saison 4Bonus - Souvenirs de tournage

Les Rues de San Francisco (1972-1977)


Saison 5


1-2. LES ASSASSINS
(THE THRILL KILLERS)



Les douze membres d’un jury sont pris en otages par quatre extrémistes. Ils réclament la libération d’un couple d’assassins lié à leur cause et menacent d’exécuter leurs prisonniers en cas de refus. Steve Keller est grièvement blessé en tentant d’appréhender une jeune femme, membre du commando.

L’ouverture de la cinquième, et ultime, saison a une place bien à part dans la série, et pas seulement pour sa durée, le double d’un épisode ordinaire. Elle marque le départ de Michael Douglas alias l’inspecteur Steve Keller. Douglas avait, en effet, décidé d’orienter sa carrière vers le cinéma en tant qu’acteur et producteur. Dès les premières images, au tribunal, le duo est devenu un trio ; l’inspecteur Dan Robbins, interprété par Richard Hatch, assiste au procès auprès de Stone et Keller vient les rejoindre. Ce dernier a décidé de se tourner vers l’enseignement de la criminologie au grand dam de Mike Stone, son collègue et ami (et également de Karl Malden !). Stone déclare d’ailleurs: Teacher, huh? Schoolteacher—you belong in a classroom as much as I belong in a Ballet Russe.’ [Enseignant ? tu as autant ta place dans une classe que moi dans un ballet russe.]

Pas moins de quatorze acteurs, classés en ordre alphabétique, sont en ‘guest’ (comparé à quatre ou cinq pour un épisode normal) et nous avons le plaisir de revoir, entre autres, Darleen Carr dans le rôle de Jeannie, la fille de Stone. Elle encourage Keller à suivre sa voie sans écouter son père, qui rechigne à le laisser quitter la police. Dès le début, lors d’un diner au restaurant avec Robbins, Steve Keller confie qu’il est las d’avoir à utiliser une arme et qu’il éprouve de plus en plus d’hésitation à s’en servir, ce qui se confirme lorsqu’il est fauché dans une action apparemment anodine par la jolie Barbara Ross (Susan Dey).

La grande amitié entre Stone et Keller est magistralement illustrée dans les séquences qui suivent le drame (le cinquième acte est, à ce titre, le meilleur du film) ;  le transfert à l’hôpital (Stone essayant de maintenir conscient le jeune inspecteur :Damn it, hold on’) et l’attente pendant l’opération. Mike Stone est complètement déboussolé, déprimé et même en pleurs ; Jeannie parle à sa place à Robbins qu’elle ne connaît pas encore. Celui-ci se remémore la discussion avec Keller sur les armes et il dit à Stone, qui ne peut pas s’imaginer que son partenaire se soit fait piéger de la sorte : It might make sense, she’s so innocent looking’. [Cela a un sens, elle a un air si innocent.]La suite de la séquence fait aussi partie des temps forts de cet épisode : le médecin révèle que Keller avait ‘un trou dans le cœur’ et, après plusieurs heures d’inquiétude, les deux policiers peuvent s’échanger un clin d’œil complice dans la chambre d’hôpital. Keller décide de quitter définitivement la police et confie à Jeannie sur son lit de souffrance :’I almost made that decision a day too late.’[J’ai presque pris cette décision un jour trop tard.]

Le réalisateur, Virgil W. Vogel, le plus prolifique avec 29 épisodes, est un habitué des rouages de la série et il livre ici un travail très intéressant. Le commando, deux hommes et deux femmes, s’empare d’un bus de jurés et les séquestre dans les cales d’un bateau abandonné. Le bus et une cassette spécifiant les exigences du quatuor sont rapidement retrouvés après une brève poursuite. La libération du couple Tannenger et une forte rançon contre la vie des otages sont évidemment des conditions inacceptables pour les autorités. Les quatre terroristes ont procédé à un tirage au sort établissant un ordre des exécutions en cas de refus.

Telle la plupart des épisodes ‘double’ de toutes séries, l’histoire pâtit de quelques longueurs, particulièrement pendant les dialogues et les situations stériles entre otages, malgré de bons acteurs comme Barry Sullivan, Dick Van Patten et Joseph Wiseman. Les scènes du simulacre de vote (sur du papier à fesses) et du tirage au sort sont longues et ennuyeuses par exemple. Par contre, le message de Barber, l’otage condamné, est poignant et son exécution (un des deux membres du jury qui était prêt à voter ‘not guilty’ !) choque et sort le spectateur de la torpeur engendrée par les discussions couardes des otages.

De nombreux acteurs qui ont joué dans la série réapparaissent et le psychologue Lenny Murchison est présent dans une scène sordide de psychanalyse. On comprend rapidement que le départ de Keller éclipse l’intrigue et on redoute même quelques minutes qu’une fin tragique soit au rendez-vous ; finalement celle-ci sera reportée au téléfilm de 1992, Back to the Streets of San Francisco. Il y a d’excellents passages liés à l’enquête comme lorsque Keller interroge le couple de tueurs bornés ; Nick Tannenger évoque les droits de l’homme et l’inspecteur se montre violent et donne un coup de pied dans la chaise ce qui provoque la chute de l’individu : I’m sorry about that, Nick !’. L’obstination du couple fait dire à leur avocat: ‘The two of you are the greatest argument for the death penalty I’ve ever seen.’ En plaçant des écoutes à l’hôpital, la police retrouve un membre du commando, la jolie jeune femme au visage angélique, dont la fille de trois ans y est soignée. Elle tire sur Keller sans hésitation.

Sans véritable piste, Stone anticipe le point de chute de la prochaine cassette, au Walden Post, le journal local, mais le lieutenant reconnaitra finalement le bruit d’une porte en acier (ou d’une écoutille) sur l’enregistrement, ce qui mènera la police au croiseur, lieu de détention. La fin sur le bateau est mouvementée mais conventionnelle ; elle est de toute façon vite oubliée et sans intérêt comparée à l’épilogue où Stone et Keller se souhaitent bonne chance et se serrent la main en guise d’adieu. Keller descend la rue devant le regard triste de Stone ; un passage à mettre en parallèle avec le départ de Mrs Peel dans les Avengers. Stone rejoint alors Robbins, son nouveau partenaire, dans la voiture et lui ordonne de prendre le volant :’Just do your job and keep your mouth shut’.

Le remplacement de Michael Douglas par Richard Hatch sonnera le glas de la série. A l’instar des Avengers (Mrs Peel/Diana Rigg), le départ d’un personnage crucial, interprété par un acteur déterminant, condamnera la série à brève échéance, c'est-à-dire une saison. L’inspecteur Dan Robbins n’est pas inintéressant (c’est lui qui trouve le premier chainon en pensant à relever le kilométrage du bus ce qui délimite la zone de recherches) mais le personnage est, dans l’ensemble, terne et naïf et souffre de la comparaison avec son prédécesseur, exactement comme Tara King avec Mrs Peel.

He will make a fine teacher’ ‘He’s already a fine cop’.

o Le film était initialement prévu pour une diffusion totale, à l’instar de l’ouverture d’Hawaii police d’état, mais il fut scindé en deux au dernier moment, car le programmateur ABC, Fred Silverman, voulait utiliser la seconde partie comme contre programme à Barnaby Jones (ndlr : les deux parties ont néanmoins être rediffusées sous forme de film, car c’est la version que je possède). Quinn Martin pensait que Les Rues ferait une audience bien meilleure, mais il se trompa. Les deux séries eurent pratiquement les mêmes chiffres d’audimat pendant l’automne et l’hiver 76  avant que SOSF ne soit déprogrammé pour cause de mauvaise audience.

o Cet épisode a la longueur d’un film, 94 minutes, et il comporte huit actes. Pas de voix-off disant ‘Tonight’s Episode’ mais simplement le titre en incrustation lorsque le film fut rediffusé d’un seul bloc.

o Les deux parties furent diffusées les 30 septembre et 7 octobre 1976.

o Le générique est légèrement différent de celui de la première saison. En fait, chaque saison a un générique et une musique qui différent de la précédente.

o Michael Douglas est en ‘special guest star’ au générique de l’épisode, entre Karl Malden et Richard Hatch.

o Neuvième et dixième des douze apparitions de Darleen Carr dans le rôle de Jeannie Stone, la fille du lieutenant.

o Il y a un flash-back au début de l’épisode lors de l’excellente scène au tribunal : la tuerie racontée par le témoin (What went wrong ?). Le procédé est rare dans la série.

o Le scénario est inspiré de deux histoires connues dans les années 70 : le massacre de Sharon Tate et de ses amis par le clan Manson et l’évocation de l’armée de libération symbionaise, mouvement terroriste américain gauchiste, responsable, entre autres, de l’enlèvement de Patricia Hearst.

o Virgil W. Vogel (1919-1996) ne réalisera qu’un seul autre épisode de cette ultime saison, Hot Dog.

o Richard Hatch (1945) est surtout connu pour ses participations à Battlestar Galactica.

o Barry Sullivan (1912-1994), Breitbach, a joué dans trois autres épisodes de la série : Deadline (S1, un journaliste assassin de sa maîtresse)  Inferno (S2) et The Most Deadly Species (S3, un mafieux).

o Dick Van Patten (1928), Thurman Barber, a participé à deux autres épisodes : 45 Minutes from Home et Clown of Death.

o Joseph Wiseman (1918-2009), Barbado, est surtout connu pour son rôle du Docteur No dans le premier James Bond avec Sean Connery et Ursula Andress.

o Fred Sadoff (1926-1994) est le psychologue Lenny Murchison dans dix épisodes de la série étalés sur les cinq saisons. Il devint célèbre avec un rôle marquant dans L’aventure du Poséidon. Il est décédé du sida.

o Patricia Mattick (1951-2003) est la terroriste Marie Tannenger. Elle a joué dans de nombreuses séries US : Columbo, L’homme de fer, Mannix, Le justicier, Cannon. Elle est décédée d’un cancer.

o Hari Rhodes (1932-1992) a joué dans sept épisodes, mais il a plusieurs rôles dans la série. Après avoir été le laborantin (trois épisodes), il fut truand (assassiné), chef de gang et il est du bon coté de la barrière dans ce double épisode. Il a un rôle récurrent dans Daktari et Section contre enquête (Most Wanted) avec Robert Stack.

o Ward Costello reprend le rôle du capitaine Devitt tenu par Tim O’Connor dans trois épisodes des premières saisons.

o Lieux de tournage : Palais de justice, Drumm Street (adresse du journal fictif The Walden Post).

o Stone confie à sa fille que Keller avait déjà eu une proposition pour enseigner les deux années précédentes. 

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3. MORT OU VIF
(DEAD OR ALIVE)

Une racaille récidiviste viole et tue une jeune fille de bonne famille. Le père richissime fait apposer dans toute la ville des avis de recherche et promet une récompense d’un million de dollars pour la capture de l’individu, mort ou vif.  

Donald S. Wilton bat, viole et étrangle une jeune fille à la sortie d’un court de tennis (la jolie Lisa Eilbacher). La police identifie rapidement l’individu sans mettre la main dessus. Le père de la victime, Larry Dobbs (Howard Duff), offre un million de dollars à quiconque lui livrera l’assassin de sa fille.

L’intrigue est surtout braquée sur les répercussions d’une telle initiative sur la population d’une grande ville. Certes, la folie et le chaos règnent alors à San Francisco et l’appât du gain est parfaitement retranscrit par divers scènes (le passage à tabac du marin) et personnages : la serveuse, petite amie du tueur, prête à partager le magot avec son patron, et surtout l’inspecteur Clark, fonctionnaire jusqu’alors impeccable. Néanmoins, le ton moralisateur est outrancier et caricatural, lorsque Dobbs est tenu pour responsable de tous les blessés engendrés par la situation. Le père de la jeune fille violée et assassinée est pratiquement plus mal considéré que l’assassin : à voir pour le suspense en zappant la leçon de moral.

‘She’s really dead and that bag of garbage who did it is still alive.’

o C’est la seule histoire de la série écrite par Burton Armus. Le scénariste a passé vingt années dans la police new yorkaise et sa seconde carrière très inattendue a débuté lorsqu’il fut recruté comme conseiller technique.  Son plus long emploi dans cette fonction fut pour la série Kojak. Il établit sa réputation d’écrivain de talent avec ses scripts compliqués et d’une authenticité remarquable pour la série. L’interview de Burton Armus sur le site.

o Tom Bosley (1927-2010), l’inspecteur Clark, a commencé sa carrière en 1959. Il a joué dans le pilote et l’excellent épisode de la seconde saison, Going Home. Il est connu pour le rôle de Cunningham dans Happy Days.

o Max Gail (1943), Don Wilton, a débuté sa carrière au début des années 70 et un de ses premiers rôle est celui d’un voyou dans L’inspecteur Harry. Il est toujours actif en 2013.

o Howard Kunin remporta un ‘American Cinema Editors’ dans la catégorie Meilleur Montage d’Episode pour une série TV pour son travail sur cet épisode.

o Il y a cinq actes dans les épisodes de cette ultime saison, une pause publicitaire supplémentaire par conséquent.

o Le regard de Stone tombe sur la photo de sa fille, Jeannie, et on suppose qu’il fait le rapprochement avec la victime, même si son discours sur Dobbs est désapprobateur.

o La meilleure scène de l’épisode est lorsque Don Wilton, poursuivi, se réfugie dans l’encadrement d’une porte. Il se tourne alors, les griffures dans le cou bien visibles, vers l’affichette puis il l’arrache, mais en chaussant ses lunettes, il s’aperçoit qu’un couple contemple une affiche similaire de l’autre coté de la rue. 

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4. LA LIVRAISON
(THE DROP)


 

Trois truands enlèvent le fils d’un milliardaire et le cerveau de la bande exige que Mike Stone remette la rançon. Le policier est persuadé que c’est dans l’intention de le tuer.

Une intrigue classique mais efficace, portée surtout par l’interprétation de Karl Malden et d’Eugene Roche, qui est parfait en salopard revanchard. Ce dernier est Charley Springer, un truand que Stone a fait condamner, et pour prouver sa crédibilité, il tue de sang-froid la petite amie du fils du milliardaire lors de l’enlèvement.

Grâce aux écoutes et à une reconnaissance de voix (‘voice print’), Stone démasque Springer, avant que le policier ne soit baladé dans toute la ville, de cabine téléphonique en cabine téléphonique, pour la remise de la rançon. Le lieutenant, au bord de l’épuisement par manque de sommeil, est finalement livré à lui-même, ce qui vaut peut-être mieux vu l’incompétence flagrante de Robbins. Un scénario convenu (rançon, vidéo) mais plausible avec la sirène du train sur l’enregistrement comme piste. Tant que les histoires tiennent la route, le remplaçant de Keller peut rester transparent…

‘Daniel, if I don’t find out who tries to get me, I could be resting for a long, long time.’

o Eugene Roche (1928-2004), Charley Springer, était connu pour ses nombreux rôles dans des comédies et il joue un détective dans plusieurs épisodes de la série Magnum. Il a joué aussi dans deux excellents épisodes de Kojak: Acts of Desperate Men et Out of the Frying Pan

o Joseph Hindy (1939), Eddie, a participé, entre autres, à trois épisodes de Kojak (Knockover, A Wind from Corsica, Monkey on a String) ainsi que deux d'Equalizer (le poignant Christmas Present et Heart of Justice)…avec ou sans barbe !

o Dabney Coleman (1932), Horvath, le père, a joué dans un autre épisode (l’insipide Jacob’s Boy) mais il est connu pour son rôle récurent dans Boardwalk Empire.

o Le journal San Francisco Dispatch est fictif.

o L’épisode fut diffusé sur un créneau horaire de 55 minutes afin d’y glisser un bref message politique. 1976  était en effet une année électorale aux Etats-Unis. 

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5. AUCUN VICE MINEUR
(NO MINOR VICES)


 

Un père assassine tous les clients de sa fille, qui est étudiante, mannequin, mais surtout call-girl.

Certains critiques américains vantent cet ultime opus des SOSF pour la qualité des scénarii. Sceptique, je dois avouer que, pour l’instant, le départ de Douglas est compensé par des histoires solides, policières à part entière, bien plus intéressantes que les dernières de la saison précédente.

Cindy Lawson (Maureen McCormick) est une jeune étudiante engagée dans le mannequinat, mais elle est en fait surtout une call-girl très demandée au grand dam de son père (excellent James Olson) ; celui-ci trucide tous les rebuts (‘scum’) qui ‘souillent’ sa fille, sans que celle-ci, admirative de son ‘daddy’, ne se doute de quelque chose. La balistique met Stone et Robbins sur l’affaire car ils cherchent un lien qui unirait deux victimes, mais c’est une troisième qui leur permet d’approcher Cindy Lawson. La première rencontre des policiers avec Cindy est intrigante, avant qu’ils ne découvrent plus tard dans une scène choc au bureau de Stone que la jeune femme se prostitue allègrement.

Un excellent épisode, très bien interprété avec quelques autres passages intéressants – l’arrivée de Cindy à la chambre d’Harry, la surprenante relation père/fille, le final dans l’entreprise de Delman et une dernière réplique incroyable (‘Why ?) ! Un peu plus et Stone perdait son coéquipier après quatre aventures lorsque Robbins est confondu avec un client. Il décrit néanmoins à Stone le tireur et le lieutenant peut (enfin) mettre un nom sur le tueur !

‘I guess I’m not here to talk about my sex life’. ‘I think we are’.

o Le réalisateur William Wiard (1927-1987) réalisa un autre épisode, Till Death Do Us Part, mais il fut plus actif dans Deux cent dollars plus les frais (28 épisodes) et Cannon (19).

o James Olson (1930), Lawson, a joué dans deux autres épisodes : Asylum (le directeur de la clinique) et, paradoxalement, il est un tueur de prostituées dans The First Day of Forever, saison 1. Habitué des séries, il a disparu des écrans au début des années 90.

 

o Lou Frizzell (1920-1979), Harry Delman, a joué dans trois autres épisodes : le pilote, The Victims, saison 2, et The Glass Dart Board, saison 4 (il est le tireur).

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6. CAS DE DÉMENCE
(IN CASE OF MADNESS)

Un chanteur-compositeur est suspecté d’avoir assassiné son producteur.

Après une séance d’enregistrement, les membres d’un groupe musical quittent les studios. Peu après, le manager est retrouvé assassiné. Le chanteur B.J. Palmer, qui avait eu une violente altercation avec le producteur, est suspecté mais introuvable. 

Un épisode bien ennuyeux et l’interprétation médiocre ne relève pas le niveau (sauf Karl Malden bien entendu). Stone et Robbins doivent trouver le membre du groupe qui est revenu dans le bâtiment, surtout qu’une deuxième victime semble accréditer la thèse que l’assassin a été vu. B.J. Palmer n’est pas le coupable, on le pressent, et la jolie brune Lois Flynn, son impresario, est bien la tueuse pour des motivations aussi plates que le scénario. B.J. rend visite à son médecin pensant avoir agi en crise de démence congénitale, mais ces séquences ne sont que du remplissage, comme les longues partitions musicales non créditées au générique. 

 

‘Doctor, is B.J. capable of killing?’

 

o Jess Walton (1949), Lois Flynn, a joué dans quelques séries comme Le sixième sens, L'homme de fer, Cannon, Starsky & Hutch, et surtout dans l’épisode Die Before They Wake de la première saison de Kojak. Elle sombra ensuite dans 976 épisodes des Feux de l'amour (série en cours). A noter que le rôle d'ex-junkie dans Kojak est prémonitoire car elle a subi une cure pour l'alcool et la drogue en 1980.

 

o Betsy Slade, Cheryl, fut le premier choix de DePalma pour jouer dans Carrie. A noter quelques apparitions dans des séries comme Sergent Anderson et Kojak (How Cruel the Frost, How Bright the Stars). Elle ne tourne plus depuis 1991.

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7. JUSQU’A CE QUE LA MORT NOUS SÉPARE
(TILL DEATH DO US PART)

Stone doit protéger la femme d’un comptable influent du crime organisé apparemment décédé.

 

Cette histoire est un peu particulière pour plusieurs raisons ; l’action se passe dans le New Jersey et à Chicago – premier acte - avant d’échouer à Frisco et elle n’est pas une enquête traditionnelle. Mike Stone se retrouve mêlé, grâce à son honnêteté reconnue, à la protection d’un témoin, capable de livrer des documents sur des pontes du crime organisé et des huiles impliquées. Persuadée que son mari a été liquidé, Maggie Jarris s’est enfuie et elle est prête à tout déballer. Progressivement, une complicité s’instaure avec le lieutenant alors qu’elle est pourchassée par les tueurs de la mafia.

 

L’intérêt de l’épisode réside dans l’interprétation de Jessica Walter et quelques scènes d’action dans la seconde partie, en particulier la fusillade à l’appartement et le rendez-vous final. Sinon, Stone/Malden est le vieux renard qui trouve une solution à tout problème (les appels téléphoniques, l’appartement), même à ses erreurs (‘Then, I came straight here. That was my mistake’). Il y a aussi beaucoup de bavardages qui ralentissent le récit et on regrette qu’Harry Guardino, ‘special guest star’, ne soit présent que dans seulement deux séquences.

 

‘Daniel, if you ever find a girl like Maggie, marry her! Good lady.’

 

o Troisième et dernière histoire écrite par John D.F. Black après Harem et Commitment, saison 2. 

 

o Jessica Walter (1941), Maggie Jarris, a fait du théâtre et quelques films dont Un frisson dans la nuit (Play Misty for Me) en 1971. Elle est Evelyn, la femme qui persécute Eastwood dans son premier film en tant que réalisateur. Le rôle de cet épisode lui valut d'être nominée pour le Golden Globe. Elle a joué dans de nombreuses séries américaines à partir des années 60. Elle a participé également à un autre épisode des SOSF : The Stamp of Death, saison 2.

 

o Harry Guardino (1925-1995), Ben Jarris, est le lieutenant Bressler, le supérieur de Dirty Harry, et le détective Bonaro, l'adjoint de Madigan (Richard Widmark). Il a joué dans de nombreux films et séries policiers : Les Incorruptibles (dans trois excellents épisodes), Un shérif à New York, Police Story, Hawaii, police d'état et un superbe épisode de Kojak, où il est le détective Benny Fiore dans Dead on His Feet ...

 

o Maggie Jarris passe la nuit dans la chambre de Jeannie, la fille de Stone : ‘That was my daughter’s room’. 

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8. L’ENFANT DE LA COLÈRE
(CHILD OF ANGER)

Une adolescente s’accuse d’un crime auquel elle a été témoin dans le but de nuire à sa mère.

 

Melanie Desmond est présente, cachée, quand l’amant de sa mère est tué accidentellement par les deux hommes de main d’un caïd à qui il devait une grosse somme d’argent. Julia Desmond, créatrice de vêtements, est stupéfaite lorsque sa fille s’accuse du meurtre. Rapidement, Stone et Robbins pensent que Melanie veut protéger sa mère (passage des gants brûlés dans la cheminée), alors que la jeune fille, déconsidérée et dénigrée, désire se venger d’elle (la ‘pauvre’ est surnommée par sa mère : ‘dumpling’, boulette). C’est sans compter avec le gangster qui charge ses tueurs de liquider ce témoin potentiellement gênant.

 

Un petit épisode sans prétention, ni réel suspense. Même Karl Malden ‘déroule’ sans conviction dans cette histoire inintéressante, où Richard Hatch démontre une fois de plus qu’il n’arrive pas à la cheville de Michael Douglas. Ni l’intrigue, ni les personnages ne sont mémorables et même le meilleur passage, le final, est quelconque. Suivant.

 

‘They can’t do anything to me anyway. I’m a juvenile’.

 

o David Whorf  n’a réalisé que cet épisode, mais il fut ‘assistant director’ sur quatorze autres.

 

o Dorothy Malone (1925), Julia Desmond, a commencé sa carrière en 1943 et elle se retira en 1992 (dernier rôle dans Basic Instinct) après 50 ans dans l’industrie du cinéma. Notons ses participations aux séries Peyton Place (342 épisodes !), mais aussi Les Incorruptibles, L’homme de fer, Sergent Anderson.

 

o Steve Sandor (1937), le tueur Manning, a joué dans deux autres épisodes: Shield of Honor et The Most Deadly Species

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9. HOT-DOG
(HOT DOG)

Sur fond d’enquête policière, Jeannie Stone s’éprend d’un motard de la police, au grand dam de son père.

 

J’aime bien cet épisode car il marque la fin d’une époque. Pour la dernière fois, Virgil W. Vogel est derrière la caméra et Darleen Carr/Jeannie Stone, la sympathique fille du lieutenant, participe à sa pénultième aventure. Tous deux ont débuté dans l‘excellent épisode Beyond Vengeance de la première saison.

 

L’intrigue par elle-même est quelconque et l’enquête sommaire : un trio de truands, motards confirmés, dévalise un fourgon et la graisse spéciale qu’un malfrat a laissé sur la pédale de frein de la camionnette causera leur perte. Alors que Stone et Robbins consultent les trois garages dépositaires de ce produit, le motard de la police Larry Wilson possède une longueur d’avance sur le duo grâce à son expérience des deux-roues.

 

Le récit est centré sur Larry Wilson et sa relation avec Jeannie, qui cause beaucoup de soucis au lieutenant. Ce dernier considère en effet que Wilson est un ‘hot dog’, un policier qui fonce sans se soucier des conséquences, et il voit d’un très mauvais œil que sa fille s’emmourache d’un type pareil. Les relations père/fille Stone ont toujours été source d’humour et c’est le cas encore une fois. Parmi les nombreuses scènes intéressantes, notons le télescopage de la moto de Wilson avec la nouvelle voiture de Stone et Robbins pendant la poursuite, la première rencontre Jeannie/Wilson, lorsque le motard verbalise la jeune femme avant de l’inviter à diner et la préparation de Jeannie pour son ‘date’. Le jeu de Malden/Stone est superbe par son changement d’attitude lorsqu’il ouvre la porte d’entrée à Wilson et qu’il attend le retour de Jeannie (‘I’ve thought I heard something’), sans oublier les sermons de père attentionné et réaliste dont le meilleur est lors de la visite de Jeannie dans le bureau du lieutenant. Du grand Malden. 

 

Jeannie est sur le point de se marier avec Wilson (Don Johnson, huit années avant Miami Vice, porte la moustache !) mais elle se rend compte qu’elle ne supporterait pas la perte du motard alors qu’il vient d’être blessé. Elle préférerait qu’il travaille en sécurité derrière un bureau et elle repart finalement finir ses études d’archéologie dans l’Arizona.

 

Cet épisode à part, sans véritable enquête, est sympathique malgré quelques scènes niaiseuses longuettes (Wilson/Jeannie au restau et devant le feu) et le sourire benêt habituel de Robbins/Hatch, mais les passages de comédie, une fois n’est pas coutume, compensent largement.

 

‘He thinks he’s going to solve the case all by himself. He’s a real hot dog’.

 

o Virgil W. Vogel (1919-1996) réalisait là son vingt-neuvième et dernier épisode de la série. Il est le metteur en scène le plus fécond de la série et il participa à toutes les saisons : deux épisodes de la première saison, six de la seconde, six de la troisième, douze de la quatrième et trois de la cinquième. Il débuta sa carrière en 1956 et d’autres séries portent sa griffe : La grande caravane (58 épisodes), La grande vallée (48), Mission impossible (5), Sur la piste du crime (37), Police story (9)…Il y a un excellent dossier sur le réalisateur sur le site  Le magazine des séries.

o Onzième et avant-dernière apparition de Darleen Carr dans le rôle de Jeannie Stone, la fille du lieutenant. Elle est ici en ‘special guest star’.

o Don Johnson (1949), Larry Wilson, est surtout connu pour les rôles du détective James Crockett dans 111 épisodes de Deux flics à Miami et Nash Bridges, également policier à San Francisco, dans 122 épisodes de la série homonyme.

o Mario Roccuzzo (1940), Marty, débuta sa carrière dans l’épisode Nicky de la seconde saison des Incorruptibles en 1960.

 

o Le titre français est identique à l’original, ce qui a évité des bévues comme Police Buff (autre terme spécifiquement policier) traduit par Le coup de bluff…

 

o L’accrochage entre la moto de Wilson et la voiture banalisée de Stone et Robbins a lieu à Leavenworth Street.

 

o Sur le PV, on peut lire que l’action se situe le jeudi 7 octobre 1976 et l’adresse de Mike Stone est 762 Maryvale. La date de naissance de Jeannie est le 16 août 1954…et l’actrice Darleen Carr a été rajeunie de quatre années !

 

o Robbins boit du jus de carotte. Une spécificité du personnage de cette cinquième saison…

 

o Lors du dernier épisode de la seconde saison, Death and the Favored Few, Stone reçoit une montre de valeur avec l'inscription : 'To Mike Stone, in appreciation of 23 years of faithful service.' Trois saisons plus tard, Mike Stone fait état de 24 ans dans les forces de police…

 

o Lors de cet épisode, comme très souvent dans d’autres, de nombreux codes sont entendus. Les producteurs de la série se sont toujours souciés de la véracité et ces codes sont ceux utilisés par la police de San Francisco encore aujourd’hui. Je vous laisse chercher sur ce lien ceux qu’on entend dans cet épisode : 11-10,  211,  10-04,  10-07…

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10. LE CHATEAU DE LA PEUR
(CASTLE OF FEAR)

La paranoïa conduit un homme à transformer sa maison en forteresse et à commettre l’irréparable en abattant un policier qu’il avait pris pour un rôdeur.

 

Parce qu'il était membre d'un jury trois ans auparavant et qu’il a fait condamner plusieurs personnes, Alfred Mossman croit que quelqu'un le suit nuit et jour. Il reçoit également des appels anonymes et il n’envoie plus sa fille à l’école avant de décider de ne plus aller travailler. Lorsqu’il tue un policier, pensant avoir affaire à un assaillant, Mossman cache l’arme et oriente l’enquête de Stone et Robbins vers un homme qu’il a fait condamner dans le passé, mais la description ne correspond pas.

 

Cet épisode conte le drame de la famille Mossman barricadée chez elle, car le père, paranoïaque, ressent un sentiment de persécution qui le conduit jusqu’à un point d'irrationalité et de délire (le piquenique dans le salon). Pat Hingle est extrêmement convaincant dans ce rôle délicat, particulièrement lors des crises colériques, et on ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec Web of Lies de la saison précédente, où l’acteur était un représentant de commerce affabulateur, qui fournissait un portrait-robot d'un individu cagoulé. L’intrigue s’avère néanmoins mince pour la durée d’un épisode, et la sauce est rallongée avec la tentative d’Herrick, le truand incriminé, pour revoir sa femme.

 

Les meilleures scènes sont le premier acte ‘Help me, please !’ (rétrospectivement !), l’appel anonyme auquel répond Stone chez Mossman, ce qui entretient le peu de suspense de l’épisode, et le final.

 

‘Psycho enough to kill a cop?’

 

o Allen Reisner (1924-2004) a réalisé deux épisodes de la série (celui-ci et Who Killed Helen French ?), trois des Incorruptibles (dernière saison), deux épisodes de Kojak et 13 d’Hawai, police d’état, entre autres.

 

o Pat Hingle (1924-2009), Alfred C. 'Al' Mossman, a souvent été vu dans des séries télévisées américaines de 1951 à 2001 ! Il a joué, entre autres, dans deux épisodes des Incorruptibles et deux des SOSF, l’autre rôle étant celui  d'un menteur mythomane dans Web of Lies, saison 4.

 

o Douzième et dernière apparition de Stephen Bradley. Il a souvent joué le rôle de Bernie.

 

o Stone appelle Sekulovich pour boucler Herrick. C'est un clin d'œil personnel, car Sekulovich est le nom serbe de Karl Malden : Mladen Sekulovich.

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11. UN DERNIER TOUR
(ONE LAST TRICK)

Une ancienne prostituée reprend du service pour aider la police à coincer le meurtrier d’une amie, qui était toujours en activité.

 

L’intrigue, conventionnelle sur certains aspects, fonctionne néanmoins très bien et intéresse par ses rebondissements jusqu’au final, même si celui-ci, en deux temps, est le point faible.

 

Un officier de police est victime d’un attentat à l’explosif (pourquoi compliquer ?) sur la Marina, alors qu’il prenait des photographies d’une réception mondaine en dehors de ses services.  Stone et Robbins découvrent rapidement que le policier était en ménage avec Joy Adams (la ravissante Sherry Jackson), une poule de luxe qu’il essayait de sortir du business. Joy est à son tour liquidée (quelle idée de s’enfuir dans une ruelle en cul-de-sac !) et sa meilleure amie, Carol Revson, une ancienne prostituée devenue fleuriste, décide avec l’appui de la police d’infiltrer le réseau du souteneur Malone, lui-même sous la coupe de l’impitoyable Halsey, l’organisateur de réceptions tarifées ; Philip Pine est excellent en salopard (scène des gifles), sûrement des réminiscences de ses nombreux passages aux Incorruptibles.

 

Les acteurs sont bons ou excellents, et la jolie Lee Purcell crève l’écran, dans le rôle de Carol Revson, par ses moues déconcertantes : le premier interrogatoire à la cafétéria avec Stone sarcastique et Robbins neuneu est excellent. L’inspecteur tombe sous le charme de la jeune femme et fait même le planton devant sa boutique, mais on regrette dans ce genre de scène que Michael Douglas ne soit plus là, car l’épisode aurait gagné en crédibilité et le râteau de Dan dans l’épilogue est bien savoureux.

 

‘We can’t stop her, so maybe we can use her’.

 

o Lee Purcell (1947), Carol Revson, a commencé sa carrière en 1969 et on a le plaisir de la voir dans Bonanza, Cannon, Hawaii, police d’état, Magnum, MacGyver, La loi est la loi, Arabesque, Persons Unknown

 

o Phillip Pine (1920-2006), Carl Halsey, a joué dans trois autres (bons) épisodes de la série: The First Day of Forever, Going Home et Mask of Death. Il est connu pour être le colonel Green dans Star Trek (1966). Vu dans de nombreuses autres séries dont Les Incorruptibles (cinq épisodes), Les mystères de l’Ouest, Match contre la vie, Bonanza, Le fugitif, Les envahisseurs, Le virginien, Mission impossible, Hawaii police d’état, Banacek, L’homme de fer, Mannix, Sergent Anderson, Cannon, Baretta, Police Story, Kojak, Section contre-enquête, La petite maison dans la prairie, Santa Barbara

 

o Michael Bell (1938), Nick Malone, est le prisonnier O’Brien dans l’épisode No Place to Hide de la quatrième saison.

 

o Lorsque Carol est attaquée dans son appartement, Halsey manie un revolver puis un pistolet semi-automatique dans la scène suivante (Source : TV.com).

 

o Lorsque Stone et Robbins se dirigent vers les bureaux de Halsey, ils conduisent une Ford LTD 1973, mais dans le plan suivant, ils sont dans une Ford Galaxie 500 de 1971 (Source : TV.com).

 

o Le beeper utilisé fait dater l'épisode au temps du portable, comme dans The Honorable Profession.

 

o Une réplique croustillante de Carol à une p’tite jeune nouvelle dans le métier : ‘Lot of energy and no technique !’. 

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12. NE FAIS PAS LE SINGE
(MONKEY IS BACK)

Un individu tue méthodiquement plusieurs anciens élèves d’une High School, de la classe 1956.

 

Charley Belasco, un être acariâtre, vient de purger vingt ans de prison pour meurtre et il est dorénavant en probation dans une usine de découpe de viande. Néanmoins, il est plus préoccupé par l’élimination systématique des membres des Saints de la classe 1956 de Fairmont, un club auquel il n'avait jamais pu appartenir. Belasco a tué un épicier pour le rite initiatique du cercle de voyous, ce qui lui a valu ces années de réclusion, et il se lance dans une croisade vengeresse.

 

Une enquête intéressante, et Mike Stone pourrait, encore une fois, se passer de son jeune inspecteur superflu qui rentre juste de vacances. Le lieutenant fait le rapprochement entre trois meurtres grâce au graffiti ‘Monkey’ inscrit à proximité des corps. Cette inscription permet la fausse piste longue et peu convaincante, avant que le dénominateur commun ne dirige les investigations vers Fairmont High et la liste alphabétique des Saints. Une vengeance ressassée pendant vingt ans, bien démontrée dans la scène de la tombe du membre décédé que Belasco a taguée ‘Monkey’. Le final longuet - la réunion des anciens élèves et la surveillance de la prochaine victime - n’est pas le passage le plus intéressant de l’épisode, qui a d’autres longueurs (scènes à l’usine, fausse piste, élaboration du croquis). La meilleure séquence, pourtant anodine, est l’arrestation de Pellegrino au salon de massage et son alibi : un film confisqué dans un cinéma porno!

 

Quant à l’interprétation de Gary Lockwood (Charley Belasco), elle est correcte, mais d’autres tueurs en série ont marqué SOSF d’une empreinte plus conséquente, comme le tueur à l'harmonica (Joe Don Baker, Beyond Vengeance) et l’assassin de prêtres (Peter Strauss, For the Love of God).

 

‘I’m looking for one common denominator, Daniel, that’s all we need’.

 

o Troisième et dernier épisode écrit par Sean Baine, après The Glass Dart Board et Underground, saison 4.

 

o Art Metrano (1936), Pellegrino, est souvent le fameux policier Sekulovich !

 

o Dernière des dix apparitions, étalées sur les cinq saisons, de Fred Sadoff (1926-1994) qui est le psychologue Lenny Murchison. Il devint célèbre avec un rôle marquant dans L’aventure du Poséidon. Il est décédé du sida.

 

o Francine York  (1938), Betty Johnson la danseuse, a commencé sa carrière en 1959. Elle a participé à de nombreuses séries dont Les Incorruptibles (Le garçon boucher de la dernière saison), L'homme à la Rolls, Opération vol, Les mystères de l'Ouest, L'homme de fer, Mannix, Mission impossible, Columbo, Kojak (Slay Ride). Elle a joué dans deux autres épisodes des SOSF : Bird of Prey, Underground.

 

o Sûrement le titre français le plus ridicule de la série. En tout cas, il n’a rien à voir avec l’histoire.

 

o Fairmont est le nom d’un hôtel, et pas d’une école, de San Francisco. La construction débuta en 1902.

 

o Les commentaires de Stone démontrent que les murs de la ville étaient déjà considérablement souillés de graffitis en 1976 : ‘There is so much graffiti around these days, nobody pays much attention to it’. 

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13. LES CANNIBALES
(THE CANNIBALS)

Le fils d’un puissant gangster du syndicat abat un courtier et un policier et subtilise ainsi un quart de million de dollars de paris illégaux à son père. Traqué, il décide de témoigner contre son paternel au Grand Jury pour bénéficier de la protection de la police fédérale.

 

Ron McGuire, le fils, est le personnage central de cette histoire très inégale, mais au concept simple : Stone et Robbins veulent coincer le rejeton du gangster pour meurtre, alors que son père engage un tueur afin de le réduire au silence définitivement !

 

Après les deux meurtres de la première scène, l’enquête de Stone consiste à se renseigner auprès d’un laveur de voiture. La demande de compromis de McGuire fils avec les Fédéraux résume le reste de l’intrigue à un changement régulier de cachettes et à la tentative de la police d’avoir son mot à dire. Pour cela, Stone cherche les preuves incriminant Ron dans le double meurtre, et c’est chose faite en retrouvant l’arme dans un …pot de fleurs !

 

L’imbroglio d’un agent fédéral fait fuir le fils qui donne rendez-vous au père pour négocier et tout ce joli monde est ramassé par Stone à l’affut. Une intrigue moyenne qui fait la part belle aux Fédéraux – avec des acteurs au jeu très pauvre - pour compenser le manque de rebondissements et un scénario convenu.

‘He's a cannibal! Tell them he's my son when he's dead. As long as he's alive, he's my enemy.’

o Walter Grauman (1922) a réalisé douze épisodes de la série : dix de la première saison et deux de la cinquième ; celui-ci et Let’s Pretend We’re Strangers.

o Tim O'Connor (1927), Frank McGuire, joua trois fois le rôle du lieutenant de la police de San Francisco Roy Devitt lors des saisons précédentes. Ses apparitions sont espacées car les deux premières remontent à la première saison : The Thirty Year Pin (épisode 1) et Trail of the Serpent (épisode 21), tandis que l’autre se trouve dans la troisième saison (Endgame). Ici, il est de l’autre côté de la loi !

o Andrew Robinson (1942), Ron McGuire, est surtout connu pour son rôle de tueur infâme dans Dirty Harry en 1971. Il a joué dans un autre épisode de la série, Spooks for Sale (saison 4). Il a participé également à d'autres séries policières (L'homme de fer, Kojak (deux épisodes) mais surtout à Star Trek : il est Garak dans 37 épisodes.

o Michael Strong (1918-1980), Stockwood, a joué dans trois autres épisodes de la série : A Room with a View, saison 1, Labyrinth, saison 3, et Clown of Death, saison 4.

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14. QUI A TUÉ HELEN FRENCH ?
(WHO KILLED HELEN FRENCH?)

Un homme est accusé d’avoir tué sa femme au cours d’une dispute alors qu’il était ivre, mais il ne se rappelle de rien.

 

Douglas French, un ivrogne violent et irascible, frappe sa femme Helen à son retour d’une soirée. Une amie de la victime prévient la police et affirme que Douglas a tué son épouse. Mais le meurtrier présumé ne se souvient plus de rien et, malgré les traces de sang retrouvées dans l’appartement, Stone ne parvient pas à confondre le suspect sans le corps. Le mari incrédule prétend que sa femme va revenir, alors qu’un bout de chemisier taché de sang récupéré dans la cheminée et la présence de son sac à main laissent supposer le contraire.

 

La nuit de la disparition, la voiture de Douglas French a embouti un autre véhicule, et des mégots avec du rouge à lèvres trouvés dans le cendrier orientent les investigations vers une fumeuse, ce que n’était pas Helen French. Les policiers enquêtent auprès des proches, dont les noms figurent sur le carnet d’adresses d’Helen. Ainsi, les deux rencontres du lieutenant Stone avec Angela Somes, une call-girl raffinée, sont particulièrement intéressantes, car la première entrevue permet de retrouver la trace de la ‘fumeuse’ – the mystery woman-, Susan Ross (la jolie Trish Stewart), la maitresse de Doug ; elle affirme que celui-ci est venu la voir le soir de la disparition et elle essaie d’en profiter pour lui extorquer de l’argent.

 

Cet épisode fait partie de ceux pour lesquels il faut en écrire le moins possible afin de préserver le suspense. Ce drame psychologique est un bijou et le final, à glacer le sang, n’est surtout pas à divulguer (à ce propos, ne lisez pas la distribution sur les sites avant de visionner l’épisode…). L’interprétation des deux acteurs principaux, Alan Fudge et Marlyn Mason, est impeccable. Le suspense est entretenu magistralement avec, entre autres, les délires alcooliques de Doug French, qui le convainquent qu’il est vraisemblablement l’assassin de sa femme. Une excellente enquête policière à rebondissements et au twist final inoubliable sur fond de problème sociétal toujours d’actualité.

 

‘She hid the body for you. Take a look at the woman you killed!’

 

o  Allen Reisner (1924-2004) a réalisé un autre épisode de la série : Castle of Fear.

 

o  Robert W. Lenski (1926-2002) a écrit un autre épisode de la série : The First Day of Forever.

 

o  Alan Fudge (1934-2011), Douglas French, a débuté dans un groupe de musique folk, Ash Alley Singers, avant de se tourner vers le métier d'acteur. Il commença sa carrière dans Gunsmoke en 1972. Il a tourné ensuite dans un grand nombre de séries de renom comme Banacek, Kung Fu, Mannix, Le justicier, Starsky & Hutch, Police Story, Hawaii, police d'état, MacGyver, Columbo, Arabesque… Il est surtout Gus, le tueur Excalibur, dans le somptueux épisode de Kojak, Girl in the River. Il a joué aussi dans un autre épisode de la série : Poisoned Snow, le premier de la quatrième saison.

 

o  John Kerr (1931-2013), simplement ‘Prosecutor’ dans la distribution, est apparu huit fois dans le rôle de l'Attorney Gerald O'Brien. Kerr a débuté sa carrière en 1953 et il a joué dans de nombreuses séries ; il est également District Attorney dans 75 épisodes de Peyton Place. N'oublions pas non plus son rôle de policier dans… Emily des New Avengers !

 

o  Jay Jacobus (1921), le juge Farley Baker, a souvent joué cette profession dans la série (The Albatross, Police Buff). Il a participé à six épisodes de SOSF.

 

o  Cet épisode permit à la série de revenir en prime-time sur ABC après avoir été brièvement précédée par le lancement de Roots (Racines).

 

o  La fameuse phrase : ‘Sekulovich, book her’ est présente après l’interrogatoire de Susan Ross.


o  Lors de la discussion Susan/Doug, on aperçoit le restaurant italien de fruits de mer Alioto’s. Il est toujours là au 8 Fishermans Wharf. 

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15. UN BON POLICIER, MAIS…
(A GOOD COP… BUT)

Un inspecteur de police est témoin du meurtre d’un collègue, mais le gangster incriminé, un gros bonnet de la drogue, tente de faire chanter le fonctionnaire sur son homosexualité.

 

Pour faire condamner un assassin, Dave Lambert, qui a assisté à la fusillade mortelle lors d’une descente de police dans un entrepôt, doit révéler au tribunal son homosexualité, un secret jamais divulgué à son entourage. Lambert essaie de coincer Birmingham depuis des années, et le second témoin, un indic, étant récalcitrant, le policier préfère devancer le truand en prévenant lui-même ses supérieurs. 

 

Un épisode délicat pour les années 70, qui n’a pas dû être diffusé sur toutes les chaines locales américaines. Barry Primus joue juste ce flic homo, qui n’est pas une folle, bien mieux en tout cas que Robert Drivas, policier très maniéré, dans Underground. Comment cette histoire fut ressentie à l’époque ? Le politiquement correct n’était pas le critère de pensée et le scénario fait seulement part de clichés et des aprioris de collègues qui demandent leur mutation (son coéquipier revient sur sa décision dans l’épilogue) ; le tout reste sensé, sans les revendications ubuesques et ridicules contemporaines. Le meilleur passage est la fusillade et l’arrestation de l’indic. Quant à l’intrigue policière, elle est plate comme un encéphalogramme –simplement la recherche du second témoin-, et c’est surtout sur cela que je juge les épisodes. 

‘You're a good cop, but you're gay.’

o  Robert Walden (1943), Detective Arnie, a joué dans deux autres épisodes de la série : Jacob's Boy (saison 3) et Web of Lies (saison 4). Il est Joe Rossi dans la série Lou Grant (1977-1982).

o  Don Calfa (1939), 'Moonshine' Fisher, a joué dans deux autres épisodes de la série (Mister Nobody, Poisoned Snow) et dans deux Kojak, mais il est surtout connu pour le rôle de Kaltenbrunner dans Le retour des morts vivants. Il a joué aussi dans La nuit des juges (avec Michael Douglas) et Le facteur sonne toujours deux fois (avec Jack Nicholson), entre autres.

o  Bruce Glover (1932), George Carter, Powder Man, a souvent joué des rôles de vilains depuis les années 60. Il a participé à l’épisode Alien Country, saison 4. Il est aussi un des deux tueurs gay des Diamants sont éternels (Mr Wint).

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16. ACCROCHEZ-VOUS
(HANG TOUGH)

A quatre mois de la retraite, un policier des narcotiques se met en difficulté lorsqu’il tabasse un suspect, qui est en fait un indicateur fiable des Fédéraux.

 

Une jeune fille d’une quinzaine d’années est retrouvée morte d'une overdose d’héroïne. Sur les lieux du crime, les inspecteurs Stan Michaels et Eddie Boggs interpellent "Spider" Gonzales. Boggs le tabasse et lui met un couteau dans la main pour pouvoir prôner la légitime défense. Mais Emma Doyle, une dame âgée, a tout vu de sa fenêtre. Gonzales, un indic indispensable, est relâché, et Boggs, en voulant se racheter, envenime la situation en le menaçant. Lorsque ‘’Spider’’ est tué par un trafiquant (le méchant de l’intrigue), le policier pense que ses soucis sont derrière lui, mais Mme Doyle a recours au chantage !

 

Une belle histoire de flics dans laquelle Ned Beatty interprète judicieusement cet inspecteur rustre et brut que des agissements inconsidérés entrainent dans une spirale de violence. Après vingt ans dans les forces de l’ordre, une seule action peut mettre en péril sa pension de retraite et il est prêt à tout pour réparer son erreur.

 

Stone doit enquêter à contrecœur sur Boggs, suspendu, et l’investigation de voisinage oriente les recherches vers un trafiquant au chapeau de cow-boy, un personnage pâlot qui plombe un peu le scénario. Son arrestation sur un aérodrome (car il se déplace en avion privé !) est la scène d’action de l’épisode, mais elle est terne en comparaison du final et même de l’épilogue dramatiques.  L’histoire du trafic de drogues, la Tucson Connection, est bien secondaire, comparé au destin de Boggs, un flic qui a tout gâché sur un geste irréfléchi.

 

‘All he had to do was tell the truth, instead he lied. Twenty years down the drain’.

 

o  Cet épisode, diffusé le 17 février 1977 sur ABC, fut rediffusé le 23 juin de la même année, comme dernier épisode de la série.

 

o  C’est le dernier des onze épisodes réalisés par William Hale (trois histoires de la seconde saison, trois de la troisième, quatre de la quatrième et une de la dernière). Il est le troisième réalisateur de la série (avec Harry Falk) derrière Virgil W. Vogel (29 épisodes) et Walter Grauman (12). Il a réalisé également trois excellents épisodes de Kojak, au début de la première saison. 

 

o  Ned Beatty (1937), l’inspecteur Eddie Boggs, est le détective Corrigan dans le téléfilm The Marcus-Nelson Murders.

 

o  Susan Oliver (1932-1990), Gracie Boggs,  était une pilote d'avion confirmée. Elle tourna dans des séries où elle se fit remarquer : Peyton Place, Star Trek (Vina) mais aussi Au nom de la loi, Le fugitif, Des agents très spéciaux, Les mystères de l'Ouest, Les envahisseurs, Mannix, Le justicier…et surtout l’épisode des Incorruptibles, Le grand réseau (saison 2).  Elle réalisa aussi quelques épisodes de la série MASH.

 

o  Rafael Campos (1936-1985), ‘Spider’ Gonzales, a joué dans deux autres épisodes : Rampage, saison 2, et False Witness, saison 3.

 

o  Virginia Gregg (1916-1986), Emma Doyle, a tourné dans Letters from the Grave, saison 3, et The Honorable Profession, saison 4. Elle est la voix de la mère dans Psychose d'Hitchcock et de ses suites en 1983 et 1986.

 

o  Paul Cavonis (1937), l’inspecteur Stan Michaels, a joué dans deux autres épisodes : Before I Die, saison 2, One Chance to Live, saison 3.

 

o  Ward Costello (1919-2009) reprend le rôle du capitaine Devitt pour la cinquième saison (trois épisodes), tenu par Tim O’Connor dans trois épisodes des premières saisons.

 

o  Richard Bakalyan (1931), Gimp, a joué dans six épisodes des Incorruptibles, toujours des petits rôles.

 

o  Le titre français est encore une fois ridicule. Boggs emploie le terme ‘Hang Tough’ pour signifier à son coéquipier Michaels qu’il faut se serrer les coudes. 

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17. FIN DE L’INNOCENCE
(INNOCENT NO MORE)

Malgré les pressions, le lieutenant Mike Stone réclame que les membres d’un gang de jeunes voyous soient jugés aussi sévèrement que des adultes au vu de la gravité des faits qui leur sont reprochés.

 

Une bande de voyous de bonnes familles pille les habitations d’un quartier huppé de San Francisco et une retraitée décède d’une crise cardiaque lors de l’attaque de sa maison. Deux individus sont arrêtés immédiatement, dont Billy, le fils de 16 ans du notable Bob Wilson, un ami de Mike Stone. Le groupe est responsable de 42 actes de violence et le lieutenant va s’employer à démontrer la culpabilité du fils malgré les tentatives du père de faire plier les juges. Par une habile manœuvre, Billy mène la police au reste de la bande et Mme Wilson soulage sa conscience au procès.

 

Plus que l’intrigue, c’est le message véhiculé par l’épisode qui est intéressant, particulièrement dans le climat de bisounours que notre pays connaît actuellement. Stone est épouvanté par le sentiment d’impunité que des jeunes de 16 ans bénéficient par la loi de l’état californien, qui les considère comme des ‘enfants’. Le lieutenant se heurte aux médias (excellente scène) et aux pressions politiques, mais le policier aura gain de cause.

 

L’intrigue est bien interprétée : les voyous, Bill Quinn (le mari de la victime) et, bien entendu, Karl Malden, particulièrement lors du passage tendu de l’appartement vandalisé du lieutenant. Les quelques longueurs entament à peine le plaisir de cette aventure sans réel suspense mais à la savoureuse teneur idéaliste, dont les dialogues politiquement incorrect feront pousser des cris d’effroi aux ramollos.

 

‘It’s about the time the victims have some friends in court too, don’t you think?’

 

o  William Robert Yates a participé à 72 épisodes de la série comme ‘executive story consultant’, ‘associate producer’ puis ‘producer’. C’est le seul épisode où il est scénariste.

 

o  Mark Hamill (1951), Billy Wilson, est le fils de l’inspecteur Turner dans Poisoned Snow, saison 4.

 

o  John Lehne (1925-2007) et Don Stark (1954) étaient présents dans le même épisode : School of Fear, saison 4.

o  Dernière des douze apparitions de Darleen Carr dans le rôle de Jeannie Stone. Elle a participé à toutes les saisons : un épisode de la première saison, deux de la seconde, un de la troisième, quatre de la quatrième et quatre de la cinquième. L’actrice débuta sa carrière en 1964 et elle joua dans diverses séries, dont Ah ! Quelle famille (39 épisodes), Le justicier, Thriller entre autres. Au cinéma, elle joue dans Les proies avec Clint Eastwood.

o  On apprend toujours beaucoup de choses sur la vie de Stone quand sa fille Jeannie est présente, lors de passages de comédie, le plus souvent irrésistibles. Dans cet épisode, il y a trois scènes avec ces deux personnages : le repas d’anniversaire (début), le jogging et le restaurant. Lors de la seconde, Stone déclare à sa fille qu’il a 56 ans et qu’il envisage de démissionner (il dément heureusement un peu plus tard). En fait, Karl Malden a 64 ans en 1976, au moment de ce tournage !

o  Lors du saccage de l’appartement, le cadre de la photo de la femme de Stone est brisé et le lieutenant révèle qu’il l’a encadrée vingt ans auparavant. 

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18. L'EX-DÉTENU
(ONCE A CON)

Une jeune femme est sauvagement assassinée aux abords d’un campus. Trois repris de justice en cours de réinsertion sont suspects et une bague retirée de force à un doigt de la victime intrigue les enquêteurs.

 

Mary Wilson, une jolie étudiante, a été poignardée sur le campus à la descente d’un bus, et Stone et Robbins rendent visite aux connaissances de la jeune femme. En l’absence de Tina Harrington, sa meilleure amie, ils obtiennent des renseignements auprès de Miss Collins, la colocataire. Progressivement, Walter J. Young, un protégé de Stone, devient le principal suspect ; prisonnier le soir à San Quentin, il est étudiant le jour dans le cadre d’un programme de réinsertion, et il se trouvait à proximité du lieu du crime avec sa copine. Cette dernière plaide en sa faveur, mais Walter avoue, avant que le lieutenant ne trouve l’indice déterminant. Entre les repris de justice, l’ex-petit ami vendeur de cachetons et une brochette de jolies filles, dont un couple de lesbiennes (de celles qu’on tente de convertir), Stone trouvera ce qu’il cherche. 

 

Cette ultime saison tire son intérêt des scénarii purement policiers qu’elle propose. Pas, ou peu, de problèmes sociétaux comme lors des saisons précédentes. L’enquête de Once a Con est un modèle du genre, avec une foison de suspects, des fausses pistes et des alibis qui s’entrecroisent pour aboutir finalement à une conclusion inattendue, même si, a posteriori, on se dit qu’on aurait pu entrevoir la vérité. Personnellement, l’autre type en probation, Vasquez, était mon coupable. Deux poursuites (en voiture dans le parking et à pied au campus) agrémentent une enquête classique bien interprétée au dénouement intéressant.

 

‘We believe that Mary died because somebody was jealous of her. Someone who loves you very much’.

 

o  C’est le dernier épisode de la série diffusé en prime-time sur ABC, le 3 mars 1977, avant une longue pause. Westside Medical prenait la place dès la semaine suivante…

 

o  John Rubinstein (1946), Walter J. Young, est acteur, chanteur, compositeur et metteur en scène. On lui doit par exemple les bandes des films Votez McKay et Jeremiah Johnson. Il débuta en 1967 dans les séries Le virginien et L’homme de fer.

 

o  Linda Marsh (1939), Julie Hart, a joué dans deux autres épisodes de la série : Whose Little Boy Are You ? (Saison 1) et Target : Red (Saison 3). On a pu la voir aussi dans Les mystères de l’Ouest, Des agents très spéciaux, L’homme de fer, Mannix, Cannon et Hawaii, police d’état (qui marqua sa dernière apparition sur un tournage avec un hiatus de dix années entre ses deux rôles pour cette série).

 

o  Devon Ericson (1952), Jackie Collins, est la sœur du suspect dans Most Likely to Succeed, saison 4.

 

o  Todd Martin (1927), l’officier Nelson, a joué dans trois autres épisodes : Going Home (saison 2), The Twenty-Five Caliber Plague (saison 3) et No Place to Hide (saison 4).

 

o  La photo de recherche de la bague en or de la victime situe le meurtre au 10 octobre 1976. 

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19. INTERLUDE
(INTERLUDE)

Une femme adultère est témoin d’un meurtre en quittant sa chambre d’hôtel. L’assassin, échappé d’un institut psychiatrique, la traque.

 

De la chambre d'hôtel qu'elle a prise avec son amant, Carolyn Blake, épouse délaissée par son mari procureur, est témoin du meurtre d’un homme : Callaway, qui s’est échappé d’un asile, vient d’étrangler un détective lancé à ses trousses. L’assassin, que Carolyn n'a pas vu, piste la jeune femme et tue Dawes, son amant, en maquillant l’homicide en suicide, puis il fait la connaissance de Carolyn dans un parc. Callaway l’identifie à son épouse adorée qu’il a pourtant tuée. Acculée par Stone, Mrs Blake doit révéler la vérité et son infidélité pour échapper au tueur.

 

L’idée de départ est bonne mais l’intrigue sombre rapidement dans les bavardages et les incohérences, malgré la pertinence du jeu de Lois Nettleton en femme tiraillée. L’ennui incombe au scénario et aux personnages. Les longues rencontres Carolyn/Callaway au parc et au restaurant ne sont pas crédibles, le procureur Jerry Blake est exaspérant (on comprend son épouse !) et les théories de Robbins s’avèrent complètement foireuses. Les meilleures séquences sont les deux visites des policiers à l’hôtel (avant et après la découverte du corps), le moment où Stone comprend tout et surtout la confrontation du policier avec Mrs Blake, mais celle-ci est gâchée par le piège improbable et cousu de fil blanc dans lequel tombe le lieutenant.

 

‘Sometimes, an investigation’s going to take you to places you don’t want to go’.

 

o  Après une déprogrammation de plus d’un mois et demi, la série revient le 28 avril 1977 sur ABC pour les six derniers épisodes.

 

o  Une aventure qui a un goût de déjà-vu, car c’est également à l’hôtel Mark Hopkins qu’un boxeur traqué par la mafia se réfugie dans la chambre d’un couple adultère ; l’épisode Labyrinth de la troisième saison !

 

o  Linden Chiles (1933-2013), Jerry Blake, a joué dans deux autres épisodes : Winterkill, The Honorable Profession. Il est décédé d’une chute accidentelle d’un toit.

 

o  Ward Wood (1924-2001), le détective privé Gordon Dillworth, la victime, est le lieutenant Art Malcolm dans 68 épisodes de Mannix.  

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20. LA RANDONNÉE DANGEREUSE
(DEAD LIFT)

Un adepte du bodybuilding, au tempérament violent, se montre incontrôlable lorsque son physique très particulier est brocardé.  

 

Josef Schmidt, un culturiste, tue accidentellement Irene, une étudiante en sociologie, qui s'était moquée de son corps. Un peu plus tard, il pose pour des dessinateurs et il se lie d'amitié avec l'une d'entre eux, Judith Winters, qui l'incite à participer à un concours de culturisme. Il ne remporte que le second prix et Schmidt veut se venger sur Judith qui avait amené des amis qui se sont moqués de lui. Entretemps, la police découvre qu’il a déjà passé six mois en prison pour avoir brutalisé une prostituée qui l’avait critiqué.

 

Cette aventure est célèbre pour être celle avec Arnold Schwarzenegger, alors à ses débuts. C’est un véritable flop et promouvoir la saison avec un nom et un tel épisode est une arnaque pour les fans de la série. L’histoire est ridicule et l’interprétation à hurler de rire. Il faut le voir pour le croire ! Ce gros balaise niais, hyper susceptible et colérique à la démarche saugrenue fait penser à Hulk et dépeint la mode du culturisme dans les années 70 avant qu’on ne parle de stéroïdes anabolisants. Un spectacle affligeant.

 

‘That word really triggered him off: freak’.

 

o  Le concours de bodybuilding fut filmé à California Hall sur Polk Street. Arnold Schwarzenegger tournait avec son ami Franco Columbo, qui participera à quelques-uns de ses succès au cinéma.

 

o  Lors de la première scène, Schmidt révèle à Irene ses origines autrichiennes, qui sont identiques à celles de Schwarzenegger.

 

o  Diana Muldaur (1938), Judith Winters, était une habituée des séries dès 1966 (Hawk). On l’a vue dans Match contre la vie, Les envahisseurs, Les bannis, Le virginien, L’homme de fer, Hawaii police d’état, Mannix, Cannon, Un shérif à New York (15 épisodes)…Elle déclara aussi que sa participation à Star Trek fut une erreur.

 

o  Art Passarella (1909-1981) a interprété plusieurs fois le rôle du policier Sekulovich, personnage qui porte le nom serbe de Karl Malden !

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21. L’ÉVASION
(BREAKUP)

Alors qu’un avocat est menacé par un ex-détenu, un homme d’affaires est en proie à de terribles difficultés financières lors d’une procédure de divorce.

 

Larry Drake, l'avocat qui s'occupe du divorce de Charley et d'Ethel Finn, est traqué par Betz, un ex-condamné. Charley Finn, au bord de la faillite, ne peut payer la pension de sa femme, et il envoie accidentellement Drake à l'hôpital où Betz, revanchard, l’étouffe. Finn pense alors avoir tué le magistrat et tente de se suicider pour faire profiter ses enfants de son assurance-vie.

 

On comprend la déprogrammation des six derniers épisodes, car Breakup, même s’il est meilleur que les deux précédents, ne laisse pas un souvenir impérissable. Les deux histoires distinctes sont appelées à converger, ce qui permet à Stone et Robbins d’appréhender Betz et de raisonner Finn. L’épisode est correct mais bien loin des sommets de la série. Néanmoins, quelques scènes sont intéressantes (la tentative de meurtre du début, l’agression de Finn sur Drake alors que Betz est en embuscade, l’assassinat à l’hôpital) et Pernell Roberts est très bon en homme d’affaires submergé par les difficultés de la vie. A noter que Robbins a une idée décisive : il était temps, car il ne restait que trois aventures…

 

‘I don’t want anything assumed. I want a post-mortem and I want it as soon as possible’.

 

o  Pernell Roberts (1928-2010), Charley Finn, est Adam Cartwright dans Bonanza de 1959 à 1965 et il a joué dans de nombreuses séries cultes des années 60 et 70.

 

o  Sharon Acker (1935), Ethel Finn, a tourné dans The Programming of Charlie Blake, saison 3. Son principal rôle est dans Le point de non-retour où elle est victime de Lee Marvin.

 

o  George Murdock (1930-2012), Harlan Betz, a joué dans deux épisodes des Incorruptibles, mais aussi dans Les mystères de l’Ouest, Opération vol (5 épisodes), Banacek (5), L’homme de fer (7). Il joue aussi dans les épisodes Rampage (saison 2) et Mister Nobody (saison 3).

 

o  Janis Hansen (1940), Julia Drake, est Maggie, la femme flic tuée, dans Poisoned Snow (saison 4). Elle était une 'Playboy bunny'…

 

o  Comme lors de l’épisode précédent, Art Passarella (1909-1981) est l’officier Sekulovich. Il n’est pas toujours au générique. 

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22. FAISONS COMME SI NOUS NE NOUS CONNAISSIONS PAS
(LET’S PRETEND WE’RE STRANGERS)

L’inspecteur Robbins tombe sous le charme d’une avocate qui défend une dangereuse crapule. Heureusement, le lieutenant Stone a les idées claires et mène l’enquête.

 

William Martin cambriole l’appartement de Valérie Foster, une amie de passage, et la tue. Rapidement interpelé, Martin est défendu par Susan Harper, une avocate idéaliste qui se lie d’amitié avec l’inspecteur Dan Robbins. Malgré les charges, Martin est relâché et assassine le témoin du drame en faisant croire à un incendie. Alors que les tourtereaux roucoulent au vert, Stone démontre que le feu a été déclenché et la salopette, les gants et le masque du tueur, retrouvés sur un clochard, fournissent les dernières preuves nécessaires pour coincer le machiavélique manipulateur. Harper se retrouve directement menacée après s’être enfin rendu compte de la dangerosité de son client.

 

Cet épisode au titre ridicule ne sombre pas mais il s’en est fallu d’un rien. Il y a peu de suspense car le coupable est tout de suite connu et l’histoire est partagée entre l’enquête pour confondre l’infâme racaille et le mélo niaiseux Robbins/Harper, qui démontre une nouvelle fois les piètres qualités d’acteur de Richard Hatch. Si on zappe ces six minutes (dont surtout la scène d’où le titre est tiré), on obtient une investigation solide et rondement menée par le lieutenant Stone. L’interprétation est honnête -  mais la série a connu des tueurs psychopathes plus convaincants que celui-ci au visage juvénile - et l’intrigue n’a pas de temps mort. C’est également jubilatoire de voir une magistrate naïve et sûre d’elle faire totalement fausse route et être contredite par les résultats implacables de l’enquête de Stone. Machiste ? Pas le moins du monde…

 

 ‘I told you I couldn’t prove it. But if it’s true, you’ve got a psychopathic killer on your hand’.

 

o  C’est le dernier des douze épisodes réalisés par Walter Grauman (1922) : dix de la première saison et deux de la cinquième ;  celui-ci et The Cannibals.

 

o  Mark Wheeler, Billy Martin, est le voyou Bobby Elliott dans l’épisode de la troisième saison, Ten Dollar Murder

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23. TEMPS MORT
(TIME OUT)

Lors d’une permission à un colloque universitaire, quatre détenus s’évadent en prenant un gardien en otage.

 

Telson, Washington, Kimberly et le dangereux Kraft échappent à la surveillance de leurs gardes et s’éclipsent d’un amphithéâtre de l’université avec le sergent Earl Mack comme otage. Le quatuor se sépare peu après et libère Mack, qui met un point d’honneur à reprendre les fuyards. La connaissance des quatre hommes permet à Mack d’avoir un coup d’avance sur la police, ce qui n’est pas du goût de Stone qui considère que le sergent entrave son travail. Telson retourne chez sa femme (la jolie Christina Hart), Washington cherche à se procurer de la drogue, tandis que Kimberly et Kraft veulent se venger d'un mouchard, qui les a dénoncés.

 

Il y a beaucoup trop de personnages à suivre pour que la cohérence du scénario soit satisfaisante sur une durée de cinquante minutes. Les pérégrinations des quatre truands, la quête du sergent des détentions pour se racheter et les investigations de Stone et Robbins s’entrecroisent dans un ensemble confus. La dangerosité de Kraft est sacrifiée, et c’est finalement le personnage du gardien responsable et meurtri par la trahison des ‘prisonniers modèles’ qui est mis en avant. Pour le coup, il vole la vedette à Stone, trop coincé dans ses certitudes ; la réplique de l’épisode n’est donc pas pour le lieutenant cette fois-ci. Ça sent bien la fin de série.

‘The ugly things that happen inside (in prison) are the things they do to each other, which are exactly the things they'd be doing to innocent people if they were out on the streets.’

o  De nombreuses scènes ont été tournées sur le campus USF, au Cowell Hall à la Nursing School. L’intérieur est une des salles de classe.

 

o  Troisième et dernier épisode réalisé par Kenneth Gilbert. Il avait mis en scène One Last Trick et Innocent No More, également de la cinquième saison.

 

o  Richard Lynch (1940-2012), Harry Kraft, a débuté dans L’épouvantail en 1973. Il a souvent joué des rôles de méchants, dont celui de Moon dans Police puissance 7, le second film de sa carrière.

 

o  Davey Davison (1943), Susan Mack, a participé à Commitment et The Twenty-Five Caliber Plague.

 

Time Out traduit par Temps mort est une aberration, une fois de plus. Le sergent Mack considère le quatuor comme des prisonniers modèles et il les emmène en sortie, d’où le titre original. 

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24. LE COLLIER
(THE CANINE COLLAR)

Un Français, impliqué dans un vol de diamants, est retrouvé poignardé sur un bateau de croisière.

 

Un commissionnaire sur un bateau assassine un escroc français pour lui voler son chien, qui porte un collier serti de diamants. Confié à un vétérinaire le temps de l’escale, le caniche est rendu peu après, mais le collier a été malencontreusement échangé. Thor Olafson, le meurtrier, piste la trace du collier inestimable en éliminant au passage toute personne gênante.

 

Une triste fin de série avec cette histoire qui fait penser par certains côtés au Déjeuner trop lourd des Avengers (le cimetière pour animaux domestiques). La recherche de ce collier de chien est inintéressante, mais on retiendra la présence de Kaz Garas, déjà vu dans la série dans de meilleures circonstances. Le personnage de Paul Weber est complètement inutile ; renversé accidentellement avec son chien, il est inconsolable de la mort de son compagnon, comparant sa perte à celle de sa femme décédée d’un cancer ! De telles répliques couplées au final du concours pour chiens donnent une idée de la médiocrité de l’ultime épisode dont le scénario n’est pas digne de la série. A voir pour Karl Malden, irréprochable comme toujours, et la présence d’un basset lors de l’exhibition aurait permis un excellent cross-over avec Columbo !

 

‘What nothing ? A motive ! The Frenchman was killed for what was in here!’

 

o  Le concours de chiens a été tourné au Cow Palace. Le cimetière Pet’s Rest se trouve à Colma, en banlieue de San Francisco.

 

o  Une grosse erreur de continuité : comment Paul Weber peut-il reconnaître et sauter sur Thor Olafson dans la scène finale, alors que les deux personnages ne se sont jamais rencontrés ? L’équipe de production devait être pressée d’en finir!

 

o  C’est le dernier épisode tourné mais pas le dernier diffusé. On comprend pourquoi. Vaut mieux par conséquent privilégier l’ordre de diffusion pour cette saison.

 

o  Témoignage d’un extra sur le tournage sur le site TV.com : ‘Le metteur en scène avait beaucoup de mal à me placer hors du champ de la caméra. J’avais 14 ans à l’époque et la prise a duré toute la journée. Je pensais que je devais bien en profiter. Karl Malden était un vrai professionnel, sympathique et divertissant. Richard Hatch était à l’époque un acteur qui ne savait pas jouer. Ce fut une expérience enrichissante car j’ai vu comment travaillait une équipe de production. Les extérieurs et le travail de caméra étaient superbes.’

 

o  Robert Malcolm Young (1924)  a écrit dix histoires pour la série, sur les cinq saisons.

 

o  Harry Falk (1933)  a réalisé onze épisodes de la série, à partir de la troisième saison.

 

o  Reuben Collins a été l’inspecteur Bill Tanner dans 32 épisodes, à partir de la seconde saison.

 

o  Kaz Garas (1940), Thor Olafson, a participé à trois autres épisodes : The Albatross (un meurtrier d’enfant), Inferno et Bird of Prey.

 

o  Dennis Patrick (1918-2002), Dr Thompson, a joué dans The Most Deadly Species et Dead Air.

 

o  Claire Brennen (1934-1977), Betty Richley, a joué dans un épisode de chaque saison : The Albatross, The Runaways, Labyrinth, Runaway.

o  Une allusion au ‘casse du siècle’ de Spaggiari de juillet 76, lorsque Tanner évoque un fricfrac dans le sud de la France et Robbins surenchérit en disant : ‘They tunneled through the sewer’. [Ils sont passés par les égouts.]

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Crédits photo : Paramount Home Entertainment.

Images capturées par Denis Chauvet.

Les assassins [1/2] (The Thrill Killers [1/2])