Diaboliquement vôtre (1967)La Piscine (1969)

Saga Alain Delon

Adieu l'ami (1968)


ADIEU L'AMI

Résumé :

Le docteur Dino Barran médecin militaire démobilisé, se voit aborder par une jeune femme, Isabelle Moreau, qui connaissait un certain Mozart, compagnon dans la même unité que Barran. Elle lui demande son aide pour remettre dans un coffre-fort, des titres au porteur qu'elle a dérobé à sa société pour un montant de 5 millions de francs. Barran accepte, et se fait embaucher comme médecin du travail qui fait passer la visite médicale annuelle des employés. La salle du coffre étant juste à côté de la salle de consultation. Mais Barran découvre également que 200 millions de francs seront stockés les 3 jours des fêtes de noël. Il n'a que 3 chiffres sur les 7 de la combinaison du coffre, mais Barran se laisse tout de même enfermer dans l'usine. Malheureusement, Franz Propp, un militaire qui ne lâchait pas se retrouve lui aussi enfermé avec Barran. Mais lorsqu'ils ouvrent le coffre, ils se rendent compte qu'il est totalement vide. C'est un coup monté, et ils se retrouvent enfermés. Réussissant à sortir avant d'être pris par la police, Barran recherche alors Isabelle sans se douter que la situation est plus trouble qu'il n'y paraît.

Critique :

Un autre film, où Alain Delon doit à nouveau déjouer une machination, après Diaboliquement Vôtre. Cette fois-ci c'est Jean Herman (Flic ou Voyou, Le Guignolo, Le Marginal) que l'on trouve à la réalisation de ce film tout en couleurs. Que l'on connaît surtout pour ses scénarios sur certains meilleurs films de Belmondo. Alain Delon a cette fois-ci un acteur d'une sacrée trempe en face de lui, puisqu'il ne s'agit ni plus ni moins que de Charles Bronson (Un Justicier dans la Ville, Les Douze Salopards, Les Sept Mercenaires) qui tournera juste après Adieu L'Ami, le film qui le révélera aux français : Il était une fois dans l'Ouest. Très grand acteur, que personnellement j'aime beaucoup, et qui est surtout connu pour la saga du Justicier et son rôle de Paul Kersey. Viennent pour compléter la distribution : Bernard Fresson (Espion Lève-toi, Réveillon Chez Bob, Place Vendôme) notre Jo Gaillard national, dans le rôle d'un flic honnête qui cherchera surtout à trouver la vérité, plutôt que de passer spécialement des menottes au premier suspect venu.

Pour le côté féminin, c'est la très jolie Brigitte Fossey (Les Valseuses, Jeux Interdits, La Boum) qui a un petit rôle mais assez important tout de même, son personnage étant une des clés du film. Sa façon de jouer n'est pas encore très professionnelle, on la sent un peu hésitante, voir timide, elle deviendra une meilleure actrice les années suivantes.

Vient ensuite Olga Georges-Picot (Je T'aime Je T'aime, Un Corps Une Nuit, La Cavale) dont je trouve que c'est une grossière erreur de casting : l'actrice n'a pas eu une grande carrière, et pour cause, de mon point de vue c'est une très mauvaise comédienne. Je l'avais, personnellement, découverte dans un épisode de la série Commissaire Moulin de 1976 (l'épisode intitulé Fausse Note) et où j'avais trouvé que sa prestation était juste une horreur télévisuelle. Je trouve que c'est actrice transparente, sans aucun charisme et qui s'efface dès qu'il y a quelqu'un d'autre à l'écran, et pour finir le tout qui joue sans grande conviction ses personnages : en tous cas c'est l'impression qu'elle donne et ressentie pour moi à l'écran.

Delon, lui, jouant dans ce film de façon froide, et qui est pour moi sa marque de fabrique. Herman nous emmène donc dans une machination, si au départ, on ne comprend pas trop où il veut nous emmener, une fois le coffre-fort ouvert on comprend immédiatement, et on sait qui sont les responsables là aussi très très vite, il suffit d'être un peu observateur. Notamment lors de la scène où Franz Propp rentre dans la société lorsque l'alarme s'est déclenchée, avant qu'il se retrouve enfermé avec Barran. Et de bien regarder qui il croise à ce même moment sur le parking et qui sort en 4ème vitesse !

Dès lors, toutes les clés du film sont tombées, et nous sommes pourtant encore loin de la fin (le film dure 1H50). Peu de tournages en extérieur, et les lieux choisis ne sont vraiment pas mémorable, tout comme la qualité technique du film : les 'cuts' sont parfois un peu secs, et ce n'est pas toujours bien filmé. L'image n'a rien d'extraordinaire, ni les plans caméras assez habituels et factuels. C'est donc en majorité un huis clos, et c'est parfois un peu longuet, notamment la séquence (trop longue !) d'essais des combinaisons pour ouvrir le coffre. On aurait pu la raccourcir sans problème, personne n'aurait été contre.  Il y aussi une scène un peu dérangeante, de la jeune femme emmenée devant des hommes pour être traitée comme un objet sexuel, et permettre à Propp de se faire de l'argent. Le final n'est pas non plus exceptionnel.

Film moyen donc, c'est à nouveau François de Roubaix que nous retrouvons pour la musique : une bo somme toute qui à l'air très réussie, hélas on ne l'entend pas pendant toute la durée du film, vous n'aurez qu'un échantillon au début et en fin de celui-ci. Dommage. Le film fonctionnera pas mal en France avec un peu plus de 2.6 millions d'entrées, un peu plus de 882 milles entrées en Espagne et fera un carton en Italie avec presque 3.8 millions d'entrées. Il rapportera 900 milles dollars en entrées aux USA. Il n'est pas indispensable de l'avoir dans sa filmothèque de Delon.

Anecdotes :

  • C'est au départ France Gall qui était choisie pour jouer le rôle de Brigitte Fossey. Mais France Gall avait horreur d'être devant une caméra (elle raconta plusieurs fois les difficultés qu'elle avait, lorsqu'il fallait faire les clips de ses chansons) et refusa le rôle. Elle pris pour prétexte qu'elle était fiancée à l'époque et qu'elle ne pouvait pas embrasser un homme à l'écran. Elle dira plus tard son regret d'avoir refusé car il fallait embrasser Alain Delon, un des hommes les plus beaux qu'elle ai rencontré.

  • Alain Delon, joua la 'vedette' et poussa un coup de gueule, lorsqu'il apprit que l'acteur qui était choisi pour incarner l'inspecteur Meloutis était un ami de l'auteur du livre dont est tirée l'histoire, et que ce fameux auteur, Sébastien Japrisot, lui dédiait le film. Delon menaça de ne pas faire le film, si Jean Gaven, était dedans et que le film lui était dédié : Delon craignait que cela ne lui fasse de l'ombre. La production remplaça alors Jean Gaven par Bernard Fresson, mais lui paya tout de même son cachet.

  • Le film sorti en Belgique en même temps que Ho ! avec Jean-Paul Belmondo. C'est notre Bebel national qui gagna la partie, et Adieu L'ami fini à la seconde place du top hebdomadaire Belge.

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