Volume 6Présentation

Maigret (Bruno Cremer)

Volume 7


1. MAIGRET ET LE CLOCHARD

Première diffusion : 03/05/2004

D’après Maigret et le clochard (1962) – Roman

Scénario : Christian de Chalonge et Dominique Garnier

Réalisation : Laurent Heynneman

Interprétation : Emilie Lafarge (Léa), Chloé Lambert (Juliette), Franck Gourlat (Jeff Van Houtte), Eva Saint-Paul (Madame Keller), Pierre Diot (l’inspecteur Christiani), Philippe Bardy (Pierre Leterrier), Jean-Paul Bonnaire (Battesti), Nicolas Larzul (Hubert Van Houtte), Georges Gilbert-Cazeneuve (François Keller)

Résumé : Sous le pont d'Austerlitz, deux mariniers repêchent en pleine nuit le corps d'un clochard des quais de Seine, surnommé le Toubib. L'homme a reçu un violent coup sur la tête et est entre la vie et la mort. Mais Maigret ne croit pas à une simple bagarre ayant mal tourné. Il apprend rapidement que le clochard se nomme François Keller, est réellement médecin et vit à moins de 300 mètres de son épouse…

Critique :

Un très bon cru pour l'ouverture de cet ultime coffret de la collection des Maigret avec Bruno Cremer. Une affaire de fuite et pleine de faux fuyants et de faux semblants. Une affaire d'êtres humains troubles autant que troublants, des personnages chers à Simenon, incapables de communiquer entre eux et incapables de s'aimer. L'amour est au cœur d'un épisode dur et complexe, ancré dans un réel sordide, classique chez Maigret.

Maigret se passionne pour cette histoire qui a tous les airs de ne pas en être une. Comme il le dit lui-même, "cette histoire l'embête". Cette histoire de clochard, en réalité médecin ayant abandonné femme et enfants mais vivant à côté d'eux. Tout cela dissimule une sombre affaire de mœurs dans le milieu des mariniers, encore une fois un univers que Simenon connaissait et maitrisait à la perfection.

L'adaptation est très belle, empreinte d'une forme de nostalgie pour la fin des années 1950, pleine de ces petites gens ordinaires confrontés à des événements hors du commun et qui les rend exceptionnels, au sens qu'ils constituent une exception à la norme. L'interprétation est de belle qualité, Bruno Cremer en tête, toujours élégant quoique manifestement fatigué par la maladie qui gagne du terrain. Autour de lui, les seconds rôles apportent une humanité bienvenue dans cette triste affaire. La fin, ambigüe, est une des meilleures de la série.

Un très bel épisode, injustement méconnu, sans doute parce qu'il ne bénéficie pas d'une distribution aussi prestigieuse que dans les premières saisons de la série. A (re)découvrir.

 

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2. MAIGRET CHEZ LE DOCTEUR

Première diffusion : 25/06/2004

D’après Monsieur Lundi (1936) – Nouvelle

Scénario : Steve Hawes et Claire Level

Réalisation : Claudio Tonetti

Interprétation : Monique Chaumette (Eugénie), Lionel Abelanski (Martin), Pierre Beriau (Monsieur Lundi), Nathalie Besançon (Alice Baron), Fabienne Tricottet (Melle Simpson), Laurent Le Doyen (le docteur Baron), Yvon Martin (l’inspecteur Dantec), Guillaume Delorme (Guillaume), Katerina Janecková (la bonne)

Résumé : La jeune et jolie bonne d’enfants du docteur Baron a été assassinée. Pour élucider le mystère de cette mort, Maigret se lie avec les domestiques, avec des succès divers.

Critique :

Du Maigret quatre étoiles, une merveille du genre, totalement maitrisé et particulièrement bien filmé. Un huis clos étouffant, angoissant, peuplé de personnages lugubres et ambigus. Au cœur d'une grande bâtisse sinistre, des êtres veules se meuvent en un ballet chaotique qu'un Bruno Cremer affûté organise, en chef d'orchestre d'une série qu'il habite toujours avec autant de charisme.

Cet épisode est une merveille du genre et fleure bon la période classique des Maigret, ceux des débuts, où une atmosphère oppressante pouvait définir une histoire et sa conduite. La présence d'une grande actrice, comme Monique Chaumette, y contribue largement. Alors, est-ce que la seule nostalgie justifie de porter aux nues cet épisode ? Non, car celui-ci est tout bonnement remarquablement écrit, réalisé et monté. Il est toujours plaisant de retrouver du mystère dans un Maigret et celui-ci n'en manque pas. Des dialogues ciselés, tantôt drôles, tantôt durs, magnifiquement servis par des interprètes hors pair complètent un tableau aux touches subtiles.

Maigret s'intéresse comme toujours aux petites gens et à leurs misères et dépravations. De la cuisinière castratrice et son fils obsédé par la mort au curieux et mystérieux Monsieur Lundi, cynique mais touchant mendiant amateur de citations littéraires, c'est une magnifique galerie de personnages qui s'en vient rejoindre la longue liste de caractères déjà brossés dans la série.

Hormis le curieux choix de modifier le titre de la nouvelle originale, il s'agit sans aucun doute, la dernière grande réussite de la série.

MAIGRET : Et [Que pouvez-vous me dire d']Alice, la femme du docteur?

MONSIEUR LUNDI : La grande classe… Une femme qui a tout compris de la faiblesse des hommes avec, en plus, l'élégance de pas le montrer"

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3. MAIGRET ET L'OMBRE CHINOISE

Première diffusion : 28/05/2004

D’après Maigret et l'ombre chinoise (1931) – Roman

Scénario : Laurence Kilberg

Réalisation : Charles Nemes

Interprétation : Christine Boisson (Germaine Martin), Alain Rimoux (Edgar Martin), Estelle Skornik (Nine Moinard), Valentine Varela (Madeleine Dormoy-Boyer), Josiane Stoléru (Mathilde), Sylvie Flepp (madame Boursier), Olivier Brun (Daniel Boyer), Cédric Chevalme (inspecteur Bertin), Jean-François Poron (le colonel), Yves Beneyton (monsieur de Saint-Marc), Isabelle Petit-Jacques (Jeanne Boyer), Michel Elias (Luc Vignal), Rodolphe Tissot (inspecteur Jansen), Yann Pradal (le barman)

Résumé : Boyer, un inventeur qui a réussi, est assassiné dans son bureau. Une des habitantes de l’immeuble, Germaine Martin, une femme aigrie, se révèle être l’ex-madame Boyer. Elle a eu un fils avec lui, Daniel, personnage peu recommandable. De son côté, Boyer s’était remarié avec Madeleine, une bourgeoise hautaine. Il entretenait aussi une liaison avec une jeune danseuse de cabaret, Nine.

Critique :

Un nouveau huis clos pour Maigret, celui d'un immeuble où un crime d’apparence crapuleux a été commis. Un Maigret tout ce qu'il y a de plus classique, dans son scénario et dans son exécution. Trop classique sans doute. Il lui manque la petite touche de fantaisie ou d'expérimentation qui font d'un Maigret un « grand » Maigret. La réalisation est bien trop sage, bien trop académique. Les dialogues ne possèdent pas l'allant habituel et l'on se surprend à bailler à l'occasion.

On retrouve les ingrédients habituels de la série : la foule des petites gens bigarrés, issus d'horizons divers, tous plus ou moins coupables de quelque chose et en proie au mensonge, par habitude. Le scénario fonctionne, la petite révélation finale est même assez bien venue. Les interprètes sont correctes mais peu flamboyants. C'est sans doute la plus grande faiblesse de l'épisode. Si les principaux interprètes sont excellents, certains des autres comédiens sont légèrement en deçà et surtout, trop nombreux. Qui dit immeuble, dit toute une foule de locataires. Si cela est parfaitement logique, leur trop grand nombre noie l'intrigue dans de longues et inutiles séquences, sans compter que ces personnages ne sont pas intéressants. D'ailleurs, ils n'intéressent guère le commissaire. Et tout cela sans compter les autres suspects, et Dieu sait s'il y en a !

Alors non, cet épisode n'est pas une catastrophe, loin de là. Il se regarde tranquillement, mais bien trop tranquillement pour marquer les esprits, en dépit de quelques bonnes séquences.

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4. MAIGRET EN MEUBLÉ

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Première diffusion : 17/12/2004

D’après Maigret en meublé (1951) – Roman

Scénario : Michel Grisolia et Laurent Heynemann

Réalisation : Laurent Heynemann

Interprétation : Annie Grégorio (Sophie Clément), Maria Schneider (Françoise Boursicault), Valérie Karsenti (Isabelle Fresco), Jacques Mathou (Julien Hurel), Christophe Hémon (Paulus), Michel Ruhl (Valentin Desker), Pierre Diot (inspecteur Christiani), Roger Ibanez (monsieur Berlanga), Christian Ruché (inspecteur Archambaud)

Résumé : Un hold-up a eu lieu et son auteur a été identifié. Mais l’inspecteur de garde qui planque devant son meublé dans un quartier tranquille est blessé par un coup de feu. Maigret va devoir enquêter dans la pension l’Estrapade, tenue par Mlle Clément, une affable femme mûre. Il s’y installe…

Critique :

Toujours un huis clos pour ce nouveau Maigret, dans un hôtel meublé cette fois. Le décor, les locataires et l'ambiance ne sont pas sans rappeler l'excellent Madame Quatre et ses enfants (Voir Volume 4, épisode 5), mais avec ce qu'il faut d'originalité pour agréablement s'en distinguer.

Maigret évolue comme un poisson dans l'eau parmi cette multitude de personnages qui, cette fois, parviennent chacun à tirer leur épingle du jeu. Personne n'est mis de côté et chaque intrigue est intéressante. Du couple d'immigrés roumains voulant s'intégrer à la société française, au vieux chanteur d'opéra à tendances pédophiles en passant par le réfugié de la Guerre d'Espagne, tous sont partie prenante de l'histoire et l’interprétation est impeccable. Annie Gregorio en particulier est remarquable en patronne de cette drôle de pension de famille et sa gouaille et sa bonne humeur apporte une certaine gaîté et de légèreté à cet épisode. Plusieurs de ses scènes sont très amusantes, comme lorsque Maigret la surprend en train de préparer un en-cas clandestin au suspect que traque le commissaire. Sa tentative de dissimuler son forfait est un très bon moment.

L'intérêt du scénario est de nous offrir un joli jeu de fausse piste, nous faisant douter de la nature réelle du crime. A-t-on bien visé l'inspecteur de Maigret ? La vérité est, comme souvent, à chercher dans le passé des protagonistes, hanté par les crimes d'antan. Une affaire finalement très simple une fois que les pièces du puzzle auront été patiemment rassemblées par le commissaire. La légèreté première de l'affaire bascule finalement dans le pathétique et la réalité souvent amère de la vie. Ici, deux vies brisées qui tentent de survivre. La peur, le dégoût de soi et une certaine envie d'en finir avec ses démons passés proposent une splendide conclusion lors de la confrontation finale avec le coupable.

Un bel épisode, le dernier adapté d'un roman de Simenon.

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5. MAIGRET ET LA DEMOISELLE DE COMPAGNIE

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Première diffusion : 17/01/2005

D’après La Vieille dame de Bayeux (1937-38) – Nouvelle

Scénario : Steve Hawes et Claudio Descalzi

Réalisation : Franck Appréderis

Interprétation : Vanessa Larré (Cécile Ledru), Thierry Fortineau (juge Monthiel), Vincent Winterhalter (Philippe Deligeard), Arnaud Appréderis (docteur Briand), Pierre Diot (inspecteur Christiani), Vania Vilers (commissaire Henri Carhaix, brigade financière), Edith Perret (mademoiselle Flandre), Éric Poulain (Jacques Mercier), Didier Pain (Albert Retailleau), Philippe Beglia (Victor), Simon Duprez (Arsène), Marie Florac (madame Deligeard), Jakub Hais (Marek)

Résumé : Cécile Ledru, dame de compagnie en grand deuil, vient rendre visite à Maigret pour dénoncer le meurtre de son employeuse et en accuser un homme sans aucune preuve. Malgré les avertissements du juge Monthiel, qui l’accuse plus ou moins de préjugés de classe, Maigret ne lâche pas l’affaire...

Critique :

Nous quittons les quartiers populaires pour nous aventurer dans la haute société. Cela faisait longtemps que ce n'était pas arrivé dans un Maigret et la satire sociale, chère à Simenon, est une nouvelle fois bien mise en scène.

Qui dit adaptation de nouvelle, dit grand remaniement scénaristique et l'on sait que cela n'a pas toujours été du meilleur augure pour la série. Mais force est bien de constater que cela fonctionne ici parfaitement bien. La mécanique est huilée et les scénaristes ont su composer avec leurs égarements passés pour trousser un très beau scénario. Cela n'avait rien d'évident car il repose sur une seule mécanique : prouver la culpabilité de Deligeard. Pas d'autres suspects, juste l'obstination et la ténacité de Cécile Ledru.

Le film se découpe en de longues séquences d'interrogatoire principalement en tête à tête entre Maigret et l'accusatrice, ferme dans sa volonté de venger sa tante qu'elle pense avoir été assassiné, entre Maigret et le suspect, un homme hautain estimant avoir tous les droits, et entre Maigret et le juge d'instruction, très soucieux de ne pas faire de vague dans un monde qui, il en est persuadé, échappe totalement à l'esprit trop cartésien de Maigret. Le regretté Thierry Fortin est formidable de mépris et campe un donneur de leçon tête à claque tout à fait exceptionnel. Ses affrontements avec Maigret resteront comme un des derniers sommets de la série, et sans aucun doute comme le dernier grand comédien à avoir fait les honneurs de la série.

L'argent, l'opulence, le conflit des classes sociales sont autant de thèmes exploités au cours des années par la série et ils trouvent ici leur aboutissement. Sous des dehors au premier abord un peu creux et surtout déjà vu dans son exposition, l'épisode est captivant et il est difficile de prévoir comment Maigret va bien pouvoir finalement coincer son suspect. Le final apporte une fin satisfaisante quoiqu'un peu froide.

Une jolie réussite.

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6. MAIGRET ET LES SEPT PETITES CROIX

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Première diffusion : 06/05/2005

D’après Sept petites croix dans un carnet (1951) – Nouvelle

Scénario : Steve Hawes et Claire Level

Réalisation : Jérôme Boivin

Interprétation : Didier Agostini (inspecteur Lecœur), Rémi Martin (Olivier Lecœur), Alain Floret (inspecteur Jamin), Laurent Labasse (inspecteur Gianni), Marina Golovine (Ginou), Raphaëline Goupilleau (madame Loubet), Nils Ohlund (inspecteur Bonfils), Jean-Pierre Bagot (le directeur de la P.J.), André Thorent (le voisin insomniaque), Bruno Bayeux (Pierrot), Maxime Lombard (le patron du café), Josef Nos (Roger Loubet), Martin Novotny (François "Bib" Lecœur)

Résumé : La nuit du 15 août, à la PJ, tout le monde est tendu. Un tueur en série sévit sur la vielle et semble introuvable. Jusqu'à ce que l'inspecteur Lecoeur, qui relève est appels de nuit se prenne à penser que son frère serait l'assassin…

Critique :

Ultime chef d’œuvre de la série, Maigret et les sept petites croix est totalement atypique dans la série. On ne quitte pour ainsi dire pas le Quai des Orfèvres, à part pour de rares incursions dans les rues de Paris et le nombre de protagonistes est extrêmement réduit et se résume pour l'essentiel à la brigade d'inspecteurs et de Maigret. Mais plus original, c'est le laps de temps qui s'écoule dans l'épisode qui distingue cet épisode des autres : tout se déroule lors de la nuit du 15 août, une nuit particulièrement étouffante, dans laquelle Maigret va réussir à élucider une série de crime et à sauver un jeune et brillant garçon de 10 ans. Le tout, en se basant sur quelques coups de téléphone et une carte de Paris sur laquelle apparaissent de petites ampoules électriques, signalant qu'un poste de police secours a été brisé.

L'idée est extrêmement ingénieuse et le pari audacieux. Faire tenir en haleine le spectateur pendant une heure et demie simplement sur cet argument nécessitait un bon dosage des dialogues et des phases de recherche. Les inspecteurs se devaient d'être crédibles et, pour leur unique apparition dans Maigret, force est de constater qu'ils tiennent bien la route. Mention spéciale au réceptionniste Lecoeur, tout de trouble et d'angoisse quant au destin de son frère et surtout de « Bib », son neveu. Une tension palpable s'impose rapidement à l'écran, renforcée par cette impression d'étouffement dû à la canicule, très bien retranscrite. Les corps sont moites, les esprits s'échauffent et l'explosion n'est jamais bien loin.

L'angoisse monte peu à peu et le jeu du chat et de la souris auquel se livre le garçon et l'assassin est particulièrement redoutable pour les nerfs. Lorsque la situation s'inverse et que le suiveur devient suivi et que de chasseur, l'enfant devient une proie, l'épisode atteint son paroxysme et il devient légitime de se poser la question : Maigret sauvera-t-il l'enfant ?

D'une nouvelle assez quelconque, les scénaristes ont su tirer le meilleur pour broder un nouveau huis clos en temps quasi réel sans jamais faire retomber l'attention, permettant à la série une ultime exploration et essai. C'est également la dernière fois qu'il est possible d'apprécier à sa juste valeur le travail exemplaire de comédien de Bruno Cremer, avant que la maladie ne vienne définitivement tirer un trait sur un travail de près de quinze ans.

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7. MAIGRET ET L'ÉTOILE DU NORD

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Première diffusion : 23/12/2005

D’après L'Étoile du Nord (1937-38) – Nouvelle

Scénario : Pierre Granier-Deferre et Michel Grisolia

Réalisation : Charles Nemes

Interprétation : Lizzie Brocheré (Céline Germain), Luis Rego (Joseph Peyrelongue), Pascal Demolon (inspecteur Bastien), Thierry Liagre (inspecteur Peretti), Olivier Balazuc (Jean-Pierre Loisillon), Yvan Dautin (Marc-Antoine Lahaleux), Michel Lagueyrie (Ludovic Larrieu), Marie-Christine Adam (Irène Salavin), Éric Franquelin (commissaire Verdier), Catherine Ferran (Lucienne Florac), Rodolphe Tissot (inspecteur Jansen), Vincent Grass (la voix de Maigret)

Résumé : La nuit de Noël, Maigret est appelé pour un meurtre commis à l'hôtel l'Étoile du Nord. Un représentant de commerce s'est traîné jusqu'à la porte de sa chambre avant de mourir d'un coup de couteau dans le dos. À peine arrivé à l'hôtel, Maigret se heurte à Céline, une jeune fille qui, prête à s'enfuir, prétexte un train à prendre. Le commissaire comprend vite qu'elle n'est pas celle qu'elle prétend être...

Critique :

Il est toujours difficile de critiquer justement et objectivement un épisode qui ne correspond à tous les codes d'une série que l'on connait. Et c'est d'autant plus vrai lorsque ledit épisode se trouve être le dernier de l'œuvre et qu'il la conclut. Maigret et l'Étoile du Nord est un épisode délicat à visionner, tant la dégradation physique de Bruno Cremer est visible et fait peine à voir. Très malade au moment de l'épisode, son cancer ne cessant de progresser, il apparaît très fatigué, amoindri et terriblement amaigri. L'œil morne, il parvient encore à s'imposer dans le rôle du plus célèbre commissaire de France, mais la force n'est plus là. Le fait que sa voix soit doublée pour l'occasion par un autre comédien ajoute au pathétique.

Pourtant, c'est un épisode très agréable que cette ultime adaptation d'une nouvelle de Simenon. Après une première partie dans un hôtel, c'est pratiquement un huis clos total au Quai des Orfèvres en une nuit de Noël pas comme les autres. Le nouvel et dernier inspecteur de Maigret palie aux absences du commissaire, enquêtant à sa place et laissant le loisir à Bruno Cremer d'un face à face particulièrement ardu avec une suspecte pas comme les autres. La jeune femme, qui n'est rien de ce qu'elle prétend être de prime abord est tendu et agressif. Son arrogance à l'égard de ce vieillard agace d'abord, puis finit par émouvoir lorsque le masque se fige et finit par se fissurer.

Le commissaire a bien de la peine à dénouer une sombre histoire de mœurs, somme toute très banale, comme on en a déjà vu des dizaines dans la série. Qu'importe, le plaisir est ailleurs, il se situe dans cette dernière confrontation où, parfois, sur un plan, l'œil malicieux de Bruno Cremer refait surface.

Alors ne boudons pas notre plaisir. Si Maigret et l'Étoile du Nord n'est certainement pas le meilleur Maigret et que l'on aurait certainement souhaité une meilleure conclusion pour la série, ce n'est pas non plus une catastrophe et c'est un film à redécouvrir sans tarder.

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