saison  saison

Les rues de San Francisco (1972-1977)

Saison 3


1. LA DERNIÈRE TENTATIVE
(ONE LAST SHOT)



Au cours d'une interpellation, un officier de police, sous l’emprise de l’alcool, tue accidentellement son collègue. Il essaie ensuite de rejeter la responsabilité sur l'individu que les deux policiers tentaient d'appréhender.

Cet épisode est un drame social bien plus qu'une enquête policière comme certaines aventures de la seconde saison, mais La dernière tentative est nettement au-dessus des autres. Leslie Nielsen porte l'épisode sur ses épaules en étant Joe Landers, policier alcoolique, qui a tué son coéquipier, et ami, de longue date. Il tente de 'réparer' son erreur en essayant de liquider le suspect, témoin de sa culpabilité, mais il se méprend et tire sur Keller, sans le toucher, dans une scène forte de l'épisode. Lors du final inattendu dans les locaux de la police, Landers, acculé, décide de tuer Stone, que son esprit embrumé par l'alcool tient pour responsable. Keller avait pourtant compris la situation avant son supérieur. L'atout de l'histoire est le personnage interprété par Leslie Nielsen, prodigieux en flic dépendant qui sombre dans la déchéance.

L'épisode, au rythme lent, met l'accent sur les ravages de l'alcoolisme et le passage où Landers se saisit d'une bouteille dans son frigidaire est significatif. Il finit avec les clochards dans un drame où tous les personnages sont convaincants : Mel Shaffer, sa veuve, son fils ainsi que le suspect, ancien membre rangé d'un gang, et sa femme enceinte interprétée par la jolie Susan Strasberg, disparue trop tôt. Il n'y a pas de coupable mais seulement des victimes.

'It's a disease called loneliness'.

o Metteur en scène: William Hale; scénariste: Jack B. Sowards ; musique : Patrick Williams.

o Guest Stars: Leslie Nielsen, Jacqueline Scott, Robert Drivas (Special Guest Star), Susan Strasberg (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 12 septembre 1974 sur ABC.

o Troisième et dernière apparition dans la série de Leslie Nielsen (1926-2010). Après avoir été un clochard dans La légion des épaves et un flic condamné par une maladie dans Avant de mourir, il interprète ici l'officier alcoolique Joe Landers qui a abattu accidentellement son collègue.

o Jacqueline Scott (1932), qui joue Nina Shaffer, la veuve, est l’épouse du représentant, qui prend une auto-stoppeuse junkie et se voit entraîner dans un engrenage de meurtre et de chantage, dans Mésaventures de la première saison.

o Jock Mahoney (1919-1989), l’officier Mel Shaffer, le coéquipier de Landers, est le père de la jeune serveuse violée et assassinée dans Sans issue.

o Lieux de  tournage : Dolores Heights (les habitations des personnages Nina Shaffer, Joe Landers et du couple Graves, dont la maison a été démolie depuis). 

o Stone précise dans l'épilogue que 45 000 personnes sont frappées par l'alcoolisme dans la ville de San Francisco et 10 millions aux USA (1974).

o Landers se retrouve devant un orchestre de L'Armée du Salut. Ce mouvement religieux international fut créé en 1865 par William Booth qui disait entre autres : 'Tant qu'il y aura un alcoolique, je me battrai.'

o  Stone et Keller conduisent une Ford Galaxie 500 dans cette saison.

o Pat Williams fut nominé pour un Emmy pour la musique de cet épisode. Comme à chaque saison, la partition musicale du générique est légèrement différente de la précédente.

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2. LES ESPÈCES LES PLUS MORTELLES
(THE MOST DEADLY SPECIES)

Un parrain engage une tueuse professionnelle pour venger son fils assassiné par un rival. La femme devient la voisine de Steve Keller et elle séduit le policier afin d'obtenir les renseignements nécessaires.

Malgré quelques incohérences et un manque de scènes d'action, cet épisode fait partie des réussites de la saison. Les amateurs de séries US des années 70 reconnaîtront des têtes familières : Barry Sullivan, le mafieux, James Luisi, le tueur, et Joseph Ruskin, le croquemort. Brenda Vaccaro, en tueuse à contrats, est crédible et aux antipodes de son rôle de bleue de la première saison. On peut reprocher néanmoins que l'identité de Sydney soit révélée trop tôt ce qui empêche de partager l'effet de surprise de Keller dans le final. Les acteurs convaincants donnent un cachet aux scènes clés de l'histoire : la visite de Stone et Keller dans l'antre de Brennan, la découverte du cercueil à double fond, la rencontre Brennan/Sydney à l'église, l'assassinat de Davies à son bar et le final dans un décor grandiose.

Le réalisateur, Virgil W. Vogel, est un habitué de la série et il est gage de qualité ; la dernière image permet de voir, pour la première fois, l'appartement de Keller du ciel ce qui souligne le désarroi du policier après cette cruelle désillusion. Par contre, le scénario a quelques 'ratés'. Ainsi, on peut trouver la ficelle un peu grosse lorsque le témoin, récalcitrant, feuillette les fichiers de la police et qu'il est censé marquer une faible hésitation sur une photo ce qui donne à Stone l'identité de l'assassin.

On dit que l'amour est aveugle mais Keller a une attitude désinvolte très surprenante en révélant des détails de l'enquête à Sydney dès leur premier rendez-vous, ce qui permettra à la jeune femme de retrouver le tueur et de l'exécuter. Également bizarre qu'une tueuse professionnelle laisse des traces de rouge à lèvres sur les lieux d'un crime.

Quelques imperfections qui ne gâchent pas le plaisir d'un épisode également humoristique ; la curiosité et les taquineries de Stone sont savoureuses et la scène est exquise lorsqu'il frappe à la porte de Keller et qu'il se rend compte que son coéquipier a passé la nuit chez sa voisine : 'Cosy, side by side'. Il en profite pour essuyer paternellement la trace de rouge à lèvres sur la joue de Keller et la faire analyser subrepticement…

'All women don't dream of marriage.'

o Metteur en scène: Virgil W. Vogel; scénariste: Hesper Anderson; musique: Richard Markowitz.

o Guest Stars: Brenda Vaccaro, James Luisi, Barry Sullivan (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 19 septembre 1974 sur ABC.

o Brenda Vaccaro (1939) est la tueuse Sydney. Elle était Sherry Reese, une jeune officière de police traquée par un tueur en série dans Victime du devoir. Elle était également à l’époque la petite amie de Michael Douglas… ce qui a dû faciliter la scène du baiser !

o Barry Sullivan (1912-1994), Murray Brennan, le mafieux, a joué dans quatre autres épisodes de la série ; dans Dernière heure, il joue un journaliste renommé qui tue accidentellement sa maîtresse dans un excès de jalousie et dans Le feu dans la ville, il interprète un chef d’entreprise, dont le fils tente de rembourser des dettes de jeu en engageant un incendiaire. Il  sera également un otage dans l'épisode en deux parties, Les assassins.

o Steve Sandor (1937-2017), le mafieux Charley Albanese, est le tueur qui abat le témoin dans les locaux de la police lors de la séquence d’ouverture d’Information mortelle.

o Joseph Ruskin (1924-2013) est un habitué des séries US. Il tourna, entre autres, dans six épisodes des Incorruptibles.

o Lieux de tournage : la scène d'ouverture fut filmée à Candlestick Park, démoli en 2015, pendant un match entre les Giants et les New York Mets. Union Street (l’appartement de Keller et de Sydney), l’église  St. Anthony of Padua, démolie suite à un incendie l’année suivant le tournage (la rencontre Brennan / Sydney),  The Connection (Noe Valley). La scène finale fut tournée au Palace of Fine Arts, Palais des Beaux-Arts, qui se trouve dans le quartier de la Marina. Il s'inspire de l'architecture classique grecque et romaine et fut déjà le théâtre d’une fusillade du Traquenard de la première saison. 

o Lorsque Sydney s'approche de la limousine d'Albanese, la fenêtre est ouverte mais elle ne l'est plus au plan suivant.

o Mike Stone a plus d’envergure que son collègue que cela soit pour les répliques humoristiques (au croquemort : ‘Stick to bury one body at a time’) que dans le développement du personnage qui veille tard au bureau, travaille en mangeant et prend le soin de nettoyer les miettes.

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3. LA CIBLE
(TARGET: RED)

Un ancien agent de la CIA est engagé par des militaires à la retraite pour abattre un dignitaire chinois en visite à San Francisco.

L'épisode est centré, comme le précédent, sur un tueur à gages. Jerry Schilling, l'impitoyable assassin et ex-agent de la CIA, qui, tel un magicien, brise le cou de ses victimes comme un fétu de paille, est interprété par Bill Bixby, barbu pour l'occasion. Si on peut croire à l'inhumanité de cet individu (le passage à l'hôpital avec son jeune fils handicapé fait froid dans le dos), les relents de Guerre froide font inéluctablement dater l'épisode avec les références à Kennedy, la baie des Cochons et la guerre de Corée.

Il n'y a pas d'interprétation inoubliable ; Bill Bixby est bon, sans plus, Andrew Duggan incarne le général à la retraite Robert West, une caricature primaire de l'anticommunisme (commie en VO) mais on a le plaisir de revoir Linda Marsh et la ravissante Cheryl Miller dans un petit rôle. Quelques scènes intéressantes ; Myrna, l'ex de Schilling, fait un plaidoyer contre la CIA, organisation qui détruit ses agents psychologiquement jusqu'à les rendre méconnaissables, alors que Stone est attendri devant le bébé mais l'histoire est alourdie par trop de blablas idéologiques militaires. A noter la scénette émouvante quand Myrna supplie Stone de lui laisser le jouet. 

L’enquête est aussi tirée par les cheveux, ce qui empêche de mettre plus de deux en notation. Il y a d’abord le ticket de caisse de la pharmacie dans le sac du jouet pour l’enfant, qui permet de localiser le bateau de Schilling/Pine, puis le reçu du coffre de la banque retrouvé dans la main de la prostituée supprimée. Cela fait beaucoup pour un assassin méticuleux et…un scénariste en manque d’imagination. Le tueur effectue de nombreux trajets en ville sans être inquiété jusqu'au moment où Keller l'aperçoit, vraiment par hasard, en compagnie de la prostituée. Il se rase chez sa victime puis se déguise en nonne en oubliant que les religieuses se déplacent toujours par deux (bien vu, Stone !). Le final est le meilleur passage de l'épisode : Schilling s'installe avec son fusil à balles explosives dans le clocher d'une église et Keller n'a pas d'autre choix que de l'abattre.

Un épisode moyen où le mariage d'histoire policière et d'espionnage n'est pas convaincant.

'He died a long time ago.'

o Metteur en scène: Barry Crane ; scénariste : Rick Husky ; musique : John Elizalde.

o Guest Stars: Bill Bixby, Andrew Duggan, Linda Marsh.

o Cet épisode a été diffusé le 26 septembre 1974 sur ABC.

o Bill Bixby (1934-1993), Jerry Schilling, le tueur, est connu pour les séries Le magicien et L'incroyable Hulk. Il jouera dans un second épisode de la série.

o Andrew Duggan (1923-1988) est le capitaine Malone dans le pilote et il a joué dans de nombreuses séries US : Le fugitif, Les envahisseurs, Cimarron, L'homme de fer, Cannon, Hawaii police d'état (sept épisodes).

o Linda Marsh (1939), l'ex femme du tueur, est…. l’ex femme du sergent déserteur prêt à tout pour récupérer son fils adopté dans Une adoption illégale.

o Cheryl Miller (1943) est Kimberly, la prostituée (‘you’re irresistible’). Elle est Paula Tracy dans 89 épisodes de la série Daktari (1966-69). Elle ne tourne plus depuis 1980.

o William Bramley (1928-1985) est John Condon, le supérieur de Stone. Il a joué dans trois autres épisodes de la série dont un autre dans le même rôle, Le solitaire (dernier épisode de la troisième saison). Il est l’officier Pete Morgan blessé dans la fusillade au début de La licorne et le chef des agents de libération sur parole dans Liberté sur parole.

o Byron Morrow (1911-2006), l’homme du ‘State Department’, est le collectionneur fortuné assassiné dans Le timbre de la mort.

o David McLean (1922-1995), le capitaine du port, a un rôle équivalent dans Dernière heure et La licorne.

o Lieux de tournage : Candlestick Park (la rencontre West/ Schilling), la prise de vue extérieure de l'hôpital pour enfants est Shriners Children’s Hospital, San Francisco International Airport, l’église Saints Peter and Paul à Filbert Street.

o Lorsque Keller précise que tout le monde veut une arme, Stone parle de son voisin en commençant par : ‘Tell me about it’…une phrase souvent dans la bouche de son collègue chauve new-yorkais.

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4. MASQUE DE MORT
(MASK OF DEATH)

Un comédien se travestit en femme sur scène et ce rôle lui monte à la tête. Atteint d'un dédoublement de personnalité, il tue mais ne se souvient pas de ses crimes.

Un épisode très particulier que tout fan se rappelle d'avoir vu, même des décennies plus tard.

L'histoire de ce comédien schizophrène à double personnalité trouve son apogée lors de la scène impressionnante où Ken Scott est menacé par son double féminin, Carole Marlowe, par miroir interposé. Une lutte interne entre le mal et le bien ; 'elle' tue mais 'il' ne s'en souvient pas. Scott se transforme en Carole Marlowe car il est subjugué par cette actrice des années 30 et, désireux de se venger de son père, un voyageur de commerce toujours absent, il tue les représentants qu'il rencontre à l'aide d'une longue aiguille à cheveux.

Il y a de nombreuses scènes intéressantes, certaines n'ont aucune incidence sur l'histoire, comme Stone et le squelette au début. D'autres sont très significatives comme la transformation soudaine de Scott en Marlowe sous les yeux horrifiés de sa petite amie, l'assassinat du chauffeur, qui a tout compris, en haut des escaliers (scène directement inspirée de Psychose) et le final angoissant où Stone et Keller pistent le criminel dans sa maison.

La performance de John Davidson fait de l'ombre aux autres seconds rôles mais il faut noter la (trop) courte participation d'Anne Helm en bikini. Organisateur d'une soirée, son personnage, Bobo Stanfield, met les policiers sur la piste du comédien en draguant ouvertement Keller sous l'œil amusé de Stone : 'Inspector, call me sometime !'. Le groom de l'hôtel sera également prépondérant en décrivant 'la femme' comme un personnage sorti d'un film des années 30.

Un excellent épisode qui souffre néanmoins à la rediffusion, principalement à cause des trop longues scènes de cabaret.

'It's like dealing with a three-headed monster.'

o Metteur en scène : Harry Falk ; scénariste : Robert Malcolm Young ; musique : Richard Markowitz.

o Guest Stars: John Davidson, Herb Edelman, Marianne McAndrew, Anne Helm, John Fiedler.

o Cet épisode a été diffusé le 3 octobre 1974 sur ABC.

John Davidson reçut une critique enthousiaste unanime pour sa personnification d'une femme meurtrière.

o Harry Falk, le metteur en scène, fut nominé pour un Emmy dans sa catégorie pour cet épisode.

o Jerry Young, le monteur, fut nominé pour un Emmy dans sa catégorie pour cet épisode.

o Le personnage Carole Marlowe est une référence à Carol Channing. En effet, l'aspect physique est ressemblant et elle fut la première à chanter Diamonds are a Girl's Best Friend. Cette chanson, reprise avec succès par Marilyn Monroe, est interprétée par Scott/Marlowe avec la voix de Craig Russell dans l'épisode. On entend également My Heart Belongs to Daddy.

o Lieux de tournage : la première scène d’intérieur fut tournée au Fairmont à Nob Hill et la maison de Ken Scott se situe dans le quartier Pacific Heights.

o Herb Edelman (1933-1996), l'impresario, est l’un des malfrats qui dérobent un fourgon blindé contenant de l’or radioactif dans L’or mortel. Il tourna dans de nombreuses séries dont, peu avant son décès, dix épisodes d'Arabesque dans le rôle du lieutenant Gelber.

o Anne Helm (1938), Bobo Stanfield, est canadienne. Elle a fait plusieurs activités, de showgirl à 16 ans à décoratrice de livres pour enfants. Elle a joué aussi dans de nombreuses séries : Les incorruptibles, Le fugitif, Match contre la vie (cinq épisodes), La grande vallée, Hawaii police d'état, Le justicier. Elle ne tourne plus depuis 1986.

o Denny Miller (1934-2014), la première victime dans la chambre d’hôtel, le représentant à une convention, qui ne s’aperçoit pas qu’il va embrasser goulument un travesti, est le chauffeur du tueur de l’épisode Coup monté.

o Phillip Pine (1920-2006) est le sergent Woody Foster, qui s’entretient avec Stone et Keller sur un meurtre similaire non résolu dans le même hôtel (la première scène des policiers). Il est le commercial que la prostituée essaie de racoler dans la première scène du Premier jour de l’éternité et Dave, le policier qui enquête à l’hôtel d’Eddie, lorsque celui-ci, traqué, était attendu par deux tueurs à sa chambre dans Ma maison est une prison.

Un jeu de mots sur 'tip' : le maitre d'hôtel tend la main à Stone, par habitude, pour un pourboire (tip). Il vient d'évoquer Carole Marlowe, un tuyau (tip) pour les policiers !

o L’avis de Stephen King sur l’épisode: ‘One of the scariest episodes of television ever produced’. [Un des épisodes les plus effrayants que la télévision a produit].

o La ‘notion’ était primordiale dans l’élaboration d’un épisode. Elle se constituait d’une ou deux pages avec le début, le milieu et la fin de l’histoire. Quinn Martin l’approuvait et un scénariste était alors désigné pour la rédaction. Ce scénario était retravaillé avant le tournage pour être en accord avec les personnages de la série. Il y a des exemples de ‘notions’ dans le livre: The Hard Breed, Winterkill, Mask of Death (The Streets of San Francisco: a Quinn Martin TV Series, James Rosin).

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5. LES DÉSERTEURS
(I AIN'T MARCHIN' ANYMORE)

Steve Keller infiltre un groupe de déserteurs de la guerre du Vietnam afin de démasquer le meurtrier d'un de ces insoumis.

Cet épisode est politique, plutôt marginal, enraciné dans son époque et, par conséquent, très difficile à évaluer. Exceptionnellement, la voix-off du générique situe l'histoire dans son contexte car l'action, ainsi que le tournage, se déroule au printemps 74, alors que la désertion est toujours un crime. La diffusion eut lieu presque un mois après l’amnistie, ce qui nécessite ces explications du début de l’épisode.

L'intérêt de l'épisode est la différence d'opinion des deux policiers sur ce sujet très épineux qui divise l'Amérique (le docteur aide les déserteurs et l'enseignante à la retraite ne veut rien savoir). Si Keller prend cause pour les fugitifs, surtout après la visite chez les parents et le sermon de Kathy, la petite amie du mort, Stone reflète la tranche conservatrice dans une scène forte où Kathy lit la lettre accusatrice du défunt ('I think it's a great country. Speaking for myself, it may be the best').

Malgré un excellent début (l’appel aux parents, l’aperçu de la petite amie au métro, le rendez-vous fatal) et une confrontation finale intéressante, l'intrigue est banale ; Keller, chaussé de lunettes rondes, est infiltré dans la ferme des déserteurs et il démasque l'assassin qui a tué pour camoufler un crime de guerre. Après hésitation, les autres fugitifs aident le policier à maitriser le meurtrier avant de s'éclipser.

'Policemen didn't get drafted, did they ?'

o Metteur en scène : Paul Stanley ; scénariste : Albert Ruben.

o Guest Stars: Michael Burns, Renne Jarrett, Don Stroud (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 10 octobre 1974 sur ABC.

o Le 16 septembre 1974, le président américain, Gerald Ford, offre une amnistie conditionnelle à toutes les personnes considérées comme déserteurs. Les conditions de l'amnistie sont restrictives, et ceux qui la demandent ne sont pas complètement innocentés. Ils doivent servir et prêter serment à leur pays pendant 24 mois. Les réfractaires réfugiés au Canada, comme dans cet épisode, ainsi qu'en Suède, en France et en Grande-Bretagne, ont en grande majorité boycotté l'amnistie de 1974.

o Michael Burns (1947), l'assassin, est le tueur pervers ‘O.P.’ de l'excellent épisode Victime du devoir de la première saison. Il reviendra une troisième fois lors de la quatrième saison. Il eut une carrière d'historien (récompensé pour ses écrits sur Dreyfus), d'écrivain et d'enseignant. Il élève dorénavant des chevaux dans le Kentucky.

o Don Stroud (1943) est le violeur et meurtrier de la serveuse, interprétée par Cheryl Ladd, dans Sans issue. Il était un des meilleurs surfeurs au monde. Il joua souvent des rôles de salopard à l'écran. Il est le criminel Ringerman poursuivi par Coogan/Eastwood dans Un shérif à New York. Également vu dans Police sur la ville avec Richard Widmark et dans de nombreuses séries policières. Dans la vie, c'est différent : après le crash d'un petit avion, il sauva la vie d'un pilote et il perdit l'usage d'un œil en secourant un homme agressé à Greenwich Village au début des années 90.

o Gaye Huston (1944), la jeune femme qui s’occupe de l’organisation de la ferme, est la mère de famille violée dans Les victimes.  

o Richard Bull (1924-2014), le père de la victime, est Harry, le coroner, des épisodes Une collection d’aigles et Dernière heure.

o Jay Jacobus (1921), le directeur de l’école, est le manager de l’hôtel d’Au milieu des étrangers, le juge dans L’albatros et le père richissime de la conquête du meurtrier de Trahie.

o Lieux de tournage : Market Street (le cabinet médical), San Francisco City Hall (Stone s'entretient avec le membre du congrès dans les allées piétonnes devant la Mairie), Lime Point (sous le Golden Gate Bridge), San Gregorino en Californie (le magasin d’alimentation).

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6. UNE CHANCE DE VIVRE
(ONE CHANCE TO LIVE)

Une femme est persécutée par un individu qui tente de la renverser avec sa voiture. Arrêté, le psychopathe est relâché, faute de preuves, mais il n'a pas abandonné son funeste projet.

Cette histoire promet beaucoup avec la première scène mais elle sombre petit à petit dans le classique.

Stone doute de la véracité des propos alarmistes de Martha Howard, une femme d'âge mûr très solitaire, qui a déjà contacté la police à plusieurs reprises, mais elle enregistre un appel menaçant. Elle veut aussi cacher sa relation avec un ministre canadien marié. Joanne Linville est peu crédible en maîtresse et on se demande qui a engagé Bobby Nelson, bien dérangé, pour la trucider : le ministre qui en a marre d'une maîtresse vraiment quelconque pouvant briser sa carrière ou l'épouse jalouse qui attendait un bouquet de fleurs qui n'est jamais venu. Que nenni ! Le type veut tout simplement se venger d'avoir perdu sa place chez un fleuriste !

Un scénario épais comme du papier cigarette étoffé par un copycat de L'inspecteur Harry : Bobby Nelson est relâché car il n'y a pas de preuve puis il s'arrange pour se faire rosser et faire accuser Keller de brutalité policière. Du déjà vu et n'est pas Scorpio qui veut !

Même la fin, à l'aéroport, est bancale. Stone blesse Nelson, qui allait balancer Martha dans le vide, et l'individu saute. Il y a heureusement les trois acteurs connus de la série qui, sans être transcendants, font passer un bon moment.

'Solitude is a welcome color.'

o Metteur en scène : Seymour Robbie; scénariste : David Friedkin ; musique : Billy Byers.  

o Guest Stars: Joanne Linville, Steven Keats, Pippa Scott, Edward Mulhare (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 17 octobre 1974 sur ABC.

o Joanne Linville (1928), Martha Howard, est la femme du policier condamné dans Avant de mourir. Elle a participé à d'autres séries cultes : Le fugitif, Les envahisseurs, Star Trek, Hawaii police d'état, Columbo, Kojak.

o Steven Keats (1945-1994), Bobby Nelson, le harceleur, est le dealer de l’épisode Expédition punitive. L'acteur s’est suicidé à l'âge de 49 ans.

o Edward Mulhare (1923-1997), le ministre, est l'excellent tueur psychopathe de La tragédie de la tour avec Stefanie Powers.

o Paul Cavonis (1937) est aussi le District Attorney dans Avant de mourir.

o Woodrow Parfrey (1922-1984), l’avocat de Nelson, est l’informateur Doc dans Le timbre de la mort.  Il a tourné plusieurs fois dans des films avec Eastwood : L’inspecteur Harry, Josey Wales, hors la loi, Bronco Billy.

o Bern Hoffman (1913-1979) a un rôle similaire de gardien d’immeuble dans Comme un poisson dans l’eau et il est le convoyeur assassiné de L’or mortel.

o Lieux de tournage : North Beach (la poursuite de la première scène, l’appartement de Nelson), Webster Street (l’appartement de Martha), Sausalito (le politique et sa maitresse au restaurant), la mairie et les allées environnantes, Stow Lake (Stone et Keller se promènent dans le parc),  l’aéroport de San Francisco (final).

o Un peu de sexisme des années 70 : lorsque Stone évoque la maitresse du politique canadien, jugeant qu’elle n’est pas ‘exactly a centrefold’ (une pin-up), Keller raconte qu’il était amoureux de sa prof d’histoire même si elle marchait comme un pigeon, parce qu’elle avait néanmoins quelque chose. Tout le charme de ces vieilles séries !

o Lors de la promenade dans le parc, Stone essaie de raisonner Keller en lui expliquant que la procédure est normale, de regarder la situation d’un autre point de vue, et compare des méthodes policières à la Gestapo…tsss des propos démagogiques qui ne collent pas du tout au personnage….

o À noter l'erreur de nombreux sites qui stipulent que c'est l'épouse qui a engagé Nelson pour tuer sa rivale. Les inconvénients du net et des pompages…

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7. LE FILS DE JACOB
(JACOB'S BOY)

Un clochard fait chanter un homme qui pense avoir commis un meurtre. Après la mort accidentelle du maître-chanteur, l'individu prend la fuite de peur que son passé le rattrape.

Une histoire lente, bavarde et ennuyeuse. Stone et Keller retrouvent facilement le client de la teinturerie et les trois quarts de l'épisode sont consacrés aux agissements de Jacob Willis dans un pénitencier vingt-cinq ans plus tôt.

Dès le début, les dires du clochard à ses deux acolytes dans le bar nous apprennent que Willis est innocent. En fait, l'histoire tourne autour de Willis, homme de couleur, qui a élevé le fils de son patron et sur la relation ambiguë, plus que paternelle, qui lie les deux hommes. Le fils voue une admiration à l'homme qui l'a éduqué, plus qu'à son père ; tout est suggéré car les relations homosexuelles dans les années 70, surtout entre Noirs et Blancs, étaient taboues.

Bref, beaucoup d'ennui, peu d'enquête, pas d'action, à part la dispute et l'arrestation des clochards, et, seuls, Brock Peters et la partition musicale sont à retenir.

'He took the money we got from the black guy.'

o Metteur en scène: Harry Falk ; scénariste : Paul Savage.

o Guest Stars: Brock Peters, Mitch Vogel, Dabney Coleman, Robert Walden (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 24 octobre 1974 sur ABC. 

o Brock Peters (1927-2005), Jacob, a fait l'éloge de Gregory Peck à ses funérailles en 2003. Il est décédé d'un cancer du pancréas en 2005.

o Lieux de tournage : The Embarcadero (le bar et la rencontre avec les clochards), Mission Street (la bagarre des deux clochards), Cazadero en Californie (le restaurant et l’arrêt de bus). 

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8. LES FANIONS DE LA TERREUR
(FLAGS OF TERROR)

À leur arrivée au port de San Francisco, des terroristes sont repérés par les douanes et sèment la panique. Ils terminent leur cavale sur une péniche avec des otages dont l'inspecteur Steve Keller capturé par la femme du commando.

L'épisode démarre tambour battant avec une fusillade et la poursuite mouvementée de la camionnette rouge des terroristes par les véhicules de police. Repérés par un douanier tatillon, les révolutionnaires ne peuvent accomplir leur volonté initiale, l'attaque d'une ambassade, mais ils veulent faire parler d'eux.

Deux ans après la sinistre prise d'otages des J.O. de Munich, ce genre d'évènements était répandu dans les scénarios de séries et l'originalité de cette version est l'appareil-photo qui sert de détonateur à la bombe (Keller servira de négociateur avec l'engin dans le dos).

Après un premier quart d'heure tonitruant, l’action se fige dans un bassin portuaire et fait place  à une tension palpable, où les quatre otages se retrouvent à la merci d’un commando de révolutionnaires. Un statu quo pesant où Keller use de psychologie et Stone essaye d'élaborer un plan, et l’excellente séquence de diversion provoquée par Keller permet de connaître le chiffre pour désamorcer la bombe.

Le père de la jeune femme, tuée par une balle perdue, donne du rythme au script en abattant un terroriste qui menaçait Keller et il aura un rôle prépondérant dans le final, mais on se demande comment il a pu passer les différents barrages. A noter le discours de Stone au journaliste pour son parti pris, une notion toujours d’actualité des décennies plus tard…

'The cunning of the criminal mind.'

o Metteur en scène : Virgil W. Vogel ; scénariste : Jerry Ziegman.

o Guest Stars: Carl Franklin, Katherine Cannon, Robert Hogan, Elliott Street.

o Cet épisode a été diffusé le 31 octobre 1974 sur ABC.

o Virgil W. Vogel (1919-1996), le réalisateur le plus prolifique de la série (29 participations), est le metteur en scène de cet épisode.

o Robert Hogan (1933), Mr Warren, le père de la jeune fille tuée, est le membre de la convention pris pour Rankin au début de l’enquête de l’épisode Mésaventures de la première saison. 

o Richard Eastham (1916-2005), le journaliste Leist, est le politique assassiné au début d’Au milieu des étrangers

o La première scène se déroule à Tokyo. Il est rare que la série quitte la Californie, a fortiori les USA.

o Lieux de tournage : le port de San Francisco (Piers 33 & 35), Transamerica Pyramid (qu'on aperçoit plusieurs fois lors de la poursuite), Central Basin.

o Le terroriste passe à Keller ses propres menottes dans le dos et il dit au policier qu'il ira où ils iront en parodiant la chanson de Bob Dylan : 'Going, going, gone'. La chanson est extraite de l'album Planet Waves, sorti en janvier 1974, année du tournage de l'épisode.

o Un peu d'humour lorsque Mike Stone se présente 'SFPD'. Réponse du terroriste, faisant allusion à Keller, prisonnier :'Thanks, but we already got one !' [Merci, mais on en a déjà un !]

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9. APPEL AU SECOURS
(CRY HELP!)

Un jeune garçon perturbé est suspecté d'avoir tué le beau-père d'un copain. Stone et Keller vont mettre à jour un drame familial particulièrement douloureux.

Ce n'est pas la première fois que la série met en scène des enfants, surtout dans des épisodes dramatiques.

C'est bien évidemment encore le cas dans cette sordide histoire d'enfant battu. Stone et Keller découvrent que Paul, 13 ans, a des traces de coups sur le corps et son beau-père est suspecté, mais celui-ci est tué lors d'une violente dispute avec Bonnie Harris, la mère de Paul, sous les yeux de deux enfants. Bonnie accuse l'ami de son fils, au lourd passé, de cet acte irréfléchi. Elle a déjà menti en parlant d'un manque d'équilibre pour expliquer les ecchymoses. Veut-elle couvrir son fils pour le meurtre ? On ne voit pas la scène et on entend seulement le coup de feu, le point de vue des voisins. Néanmoins, on soupçonne très tôt la vérité même si celle-ci est moche. Beaucoup de dialogues ont leur signification à la rediffusion. 

Rapidement, Stone et Keller doutent de la culpabilité du jeune garçon et ils vont découvrir une histoire glauque. Les deux policiers trouveront le refuge des enfants et la confrontation résoudra l'affaire. Mariette Hartley est impressionnante dans ce rôle d'une mère qui bat son fils de 13 ans qu'elle pense responsable du départ de son premier mari. Elle refuse d'assumer l'assassinat et elle préfère accabler un enfant déjà traumatisé. Sa froideur est plus dérangeante que celle d'un tueur à gages et la dernière scène, lorsqu'elle tourne le dos à son fils qui l'adore, est une des plus fortes de la série.

The Streets of San Francisco n'a pas que l'étiquette policière et le qualificatif dramatique est plus adapté à ce genre d'épisodes qui souffrent souvent de quelques longueurs. On oublie parfois que le thème de la série est tout ce qui se passe dans les rues de la ville. Stone répond d'ailleurs à l'éducateur, qui souligne que la rue est son bureau : 'This is your private office ? I've always thought it was mine.'

o Metteur en scène : Corey Allen ; scénaristes : Larry Brody & Leonardo Bercovici.

o Guest stars: Mariette Hartley, Clint Howard, David Gruner, Marge Redmond.

o Cet épisode a été diffusé le 7 novembre 1974 sur ABC.

o Le réalisateur, Corey Allen, fut nominé pour un DGA (Directors Guild of America) dans la catégorie 'Mise en scène de série dramatique'.

o Ray Daniels fut nominé pour un Emmy pour le montage de cet épisode.

o Mariette Hartley (1940), Bonnie Harris, a participé à un autre épisode de la série, Information mortelle, dans le rôle d'Andrea McCormick, policière suspectée de trahison. Voir la photo.

o Clint Howard (1959), Tommy, l'ami de Paul, est Billy, un des trois gamins qui cambriolent la maison d'un vieil homme dans Le mort vivant de la première saison.

o William Jordan (1937), le beau-père assassiné, est l’officier spécial qui désamorce les bombes dans Le troisième âge se rebiffe.

o Lieux de tournage : Sanchez Street (la maison des Harris), Wisconsin Street (la maison des Sanders) avec le port en arrière-plan, Market Street (la patrouille repère Tommy), Indiana Street (l’entrepôt où les enfants se réfugient).

o Stone demande au policier… Sekulovich d'amener Bonnie. C'est un clin d'œil personnel car Sekulovich est le nom serbe de Karl Malden, Mladen Sekulovich. Le personnage apparaîtra de nouveau dans l'épisode suivant et dans quelques autres aventures.

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10. POUR LE BIEN OU LE MAL
(FOR GOOD OR EVIL)

Stone essaie d'empêcher un jeune de tomber dans les mailles d'un gang auquel appartient déjà son frère mais, témoin d'un meurtre, il demande du travail au tueur plutôt que de le dénoncer.

Un très bon épisode qui met en évidence l'influence des gangs, véritable fléau aux USA.

Hari Rhodes est grandiose en Karpa, un chef de gang cynique et manipulateur. Il agrandit son territoire en éliminant un concurrent et en essayant de faire accuser l'autre. Il a deux frères sous sa coupe et il tente, vainement, de faire assassiner le plus jeune, Paul, par l'aîné, Jimbo. Il y a un peu de suspense et on se demande même si Jimbo ne va pas passer à l'acte.

Le gang est constitué pratiquement exclusivement de jeunes Noirs, ce qui était le cas dans les années 70 avant que les Portoricains, entre autres, ne prennent le relais. La seule exception est l'indic de Keller, Lori, la stripteaseuse, qui permet au policier de retrouver l'arme du crime, mais elle a été manipulée et elle sera sacrifiée par une overdose une fois sa mission accomplie. Mike Stone a autant le rôle d'un éducateur que d'un policier en voulant remettre Paul sur le droit chemin.

La confrontation entre les deux hommes sur les toits est une scène très intéressante. Paul a reçu l'ordre de Karpa de liquider Stone, devenu gênant, mais le policier lui assène une bonne gifle et le jeune Noir, incapable de franchir le pas, décampe arme à la main. Les deux frères sont dorénavant menacés et Paul a recours à Stone pour sauver Jimbo.

Malgré un final et une fusillade un peu escamotés, cet épisode est de bonne facture et la prestation d'Hari Rhodes ne laisse pas indifférent.

'Say hello to your dead friends.'

o Metteur en scène : Michael Caffey; scénariste : Mort Fine.

o Guest Stars: Mike Evans, Herbert Jefferson Jr, Hari Rhodes (Special Guest Star).  

o Cet épisode a été diffusé le 14 novembre 1974 sur ABC. 

o Hari Rhodes (1932-1992), le chef de gang, a joué dans sept épisodes de la série. Il est le laborantin de la police dans plusieurs épisodes de la première saison. Il joue un repris de justice dans Liberté sur parole. Il a un rôle récurrent dans les séries Section contre-enquête (Most Wanted) avec Robert Stack et Daktari.

o Lieux de tournage : Mission District (Stone est entraineur de basket-ball au gymnase John O’Connell) éloigné, contrairement à ce que laisse supposer le montage, de la scène de crime à Potrero Commons, le night-club de Karpa à North Beach ‘La Place’ est en fait  'The Yellow Brick Road' vu dans l’épisode Liberté sur parole (également avec Hari Rhodes).

o Au début de l'épisode, Mike Stone est entraîneur de basket pour des jeunes désœuvrés. Karl Malden fut effectivement joueur de basket-ball dans sa jeunesse. Il passa son enfance à Gary dans l'Indiana entre ses études, le basket-ball, le théâtre et la chorale de la paroisse.

o Un peu d'humour lorsque Stone demande à Keller comment il obtient ses rendez-vous galants aussi rapidement. Le jeune policier conseille à son supérieur de changer de tailleur !

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11. LES OISEAUX DE PROIE
(BIRD OF PREY)

Stone et Keller enquêtent dans l'armée de l'air pour retrouver un colonel qui a étranglé plusieurs femmes, mais les deux suspects ont des alibis qui les disculpent.

Un épisode moyen et même décevant si on prend en compte que le réalisateur est Virgil W. Vogel, le plus prolifique de la série.

La première scène avec les deux ombres à la fenêtre est très hitchcockienne et le témoignage du témoin pose les bases du récit : la femme a été assassinée par un militaire. Rapidement, Stone et Keller sont à la recherche d'un colonel blond de l'armée de l'air qui s'avère, en fait, être un tueur en série, spécialisé dans les femmes mariées à des pilotes. 

La trame est bonne avec deux suspects, et la présence de William Watson dans la distribution (le chef de la base) fait penser à l'entourloupe vu le nombre conséquent de rôles de méchants à son actif. Finalement, le suspense est bien gardé car on ne soupçonne pas le barman du Graf Zeppelin ; l'habit ne fait pas le moine !

Si l'histoire est plaisante, il n'en est pas de même pour le déroulement de l'épisode où l'étude des deux fausses pistes comporte quelques longueurs et l'infiltration de Keller en militaire est ridicule et pas crédible. D'ailleurs, on savoure son état, autant que Stone, après son passage dans l'avion de chasse : 'The film is ready. Are you ready ?'.

La longue séquence finale dans les airs plombe l'épisode car le dénouement est prévisible et les nombreuses images d'archives, utilisées par toutes les séries, y compris The Avengers, lorsque l'armée est impliquée, font figure de remplissage.

Une histoire intéressante mais un épisode décevant malgré une solide distribution.

'Inspector, that kind of women is never alone.'

o Metteur en scène : Virgil W. Vogel; scénariste : Guerdon Trueblood.

o Guest Stars: Dennis Cole, William Watson, Kaz Garas, Christopher Stone (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 21 novembre 1974 sur ABC.

o Dennis Cole (1940-2009), Peter Johnson, un des deux colonels suspectés, était connu des amateurs de séries et c'est d'ailleurs après une apparition dans la série Drôles de dames qu'il épousa Jaclyn Smith, mariage qui dura trois ans. Ses nombreux problèmes d'alcool et la mort brutale de son fils ont marqué la fin de sa vie.

o William Watson (1938-1997) était le flic Dedini, collègue de Stone, dans les épisodes Pas d’insigne pour Benjy et surtout l'excellent Coup monté (tous deux, saison 2).

o Kaz Garas (1940), le deuxième colonel suspecté, est l'assassin d'un enfant dans L’albatros et le pyromane dans Le feu dans la ville, et il sera présent dans l’ultime épisode de la série.

o Christopher Stone (1942-1995), le barman, est le cambrioleur qui abat le gardien et un membre de la bande de truands dans Le vol des sauterelles. Il a commencé sa carrière dans Les bannis et il est apparu dans de nombreuses séries. Il est décédé d'un arrêt cardiaque.

o Brendan Burns, le jeune témoin qui intervient au début de l’épisode, est le badaud qui renseigne Eddie après l’assassinat du propriétaire du magasin dans Ma maison est une prison.

o Lieux de tournage : Pacific Avenue (le bar Graf Zeppelin, très tôt dans l’enquête car Stone trouve une pochette d’allumettes du bar sur les lieux du crime), la base USAF McClellan (fermée depuis), Baker Street (la maison de la tante de Danielson) avec la vue en arrière-plan sur le Palace of Fine Arts.

o Dennis Cole et Michael Douglas ont des coupes de cheveux qui rendent leur appartenance au personnel de l'armée de l'air peu crédible. (Source : TV.com).

o Il est bien sûr fait référence à la guerre du Vietnam et aux conditions de détention des prisonniers (vidéo du psychiatre). Cela n'est pas la première fois dans la série car cette guerre a laissé de nombreuses cicatrices dans la société américaine, particulièrement dans les années 70.

o On apprend que Stone fut sergent dans les Marines. Quant à Keller, il est surprenant de le voir en militaire infiltré après son rôle de déserteur dans Les déserteurs.

o En VO, une femme du bar décrit le soldat en stipulant qu'il avait une DFC ; la 'Distinguished Flying Cross' est une distinction militaire pour conduite héroïque dans l'armée de l'air américaine.

o Dans la dernière scène, Stone prend le volant, fait exceptionnel, en précisant à Keller qu'un lieutenant doit conduire un capitaine (après le vol en avion de Keller) mais qu'une fois n'est pas coutume !

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12. PERMIS DE TUER
(LICENSE TO KILL)

Un ancien collègue et ami de Mike Stone revient à San Francisco. Le lieutenant enquête justement sur un tueur soupçonné d'avoir assassiné le fils de cet homme cinq ans auparavant. Ce retour est-il une simple coïncidence ?

Cet épisode, réalisé comme le précédent par Virgil W. Vogel, est passionnant à plus d'un titre.

Stone est ravi d'héberger Barney Lujack (très bon Murray Hamilton), son coéquipier pendant neuf ans, et cela permet d'avoir un aperçu du logement et des habitudes du policier. Dans l'excellente première scène, on voit Barney tirer et blesser un tueur qui vient apparemment d'exécuter un contrat. Le spectateur sait donc que cet homme n'est pas en paix avec lui-même, quoi qu'il en dise à Stone, et on vit l'histoire plutôt par l'œil de Keller, très méfiant du retour de ce vieil ami. En fait, Barney se sert de sa couverture de détective privé pour liquider les trois tueurs soupçonnés d'avoir assassiné son fils, qui était également policier. Barney a eu une dépression nerveuse à cause du drame et a dû quitter les forces de l’ordre.

Waco, l'homme blessé, également recherché par la police, est la troisième et dernière cible. On peut parfaitement se mettre dans la peau de Barney surtout lorsqu'il décrit son ressenti à Andrews, l'avocat véreux de Waco, avant de menacer de le balancer dans le vide. Si on met de côté les mobiles obscurs de la fusillade initiale dans le café et les indiscrétions de Stone qui vont aider Barney à pister Waco, l'épisode peut être considéré comme un des meilleurs de la saison. L'histoire alterne entre les scènes conviviales (l'arrivée à l'appartement de Stone, la séance de bowling, Stone accompagne Barney voir sa belle-fille et son petit-fils) et les moments plus violents (l'entretien Barney/Andrews) mais le clou de l'épisode est la tentative de Waco d'assassiner Barney alors qu'il se trouve chez Stone.

L'épisode bénéficie d'une superbe musique comme presque toujours, particulièrement lors de la scène d'ouverture et lorsque Waco prépare son piège dans le motel. À noter la pointe d'humour quand le témoin décrit le second tireur comme étant assez âgé, un peu comme Stone : 'About like you'.

La scène finale est une des plus brutales et controversées de la série : Stone, meurtri par l'amitié trahie et respectueux de la loi, abat Barney qui allait tuer Waco et cet acte discutable répond à la question soulevée à la fin de la critique de Avant de mourir (saison 2)…

'He was a good cop, now he is nothing but a common killer.'

o Metteur en scène : Virgil W. Vogel; scénaristes: Don Balluck & Robert Keith.

o Guest Stars : Murray Hamilton, Burr DeBenning.          

o Cet épisode a été diffusé le 5 décembre 1974 sur ABC. 

o Lieux de tournage : le café Buena Vista sur Hyde Street (séquence d'ouverture). Il est réputé et il a un site avec le bruit du cable car qui passe tout près et qu'on voit dès la première image de l'épisode. Il se trouve non loin du San Francisco Maritime National Historical Park dont on aperçoit l'entrée lorsque le policier vient annoncer à Stone qu'il a perdu la piste du second tireur; The Cannery (Barney se débarrasse de son pardessus et de son chapeau) et Lombard Street (le motel où se déroule la scène finale).   Consulter le site du café.

o Stone propose d'héberger Barney car il vit seul ; sa fille, Jeannie, est à l'école, en fait à l'université ; elle participe à onze épisodes sous les traits de Darleen Carr. On aperçoit, pour la première fois, la femme décédée de Mike Stone. Sa photo se trouve près du téléphone.

o Lorsque Barney a mis son pardessus et son chapeau à la poubelle pour ne pas se faire reconnaître, on voit furtivement un homme à l'arrière-plan faire un pas en arrière se rendant compte qu'il est dans le champ de la caméra. 

o Ivan Bonar (1924-1988), l’avoué corrompu Andrews, que Barney menace de balancer dans le vide, est le rival politique de l’homme assassiné au début d’Au milieu des étrangers.

o Damon Douglas  (1952-2006), le témoin de la fusillade, est le jeune voyou que traque Stone lors de deux poursuites à pied dans Une mort injuste

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13. UN REVOLVER QUI VOYAGE
(THE TWENTY-FIVE CALIBER PLAGUE)

En l'espace de vingt-quatre heures, un petit pistolet passe de main en main et provoque des drames.

Que peuvent avoir en commun un gangster du syndicat et un garçonnet de dix ans ? Avec un troisième épisode d'affilée, Virgil W. Vogel met en scène une histoire bien particulière dont le fil rouge est un petit pistolet apparemment inoffensif.

Achetée par un honnête citoyen dans une armurerie à l'intention de sa femme, l'arme est volée et utilisée successivement par un joueur de cartes endetté pour éliminer un homme de main, par des enfants qui s'en servent comme d'un jouet et par un ouvrier de la déchetterie pour commettre un braquage. Si le décès du type du syndicat au coup-de-poing américain et le hold-up à 54 $ sont sordides, le message est sans équivoque lorsque trois jeunes garçons trouvent l'arme mortelle en jouant à la guerre. Ils vident le chargeur et entrent dans un tunnel. Quelques secondes s'écoulent avant qu'un coup de feu claque, une balle était restée dans le canon. Cette terrible scène, filmée sur un plan, choque et pétrifie par sa dureté et son réalisme, même à la rediffusion.

Keller perd une occasion de se taire en précisant aux parents que quelqu'un se fait tirer dessus toutes les quatre minutes aux USA. Tout gravite autour de ce pistolet introuvable qui est au centre des trois histoires distinctes qui composent l'épisode. Stone et Keller mettront finalement la main dessus et remonteront à l'acheteur, après qu'un policier ait été blessé, et ils arrêteront le joueur sur les toits au moment où les deux truands allaient le liquider. Ce drame est surtout un plaidoyer contre les armes à feu en vente libre aux États-Unis.

Encore une fois, l'étiquette série dramatique colle aussi bien au programme que série policière et cet épisode, mouvementé et à la tension palpable, constitue un formidable démenti aux puissants lobbies américains pro-armes à feu.

'It happens every four minutes in this country.'

o Metteur en scène : Virgil W. Vogel ; scénaristes : Tony Kayden & Michael Russnow.

o Guest Stars: Robert Webber, Jonathan Lippe, Davey Davison, Lee H. Montgomery.

o Cet épisode a été diffusé le 12 décembre 1974 sur ABC.

o Jonathan Lippe (1938), Jack Graham, le joueur de cartes endetté, est le tueur de Las Vegas dans La licorne de la première saison. 

o Davey Davison (1943), Jean Loring, la petite amie de Graham, est la junkie qui a ‘vendu’ le flic infiltré, un ami d’enfance, dans Coup monté de la seconde saison.

o Lee Montgomery (1961), le jeune Jeff, est le frère de l'actrice Belinda Montgomery. Après quelques rôles, il s'est tourné vers la composition de musiques de films.

o Todd Martin (1927), l’usurier Lou Damico, est un des deux tueurs qui pourchassent Eddie dans tout San Francisco dans Ma maison est une prison.

o Lieux de tournage : Fort Funston National Park (le rendez-vous de Graham et de l’encaisseur, les enfants jouent à la guerre et trouvent l’arme), Cow Hollow (l’appartement de Jean avec la séquence finale sur les toits), Dolores Heights (l’appartement des Cooper), Alta Plaza Park (Stone et Keller retrouvent les deux garçons).

o La compétition de tir annuelle entre policiers, à laquelle font allusion Stone et Keller au stand de tir, est mise en images dans le second volet de Dirty Harry, Magnum Force.

o La première image de l'épisode est un revolver, l'enseigne de la boutique. L'armurier donne la version officielle au client dès le début de l'épisode, ce qui montre les limites des lois américaines : 'Oh, Mr. Cooper, when you put the gun in the car, be sure to keep it in plain view, separate from the ammo—State law.'

o Keller mentionne Bobby Kennedy et George Wallace qui n'ont pas été les cibles de tireurs avec des fusils. Robert Kennedy tué en 1968 et George Wallace blessé en 1972 (qui restera paralysé).

o Le titre français mentionne 'un revolver' alors qu'il s'agit d'un pistolet...

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14. MONSIEUR PERSONNE
(MISTER NOBODY)

Un cordonnier à la retraite s'accuse d'un crime pour protéger le coupable, le petit-fils de son meilleur ami.

Un épisode qui a comme attrait ses deux 'guest stars' âgées, Sam Jaffe et Luther Adler. L'intrigue est simpliste et la recherche de la boîte à chaussures disparue dans une bouche d'égout fastidieuse, mais le tournage fut très agréable à la lecture des mémoires de Karl Malden (voir les informations complémentaires).

Alex Zubatuk, un vieil homme très apprécié dans le quartier, est témoin d'une altercation mortelle. Un jeune homme, qui transporte des fonds provenant de paris clandestins, vient de tuer accidentellement un racketteur. Alex préfère s'accuser du méfait auprès de son vieil ami Stone plutôt que de compromettre le petit-fils de Victor, un copain de la maison de retraite. Personne n'a vu la boite à chaussures bourrée de billets disparaître dans une bouche d'égout…

La meilleure scène est la confrontation cocasse entre Stone et Alex dans les bureaux et le policier doit faire intervenir O'Brien, l'attorney, pour essayer d'intimider le vieil homme imperturbable qui ira jusqu'à négocier le calepin des truands dans l'épilogue. Après quelques heures de prison, Stone relâche Alex et il obtient des bribes de la solution en le suivant jusqu'aux poubelles de la rue du crime lors d'une superbe séquence.

L'épisode joue sur la corde de l'amitié, une qualité essentielle dans la jungle que constituent les rues de la métropole, mais les nombreux bavardages et le final à caractère comique font de cette aventure un épisode sans prétention.

'Pride, that's for young people, not for old men like us.'

o Metteur en scène : Corey Allen; scénariste : Robert Sherman.

o Guest Stars: Sam Jaffe, David Z. Hall, Laurie Heineman, Luther Adler (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 19 décembre 1974 sur ABC. 

o Sam Jaffe (1891-1984), Alex Zubatuk, a commencé sa carrière sur les planches en 1918 et il tournait encore l'année de son décès ! Il participa à des films célèbres comme Gentleman's Agreement de Kazan. Mis à l'index pendant la Chasse aux sorcières, il disparut des studios pendant sept années. Personnellement, je retiens son rôle dans l'épisode Un honnête homme, saison 2 des Incorruptibles.

o Luther Adler (1903-1984), Victor, a souvent joué des rôles de truand. Ainsi, dans Les Incorruptibles, il est Gus Marco, trafiquant d'alcool et propriétaire d'un garage de taxis, dans Nicky et surtout Emile Bouchard, le trafiquant à la voiture blindée, dans Meurtre sous verre (tous les deux de la saison 2).

o George Murdock (1930-2012), le bookmaker Dempsey, est le propriétaire du bar louche dans Expédition punitive.

o Lieux de tournage : 24th Street (la cordonnerie), Ellis Street (le restaurant de Dempsey).

o À noter la présence du policier Sekulovich (voir épisode 9 pour l'anecdote).

o On apprend que Stone a eu son premier dollar en argent des mains d'Alex.

o La série traite déjà des personnes âgées dans l'épisode Le troisième âge se rebiffe (saison 2).

o En VO, Alex dit à Stone: 'To con, Mike, what's that, to con?'. 'To con' signifie escroquer en langage familier américain.

o Extraits des mémoires de Karl Malden (When Do I Start ?) : Mais les moments préférés de Karl Malden étaient lorsqu'il tournait avec des vieux copains comme Lew Ayres, Luther Adler (des débuts de Malden à New York) et son ami Sam Jaffe. Lorsque Luther est arrivé sur le plateau, il avait un sac en papier rempli de tomates bien rouges qu'il avait rapportées de sa ferme. Karl Malden n'était pas peu fier de tourner un épisode de la série avec Adler avec lequel Malden joua dans sa première pièce de théâtre. Malden avait l'impression que la boucle était bouclée surtout que Sam Jaffe jouait dans le même épisode, un acteur qui avait tendu la main à Karl alors qu'il était au plus bas. Karl Malden se demande si le jeune metteur en scène se souvient aussi bien que lui de la troisième journée de tournage (ndlr: Corey Allen (1934-2010). Sam et Luther devaient se mettre à genoux, pousser la plaque d'égout sur le côté et Sam devait descendre et remonter la boite. Cela n'a pas été rien. Ils avaient déjà répété une fois lorsque le jeune metteur en scène demanda à Sam de rester plus longtemps dans le trou avant de réapparaitre avec la boite. Pas au gout du réalisateur, il demanda à Sam Jaffe de compter jusqu'à huit mais encore une fois, cela n'allait pas. Jaffe montra au réalisateur de quelles façons il pouvait compter. Luther et Karl s'amusaient comme des petits fous, comme des garnements avec un professeur et se retenaient pour ne pas éclater de rire. Finalement, la scène se passa très bien et Sam Jaffe et Luther Adler n'eurent plus besoin de 'directives'. Karl Malden se dit désolé pour ce jeune metteur en scène qui voulait apprendre à Jaffe comment compter!

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15. FAUX TÉMOINS
(FALSE WITNESS)

Un officier de police hispanique, ami de Keller, veut débarrasser son quartier d'un trafiquant d'héroïne mais cela tourne à l'affaire personnelle.

Une excellente histoire, rythmée et tragique, dans laquelle Vega, un simple officier de police, met sa vie en jeu pour nettoyer son quartier d'un gros bonnet de la drogue, responsable de la mort d'un de ses amis.

Pour son antépénultième apparition dans la série, l'attorney O'Brien rappelle les limites de la loi et pousse Vega à l'enfreindre. Rossé lors d'un traquenard, il convainc Keller de l'aider à arrêter Perez, le trafiquant, en flagrant délit dans la séquence-clé de l'épisode. Lors de la descente, Vega est gravement blessé mais il a le temps de cacher de la drogue, à l'insu de Keller, pour compromettre le truand. Keller a agi par amitié et sans l'accord de Stone, ce qui aurait pu coûter cher au jeune inspecteur, mais le lieutenant expérimenté va rapidement découvrir la vérité.

Le long plaidoyer de l'avocat de Perez au tribunal (excellent Malachi Throne) fustige les agissements louches de la police dans certaines circonstances (l'affaire Serpico est encore dans toutes les mémoires) mais la scène poignante où Vega décède sur son lit d'hôpital sous les yeux de son ami Keller est censée estomper l'acte hors-la-loi ('Just open the curtains'). L'inspecteur obtient finalement l'aide de la maîtresse junkie de Perez, et connaissance de Vega, pour faire tomber le trafiquant dans un piège.

Un épisode très intéressant qui a pour thèmes l'amitié et les limites du pouvoir de la police, déjà évoquées dans la série à plusieurs reprises. Keller remercie d'ailleurs Stone dans l'épilogue d'avoir passé sous silence le comportement de Vega.

'You've got to prove that… and within the law.'

o Metteur en scène : Paul Stanley; scénariste : Mort Fine.

o Guest Stars: A Martinez, Lloyd Battista, Rafael Campos, Malachi Throne.

o Cet épisode a été diffusé le 9 janvier 1975 sur ABC.

o Mort S. Fine (1916-1991) fut le scénariste de cinq épisodes de la série. Parfois producteur (The Alfred Hitchcock Hour), il écrivit les histoires de nombreuses séries ; six épisodes de Kojak entre autres.

o A Martinez (1948), l'officier Jimmy Vega, est Rafael Diaz, l’assassin traqué, dans l'épisode Le couloir des miroirs (avec David Soul, saison 1) et il reviendra dans un épisode de la quatrième saison. D'origines mexicaine et apache, il joua dans des westerns et dans la plupart des séries américaines des années 60 et 70. Il a sorti un CD au début des années 2000.

o Rafael Campos (1936-1985), Chico, tient déjà le rôle d'une racaille dans Expédition punitive. Il joue aussi dans un épisode de la dernière saison.

o Carmen Zapata (1927-2014), la mère de Vega, joue également la mère de l’inspecteur Martin, interprété par David Soul, dans Le couloir des miroirs, un autre épisode 'hispanique'.

o Lenore Kasdorf (1948), Bonnie, fait une apparition remarquée en bikini en interprétant la ravissante Lindsay, la maitresse du tueur, dans Trahie avec Martin Sheen. Elle avait aussi deux brèves apparitions dans l’épisode Liberté conditionnelle de la première saison : elle est la vendeuse des billets de croisière.

o Rodolfo Hoyos Jr. (1916-1983), le père de Vega, est le réparateur de bateaux qui fournit le tuyau final à Stone dans Impuissant devant la mort

o On apprend que Keller et Vega sont amis depuis très longtemps et qu'ils sont sortis de la Police Academy en même temps, cinq ans auparavant, en 1969. Si Keller l'a aidé pour l'examen, Vega lui a appris les règles de la rue. Drea McCormick (Information mortelle, saison 2) était également sortie de l'école de police la même année que Keller.

o Keller se rend à l'anniversaire de la maman de Vega avec une amie en Porsche (brièvement aperçue), son véhicule personnel comme dans les saisons précédentes.

o Lieux de tournage : Folsom Street (la filature de la première scène), Aquatic Park Pier (La discussion Vega/ Keller),  Ralph K. Davies Medical Center (les extérieurs de l’hôpital), Alta Plaza Park (Keller rencontre Dorothy) et aussi la Mairie de San Francisco.

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16. LA MORT DONNE DES NOUVELLES
(LETTERS FROM THE GRAVE)

Lors de rénovations, un squelette est découvert dans un mur d'Alcatraz. Stone et Keller vont devoir résoudre un meurtre vieux de vingt ans.

Virgil W. Vogel revient pour réaliser ce qui constitue un des temps forts de cette troisième saison. Une histoire 'à la Cold Case' mais avec le savoir-faire des années 70 !

Devenue site touristique, la prison d'Alcatraz a gardé dans ses murs le macchabée d'un prisonnier que tout le monde pensait noyé dans la baie ou évadé. Sa famille recevait des lettres d'Amérique du Sud signées de sa main qui laissaient supposer qu'il était vivant et son fils, Lew Kovic Jr., homme de loi, mène l'enquête en marge du duo de policiers. Magistralement interprété par Peter Strauss, ses investigations le conduisent à Lugo, le parrain pour lequel son père travaillait et aurait purgé une peine de prison ('He was doing time for you').

Kovic devance les deux policiers qui refont l'enquête bâclée de 1955 et ils découvrent l'implication d'un gardien de l'époque devenu alcoolique après avoir touché une forte somme d'argent. L'épisode a de nombreux rebondissements et l'attitude équivoque du frère de la victime, l'oncle de Lew Kovic Jr., entretient le suspense.

L'intrigue, bien construite, dirige inévitablement les soupçons vers le parrain, suspecté par le fils et la police, mais le meurtre du gardien (en deux fois après méprise sur la personne) et une visite à la prison de San Quentin vont mettre à jour un second coupable. Le flou sera levé sur les rôles des deux protagonistes et leur mobile lors de la filature de Keller et le final palpitant, qui se déroule à Alcatraz pour la seconde fois dans l'histoire de la série, est une superbe conclusion à cet excellent épisode.

'He didn't escape ; the lab says he's been dead for twenty years.'

o Metteur en scène : Virgil W. Vogel; scénariste : Tom Cannan.

o Guest Stars: Peter Strauss, William Windom (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 16 janvier 1975 sur ABC.

o Peter Strauss (1947) a participé à plusieurs productions pour la télévision dont Le riche et le pauvre. Il est en liberté conditionnelle dans l'épisode homonyme de la première saison, et magistral en tueur de prêtres dans Pour l'amour de Dieu de la seconde saison.

o William Windom (1923-2012), au visage très connu des amateurs de séries US, est le représentant qui prend la ravissante auto-stoppeuse, ce qui va l'entraîner dans un terrible engrenage, dans Mésaventures, saison 1. Il reviendra pour un superbe épisode lors de la quatrième saison. 

o Lou Krugman (1914-1992), le gardien de prison Herb Stebbins, est le propriétaire d’un restaurant sur les docks dans Impuissant devant la mort.

o Beverly Washburn (1943), la guide touristique de la première scène, est la jeune mère célibataire qui renseigne Stone après la mort de la directrice du foyer dans La vie est une jungle.

o Lieux de tournage : 12 th Street (l’appartement de Stebbins), Dolores Heights (la maison des Kovic), croisement de Lombard (les bureaux de Lugo), Sutter Street (John Kovic monte dans la Mercedes de Lugo).

o L'île d'Alcatraz fut découverte par un officier espagnol en 1775 et elle fut nommée ainsi car elle servait de refuge aux pélicans (alcatraz en espagnol), ce qui est confirmé par la guide touristique au tout début de l'épisode. Alcatraz fut une prison fédérale de haute sécurité de 1934 à 1963. Elle sert souvent de lieu de tournage à des films et séries comme Le prisonnier d'Alcatraz (1962 avec Burt Lancaster et… Karl Malden), le final de L'inspecteur ne renonce jamais (1976, troisième volet des aventures de l'inspecteur Harry), L'évadé d'Alcatraz (avec Clint Eastwood et Patrick McGoohan, le numéro 6… dans le rôle du directeur de la prison), The Rock (1996 avec Nicolas Cage et Sean Connery) pour ne citer que les meilleurs… sans oublier l'excellent épisode Ma maison est une prison de la seconde saison.

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17. LA FIN
    (ENDGAME)

Dans un plan ingénieux mais risqué, Mike Stone est rétrogradé au rang de simple policier en uniforme afin d'approcher un redoutable gangster qui a des liens au sein même de la police.

Un épisode original qui marque le retour cette saison de Jeannie, la fille de Stone, toujours interprétée par la ravissante Darleen Carr. L'aventure peut d'ailleurs s'apparenter à un épisode-réunion vu les présences de l'attorney O'Brien et de Roy Devitt, le supérieur de Stone.

L'assassinat maquillé en suicide d'un policier ripou fait germer dans la tête de Stone et de son chef un plan diabolique pour coincer le malfrat local et démasquer les brebis galeuses du service. Le flic tué devait témoigner devant le Grand Jury en échange d'une mise à la retraite anticipée. Si le téléspectateur est au secret du plan – il découvre néanmoins très tôt la vérité en même temps que Jeannie –, il n'a aucune surprise quant à l'identité des deux ripoux de la brigade des mœurs.

La particularité de l'intrigue permet d'assister à quelques scènes inhabituelles, intéressantes et souvent cocasses : Stone est saoul au bar, Jeannie rentre dans la chambre d'hôpital et découvre Keller en pleine forme et en robe de chambre alors qu'il est soi-disant à l'article de la mort ('Pig !', on discerne nettement les sentiments de la jeune femme pour le policier), Jeannie 'se venge' de son père qui lui a caché la vérité en lui servant un steak 'carbonisé' mais le plus intéressant est Mike Stone en uniforme ! Cette séquence est la meilleure de l'épisode et c'est un plaisir de voir Stone arpenter les rues de Broadway, le quartier chaud des années 70, racketter les commerçants, faire embarquer deux prostituées et régler la circulation.

Une gaffe de Jeannie précipitera les choses et les deux flics ripoux tenteront de nettoyer toutes les preuves de leur implication, truands et Stone compris, dans un final mouvementé.

'You'll be reduced to the rank of patrolman.'

o Metteur en scène : Jerry Jameson; scénariste : Albert Ruben.

o Guest Stars: Darleen Carr, Stephen Young, Patrick Conway, Tim O’ Connor (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 23 janvier 1975 sur ABC. 

o Quatrième des douze apparitions de Darleen Carr dans le rôle de Jeannie Stone, la fille du lieutenant.

o Patrick Conway (1931-1981), le gangster Al Doyle, est le tueur de l’épisode de la première saison, La balle dans l’épaule (le premier épisode diffusé en France). Cette apparition dans La fin sera le dernier rôle de l’acteur, décédé à l’âge de 50 ans.

o Troisième et dernière apparition de Tim O'Connor (1927-2018) dans le rôle du lieutenant Roy Devitt. Ses apparitions sont espacées car les deux précédentes remontent à la première saison : Trente ans de service (épisode 1) et La piste du Serpent (épisode 21).

o Avant-dernière des neuf apparitions de John Kerr (1931-2013) dans le rôle de l'Attorney O'Brien. Kerr a débuté sa carrière en 1953 et il a joué dans de nombreuses séries ; il est également District Attorney dans 75 épisodes de la série Peyton Place. N'oublions pas non plus son rôle de policier dans… Emily des New AvengersKerr était réellement un avocat en exercice, à Encino, en Californie à partir de 1970 jusqu'à sa retraite en 2000.

o Paul Mantee (1931-2013), l'homme de main, est également un des tueurs dans Ma maison est une prison.

o Jodean Lawrence (1932-2010), une des deux prostituées ramassées par Stone (la blanche), est la maitresse du témoin abattu qui est interrogée par Keller et Drea McCormick  au début d’Information mortelle

o Stephen Bradley est Bernie, le médecin légiste. Souvent présent au début des épisodes pour constater les décès, il est une fois sur deux omis dans la distribution.

o Lieux de tournage : le quartier de Broadway (La scène d’ouverture Baker/ Doyle, Stone et les prostituées), Russian Hill (la maison du sergent Baker), Romolo Place (l’appartement de Lily Marlene), le véritable quartier général du département de police de San Francisco sur Bryant Street (Rogers se rend compte du piège), Marina (le final). 

o Stone s'étonne que son collègue, Keller, puisse avoir un tuyau d'une prostituée (Lily Marlene !) et lui donne paternellement une petite tape sur la tête. Keller: ‘That's Lily Marlene! A real coyote’. C’est une référence à Coyote (Call Off Your Old Tired Ethics), une organisation des droits des travailleurs du sexe fondée en Californie en 1973. Cela n’empêche pas que Lily soit retrouvée morte…

o On aperçoit, pour la seconde fois après Permis de tuer, la photo de la femme décédée de Stone.

o Il y a des points communs avec l'épisode Coup monté (saison 2) dans lequel Jeannie Stone est également présente. Dans cet épisode plus noir, Stone était réellement mis à pied tandis qu'ici, son reclassement fait partie d'un plan.

o Il y a plusieurs codes de transmissions dans les voitures du SFPD ; two-seventeen est pour 'shooting' (fusillade) par exemple.

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18. UN MEURTRE À DIX DOLLARS
(TEN DOLLAR MURDER)

Des chauffeurs de taxi sont agressés par deux voyous mais l'affaire se complique lorsqu'un policier infiltré est assassiné. Le fils d'une collègue et amie de Stone est suspecté.

Une bonne histoire dramatique qui tient en haleine jusqu'à l'épilogue. Une femme policière, Irene Elliott, élève seule son fils, Bobby, et demande l'aide de son ami Stone qui se substitue même au père, un policier tué en service.

Malgré quelques passages un peu longuets, l'épisode est bien construit et montre une femme désemparée qui se culpabilise car elle a beaucoup de mal à accepter que son fils puisse être un meurtrier. Une petite digression de tueur recherché complète en deux scènes le temps imparti pour l'épisode mais l'astuce de Keller, qui braque son arme sur le type qui décroche le téléphone à son appel, est un des passages les plus intéressants.

On sent la complicité des deux acteurs Malden/Douglas à la vue de certains passages humoristiques qui contrastent avec la froideur du fils, insensible, menteur et calculateur, qui téléphone à sa mère en maniant le flingue de son père décédé.

Le policier en civil est tué pour dix dollars mais un nom et un ticket retrouvé dans le taxi mènent Keller à l'école fréquentée par Bobby et son complice. Le jeune homme n'hésitera pas à charger un de ses camarades et à maquiller le meurtre de son comparse plus candide mais l'expertise balistique et les recherches de Keller seront déterminantes, la balle provenant du même calibre que l'arme du père de Bobby.

Le final est terrible et la dernière scène, que je ne révèle pas sciemment, coupe le souffle. L'épilogue est aussi l'un des plus graves de la série. 

'Did he ever tell you why ?' 'No'.

o Metteur en scène : William Hale ;  scénariste : D.C. Fontana.

o Guest Stars: Carol Rossen, Mark Wheeler, Jerry Douglas.

o Cet épisode a été diffusé le 30 janvier 1975 sur ABC.

o Jerry Douglas (1932), l’inspecteur Benson, est l’officier Murphy qui décrit la scène du crime à Stone dans Expédition punitive.

o Bruce Kirby (1928), le chauffeur de taxi agressé dans la première scène, est le sergent Vine dans six épisodes de Kojak.

o Lieux de tournage : Ghirardelli Square (Stone et Keller font une double arrestation), Lands End (Bobby tue Tiny par les gaz d’échappement de la voiture), the Davies Campus of California Pacific Medical Center (l’épilogue).

o Il y a un portrait de Jeannie sur le bureau de Stone et cela permet à Irene Elliott d'évoquer les problèmes qu'elle rencontre avec son fils et d'avoir une comparaison entre deux enfants élevés par des parents isolés. Jeannie fait ses études dans l'état de l'Arizona.

o Les derniers mots du policier/chauffeur de taxi mourant sont 'Tiny' et 'Indian buck', en fait 'buckle'. Jeu de mots intraduisible en français ; 'buck' signifiant dollar en langage familier et 'buckle' est une boucle de ceinture (que voit Keller au pantalon de Bobby Elliott).

o Stone et Irene Elliott vont diner ensemble dans un restaurant japonais sous les sarcasmes de Keller qui titille son collègue sur ce rendez-vous (date). La réplique est pour Stone : 'What makes you think you are the only sex-symbol around here ?'

o Alors que Carol Rossen et Mark Wheeler jouent les rôles de mère et fils, il n’y a que dix ans d’écart entre eux. 

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19. LA PROGRAMMATION
         (THE PROGRAMMING OF CHARLIE BLAKE)

Un psychiatre tue sa femme et pense avoir commis le crime parfait. Il a utilisé l'hypnose sur un de ses patients fragiles au passé de délinquant sexuel et l’a convaincu qu’il a perpétré deux meurtres. Tout se complique lorsque l’assassin du premier crime passe aux aveux. 

Un épisode moyen et parfois difficile à suivre.

Les premières images, le meurtre d'une étudiante dans son appartement, évoquent un tueur pervers; une entame qui fait penser au début du pilote de Kojak, The Marcus-Nelson Murdersmais, rapidement, la trame de l'histoire est différente. Jessup, un psychiatre coureur de jupons, veut se débarrasser de sa femme et il manipule habilement Blake, un patient au passé trouble et au psychisme fragile. L'épouse du praticien reçoit un appel, en fait enregistré par le cynique docteur, avant d'être étranglée avec la cravate de Blake. Tout accuse ce dernier, résigné, mais Keller, plus psychologue que Stone, démêlera les fils de cet imbroglio en pensant au conditionnement.

L'épisode rappelle par certains côtés My Wildest Dream des Avengers mais Jessup n'est pas Jaeger et les séances d'hypnose sont moins traumatisantes. La planification du meurtre et l'indice de la lampe qui conduit à l'arrestation du médecin font penser à un mauvais Columbo.

'I want you to pretend to make a phone call.'

o Metteur en scène : Nicholas Colasanto; scénariste : Rick Blaine

o Guest Stars: William Smithers, Sharon Acker, Lynne Marta, Dean Stockwell (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 6 février 1975 sur ABC.

o Dean Stockwell (1936), excellent Charlie Blake, est  le clochard héritier, la cible de tueurs dans La légion des épaves.

o Fred Sadoff (1926-1994) a participé à une dizaine d'épisodes (parfois sans être mentionné au générique) et à toutes les saisons dans le rôle du psychiatre de la police, le docteur Lenny Murchison.

o Lieux de tournage : Telegraph Hill (l’appartement de l’étudiante assassinée ainsi que celui de Jill Allerman, la petite amie de Blake), Forest Hill (la maison du docteur Jessup). 

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20. LE PLONGEON DE LA PEUR
(RIVER OF FEAR)

Au retour du voyage de noces, un homme tue sa femme afin de récupérer le butin laissé par son premier mari mais c'est sans compter sur la détermination de la petite fille de la victime.

Un épisode de transition sans grand intérêt mais pas déplaisant à regarder. Le meurtre est le seul moment de surprise car il rompt l'ambiance idyllique du tout début. Le reste de l'épisode est axé sur la partie de cache-cache entre les deux enfants et le tueur qui veut récupérer le magot d'un cambriolage.

La jeune Kim Richards crève l'écran et vole la vedette à Peter Haskell, un peu pâlot en faux médecin mais vrai meurtrier cupide qui se fait berner par la petite fille. Keller a des doutes sur le point d'impact qui a tué la femme mais l'enquête des deux policiers est rapide à l'écran - la scène du retour à la chambre d'hôtel - et ils connaissent l'identité du tueur et ses motivations après un passage à San Quentin.

Le meurtre du vieux docteur, qui a tout deviné, donne un peu de crédibilité à l'assassin mais le final est convenu. Une intrigue mince pour un épisode sans prétention dont l'action se déroule principalement hors de San Francisco.

'This is a pretty good motive of marriage even murder.'

o Metteur en scène : Michael Caffey ; scénariste : Robert Malcolm Young.

o Guest Stars: Peter Haskell, Kim Richards, Paul Fix, Patricia Smith.

o Cet épisode a été diffusé le 13 février 1975 sur ABC.

o Lieux de tournage : Union Square (première scène avec le Cable Car), The Hyatt Regency Hotel à l'Embarcadère (début de l'épisode), Calistoga (Duncan Falls).

o Paul Fix (1901-1983), le vieux docteur, est apparu dans plus de 300 films. Ami de John Wayne, il est surtout connu pour son rôle de shérif dans la série L'homme à la carabine avec Chuck Connors. Il est Wade Tillman, le retraité poseur de bombes qui symbolise les laissés-pour-compte de la société US, dans Le troisième âge se rebiffe.

o Stephen Manley (1965), Bobby le frère de Julie, est le petit garçon adopté dans l'épisode Une adoption illégale.

o Patricia Smith (1930-2011), la tante Baker, est la mère adoptive de l’enfant au centre des recherches dans La vie est une jungle.

o Lorsque Stone et Keller arrivent à San Quentin, les images sont recyclées de la première saison.

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21. L'ASILE
(ASYLUM)

Plusieurs décès inexpliqués ont eu lieu dans une clinique psychiatrique privée et Keller devient un patient paranoïaque sous le nom de Steve Henderson.

Cet excellent épisode de cette fin de troisième saison est important à plus d'un titre. Le scénario soulève l'épineuse question de l'euthanasie, toujours d'actualité, et le thème de l'épisode a sûrement un rapport avec la suite de la carrière de Michael Douglas. L'histoire est servie par une distribution exemplaire et le suspense est maintenu par la traditionnelle fausse piste.

Le témoin d'un meurtre s'éclipse d'un groupe de patients lors d'une visite organisée et se confie à Keller mais, peu après, il est retrouvé pendu dans sa chambre. Mike Stone enquête sur trois morts suspectes pendant que Keller est interné et essaie de faire la connaissance de Susan, une amie schizophrène du défunt, également présente à la noyade dans la baignoire d'un patient (excellente prestation sans parole de Belinda Montgomery).

Une superbe séquence brouille les pistes : Keller s’attire la confiance de Susan en lui révélant qu’il est policier, alors que l’assistante médicale écoute la conversation, intriguée, derrière la porte.

L'ambiance glauque des hôpitaux psychiatriques transpire dans tout l'épisode par l'accumulation de personnages et de scènes inquiétants, comme Robert et la radio. Le coupable avoue finalement avoir agi par souci d'humanité vu l'état des malades ('They were dead anyway') puisqu'il reversait tout l'argent récolté par les familles à l'institut.

Michael Douglas est remarquable dans ce rôle de parano (la scène de l'admission est très convaincante) et la séquence forte de l'épisode, le final, est la crise de paranoïa de Keller qui, sous l'effet de la drogue, déambule sur les toits au mépris du danger encouru.

'Just between you and me…You're crazy !'

o Metteur en scène : Robert Douglas; scénariste : Larry Brody.

o Guest Stars: James Olson, Belinda J. Montgomery, Bettye Ackerman, Michael Anderson Jr., Robert Yuro, Robert Walker (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 20 février 1975 sur ABC.

o Lieux de tournage : 300 Lake Street, à l'époque une maison pour nécessiteux (l’institut du docteur Rabb), l'aquarium Steinhart à l'académie des sciences de Californie de Golden Gate Park, touché par le tremblement de terre de 1989 et détruit en 2005 (Paul Bierce s’échappe), Pacific Heights (la maison des Wilcox).

o James Olson (1930), le docteur Rabb directeur de la clinique, est le tueur de prostituées dans Le premier jour de l'éternité. Habitué des séries, il a disparu des écrans au début des années 90.

o Belinda J. Montgomery (1950) est l'étudiante manipulée par un numismate dans Une collection d'aigles. Elle a un rôle récurrent dans la série L'homme de l'Atlantide.

o Le docteur Lenny Murchison, psychiatre consultant de SFPD, a un rôle plus important qu'à l'accoutumée vu les circonstances.

o Walter Brooke (1914-1986), John Wilcox interrogé par Stone après le décès d’un de ses proches à la clinique, est le père adoptif de l’enfant au centre des recherches dans La vie est une jungle.

o Michael Douglas quitta la série pour produire le film Vol au-dessus d'un nid de coucou (avec Jack Nicholson). Le thème du film, l'infiltration d'un asile, a plusieurs similitudes avec cet épisode.

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22. LE LABYRINTHE
(LABYRINTH)

Un boxeur est traqué par des tueurs du syndicat dans un hôtel, car il a refusé de ‘se coucher’ lors d’un combat.

Tony Fabrieze a refusé de perdre un combat sous les yeux de son fils, alors que la mafia avait parié beaucoup d’argent. Le boxeur se terre pendant deux mois dans un grand hôtel de San Francisco, avant que des tueurs ne retrouvent sa trace. Fabrieze défenestre un membre de la mafia, puis il se réfugie, blessé par balle, dans une chambre où séjourne un couple adultère. L’hôtel est bouclé et finalement évacué. Stone et Keller fouillent méthodiquement l’immeuble, à la recherche des deux autres tueurs du trio et du boxeur.

Cet épisode propose une vaste chasse à l'homme palpitante dans un hôtel de renom, qui est un véritable labyrinthe. Ce huis clos ne génère pas d’enquête habituelle, mais un très bon suspense agrémenté de scènes d’action captivantes. L’interprétation est excellente, et on assiste à plusieurs histoires parallèles qui ne perturbent pas la trame principale : la femme distinguée infidèle, soucieuse de garder l’anonymat, l’ancien flic traumatisé, le boxeur lâché par son épouse. Après un début assez lent – Stone et Keller n’apparaissent qu’à la treizième minute – l’intrigue s’emballe et tient en haleine jusqu’au dénouement.

Cavalcades dans les escaliers, courses dans les couloirs de l’hôtel, jeux d’ascenseur et fusillades sont au menu de cette aventure classique mais efficace, qui se termine avec Mike Stone pris en otage sur le toit de l’hôtel.

‘I guess we got it bottled up alright, it’s just that the bottle’s too big’

o Metteur en scène : William Hale ; scénariste : Del Reisman.

o Guest Stars: Michael McGuire, Julie Adams, Michael Strong, Felice Orlandi, Shelly Novack, Don Gordon (Special Guest Star).

o Cet épisode a été diffusé le 27 février 1975 sur ABC.

o Michael Strong (1918-1980), Al, le chef de la sécurité de l’hôtel et ancien flic, est un des truands de Chambre d’en face de la première saison. Il jouera dans deux autres épisodes.

o Felice Orlandi (1924-2003), un des tueurs du syndicat, est le truand poussé sous le camion dans Liberté conditionnelle.

o Shelly Novack (1944-1978), l’amant bloqué dans la chambre d’hôtel, est un des complices du tueur dans Le couloir des miroirs. Il est le sergent Charlie Benson dans la série Section contre-enquête  avec Robert Stack, Jo Ann Harris et Hari Rhodes. Grand sportif, il décéda d'un arrêt cardiaque à 34 ans.

o Don Gordon (1926-2017), le boxeur Tony Fabrieze, a joué dans un autre épisode de la série. Il était ami avec Steve McQueen et il tourna dans trois de ses films (Bullitt, Papillon, La tour infernale), ainsi que dans de nombreuses séries, dont quatre épisodes des Incorruptibles.

o Bing Russell (1926-2003), l’inspecteur Landers qui capture Harry dans le final, est le détective Riggs qui escorte le témoin dans les locaux de la police au début d’Information mortelle.

o Claire Brennen (1934-1977), la femme divorcée du boxeur vue dans une seule scène, est la femme témoin qui consulte les trognes des suspects en draguant Keller sous l’œil amusé de Stone dans L’albatros et la ravissante serveuse interrogée par Keller dans Les fugitifs. Elle participa à deux autres épisodes de la série (dont le dernier) et, malheureusement, décéda d’un cancer la même année à l’âge de 43 ans.

o Tony Young (1937-2002), le chauffeur, est le tueur qui essaie d’éliminer Benjy dans sa chambre d’hôpital (Pas d’insigne pour Benjy).

o Lieux de tournage : le bâtiment The Brocklebank Apartments à Nob Hill est ‘Pierre Hotel’ et le final sur les toits est filmé au garage d'Alameda County au centre d’Oakland.

o Del Reisman (1924-2011) a écrit l’histoire de deux autres épisodes : Au milieu des étrangers et Chambre d'en face de la première saison. Il est ‘associate producer’ de 24 épisodes des Incorruptibles.

o 3000 (Three thousand) est effectivement le code de la police de San Francisco pour ‘blockade’ (blocus).

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23. LE SOLITAIRE
(SOLITAIRE)

Keller est blessé et Stone doit faire équipe avec un policier des narcotiques très individualiste pour briser une filière de la drogue.

La saison s'achève sur une bonne note avec cet épisode qui voit se confronter deux policiers au look et méthodes totalement opposés, Mike Stone de l'homicide et Al Wozynsky des narcotiques ; le premier rétribue ses indics et le second reproche au lieutenant d'être connu par la moitié de la ville depuis 23 ans et d'avoir éventé sa couverture !

L'intérêt de l'histoire réside dans la méfiance envers Wozynsky et l'incertitude est palpable jusqu'au final, qui n'est, malheureusement, pas à la hauteur du reste de l'épisode. Keller est blessé à la jambe lors de la fusillade de la scène d'introduction et il a un rôle plus effacé que d'ordinaire. Convalescent, il se déplace ensuite avec une canne et enquête sur ce nouveau partenaire de Stone superbement interprété par Tony Lo Bianco. Keller ne récolte que des points positifs mais Stone n'a pas confiance en ce policier au look hippie qui agit toujours en solo et il le soupçonne même de jouer double-jeu avec le parrain local.

Plusieurs autres scènes sont intéressantes à commencer par Stone qui arpente l'entrepôt après la fusillade (sur une musique martiale), tâte le pouls des deux morts et trouve Keller, blessé ; Stone rendant visite à Keller sur son lit d'hôpital, l'assassinat du dealer par overdose, la visite d'Al à son père, la fausse engueulade Stone/Keller et l'épilogue sont également des moments captivants. Wozynsky, qui fait inévitablement penser à Serpico, se comporte en marginal et il va jusqu'à proposer son insigne au parrain afin de le piéger.

Stone découvre des explications à ses doutes (un peu tiré par les cheveux néanmoins) et il décide alors de laisser Wozynsky agir seul comme il en a l'habitude…

'Your face has been hanging up too long, 23 years shakin’ doorknobs and flashin’ a badge. Half the city knows you!’

o Metteur en scène : Seymour Robbie ; scénariste : Dorothy C. Fontana.

o Guest Star : Tony Lo Bianco.

o Cet épisode a été diffusé le 13 mars 1975 sur ABC.

o Tony Lo Bianco (1936) a souvent joué des rôles de truands ou de policiers. Il a participé à des classiques du genre, French Connection, Serpico, Police Puissance 7. Il est passé de l'autre côté de la caméra pour la série Police Story où il joue également le rôle de Tony Calabrese dans cinq épisodes.

o William Bramley (1928-1985) est John Condon, le supérieur de Stone. Il a joué dans trois autres épisodes de la série dont un dans le même rôle, La cible (le troisième épisode de cette saison). Il est l’officier Pete Morgan blessé dans la fusillade au début de La licorne et le chef des agents de libération sur parole dans Liberté sur parole.

o Lieux de tournage : l’entrepôt sur Indiana Street, déjà utilisé dans Appel au secours (la scène du début), la jetée Fort Mason (l’arrivée du bateau chargé de drogues), la Marina (la demeure de Marks).

o Une phrase entendue dans presque tous les épisodes : 'Inspector 8.1 to Headquarters. We respond to…'

o L'épilogue est 'politiquement incorrect' : Stone arrête Al, déguisé en baba-cool (on ne le reconnaît pas), et il lui dit : 'You, with your long hair and dirty clothes !' et il lui botte les fesses pour le faire entrer dans la voiture.

o Cet épisode est le dernier des sept réalisés par Seymour Robbie (1919-2004).

o Une des plus grosses bévues de la production : Keller téléphone à Alice, la secrétaire du bureau des narcotiques, pour obtenir les rapports de Wozynsky mais aucune prise ne relie le téléphone au mur : on aperçoit nettement, au début et à la fin de la conversation, la base du téléphone d'où devrait partir le cordon.

o Dans l'épilogue, Keller se gare sur le trottoir pour bloquer le dealer mais, au plan suivant, la voiture est garée impeccablement le long du trottoir.

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Crédits photo : Paramount Home Entertainment.

Images capturées par Denis Chauvet.