Le BattantNe réveillez pas un flic qui dort

Saga Alain Delon

Parole de flic (1985)

PAROLE DE FLIC

Résumé :

Daniel Pratt est un ancien policier qui vit au Congo. Pendant ce temps, sa fille, participe à un vol de matériel vidéo avec des copains. Mais ceux-ci, alors qu'ils vont s'enfuir avec leur butin, se font tuer par 5 hommes tous habillés de noir. Daniel Pratt revient alors en France pour enterrer sa fille, et se met en tête de la venger. Il recherche et trouve les meurtriers, et Pratt commence à les éliminer un à un. C'est alors qu'il découvre que celui qui commande la bande, n'est autre que son ami le commissaire Reiner.

Critique :

Alain Delon revient dans un nouveau film où il est encore l'acteur, le producteur, en partie le réalisateur et aussi chanteur ! Nous y reviendrons plus tard. Le film est réalisé par José Pinheiro (Family Rock, La Femme Fardée, Les Mots pour le Dire) qui n'a pas une grosse filmographie et qui a alterné avec la télévision. Sur Parole de Flic, il est assisté de Frédéric Blum dont le CV n'est pas plus étoffé. Personnellement, de toutes façons, je n'ai jamais vraiment bien compris le travail d'assistant réalisateur.

Delon livre dans ce film une prestation assez inégale, de mon point de vue, ainsi par exemple la scène du début du film au Congo où il fait sa partie de cartes, puis se bat est vraiment pas géniale, et c'est assez 'too much'. Ou bien encore la scène du garage, lorsque Pratt arrive et se fait cueillir par les gendarmes, c'est assez grotesque également. Tout comme la fin de la course poursuite en voitures qui se termine dans le Rhône avec la musique de l'opéra : ridicule à souhait, de mon avis personnel. À côté de cela, vers la fin du film, vous avez la scène où Delon se déguise en clown et fait le show devant les enfants et cette scène là est tout simplement extraordinaire ! Alors, honnêtement, je ne sais pas si elle a été répétée avant, où si c'est du pris sur le vif, mais rien que pour ça, le film vaut la peine d'être regardé et Delon ne démérite pas. Ensuite pendant le reste du long-métrage, Delon se prend pour Belmondo avec des cascades dignes de Bebel. Je trouve sa prestation vraiment inégale, d'autant qu'il surjoue assez souvent la plupart du temps dans le film.

À ses côtés, on retrouve un acteur que j'affectionne particulièrement : Jacques Perrin (L'Ombre, Section Spéciale, Les Choristes) dans le rôle encore une fois d'un faux ami du personnage de Delon et qui est sans que Pratt le sache au départ, l'homme qu'il devra abattre pour venger sa fille. Jacques Perrin n'a pas un grand temps de présence à l'écran, mais il fait parti de ces acteurs qui retiennent immédiatement l'attention du spectateur, tellement ils ont un charisme inimaginable. Viennent ensuite les seconds rôles, où nous avons Vincent Lindon (La Crise, Paparazzi, Les Salauds) tout jeune dans le rôle d'un flic. Nous avons également Jean-François Stévenin, Stéphane Ferrara... Nous avons même Mouss Diouf, qui n'est pas crédité ! Pour la partie féminine, c'est Fiona Gélin (Le Grand Carnaval, Escalier C, La Dernière Escale) qui a le rôle principal et les spectateurs masculins seront ravis de la voir dans une (courte) scène complètement nue pour admirer son anatomie. Mais celle qui là aussi, j'adore, et qui crève l'écran même si elle n'a qu'un petit rôle également : c'est Eva Darlan (Le Jouet, La Petite Amie, Les Patriotes) dans le rôle de la femme de Reiner, là aussi on ne voit qu'elle à l'écran pendant qu'elle y est présente, c'est juste magique.

Et c'est ce qui est dommage avec ce film, on a un bon casting, des acteurs qui font bien le boulot, mais tout ceci est pourtant gâché par le reste qui n’est réellement pas à niveau, pour la faire courte, ça vole vraiment pas haut. Le film a d'ailleurs, plusieurs ambiances selon la période à laquelle on est en train de le regarder dans sa durée : par exemple au début il fait beaucoup penser à la série anglaise Les Professionnels et notamment un épisode violent avec des fans du Ku Klux Klan et qui avait été jugé trop dur pour être diffusé, on retrouve la même ambiance dans une partie de Parole de Flic. Puis plus loin dans le film, celui-ci à une ambiance totalement différente qui fait penser à certains mauvais films des années 80. C'est dommage, il ne manquait vraiment pas grand-chose pour qu'il soit au top.

Pour la réalisation, ça tient la route, pas de mauvaises surprises, cette fois-ci, ce n'est pas Paris que vous verrez en extérieur, mais Lyon. La musique de Pino Marchese n'est pas exceptionnelle, elle marque l'action au coup par coup, mais ce n'est réellement pas une composition que vous retiendrez. Et pour le reste, vous aurez la chance d'entendre M. Alain Delon chanter, dans le générique de fin ! Je ne ferai pas de commentaire.

Le film fonctionnera plutôt pas mal en France, avec un peu plus de 2.5 millions d'entrées en France, moins bien dans les autres pays avec un peu plus de 96 milles entrées en Espagne et un peu plus de 214 milles entrées en Allemagne. D'une durée d'une heure quarante à peu près, vous ne vous ennuierez pas, mais certaines scènes du film vous paraîtront vraiment passées de date et appartenant à une autre époque. C'est peut-être ça qui le plombe réellement d'ailleurs.

Anecdotes :

  • Avec ses 2.5 millions d'entrées, Parole de Flic se placera devant le James Bond sorti en 1985 au box office : Dangereusement Vôtre avec Roger Moore.

  • Après deux semi-échecs successifs, Delon avec Parole de Flic décide de changer de casting et d'équipe technique pour tenter de se relancer, ce qui sera un pari assez réussi.

Retour à l'index