Le Samouraï (1967)Adieu l'ami (1968)

Saga Alain Delon

Diaboliquement vôtre (1967)


DIABOLIQUEMENT VÔTRE

Résumé :

Un homme après avoir eu un grave accident de voiture, se réveille à l'hôpital. Peu de temps après, sa femme vient le voir : il se nomme Georges Campo. Mais George est amnésique et ne reconnaît ni sa femme, ni sa maison, il ne se souvient de pas grand-chose. Mais plus le temps passe, et plus George trouve qu'il y a quelque chose d'étrange. Des souvenirs commencent à revenir, et il s'appellerait Pierre Lagrange. De plus, il a l'impression d'être retenu prisonnier. Jusqu'à ce qu'il découvre un cadavre dans le jardin de la propriété, et surtout la vérité qui lui est révélée par Christiane, sa soi-disante femme. Georges Campo le mari de Christiane a été tué par son amant, Frédéric, et ils ont recruté Pierre Lagrange pour prendre sa place et avoir un cadavre propre. Mais ne supportant l'idée que Christiane ait couché avec Pierre, Frédéric commence à la frapper et Kiem le valet intervient et le tue. Christiane tue alors Frédéric et veut faire croire à un double meurtre. Mais cela ne se passera pas comme prévu.

Critique :

Pas extraordinaire comme film. Et pourtant, il y avait un vrai potentiel, malheureusement le tout se noie dans des longueurs et c'est à travers une mise en scène laborieuse qui nous emmène sur un final, qui au final nous laisse sur notre faim, le film se terminant sur un non-dit. Que le déroulement de celui-ci se trouve raté. Réalisé par Julien Duvivier (Le Petit Monde de Don Camillo, Voici le Temps des Assassins, La Grande Vie) on ne peut pas dire que ce soit un film particulièrement réussi. On sent que le réalisateur a voulu créer une identité et une ambiance à son film grâce à ce huis clos de près d'une et demie, mais malheureusement il n'y est pas parvenu, en tous cas le résultat passe assez mal à l'écran.

Il n'y a pas de problème côté technique : l'image est correcte (on retrouve Henri Decaë un pro de l'image aux manettes), il y a des jolis plans : comme par exemple lorsque George Campo réussi enfin à sortir quelques minutes de sa propriété et que son ami Frédéric le rattrape sur la petite route de campagne déserte. On sent l'isolement de George, et avec un temps gris, cela donne une jolie image. C'est plus le côté mise en scène qui pêche un peu : entre les longueurs, les surprises qui ne sont pas vraiment des surprises car c'est mal amené et cousu de fil blanc, le film s'enfonce rapidement dans l'ennui. Bref on pouvait vraiment mieux faire sur le sujet, c'est dommage.

Le final étant d'un rare ratage à l'écran, la femme de Georges/Pierre tue deux hommes sous ses yeux sans que celui-ci branche ou ne s'inquiète pour sa santé : seul son appel à la police l'obsède. Alain Delon est à l'image du film, vraiment pas extraordinaire : ce n'est parce que il est grossier et lance des injures toutes les 5mn, que cela valorise son rôle ou son personnage. On sent le comédien plutôt détaché de son personnage et pas vraiment impliqué dans le film. Pour le personnage de Christiane, interprété par la très jolie Senta Berger une actrice autrichienne qui se distinguera surtout dans les séries télévisées américaines (Des Agents Très Spéciaux, Opération Vol, Rex Chien Flic) et des téléfilms allemands. Son jeu se joue surtout sur l'exploitation de sa jolie plastique qu'on découvre plus ou moins sous un déshabillé transparent ou une courte nuisette, vous n'aurez rien de plus, mais elle aussi ne laissera pas un souvenir impérissable.

Pas plus que Sergio Fantoni (Pas de Lauriers pour les Tueurs, Le Jour le plus Court, La Fureur d'un Flic) dans le rôle du faux ami de Pierre Lagrange et amant de Christiane qui fou de jalousie à l'idée qu'elle ai couché avec Pierre deviendra violent avec elle et finira par se faire tuer par son rival envers elle. Il faut dire que les courtes apparitions de l'acteur dans le film n'aident pas non plus à avoir une grande présence à l'écran, mais bon . Son rival, qui n'est autre que Kiem, joué par Peter Mosbacher (Filles de Proie, Le 20 Juillet, Liane La Sauvageonne) dans le rôle du valet amoureux de sa maîtresse et fétichiste à ses heures perdues.

Mais là aussi, si au début du film on peut imaginer qu'il pourrait être le cerveau de l'affaire avec par exemple Frédéric et que les deux hommes auraient la main mise sur la jolie Christiane et de ce fait l'obligent à jouer ce rôle avec Pierre, il n'en ai rien et le personnage de Kiem est aussi plat qu'un filet de limande. Nous avons également une petite apparition de Claude Piéplu (Hibernatus, La Moutarde me monte au Nez, L'Apprenti Salaud) la célèbre voix des Shadoks, mais là encore rien de mémorable. Le film s'embourbant assez rapidement dans une intrigue mal ficelée, qui dure trop longtemps.

Même pour la musique, François de Roubaix parvient à nous faire une de ses plus mauvaises compositions pour un film. Un comble. Seul le générique en images de début est original : assez rapide, il nous montre à la première personne l'accident de Pierre. Sorti de cela, le film n'est clairement pas un hit. Le film marchera moyennement en France : un peu plus de 836 milles entrées, fera près de 920 milles entrées en Espagne, et un peu plus de 1.6 millions d'entrées en Italie avec laquelle le film est coproduit. Le film n'est vraiment pas indispensable dans sa filmothèque de Delon. Un sujet avec du potentiel mal emmené et raté à l'écran, je le répète : c'est dommage.

Anecdotes :

  • Julien Duvivier commença le montage du film avant de se tuer dans un accident de voiture en octobre 1967. Le film ne fera même pas un carton au box-office pour lui rendre hommage. On ne peut que constater l'ironie que son dernier film traitait lui aussi d'un accident de voiture dans le scénario.

  • Le tournage de Diaboliquement Vôtre fut relativement court, car le film devait sortir quelques semaines après la fin de celui-ci.

  • Le film est sorti au même moment que Les Grandes Vacances, Astérix, Les 12 Salopards, Symphonie pour un Massacre, Playtime et 7 Écossais Explosent. Il se fera d'ailleurs battre au box-office par ce dernier également.

Retour à l'index