saison  saison

Les rues de San Francisco (1972-1977)

Saison 2


1. UNE MORT INJUSTE
(A WRONGFUL DEATH)



Lors d'un cambriolage, Keller abat un jeune voyou en légitime défense. Cependant, l'arme est introuvable et l'inspecteur est suspendu. Mike Stone se retrouve au milieu d'un drame familial pour innocenter son collègue.

Un bon départ pour cette seconde saison. Un père veuf n'admet pas que ses deux fils soient des délinquants et son désespoir est bien interprété par Michael Constantine. Stone, en policier aguerri, remonte le moral à Keller, suspecté d'homicide involontaire et obligé de rendre son insigne et son arme. Le cambriolage est subtilement filmé de telle sorte qu'on ne sait pas très bien le nombre de voleurs ; quatre en fait, dont les frères Davies.

La première image des deux policiers en train de manger des sandwichs pas très proprement est cocasse. Karl Malden est en grande forme lors des deux poursuites à pied avec le même suspect, bien que la crédibilité soit mise à mal (heureusement que le jeune voyou se tord la cheville).  Les meilleurs passages sont le cambriolage et l’intervention des forces de l’ordre dans la longue séquence d’entame, et le face-à-face de Keller avec Al Davies. Néanmoins, l’intensité diminue, lorsque le père connaît la vérité, et la fin n’est pas très réussie. A noter la présence de la ravissante Ina Balin, disparue trop tôt à l’âge de 52 ans. 

o Metteur en scène : Don Medford ; scénariste : Edward De Blasio.

o Guest Stars : Michael Constantine, Ina Balin, Andrew Rubin.

o L’épisode a été diffusé le 13 septembre 1973 sur ABC.

o La scène du cambriolage se déroule à The Cannery, lieu très prisé à San Francisco près de Fisherman's Wharf. Construit en 1907 et rénové dans les années soixante, c'est aujourd'hui un endroit pour touristes avec ses restaurants et ses boutiques. Le bâtiment à trois étages (vu dans l'épisode) a été transformé en petits chemins et balcons qui entourent une place avec des oliviers plus que centenaires.

o Autres lieux de tournage : Kearny Street (bar), Noe Street (maison de la famille Davies), le musée Ripley’s Believe It or Not à Jefferson Street (Stone poursuit Carter) et à l’historique Hyde Street Pier (scène finale). 

o Deuxième épisode où Keller roule en Porsche. Elle n'est pas de la même couleur que celle vue dans Au-delà de la haine. C'est amusant de voir Stone observer la contractuelle y placer une contravention.

o Dans cette seconde saison, Stone et Keller roulent en Ford Galaxie marron clair de 1973.

o Lors du cambriolage, un calendrier de juin 73 est très visible ce qui doit correspondre à la date du tournage.

o Michael Constantine (1927), d'origine grecque, a commencé sa carrière en 1957 et il fut récompensé en 2002 pour Mariage à la grecque.

o A wrongful death; une mort injustifiée est une réclamation contre une personne qui peut être tenue responsable d'un décès. La réclamation est intentée dans une action civile, généralement par des parents proches, comme énuméré par la loi.

Retour à l'index


2. TRAHIE
(BETRAYED)

Un jeune courtier en valeurs immobilières endetté a une richissime fiancée ravissante mais également une maîtresse plus âgée, employée de banque, au physique ingrat. Cette dernière, follement éprise, réalise difficilement qu'elle a été utilisée après avoir reconnu son amant dévaliser la banque.

Martin Sheen, en financier cupide et manipulateur, est excellent. On se demande seulement pourquoi il a gardé ce bracelet au poignet pendant le hold-up ! Sous des apparences naïves, la vieille fille délaissée est prête à tout pour garder un homme, même à le tuer ! Elle mène sa propre enquête et surprend son amant par sa lucidité et sa détermination dans un superbe final ayant le Golden Gate pour toile de fond. Les investigations sur le braquage et le meurtre du gardien proche de la retraite piétinent jusqu'à ce que Keller, soupçonneux de l'employée, fasse preuve d'initiative. À ce propos, on notera la pointe d'humour lorsque Keller fait de la monnaie avec un dollar emprunté à Stone pour passer le coup de téléphone qui va dénouer l'affaire. (Stone : 'It's a dime to you, but it's a buck to me' faisant allusion à la séquence précédente près de la machine à café).

La fausse piste permet d'avoir une bonne scène d'action avec des seconds rôles de qualité, que ce soit ce suspect ou le marchand de journaux et le chauffeur de taxi dans d'autres passages. Une mention spéciale à Lenore Kasdorf qui interprète la ravissante Lindsay (surtout en bikini) et la confrontation des deux femmes au bord de la piscine est un des meilleurs passages. Malgré quelques incohérences soulevées par les sites américains, Trahie est un bon épisode et il fait partie de mes préférés de cette seconde saison.

o Metteur en scène : William Hale; scénariste : Mark Weingart.

o Guest Stars: Martin Sheen, Collin Wilcox-Horne (Special Guest Star).

o L’épisode a été diffusé le 20 septembre 1973 sur ABC. 

o Lieux de tournage : California Street (arrivée du taxi, kiosque à journaux), Union Street (appartement de Kate Evans), Montgomery Street (coup de téléphone de Keller). Le final fut tourné à Battery Spencer, célèbre pour son panorama et la vue sur le Golden Gate Bridge.

o La voiture de Stone et Keller sort du commissariat sur les chapeaux de roue pour se rendre sur les lieux du crime. Les images ont été prises à l'épisode pilote.

o Martin Sheen (1940) a joué dans pratiquement toutes les séries américaines à succès dès les années 60. Cette apparition dans Les rues de San Francisco est coincée entre Cannon et Columbo. Il a tenu plus récemment la vedette dans la série À la Maison Blanche.

o Lenore Kasdorf (1948) avait deux brèves apparitions dans l’épisode Liberté conditionnelle de la première saison. Elle est la vendeuse des billets de croisière.

o La superbe partition musicale pour Carl, le tueur du Traquenard, est réutilisée au début de l’épisode avec une variante au saxo lorsque Dean enfile sa cagoule. Quand Stone refait le parcours du tueur, c’est la musique martiale de Tom Scott qu’on réentend. 

o Lorsque Stone et Keller visionnent le film de la caméra de surveillance de la banque, le zoom effectué sur le poignet de Dean provient d’une perspective différente.

Retour à l'index


3. POUR L'AMOUR DE DIEU
(FOR THE LOVE OF GOD)

En quelques semaines, trois prêtres ont été abattus après la messe dominicale. Stone et Keller découvrent que les hommes d'Église ont suivi le même séminaire et qu'ils furent responsables de l'éviction d'un postulant. Ce dernier, dépressif, n'a pourtant pas quitté l'hôpital psychiatrique depuis des années.

Excellent. L'épisode commence par l'assassinat du Père McGowan, ami d'enfance de Mike Stone, lors d'une confession mortelle, et la scène suivante, où le policier va brûler un cierge, est particulièrement émouvante. Il précise que trois perspectives s'offraient alors à eux : 'a crook, a cop or a priest.'[Escroc, flic ou prêtre.] Les seconds rôles, habitués des séries télévisées, donnent le change. Père Carey et surtout l'ultime cible, Père Driscoll, embellissent l'histoire. Peter Strauss interprète parfaitement le tueur fanatique religieux paranoïaque et schizophrène au canon scié dissimulé sous un imper.

La musique grave est bien choisie et il y a un excellent raccord lorsque le tueur assassine la troisième victime, Tom McGowan ; on passe directement sur une vue de la cloche et de la croix de l'église avec la voiture de Keller qui approche en arrière-plan. L'enquête débute par la découverte d'une liste de quarante-huit prêtres ayant assisté au même séminaire mais le principal suspect, renvoyé, n'est pas apte à commettre de tels actes. Il séjourne depuis dix-neuf ans dans un asile et il s'occupe des fleurs, mais il a fait un adepte, qui le 'venge' en assassinant les membres du conseil. Pour débusquer l'assassin, Stone devient prêtre (la soutane va très bien à Karl Malden, qui la portait déjà dans Sur les quais vingt ans plus tôt) et le portrait-robot relance l'enquête au point mort.

Le dernier acte, en deux temps, est bien agencé. D'abord, la messe est dite et les policiers surveillent, sans se douter que Novack, le tueur, est déjà caché dans le confessionnal. Stone est blessé en s'interposant et on a droit à une seconde scène d'action au pied de l'immense croix du Mount Davidson, théâtre d'un passage clé de Dirty Harry. D'ailleurs, la comparaison ne s'arrête pas là : Keller s'accroche à un bus scolaire jaune mais il s'y prend moins bien qu'Harry Callahan ! Même dans un épisode noir, l'humour n'est pas en reste ; il suffit d’écouter le constat du vieux prêtre sur la vocation qui déclare à Stone qu’il ne serait pas étonné qu’un confrère finisse par écrire des romans pornographiques pour arrondir ses fins de mois, sans oublier l’échange ‘Bless you my son – Thank you Father’ et le visage radieux de Stone lorsqu'une bonne sœur au regard de braise, trop jolie pour être crédible, l'appelle : 'Père' !

o Metteur en scène : Virgil Vogel ; scénariste : Richard N. Husky.

o Guest Stars: Leif Erickson, Peter Strauss, Marshall Thompson, James Gregory (Special Guest Star).

o L’épisode a été diffusé le 27 septembre 1973 sur ABC.

o Lieux de tournage : Mission Dolores (scène d’ouverture), et plusieurs églises apparaissent lors de l’enquête des deux policiers : the Sacred Heart Church, Notre Dame des Victoires, St. Mary's Cathedral et St. Brigid Church. Le final se passe aux abords de la Croix à Mount Davidson.

o Leif Erickson (1911-1986), Father Henry Driscoll, est connu pour la série western Chaparral, 97 épisodes (1967-71), où il incarne Big John Cannon.

o Marshall Thompson (1925-1992), Father Carey, est connu pour la série animalière Daktari, 45 épisodes (1966-69), où il incarne le docteur Tracy.

o Peter Strauss (1947) était Jepsen, le détenu qui a trente-deux heures pour trouver un boulot dans Liberté conditionnelle, saison 1.

o La carte de San Francisco sur le mur de la cabane de Novack est à l'envers (source : TV.com).

o Le psychologue fait référence à l'étrangleur de Boston, qui 'assassinait sa mère symboliquement'.

o On sait avant les policiers que Père Gomez a été assassiné. Son nom est barré sur la liste de Novak lorsque celui-ci entoure le nom de Driscoll.

o Stone fait référence à Bing Crosby et au film La route semée d’étoiles (Going My Way), un film de 1944 où l’acteur incarne le Père Chuck O’Malley. Bing Crosby décéda quelques années après le tournage de l’épisode, en 1977. 

Retour à l'index


4. AVANT DE MOURIR
(BEFORE I DIE)

Un inspecteur apprend qu'il est condamné à brève échéance. Avant de mourir, il décide d'abattre un truand sur lequel il enquête depuis un an et demi.

Un épisode excessivement lent du fait du thème principal. La seule véritable scène d'action est une poursuite en voiture de trois minutes qui se termine par une explosion au tout début. John T. Connor, qui n'a plus que quelque temps à vivre, est magistralement interprété par Leslie Nielsen. Après trente-deux ans dans la police, dont douze avec son coéquipier Murray, il veut abattre un gangster avant de mourir, afin de rendre service à l'humanité. Nielsen crève l'écran et sa présence excède celles des deux enquêteurs. Dans de longues scènes, parfois émotionnelles, le policier s'entretient successivement avec son médecin, sa femme, son partenaire et, finalement, Mike Stone qu'il neutralise.

L'histoire soulève l'épineuse question des limites des pouvoirs de la loi, de la justice et du dilemme qui consiste à utiliser les services publics pour protéger un truand. À ce titre, la fin, tragique et inattendue, est très forte : Murray tue Connor au moment où celui-ci allait passer à l'acte. On ne sait donc pas comment aurait réagi Stone, mais il aimerait que Keller agisse comme Murray au cas où il se comporterait comme Connor.

o Metteur en scène : William Hale ; scénariste : Albert Ruben ; musique : Duane Tatro.

o Guest Stars: Leslie Nielsen, Joanne Linville, Ray Danton, James Wainwright (Special Guest Star).

o L’épisode a été diffusé le 4 octobre  1973 sur ABC. 

o Leslie Nielsen (1926-2010) était le clochard Jake Wilson dans le dernier épisode de la première saison, La légion des épaves. Il reviendra dans l’épisode d’ouverture de la troisième saison. 

o Joanne Linville (1928) reviendra dans un épisode de la troisième saison. A noter qu’elle interprète un rôle un peu similaire dans un excellent épisode de Kojak - Mort debout - ;  l’histoire d’un détective qui cache son cancer en phase terminale à son entourage pour coincer le meurtrier de son coéquipier et ami.

o Lieux de tournage : Embarcadero Freeway & Potrero (séquence d’ouverture), aux alentours de China Basin pour la poursuite, Marina Yacht Harbour, Washington Square (devant l’église St Peter and Paul),  et la scène finale à l'hippodrome Bay Meadows de San Mateo.

Retour à l'index


5. MA MAISON EST UNE PRISON
(GOING HOME)

Un petit escroc cambriole un magasin et s'empare de deux sacs de billets et d'un calepin appartenant au syndicat. Rapidement, il est pourchassé dans tout San Francisco par deux tueurs et la police. Rejeté de tous, il se réfugie à Alcatraz, son chez-soi.

On suit avec plaisir mais aussi compassion Eddie, ce petit malfrat aux allures sympathiques errer dans San Francisco à la recherche d'une main tendue. Ayant raté sa vie, il dit, anticipant ses ennuis : 'Even when I do something right, it's wrong !' [Même quand je fais quelque chose correctement, ça ne va pas !]. Sa femme et ses supposés amis le repoussent et il trouve seulement du réconfort quand il revoit incognito son fils dans un parc et lui offre le panda en peluche lors d'une séquence touchante.

Les deux tueurs abattent le propriétaire du magasin, attendent Eddie à sa chambre d’hôtel (très bon passage) et le traquent jusqu'à Alcatraz lors d'un somptueux final, le quatrième acte. L'escroc n'est pas un mauvais bougre et il mourra dans sa cellule après avoir sauvé indirectement Stone et mis l'argent en sûreté dans la peluche, ultime clin d'œil. C'est un peu choquant d'ailleurs de voir Keller proposer 10% du magot à la femme alors qu'elle a qualifié son mari de : 'Garbage'.

A noter que l’histoire commence un dimanche, ce qui est souligné par la première image de l’église au son des cloches et la rue déserte lorsqu’Eddie entre par effraction dans le magasin. Going Home est un excellent drame, qui se conclut, comme L’inspecteur ne renonce jamais trois ans plus tard, dans le décor d’Alcatraz, très prisé des scénaristes.

o Metteur en scène : Robert Day; scénariste : Jack B. Sowards ; musique : Patrick Williams.

o Guest Stars: Tom Bosley, Sheree North (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 11 octobre 1973 sur ABC. Il fut diffusé en France sur Antenne 2 deux ans plus tard, jour pour jour.

o Lieux de tournage : Battery Street (le magasin), Land’s End (la rencontre entre Beal et les truands sur le cours de golf), Church Street (l'appartement de Donna), Dolores Park, Alcatraz (le quatrième acte). 

o Tom Bosley (1927-2010) a commencé sa carrière en 1955. Il a joué dans deux autres épisodes de la série dont le pilote, dans lequel il est Saretti, le concierge de l’immeuble où habite la victime.

o Sheree North (1932-2005), Donna, fut engagée à ses débuts pour palier aux frasques de Marilyn Monroe. Elle a joué dans Les Incorruptibles, Kojak…Elle décéda d'un cancer.

o Milton Selzer (1918-2006), le commerçant Beal en cheville avec la mafia, est connu de tous fans de séries. D'après le livre Television Guest Stars: An Illustrated Chronicle for Performers of the Sixties and Seventies, il est l'acteur qui a joué dans le plus grand nombre de séries télévisées. Citons Les Incorruptibles, Le fugitif, Les envahisseurs, Chaparral, L'homme de fer, Mission impossible, Mannix, Kojak, Cannon, Hawaii police d'état, Wonder Woman

o Phillip Pine (1920-2006), Dave, le policier qui enquête à l’hôtel d’Eddie, a joué dans trois autres épisodes dont Le premier jour de l’éternité. Il est le commercial que la prostituée essaie de racoler dans la première scène.

o Terrence O’Connor, Sylvia, la soeur de Donna, est Maggie Ames, la jeune femme assassinée par son amant dans la première scène de Dernière heure.  

o Brad Savage (1965), le petit Martin, est le fils du tueur Carl dans Le traquenard (la scène au téléphone).  

o Stone, surpris que Keller s’approprie ce qu’il lui a dit sur l’efficacité du Luger, déclare à Dave : ‘I learn something new every day’. 

Retour à l'index


6. LE TIMBRE DE LA MORT
(THE STAMP OF DEATH)

Un riche collectionneur de timbres est tué. Un seul timbre, inestimable car unique, semble avoir été dérobé, à moins que cela soit justement ce que le criminel veut faire croire à la police.

Une histoire très alambiquée qui garde son mystère jusqu'aux ultimes instants. Dès la scène du début, trop longue, nous avons connaissance du vol des timbres et de la machination de la pièce rare. En fait, un expert faussaire doit transformer les dix timbres dérobés en Magenta, pièce unique, que nul ne sait où trouver. Un écart entre les détails de la couverture d'assurance et la valeur réelle de la collection rapproche les policiers de la solution. L'assureur meurtrier semble dominer la situation mais c'est sa femme qui a, finalement, tout arrangé.

Alors qu'on se demande qui va rouler l'autre, un troisième individu profite de la situation. Le final entretient le suspense, laissant croire que le malin est le marchand de timbres mais c'est finalement l'indic de Stone ! Un épisode moyen à l’histoire compliquée et peu crédible (Glen s’identifie sur les lieux du crime, Doc assassine Jenkins), qui vaut surtout pour l’interprétation des seconds rôles, en particulier Jessica Walter, machiavélique comme elle l’était dans Un frisson dans la nuit ("a real live man-eating cannibal")À noter un peu d'humour lorsque Stone se rend sur les lieux du crime avec les chaussures de bowling !

o Metteur en scène : Seymour Robbie ; scénariste : Robert I. Holt.

o Guest Stars: Earl Holliman, Jessica Walter (Special Guest Star).

o L’épisode a été diffusé le 18 octobre 1973 sur ABC. 

o Earl Holliman (1928) se fit connaître dès 1953. Il fut second rôle dans quelques westerns de renom. En 1974, il fut le partenaire d'Angie Dickinson dans la série policière Sergent Anderson.

o Jessica Walter (1941) a fait du théâtre et quelques films dont Un frisson dans la nuit. Elle est Evelyn, la femme qui persécute Eastwood dans son premier film en tant que réalisateur. Ce rôle lui valut d'être nominée pour le Golden Globe.

o Lieux de tournage : Nob Hill (compagnie d’assurances), Union Square (rencontre de Glen et Conway), The Tenderloin (Stone questionne Doc), Pacific Heights Towers (l’appartement de Conway) et Ocean Beach (scène finale).

o On apprend que Keller collectionnait les timbres étant enfant.

Retour à l'index


7. LE HAREM
(HAREM)

Tel un gourou, un musicien manipule des groupies mineures pour qu'elles deviennent des prostituées dociles. Il en assassine trois qui peuvent lui poser des problèmes. Une quatrième aidera la police.

La musique adoucit les mœurs ? Après le tueur à l'harmonica (Beyond Vengeance), voici le flûtiste proxénète assassin. D'autres points communs entre les deux épisodes : le réalisateur est Virgil Vogel et la fille de Stone, Jeannie, est présente mais elle est moins active que lors de sa première apparition, se contentant d'acheter des sandwichs ! Le personnage engendre d'ailleurs quelques longueurs dont la scène où Stone, moralisateur, énumère à sa fille les statistiques de la criminalité américaine mais le lieutenant répercute l'enquête sur elle et le passage de la découverte du corps de la jeune prostituée à la Marina est fort. Il y aura deux autres cadavres sur la plage ; Stone et Keller découvriront que toutes les victimes habitent à la même adresse et qu'elles sont en possession de numéros de cabines téléphoniques.

Le serial killer est froid ('Kiss me goodbye, Sarah') mais moins impressionnant que celui de Beyond Vengeance et la fin de l'épisode est moins spectaculaire. Les seconds rôles sont des jolies filles, accompagnées d'une mélodie au piano très agréable. Il y a une scène cocasse lorsque Stone se fait racoler près de la cabine téléphonique (dix dollars la passe), et palper le flingue ! Cette même prostituée traitera les deux policiers de 'Pig !'. Les fans d’Eastwood auront reconnu Kay Lenz, très convaincante, qui joua la même année avec William Holden dans la romance Breezy.

o Metteur en scène : Virgil Vogel ; scénariste : John D. F. Black.

o Guest Stars: Rick Nelson, Kay Lenz, Darleen Carr, Laurette Spang.

o Cet épisode a été diffusé le 25 octobre 1973 sur ABC.

o Lieux de tournage : Marina Yacht Harbour (découverte de Diane, la première victime), Union Square (où Stone se fait aborder) déjà vu, entre autres, dans l'épisode Au milieu des étrangers, Ghirardelli Square (près de la fontaine où Jeffers joue de la flûte). On aperçoit par deux fois le fameux Golden Gate en arrière-plan sur les scènes de meurtres.

o Deuxième des douze apparitions de Darleen Carr dans le rôle de Jeannie Stone.

o Ricky Nelson (1940-1985) était une idole de Rock and Roll dans les années 60 et 70. Il périt dans un accident d'avion avec sa fiancée et son groupe à la St Sylvestre à l'âge de 45 ans. Parmi ses rôles au cinéma, celui de Colorado dans Rio Bravo.

o Dans les années 70, il suffisait de se mettre une boucle d’oreille pour passer pour un gay. Ainsi, Jeffers en met une rapidement à la venue de Keller précisant : ‘That’s not my scene’ au sujet de ses voisines, ce qui permet à l’inspecteur de dire à Stone qu’il n’est pas ‘a ladies man’.

o L’enquête est centrée sur des prostituées mineures, pour la plupart fugueuses. Néanmoins, les actrices ravissantes ont la vingtaine bien tassée au moment du tournage : Kay Lenz (Sarah, 20), Ninette Bravo (Diane, 22), Laurette Spang (Kim, 22) et Darleen Carr, Jeannie, a 23 ans.

Retour à l'index


8. PAS D'INSIGNE POUR BENJY
(NO BADGE FOR BENJY)

Alors que Stone tente de résoudre un meurtre, Keller se rend au chevet d'un indic blessé par balles.

Deux enquêtes sans lien pour un épisode pas captivant du tout. La première histoire est en filigrane car presque tout se passe au commissariat (comme dans les séries actuelles) tandis que la seconde est banale et incohérente. Comment peut-on laisser un blessé à l'hôpital sans surveillance après une tentative d'assassinat ?

L'informateur a trouvé une piste et il a été assassiné avant d'avoir pu joindre la police. Sa fille essaie de le venger à sa façon. Les seconds rôles ne sont pas non plus convaincants. Beaucoup de bavardages, peu de suspense…et la meilleure partie est l’épilogue! Il reste, dans ces cas-là, l'excellente musique et les somptueuses vues de la ville toujours présentes dans cette série.

o Metteur en scène : Seymour Robbie ; scénariste : George Bellak.

o Guest Stars : William Watson, Judyann Elder, Mark Miller.

o Cet épisode a été diffusé le 1er novembre 1973 sur ABC. 

o Argentina Brunetti (1907-2005) fait une brève apparition au début de l'épisode (elle sort ses poubelles). Elle a fait un site à son nom racontant les histoires passées d'Hollywood peu avant son décès. Son fils le continue. Elle a joué dans l'épisode des Incorruptibles, Le roi de l'artichaut.

o William Watson (1938-1997) reprendra son rôle du flic Dedini dans l'épisode Coup monté.

o Anthony James (1942) a une trop courte apparition dans le rôle de Hayes. Il est connu pour ses rôles dans Dans la chaleur de la nuit, L’homme des hautes plaines et son dernier rôle est dans le classique Impitoyable de et avec Eastwood. Son physique est reconnaissable dans de nombreuses séries sur quatre décennies. Il expose dorénavant ses toiles à New York, Boston et Miami.

o Eddie Firestone (1920-2007) est un des clochards du refuge dans La légion des épaves. Comme Watson, il reprend son rôle de l’informateur Cappy dans Coup monté

o Lieux de tournage : Broadway & Columbus (première scène), San Francisco General Hospital.

Retour à l'index


9. L'OR MORTEL
(THE TWENTY-FOUR KARAT PLAGUE)

Quatre malfrats s'emparent d'un fourgon blindé contenant de l'or sans connaitre l’extrême dangerosité du chargement. Lorsqu’ils l’apprennent, le membre de la bande chargé de la refonte en pièces n’est pas informé et se retrouve sacrifié.

Après le décès du chauffeur du camion, nos deux flics se lancent dans une course contre la montre car les voleurs ne sont pas initialement conscients du transport mortel qu'ils ont dérobé. Une enquête minimale pour un épisode moyen qui met surtout l'accent sur les dissensions dans la bande des quatre.

Anthony Zerbe, irradié et condamné, et, surtout, Vic Morrow, en criminel froid et calculateur, sont d'excellents seconds rôles. La scène forte est leur rencontre sur le parking où Eddie, mourant, confronte son ‘ami’ à la réalité. Les investigations n'avancent pas car le portrait-robot ne ressemble à rien et il faut un coup de téléphone pour débloquer l'affaire qui se conclut par une poursuite à travers Chinatown. Ne ratez pas l’étrange scène des cigarettes dans le bureau.

o Metteur en scène: Don Medford; scénaristes: Robert Malcolm Young, Robert Sherman; musique: John Elizalde.

o Guest Stars: Vic Morrow, Herb Edelman, Anthony Zerbe (Special Guest Star).

o L’épisode a été diffusé le 8 novembre 1973 sur ABC.

o Lieux de tournage: San Francisco State University (début), Lombard Street (première scène Stone/Keller), Marina (le fourgon évite de justesse la voiture des deux policiers), Russian Hill (habitations des malfrats), Union Square (le fleuriste où travaille Eddie), Grant Avenue à Chinatown (final).

o Vic Morrow (1929-1982) a joué dans de nombreuses séries dans les années 60 et 70. Il eut une fin tragique sur le tournage de Twilight Zone. Un hélicoptère s'abattit sur lui, le décapitant ainsi que deux enfants jouant la scène. Quelques instants plus tôt, il regrettait de ne pas avoir fait appel à une doublure pour cette scène.

o Anthony Zerbe (1936) a souvent joué des rôles de méchants dans toutes les séries américaines populaires des années 60 et 70 dont cinq participations à Mission : Impossible et quatre à Mannix.

o Royce D. Applegate (1939-2003), Joe, le plus jeune des deux conducteurs du camion, a joué dans quatre épisodes de la série.  Il est l’armurier qui accepte, contre une forte somme d’argent, de vendre une arme au père de l’enfant assassiné dans L’albatros.

Retour à l'index


10. INFORMATION MORTELLE
(SHIELD OF HONOR)

Un témoin capital dans l'enquête sur un ponte du proxénétisme est abattu dans les bâtiments de la police. Le tueur a bénéficié de renseignements de l'intérieur. Deux policiers sont suspectés mais Stone et Keller ne sont pas du même avis.

Après une entame mouvementée dans les locaux mêmes de la police, l'action fait place à l'enquête pour retrouver le tueur blessé et à quelques fausses pistes afin de piéger l'informateur interne car peu de personnes connaissaient l'existence du témoin. Stone : 'There is only one answer, Buddy Boy. Someone in the department.' Quatre officiers sont suspectés de 'fuite' mais un flic expérimenté et une femme policière se retrouvent en première ligne. Stone et Keller font équipe avec des partenaires divers pour débusquer le coupable. Stone 'défend' Bondini, son alter ego, tandis que Keller ne peut imaginer Drea McCormick, la jeune recrue avec laquelle il a fait l'école de police, responsable d'un tel acte.

Une excellente prestation de Mariette Hartley en femme flic dupée par son beau-frère (très bonne séquence entre les deux). Endurcie par une enfance difficile, dépeinte dans la scène avec sa sœur, elle ne croit pas Nita Vaughn, la maitresse du témoin assassiné, lors de la visite avec Keller, et elle a un échange intéressant avec l’inspecteur au sujet des différences hommes/femmes pour l'avancement de carrière dans la police. Aveuglé par son ancienne relation avec Drea, Keller ne veut pas voir la vérité, comme souvent quand il y a un jupon dans les environs. Finalement, la clairvoyance de l'expérimenté lieutenant Stone triomphera grâce à un subtil piège téléphonique. C’est le genre d’épisodes qui me fait préférer le personnage de Mike Stone, dont le professionnalisme est démontré dans le contre-rapport avec les deux inspecteurs impliqués dans la fusillade …

o Metteur en scène : Eric Till; scénariste : Dorothy C. Fontana ; musique : Richard Markowitz.

o Guest Stars : Mariette Hartley, Robert Foxworth, Peter Mark Richman (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 15 novembre 1973 sur ABC. 

o Steve Keller et Drea McCormick sont sortis ensemble de l'école de police trois ans auparavant. Keller l'a même invitée, à l'époque, dans un lieu appelé... Conspiracy. On apprend que McCormick était très bonne au tir et qu'elle a terminé dans les dix premiers. Par contre, Stone demande à Keller son classement et celui-ci s'en tire par une pirouette.

o Mariette Hartley (1940) a débuté sa carrière en 1962 et elle est familière pour les amateurs de séries US. Vue dans Le virginien, Peyton Place, Cimarron, Bonanza, Mannix, Le sixième sens, Gunsmoke, Section contre-enquête, Columbo, Cold Case, Law and Order. Elle a participé à un autre épisode de la série.

o Peter Mark Richman (1927), le lieutenant Vince Bondini, a joué dans plus de 500 productions télévisées.

o Robert Foxworth (1941), le beau-frère manipulateur, est un des trois malfrats (avec une moustache) dans l’épisode de la première saison Au milieu des étrangers.

o Lieux de tournage : Bay Bridge (séquence d’ouverture), the Watergate Condominium à Emeryville (l'appartement de Nita Vaughn), Visitation Valley (découverte de la voiture abandonnée), the Carillon Towers (l’appartement d’Andrea).

o Le parking du SFPD, vu au début de l'épisode, a servi pour quelques scènes du deuxième volet des aventures de l'inspecteur Harry, Magnum Force. Dans l'épilogue, Keller montre le mémorial dédié à tous les policiers tués en service. Il se trouve dans le Hall of Justice de San Francisco et il constitue la première image du film Dirty Harry (‘It's too bad she wasn't thinking about them’).

o Quinn Martin voulait une femme pour développer l’histoire d’une officière de police, ce qui n’était pas courant à l’époque. Ainsi, D.C. Fontana écrivit Shield of Honor, dont Mariette Hartley sera l’interprète. Certains dialogues concernant Stone et Keller furent remaniés, ce qui se passe souvent avec les nouveaux scénaristes sur une série. La base était là et Fontana la développa en interviewant des femmes policières de Los Angeles. A l’époque, les femmes de la police n’étaient pas dans la rue ou dans une voiture de patrouille. Le scénario de Fontana fut accepté et transformé en script. Quinn Martin insista que le nom entier de D.C. Fontana (Dorothy C. Fontana) figure au générique afin de montrer que la production engageait des femmes. L’épisode fut un succès et la scénariste fut demandée pour deux autres histoires de la troisième saison (The Streets of San Francisco : a Quinn Martin TV Series, James Rosin).

Retour à l'index


11. LES VICTIMES
(THE VICTIMS)

Trois prisonniers s'échappent lors de travaux forcés et sèment la mort sur leur passage. Keller, en conflit avec sa petite amie du moment, n'est pas au diapason de l'enquête menée essentiellement par Stone.

Une des plus violentes histoires jusqu'à présent. Henry Silva personnifie parfaitement cet assassin impitoyable qui supprime tous les gens que le trio croise. Années 70 obligent : les scènes dures sont simplement suggérées (l'étranglement du vendeur avec une cravate, le massacre du couple de retraités qui avait pris le trio en autostop, le viol de la mère de famille). Le personnage de Connie, petite amie de Keller et journaliste culinaire (!), caricature une partie de l'opinion publique pour laquelle toute personne, quels que soient ses actes, reste un être humain et la société, qui les a enfermés, est responsable de ce déchainement de violence. Le ridicule est poussé à son paroxysme et s’apparente au droit-de-l’hommisme actuel. En opposition, bien entendu, avec la femme du garde à l'hôpital : 'I want you to kill them.'

Finalement, Mike Stone ouvre les yeux de l'oie blanche naïve et exaspérante, qui défend les droits des criminels, sur le métier de policier et le lieutenant agit, de ce fait, un peu comme Harry Callahan ! Le titre de l'épisode met d'ailleurs l'accent sur ce point, privilégiant les victimes aux assassins. Ces derniers ne sont pas ménagés par le scénario ; le témoin récalcitrant est comparé à une victime et un des évadés se fait lyncher dans une station-service. Le final au zoo est un peu décevant, en particulier la fastidieuse mise en place des voitures de police autour de la cabane. Bien que Keller retrouve Connie qui l’attend devant sa porte dans l’épilogue, le personnage, cruche à claquer, ne réapparaitra pas, fort heureusement.

o Metteur en scène : George McCowan; scénariste : Jerome Coopersmith.

o Guest Stars : Henry Silva, Jo Ann Harris.

o Cet épisode a été diffusé le 29 novembre 1973 sur ABC.  

o Lieux de tournage : Marin Headlands (évasion des trois truands), Conzelman Road (belle vue sur le pont Golden Gate), Clement Street (le magasin de vêtements, toujours présent en 2015), San Francisco Zoo, General Hospital. Le Golden Gate (début) et Alcatraz (épilogue) sont en arrière-plan.

o Henry Silva (1928) a souvent joué des rôles de maniaque et de sadique aussi bien aux États-Unis qu'en Europe.

o Jo Ann Harris (1949), la petite amie de Keller, sera une des vedettes de la série Section contre-enquête (Most Wanted) avec Robert Stack en 1976. Elle est également l'auto-stoppeuse aguicheuse de l'épisode Mésaventures de la saison 1.

o Lou Frizzell (1920-1979), le témoin récalcitrant, est le réceptionniste de l’hôtel où la victime a séjourné dans le pilote. L’acteur reviendra dans deux autres épisodes.

o Valentin de Vargas (1935-2013), Ben Vargas, le moins fou des évadés, est le tenancier du bar dans Le couloir des miroirs.

o Dan Ferrone (1937-1999), Doug Thompson, est le témoin du meurtre, interrogé par Keller, dans Liberté conditionnelle. Il reviendra dans la dernière saison. 

Retour à l'index


12. LES FUGITIFS
(THE RUNAWAYS)

Trois enfants sont livrés à eux-mêmes depuis le décès de leur père. Pour soigner sa petite sœur malade, l'aîné cambriole une pharmacie et tue accidentellement le propriétaire.

Cet épisode est un drame de la société et non une enquête policière. D'ailleurs, Stone et Keller retrouvent le squat où vivent les enfants très rapidement grâce à un témoin. L'histoire souligne les incohérences du système judiciaire et les tragédies auxquelles sont confrontés des orphelins après leur placement. On note quelques longueurs, Keller et l'intrigante serveuse du café par exemple (voir les informations complémentaires), et une certaine maladresse dans le scénario : le grand frère prend une juge, amie de Stone, en otage dans l'espoir de l'échanger contre sa petite sœur, malade et à l'hôpital.

La meilleure scène est justement entre Stone et cette petite fille qui déjoue les questions du lieutenant concernant son grand frère : 'You don't look like a doctor.' Il y a une seule véritable scène d'action lorsque Keller localise d'un hélicoptère la planque des deux frères. Finalement, le début et la fin de l’épisode sont les meilleures parties car les tirades compatissantes de la juge deviennent lassantes à la longue...

o Metteur en scène : Seymour Robbie; scénariste : Robert Malcolm Young.

o Guest Stars: Jeanette Nolan, Barry Livingston.

o L’épisode a été diffusé le 6 décembre 1973 sur ABC.

o Lieux de tournage : North Beach à l’angle de Stockton et Filbert (la pharmacie), the Southern Windmill of Golden Gate Park (la planque des jeunes et théâtre de la séquence finale), le dépôt de chemin de fer Southern Pacific, démoli deux ans plus tard (poursuite Jack/ Mike).

o Jeanette Nolan (1911-1998), la juge Millie Cox, a joué dans plus de 300 séries télévisées. Elle fut nominée quatre fois aux Emmy. Elle a un rôle récurrent dans Le virginien.

o Claire Brennen (1934-1977), Susie, la ravissante serveuse interrogée par Keller, est la femme témoin qui consulte les trognes des suspects en draguant Keller sous l’œil amusé de Stone dans L’albatros. Elle participa à trois autres épisodes de la série (dont le dernier) et, malheureusement, décéda d’un cancer la même année à l’âge de 43 ans.

o Kent Smith (1907-1985) est Edgar Scoville, un ami de David Vincent, dans treize épisodes des Envahisseurs.

Retour à l'index


13. LE TROISIÈME ÂGE SE REBIFFE
(WINTERKILL)

Désireux de financer la coûteuse opération de la cataracte d'un de ses amis, un retraité fait chanter une vieille connaissance millionnaire en déposant dans ses bâtiments d'entreprise quatre bombes qui doivent exploser toutes les deux heures.

Cet épisode est une critique acerbe du système d'assurance maladie aux États-Unis, particulièrement pour les personnes âgées. Comme la précédente, cette aventure est plus 'sociale' que policière, mais elle présente des attraits absents des Fugitifs. Bien que sommaire, une enquête est effectuée (l'homme au fauteuil roulant) et l'humour embellit l'épisode. Ainsi, Stone doit payer les hot-dogs froids ('One fifteen for two cold hot-dogs !) - il ne donne pas de pourboire (jeu de mots en VO car tip signifie également 'tuyau') - et la résidente de la maison de retraite profite de ce que Keller fouille la chambre à la recherche d'indices pour la visiter, au cas où elle serait prochainement libre !

La descente de la bombe en ascenseur laisse planer un peu de suspense. Tel Robin des Bois (Jesse James est mentionné dans l'épisode), Wade Tillman, interprété par Paul Fix, symbolisait déjà dans les années 70 les laissés-pour-compte de la société US. Le vieil homme est victime d’une crise cardiaque lorsque son fils et Stone le poursuivent au cimetière, mais la fin est moralisatrice et l'obtus millionnaire devient humain. Une histoire qui a dû faire réfléchir un grand nombre de personnes âgées. Pas un des meilleurs épisodes mais plaisant à suivre.

o Metteur en scène : Seymour Robbie ;  scénariste : Jack B. Sowards.

o Guest Stars : Paul Fix, Denver Pyle, Linden Chiles, Ruth McDevitt.

o Cet épisode a été diffusé le 13 décembre 1973 sur ABC.

o Lieux de tournage : Tillman marche à Filbert Street longeant Washington Square (première scène), l’angle de Filbert et Columbus Avenue (station-essence), Pacific Heights (maison de retraite), hôtel Hyatt Regency, Beale Street (bureaux d’Armstrong).

o Paul Fix (1901-1983) est apparu dans plus de 300 films. Ami de John Wayne, il est surtout connu pour son rôle de shérif dans la série L'homme à la carabine avec Chuck Connors.

o Denver Pyle (1920-1997) était, comme Paul Fix, un grand ami de John Wayne et il joua dans beaucoup de ses films : Les cavaliers, Alamo, L'homme qui tua Liberty Valance, Les cordes de la potence. Un de ses plus grands rôles est, néanmoins, celui du shérif dans Bonnie and Clyde.

o Mike Stone fait référence à son grand-père pour expliquer les duretés de la vie.

o Stone et Keller jouent aux échecs dans le bureau pour passer le temps et Stone se remémore : 'One buck fifteen for two cold hot-dogs !'. 

o La ‘notion’ était primordiale dans l’élaboration d’un épisode. Elle se constituait d’une ou deux pages avec le début, le milieu et la fin de l’histoire. Quinn Martin l’approuvait et un scénariste était alors désigné pour la rédaction. Ce scénario était retravaillé avant le tournage pour être en accord avec les personnages de la série. Il y a des exemples de ‘notions’ dans le livre: The Hard Breed, Winterkill, Mask of Death (The Streets of San Francisco: a Quinn Martin TV Series, James Rosin).

Retour à l'index


14. LA VIE EST UNE JUNGLE
(MOST FEARED IN THE JUNGLE)

Une jeune femme célibataire, qui vient d'accoucher, est persuadée que son bébé, déclaré mort-né, est vivant. 

On ne quitte pas le 'social' pour la troisième fois consécutive dans un épisode légèrement meilleur que les deux précédents ; de très bons passages côtoient d’autres assez maladroits. Mais quelle poisse pour Barbara qui tue accidentellement la directrice du foyer (comme le pharmacien des Fugitifs) et blesse un docteur et un policier avec son arme. Cela fait beaucoup ! Cependant, Kitty Winn est convaincante en mère désespérée, déterminée, au passé psychiatrique, qui remonte la filière pour retrouver son bébé. Elle a un fort temps de présence comparé au détective véreux, interprété par Fabiani, qui doit se contenter de deux scènes majeures dont la meilleure de l'épisode, la poursuite spectaculaire sur les toits

L'histoire pose les problèmes de l'avortement et de l'adoption dans les années 70 ; Barbara retrouvera son bébé mais il sera placé le temps de son internement. Le dénouement est fastidieux, avec le baratin de Keller pour désarmer Barbara, même si la dernière image de l'épilogue a une forte charge émotionnelle. Cet épisode sur le thème de l’adoption est beaucoup plus convaincant qu’Une adoption illégale de la première saison.

o Metteur en scène : Robert Day ; scénariste : Jerome Coopersmith ; musique : John Elizalde.

o Guest Stars: Kitty Winn, Nan Martin, Joel Fabiani, John McLiam, Patricia Smith.

o Cet épisode a été diffusé le 20 décembre 1973 sur ABC.

o Kitty Winn (1943) est connue pour Panique à Needle Park (où elle fut récompensée à Cannes) et le rôle de Sharon Spencer dans L'exorciste (I et II). Elle ne tourne pratiquement plus depuis son mariage en 1978.

o Joel Fabiani (1936), le détective véreux, est surtout connu pour son rôle de Stuart Sullivan dans la série Département S.

o Lieux de tournage : Page Street (le bâtiment ‘New Choice House’), Tiburon (la villa de Hyland père), Université de San Francisco, Mama’s on Washington Square, American cuisine, qui existe toujours (première scène des policiers, qui fréquentaient déjà cet endroit dans Une collection d’aigles).

o Le nouveau-né est 'vrai' (image d'archives) contrairement à de nombreuses productions qui filment un bébé de quelques jours dans ce genre de situation.

o On apprend que Keller a rompu avec Connie, sa petite amie de l'épisode 11, Les victimes. Autant de temps pour se rendre compte qu'elle n'était pas compatible avec le métier de 'cop'….

o Référence à Sherlock Holmes lorsque Keller découvre qu'une page du répertoire à la lettre H a été arrachée. Stone : 'That is great, Sherlock !'.

o Stone devient de plus en plus 'gâteux' lorsqu'il évoque sa fille, Jeannie, vue dans plusieurs épisodes, 'capable de pleurnicher et d'utiliser deux paquets de kleenex' pour un film triste au cinéma !

Retour à l'index


15. COUP MONTÉ
(COMMITMENT)

Stone est victime d'un coup monté et soupçonné d'avoir descendu un collègue infiltré dans le milieu de la drogue. Keller et le 'department' doivent faire la lumière sur une affaire qui remonte à une douzaine d'années et dans laquelle un policier est impliqué. Pour cela, un témoin doit être retrouvé avant les tueurs.

Ce très bon épisode, aux multiples rebondissements, est servi par d'excellents seconds rôles connus, pour la plupart, des habitués des séries. L'intégrité de Stone est mise en doute par Decker, un nouvel inspecteur fraîchement débarqué, tandis que les indices s'accumulent contre le lieutenant. Tombé dans le piège d'un rendez-vous, son arme a tué un collègue – interprété par Johnny Weissmuller Jr aux faux airs de Serpicoet même sa fille contribuera, involontairement, à sa mise à pied. On apprendra finalement que le flic abattu a été 'vendu' par une junkie, amie d'enfance ! Le sérieux de l'histoire n'empêche pas l'humour. Keller est étonné de recevoir un appel à la salle de boxe : 'Why me, not you ?'. Stone : 'Because I probably don't know the lady !' [Parce que je ne connais probablement pas la dame !] et la ravissante Jeannie connaît bien son père et la signification de : ‘Fine. Just fine !’

On voit à peine le ponte du syndicat mais les tueurs et même le flic corrompu compensent largement par leur mine patibulaire. What cop ? [Quel flic ?]. On peut le deviner avec l'indice de Cappy, la localisation de la femme du témoin Baxter, qui traîne sur le bureau de Keller. C'est surprenant car le policier ripou avait déjà participé à une enquête de cette saison ! Les nombreux personnages et les diverses pistes, engendrées par la recherche du témoin, le flic véreux et l'implication de Stone dans un meurtre, font de cet épisode mouvementé (trois séquences d’action) un excellent divertissement, même si le script laisse parfois perplexe (Stone se rend seul au rendez-vous alors que c’est manifestement un piège et la théorie farfelue de Decker sur les évènements qui accusent le lieutenant). 

o Metteur en scène : Richard Donner ; scénariste : John D. F. Black.

o Guest Stars: Geoffrey Deuel, Darleen Carr, Tyne Daly, William Smith, William Watson (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 3 janvier 1974 sur ABC.

o Lieux de tournage : Ferry Plaza (début), Potrero Hill (la maison de Mike Stone), Powell Street (Keller parle à Cappy) et le port de San Francisco.

o Dans un passage émotionnel (sur une belle musique), Mike Stone évoque pour la première fois sa femme décédée et l'hypothèque qui lui a permis de garder la maison ; grâce à la police d'assurance de sa femme et non ses économies comme Jeannie le croyait.

o Geoffrey Deuel (1943) fait une apparition remarquée en inspecteur Glenn Decker. La physionomie de l'épisode laisse penser que le personnage reviendrait. Il n'en fut rien. Deuel est le fils qui a la même maitresse que son père, sans le savoir, dans l’épisode Dernière heure.

o Troisième des douze apparitions de Darleen Carr dans le rôle de Jeannie Stone, la fille du lieutenant.

o Tyne Daly (1946) est l'inspecteur Kate Moore du troisième volet des aventures de Dirty Harry, L'inspecteur ne renonce jamais (1976). Elle est aussi Lacey dans la série Cagney & Lacey. Elle fait ici une apparition de moins de trois minutes dans le rôle de la femme du policier abattu...et elle compare son mari tué à Dirty Harry !

o William Smith (1933, le tueur Mickey Sims, est célèbre pour le rôle de Falconetti dans Le riche et le pauvre. Son physique lui a fait pratiquement toujours jouer des rôles de méchants. Il excelle dans les sports de combat et il parle cinq langues.

o William Watson (1938-1997) était déjà le flic Dedini, que connait Stone depuis onze ans, dans l'épisode Pas d'insigne pour Benjy.

o Eddie Firestone (1920-2007) est un des clochards du refuge dans La légion des épaves. Comme Watson, il reprend son rôle de l’informateur Cappy tenu dans l'épisode Pas d’insigne pour Benjy.

o William Smith, le tueur, venait de liquider un témoin sur les toits, mais l’acteur, sujet aux vertiges, ne put descendre l’escalier de secours, poursuivi par Michael Douglas, pour rejoindre la voiture où un complice était supposé l’attendre. Aucune doublure n’était prévue et Michael Preece (le script supervisor) dut enfiler les vêtements de Smith, beaucoup trop grands, pour tourner la scène en catastrophe. Une couturière plaça des épingles sur les manches pour les raccourcir car Preece devait pouvoir agripper la rampe dans sa course dans les escaliers. Richard Donner, le réalisateur, filma de loin et personne ne se rendit compte de rien (The Streets of San Francisco : a Quinn Martin TV Series, James Rosin).

o Malden monte les escaliers qui mènent à sa maison deux par deux et il conduit assez vite dans les plans rapprochés lors de la poursuite. 

Retour à l'index


16. LA CHAPELLE DES DAMNÉS
(CHAPEL OF THE DAMNED)

En rentrant chez elle, une jeune fille est kidnappée, et un vendeur de journaux mortellement renversé. Stone et Keller orientent leur enquête vers le petit ami, récemment sorti de prison, mais ils sont surtout très intrigués par le comportement d'une voyante, relation et conseillère de la mère de la jeune fille.

Un banal enlèvement va devenir une affaire complexe par la présence d'une voyante, amie proche de la famille. On reste circonspect sur les facultés de cette femme à fournir des indices qui s'avèrent exacts tout au long de l'enquête. Le suspense est ainsi maintenu jusqu'au dénouement où le piège de la mallette est néanmoins un peu 'léger' ('You never should've looked'). Les deux policiers ne sont pas dupes et privilégient, bien entendu, une solution rationnelle. D'ailleurs, les commentaires de Keller sur la voyante exaspérante et ses dons sont des plus cocasses et constituent un attrait de l'aventure. En fait, un excellent moyen de 'contrôler' les investigations tout en éliminant des complices devenus gênants !

Sinon, l'épisode est bien filmé (les jeux de miroirs lors de la fouille de la chambre d’hôtel) et ménage des effets de surprise (l'enlèvement de la fille dans le parking, le suspect dans le cube de glace, le complice abattu d'un coup de fusil). Les meilleures scènes sont l’interrogatoire musclé (et agencé) de Stone sur Dillon (‘I don’t need a cup of coffee’) et la séquence tournée à l'aéroport où, une fois n'est pas coutume, les policiers se font berner lors de la remise de la rançon (admirez Keller avec ses lunettes de soleil !). Une mère riche crédule, un repris de justice suspecté et une voyante pénible sont les principaux protagonistes de cette enquête, qui sera résolue en partie grâce à la reconstitution d’un verre de contact ! Seulement deux, car les histoires de voyantes me barbent… et le ciel gris et la pluie ne sont pas non plus habituels à la série…

o Metteur en scène : George McCowan; scénariste : Robert Schlitt.

o Guest Stars: Signe Hasso, Diana Douglas, Stephen Oliver.

o Cet épisode a été diffusé le 17 janvier 1974 sur ABC.

o Signe Hasso (1910-2002), la voyante, est née à Stockholm et elle était une actrice de renom.

o Diana Douglas (1923-2015), la mère naïve de la jeune fille kidnappée, n'est autre que la mère de Michael Douglas. Il y a très peu d'échanges et de plans avec la mère et le fils pendant l'épisode.

o Stephen Oliver (1941-2008), Mark Dillon, le petit ami vers lequel les soupçons se portent, est l’assassin (sans moustache) de Jo Ann Harris dans Mésaventures de la première saison.

o Lieux de tournage: 2000 Broadway Street (l’appartement), Hôtel Atlanta (la chambre du suspect, démoli depuis), l'aéroport de San Francisco, John McLaren Park (le complice abattu au fusil).

o The Chapel of the Mind (mot à mot : "la chapelle de l'esprit") est le nom de la petite secte de la voyante.

o Comment le garde de l’immeuble peut-il savoir que la voiture était marron vu que les écrans de contrôle sont en noir et blanc ?

Retour à l'index


17. SANS ISSUE
(BLOCKADE)

Une jeune serveuse a été violée et assassinée. La ruse qui a provoqué la panne de sa voiture met indirectement Stone et Keller sur la piste du tueur. Ce dernier, aux abois, se rend chez son complice crédule et prend toutes les personnes présentes en otage.

Cet épisode, conçu comme un film noir, déçoit sur quelques scènes mais on reconnaît néanmoins la patte du réalisateur, Virgil W. Vogel, synonyme d'histoires glauques teintées de violence suggérée. À partir d'un indice minime mais singulier, l'enquête est rondement menée et se termine par une prise d’otages haletante dans la seconde partie, presque en huis clos. Stone fait boucler le quartier et doit faire preuve d’ingéniosité afin d’isoler tant que possible le tueur. La présence de la fille d’un juge et la radio déblatérant des actualités concernant principalement le Royaume-Uni (!) sont les raisons de certaines longueurs (même si la radio est supposée avoir de l’importance dans le dénouement).

Cependant, le déroulé de l’histoire et les seconds rôles sont impeccables : Don Stroud est le parfait salopard psychopathe qui a le viol dans le sang, Ida Lupino se montre très convaincante en mère dépassée par les évènements, et Charlie Martin Smith est un rejeton délaissé et influençable particulièrement crédible. La jolie serveuse agressée dans la scène initiale est jouée par Cheryl Ladd (encore Stoppelmoor à l'époque) qui deviendra une drôle de dame quelques années plus tard. À noter la touche d'humour lors de l'épilogue ; Stone fait remarquer à Keller que la balle, qui l'a blessé superficiellement, a bousillé une de ses vestes bizarres : 'It ruined one of your fancy jackets!’. Pour finir, Keller est contrarié d’avoir dû abattre le tueur violeur catalogué d’animal, exactement comme à l’issue de Victime du devoir. C’est le côté ‘gauchisant’ de la série, car on ne retrouve pas de tel cas de conscience dans Kojak par exemple.

o Metteur en scène : Virgil W. Vogel; scénaristes : James Menzies, Jack Morton.

o Guest Stars: Ida Lupino, Don Stroud, Charlie Martin Smith, Patty McCormack.

o Cet épisode a été diffusé le 24 janvier 1974 sur ABC. 

o Cheryl Ladd (1951) est la fille de l'acteur Alan Ladd. Elle avait une dizaine de petits rôles à son actif avant de tourner dans cet épisode. Elle devint célèbre grâce au rôle de Kris Munroe dans 90 épisodes des Drôles de dames (1977-1981). Elle fut aussi Grace Kelly dans un téléfilm du même nom.

o Ida Lupino (1918-1995) eut de grands rôles dès les années 40 comme dans La grande évasion avec Humphrey Bogart en 1941. Elle se tourna ensuite vers la réalisation puis la télévision où elle mit en scène des épisodes des Incorruptibles et du Fugitif.

o Don Stroud (1943) était un des meilleurs surfeurs au monde. Il joua souvent, comme dans cet épisode, des rôles de salopard à l'écran. Il est le criminel Ringerman poursuivi par Coogan/Eastwood dans Un shérif à New York. Également vu dans Police sur la ville avec Richard Widmark et dans de nombreuses séries policières. Dans la vie, c'est différent : après le crash d'un petit avion, il sauva la vie d'un pilote et il perdit l'usage d'un œil en secourant un homme agressé à Greenwich Village au début des années 90.

o Don Stroud a déclaré qu'il avait vraiment apprécié de tourner avec Ida Lupino et Patty Mc Cormack, des actrices accomplies.

o Lieux de tournage : The Cliff House (ce restaurant, réputé pour son superbe panorama, existe toujours), Stow Lake à Golden Gate Park (la découverte du corps), the Great Highway le long de Ocean Beach (la découverte de la voiture et des papiers de la victime),  Potrero Hill à Wisconsin Street (la maison des Jamison), Fisherman's Wharf (Stone rencontre le père de la victime), et la prison de San Quentin.

o Mike Stone évoque sa fille, vue dans plusieurs épisodes, au père de la jeune serveuse assassinée.

o On aperçoit nettement la doublure de Don Stroud lors de la poursuite à moto.

o Stone fait référence à une enquête menée par Devitt, un policier interprété par Tim O’Connor, qui n’est pas présent dans l’épisode. 

Retour à l'index


18. PRÉMÉDITATION
(CROSSFIRE)

Un tireur sème la panique sur un campus universitaire. Stone et Keller parviennent à trouver un lien entre les deux victimes : un professeur tué et une étudiante blessée.

Une enquête palpitante et mouvementée malgré une histoire banale : une femme engage un tueur pour éliminer son mari volage et sa rivale. Les cinq premières minutes sont de l'action pure sur une musique toujours excellente. Le tout premier plan sur l'église puis le tireur d'élite et, finalement, les douilles retrouvées sur le toit font penser inévitablement à la séquence d'ouverture de Dirty Harry. La tension monte par de nombreux rebondissements : le coup de téléphone inquisiteur de Keller qui confond Peggy, l'arme militaire qui incrimine le soldat, fiancé de la jeune femme, et finalement la veuve qui reçoit un appel du tueur. Ce n’est pas l’œuvre d’un fou et le rusé Stone aura du mal à convaincre son fougueux inspecteur que deux et deux font quatre. 

D'excellents seconds rôles servent l'histoire : Pamela Franklin est Peggy, l'étudiante énigmatique, Celeste Holm, la femme bafouée et déterminée (belle prestation dans la scène explicative) et Nick Nolte, convaincant dans le rôle très bref d'un prisonnier récemment libéré du Vietnam.

L'épisode fait la part belle aux échanges caustiques entre les deux policiers. Ainsi, Keller mentionne le best-seller du professeur abattu intitulé Sex et Stone, pas convaincu par le côté psychologique de l'œuvre, préfère attendre l'adaptation au cinéma : 'I think I'll wait for the movie !'. Dans la même séquence, Keller est agréablement surpris que Stone lui laisse le choix entre rendre visite à la veuve ou à la jeune étudiante. Au retour de San Diego, Stone trouve Keller en compagnie de deux hôtesses ce qui lui fait dire qu'il voyage toujours en première classe quel que soit le billet. En route pour l'aéroport, Keller demande à Stone qui lui ordonne d'accélérer : 'You're going to pay for my ticket ?'. Le lieutenant, surpris par les mœurs 'modernes' de l'étudiante, sera plus vif à confondre la veuve qui symbolise le côté jaloux du triangle dans de telles histoires. Il justifie ainsi sa maxime envers son jeune collègue : 'I've got the time, you've got the energy'. [J'ai le temps et toi, l'énergie]. Pour finir, il convient de ne pas oublier la superbe séquence de la pizza… sans anchois. Stone : 'What, no anchovies ?'

o Metteur en scène : William Hale ; scénariste : Jerry McNeely.

o Guest Stars: Pamela Franklin, Celeste Holm (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 31 janvier 1974 sur ABC. 

o Pamela Franklin (1950), actrice britannique née au Japon, fit ses débuts à l'âge de onze ans. Cette jolie brunette est apparue dans de nombreuses séries policières américaines et dans quelques films dont La nuit du lendemain. Elle a cessé sa carrière au début des années 80 et vit maintenant à Hollywood. Elle a joué dans de nombreuses séries des années 70 dont Angoisses, l’excellent épisode L’hystérique.

o Nick Nolte (1941) n'était pas connu au moment de cet épisode. Il n'avait qu'un épisode de Cannon à son actif et il ne figure pas dans les 'guest stars'. Il devint célèbre grâce à la série Le riche et le pauvre en 1976.

o Kate Harper, l’officière de police Powell, est Penny, la jeune femme sexy avec qui s’entretient Stone lors de la première scène des policiers dans L’or mortel.  Elle fit sa première apparition en sous-vêtements dans L’inspecteur Harry.

o Lieux de tournage : le campus fut filmé à l'université de San Francisco à Fulton Street, le quartier Pacific Heights qui, perché sur une colline, offre de beaux panoramas sur la ville (2200 Pacific Avenue, l’appartement de Peggy) et l'aéroport de San Francisco (le final).

Retour à l'index


19. LIBERTÉ SUR PAROLE
(A STRING OF PUPPETS)

Steve Keller se fait passer pour un détenu libéré sur parole afin d'infiltrer un gang de malfrats dirigé par leur contrôleur judiciaire.

Difficile de s'enthousiasmer pour cet épisode après deux excellents. Keller est moustachu, et sa garde-robe, inspirée de Serpico, sort tout droit d'un sac-poubelle. Peu de temps après son retour de vacances (en Porsche), il est infiltré dans le gang comme perceur de coffres sachant jouer de la trompette ! Une enquête peu conventionnelle avec de bons seconds rôles - Claude Akins, le contrôleur a priori irréprochable mais en fait pourri, et Lola Falana, la chanteuse, - mais le scénario comporte de nombreuses invraisemblances.

Ainsi, Miss Sterling ne découvre la clé de la consigne glissée dans sa poche qu'au troisième acte (après une demi-heure d'épisode) et elle appelle Mason avant d'avoir écouté entièrement la cassette. C'est également déconcertant de voir Hari Rhodes en truand repenti, même brièvement, alors qu'il fut laborantin du SFPD la saison précédente et qu'il sera officier de police dans la dernière ! Un peu d'humour lorsque Stone demande à Keller, encore infiltré, de quel côté il veut recevoir le coup de poing et quand le jeune inspecteur, toujours amoché, se plaint des brutalités policières de Stone dans l'épilogue !

o Metteur en scène : Richard Donner ; scénaristes : Mark Weingart & James Schmerer.

o Guest Stars : Claude Akins, Lola Falana, James J. Sloyan, Hari Rhodes (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 7 février 1974 sur ABC. 

o Claude Akins (1926-1994) est apparu dans une centaine de films et plus de 180 séries télévisées en 40 ans, principalement dans des rôles de vilains. Il débuta dans Tant qu'il y aura des hommes en 1953. Acteur sympathique, il était un grand joueur de golf.

o Lola Falana (1942) est une chanteuse qui, après des années de galère, devint l'artiste la mieux payée de Las Vegas, ce qui lui valut le surnom de 'First Lady of Las Vegas'.

o Hari Rhodes (1932-1992) a joué dans sept épisodes de la série. Il a un rôle récurrent dans Section contre-enquête (Most Wanted) avec Robert Stack. Il a joué aussi dans Daktari.

o Sam Edwards (1915-2004), le déguenillé aviné témoin du meurtre de Gates, est un des clochards dans La légion des épaves, le dernier épisode de la première saison.

o Keller n’apparaît qu’à la quinzième minute. Mike Stone effectue seul le début de l’enquête (la réception de l’appel de Gates, le témoignage du témoin du meurtre, la visite à l’appartement de Jackie Sterling, l’audition de l’assassin qui a un alibi, l’entrevue avec Mason au pied du Golden Gate Bridge et Stone fait part de ses soupçons et expose son plan à son supérieur Olsen).

o Étonnant de lire que la sortie DVD de la troisième saison est bloquée à cause des droits de chansons. Dans cet épisode, Lola Falana chante à trois reprises : I’m a Lady,  Hey Jude et Close to You. 

o Helen, la femme décédée de Mike Stone, est évoquée lorsque les raisons de la culpabilité de Mason, veuf depuis peu, sont passées en revue.

o Lorsque Stone montre sa carte de police à Miss Sterling, elle indique qu'il a l'étoile 2248 mais la plaque, juste en dessous, porte le numéro 897 ! Par contre, Donald M Scott était véritablement le chef de la police de San Francisco à l'époque.

o Lieux de tournage : the 'Yellow Brick Road', un nightclub à North Beach, 287 Union Street (l’appartement de Steve), Burnett Avenue dans le quartier Twin Peaks (l’appartement de Jackie et lieu du final).

Retour à l'index


20. LE FEU DANS LA VILLE
(INFERNO)

Quatre feux en six semaines dans des entrepôts bien assurés laissent penser que des commerçants acceptent la proposition d’un pyromane de détruire des stocks de marchandises non vendables pour toucher la prime d’assurance. Tout se complique lorsque deux pompiers trouvent la mort, dont un ami de Stone, et quand le fils d’un entrepreneur, criblé de dettes, ne peut payer l’incendiaire. 

Un épisode tout à la gloire des pompiers de la ville de San Francisco ; le début est truffé d'images d'archives et on assiste à un défilé de beaux camions rouges ! 'Some part of San Francisco is always burning.' On ne reconnaît pas le style de Virgil W. Vogel, le réalisateur le plus prolifique de la série, souvent habitué aux tueurs psychopathes. L'intrigue est banale, les seconds rôles pas inoubliables (Barry Sullivan est malheureusement sous employé) et l'action est seulement présente dans la poursuite finale en voiture mais Frisco en a vu d'autres mieux agencées. De plus, on connaît très rapidement le principal commanditaire de ces incendies criminels.

Stone vient au secours de son coéquipier, piégé dans un entrepôt de revues pornographiques en flammes ! Alors que le pyromane a péri par le feu, la dernière réplique entre les deux policiers éclaire sur leur point de vue respectif. What's that they say about poetic justice?’ Stone tend à penser que justice est faite tandis que Keller, en anti Dirty Harry pathétique, déclare : 'Not my kind of poetry.' Notons un peu d'humour lorsque Stone commande du chili pour le petit déjeuner et qu'il reçoit ses pyjamas dans un carton dans l'épilogue… sans oublier Keller qui essaye une veste de clown à la mode dans les années 70 !

o Metteur en scène : Virgil W. Vogel; scénariste : James Miller

o Guest Stars: Barry Sullivan, Glenn Corbett, John Larch, Kaz Garas, Katherine Justice (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 14 février 1974 sur ABC.

o Barry Sullivan (1912-1994) a joué dans quatre autres épisodes de la série ; dans Dernière heure (saison 1),  il joue un journaliste renommé qui tue accidentellement sa maîtresse dans un excès de jalousie.

o Kaz Garas (1940) est un habitué des rôles de salopard dans la série. Il est l'assassin d'un enfant dans L’albatros (saison 1). Il a joué dans deux autres épisodes.

o Richard Ely, attrapé à la poste restante, est Terry, un des mécaniciens du bateau qui renseigne Stone et Keller sur le rendez-vous final  dans L’image brisée.

o Lieux de tournage : les entrepôts Haslett, Carmen's Restaurant où Stone prend son petit déjeuner (démoli depuis), The Rincon Annex Post Office à Mission Street (fermé depuis), Balboa Terrace (la maison de Paul Wallick).

Retour à l'index


21. LA MAUVAISE GRAINE
(THE HARD BREED)

Lors d'un rodéo, un cowboy est piétiné à mort par un taureau. La corde a été sectionnée et Stone se retrouve avec deux suspects : la femme pour l'assurance et le frère… pour la femme qui était son ex petite amie !

Un whodunnit dans le monde un peu particulier des cow-boys et du rodéo. L'enquête est confinée dans un milieu qui a des règles violentes et singulières. Après un début poussif, l'histoire s'emballe dans les vingt dernières minutes ; il y a huit minutes fastidieuses au milieu de l'épisode où les deux policiers n'apparaissent pas. Le suspense est maintenu et les pistes brouillées assez subtilement pour aboutir sur un drame de la jalousie inattendu car, finalement, extra familial. Steve Keller aura le déclic pour résoudre l'affaire.

Les acteurs sont très bons car ils proviennent, pour la plupart, du monde des cow-boys et ils ont un grand nombre de westerns à leur actif. Un épisode marquant (je m'en souvenais 30 ans après l'avoir vu) malgré son peu d'action. Cela est sûrement dû à l'intrigue inhabituelle (un accident est maquillé en meurtre) et à la fin captivante dans l'enclos. Sinon, on oubliera les chemises aux couleurs criardes du cow-boy, pires que certaines vestes de Keller, c'est dire...

o Metteur en scène : Virgil W. Vogel; scénaristes : Jim Byrnes & Ron Bishop.

o Guest Stars: Noah Beery, Sam Elliott, Lane Bradbury, Jim Davis (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 21 février 1974 sur ABC. 

o Noah Beery Jr. (1913-1994) commença sa carrière dès 19 ans. Il tourna dans de nombreuses séries western des années 60 et 70 dont Hondo (1967). Il est surtout connu pour la série The Rockford Files (Deux cents dollars plus les frais) avec James Garner (1974-1980).

o Sam Elliott (1944) interpréta principalement des rôles de cow-boy dans des westerns (également dans cet épisode) ; son premier rôle fut dans Butch Cassidy et le kid.

o Jim Davis (1909-1981) est resté célèbre pour son rôle dans DallasIl interprète un rustre entrepreneur lié à des malversations, un rôle plus mineur qu’ici, dans L’image brisée

o Lieux de tournage : The Cow PalacePacific Heights Towers (l’appartement de Maureen, la jolie Phyllis Davis, avec vue sur Lafayette Park).

o A noter la fiche du script de la série très reconnaissable sur le pare-brise de la voiture lorsque Roy Johnson observe Ken et Rosie dans les bras l’un de l’autre.

o Les doublures de Michael Douglas et Noah Beery sont visibles dans la scène finale.

o La ‘notion’ était primordiale dans l’élaboration d’un épisode. Elle se constituait d’une ou deux pages avec le début, le milieu et la fin de l’histoire. Quinn Martin l’approuvait et un scénariste était alors désigné pour la rédaction. Ce scénario était retravaillé avant le tournage pour être en accord avec les personnages de la série. Il y a des exemples de ‘notions’ dans le livre: The Hard Breed, Winterkill, Mask of Death (The Streets of San Francisco: a Quinn Martin TV Series, James Rosin).

Retour à l'index


22. EXPÉDITION PUNITIVE
(RAMPAGE)

Quatre hommes deviennent des justiciers pour nettoyer le quartier des revendeurs de drogues. Lors d'une de leurs descentes, un indic est assassiné et un des vigilantes, ami de Keller, a été reconnu. Sa femme subit des pressions de la part des trafiquants qui attendent une livraison.

L'épisode débute par une longue scène sans parole – sur la superbe musique du dénouement du pilote - qui aboutit au saccage d'un bar louche et au meurtre d'un indic. La police soupçonne les quatre vigilantes de l'assassinat (à noter : la parité noir/blanc) et elle ne démasquera le coupable, un dealer, que dans la dernière partie. L'enquête permet une incursion dans les boîtes malfamées de Frisco mais le quartier semble néanmoins calme et résidentiel comparé aux équivalents new-yorkais. L'épisode soulève l'épineux problème des groupes de vigilantes à la mode dans les années 70 (le film Magnum Force est basé sur ce thème) et la confrontation entre Keller et son ami noir, qui ne croit pas à l'efficacité de la police, est très forte. Le côté anti Harry de Keller est nettement mis en avant lorsqu'il déclare avoir participé avec lui aux marches des Freedom Rights.

Le politiquement correct étant absent à l'époque, la mise en scène permet au spectateur de prendre parti sans restriction pour la croisade des honorables citoyens même si Keller finit par convaincre son ami que ces méthodes ne sont pas les bonnes. Stone, plus mitigé que son jeune collègue, déclare : 'I can understand... but his way isn't the answer.' Si le dilemme du quatuor de justiciers, plus naïfs que méchants - comme démontré dans l’interrogatoire de Charlie -, occupe deux tiers de l'épisode, la meilleure scène est la séquence finale constituée de la filature du port à la station de métro sur une excellente partition et de la bagarre au couteau entre Keller et le trafiquant.

o Metteur en scène : John Wilder; scénariste : Albert Ruben.

o Guest Stars : Robert Hooks, Janet MacLachlan, Joe Santos, Joe Maross, Steven Keats, Rafael Campos.

o Cet épisode a été diffusé le 28 février 1974 sur ABC.

o Joe Santos (1931-2016), le lieutenant Perez des Narcotiques, effectua quelques petits boulots avant de percer au cinéma, souvent dans des rôles de bons flics d'origine hispanique. Il est le détective Becker dans Deux cents dollars plus les frais avec James Garner.

o Steven Keats (1945-1994), ici un petit dealer, est un poseur de bombes psychopathe dans un superbe épisode de Kojak, Therapy in Dynamite, saison 1.

o Lorsque Ruben est venu avec un article du New York Times sur des vigilantes qui faisaient le ménage dans leur communauté, Wilder détecta le potentiel pour une histoire si un vigilante noir pouvait avoir à peu près le même âge que Keller et avoir fréquenté la même école. C’est devenu l’épisode Rampage, mis en scène par Wilder lui-même, dans lequel Keller s’oppose à son ami d’enfance, qui ne croit plus en la justice de son pays.

Huit pages sont dédiées à la production complète de cet épisode tourné du 26 décembre 1973 au 3 janvier 1974, avec précisions de réalisation : numéros des scènes et leur durée, brève description, tournage diurne ou nuit, participants, figurants, véhicules, doublures, accessoires… A noter aussi deux photos de tournage de l’épisode avec John Wilder à la page 89 (The Streets of San Francisco : a Quinn Martin TV Series, James Rosin). 

o Lieux de tournage : 37th Avenue (les domiciles des ‘vigilantes’),  Potrero Hill (la maison de Stone), Sutro Heights Park (Floyd reçoit les instructions du trafiquant),  Miraloma Market (le couple Joplin fait ses courses, existe toujours), Pier 41 (l’arrivée de la drogue) et dans le métro BART (San Francisco Bay Area Rapid Transit District) à la station Montgomery Street au milieu des usagers. C'est la seconde fois que le tournage de la série se déroule dans le BART. Lors du premier épisode, Trente ans de service, la poursuite finale eut également lieu dans le métro mais il était alors désert, pratiquement un an avant l'ouverture.

o On voit nettement que des passants se sont arrêtés pour assister au tournage lorsque Stone et Keller garent leur voiture et suivent le trafiquant meurtrier dans le métro.

o Il est surprenant de voir l'affiche Le cubisme (1907-1974) dans le bordel Glamour Girls !

o Il y a quelques passages qui n’échapperaient pas au politiquement correct en vigueur. Ainsi, la façon du barman de décrire un assaillant noir et de préciser : ‘They all look alike to me’, ce qui met en rage Keller qui connaît Joplin. Lors de la séquence des courses, Joe reproche à sa femme de trop dépenser et…d’acheter trop de bananes. Joe, seul avec sa fille, lui dit : ‘All those bananas. You little monkey’. Une telle scène serait inimaginable de nos jours…

Retour à l'index


23. LA MORT ET LES ÉLUS
(DEATH AND THE FAVORED FEW)

Un éditeur d’un magazine à scandales, redoutable maître chanteur, a été assassiné à son domicile. Peu de temps auparavant, la victime a été vue à une réception d’une veuve aisée et influente du milieu huppé de San Francisco. Stone et Keller enquêtent parmi les invités de cette soirée.

Un épisode moyen clôt cette seconde saison. Stone et Keller s'aventurent dans la jet-set de San Francisco où le chantage et la drogue font bon ménage. Une histoire lente mise en valeur par les seconds rôles et les nombreux échanges entre Stone et Keller. Etta Morris Randolph, interprétée magistralement par Rosemary Murphy, est l'excentrique veuve richissime, amatrice de jus de tomates et suspectée de meurtre jusqu'au bout par le lieutenant Stone. Elle interpelle le duo de policiers par : 'Come in, boys. I love policemen !'. Le majordome est l'impeccable Harold Gould, souvent vu par les amateurs de séries de l'époque. Une poursuite en voiture est l'unique scène d'action dans un épisode constitué essentiellement de dialogues.

À noter l'excellent échange en route pour la villa lorsque Keller démontre à Stone qu'ils n'ont pas les mêmes sujets d'intérêt: 'She's never been too big in the sports page'. Deux cent vingt invités à la soirée, autant de suspects, l'enquête mène directement les détectives à la riche héritière et sa fille, qui font partie des rackettés, car elles ont encore des secrets à cacher, mais la fin ne surprend pas ! L'épitaphe de Mike Stone pourrait être sa réplique à la veuve : 'I work for all the people in the city of San Francisco'. [Je travaille pour tous les gens de la ville de San Francisco.] Pour finir, la fille cachée de Clark Gable fait ici une de ses rares apparitions...

o Metteur en scène : Virgil W. Vogel ;  scénariste : Gene Coon.

o Guest Stars: Rosemary Murphy, Leslie Charleson, Greg Mullavey, Frank Marth, Harold Gould (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 14 mars 1974 sur ABC. 

o Rosemary Murphy (1925-2014) est née à Munich et a été élevée à Paris. Elle fut nominée trois fois pour le Broadway's Tony Award.

o Greg Mullavey (1939), John Reed l’ancien pilote de course, chauffeur et toxicomane, est également maitre chanteur après avoir été le témoin du meurtre dans sa longue vue dans la scène initiale de Dernière heure.

o Harold Gould (1923-2010), the ‘butler did it’, est Arthur, un vendeur de bijoux itinérant qui, avec sa femme Edna, regrette d’être venu en Californie dans l’excellent Chasse gardée de la première saison. 

o Steve Keller manque de heurter une chaise en suivant le majordome. La scène fut néanmoins conservée (9'46).

o The Favored Few est le nom du journal publié par la victime.

o Lieux de tournage : Ralston Hall Mansion à Belmont, trente-trois kilomètres au sud de San Francisco (la demeure d’Etta Morris Randolph), Lombard Street (la maison de Terence Aubrey), John McLaren Park (le rendez-vous de John Reed avec sa femme).

o Lors de l'épilogue, les deux policiers reçoivent une montre de valeur de la 'lady' Randolph et nous savons, de ce fait, les états de service exacts des deux hommes grâce à l'inscription : 'To Mike Stone, in appreciation of 23 years of faithful service.' Vingt-trois années pour Mike Stone et trois pour Steve Keller.

Retour à l'index

Crédits photo : Paramount Home Entertainment.

Images capturées par Denis Chauvet.