Les Seins de glace (1974)Zorro (1975)

Saga Alain Delon

Borsalino and Co (1974)


BORSALINO AND CO

Résumé :

Roch Siffredi enterre son associé et ami François Cappella. Quelques mois plus tard, Roch fait ses investigations et retrouve le meurtrier de François Cappella : Giovanni Volpone. Roch tue alors le frère de celui-ci en pensant qu'il s'agît du bon Volpone sans se douter qu'il va au-devant de sanglantes représailles. Giovanni Volpone, détruit l'empire de Roch Siffredi et élimine tous ses hommes. Seul son fidèle lieutenant et ami s'en sort, mais Siffredi est capturé par Volpone et intoxiqué à l'alcool, il devient une épave. Montré aux journalistes comme déchéance de la pègre, il est ensuite interné dans un asile psychiatrique. Mais Fernand son fidèle lieutenant, l'aide à s'échapper, et ils partent en Italie pour se remettre. 3 années passent où Volpone assoit sa suprématie sur Marseille. Mais Roch Siffredi est de retour. Il retourne alors les méthodes de Volpone contre lui, et une véritable guerre se déclenche. Siffredi détruit l'empire de Volpone, tue ses hommes et fini par le tuer lui aussi, avant de partir pour l'Amérique.

Critique :

Alain Delon, revient seul pour un second Borsalino. Vu le succès du premier film, on se doutait, qu'il ne pouvait en être autrement. Mais cette fois-ci, malheureusement, j'ai envie de dire ce sera sans notre Bebel national qui était tué à la fin du premier film. Or, autant le dire tout de suite, Borsalino sans Belmondo, c'est comme une île flottante sans crème anglaise : ça enlève pratiquement toute la saveur du film. Le premier était très agréable à regarder car il y avait cette alchimie entre Belmondo et Delon et que c'était ça que nous venions voir sur le grand écran.

La raison du non-retour de Belmondo dans le deuxième volet de la saga est plus terre à terre hélas, Belmondo n'ayant pas supporté que Delon mette deux fois son nom au générique du premier film en tant que producteur et acteur et de surcroît avant lui. Belmondo intente alors un procès à Delon, qu'il gagnera et la brouille juridique l'empêchera d'apparaître dans ce second film, nous ne verrons qu'une photo de Belmondo sur la tombe de Cappella. Rien de plus.

Réalisé à nouveau par Jacques Deray (Trois Hommes à Abattre, Le Marginal, Maladie d'Amour) qui avait déjà réalisé le premier Borsalino, on peut immédiatement enfoncer des portes ouvertes : ce second volet est vraiment en deçà du premier film. Pour commencer, il faut signaler que ce second opus est vraiment mais alors vraiment beaucoup plus violent que le premier, et il n'y a plus de moment de nonchalance comme il en existait dans le premier (lorsque par exemple ils partaient en voitures au bord du lac) : là c'est un film noir, qui ne met en scène qu'une seule chose, la vengeance de Siffredi.

À cela s'ajoute, quelques défauts de mon point de vue dans la réalisation ! Si l'image est belle et que techniquement il n'y a pas grand-chose à redire sur la façon de filmer, les extérieurs, les décors, etc. pour la réalisation des plans en elle-même c'est autre chose. Par exemple, à plusieurs reprises, on voit clairement les mannequins à la place des acteurs lorsqu'ils sont morts, le plus flagrant étant le passage avec la voiture où Delon roule sur un homme qui vient d'être tué : à un moment je me suis cru dans une série de Glen Larson, c'est dire ! L'autre étant que certains plans sont mal découpés, et on voit distinctement là aussi les acteurs qui attendent le « top » pour démarrer l'action. C'est anecdotique, de l'ordre d'une seconde tout au plus, mais ça se voit ! Et cela casse un peu ce qui se passe à l'écran, d'autant que ce n'est pas que sur un seul plan que l'on a ce problème mais sur plusieurs scènes du film.

Aux côtés de Delon, nous avons cette fois-ci Riccardo Cucciolla (Un Flic, Vanille Fraise, La Dernière Carte) qui joue les deux rôles de Volpone. L'acteur nous livre une belle prestation d'un homme qui ne supporte pas que l'on aille contre lui, et qui méprise les gens. Nous avons également Lionel Vitrant (Le Clan des Siciliens, L'Aventure c'est L'Aventure, Adieu Poulet) et qui était déjà dans le premier Borsalino. Lui aussi s'en tire bien en lieutenant fidèle de Siffredi, et sa bonne tête (pour un truand) crédibilise sa dévotion envers son patron. Nous avons aussi une apparition de Meynardeau  et du Commissaire Cabrol de la série Les 5 Dernières Minutes, en effet on voit l'acteur Marc Eyraud en médecin chef de l'asile où se retrouve Siffredi et Jacques Debary en préfet (décidément !).

Pour la partie féminine nous retrouvons Catherine Rouvel (Marseille Contrat, Les Grands Moyens, Le Solitaire) qui avait déjà son rôle de Lola dans le premier opus. Delon livre une prestation correcte, où il reste souvent silencieux dans les scènes, le tout étant dans l'attitude et le regard. Ce n'est pas vraiment un mauvais film, mais il n'est vraiment pas exceptionnel non plus, en tous cas la question se pose : fallait-il réellement faire une suite au premier ? Et surtout sans Belmondo, c'était assez casse gueule.

D'ailleurs les spectateurs ne s'y tromperont pas puisque le film fera un score moyen, bien moins bon que le premier avec presque 1.7 millions d'entrées en France et un peu plus de 335 milles entrées en Espagne. Nous sommes loin des 4.7 millions d'entrées du premier Borsalino. Malgré le fait que Delon, qui produit le film, ai une coproduction Italienne-Française-Allemande, il perdra de l'argent, à cause du gros budget du film : 14 millions de francs, exactement comme le premier film. Malheureusement, ça ne marchera pas. La musique signée de Claude Bolling dont on réentend le fameux thème du premier film à un moment de ce second opus, est bien plus sombre que le premier opus. À noter, une petite mention pour le générique de fin, assez original. Personnellement, je trouve que cette suite n'était absolument pas nécessaire. Le film n'est pas indispensable dans une filmothèque de Delon.

Anecdotes :

  • Une suite était prévue à ce deuxième film. En effet, à la fin de ce second opus, s'inscrit un « à suivre... », laissant penser que le 3e volet allait se dérouler aux États-unis. Malheureusement, l'échec du film annula ce projet de trilogie.

  • Mireille Darc fait une très très courte apparition au début du film en prostituée dans la rue, lorsque le commissaire Fanti marche pour aller voir Siffredi.

  • Delon n'en voudra pas à Jacques Deray pour l'échec du film, en effet ils retourneront ensemble un peu plus tard pour Flic Story l'année suivante en 1975.

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