saison 3 saison 5

The Closer: L.A. enquêtes prioritaires

Saison 5


1. AU NOM DE LA FAMILLE
(PRODUCTS OF DISCOVERY)



L'équipe enquête sur un quadruple meurtre au sein d'une famille et suspecte le seul rescapé, le mari, Victor Rivera. Mais les meurtriers ne se sont-ils pas tout simplement trompés d'adresse lors de ce carnage ?

Pour commencer cette saison 5, mauvaise nouvelle, Gina Ravera (Irene Daniels) a quitté la série.

La série nous a habitué à des intrigues noires et pessimistes, mais celle-là est encore un cran au-dessus. Une famille de quatre personnes est tuée. Le seul rescapé, Victor Rivera (Lombardo Boyar, que l'on a revu depuis dans "La planète des singes, l'affrontement"), était absent. Il s'est déjà livré à des violences sur sa famille par le passé, et il a une liaison à laquelle il vient de mettre fin. Il est le principal suspect au début de l'histoire. C'est le lieutenant Provenza qui met Brenda sur une autre piste en se trompant d'adresse de lieu du crime.

Guerre des polices : lorsque Provenza et Brenda veulent appréhender les suspects, des dealers, ils se heurtent au détective Nick Carey (Lee Tergesen) qui refuse au début de coopérer, venant de les coffrer. Rosie Garcia, en Dina Lopez, femme enceinte mais meurtrière, fait une étonnante prestation. Adoptant la carte du réalisme, la série nous montre les abysses de l'âme humaine sans concession. L'affrontement entre Dina et Brenda lors de la scène finale d'interrogatoire est éprouvant pour les deux protagonistes. Les scènes d'intimité de Brenda et Fritz ne procurent qu'un léger répit à la tension ambiante. On passe chez Brenda sans transition de son enquête à son animal familier, le chat Kitty, dont la perte semble si dérisoire face aux drames qu'elle côtoie au quotidien.

L'épisode pêche un peu au niveau crédibilité quand, après nous avoir présenté le coupable idéal (Victor), on passe à un autre. On s'attarde aussi sur le personnage de Provenza, qui a quand même, c'est le moins que l'on puisse dire, fait preuve de légèreté dans l'enquête.

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2. LE PRIX DU SANG
(BLOOD MONEY)

Un nommé Allan Summers a disparu et une rançon est demandée. Mais l’homme avait tout intérêt à s’éclipser après avoir escroqué de nombreuses personnes.

Arrivée de la jolie Paola Turbey dans le rôle de Mikki Mendoza qui intègre l’équipe, hélas, elle ne restera que le temps de trois épisodes. On a cru tenir la remplaçante de Gina Ravera. Et dans cette enquête, Mikki s’éclipse bien trop rapidement.

On retrouve dans cet opus un visage familier, Miguel Sandoval, qui fut le procureur Devalos dans « Médium ». Ici, il est le chauffeur du disparu, un certain Mario Gomez. Sandoval est toujours aussi talentueux et il intervient  vers la fin de l’intrigue.

L’épisode alterne les scènes de l’enquête (on retrouve du sang dans la voiture de Summers) avec l’évolution de la maladie de Kitty, le chat de Brenda. Il est un peu surréaliste cependant qu’elle fasse des perfusions à l’animal en plein commissariat. A certains moments, Fritz, le mari de Brenda, est là à la fois pour l’aspect FBI de l’enlèvement, mais aussi pour aider Brenda à soigner l’animal.

Au lieu de porter une aide à la famille, Brenda semble à la fois soupçonner l’épouse Mary (Debra Monk) et le fils Adam (Kaj Erik Eriksen). L’épisode possède le suspense habituel des affaires d’enlèvement.

On apprécie que cet opus sorte du canevas habituel de la série, mais habituellement il est question de meurtres et non de kidnappings. Les démonstrations/reconstitutions de Tao sont un peu  longues et extravagantes. On préférera l’attitude plus classique du sergent Gabriel lorsqu’il passe au tableau pour expliquer le montant assez bizarre de la rançon (1 190 476 dollars et 19 cents).

On se régale avec l’arrestation musclée par Mikki Mendoza de Gomez. Mais une fois de plus, les scènes dédiées à Paola Turbey sont trop courtes. Sans révéler la fin, Miguel Sandoval nous fait complètement oublier qu’il est l’un des héros de « Médium » et  montre l’étendue de sa palette de comédien, ce qu’il n’avait pas pu faire dans une autre série, « Alias ».

A la différence des autres épisodes, il y a une « chute », que bien entendu il n’est pas question de révéler. On apprécie les innovations apportées pour briser la routine des interrogatoires/confrontations de la série.

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3. RUBAN ROUGE
(RED TAPE)

Le sergent Gabriel est dans un bar avec Taylor. Ils évoquent la promotion d’Irène qui est partie. Des coups de feu retentissent dehors, Daniels se précipite, abat un suspect et se retrouve dans l’embarras car l’homme n’était pas armé.

Cet épisode nous montre Brenda voulant sauver Daniels des bœuf-carottes, en l’occurrence du capitaine Sharon Raydor (Mary Mc Donnell). Ce personnage deviendra à partir de 2012 le héros du spin off « Major Crimes ». Paola Turbey, elle, a déjà déserté (elle reviendra dans l’épisode 7 de la saison).  Bonne comédienne mais loin d’être une beauté, Kyra Sedgwick n’a rien à craindre de l’arrivée de la nouvelle. On ne soupçonnera pas les fans de « The closer » de regarder la série pour la beauté des actrices. Les femmes de pouvoir ici ne sont pas aussi des bimbos.

La caméra n’est guère complaisante pour Brenda/Kyra dans la scène de brain storming où elle enlève ses chaussures et se masse discrètement les pieds. A la morgue (et en général dans ce type de scènes), Brenda a toujours l’air de se demander ce qu’elle fait là, sauf que ce qui était drôle avec le lieutenant Columbo tiendrait plutôt ici du comique involontaire. Heureusement, l’équipe hétéroclite avec ses personnages pittoresques (Tao, Provenza) relève le niveau et l’attention, la scène suivante sur les lieux où Daniels a tué le suspect permettant à chaque membre de l’équipe de tirer son épingle du jeu. Mais avec une mention spéciale à Tao qui arrive toujours à se distinguer. Au hasard d’une scène, on retrouve une tête connue, Ed’O Ross de « L’arme fatale » et « Double détente », une « gueule », dans le rôle d’un voisin.

Kyra Sedgwick parvient à réaliser une prouesse de jeu ensuite, passant d’une scène où elle interroge sur un lit d’hôpital un suspect avec une férocité que n’aurait pas désavoué Jack Lord en McGarrett, pour passer dans la scène suivante aux larmes car Fritz lui donne des nouvelles alarmantes du chat.

Les scènes d’interrogatoires se passent ici dans une chambre d’hôpital et non au commissariat. Ce qui n’enlève rien à la pugnacité de Brenda. Notons quand même que l’artifice qui lui permet à deux reprises d’avoir accès à ladite chambre est une ficelle un peu grosse.

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4. COMME CHIEN ET CHAT
(WALKING BACK THE CAT)

Brenda doit enquêter sur la disparition d’un jeune gay, qu’elle retrouve à la morgue où il n’avait pas été identifié depuis plusieurs semaines.

Voilà un épisode qui multiplie les scènes de la vie privée de Brenda et Fritz, même si cela reste dans le cadre de l’enquête policière.

Il y a plusieurs invraisemblances dans l’épisode. L’affaire relève tout à la fois du LAPD et du FBI. Le fait que Brenda et Fritz appartiennent à chacune des organisations crée des conflits d’intérêt qui sont en contradiction avec la volonté de présenter une série réaliste. D’autre part, le couple est de plus en plus improbable. Comment les protagonistes peuvent-ils s’affronter, la vie professionnelle interférant sur la vie privée, et rester un couple uni ? On passe sur les scènes ridicules où Brenda trimballe les cendres de son chat Kitty à droite et à gauche, voire même à table au milieu de la nourriture, ce qui est peu ragoûtant. L’enquête multiplie les suspects (trois en l’occasion, avant de démasquer le coupable) mais les interventions de Fritz, qui dispose sur une clé USB du film d’une soirée « dance » de la victime et montre cela à son épouse, si elles font avancer l’enquête, rendent l’épisode de plus en plus improbable.

Provenza a une romance avec une jeunette, un canon nommé Lauren (Amy Hathaway), ce qui provoque des sourires laconiques auprès de l’équipe.

L’épisode nous permet de retrouver les scènes classiques d’interrogatoire, où LAPD et FBI vont se succéder. Jack Blessing, qui tient un rôle crucial, le père de la victime, se montre particulièrement convaincant dans l’interprétation. Les autres invitées vedettes sont plus classiques, le petit ami de la victime, Travis Myers (Barrett Foa) est très prévisible dans son rôle.

Kyra Sedgwick est souvent dans le registre de l’hystérie, mais sait se montrer humaine comme dans la scène finale avec Travis.

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5. LE SENS DE LA MORT
(HALF LOAD)

Cet épisode fait référence au  03-02 « Au nom des siens » où l’on retrouve le personnage du père Jack.

Un ancien délinquant, Reggie, est assassiné. Il faisait partie de la communauté du prêtre irlandais des délinquants, le père Jack. Brenda, chargée de l’enquête, pense qu’il a été tué par erreur.

Cette-fois, place à l’intrigue policière et donc présence moindre dans l’ensemble de scènes de vie privée de l’héroïne si l’on excepte une discussion de fond avec Fritz. Si l’on reconnaît immédiatement  Mark Rolston en père Jack, il faut en fait faire abstraction de « The Closer » : il incarnait Donald Lucas, le premier et faux « Jack de tous les coups » dans la série « Profiler ». Il n’apparaît ici qu’au début et à la fin de l’épisode.

On retrouve les scènes d’affrontement marathon dans le commissariat, ici non pas face à un mais quatre suspects. Episode typiquement américain avec une communauté qui reproche à la police de ne pas assez la protéger, mais aussi des signes de l’importance de la religion aux USA. Par exemple, ce plan fixe où Brenda regarde une église. Le monologue plaidoyer de la mère de la victime, Mrs Gray (Deborah Lacey) est le grand moment d’émotion de l’opus, avec  également les policiers de l’équipe qui mettent la main à la pâte pour effacer les graffitis, Brenda s’y collant en dernier sous l’œil moqueur de Flynn.

Les techniques modernes pour déterminer l’angle de tir mettent Brenda sur la piste. Le premier suspect est un latino, Tommy Martinez (Jeremy Ray Valdez). C’est ce dernier qui leur parle de Kelvin Blake (Don Franklin) avec laquelle Brenda se confronte. On note que dans le premier interrogatoire, c’est le détective Sanchez qui prête main forte à l’enquêtrice face à un suspect latino, tandis qu’ensuite, le sergent Daniels fait de même avec le black  Kelvin Blake. Enfin, deux derniers gangsters sont interrogés, Alonso Garcia (Joseph Julian Soria) et Enrique Santos (Jose Pablo Cantillo), des voleurs, des « irrécupérables ». De fil en aiguille, les pièces du puzzle se mettent en place grâce aux témoignages de Tommy et Kelvin. Les acteurs ont ici les têtes de l’emploi, des « gueules », des tueurs plus vrais que nature.

On préférera ce genre d’intrigue à celles qui portent trop sur la vie privée de Brenda et Fritz.

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6. ÉLIMINATOIRES
(TAPPED OUT)

Le chef Pope décide de revenir le temps d’une enquête simple policier de terrain. Mark Bernstein, une star des médias, est retrouvé mort dans un parking. C’était l’animateur d’un site sur la séduction.

Le premier plan n’est guère glamour, Provenza en train de manger (plutôt de se bâfrer) avec Flynn dans un snack. Les séries policières des années 2000 sont identifiables à la première image et nulle comparaison n’est possible avec « Kojak » ou « Les rues de San Francisco ».

On doit d’abord faire avec une femme hystérique Mary Morgan (Erica Piccininni) dernière conquête du mort, puis un faux détective (Dick Tracy !). Quant à la victime, Sanchez en avait entendu parler. Il donnait des « conseils de séduction ».

La première impression sur l’épisode est mauvaise tant l’intrigue semble saugrenue et tirée par les cheveux. On interroge le frère de la victime, Ken (Peter Birkenhead). Après les bas fonds, c’est dans la haute société que l’équipe évolue ici. Un piège est tendu au mythomane faux policier, interprété par Andrew Daly. Ce dernier a raté trois fois le concours d’entrée au LAPD.

La présence de Fritz est ici justifiée par le fait que trois ans auparavant, le FBI a enquêté sur Mark Bernstein.

Les personnages sont caricaturaux et extravagants et jamais l’adhésion du téléspectateur n’est possible. Dick Tracy s’appelle en réalité Jonathan Baird et – c’est le personnage qui l’y oblige- l’acteur Andrew Daly cabotine en permanence. Il y a un aspect surréaliste de la voir faire la leçon à l’équipe lors du débriefing. Seul Fritz semble s’amuser de la situation.

A partir d’un scénario bancal, le ratage devient inévitable. On peut dire que le chef Pope a été gâté pour son retour aux sources de policier lambda ! Les vidéos montrant les leçons de séduction données par la victime sont un autre moment de surréalisme et de ridicule.

La série « LA Enquêtes prioritaires » supporte mal les changements de ton et surtout l’humour au premier degré.

Brenda n’aura même pas besoin de ses techniques d’interrogatoire pour confondre le coupable qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe en fin d’épisode. Le scénariste croit avoir apporté de la fantaisie, mais c’est en fait un ratage total. Il n’y a pas l’aspect « documentaire » que la série avait adopté jusqu’ici, et l’ensemble sombre dans l’ennui.

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7. MORTS EN SERVICE
(STRIKE THREE)

Une patrouille aérienne nocturne de police découvre un carnage : deux policiers, Mike Stern et Enrique Duran, assassinés devant leur véhicule, et un peu plus loin le corps d’un jeune homme, Kevin Weber. C’est l’œuvre d’un groupe de néo-nazis.

Superbe épisode, malgré que l’on ait sacrifié la deuxième apparition de Mikki Mendoza/Paola Turbay  à deux scènes seulement : l’une où avec Sanchez, elle est déguisée en femme enceinte pour surveiller des suspects, et l’autre lors d’une arrestation musclée. Après le départ de Gina Ravera, on a l’impression que l’on n’aime pas les jolies filles dans la série.

Mauvaise surprise : le retour de l’affreuse et revêche Sharon Raydor. Non seulement elle n’a aucun droit de mener cette enquête, mais elle s’incruste et fait ce qu’elle veut au grand dam de Brenda.

Il apparaît très vite que Kevin Weber était un adolescent néo-nazi et c’est dans ce sens que l’enquête se dirige. Après une fausse piste constituée par le tatoueur (Ray Porter, très convaincant), c’est vers deux sinistres individus que l’on tombe : Kretchner (Richard Tyson), sorte de gros beauf yankee mais typiquement sadique et nazi, et le plus frêle mais pas moins dangereux Stomper (Derek Phillips). Le premier va manquer étrangler le second alors qu’ils sont en captivité, et l’on note la passivité des policiers qui prennent tout leur temps pour intervenir – on ne les blâme pas – tant ces individus sont méprisables. La chambre de l’ado tué avait au plafond une immense croix gammée, et la mère de ce dernier s’insurge qu’un « mexicain » (en l’occurrence Sanchez) ait pénétré dans sa maison.

Sharon Raydor est horripilante. Son personnage agace autant Brenda que le téléspectateur. Dans une scène, elle pousse à bout l’héroïne qui se réfugie dans son bureau. Richard Tyson fait une étonnante performance (j’ai eu du mal à trouver son nom, il n’est pas crédité sur IMDB) et lorsque les policiers fouillent sa maison et que l’on voit « chien dangereux », on se dit qu’étant lui-même un bouledogue humain, il n’a pas besoin de la race canine pour se protéger, il est même sûrement plus féroce.

Le final de l’épisode nous montre toute l’équipe en uniforme pour se rendre à l’enterrement des deux policiers, avec un gros plan sur le drapeau américain. C’est bien joué, jamais outrancier, et si « The Closer » existait aujourd’hui, on pense qu’il aurait fallu le même épisode sur les agents de l’état islamique.

Brenda sans scrupules déchire la photo de Kevin (l’adolescent nazi tué) et montre son émotion – sans trop en rajouter – face aux photos des deux jeunes policiers morts.

Fritz tout comme les scènes domestiques sont absents de l’épisode.

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8. AFFAIRES CLASSÉES
(ELYSIAN FIELDS)

Brenda enquête sur la mort d’un présumé tueur en série qui a été torturé et dont les corps des victimes, deux jeunes femmes, n’ont pas été retrouvés.

A noter : « The closer » étant une série/feuilleton, il est conseillé de voir cet épisode après le 04.13 « Une défense imparable », et d’enchaîner ensuite avec les 07.16 « Intime conviction » et enfin le final de la série, le 07-21 « Le dernier mot ». Mc Garrett avait Wo Fat, James Bond son Blofeld, Lily Rush son George Marks, et donc l’ennemi récurrent de Brenda Johnson est l’avocat violeur Philip Stroh.

Episode passionnant dès le prologue où l’on se croit avec Julie James jouant à un cache-cache mortel dans son appartement avec le pêcheur dans  les deux « Souviens-toi l’été dernier ». Il s’agit en fait d’un cauchemar de Brenda, mais révélateur de l’ambiance de l’enquête qui l’attend.

Il y a 19 ans, en 1990, deux jeunes femmes, Katie West et Dana Clarkson, ont disparu. Le policier chargé de l’enquête n’a pu coincer le coupable et il a à présent à la retraite. Mais il continue d’entretenir des relations avec les familles des victimes et a juré de coincer le meurtrier.

Ce policier, Joey O’lin est incarné par une tête bien connue, Tom Skerritt (« Alien » et « Un drôle de shérif/la ville du grand secret »).  Il dispute ici à Brenda une enquête dont il estime avoir la responsabilité mais c’est grâce à lui que l’on retrouvera les corps des deux filles. On n’a aucune compassion pour le meurtrier Howie  Greeson qui n’a eu qu’un châtiment mérité, même s’il a été mis sous morphine pour que son calvaire dure plus longtemps avant d’être tué de deux balles dans la tête. Les familles des victimes sont suspectées, et Brenda interroge longuement le frère de Katie West , Todd (Myk Watford). Brenda est furieuse que O’lin se soit permis de prévenir les familles des victimes avant elle.

Durant tous les épisodes, l’ancien flic marche sur les plates bandes de l’équipe de Brenda. Flynn, qui a suivi la première enquête il y a 19 ans, ne partage pas l’agacement de Brenda.

Cet épisode est passionnant d’un bout à l’autre, tout en abordant plusieurs thèmes : la justice expéditive, les coupables impunis, les enquêtes non résolues et les lacunes de la justice, avec en fil rouge l’ennemi machiavélique de Brenda,  Philip Stroh, qui n’intervient pas dans l’épisode en dehors d’un flash back et de sa photo que Brenda garde dans son tiroir. Grâce à la performance de Tom Skerritt, l’épisode est un ton au-dessus des autres, tandis que le jeu de Kyra Sedgwick, moins hystérique, est parfait de justesse.

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9. MÉDECINE PARALLÈLE
(
IDENTITY THEFT) 

Alors que sa mère débarque avec sa nièce Charlie, Brenda doit aider le lieutenant Tao qui dans une enquête est persuadé que le père s’accuse à la place du fils.

En 1975, le comédien Bruce Davison m’avait traumatisé en jouant l’assassin de la fiancée du héros dans la courte série western « Hec Ramsey » avec Richard Boone : épisode « Le mystère de la plume verte ». Tant de temps a passé depuis qu'en 2009, il est méconnaissable.

Ici, il est le père d’un enfant attardé mental, dont Tao pense qu’il s’accuse à sa place du crime d’un médecin, Keith Milano, qui a été étranglé.

Dès le début, j’ai trouvé l’épisode insupportable. D’abord, au mépris de toute crédibilité, la nièce de Brenda, Charlie (Sosie Bacon), plutôt délurée, assiste aux interrogatoires menés par sa tante. Au nom de quelle déontologie dans une série réaliste un commissariat est-il un lieu où l'on vient en familier ? Ensuite, nous voyons un défilé de coupables potentiels tiré par les cheveux. Cela commence par l’interrogatoire du fils, James (Michael Arden), très soft, car il s’agit d’un handicapé mental, et il attire la compassion de Brenda.  Ce qui ne doit pas nous faire oublier que pour la justice américaine, un malade mental est un justiciable (certains ont subi la peine capitale).

Puis l’épouse de la victime, Robin Milano (Cynthia Watros). L’épisode est imbuvable avec la présence de la mère de Brenda qui a décidé de s’incruster tout l’été (ce qui n’est pas du tout du goût du couple Howard – on continue d’appeler Brenda « Johnson » mais elle est mariée).

Le rythme est particulièrement lent et empesé. Les scènes mêlant enquête professionnelle et vie privée et familiale de l’héroïne se conjuguent mal. Sosie Bacon est particulièrement tête à claque. Autant l’épisode précédent était réussi et palpitant, autant celui-là est un ratage. Même Bruce Davison défend mal son personnage. On sauvera le jeu de l’actrice Cynthia Watros. Parmi la galerie des séquences atroces, la mère de Brenda qui tombe sur la photo de la jeune copine de Provenza.

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10. COMME UNE ODEUR DE MEURTRE
(SMELLS LIKE MURDER)

L’équipe reçoit un colis singulier : une cantine  qui était déposée dans une consigne depuis trois ans et contenant un corps en décomposition. Fritz découvre que Charlie se drogue.

Voilà une histoire de malle volante qui paraît bien mal agencée dans une série réaliste. Tout ici est loufoque. Le mobile du crime, que Brenda va découvrir en fouillant la boîte à gants de la voiture du mort, un certain Doug Courtney, tout à fait par hasard. Au milieu de cette enquête, avec une naïveté confondante, Brenda qui aime toujours autant les sucreries va manger sans broncher un « brownie » fait par sa nièce Charlie parfumé au… haschich. On devine la colère de Fritz quand il rentre et trouve sa femme dans un « état second ».

L’épisode est parsemé de personnages pittoresques, tel  ce médecin légiste grand et maigre, le docteur Terrence (Bob Clendenin, vu dans le reboot de « Star Trek » et dans « LA Confidential ») au coup duquel Brenda se jette quand il fait une trouvaille qui fait avancer l’enquête, devant un Provenza médusé. Les suspects défilent mais c’est une improbable histoire de loterie gagnante qui constitue le mobile du meurtrier. La jolie Scottie Thompson (Jeanne dans « NCIS ») fait une apparition mais trop brève, en ancienne petite amie du mort.

Un épisode en décalage total avec la série. Avec un peu plus de comédie, il aurait convenu à une autre série, mais pas du genre « Police procedural » sérieuse. Bonne nouvelle, on ne verra sans doute plus Charlie, l’insupportable gamine de 16 ans à laquelle Brenda semble trouver quelques excuses, ce qui n’est pas l’avis de Fritz et on le comprend.

J’ai trouvé cette-fois, mais on lui pardonnera vu l’ineptie du scénario, que Kyra Sedgwick jouait vraiment mal. Et malgré la présence de la mère de la victime, il ressort de cet opus une absence totale d’émotion. La fin avec la chasse nocturne au meurtrier a également quelque chose de décalé par rapport à l’ambiance de « The Closer ».

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11. L'INSTINCT MATERNEL
(MATERNAL INSTINCTS)

Brenda et sa nièce Charlie sont en voiture lorsque des coups de feu résonnent. Deux jeunes hommes à terre : l’un tué, l’autre ensanglanté, se cachant sous une voiture. L’enquête commence,  mais Charlie n’a pas fini de faire des siennes.

Beaucoup de larmes dans cet épisode qui m’a laissé de marbre, et pourtant je suis réceptif lorsque l’émotion est au rendez vous, comme à la fin de « Medium ». Mais là, tout est mal ficelé, mal joué, et on ressent un profond agacement.

Vous vous souvenez de Frances Malone/Heather Mc Comb, l’insupportable fille du co héros de « Profiler » joué par Robert Davi qui finissait par se faire tirer dessus par son rejeton ? Eh bien, Charlie/Sosie Bacon, qu’il va falloir encore supporter l’épisode suivant (et ensuite, ouf !) est exactement de la même eau, sauf que le jeu de l’actrice est exécrable. Quant à notre Brenda, elle fond en larmes parce-qu’un petit dealer à la gueule d’ange, Jake Burrell (Philip Ettinger, cheveux bouclés semblant sortir de « Hair », immense erreur de casting) vient de mourir à l’hôpital dans une chambre où la petite peste (Charlie) s’est précédemment faite passer pour sa sœur.

Tout est mal ficelé dans cet épisode. La meilleure scène est au début, lorsque Brenda n’annonce qu’à postériori, après avoir interrogé les parents, la mort de Thomas DeLeon, où l’on voit la colère et le désespoir surgir. C’est hélas le seul moment d’émotion pure de l’épisode. Après, nous avons droit à une scène où toute l’équipe de Brenda espionne Jake en direct, tandis que la petite peste de nièce lui parle. C’est grotesque.

Le scénario de Leo Geter est à jeter à la poubelle. La conclusion d’ailleurs qui nous entraîne loin des protagonistes du début (Burrell était en fait la cible du tueur) est misérabiliste.  On confond ici sensibilité et sensiblerie, et la scène où Provenza « soutient » Brenda après la mort de Burrell est d’une mièvrerie totale.

On a du mal à croire au revirement de Fritz envers Charlie. A la fin de l’épisode précédent, il semblait avoir une fois pour toutes jugé la nièce de son épouse. En oncle consolateur, il est bien improbable.

Voilà un épisode improductif, qui ferait fuir le téléspectateur qui commencerait par celui-là, à l'inverse de "Le sens de la mort" où au moins les délinquants avaient la tête de l'emploi, et où tout semblait juste.

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12. REFUS D'EXTRADITION
(WAIVERS OF EXTRADITION)

Une jeune femme est tuée la nuit au bord d’une piscine. Après avoir brièvement soupçonné le mari, Brenda comprend qu’elle a été la victime d’un tueur en série texan déguisé en ninja. Le père de Brenda est venu chercher Charlie.

Depuis la diffusion de cet épisode, le comédien Xander Berkerley qui incarne le détective texan Curt Landry a acquis la célébrité comme l’un des plus célèbres tueurs du petit écran, John le rouge, l’assassin de la femme et de la fille du « Mentalist » Patrick Jane.

Comme dans « Mentalist », Bekerley était le shérif Mc Allister (alias John le rouge), on n’est pas surpris de le retrouver ici en policier texan, avec chapeau et folklore. Il semble sorti de la série « Dallas ». Si ce n’était la présence du père de Brenda et de Charlie, on mettrait quatre étoiles à l’épisode, dans lequel on assiste à une fantastique et réaliste poursuite routière, le tueur s’échappant à bord d’un poids lourd, bien décidé à tout démolir sur son passage. Il a compté sans la détermination de Sanchez qui au pris de cascades qui restent dans le domaine du « possible », parvient à l’arrêter.

La poursuite est bien coordonnée au reste de l’intrigue. On se croit parfois dans un documentaire, et ce qui fait la richesse de « LA Enquêtes prioritaires ». Moore (Geoff Meed) à la différence du beau gosse de l’opus précédent à la tête de l’emploi. Brenda contemple dans une scène avec effarement les fiches des seize jeunes femmes victimes de cet horrible type, qui se retrouve en slip lors de la fameuse scène d’interrogatoire. Il est convenu que celui qui aura les meilleures preuves entre Brenda et le policier texan Landry inculpera le meurtrier, mais dans le second cas, cela signifie extradition au Texas et peine capitale. Franchement, peu de gens auraient de la compassion envers Moore, même si de toute évidence il n’a pas inventé l’eau tiède. A noter la scène où Sanchez, après la poursuite, continue de battre Moore qui lui a cassé le bras. On a l’impression d’être dans un reportage, dans la « vraie vie » et non dans une fiction.

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13. PERPÉTUITÉ
(THE LIFE)

Une nouvelle guerre des gangs a-t-elle commencé ? On découvre un véritable carnage et tout le laisse à penser, mais la carte d’identité d’une jeune femme va mettre l’équipe sur une autre piste. Fritz offre à Brenda un chaton qu’elle n’aime pas.

Je me suis profondément ennuyé durant cet épisode interminable.  Certes, nous sommes dans le cahier des charges de la série, mais on a l’impression d’avoir vu et revu déjà cette histoire. Stephanie Beatriz dans le rôle de Camilla est poignante dans ses déchirements, mais le script reste terne. On apprend que Provenza est célibataire, ce qui vu l’âge de sa promise n’est pas une surprise. Après une discussion avec Flynn, il en coupera sa cravate, alors que déchirer la photo de la belle aurait été suffisant !  Dans l’une des premières scènes, Brenda montre sa maladresse chronique en faisant tomber un portail qu’elle décroche accidentellement en entrant dans une maison, ce qui évoque une fois de plus le lieutenant Columbo.

Pour elle, remplacer Kitty n’est pas si évident, pourtant le chaton que Fritz tient dans ses bras est attendrissant même pour quelqu’un qui n’aime pas les félins, ce qui est le cas de votre serviteur, c’est tout dire. Dans le rôle de Fernando, Carloz Sanz est assez talentueux, surtout qu’il passe son temps assis et tapis dans sa maison. Sans dévoiler l’intrigue, Josh Cooke dans le rôle du détective  Ranski fait une bien singulière demande à Brenda. C’est un moment qui nous arrache un sourire mais n’éclaire pas d’un rayon de lumière la noirceur de l’opus.

Mais bon, après les premières images, on aurait préféré que l’épisode soit une vraie guerre des gangs, avec davantage d’action. Peut-être le fait qu’un jeune de douze ans soit l’une des victimes a-t-il dirigé les scénaristes Hunt Baldwin et John Coveny vers une histoire déprimante ? Comme l’est le moral de Provenza qui dit « je suis vieux ».

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14. SOINS À DOMICILE
(MAKE OVER)

Sur le point de partir avec Fritz au ski, Brenda est appelée sur une affaire datant de sept ans. Le témoin principal, l’inspecteur George Andrews est entre-temps devenu « Georgette » et sa crédibilité se trouve amoindrie pour confondre à nouveau la coupable.

Emotion et comédie sont au rendez-vous de cet épisode. Il s’agit, suite au discrédit d’un laboratoire, de déterminer si une certaine Doris Osgood, qui purge une peine de prison depuis sept ans pour empoisonnement,  est coupable ou si elle a cherché à protéger son fils Sam.

L’enquête n’est qu’un prétexte à des numéros d’acteurs : Beau Bridges s’en donne à cœur joie dans le rôle de l’ancien partenaire de Provenza, George, devenu une femme. Ce qui heurte les principes moraux du policier, et provoque moult situations cocasses.  Beau Bridges rappelle Scott Bakula déguisé en femme dans de nombreux épisodes de « Code Quantum », tandis que le sergent Gabriel, suite à des exhumations de cadavres, se retrouve à la morgue en train de porter des os.

Les situations sont improbables, mais bien mises en scène. C’est aussi pour Fritz, parti au ski sans sa chérie, et qui la nargue en lui envoyant des photos de ses prouesses neigeuses, l’occasion de réaliser à quel point il aime Brenda. La scène finale de la baignoire est sinon érotique du moins cocasse et tendre.

Le mot filigrane de l’épisode est « tolérance ». Lorsque George Andrews se présente à nouveau en « homme » pour interroger la prisonnière, c’est Provenza qui fera preuve de galanterie en disant à ce dernier/cette dernière « Ladies first ».

On est loin ici des références qui faisaient de la série le « Hill Street blues » des années 2000. Ce n’est pas un épisode représentatif de la série, mais au moins on s’amuse. Et plus que George/Beau Bridges, j’ai trouvé que c’était l’épisode de Provenza.

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15.  LE CADAVRE A SES SECRETS
(DEAD MAN'S HAND)

Le couple Brenda-Fritz traverse une crise. Brenda enquête sur les violences conjugales dont serait victime Allie Moore, membre de l’équipe de Sharon Raydor et épouse du policier Shawn Moore. Allie refuse de porter plainte. Le lendemain, son mari violent est tué.

Dans les années 60, Roy Huggins avait inventé le concept de l’homme que vous aimerez haïr avec Fred Johnson, le manchot de la série « Le fugitif ». C’est un peu le même canevas pour l’affreuse Sharon Raydor (Mary Mc Donnell) : elle est moche, méchante comme la gale et donne des boutons au téléspectateur quand il la voit. Elle réapparaît en cette fin de saison sans doute pour donner du piment à l’intrigue.

Il y a dans cet opus une très belle actrice, Brooke Langton, que les fans de « Melrose Place » n’ont pas oublié. Ici, avec ses yeux au beurre noir, elle est moins sexy. Son mari violent était-il bien en train de la battre quand en pleine nuit le beau sergent Ryan Dunn, que l’on suppose déjà être son amant, l’a abattu ? Ou Dunn n’a-t-il été qu’un pion qui aurait été manipulé ?

Brenda marche sur des œufs enquêtant dans le domaine de la vieille sorcière Raydor, mais ne s’en laisse pas conter. La vérité éclatera à la morgue devant le cadavre de Shawn Moore qui trouvera en quelque sorte une justice post mortem. Si Brooke Langton est ravissante, on a quelques difficultés à l’imaginer en fausse victime auteur d’un complot. On a tellement envie de voir ce genre de rôles réservés à des Mary Mc Donnell !

La réconciliation finale Brenda-Fritz aura-t-elle lieu ? Il lui reproche de trop penser à son métier et pas assez à leur couple. L’épisode se suit sans ennui, montrant les joutes verbales entre Brenda et Sharon, les hésitations du chef Pope bien embarrassé. Les personnages qui entourent habituellement Brenda sont un peu sacrifiés dans ce final. Aucun ne tire son épingle du jeu, aucun n’a « sa » scène. Kyra Sedgwick et Mary Mc Donnell ne laissent de place à personne d’autre. J’aurais préféré plus d’espace pour Brooke Langton, mais les temps de « Melrose Place » sont révolus et le pouvoir est aux actrices dont l’atout n’est pas forcément la plastique. Elles s’en donnent à cœur joie ici. On se demande quand même ce que Fritz plutôt beau gosse trouve à Brenda. Jon Tenney est vraiment un très bon comédien pour nous donner le change. Avec une Paola Turbay ou une Brooke Langton à porter dans la chambre à coucher, aucun spectateur ne lui tresserait  autant de lauriers.

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Toucher le fond… (Broken - Part 1)