saison  saison

Les rues de San Francisco (1972-1977)

Saison 3


1. LA DERNIÈRE TENTATIVE
(ONE LAST SHOT)



Au cours d'une interpellation, un officier de police est tué accidentellement par son collègue ivre. Ce dernier rejette la responsabilité sur l'individu que les deux policiers tentaient d'appréhender.

Cet épisode est un drame social bien plus qu'une enquête policière comme certaines autres aventures de la seconde saison (Winterkill, Most Feared in the Jungle). Leslie Nielsen porte l'épisode sur ses épaules en étant Joe Landers, policier alcoolique, qui a abattu son coéquipier, et ami, de longue date. Il tente de 'réparer' son erreur en essayant de liquider le suspect, témoin de sa culpabilité, mais il se méprend et tire sur Keller, sans le toucher, dans une scène forte de l'épisode. Lors du final inattendu dans les locaux de la police, Landers, acculé, décide de tuer Stone, que son esprit embrumé par l'alcool tient pour responsable. Keller avait pourtant compris la situation avant son supérieur. L'atout de l'histoire est le personnage interprété par Leslie Nielsen, prodigieux en flic dépendant qui sombre dans la déchéance.

Cet épisode, au rythme lent, met l'accent sur les ravages de l'alcoolisme et le passage où Landers se saisit d'une bouteille dans son frigidaire est significatif. Il finira avec les clochards dans un drame où tous les personnages sont convaincants : Mel Shaffer, sa femme, son fils ainsi que le suspect, ancien membre rangé d'un gang, et sa femme enceinte interprétée par Susan Strasberg. Il n'y a pas de coupable mais seulement des victimes.

'It's a disease called loneliness'.

o Troisième et dernière apparition dans la série de Leslie Nielsen. Après avoir été un clochard dans Legion of the Lost (S1), un flic condamné par une maladie dans Before I Die (S2), il interprète ici l'officier Landers qui a abattu son collègue en état d'ivresse.

o Stone précise dans l'épilogue que 45 000 personnes sont frappées par l'alcoolisme dans la ville de San Francisco et 10 millions aux USA (1974).

o Landers se retrouve devant un orchestre de L'Armée du Salut. Ce mouvement religieux international fut créé en 1865 par William Booth qui disait entre autres : 'Tant qu'il y aura un alcoolique, je me battrai.'

o  Stone et Keller conduisent une Ford Galaxie 500 dans cette saison.

o Pat Williams fut nominé pour un Emmy pour la musique de cet épisode. Comme à chaque saison, la partition musicale du générique est légèrement différente de la précédente.

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2. LES ESPÈCES LES PLUS MORTELLES
(THE MOST DEADLY SPECIES)

Un parrain engage une tueuse professionnelle pour venger son fils assassiné par un rival. La femme devient la voisine de Steve Keller et elle séduit le policier afin d'obtenir les renseignements nécessaires.

Malgré quelques incohérences et un manque de scènes d'action, cet épisode fait partie des réussites de la saison. Les amateurs de séries US des années 70 reconnaîtront des têtes familières : Barry Sullivan, le mafieux, James Luisi, le tueur, et Joseph Ruskin, le croquemort. Brenda Vaccaro, en tueuse à contrats, est crédible et aux antipodes de son rôle de bleue de la première saison. On peut reprocher néanmoins que l'identité de Sydney soit révélée trop tôt ce qui empêche de partager l'effet de surprise de Keller dans le final. Les acteurs convaincants donnent un cachet aux scènes clés de l'histoire : la visite de Stone et Keller dans l'antre de Brennan, la découverte du cercueil à double fond, la rencontre Brennan/Sydney à l'église et le final dans un décor grandiose.

Le réalisateur, Virgil W. Vogel, est un habitué de la série et il est gage de qualité ; la dernière image permet de voir, pour la première fois, l'appartement de Keller du ciel ce qui souligne le désarroi du policier après cette cruelle désillusion. Par contre, le scénario a quelques 'ratés'. Ainsi, on peut trouver la ficelle un peu grosse lorsque le témoin, récalcitrant, feuillette les avis de recherche de la police et qu'il est censé marquer une faible hésitation sur une photo ce qui donne à Stone l'identité de l'assassin.

On dit que l'amour est aveugle mais Keller a une attitude désinvolte très surprenante en révélant des détails de l'enquête à Sydney dès leur premier rendez-vous, ce qui permettra à la jeune femme de retrouver le tueur et de l'exécuter. Également bizarre qu'une tueuse professionnelle laisse des traces de rouge à lèvres sur les lieux d'un crime.

Quelques imperfections qui ne gâchent pas le plaisir d'un épisode également humoristique ; la curiosité et les taquineries de Stone sont savoureuses et la scène est exquise lorsqu'il frappe à la porte de Keller et qu'il se rend compte que son coéquipier a passé la nuit chez sa voisine : 'Cosy, side by side'. Il en profite pour essuyer paternellement la trace de rouge à lèvres sur la joue de Keller et la faire analyser subrepticement…

'All women don't dream of marriage.'

o Barry Sullivan a joué dans les épisodes Deadline (S1, un journaliste assassin de sa maîtresse) et Inferno (S2). Il  sera également un otage dans l'épisode en deux parties, The Thrill Killers.

o Brenda Vaccaro est la tueuse Sydney. Elle était une jeune officier de police traquée par un tueur en série dans Act of Duty (S1). Elle était également la petite amie de Michael Douglas… ce qui a dû faciliter la scène du baiser !

o Joseph Ruskin (1924) est un habitué des séries US. Il tourna, entre autres, dans six épisodes des Incorruptibles.

o Lieux de tournage : la scène d'ouverture fut filmée à Candlestick Park pendant un match entre les Giants et les New York Mets. La scène finale fut tournée au Palace of Fine Arts, Palais des Beaux-Arts qui se trouve dans le quartier de la Marina. Il s'inspire de l'architecture classique grecque et romaine.

 o Lorsque Sydney s'approche de la limousine d'Albanese, la fenêtre est ouverte mais elle ne l'est plus au plan suivant.

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3. LA CIBLE
(TARGET: RED)

Un ancien agent de la CIA est engagé par des militaires à la retraite pour abattre un dignitaire chinois en visite à San Francisco.

L'épisode est centré, comme le précédent, sur un tueur à gages. Jerry Schilling, l'impitoyable assassin et ex-agent de la CIA, qui, tel un magicien, brise le cou de ses victimes comme un fétu de paille, est interprété par Bill Bixby, barbu pour l'occasion. Si on peut croire à l'inhumanité de cet individu (le passage à l'hôpital avec son jeune fils handicapé fait froid dans le dos), les relents de Guerre froide font inéluctablement dater l'épisode avec les références à Kennedy, la baie des Cochons et la guerre au Cambodge.

Il n'y a pas d'interprétation inoubliable ; Bill Bixby est bon, sans plus, Andrew Duggan incarne le général à la retraite Robert Red West, une caricature primaire de l'anticommunisme (commie en VO) mais on a le plaisir de revoir la ravissante Cheryl Miller dans un petit rôle. Quelques scènes intéressantes ; Myrna, l'ex de Schilling, fait un plaidoyer contre la CIA, organisation qui détruit ses agents psychologiquement jusqu'à les rendre méconnaissables, alors que Stone est attendri devant le bébé mais l'histoire est alourdie par trop de blablas idéologiques militaires.

C'est un ticket de caisse de pharmacie (passage assez rapide) qui causera la perte de Schilling/Pine. Il effectue de nombreux trajets en ville sans être inquiété jusqu'au moment où Keller l'aperçoit, vraiment par hasard, en compagnie de la prostituée. Il se rase chez sa victime puis se déguise en nonne en oubliant que les religieuses se déplacent toujours par deux (bien vu, Stone !). Le final est le meilleur passage de l'épisode : Schilling s'installe avec son fusil à balles explosives dans le clocher d'une église et Keller n'a pas d'autre choix que de l'abattre.

Un épisode moyen où le mariage d'histoire policière et d'espionnage n'est pas convaincant.

'He died a long time ago.'

o Bill Bixby (1934-1993), le tueur, est connu pour les séries Le magicien et L'incroyable Hulk. Il jouera dans un second épisode de la série.

o Cheryl Miller (1943) est Kimberly, la prostituée. Elle est Paula Tracy dans 44 épisodes de la série Daktari. Elle ne tourne plus depuis 1980.

o Andrew Duggan (1923-1988) est le capitaine Malone dans le pilote et il a joué dans de nombreuses séries US : Le fugitif, Les envahisseurs, Cimarron, L'homme de fer, Cannon, Hawaii police d'état (sept épisodes).

o William Bramley est John Condon, le supérieur de Stone. Il a joué dans trois autres épisodes de la série dont un autre dans le même rôle, Solitaire (dernier épisode de la troisième saison).

o Linda Marsh (1939), l'ex femme du tueur, a joué dans deux autres épisodes de la série : Whose Little Boy Are You ? (S1) et Once a Con (S5).

o Le réalisateur, Barry Crane (1927-1985), fut producteur et réalisateur de nombreux épisodes des séries Mannix et Mission impossible.

 o Les personnages de l'épisode ont Elvis Presley comme point commun : Vernon Presley son père, Sony, Lamar Fisk et Jerry Schilling étaient ses gardes du corps. (Source : TV.com)

o Lieux de tournage : Candlestick Park (un match de base-ball cette fois-ci), la prise de vue extérieure de l'hôpital pour enfants est Shriners Hospital for Crippled Children, San Francisco International Airport.

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4. MASQUE DE MORT
(MASK OF DEATH)

Un comédien se travestit en femme sur scène et ce rôle lui monte à la tête. Atteint d'un dédoublement de personnalité, il tue mais ne se souvient pas de ses crimes.

Un épisode très particulier que tout fan se rappelle d'avoir vu, même des décennies plus tard.

L'histoire de ce comédien schizophrène à double personnalité trouve son apogée lors de la scène impressionnante où Ken Scott parle à son double féminin, Carole Marlowe, par miroir interposé. Une lutte interne entre le mal et le bien ; 'elle' tue mais 'il' ne s'en souvient pas. Scott se transforme en Carole Marlowe car il est subjugué par cette actrice des années 30 et, désireux de se venger de son père, un voyageur de commerce toujours absent, il tue les représentants qu'il rencontre à l'aide d'une épingle à cheveux.

Il y a de nombreuses scènes intéressantes, certaines n'ont aucune incidence sur l'histoire, comme Stone et le squelette au début. D'autres sont très significatives comme la transformation soudaine de Scott en Marlowe sous les yeux horrifiés de sa petite amie, l'assassinat du chauffeur, qui a tout compris, en haut des escaliers (scène directement inspirée de Psychose) et le final angoissant où Stone et Keller pistent le criminel dans sa maison.

La performance de John Davidson fait de l'ombre aux autres seconds rôles mais il faut noter la (trop) courte participation de Anne Helm en maillot de bain. Organisateur d'une soirée, son personnage, Mrs Standfield, met les policiers sur la piste du comédien en draguant ouvertement Keller sous l'œil amusé de Stone : 'Inspector, call me sometime !'. Le groom de l'hôtel sera également prépondérant en décrivant 'la femme' comme un personnage sorti d'un film des années 30.

Un excellent épisode qui souffre néanmoins à la rediffusion, principalement à cause des trop longues scènes de cabaret.

'It's like dealing with a three-headed monster.'

o John Davidson reçut une critique enthousiaste unanime pour sa personnification d'une femme meurtrière.

o Harry Falk, le metteur en scène, fut nominé pour un Emmy dans sa catégorie pour cet épisode.

o Jerry Young, le monteur, fut nominé pour un Emmy dans sa catégorie pour cet épisode.

o Le personnage Carole Marlowe est une référence à Carol Channing. En effet, l'aspect physique est ressemblant et elle fut la première à chanter Diamonds are a Girl's Best Friend. Cette chanson, reprise avec succès par Marilyn Monroe, est interprétée par Scott/Marlowe avec la voix de Craig Russell dans l'épisode. On entend également My Heart Belongs to Daddy.

o Un jeu de mots sur 'tip' : le maitre d'hôtel tend la main à Stone, par habitude, pour un pourboire (tip). Il vient d'évoquer Carole Marlowe, un tuyau (tip) pour les policiers !

o Lieu de tournage : l'acte 1 fut filmé au vieux Palace Hotel sur Market Street, Hotel Pierre dans l'épisode.

o Herb Edelman (1933-1996), l'impresario, a joué dans The Twenty-Four Karat Plague (S2). Il tourna dans de nombreuses séries dont, peu avant son décès, 10 épisodes d'Arabesque dans le rôle du lieutenant Gelber.

o Anne Helm (1938) est canadienne. Elle a fait plusieurs activités, de showgirl à 16 ans à décoratrice de livres pour enfants. Elle a joué aussi dans de nombreuses séries : Les Incorruptibles, Le fugitif, Match contre la vie (cinq épisodes), La grande vallée, Hawaii police d'état, Le justicier. Elle ne tourne plus depuis 1986.

o L’avis de Stephen King sur l’épisode: ‘One of the scariest episodes of television ever produced’. [Un des épisodes les plus effrayants que la télévision a produit].

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5. LES DÉSERTEURS
(I AIN'T MARCHIN' ANYMORE)

Steve Keller infiltre un groupe de déserteurs de la guerre du Vietnam afin de démasquer le meurtrier d'un de ces insoumis.

Cet épisode est politique, plutôt marginal, enraciné dans son époque et, par conséquent, très difficile à évaluer. Exceptionnellement, la voix-off du générique situe l'histoire dans son contexte et l'action se déroule au printemps 74, quelques mois avant l'amnistie.

L'intérêt de l'épisode est la différence d'opinion des deux policiers sur ce sujet très épineux qui divise l'Amérique (le docteur aide les déserteurs et la professeur à la retraite ne veut rien savoir). Si Keller prend cause pour les fugitifs, surtout après le sermon de Kathy, la petite amie du mort, Stone reflète la tranche conservatrice dans une scène forte où Kathy lit la lettre du défunt : 'I think it's a great country. Speaking for myself, it may be the best.'

L'intrigue est sinon très banale ; Keller, chaussé de lunettes rondes, est infiltré dans la ferme des déserteurs et il démasquera l'assassin qui a tué pour camoufler un crime de guerre. Après hésitation, les autres fugitifs aideront le policier à maitriser le meurtrier avant de s'éclipser.

'Policemen didn't get drafted, did they ?'

o En septembre 1974, le président américain, Gerald Ford, offre une amnistie conditionnelle à toutes les personnes considérées comme déserteurs. Les conditions de l'amnistie sont restrictives, et ceux qui la demandent ne sont pas complètement innocentés. Ils doivent servir et prêter serment à leur pays pendant 24 mois. Les réfractaires réfugiés au Canada, comme dans cet épisode, ainsi qu'en Suède, en France et en Grande-Bretagne, ont en grande majorité boycotté l'amnistie de 1974.

o Michael Burns, l'assassin, est le tueur pervers de l'épisode Act of Duty, saison 1.

o Don Stroud est le meurtrier de la serveuse dans Blockade, saison 2.

o Lieu de tournage : San Francisco City Hall (Stone s'entretient avec le membre du congrès).

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6. UNE CHANCE DE VIVRE
(ONE CHANCE TO LIVE)

Une femme est persécutée par un individu qui tente de la renverser. Arrêté, l'homme est relâché, faute de preuve, mais il n'a pas abandonné son funeste projet.

Cette histoire promet beaucoup avec la première scène mais elle sombre petit à petit dans le classique.

Stone doute de la véracité des propos alarmistes de Martha Howard, très solitaire, qui a déjà contacté la police à plusieurs reprises, mais elle veut cacher, en fait, sa relation avec un ministre canadien marié. Joanne Linville est peu crédible en maîtresse et on se demande qui a engagé Bobby Nelson, bien dérangé, pour la trucider : le ministre qui en a marre d'une maîtresse vraiment quelconque pouvant briser sa carrière ou l'épouse jalouse qui attendait un bouquet de fleurs qui n'est jamais venu. Que nenni ! Le type veut tout simplement se venger d'avoir perdu sa place chez un fleuriste !

Un scénario épais comme du papier cigarette étoffé par un copycat de L'inspecteur Harry : Bobby Nelson est relâché car il n'y a pas de preuve puis il s'arrange pour se faire rosser et faire accuser Keller. Du déjà vu et n'est pas Scorpio qui veut !

Même la fin, à l'aéroport, est bancale. Stone blesse Nelson qui allait balancer Martha dans le vide et l'individu saute. Il y a heureusement les trois acteurs connus de la série qui, sans être transcendants, font passer un bon moment.

'Solitude is a welcome color.'

o Steven Keats, le harceleur,  est un petit dealer dans Rampage, saison 2. L'acteur s'est suicidé en 1994, à l'âge de 49 ans.

o Joanne Linville, la femme traquée, a joué dans Before I Die, saison 2, et dans d'autres séries culte : Le fugitif, Les envahisseurs, Star Trek, Hawaii police d'état, Columbo. La même année que cet épisode, elle tourna dans un excellent Kojak : Dead on His Feet avec Harry Gardino.

o Edward Mulhare, le ministre, est l'excellent tueur psychopathe de Tower Beyond Tragedy avec Stephanie Powers, saison 1.

o À noter l'erreur de nombreux sites qui stipulent que c'est l'épouse qui a engagé Nelson pour tuer sa rivale. Les inconvénients du net et des pompages…

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7. LE FILS DE JACOB
(JACOB'S BOY)

Un clochard fait chanter un homme qui pense avoir commis un meurtre. Après la mort accidentelle du maître-chanteur, l'individu prend la fuite de peur que son passé le rattrape.

Une histoire lente, bavarde et ennuyeuse. Stone et Keller retrouvent facilement le client de la teinturerie et les trois-quarts de l'épisode sont consacrés aux agissements de Jacob Willis dans un pénitencier vingt-cinq ans plus tôt.

Dès le début, les dires du clochard à ses deux acolytes dans le bar nous apprennent que Willis est innocent. En fait, l'histoire tourne autour de Willis, homme de couleur, qui a élevé le fils de son patron et sur la relation ambiguë, plus que paternelle, qui lie les deux hommes. Le fils voue une admiration à l'homme qui l'a éduqué, plus qu'à son père ; tout est suggéré car les relations homosexuelles dans les années 70, surtout entre Noirs et Blancs, étaient taboues.

Bref, beaucoup d'ennui, peu d'enquête, pas d'action, à part la dispute et l'arrestation des clochards, et, seuls, Brock Peters et la partition musicale sont à retenir.

'He took the money we got from the black guy.'

o Brock Peters (1927-2005), Jacob, a fait l'éloge de Gregory Peck à ses funérailles en 2003. Il est décédé d'un cancer du pancréas en 2005.

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8. LES FANIONS DE LA TERREUR
(FLAGS OF TERROR)

À leur arrivée au port de San Francisco, des terroristes sèment la panique et terminent leur cavale sur une péniche avec des otages dont l'inspecteur Steve Keller capturé par la femme du commando.

L'épisode démarre tambour battant avec une fusillade et la poursuite mouvementée de la camionnette rouge des terroristes par les véhicules de police. Repérés par un douanier tatillon, les révolutionnaires ne peuvent accomplir leur volonté initiale, l'attaque d'une ambassade, mais ils veulent faire parler d'eux.

Deux ans après la sinistre prise d'otages des JO de Munich, ce genre d'évènements était répandu dans les scénarios de séries et l'originalité de cette version est l'appareil-photo qui sert de détonateur à la bombe (Keller servira de négociateur avec l'appareil dans le dos).

Après un premier quart d'heure tonitruant et malgré la tension palpable, l'épisode sombre ensuite dans une certaine léthargie que les acteurs, terroristes comme otages, ne peuvent briser. Il y aura la scène de diversion provoquée par Keller, très bonne séquence, pour trouver le chiffre permettant de désamorcer la bombe mais l'histoire manque de rythme dans l'ensemble et cela est dû à beaucoup trop de bavardages stériles sur la jetée et dans la péniche. Un statu quo pesant avec de bonnes phases néanmoins où Keller use de la psychologie et Stone essaye d'élaborer un plan.

Le père de la jeune femme, tuée par une balle perdue, secoue le spectateur en abattant un terroriste qui menaçait Keller et il aura un rôle prépondérant dans le 'petit' final, mais on se demande comment il a pu passer les différents barrages.

Un divertissement sans grande originalité.

'The cunning of the criminal mind.'

o Virgil W. Vogel (1919-1996), le réalisateur le plus prolifique de la série (29 participations), est le metteur en scène de cet épisode.

o La première scène se déroule à Tokyo. Il est rare que la série quitte la Californie, a fortiori les USA.

o Lieux de tournage : Port de San Francisco (Pier 35), Transamerica Pyramid (qu'on aperçoit plusieurs fois lors de la poursuite), China Basin.

o Le terroriste passe à Keller ses propres menottes dans le dos et il dit au policier qu'il ira où ils iront en parodiant la chanson de Bob Dylan : 'Going, going, gone'. La chanson est extraite de l'album Planet Waves, sorti en janvier 1974, année du tournage de l'épisode.

o Un peu d'humour lorsque Mike Stone se présente 'SFPD'. Réponse du terroriste, faisant allusion à Keller, prisonnier :'Thanks, we already get one !' [Merci, on en a déjà un !]

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9. APPEL AU SECOURS
(CRY HELP!)

Un jeune garçon perturbé est suspecté d'avoir tué le beau-père d'un copain. Stone et Keller vont mettre à jour un drame familial particulièrement douloureux.

Ce n'est pas la première fois que la série met en scène des enfants, surtout dans des épisodes dramatiques.

C'est bien évidement encore le cas dans cette sordide histoire d'enfant battu. Stone et Keller découvrent que Paul, 13 ans, a des traces de coups sur le corps et son beau-père est suspecté mais celui-ci est tué lors d'une violente dispute avec Bonnie Harris, la mère de Paul, sous les yeux de deux enfants. Bonnie accuse l'ami de son fils, au lourd passé, de cet acte irréfléchi. Elle a déjà menti en parlant d'un manque d'équilibre pour expliquer les ecchymoses. Veut-elle couvrir son fils pour le meurtre ? On ne voit pas la scène et on entend seulement le coup de feu, le point de vue des voisins. Néanmoins, on soupçonne très tôt la vérité même si celle-ci est moche.

Rapidement, Stone et Keller doutent de la culpabilité du jeune garçon et ils vont découvrir une histoire glauque. Les deux policiers trouveront le refuge des enfants et la confrontation résoudra l'affaire. Mariette Hartley est impressionnante dans ce rôle d'une mère qui bat son fils de 13 ans qu'elle pense responsable du départ de son premier mari. Elle refuse d'assumer l'assassinat et elle préfère accabler un enfant déjà traumatisé. Sa froideur est plus dérangeante que celle d'un tueur à gages et la dernière scène, lorsqu'elle tourne le dos à son fils qui l'adore, est une des plus fortes de la série.

The Streets of San Francisco n'a pas que l'étiquette policière et le qualificatif dramatique est plus adapté à ce genre d'épisodes qui souffrent souvent de quelques longueurs. On oublie parfois que le thème de la série est tout ce qui se passe dans les rues de la ville. Stone répond d'ailleurs à l'éducateur, qui souligne que la rue est son bureau : 'Private office ? I have always thought it's mine.'

o Le réalisateur, Corey Allen, fut nominé pour un DGA (Directors Guild of America) dans la catégorie 'Mise en scène de série dramatique'.

o Ray Daniels fut nominé pour un Emmy pour le montage de cet épisode.

o Mariette Hartley (1940), Bonnie Harris, a participé à un autre épisode de la série, Shield of Honor (S2), dans le rôle d'Andrea McCormick, policière suspectée de trahison. Voir la photo.

o Clint Howard (1959), Tommy, l'ami de Paul, a joué dans l'épisode The House on Hyde Street (S1) dans lequel trois gamins cambriolent la maison d'un vieil homme.

o On aperçoit plusieurs fois la reproduction de la Joconde dans l'appartement du couple.

o Stone demande au policier… Sekulovich d'amener Bonnie. C'est un clin d'œil personnel car Sekulovich est le nom serbe de Karl Malden, Mladen Sekulovich. Le personnage apparaîtra de nouveau dans l'épisode suivant et dans quelques autres aventures.

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10. POUR LE BIEN OU LE MAL
(FOR GOOD OR EVIL)

Stone essaie d'empêcher un jeune de tomber dans les mailles d'un gang auquel appartient déjà son frère mais, témoin d'un meurtre, il demande du travail au tueur plutôt que de le dénoncer.

Un très bon épisode qui met en évidence l'influence des gangs, véritable fléau aux USA.

Hari Rhodes est grandiose en Karpa, un chef de gang cynique et manipulateur. Il agrandit son territoire en éliminant un concurrent et en essayant de faire accuser l'autre. Il a deux frères sous sa coupe et il tente, vainement, de faire assassiner le plus jeune, Paul, par l'aîné, Jimbo. Il y a un peu de suspense et on se demande même si Jimbo ne va pas passer à l'acte.

Le gang est constitué pratiquement exclusivement de jeunes Noirs, ce qui était le cas dans les années 70 avant que les Portoricains, entre autres, ne prennent le relais. La seule exception est l'indic de Keller, Lori, la stripteaseuse, qui permet au policier de retrouver l'arme du crime, mais elle a été manipulée et elle sera sacrifiée par une overdose une fois sa mission accomplie. Mike Stone a autant le rôle d'un éducateur que d'un policier en voulant remettre Paul sur le droit chemin.

La confrontation entre les deux hommes sur les toits est une scène très intéressante. Paul a reçu l'ordre de Karpa de liquider Stone, devenu gênant, mais le policier lui assène deux gifles et le jeune Noir, incapable de franchir le pas, décampe arme à la main. Les deux frères sont dorénavant menacés et Paul a recours à Stone pour sauver Jimbo.

Malgré un final et une fusillade un peu escamotés, cet épisode est de bonne facture et la prestation d'Hari Rhodes ne laisse pas indifférent.

'Say hello to your dead friends.'

o Hari Rhodes (1932-1992), le chef de gang, a joué dans sept épisodes de la série. Il est le laborantin dans plusieurs épisodes de la première saison. Il joue un repris de justice dans A String of Puppets (saison 2). Il a un rôle récurrent dans les séries Section contre-enquête (Most Wanted) avec Robert Stack et Daktari.

o Au début de l'épisode, Mike Stone est entraîneur de basket pour des jeunes désœuvrés. Karl Malden fut effectivement joueur de basket-ball dans sa jeunesse. Il passa son enfance à Gary dans l'Indiana entre ses études, le basket-ball, le théâtre et la chorale de la paroisse.

o Un peu d'humour lorsque Stone demande à Keller comment il obtient ses rendez-vous galants aussi rapidement. Le jeune policier conseille à son supérieur de changer de tailleur !

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11. LES OISEAUX DE PROIE
(BIRD OF PREY)

Stone et Keller enquêtent dans l'armée pour retrouver un colonel qui a étranglé cinq femmes, mais les deux suspects ont des alibis qui les disculpent.

Un épisode moyen et même décevant si on prend en compte que le réalisateur est Virgil W. Vogel, le plus prolifique de la série.

La première scène avec les deux ombres à la fenêtre est très hitchcockienne et le témoignage du témoin pose les bases du récit : la femme a été assassinée par un militaire. Rapidement, Stone et Keller sont à la recherche d'un colonel blond de l'armée de l'air qui s'avère, en fait, être un tueur en série.

La trame est bonne avec deux suspects, et la présence de William Watson dans la distribution (le chef de la base) fait penser à l'entourloupe vu le nombre conséquent de rôles de méchants à son actif. Le suspense est bien gardé car on ne soupçonne pas le barman du Graf Zeppelin ; l'habit ne fait pas le moine !

Si l'histoire est plaisante, il n'en est pas de même pour le déroulement de l'épisode où l'étude des deux fausses pistes comporte quelques longueurs et l'infiltration de Keller en militaire est ridicule et pas crédible. D'ailleurs, on savoure son état, autant que Stone, après son passage dans l'avion de chasse : 'The film is ready. Are you ready ?'.

La longue scène finale dans les airs plombe l'épisode car le dénouement est prévisible et les nombreuses images d'archive, utilisées par toutes les séries, y compris The Avengers, lorsque l'armée est impliquée, font figure de remplissage.

Une histoire intéressante mais un épisode décevant malgré une solide distribution.

'Inspector, that kind of women is never alone.'

o Dennis Cole et Michael Douglas ont des coupes de cheveux qui rendent leur appartenance au personnel de l'armée de l'air peu crédible. (Source : TV.com).

o Lieux de tournage : Travis Air Force Base à Fairfield (McClellan dans l'épisode), l'aéroport de San Carlos.

o Le personnage de Francine York est 'Marcea' dans le générique de fin alors qu'elle est 'Marcia' dans l'épisode. (Source : TV.com).

o On apprend que Stone fut sergent dans les Marines. Quant à Keller, il est surprenant de le voir en militaire infiltré après son rôle de déserteur dans I Ain't Marchin' Anymore.

o En VO, une femme du bar décrit le soldat en stipulant qu'il avait une DFC ; la 'Distinguished Flying Cross' est une distinction militaire pour conduite héroïque dans l'armée de l'air américaine.

o Il est bien sûr fait référence à la guerre du Vietnam et aux conditions de détention des prisonniers (vidéo du psychiatre). Cela n'est pas la première fois dans la série car cette guerre a laissé de nombreuses cicatrices dans la société américaine, particulièrement dans les années 70.

o Dans la dernière scène, Stone prend le volant, fait exceptionnel, en précisant à Keller qu'un lieutenant doit conduire un capitaine (après le vol en avion de Keller) mais qu'une fois n'est pas coutume !

o Dennis Cole (1940-2009), Peter Johnson, un des deux colonels suspectés, était connu des amateurs de séries et c'est d'ailleurs après une apparition dans la série Drôles de dames qu'il épousa Jaclyn Smith, mariage qui dura trois ans. Ses nombreux problèmes d'alcool et la mort brutale de son fils ont marqué la fin de sa vie.

o William Watson (1938-1997) était le flic Dedini, collègue de Stone, dans les épisodes No Badge for Benjy et surtout l'excellent Commitment (tous deux, saison 2).

o Kaz Garas (1940), le deuxième colonel suspecté, a déjà participé aux épisodes The Albatross (saison 1), Inferno (saison 2) et il sera présent dans The Canine Collar (saison 5).

o Christopher Stone (1942-1995), le barman, a joué dans deux autres épisodes, The Year of the Locusts (saison 1) et Police Buff (saison 4). Il a commencé sa carrière dans Les bannis et il est apparu dans de nombreuses séries. Il est décédé d'un arrêt cardiaque.

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12. PERMIS DE TUER
(LICENSE TO KILL)

Un ancien collègue et ami de Mike Stone revient à San Francisco. Le lieutenant enquête justement sur un tueur soupçonné d'avoir assassiné le fils de cet homme cinq ans auparavant. Ce retour est-il une simple coïncidence ?

Cet épisode, réalisé comme le précédent par Virgil W. Vogel, est passionnant à plus d'un titre.

Stone est ravi d'héberger Barney, son coéquipier pendant neuf ans, et cela permet d'avoir un aperçu du logement et des habitudes du policier. Dans l'excellente première scène, on voit Barney tirer sur un tueur qui vient apparemment d'exécuter un contrat. Le spectateur sait donc que cet homme n'est pas en paix avec lui-même, quoiqu'il en dise à Stone, et on vit l'histoire plutôt par l'œil de Keller, très méfiant du retour de ce vieil ami. En fait, Barney se sert de sa couverture de détective privé pour liquider les trois tueurs soupçonnés d'avoir assassiné son fils.

Waco, l'homme blessé, également recherché par la police, est la troisième et dernière cible. On peut parfaitement se mettre dans la peau de Barney surtout lorsqu'il décrit son ressenti à Andrews, l'avocat véreux de Waco, avant de menacer de le balancer dans le vide. Si on met de côté les mobiles obscurs de la fusillade initiale dans le café et les indiscrétions de Stone qui vont aider Barney à pister Waco, l'épisode peut être considéré comme un des meilleurs de la saison. L'histoire alterne entre les scènes conviviales (salle de bowling, Stone accompagne Barney voir son petit-fils) et les moments plus violents (entretien Barney/Andrews) mais le clou de l'épisode est la tentative de Waco d'assassiner Barney alors qu'il se trouve chez Stone.

L'épisode bénéficie d'une superbe musique comme presque toujours, particulièrement lors de la scène d'ouverture et lorsque Waco prépare son piège dans l'hôtel.

À noter la pointe d'humour quand le témoin décrit le second tireur comme étant assez âgé, un peu comme Stone : 'About like you'.

La scène finale est une des plus brutales et controversées de la série : Stone, meurtri par l'amitié trahie et respectueux de la loi, abat Barney qui allait tuer Waco et cet acte discutable répond à la question soulevée à la fin de la critique de Before I Die (saison 2)…

'He was a good cop, now he is nothing but a common killer.'

o Lieux de tournage : le café Buena Vista sur Hyde Street (séquence d'ouverture). Il est réputé et il a un site avec le bruit du tramway qui passe tout près et qu'on voit dès la première image de l'épisode. Il se trouve non loin du San Francisco Maritime National Historical Park dont on aperçoit l'entrée lorsque le policier vient annoncer à Stone qu'il a perdu la piste du second tireur. L'hôtel où se déroule la scène finale est dans la célèbre Lombard Street. Consulter le site du café.

o Stone propose d'héberger Barney car il vit seul ; sa fille, Jeannie, est à l'école, en fait à l'université ; elle participe à 11 épisodes sous les traits de Darleen Carr. On aperçoit, pour la première fois, la femme décédée de Mike Stone. Sa photo se trouve près du téléphone.

o Lorsque Barney a mis son pardessus et son chapeau à la poubelle pour ne pas se faire reconnaître, on voit furtivement un homme à l'arrière-plan faire un pas en arrière se rendant compte qu'il est dans le champ de la caméra. 

o Burr DeBenning (1936-2003), Waco, le tueur, a tourné pour le cinéma et la télévision dans une centaine de rôles. Il est présent dans les grandes séries US de l'époque : L'homme de fer, Kojak, Columbo, Cannon, Matt Helm, Police Story, Switch, Starsky & Hutch, Hawaii police d'état, Magnum…

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13. UN REVOLVER QUI VOYAGE
(THE TWENTY-FIVE CALIBER PLAGUE)

En l'espace de vingt-quatre heures, un petit revolver passe de main en main et provoque des drames.

Que peuvent avoir en commun un joueur de cartes, un gangster du syndicat, un garçonnet de 10 ans et un commerçant âgé ? Avec un troisième épisode d'affilée, Virgil W. Vogel met en scène une histoire bien particulière dont le fil rouge est un petit revolver apparemment inoffensif.

Achetée par un honnête citoyen dans une armurerie, l'arme est utilisée successivement par un joueur de cartes endetté pour éliminer un homme de main, par des enfants qui s'en servent comme d'un jouet et par un ouvrier de la déchetterie pour commettre un braquage. Si le décès du type du syndicat au coup de poing américain et le hold-up à 54 $ sont sordides, le message est sans équivoque lorsque trois jeunes garçons trouvent l'arme mortelle en jouant à la guerre. Ils vident le chargeur et entrent dans un tunnel. Quelques secondes s'écoulent avant qu'un coup de feu claque, une balle étant restée dans le canon. Cette terrible scène, filmée sur un plan, choque et pétrifie par sa dureté et son réalisme, même à la rediffusion.

Keller perd une occasion de se taire en précisant aux parents que cela arrive toutes les quatre minutes aux USA. Tout gravite autour de ce revolver qui est au centre des trois histoires distinctes qui composent l'épisode. Stone et Keller mettront finalement la main dessus et arrêteront le joueur sur les toits au moment où des truands allaient le liquider. Ce drame est un plaidoyer contre les armes à feu en vente libre aux États-Unis.

Encore une fois, l'étiquette série dramatique colle aussi bien au programme que série policière et cet épisode, mouvementé et à la tension palpable, constitue un formidable démenti aux puissants lobbies américains pro-armes à feu.

'It happens every four minutes in this country.'

o Lee Montgomery (1961), le jeune Jeff, est le frère de l'actrice Belinda Montgomery. Après quelques rôles, il s'est tourné vers la composition de musiques de films.

o La compétition de tir annuelle entre policiers, à laquelle font allusion Stone et Keller au stand de tir, est mise en images dans le second volet de Dirty Harry, Magnum Force.

o La première image de l'épisode est un revolver, l'enseigne de la boutique. L'armurier donne la version officielle au client dès le début de l'épisode, ce qui montre les limites des lois américaines : 'Oh, Mr. Cooper, when you put the gun in the car, be sure to keep it in plain view, separate from the ammo—State law.'

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14. MONSIEUR PERSONNE
(MISTER NOBODY)

Un cordonnier à la retraite s'accuse d'un crime pour protéger le véritable assassin, le petit-fils de son meilleur ami.

Un épisode qui a comme attrait ses deux 'guest stars' âgées, Sam Jaffe et Luther Adler. L'intrigue est simpliste et la recherche de la boîte à chaussures disparue dans une bouche d'égout fastidieuse.

Alex Zubatuk, un vieil homme très apprécié dans le quartier, est témoin d'une altercation mortelle. Un jeune homme, qui transporte des fonds provenant de paris clandestins, vient de tuer accidentellement un racketeur. Alex préfère s'accuser du méfait auprès de son vieil ami Stone plutôt que de compromettre le petit-fils de Victor, un copain de la maison de retraite. Personne n'a vu la boite à chaussures bourrée de billets disparaître dans une bouche d'égout…

La meilleure scène est la confrontation cocasse entre Stone et Alex dans les bureaux et le policier doit faire intervenir O'Brien, l'attorney, pour essayer d'intimider le vieil homme imperturbable qui ira jusqu'à négocier le calepin des truands dans l'épilogue. Après quelques heures de prison, Stone relâche Alex et il obtient des bribes de la solution en le suivant jusqu'aux poubelles de la rue du crime lors d'une superbe séquence.

L'épisode joue sur la corde de l'amitié, une qualité essentielle dans la jungle que constituent les rues de cette métropole, mais les nombreux bavardages et le final à caractère comique font de cette aventure un épisode sans prétention.

'Pride is for young people, not for old people like us.'

o Sam Jaffe (1891-1984), Alex Zubatuk, a commencé sa carrière sur les planches en 1918 et il tournait encore l'année de son décès ! Il participa à des films célèbres comme Gentleman's Agreement de Kazan. Mis à l'index pendant la Chasse aux sorcières, il disparut des studios pendant sept années. Personnellement, je retiens son rôle dans l'épisode Un honnête homme, saison 2 des Incorruptibles.

 o Luther Adler (1903-1984), Victor, a souvent joué des rôles de truand. Ainsi, dans Les Incorruptibles, il est Gus Marco, trafiquant d'alcool et propriétaire d'un garage de taxis, dans Nicky et surtout Emile Bouchard, le trafiquant à la voiture blindée, dans Meurtre sous verre (tous les deux de la saison 2).

o À noter la présence du policier Sekulovich (voir épisode 9 pour l'anecdote).

o On apprend que Stone a eu son premier dollar en argent des mains d'Alex.

o La série traite déjà des personnes âgées dans l'épisode Le troisième âge se rebiffe/Winterkill (saison 2).

o En VO, Alex dit à Stone: 'To con, Mike, what's that, to con?'. 'To con' signifie escroquer en langage familier américain.

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15. FAUX TÉMOINS
(FALSE WITNESS)

Un officier de police hispanique, ami de Keller, veut débarrasser son quartier d'un trafiquant d'héroïne mais cela tourne à l'affaire personnelle.

Une excellente histoire, rythmée et tragique, dans laquelle Vega, un simple officier de police, met sa vie en jeu pour nettoyer son quartier d'un gros bonnet de la drogue.

Pour son avant-dernière apparition dans la série, l'attorney O'Brien rappelle les limites de la loi et pousse Vega à l'enfreindre. Rossé lors d'un traquenard, il convainc Keller de l'aider à arrêter Perez, le trafiquant, en flagrant délit dans la séquence-clé de l'épisode. Lors de la descente, Vega est gravement blessé mais il a le temps de cacher de la drogue, à l'insu de Keller, pour compromettre le truand. Keller a agi par amitié et sans l'accord de Stone mais le lieutenant expérimenté va rapidement découvrir la vérité.

Le long plaidoyer de l'avocat de Perez au tribunal (excellent Malachi Throne) fustige les agissements louches de la police dans certaines circonstances (l'affaire Serpico est encore dans toutes les mémoires) mais la scène poignante où Vega décède sur son lit d'hôpital sous les yeux de son ami Keller est censée estomper l'acte hors-la-loi ('Just open the curtains'). Keller obtient finalement l'aide de la maîtresse junkie de Perez, et connaissance de Vega, pour faire tomber le trafiquant dans un piège.

Un épisode très intéressant qui a pour thèmes l'amitié et les limites du pouvoir de la police, déjà soulevées dans la série à plusieurs reprises. Keller remercie d'ailleurs Stone dans l'épilogue d'avoir passé sous silence le comportement de Vega.

'You've got to prove that… and within the law.'

o Mort S. Fine (1916-1991) fut le scénariste de cinq épisodes de la série. Parfois producteur (The Alfred Hitchcock Hour), il écrivit les histoires de nombreuses séries ; six épisodes de Kojak entre autres.

o Rafael Campos (1936-1985), Chico, tient déjà le rôle d'une racaille dans Rampage, saison 2. Il joue dans un troisième épisode, Hang Tough, saison 5.

o A Martinez (1948), l'officier Jimmy Vega, a joué dans l'épisode Hall of Mirrors (avec David Soul, saison 1) et il reviendra dans Alien Country (saison 4). D'origines mexicaine et apache, il joua dans des westerns et dans la plupart des séries américaines des années 60 et 70. Il a sorti un CD au début des années 2000.

o Carmen Zapata (1927), la mère de Vega, joue également dans Hall of Mirrors, un épisode 'hispanique'.

o On apprend que Keller et Vega sont amis depuis très longtemps et qu'ils sont sortis de la Police Academy en même temps, cinq ans auparavant, en 1969. Si Keller l'a aidé pour l'examen, Vega lui a appris les règles de la rue. Drea McCormick (Shield of Honor, saison 2) était également sortie de l'école de police la même année que Keller.

o Keller se rend à l'anniversaire de la maman de Vega avec une amie en Porsche (brièvement aperçue), son véhicule personnel comme dans les saisons précédentes.

o Vega est censé décéder au Ralph K Davies Medical Center.

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16. LA MORT DONNE DES NOUVELLES
(LETTERS FROM THE GRAVE)

Lors de réparations, un squelette est découvert dans un mur d'Alcatraz. Stone et Keller vont devoir résoudre un meurtre vieux de vingt ans.

Virgil W. Vogel revient pour réaliser ce qui constitue un des temps forts de cette troisième saison. Une histoire 'à la Cold Case' mais avec le savoir-faire des années 70 !

Devenue site touristique, la prison d'Alcatraz a gardé dans ses murs le macchabée d'un prisonnier que tout le monde pensait noyé ou même évadé. Sa famille recevait des lettres qui le laissaient supposer et son fils, Lou Kovic Jr, homme de loi, mène l'enquête. Magistralement interprété par Peter Strauss, ses investigations le conduisent à Lugo, le parrain pour lequel son père travaillait et aurait purgé une peine de prison ('He was doing time for you').

Kovic devance les deux policiers qui refont l'enquête bâclée de 1955 et qui découvrent l'implication d'un gardien de l'époque devenu alcoolique après avoir touché une forte somme d'argent. L'épisode a de nombreux rebondissements et l'attitude équivoque du frère de la victime, l'oncle de Lou Kovic Jr, entretient le suspense.

L'intrigue, bien construite, dirige inévitablement les soupçons vers le parrain, suspecté par le fils et la police, mais le meurtre du gardien (en deux fois après méprise sur la personne) et une visite à la prison de San Quentin vont mettre à jour un second coupable.

Le flou sera levé sur les rôles des deux protagonistes et leur mobile lors de la filature de Keller et le final palpitant, qui se déroule à Alcatraz pour la seconde fois dans l'histoire de la série, est une superbe conclusion à cet excellent épisode.

'He didn't escape ; the lab says he's been dead for twenty years.'

o Peter Strauss (1947) a participé à plusieurs productions pour la télévision dont Le riche et le pauvre. Il est en liberté conditionnelle dans Timelock, saison 1, et magistral en tueur de prêtres dans l'épisode For the Love of God, saison 2.

o William Windom (1923), au visage très connu des amateurs de séries US, est le représentant qui prend la ravissante auto-stoppeuse, ce qui va l'entraîner dans un terrible engrenage, dans 45 Minutes from Home, saison 1.

o L'île d'Alcatraz fut découverte par un officier espagnol en 1775 et elle fut nommée ainsi car elle servait de refuge aux pélicans (alcatraz en espagnol), ce qui est confirmé par la guide touristique au tout début de l'épisode. Alcatraz fut une prison fédérale de haute sécurité de 1934 à 1963. Elle sert souvent de lieu de tournage à des films et séries comme Le prisonnier d'Alcatraz (1962 avec Burt Lancaster et… Karl Malden), le final de L'inspecteur ne renonce jamais (1976, troisième volet des aventures de l'inspecteur Harry), L'évadé d'Alcatraz (avec Clint Eastwood et Patrick McGoohan, le numéro 6… dans le rôle du directeur de la prison), The Rock (1996 avec Nicolas Cage et Sean Connery) pour ne citer que les meilleurs… sans oublier l'excellent épisode Going Home de la seconde saison.

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17. LA FIN
    (ENDGAME)

Dans un plan ingénieux mais risqué, Mike Stone est rétrogradé au rang de simple policier en uniforme afin d'approcher un redoutable gangster qui a des liens au sein même de la police.

Un épisode original qui marque le retour cette saison de Jeannie, la fille de Stone, toujours interprétée par la ravissante Darleen Carr. Cette aventure peut d'ailleurs s'apparenter à un épisode-réunion vu les présences, pour la dernière fois, de l'attorney O'Brien et du supérieur de Stone, Devitt.

L'assassinat maquillé en suicide d'un policier ripou va faire germer dans la tête de Stone et de son chef un plan diabolique pour coincer le malfrat local et démasquer les brebis galeuses du service. Le flic tué devait témoigner devant le Grand Jury en échange d'une mise à la retraite anticipée. Si le téléspectateur est au secret du plan – il découvre néanmoins très tôt la vérité en même temps que Jeannie –, il n'a aucune surprise quant à l'identité des deux ripoux.

La particularité de l'intrigue permet d'assister à quelques scènes inhabituelles, intéressantes et souvent cocasses : Stone est saoul au bar, Jeannie rentre dans la chambre d'hôpital et découvre Keller en pleine forme et en robe de chambre alors qu'il est soi-disant à l'article de la mort ('Pig !', on discerne nettement les sentiments de la jeune femme pour le policier), Jeannie 'se venge' de son père qui lui a caché la vérité en lui servant un steak 'carbonisé' mais le plus intéressant est Mike Stone en uniforme ! Cette séquence est la meilleure de l'épisode et c'est un plaisir de voir Stone arpenter les rues d'un quartier mal fréquenté, racketter les commerçants, faire embarquer deux prostituées et régler la circulation.

Une gaffe de Jeannie précipitera les choses et les deux flics ripoux tenteront de nettoyer toutes les preuves de leur implication, truands et Stone compris, dans un final mouvementé.

'You'll be reduced to the rank of patrolman.'

o Quatrième des douze apparitions de Darleen Carr dans le rôle de Jeannie Stone, la fille du lieutenant.

o Dernière des huit apparitions de John Kerr dans le rôle de l'Attorney O'Brien. Kerr a débuté sa carrière en 1953 et il a joué dans de nombreuses séries ; il est également District Attorney dans 75 épisodes de la série Peyton Place. N'oublions pas non plus son rôle de policier dans… Emily des New Avengers !

o Richard Lawson (1947), un des deux flics corrompus, a débuté dans L'inspecteur Harry (l'homosexuel que croise Harry dans Central Park lors de la tentative de remise de rançon). Il joua ensuite de petits rôles dans les séries Kojak et Shaft avant de participer à cet épisode.

o Troisième et dernière apparition de Tim O'Connor (1927) dans le rôle du lieutenant Roy Devitt. Ses apparitions sont espacées car les deux précédentes remontent à la première saison : The Thirty Year Pin (épisode 1) et Trail of the Serpent (épisode 21).

o Stephen Bradley est Bernie, le médecin légiste. Souvent présent au début des épisodes pour constater les décès, il est une fois sur deux omis dans la distribution.

o Paul Mantee (1931), l'homme de main, a joué dans Going Home, saison 2, et dans de nombreuses séries des années 60 et 70, surtout des westerns : L'homme à la carabine, Cimarron, Le virginien, Bonanza, Les bannis mais aussi Le fugitif, L'homme de fer, Les envahisseurs

o Stone s'étonne que son collègue, Keller, puisse avoir un tuyau d'une prostituée (Lili Marlène !) et lui donne paternellement une petite tape sur la tête.

o Le tournage a dû se faire en partie sans Michael Douglas présent en pointillés principalement au début et à la fin de l'épisode.

o On aperçoit, pour la seconde fois après License to Kill, la photo de la femme décédée de Stone.

o Il y a des points communs avec l'épisode Commitment (saison 2) dans lequel Jeannie Stone est également présente. Dans cet épisode plus noir, Stone était réellement mis à pied tandis qu'ici, son reclassement fait partie d'un plan.

o Il y a plusieurs codes de transmissions dans les voitures du SFPD ; two-seventeen est pour 'shooting' (fusillade) par exemple.

o Lieu de tournage : Marina (final).

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18. UN MEURTRE À DIX DOLLARS
(TEN DOLLAR MURDER)

Des chauffeurs de taxis sont agressés par deux voyous mais l'affaire se complique lorsqu'un policier infiltré est assassiné. Le fils d'une collègue et amie de Stone est suspecté.

Une bonne histoire dramatique qui tient en haleine jusqu'à l'épilogue. Une femme policière, Irène Elliott, élève seule son fils, Bobby, et demande l'aide de son ami Stone qui se substitue même au père, un policier tué en service.

Malgré quelques passages un peu longuets, l'épisode est bien construit et montre une femme désemparée qui se culpabilise car elle a beaucoup de mal à accepter que son fils puisse être un meurtrier. Une petite digression de tueur recherché complète en deux scènes le temps imparti pour l'épisode mais l'astuce de Keller, qui braque son arme sur le type qui décroche le téléphone à son appel, est une des plus intéressantes.

On sent la complicité des deux acteurs Malden/Douglas à la vue de certains passages humoristiques qui contrastent avec la froideur du fils, insensible et calculateur, qui téléphone à sa mère en maniant le flingue de son père décédé.

Le policier en civil est tué pour dix dollars mais un nom et un ticket retrouvé dans le taxi mènent Keller à l'école fréquentée par Bobby et son complice. Le jeune homme n'hésitera pas à charger un de ses camarades et à maquiller le meurtre de son comparse plus candide mais l'expertise balistique sera déterminante, la balle provenant du même calibre que l'arme du père de Bobby.

Le final est terrible et la dernière scène, que je ne révèle pas sciemment, coupe le souffle.

'Did he ever tell you why ?' 'No'.

o Carol Rossen (1937), la femme-flic, a débuté sa carrière dans Les Incorruptibles, (The Mark of Caïn, saison 2, avec Henry Silva)

o C'est le cinquième épisode réalisé par William Hale. Il en a réalisé 11 et il est le troisième réalisateur de la série (avec Harry Falk) derrière Virgil W. Vogel (29) et Walter Grauman (12).

o Il y a un portrait de Jeannie sur le bureau de Stone et cela permet à Irène Elliott d'évoquer les problèmes qu'elle rencontre avec son fils et d'avoir une comparaison entre deux enfants élevés par des parents isolés.

o Les derniers mots du policier/chauffeur de taxi mourant sont 'Indian buck', en fait 'buckle'. Jeu de mots intraduisible en français ; 'buck' signifiant dollar en langage familier et 'buckle' est une boucle de ceinture (que voit Keller au pantalon de Bobby Elliott).

o Stone et Irène Elliott vont diner ensemble dans un restaurant japonais sous les sarcasmes de Keller qui titille son collègue sur ce rendez-vous (date). La réplique est pour Stone : 'What make you think you're the only sex-symbol here ?'

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19. LA PROGRAMMATION
         (THE PROGRAMMING OF CHARLIE BLAKE)

Un psychiatre tue sa femme et pense avoir commis le crime parfait. Il a utilisé l'hypnose sur un de ses patients fragiles que tout accuse.

Un épisode moyen et parfois difficile à suivre.

Les premières images, le meurtre d'une étudiante dans son appartement, évoquent un tueur pervers mais, rapidement, la trame de l'histoire est différente. Jessup, un psychiatre coureur de jupons, veut se débarrasser de sa femme et il manipule habilement Blake, un patient au passé trouble et au psychisme fragile. L'épouse du praticien reçoit un appel, en fait enregistré par le cynique docteur, avant d'être étranglée avec la cravate de Blake. Tout accuse ce dernier, résigné, mais Keller, plus psychologue que Stone, démêlera les fils de cet imbroglio.

L'épisode rappelle par certains cotés My Wildest Dream des Avengers mais Jessup n'est pas Jaeger et les séances d'hypnose sont moins traumatisantes. La planification du meurtre et l'indice de la lampe qui conduit à l'arrestation du médecin font penser à un mauvais Columbo.

'I want you to pretend to make a phone call.'

o William Smithers (1927), le docteur Jessup, est un habitué connu des séries US et principalement pour son rôle récurrent de méchant dans Dallas (49 épisodes) mais également Star Trek, Peyton Place (56 épisodes), Les envahisseurs, Mannix, Mission Impossible, Hawaii police d'état… Près de 400 apparitions à la télévision !

o Fred Sadoff (1926-1994) a participé à une dizaine d'épisodes (parfois sans être mentionné au générique) et à toutes les saisons dans le rôle du psychiatre de la police, le docteur Lenny Murchison.

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20. LE PLONGEON DE LA PEUR
(RIVER OF FEAR)

Au retour du voyage de noces, un homme tue sa femme afin de récupérer le butin laissé par son premier mari mais c'est sans compter sur la détermination de la petite fille de la victime.

Un épisode de transition sans grand intérêt mais pas déplaisant à regarder. Le meurtre est le seul moment de surprise car il rompt l'ambiance idyllique du tout début. Le reste de l'épisode est axé sur la partie de cache-cache entre les deux enfants et le tueur qui veut récupérer le magot d'un cambriolage.

La jeune Kim Richards crève l'écran et vole la vedette à Peter Haskell, un peu pâlot en faux médecin mais vrai meurtrier cupide qui se fait berner par la petite fille. Keller a des doutes sur l'impact qui a tué la femme mais l'enquête des deux policiers est rapide à l'écran et ils connaissent l'identité du tueur et ses motivations après un passage à San Quentin.

Le meurtre du vieux docteur, qui a tout deviné, donne un peu de crédibilité à l'assassin mais le final est convenu. Une intrigue mince pour un épisode sans prétention dont l'action se déroule principalement hors de San Francisco.

'This is a pretty good motive of marriage even murder.'

o Lieu de tournage : The Hyatt Regency Hotel à l'Embarcadère (début de l'épisode).

o On aperçoit le panneau 'Duncan Falls' mais ces chutes se trouvent dans l'Ohio, bien loin de la Californie.

o Le titre VO fait allusion au final où Keller empêche l'embarcation des deux enfants de plonger dans les chutes. Le titre français n'est donc pas approprié à la situation.

o Peter Haskell (1934-2010) a joué dans beaucoup de séries US des années 60/70 : Des agents très spéciaux, Le fugitif, La grande vallée, Mission impossible, Mannix, Hawaii police d'état, Cannon, Drôles de dames… Son avant-dernier rôle est dans Cold Case.

o Kim Richards (1964), la petite Julie, a débuté à quelques mois dans des publicités pour des couches. Elle a réellement tourné dès 1970 et elle a joué dans d'autres séries des années 70 : La petite maison dans la prairie, Sergent Anderson, Police Story. Elle n'a pas tourné pendant quinze ans pour élever ses quatre enfants.

o Paul Fix (1901-1983), le vieux docteur, est apparu dans plus de 300 films. Ami de John Wayne, il est surtout connu pour son rôle de shérif dans la série L'homme à la carabine avec Chuck Connors. Il est Wade Tillman, le retraité poseur de bombes qui symbolise les laissés-pour-compte de la société US, dans Winterkill, saison 2.

o Stephen Manley (1965), Bobby le frère de Julie, est le petit garçon adopté dans l'épisode Whose Little Boy Are You  ?, saison 1.

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21. L'ASILE
(ASYLUM)

Plusieurs décès inexpliqués ont eu lieu dans un asile et Keller devient un patient paranoïaque dans la clinique sous le nom de Steve Anderson.

Cet excellent épisode de cette fin de troisième saison est important à plus d'un titre. Le scénario soulève l'épineuse question de l'euthanasie, toujours d'actualité, et le thème de l'épisode a sûrement un rapport avec la suite de la carrière de Michael Douglas. L'histoire est servie par une distribution exemplaire et le suspense est maintenu par la traditionnelle fausse piste.

Le témoin d'un meurtre s'éclipse d'un groupe de patients lors d'une visite organisée et se confie à Keller mais, peu après, il est retrouvé pendu dans sa chambre. Pendant que Keller est interné et essaie de faire la connaissance de Susan, une amie du défunt (excellente prestation sans parole de Belinda Montgomery), Mike Stone enquête sur trois morts suspectes.

L'ambiance glauque des hôpitaux psychiatriques transpire dans tout l'épisode par l'accumulation de personnages et de scènes inquiétants, comme Robert et la radio. Le coupable avoue finalement avoir agi par souci d'humanité vu l'état des malades ('They were dead anyway') puisqu'il reversait tout l'argent récolté par les familles à l'institut.

Michael Douglas est remarquable dans ce rôle de parano (la scène de l'admission est très convaincante) et la séquence forte de l'épisode, le final, est la crise de paranoïa de Keller qui, sous l'effet de la drogue, déambule sur les toits au mépris du danger encouru.

'Just between you and me…You're crazy !'

o Lieu de tournage : l'aquarium Steinhart à l'académie des sciences de Californie  de Golden Gate Park.

o Michael Douglas quitta la série pour produire le film Vol au-dessus d'un nid de coucou (avec Jack Nicholson). Le thème du film, l'infiltration d'un asile, a plusieurs similitudes avec cet épisode.

o James Olson (1930), le docteur Rabb directeur de la clinique, est le tueur de prostituées dans The First Day of Forever, saison 1. Habitué des séries, il a disparu des écrans au début des années 90.

o Belinda Montgomery (1950) est l'étudiante manipulée par un numismate dans A Collection of Eagles, saison 1. Elle a un rôle récurrent dans la série L'homme de l'Atlantide.

o Le docteur Lenny Murchison, psychiatre consultant de SFPD, a un rôle plus important qu'à l'accoutumée vu les circonstances.

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22. LE LABYRINTHE
(LABYRINTH)

Un boxeur est traqué par des tueurs du syndicat dans un hôtel, car il a refusé de ‘se coucher’ lors d’un combat.

Tony Fabrieze a refusé de perdre un combat sous les yeux de son fils, alors que la mafia avait parié beaucoup d’argent. Le boxeur se terre pendant deux mois dans un grand hôtel de San Francisco, avant que des tueurs ne retrouvent sa trace. Fabrieze défenestre un membre de la mafia, puis il se réfugie, blessé par balle, dans une chambre où séjourne un couple adultère. L’hôtel est bouclé et finalement évacué. Stone et Keller fouillent méthodiquement l’immeuble, à la recherche des deux autres tueurs du trio et du boxeur.

Cet épisode propose une vaste chasse à l'homme palpitante dans un hôtel de renom, qui est un véritable labyrinthe. Ce huis-clos ne génère pas d’enquête habituelle, mais un très bon suspense agrémenté de scènes d’action captivantes. L’interprétation est excellente, et on assiste à plusieurs histoires parallèles qui ne perturbent pas la trame principale : la femme infidèle, soucieuse de garder l’anonymat, l’ancien flic traumatisé, le boxeur lâché par son épouse. Après un début assez lent – Stone et Keller n’apparaissent qu’à la treizième minute – l’intrigue s’emballe et tient en haleine jusqu’au dénouement.

Cavalcades dans les escaliers, courses dans les couloirs de l’hôtel, jeux d’ascenseur et fusillades sont au menu de cette aventure classique mais efficace, qui se termine avec Mike Stone pris en otage sur le toit de l’hôtel.

‘I guess we got him bottled up alright, it’s just that the bottle’s too big’

o Michael McGuire (1934) jouera dans deux épisodes de la cinquième saison : Castle of Fear et Time Out. Il a participé à deux reprises à Kojak.

o Don Gordon (1926), le boxeur Tony Fabrieze, a joué dans un autre épisode de la série, Superstar, saison 4. Il était ami avec Steve McQueen et il tourna dans trois de ses films (Bullitt, Papillon, La tour infernale), ainsi que dans de nombreuses séries, dont quatre épisodes des Incorruptibles.

o Michael Strong (1918-1980) a joué dans trois autres épisodes de la série : A Room with a View, saison 1, Clown of Death, saison 4, et The Cannibals, saison 5.

o Shelly Novack (1944-1978) a participé à deux autres épisodes de la série, Hall of Mirrors, saison 1, et The Honorable Profession, saison 4.  Il est le sergent Charlie Benson dans la série Section contre-enquête (Most Wanted) avec Robert Stack, Jo Ann Harris et Hari Rhodes. Grand sportif, il décéda d'un arrêt cardiaque à 34 ans.

o Del Reisman (1924-2011) a écrit l’histoire de deux autres épisodes : In the Midst of Strangers et A Room  with a View, de la première saison. Il est ‘associate producer’ de 24 épisodes des Incorruptibles.

o 3000 (Three thousand) est effectivement le code de la police de San Francisco pour ‘blockade’ (blocus).

o Lieu de tournage : l’hôtel Mark Hopkins.

http://www.intercontinentalmarkhopkins.com/

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23. LE SOLITAIRE
(SOLITAIRE)

Keller est blessé et Stone doit faire équipe avec un policier des narcotiques très individualiste pour briser une filière de la drogue.

La saison s'achève sur une bonne note avec cet épisode qui voit se confronter deux policiers au look et méthodes totalement opposés, Mike Stone de l'homicide et Al Wozynsky des narcotiques ; le premier rétribue ses indics et le second reproche au lieutenant d'être connu par la moitié de la ville depuis 23 ans et d'avoir éventé sa couverture !

L'intérêt de l'histoire réside dans la méfiance envers Wozynsky et l'incertitude est palpable jusqu'au final, qui n'est, malheureusement, pas à la hauteur du reste de l'épisode. Keller est blessé à la jambe lors de la fusillade de la scène d'introduction et il a un rôle plus effacé que d'ordinaire. Convalescent, il se déplace ensuite avec une canne et enquête sur ce nouveau partenaire de Stone superbement interprété par Tony Lo Bianco. Keller ne récolte que des points positifs mais Stone n'a pas confiance en ce policier au look hippie qui agit toujours en solo et il le soupçonne même de jouer double-jeu avec le parrain local.

Plusieurs autres scènes sont intéressantes à commencer par Stone qui arpente l'entrepôt après la fusillade (sur une musique martiale), tâte le pouls des deux morts et trouve Keller, blessé ; Stone rendant visite à Keller sur son lit d'hôpital, la mort du dealer par overdose, la visite d'Al à son père, la fausse engueulade Stone/Keller et l'épilogue sont également des moments captivants. Wozynsky, qui fait inévitablement penser à Serpico, se comporte en marginal et il va jusqu'à proposer son insigne au parrain afin de le piéger.

Stone découvre des explications à ses doutes (un peu tiré par les cheveux néanmoins) et il décide alors de laisser Wozynsky agir seul comme il en a l'habitude…

'Your face has been hanging up too long ; half the city knows you !'

o Tony Lo Bianco (1936) a souvent joué des rôles de truands ou de policiers. Il a participé à des classiques du genre, French Connection, Serpico, Police Puissance 7. Il est passé de l'autre côté de la caméra pour la série Police Story où il joue également le rôle de Tony Calabrese dans cinq épisodes.

o David Moody, Dobie, est un des terroristes preneurs d'otages dans Flags of Terror de cette même saison.

o Une phrase entendue dans presque tous les épisodes : 'Inspector 8.1 to Headquarters. We respond to…'

o L'épilogue est 'politiquement incorrect' : Stone arrête Al, déguisé en baba-cool (on ne le reconnaît pas), et il lui dit : 'You, with your long hair and dirty clothes !' et il lui botte les fesses pour le faire entrer dans la voiture.

o Cet épisode est le dernier des sept réalisés par Seymour Robbie.

o Une des plus grosses bévues de la production : Keller téléphone à Alice, la secrétaire du bureau des narcotiques, pour obtenir les rapports de Wozynsky mais aucune prise ne relie le téléphone au mur : on aperçoit nettement, au début et à la fin de la conversation, la base du téléphone d'où devrait partir le cordon.

o Dans l'épilogue, Keller se gare sur le trottoir pour bloquer le dealer mais, au plan suivant, la voiture est garée impeccablement le long du trottoir.

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Crédits photo : Paramount Home Entertainment.

Images capturées par Denis Chauvet.