Garde à vueLes Misérables

Saga Lino Ventura

Espion, lève-toi (1982)


1. ESPION, LÈVE-TOI

classe 4

Résumé :

À Zurich, un certain Zimmer est assassiné dans le tramway, un peu plus tard Sebastien Grenier directeur d'une société de placements, entend à la radio la mort de Zimmer qui devait passer le voir. Peu de temps après il reçoit par la poste, un livre d'Alexandre Dumas avec une certaine page marquée. Il se rend à un rendez-vous, et rencontre Jean-Paul Chance qui prétend être son contact, en fait Sebastien Grenier est un espion français qui était en sommeil pendant 8 ans, et que l'on vient de réveiller. Grenier lance alors un code d'urgence, auquel répond à nouveau Jean-Paul Chance. Ce dernier parle alors de Zimmer et veut savoir pourquoi il a été assassiné et parle à Grenier de certains liens que sa compagne aurait avec des groupes gauchistes, ceux qui revendiquent d'avoir tué Zimmer.

N'ayant pas confiance en Chance, Grenier fait appel à un ami des services secrets Henri Marchand, qu'on retrouve assassiné lui aussi. Il décide alors d'aller voir un autre agent à Munich pour savoir exactement qui est Jean-Paul Chance. L'agent à son tour est tué, en rentrant à Zurich, Chance l'accueil à l'aéroport. Plus tard, un certain Richard appelle Grenier et lui fixe rendez-vous, il lui dit que Chance est un agent soviétique. Un autre attentat a lieu et Anna la femme de Grenier est arrêtée, Chance la fait libérer, mais alors qu'ils vont s'enfuir pour Amsterdam, Anna est enlevée par des hommes cagoulés. Peu après, Anna est retrouvée morte. Grenier grâce à un ami étudiant d'Anna remonte la filière jusqu'à Chance, et le tue. Mais c'est en fait la France et Richard qui sont derrière le meurtre de Anna, il ne reste plus qu'un seul élément à éliminer : Grenier.

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Critique :

Je lui mets la note maximale, car comme toujours je suis très amateur de films atypiques, et celui-ci l'est. Réalisé par Yves Boisset (Le Prix du Danger, Radio Corbeau, Dupont Lajoie) avec Michel Audiard une fois de plus aux dialogues, ce film est d'une efficacité redoutable, tant la mise en scène est linéaire, mais dans le bon sens du terme, nette et propre. En gros tout se déroule sans la moindre surprise, c'est d'une régularité exemplaire du début à la fin et ça fonctionne très bien.

On retrouve un Lino Ventura, qui a un peu vieilli en agent secret qui est en sommeil depuis plusieurs années, et que ses supérieurs réveillent un jour suite au meurtre d'un homme Zimmer, interprété par Kurt Bigger, qui était son supérieur. De là, tout bascule dans la vie de Sebastien Grenier, le personnage incarné par Ventura, et sa vie va alors prendre une tournure tragique avec la mort de sa femme et la sienne pour finir le tout. Si je ne dis pas d'âneries, il me semble que c'est le premier film où Ventura meurt à la fin de celui-ci. On retrouve aux côtés de Lino Ventura, l'excellentissime Michel Piccoli (Belle de Jour, La Grande Bouffe, La Belle Noiseuse) qui sort un peu de ses autres rôles et qui joue parfaitement l'agent ambiguë par excellence. 

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De même, nous avons la présence de Bruno Cremer (Commissaire Maigret, Le Transfuge, L'Union Sacrée) qui est d'une froideur à faire peur, sans mauvais jeu de mots, ça fait froid dans le dos. Enfin nous avons aussi Bernard Fresson (Jo-Gaillard, Germinal, Le Pacte des Loups) dans le rôle de l'ami de Ventura, un petit rôle mais qui fait très plaisir de revoir cet acteur. Marc Mazza (Le Passager de la Pluie, L'Attentat, Mon Nom est Personne) et Heinz Bennent (Le Dernier Métro, Sarah, Le Transfuge) complètent la distribution.

C'est Krystyna Janda (Le Chef d'Orchestre, Mephisto, Vertiges) que personnellement je ne connaissais pas du tout comme actrice, qui interprète le rôle de la femme de Lino Ventura. Elle est vraiment très expressive et très bien, et sa plastique change un peu des actrices habituelles. Le film est vraiment bien mené, ça monte crescendo, et Ventura incarne bien l'homme un peu largué et qui ne veut plus retomber dans son passé d'espion, les autres acteurs, spécialement Piccoli savent ce qu'ils ont à faire et le font très bien à l'écran, beaucoup de séquences filmées en extérieur : ce qui permet de découvrir la Suisse à cette époque. Le seul petit reproche qui pourrait être fait est l'annonce de l'heure et du lieu fait par une voix-off (il s'agit d'ailleurs de la voix de Robert d'Alban) pour situer l'action, mais rien de nuisible. 

Mais par contre, il est assez difficile à suivre, et parfois on a du mal à comprendre les tenants et les aboutissants. Et il y a parfois une ou deux longueurs avec le jeu du chat et de la souris entre Ventura et Piccoli. Mais comme je l'ai dit pour d'autres films, celui-ci détonne et a une ambiance particulière qui ne se retrouve pas dans d'autres. La musique d'Ennio Morricone qui fait un peu penser à celle de Peur sur la Ville accentue cette ambiance et est redoutable elle aussi.

Un excellent travail, et elle vous restera pendant un moment dans la tête comme bien souvent avec les musiques de Morricone. Le film marchera moyennement bien en faisant un peu plus de 1.3 millions d'entrées. Néanmoins, je vous le conseille pour votre vidéothèque de Ventura : indispensable.

Anecdotes :

  • Le film aurait du normalement être réalisé par Andrzej Zulawski. Mais Ventura s'opposa à cette décision.

  • Le film est découpé en tranches horaires, or sur certains plans, nous pouvons voir des horloges qui n'indiquent pas l'heure qu'il est censé être dans le film.

Séquences cultes :

Subtil mais un peu flou.

Tout à fait épouvantable.

Nous vivons comme des rats.

Un gin tonic.

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