saison 1 saison 3

Alias

Présentation

(par Patrick Sansano et Clément Diaz)



A PARTAGER! LES GÉNÉRIQUES CULTES DE SÉRIES TV - Alias (Saison 1)Fan de Alias? Retrouvez notre dossier complet sur la série culte de JJ Abrams par Patrick Sansano et Clément Diaz sur Le Monde des Avengers:http://theavengers.fr/index.php/hors-serie/annees-2000/alias-2001-2006Rejoignez la discussion sur Alias sur notre forum:http://avengers.easyforumpro.com/t1749p630-serie-alias

Posted by Le Monde des Avengers on Monday, October 12, 2015

I. Synopsis

Alias est une série d’espionnage/fantastique/science-fiction américaine constituée d’un pilote de 64 minutes, et 104 épisodes de 42 minutes. Créée en 2001 par Jeffrey Jacob Abrams (ou plus simplement J.J.Abrams), et diffusée aux Etats-Unis sur le réseau ABC jusqu’en 2006, date de son annulation.

Sydney Bristow (Jennifer Garner), 26 ans, mène une double vie : talentueuse étudiante, elle travaille en fait depuis sept ans comme agent secret de terrain au service d’une division secrète de la CIA : le SD-6. A l’exception de ses collègues du SD-6, tout le monde ignore son véritable travail. Sa couverture est celle d’une employée de banque au « Crédit Dauphine », siège central du SD-6, sis à Los Angeles.

Demandée en mariage par son fiancé Danny Hecht dans le pilote, Sydney transgresse la règle d’or du SD-6 en lui annonçant sa véritable profession. Elle déclenche par là une terrible série d’engrenages qui va brutalement bouleverser sa vie, et déchirer le monde plein d’illusions dans lequel elle vivait.

Les personnages gravitant autour de l’héroïne sont :

- Will Tippin (Bradley Cooper), journaliste, son meilleur ami.

-  Francie Calfo (Merrin Dungey), serveuse. Sa colocataire et meilleure amie.

- Jack Bristow (Victor Garber), son père, avec qui elle n’a que des échanges froids et distants depuis la mort de sa mère dans un accident, quand elle avait 6 ans.

- Michael Vaughn (Michael Vartan), un officier supérieur de la CIA.

Au SD-6, les trois personnes les plus proches d’elle sont :

- Marcus Dixon (Carl Lumbly), son partenaire de mission attitré.

- Marshall J. Flinkman (Kevin Weisman), un inventeur de gadgets.

- Arvin Sloane (Ron Rifkin), le chef du SD-6.

Se joindront au fil des saisons :

- Eric Weiss (Greg Grunberg), le meilleur ami de Vaughn.

- Julian Sark (David Anders), un agent fidèle à aucune allégeance.

- Irina Derevko (Lena Olin), une dangereuse ex-agent du KGB.

- Lauren Reed (Melissa George), un agent de la CIA.

- Nadia Santos (Mia Maestro), agent de la SIDE (Secretaría DE Intelligencia, les services secrets argentins), puis de l’APO (une des branches secrètes de la CIA).

- Rachel Gibson (Rachel Nichols), informaticienne experte de la CIA.

- Kelly Peyton (Amy Acker), amie et ancienne collègue de Rachel.

- Renée Etienne (Elodie Bouchez), une terroriste internationale.

- Thomas Grace (Balthazar Getty), agent secret de l’APO.

II.  Introduction (par Patrick Sansano)

L'actrice de séries TV Muriel Baptiste disait dans sa toute dernière interview "J'ai joué des personnages dans lesquels les gens pouvaient se reconnaître".

J J Abrams, en créant Sydney Bristow a donné vie à un personnage dans lequel tout le monde, à un moment ou à un autre, peut se reconnaître.
Passée la première comparaison que l'on fera avec les héroïnes menant une double vie, de "Fantômette" à "Buffy", les comparaisons évidentes avec "James Bond 007"(Plutôt celui cruel des romans de Fleming et des films avec Daniel Craig), "Mission Impossible"(La série), "Des agents très spéciaux", "Le Caméléon", "Da Vinci Code", "Destination danger", "Nikita", "Lara Croft", Abbey Chase du comics "Danger girl", J J Abrams nous parle d'une famille brisée, d'une enfant ballottée d'un parent à l'autre.

Grâce au second degré nécessaire, il attire le spectateur qui serait rebuté par les scènes de torture (façon "Millennium" de Chris Carter).

En fil rouge, cette série nous montre une jeune femme qui fait ses études, connaît l'échec et le chagrin, la perte de l'être aimé, et ne sait plus à qui faire confiance. Puis qui - au fur et à mesure que la série avance - voit sa vie « publique » réduite jusqu’à que seule l’espionne demeure, cela contre son gré.

La série commence en septembre 2001. C'est notre monde, non celui de conte de fées et de pure imagination des Bond avec Sean Connery et Roger Moore ou de Napoléon Solo, l'homme de l'UNCLE, qu'il nous est donné de voir.

La scène qui suit d'ailleurs, montre que tous, un jour ou l'autre, nous avons perdu un être aimé, et avons touché le marbre froid d'une tombe. Tout comme Sydney Bristow.

"Alias" ne nous propose pas de bons sentiments et de voyages dans le temps rassurants et réparateurs comme "Code Quantum". Au-delà des aspects jeux vidéo (Lara Croft) ou héroïnes invincibles (Nikita), "Alias" est une série dans laquelle chacun peut se reconnaître, avec ses trahisons, ses apparences, ses coups du sort, ses faux semblants, ses masques qui cachent la part des ténèbres. Le coup de génie de J J Abrams est d'avoir fait une série qui touche le téléspectateur, car au fond, on a tous, un jour ou l'autre, été un peu Sydney Bristow.

III. Analyse et lectures possibles de la série (par Clément Diaz)

Felicity, première expérience de série de J.J.Abrams, raconte le bouleversement de vie d’une jeune étudiante quand elle tombe amoureuse. Pour demeurer proche - et séduire - l’élu de son cœur, elle modifie ses plans d’avenir, et le suit. Un changement de vie brutal. De même, Alias démarre avec une héroïne subissant pareillement un changement de vie brutal, mais en beaucoup plus douloureux.

Quand J.J.Abrams crée Alias, il veut révolutionner le genre de l’espionnage, tout en reprenant les innovations d’une série précédente : La femme Nikita (1997) de Robert Cochran, qui symboliquement se termine quand commence sa successeure. Alias est une série trépidante, au tempo frénétique à couper le souffle ; sa grande rivale fut d’ailleurs 24 heures chrono (co-créée par Cochran) dans ce domaine. Tranchant radicalement avec ses prédécesseures, elle est la championne des rebondissements, des doubles jeux, des trahisons, des histoires complexes et sophistiquées, et surtout, reine du mystère. Dès le pilote, une kyrielle d’énigmes et de pistes sont posées, à laquelle s’agglomèreront d’autres mystères dont la résolution sera sans cesse différée.

J.J.Abrams, fan de Science-Fiction et de Fantastique, va de plus incorporer dans l’espionnage ces éléments, notamment via une « Mythologie » qui sera le fil d’Ariane de la série. Celle de la quête des artefacts d’un inventeur prophétique génial du XVe siècle : Milo Rambaldi, et de son « invention ultime », objets de toutes les convoitises. Par là, Abrams avoue l’influence des X-Files, inventeur du concept de la Mythologie. Il introduira d’ailleurs l’équivalent d’Alex Krycek dans sa série. Toutefois, contrairement à la plupart des séries d’espionnage, le curseur est fortement axé sur un seul personnage, Sydney. Alias doit en effet confesser qu’elle n’est pas une série chorale, la plupart des personnages subissant sa présence imposante. Bien que la croisade de Sydney ne soit pas solitaire, l’aspect « travail d’équipe » n’est pas aussi prégnant que comme par exemple 24 heures chrono. C’est un parti pris, certes dommageable, mais qui est inhérent à l’ADN de la série.

La conjonction de ses éléments est que, bien que sise dans notre monde moderne, Alias est une série fantasmagorique : où l’improbable devient fréquent, où l’impossible devient possible, où la confiance n’existe pour ainsi dire pas. Un monde similaire et différent à la fois du nôtre. Donc pas une simple série d’espionnage de plus. Voilà l’esthétique des créations Bad Robot dont la spécialité est de révolutionner des genres cinématographiques bien établis.

Cette esthétique irrite ou force l’admiration selon le spectateur. Si la première saison dans l’ensemble est très appréciée, les suivantes sont bien plus polémiques car Alias connaît plusieurs ères, et s’aventure dans des contrées rarement explorées jusqu’alors, faisant évoluer la série dans un univers sans repères et plein de chausse-trappes. Accrocher à cet univers n’est pas à la portée de chacun et explique que J.J.Abrams et son équipe soient perçus ou comme des génies ou comme des fumistes.

Il y’a donc deux manières de regarder la série : l’une en entrant sans discussion dans le monde crée par les auteurs de Bad Robot, y compris les plus hautes improbabilités. L’autre en admettant certes les innovations de la série, mais sans aller jusqu’à accrocher à ses plus gros délires, qui peuvent être perçus comme de l’irrespect pour le spectateur cartésien, alors qu’ils seront portés au pinacle par les autres. Ce sera particulièrement le cas des saisons 2, 3, et 5.

Ce dossier écrit à quatre mains a pour but de vous montrer les deux visions possibles de cette série. Choisissez votre camp, et dans tous les cas, bienvenue dans Alias !