saison 1 saison 3

Mission Impossible (1966-1973)

Saison 5

 


PRÉSENTATION DE LA SAISON 5

Le maintien de Leonard Nimoy laissait présager une saison sur le même moule que la précédente, tout comme la saison 3 fut bâtie sur le modèle de la deuxième. En effet, il n'y avait pas eu de séismes tels que le changement de chef à l'aube de la saison 2 ou le départ du couple Bain/Landau à l'issue de la saison 3. Il était donc logique de penser qu'aucun bouleversement majeur n'allait se produire sur cette saison 5.

C'était sans compter sur la volonté de Bruce Lansbury, producteur arrivé au début de la saison précédente, et qui n'avait pas eu alors le loisir d'imprimer réellement sa marque. Lansbury était soucieux avant tout de rentabilité. On avait pu le constater auparavant sur Les Mystères de l'Ouest, qu'il avait fait évoluer vers des histoires de style western éloignées du concept de base de Michael Garrison, le créateur de la série, plus orienté vers le fantastique. La qualité des aventures de West et Gordon n'en avait pas trop été affectée, l'esprit de la série étant demeuré intact même dans les épisodes western dont quelques-uns étaient devenus des classiques incontournables.

Tel n'est pas le cas sur Mission impossible où Lansbury fait la révolution: il décide de supprimer purement et simplement la délivrance de la mission, le choix des agents et le briefing! Une dizaine d'épisodes seront tournés selon cette formule, véritable trahison de l'esprit originel. Pour la plupart des fans et la majeure partie du grand public, Mission impossible, c'est d'abord une mission délivrée à Phelps par magnétophone avec la bande « qui s'autodétruira dans 5 secondes ». Ces épisodes, qui ne seront d'ailleurs pas tous mauvais, ne comportent plus de machination à proprement parler, autre déviance notoire. Le spectateur découvre l'IMF en action au coeur d'une mission, et des problèmes surgissent et orientent l'aventure vers une autre voie.

Autre innovation, le recours à une séquence pré-générique, comme dans la plupart des séries à partir des années 70. Le procédé, généralement attrayant et demeuré depuis la règle incontournable en matière de séries télévisées, n'a pas particulièrement nui à la série, même s'il ne s'imposait pas, le générique avec ses multiples extraits de l'épisode constituant à lui seul une entrée en matière accrocheuse. Preuve que l'esprit a changé, à partir de cette saison, les épisodes de prestige en deux, voire trois parties, sont supprimés, ce qui ne peut que laisser des regrets car ils étaient pour la plupart excellents.

Conscient d'être allé trop loin, Lansbury réintroduit par la suite la délivrance de la mission et le briefing, mais pas le choix des agents qui, il est vrai, était réapparu lors de la saison 4 en raison du changement continuel de vedette invitée féminine, après avoir quasiment disparu lors de la saison 3. La stabilité retrouvée de la distribution a donc scellé de façon définitive le sort du choix des agents. La mission est souvent délivrée après un échange de phrases codées avec un agent inconnu, qui s'éclipse discrètement pour laisser Jim seul avec le magnétophone. Ces épisodes plus conformes aux standards de la série comportent généralement une véritable machination, mais également des imprévus qui manquent de la faire échouer et obligent les agents secrets à changer leur fusil d'épaule. Ces éléments scénaristiques nouveaux ne sont pas forcément à rejeter, ils ont parfois pimenté l'action de façon fort convenable.

Les deux styles d'épisodes ont été diffusés en alternance, sans doute pour satisfaire les amateurs de chacune des deux formules et ne pas trop décontenancer le téléspectateur. Dernier changement, et non des moindres, la réorchestration de la musique du générique, seuls une poignée d'épisodes du début de saison conservant le générique original. Cette innovation est un échec cuisant, le nouveau générique est loin d'atteindre la qualité exceptionnelle de la version traditionnelle. Voilà un changement bien inutile, et même nuisible.

En ce qui concerne les personnages, l'arrivée dans le rôle de Dana Lambert de Lesley Ann Warren, qui ne manque aucune mission, apporte un élément de stabilité après la valse des vedettes invitées de la saison 4. Lesley Ann Warren est très différente des actrices qui l'ont précédée, Barbara Bain et Lee Meriwether. Beaucoup moins distinguée, elle va plutôt interpréter des rôles situés dans les couches inférieures de la société: petite amie de gangsters, agitatrice révolutionnaire, chanteuse toxicomane... Il est vrai que son physique ne la prédisposait pas à jouer les bourgeoises. Ses performances seront à l'image de cette saison, donc très inégales, du pire au meilleur. A sa décharge, elle arrive sur une série en déclin, on lui attribue des rôles peu valorisants, souvent affublée d'accoutrements ridicules, et elle est victime d'un doublage exécrable. Toujours est-il qu'elle ne sera pas plus adoptée par les fans de la série traditionnelle que Linda Thorson après le départ de Diana Rigg sur Chapeau melon et bottes de cuir. Cependant, elle a su trouver un public extérieur à la série et a mené par la suite une longue carrière tant au cinéma qu'à la télévision.

Autre arrivée, celle de Douglas Robert, dit Doug, un médecin qui va remplacer Willy pendant la majeure partie de la saison. Interprété par Sam Elliott, Doug va se glisser dans l'équipe sans faire de vagues et beaucoup apporter au groupe, désormais dispensé de faire appel à un médecin extérieur à l'IMF.

Paris est toujours excellemment interprété par Leonard Nimoy, tout comme bien entendu Jim par Peter Graves. Si Greg Morris conserve le rôle de Barney, il va complètement changer de registre. Alors que la saison 4 l'avait vu encore plus sollicité pour ses qualités d'ingénieur, il apparaît désormais plus en retrait et dans des rôles peu ou prou similaires aux autres, dans lesquels on ne fait plus beaucoup appel à ses compétences techniques. Cette évolution est probablement due à la nature différente des missions: les machinations élaborées se font rares, d'où un recours moins fréquent à l'électronique et à l'informatique.

D'une manière générale, si Jim reste le chef, il n'y a plus vraiment de spécialité dans l'équipe, à part Doug pour la médecine et Paris pour les masques. La notion de cadre, de hiérarchie, a quasiment disparu: tout le monde fait tout, la répartition traditionnelle des rôles n'existe plus.

Tous ces bouleversements ont fait perdre à la série son originalité. Beaucoup d'épisodes ressemblent à une série d'espionnage ordinaire. Où sont passés la mise en scène des débuts, les longues séquences sans dialogue, le charme et la classe des premières années? Le passage aux années 70 rend la série banale, plus vulgaire. Le résultat, c'est qu'après une saison 4 très homogène, cette saison est la plus inégale de toutes, avec des épisodes excellents et d'autres épouvantables, indignes de la série. Néanmoins, la moyenne reste d'un niveau tout à fait honorable, malgré un esprit, une atmosphère en déliquescence totale.

Retour à l'index


1. LE TUEUR
(THE KILLER)



Un tueur à gages a été chargé d'un nouveau contrat par le chef d'un syndicat du crime local, connu des services secrets sous le seul pseudonyme de Scorpio. L'IMF doit découvrir sur qui porte le contrat, empêcher le tueur d'accomplir sa mission et identifier Scorpio.

Cette saison démarre fort avec un épisode exceptionnel, peut-être le meilleur de toute la série. Mené sur un rythme d'enfer, il marie avec harmonie scénario en béton, machination de grande qualité et interprétation parfaite.

Vingt premières minutes légendaires montrent la séquence la plus impressionnante de l'ensemble de la série. L'IMF, dotée de moyens gigantesques, va loger le tueur dans son propre hôtel afin de l'espionner et de le manipuler à sa guise. Jim, Dana et Barney ne disposent que de vingt minutes pour équiper l'établissement aux couleurs et logos de l'hôtel choisi par Lorca à son arrivée à l'aéroport, le temps que Paris l'y conduise en taxi, habilement retardé par Willy.

Toute une équipe d'agents, de graphistes et même une couturière se déploient pour transformer les locaux anonymes en hôtel Bower jusque dans les moindres détails! A l'arrivée de Lorca, ils se reconvertissent en clients et petit personnel de l'hôtel. La suite, sans confiner à l'exceptionnel, reste passionnante avec toute l'équipe sur la défensive pour contrer l'attentat, et le moyen génial mis au point pour remonter jusqu'à Scorpio.

En dehors des cinq acteurs récurrents, la distribution ne comprend que des figurants et la vedette invitée. Robert Conrad incarne un tueur à gages plus vrai que nature, ce qui ne surprend pas quand on connaît le talent de l'interprète de James West, tant dans les rôles sympathiques que pour jouer les bandits. L'idée de lui donner une marotte, en l'occurrence les dés, est excellente.

Les acteurs du groupe d'espions régalent tout autant le spectateur, avec notamment un Peter Graves plus chef d'orchestre que jamais. Le passage où le tueur vient d'arriver dans sa chambre et est espionné sur l'écran récepteur par l'équipe au complet symbolise le sérieux avec lequel la mission est accomplie: il suffit de lire la concentration sur le visage des cinq agents.

La nouvelle venue, Lesley Ann Warren, livre d'emblée sa meilleure performance, d'abord en assistante dévouée de Jim, ensuite en incarnant avec talent une petite grue envoyée à Lorca par la pègre, ultra sexy avec une robe qui n'aurait pas besoin d'être beaucoup raccourcie pour devenir un soutien-gorge... Il est regrettable que la suite de la saison n'ait pas poursuivi dans la même veine, et que Lesley Ann Warren, qui prouve ici sa capacité à bien faire, ait par la suite été souvent victime de rôles décevants.

Retour à l'index


2. TRAFIC
(FLIP SIDE)

Phelps et son équipe sont chargés de démanteler un réseau de trafiquants de drogue dirigé par Mel Bracken, un truand, directeur d'une maison de disques pour la façade. Bracken est approvisionné par CW Cameron, un fabriquant de produits pharmaceutiques respectable en apparence.

La qualité exceptionnelle du premier épisode avait retardé l'échéance, ici l'atterrissage est brutal et sans appel: on entre de plain-pied dans l'univers de la cinquième saison. Celui des saisons précédentes était typique des années 60, et très classe. La séquence pré-générique, d'une rare vulgarité, est très représentative de ce que devient la série. On a l'impression d'avoir fait un bond en avant dans le temps, de se retrouver dans n'importe quelle série actuelle avec toujours les mêmes défauts: acteurs sans envergure, ambiance vulgaire, doublage exécrable.

Cependant, la machination est acceptable et le personnage de CW Cameron intéressant. La façon dont Jim parle de ce chef d'entreprise conservateur est révélatrice des penchants démocrates notoires de la série, d'ailleurs le couple Cameron a tout à fait l'apparence de républicains bon teint. On découvre l'ampleur de l'égoïsme et de la lâcheté de Cameron lorsque, après la mort simulée de Dana, il ne pense qu'à s'en débarrasser pour sauver la face, quitte à payer Paris un bon prix.

L'interprétation n'est guère satisfaisante. Aucune vedette invitée n'a de réelle envergure. Même Leonard Nimoy n'est pas très à l'aise dans ce rôle curieux, mi impresario, mi aventurier. Lesley Ann Warren a du mal à convaincre en jeune chanteuse hystérique et droguée, mais offre néanmoins la plus belle scène de l'épisode en guise de conclusion. Alors que Cameron, stupéfait de la découvrir vivante, lui demande qui elle est, elle lui rétorque avec un regard méprisant et même dégoûté que la vraie Cindy Dawson est morte d'une overdose depuis un an, à cause des marchands de drogue comme lui.

Retour à l'index


3. L'INNOCENT
(THE INNOCENT)

Un pays arabe allié des soviétiques a mis au point une arme chimique particulièrement meurtrière et s'apprête à la fabriquer en grande quantité aux fins d'utilisation imminente. Barney est arrêté après avoir été en contact avec le produit, et ses coéquipiers ne disposent que de quatre heures pour le sauver. Le seul ingénieur local capable de le remplacer pour déprogrammer l'ordinateur sur lequel est stockée la formule du produit est un Américain révolté peu soucieux de patriotisme...

Une course contre la montre au suspense constant, dans laquelle le spectateur est immergé dès la séquence pré-générique. Et il fallait bien une mission captivante pour faire passer la pilule de la musique remixée, diffusée pour la première fois, et dont on se serait bien passée tellement elle dénature le générique. La qualité du scénario et la succession de scènes d'action prenantes sont telles qu'on ne regrette pas trop l'absence de briefing et de délivrance de la mission, pourtant éléments fondamentaux de la série.

Il est très agréable de retrouver un Leonard Nimoy au top niveau après la déception engendrée par l'épisode précédent. Autre atout majeur de la distribution, la présence de Robert Ellenstein dans le rôle du docteur Vazan. Ce très bon acteur fait partie des dix ou quinze figures légendaires de la série, que l'on retrouve avec plaisir au fil des saisons. Mais le fait inattendu est l'apparition d'un nouveau membre au sein de l'IMF, en la personne de Douglas Robert, dit Doug, un médecin. Interprété par Sam Elliott, ce personnage va remplacer Willy pendant la majeure partie de la saison.

Les scénaristes ont surfé sur l'actualité politique et sociale des Etats-Unis en ce début des années 70. L'équipe de Phelps est une métaphore des démocrates traditionnels, bien insérés dans la société et patriotes, alors que « l'innocent » représente les jeunes gauchisants contestataires. Le gouffre séparant ces deux tendances, clairement exprimé ici, s'est retrouvé dans la « vraie vie » lorsque leur affrontement a failli faire exploser le parti démocrate lors des conventions de 1968 et 1972.

Retour à l'index


4. RETOUR AU PAYS
(HOMECOMING)

Alors qu'il passe quelques jours de vacances dans la petite ville de son enfance, Jim se trouve confronté à une série d'assassinats de jeunes femmes. Il décide d'appeler Barney en renfort, et c'est l'ensemble de son équipe qui va apporter son aide aux policiers locaux.

La série souffle le chaud et le froid en ce début de saison, alternant complètes réussites et épisodes médiocres, voire calamiteux. Il est inutile de regarder très longtemps pour comprendre que cet épisode est complètement raté, et probablement le plus mauvais de la série toutes saisons confondues. Pourtant, l'idée de situer l'aventure sur les lieux de l'enfance de Jim n'était pas mauvaise.

Mais encore aurait-il fallu concocter une intrigue autrement plus consistante que cette pseudo enquête policière, cette pantalonnade qui sonne faux de A à Z, même pas digne d'une série de troisième zone. Et puis, je ne vois guère Phelps, citadin typique, avoir grandi dans une bourgade...

Ajoutons qu'il est pénible de constater à quel point la série est devenue déviante. Auparavant, les deux ou trois épisodes atypiques sans délivrance de mission étaient diffusés en fin de saison, pour apporter quelques variantes après une quinzaine de scénarios « classiques ». Cette fois-ci, deux épisodes spéciaux se suivent, et ce sont les troisième et quatrième de la saison!

Autant l'intérêt suscité par la mission précédente avait sauvé la mise, autant ce navet de première classe ne peut masquer la perte d'identité cruelle de la série.

Retour à l'index


5. VOL DIRECT
(FLIGHT)

Le Président Rojas, chef d'un état des Caraïbes, s'apprête à prononcer au Congrès américain un discours scellant l'alliance de son pays avec les Etats-Unis. Mais Ferrare, son ministre de l'intérieur, désireux de lui succéder au plus vite, a décidé de le faire assassiner avant la tenue du discours, aidé par le chef de la police. Ferrare est le seul à connaître la véritable identité du tueur chargé d'exécuter Rojas, dont les américains ignorent tout à l'exception de son pseudonyme de Platon.

Un épisode contrasté, servi par un scénario bien construit et une machination non dénuée d'imagination, mais qui laisse un goût de réchauffé. Si la substitution de Ferrare par un sosie, opérée à bord de l'avion, est ingénieuse et originale, les autres éléments constitutifs de l'histoire sont recyclés des saisons précédentes, voire du début de la saison en cours.

Ainsi, l'assassin n'est connu des services secrets que sous un pseudonyme, comme dans Le tueur. Le faux accident d'avion fait penser au faux accident de sous-marin de l'épisode du même nom et l'ambiance carcérale rappelle Le jugement de violence. De surcroît, cette prétendue colonie de bagnards survivants, avec l'espion retrouvé parmi eux comme par hasard, n'est guère crédible.

Sam Elliott prend la place de Peter Lupus jusque dans le générique. L'interprétation des vedettes invitées est quelconque. John Colicos a du mal à convaincre dans le rôle de Ferrare, il ressemble trop à Jean-Pierre Darras pour être pris au sérieux. Quant à Lloyd Battista, sans être vraiment mauvais, le moins que l'on puisse dire est qu'il ne crève pas l'écran en chef de la police.

Retour à l'index


6. MON FRÈRE, MON ENNEMI
(MY FRIEND, MY ENEMY)

Escale en Autriche pour l'IMF. Paris est repéré par hasard dans Vienne par une de ses anciennes victimes, un important agent de l'Est, qui va aussitôt l'enlever et le conditionner de manière à remonter jusqu'à son chef, c'est-à-dire Jim. C'est donc l'existence même de la cellule des opérations spéciales qui est en jeu.

Encore un épisode bien éloigné du concept de base de la série: absence de mission et trame psychologique poussée, même si elle est insérée dans une histoire d'espionnage. Le scénario de l'agent conditionné par l'ennemi pour se retourner contre les siens est un classique vu dans la plupart des séries (La nuit de la mort masquée et La nuit de la terreur ailée dans Les Mystères de l'Ouest, Le visage dans les Avengers ou Quelqu'un dans mon genre dans Amicalement vôtre, par exemple). Il est dommage que ce thème soit moins bien traité ici que dans les séries concurrentes.

Le récit dégage un ennui mortel pendant une bonne demi-heure, entre interminables scènes du conditionnement de Paris et amourettes soporifiques entre ce même Paris et la prétendue touriste belge. Heureusement, la fin est nettement meilleure: l'infiltration de Dana dans l'immeuble ennemi et sa façon astucieuse de déclencher l'alarme pour que Barney et Doug puissent s'introduire en douce, le mystère entretenu sur le rôle réel joué par Marna, la surprise lorsqu'on découvre qu'elle a été délibérément sacrifiée par ses chefs, le face-à-face entre Jim et Paris, tout ceci est digne d'intérêt.

La performance exceptionnelle de Leonard Nimoy dans un rôle difficile d'agent conditionné pour tuer vaut le coup d'oeil, tout comme les très bonnes interprétations, tant de Mark Richman que de la sublime Jill Haworth, les vedettes invitées les plus marquantes.

Retour à l'index


7. BUTTERFLY
(BUTTERFLY)

Un industriel japonais a assassiné sa sœur et mis le meurtre sur le compte de son beau-frère, un homme d'affaires américain président de la commission pour le nouveau traité économique. Le but de cet anti-américain fanatique est triple: se venger de sa soeur qui a épousé un Américain, nuire à son beau-frère qu'il déteste et saboter les négociations commerciales entre le Japon et les Etats-Unis.

Cette incursion dans l'univers de l'Extrême-Orient est une belle réussite. Elle bénéficie d'un scénario bien élaboré et de comédiens au top niveau. L'impression dominante est un retour en arrière dans l'excellente saison 4: même générique, atmosphère sérieuse, réalisation soignée, tout rappelle la meilleure époque de la série.

Leonard Nimoy est encore une fois étonnant déguisé en asiatique et sage protecteur de la fille de la victime. Willy livre un joli combat de jujitsu, ce qui permet à Peter Lupus de montrer ses qualités athlétiques dans un rôle plus valorisant qu'à l'accoutumée. Parmi les acteurs asiatiques, tous très bons, on reconnaît Khigh Dhiegh, un habitué des séries de l'époque lors de leurs épisodes « extrême-orientaux », qui compose en Masaki un des adversaires les plus marquants de la saison.

*Le titre de l'épisode est dû à l'opéra de Puccini, dont l'histoire présente des similitudes avec le scénario de cette mission.

Retour à l'index


8. ANNA
(DECOY)

Anna et Alexis Kerkoska, les deux enfants d'un ancien président communiste décédé, envisagent de passer à l'Ouest. Ils sont prêts à remettre aux américains une liste de dirigeants de leur pays favorables à une entente avec les occidentaux, liste remise à la seule Anna par son père juste avant sa mort. Il s'agit en réalité d'une manoeuvre imaginée par Alexis, demeuré à la solde du pouvoir, pour s'emparer de la liste et éliminer les « déviants » du parti.

La séquence pré-générique laisse présager une mission passionnante, ne serait-ce que par l'originalité de l'intrigue qui se dessine, avec notamment le double jeu d'Alexis. Mais, très vite, le pressentiment que la montagne va accoucher d'une souris s'installe. Et, en effet, l'épisode se délite dans une caricature de film d'espionnage de série B, qui plus est inutilement compliquée, doublée d'une histoire d'amour entre Anna et Jim dans le droit fil des déviances de la série.

Alors que la séquence du transfert d'Anna et de Jim dans le cercueil, rendue possible par un mannequin à l'effigie de Phelps, semblait relancer l'épisode, arrive cette fin absolument grotesque avec une espèce de kart ridicule et les amours de Jim et Anna suspendues lors d'une conclusion à l'eau de rose. C'est d'autant plus dommage que les vedettes invitées ont une valeur incontestable, de Paul Stevens encore une fois époustouflant à Michael Strong en passant par la jolie et sympathique Julie Gregg.

Retour à l'index


9. L'AMATEUR
(THE AMATEUR)

L'IMF opère dans un pays de l'Est, où elle doit s'emparer d'un prototype de fusée et récupérer une liste d'agents occidentaux détenue par un prêtre travaillant pour le camp atlantiste. La mission va être compliquée par l'intervention d'un patron de cabaret qui croit avoir flairé l'occasion de s'enrichir et va jouer à l'espion amateur.

Bien qu'éloigné du concept traditionnel de la série, cet épisode à l'action soutenue s'avère fort réussi, et même passionnant. La mission délivrée à Jim n'apparaît pas à l'écran, mais un briefing improvisé apprend au spectateur les objectifs du groupe. L'aventure démarre dès la séquence pré-générique et non après le briefing, ce qui est fréquent au cours de cette saison. Autre changement notoire, l'absence de machination: il s'agit d'une simple mission d'espionnage dénuée de piège diabolique. Pourtant, on ne s'ennuie pas une seconde grâce aux astuces dont font preuve Phelps et ses acolytes et à quelques jolis numéros d'acteurs.

Il faut saluer le choix parfait de la vedette invitée. Personne n'aurait pu mieux que Anthony Zerbe incarner ce patron de cabaret louche et magouilleur, croyant s'immiscer dans les hautes sphères de l'espionnage, mais demeurant au fond un personnage insignifiant, un « amateur » comme le lui font remarquer sa compagne, puis le chef de la police. Les petites affaires de ce M. Schilling, très distrayantes, se déroulent en alternance avec les péripéties vécues par Jim et ses hommes.

Dana opère séparément dans le cabaret de Schilling où elle s'est fait engager comme serveuse. Lesley Ann Warren est fort à l'aise dans ce rôle où elle accomplit une de ses meilleures prestations. Peter Graves est criant de vérité déguisé en ecclésiastique, à tel point que nombre de vrais prêtres ont l'air moins authentiques que lui. Voilà déjà suffisamment d'éléments positifs pour produire un très bon épisode, mais le final sera encore meilleur.

La façon dont Paris, déguisé en vieil employé aux cheveux blancs, récupère les circuits et les cache dans un distributeur automatique pour brouiller la piste avant que Jim ne prenne le relais est tout bonnement géniale. Encore plus magistrale, la manière d'échapper à la police, ou comment s'enfuir tranquillement au nez et à la barbe de l'ennemi en se faisant passer pour un groupe de journalistes étrangers refoulés dès l'aéroport et contraints de repartir en avion illico presto! Le genre de conclusion en apothéose que l'on aimerait voir plus souvent.

Retour à l'index


10. LE FUGITIF
(HUNTED)

Mission singulière pour Phelps et ses agents, ni plus ni moins chargés de faire évader d'Afrique de l'Est (sic), un pays métaphore de l'Afrique du Sud ségrégationniste de l'époque, le Nelson Mandela local!

La séquence pré-générique met en appétit avec le retour à une mission clairement définie et la fameuse surprise constituée par le masque de Barney, déguisé en « Blanc » pour pouvoir opérer sans danger en Afrique de l'Est. Hélas! Le désenchantement arrive assez vite avec un enlisement dans des séquences d'une mollesse rare, à l'image des scènes interminables entre Barney et la sourde-muette chez qui il s'est réfugié.

Les clichés habituels à ce genre de scénario ne manquent pas à l'appel, avec par exemple le vilain petit voyou Noir complice du pouvoir Blanc. Le sauvetage surréaliste de Paris en hélicoptère arrive à point pour terminer en eau-de-boudin un épisode fort dispensable.

Retour à l'index


11. LE REBELLE
(THE REBEL)

En mission dans un pays régi par une dictature militaire, Phelps est blessé et Dana capturée avec deux opposants, le trio étant aussitôt incarcéré. Le chef local de la junte, le colonel Bakram, a l'intention d'utiliser tous les moyens possibles pour faire parler les prisonniers, l'enjeu étant un rapport secret sur la guerre bactériologique, rédigé par un rebelle décédé depuis, et convoité tant par Bakram que par les Américains.

Encore une fois, on est plongés au cœur d'une aventure dont les tenants et aboutissants sont révélés avec parcimonie. Le point faible est donc le manque de renseignements sur les objectifs de la mission. Il est même difficile de situer le cadre de l'action. Peut-être un pays latino-américain comme le suggèrent les décors naturels et la prégnance du catholicisme, mais les noms des protagonistes, Bakram, Alex, Klos, ne sonnent guère latino...

Il n'empêche que cet épisode se laisse suivre sans ennui. Outre Mark Lenard tenant fort bien le rôle du Colonel Bakram, la trahison de Klos, le travail de sape de Paris, qui retrouve avec un plaisir visible son rôle récurrent de conseiller de l'ennemi, l'évasion à l'intérieur de la statue constituent des péripéties distrayantes qui font oublier les quelques faiblesses, même si on est loin des sommets atteints au cours des saisons antérieures.

Retour à l'index


12. DOUBLE JEU
(SQUEEZE PLAY)

Le chef vieux et malade d'un syndicat du crime italien qui contrôle une grande partie du trafic d'héroïne en Europe s'apprête à désigner son successeur. L'héritier se verra confier la liste secrète des noms, lieux et adresses nécessaires à l'activité criminelle: trafiquants, itinéraires, fonctionnaires corrompus... Les agents américains sont chargés de s'emparer de cette liste.

Cet épisode s'appuie sur un scénario solide de David Moessinger. L'opération d'infiltration au sein de la famille Zembra est parfaitement menée, depuis l'installation de Dana en tant qu'infirmière un peu voleuse jusqu'au remplacement de Corrigan par Paris. Cet élément essentiel paraît de prime abord invraisemblable car en réalité Paris finirait fatalement par se trahir.

Mais le scénario a trouvé la parade avec la découverte par Eve de l'imposture du prétendu Corrigan, en raison d'une histoire de passage secret, découverte précoce mais révélée tardivement du fait de son attirance pour Paris. Dévoilée au moment crucial, la substitution va obliger l'IMF à danser sur une corde raide en fin de mission. La machination est habilement complétée par l'exploitation de la rivalité entre Zembra et les gangsters marseillais, lorsque Jim se fait passer pour le truand français Rochelle, avec Barney et Willy comme hommes de main.

La mission repose avant tout sur la réussite de l'infiltration de Paris, ce qui donne une nouvelle fois le rôle majeur à Leonard Nimoy, qui l'interprète avec son brio habituel. Peter Graves et Lesley Ann Warren sont convaincants en gangster français et infirmière malhonnête, alors que Greg Morris et Peter Lupus tiennent des rôles assez effacés. Albert Poulsen, maquillé et cheveux blanchis pour incarner un vieux parrain malade, livre une prestation sans faille, à l'image de celles déjà données sur la série.

*Nick Georgiade, qui interprète ici un tueur de second ordre, est connu pour son rôle d'adjoint de Ness/Robert Stack dans Les incorruptibles.

*Grossière erreur répétée dans la version française, qui nous abreuve de «Senor » hispaniques en lieu et place des « Signore » appropriés à l'Italie...

Retour à l'index


13. L'OTAGE
(THE HOSTAGE)

Alors qu'il terminait une mission en terre hispanisante sous l'identité d'un homme d'affaires américain, Paris est enlevé par des guérilleros abusés par sa couverture. Ce groupe de révolutionnaires menace d'exécuter l'otage si trois de leurs membres emprisonnés, parmi lesquels le fils de leur chef, ne sont pas libérés par le gouvernement.

Un épisode qui ressemble à n'importe quelle série d'espionnage ordinaire, la marque de fabrique de la série ayant quasiment disparu. Seul le recours à un masque en fin de mission rappelle qu'il s'agit bien de Mission impossible, mais même ce passage est pour le moins inhabituel puisque l'utilisateur du masque n'est pas Paris, mais Barney! Malgré un record d'invraisemblances, le scénario suscite un certain intérêt. Le fait qu'un membre de l'équipe soit capturé en raison de la couverture adoptée, donc que les méthodes employées par l'IMF se retournent contre elle, ne manque pas de piment.

L'épisode est encore centré sur Paris, ce qui permet à Leonard Nimoy de se mettre à nouveau en valeur. Lesley Ann Warren joue la fiancée éplorée chargée de faire plier Cabal, Jim le colonel implacable, Barney l'infiltré dans le camp révolutionnaire et Doug un négociateur américain, rôle plus valorisant que son habituel appoint comme médecin.

Le jeu des vedettes invitées se laisse regarder, entre Lou Antonio fanatique sans scrupules et surtout un Joe de Santis presque émouvant en vieux révolutionnaire sur le retour tiraillé par l'envie de céder au gouvernement pour sauver son fils.

*Fait étrange, une scène montre un hélicoptère survolant une forêt de sapins. Des sapins en pays latino-américain!

Retour à l'index


14. L'AGITATEUR
(TAKE OVER)

Un politicien sans envergure, maire de sa ville, brigue le poste de gouverneur. Son conseiller, en cheville avec la pègre, et conscient des faiblesses de cette candidature, a engagé un agitateur professionnel pour pousser les étudiants à la révolte et tirer bénéfice de la mise au pas programmée des émeutiers. Le maire serait alors présenté comme le champion de la sécurité, ce qui lui permettrait de remporter l'élection.

Quelques imperfections et invraisemblances dans cette mission, mais après une série d'épisodes présentant de simples aventures d'espionnage, on est heureux d'assister à nouveau à une véritable machination, qui plus est de qualité satisfaisante.

Peter Graves ne paraît pas très à l'aise en mécène ultra-conservateur, et Lesley Ann Warren encore moins en étudiante révoltée affublée d'un accoutrement sans doute jugé conforme à son personnage, mais tout de même caricatural. En revanche, l'ensemble des acteurs incarnant les adversaires fournissent des prestations sans reproche.

L'ensemble laisse un brin circonspect jusqu'à la séquence finale. Bien imaginée et exécutée, notamment grâce à Paris qui a revêtu le visage du maire, elle permet à l'épisode de remporter l'adhésion.

Retour à l'index


15. TROMPERIE
(CAT'S FAW)

Le frère de Barney est assassiné par la pègre. Journaliste d'investigation, ses enquêtes devenaient gênantes pour un gang de racketteurs. Jim et son équipe vont aider leur ami à mettre les coupables hors d'état de nuire.

On sait qu'il existe deux calamités dans la série, les épisodes « sentimentaux » et les machinations basées sur le surnaturel. Cet épisode indigne de la série réussit l'exploit de cumuler les deux et peut de ce fait concourir pour le titre peu enviable de plus mauvais toutes saisons confondues, en concurrence avec Retour au pays. Comme si cela ne suffisait pas, d'autres défauts viennent se greffer sur un tronc déjà pourri: absence de délivrance de mission et sous-entendus très politiquement corrects sur la nécessaire solidarité entre noirs-américains. Tromperie? Oui, surtout pour le spectateur qui espérait passer un bon moment...

Dès la séquence pré-générique, on est fixés sur ce qui nous attend. Barney met en garde son frère sur les périls encourus et à peine l'a-t-il quitté qu'une bombe est lancée depuis une voiture. Le frangin aurait dû être mort sur le coup mais, comme dans tout mélo qui se respecte, il va expirer dans les bras de Barney (snif!...) Pour les courageux qui s'obstinent, série de séances de spiritisme plus qu'affligeantes, le malheureux William Wintersole se trouvant réduit à interpréter un gangster qui croit aux esprits (que voulez-vous, il faut bien vivre...)

Evidemment, le final est larmoyant à souhait: Barney, tout penaud, se sent obligé de s'excuser auprès de la complice des gangsters (!). Explications: bien que corrompue notoire, il s'est épris d'elle et se retrouve honteux d'avoir dupé une afro-américaine comme lui... N'en jetez plus, la coupe est pleine! Vous êtes prévenus: à moins que vous ne soyez fan d'André Rieu ou de la collection Harlequin, ou que vous ayez 48 minutes à perdre, passez donc directement à l'épisode suivant.

Retour à l'index


16. LE MISSILE
(THE MISSILE)

Mission dans les milieux de l'espionnage industriel et militaire pour l'IMF, chargée d'aider un ingénieur travaillant pour l'Est à dérober un prototype de missile dans une usine américaine. Bien entendu, le vrai missile a été remplacé par un faux.

Mauvaise passe pour la série avec un épisode à peine moins calamiteux que le précédent. Tout commence par une histoire d'espionnage conventionnelle qui s'enlise très vite dans des complications insensées, et a le handicap insurmontable de sonner faux de A à Z. A partir du moment où le missile a été remplacé par un faux, il n'y avait pas lieu d'entraîner Jim et son équipe dans une machination tordue servant à faciliter la tâche du voleur. Que n'ont-ils attendu qu'il se débrouille seul? Ils n'ont pas de quoi occuper l'IMF avec des missions véritablement utiles, les services secrets?

Mais le pire est à venir lorsque vient s'ajouter dans le dernier quart d'heure une histoire de tueur psychopathe qui enlève Dana et manque de faire échouer la mission. Les scènes avec ce malade caricatural sont d'un ridicule incommensurable, on les croirait sorties d'un mauvais Starsky et Hutch ou d'un épisode de série américaine actuelle de bas de gamme semblant destinée aux débiles mentaux. Il est bien dommage qu'un aussi excellent acteur que David Sheiner se soit laissé entraîner dans cette galère.

Retour à l'index


17. UNE ILE SUR L'ADRIATIQUE
(THE FIELD)

Une puissance hostile aux Etats-Unis a mis en orbite un satellite devant servir de base de lancement à des bombes nucléaires destinées à anéantir les pays démocratiques. Nos agents sont chargés de détruire le satellite avant qu'il ne soit trop tard.

Dès la séquence pré-générique, on a l'intuition que l'on va assister à une mission sérieuse, et le développement de l'épisode ne va pas démentir cette impression. Certains puristes de la série considèrent comme malvenus les scénarios comme celui-ci, basé sur des imprévus obligeant les agents américains à modifier leurs plans en cours de mission. Je trouve au contraire ces histoires qui menacent de mal tourner dignes d'intérêt, pour peu que l'élément perturbateur ne soit pas un psychopathe grotesque ou absurdité du même genre. Le petit défaut de  « l'âge d'or » était l'aspect parfois trop parfait du déroulement des missions.

L'inattendu a parfois du bon. Ici, l'homme dont Paris doit prendre la place n'est pas chez lui lorsque Doug et Paris lancent l'opération. Et pour cause, il se trouve alors chez sa maîtresse et l'abat d'un coup de revolver après avoir découvert qu'elle l'espionne pour le compte des services secrets! Ce meurtre va sérieusement compromettre l'infiltration de Paris, et la façon dont l'équipe va rétablir la situation est tout simplement magistrale, malgré la comédie larmoyante de femme jalouse meurtrière très mal jouée par Lesley Ann Warren.

A propos de l'élément féminin du groupe, son accoutrement lors de la scène du briefing est hautement comique. Comment qualifier l'énorme casquette dont on l'a affublée? Ridicule? Clownesque? Affligeante? Ces mots sont encore en dessous de la vérité... Et sa tenue de militaire dans la scène suivante n'est guère plus seyante. Jamais les autres vedettes féminines de la série n'auraient accepté de porter de telles horreurs.

Les autres interprètes sont très satisfaisants, de Leonard Nimoy à nouveau excellent à Greg Morris, retrouvé grâce au rôle attribué à Barney, plus en rapport avec ses capacités d'ingénieur que lors des épisodes précédents où on lui faisait faire n'importe quoi. Sans se montrer exceptionnelles, les vedettes invitées font du bon travail, du reste il est toujours agréable de retrouver des acteurs comme Milton Seltzer, Barry Atwater ou HM Wynant.

Retour à l'index


18. LA MAISON DES OTAGES
(BLAST)

Un petit groupe de révolutionnaires s'est lancé dans une série de cambriolages afin de financer un coup d'état qui anéantirait la démocratie aux Etats-Unis. Dana et Jim intègrent le groupe et participent à un hold-up. Surveillés à distance par le reste de l'équipe, ils espèrent remonter ainsi jusqu'au mystérieux cerveau de l'opération « prise du pouvoir ».

Du bon et du moins bon dans cet épisode mouvementé, très représentatif de la saison. A son crédit, beaucoup d'action, un coup de théâtre final bien imaginé et une très bonne performance de Henry Darrow, la principale vedette invitée.

L'infiltration d'agents secrets dans un groupuscule pratiquant des cambriolages et actions de commando est tout à fait crédible, et d'ailleurs basée sur des faits réels. Le problème est que l'aspect hyper réaliste que cela confère au scénario, accentué par la mise en scène, n'est guère caractéristique du concept de la série. L'épisode ressemble plutôt à un Starsky et Hutch. On aurait très bien vu Paul-Michael Glaser et David Soul à la place de Lesley Ann Warren et Peter Graves tant le scénario, typique des années 70, cadre avec les aventures des deux flics inséparables.

L'aspect réaliste du traitement visuel n'empêche pas la situation d'être invraisemblable: comment un groupuscule composé de trois à cinq personnes pourrait-il renverser le gouvernement américain? Signalons aussi la performance décevante de Kevin Hagen, qui nous a habitués à mieux. Ici, son personnage est trop caricatural.

Retour à l'index


19. LE CATAFALQUE
(THE CATAFALQUE)

Phelps et ses agents sont chargés de s'emparer d'un traité secret prévoyant l'installation dans un pays d'Amérique centrale de missiles nucléaires soviétiques dirigés vers les Etats-Unis.

Les véritables machinations savamment élaborées sont assez rares dans cette saison 5 pour être pleinement appréciées, et même dégustées, lorsqu'elles se produisent. Aussi, ne fera-t-on pas la fine bouche devant les quelques défauts présents ici, tel l'invraisemblance de l'enlèvement du catafalque sans que les gardes qui le frôlent ne s'en rendent compte, n'entendent le moindre bruit de poulies.

Autre tare d'ailleurs récurrente, la tenue vestimentaire de la malheureuse Lesley Ann Warren, qui aura montré en l'espace de quelques épisodes tout ce que les années 70 ont pu produire de pire en la matière. Pour faire la connaissance de Ramon Fuego, elle se retrouve toute de violet vêtue avec lunettes assorties, nanties de verres presque aussi larges que des soucoupes! On comprend que sa future victime ait été immédiatement séduite...

Leonard Nimoy endosse avec le même bonheur le rôle d'un fugitif et celui de son père, vieillard emprisonné ayant perdu la raison. A cet effet, il est doté d'un masque forçant un peu trop le trait, mais néanmoins efficace. Le reste de l'équipe est quelque peu éclipsé par l'omniprésence de Paul Vernon, époustouflant en successeur désigné découvrant, incrédule puis assoiffé de vengeance, la pseudo trahison de son oncle, lui aussi très bien interprété par Will Kuluva.

Retour à l'index


20. KITARA
(KITARA)

Un homme surnommé Kitara, chef du mouvement de libération des Noirs dans un pays africain dirigé par la minorité blanche ségrégationniste, a été capturé alors qu'il venait de dérober des lingots d'or destinés à financer son organisation. Le colonel Kohler, gouverneur impitoyable, torture son prisonnier afin de lui faire avouer qu'il est bien Kitara, ainsi que l'endroit où il a caché les lingots, et accéder au poste de général à la suite de ces succès.

Ce second épisode de la saison situé dans un pays régi par un apartheid de type Sud-Africain se révèle beaucoup plus convaincant que le médiocre Le fugitif. Une mission clairement délivrée, une machination solide, bien conçue et simple à la fois, presque jouissive, un groupe d'acteurs qui jouent juste et une mise en scène sobre et efficace, il n'en faut pas plus pour aboutir à un bon cru.

Lawrence Dobkin est remarquable dans le rôle du colonel Alex Kohler, ce chef blanc ségrégationniste convaincu qui, suite à l'action de l'IMF, se retrouve soudain dans la peau d'un Noir. Les manigances de Phelps et de son équipe sont d'autant plus convaincantes qu'elles sont interprétées par des comédiens au top niveau. On peut notamment remarquer à quel point Lesley Ann Warren est bien meilleure dans des rôles sobres comme celui de cette journaliste critique envers le système ségrégationniste que lorsqu'elle donne dans le mélo ou cherche à singer la dernière mode.

Retour à l'index


21. LE FANTÔME
(A GHOST STORY)

Un chercheur américain renommé, spécialiste en armement chimique et passé à l'Est par rejet de son père sympathisant nazi, a été contaminé accidentellement par le mélange gazeux qu'il venait de créer. Condamné à mourir à brève échéance, il est rentré aux Etats-Unis et a vraisemblablement été tué par son père au cours d'une bagarre. L'IMF est chargée de retrouver son corps, porteur de particules susceptibles d'aider les savants américains à découvrir la formule du gaz mortel.

Il s'agit incontestablement du meilleur – ou plutôt du moins raté... - des épisodes à thème « surnaturel-fantômes ». Sa véritable ambiance mystérieuse et angoissante contraste avec l'atmosphère de pacotille des épisodes à thème équivalent. Il semble que Bruce Lansbury ait apporté le savoir-faire des Mystères de l'Ouest en la matière, notamment par la musique parfaitement adaptée à l'atmosphère étrange, et qu'on croirait sortie d'un épisode des aventures de West et Gordon.

Quel secret cache la porte derrière laquelle on entend des rires d'enfant? Intéressant aussi, le coup de théâtre final, on pourrait presque dire les coups de théâtre tellement la découverte de la gouvernante en espionne était inattendue: elle avait l'air tellement discrète, paisible, effacée, bref tellement vraie gouvernante et pas le moins du monde agent secret... Si l'on ajoute le chef de la sécurité à la solde de l'Est, Jim introduit sous l'identité d'un enseignant et son équipe dissimulée dans un passage secret donnant sur le palier du premier étage, on voit que l'importance de l'enjeu a attiré la fine fleur de l'espionnage mondial. Cette concentration d'espions infiltrés fait penser au fameux film-parodie Les barbouzes, avec l'humour en moins.

L'excellente performance de Peter Graves en précepteur dévoué, tout en se montrant circonspect sur l'éducation que son hôte entend donner à son petit-fils, vaut le coup d'oeil. On aurait donc affaire à un épisode de grande qualité s'il n'y avait cette histoire de fantômes, aussi grotesque qu'à l'accoutumée. Pauvre Leslie Ann Warren, condamnée à se mouvoir dans un immense drap blanc pour conditionner le maître des lieux à déterrer la dépouille de son fils... Au final, une mission inégale, avec atmosphère et éléments de scénario de qualité au service d'une machination dérisoire.

Retour à l'index


22. LA RÉCEPTION
(THE PARTY)

Un agent de l'Est, détenteur de la liste exhaustive de ses collègues opérant aux Etats-Unis, a été capturé par les Américains. Se sentant traqué, il a eu le temps de cacher la liste et de s'auto-hypnotiser pour être sûr de ne pas parler. Seule sa libération suivie d'une rencontre avec son épouse, à qui il a confié le code lui permettant de retrouver la mémoire, permettrait d'appréhender la fameuse liste...

Cet épisode est le seul de toute la série auquel participent six membres récurrents de l'IMF. En effet, Doug a été conservé pour cette mission malgré le retour de Willy. Un médecin est toujours utile... La première partie est menée sur un rythme assez lent, mais ensuite on ne peut que saluer l'ingéniosité du scénario. Les téléspectateurs sont gâtés en cette fin de saison avec le retour à de savantes machinations plus conformes à l'esprit de la série.

Ici, Phelps et son groupe n'hésitent pas à poser une bombe dans le consulat de l'Est aux Etats-Unis pour y mener à bien leur mission pendant que le personnel en est évacué! L'espion capturé, alors conduit sur les lieux, est trompé par le personnel et une foule de danseurs et musiciens slaves censés l'accueillir, tous figurants amenés par l'IMF en passant par les égouts. Des camions arrêtés à un feu rouge télécommandé par Willy bouchent la vue de Mishenko en embuscade pendant que Vanine et son épouse sont introduits séparément dans le consulat. Mais le meilleur est pour la fin avec la façon particulièrement géniale d'obtenir la liste convoitée.

Lesley Ann Warren continue son défilé de « basse-couture », à croire qu'elle veut remporter un concours tellement elle cumule: robe à motifs grotesques pendant le briefing, bandeau-foulard pendant jusqu'au nombril à la sortie de l'aéroport, tenue pseudo-slave risible pendant les scènes se déroulant au consulat. Les vedettes invitées, Frank Marth, Arthur Batanides, et bien entendu Antoinette Bower et Alfred Ryder, interprètent leurs personnages avec un naturel à la hauteur de leur talent.

*Cet épisode a parfois été diffusé sous le titre L'échange, qui ne pouvait qu'engendrer la confusion avec le titre éponyme d'un épisode de la saison 3.

Retour à l'index


23. COUP DE POKER
(THE MERCHANT)

Jim et son équipe sont chargés d'empêcher le plus gros trafiquant d'armes mondial d'acheter en Extrême-Orient un énorme stock d'armes saisies aux Américains pendant la guerre. Cet arsenal serait revendu un peu partout dans le monde, ce qui relancerait les guerres en cours dans les pays sensibles.

L'épisode commence très mal avec Lesley Ann Warren qui bat ses records précédents, pourtant fameux, en matière de mode ahurissante, et termine ainsi la saison et sa présence sur la série en apothéose. Cette fois-ci, tenue de hippie et énorme bandeau rouge sont au programme... (Vous imaginez Barbara Bain avec un bandana ?) Et on l'aurait laissée entrer vêtue ainsi dans un casino? Quel manque total de crédibilité! Et c'est encore pire avec l'attrait qu'elle exerce sur Anderssarian: comment cet homme de goût pourrait-il la préférer, surtout accoutrée ainsi, à son amie attitrée? La ravissante et élégante Nicole, fût-elle alcoolique, est tout de même d'un tout autre acabit.

La suite ne s'améliore guère avec la tricherie au poker, pâle remake de L'émeraude et preuve de l'épuisement des scénaristes, contraints de recycler les meilleurs scripts des saisons précédentes.

Et ça continue avec une histoire de vol simulé d'un radar révolutionnaire aussi sombre et confuse qu'irréaliste. Si l'on ajoute l'absence de briefing, préjudiciable à la compréhension de la mission, une ribambelle de scènes ennuyeuses de casino au son d'une musique de piano soporifique et le jeu peu convaincant de George Sanders dans le rôle d'Anderssarian, il n'y aurait pas grand-chose à sauver dans cet épisode si la scène finale ne procurait pas un réel suspense.

En effet, cette dernière séquence montre Paris contraint de se débrouiller seul face à Anderssarian au cours de la partie de poker décisive, à la suite d'une panne d'ordinateur provoquée par la jalousie de Nicole. Outre le suspense, la performance d'acteur de Leonard Nimoy est une nouvelle fois éblouissante dans ce rôle de joueur de poker bien aidé par la technologie avant d'être réduit à voler de ses propres ailes. De ses débuts en révolutionnaire barbu à la Che Guevarra jusqu'à cette dernière composition magistrale, le héros de Star Trek aura marqué la série de son empreinte le temps de deux saisons et on le verra partir avec regrets.

Retour à l'index

Crédits photo: CBS.

Images capturées par Phil DLM.