Psy (1981)La Revanche (1981)

Comédies françaises Années 80

Prends ta rolls et va pointer (1981) par Sébastien Raymond


PRENDS TA ROLLS ET VA POINTER (1981)

Résumé :

Pendant les vacances, un ouvrier découvre une vieille Rolls abandonnée dans une ferme et part avec sur la Costa Brava avec sa petite famille. Ce signe extérieur de richesse n’est pas sans provoquer quelques quiproquos.

Critique :

Pour voir ce film, il convient avant tout d'accéder à deux préalables obligatoires : aimer Jean Lefebvre, tout le comique du film étant tributaire de sa prestation, et puis faire preuve d'un esprit très ouvert, extrêmement conciliant. Car, effectivement, le film est très mauvais. Encore que, dans ce type de production, on a connu bien pire.

Le point le plus faible reste sa mollesse générale qui confine à l'apathie par moments. Le rythme peut être très lent, sans qu’on comprenne pourquoi. C'est tellement évident : comment se fait-il que dans la chaîne de production de ce film il n’y ait pas eu quelqu’un à un moment pour ne pas corriger ce défaut ? Déjà, dès le tournage, avec une mise en scène un brin plus pêchue ? Les échanges entre les acteurs sont parfois tellement peu dynamiques ! Alors certes, les dialogues ne sont pas des plus réjouissants dès l'abord, mais tout de même, une direction d’acteurs au moins correcte aurait dû s'employer à mettre de la vie dans tout ça. 

Sans doute aussi qu'un montage un brin plus nerveux aurait été bénéfique. Sans parler qu’une réalisation plus riche en diversité de plans aurait grandement facilité la tâche du monteur. On voit bien les nombreux écueils qui ont présidé à l'élaboration de ce pauvre nanar.

L’histoire pas bien folichonne et parfois d'une bêtise abyssale aurait pu cependant créer du mouvement sur lequel s'appuyer afin de captiver un peu l'attention du public, avec cette sorte de périple familial dans le sud de la France et en Espagne. Au lieu de cela, on reste sur un récit plat, atone, qui s'étire sans passion.

Les acteurs, je ne sais par quel miracle, par leur bonhomie et leur sérieux parviennent à produire tout de même une atmosphère enjouée. La complicité entre Jean Lefebvre et Micheline Luccioni semble évidente. Peut-être même sauve-t-elle le film du néant total ? 

D’autres rôles secondaires participent de cette inspiration, de cet élan de vie insufflé ici ou là, mais mal filmées, leurs performances ont tendance à passer à l’as. Je pense ici à Gérard Hernandez ou Henri Génès, un peu à Marco Perrin, des comédiens qu’on sait si vifs et mordants par ailleurs.

Absolument dispensable, cette comédie poussive pourra intéresser les fans de Jean Lefebvre. À l'époque, il réussit encore à rester à peu près sobre.

Anecdotes :

  • Comme certains plans insistants nous l’indiquent sans grande subtilité (les municipalités ont dû contribuer à la bonne santé financière de la production), le film a été tourné en grande partie à Canet en Roussillon ainsi qu’à Port-Vendres et Les Cluses.

  • Malgré tout, sur la bonne gueule de Jean Lefebvre, le film a été vu en salle par presque 700.000 spectateurs.

  • Ce petit succès va donc faire des petits : Jean Lefebvre et Richard Balducci collaboreront à nouveau l’année suivante puis l’année encore suivante sur N’oublie pas ton père au vestiaire et Salut la Puce.

Séquences cultes :

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