PrésentationSaison 1

L'Homme qui valait trois milliards

Téléfilms

 

1. La Lune et le Désert (The Moon and the Desert) - 1973 

2. Vin, Vacances et Vahinés (Wine, Women and War) - 1973

3. Un otage qui vaut de l'or (The Solid Gold Kidnapping) - 1973

 

 

  


1. LA LUNE ET LE DÉSERT
(THE MOON AND THE DESERT)


Résumé :

Victime d’un crash au cours d’un vol d’essai, l’astronaute Steve Austin a perdu son bras droit, ses deux jambes et son œil gauche. Grâce au financement de l’OSO dirigé par Oliver Spencer, le docteur Rudy Wells effectue sur Steve Austin une greffe révolutionnaire. Muni de nouveaux membres l’ayant rendu plus fort, plus rapide et plus résistant qu’un humain normal, Steve doit apprendre à se retrouver lui-même, mais en contrepartie, il doit aussi exécuter une périlleuse mission pour le compte de l’OSO afin de justifier les coûts de son opération et les pouvoirs qu’elle lui procure.

Critique :

Présentée sur la chaîne ABC le 7 mars 1973, cette adaptation du roman Cyborg  de Martin Caidin a été réalisée avec un soin indéniable par Richard Irving. D’une durée de 75 minutes (90 minutes si on inclût les publicités), l’intrigue n’accuse aucun temps mort, tellement que certains raccourcis empruntés par les scénaristes, afin de couvrir l’essentiel du roman dans le laps de temps imparti à sa diffusion télévisée, passent sans qu’on s’en aperçoive vraiment.

L’une des forces de ce téléfilm, c’est qu’il arrive à présenter les personnages principaux en peu de temps grâce à un montage parallèle simple mais efficace. Ainsi, après le plan d’ouverture où la définition du mot « Cyborg » apparaît sur un écran informatique, on peut voir Steve Austin dès le générique du début se préparer à effectuer son vol d’essai, alors qu’on le voit marcher seul à l’écart avec le désert en arrière-plan, pour ensuite enchaîner avec un plan d’Oliver Spencer, le chef de l’OSO (Office of Scientific Operations – Bureau des Opérations Scientifiques), marchant à l’aide d’une canne pour aller à un meeting afin de faire part de son idée de créer un nouveau type d’agent spécial afin de pallier à la perte de nombreux autres, tout ça au coût de… six millions!

Le téléfilm fait également un usage habile des images filmées du crash d’un prototype dans le désert de Mojave à proximité de l’Edwards Air Force Base en Californie le 10 mai 1967. Son pilote, Bruce Peterson, a miraculeusement survécu à l’écrasement, malgré que son vaisseau ait percuté le sol à plus de 400 km/h et ait effectué six tonneaux. Contrairement à Steve Austin, Peterson n’aura perdu que son œil droit suite à cet écrasement, et a dû renoncé à sa carrière de pilote. Comme des segments de ces images du crash de Peterson ont été réutilisés dans la conception du générique de la série par la suite, Peterson avouera qu’il avait l’impression de revoir le même cauchemar semaine après semaine en la regardant.

Le point tournant le plus important de l’intrigue survient au moment où Steve Austin, qui a sauvé des enfants d’un autobus en flammes grâce à ses nouveaux pouvoirs bioniques, s’aperçoit que les fils électriques et l’armature de métal de son bras droit sont visibles et que les enfants qu’il a sauvés deviennent subitement effrayés à leur vue. Se sentant comme un monstre, Austin se retire dans sa chambre d’hôpital dans un mutisme complet, refusant de parler au docteur Wells, ni à l’infirmière Jean Manners qui s’est amouraché de lui. C’est alors qu’Oliver Spencer, après une conversation avec Wells, entre dans la chambre d’Austin, et plutôt que de le convaincre par la flatterie ou de chercher à le rassurer, il demeure fidèle à ce qu’on a pu voir du personnage depuis le début : franc, crû, sans langue de bois, même si cela risque de le rendre encore plus détestable aux yeux du public comme d’Austin. Évidemment, on se doute bien que l’ex-astronaute finira par accepter la mission que Spencer et l’OSO veuillent lui confier.

Anecdotes :

  • Le pilote n’a jamais été doublé en français, ni même présenté en France et au Québec sur les petits écrans au moment de la première diffusion. Il ne sera diffusé qu’au début des années 2000 en France sur la chaîne 13e Rue en version originale sous-titrée.

  • Au moment de la syndication de la série, le pilote a été rediffusée aux États-Unis sous la forme d’un épisode en deux parties intitulées The Moon and the Desert. Des scènes inédites, qui furent surtout des emprunts à d’autres épisodes, ont été rajoutées pour ce double-épisode.

  • Au moment du décollage du vaisseau piloté par Steve Austin au début du téléfilm, on peut voir qu’il s’agit d’un modèle Northrop HL-10. Or, le vaisseau piloté par Bruce Petersen dont le crash en 1967 a servi aux besoins du téléfilm aussi bien qu’au générique de la série, est un modèle Northrop M2-F2. Malgré la ressemblance, on peut voir la différence par le nez des deux appareils.

  • Dans le roman, Steve Austin exécute la mission finale en compagnie d’une agente secrète israélienne. Dans le pilote, il est seul.

  • Le mot « bionique » n’est pas du tout prononcé par les acteurs, ni n’a été mentionné dans le script.

  • Si l’on en croit le Docteur Wells, le manuel concernant uniquement le bras bionique comporte 840 pages!!

  • Le roman fait mention d’un œil bionique en forme de caméra greffé sur Steve Austin. Dans le pilote, le docteur Wells se contente d’affirmer que ce nouvel œil transcende la vision d’un œil normal et Austin n’en fait pas usage.

  • La scène où Steve Austin bouge son bras droit bionique est calquée sur la scène du réveil du monstre de Frankenstein incarné par Boris Karloff dans le classique de 1931 réalisé par James Whale et produit également par Universal. D’ailleurs, cet hommage est renforcé lorsqu’Austin s’adresse au docteur Wells en disant : Dr. Frankenstein, I presume? 

  • L’adresse de l’OSO est le 11 000 boulevard Wiltshire à Santa Monica en Californie. Cette adresse existe réellement et on y trouve actuellement des bureaux appartenant au FBI.

  • Au moment au Austin se sert de ses jambes bioniques pour courir dans le désert afin d’accomplir sa mission, le réalisateur Richard Irving se sert d’effets de montage en fondus enchainés pour créer le sentiment d’accélération et de vitesse voulu. Par ailleurs, on peut remarquer que Steve transpire davantage sous les aisselles de son bras gauche, son seul bras humain. Cet élément voulant que les membres bioniques créent peu ou pas de transpiration sera abandonné rapidement au cours de la série, tout comme le ralenti remplacera les effets de montage pour illustrer la grande vitesse de course de Steve.

  • Le docteur Wells montre à Austin dans ce téléfilm que l’énergie qui alimente son bras provient d’un générateur électrique à puissance nucléaire. Pourtant, la série contredit cette affirmation alors que Wells mentionne qu’un thermocouple génère de l’énergie électrique dans son bras bionique.

  • Le dialogue entre Austin et la tour de contrôle avant le crash est bien différent de celui qui figure dans le générique de la série. De plus, le crash dans le pilote n’est pas du tout provoqué par un incident mécanique, alors que le générique affirme le contraire.

  • Dans le roman, Austin tuait des gens de sang-froid, ce qui n’est pas du tout le cas dans le pilote. Cet aspect de la personnalité d’Austin sera maintenu tout au long de la série.

  • En 1978, le réalisateur Richard Irving en compagnie de l’auteur du roman original Martin Caidin et du scénariste du pilote Howard Rodman, vont créer un nouveau pilote pour une série intitulée : Exo-Man où un scientifique devenu paraplégique à la suite d’une agression, construit une armure ultra-résistante pouvant lui permettre de marcher et de lutter contre le crime. Malgré la vogue des super-héros à la télévision et la similarité du concept avec L’Homme qui valait trois milliards, Exo-Man n’est resté qu’à l’état de pilote.

  • En plus d’avoir été un prolifique réalisateur de pilotes pour Universal (Columbo notamment), Richard Irving a également été vice-président de la compagnie. Il est mort le 23 décembre 1990  à l’âge de 73 ans. Il est également l’oncle de l’actrice Amy Irving.

  • Howard Rodman, avant d’écrire l’adaptation du pilote sous le pseudo d’Henri Simoun, était déjà reconnu à Hollywood comme un scénariste réputé dans le domaine télévisuel. Il a remporté pas moins de 4 trophées de la Writer’s Guild au cours de sa carrière, et seul Harlan Ellison en a remporté autant que lui. Il doit en grande partie sa réussite professionnelle vers le début des années 60 grâce à sa contribution comme scénariste et story-editor pour deux séries à succès conçues par Stirling Silliphant : Naked City et Route 66. Il est décédé le 4 décembre 1985 à l’âge de 65 ans. Son fils, Howard A. Rodman est également un auteur et scénariste reconnu.

  • Avant de connaître la célébrité avec l’adaptation de son roman Cyborg en série télévisée, Martin Caidin était un pilote d’essai dans l’armée de l’air et a travaillé dans l’aérospatial au cours des années 60 au moment où la course à l’espace entre les États-Unis et l’URSS commence à battre son plein. Son roman Marooned  (S.O.S. Mercury VII) est  le premier à être adapté au cinéma par John Sturges en 1969 sous le titre Les Naufragés de L’Espace. Le succès de la série L’Homme qui valait trois milliards l’encourage à écrire trois autres livres racontant les aventures de Steve Austin. Il est mort en 1997 à l’âge de 69 ans d’un cancer de la thyroïde.

  • Darren McGavin est un acteur reconnu aussi bien au cinéma qu’à la télévision. Au grand écran, il se fait connaître dans les années 50 grâce notamment à trois films: Vacances à Venise  de David Lean, L’Homme au Bras D’Or et Condamné au Silence d’Otto Preminger. À la télévision, il devient célèbre en 1958 en incarnant le détective Mike Hammer, héros brutal né des romans noirs de Mickey Spillane. Il est également connu pour avoir incarné le journaliste spécialiste de l’occulte Carl Kolchak de la série-culte Dossiers Brûlants entre 1972 et 1974. Il est décédé en 2006 à l’âge de 83 ans.

  • Martin Balsam est certainement l’un des plus polyvalents acteurs de second plan d’Hollywood entre les années 50 et 90. Au cinéma, on peut le voir dans le célèbre film d’Hitchcock PSYCHOSE dans le rôle du détective tué dans les escaliers par la mère de Norman Bates; scène mythique. Sa carrière diversifiée l’amène également à jouer dans plusieurs films en dehors d’Hollywood, notamment en Italie. À la télévision, il demeure une valeur sûre comme « guest star » dans plusieurs séries connues (Les Incorruptibles, La Quatrième Dimension) sans jamais devenir une super-vedette, bien qu’il ne chôme jamais jusqu’à sa mort en Italie en 1996 alors qu’il avait 76 ans.

  • Ancienne Miss Memphis, la blonde Barbara Anderson a fait ses débuts à la télévision notamment dans un épisode de Star Trek: La Conscience du Roi en 1966. La même année, elle est engagée pour jouer dans le pilote de la série-culte Mannix. C’est cependant l’année suivante que les téléspectateurs la découvrent vraiment alors qu’elle incarne Eve Whitfield dans la célèbre série L’Homme de Fer. Elle quitte finalement la série après quatre saisons, mais elle reprendra son rôle dans le téléfilm Le Retour de L’Homme de Fer en 1993, son dernier rôle en date. Un an avant d’incarner l’infirmière Jean Manners qui tombe amoureuse de Steve Austin dans le pilote, elle a joué une des membres de l’IMF lors de la dernière saison de Mission: Impossible en remplacement de Linda Day George qui était alors enceinte. Depuis, elle n’est apparu que comme guest-star dans diverses séries sans retrouver le succès de L’Homme de Fer.

  • Au début du téléfilm, un général qui voit Steve errer dans le désert comme s’il prenait son temps lui demande: Have you any idea what time it is? Ce à quoi Steve répond en regardant le ciel: About five to seven?

  • Au moment où Rudy Wells montre le nouveau bras qui sera greffé à Steve, il lui dit: We've given you an eye for an eye, haven't we? An arm for an arm?

- Steve: My arm didn't come packed in a wooden box!

  • Après qu’Oliver Spencer ait parlé franchement à Steve Austin suite à l’incident de l’autobus scolaire, Steve murmure des paroles inaudibles à Spencer. Ce dernier réagit alors en riant: Really? Oh, I haven't been called that since grammar school.

  • Après que Steve ait brisé ses chaînes dans la prison où il est détenu avec l’homme qu’il doit faire évader, ce dernier lui demande étonné: Hala Maria, how you able to do that?

-Steve: Vitamins.

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2. VIN, VACANCES ET VAHINÉS
(WINE, WOMEN AND WAR)

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Résumé :

Suite à une mission ayant provoqué la mort d’une innocente, Steve est réticent à suivre de nouveau les ordres d’Oscar. Celui-ci se livre alors à une manipulation conduisant Steve à affronter Findletter, un dangereux trafiquant d’armes installé à Nassau et mettant en vente  des armes nucléaires. Steve va s’allier à un couple d’agents soviétiques d’abord antagoniste, mais dont les objectifs rejoignent le sien.

Critique :

Suite au succès du premier téléfilm, Universal a tenu à renouveler l’expérience en acceptant d’en produire deux autres en 1973. Au moment toutefois de la mise en chantier du second téléfilm, les exécutifs d’Universal se sont mis d’accord pour transposer les aventures de Steve Austin en série hebdomadaire avec épisodes d’une heure pour le début de l’année 1974.

Présentée sur la chaîne ABC le 20 octobre 1973, Vin, Vacances et Vahinés offre néanmoins une approche complètement différente du pilote originale. D’abord avec une équipe technique et une distribution complètement différente, où seul Lee Majors dans le rôle-titre est de retour, mais aussi un style calqué sur les films de James Bond. Certaines répliques dans la bouche d’Austin, son style vestimentaire (il porte un smoking au début du téléfilm), son jeu au golf, le fait qu’il fasse la cour à plusieurs femmes, le vilain qui lui fait face et les décors parfois luxueux malgré un usage plus abusif de décors miniatures et des transparences, soulignent déjà très bien le rapprochement d’Austin avec l’agent 007, au grand dam de Lee Majors d’ailleurs, qu’on sent irrité dans son interprétation, et qui a avoué avoir détesté cette approche.

Le scénario, écrit par Glen A. Larson, l’homme derrière des séries comme McCloud, Un Shérif à New-York, K2000, Battlestar Galactica, se contente de recycler les recettes des productions Broccoli, sans vraiment chercher à les renouveler. Il est intéressant de constater que les détracteurs de Larson l’ont toujours accusé de piquer des recettes à succès dans les séries qu’il a écrit ou produit pour suivre les tendances à la mode du moment: Star Wars pour Battlestar Galactica et Buck Rogers par exemple.

Ce recyclage se fait d’ailleurs souvent au détriment de la vraisemblance la plus élémentaire. C’est frappant au moment où Austin, qui a des problèmes avec le fonctionnement de son bras bionique au cours de l’intrigue lorsqu’il est en colère, règle le tout en deux ou trois coups de cuillères à pot suite à un appel téléphonique à Rudy Wells, sans explications, ni intervention médicale directe. Vous parlez d’un trou majeur dans le scénario!!!

Un autre élément à souligner est le fait que Steve Austin tue cette fois des gens de sang-froid, étant donné le style James Bond attribué au personnage. C’était d’ailleurs un des éléments qui a fortement déplu à Lee Majors, mais aussi à Harve Bennett, qui humanisera le personnage dans la série et le rendra accessible à un auditoire de tous âges. Il est d’ailleurs frappant de constater qu’Austin n’hésite pas à saboter un missile nucléaire pour faire exploser la base du vilain Findletter en conclusion, au mépris des dommages collatéraux, alors qu’on a pu voir auparavant que le repaire de Findletter est situé non loin d’une petite ville. L’explosion nucléaire donne droit à une belle erreur de raccord également, alors que le plan de l’explosion (qui vient d’un test nucléaire dans le Nevada) montre qu’elle a lieu dans un désert, alors que le repaire se trouve sous un cimetière dans une zone boisée.

Il ressort quand même quelques éléments positifs de ce téléfilm, avec d’abord l’entrée en scène d’Oscar Goldman, directeur de l’OSI (qui remplace l’OSO du premier téléfilm), et incarné par Richard Anderson, acteur polyvalent que l’on a pu voir dans plusieurs séries à succès, notamment Le Fugitif, Perry Mason, Columbo, et Zorro. Le personnage existait déjà dans le roman original de Martin Caidin, mais fût remplacé dans le script du pilote par celui d’Oliver Spencer qu’interprétait Darren McGavin.

L’emploi du temps chargé de ce dernier a forcé Larson à faire cette modification. La qualité du travail de Richard Anderson sera telle qu’il reviendra dans le troisième téléfilm et il sera également retenu par Harve Bennett pour la série hebdomadaire. Bien qu’il y ait des relents de la personnalité quelque peu cynique d’Oliver Spencer dans l’écriture, on peut déjà sentir les bases de l’orientation plus sympathique qu’apporte Anderson dans la peau d’Oscar Goldman, malgré ses manipulations pour forcer Austin à exécuter sa mission.

Ce second téléfilm marque aussi l’arrivée d’Alan Oppenheimer à la place de Martin Balsam dans le rôle de Rudy Wells. Plutôt reconnu comme voix pour des dessins animés (il est la voix du célèbre Mighty Mouse), l’embauche d’Oppenheimer se justifie d’abord et avant tout pour une question de budget puisqu’il coûtait à l’époque bien moins que Balsam. La touche d’Oppenheimer a également plu à Harve Bennett puisqu’il a été conservé pour les deux premières saisons de la série avant d’être remplacé par Martin E. Brooks.

Malgré leur talent, l’arrivée de ces deux comédiens n’a pas empêché que plusieurs problèmes de continuité avec le pilote soient présents dans Vin, Vacances et Vahinés. Par exemple dans le générique du début, le dialogue laisse entendre que Steve Austin connaissait Oscar Goldman bien avant son accident et son opération, faisant fi de tout ce qui a été illustré dans le premier téléfilm. Le générique utilise également des images du pilote où on peut voir Martin Balsam de dos dans la salle d’opérations, malgré la présence d’Alan Oppenheimer peu après. De plus, Goldman exprime à Wells que le coût de l’opération bionique pour sauver Steve importe peu, alors qu’Oliver Spencer dans le pilote a spécifié que le budget alloué est de… six millions.

Soulignons aussi que Rudy Wells dans le premier téléfilm est un savant indépendant de l’OSO, alors qu’ici, il est clairement un employé de l’OSI où il tient un poste très haut-placé dans le département scientifique, sans qu’aucune explication ne soit donnée sur ce changement où cette « promotion ». Comme si cela ne suffisait pas, Austin, qui était décrit comme un astronaute civil enrôlé uniquement comme pilote d’essai et membre de la NASA dans le tout premier téléfilm, devient ici le colonel Steve Austin membre de l’Air Force en plus de travailler pour la NASA. Harve Bennett conservera le statut militaire et le grade d’Austin dans la série en revanche.

Anecdotes :

  • Ce second téléfilm a été doublé en français et présenté sur la chaîne Antenne 2 le 10 mai 1975, soit quelques mois après que les premiers épisodes de la série en français furent présentés sur la même chaîne.

  • Au moment de la syndication de la série, ce second téléfilm a été rediffusé aux États-Unis sous la forme d’un épisode en deux parties en conservant le même titre. Des scènes inédites, qui furent surtout des emprunts à d’autres épisodes, ont été rajoutées pour ce double-épisode, comme pour le pilote.

  • Certains éléments de l’intrigue ont été adaptés du second roman de la série écrit par Martin Caidin. Le titre original est Cyborg II: Operation Nuke.

  • Lors de la mission au début de l’histoire, certaines images de « stock-shots » sont inexplicablement en noir et blanc.

  • On peut voir pour la première fois en action l’œil bionique de Steve Austin. Sa vision nocturne est cependant ici illustrée par l’intermédiaire d’un filtre vert avec parfois un rond de cette couleur dans la pupille de l’œil de Steve, un peu comme les verres à infra-rouges employés par les commandos d’élites dans les films d’actions américains.

  • En réponse à l’agente soviétique Katrina qui lui demande comment il fait pour voir dans le noir, Steve Austin lui répond : I eat a lot of carrots. Cette réplique sera recyclée à deux reprises dans la série, dans les épisodes Témoin oculaire de la première saison et Taneha dans la seconde.

  • On peut aussi entendre pour la première fois l’effet sonore de l’œil bionique de Steve, sauf que cet effet sonore est ici associé aux boutons du panneau de contrôle du silo de Findletter renfermant les missiles Polaris.

  • Dans ce téléfilm, Steve Austin est montré à l’entraînement en train de courir sur un tapis roulant et soulevant des poids. Ces images seront réutilisées pour le générique de la série.

  • Russ Mayberry, le réalisateur de ce téléfilm, et par extension du suivant, a une carrière assez fournie dans le domaine télévisuel. Né en Écosse, il a souvent travaillé avec Glen A. Larson, notamment sur la série K2000. Après le deuxième et le troisième téléfilm, il ne réalisera qu’un seul autre épisode dans la série, soit le dernier de la deuxième saison: Vengeance. Il avait également dirigé Lee Majors sur la série Le Virginien au début des années 70.

  • La chanson du générique du début et de fin, de même que pour le téléfilm suivant et intitulée simplement Six Million Dollar Man, a été écrite par Glen A. Larson et interprétée par Dusty Springfield.

  • La musique fût composée par Stu Phillips, un compositeur qui a surtout travaillé sur les séries conçues et produites par Glen A. Larson (K2000, Battlestar Galactica).

  • Le logo triangulaire pour illustrer le titre Six Million Dollar Man ne sera jamais réutilisé dans la série, mais a été conservé sur plusieurs produits dérivés, comme des albums à colorier et des livres de jeux.

  • Sur la photo promotionnelle qui a servi à publiciser le téléfilm, on peut voir Steve Austin en mode James Bond portant le smoking entouré de trois jeunes femmes. L’une d’entre elles est nulle autre que Farrah Fawcett, l’épouse de Lee Majors qui est apparu dans quatre épisodes de la série comme artiste invitée.

  • C’est dans ce téléfilm qu’il est pour la première fois fait mention du « niveau de sécurité 6 » au sein de l’OSI, seul niveau qui donne accès à tout ce qui concerne le département bionique.

  • Les scènes montrant un sous-marin nucléaire ont été empruntées au film Destination Zebra, Station Polaire de John Sturges, sorti en salles en 1969.

  • Le dialogue laisse entendre que Steve Austin est allé sur la Lune avec la mission Apollo 19. Or, la série affirme qu’il s’agit plutôt d’Apollo 17.

  • Dans le rôle de l’agent russe Alexi Kaslov, on retrouve rien de moins que l’interprète écossais de l’agent russe llya Kuryakin et partenaire de Napoleon Solo dans la série culte Des Agents très Spéciaux: David McCallum.

  • Dans le rôle de sa partenaire Katrina Volana, on retrouve l’actrice et beauté suédoise Britt Ekland, ancienne petite amie de l’acteur comique Peter Sellers et du chanteur Rod Stewart, et qui a incarné la James Bond-girl du film L’Homme au Pistolet D’Or, sorti l’année suivante.

  • De son vrai nom Hans-Jörg Gudegast, Eric Braeden est un acteur allemand habitué souvent aux rôles de vilains au cinéma (Les Évadés de la Planète des Singes, Titanic) comme à la télévision (Hawaii Police D’État, Commando du Désert) depuis les années 60, exception faite du personnage principal qu’il a interprété dans le film-culte Le Cerveau D’Acier en 1970. Il est surtout mondialement connu pour son rôle du docteur Victor Newman dans le soap opera Les Feux de L’Amour qu’il incarne depuis plus de 30 ans. Il a son étoile sur le Walk of Fame à Hollywood depuis 2007.

  • Le dialogue souligne plusieurs fois le côté James Bond de Steve Austin dans ce téléfilm, comme si le reste ne suffisait pas. Ainsi, l’agent Alexi Kaslov se permet d’affirmer:  Do you still insist that you are no more than an astronaut playboy on holiday?

  • Certaines réparties semblent également avoir été conçues plus pour Bond que pour Austin. Dans une scène de séduction, Cynthia, une agente de l’OSI s’exclame auprès de Steve, visiblement impressionnée: Oh, is there anything you aren't good at?

-Steve:  Well, I've never had much success at milking reindeer.

  • Dans la scène finale, Austin démontre qu’il a aussi hérité de l’humour noir de 007. Ainsi, lorsque Katrina Volana affirme:  Maybe we should have taken our chances with Findletter. Steve lui réplique, faisant reference au missile nucléaire qu’il a saboté:  I guarantee our relationship is heading for a blowup.

  • On peut trouver quand même une répartie qui est plus dans le style du Steve Austin de la série à toute fin. Lorsque Katrina lui affirme:  In Russia they say all American men are soft. Steve lui répond: Yeah, we rise to the occasion. Dommage que le dialogue survienne après l’explosion du missile nucléaire pour clore le film.

  • Findletter, qui ne manque pas de faire savoir à sa manière auprès de Steve Austin, son admiration devant ses pouvoirs  bioniques:  I don't know what you are, but you know, from what I've seen, you have great commercial possibilities. And when this operation is over, I intend to seriously investigate the possibility of making you the newest entry in my Fall Catalogue.

  • Fâché d’avoir été dupé par Oscar Goldman, Austin a une façon bien personnelle de le lui faire savoir au téléphone:  Listen pal, the next time you want me on a mission, you lay it all out on front, or I'll kick your department so high you'll need Sky-Lab to get it down.

  • Conversation assez éloquente sur les capacités de Steve Austin entre deux militaires de la Marine, Meade et Dawson  au début du téléfilm:

-Meade:  Eh, sir, would you mind telling me how we're gonna pick up this Austin fellow without running into patrol boats?
-Dawson:  Orders say he's going to swim out.
-Meade:  It will take him four hours to swim that distance.
-Dawson:  Orders say he'll do it in two minutes.

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3. UN OTAGE QUI VAUT DE L'OR
(THE SOLID GOLD KIDNAPPING)

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Résumé :

Après avoir délivré un ambassadeur américain enlevé par des révolutionnaires mexicains, Steve Austin doit maintenant retrouver un important diplomate kidnappé à Paris. Steve ignore qu’en réalité, tous ces enlèvements sont le fait d’une seule organisation : La Compagnie. Cette dernière exige 1 milliard en lingots d’or pour la libération du diplomate. Pour l’aider à retrouver le diplomate avant le paiement de la rançon, Oscar Goldman et Rudy Wells adjoignent à Steve une scientifique, Erica Bergner, qui a développé une méthode pour transférer les cellules d’un cerveau à un autre. Se servant des cellules du cerveau d’un des kidnappeurs retrouvé mort pour accéder à sa mémoire, Bergner cherche à guider Steve vers le repaire de l’organisation, mais pendant ce temps, Rudy Wells découvre que ce procédé cause de graves effets secondaires.

Critique :

Tout comme dans Vin, Vacances et Vahinés, Steve Austin est à nouveau en mode James Bond dans l’accomplissement de la nouvelle mission de ce troisième et dernier téléfilm, présenté sur ABC le 17 décembre 1973. Il faut dire que l’organisation qu’il combat n’est pas sans rappeler celle du S.P.E.C.T.R.E. qui était opposé à 007, notamment dans Opération Tonnerre. La présence de l’actrice Luciana Paluzzi dans un rôle de complice de La Compagnie, soit la Comtessa de Rojas, rappelle à juste titre son rôle de membre du S.P.E.C.T.R.E. dans le film ci-mentionné, à la différence que si Bond ne l’a pas convaincu de reprendre le chemin de la vertu, même après une nuit d’amour, elle n’hésitera pas à le faire sous la simple insistance d’Austin, et une simple torsion du poignet!

Un autre élément « bondesque » de ce téléfilm est de voir Steve Austin fréquenter un casino, affirmer qu’il a une certaine expérience comme joueur (It’s part of my checkered past , affirme-t-il), et qu’il est capable en plus de gagner à la roulette par une compréhension de la séquence des chiffres. On ne retrouvera pas cela dans la série, comme quoi cette référence au passé ne correspondait pas à la façon dont Harve Bennett envisageait le personnage, ce qui ne surprend guère.

Si Un Otage qui vaut de l’or ne réinvente pas la roue et ne génère pas de surprises question intrigue, on peut y trouver quand même certains éléments intéressants qui servirent pour la série subséquente, à commencer par la façon dont est dépeint Oscar Goldman. Alors qu’il avait des relents de la personnalité d’Oliver Spencer dans le second téléfilm, le scénariste Larry Alexander a davantage humanisé le personnage, le rapprochant assez près de celui que le public sera habitué de voir dans la série hebdomadaire.

On retrouve tout de même plusieurs incohérences dans ce téléfilm, mais un peu moins grosses que dans le précédent. Par exemple, on trouve tout au long du visionnement des cabines téléphoniques (rappelons que les cellulaires n’existaient pas encore à l’époque) utilisées par divers personnages à des endroits inusités: en plein milieu d’un stationnement (parking) public, sur un dock, et même à l’intérieur d’un entrepôt.

L’erreur la plus grossière se trouve par contre dans la scène où Steve fouille la chambre de la Comtessa de Rojas en usant de sa vision bionique nocturne, alors que la pièce est incroyablement claire! Il y aussi souvent cette erreur de point de vue assez commune dans les séries, au moment où Erica Bergner, qui est censé accéder à la mémoire du kidnappeur grâce au transfert de cellules, et la caméra montre alors le point de vue d’un autre personnage lorsque les images mentales apparaissent au petit écran. C’est le genre d’erreur qui est fréquent pour des raisons économiques (par exemple lors des flashbacks), alors que des images filmées sont réemployées plus d’une fois sans aucun souci de vérifier de quel personnage la caméra adopte le point de vue.

De retour à la mise en scène, Russ Mayberry filme le tout dans la même veine que le précédent, c’est-à-dire avec rythme, mais sans grande imagination non plus. Bref, pas ennuyeux du tout, mais pas indispensable.

Anecdotes :

  • Malgré un titre français, ce troisième téléfilm est demeuré inédit en France comme au Québec et n’a pas été doublé.

  • Au moment de la syndication de la série, ce téléfilm a été rediffusé aux États-Unis sous la forme d’un épisode en deux parties en conservant le même titre. Des scènes inédites, qui furent surtout des emprunts à d’autres épisodes, ont été rajoutées pour ce double-épisode, comme pour le pilote et le téléfilm précédent.

  • Certains éléments de l’intrigue ont été adaptés du troisième roman de la série écrit par Martin Caidin. Le titre original est Cyborg III: High Crystal. Il a cependant été publié après la diffusion du téléfilm.

  • Le filtre vert soulignant la vision nocturne de l’œil bionique de Steve Austin dans le précédent téléfilm a été conservé ici. Ce sera cependant la dernière fois qu’il sera employé.

  • Une photo publicitaire de ce téléfilm montre Steve Austin tenant une grande sculpture maya qu’il semble sur le point de lancer. Or, Austin n’exécute pas du tout cette action dans le téléfilm.

  • Oscar Goldman est montré au téléphone pour la première fois en conversation avec « Mr. Secretary ». Si ce genre de conversation est devenu fréquente dans la série, ce n’est que dans Super Jaimie que l’on découvre qu’il s’agit précisément du Secrétaire d’État.

  • Le scénario fait mention d’un aéroport fictif appelé « Aéroport de Londres », mais les images montrent clairement qu’il s’agit de l’aéroport d’Heatrow, avec en prime un plan le montrant en toutes lettres.

  • Bien que le titre Six Million Dollar Man conserve la même forme pyramidale sur fond jaune que dans le précédent téléfilm, de même que la chanson-thème et la présentation du personnage principale, la suite du générique présentant le titre du téléfilm avec les acteurs invités est pour la première fois présenté sur fond blanc. Cette forme va rester pour le reste de la série.

  • Les plans montrant l’aile informatisée des quartiers-généraux de l’OSI ont été empruntés au film Le Cerveau D’Acier sorti en 1970 qui mettait en vedette Eric Braeden, le vilain du téléfilm précédent.

  • Le premier titre du téléfilm fût The Billion Dollar Snatch.

  • Gil Mellé, qui avait composé la musique du premier téléfilm original, est de retour au poste après avoir été remplacé par Stu Phillips. D’abord un compositeur et musicien de jazz, Gil Mellé a composé plusieurs musiques pour des films, des téléfilms et des séries produites par Universal durant les années 60 et 70, notamment Dossiers Brûlants, Columbo, et le film de Robert Wise, Le Mystère Andromède.

  • Un logo de la NASA sur le costume que porte Steve Austin après sa mission au début du récit, porte l’inscription de la mission Apollo 2. Dans les faits, cette mission n’a jamais existé.

  • Sur le générique final, on peut voir Lee Majors courir en habits civils avec un fond d’écran noir. Le fait qu’à un certain moment il baisse les yeux démontre qu’il coure en réalité sur un tapis roulant et vérifie où il pose ses pieds pour éviter une chute.

  • Elizabeth Ashley, qui incarne Erica Bergner, a connu une carrière assez bien remplie comme actrice de cinéma, de théâtre et de télévision sans jamais vraiment devenir une star. Son rôle le plus notable fût dans le film Les Ambitieux en 1964 avec George Peppard, qui allait être son second époux.  À la télévision, on a pu la voir dans plusieurs séries cultes comme Mission: Impossible, Mannix, L’Homme de Fer et Deux Flics à Miami. À 77 ans, elle est toujours en activité aujourd’hui.

  • Après Britt Ekland, Luciana Paluzzi est une autre James Bond-girl qui a été engagé pour jouer une des « conquêtes féminines » de Steve Austin en mode agent secret. Née en Italie, elle a connu une carrière internationale en jouant aussi bien dans des films américains et anglais qu’italiens depuis les années 50 dans un registre varié. Son rôle de tueuse oeuvrant pour l’organisation S.P.E.C.T.R.E. dans Opération Tonnerre où elle est confrontée au fameux James Bond lui a apporté une certaine reconnaissance. Toutefois, sa carrière a plafonné étant donné que ce rôle l’a vite catalogué et qu’elle fût prise moins au sérieux par les producteurs. Elle sera confinée à des rôles dans des films de série B et de « sexploitation » jusqu’à ce qu’elle se retire des écrans en 1978.

  • John Vernon, qui interprète Julian Peck, le responsable des kidnappings pour La Compagnie, est un autre de ces acteurs spécialisés dans les rôles de vilains au cinéma (L’Étau d’Alfred Hitchock, Le Point de Non-Retour de John Boorman, Contre une Poignée de Diamants  de Don Siegel, Brannigan de Douglas Hickox), mais qui est surtout connu pour avoir joué le maire de San Francisco dans L’Inspecteur Harry avec Clint Eastwood.

  • Maurice Evans, acteur anglais qui incarne ici le chef de La Compagnie, est surtout connu pour son rôle du docteur Zaïus dans le célèbre film La Planète des Singes, et le rôle de Maurice, le père de Samantha dans la série-culte Ma Sorcière Bien-Aimée.

  • Au début de l’histoire, l’ambassadeur Scott est étonné que Steve Austin soit venu seul pour le libérer: They send one man? Ce à quoi Steve rétorque:  Well, things are a little tight, sir. You know, with inflation and budget cuts.

  • Sûrement pour souligner qu’Oscar Goldman s’est assagi depuis le téléfilm précédent:  Hello Steve, good of you to come. Ce dernier réplique:  Well how could I refuse you, Oscar? It's the first time you ever said 'please'.
  • À la question posée par Erica Bergner:  What do you want to prove, Colonel? Steve lui répond avec cette ligne mémorable:  That I’m more than the sum of my parts.
  • Dialogue avec sous-entendus entre la Comtessa et Steve:

-La Comtessa:  I've known several Americans. They too could only concentrate on one thing at a time. So little imagination.
-Steve:  Well, it's hard to believe where you're concerned.

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