saison 5 saison 1

Clair de Lune

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A PARTAGER! LES GÉNÉRIQUES CULTES DE SÉRIES TV - Clair de Lune (Saison 2)Fan de Clair de Lune? Retrouvez notre dossier complet sur la série culte avec Bruce Willis et Cybille Shepherd par Clément Diaz sur Le Monde des Avengers:http://theavengers.fr/index.php/hors-serie/annees-1980/clair-de-lune-1985-1989Rejoignez la discussion sur Clair de Lune sur notre forum: http://avengers.easyforumpro.com/t4364p330-serie-clair-de-lune

Posted by Le Monde des Avengers on Thursday, October 15, 2015

Clair de Lune (Moonlighting en VO) est une série comique et policière américaine. Constituée de 5 saisons totalisant un pilote de 90 minutes, et 65 épisodes de 42 minutes. Créée par Glenn Gordon Caron en 1985, et diffusée aux Etats-Unis sur le réseau ABC jusqu’en 1989, année de son arrêt.

La série raconte le jeu de cache-cache amoureux, de tension sexuelle explosive, au sein d’un duo d’enquêteurs : Maddie Hayes (Cybill Shepherd) et David Addison Jr (Bruce Willis), dirigeants de l’agence de détectives Blue moon. Avant, pendant, et après leurs enquêtes policières totalement loufoques, leur principale occupation consiste en effet à nier leurs sentiments l’un envers l’autre en s’engueulant continuellement. Le duo est parfois assisté dans leurs tâches par Agnès Topisto (Allyce Beasley), une standardiste qui aime s’exprimer en vers, et, à partir de la saison 3, par un jeune employé plein d’ambition : Herbert Viola (Curtis Armstrong).

I. Prologue

II. Remington Steele : prélude à Moonlighting

III. Clair de Lune : une série révolutionnaire

            1. David et Maddie : le modèle du couple mixte de la série télévisée moderne

            2. Une série à dialogues

            3. Le triomphe du burlesque

            4. Le Quatrième mur : un tabou télévisuel fracassé

            5. Naissance de la dramedy : forme comique/fond dramatique

            6. Le Syndrome Clair de Lune

            7. Une BO du tonnerre

IV. Que sont-ils devenus ?

I. Prologue

Retournez la jaquette d’un DVD de série, il y’a 9 chances sur 10 pour qu’il y soit inscrit : « série culte », ou « série qui a révolutionné la télévision », ou mieux : « série culte qui a révolutionné la télévision ». Inutile de dire que la plupart du temps, c’est une publicité mensongère. Bien peu de séries peuvent se targuer d’avoir eu une aura telle qu’elle a profondément influencé des séries futures. Mais dans le cas de Clair de Lune, on peut sans hésiter dire qu’elle fait partie de ce cercle très privé.

Moonlighting est une des grandes séries des années 80. La mise en scène, le soin accordé à la BO, et la description d’un Los Angeles lumineux et brillant, sont profondément ancrées dans leur époque. Suivie assidûment par un public large (atteignant 60 millions de spectateurs à la fin de la saison 3), elle fut l’objet d’une attention soutenue de la part des médias, comme en témoignent journaux et magazines de l’époque. Alors pourquoi cette série eut un tel succès et est encore analysée, décortiquée aujourd’hui ? Parce qu’elle a véritablement révolutionné la télévision, et nous allons apprendre comment.

II. Remington Steele : prélude à Moonlighting

Le génie, c’est aussi améliorer plutôt qu’inventer. Si Clair de Lune a certes apporté beaucoup d’innovations, elle a amélioré aussi des idées créées dans un autre show : Les enquêtes de Remington Steele (Remington Steele en VO), lancée en 1982.

Cette série de Michael Gleason et Robert Butler - réalisateur du pilote de Clair de Lune - mettait en scène des enquêtes policières aussi légères que des bulles de savon pour mieux se focaliser sur son couple vedette : la détective Laura Holt (Stéphanie Zimbalist), et un cambrioleur repenti surnommé Remington Steele (Pierce Brosnan, qui allait bientôt enfiler le smoking de James Bond). Le charme de ce duo, tout en douceur, quitte à être trop sucré par moments, est le principal intérêt de cette série.

Un duo mixte détonnant, l’idée était peu répandue mais pas nouvelle : le couple fondamental de Chapeau melon et bottes de cuir, John Steed-Cathy Gale (1963) est la matrice de tous les couples de séries télé : tension sexuelle et rapports conflictuels n’excluant pas le respect mutuel. Cependant, dans le cas des Avengers, cette plaisante relation est toujours un « à-côté » et non l’axe principal de la série. Le déplacement du centre de gravité de la série policière de l’enquête aux personnages est une mode qui ne sera lancée que plus tard : d’abord par Les Drôles de Dames, puis par le couple marié de Pour l’amour du risque, et, dans une certaine mesure, le détonnant duo de Mission Casse-Cou. Remington Steele est non seulement la première série à se concentrer sur le couple plutôt que les enquêtes, mais va surtout incorporer dans le policier la comédie. En particulier la screwball comedy (voir plus loin). Ces nouveautés vont être reprises, développées, et poussées au sommet par Clair de Lune.

Un jeune scénariste, Glenn Gordon Caron, participe à l’écriture et à la production de la première saison de Remington Steele. Mais il la quitte bientôt car il a des projets plus ambitieux. Devant le succès de la série, ABC lui commande en 1985 une série qui serait similaire, avec un couple aussi sucré que Holt et Steele, ou Jonathan et Jennifer Hart. Mais cette conception aseptisée d’un duo mixte ne sied guère à Caron qui écrit un pilote plus proche de ses idées : un couple conflictuel, électrique, dont les disputes perpétuelles sous-tendent une puissante mais niée attirance. ABC émet bien quelques protestations, mais reconnaît l’audace de l’auteur, et lui donne le feu vert.

Penchons-nous maintenant sur la série en elle-même :

III. Clair de Lune : une série révolutionnaire

Clair de Lune repose en partie sur le modèle de la screwball comedy : il s’agit d’un genre cinématographique américain qui fit fureur pendant les années 30. Les films appartenant à cette mouvance centralisent leurs histoires sur un couple improbable et conflictuel. Piégés dans un engrenage infernal d’aventures burlesques, ce couple est forcé de cohabiter, pour le meilleur et surtout pour le pire. Il s’agit donc d’un mélange de farce et de comédie romantique. Parmi la galerie de chefs-d’œuvre qu’a produit le genre, le joyau le plus emblématique est certainement l’hallucinatoire L’Impossible Monsieur Bébé d’Howard Hawks (1938). Clair de Lune peut être définie comme étant une série Screwball comedy. Par ailleurs, la priorité tant dans la série que dans ses modèles, c’est le couple, davantage que leurs aventures. Aussi ne sera-t-on pas étonné si plus d’un tiers des épisodes de la série ne contiennent aucune enquête : ce n’est pas le plus important. On peut discerner dans la série pas moins de sept innovations ou améliorations qui ont profondément influencé les séries futures, jusqu’à aujourd’hui.

1. David et Maddie : le modèle du couple mixte de la série télévisée moderne

Aujourd’hui, nombreuses sont les séries qui mettent en avant des couples mixtes dont la tension sexuelle en suspens est une, si ce n’est la raison d’être. Malgré The Avengers et Remington Steele (sur un mode plus doux) il revient bien à Clair de Lune l’honneur d’avoir durablement lancé cette mode. La relation entre les deux personnages est si intense, dévastatrice même, qu’elle a marqué les esprits. Jamais un couple ne s’était autant disputé avec tant de passion et parfois de violence. En contraste, quelques plages de calme exhalent un parfum romantique pénétrant. L’équation de Glenn Gordon Caron est déséquilibrée car les passages « furieux » sont clairement plus présents que les passages « doux ». Cela donne un dynamisme à peu près inégalable. C’est pour cette raison que les couples de série futurs ne tenteront pas de rivaliser avec David et Maddie dans le domaine "furioso" et partageront plus équitablement les moments de tension et de détente. Ainsi, ils seront parfois plus profonds psychologiquement que Dave and Mad’. Mais pour les disputes et la passion sous-jacente, Clair de Lune demeure bien le modèle du genre.

2. Une série à dialogues

Une des caractéristiques importantes de la série est une profusion de dialogues acérés, débités à un tempo effréné. Il s’agit là d’une des caractéristiques de la screwball comedy où les personnages font du ping-pong verbal très serré. L’effet produit relève autant de la comédie (les répliques claquent à chaque fois) que de la tension (chacun veut prendre le dessus sur l’autre). Les mots sont en effet l’arme favorite de la guerre des sexes. Clair de Lune n’hésite pas à compliquer la tâche en demandant à ses comédiens de parler parfois en même temps dans un effet de « climax ». En cela, la série s’inspire d’un autre bijou de la screwball comedy : La dame du vendredi d’Howard Hawks (1940) où les dialogues se marchent sur les pieds. Le débit atteint est alors de 240 mots par minute (deux fois et demi le débit d’une conversation normale !) sans qu’une quelconque lassitude se fasse sentir. Les scénaristes de la série seront suffisamment doués pour relever le gant. L’importance des dialogues est telle que si un script d’épisode de 45 minutes fait ordinairement 50 pages, pour Clair de Lune, il en faudra 90, voire 100 !

Cette innovation montre la force des dialogues dans une série. Aujourd’hui, les dialogues comptent autant, sinon davantage que les scénarios. Les plus grands scénaristes américains retiendront la leçon. En premier lieu Aaron Sorkin (A la maison blanche), spécialiste des dialogues mitraillette - plus dans un but de tension que de comédie - ou encore David E. Kelley (Ally McBeal), roi des mots d’auteur et des aphorismes assassins, et qui n’hésite pas également à faire se parler en même temps les personnages. La série adolescente Gilmore Girls créée par Amy Sherman-Palladino, ou la tourbillonnante Scandal de Shonda Rhimes devront leur succès en grande partie à leurs échanges fougueux et frénétiques, héritiers de Moonlighting et de la screwball comedy.

3. Le triomphe du burlesque

Malgré son origine américaine, la série est dotée d’un humour délirant qui évoque le fameux nonsense anglais. Les enquêtes dans lesquelles nos héros sont embarqués n’ont pas la moindre importance (sauf pendant la dernière saison) car elles ne servent que de McGuffin pour imaginer des séquences loufoques. Il en est ainsi des scènes finales par exemple (poursuite en fauteuil roulant, bagarre sur un trampoline…). Des gags massifs au kilomètre semblant être sortis d’un générateur infernal en roue libre. Et puis, il y’a le personnage de David Addison que Bruce Willis transfigure en machine à rire non stop. On a rarement vu un acteur capable de déchaîner le rire dès qu’il apparaît (l'exemple le plus récent serait Alec Baldwin dans 30 Rock). De quoi regretter que ce comédien surdoué n’ait pas continué dans cette voie.

Le slapstick, les quiproquos improbables, les parodies… la série ne se pose aucune limite.

4. Le Quatrième mur : un tabou télévisuel fracassé

Regardez la scène d’un théâtre, combien de murs voyez-vous ? Trois : à gauche, au fond, à droite. Le Quatrième mur désigne en fait le mur invisible qui sépare les spectateurs des comédiens. Les acteurs jouent leur rôle sans se préoccuper de la présence du public alors que ce dernier, lui, les regarde, comme à travers une glace sans tain. Les comédiens ne doivent normalement pas parler au public ou mentionner le monde réel. Transgresser cette règle revient à « casser » le Quatrième mur. Cette rupture du « contrat » entre l’artiste et le spectateur est un tabou dans la fiction. De tels précédents dans le théâtre classique sont extrêmement rares (le monologue d'Harpagon dans l’acte IV de L’Avare de Molière).

Les films et les séries ont rarement cassé le 4e mur. Le moyen le plus fréquent consiste à laisser un personnage interpeller directement le public. Il en est ainsi des débuts des quatre premières saisons du Saint. Les Avengers ont cassé deux fois ce mur : à la fin de Rien ne va plus dans la nursery (saison 5), et Visages (saison 7).

Mais Clair de Lune va aller beaucoup plus loin, et inventer de nouvelles manières de briser ce mur à partir de la saison 2 : un personnage se trompe dans le scénario, mentionne la pub qui vient de passer, les scénaristes lancent un préavis de grève, Maddie et David lisent le courrier des lecteurs, saluent le réalisateur… Car à la différence de tous les autres personnages de série télé, les héros de Clair de Lune SAVENT qu’ils sont des personnages fictifs ! Bref, de grands moments de n’importe quoi hilarants. Mais la série va utiliser le 4e mur non seulement pour un effet comique mais surtout pour rendre hommage au spectateur. Les plus longs cassages de 4e mur (jusqu’à huit minutes dans les finales des saisons 2 et 5 !!) sont un grand cri d’amour de la série au public qui la regarde : chant de Noël entonné par toute l’équipe, salutations enthousiastes, parole donnée directement à des fans de la série, etc. Clair de Lune est peut-être la série qui a le plus manifesté son amour pour son public.

Ce tabou demeure aujourd’hui très fort. Mais quelques séries l’ont repris comme Malcolm, Journal intime d’une call-girl, Earl… cependant, la seule série qui à ce jour rivalise avec Clair de Lune dans ce domaine est Boston Justice de David E. Kelley. Les personnages de cette série, comme ceux de Moonlighting, savent qu’ils sont des personnages de série, et utilisent ce moyen hilarant pour le rappeler. Sans que le 4e mur ne soit vraiment brisé, Supernatural entretient un lien alchimique avec son public grâce à de nombreux méta-récits faisant référence au monde réel.

5. Naissance de la dramedy : forme comique/fond dramatique

Une analyse plus poussée des rapports entre David et Maddie laisse entrevoir des gravités insoupçonnées. Microcosme de la communication difficile entre les hommes et les femmes, la série dresse un bilan souvent amer de leur relation. David et Maddie ne se rejoignent en fait que dans leur fuite des rapports amoureux, enfermés dans leur orgueil, dans leur peur de s’abandonner, et surtout de l’incompréhension de l’Autre. De plus, tous les efforts de l’un pour se rapprocher de l’autre conduisent à des catastrophes certes hilarantes, mais révélateurs du fossé qui les sépare. A plus grande échelle, l’esprit masculin, plus direct, se casse les dents sur l’esprit féminin, plus subtil, et vice-versa. Même après la concrétisation de leur relation, Maddie et David seront incapables de maintenir une relation stable. Au-delà de leurs crises burlesques, l’amertume demeure. Et le finale de la série, en suspens, ambigu, ne résout rien.

A l’inverse, le duo secondaire de la série (Agnès et Herbert), malgré des dissensions rappelant celles de leurs patrons, est bien plus apaisé. Le parallèle entre ces deux couples est d'une ironie cruelle envers David et Maddie. De plus, certains épisodes ne sont pas du tout drôles et sont même d’une noirceur confondante, prouvant l’aisance de la série à passer du rire aux larmes. Le charisme des comédiens et l’épaisseur psychologique des personnages autorisent de sublimes moments d’émotion, loin des rires habituels. Certains épisodes de la série traitent également de sujets graves - surtout dans la dernière saison - : artificialité du mannequinat, harcèlement sexuel au travail, perte d'un enfant, etc.

Clair de Lune est ainsi une des premières séries à risquer ce mélange comédie/drame avec autant de réussite, connu désormais sous le nom de dramedy. Elle embarrassa d'ailleurs les Emmy awards (les Oscars) car ce mélange les rendait éligibles dans les catégories comique ET dramatique ! Et en effet, la série totalisa jusqu'à 16 nominations en 1986 !! Cela obligea d'ailleurs la cérémonie à revoir ses critères de sélection. Depuis, il n’est pas anodin que la majorité des succès télévisuels soient depuis la fin des années 80 des dramedies (comme les sitcoms mais pas seulement). Le public est doublement satisfait : il rit, et est solidaire de personnages émouvants qui le touchent.

6. Le Syndrome Clair de Lune

La série est aussi renommée pour son fameux « syndrome » (Moonlighting curse en anglais). Dans une série mettant en scène un couple qui se tourne autour, la tension sexuelle fulgurante est le principal atout de la série. Si les deux personnages couchent enfin ensemble, la tension est brisée, et le spectateur n’est plus passionné. Conséquence : chute d’audience, et annulation à court terme (quoique récemment les séries Bones et Castle sont parvenues à continuer comme si de rien n'était, ce qui est étonnant, les séries ayant indéniablement perdu de leur intérêt après le passage à l'acte). C’est dans ce piège redoutable, très difficile à éviter, qu’est tombé en premier Moonlighting, à la fin du 14e épisode de la 3e saison (I’m curious… Maddie).

Cependant, il convient de noter un point capital : ce n’est pas le syndrome en lui-même qui cause la chute de la série, mais ses conséquences narratives : il va presque toujours de pair avec une panne d’idées de la part des scénaristes qui, impuissants à remettre de la tension sexuelle, n’ont plus d’inspiration pour continuer sur la même lancée. Dans le cas de Clair de Lune, la saison 4 (post-coïtum) va se traîner dans le soap opera le plus ennuyeux, et il faudra des rebondissements improbables et peu crédibles pour que la série revienne à son meilleur niveau. Mais à ce moment-là, le public, trop impatient, se sera éloigné.

Presque toutes les séries mettant en scène un duo mixte sont tombés dans le panneau : Madame est servie, Loïs et Clark, Dr.House (dans une moindre mesure), etc. Signe qu’aujourd’hui encore, il est difficile d’échapper à ce syndrome. Il existe certes des séries qui ont évité l’écueil, mais elles sont rares : Chris Lorenzo meurt quelque temps après avoir fait l’amour avec Rita Lee Lance dans Les dessous de Palm Beach, Angel se transforme en vampire maléfique pour avoir osé connaître le bonheur parfait dans les bras de La Tueuse (Buffy contre les vampires), etc. De nos jours, trouver une porte de sortie à ce syndrome demeure un exercice périlleux.

7. Une BO du tonnerre

Jusqu’en 1985, l’accompagnement musical des séries se limitait aux compositions originales, écrites spécifiquement pour tel ou tel épisode. Quelques chansons extérieures peuvent être présentes, mais Clair de Lune est la première à autant utiliser des chansons « extérieures » pour donner une variété, un coloris différent de l’instrumental habituel (Fame avait certes ouvert la voie mais est à part car état une série musicale). En plus des musiques d’Alf Clausen, toujours de qualité, on entend souvent des standards soul, pop, jazzy, voire disco tardif, des Eighties : The Temptations, Billy Joel, Ray Charles, Les Ronnettes… qui ancrent pleinement la série dans son époque, mais sont surtout là pour renforcer l’impact émotionnel de certaines scènes. La haute qualité de cette musique fait qu’elle supporte très bien l’épreuve du temps bien des décennies plus tard, et n’a donc pas vieillie. Dans l’ensemble, Clair de Lune est baignée par une esthétique très jazzy.

Une autre innovation fut d'insérer des numéros musicaux dans quelques épisodes, auxquels les acteurs participaient. Ce qui fera le miel de bien de séries futures qui aimeront insérer des scènes musicales. Cette nouveauté sema les premiers graines qui aboutirent plus tard à des épisodes entièrement musicaux, phénomène rare (car coûteux) mais souvent flamboyant - le Once more with feeling de Buffy contre les vampires en tête.

L’importance de la musique va être capitale pour les séries suivantes, notamment celles qui voudront se construire une esthétique visuelle et narrative pop (Ally McBeal…), rock (Scrubs…), métal (Supernatural…), etc. La musique sera alors en harmonie profonde avec l’atmosphère de la série, et contribuera à faire s’immerger le fan de plain-pied.

IV. Que sont-ils devenus ?

Mais au-delà des innovations télévisuelles, la série a beaucoup fait pour ses artisans. En premier lieu, pour Bruce Willis qui vit sa carrière lancée sur orbite avec le succès énorme de la série. Hélas, Willis changea complètement sa trajectoire de comédien brillant, à l’humour ravageur, au profit des figures bourrines du cinéma d’action. Il n’a toutefois pas oublié certaines leçons de la série et veilla souvent à mettre - avec réussite - de l’humour et de la fragilité dans ses figures héroïques (John McClane est un clône inavoué de David Addison), ce qui le distingue de ses confrères.

Cybill Shepherd vit sa carrière redécoller grâce à la série, et poursuit depuis une fructueuse carrière de télévision. Elle cassa de nouveau la baraque dans la peau de l’impertinente Cybill Sheridan dans la sitcom Cybill, et fut Phyllis Kroll, un superbe rôle récurrent dans The L Word. Elle n’arriva cependant jamais à retrouver le succès cinématographique de ses débuts, une injustice à son talent.

Si Allyce Beasley s’est davantage tournée vers le doublage, Curtis Armstrong a pu grâce à son rôle, faire une très riche carrière sur le petit écran. Herbert Viola reste toutefois son plus grand rôle. Jack Blessing (MacGillicudy) a poursuivi pareillement une honorable carrière télévisuelle.

Glenn Gordon Caron a pu bien vivre de son succès. Mais lorsqu’il recommença à écrire, il subit une traversée de désert qui dura dix ans, ses séries essuyant échecs sur échecs. Il a cependant retrouvé le succès en 2005 avec la réussie Médium (où l’on retrouvera d’ailleurs Allyce Beasley le temps d’un épisode, et deux réalisateurs de Clair de Lune : Artie Mandelberg et Peter Werner).

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