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Maigret (Bruno Cremer)

Volume 6


PRÉSENTATION VOLUME 6

Après s’être quelque peu perdue, la série retrouve souffle, dynamisme, régularité et, surtout, une très grande qualité. Les anciennes habitudes de Maigret reviennent, son attention aux petites gens, ses relations avec ses différents inspecteurs – après le départ d’Alexandre Brasseur, plusieurs nouveaux inspecteurs font leur apparitions – nous régalent à nouveau et Maigret retrouve son fauteuil et son bureau – après quelques travaux – dans une PJ modernisée mais bien présente. L’atmosphère parvient à nouveau à se faire poisseuse, campagnarde ou bourgeoise et Paris – enfin, Prague – est à nouveau à l’honneur.

Aucun épisode n’est mauvais, au contraire, la plupart sont remarquables et c’est dans ce coffret que se situe, sans nul doute, le tout meilleur épisode de la série, fort justement récompensé au Festival du Prix Policier de Cognac : Signé Picpus. Bruno Cremer retrouve une certaine forme, une belle allure même, alors que son embonpoint ne cesse d’augmenter et ses cheveux de blanchir. Nous nous acheminons doucement vers la fin de la série mais, à l’époque du tournage, nul ne pouvait le prévoir. 

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1. LA MAISON DE FÉLICIE

Première diffusion : 03/06/2002

D’après Félicie est là (1942) – Roman

Scénario : Christian de Chalonge et Dominique Garnier

Réalisation : Christian de Chalonge

Interprétation : Jeanne Herry (Félicie), Renée Le Calm (Mme Chauchoi), Nicolas Guimbard (Jacques Pétillon), Jean-Pierre Bagot (Charles Morin), Bonnafet Tarbouriech (Emile), Pierre Diot (inspecteur Christiani), Jean O'Cottrell (inspecteur Janvier), Christelle Cornil (Léontine), Nicole Dubois (la receveuse des postes)

Résumé : Jules Lascours, dit « Jambe-de-bois » est retrouvé mort dans sa vieille maison décrépite. Sa bonne, Félicie, prétend n’avoir rien vu ni rien entendu, alors qu’elle dormait à quelques mètres à peine. Maigret s’intéresse de près à la personnalité agaçante et revêche de la jeune femme tandis que la famille de Lascours apprend qu’un testament stipule que Félicie hérite de tous biens de son employeur…

Note : 4 sur 4

Critique :

L’intérêt de cet épisode réside principalement dans la personnalité de Félicie, impeccablement interprétée par Jeanne Henry. Le personnage, exécrable, pénible, en permanence sur la défensive, se révélera, à force d’obstination de Maigret, sensible, amoureuse et même émouvante. Dans un premier temps, on se demande bien pourquoi Maigret s’entête à ainsi s’intéresser à elle et à sa curieuse histoire. « Petite peste » est même le premier qualificatif qu’il adresse, pour lui-même, à la jeune fille. C’est sans aucun doute l’un des antagonistes les plus obstinés – nous n’avons pas forcément dit criminel – que Maigret aura eut à affronter au cours de sa longue et brillante carrière. Jusque dans la scène finale, Félicie restera pleine de morgue et de hargne à l’égard de Maigret qui s’éloignera, dépité mais guère surpris, pour quitter le singulier univers dans lequel vit Félicie.

Couleurs et images s’accordent ensemble pour recréer ce monde à part, grisâtre, campagnard mais pas si éloigné que cela de Paris, vivant au rythme des canaux. La maison de Félicie, puisqu’il en est tout de même question dans le titre, participe grandement à l’ambiance générale, avec ses meubles usés, sa maquette de phare illuminée en permanence, son toit percé laissant s’écouler la pluie au milieu des baquets, et tous les chats, envahissant chaque pièce. La grande attention portée aux décors extérieurs, au milieu des feuilles d’automne, de la brume et de la pluie, renforce une atmosphère d’étrangeté. Jusqu’au petit café du coin, où Maigret se délasse de ses rencontres avec Félicie, lui permettant d’explorer tout le microcosme local.

Maigret déambule à son aise, se promenant au gré des conversations, souvent amusantes, avec Félicie. Il faut le voir coiffé du chapeau de paille de Jambe-de-bois, poussant sa bicyclette en pleine forêt ou délicieusement attablé au restaurant. Avec son flegme habituel – quoiqu’il lui arrive de le perdre face à l’horripilante jeune femme – il finira enfin par démêler le vrai du faux, révélant une affaire crapuleuse, de truands, à laquelle on ne s’attendait franchement pas.

Un bon film, plein d’humour, parfaitement filmé et interprété.


Distribution

  • Jeanne Herry : Née en 1978, cette comédienne et réalisatrice est la fille de Miou-Miou et de Julien Clerc est formée au Conservatoire de Paris. Elle joue au théâtre et réalise son premier cours métrage, avec sa mère, en 2009, Marcher et son premier long-métrage Elle l’adore en 2014. Actrice et réalisatrice dans la série Dis pour cent, son dernier film Les champs de fleur, sort en 2017.

  • Renée Le Calm : Née en 1918, cette comédienne acquiert la notoriété tardivement, grâce à Cédric Klapish dont elle est pratiquement de tous les films. On l’avait déjà vu dans Maigret, à l’occasion de l’épisode Meurtre dans un jardin potager en 1999.

  • Jean-Pierre Bagot : (1943-2016) Ce pilier de la télévision (Le pain noir, les Cinq dernières minutes, Nestor Burma, la Crim’, Joséphine ange gardien), a également longtemps hanté les planches, jouant du Labiche, Sartre, Brecht, Molière, Shakespeare, Goldoni, Tchekhov ou Williams, mis en scène par Patrice Chereau, Jérôme Savary ou Georges Wilson. Il joue régulièrement des seconds rôles chez Boisset et est une figure régulière du cinéma de Robert Enrico.

  • Bonnafet Tarbouriech : Né en 1952 à Nîmes, cet ami de Victor Lanoux tourne avec lui dans Louis la Brocante, mais également dans Taxi 2 et 3 ainsi que pour Gérard Jugnot, Didier Bourdon, Costa-Gavras et, récemment, deux fois pour Jean-Pierre Mocky. Il promène son accent méridional chantant dans près d’une centaine de téléfilms et épisodes de série depuis 1978. Sur les planches, il aborde les classiques (Molière, Sartre, Musset, Labiche, etc.).

  • Pierre Diot : Né en 1958, il fait ses études au Conservatoire de Paris et décroche son premier rôle important dans Maigret, devenant son nouvel inspecteur régulier, durant huit épisodes, jusqu’à Maigret et la demoiselle de compagnie. Il s’illustre pendant 800 représentations de son one-man show Complètement allumé avant de passer 25 fois chez Laurent Ruquier dans On ne demande qu’à en rire où il gagne les faveurs du grand public. Il alterne depuis cinéma (La maladie de Sachs, Coco avant Chanel, La Vie très privée de Monsieur Sim, Radin !) et les spectacles. 

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2. MAIGRET ET LA PRINCESSE

Première diffusion : 21/02/2003

D’après Maigret et les vieillards (1960) – Roman

Scénario : Pierre Granier-Deferre et Michel Grisola

Réalisation : Laurent Heynneman

Interprétation : Colette Renard (Jacqueline Larrieux), Micheline Boudet (Isy de Wissemberg), Guillaume Gallienne (Cormière), Pierre Aussedat (abbé Desnoyers), Pierre Diot (inspecteur Christiani), Jean-Paul Bonnaire (inspecteur Battesti), Mario Pecqueur (Alain Mazeron), Jacques Ciron (Dr Josserand), Marie-Thérèse Arene (Me Denise Aubonnet), Didier Raymond (Philippe de Wissemberg), Stéphane Auberghen (Claire Mazeron), Amalric Gérard (Eric de Wissemberg)

Résumé : Un ancien haut diplomate français est retrouvé mort, tué par balle et sa gouvernante, Jacotte, prétend avoir entendu s’enfuir l’assassin. Très vite, Maigret découvre que l’ancien diplomate entretenait une relation épistolaire enflammée, mais platonique, avec la Princesse de Wissemberg. Ce qui est étonnant c’est que l’époux de la Comtesse est justement mort, trois jours plus tôt…

Critique :

Maigret s’aventure parmi la noblesse. Ce n’est pas la première fois, mais il se montre ici plus que jamais impressionné par le monde qui l’entoure. Il se fait petit, presque humble, souhaitant déranger le moins possible cet environnement qui, au fond, le fascine depuis l’enfance. A son inspecteur qui lui reproche de ne pas assez bousculer ce milieu, il répond préférer jouer leur jeu, feutré, sans les brusquer, afin d’en apprendre davantage.

Alors l’enquête se déroule tranquillement, à rythme lent, comme souvent, prétexte aux longs silences de Maigret, tout perdu dans la lecture des lettres de la Princesse. Si c’est de ces dernières que viendra finalement la solution, simple, évidemment, il faudra tout d’abord égrener de longs monologues épistolaires chantonnés de la belle voix toujours mélodieuse de Micheline Boudet. Rayonnante comme au temps de la Comédie Française où elle s’illustra avec brio, elle impose un charme et une élégance rare partout où elle passe, emplissant même d’espace une pièce pourtant vide, dans une jolie scène très touchante à l’évocation des meubles de son ancien amour. Bien que toute entière dans le titre de l’épisode, on ne la voit finalement pas tant que cela, tout au plus quatre – longues – scènes où Bruno Cremer, pourtant immense à côté d’elle, paraît bien humble.

Mais bien plus que Maigret et la princesse¸ cet épisode, un peu suranné, un peu creux par moments, aurait gagné à conserver son titre originel de Maigret et les vieillards, tant c’est bien cette considération du temps qui passe, de la maladie et de la mort inéluctable, qui donne corps et sens à l’épisode, en la personne de feu le Comte de Saint-Hilaire et de sa gouvernante, la tourmentée et fanatiquement religieuse Jaquotte. Colette Renard se montre ici tout en nuances, apportant à son personnage une véracité jusque dans ses attitudes coincées et dévotes mais surtout dans un regard extrêmement expressif, jouant avec celui du commissaire qui apparaît bien dépassé par ces deux maitresses femmes.

A nouveau un intéressant épisode de femmes, auquel il manque un léger rythme, faute de rebondissements et d’une enquête insuffisamment soutenue.


Distribution

  • Colette Renard : (1924-2010) Chanteuse et actrice française, Colette Renard se rend célèbre en 1956 dans la comédie musicale Irma la douce, et passe plusieurs fois à l’Olympia et à Bobino aux côtés de Georges Brassens. Elle décroche deux disques d’or en 1982 et est connue pour refuser de chanter en playback à la télévision. Elle joue dans quelques films (Un roi sans divertissement, IP5) et de 2005 à 2009 dans Plus belle la vie dont elle était la doyenne.

  • Micheline Boudet : Née en 1926, elle entre à la Comédie Française en 1950 dont elle devient membre honoraire en 1972. Elle y multiplie les rôles espiègles, gouailleurs et se spécialise dans Marivaux. Elle forme la « fine équipe » aux côtés de Jacques Charron, Robert Hirsch, Jean Piat, Georges Descrières et Denise Gense. Après son départ du Français, elle se consacre au théâtre de Boulevard et à une importante carrière d’écrivaine.

  • Guillaume Gallienne : Né en 1972, il entre à la Comédie-Française en 1998, interprétant les classiques. Il est célébré par le grand public à l’occasion de la sortie du film Les garçons et Guillaume, à table !, adapté de son spectacle, qu’il réalise et remporte cinq Césars. On l’a vu depuis dans Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté et il met en scène l’opéra-bouffe La Cenerentola de Gioachino Rossini à l’opéra national de Paris.

  • Jean-Paul Bonnaire : (1943-2013) Figure bien connu du petit écran, éternel second, troisième et quatrième rôle, ce comédien au phrasé très particulier, était un habitué du cinéma de Jean-Pierre Mocky et des séries télévisées.

Informations supplémentaires :

  • Notons la très brève apparition de Jacques ciron, de retour dans la série après son rôle, plus consistant alors, dans les Caves du Majestic (Coffret 1, épisode 7)

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3. SIGNÉ PICPUS

Première diffusion : 30/06/2003

D’après Signé Picpus (1941) – Roman

Scénario et réalisation : Jacques Fansten

Interprétation : Martine Sarcey (Mme Lecloagen), Maurice Chevit (M. Lecloagen), Frédérique Bonnal (Mlle Roy), Olivier Pajot (M. Blaise), Florence Pelly (Berthe), Gérard Bôle du Chaumont (Mascouvin), Armelle Deutsch (Emma), Marc Dudicourt (M. Drouin), Matthias Van Khache (inspecteur Maury), Pierre Diot (inspecteur Christiani), Robert Plagnol (le juge), Philippe Meyer (directeur PJ), Dominique Marcas (Mme Biron), Ivan Avossa (Isidore), Luc Antoni (le garçon de café), Christophe Giordano (le policier bavard)

Résumé : Sur le buvard d’un café, un inquiétant message est découvert : « A 17 heures, je tuerai la voyante. Signé Picpus ». Le jeune inspecteur Maury, chargé de l’affaire, met sous surveillance les voyantes de Paris. Pourtant, l’inévitable se produit et une voyante est retrouvée assassinée chez elle. Dans sa cuisine fermée à clef, Maigret découvre un vieux bonhomme, hagard, un certain Lecloagen. Il prétend n’avoir rien vu, ni rien entendu…

Critique :

Signé Picpus est un merveilleux épisode, véritable petit joyau, parfaitement ciselé, réglé comme un mécanisme d’horlogerie ingénieusement huilé, peut-être le meilleur de toute la série.

Très justement récompensé du Grand Prix du télépolar de 2003 à Cognac, à l’instar de son ancêtre Maigret et le corps sans tête en 1992, ce film propose une véritable enquête policière, presque classique, pleine de rebondissements, de fausses pistes, un peu éloignée du schéma habituel des Maigret où l’imposant commissaire se heurte d’ordinaire à une personnalité forte et suspecte. Ici, non : nous nageons en plein mystère et il faudra attendre les dernières minutes pour que soit finalement révélé le nom du véritable assassin. Avant cela, c’est à un véritable ballet, finement orchestré par Jacques Fansten, que nous assistons. Le réalisateur et scénariste de l’épisode fait merveille, menant parfaitement son scénario, tout en subtiles touches, aux dialogues étincelants, à la réalisation audacieuse et au montage efficace.

Maigret se promène ainsi en plusieurs immeubles parisiens, dans les nouveaux locaux de la PJ – tout en bois fraichement vernis – et déambule au bord de l’eau dans une ravissante auberge des bords de Seine.  Ses rencontres pittoresques avec Mlle Roy ou M. Lecloagen sont autant de petits moments de bonheur, aux dialogues subtils et charmants, où un Maigret vif et à l’instinct aiguisé saisit au vol toutes sortes d’indices qui, mis bout à bout, assembleront un puzzle bien complexe de prime abord. Il est difficile de savoir où veut en venir le commissaire qui partage peu ses humeurs et impressions. Lorsque la vérité éclate enfin devant l’histoire du couple Lecloagen, on est soufflé par cette idée si simple mais si géniale en même temps et qui explique tout, ou presque. Il ne reste plus à Maigret qu’à en finir avec les véritables crapules de l’épisode, et l’affaire est emballée.

Ce qu’il y a de véritablement remarquable ici – et qui mérite bien cinq bottes sur quatre, pour marquer le coup – c’est que Signé Picpus marque une apogée dans la série, véritable condensé de tout ce qui en a fait son succès et sa longévité. On y retrouve le Maigret fin limier, enquêteur hors pair qui fraie aussi bien parmi les crapules cachées sous le vernis de la réussite que chez les petites gens besogneuses. On y voit encore les petits mensonges qui se transforment en énormités, propres aux cachoteries de bourgeois. On se délecte du Maigret flânant près de la rivière, attablé dans une auberge, la pipe à la bouche. On y revoit également le Maigret « raccommodeur de destinée » dans sa gestion de l’affaire entre Mascouvin et sa demi-sœur, toute de délicatesse et de mesure. Sans oublier encore Maigret et ses rapports avec la justice : il y avait bien longtemps que l’on n’avait vu dans la série un juge d’instruction aussi obtus, aussi stupide et aussi lamentable, ils nous avaient presque manqué ! Et la liste pourrait être encore plus longue : le coup de fil à Madame Maigret, la compassion du commissaire pour Lecloagen, les manipulations pour obtenir des aveux, etc.

C’est également l’occasion d’appréhender pleinement le nouveau Maigret, avec ses nouveaux inspecteur, Christiani et Maury ; sa nouvelle dégaine, en blaser léger et chemise ouverte, ayant abandonné le pardessus et même le manteau en ces chaudes journées estivales. A cette occasion, nous lui découvrons également un nouveau directeur, assez humain et compréhensif, petit ajout à la série, le temps de deux épisodes.

Véritable chef d’œuvre, Signé Picpus démontre la capacité d’une série à se renouveler et à redécouvrir parfaitement son ton et son esprit d’autrefois, tout en sachant se moderniser et intégrer la notion du temps qui passe. En effet, Bruno Cremer vieillit et Maigret aussi. Une affiche nous informe que nous sommes en 1954, rare datation dans la série, une autre nous informe que les élections législatives approchent et le Tour de France où s’illustre Louison Bobet ancre le récit davantage dans le réel qu’à l’ordinaire.

Maigret à son tout meilleur niveau.

Distribution

  • Jacques Fansten : Né en 1946, ce réalisateur, scénariste et producteur français a écrit et réalisé six longs métrages, de 1970 à 1997 dont le plus célèbre reste sans doute la Fracture du myocarde en 1990, ainsi que plusieurs téléfilms. Ancien assistant de Chabrol, il était l’assistant de Jean-Pierre Decourt, en 1968, pour l’adaptation d’un certain… Signé Picpus, dans la première série des Maigret avec Jean Richard. Il réalise également l’épisode suivant avec Bruno Cremer, Un échec de Maigret.

  • Martine Sarcey : (1928-2010) Cette comédienne française, bien qu’ayant beaucoup joué au théâtre, est surtout célèbre pour ses rôles à la télévision. On se souvient d’elle dans de nombreux feuilletons et sagas de l’été, tels la Porteuse de pain, Dolmen ou Engrenages. Comédienne de doublage, elle était la voix régulière d’Audrey Hepburn et doublait Elizabeth Montgomery dans Ma sorcière bien-aimée. En 1988, elle jouait aux côtés de Jean Richard dans les Enquêtes du commissaire Maigret, dans l’épisode le Notaire de Châteauneuf.

  • Maurice Chevit : (1923-2012) Fils d’une famille d’émigrés juifs polonais, il échappe à la Déportation en travaillant comme bucheron. Après plusieurs métiers manuels il débute au théâtre le lendemain de la guerre et fait sa première apparition au cinéma en 1946 sous la caméra de René Clément. Il écrit une pièce de théâtre en 1950 et tient de nombreux petits rôles jusque dans les années 60. Reconnu à plus de cinquante ans grâce au Coup de Sirroco et les Bronzés font du ski. Il est célébré par deux Molières et ne cesse de jouer jusqu’à ce que la maladie l’emporte.

  • Armelle Deutsch : Née en 1979, elle suit le Cours Florent à l’âge de 18 ans et est remarquée dans Le Placard de Francis Veber. Elle obtient son premier rôle important en 2004 dans Nos amis les flics et tient le rôle titre de la série Elodie Bradford.

  • Marc Dudicourt : Né en 1932, il est surtout connu pour son rôle dans les Aventures de Vidocq en 1972 et pour avoir débuté et être resté près de 20 ans dans la troupe de Roger Planchon. Chanteur, c’est un ardent défenseur de la chanson et de la langue française.

Informations supplémentaires :

  • Notons ici un nouveau bureau pour Maigret, temporaire, étroit, surchauffé et assez peu plaisant visuellement, mettant particulièrement mal à l’aise ses suspects. 

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4. UN ÉCHEC DE MAIGRET

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Première diffusion : 31/03/2003

D’après Un échec de Maigret (1956) – Roman

Scénario : Steve Hawes et Claire-Marine Level

Réalisation : Jacques Fansten

Interprétation : Jean-Luc Bideau (Fumal), Manuela Gourary (Mme Fumal), Isabelle Candelier (Louise), Daniel Laloux (Victor), Pierre Diot (inspecteur Christiani), Matthias Van Khache (inspecteur Maury), Gérard Croce (Gaillardin), Sophie Pincemaille (Martine Gilloux), Jacques Rosner (Joseph Guyonnet), Philippe Meyer (directeur PJ), Michèle Brousse (Mme Gaillardin), Miroslav Etzler (Félix)

Résumé : Fumal, ancien camarade de classe de Maigret, exige d’être reçu par lui. Il a récemment reçu des lettres de menace et, en haut lieu, on insiste pour que Maigret se charge de sa protection. Ce grand patron des boucheries parisiennes est un être odieux, détestable, dont Maigret n’a que de mauvais souvenirs. Bien à contrecœur, il commence son enquête sur Fumal alors que sa secrétaire lui révèle, sous le sceau du secret, que c’est l’homme d’affaires lui-même qui s’envoie les lettres anonymes. Le lendemain, Fumal est retrouvé mort.

Critique :

Nous poursuivons sur cette excellente lancée avec le très bon Un échec de Maigret, épisode sombre, hanté par la prestation de Jean-Luc Bideau en homme d’affaire affreux.

Le comédien donne toute son ampleur à ce monstre, véritable salaud de roman noir. Se prétendant un ami d’enfance de Maigret, celui-ci n’éprouve que mépris pour cet homme à la réussite folle, à l’ambition dévorante et à la haine féconde et communicative. Disparaissant au bout d’une petite demi-heure, le personnage a pourtant tellement eu le temps d’ancrer nos rétines qu’il nous semble le voir et même l’entendre à chacune de ses évocations par la suite. Ainsi, l’épisode réussit pleinement là où Maigret et le marchand de vin échouait dans le précédent coffret. A l’époque, l’erreur avait été de si peu montrer le personnage du salaud, si bien que l’empathie à son égard – agréable ou désagréable – ne fonctionnait pas, en dépit de la bonne prestation de Jacques Frantz. Ici, Jean-Luc Bideau s’en donne à cœur joie, cabotine presque ce rôle démesuré, parfaite ordure qui se croit tout permis et, de ce fait, se permet tout.

Alors, avec l’ombre de Fumal qui plane au dessus de sa tête, Maigret se met en chasse, mais tranquillement, sans en avoir l’air, afin de retrouver l’assassin qui lui est passé sous le nez. Le commissaire a beau se sentir – un peu – responsable de la mort de Fumal, il témoigne pourtant toute sa sympathie à toutes les victimes de ce dernier. Après tout, lui-même ne pouvait pas sentir le personnage. Il s’efforce de rendre la justice, oui, mais pas au-delà de certaines limites. La fin de l’épisode est claire là-dessus : Maigret laisse tranquille l’assassin et ne l’arrêtera pas. Le personnage a bien assez souffert comme cela.

Les interprètes apportent une grande sincérité et véracité dans ces personnages sous emprise. Mention spéciale à Daniel Laloux, dans le rôle du pauvre Victor, majordome usé, à Manuela Gourary dans le rôle de Mme Fumal, femme dévastée par un mari odieux, et à Isabelle Candelier dans le personnage de Louise Bourge, secrétaire terrorisée et humiliée. Tous ces excellents comédiens servent une fois de plus, mais c’est après tout la marque de la série, des dialogues hors pair, qui ravissent les oreilles et l’esprit.

Un bien bel échec pour Maigret.

Distribution

  • Jean-Luc Bideau : Acteur suisse né en 1940, Jean-Luc Bideau entre au Conservatoire de Paris en 1959. Acteur fétiche du cinéma Suisse dans années 70, il tourne sous la direction de Soutter, Tanner et Goretta. Il tourne en 1977 le Convoi de la peur, avec un certain Bruno Cremer. En France, il joue surtout pour Costa-Gavras, Mocky, Chabrol et Tavernier. Présent à la Comédie-Française de 1988 à 1998. Sa carrière prend un nouvel essor de 1998 à 2002 avec la série H, qui lui laisse pourtant de bien mauvais souvenirs de tournage. Remarqué dans ainsi soient-ils, il tourne toujours autant pour la télévision et le cinéma, sans dédaigner le théâtre.

  • Daniel Laloux : Né en 1937, ce musicien, chanteur et acteur Français, débute très tôt une carrière de musicien-chanteur dans les cabarets de la Rive Gauche. Son premier album est censuré à la radio après s’être moqué du ministre de la Culture de l’époque, André Malraux. Il joue dans quelques comédies et gros succès au cinéma (L’Entourloupe, Les malheurs d’Alfred, Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ, les Rois du gag) et réalise l’unique film de sa carrière en 1983 : Un bruit qui court.

  • Gérard Croce : Acteur, producteur, scénariste et assistant réalisateur né en 1947, il est notamment le plus fidèle des collaborateurs de Max Pécas et apparaît dans nombre de ses films. Il se fait connaître du grand public avec les Charlots. Son plus grand rôle reste celui de l’ignoble épicier Maigrat [sic !] dans Germinal de Claude Berry. Il produit la série Léa Parker et Sidney Fox, l’aventurière. En 1978, il aborde déjà l’univers de Maigret aux côtés de Jean Richard dans Maigret et le tueur.

  • Jacques Rosner : Né en 1936, ce comédien et metteur en scène Français collabore avec Roger Planchon de 1953 à 1970. Directeur du Centre dramatique national du Nord à Tourcoing en 1971, puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Il le modernise, supprime le concours de sortie et renouvelle la formation des futurs comédiens. Il n’a joué en tout et pour tout que dans un film pour le cinéma et fait seulement quatre apparitions à la télévision. En revanche, il est un metteur en scène très prolifique sur les planches, où il met aussi bien en scène les classiques (Molière, Shakespeare, Tchekhov, Hugo, O’Neil) que les modernes (Bergman, Navarre, Wesker). 

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5. L’AMI D’ENFANCE DE MAIGRET

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Première diffusion : 29/09/2003

D’après L’ami d’enfance de Maigret (1968) – Roman

Scénario : Laurent Heynemann et Pierre Fabre

Réalisation : Laurent Heynemann

Interprétation : Roger-Pierre (Léon Florentin), Marianne Groves (Mme Blanc), Hubert Saint-Macary (François Belin), Philippe Morier-Genoud (Victor Lamotte), Pierre Diot (inspecteur Christiani), Jean-Paul Bonnaire (inspecteur Battesti), François Feroleto (Jean-Luc Valois), Yves Lambrecht (Juge Rigon), Jean-Claude Calon (Dr Paul)

Résumé : Un camarade d’enfance de Maigret, Léon Florentin, supplie Maigret de lui venir en aide. Sa bonne amie, Joséphine Papet, a été assassinée. Maigret écoute les sollicitations de Florentin, qui prétend ne rien savoir de l’affaire, mais très vite Maigret s’aperçoit que son ancien camarade de classe lui ment comme un arracheur de dents, et ce, à tout propos.

Critique :

On ne quitte plus les camarades d’enfance pour Maigret, et, si cela peut apparaître comme une redite par rapport à l’épisode précédent, voire créer la confusion, n’oublions pas qu’à l’époque de sa diffusion, non seulement six mois s’étaient écoulés mais encore Signé Picpus avait été inséré entre les deux. Jugeons donc l’épisode pour ce qui est.

Tout repose, ou presque, sur les épaules de Roger Pierre, cabot au possible mais le personnage s’y prête parfaitement. Personnalité d’apparence sympathique et sincère, Maigret semble réellement heureux de le retrouver de prime abord, il se découvre menteur, veule, lâche, manipulateur et pathétique. Rarement on aura vu Maigret éprouver une telle déception face à un être humain, mais le fait qu’il s’agisse d’un camarade d’enfance y est sans doute pour beaucoup.

L’enquête en elle-même est menée au train tranquille des Maigret auxquels s’ajoutent les nombreuses – mais savoureuses – digressions provoquées par Florentin. Son numéro d’attendrissement de ses victimes, de ses coups de gueule lancés aux inspecteurs de la PJ suivis de son apparent repentir devant ce qu’il vient de faire sont autant de moments drôles et réjouissants, rythmant un épisode intelligent dont il n’est pas aisé de deviner la solution. De nombreux suspects, hauts en couleur, compliquent l’affaire et Maigret ne coincera le coupable qu’au petit bonheur la chance. Le mobile du meurtre, où l’on en revient une fois de plus à Roger Pierre, place Maigret une fois de plus en redresseur de tort, rôle qui enveloppe parfaitement Bruno Cremer, tout de sourde compassion et de compréhension. Plus le temps passe, plus le commissaire se tait mais se montre impitoyable envers ceux qui trompent, trahissent ou se veulent maitre-chanteurs.

De beaux décors parisiens – enfin, Pragois – allant du petit immeuble de quartiers, à une boutique d’antiquaire en désordre en passant par un beau restaurant et un jardin public, égaient de belles promenades estivales en compagnie de comédiens, comme toujours, au cordeau. Nous redécouvrons au passage, et avec plaisir, l’ancien bureau de Maigret, agrandi, modernisé, et doté de vitres fumées donnant sur les couloirs de la PJ.  

A nouveau, un très bel épisode, du Maigret en pleine forme.

Distribution

  • Roger-Pierre : (1923-2010) Particulièrement célèbre pour son duo comique formé avec Jean-Marc Tibault, il coécrit la « causerie antialcoolique » avec Bourvil, interprété par ce dernier. Il fut l’un des tous premiers sociétaires des Grosses Têtes et d’une fidélité extrême. Il joue dans quelques pièces comme la Soupière de Robert Lamoureux, et films (Mon oncle d’Amérique) et incarne son dernier rôle à la télévision dans cet épisode de Maigret.

  • Marianne Groves : Actrice franco-canadienne, traductrice et parolière, Marianne Groves fait ses débuts comme figurante chez Roger Planchon. Auteur et metteur en scène, elle est parolière pour Yodelice. Elle publie son premier roman en 2014.

  • Philippe Morier-Genoud : Né en 1944, ce comédien débute au théâtre avant de passer au cinéma sous la direction de François Truffaut qui le découvre dans la Femme d’à côté puis vivement dimanche. Il tourne pour des réalisateurs prestigieux comme Rivette, Malle, Boisset, Rappeneau, Bertolucci, Verneuil, Tavernier ou Desplechin. Très actif au théâtre, il apparaît à deux reprises dans la série Kaamelott dans le rôle de Bohort de Gaunes père et retrouve la troupe à Alexandre Astier pour Astérix : le domaine des dieux, prêtant sa voix à Jules César. On l’avait déjà vu dans Maigret et la vieille dame (Coffret 3, épisode 1)

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6. LES SCRUPULES DE MAIGRET

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Première diffusion : 13/02/2004

D’après Les scrupules de Maigret (1957) – Roman

Scénario : Pierre Granier-Deferre, Michel Grisola et Pierre Joassin

Réalisation : Pierre Joassin

Interprétation : Georges Siatidis (Xavier Marton), Pascale Arbillot (Gisèle Marton), Florence Hebbelynck (Jany), Olivier Darimont (inspecteur Lambert), Renaud Rutten (inspecteur Vandermeulen), Michel Guillou (commissaire Deruyter), Jean-Michel Vovk (Harris Schwob), Anne Carpriau (la concierge de l'hôtel)

Résumé : Maigret est en Belgique, pour recevoir une récompense suite à l’arrestation d’un criminel. Pendant le gala suivant la cérémonie, il est abordé par un homme au comportement étrange, Xavier Marton, qui prétend que sa femme souhaite l’assassiner. Intrigué, Maigret retarde son retour en France, sous le coup d’une intuition, et commence une enquête, bien loin de sa juridiction. Il commence par s’intéresser de plus prêt à la personnalité de Marton, obsédé par les maquettes de train, qui vit dans un pavillon de banlieue entourée de sa femme, Gisèle et de la sœur de cette dernière, Jany. Entre eux trois règne une atmosphère électrique…

Critique :

Un Maigret déplacé en Belgique, pour les besoins de la coproduction internationale de la série, qui voit Maigret recevoir une récompense pour services rendus. Qu’il fait plaisir de voir la subtilité de Bruno Cremer, tout en nuance, gêné de tant de sollicitations, passer ensuite à la stupeur et à l’incompréhension devant le personnage de Marton, pour ensuite prendre les affaires en main, s’amuser à écorcher le nom d’un des inspecteurs qu’on lui a confié et enfin dévoiler une vérité triste, terrible mais si réaliste.

L’affaire paraît longue à démarrer, de prime abord. Maigret enquête sur un soupçon, un instinct, une intuition, sans mandat, loin de sa juridiction, se heurtant bien vite à la police belge, peu encline à le laisser piétiner leurs plates-bandes. Et puis, il n’y a pas de crime, jusque-là, tout juste les soupçons d’un personnage halluciné, persuadé que sa femme veut sa mort. Mais Maigret ne lâche rien, et, pendant juste une heure, le spectateur attend que quelque chose se passe : Marton va-t-il bel et bien mourir, comme il le craint ? On ne s’ennuie pas une seconde pendant cette attente, bien au contraire. La tension monte, palpable, tant la personnalité tourmentée de Marton est fascinante. Personnage obsessionnel, ne vivant que pour ses maquettes de trains – magnifiques du reste – il est incapable d’assumer et d’assurer une vie de couple normale à laquelle sa femme semble tenir. Homme-enfant, il fascine sa belle-sœur, amoureuse jusqu’à la folie, et ne lui renvoie que mépris et indifférence.

Lorsque le crime survient, brutal, presque inattendu – tant on l’a, justement, attendu – les suspects sont minces et on devine bien vite la vérité. Mais qu’importe : le plaisir de l’épisode est ailleurs, dans la peinture de ce triangle « désamoureux », auquel se greffe un amant arrogant et méprisable, que Maigret remettra bien à sa place.

C’est une belle démonstration de ce que l’obsession peut avoir de ravageur : obsession de Marton, donc, pour les maquettes, l’empêchant de grandir et de s’assumer en tant qu’homme, mari et amant ; obsession de sa femme pour la fuite, pour vivre en tant que femme, s’assumer et s’émanciper ; obsession de sa belle-sœur à son égard, dévorante, folle, excessive, conduisant à l’irréparable ; et même obsession de Maigret pour ce pauvre type, qui s’acharne, s’entête à le croire quand tout tendrait au contraire à le fuir comme la peste.

Enfin, cet épisode reflète bien l’obsession personnelle de Simenon : l’être humain dans ce qu’il a de plus terne, cette nature humaine qu’il a passé sa vie à dépeindre dans son œuvre.

Encore un très grand cru.

Distribution

  • Georges Siatidis : Acteur Belge né en 1963, on le voit dans Mon colonel, Largo Winch 2 et le Pantalon d’Yves Boisset.

  • Pascale Arbillot : Née en 1973 cette comédienne commence des études à Sciences Po avant de se tourner vers la comédie. Elle commence au théâtre, où elle revient régulièrement et à la télévision (Navarro, Julie Lescaut, Nestor Burma, Les Cordier, la Crim’, Merci les enfants vont bien). En 2011 elle interprète le rôle principal de Une pure affaire.

  • Florence Hebbelynck : Comédienne Belge, on la voit dans le Monde de Marty, Entre terre et mer, Enfermés dehors ou encore Section de recherche.

Informations supplémentaires :

  • L'épisode a été tourné en Belgique, dans la Galerie de la Reine à Bruxelles, et dans les communes de Woluwé, Saint-Pierre et Schaerbeck.

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7. MAIGRET ET LES PETITS COCHONS SANS QUEUE

Maigret 5 7

Première diffusion : 29/03/2004

D’après Les petits cochons sans queue (1946) – Nouvelle

Scénario : Steve Hawes et Claire Level

Réalisation : Charles Nemes

Interprétation : Vahina Giocante (Germaine Blanc), Roger Souza (le commissaire Pardi), Thérèse Liotard (la comtesse), Karim Adda (l'inspecteur Launay), Laurence Lerel (Thérèse), Réginald Huguenin (Le Gentil), Philippe Landoulsi (Freddie), Julio A. Casanova (Pepe Alban), Miriam Learra (Madame Alban), Max Alvarez (Max Asis), Jorge Luis Lopez (l'arbitre), Nelson Rodriguez (l'animateur), Alexis Rivera (le policier 1), Franck Reyes (le policier 2), Montse Duany (la servante), Jamil Jaled (Joe Asis), Rodolfo Faxas (Paul Asis), Alberto Gonzales (Marcel Blanc), Freddy Betancourt (Robert Pernaud), Grupo Havana Soul (Musiciens), Charles Nemes (le docteur Racollet), Hoang Le Van (le barman salle de boxe)

Résumé : Dans le Sud de la France, Maigret s’intéresse à la disparition d’un ancien boxeur, reconverti en journaliste, Marcel Blanc. Son épouse, Germaine, est sans nouvelle de lui et son amie, Thérèse, sollicite l’aide de Maigret. Ce dernier découvre bien vite que Marcel est sans doute mêlé à une histoire louche, à base de trafic d’œuvre d’art…

Critique :

Maigret et les petits cochons sans queue est, à nouveau, l’adaptation d’une nouvelle de Simenon dans laquelle n’apparaît originellement pas Maigret – comme Meurtre dans un jardin potager – et qui s’en tire à nouveau avec les honneurs.

Tourné à Cuba, l’épisode se déroule dans le Sud de la France et Maigret s’intéresse au cas, un peu particulier, de la disparition d’un jeune reporter qui a laissé sa femme sans nouvelle de lui. Mais cette dernière, qui n’est pas sans rappeler Félicie de La Maison de Félicie dans son comportement, « déteste les flics » et tente en fait d’égarer Maigret dans son enquête. Si ces jeux sont, à la longue, quelque peu répétitifs et ennuyeux, Vahina Giocante est parfaite dans ce rôle et on finit par la prendre en sympathie, comme Maigret, qui, une fois de plus, va jouer au raccommodeur de destinée.

Maigret s’aventure dans les mondes interlopes de la boxe et de l’art qui se croisent sans cesse sans jamais vraiment se rencontrer. Faute à une scène introductive bien trop explicite, il nous manque ici le petit mystère qui nous ferait réellement nous passionner pour l’épisode. En en montrant trop, dès le départ, le film rate le coche et nous attendons, sans déplaisir pour autant, une histoire somme toute banale de gangsters et de trafic d’art. Et, une fois connue la signification de l’étrange titre de l’épisode, l’intérêt s’étiole un peu plus à mesure que les minutes passent.

Un peu long, mais loin d’être complètement raté, Maigret et les petits cochons sans queue ne manque pas de charme ou d’élégance. Les plans sont léchés, les décors splendides et les lumières tamisées des nuits agitées des salles de boxe sont splendides. Mais ce scénario reste tiré d’une nouvelle et manque de fond et de matière pour être totalement réussi. Heureusement, la réalisation, comble les manques.

Distribution

  • Vahina Giocante : Actrice française d’origine Andalouze et Corse elle décroche à 14 ans le premier rôle de Marie Baie des Anges en 1997. Danseuse à l’Opéra de Marseille entre 1996 et 1998, elle joue souvent des personnages sensuels, voire érotiques (Le Libertin, Pas de scandale, Lila dit ça). On la voit encore dans Blueberry, l’expérience secrète, 99 francs, Bellamy et joue le rôle titre dans le téléfilm Mata-Hari.

  • Roger Souza : Né en 1942, ce comédien et réalisateur d’origine portugaise est un habitué du cinéma d’auteur. Au théâtre, il joue notamment pour Roger Planchon et réalise son premier long métrage en 2016 : les étoiles de papier.

  • Thérèse Liotard : Actrice française née en 1949, elle débute à la télévision comme speakerine. Elle tourne au cinéma sous la caméra de Patrice Leconte, Claude Sautet, Yves robert ou Bertrand Tavernier.

  • Karim Adda : A l’origine acteur (il a un rôle régulier dans Caméra Café), il participe depuis à la production et à l’écriture de la série Scènes de ménage.

Informations supplémentaires :

  • L’épisode est tiré d’une nouvelle où n’apparaît pas le personnage de Maigret.

  • Maigret et les petits cochons sans queue a été tourné à Cuba.

  • Le réalisateur de l’épisode, Charles Nemes, fait une petite apparition dans le rôle du docteur Racollet.

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