saison  saison

Cosmos 1999 (1975-1978)

Saison 2

 


PRÉSENTATION DE LA SAISON 2

Énormes bouleversements sur cette seconde saison avec l'arrivée du producteur Fred Freiberger. Déterminé à faire de la série un succès aux États-Unis, il va apporter nombre de changements afin d'atteindre ce but.

La série remodelée par Freiberger sera un double échec puisque non seulement elle ne percera pas outre-Atlantique, mais elle perdra aussi la majorité de ses fans européens de la première heure, déconcertés par des modifications qui pour la plupart ne sont pas allées dans la bonne direction.

Concernant la distribution, le couple vedette est heureusement maintenu, et ses caractéristiques quasiment inchangées. Tout au plus peut-on noter la dégradation physique de Barbara Bain, qui n'est plus la séduisante jeune femme vue sur Mission impossible mais commence à accuser le poids des ans.

Au contraire, le temps ne semble pas avoir prise sur un Martin Landau inchangé, hormis une nouvelle coiffure sans doute destinée à masquer une calvitie naissante. Désormais, Helena et John se tutoient et forment ouvertement un couple, ce qui constitue la suite logique de la saison 1.

Dans le rôle de conseiller scientifique, Barry Morse est remplacé par Catherine Schell. Là où Victor Bergman étalait ses compétences en les mêlant de considérations philosophiques, Maya opère dans un style très différent. Ce n'est pas une terrienne, mais la dernière survivante de la planète Psychon.

Maya sauve la vie des Alphans lors du premier épisode de la saison, et pour cela elle n'hésite pas à se retourner contre son propre père. Suite à l'explosion de Psychon, les Alphans la recueillent sur la base lunaire, où elle est instantanément adoptée et intégrée. Koenig et les dirigeants d'Alpha la considéreront toujours comme une des leurs et lui accorderont une confiance aveugle dont elle se montrera digne.

Si les discours philosophiques ne sont pas son point fort, Maya possède des qualités que Bergman n'avait pas, comme sa connaissance approfondie des divers peuples de l'Univers. C'est une transformiste, sorte de caméléon amélioré qui peut prendre en quelques secondes l'apparence de n'importe quel objet ou animal.

Ces aptitudes particulières lui permettront de sauver la base et ses habitants à de multiples reprises, et les Alphans la remercieront en la protégeant de ses ennemis, quitte à faire grincer quelques dents parmi le personnel subalterne, parfois sacrifié en sa faveur.

Bouleversements aussi dans le reste du personnel dirigeant. Paul Morrow cède la place à Tony Verdeschi. Incarné par Tony Anholt, le désormais numéro deux d'Alpha paraît d'emblée beaucoup plus compétent que son prédécesseur, et constitue un successeur parfaitement valable pour Koenig si ce dernier venait à disparaître.

Tony est amoureux de Maya, et en bon Italien ressent cruellement le manque de vin, qu'il cherche à compenser en concoctant une bière maison à partir d'ingrédients chimiques. Le substitut de houblon s'avère peu efficace puisque sa bière connait à peu près le même succès que les chansons d'Assurancetourix, le barde du village d'Astérix, et devient même un joli sujet de plaisanteries, en toute amitié.

Ce nouveau personnage devient tellement important qu'il fait parfois de l'ombre à Koenig, et plus encore à Alan Carter. Si l'on est heureux de retrouver le courageux Alan, on regrettera qu'il soit moins mis en valeur lors de cette seconde saison, et que l'axe qu'il formait avec Koenig ait quasiment disparu.

Satisfaction également avec le maintien de Sandra, qui semble avoir digéré la disparition de son petit ami Paul. Dommage que Zienia Merton n'ait pas participé à tous les épisodes. Kano a lui aussi disparu, au contraire du docteur Mathias, toujours aussi discret.

S'il n'y a pas grand-chose à reprocher à la distribution, les arrivées compensant les départs avec parfois quelques améliorations, il n'en va pas de même avec le ton général de la série, qui devient plus léger, mais pas dans le bon sens du terme. Des scènes de comédie souvent peu réussies et des amourettes à l'eau de rose remplacent désavantageusement les discussions philosophiques qui avaient assuré le succès de la première saison.

Déception aussi avec les scénarios, qui vont vite s'épuiser après un départ en fanfare, au point que nombre de scripts vont être recyclés et créer ainsi une impression de redite. Certains thèmes initialement valables sont malheureusement très mal exploités.

Les quelques scénarios originaux sont souvent basés sur des histoires de monstres qui deviennent rapidement lassantes. Ces créatures finissent par toutes se ressembler, la plupart sont de fort mauvais goût, tout justes bonnes à amuser les enfants ou à faire peur aux plus jeunes d'entre eux.

Gros changements aussi, et pas en bien, pour les décors et costumes. Le poste de commandement est plus petit et le nouveau costume lunaire moins réussi que l'ancien. On ne saisit pas du tout l'intérêt qu'il pouvait y avoir à renouveler ce qui avait donné entière satisfaction.

La musique du générique ne vaut pas celle de la première saison mais est néanmoins très agréable, c'est une des rares réussites de la nouvelle mouture. Visuellement, il était difficile d'égaler le générique initial, mais on n'assiste pas à un désastre.

Exit les images de l'épisode du jour, le nouveau générique est le même pour chaque épisode. L'arrêt sur image sur Barbara Bain est loin d'être parfait. Flou et tremblotant, il donne l'impression d'une réalisation effectuée avec du matériel d'amateur. La suppression de la séquence pré-générique n'est pas une bonne idée car ce procédé avait été très efficace, générateur d'entames accrocheuses.

Globalement, cette saison est donc un échec, qui a d'ailleurs entraîné l'arrêt de la série, mais ce n'est pas non plus une catastrophe. Compte tenu de sa réputation épouvantable,  je m'attendais à bien pire. Le plaisir de retrouver des personnages comme Koenig, Helena, Sandra et Alan Carter, celui de découvrir Maya et Tony, ainsi qu'un gros tiers d'épisodes fort intéressants, rendent cette saison 2 regardable, pour peu qu'on fasse preuve d'indulgence et qu'on ne la compare pas sans arrêt à la première...

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1. LA MÉTAMORPHOSE
(THE METAMORPH)

En recherchant un métal rare sur un astre inconnu, quelques Alphans sont capturés par Mentor et sa fille Maya, les deux derniers survivants de la planète Psychon. A l'insu de sa fille, Mentor a l'intention d'extraire le cerveau de ses hôtes pour alimenter Psyché, une machine destinée à faire renaître la vie sur Psychon.

Si l'on excepte les quelques changements de personnages, le début de l'épisode donne une impression de continuité parfaite avec la saison précédente. Les premières minutes auraient pu faire une excellente séquence pré-générique, et attisent donc le regret de sa suppression injustifiée.

Tout comme dans la suite de l'aventure, on y trouve des scènes d'action typiques de la série : vols d'aigles et de vaisseaux ennemis, énormes bulles de lumière verte, sortes de « Rôdeur » du Prisonnier, mais en couleurs, capturant les astronefs adverses par magnétisme. Les éclaireurs sont joués par les seconds rôles, autre tradition sur la série.

Plus que le scénario, certes mouvementé mais au fond très banal, ce sont les personnages et les performances d'acteurs qui polarisent l'attention. Koenig, Sandra et le docteur Russel n'ont pas changé, mais Alan est devenu plus discret, moins essentiel qu'auparavant. Hormis le commandant, l'homme fort est désormais le nouveau numéro deux d'Alpha Tony Verdeschi, plus solide et décidé que son prédécesseur Paul Morrow.

Des dissensions apparaissent entre Koenig d'une part, Carter et Helena d'autre part, en raison du double jeu mené par le commandant. Alan et le docteur Russel ont pris son attitude au premier degré et sont stupéfaits et déçus de le voir sacrifier le personnel de la base pour garder la vie sauve aux quelques Alphans retenus sur Psychon. Ce malentendu se dissipera instantanément lorsque la duplicité de John envers Mentor éclatera au grand jour.

Mentor, justement, bénéficie de l'extraordinaire composition de Brian Blessed, qui reprend un rôle similaire à celui tenu sur Un autre royaume de la mort, épisode de la première saison. En l'espèce, il s'agit d'un savant capable de sacrifier des humains ou humanoïdes pour mener à bien ses expériences, sans avoir conscience de mal faire, selon le vieil adage « la fin justifie les moyens ».

Sa fille Maya ne se rend compte de rien, mais Koenig va se charger de lui ouvrir les yeux, et elle prendra alors partie contre son père, sauvant ainsi la vie des Alphans. Catherine Schell confère à son personnage une ingénuité sympathique, mais aussi une telle douceur qu'on ne peut qu'adopter d'emblée la nouvelle alliée de nos héros.

Au sujet de son don de transformation, on remarque qu'il fonctionne à partir d'une image fixée au fond des yeux, soit parce que située dans son champ visuel, soit par imagination. Combiné à une habile réalisation, cela produit des scènes visuellement intéressantes.

Au sein d'un épisode au ton grave, un signe avant-coureur montre que l'ambiance de cette saison sera plus légère que celle de la précédente : le subalterne Bill Fraser va revenir vivant de l'expédition, à la grande joie de son épouse, initialement éplorée par sa disparition. Pas sûr qu'il en aurait été ainsi précédemment...

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2. LES EXILÉS
(THE EXILES)

Une cinquantaine d'étranges capsules se mettent en orbite autour de la Lune. Les Alphans extraient de deux d'entre elles un couple d'humanoïdes hibernés qu'ils parviennent à ramener à la vie. Dissidents exilés par les habitants de leur planète, ils demandent pour eux-mêmes et leurs compagnons enfermés dans les autres capsules l'asile sur Alpha, et proposent en échange d'apprendre à leurs hôtes le secret de l'hibernation, qui pourrait offrir une chance de survie à long terme dans l'espace.

Une première partie d'épisode passionnante, avec l'arrivée des capsules et l'aigle qui amène l'une d'elles sur la base afin de procéder à son analyse. Cette phase permet de découvrir des parties de la base restées inconnues auparavant, telles les grottes où, par prudence, se déroule l'examen de l'objet envahisseur.

L'intrigue comporte quelques ressemblances avec l'excellent Au bout de l'éternité de la saison 1. Il s'agit encore d'une histoire d'humanoïdes découverts dans l'espace et ramené à la vie, même si ici on a affaire à un couple au lieu d'un homme seul.

Les intrus réclament également l'asile en se prétendant bannis par les « méchants » de leur planète et cette fois encore Koenig est le seul à se montrer clairvoyant puisque le couple va se révéler aussi dangereux que le démoniaque Balor, justifiant la méfiance du commandant.

Helena fait preuve d'une certaine naïveté, tout comme Tony Verdeschi, sur le coup un peu tendre et aussi peu fiable que son prédécesseur Paul Morrow. Koenig finit par se laisser convaincre par les arguments humanitaires de ses compagnons, sans savoir qu'il ne tardera pas à s'en mordre les doigts.

A ce point du récit, et après un épisode et demi, on se dit que cette saison est partie pour égaler la précédente, ce dont on ne peut que se réjouir, mais la seconde partie va quelque peu tempérer cet enthousiasme prématuré.

Passons sur la scène où Maya se transforme en docteur Russel, et où les deux clones embrassent un John Koenig chargé de découvrir laquelle des deux est la vraie Helena. Un peu de comédie permet de décompresser au sein d'un épisode plutôt stressant.

Mais la suite va confirmer les options différentes retenues sur cette seconde saison. La seconde partie est moins prenante, certaines scènes sont bizarres, comme celle assez ridicule où Zova inflige à Helena, alors transférée sur Golos, des tortures à distance en malaxant avec ses ongles un buste à son effigie. Il a fallu atteindre la seconde partie du deuxième épisode pour prendre pleinement conscience du changement de saison...

Cependant, le final mouvementé permet à l'épisode de demeurer un assez bon cru, grâce à l'astuce employée par Koenig pour se débarrasser de Zova (qui rappelle encore une fois Au bout de l'éternité...), mais aussi en raison de l'esprit de décision dont font preuve Verdeschi et surtout le docteur Russel. Helena a l'idée géniale de déchirer la membrane protégeant Cantar. Tony et elle rattrapent ainsi leur coupable erreur de jugement au sujet des exilés. Cette scène est d'une intensité captivante, malgré le vieillissement un peu ridicule de Cantar.

Maya montre qu'elle est déjà totalement adaptée à sa nouvelle vie sur Alpha. On le constate au cours de l'épilogue, scène de comédie légère sans grand intérêt comme on en verra beaucoup sur cette saison. Les vedettes invitées sont satisfaisantes, notamment Stacy Dorning dont le joli minois va de pair avec un inattendu rôle de sadique.

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3. HUMAIN, NE SERAIT-CE QU'UN MOMENT
(ONE MOMENT OF HUMANITY)

Le docteur Russel et Tony Verdeschi sont amenés de force sur la planète Vega par les robots androïdes qui en ont pris le contrôle. Ces êtres veulent étudier les humains afin d'apprendre la colère et la violence, dont ils sont dépourvus. Ils vont essayer par tous les moyens de mettre hors d'eux les Alphans pour parvenir à leurs fins.

Encore un scénario basé sur la prise du pouvoir par des machines, ici des robots au lieu d'un ordinateur. Cette fois-ci, les androïdes souhaitent apprendre la colère et la violence afin de se débarrasser définitivement de leurs créateurs. Une bonne idée bien mal exploitée. L'épisode manque de rythme et devient vraiment ennuyeux pendant les séquences du faux retour sur Alpha de Tony et Helena.

Les seules éclaircies sont les bonnes prestations des acteurs et des vedettes invitées, notamment de Leigh Lawson qui exprime parfaitement l'émotion ressentie par une machine qui parvient pour la première fois à éprouver des sentiments humains, et la scène finale.

Cette ultime séquence est justement celle où Zarl découvre l'émotion humaine. Ce but n'a pu être atteint qu'en transférant sur Vega le commandant Koenig et Maya en sus du docteur Russel et de Verdeschi, afin d'exciter la jalousie de Koenig. Zarl parvient à faire craquer le commandant en dansant avec Helena puis en l'embrassant ostensiblement. Mais la conversion de Zarl réussit trop bien et le plan des robots se retourne contre eux. Ce final assez réussi rend l'épisode correct.

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4. TOUT CE QUI LUIT
(ALL THAT GLISTERS)

Les Alphans sont attirés sur une petite planète par un rocher doté d'une forme de vie. Gros consommateurs d'eau, ses congénères ont fini par assécher totalement leur planète et le dernier survivant a l'intention de s'enfuir sur un astre humide en s'emparant de l'aigle amené par Koenig et ses compagnons.

Un épisode injustement déprécié par les fans, car au fond il ne manque pas d'attraits. On a l'habitude de rencontrer dans les œuvres de science-fiction la vie sous forme d'extraterrestres humanoïdes, de monstres ou de végétaux intelligents, mais plus rarement sous un aspect minéral. Le fondement du scénario est donc plutôt bon et, une fois n'est pas coutume, son exploitation n'appelle pas de commentaires négatifs.

Renforcée par un géologue texan, un beau parleur qui fait la cour à Maya au grand désappointement de Tony, notre petit groupe d'explorateurs de l'espace vit des péripéties distrayantes au fur et à mesure des efforts déployés pour maîtriser le rocher.

Pourvu de pouvoirs impressionnants dont celui de contrôler l'esprit des humains (Tony en fait l'amère expérience), s'exprimant par jets de lumière de différentes couleurs, ce minéral vivant cause bien du souci aux Alphans, jusqu'à ce que Koenig finisse par trouver la parade et le neutralise.

J'aime bien l'épilogue, lorsque Maya fait remarquer que le rocher ne cherchait qu'à survivre, et que Koenig accepte sa suggestion de provoquer une pluie artificielle susceptible de faire renaître l'astre mort et ses rochers intelligents.

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5. EN ROUTE VERS L'INFINI
(JOURNEY TO WHERE)

La Terre, qui a atteint l'année 2120, a mis au point un système basé sur des ondes neutroniques, et l'utilise pour entrer en contact avec la base lunaire. Un savant texan propose alors de transférer les Alphans sur Terre avec ce nouveau procédé. Koenig, le docteur Russel et Alan décident de tenter l'expérience, mais un séisme se produisant sur la Terre perturbe le transfert et ils se retrouvent au cœur du Moyen-Age. Leur rapatriement en urgence s'impose car une éclipse galactique va interrompre toute communication entre la Terre et la Lune pendant un siècle.

Cette histoire de transfert par ondes neutroniques aurait pu constituer la base d'un très bon récit de science-fiction, comme en témoigne son entame accrocheuse. Hélas ! La déception va rapidement s'installer car l'idée pouvait difficilement être plus mal exploitée.

On a droit à une remontée dans le temps dont les péripéties sont d'une banalité affligeante, et qui fait penser à un mauvais épisode de la série Au cœur du temps. D'ailleurs, le transfert final ressemble à s'y méprendre aux scènes de conclusion des aventures de Doug et Tony.

Assister à un tel piétinement de la part de l'ensemble des protagonistes, pourtant hommes de science mais incapables de deviner qu'il s'agit d'un transfert spatio-temporel, ce que le téléspectateur lambda a compris immédiatement, est particulièrement énervant.

Le manque d'imagination des scénaristes est révélé par la vision qu'ils donnent de la Terre du futur : les hommes y vivent dans des sortes de coupoles hermétiques car la pollution a fait disparaître toute vie, animale et végétale. Du déjà-vu de seconde zone que ce tropisme catastrophiste ancré dans la tête de tous par les puissants lobbies écologistes.

Côté acteurs, rien de folichon. Aucune vedette invitée ne se distingue particulièrement, et à partir de cette aventure, Sandra est remplacée pour quelques épisodes par Yasko, dont l'interprète japonaise ne possède pas la douceur et le charme particuliers de Zienia Merton.

Un épisode qui, à l'instar d'Humain, ne serait-ce qu'un moment, laissera des regrets en raison d'une idée intéressante bien mal développée.

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6. TAYBOR LE COMMERCANT
(THE TAYBOR)

Les Alphans reçoivent la visite de Taybor, un curieux commerçant de l'espace habitué à se livrer au troc avec les différents peuples de la Galaxie. Equipé d'une machine capable d'atteindre n'importe quel point de l'Univers de manière instantanée en parcourant le « sub-espace », il suscite l'espoir pour les habitants de la base de retourner sur la Terre grâce à ses services.

Et voilà la série qui arrive dans le grand n'importe quoi. L'espace intersidéral parcouru par les Alphans avait déjà réservé son lot de surprises, mais cette fois les scénaristes font fort en lui attribuant ce commerçant obèse et haut-en-couleurs qui n'est pas sans rappeler certains rôles tenus par le fameux Victor Buono.

Le premier problème, c'est que le loufoque de la situation ne paraît pas de bon aloi sur cette série. Car on peut se demander ce qui suivra le commerçant spatial ambulant dans les épisodes à venir : le garage de l'espace, où les vaisseaux fatigués s'approvisionnent en carburant atomique, neutronique ou physico-magnétique ? Et pourquoi pas la péripatéticienne intergalactique parcourant l'Univers dans une soucoupe à lanterne rouge, à la recherche d'hypothétiques astronautes affamés par l'absence de contact avec la gent féminine depuis des millénaires ?

Le second problème, c'est que la vedette invitée Will Goddard n'a pas le talent de Victor Buono, et d'ailleurs même ce dernier aurait eu du mal à faire passer ce scénario pour le moins indigeste et qui s'enfonce dans le grotesque avec l'histoire du clone de Maya. Taybor est amoureux de Maya et ne saurait se contenter d'un double, donc sur ce coup Koenig a vraiment pris Taybor pour un imbécile.

Non seulement Sandra est toujours remplacée par la transparente Yasko, mais Alan ne participe pas à cet épisode, et ses compagnons font ce qu'ils peuvent au sein de cette aventure médiocre, sans parvenir à nous captiver. Si bien que lorsque l'épisode se termine, l'impression qui domine est une énorme envie de dire : « Ouf ! ».

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7. LA PLANÈTE ARCHANON
(THE MARK OF ARCHANON)

Les Alphans découvrent sur la Lune, enfermés dans une caverne, deux humanoïdes en hibernation. Il s'agit de citoyens de la planète Archanon, la planète de la paix, atteints par le virus de la folie meurtrière qui les pousse irrésistiblement à tuer, et que leurs compatriotes ont été contraints de traiter ainsi pour se protéger de leurs agissements.

Un très bon épisode dont l'idée de base, excellente, a pour une fois été bien mise en forme. Des citoyens d'Archanon, la planète de la paix, parcouraient l'espace pour répandre leur message pacificateur lorsqu'ils ont découvert la vie terrestre et décidé de l'observer depuis une base installée sur la Lune.

Horrifiés par le comportement guerrier des humains, certains d'entre eux ont de surcroît été contaminés par un virus qui les incite à tuer contre leur volonté. Le chef Pasc et son fils Etrec ont été hibernés et enfermés dans une grotte lunaire en attendant que leurs compatriotes trouvent le moyen de les guérir.

Loin des légèretés communes à la seconde saison, cette histoire est traitée de façon sérieuse selon un schéma qu'on croirait issu de la première saison.

Le commandant Koenig et Maya ne font que de brèves apparitions, partis en mission sur un aigle qui s'est retrouvé pris dans un orage de météorites (en réalité, Martin Landau et Catherine Schell participaient au tournage simultané de l'épisode suivant, économies budgétaires obligent…). Tony Verdeschi montre à cette occasion à quel point il fait un excellent chef en l'absence de Koenig. Alan Carter a également un rôle conséquent, où il étale son courage habituel et ses qualités humaines de « grand frère » avec Etrec, qu'il a pris sous sa protection.

Sur le point d'être démasqué, Pasc, gravement atteint par le virus, tente de s'enfuir en s'emparant de l'aigle destiné à secourir Maya et Koenig, accompagné du docteur Russel qu'il retient en otage.

John Standing et Michael Gallagher sont absolument formidables dans le rôle des Archaniens, à la fois cruels et raisonnables et surtout criants de vérité dans ces belles démonstrations de pure schizophrénie.

Les seuls reproches ont trait à la rapidité suspecte avec laquelle Helena a pu mettre au point un antidote au virus, et au final qui donne un peu trop dans le pathos, même si globalement cette conclusion bouleversante est d'assez bonne qualité. Cet épisode n'en demeure pas moins un des plus réussis de la saison.

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8. LES DIRECTIVES DE LUTON
(THE RULES OF LUTON)

Maya et Koenig, en exploration sur une planète qui semblait habitable, sont capturés par une forme de vie végétale intelligente et disposant de pouvoirs considérables. Ils sont contraints de se battre jusqu'à la mort contre d'autres créatures ayant eu comme eux l'outrecuidance de se poser sur la planète réservée aux végétaux.

Une nouvelle idée intéressante à la base, des végétaux intelligents ayant anéanti toute vie animale, mais son exploitation déçoit. L'histoire dégénère dans une suite de combats navrants, entrecoupés par les vols de reconnaissance de Maya, évidemment transformée en oiseau. Cela devient très vite d'un ridicule et d'un ennui indescriptibles.

Seule scène de qualité, celle où John profite d'une accalmie pour raconter à Maya la mort de sa femme lors d'une guerre ethnique, politique et sociale qui a anéanti la majeure partie des Terriens en 1987. On peut se demander comment seulement douze ans après une telle catastrophe, l'humanité aurait pu atteindre le niveau technologique permettant l'installation d'une base lunaire, mais l'essentiel n'est pas là. Il se trouve dans le magnifique moment d'émotion offert par Martin Landau, qui montre une fois de plus ses qualités exceptionnelles de comédien. Mais ce court passage ne suffit pas à sauver l'épisode de la médiocrité.

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9. LE CERVEAU ORDINATEUR
(BRIAN THE BRAIN)

Le commandant Koenig et le docteur Russel sont kidnappés par un robot doté d'une intelligence exceptionnelle. Vestige d'une expédition terrestre ayant mal tourné, cette machine veut forcer le couple à aller chercher sur la planète où l'équipage de la mission d'origine a péri les réserves d'énergie nécessaires au prolongement de son activité pendant des millions d'années.

La voix énervante du robot ne facilite pas la bienveillance à l'égard de cet épisode, que l'on peut considérer comme enfantin dans le mauvais sens du terme, voire dérisoire, pendant une bonne demi-heure. On peut tout de même saluer l'intérêt suscité par le dernier quart d'heure, du fait des éléments scénaristiques employés pour expliquer ce qui s'est réellement passé. Il faut alors reconnaître que le script tient debout, et l'impression finale se révèle convenable.

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10. UNE AUTRE TERRE
(NEW ADAM, NEW EVE)

Le créateur autoproclamé du Ciel et de la Terre propose aux Alphans une seconde chance sous la forme d'une nouvelle Terre propice à la vie. Koenig et ses compagnons ont-ils rencontré Dieu-le-Père où s'agit-il d'un imposteur aux sombres desseins ?

La première saison n'avait pas manqué de références à la religion, mais cet aspect s'était estompé depuis le début de la seconde. Les premières scènes de l'épisode suggèrent un retour en force de ce thème, malgré un John Koenig instinctivement méfiant. Pourtant, le doute est permis compte tenu des pouvoirs considérables et surhumains dont fait étalage la créature (ou le Créateur ?...)

On nage longtemps dans l'incertitude quant à  ses intentions lorsque les Alphans arrivent sur cette nouvelle Terre. Quelques scènes languissantes, à l'image du combat contre les singes et le mutant, montrent à quel point Koenig et ses amis tournent en rond.

Une fois les doutes sur l'imposture devenus certitudes, la riposte s'organise et le scénario devient plus consistant. La découverte d'un talon d'Achille inattendu va permettre la neutralisation du dernier des magiciens de l'espace et le retour sur Alpha. Mais l'épisode n'atteindra jamais les sommets. Honnête, sans plus.

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11. LES CHRYSALIDES A.B.
(THE A.B. CHRYSALIS)

La base Alpha est menacée de destruction par de violentes explosions provenant d'une planète vers laquelle la Lune se dirige. Le commandant Koenig, Alan et Maya vont explorer la mystérieuse planète afin de trouver un moyen d'éviter la catastrophe.

L'épisode démarre sur un rythme pépère qui laisse présager un Nième demi-échec. Les bulles blanches ressemblent un peu trop au Rôdeur du Prisonnier, ce qui donne une impression de redite.

Tout change lorsque l'expédition arrive sur la planète. D'abord grâce à une bonne séquence à suspense lorsqu'une transformation de Maya en monstre capable de respirer du chlore lui permet d'extirper in extremis Alan d'un local rempli de gaz toxique. Ensuite, l'apparition dans la fumée de deux divines chrysalides séduit par son aspect mystérieux et poétique. C'est l'attirance pour John d'une des deux nymphes, appelée « A », qui sauvera la base de la destruction, après le vote négatif de deux autres chrysalides.

La scène finale comporte à nouveau un réel suspense, entre perspective d'une mort certaine à l'issue du compte à rebours, dernier discours de John et émotion du docteur Russel, séparée de son amoureux à l'approche de la fin. Heureusement, « A » a fait le nécessaire...

Si l'on ajoute un très bon scénario, basé sur un peuple assurant la défense de sa planète par des explosions régulières pendant sa période d'hibernation, et un Alan en pleine forme, à nouveau décidé, courageux et énergique après avoir été souvent en retrait lors de cette saison, on a tout pour passer un bon moment.

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12. CATACOMBES SUR LA LUNE
(THE CATACOMBS OF THE MOON)

Un ingénieur dont l'épouse est gravement malade se trouve victime de visions d'un gigantesque incendie provoquant la destruction d'Alpha. Il considère ses rêves comme prémonitoires en raison d'une vague de chaleur sans cause apparente qui a envahi soudainement la base lunaire.

La première réflexion qui vient à l'esprit après la vision de cet épisode est une question : comment peut-on produire de telles inepties, de telles débilités ? Tout est absolument ridicule, des rêves de l'ingénieur avec sa femme au milieu des flammes, qui semblent sortis d'une mauvaise machination d'un Mission impossible basé sur le surnaturel, aux tentatives de création d'un cœur artificiel par Helena et son adjoint, dont on sait par avance qu'elles ne pourront aboutir qu'à l'approche de la fin. Et comme de juste, tout finit par s'arranger, le cœur artificiel fonctionne et la source de chaleur s'éloigne aussi mystérieusement qu'elle s'était approchée.

N'oublions pas le rôle mineur joué par Koenig, réduit à la portion congrue et même en dessous, et l'absence d'Alan. L'ensemble de ces facteurs produit le plus mauvais épisode de la saison, même pas sauvé du désastre par la présence de Sandra ; la malheureuse Zienia Merton est décidément bien mal lotie pour son retour sur la série.

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13. LE SECRET DE LA CAVERNE
(SEED OF DESTRUCTION)

A l'insu des Alphans, le commandant Koenig a été remplacé par un double. Créé à partir de son image par une civilisation en sommeil, cet imposteur ordonne aux habitants de la base lunaire d'envoyer le maximum d'énergie vers l'astéroïde abritant les graines de la renaissance de son peuple, dépouillé de toute énergie après sa rencontre avec un trou noir. Cette opération risque d'entraîner la perte d'Alpha.

Un épisode passionnant dès les premières minutes, et dont le suspense insoutenable ne faiblit pas. Le thème des doubles, souvent galvaudé avec plus ou moins de réussite dans nombre de films et séries, est exploité selon une formule originale qui ne manque pas de piquant.

Les relations entre les personnages en disent long sur leurs caractères respectifs, et en cela cet épisode rappelle les grands moments de la première saison. Helena a beau aimer John, elle est vite saisie par le doute. Maya et Tony sont les rebelles les plus farouches. Rien d'étonnant concernant Tony, qui a remplacé Paul dans le rôle du personnage le plus souvent critique sur les décisions du sommet. Alan Carter reste fidèle à lui-même, toujours prêt à emboiter le pas à Koenig dont il partage le tempérament aventureux et à qui il voue une admiration profonde et sincère.

On peut interpréter l'épisode comme une réflexion sur les limites de l'obéissance à la hiérarchie. Sachant que les pires crimes de l'histoire ont pu être accomplis en s'appuyant sur le principe du respect absolu des ordres donnés par les supérieurs, il est intéressant de voir comment les Alphans réagissent à des ordres contraires à toute logique et dénués de bien-fondé.

Si le faux Koenig peut se faire obéir pendant une durée aussi longue, c'est parce que les Alphans ont été habitués aux méthodes iconoclastes du commandant, dont les décisions parfois contraires à l'avis général se sont en fin de compte souvent révélées judicieuses. Mais même les plus fidèles de ses compagnons ne sont pas prêts à faire n'importe quoi. Pour preuve, l'attitude de Carter. Longtemps rétif aux velléités rebelles de Maya, Helena et Tony, il finit par se révolter à son tour quand l'usurpateur lui ordonne l'inacceptable, à savoir la destruction de l'aigle emprunté par Maya et Verdeschi. Et c'est lui qui, le premier, tentera de débarrasser la base de l'imposteur.

Dans cet ensemble brillant, le seul point raté est la scène finale, bâclée et brutale : on ne nous montre même pas le rapatriement sur Alpha de Tony et Maya ! Il est bien dommage qu'un épisode jusqu'alors parfaitement réussi soit un rien gâché par cette fin décevante.

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14. LE NUAGE QUI TUE
(THE BETA CLOUD)

Une civilisation mystérieuse, dissimulée au sein d'un gigantesque nuage générateur de maladies parmi les Alphans, envoie sur la base un monstre chargé de s'emparer du générateur d'énergie, indispensable à la survie sur la Lune. Comment échapper à l'inéluctable face à cette créature qui paraît indestructible ?

Les scénaristes semblent à court d'idée lors de cette seconde saison puisqu'ils nous ont concoctés ici un quasi remake de l'épisode de la saison 1 Puissance de la vie. Koenig, malade, est aux abonnés absents et Helena ne tarde pas à être atteinte à son tour. Dans ces conditions, c'est Maya, Sandra, Tony et un Alan affaibli qui prennent les commandes de cette aventure assez plaisante, mais bien éloignée de l'esprit originel de la série.

Tony Verdeschi montre une nouvelle fois ses capacités considérables, ses aptitudes innées au commandement. Doté de nerfs d'acier et d'une volonté inébranlable, c'est lui qui remplace le commandant Koenig en tant qu'élément moteur de la base. Il prouve ainsi qu'il serait capable de succéder à John si ce dernier disparaissait.

Comme à son habitude, Maya est décisive ; sans elle, les Alphans ne seraient pas sortis vivants de cette histoire. Il est assez amusant d'assister à la transformation en abeille d'un personnage appelé Maya, mais cela devait bien arriver un jour...

Du côté des amourettes, la perspective d'une fin proche pousse Tony à avouer ses sentiments à Maya, quitte à sembler le regretter par la suite. Sans doute se retrouve-t-il tout penaud d'avoir écorné son image d'homme fort sur lequel les sentiments ne sauraient avoir prise.

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15. UNE QUESTION D'ÉQUILIBRE
(A MATTER OF BALANCE)

Une jeune botaniste naïve et romantique est manipulée par l'hologramme d'un humanoïde constitué d'antimatière, aux fins d'un échange de places dans leurs mondes respectifs. Le but ultime est de matérialiser de nombreuses créatures destinées à remplacer les Alphans, eux-mêmes renvoyés dans le royaume de l'antimatière en raison de l'équilibre nécessaire entre les deux mondes.

Alors que plusieurs épisodes déçoivent après avoir suscité de l'intérêt, c'est le contraire qui se produit ici. L'entame est loin d'être passionnante, niaiseries pseudo sentimentales et apparitions surnaturelles semblant être au programme.

Fort heureusement, tout change au cours de la seconde partie, lorsque le scénario devient scientifique avec le recours toujours efficace à l'antimatière. Ce mot magique, à la fois mystérieux et terrifiant, est un gage de qualité pour une série comme celle-ci.

Le suspense monte en puissance, au rythme d'explications techniques fascinantes et d'angoisse au sujet d'Armelle, passée dans le monde de l'antimatière et dont on ignore si elle pourra en revenir. Une fois de plus, la machine utilisée rappelle les régénérateurs des extraterrestres dans Les envahisseurs. Quant à l'échange final, destiné à récupérer la naïve Armelle, et réalisé dans la fébrilité par une Maya hésitante, il fait penser à l'épisode « Qui suis-je ? » de la saison 5 des Avengers.

Le clou de l'épisode est la façon dont Maya, Tony et Koenig manipulent Vindrus afin de pouvoir procéder à l'ultime échange. Je n'aurais pas fait mieux que Vindrus puisque je me suis laissé prendre au jeu subtil des Alphans tout autant que lui !

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16. DÉFORMATION SPATIALE
(SPACE WARP)

La Lune est engloutie dans un corridor spatial qui la projette en quelques minutes à cinq années-lumière de l'endroit où elle se trouvait. Koenig et Verdeschi, qui étaient partis explorer un vaisseau abandonné, se retrouvent perdus dans l'espace pendant que les Alphans doivent maîtriser une Maya malade, transformée contre sa volonté en monstres divers.

Un épisode contrasté auquel on peut créditer d'excellents effets spéciaux lors des scènes d'engloutissements dans le corridor spatial, la découverte détaillée du garage souterrain où sont entreposés et réparés les aigles, que l'on n'avait qu'entre-aperçu auparavant, et la séquence sur le vaisseau abandonné avec la narration de la tragédie vécue par ses anciens occupants et les précieuses indications pour trouver l'entrée du corridor.

Le point noir est une Nième histoire de monstres, qui commence à faire d'autant plus réchauffé qu'on nous ressort l'habituel monstre aux gros yeux vu et revu précédemment. Même le fait que ces monstres soient en réalité de diverses transformations de Maya, ce qui oblige d'ailleurs les Alphans à les maîtriser sans les tuer, n'arrive pas à faire passer les aspects les plus ridicules de ces scènes, poussés au paroxysme dans le final, lorsque le monstre sort de la base et erre à découvert sur la Lune.

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17-18. UN MESSAGE D'ESPOIR
(THE BRINGERS OF WONDER)

Alors que John Koenig subit un traitement cérébral consécutif à un comportement étrange de sa part survenu pendant qu'il pilotait un aigle, un vaisseau venu de la Terre, et à bord duquel se trouvent des parents et amis des Alphans, suscite un espoir de retour entretenu par ses occupants. Le commandant Koenig ne partage pas l'allégresse générale car il voit les nouveaux venus sous forme de monstres. Est-il devenu fou, ou la base est-elle menacée par des êtres répugnants manipulant les esprits de ses habitants, le commandant excepté ?

La source d'inspiration de cette aventure de qualité pourrait bien avoir été « L'innocent », épisode des Envahisseurs où  David Vincent se trouve sous l'emprise de rêves bienheureux provoqués par ses ennemis extraterrestres. Le principe est bien connu de tous les politiciens en quête de suffrages : pour obtenir ce que l'on veut des humains, il suffit d'abonder dans leur sens, de leur offrir ce qu'ils veulent, même si ce n'est que du rêve. L'humain sera toujours plus réceptif à un mensonge agréable qu'à une vérité cruelle, et cet axiome si véridique est mis à profit par nombre de méchants de séries télévisées, en particulier lorsqu'il s'agit d'extraterrestres.

Cette nouvelle réflexion sur la nature humaine est donc une réussite. Les bonnes scènes ne manquent pas, à commencer par un début de premier épisode palpitant et déroutant : Koenig et les loopings qu'il effectue avec son aigle suscitent un intérêt immédiat, ainsi que beaucoup de questions. Autre passage passionnant lorsque le commandant parvient à faire douter Maya et Helena, puis à les convaincre de la véracité de ses dires.

Bien sûr, c'est encore une histoire de monstres, mais lorsque les créatures sont au service d'un scénario valable au lieu d'être présentes uniquement pour amuser la galerie ou effrayer les enfants trop jeunes pour se rendre compte de leur aspect kitsch et carton-pâte, elles ne sont nullement gênantes, bien au contraire.

On regrettera les trop nombreux temps morts, par exemple lors des retrouvailles avec les prétendus amis, qui font douter de la nécessité d'étaler cette histoire sur deux épisodes. Car la fin de l'aventure aurait également gagnée à être raccourcie. Le prolongement excessif des ultimes bagarres devient languissant et empêche l'épisode d'atteindre les plus hauts sommets.

*La présence de Jeremy Young ne peut qu'être agréable à tout fan des Avengers qui se respecte.

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19. L'ÉLÉMENT LAMBDA
(THE LAMBDA FACTOR)

Une force mystérieuse se trouvant à proximité de la Lune envoie des impulsions électriques qui perturbent certains habitants de la base. Les victimes voient leurs capacités psychiques et paranormales augmenter de façon considérable, et n'en font pas forcément une utilisation à bon escient.

Pas grand-chose à sauver dans cet épisode, hormis la superbe composition de Deborah Fallender dans le rôle à deux facettes de Caroline, à la fois coupable et victime. Il est pénible d'assister à la transformation du commandant Koenig : comment ce chef compétent et décidé a-t-il pu devenir un tel homme brisé, terrorisé par des fantômes au point de se retrouver avec les yeux exorbités par la peur ? Martin Landau est beaucoup moins convaincant dans ce registre que dans ses prestations habituelles, heureusement retrouvées en fin d'épisode.

Autre constatation désagréable, ou plutôt confirmation : Tony Verdeschi a pris un ascendant décisif sur un Alan méconnaissable tellement il est devenu timoré. On aurait pu donner un rôle consistant à Verdeschi sans abaisser Carter à ce point.

La version française comporte de gros défauts : Koenig et le docteur Russel se vouvoient en début d'épisode avant de revenir au tutoiement habituel, logique pour un couple de collègues amoureux. Quant au scénario, il est décevant : un sujet intéressant a été gâché par une accumulation rare de maladresses, et les ressemblances avec le calamiteux En désarroi de la première saison rappellent de bien mauvais souvenirs. Dommage !

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20. LE SPECTRE
(THE SEANCE SPECTRE)

Un quatuor d'explorateurs de la base lunaire, féru de spiritisme, est persuadé que la planète vers laquelle se dirige Alpha est habitable et que Koenig fait croire le contraire pour conserver son pouvoir sur la base. En réalité, la Lune se prépare à entrer en collision avec cette planète inhabitable. La mutinerie des insurgés ne va pas faciliter la tâche du commandant Koenig.

Voilà un épisode qui aurait pu donner un très bon cru s'il avait été réalisé selon le style de la première saison. Hélas ! Les outrances habituelles à la seconde sont bien présentes. L'épisode n'est pas mauvais à proprement parler, les nombreuses scènes d'action ne sont pas dénuées d'intérêt, mais on attendait mieux de l'épisode présentant la première mutinerie sur Alpha.

Le problème, c'est Sanderson, le chef des rebelles, un personnage caricatural à l'extrême. Desservi par l'interprétation quelconque de Ken Hutchison, son don pour se sortir indemne des pires situations devient vite lassant et finit par être grotesque, à tel point qu'on s'attend presque à le voir s'extirper du puits radioactif où il est tombé à l'issue du combat final contre Koenig.

En revanche, Carolyn Seymour, qui joue le rôle de sa compagne, est excellente, mais son joli visage et ses qualités d'actrice ne sauraient suffire à rattraper la prestation médiocre de son partenaire et les insuffisances de cette aventure.

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21. DORZAC
(DORZAK)

Maya a la surprise de découvrir qu'elle n'est pas l'unique survivante de la planète Psychon. Dorzac, un autre exilé, est retenu prisonnier dans un vaisseau chargé de l'envoyer en pénitence sur un astre lointain, sentence infligée pour avoir semé le chaos sur la planète où il s'était réfugié. Maya refuse de croire à la culpabilité de celui qu'elle considère comme un humaniste. Mais qui dit la vérité ? Dorzac ou la jeune femme chargée de le conduire en exil ?

Cet épisode constitue une très agréable surprise. Si on m'avait affirmé que je serais intéressé par un épisode où le commandant Koenig ne figure pas, j'aurais haussé les épaules, et pourtant cela se produit ici. John Koenig est parti explorer une ceinture d'astéroïdes, ce qui signifie que Martin Landau était retenu sur le tournage de l'épisode suivant... En son absence, les Alphans se débrouillent plutôt bien et nous offrent une aventure palpitante au suspense soutenu, basé sur le mystère au sujet de la culpabilité ou de l'innocence de Dorzac.

L'épisode est truffé de très bonnes idées, la moindre n'étant pas d'offrir à Maya des retrouvailles avec un survivant de sa planète. Saluons aussi la crainte de la « peste intergalactique » ( !) et l'ingéniosité de Tony pour maîtriser le coupable lors de la scène finale. S'il est quelque peu incongru de voir Alan tomber amoureux, on est satisfaits de constater qu'en définitive, cela n'a pas altéré son sens du devoir, qu'il continue à faire passer avant ses propres sentiments. A son sujet, on apprend qu'il est Australien, comme son interprète Nick Tate.

Alors que cette seconde saison a parfois pâti du manque d'envergure des vedettes invitées, celles retenues pour cet épisode donnent entière satisfaction. La douce Jill Townsend incarne un chef de vaisseau suffisamment ambigu pour maintenir le doute dans nos esprits. Quant à Lee Montague, il est absolument génial dans le rôle de Dorzac. Suprême référence, sa performance est digne du Peter Bowles de la saison 1, dans l'épisode Au bout de l'éternité, les  deux rôles présentant des similitudes.

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22. LA PLANÈTE DU DIABLE
(DEVIL'S PLANET)

John Koenig explore une planète où tous les habitants semblent avoir été tués par une bactérie inconnue, mais inoffensive pour les Alphans. En reconnaissance sur le satellite voisin, il s'écrase à proximité d'une colonie pénitentiaire dont la dirigeante maintient gardes et prisonniers ignorants de l'extinction de la vie sur la planète mère afin de les utiliser pour des jeux sadiques, et manifeste aussitôt le désir de séduire Koenig afin d'en faire un objet de plaisir.

Episode vraisemblablement tourné en parallèle avec le précédent afin de minimiser les coûts de production en cette fin de saison : aucun acteur présent dans Dorzac ne se retrouve ici. On assiste au retour de Martin Landau, entouré d'une brochette de comédiens inconnus. L'absence simultanée du docteur Russel, de Maya et de Tony, d'Alan et de Sandra aboutit à un épisode sans repères, que l'on a du mal à prendre au sérieux.

Qui plus est, le scénario est navrant et, comme on pouvait s'y attendre, aucune explication ne nous est donnée en fin d'épisode. Que s'est-il passé sur la planète ? Vous ne le saurez pas plus que moi, ni sans doute que le scénariste lui-même.

On comprend vaguement que, livrée à elle-même sur le satellite, le cruelle Elizia n'a rien trouvé de mieux à faire que donner libre cours à ses pulsions sadiques. Histoire idéale pour une série de seconde zone mais qui ne peut satisfaire un amateur éclairé de Cosmos 1999 première mouture. Quel gouffre entre les meilleurs épisodes de la saison 1 et cette piètre caricature !

Il faut néanmoins saluer l'interprétation époustouflante de Hildegard Neil dans le rôle d'Elizia. Multipliant les regards ironiques et cruels, faisant étalage de son absence totale de scrupules, Elizia est à classer dans la catégorie des bandits féminins de grande envergure. Le jeu de Hildegard Neil rappelle celui, également exceptionnel, de Jane Badler dans la série V, référence en ce qui concerne les rôles de méchantes. Cette prestation plus que réussie vaut à elle seule la vision de l'épisode.

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23. LE SYNDROME DE L'IMMUNITÉ
(THE IMMUNITY SYNDROME)

En exploration sur une planète susceptible d'accueillir la vie, plusieurs Alphans sont victimes de phénomènes inexplicables qui les tuent ou les rendent fous. Une force vivante mystérieuse qui tente en vain de communiquer semble à l'origine de ces faits étranges, ainsi que de graves destructions matérielles immobilisant Koenig et ses compagnons sur la planète sans que le reste de la base puisse leur porter secours.

Cet épisode laisse une impression mitigée. De bonnes idées, à l'instar de la séquence du planeur, très spectaculaire. La forme de vie mystérieuse qui essaie de communiquer par une lumière intense est bien imaginée, et presque poétique, donnant à l'épisode un charme qui rappelle les bons moments de la première saison.

Néanmoins, on a du mal à croire à tout cela, à entrer pleinement dans l'atmosphère de cette aventure. La série de catastrophes, d'atterrissages en urgence qui se terminent miraculeusement sans qu'aucun personnage principal ne soit tué, ni même blessé, est vraiment exagérée. Les explications utiles prodiguées post mortem par des explorateurs de l'espace apparaissent comme une redite de l'épisode de cette même saison Déformation spatiale.

Déception aussi avec Maya : absente de l'épisode précédent, elle n'est pas gâtée pour son retour puisqu'elle n'effectue aucune transformation ! Un épisode de cette saison sans prouesse transformiste de notre Psychon préférée ne peut que laisser le spectateur sur sa faim.

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24. LES DORCONS
(THE DORCONS)

Les Dorcons, peuple le plus puissant de la galaxie, veulent forcer les Alphans à leur livrer Maya, afin de prélever des cellules de son cerveau. Ces cellules spéciales, présentes dans le seul cerveau des Psychons, ne meurent jamais. Utilisées avec le degré scientifique avancé des Dorcons, elles leur permettraient de devenir immortels, mais Maya serait réduite à l'état végétatif. La base lunaire risque la destruction si ses habitants n'obtempèrent pas aux volontés des redoutables Dorcons.

Voilà un épisode qui termine la saison de fort belle facture. Le scénario est bien construit, digne des meilleurs épisodes de la saison 1, et le suspense ne faiblit pas. Maya est une nouvelle fois au centre de tous les enjeux. Koenig et ses cadres montrent à quel point ils lui sont attachés, plusieurs habitants de la base perdant la vie pour la protéger. Ceci n'est pas admis par le personnel subalterne et l'on assiste à de nouvelles dissensions entre les Alphans, mais beaucoup plus graves que lors de l'épisode Le spectre puisque les contestations ne sont plus l'œuvre d'illuminés, elles révèlent désormais de réelles divergences de vue.

Les acteurs récurrents font leur prestation habituelle, fidèles aux caractères de leurs personnages respectifs. En particulier, on est heureux de retrouver un commandant Koenig incisif et combattif, au meilleur de sa forme.

Satisfaction aussi avec les vedettes invitées : Patrick Troughton, qui fut notamment le comte Marceau sympathisant nazi de l'épisode des Persuaders « Un drôle d'oiseau », était l'acteur idoine pour incarner un vieil empereur ne voyant son salut que dans l'immortalité. Ann Firbank interprète un consul déterminé et efficace, et Gregory Sundquist un jeune loup impatient et sans scrupules, qui s'avère finalement bien utile à Koenig.

Justement, on constate comme souvent que ce sont les bisbilles entre adversaires qui sauvent les habitants d'Alpha avant même leur courage et leurs qualités propres. En cela, cet ultime épisode est aussi un beau résumé de la série, avec un Koenig-Astérix à la tête des Gaulois Alphans, résistant comme il le peut aux Romains de l'espace, c'est-à-dire à tous les autres peuples rencontrés. En effet, ceux qui croisent la route de nos héros sont toujours des êtres issus de civilisations supérieures, contre lesquels les armes de Koenig et consorts se révèlent systématiquement inopérantes.

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Crédits photo: TF1 Vidéo.

Images capturées par Phil DLM.