blindé contenant de l'or. Ce chargement est très radioactif, ce qui n'empêche pas un membre de la bande de sacrifier un de ses complices chargé de la refonte en pièces.

Une enquête minimale pour un épisode moyen qui met surtout l'accent sur les dissensions dans la bande des quatre. Anthony Zerbe, irradié et condamné, et, surtout, Vic Morrow, en criminel froid et calculateur, sont d'excellents seconds rôles. Les investigations n'avancent pas car le portrait-robot ne ressemble à rien et il faut un coup de téléphone pour débloquer l'affaire qui se conclut par une poursuite dans Chinatown.

o Lieux de tournage : California Northern University, Lombard Street, Marina.

o Vic Morrow (1929-1982) a joué dans de nombreuses séries dans les années 60 et 70. Il eut une fin tragique sur le tournage de Twilight Zone. Un hélicoptère s'abattit sur lui, le décapitant ainsi que deux enfants jouant la scène. Quelques instants plus tôt, il regrettait de ne pas avoir fait appel à une doublure pour cette scène.

o Anthony Zerbe (1936) a souvent joué des rôles de méchants dans toutes les séries américaines populaires des années 60 et 70 dont cinq participations à Mission : Impossible et quatre à Mannix.

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10. INFORMATION MORTELLE
(SHIELD OF HONOR)

Un témoin capital dans l'enquête sur un membre du syndicat est abattu dans les bâtiments de la police. Le tueur a bénéficié de renseignements de l'intérieur. Deux policiers sont suspectés mais Stone et Keller ne sont pas du même avis.

Après une entame mouvementée dans les locaux même de la police, l'action fait place à l'enquête pour retrouver le tueur blessé et à quelques fausses pistes pour piéger l'informateur interne car peu de personnes connaissaient l'existence du témoin. Stone : 'There is only one answer, Buddy Boy. Someone in the department.' Quatre officiers sont suspectés de 'fuite' mais un flic expérimenté et une femme policière sont en première ligne. Stone et Keller font équipe avec des partenaires divers pour débusquer le coupable. Stone 'défend' Bondini, son alter ego, tandis que Keller ne peut voir Drea McCormick, la jeune recrue avec laquelle il a fait l'école de police, responsable d'un tel acte. Une belle prestation de Mariette Hartley dans le rôle de la femme flic dupée par son beau-frère. Elle a un échange intéressant avec Keller au sujet des différences hommes/femmes pour l'avancement de carrière. Finalement, la clairvoyance de l'expérimenté lieutenant Stone triomphera grâce à un subtil piège téléphonique.

o Steve Keller et Drea McCormick sont sortis ensemble de l'école de police trois ans auparavant. Keller l'a même invitée, à l'époque, dans un lieu appelé... Conspiracy. On apprend que McCormick était très bonne au tir et qu'elle a terminé dans les dix premiers. Par contre, Stone demande à Keller son classement et celui-ci s'en tire par une pirouette.

o Mariette Hartley (1940) a débuté sa carrière en 1962 et elle est familière pour les amateurs de séries US. Vue dans Le virginien, Peyton Place, Cimarron, Bonanza, Mannix, Le sixième sens, Gunsmoke, Section contre-enquête, Columbo, Cold Case, Law and Order. Elle a participé à un autre épisode de la série, Cry Help !

o Peter Mark Richman (1927), le lieutenant Vince Bondini, a joué dans plus de 500 productions télévisées.

o Lieu de tournage : The Water Gate Condominium à Emeryville, où se trouve l'appartement de la petite amie de Cahill, le proxénète témoin assassiné, est toujours un complexe d'appartements assez prisé.

o Le parking du SFPD, vu au début de l'épisode, a servi pour quelques scènes du deuxième volet des aventures de l'inspecteur Harry, Magnum Force. Dans l'épilogue, Keller montre le mémorial dédié à tous les policiers tués en service. Il se trouve dans le Hall of Justice de San Francisco et il constitue la première scène du film, Dirty Harry.

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11. LES VICTIMES
(THE VICTIMS)

Trois prisonniers s'échappent d'un pénitencier et sèment la mort sur leur passage. Keller, en conflit avec sa petite amie du moment, n'est pas au diapason de l'enquête menée essentiellement par Stone.

Une des plus violentes histoires jusqu'à présent. Henry Silva personnifie parfaitement cet assassin impitoyable qui supprime tous les gens que le trio croise. Années 70 obligent : les scènes dures sont simplement suggérées (étranglement du vendeur, massacre du couple de retraités, viol). Le personnage de Connie, petite amie de Keller et journaliste culinaire (!), caricature une partie de l'opinion publique pour laquelle toute personne, quels que soient ses actes, reste un être humain. En opposition, bien entendu, avec la femme d'une victime : 'I want you to kill them.'

Finalement, Mike Stone ouvre les yeux de l'oie blanche naïve et exaspérante, qui défend les droits des criminels, sur le métier de policier et agit, de ce fait, comme Harry Callahan ! Le titre de l'épisode met d'ailleurs l'accent sur ce point, privilégiant les victimes aux assassins. Ces derniers ne sont pas ménagés par le scénario ; le témoin récalcitrant est comparé à une victime et un des évadés se fait lyncher dans une station service. Le final dans le zoo est un peu décevant, en particulier la fastidieuse mise en place des voitures de police autour de la cabane.

o Lieux de tournage : Marin County, San Francisco Zoo, General Hospital. Le Golden Gate (début) et Alcatraz (épilogue) sont en arrière-plan.

o Steve Keller n'a pas de cravate dans cet épisode !

o Henry Silva (1928) a souvent joué des rôles de maniaque et de sadique aussi bien aux États-Unis qu'en Europe.

o Jo Ann Harris, la petite amie de Keller, sera une des vedettes de la série Section contre-enquête (Most Wanted) avec Robert Stack en 1976. Elle est également l'auto-stoppeuse de l'épisode 45 Minutes from Home – Mésaventures de la saison 1.

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12. LES FUGITIFS
(THE RUNAWAYS)

Trois enfants sont livrés à eux-mêmes depuis le décès de leur père. Pour soigner sa petite sœur malade, l'aîné cambriole une pharmacie et tue accidentellement le propriétaire.

Cet épisode est un drame de la société et non une enquête policière. D'ailleurs, Stone et Keller retrouvent le squat où vivent les enfants très rapidement grâce à un témoin. L'histoire souligne les incohérences du système judiciaire et les tragédies auxquelles sont confrontés des orphelins après leur placement. Beaucoup de longueurs, Keller et la serveuse du café par exemple, et une certaine maladresse dans le scénario ; le grand frère prend la juge en otage dans l'espoir de l'échanger contre sa petite sœur, malade et à l'hôpital. La meilleure scène est justement entre Stone et cette petite fille qui déjoue les questions du lieutenant concernant son grand frère : 'You don't look like a doctor.' Il y a une seule véritable scène d'action lorsque Keller localise d'un hélicoptère la planque des deux frères. Un thème similaire est évoqué dans le cinquième épisode de la première saison, Whose Little Boy Are You ? – Une adoption illégale.

o Lieu de tournage : The Old Windmill dans le parc Golden Gate (planque des jeunes et théâtre de la séquence finale).

o Jeanette Nolan (1911-1998), la juge Millie Cox, a joué dans plus de 300 séries télévisées. Elle fut nominée quatre fois aux Emmy. Elle a un rôle récurrent dans Le virginien.

o Larry Wilcox (1947) est Jon Baker dans la série Chips.

o Kent Smith (1907-1985) est Edgar Scoville, un ami de David Vincent, dans 13 épisodes des Envahisseurs.

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13. LE TROISIÈME ÂGE SE REBIFFE
(WINTERKILL)

Désireux de financer la coûteuse opération de la cataracte d'un de ses amis, un retraité fait chanter une vieille connaissance millionnaire en déposant dans ses bâtiments d'entreprise quatre bombes qui doivent exploser toutes les deux heures.

Cet épisode est une critique acerbe du système d'assurance maladie aux États-Unis, particulièrement pour les personnes âgées. Comme la précédente, cette aventure est plus 'sociale' que policière, mais elle présente des attraits absents dans The Runaways. Bien que sommaire, une enquête est effectuée (l'homme au fauteuil roulant) et l'humour embellit l'épisode. Ainsi, Stone doit payer les hot-dogs froids et il ne donne pas de pourboire (jeu de mots en VO car tip signifie également 'tuyau') et la résidente de la maison de retraite profite que Keller fouille la chambre à la recherche d'indices pour la visiter, au cas où elle serait prochainement libre ! La descente de la bombe en ascenseur laisse planer un peu de suspense. Tel Robin des Bois (Jesse James est mentionné dans l'épisode), Wade Tillman, interprété par Paul Fix, symbolisait déjà dans les années 70 les laissés-pour-compte de la société US. La fin est moralisatrice et l'obtus millionnaire devient humain. Une histoire qui a dû faire réfléchir un grand nombre de personnes âgées.

o Paul Fix (1901-1983) est apparu dans plus de 300 films. Ami de John Wayne, il est surtout connu pour son rôle de shérif dans la série L'homme à la carabine avec Chuck Connors.

o Denver Pyle (1920-1997) était, comme Paul Fix, un grand ami de John Wayne et il joua dans beaucoup de ses films : Les cavaliers, Alamo, L'homme qui tua Liberty Valance, Les cordes de la potence. Un de ses plus grands rôles est, néanmoins, celui du shérif dans Bonnie and Clyde.

o Mike Stone fait référence à son grand-père pour expliquer les duretés de la vie.

o Stone et Keller jouent aux échecs dans le bureau. Stone : 'One dollar fifteen for two cold hot-dogs !'

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14. LA VIE EST UNE JUNGLE
(MOST FEARED IN THE JUNGLE)

Une jeune femme, qui vient d'accoucher, est persuadée que son bébé, déclaré mort-né, a été kidnappé. Elle va se retrouver au cœur d'une machination.

On ne quitte pas le 'social' pour la troisième fois consécutive dans un épisode moyen qui présente néanmoins de très bons passages. Kitty Winn est convaincante en mère désespérée, mais déterminée, avec un passé psychiatrique. Elle a un fort temps de présence comparé au détective véreux qui doit se contenter de deux scènes majeures dont la meilleure de l'épisode, la poursuite spectaculaire sur les toits. L'histoire pose les problèmes de l'avortement et de l'adoption ; certaines femmes désireuses d'avorter étaient convaincues de mener à terme leur grossesse afin de procéder à des adoptions lucratives. Barbara retrouvera son bébé mais elle sera internée après avoir tué, accidentellement, une personne et blessé deux autres. Le dénouement est fastidieux même si la dernière image de l'épilogue a une forte charge émotionnelle.

o Kitty Winn (1944) est connue pour Panique à Needle Park (où elle fut récompensée à Cannes) et le rôle de Sharon Spencer dans L'exorciste (I et II). Elle ne tourne pratiquement plus depuis son mariage en 1978.

o Joel Fabiani (1936), le détective véreux, est surtout connu pour son rôle de Stuart Sullivan dans la série Département S.

o Le nouveau-né est 'vrai' (image d'archives) contrairement à de nombreuses productions qui filment un bébé de quelques jours dans ce genre de situation.

o À leur première apparition, Stone et Keller sortent du café/restaurant Mama's on Washington Square. Celui-ci existe toujours et il a à peine changé.

o On apprend que Keller a rompu avec Connie, sa petite amie de l'épisode 11, The Victims. Autant de temps pour se rendre compte qu'elle n'était pas compatible avec le métier de 'cop'….

o Référence à Sherlock Holmes lorsque Keller découvre qu'une page du répertoire à la lettre H a été arrachée. Stone : 'That is great, Sherlock !'.

o Stone devient de plus en plus 'gâteux' lorsqu'il évoque sa fille, Jeannie, vue dans plusieurs épisodes, 'capable de pleurnicher et d'utiliser deux paquets de kleenex' pour un film triste au cinéma !

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15. COUP MONTÉ
(COMMITMENT)

Stone est victime d'un coup monté et soupçonné d'avoir descendu un collègue infiltré dans le milieu de la drogue. Keller et le 'department' doivent faire la lumière sur une affaire qui remonte à une douzaine d'années et dans laquelle un policier semble être impliqué. Pour cela, un témoin doit être retrouvé avant les tueurs.

Cet excellent épisode, aux multiples rebondissements, est servi par de très bons seconds rôles connus, pour la plupart, des habitués des séries. L'intégrité de Stone est mise en doute par un nouvel inspecteur fraîchement débarqué tandis que les indices s'accumulent contre le lieutenant. Tombé dans le piège d'un rendez-vous, son arme a tué un collègue et même sa fille contribuera, involontairement, à sa mise à pied. On apprendra finalement que le flic abattu a été 'vendu' par une junkie, amie d'enfance ! Le sérieux de l'histoire n'empêche pas l'humour. Keller est étonné de recevoir un appel : 'Why me, not you ?'. Stone : 'Because I probably don't know the lady !' [Parce que je ne connais probablement pas la dame !].

On voit à peine le ponte du syndicat mais les tueurs et même le flic corrompu compensent largement par leur mine patibulaire. What cop ? [Quel flic ?]. On peut le deviner avec l'indice, le numéro de la chambre, qui traîne sur le bureau de Keller. Surprenant car le policier ripou, collègue de Stone depuis onze années, avait déjà participé à une enquête de cette saison ! Les nombreux personnages et les diverses pistes, engendrées par la recherche du témoin, le flic véreux et l'implication de Stone dans un meurtre, font de cet épisode complexe une des meilleures histoires de la seconde saison.

o Lieu de tournage : port de San Francisco.

o Dans un passage émotionnel, Mike Stone évoque pour la première fois sa femme décédée et l'hypothèque qui lui a permis de garder la maison ; grâce à la police d'assurance de sa femme et non ses économies comme Jeannie le croyait.

o Geoffrey Deuel (1943) fait une apparition remarquée en inspecteur Glenn Decker. La physionomie de l'épisode laisse penser que le personnage reviendrait. Il n'en fut rien.

o Troisième des douze apparitions de Darleen Carr dans le rôle de Jeannie Stone, la fille du lieutenant.

o Tyne Daly (1946) est l'inspecteur Kate Moore du troisième volet des aventures de Dirty Harry, L'inspecteur ne renonce jamais (1976). Elle est aussi Lacey dans la série Cagney & Lacey. Elle fait ici une apparition de moins de trois minutes dans le rôle de la femme du policier abattu.

o William Smith (1933), un des tueurs, est célèbre pour le rôle de Falconetti dans Le riche et le pauvre. Son physique lui a fait pratiquement toujours jouer des rôles de méchants. Il excelle dans les sports de combat et il parle cinq langues.

o William Watson (1938-1997) était déjà le flic Dedini dans l'épisode No Badge for Benjy.

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16. LA CHAPELLE DES DAMNÉS
(CHAPEL OF THE DAMNED)

En rentrant chez elle, une jeune fille est kidnappée. Stone et Keller orientent leur enquête vers le petit ami, récemment sorti de prison, mais ils sont surtout très intrigués par le comportement d'une médium, relation et conseillère de la mère de la jeune fille.

Un banal enlèvement va devenir une affaire complexe par la présence d'une voyante, amie proche de la famille. On reste circonspect sur les facultés de cette femme à fournir des indices qui s'avèrent exacts tout au long de l'enquête. Le suspense est ainsi magistralement maintenu jusqu'au dénouement où le piège de la mallette est néanmoins un peu 'léger'. Les deux policiers ne sont pas dupes et privilégient, bien entendu, une solution rationnelle. D'ailleurs, les commentaires de Keller sur la voyante et ses dons sont des plus cocasses et constituent un attrait de l'aventure. En fait, un excellent moyen de 'contrôler' les investigations tout en éliminant des complices devenus gênants !

Sinon, l'épisode est bien filmé et ménage des effets de surprise (l'enlèvement de la fille dans le parking, le suspect dans le cube de glace, le complice abattu d'un coup de fusil). La meilleure scène est tournée à l'aéroport où, une fois n'est pas coutume, Stone et Keller se font berner lors de la remise de la rançon (Admirez Keller avec ses lunettes de soleil !). Le ciel gris et la pluie ne sont pas non plus habituels à la série…

o Signe Hasso (1910-2002), la voyante, est née à Stockholm et elle était une actrice de renom.

o Diana Douglas (1923), la mère naïve de la jeune fille kidnappée, n'est autre que la mère de Michael Douglas. Il y a très peu d'échanges et de plans avec la mère et le fils pendant l'épisode.

o Lieux de tournage: Hôtel Atlanta, 92 7th Street, l'aéroport de San Francisco.

o The Chapel of the Mind (mot à mot : "la chapelle de l'esprit") est le nom de la petite secte de la voyante.

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17. SANS ISSUE
(BLOCKADE)

Une jeune serveuse a été violée et assassinée. L'astuce qui a provoqué la panne de sa voiture met indirectement Stone et Keller sur la piste du tueur. Ce dernier, aux abois, se rend chez son complice et prend toutes les personnes présentes en otage.

Cet épisode, prometteur, déçoit sur quelques scènes mais on reconnaît néanmoins la patte du réalisateur, Virgil W. Vogel, synonyme d'histoires noires bien menées et teintées de violence suggérée. À partir d'un indice minime, l'enquête est (trop) rapidement résolue et cette aventure pêche par sa seconde partie, presque en huis clos, qui n'en finit pas ! La présence ennuyeuse de la fille du juge et la radio déblatérant des actualités concernant le Royaume Uni (!) sont les raisons de certaines longueurs. Sinon, les seconds rôles sont impeccables : Don Stroud est le parfait salopard, Ida Lupino, une mère dépassée par les évènements très convaincante et Charles Martin Smith, un rejeton influençable. La serveuse agressée dans la scène initiale est jouée par Cheryl Ladd (encore Stoppelmoor à l'époque) qui deviendra une drôle de dame quelques années plus tard. À noter la touche d'humour lors de l'épilogue ; Stone fait remarquer à Keller que la balle, qui l'a blessé superficiellement, a bousillé une de ses vestes bizarres. 'It ruined one of your funny jackets !'.

o Cheryl Ladd (1951) est la fille de l'acteur Alan Ladd. Elle avait une dizaine de petits rôles à son actif avant de tourner dans cet épisode. Elle devint célèbre grâce au rôle de Kris Munroe dans 90 épisodes des Drôles de dames (1977-1981). Elle fut aussi Grace Kelly dans un téléfilm du même nom.

o Ida Lupino (1914-1995) eut de grands rôles dès les années 40 comme dans La grande évasion avec Humphrey Bogart en 1941. Elle se tourna ensuite vers la réalisation puis la télévision où elle mit en scène des épisodes des Incorruptibles et du Fugitif.

o Don Stroud (1943) était un des meilleurs surfeurs au monde. Il joua souvent, comme dans cet épisode, des rôles de salopard à l'écran. Il est le criminel Ringerman poursuivi par Coogan/Eastwood dans Un shérif à New York. Également vu dans Police sur la ville avec Richard Widmark et dans de nombreuses séries policières. Dans la vie, c'est différent : après le crash d'un petit avion, il sauva la vie d'un pilote et il perdit l'usage d'un œil en secourant un homme agressé à Greenwich Village au début des années 90.

o Don Stroud a déclaré qu'il avait vraiment apprécié de tourner avec Ida Lupino et Patty Mc Cormack, des actrices accomplies.

o Lieux de tournage : The Cliff House (ce restaurant, réputé pour son superbe panorama, existe toujours), Stow Lake, quartiers de Potrero et Marena, l'aéroport San Carlos et la prison de San Quentin.

o Mike Stone évoque sa fille, vue dans plusieurs épisodes, au père de la jeune serveuse assassinée.

o On aperçoit nettement la doublure de Don Stroud lors de la poursuite à moto.

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18. PRÉMÉDITATION
(CROSSFIRE)

Depuis une semaine, un tireur sème la panique sur un campus universitaire. Stone et Keller parviennent à trouver un lien entre les deux dernières victimes : un professeur tué et une étudiante blessée.

Une enquête palpitante et mouvementée malgré une histoire banale : une femme engage un tueur pour éliminer son mari volage et sa rivale. Les cinq premières minutes sont de l'action pure sur une musique toujours excellente. Le tout premier plan sur l'église puis le tireur d'élite et, finalement, les douilles retrouvées sur le toit font penser inévitablement à la séquence d'ouverture de Dirty Harry. La tension monte par de nombreux rebondissements : le coup de téléphone inquisiteur de Keller qui confond Peggy, l'arme militaire qui incrimine le soldat et finalement la veuve qui reçoit un appel du tueur.

De très bons seconds rôles servent l'histoire : Pamela Franklin est Peggy, l'étudiante énigmatique, Celeste Holm, la femme bafouée et déterminée (très belle prestation dans la scène explicative) et Nick Nolte, convaincant dans le rôle très bref d'un prisonnier récemment libéré du Vietnam.

L'épisode fait la part belle aux échanges, caustiques, entre les deux policiers. Ainsi, Keller fait référence au best-seller du professeur abattu intitulé Sex et Stone, pas convaincu par le côté psychologique de l'œuvre, préfère attendre l'adaptation au cinéma : 'I think I'll wait for the movie !'. Dans la même séquence, Keller est agréablement surpris que Stone lui laisse le choix entre rendre visite à la veuve ou à la jeune étudiante. Au retour de San Diego, Stone trouve Keller en compagnie de deux hôtesses ce qui lui fait dire qu'il voyage toujours en première classe quel que soit le billet. En route pour l'aéroport, Keller demande à Stone qui lui ordonne d'accélérer : 'You're going to pay for my ticket ?'. Stone, surpris par les mœurs 'modernes' de l'étudiante, sera plus vif à confondre la veuve qui symbolise le côté jaloux du triangle dans de telles histoires. Il justifie ainsi sa maxime envers son jeune collègue : 'I've got the time, you've got the energy'. [J'ai le temps et toi, l'énergie]. Pour finir, il convient de ne pas oublier la superbe séquence de la pizza… sans anchois. Stone : 'What, no anchovies ?'

o Pamela Franklin (1950), actrice britannique, fit ses débuts à l'âge de 11 ans. Cette jolie brunette est apparue dans de nombreuses séries policières américaines et dans quelques films dont La nuit du lendemain. Elle a cessé sa carrière au début des années 80 et vit maintenant à Hollywood.

o Nick Nolte (1941) n'était pas connu au moment de cet épisode. Il n'avait qu'un épisode de Cannon à son actif et il ne figure pas dans les 'guest stars'. Il devint célèbre grâce à la série Le riche et le pauvre en 1976.

o Lieux de tournage : le campus fut filmé à l'université de San Francisco, le quartier Pacific Heights qui, perché sur une colline, offre de beaux panoramas sur la ville et l'aéroport de San Francisco.

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19. LIBERTÉ SUR PAROLE
(A STRING OF PUPPETS)

Steve Keller se fait passer pour un détenu libéré sur parole afin d'infiltrer un gang de malfrats dirigé par leur contrôleur judiciaire.

Difficile de s'enthousiasmer pour cet épisode après quatre aventures très bonnes ou excellentes. Keller est transformé, avec perruque et moustache, et sa garde-robe, inspirée de Serpico, sort tout droit d'un sac poubelle. En rentrant de vacances (en Porsche), il est aussitôt infiltré dans le gang comme perceur de coffres sachant jouer du saxo ! Une enquête peu conventionnelle avec de bons seconds rôles, Claude Akins, le contrôleur pourri, et Lola Falana, la chanteuse, mais le scénario comporte de nombreuses invraisemblances. Ainsi, Miss Sterling ne découvre la clé glissée dans sa poche qu'au troisième acte (après une demi-heure d'épisode) et elle appelle Mason avant d'avoir écouté entièrement la cassette. C'est également déconcertant de voir Hari Rhodes en truand, même brièvement, alors qu'il fut laborantin du SFPD la saison précédente et qu'il sera officier de police dans la dernière ! Un peu d'humour lorsque Stone demande à Keller, encore infiltré, de quel côté il veut recevoir le coup de poing et quand le jeune inspecteur, toujours amoché, se plaint des brutalités policières de Stone dans l'épilogue !

o Claude Akins (1926-1994) est apparu dans une centaine de films et plus de 180 séries télévisées en 40 ans, principalement dans des rôles de vilains. Il débuta dans Tant qu'il y aura des hommes en 1953. Acteur sympathique, il était un grand joueur de golf.

o Lola Falana (1942) est une chanteuse qui, après des années de galère, devint l'artiste la mieux payée de Las Vegas, ce qui lui valut le surnom de 'First Lady of Las Vegas'.

o Hari Rhodes (1932-1992) a joué dans sept épisodes de la série. Il a un rôle récurrent dans Section contre-enquête (Most Wanted) avec Robert Stack. Il a joué aussi dans Daktari.

o Étonnant de lire que la sortie DVD de la troisième saison est bloquée à cause des droits de chansons. Dans cet épisode, Lola Falana chante à trois reprises dont Hey Jude !

o Helen, la femme décédée de Mike Stone, est évoquée lorsque les raisons de la culpabilité de Mason, veuf depuis peu, sont passées en revue.

o Lorsque Stone montre sa carte de police à Miss Sterling, elle indique qu'il a l'étoile 2248 mais la plaque, juste en dessous, porte le numéro 897 ! Par contre, Donald M Scott était véritablement le chef de la police de San Francisco à l'époque.

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20. LE FEU DANS LA VILLE
(INFERNO)

Des hommes d'affaires au bord de la faillite payent un certain Jason pour incendier leur entrepôt et toucher ainsi la prime d'assurance. Le fils d'un entrepreneur a perdu d'énormes sommes au jeu et ne peut payer l'incendiaire.

Un épisode tout à la gloire des pompiers de la ville de San Francisco ; le début est truffé d'images d'archives et on assiste à un défilé de beaux camions rouges ! ['Some part of San Francisco is always burning.'] On ne reconnaît pas le style de Virgil W. Vogel, le réalisateur le plus prolifique de la série, souvent habitué aux tueurs psychopathes. L'intrigue est banale, les seconds rôles pas inoubliables (Barry Sullivan est malheureusement sous employé) et l'action est seulement présente dans la poursuite finale en voitures mais Frisco en a vu d'autres mieux agencées. Stone vient au secours de son coéquipier, piégé dans un entrepôt de revues pornographiques en flammes ! Alors que le pyromane a péri par le feu, la dernière réplique entre les deux policiers éclaire sur leur point de vue respectif. Stone tend à penser que justice est faite tandis que Keller, en anti Dirty Harry, déclare : 'Not my kind of poetry.' Un peu d'humour lorsque Stone commande du chili pour le petit déjeuner et qu'il reçoit ses pyjamas dans un carton dans l'épilogue… sans oublier Keller qui essaye une veste de clown à la mode dans les années 70 !

o Barry Sullivan (1912-1994) a joué dans quatre autres épisodes de la série dont Deadline (saison 1).

o Glenn Corbett (1933-1993) a un rôle récurrent dans Dallas.

o Kaz Garas (1940) est un habitué des rôles de salopard dans la série. Il est l'assassin d'un enfant dans The Albatross (saison 1).

o Lieux de tournage : les entrepôts Haslett, Carmen's restaurant où Stone prend son petit déjeuner (il existe toujours), The Rincon Annex Post Office.

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21. LA MAUVAISE GRAINE
(THE HARD BREED)

Lors d'un rodéo, un cowboy est piétiné à mort par un taureau. La corde a été sectionnée et Stone se retrouve avec deux suspects : la femme pour l'assurance et le frère… pour la femme qui était son ex petite amie !

Un whodunnit dans le monde un peu particulier des cow-boys et du rodéo. L'enquête est confinée dans un milieu qui a des règles violentes et singulières. Après un début poussif, l'histoire s'emballe dans les vingt dernières minutes ; il y a huit minutes fastidieuses au milieu de l'épisode où les deux policiers n'apparaissent pas. Le suspense est maintenu et les pistes brouillées assez subtilement pour aboutir sur un drame de la jalousie inattendu car, finalement, extra familial. Steve Keller aura le déclic pour résoudre l'affaire. Les acteurs sont très bons car ils proviennent, pour la plupart, du monde des cow-boys et ils ont un grand nombre de westerns à leur actif.

Un épisode marquant (je m'en souvenais 30 ans après l'avoir vu) malgré son peu d'action. Cela est sûrement dû à l'intrigue inhabituelle (un accident est maquillé en meurtre) et à la fin captivante dans l'enclos. Sinon, on oubliera les chemises aux couleurs criardes du cow-boy, pires que certaines vestes de Keller, et la petite amie de ce dernier sortie du Wyoming et qu'on ne reverra heureusement pas.

o Noah Beery Jr. (1913-1994) commença sa carrière dès 19 ans. Il tourna dans de nombreuses séries western des années 60 et 70 dont Hondo (1967). Il est surtout connu pour la série The Rockford Files (Deux cents dollars plus les frais) avec James Garner (1974-1980).

o Sam Elliott (1944) interpréta principalement des rôles de cow-boy dans des westerns (également dans cet épisode) ; son premier rôle fut dans Butch Cassidy et le kid.

o Jim Davis (1909-1981) est resté célèbre pour son rôle dans Dallas.

o Lieu de tournage : The Cow Palace.

o Les doublures de Michael Douglas et Noah Beery sont visibles dans la scène finale.

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22. EXPÉDITION PUNITIVE
(RAMPAGE)

Quatre hommes deviennent justiciers pour nettoyer le quartier des revendeurs de drogues. Lors d'une de leurs descentes, un indic est assassiné et un des vigilantes, ami de Keller, a été reconnu. Sa femme subit des pressions de la part des trafiquants qui attendent une livraison.

L'épisode débute par une (trop) longue scène sans parole qui aboutit au saccage d'un bar louche et au meurtre d'un indic. La police soupçonne les quatre vigilantes (à noter : la parité noir/blanc) et elle ne démasquera le coupable que dans la dernière partie. L'enquête permet une incursion dans les boîtes malfamées de Frisco mais le quartier semble néanmoins calme et résidentiel comparé aux équivalents new yorkais. L'épisode soulève l'épineux problème des groupes de vigilantes à la mode dans les années 70 (le film Magnum Force est basé sur ce thème) et la confrontation entre Keller et son ami d'enfance, qui ne croit pas à l'efficacité de la police, est très forte. Le côté anti Harry de Keller est nettement mis en avant lorsqu'il déclare avoir participé avec son ami de couleur aux marches des Freedom Rights.

Le politiquement correct étant absent à l'époque, la mise en scène permet au spectateur de prendre parti sans restriction pour la croisade des honorables citoyens même si Keller finit par convaincre son ami que ces méthodes ne sont pas les bonnes. Stone, plus mitigé que son jeune collègue, déclare : 'I can understand but his way isn't the answer.' Si le dilemme du quatuor de justiciers, plus naïfs que méchants, occupe deux tiers de l'épisode, la meilleure scène est la séquence finale constituée de la filature entre le port et le métro sur une excellente partition et de la bagarre au couteau entre Keller et le trafiquant.

o Joe Santos (1931) effectua quelques petits boulots avant de percer au cinéma, souvent dans des rôles de bons flics d'origine hispanique. Il est le détective Becker dans Deux cents dollars plus les frais avec James Garner ; il a joué dernièrement dans Les Soprano.

o Steven Keats (1945-1994), ici un petit dealer, est un poseur de bombes psychopathe dans un superbe épisode de Kojak, Therapy in Dynamite, saison 1.

o On voit nettement que des passants se sont arrêtés pour assister au tournage lorsque Stone et Keller garent leur voiture et suivent le trafiquant meurtrier dans le métro.

o Il est surprenant de voir l'affiche Le cubisme (1907-1974) dans le bordel Glamour Girls !

o Lieux de tournage : Miraloma Market, Pier 41 et dans le métro BART (San Francisco Bay Area Rapid Transit District) à la station Montgomery Street au milieu des usagers. C'est la seconde fois que le tournage de la série se déroule dans le BART. Lors du premier épisode, Trente ans de service, la poursuite finale eut également lieu dans le métro mais il était alors désert, pratiquement un an avant l'ouverture.

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23. LA MORT ET LES ÉLUS
(DEATH AND THE FAVORED FEW)

Un journaliste, redoutable maître chanteur, a été assassiné à son domicile. Peu de temps auparavant, la victime a été vue à une réception dans le milieu huppé. Stone et Keller enquêtent parmi les invités de cette soirée.

Un épisode très moyen clôt cette seconde saison. Stone et Keller s'aventurent dans la jet-set de San Francisco où le chantage et la drogue font bon ménage. Une histoire lente mise en valeur par les seconds rôles et les nombreux échanges entre Stone et Keller. Etta Morris Randolph, interprétée magistralement par Rosemary Murphy, est l'excentrique veuve richissime, amatrice de jus de tomates et suspectée de meurtre jusqu'au bout par le lieutenant Stone. Elle interpelle le duo de policiers par : 'Come in, boys. I love policemen !'. Le majordome est l'impeccable Harold Gould, souvent vu par les amateurs de séries de l'époque. Une poursuite en voitures est l'unique scène d'action dans un épisode constitué essentiellement de dialogues.

À noter l'excellent échange en route pour la villa lorsque Keller démontre à Stone qu'ils n'ont pas les mêmes sujets d'intérêt: 'She's never been too big in the sports page'. Deux cent vingt invités à la soirée, autant de suspects, mais la fin ne surprend pas ! L'épitaphe de Mike Stone pourrait être sa réplique à la veuve : 'I work for all the people of the city of San Francisco'. [Je travaille pour tous les gens de la ville de San Francisco.]

o Rosemary Murphy (1927) est née à Munich et a été élevée à Paris. Elle fut nominée trois fois pour le Broadway's Tony Award.

o Steve Keller manque de heurter une chaise en suivant le majordome. La scène fut néanmoins conservée (9'46).

o The Favored Few est le nom du journal publié par la victime.

o Lieu de tournage : John Mclaren Park (rendez-vous de John Reed avec sa femme).

o Lors de l'épilogue, les deux policiers reçoivent une montre de valeur de la 'lady' Randolph et nous savons, de ce fait, les états de service exacts des deux hommes grâce à l'inscription : 'To Mike Stone, in appreciation of 23 years of faithful service.' Vingt-trois années pour Mike Stone et trois pour Steve Keller.

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Crédits photo : Paramount Home Entertainment.

Images capturées par Denis Chauvet.