saison 1 saison 3

Mission Impossible (1966-1973)

Saison 6

 


PRÉSENTATION DE LA SAISON 6

Après l'échec des innovations hasardeuses de Bruce Lansbury et leur abandon en milieu de saison précédente, la volonté de revenir à une formule plus conforme à l'esprit de la série est évidente. Cette saison 6 sera même par certains côtés la plus académique de toutes : pas d'épisodes « déviants », une mission délivrée selon les formes habituelles et un briefing à chaque épisode, ainsi qu'un retour à de classiques machinations. C'est aussi la plus régulière au niveau des personnages puisque les quatre acteurs récurrents participent à la totalité des épisodes. La séquence pré-générique est maintenue mais on a le plaisir de retrouver la vraie musique du générique, après la calamiteuse version remixée de la saison 5.

Le plus gros changement concerne la nature des scénarios. Les critiques envers l'idéologie d'interventionnisme américain sur fond de guerre froide que certains accusaient la série de véhiculer ont conduit les producteurs à un changement radical. Finies les missions contre les méchants communistes des pays de l'Est ou les vilains dictateurs latino-américains, et bonjour les interventions dans les milieux de la pègre !

Il est possible que ce changement soit motivé également par le désir de renouveler les scripts, et il est vrai qu'en cinq saisons la série avait eu largement le temps d'explorer les histoires d'espionnage sous toutes les coutures. Résultat : il ne subsiste qu'une seule mission de type guerre froide/pays de l'Est, diffusée en milieu de saison. L'ensemble des autres épisodes donnent lieu à des affrontements avec gangsters, syndicats du crime, trafiquants de drogue et assimilés. Hormis le fait que des missions de ce type relèveraient plus du FBI que de la CIA, service dont l'IMF semblait dépendre depuis la création de la série, il en résulte une impression de scénarios stéréotypés, comme si la même histoire était sans cesse recyclée sous différentes moutures. Le changement de trame n'empêche pas l'épuisement de l'imagination des scénaristes, contraints de réutiliser des éléments vus lors des saisons précédentes.

Autre changement, mais de moindre importance : la réduction de la durée du générique de fin montre que cette tendance complètement aboutie de nos jours avait déjà commencé à se répandre dans les années 70. Les spectateurs ne regardent pas le générique final, donc on le réduit à la portion congrue, et même si celui de cette saison ne ressemble pas encore aux génériques actuels d'une durée de dix secondes, le mouvement était déjà bien amorcé.

Quels personnages retrouve-t-on dans cette saison ? Après le chaos perpétuel des saisons précédentes, c'est un retour au calme puisqu'il n'y a aucun changement impromptu en cours de saison. Willy revient pour de bon et participera à tous les épisodes, tout comme Barney et Jim. La seule nouveauté concerne l'élément féminin de l'équipe. Leslie Ann Warren, qui n'avait pas convaincu, quitte la série après une seule saison. Elle est remplacée par Linda Day George, qui va s'avérer être un très bon choix.

Autant le rejet de Lesley Ann Warren par les fans traditionnels de la série pouvait être compréhensible en raison des insuffisances de l'actrice dans ce rôle de Dana, les qualités incontestables de la comédienne n'étant pas en cause, autant les critiques envers Linda Day George apparaissent comme une allergie incontrôlée des fans purs et durs de Barbara Bain à toute actrice lui succédant. Les phénomènes de ce type ont été constatés sur plusieurs séries, à l'instar des Avengers où les inconditionnels de Diana Rigg n'ont jamais adopté les actrices qui ont pris sa suite.

En effet, Casey fut un excellent élément pour l'IMF. Linda Day George, son interprète, est non seulement une adorable jeune femme, mais elle a montré des qualités de comédienne de premier ordre, et c'est d'autant plus méritoire qu'elle est arrivée sur une série en déclin où les scénarios avaient du mal à se renouveler, ce qui n'a pas facilité sa tâche.

Ce qu'on peut regretter, c'est l'absence de remplaçant pour Paris. Barney bénéficie d'une promotion, du coup Greg Morris reprend dans certains épisodes le rôle de premier plan tenu auparavant par Leonard Nimoy, mais il est loin d'égaler ce dernier. Très bon dans son rôle habituel d'ingénieur et de technicien, il s'est révélé décevant dans des rôles plus consistants, n'ayant visiblement ni les épaules ni le charisme pour les interpréter. Par conséquent, son passage en deuxième position dans le générique de début, devant Linda Day George (!), n'apparaît pas justifié. Peter Lupus s'est montré meilleur que lui lorsqu'on lui a donné des rôles plus importants, heureuse innovation adoptée sur certaines missions.

Dans l'ensemble, malgré la baisse de qualité et l'absence de variété des scénarios, malgré la raréfaction des vedettes invitées d'envergure, cette saison reste de qualité acceptable, tenue à bout de bras par un Peter Graves plus leader efficace que jamais et par les performances remarquables de la nouvelle vedette féminine.

Retour à l'index


1. L'AVEUGLE
(BLIND)



Mission pas impossible mais très délicate pour Jim, rendu provisoirement aveugle par adjonction de prothèses spéciales. Il doit se faire passer pour un agent fédéral ayant perdu la vue à la suite d'une explosion, et prêt à trahir les services secrets qui l'ont renvoyé. Le but est de favoriser l'ascension d'un agent infiltré dans le syndicat du crime, au détriment de son rival.

Un épisode contrasté avec une machination bien montée et des vedettes invitées telles que Harold J. Stone et Jason Evers, idéales dans les rôles de gangsters. Phelps fait preuve d'une audace admirable en acceptant de devenir pour quelques jours totalement aveugle, convaincu que la moindre réaction à la lumière lui serait fatale lors de cette difficile mission.

Là où le mât blesse, c'est au niveau de l'interprétation de Peter Graves. N'ayons pas peur des mots, elle est ratée car l'acteur en fait trop, il en ajoute et en rajoute dans les trébuchements et erreurs de direction, au point de devenir plus comique que touchant. Il aurait vraiment gagné à faire preuve de sa sobriété habituelle.

Quelques scènes sont loin d'être convaincantes : le cambriolage interminable ne paraît pas naturel, la fuite de Jim, sur qui Brown tire comme sur un lapin en fin d'épisode sans qu'il ne soit touché malgré son handicap, est encore moins crédible. Quant à la conclusion, elle est d'une absurdité sans nom. Après plusieurs jours passés dans le noir total, Phelps se fait enlever les prothèses et voit immédiatement ses compagnons ! En réalité, il aurait fallu qu'il se réhabitue progressivement à la lumière, c'est évident pour tout le monde... sauf pour les scénaristes de la série.

Retour à l'index


2. ENCORE
(ENCORE)

Deux caïds de la pègre du Nord-Est ont l'habitude d'éliminer les témoins susceptibles de les faire incarcérer. Rien de tel qu'une machination diabolique pour trouver les preuves qui permettront enfin de les mettre derrière les barreaux.

Pour apprécier pleinement cet épisode atypique, il faut faire abstraction de ses aspects totalement irréalistes, exprimés par une machination titanesque nécessitant rien moins que la location de décors de cinéma des années trente, un nombre considérable de figurants et même le survol du théâtre des opérations par un avion d'avant-guerre, allant de pair avec l'arrêt de la circulation aérienne régulière, obtenu pour une durée de six heures.

Une fois cet aspect surmonté, on peut apprécier le charme des décors et costumes de l'époque d'Al Capone, l'ingéniosité de la machination et la superbe performance de William Shatner, époustouflant en truand d'abord incrédule devant son « rajeunissement », puis se prenant au jeu pour redevenir le jeune caïd séducteur aux dents longues qu'il fut trente-cinq ans auparavant.

Le charme à la fois désuet et distingué de cet épisode est renforcé par la transformation de Casey. Que Linda Day George est magnifique avec ses vêtements et surtout sa coiffure des années trente ! Il est vrai qu'elle est déjà naturellement très belle, mais cette coiffure d'antan avec cheveux relevés met beaucoup plus en valeur la finesse exceptionnelle de ses traits que les cheveux bouffants qu'elle arbore habituellement sur la série.

*La présence nécessaire d'un médecin au cours de cette mission permet le retour de Doug, toujours interprété par Sam Elliott.

Retour à l'index


3. LE TÉLÉPHÉRIQUE
(THE TRAM)

Phelps et ses agents doivent stopper la carrière de deux dirigeants de la pègre, autrefois ennemis, mais qui ont fait alliance dans le but de créer une société holding devant faire fructifier les gains investis par des gangsters issus de diverses régions des Etats-Unis.

Un épisode lent à démarrer mais qui gagne en épaisseur au fur et à mesure de son déroulement, le dernier quart d'heure est même passionnant.

Les vedettes invitées sont un rien décevantes, aucune d'entre elles ne faisant preuve d'une réelle envergure. Ce qui fait la valeur de l'épisode est la bonne qualité de la machination et l'originalité de l'intrigue, avec les nombreuses scènes de téléphérique. La dernière est particulièrement réussie, de par la manière dont Barney et Jim extorquent le numéro de compte en Suisse et parviennent à échapper au règlement de comptes purificateur qu'ils ont eux-mêmes provoqué.

Retour à l'index


4. LAVAGE DE CERVEAU
(MINDBEND)

Un truand s'est associé avec un psychologue corrompu pour mettre au point un système d'assassinat infaillible et sans risques. Des petits voyous en fuite sont recrutés et conditionnés pour tuer les ennemis de la pègre avant de se suicider.

La séquence pré-générique laisse présager un désastre, entre scènes de conditionnement de pacotille et la mission délivrée à un Peter Graves ayant pris la succession de Lesley Ann Warren dans le championnat du monde des accoutrements grotesques. Mais finalement, l'épisode est tout à fait regardable. Certes, il faut continuer à se coltiner d'interminables séances de conditionnement toutes plus ratées les unes que les autres. Bien sûr, on a longtemps l'impression d'assister à une caricature de film d'espionnage, avec l'humour en moins.

Cependant, Greg Morris accomplit une belle performance. Au premier plan dans cette mission, comme cela arrivera de plus en plus souvent lors des deux dernières saisons, Barney montre qu'il a pris du galon au sein de l'équipe. Satisfaction aussi avec Linda Day George, très en verve dans son rôle de séductrice cachant une redoutable espionne aux nerfs d'acier. Surtout, ce sont les séquences finales réussies qui sauvent l'épisode, du faux attentat sur Pierson à la stupéfaction de Burke lorsqu'il est confondu par son partenaire pour une machination dont il n'est pas l'auteur.

Retour à l'index


5. LE PENDU DE L'ORION
(SHAPE UP)

L'IMF est chargée de trouver des preuves contre le syndicat du crime, afin de faire cesser le racket organisé dans un port par un ancien marin acoquiné avec la pègre.

Une machination de qualité honorable mais bien trop compliquée. Il faut vraiment s'accrocher et réfléchir pour comprendre où Phelps et son équipe veulent en venir, si bien que la vision de cet épisode est plus stressante que propice à la détente ou au divertissement.

Hormis le plaisir de retrouver parmi les gangsters l'excellent Anthony Caruso, il faut saluer la nouvelle performance éblouissante de Linda Day George, qui a su trouver ses marques à tel point qu'on la croirait présente sur la série depuis plusieurs saisons et non depuis seulement cinq épisodes. Peter Graves est très bon aussi en officier de marine, de même que Greg Morris en saboteur souterrain et Peter Lupus, parfait dans le rôle d'homme de main de gangsters, sans doute sa composition préférée.

Retour à l'index


6. LE COEUR A SES RAISONS
(THE MIRACLE)

Jim et ses agents doivent découvrir le lieu de livraison d'une énorme quantité de drogue arrivant d'Europe par bateau, et faire arrêter les organisateurs de ce trafic.

Un épisode typique des dernières saisons, avec ses carences mais aussi ses qualités. Le scénario n'est pas mal agencé, mais les fausses opérations, c'est du déjà vu sur la série. Plus que l'histoire en elle-même, très banale, c'est la musique, digne de la grande époque, et la qualité de l'interprétation qui rendent l'épisode convenable.

Peter Graves est convaincant en gangster, et Peter Lupus livre une composition étonnante dans le rôle de son homme de main solide et déterminé. Linda Day George, plus belle que jamais avec ses cheveux relevés, est omniprésente et l'on ne s'en plaint pas tellement elle est divine en serveuse amoureuse d'un truand et auteur d'un habile travail de sape destiné à lui faire perdre toute confiance. On ne peut qu'admirer la façon dont elle la joue très classe même dans un rôle de petite serveuse, ce que n'arrivait pas à faire Lesley Ann Warren.

Autre réussite, celle des deux renforts de l'équipe d'espions, l'un dans un rôle de prêtre, l'autre en pickpocket malicieux chargé de faire l'échange du revolver à l'insu de Kearney à l'occasion d'une bousculade. Ledit Kearney est interprété correctement par Joe Don Baker, cependant surclassé par un excellent Ronald Feinberg dans le rôle de Taynor.

Retour à l'index


7. THÉRAPIE DE GROUPE
(ENCOUNTER)

Un duo de gangsters a l'habitude de contraindre par la violence d'honnêtes entrepreneurs à collaborer avec eux. La police n'a pas réussi à trouver de preuves pour les arrêter, d'où le recours aux agents spéciaux.

Si les performances d'acteurs parviennent souvent à masquer la faiblesse des scénarios au cours de cette saison, cet épisode ne peut même pas en bénéficier en raison de la polarisation de l'histoire autour de la médiocre Elizabeth Ashley. Du coup, Linda Day George, l'atout majeur de la saison, est peu présente, Casey passant une grande partie de l'épisode avec le masque de Loïs Stoner.

Il faut donc subir les crises d'hystérie sur jouées d'Elizabeth Ashley, pas plus à l'aise dans cet exercice que Lesley Ann Warren ne l'était lors de la saison précédente. Autre échec, les scènes de thérapie de groupe, languissantes à l'extrême et pas toujours bien interprétées.

La nouvelle belle performance de Willy, preuve que Peter Lupus était sous-employé au cours des saisons antérieures, et la présence appréciée de Val Avery dans le rôle de Brady sont insuffisantes pour rendre l'épisode attrayant.

Retour à l'index


8. LES DIAMANTS SOUS LA MER
(UNDERWATER)

Un trafiquant de diamants volés s'apprête à vendre un lot d'une valeur de soixante-quinze millions de dollars, mais voit l'opération compromise par la trahison d'un de ses hommes, déterminé à conserver les bijoux pour son propre compte après les avoir cachés sous la mer. Notre quatuor d'agents secrets est chargé de retrouver les pierres précieuses et de s'emparer des devises destinées à les acquérir.

Un des meilleurs épisodes de la saison, bénéficiant d'un scénario bien construit et d'une interprétation de qualité, dominée par l'excellent Fritz Weaver du côté des malfaiteurs et par un Peter Graves épatant en professeur de plongée décontracté ayant flairé la bonne affaire.

Seuls regrets, le trop grand nombre de scènes de plongée, qui deviennent vite fastidieuses, et les tenues vestimentaires de Jim, à des années-lumière de l'élégance chic et de la sobriété des débuts de la série. Il est vrai qu'il interprète un sportif un peu baroudeur des années 70, ce qui peut expliquer cette surprenante transformation...

Retour à l'index


9. INVASION
(INVASION)

Un séisme a gravement endommagé le système radar de signalisation à distance des Etats-Unis, qui se retrouvent ainsi à la merci d'une attaque de missiles nucléaires. Whitmore Channing, un conseiller au ministère de la défense travaillant en fait pour le bloc de l'Est, a dérobé des documents secrets sur lesquels sont mentionnées les zones défaillantes, et s'apprête à les communiquer à l'état-major ennemi.

Après huit premières missions se déroulant dans les milieux de la pègre, cet épisode procure un dérivatif apprécié par son thème axé sur une véritable histoire d'espionnage sur fond de guerre froide. Les éléments du scénario sont recyclés des saisons précédentes : le tueur imprévu dont l'intervention perturbe la mission mais accroit le suspense, les fausses exécutions destinées à impressionner le prisonnier, le fait de l'amener à se trahir en lui laissant deviner qu'il s'agit d'une machination, plutôt que l'interroger en vain, tout ceci a déjà été vu, et pourtant la magie opère encore.

La réalisation incisive, avec beaucoup de musique et sans discours inutiles, est particulièrement réussie, notamment au cours de la scène de neutralisation de Channing à son domicile, la meilleure de l'épisode, mais aussi par la suite lors des séquences de tribunal. Si l'on ajoute l'excellente composition de Kevin Mc Carthy, une vedette invitée sérieuse et concentrée, on obtient un des meilleurs épisodes de la saison.

Mention aussi à l'équipe de Phelps, en particulier pour Peter Graves, très crédible en officier soviétique, et pour Peter Lupus qui joue avec brio un rôle important lors de la scène finale. Linda Day George se fait plus remarquer par son élégance que par son jeu d'actrice, pas franchement mauvais mais pour une fois décevant de par son exagération du côté larmoyant de son personnage, une malheureuse secrétaire victime de la barbarie communiste.

Retour à l'index


10. CHANTAGE
(BLUES)

Un mafieux opérant sous la couverture d'éditeur de musique a défenestré une de ses artistes qui menaçait de le faire chanter. Ce meurtre pourrait permettre son arrestation, si Jim et ses agents parviennent à réunir des preuves.

Une machination un peu confuse qui ne restera pas dans les annales de la série. Greg Morris joue un rôle de premier plan dans lequel il ne donne guère satisfaction : Barney chanteur sans talent, qui plus est toxicomane ? Le résultat est décevant.

On a trop fait forcer le trait au pauvre Greg Morris, dont l'accoutrement kitschissime n'a rien à envier à ceux de Dana lors de la saison précédente, ni même aux tenues les plus caricaturales des années 70, du style groupe Abba. Bref, il est vêtu comme une star du disco, avec de surcroît une casquette à pompon qui accentue son aspect ridicule.

Si l'épisode mérite d'être vu, c'est avant tout pour assister au jeu plus subtil de ses partenaires, mais aussi pour le plaisir de retrouver le très brillant William Windom en vedette invitée.

Retour à l'index


11. L'IMMORTEL
(THE VISITORS)

Un magnat de la presse est devenu le complice actif d'une puissante mafia locale qui s'apprête à faire élire des hommes à sa solde aux postes clés de l'état, dont celui de gouverneur. Phelps et son équipe doivent faire en sorte que l'appartenance au syndicat de crime de ces candidats soit révélée aux électeurs avant la tenue du scrutin.

La séquence pré-générique, intense et très bien filmée, est annonciatrice d'un épisode de qualité. La suite ne déçoit pas grâce à un scénario bien bâti, une mise en scène rigoureuse et des comédiens très à leur aise dans des rôles parfaitement adaptés à leurs capacités.

Peter Graves est épatant en extraterrestre énigmatique tout de blanc vêtu. Même remarque pour Linda Day George, aussi jolie, si ce n'est plus, en brune qu'en blonde ou en châtain clair comme à son habitude. Greg Morris en bien meilleur en chauffeur et homme de main cynique qu'en chanteur toxicomane comme dans l'épisode précédent. Steve Forrest, la vedette invitée, donne le ton de l'épisode en composant un magnat malhonnête mais manipulable en raison de sa croyance aux extraterrestres et à la possibilité d'une vie éternelle.

Les machines constellées de lumière et de boutons très colorés, et plus encore le tube régénérateur, font irrésistiblement penser aux Envahisseurs, même si le tube est horizontal et non vertical. Jusqu'à l'attitude implacable, déterminée et impassible de Jim qui rappelle certains des adversaires de David Vincent, par exemple celui incarné par Alfred Ryder.

Seule la séquence finale, assez décevante voire caricaturale avec cette leçon très conventionnelle qu'on pourrait intituler «comment finissent les immortels », empêche l'épisode de côtoyer les sommets de la série.

Retour à l'index


12. GAZ
(NERVES)

Un criminel déséquilibré a dérobé à l'armée américaine un tube de gaz expérimental mortel, qu'il se propose d'échanger contre la libération de son frère, condamné à mort pour le meurtre d'un agent fédéral. Les autorités entendent d'autant moins céder au chantage que le prisonnier est mourant à la suite de deux attaques cardiaques. Le temps presse car le gaz risque de s'échapper et de tuer des milliers de personnes.

Une bonne histoire policière au scénario trépidant et au suspense conféré par l'aspect course-poursuite de la mission. Casey prend des risques énormes en restant au contact de l'ennemi en permanence. Même si cela devient une habitude, il faut souligner l'excellente composition de Linda Day George en criminelle effrontée. L'aspect canaille de son personnage, tellement contradictoire avec son visage d'ange, produit un mélange détonant ; c'est un peu le feu qui se marie avec la glace.

Autre acteur en grande forme, l'habitué de la série Paul Stevens dans un rôle similaire d'infiltré, mais nanti d'un masque destiné à le faire passer pour Cayman, le frère du criminel, qu'il a bien fallu remplacer après son décès.

Avec un Peter Graves toujours aussi à l'aise en chef d'orchestre, cet épisode a tout pour plaire, même si la scène finale est un rien décevante en raison de l'aspect pathétique des derniers instants de Wendell Hoyes.

Retour à l'index


13. CHAMPS DE COURSES
(RUN FOR THE MONEY)

Jim reçoit pour mission une intervention dans le monde des paris clandestins sur les courses de chevaux. Son groupe d'agents devra mettre fin aux agissements de Mason, l'organisateur de ces paris, et de son adjoint Trask, connu pour ses méthodes meurtrières d'élimination de la concurrence.

Les amateurs de courses de chevaux adoreront cet épisode où ils ne pourront que se sentir à l'aise puisque, comme le suggère son titre, cette mission se déroule du début à la fin sur les champs de courses et dans les coulisses de ce milieu. Les autres seront peut-être moins enthousiasmés par la lenteur du récit et surtout par sa complication extrême. Difficile de deviner où Phelps et ses complices veulent en venir, et même à la fin on a le sentiment de n'avoir pas tout compris...

Comme il se doit, l'IMF utilise la rivalité entre les deux adversaires, de façon d'ailleurs fort maladroite car la machination est cousue de gros fils blancs. Le scénario est entaché d'une énorme incohérence : si le cheval retenu par nos agents est tellement performant, et il l'est puisqu'il bat comme prévu le cheval de Mason lors de la course finale, pourquoi avoir utilisé un trucage de chronomètre pour convaincre Trask de sa valeur ? Voilà bien un artifice inutile, si ce n'est pour tenter de captiver le spectateur avec un gadget dans la lignée de la série, mais encore faudrait-il que le besoin soit réel pour être crédible.

Au final, les bonnes performances des acteurs, et en particulier de Linda Day George et de la vedette invitée Richard Jaeckel, ne suffisent pas à compenser une somme de ratés et d'insuffisances inhabituelle.

Retour à l'index


14. LES FLEURS DU MAL
(THE CONNECTION)

Le plus gros fournisseur d'héroïne de la côte Ouest s'apprête à utiliser comme plaque tournante pour son trafic la propriété d'une Française installée sur une île située au large de l'Afrique occidentale. La police, impuissante, fait appel aux services secrets pour arrêter le malfaiteur et identifier ses clients et son fournisseur.

Dans ce genre d'épisodes, l'équipe de Jim dispose de moyens considérables pour mener à bien sa mission. Dolan et ses hommes de main se rendent en Afrique, mais la bonne petite machination concoctée par Phelps va les faire atterrir à leur insu sur une petite île située aux Etats-Unis même, non loin des côtes de la Géorgie, où Casey va se faire passer pour leur complice française !

Sur ces bases, on est en droit d'attendre un épisode remarquable, d'autant plus qu'un espion envoyé par le client de Dolan va se retrouver sur place au grand dam de l'IMF, qui n'avait pas prévu cette intrusion malvenue. Pourtant, cette aventure s'avère insatisfaisante. Trop d'allers-et-retours en avion entre Italie, Turquie, Géorgie et New-York nous font perdre peu à peu le fil de l'histoire, qui se délite totalement au cours d'un dernier quart d'heure confus. Même les agissements de l'espion intrus deviennent caricaturaux, du coup sa présence n'apporte aucune plus-value à l'épisode.

Enormes regrets car on est sans doute passés à côté d'un grand moment, celui qu'auraient pu nous offrir avec un scénario plus dépouillé et plus percutant une Linda Day George toujours aussi adorable avec une nouvelle coiffure aux cheveux courts particulièrement seyante, et une vedette invitée de prestige en la personne du fameux Anthony Zerbe, pour sa énième participation à  la série.

Retour à l'index


15. LA FIANCÉE
(THE BRIDE)

Joe Corvin, un ancien tueur de la mafia, est devenu l'organisateur de transferts réguliers d'argent en Suisse, où les profits réalisés par la pègre sont blanchis pour revenir aux Etats-Unis sous forme d'investissements honnêtes. L'équipe de Phelps représente la dernière chance de le mettre hors d'état de nuire et de faire cesser définitivement ce trafic.

Un des meilleurs épisodes de la saison, dont l'intérêt croît de minutes en minutes au fur et à mesure de son déroulement. Les vedettes de cette mission sont une nouvelle fois Peter Graves, parfait interprète d'un individu louche touchant tant au trafic de stupéfiants qu'aux transferts illégaux de fonds à l'étranger, et Linda Day George, toujours aussi ravissante en fiancée parfaite... ou presque puisqu'elle s'avère sous l'emprise de la toxicomanie. Casey est magnifiée par l'interprétation merveilleuse de Linda Day George, affirmation que l'on pourrait répéter à chaque épisode ou presque, mais si cela va sans dire, cela va encore mieux en le disant.

La vedette invitée, James Gregory, incarne un Joe Corvin remarquable, un vrai caïd dur et sans pitié, même avec sa fiancée. On croirait un bandit tout droit sorti des Incorruptibles tellement son caractère ressemble à celui de Frank Nitti.

Ces comédiens de talent animent une première demi-heure intéressante sans être exceptionnelle, où l'on remarque la tendance du producteur Bruce Lansbury à recycler des éléments de scénario utilisés sur Les Mystères de l'Ouest, série sur laquelle il avait travaillé auparavant. Le patron de l'entreprise de pompes funèbres présent ici ressemble étrangement à celui qui sévissait dans La nuit du cadavre... Même remarque pour les acteurs, James Gregory et Douglas Henderson étaient des familiers des aventures de West et Gordon.

C'est dans le dernier quart d'heure que l'épisode donne toute sa puissance, la qualité supérieure du scénario s'ajoutant alors aux performances des acteurs. On découvre alors la subtilité de la machination dans ses moindres rouages et la scène finale, très jouissive, est une des meilleures vues sur la série.

Retour à l'index


16. LA PELLICULE
(STONE PILLOW)

Larry Edison, un ancien détective privé emprisonné pour avoir pratiqué le chantage, continue en attendant sa libération à exercer ses coupables activités au détriment de Vincent Vochek, un chef de la pègre contraint de lui verser mensuellement cinq mille dollars. L'IMF va tenter de s'emparer d'un rouleau de pellicule caché par Edison, qui prouve l'implication de Vochek dans l'assassinat d'un indicateur de police.

Un épisode sérieux de bout en bout et remarquablement interprété. La machination est particulièrement bien combinée. Phelps et son groupe investissent la prison où Edison purge sa peine. Jim est saisissant de vérité en détenu intellectuel féru de mathématiques et passionné par les échecs. Les pièces de son jeu ont d'ailleurs une double utilité puisqu'elles s'emboîtent de manière à former un revolver...

Casey se transforme en psychologue au service des prisonniers et adopte l'apparence adéquate. Chignon et grosses lunettes ne l'empêchent pas de rester adorable et de jouer le rôle avec son talent habituel. Barney devient un directeur de prison inflexible et Willy un gardien toujours présent là où il faut. Tout ce petit monde se tient sur ses gardes en raison de la présence supposée d'espions à la solde de Vochek, supposition qui s'avère très juste.

Les vedettes invitées font preuve d'une envergure qui rappelle les meilleurs épisodes de l'âge d'or. Quelle bonne idée que ce retour de Bradford Dillman ! Insolent et ironique à souhait, il compose un excellent maître-chanteur, qui plus est non dénué d'humour, comme l'atteste une phrase d'anthologie prononcée lors de la séquence pré-générique : « Je ne fais pas de chantage, je fais de l'extorsion. » ( !)

Quant à Robert Ellenstein, il n'est plus à présenter tellement on l'a déjà vu à l'œuvre sur cette série et sur tant d'autres. Le personnage du caïd Vochek lui va comme un gant. Le très bon Arthur Batanides complète la distribution dans le rôle du gardien de prison complice de Vochek.

Le seul léger reproche est relatif à la séquence finale, un banal affrontement à coups de revolvers plus caractéristique d'un épilogue des Incorruptibles que d'une série d'espionnage comme celle-ci.

Retour à l'index


17. REFLET
(IMAGE)

Un membre important d'une organisation criminelle se livre à ses méfaits grâce à une liste de fonctionnaires et politiciens corrompus qui facilitent ses opérations illégales. Inquiété par les autorités, il s'apprête à partir à l'étranger en emmenant sa liste afin de poursuivre ses activités à distance des Etats-Unis. Ses complices souhaitent s'emparer de la fameuse liste, mais le gouvernement fédéral également…

C'est habituel, il faut qu'il y ait au moins une mission par saison basée sur les phénomènes paranormaux. Et à chaque fois c'est le même échec. Barney n'est absolument pas convaincant en voyant affublé d'un collier de barbe. Et que penser de la crédibilité d'un dur de la pègre capable de subir à son insu une séance d'hypnose pendant une consultation de voyance ? On se rend compte ici que les épisodes où le rôle prépondérant est tenu par Barney sont loin d'égaler ceux où Phelps et Casey sont aux commandes de la machination.

Néanmoins, le dénouement réserve quelques rebondissements qui dénotent de la qualité convenable du scénario et surtout une belle scène finale, avec la stupeur qui se lit sur le visage du malfaiteur lorsqu'il découvre son prétendu frère jumeau vivant, en train d'enlever son masque.

Côté acteurs, il est toujours agréable de retrouver une vedette invitée telle que Warren Stevens, curieusement moustachu, ou un acteur moins connu mais habitué des séries de l'époque comme Walter Burke, en marchand de timbres véreux.

Retour à l'index


18. LA VÉRITÉ
(COMMITTED)

Une certaine Nora Dawson est enfermée dans un hôpital psychiatrique sur ordre de Harve Harrison, le vice-gouverneur d'un état gangréné par la pègre. Harrison est à la solde de Leon Chandler, chef du milieu et soupçonné du meurtre d'un sénateur. Madame Dawson subit un traitement destiné à la rendre folle afin que son témoignage accablant pour Chandler soit déclaré irrecevable.

Une ambiance anxiogène règne sur cet épisode, de par la multiplication des scènes de folie et d'internement, notamment dans la première partie. On peut reprocher d'énormes invraisemblances, en particulier les déambulations trop tranquilles de Phelps au sein de l'hôpital psychiatrique.

En revanche, il faut saluer les belles compositions de Linda Day George, qui simule parfaitement la folie, de Susan Howard dans le même registre et de Alan Bergmann toujours fort à son affaire lorsqu'il s'agit d'interpréter des voyous. Peter Graves débute plutôt mal, il en fait trop dans le rôle d'un homme inquiet au sujet de la démence de sa nièce. Il se rattrape ensuite en menant de main de maître l'opération de substitution de Nora.

La mise en scène n'a pu éviter quelques temps morts, mais la mission se conclut en apothéose avec la fameuse scène du tribunal qui mystifie Harrison, Chandler et leur avocat, sous les regards satisfaits de Jim, Barney et Willy.

*On retrouvera Susan Howard dix ans plus tard dans le rôle récurrent de Donna, tenu sur Dallas, la saga interminable.

Retour à l'index


19. LA MALLETTE
(BAG WOMAN)

Un syndicat du crime de la côte Ouest mène ses opérations en toute impunité grâce à la protection d'un politicien corrompu connu sous le seul nom de code de C6. A l'occasion du versement à C6 d'un des énormes pots-de-vin dont il bénéficie, l'IMF va tenter de l'identifier et de le faire arrêter.

Une première partie prometteuse : scénario accrocheur et réalisation impeccable laissent présager un épisode passionnant. Puis tout s'écroule avec la succession invraisemblable de problèmes qui s'abattent sur nos agents secrets. Autant un ou deux imprévus peuvent pimenter le déroulement d'une mission, autant une accumulation pareille de catastrophes frise l'hérésie.

Qu'on en juge : une employée peu consciencieuse laisse échapper le chien de Jenkins de la clinique vétérinaire, ce qui détruit la couverture de Barney. Le malheureux perd son masque et une balle le blesse à la tête quand il échappe à ses ennemis. Bon... Passe encore ! Mais lorsque par-dessus le marché Willy a un léger accident de voiture qui détruit le système de repérage destiné à localiser Casey, et qu'un docteur complique la situation en transférant Barney à l'hôpital, ça fait vraiment beaucoup, et c'est une vraie atteinte au mythe des espions à qui tout réussit, concept de base de la série.

Le résultat, c'est que tous ces éléments perturbateurs probablement destinés à accroître le suspense vont à l'encontre du but recherché. Le grotesque de la seconde partie provoque une perte d'intérêt considérable et la conclusion se regarde d'un œil distrait. Le final est d'ailleurs au diapason de ce qui précède : Willy surgit comme par miracle (il a vu de la lumière, il est entré ?) dans le bon appartement à la seconde même où C6 allait faire tirer sur Casey ! Si ce n'est pas se moquer du téléspectateur...

Dommage car la base de la mission était digne d'intérêt. En poursuivant sur la lancée des premières scènes et en centrant l'action sur le périple de Casey au lieu de la délaisser pour se focaliser sur les malheurs de Barney, on aurait probablement vu un épisode bien plus attrayant.

*Robert Colbert, l'interprète de Harry Fife, fut l'un des deux voyageurs spatio-temporels de la série Au coeur du temps.

Retour à l'index


20. LE PIÈGE
(DOUBLE DEAD)

Une somme de dix millions de dollars issue d'une activité de prêteurs sur gages s'apprête à être versée à la mafia par les deux malfaiteurs associés à la tête de cette entreprise lucrative. Phelps est chargé de s'emparer de cet argent et de mettre fin à l'implantation sur les îles du Pacifique de cette activité frauduleuse.

Seul épisode de la saison qui débute directement par la délivrance de la mission, il s'ensuit une immersion immédiate au sein des opérations, se terminant par l'arrestation de Willy. Cette entame est accrocheuse bien qu'un peu longue puisqu'il faut attendre plus de sept minutes avant que le générique ne commence.

La suite consiste en de nouvelles tentatives pour s'emparer des dix millions de dollars, tout en faisant l'impossible pour délivrer Willy. La machination élaborée à cet effet est un modèle du genre et permet d'assister à un épisode percutant et captivant, malgré quelques maladresses. Une scène symbolise l'audace inouïe des Américains, qui ne reculent devant rien. Le coffre-fort ne s'ouvre qu'avec les empreintes de ses propriétaires et il est trop tard pour refaire un nouveau moulage après l'échec de Willy ? Qu'à cela ne tienne ! Il suffit de droguer un des deux bandits et de le traîner jusqu'à son coffre pour utiliser sa propre main...

Hormis les acteurs récurrents, tous à leur meilleur niveau, les deux vedettes invitées incarnant les gangsters réalisent une bonne performance. Cependant, la grosse surprise est la présence d'un Français dans la distribution en la personne de Maurice Marsac, que l'on a vu notamment dans les épisodes des New Avengers tournés en France, et qui interprète avec brio le médecin chargé de faire parler Willy.

Retour à l'index


21. CASINO
(CASINO)

L'argent dépensé dans le casino d'une ville d'eau par de riches vacanciers est accaparé par une organisation criminelle dont les dirigeants se méfient de l'homme à qui ils ont confié la direction de l'établissement. Un témoignage contre la pègre est indispensable pour obtenir le changement de législation susceptible de faire perdre à l'organisation sa mainmise sur les maisons de jeux. Nos agents ne sont pas à court d'imagination pour acculer un des gangsters à trahir les siens...

Un épisode qui démarre sur des bases solides : scénario consistant et vedette invitée de premier plan en la personne du toujours sémillant et non moins brillantissime Jack Cassidy aboutissent à une première partie tout à fait satisfaisante. Il n'en est pas de même pour la suite et la fin.

Le cambriolage de la chambre forte par Barney est tellement caricatural dans le genre « série d'espionnage avec gadgets incroyables » qu'il frise le ridicule. Boîte rampante semblant issue de l'épisode des Avengers « Haute tension », explosion et machine ahurissante à aspirer les billets : rien ne nous est épargné. La scène finale est du même acabit. Trop bizarre. La reddition et le retournement de veste de Kerr sont obtenus bien trop facilement, si bien que l'épisode se termine en eau-de-boudin.

Ajoutons un défaut commun à toute la fin de cette saison, le changement de voix française de Casey, désormais victime d'un doublage exécrable. Son visage si doux n'est pas du tout en accord avec la voix aigre, désagréable qu'on lui attribue, et qui serait plus appropriée à l'oncle Picsou.

A propos de la version française, on peut se demander pourquoi Barney parle avec l'accent antillais, défaut que l'on retrouve certes sur toute la série, mais est particulièrement accentué sur cet épisode. Sans doute les Français ignorent-ils que les Noirs américains parlent anglais depuis des siècles et qu'il est donc inutile, et même stupide, de les doubler avec un accent particulier.

*Jack Cassidy, acteur particulièrement en verve dans la série Columbo où il interpréta à trois reprises le criminel coincé par l'homme à l'imperméable, est décédé accidentellement en 1976 à l'âge de 49 ans, brûlé vif après s'être assoupi sur son canapé avec une cigarette allumée.

Retour à l'index


22. ESPRIT DE FAMILLE
(TRAPPED)

L'IMF doit récupérer seize millions de dollars dérobés en Asie du Sud-Est dans un dépôt de l'armée américaine, et qu'un groupe de truands opérant en famille s'apprête à rapatrier aux Etats-Unis.

On aurait pu trouver mieux que cet épisode raté pour terminer la saison. Le patriarche dans son fauteuil roulant, les deux frères ennemis, bandit sérieux contre raté alcoolique, toute la famille Stafford paraît bien artificielle. J'ai beau adorer Linda Day George, les chansons qu'elle nous inflige sont terriblement ennuyeuses. On est donc partis pour un épisode pas folichon, mais il s'avère pire que prévu avec l'amnésie de Jim, consécutive à quelques coups de mitraillette lui ayant sifflé aux oreilles.

Ces scènes où Phelps a perdu la mémoire arrivent comme un cheveu sur la soupe, et ne sont pas crédibles pour deux sous. Comme de bien entendu, Jim retrouve la mémoire pile au bon moment, tout à la fin de l'épisode alors que deux tueurs s'apprêtaient à lui régler son compte, et à la suite d'une conversation téléphonique avec Barney pathétique de niaiserie. La doublure de Peter Graves est nettement reconnaissable lors de la bagarre finale où son visage est filmé avec complaisance, fait surprenant dans une série qui ne nous avait pas habitués à de telles maladresses.

L'épisode donne l'impression d'une auto-caricature de la série, dont les prémisses se faisaient sentir lors de l'épisode précédent, et qui se développe cette fois-ci sans retenue. Seul élément positif, la présence de la ravissante Sharon Acker dans le rôle de la serveuse qui va secourir Jim lors de son amnésie. Présence d'autant plus appréciée que les vedettes invitées, insignifiantes, réussissent l'exploit d'être aussi transparentes que les bandits incapables qu'elles incarnent.

Retour à l'index

Crédits photo: CBS.

Images capturées par Phil DLM.