Deux hommes dans la ville (1973)Borsalino and Co (1974)

Saga Alain Delon

Les Seins de glace (1974)


LES SEINS DE GLACE

Résumé :

François Rollin, écrivain en manque d'inspiration sur la côte d'azur. Décide de se promener sur la plage pour trouver des idées, c'est alors qu'il aperçoit une jeune femme magnifique. S'éprenant d'elle, il la courtise et entre dans la vie compliquée de Peggy. Alors qu'il commence à la fréquenter, il est convoqué par son avocat Marc Rilson, qui explique à François que Peggy a été psychologiquement très malade, et que ce n'est pas sûr qu'elle soit totalement remise. Elle a assassiné son mari, et a longtemps été traitée en psychiatrie. Peu à peu, François découvre l'entourage avec lequel vit Peggy, et de nouveaux cadavres apparaissent. S'enfuyant avec elle, Peggy tente de le tuer, mais Marc Rilson intervient, emmène Peggy et la tue pour lui éviter l'hôpital psychiatrique à vie.

Critique :

Basé sur un roman de Richard Matheson, qui est l'un des auteurs de science-fiction les plus influents de ces 50 dernières années, il est surtout très connu pour avoir écrit avec Rod Serling et Charles Beaumont la majorité des scénarios de la série culte : La 4e Dimension (The Twilight Zone). Nous avons ici un bon film réalisé par George Lautner (Les Barbouzes, Ne Nous Fâchons Pas, Le Guignolo) très connu pour ses films avec Belmondo, le concurrent direct de Delon.

Si on peut parler d'un Basic Instinct avant l'heure, à la française, l'ensemble néanmoins, malgré tout, est tout même assez lent et ne vous attendez pas à voir un film rythmé, on prend son temps pour tenter de démontrer la psychologie du personnage principal : à savoir Peggy, interprétée par Mireille Darc (Le Grand Blond avec une Chaussure Noire, Fantasia Chez les Ploucs, Ne Nous Fâchons Pas). Personnellement, je n'ai jamais été très fan de cette actrice, et je ne l'ai jamais trouvé très belle (goût très personnel).

Alain Delon a produit ce film, comme il avait déjà produit Deux Hommes dans la Ville, pour démontrer que sa petite amie de l'époque, Mireille Darc donc, est une bonne actrice et qu'elle a une palette très large dans son jeu de comédienne. Certes, la prestation de Darc est bonne, et pour ceux qui aiment l'actrice, elle apparaît même complètement nue, mais ce n'est pas non plus exceptionnel. Claude Brasseur (La BoumLa Guerre des Polices, La Crime) est, je trouve, fidèle à lui-même, ou plutôt dans un rôle qu'il affactionne : le type marrant, enjoué, blagueur, etc. Et qui ici, tente de séduire une jolie femme. Nous avons donc droit à son registre habituel, en tous cas celui que je lui ai souvent connu, nous ne sommes donc pas dépaysés. J'avoue au contraire que c'est Delon qui ici m'a surpris, l'acteur n'a qu'un rôle de second plan et pourtant ce n'est que son personnage que l'on retient du film. Un avocat qui est amoureux de Peggy, et qui quoiqu'il arrive a une bienveillance envers elle.

Alors qu'habituellement nous avons un Delon qui est plutôt statique avec une attitude généralement assez froide, c'est tout l'inverse ici et on se retrouve avec un homme, certes, beaucoup dans la retenue mais presque chaleureux. Sa façon de se comporter, ses regards doux envers Peggy, sa manière d'être très protecteur nous attache au personnage qu'il joue, beaucoup plus que le personnage principal joué par Brasseur et qui à la longue, avec ses mauvaises blagues, sa manière de vouloir tout le temps tout détourner en dérision fini par devenir horripilant et fini par lasser.

Pour le reste, c'est très bien réalisé, et le film nous offre de très beaux extérieurs, par contre, malheureusement celui-ci fait immédiatement daté à cause d'une seule et unique chose : les téléphones à cadran ronds qu'il fallait tourner pour composer son numéro. Ce simple détail, malheureusement, montre immédiatement que nous sommes dans les années 70 en France, il faudra attendre un peu plus pour que nous ayons les téléphones à touches comme dans les séries américaines. Dommage. Pour le reste c'est du tout bon, mais malgré tout par moment on voit passer les 1H45 du film, comme je l'ai dit, il y a des longueurs pour mettre en place l'intrigue et c'est un peu lent à se poser. Les petits coups de théâtre, comme les morts, les apparitions surprises, etc. n'arrivant pas à casser ces longueurs.

Pour la musique, c'est Philippe Sarde (La Grande Bouffe, La Femme Flic, Coup de Torchon) qui est à la composition. Celui-ci signe une partition assez glauque et métallique, qui renforce cet atmosphère un peu lugubre, bizarre... Ce n'est pas génial, mais c'est en corrélation avec ce que l'on a à l'image. Bon film, donc, malgré tout, avec pour Delon un rôle un peu atypique et qui se démarque un peu des autres. Le film marchera assez bien avec plus de 1.4 millions d'entrées en France, 522 milles entrées en Espagne et marchera aussi bien en Italie. Film à avoir dans sa filmographie de Delon, juste pour le voir d’une façon un peu inhabituelle.

Anecdotes :

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