Adieu l'ami (1968)Le Cercle Rouge (1970)

Saga Alain Delon

La Piscine (1969)


LA PISCINE

Résumé :

Jean-Paul et Marianne vivent heureux dans une superbe villa avec piscine sur la côte d'azur. Marianne reçoit un coup de téléphone : c'est un vieil ami, Harry, qui va débarquer avec sa fille Pénélope pour venir les voir. Tout se passe bien entre eux, jusqu'au soir où Harry ramène un tas d'amis et fait une fête dans la maison. Jean-Paul voit que Harry est toujours entiché de Marianne, et tente de la séduire à nouveau, de son côté, il commence à s'intéresser à Pénélope la fille d'Harry. Rentrant ivre après une sortie, Harry provoque Jean-Paul, qui le tue. Et dissimule sa mort en accident. Meurtre que Marianne couvrira à cause de ses sentiments pour Jean-Paul.

Critique :

Drôle de film, qui ne sait pas trop où il doit emmener son public. Clairement pas l'un des meilleurs Delon. Personnellement, je n'ai pas du tout accroché à l'intrigue, et j'avoue ne pas avoir totalement compris le pourquoi du comment. Réalisé par Jacques Deray (Flic Story, Trois Hommes à Abattre, Le Marginal) qui réalisera avec de nouveau Delon l'année suivante et Belmondo en vedettes : Borsalino. Delon commence à avoir un air mature, et n'a plus du tout le minois de jeune premier du début de sa carrière, il fait désormais vraiment homme adulte. Son jeu, froid, est toujours aussi implacable à l'écran, et même si une fois encore ici cela correspond parfaitement à son rôle, on aurait aimé tout de même voir un peu plus d'émotions. Après tout, son personnage, est censé avoir été dépressif, avoir tenté de se suicider...

Delon aurait donc dû montrer un homme un peu plus marqué par les épreuves qu'il a subi dans sa vie, mais bon. Romy Schneider (Le Cardinal, Qui ?, Le Vieux Fusil) est très loin de son rôle de Sissi, et pour ceux qui souhaitent voir son anatomie, ils en seront satisfait par ce film. On ne sait pas trop d'ailleurs, si ce film est fait pour nous montrer Romy à moitié nue, ou pour nous montrer les retrouvailles avec Delon dont elle était la compagne quelques années auparavant. Même si elle se rattrape dans la dernière partie du film, on ne peut pas dire que sa prestation restera dans les mémoires.

Pas plus d'ailleurs, que celle de Jane Birkin (Le Mouton Enragé, L'Animal, La Tête de Maman) que je n'ai jamais apprécié ni en tant qu'actrice, ni en tant que chanteuse non plus d'ailleurs. Déjà l'amie de Serge Gainsbourg à cette époque, elle fait ici ses débuts au cinéma, cela peut aussi expliquer qu'elle ne connaisse pas encore tous les rouages de son métier. Maurice Ronet (La Femme Ecarlate, Le Diable dans la Tête, Mort d'un Pourri) qui retrouve à nouveau son grand ami Alain Delon après Plein Soleil, se fait une fois encore tué par lui à l'écran ici et encore avec une histoire d'eau. Ronet, lui, s'en sort assez bien avec son rôle de 'connard' fini et on a qu'une envie c'est de le baffer. Ceci dit, on comprend tout de même difficilement pourquoi Jean-Paul tue Harry : parce qu'il allait lui enlever sa fille en partant le lendemain matin ? Pourtant en voyant le film, on a surtout l'impression que Jean-Paul ne voit que Marianne et qu'il n'attend qu'une chose, c'est que Harry s'en aille justement. Après Jean-Paul s'explique auprès de Marianne : un coup de folie, mais c'est quand même un peu gros.

On termine ce huis clos avec Paul Crauchet (Ho !, Le Témoin, Liste Noire) dans le rôle d'un flic très poli et doux, il se doute que la mort de Harry n'est pas un suicide, mais sans preuves il ne peut rien faire. On a aussi l'impression qu'il ne cherche pas vraiment à brusquer ses suspects pour les faire avouer, là encore drôle de personnage pour un drôle de film. Mis à part la maison et la piscine, il y a très peu d'autres lieux, juste un ou deux dans un magasin, etc. mais rien de bien mémorable. Cependant la technique et la façon de filmer est maîtrisée.

Le gros défaut du film sont ses longueurs, le téléspectateur attend qu'il se passe quelque chose, que ça bouge, bref qu'on sorte un peu de cette catatonie, mais hélas ce moment ne vient pas. Et ce n'est pas la poitrine de Romy Schneider qui fera oublier cela. D'ailleurs, personnellement, je trouve qu'on se focalise et qu'on abuse un peu trop des plans sur son anatomie, comme celui où elle apporte le petit déjeuner à Jean-Paul en chemise, culotte et qu'on fait un plan bien visible sur son derrière. Mais bref, la musique de Michel Legrand (Peau D'Âne, Le Cave se Rebiffe, Un Homme est Mort) si elle est dans l'air du temps de ces années-là, fait maintenant un peu désuète, et ne laisse pas un souvenir impérissable elle non plus.

Pour certains, La Piscine est un film culte, personnellement je ne le mettrai pas dans les indispensables de la filmothèque de Delon, mais c'est avis bien personnel. Cela ne l'empêchera pas de bien fonctionner à sa sortie avec plus de 2.3 millions d'entrées en France au final, il fera un peu plus de 50 000 entrées en Belgique, fera un peu plus de 2.8 millions d'entrées en Italie, et plus de 1.7 millions d'entrées en Espagne. Aux USA, il fera un four et ne rapportera qu'à peine 30 000$. C'est mieux que rien.

Anecdotes :

  • Alain Delon qui n'avait pas enchaîné de vrai succès au cinéma depuis quelques temps, et son dernier film Adieu L'Ami n'étant pas encore sorti au moment du tournage de La Piscine. Delon ne voulut prendre aucun risque sur ce film. C'est ainsi qu'il demanda à ce que ce soit Romy Schneider qui soit absolument sa partenaire à l'écran. Adieu L'Ami sortira juste à la fin du tournage de La Piscine et sera le succès qu'on lui connaît.

  • Le film sortit en Janvier 1969 pour éviter au maximum d'être confronté à d'autres grosses productions. Étaient sortis en décembre 1968 : Le Gendarme se Marie et Le Livre de la Jungle, et en février 1969 sortait Le Cerveau avec Bourvil et Belmondo. On peut dire, que les producteurs ont eu du flair de le sortir à cette date. Ceci permettra au film de réaliser le bon score qu'on lui connaît.

Retour à l'index