Touchez pas au grisbiMaigret tend un piège

Saga Lino Ventura

Razzia sur la chnouf (1955)


1. RAZZIA SUR LA CHNOUF

classe 4

Résumé :

Henri Ferré dit « le Nantais » revient en France, la police est sur les dents. Il est chargé par son organisation, dirigée par Liski, de remettre sur les rails leur réseau de drogue en France qui fait preuve d'un laisser-aller. Il est aidé pour cela par deux porte-flingues, dont l'un se fait nommer « le Catalan ». Mais alors qu'ils commencent, la police met tout en œuvre pour mettre fin aux agissements de leurs activités.

Les choses tournent mal, et le Catalan avec son comparse débarquent chez Henri et le somment de l'emmener chez Paul Liski le chef du réseau qui donne les ordres à Henri. Liski leur indique une planque, dans laquelle les trois hommes se rendent. Mais peu après, la police débarque elle aussi, en fait Henri Ferré est un policier infiltré et tout le réseau est arrêté.

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Critique :

Même si l'histoire n'a rien à voir avec Touchez pas au Grisbi, Razzia sur la Chnouf y ressemble beaucoup à commencer par la distribution. Réalisé par Henri Decoin (Le Masque de Fer, Le Feu aux Poudres, Maléfices) en 1954, le film sortira pour la première fois un an plus tard en 1955. Entièrement en Noir & Blanc celui-ci aussi, c'est encore une co-production franco-italienne.

On retrouve donc à nouveau Jean Gabin en vedette, Lino Ventura faisant alors ici sa seconde apparition à l'écran. Son rôle est un peu plus important que dans Touchez pas au Grisbi, mais à nouveau il tient le rôle d'un truand. On retrouve autour les autres acteurs qui étaient également dans Touchez pas au Grisbi : Paul Frankeur, Michel Jourdan...

Pour les rôles principaux féminins, nous avons la très jolie Magali Noël (OSS 117 N'est pas Mort, Le Tombeur, Diesel) dans le rôle de Lisette la caissière du bistrot qui tombe amoureuse de son patron. Et avec laquelle vous aurez une petite scène de déshabillé pour le plus grand plaisir des yeux à mon avis. Nous retrouvons également Lila Kedrova (Zorba Le Grec, Le Locataire, Le Dernier Testament) dans le rôle de Léa, une camée qui montre de façon admirable dans ce film, tout le côté pathétique de l'être humain. Sa prestation est très crédible et très poignante. 

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Pour ceux que ça gênerait de voir que le film est encore en Noir & Blanc, j'ai toujours pensé et l'ai déjà dit que celui-ci donnait souvent de plus belles images que la couleur, ce film le prouve une fois de plus. Nous avons le droit à des scènes avec de la pénombre, et du noir de toute beauté.

Malheureusement, je trouve que l'histoire s'enlise un peu vite, et que l'on tourne rapidement en rond : Henri Ferré fait le tour du réseau après son retour des USA, et cette scène est récurrente. On comprend le pourquoi du comment à la fin du film, mais cela le fait un peu traîner en longueur. Le jeu de Ventura commence à prendre de l'ampleur et sa présence remplie bien l'écran, il tient largement la vedette à Gabin, et une fois de plus n'est pas écrasé par celui-ci. On aurait même tendance à penser, parfois, que c'est l'inverse. 

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Néanmoins, je suis totalement du côté de la police et c'est dommage que Ventura soit dans le clan des méchants. Mais c'est un soulagement que Gabin soit en fait un inspecteur. Le film se termine bien pour la police et c'est rassurant pour le téléspectateur. Il montre le milieu pas très reluisant de la drogue et ce n'est vraiment pas beau à voir. À noter d'ailleurs, qu'au début de celui-ci, il est expliqué que les auteurs ont voulu rendre l'histoire le plus crédible possible pour que les gens qui aient à faire avec la drogue voit le milieu sans pitié que cela est. Malheureusement, lorsque l'on voit la situation d'aujourd'hui, les gens n'ont visiblement pas eu les neurones nécessaires pour réfléchir à la question.

La réalisation est somme toute classique et il y a quelques moments d'action, rien de spectaculaire mais tout de même. Bref, il se laisse encore regarder de nos jours, ce type de film dégageant toujours cette ambiance particulière si propre à eux. La musique signée de Marc Lanjean (La Peau de L'Ours) ne laissera pas un souvenir impérissable.

Le film, avec ses plus de 2.9 millions d'entrées, marchera plutôt bien. Je ne conseillerai pas aux fans de Ventura de l'avoir dans leur vidéothèque, mais d'y jeter quand même un œil pour se faire leur propre idée.

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Anecdotes :

  • Auguste le Breton, l'auteur du livre depuis lequel le film est tiré, fait une petite apparition dans le film en directeur du tripot. 

Séquences cultes :

Mets là en veilleuse, on pourrait t'entendre

Alors, heureux d'être parisien ?

Et merde !

T'es bien gentille, mais t'es hors de forme

Je suis pas le fakir birman moi !

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