Pour la peau d'un flicLe Battant

Saga Alain Delon

Le Choc (1982)


LE CHOC 

Résumé :

Au Maroc, un couple se balade et visite la ville. Ils ne remarquent pas qu'ils sont suivis par un homme. Celui-ci est un tueur à gages, et il élimine le mari. Puis il rentre à Paris, et va récupérer son argent. En fait, il s'agit de Christian mais en réalité de Martin Terrier, et celui-ci, annonce à ses employeurs qu'il arrête et raccroche. Mais l'organisation à laquelle il appartient, ne l'entend pas de cette oreille. À l'abri du besoin grâce à ses gains qu'il a eu avec ses contrats, Martin apprend que son amie qui gère sa fortune lui a acheté une usine de dindons. Il part se mettre au vert dans son usine, et tombe amoureux de Claire la gérante de son usine, mais des tueurs le retrouve. Croyant que c'est son ex-employeur, Martin se rend compte que c'est son collègue et ami Michel qui en fait l'a trahi. Claire étant prisonnière de ses ex-employeurs, après bien des périples il la délivrera et partiront ensemble loin de la France.

Critique :

Réalisé par Robin Davis (La Guerre des Polices, J'ai épousé une Ombre, Hors-la-Loi) ce film n'est pas mauvais, mais aurait pu être beaucoup mieux. Le problème étant qu'il y a beaucoup de longueurs, beaucoup trop de longueurs. Si le principal intérêt du film est bien évidemment le duo Alain Delon/Catherine Deneuve, et que nous ne sommes pas déçus par la prestation des deux acteurs, Delon jouant un tueur assez froid (le genre d'attitude qu'il maîtrise parfaitement !) et tout de même montrant quelques émotions envers Claire dont il tombe amoureux. Par contre sa scène sous la douche aurait pu nous être épargnée.

Du côté de Deneuve non plus, il n'y a pas grand-chose à redire, elle joue à merveille la femme qui ne comprend pas du tout ce qui lui arrive, assez fragile, mais qui est prête à tout pour être auprès de l'homme qu'elle aime. Là aussi, tout se passe dans des attitudes et certains regards, j'aime beaucoup sa prestation, Deneuve est pour moi excellente ici. Dans les seconds rôles nous retrouvons des habitués de Delon, et donc des têtes connues de ses films précédents : Etienne Chicot par exemple (Kamikaze, Un Mauvais Fils, Mortelle Randonnée) dans le rôle du faux ami de Martin et qui est en fait celui qui le balance à tout le monde pour le faire éliminer ou encore François Perrot qui joue cette fois encore un rôle d'enfoiré en la personne du commanditaire de l'organisation à laquelle appartient Martin Terrier.

Nous avons également Philippe Léotard (Femmes de Personne, L'Aube, Le Sud) acteur qui sera reconnu peu de temps après ce film grâce à son rôle dans La Balance aux côtés de Nathalie Baye. Ici, il a un rôle qui, personnellement je trouve, colle totalement à sa personnalité : excité et énervant à souhait. Je n'ai jamais réussi à supporter cet acteur, et je me le suis toujours imaginé ennuyeux au possible et agité du bocal comme il l'est ici dans ce film. Heureusement, il a un rôle assez court et fini en cadavre. Pour la partie féminine, outre Catherine Deneuve que vous ne verrez pas nue, elle, vous pourrez toujours vous rabattre sur la jeune Catherine Leprince (Le Cavaleur, Escalier C, Sans Défense) qui interprète le rôle de la petite amie de Martin prête à satisfaire ses moindres désirs pour être aux côtés de son bien aimé. Et dont le sexe semble être sa principale préoccupation. Il y a également Stéphane Audran (La Rupture, Poulet au Vinaigre, La Gitane) qui joue le rôle de l'ex-femme de Martin devenue sa conseillère financière et qui lui a acheté la fameuse usine de dindons. Qui finit mal, elle aussi, hélas.

L'intrigue n'est pas extraordinaire, et le dénouement est assez lent à arriver. Pour la partie technique c'est pas mal du tout, mais alors il y a quelques plans où l'on voit bien du faux raccord, et d'autres aussi où l'on voit bien le trucage : cf la scène où Delon élimine le tueur venu chez lui et qui tient Mathilde en joue, et que Delon élimine avec son couteau, on ne peut vraiment pas dire que cette scène soit soignée. Pour les extérieurs, on a du bon et du moins bon, l'usine de dindons, n'est pas un cadre exceptionnel, par contre à nouveau, c'est un plaisir de voir des morceaux de Paris de cette époque. Important, par contre contrairement à d'autres films de Delon précédents, ce film n'a pas cette atmosphère des années 80 et ne fait pas daté. On pourrait croire qu'il a été tourné un peu plus tard qu'au début des années 80.

La musique signée Philippe Sarde est de suite reconnaissable par le côté jazzy au début (et dont on retrouve le style dans Le Guignolo par exemple avec Belmondo), par contre après tout au long du film c'est un peu moins bon par rapport à ce qui se passe à l'écran. Je la trouve, personnellement, assez inadaptée. Bref, ce n'est pas un excellent Delon. Le film marchera de façon moyenne avec un peu plus de 1.5 millions d'entrées en France, et à peine plus de 80 milles entrées en Espagne. Delon était (comme Belmondo) sur le déclin, les temps commençaient à changer et ça n'allait, malheureusement pas s'arrêter là. Film sympa, mais pas indispensable dans sa filmothèque de Delon, le film est disponible en DVD.

Anecdotes :

  • Catherine Deneuve ne garde pas un bon souvenir du tournage du film. En effet, celle-ci ne s'entendait pas du tout avec le réalisateur Robin Davis.

  • Beaucoup de difficultés fut rencontrées sur le tournage du film, Robin Davis du se confronter à Delon qui était acteur, producteur et réalisateur. Delon réécrivit le scénario, et réalisa les scènes où Catherine Deneuve intervenait. De plus, les délais de production et de tournage étaient très courts dû à une sortie rapide du film.

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