Prends ta rolls et va pointer (1981)Les babas cool (1981)

Comédies françaises Années 80

La Revanche (1981) par Sébastien Raymond


LA REVANCHE (1981)

Résumé :

Deux copines étouffées par la place que leurs maris prennent dans leurs vies, déçues par le manque d’attention dont elles sont l’objet décident de se venger en commettant un hold-up retentissant. Pour ce faire, elles s’adjoignent les services d’une jeune femme qui vient de sortir de prison pour avoir été complice lors d’un braquage.

Critique :

Petite comédie française oubliée mais que j'ai vu deux ou trois fois à la télé quand j'estois petit enfant.

Elle a quelque attrait, malgré une mise en scène pas assez dynamique à mon goût. Je commence par ce qui fâche : cette tendance à livrer des scènes ronronnantes. Le rythme dans l'enchaînement des séquences n'est pas mauvais. C'est bel et bien le rythme à l'intérieur des scènes, le temps que mettent les acteurs à dire ou faire qui me dérange. Oh, ce n'est pas non plus tellement flagrant. Seulement, à la fin du film, quand je me demande pourquoi j'ai le sentiment d'un léger ennui sur certaines scènes, je pense à cette trop grande passivité pour une comédie qui devrait être trépidante. De plus, les dialogues pas vraiment percutants manquent nettement de peps.

Vraiment dommage parce qu'il y a beaucoup de bons comédiens. J'ai eu au moins la joie de voir évoluer la formidable Annie Girardot qui surfe ici sur le succès de ces comédies qui ont fait une seconde jeunesse à cette quinqua dans les années 80. On pense forcément au diptyque de Philippe de Broca (l'excellent Tendre poulet et le sympatoche On a volé la cuisse de Jupiter), surtout quand apparaît la superbe Catherine Alric.

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Ahhhh Catherine Alric! Quand j'étais môme, j'étais amoureux de cette femme que je confondais peut-être aussi avec Catherine Deneuve. Quelle belle femme ! Sans doute ai-je gardé ce film dans un petit coin de mon cerveau pour ces raisons ?

J'ai également plaisir à revoir Claude Rich. Malheureusement, son rôle peu étincelant limite mon enthousiasme. Terne, éteint, il faut attendre la fin du film pour profiter pleinement de la folie du comédien.

Victor Lanoux fait son Lanoux habituel : le gros ours mal léché, macho jusqu'au bout des bacchantes. A ce propos, je me dois de rappeler que le film s'essaie avec maladresse au féminisme. Si cela n'aboutit pas véritablement à une critique sévère au moins le film essaie-t-il. Bien que Victor Lanoux soir dans des tonalités qu'on lui connaît par ailleurs, sans surprise, on peut cependant dire qu'il maîtrise ce sujet.

De Philippe Avron, je crois bien que je n'ai vu que ce film. Il me paraît très bien. Sa présence incongrue n'est pas sans valeur poétique et comique à la fois.

Pour Dominique Labourier, je ne trouve pas grand-chose à dire, c'est malheureux mais ni en bien ni en mal, elle ne suscite aucune émotion franche. Sans être transparente, sa participation n'apporte pas ce charisme qu'on aurait espéré pour un personnage central comme le sien.

Cette "revanche" des femmes aborde donc le féminisme avec une bien étrange parcimonie, me semble-t-il. Ménageant la chèvre et le chou, le scénario n'est pas tranchant. On sent de la peine pour appuyer le propos. C'est sans aucun doute possible l'un des éléments à prendre en compte quand je fustige le manque de percussion du film au-delà du rythme défectueux des scènes. Dans la lignée des comédies françaises pépères des années 80, le film tente de ratisser large. Mais l'absence d'audace, de risque, d'excitation se fait au détriment de tout l'édifice, endort un peu les sentiments favorables qui pourraient naître de cette production.

Dommage, gentille comédie, trop gentille, trop sage.

Anecdotes :

  • A noter la présence de Gérard Holtz dans son propre rôle de journaliste.

  • C’est le troisième film dans lequel Annie Girardot et Catherine Alric jouent ensemble après Tendre poulet en 1978 et On a volé la cuisse de Jupiter en 1980.

  • Dominique Labourier avait déjà tourné pour Pierre Lary, dans Le diable dans la boite en 1976.

Séquences cultes :

Combien vous voulez ?

Je hais ce genre de femmes

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