Le ChocParole de flic

Saga Alain Delon

Le Battant (1983)

LE BATTANT

Résumé :

Pierre Mignot va fermer son bar, lorsqu'un homme reste à boire un verre. Il lui demande de partir, mais ce dernier a un pistolet et est rejoint par deux autres comparses. Mignot pense qu'ils en veulent à sa recette du jour, mais en fait ils sont là pour son ancien ami Jacques Darnay qui va bientôt sortir de prison grâce à une remise de peine. Ce dernier réussi à s'échapper et Darnay vient le retrouver. Peu après, Mignot est tué, et un à un les gens de son entourage, à Darnay, sont tués. Il se tourne alors vers Ruggieri, un truand, qui l'aide du mieux qu'il le peut, mais Darnay apprend par Nathalie, une fille que lui envoie Ruggieri, que c'est ce dernier qui veut les diamants et a fait tuer son entourage. Darnay élimine alors à son tour les hommes de Ruggieri et lui tend un piège. Mais Darnay se fait avoir par Ruggieri, mais grâce à Nathalie, il arrive à se libérer. Et fini par tuer Ruggieri.

Critique :

Nous retrouvons Alain Delon dans un nouveau film réalisé par Alain Delon et produit par... Alain Delon ! Comme ça, on a la totale, au passage il dédie ce film à René Clément son maître, comme il le dit. Alors, Delon avait déjà réalisé d'autres films où il jouait dedans, que vaut ce nouveau long-métrage fait par lui ? Pas grand-chose, j'ai envie de dire tellement je n'ai pas accroché.

Déjà, le premier défaut récurrent est la musique qui prend le pas sur l'image, lorsqu'elle est bien intégrée aux images et discrète ou qu'elle met en valeur ce qui est montré à l'écran, c'est bien. Mais ici, elle est omniprésente tout au long du film, et ça fatigue rapidement. Vraiment. Aux côtés de Delon, nous trouvons François Périer (Le Cercle Rouge, Stavisky, Police Python 357) dans le rôle du faux ami de Darnay, et qui en fait monte tout un stratagème pour récupérer les diamants cachés par Darnay.

Pour les autres petits rôles, nous avons Michel Beaune (Adieu Poulet, Le Professionnel, L'Incorrigible) grand ami de Jean-Paul Belmondo, le rival de Delon. Nous avons les débuts de Richard Anconina (Tchao Pantin, Police, Itinéraire d'un Enfant Gâté), Gérard Hérold... Et bien sûr Pierre Mondy (Signé Furax, Vas-y Maman, Impossible... Pas Français) le très célèbre Sergent-Chef Chaudard des films dédiés à La 7e Compagnie. Ici il interprète le rôle du gentil flic qui veut aider Darnay et lui propose même de lui obtenir la prime de 10% de l'assurance en liquide si il lui remet les diamants. Bien évidemment, le film entretient cette question pendant toute sa durée (2H03 que vous verrez un peu passer) : où sont les diamants ?

Pour la partie féminine du film, le mot d'ordre d'Alain Delon semblait être : toutes, toutes nues ! Que ce soit Anne Parillaud que l'on retrouve à nouveau aux côtés de son petit ami Alain Delon de cette époque, ou encore Marie-Christine Descouard (Le Professionnel, Joyeuses Pâques, Mort d'un Pourri) ou pour finir : Andréa Ferréol (Aldo et Junior, Douce France, La Boîte), vous verrez à toute au minimum leur poitrine et plus pour certaines. Je ne suis pas certain que de nos jours avec les revendications féministes on pourrait encore faire ce type de film avec la condition de la femme qui est assez considérée comme un objet ici, autres temps, autres mœurs comme dirait l'autre. Anne Parillaud qui a le rôle principal n'est vraiment pas extraordinaire, et les deux autres actrices ont un petit rôle. Delon cabotine de l'une à l'autre.

Pour la réalisation, Delon reprend la même équipe technique que Pour la Peau d'un Flic, nous avons donc quelque chose qui tient la route, avec des jolis plans de Paris à nouveau à cette époque (Le Pont Bir-Hakeim, Boulevard Saint-Germain, etc.), évidemment à cause des véhicules utilisés dans le film, on le situe immédiatement dans les années 80 : la renault 5, les 604 peugeot, etc.

Avec encore des téléphones à cadran qui tourne, bref, celui-ci aura du mal à se détacher de son époque.  Mais il fait tout même moins ancré que d'autres. Même s’il y a régulièrement de l'action, comme je l'ai déjà dit plus haut, il y a quand même des longueurs pénibles et surtout avec la musique, ce qui fait que c'est vite lassant, et on regarde vite sa montre. Pour la bande originale du film, justement, elle est signée Christian Dorisse qui à part ce film, faisait surtout de la musique dans le circuit « classique » plutôt que des musiques de films. Moi je la trouve trop omniprésente et elle prend trop le pas sur l'image, elle en devient envahissante et irritante. Le film marchera plutôt pas mal avec un peu plus de 1.9 millions d'entrées en France, et un peu plus de 280 milles entrées en Espagne. Vous pourrez passer un bon moment devant ce film, mais il faudra quand même vous accrocher pour tenir les 2h. Il n'est pour moi pas indispensable dans la filmothèque de Delon.

Anecdotes :

  • Tout au long du film vous avez des clins d'œil à d'autres films d'Alain Delon : Le Samouraï, Pour la Peau d'un Flic..., à vous de les retrouver.
  • Delon fait aussi référence dans le film à deux autres policiers très célèbres : Columbo et Maigret, lorsqu'il voit Pierre Mondy avec ses manières.

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