Sois-belle et tais-toiRocco et ses frères

Saga Alain Delon

Plein soleil (1960)


PLEIN SOLEIL

Résumé :

Tom Ripley est venu en Italie pour faire revenir Philippe Greenleaf aux états-unis sur ordre de son père, en échange il sera payé 5000 dollars. Mais Philippe n'a aucune envie de rentrer car il vit une passion avec une femme : Marge, et fait tout ce qu'il peut pour humilier Tom. Alors qu'ils partent tous les trois en croisière, Tom fait exprès de déclencher une dispute entre Marge et Philippe pour se retrouver seul avec lui sur le bateau. Repartis en mer, Tom tue Philippe. Revenu à terre, Tom prend alors l'identité de Philippe pour le dépouiller, mais un grain de sable grippe la mécanique : Freddy Miles un ami de Philippe. Tom le tue également et met en place un scénario faisant croire c'est Philippe le tueur et qu'il s'est suicidé juste après. Mais tout ne se passera pas comme prévu.

Critique :

Les années 50 sont terminées, Delon a déjà tourné dans cinq films lorsqu'il fait Plein Soleil. Il a eu son premier vrai rôle important à l'écran dans Christine en 1958, mais il n'est pas encore une star. Il rencontre alors les frères Hakim qui sont les producteurs de Plein Soleil et ceux-ci lui font connaître René Clément (La Bataille du Rail, Les Félins, Jeux Interdits) le réalisateur du film, et Delon devient une star en ce début des années 60 grâce à lui. Alain Delon devait à la base jouer le rôle de la victime : Philippe Greenleaf, tandis que c'est Jacques Charrier qui devait interpréter Tom Ripley. Mais Delon se sent plus proche psychologiquement du personnage de Ripley et le dit aux producteurs et à Clément.

Les producteurs refusent, c'est la femme de René Clément qui avait toute autorité sur son mari qui va dans le sens de Delon et lui fait avoir le rôle de Ripley. Alors, Delon n'a pas encore dans ce film tout son style d'acteur qu'il aura par la suite dans la fin des années 60 – années 70, là encore comme pour Sois Belle et Tais Toi, l'acteur est encore assez démonstratif en sentiments et en émotions dans sa manière de jouer, et a parfois des attitudes vraiment ambigües : voir la scène lorsque Freddy Miles le retrouve dans l'hôtel où il pense trouver Philippe, les mimiques de Delon font froid dans le dos. Une belle prestation d'Alain Delon donc, qui est secondé ici par Maurice Ronet (Gueule d'Ange, La Piscine, Mort d'un Pourri) qui est déjà une vedette accomplie face à Delon et avec Plein Soleil sera propulsé comme ce dernier au plus haut de sa carrière et enchaînera par la suite que des succès pratiquement, il s'essayera alors à la réalisation et aux documentaires.

Ronet a ici somme toute un rôle « passif » il subit le jeu et les attitudes de Delon, ainsi que de sa partenaire féminine : Marie Laforêt (Flic ou Voyou, Les Morfalous, Les Diplômés du Dernier Rang). Celle-ci qui après sera plus dans les films de Belmondo que ceux de Delon, et qui ici n'a pas encore ses cheveux noirs ! L'actrice deviendra également une chanteuse à succès que l'on connaît. Le rôle de Maurice Ronet n'est donc pas d'une grande importance,  il est juste l'objet de convoitise de Delon qui ne rêve que d'une chose : s'approprier sa vie et surtout Marge. Car c'est bien cela le leitmotiv de Tom Ripley au final.

Intrigue assez classique mais qui fonctionne, mais il est important de savoir que le film ne démarre réellement qu'à partir de la 40e minute, avant cela il y a des longueurs et il faut s'accrocher pour tenir et voir la suite. Mais dès que le film est parti, le reste passe alors à une vitesse incroyable, il dure pourtant pratiquement 2 heures. La réalisation est de qualité, et il y a beaucoup de bonnes scènes, comme par exemple celle qui se passe à la morgue pour identifier Freddy Miles, joué par Billy Kearns (L'Homme Pressé, Un Homme de Trop, Les Borsalini) bien connu des films et séries françaises.

C'est bien filmé, et comme je le disais un peu plus haut, les jolis plans se succèdent comme celui de Delon sur le bateau qui est éveillé en pleine nuit avant d'aller mettre la boucle d'oreille dans la poche du vêtement de Philippe pour que Marge le trouve. Et on a de beaux décors naturels de l'Italie des années 60. Seule la musique, de Nino Rota (Des Gosses de Riches, Rocco et ses Frères, Roméo & Juliette), est je trouve plate et en totale inadéquation avec ce qui se passe à l'écran. Pratiquement absente même pendant une bonne partie du film, elle ne laissera pas un souvenir impérissable.

Le film marchera très bien avec près 2.5 millions d'entrées (dont plus de 700 milles sur Paris). Indispensable dans la filmographie de l'acteur pour qui est fan d'Alain Delon, jusqu'à la fin on pense que Tom a parfaitement réussi son coup, hélas, un élément vient tout remettre en cause, ça se termine de façon machiavélique.

Anecdotes :

  • Marie Laforêt ne garde pas un bon souvenir de Plein Soleil, à cause notamment de ses deux comparses à l'écran : Alain Delon et Maurice Ronet, qu'elles jugeaient prétentieux et méprisants.

  • Alain Delon raconte que c'est grâce à Plein Soleil que sa notoriété au Japon est ce qu'elle est depuis 1960, en effet le film a eu un succès international, et d'après Alain Delon ce serait parce que le film contient le mot Soleil, pour le pays du soleil levant que le film aura un immense succès là-bas et que les japonais seraient tombés fous de Delon à ce moment-là.

  • Le générique de début du film, assez bien fichu, est l'œuvre de Maurice Binder qui réalisera un peu plus tard le générique du James bond : James Bond Contre Docteur No avec Sean Connery.

  • Plein Soleil connaîtra un remake fait par les américains en 1999 sous le titre Le Talentueux Mr. Ripley avec Matt Damon dans le rôle principal.
  • Une chose étrange : Romy Schneider fait une courte apparition au début du film, elle n'est pas créditée au générique, Schneider était déjà la compagne d'Alain Delon à cette époque et pourtant également une vedette puisque le premier Sissi date de 1955.

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