Le GuépardLes Félins

Saga Alain Delon

La Tulipe noire (1964)


LA TULIPE NOIRE

Résumé :

Juin 1789, un mystérieux justicier se bat pour le peuple et dépouille les notables. Il se fait appeler la Tulipe Noire. Ce qui irrite le lieutenant général de police : le baron de La Mouche. Celui-ci soupçonne la Tulipe Noire d'être Guillaume de Saint-Preux et lui tend une embuscade. Lors de celle-ci, La Mouche marque la Tulipe Noire avec son épée à la joue gauche. Guillaume devant assister à une réunion de notables, importante, il demande alors à son jeune frère Julien de prendre sa place. Mais Julien réalise que Guillaume ne se bat que pour son profit personnel. Il décide alors de faire honneur à la réputation de la Tulipe Noire et s'en prend aux notables à son tour. Mais La Mouche l'arrête, et Guillaume venant délivrer son frère se fait prendre et pendre à sa place. Julien le vengera, juste avant que la révolution n'éclate.

Critique :

Les films de cape et d'épée, ça fonctionne toujours ! Tout comme les séries d'ailleurs. La Tulipe Noire, réalisé par Christian-Jacques (Lucrèce Borgia, La Chartreuse de Parme, Les Disparus de Saint-Agil) entièrement en couleurs, est un excellent divertissement avec un Alain Delon au top de sa forme. Dans la lignée d'un Scaramouche ou d'un Fanfan La Tulipe, Cartouche ou encore la série Zorro de Disney de 1957 avec Guy Williams, La Tulipe Noire réunit tous les ingrédients : le héros costumé (de noir !) et masqué qui défend les opprimés, les batailles à l'épée, la jolie femme amoureuse du héros, le compagnon à quatre pattes indissociables du héros, le méchant militaire qui veut la peau du dit héros... Bref, vous ne serez pas dépaysé par ce Tulipe Noire.

Aux côtés de Alain Delon, nous retrouvons Francis Blanche (La Grande Bouffe, Les Tontons Flingueurs, Belle de Jour) qui est le complice drôle et amusant du héros, et faire-valoir idéal, de même nous avons la très jolie Virna Lisi (Deux Minets pour Juliette, L'Arbre de Noël, Les Bonnes Causes) qui fait parti de ces femmes qui ont un charme sensationnel à l'écran : jolie rousse qui illumine l'écran lorsqu'elle est devant la caméra. C'est à Adolfo Marsillach (qui n'aura pas de carrière télévisuelle) que revient le rôle du méchant lieutenant général de police : le Baron Lamouche. À noter pour ce dernier que pour la version française du film (il s'agit d'une coproduction franco-italiano-espagnole) l'acteur est doublé par Michel Roux, la fameuse voix de Danny Wilde dans la série Amicalement Vôtre.

Rien que pour ça, le film est un délice à regarder et à écouter pour réentendre cette voix fabuleuse. Dawn Addams (Un Roi à New-York, Le Diabolique Docteur Mabuse, Les Deux Visages du Docteur Jekyll) termine la distribution principale en incarnant l'amante du héros, notable qui ignore que son amant est le justicier recherché par son mari, entre autres. Delon joue dans ce film deux rôles : celui des deux frères qui sont à l'opposé l'un de l'autre, le premier est viril, extraverti, arrogant et sans peur, tandis que le second est plus réservé, poli, et un peu timide. S’il n'est pas très bon pour le côté du frère qui est timide et réservé, il excelle cependant dans l'autre rôle, que deviendra au final Julien également et c'est à ce moment-là qu'on se surprend à apprécier pleinement la prestation de Delon.

Sans le vouloir, Delon calque sa carrière sur celle de Belmondo, dont les similitudes sont évidentes. Le reste du cast fourni lui aussi une excellente prestation, et la réalisation est assez bonne pour ce type de film qui est une comédie. Ce qui est dommage d'ailleurs, car on aurait aimé (comme pour les films de Fantômas avec De Funès) que le sujet soit traité de manière sérieuse et que Delon incarne à la manière de Guy Williams une Tulipe Noire de façon sérieuse, qui embrasse sa carrière de justicier et se bat pour les pauvres gens.

Néanmoins, on ne voit pas passer les 1H50 du film, tant on est pris par celui-ci, qui ne laisse pas beaucoup de temps mort, et qui se déroule de manière fluide et dont les scènes s'enchaînent au final assez bien. On pourra juste pester contre un humour un peut potache parfois, ou une ou deux scènes mal ficelées, mais vraiment rien de bien méchant et le film nous montre en plus, 1 an avant Mme Peel, une femme forte et supérieur à un homme. Wonder Woman n'a qu'à bien se tenir.

Pour la musique, guillerette et entraînante tout au long du film, c'est à Gérard Calvi (La Belle Américaine, Ah ! Les Belles Bacchantes, Le Petit Baigneur) que nous la devons. Verdict : vous passerez un excellent moment avec La Tulipe Noire, et la scène vers la fin avec le cheval qui venge son maître et ami est un délice. À voir et à revoir. Indispensable pour tout fan d'Alain Delon. Le film marchera très bien en France avec plus de 3.1 millions d'entrées, et 3 millions d'entrées également en Italie. Joli score, même si pourtant l'année 1964 sera celle de Belmondo avec L'Homme de Rio.

Anecdotes :

  • Même s’il en porte le titre et en est inspiré, le film n'a rien à voir avec le roman d'Alexandre Dumas.

  • La Tulipe Noire sort la même semaine que L'Homme de Rio. Si au début Delon résiste bien à Belmondo pour les entrées du film en étant second. Très vite il se fera distancer devant le succès incroyable de L'Homme de Rio.

  • Alain Delon remettra une autre tenue noire 11 ans plus tard et un masque en incarnant le justicier bien connu de Disney : Zorro.

Retour à l'index