TéléfilmsSaison 2

L'Homme qui valait trois milliards

Saison 1


PRÉSENTATION DE LA SAISON 1

La première saison de L’Homme qui valait trois milliards a été diffusée sur la chaine ABC les vendredis soirs à 20H30 à partir du 18 janvier jusqu’au 26 avril 1974.

Au moment où Harve Bennett a été choisi pour être le producteur exécutif de la série, ce dernier comprit vite l’ampleur de la tâche titanesque qui l’attendait: convertir les aventures d’un personnage, présentées sous la forme de trois téléfilms, en épisodes hebdomadaires de 50 minutes, et ce en moins de deux mois.

Le producteur exécutif des deux précédents téléfilms, Glen A. Larson, avait cependant déjà commencé à préparer des scripts et l’adaptation du contenu pour ce nouveau format vers la fin de l’année 1973, lorsqu’Universal a pris la décision d’en faire une série. Aussi, lorsque Harve Bennett est entré en scène, lui dont la volonté était de ne pas faire de Steve Austin une sorte de James Bond, il s’est appliqué le mieux possible à modifier le style et le ton des scénarios déjà retenus par Larson, étant donné le peu de temps à sa disposition pour lancer la production des épisodes. En même temps, il s’est attelé à la tâche de trouver l’équipe technique pour les filmer et monter le tout à temps pour le début de la saison télévisuelle de 1974.

Les 13 épisodes de cette première saison marquent donc une transition entre le contenu des trois téléfilms, où Bennett a cherché à en retenir les éléments qui pouvaient fonctionner et attirer le public, tout en cherchant à y développer des idées neuves ou d’autres formules gagnantes afin d’établir les bases de ce qui sera l’essence même de la série. Nous reviendrons sur ces éléments au fur et à mesure dans la critique des épisodes.

On peut toutefois souligner que pour faire une bonne série, il faut un bon générique d’ouverture afin de capter l’attention de l’auditoire dès le départ, ne serait-ce que pour introduire la texture visuelle qui lui sera donnée. Pour ce faire, Harve Bennett a eu l’idée d’engager Jack Cole, un spécialiste dans la confection de génériques pour la télévision qui avait notamment conçu celui de L’Homme de Fer, Le Virginien et Dossiers Brûlants. La volonté de Bennett était de faire du générique d’ouverture un résumé des événements qui ont fait de Steve Austin ce qu’il est: un homme bionique.

À partir de cette indication, Cole a su utilisé à bon escient des images du téléfilm original, incluant bien entendu les prises de vue de l’écrasement du vaisseau piloté par Bruce Petersen, plusieurs bruits de fond électroniques, des plans des deux autres téléfilms, et également de courtes scènes filmées par lui-même, en particulier les plans dans la salle d’opérations au moment de la greffe bionique de Steve. Par exemple, les plans où l’on peut voir le pied et la cheville bionique avec les mains d’un docteur passant un instrument de chirurgie, est le fait de Jack Cole; et les mains du chirurgien sont les siennes.

L’efficacité du générique d’ouverture (il ne dure que 90 secondes), est telle qu’il sera peu modifié au fur et à mesure des cinq saisons; seules quelques retouches seront faites et il en sera également question lors de la présentation des saisons subséquentes. En fait, la modification la plus importante est celle, décidée par Bennett, montrant que la cause de l’écrasement du vaisseau de Steve Austin n’était plus accidentelle comme dans le téléfilm original, mais était plutôt le fait d’un bris mécanique ou d’une panne qui a fait perdre à Steve le contrôle des commandes.

Dans cette optique, Jack Cole a incorporé dans le générique le vrai dialogue entre la tour de contrôle et un pilote de B-52 au moment du crash de Bruce Petersen, monté avec la voix de Lee Majors, enregistré en post-synchro, qui parle à la tour de contrôle.

Voici en version originale ce dialogue du générique d’ouverture, qui n’a d’ailleurs jamais été traduit ni doublé en français au Québec, alors que ce fût le cas en France à partir de la saison 2:

-Flight Com: It looks good at NASA One.

-Pilote B-52: Roger. B.C.S. Arm switch is on.

-Flight Com: Okay, Victor.

-Pilote B-52: Lighting rods are armed. Switch is on. Here comes the throttle. Circuit breakers in.

-Steve Austin: We have separation.

-Flight Com: Roger.

-Pilote B-52: Inboard and outboards are on. I'm comin' forward with the side stick.

-Flight Com: Looks good.

-Pilote B-52: Uh, Roger.

-Steve Austin: I've got a blow-out in Damper Three!

-Pilote B-52: Get your pitch to zero.

-Steve Austin: Pitch is out! I can't hold altitude!

-Pilote B-52: Correction. Alpha Hold is off. Threat selectors is Emergency! 

-Steve Austin: Flight Com, I can't hold it! She's breaking up! She's break—(coupure)

Pour ajouter à la présentation du héros Steve Austin, Harve Bennett a eu l’idée de faire lui-même une courte narration après la récapitulation du crash. Mais une fois l’enregistrement effectué, Bennett a appris que pour respecter les règles syndicales en vigueur, il fallait obligatoirement un acteur ou quelqu’un inscrit à la « Screen Actor’s Guild » pour faire ce travail. Bennett n’a alors conservé que ce passage où l’on peut entendre sa voix:

« Steve Austin: astronaut. A man barely alive! »

Par la suite, c’est Richard Anderson, dans le rôle d’Oscar Goldman, que l’on peut entendre alors que l’on voit l’opération qui fait de Steve l’homme bionique:

« We can rebuild him. We have the technology. We can make him better than he was.

Better… Stronger… Faster…»

Curieusement, cette portion du générique pour la saison 1 a été doublé en France et au Québec avec exactement le même texte, mot pour mot. Seules les voix sont différentes. En France, la narration fût assurée par Jacques Deschamps, un spécialiste du doublage qui fût entre autres la voix de Robert Stack pour la série Les Incorruptibles. Au Québec, impossible pour le moment de retrouver l’acteur qui a fait cette narration.

Le texte français, dans les deux versions, se déclame comme suit:

« Steve Austin. Cosmonaute. Un homme en apparence semblable aux autres. Mais… Reconstruit de toutes pièces par les miracles de la technologie. Un homme amélioré. Plus fort… Plus rapide… Plus résistant que les autres… »

Tout bon générique d’ouverture s’accompagne évidemment d’une musique thème attrayante qui doit constituer la signature musicale de la série. Après Gil Mellé et Stu Phillips, qui avaient composé la musique des trois téléfilms, Harve Bennett a confié le mandat de composer la musique de L’Homme qui valait trois milliards à Oliver Nelson. Saxophoniste de jazz qui a accompagné de grands artistes comme Duke Ellington dans les années 50, Nelson a commencé à œuvrer pour le cinéma et la télévision dans les années 60 comme arrangeur, notamment pour Alfie, Le Dragueur.

Au début des années 70, il travaille avec Gato Barbieri sur la musique du film sulfureux de Bernardo Bertolucci: Le Dernier Tango à Paris. Parallèlement à son travail aux arrangements musicaux, il se fait la main dans la composition de musiques pour des épisodes de séries télévisées comme Opération Vol et L’Homme de Fer. C’est cependant avec L’Homme qui valait trois milliards qu’Oliver Nelson a obtenu son premier travail à titre de compositeur principal pour une série, incluant tous les épisodes en plus du thème. Ce sera également la seule fois de sa carrière; Oliver Nelson étant mort prématurément d’une crise cardiaque à l’âge de 43 ans en 1975 au moment où les aventures de Steve Austin étaient à son apogée.

Sa musique mélangeant jazz et funk aura néanmoins contribué au succès de la série, et elle a été très bien réemployée lors des dernières saisons, avec la contribution additionnelle de compositeurs aux mêmes affinités musicales comme J.J. Johnson et Luchi DeJesus, pour certaines partitions originales et réorchestrations. Il est toutefois dommage que la musique d’Oliver Nelson pour cette série n’ait jamais été endisquée à ce jour.

Pour produire cette première saison, Harve Bennett a fait confiance à deux jeunes qui ont su saisir cette opportunité: Sam Strangis, plus connu comme directeur de production pour de nombreuses séries-cultes comme Batman et plus récemment Les Experts. L’Homme qui valait trois milliards fût son premier travail à titre de producteur. Et Donald R. Boyle, qui faisait ici ses débuts à la télévision. Il s’établira ensuite surtout comme scénariste pour plusieurs séries populaires comme Dynasty, V et Alerte à Malibu, en plus de créer la série Manimal.

Après deux mois de boulot harassant, la saison 1 était enfin prête à être lancée.

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1. POPULATION ZÉRO
(POPULATION : ZERO)



Résumé :

Les 23 habitants de la petite ville de Norris semblent étrangement tous morts. Ayant été à l’école à proximité et parce qu’il connait les habitants, Steve Austin décide d’aller là-bas afin de résoudre ce mystère, malgré les ordres d’Oscar Goldman. Sur place, Austin découvre qu’un savant aigri ayant déjà travaillé pour l’OSI, le docteur Bacon, s’est servi d’une invention pouvant émettre des ondes infra-soniques comme démonstration afin de faire chanter le gouvernement. Devant le refus de céder au chantage, Steve tente à sa façon de contrer Bacon avant qu’il n’emploie sa néfaste invention de nouveau à des fins plus mortelles.

Critique :

Si vous cherchez un premier épisode pour lancer une série dans la bonne direction, Population Zéro en est un excellent exemple. À partir d’une prémisse similaire à celle du film Le Mystère Andromède de Robert Wise, sorti en 1971 (et produit par Universal), au point d’y retrouver des plans tirés dudit film, le scénario parvient à créer un certain climat de mystère, et ce, même si le savant aigri faisant office de vilain, le docteur Bacon, est visible dès la séquence pré-générique.

Ce tout premier épisode réussit également à présenter Steve Austin exactement selon les critères humanistes tels qu’établis par Harve Bennett. Dans la première séquence où il apparaît, on peut voir déjà ce qui sera l’un des traits marquants de la série : le « pocket bionics ». Cette expression, intraduisible en français, désigne en fait l’emploi par Steve de ses pouvoirs bioniques dans des circonstances plus usuelles ou banales, plutôt qu’en mission. Cette idée a été imaginée par Kenneth Johnson, qui jouera un rôle plus important dans la série à partir de la saison Deux. Ainsi dans la séquence, Steve se sert de son bras bionique pour plier un tuyau de métal alors qu’il travaille à la confection d’une voiture buggy sport.

On y découvre également d’autres critères établis par Harve Bennett pour établir la personnalité d’Austin et lui enlever ses attributs à la James Bond. D’abord, son grade militaire de colonel dans l’US Air Force est rétabli, lui qui était pourtant un astronaute civil embauché par la NASA dans le premier téléfilm. Cela lui procure un certain privilège, si on peut dire, alors qu’il se porte volontaire pour aller élucider le mystère entourant Norris. La petite ville étant encerclée par l’armée et la police militaire, ces derniers n’auraient pas laissé passer Steve n’eut été de son grade, malgré son emploi à l’OSI et sa réputation comme astronaute qui est souligné dès son arrivée sur place. Il est toutefois vrai qu’Oscar Goldman a donné des instructions pour que Steve puisse passer le cordon de surveillance.

Bennett tenait aussi à ce que le métier et l’expérience de Steve comme astronaute puisse être utile dans ses missions. Afin de pouvoir entrer dans Norris en toute sécurité pour comprendre ce qui s’est passé, Austin revêt son costume spatial. Cela dénote autant l’intelligence du héros que le fait de ne pas recourir d’emblée à ses pouvoirs bioniques pour résoudre les situations périlleuses.

Qui plus est, ce n’est que le tout premier épisode et déjà Steve Austin a désobéi deux fois à son patron Oscar Goldman. D’abord, en voulant se rendre à Norris malgré le fait qu’Oscar lui ait refusé de lui confier cette mission, même si Steve lui a affirmé que Norris est situé près de sa ville natale et qu’il connait les habitants. Ensuite, en prenant sur lui de se rendre aux rendez-vous des hommes de main du docteur Bacon au moment de la supposée livraison de la rançon, malgré un ordre contraire d’Oscar. Ce trait de caractère de Steve Austin à ne pas toujours écouter son patron et ami, sera récurrent tout au long de la série.

En plus du caractère quelque peu insubordonné de Steve, le spectateur peut découvrir dans ce premier épisode un premier talon d’Achille à ses pouvoirs bioniques. Lorsque le docteur Bacon l’examine après l’avoir capturé, lui qui est un ancien employé de l’OSI, il décèle la présence des membres bioniques grâce à un compteur Geiger pouvant détecter la radioactivité, et découvre également qu’ils sont sensibles aux très froides températures. Bacon fait alors enfermer Steve dans une sorte de chambre froide pour éviter que sa force bionique ne lui permette de s’évader. Austin devra alors recourir à son ingéniosité pour se sortir de ce guêpier; ce qui représente un autre élément destiné à humaniser le personnage ainsi que ses actions héroïques sans passer par la force bionique.

Cela ne veut évidemment pas dire que Steve Austin n’emploie pas ses pouvoirs, bien au contraire. Et déjà dans ce tout premier épisode, le spectateur peut y voir la première « gimmick » concernant leur illustration à l’image : l’emploi du ralenti. Harve Bennett explique, dans les bonus de l’intégrale DVD de la série, avoir eu l’idée du ralenti en regardant les matchs de football américain à la télévision. Depuis le milieu des années 60, la technique des reprises télévisées employant le ralenti lors des matchs sportifs est vite devenue populaire. Bennett révèle qu’il avait remarqué que leur emploi, pendant les matchs de foot américain, rendait les impacts physiques entre les joueurs plus percutants comme si leur force et leur puissance étaient décuplées. Pourquoi alors ne pas utiliser le ralenti lorsque Steve fait usage de sa force bionique? Bennett ne savait sans doute pas à quel point cette idée allait marquer la série à ce point, en particulier chez les fans qui imitèrent Steve en mimant ses gestes au ralenti.

Le célèbre effet sonore bionique ne figure cependant pas encore dans cet épisode, comme quoi on ne peut pas trouver toutes les bonnes idées en une seule fois. À défaut de cela, les concepteurs ont tenté d’opter pour le bruit d’un battement de cœur lorsque Steve court à toute vitesse pour empêcher que le docteur Bacon ne mette sa menace à exécution de tuer des gens avec son arme infra-sonique. On pourra également noter lors de la course de Steve au ralenti que la sueur sur sa chemise est plus prononcée sous l’aisselle de son bras gauche non-bionique. Ce sera le seul épisode où les spectateurs pourront voir ce genre de détail précis et crédible.

Et pour terminer, l’épisode comporte quelques notes d’humour, certaines reprenant quelques formules ayant fonctionné dans les téléfilms précédents, mais qui s’avèrent plus efficaces étant donné l’orientation moins « bondesque » donnée à la série et au personnage principal.

Anecdotes :

  • Seul épisode de la série réalisé par le Franco-Américain Jeannot Szwarc, souvent reconnu à l’époque pour être l’un des meilleurs réalisateurs à la télévision, alors qu’il a travaillé pour autant de séries célèbres comme Kojak, 200 Dollars plus les frais, Opération Vol, et L’Homme de Fer notamment. Il a également réalisé pour le cinéma avec un bonheur inégal Les Dents de la Mer 2ème Partie, Supergirl, Insectes de Feu et Quelque Part dans le Temps entre autres. Prolifique, il est toujours en activité.

  • Issue du théâtre et de la comédie musicale, l’actrice Penny Fuller, qui incarne dans cet épisode la scientifique Chris Forbes, a connu une carrière très diversifiée à la télévision à partir des années 70. On peut la voir sur le petit écran comme invitée dans des séries comme Banacek, La Croisière s’amuse, Matlock, Code Quantum, ou Columbo pour ne nommer que celles-là.

  • Ayant fait ses débuts au cinéma dans les années 30, l’acteur Don Porter, le vilain docteur Bacon dans cet épisode, a vu sa carrière, plutôt mineure jusque-là, prendre une autre tournure en voyant ses rôles à la télévision augmentés à partir des années 70 alors qu’il avait la soixantaine. On peut le voir en particulier dans des séries comme La Nouvelle Équipe, Les Arpents Verts, Hawaï Police D’État, Barnaby Jones, et même Super Jaimie. Il est mort en 1997.

  • Elroy Schwartz signait ici le premier de quatre scénarios dans cette première saison. Dès son premier essai, il est parvenu à définir les contours du personnage de Steve Austin et d’Oscar Goldman, tels qu’Harve Bennett le désirait. Avant cela, il était surtout connu pour son travail au niveau comique, notamment dans des séries comme Les Joyeux Naufragés (produit par son frère Sherwood) pour lequel il était un des scénaristes principaux. Il a également travaillé sur la série Opération Vol. Il est décédé en 2013.

  • L’épisode Les Missiles de la Mort de la première saison de Super Jaimie contient des similitudes avec Population Zéro. On y trouve également le même plan du poteau de clôture arraché et lancé par la force bionique de Steve.

  • On peut constater déjà dans ce tout premier épisode qu’Oscar tient beaucoup à Steve puisqu’on peut voit une photo de lui sur son bureau personnel.

  • La combinaison spatiale portée par Steve lorsqu’il explore la ville de Norris est de la NASA et fût employée pour les missions projet Gemini. Cependant, ce modèle n’ayant pas été conçu pour marcher sur la Lune ou sortir dans l’espace, il apparait peu vraisemblable que Steve le porte dans cet épisode pour circuler dans la ville de Norris, lui qui est censé être allé sur la Lune et qui doit avoir un modèle de combinaison plus avancé fait sur mesure pour lui.

  • Ce n’est pas encore avec cet épisode que Steve ne tue pas ses antagonistes. Malgré l’urgence de la situation lors de la scène finale, Steve tue trois personnes par son intervention.

  • Le téléfilm original n’a jamais parlé du fait que Steve Austin a fait la guerre du Vietnam avant de devenir astronaute, contrairement au roman. Ce passé est cependant évoqué dans cet épisode.

  • Après que Steve ait sauvé la vie du docteur Forbes grâce à un saut bionique:

  • -Dr. Forbes: Well, thanks for saving my life, but would you mind telling me how you did it?

-Steve: Did what?

-Dr. Forbes: Jumped across the room like that.

-Steve: I eat a lot of jumping beans.

  • Voyant que Steve est un homme bionique, le docteur Bacon affiche encore plus son mécontentement envers l’OSI qui l’a renvoyé:

  • -Dr. Bacon: Do you realize that for one sixth of your cost, they could have had my weapon system perfected?

-Steve: I think you've given them some second thoughts about that. 

  • Scène finale, en rapport à la désobéissance de Steve jumelé à la réussite de sa mission: 

-Oscar: How do you tell a man who saved your life that he disobeyed an order?

-Steve: You don't.

-Oscar: I agree with you.

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2. SEULS LES PLUS FORTS SURVIVENT
(SURVIVAL OF THE FITTEST)

Résumé :

En route pour Washington après avoir entamé des pourparlers secrets avec les Russes, Steve et Oscar se retrouvent sur une île déserte après que leur avion ait dû atterrir d’urgence suite à la perte d’une aile pendant un violent orage. En attendant les secours avec les autres passagers rescapés de l’avion, Steve découvre que l’un ou plusieurs d’entre eux cherchent à tuer Oscar, pour éviter que ce dernier ne reprenne les discussions diplomatiques avec les Russes. Tout en protégeant son ami et patron, Steve essaie d’identifier lesquels parmi les rescapés est digne de confiance ou non.

Critique :

Lorsque Harve Bennett a été nommé pour prendre en charge la série, il n’a eu que deux mois pour préparer et concevoir les épisodes de la première saison avant leur présentation sur la chaine ABC en janvier 1974. Ce faisant, Bennett a dû travailler avec quelques scripts déjà retenus par son prédécesseur Glen A. Larson, et a tenté de les remanier pour gommer le caractère James Bond du personnage d’Austin et de ses aventures. Seuls les plus forts survivent fait partie de ces épisodes remaniées de toute évidence, avec déjà une menace mortelle de la part d’agents ennemis contre Oscar Goldman.

À cela, les auteurs ont ajouté un angle « film catastrophe », genre très populaire au cinéma et à la télévision à l’époque de la diffusion de la série et pendant la décennie des années 70. Universal, compagnie productrice de L’Homme qui valait trois milliards, avait d’ailleurs produit les films de la franchise Aéroport à cette époque, et on n’est pas trop étonné de retrouver dans cet épisode une catastrophe aérienne dans le premier tiers.

Ceci étant dit, au-delà de ces clichés d’usage, l’ensemble a été suffisamment remanié pour qu’il demeure solide, intéressant et génère assez de suspense. On a droit dès la séquence pré-générique à un moment de « pocket bionics » lorsque Steve se sert de son bras et sa main bionique pour changer un pneu, ce qui contribue déjà à désamorcer l’orientation 007 prise par Larson.

Un autre point positif à souligner est également l’évolution de la relation entre Steve et Oscar. On sent dès le départ qu’une amitié solide existe déjà entre les deux que leur situation de naufragés sur une île déserte, de même que le péril qui les guette face à des ennemis dont ils ignorent l’identité, vient clairement souder. Il faudra patienter plus vers la deuxième saison pour voir cette évolution se poursuivre, alors que les scripts donneront plus de consistance à Oscar et vont l’impliquer davantage dans les intrigues à venir, au lieu de n’être qu’un simple patron derrière un bureau donnant des ordres de mission à Steve Austin.

Si on exclut les agents ennemis, incluant un agent double dont le mystère sur son identité reste caché, certains des personnages de naufragés ont bénéficié d’une certaine attention dans le script. Parmi eux, il y a le jeune officier Bobby Barris, qui a abandonné ses études médicales après avoir craqué sous la pression, qui est ici poussé à surmonter ses peurs et repousser ses propres limites par Helen Machek, une volontaire des services d’urgence de la Marine qui croit en lui et l’encourage afin de venir en aide aux blessés après la catastrophe. Cela aura un impact dans la scène finale lorsque Steve devra improviser avec l’aide de sa main bionique une petite opération sur Oscar, blessé gravement, afin de stabiliser son état d’ici à l’arrivée des secours.

La seule lacune dans cet épisode, c’est le fait que le recours à la force bionique par Steve puisse s’avérer à nouveau mortelle. Dans leur but de rendre la série accessible aux enfants tout en enlevant la caractéristique létale qu’avait Steve Austin auparavant afin de mieux ressembler à 007 dans les téléfilms produits par Glen A. Larson, Harve Bennett et son équipe ont tenu à diminuer la violence, afin qu’il tue le moins de personnes possibles, au mieux qu’il s’abstienne de le faire.

Cela n’est pas vraiment réussi dans cet épisode car lors de l’affrontement final, Steve tente sans succès de sauver la vie de l’agent double, abattu par un de ses complices, d’une façon un peu maladroite, car on a l’impression que Steve se sert de son corps comme d’un bouclier pour se protéger des balles. Tout de suite après, Steve lance une pierre avec sa force bionique en pleine poitrine de son adversaire.  Un peu plus tard, Steve revient sur la plage rejoindre les autres naufragés avec Oscar et Barris, mais aucune trace de l’agent ennemi ayant reçu la pierre lancé par Steve. Cela laisse supposer qu’il est mort sur le coup, et il y a de quoi faire lever les sourcils du spectateur devant cette forme « d’omission » prouvant que Steve a tué, même si c’était de la légitime défense.

Heureusement, l’humour n’est pas absent dans cet épisode, même dans les moments dramatiques afin de désamorcer le mélo que ce genre de récit peut présenter. Un des personnages parmi les naufragés sert presque de faire-valoir en la matière : Mona, qui parle souvent avec une certaine drôlerie de son mari qu’elle doit rejoindre, jusqu’à ce qu’elle apprenne à la toute fin de la part de Steve qu’elle s’était trompé de vol! Une belle façon de ne pas prendre trop au sérieux les quelques invraisemblances de l’intrigue en somme.

Anecdotes :

  • À la réalisation de cet épisode, on retrouve un vétéran, Leslie H. Martinson, plus connu pour avoir réalisé Batman: Le Film  d’après la série-culte diffusée entre 1966 et 1968. Des années 50 aux années 80, il a travaillé pour plusieurs séries incluant Maverick, Le Frelon Vert, Cannon, Le Magicien, Les Robinsons Suisses et Wonder Woman. Il a également réalisé le film-culte Une Fille nommée Fathom en 1967 avec Raquel Welch. Il est mort en 2016.

  • C’est le seul épisode écrit par Mann Rubin, scénariste à la télévision depuis les débuts de l’existence du petit écran vers la fin des années 40. On retrouve son nom au générique comme auteur sur plusieurs épisodes de séries en tous genres jusqu’à la fin des années 80: Le Fugitif, Mission: Impossible, Mannix, Starsky & Hutch, Les Héritiers du Rêve et Dynasty. Il a enseigné pendant dix ans la scénarisation à l’Université de Southern California. Il est décédé en 2013.

  • Dans le rôle d’un des agents ennemis figure James McEachin, acteur de composition qui a obtenu pendant un court moment un rôle-titre à la télévision: celui du détective Tenafly, dans la série policière du même nom qui n’a duré qu’une seule saison dans le tourniquet du NBC Mystery Movie avec Columbo en 1973-1974. Il est également connu pour son rôle récurrent du lieutenant Brock dans la série de téléfilms Le Retour de Perry Mason dans les années 80. Ancien militaire pendant la Guerre de Corée, il a reçu plusieurs médailles, notamment pour avoir survécu vaillamment à une embuscade après avoir été gravement blessé. Il a mis fin à sa carrière d’acteur en 2004.

  • Christine Belford, qui incarne dans cet épisode l’agent double, est une des actrices qui a gravi rapidement les échelons dès le début de sa carrière. Alors qu’elle n’avait que 24 ans et seulement une expérience comme mannequin, elle obtient le rôle récurrent de l’enquêteuse Callie Kirkland qui rivalise avec Banacek dans le pilote et au cours de la seconde saison de la série du même nom. Suivront plusieurs apparitions comme actrice invitée dans des séries populaires comme Magnum, L’Incroyable Hulk, Elle écrit au Meurtre, Docteur Marcus Welby et Battlestar Galactica, pour ne nommer que celles-là.

  • Ancien bodybuildeur, l’acteur William Smith s’est fait une spécialité au cinéma et à la télévision d’incarner des durs et des hommes de main, comme dans cet épisode. Il a à son actif plus de 300 rôles à la télévision et au cinéma, particulièrement des séries B. On peut le voir dans des épisodes de séries comme Shérif, fais-moi peur, L’Homme qui tombe à pic (avec Lee Majors), T.J. Hooker, L’Âge de Cristal et La Planète des Singes.

  • Spécialisé dans le théâtre et les comédies musicales, particulièrement les parodies de chansons, Joanne Worley a l’occasion dans cet épisode de faire montre de son talent comique dans le rôle de Mona. C’est grâce à un personnage récurrent dans la série télé humoristique Laugh-In (inédit en France et au Québec) vers la fin des années 60 qu’elle a obtenu une certaine notoriété au petit écran. Malgré une popularité aux États-Unis jamais démentie au cours des années 70 comme artiste invitée dans plusieurs talk-shows, elle ne s’est vu jamais offrir la chance d’être la vedette principale d’une sitcom à l’instar de Mary Tyler Moore.

  • C’est dans cet épisode que Steve Austin utilise pour la première fois le zoom de son œil bionique. On peut voir également que la vision nocturne ne se fait plus avec un filtre vert comme dans les premiers téléfilms, mais avec un filtre rouge qui restera pour le reste de la série.

  • L’épisode Les Naufragés de la première saison de Super Jaimie est un remake de Seuls les plus forts survivent.

  • Bien que le scénario ne le précise pas avec exactitude, l’endroit d’où Steve et Oscar prennent leur vol semble être une des îles du Pacifique, voire un pays dans cette région du globe, si on tient compte du dialogue entre la tour de contrôle et les pilotes ainsi que les motifs expliquant la présence d’Oscar et de Steve sur place. Or, la scène pré-générique montrant Steve et Oscar se rendant en voiture à l’aéroport se déroule dans des extérieurs bien loin de ressembler à une quelconque île ou pays du Pacifique, et la plaque minéralogique ressemble plus à celles qu’on retrouve en Amérique du Nord. Visiblement, personne n’a songé aux problèmes de continuité et à la logique de l’intrigue dans l’introduction.

-Oscar: Considering everything we've been through, you're in great spirits today.

-Steve: Why not Oscar - we're alive.

  • Afin de pousser Bobby Barris à aider les blessés, Helen Machek monte au front à sa manière:

-Steve: Does anybody here have any medical experience?

-Helen: (regardant Bobby) I don't have any experience, but if the patients are willing, I am.

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3. OPÉRATION LUCIOLE
(OPERATION FIREFLY)

Résumé :

Steve doit retrouver le savant Samuel Abbott, kidnappé par des agents d’une puissance étrangère s’intéressant à sa nouvelle invention révolutionnaire en matière d’énergie propre: un projecteur laser portable. Pour ce faire, Steve doit convaincre la fille du savant, Susan, qui possède des pouvoirs extra-sensoriels, de lui venir en aide. Grâce aux pouvoirs de Susan, Steve retrouve la trace du savant dans les marais des Everglades en Floride. Toutefois, Abbott affirme qu’il n’est pas victime d’un enlèvement, mais a été emmené de son plein gré par des agents du gouvernement afin de terminer son invention. Pour le convaincre du contraire, Steve devra se montrer particulièrement inventif.

Critique :


Épisode franchement décevant, surtout au regard des deux précédents qui avaient de la qualité. À partir du moment où Steve cherche à convaincre la fille du savant de l’aider à retrouver son père en lui jouant un air de guitare « à l’espagnol » grâce à ses doigts bioniques, on se demande si on ne s’est pas trompé de série, et le spectateur ne peut que rire du ridicule de la situation.

Difficile de croire aussi à cette idée que pour réussir sa mission, Steve Austin soit obligé de recourir à une personne possédant soi-disant des dons de perceptions extra-sensoriels. Même si nous sommes prêts à accepter certains éléments de science-fiction dans la série, étant donné ce qui est arrivé à Steve et ce qu’il est devenu, les auteurs auraient pu faire un effort pour rendre cette idée un peu plus crédible. Hélas, ce n’est pas le cas ici car elle est trop abordée de front comme si cela pouvait être un fait patent qu’on soit obligé d’accepter.

Le reste ne s’améliore pas alors que l’aventure est menée à un rythme plus incertain. Et comme si le segment avec la guitare n’était pas déjà assez ridicule, on retrouve une scène où Steve se bat contre un crocodile, visiblement en toc à l’image tellement il parait faux, pour sauver la vie de sa partenaire dans les marais! Le personnage de Susan s’avère également trop remplie de clichés par sa naïveté désarmante et son attitude bohême trop mal exploitée, au même titre que ses dons extra-sensoriels.

Les choses se rehaussent un peu lors du dernier tiers, alors que Steve, détenu par les agents ennemis, se sert de sa force bionique pour s’évader, puis saboter l’invention d’Abbott, pour ensuite retourner dans sa prison comme si de rien n’était. Lorsqu’Abbott fait la démonstration de son laser, il constate non seulement à sa grande surprise qu’il ne fonctionne pas, mais que ceux qu’ils croyaient être des agents du gouvernement ne le sont pas en réalité. En somme, Steve a su se servir de ses connaissances en ingénierie scientifique pour saboter le laser afin d’ouvrir les yeux du scientifique.

Cela demeure cependant insuffisant pour racheter l’épisode de la médiocrité, même si l’humour est toujours présent. Bref, on tourne la page et on passe au suivant!

Anecdotes :

  • Né en Iran, le réalisateur Reza S. Badiyi a réalisé en carrière un sommet de plus de 400 épisodes dans pas moins d’une soixantaine de séries télévisées comme Mission: Impossible, L’Incroyable Hulk, Hawaï Police D’État (il a également réalisé le célèbre générique de cette série), Falcon Crest, Cagney et Lacey, et Alerte à Malibu. Opération Luciole est le premier des quatre épisodes qu’il a réalisé pour L’Homme qui valait trois milliards. Il est mort en 2011 après cinq décennies de travail bien remplies.

  • Unique épisode de la série écrit par Sy Salkowitz. S’il ne s’agit pas de son meilleur cru, il a fait bien mieux en écrivant pour d’autres séries comme L’Homme de Fer, Le Virginien, Opération Vol et Police Story. Il est mort en 1991.

  • Né au Japon, l’actrice anglaise Pamela Franklin, qui incarne Susan dans cet épisode, a connu une carrière polyvalente qui a débuté à l’âge de 11 ans. Elle a attiré l’attention en 1969 grâce à son rôle de la jeune fille kidnappée par Marlon Brando dans le film La Nuit du Lendemain. Elle devient alors une star invitée dans plusieurs séries télévisées comme Les Arpents Verts, Mannix, Cannon, Le Magicien et Médecins D’Aujourd’hui. Parallèlement, elle joue au cinéma des rôles de « scream girls » dans quelques films d’horreur cultes comme La Maison des Damnés au cours des années 70. Elle prend sa retraite anticipée en 1981 afin de se consacrer à sa vie de famille.

  • Simon Scott, le comédien qui interprète le professeur Abbott, est plus connu pour avoir joué dans plusieurs autres séries comme Cannon,  Voyage au Fond des Mers, Perry Mason, Sur le Pont de la Marine, Bonanza, et Les Mystères de L’Ouest. Curieusement, c’est dans son dernier rôle à la télévision qu’il a obtenu enfin un rôle récurrent dans une série à succès: celui d’Arnold Slocum dans Trapper John, M.D. diffusée entre 1979 et 1985. On peut le revoir dans l’épisode Messieurs, les Premiers Ministres, lors de la quatrième saison dans un rôle différent. Il est décédé en 1991.

  • Cet épisode utilise pour la première fois une des signatures visuelles et sonores de la série dans l’emploi de l’œil bionique de Steve Austin. On peut effectivement voir le zoom vers l’œil gauche suivi d’un gros plan de cet œil qui cligne, pour ensuite voir le point de vue de Steve à travers l’œil bionique. Le tout accompagné de l’effet sonore qui y sera associé pour le reste de la série. Rappelons que cet effet sonore était auparavant employé dans les premiers téléfilms pour souligner l’emploi de divers outils technologiques.

  • La maison où le docteur Abbott est détenu par les agents ennemis est le Queen Anne Cottage, qui se trouve à proximité du Jardin Botanique en banlieue de Los Angeles. Cette maison a souvent servi pour le tournage de plusieurs films et séries. On peut effectivement la voir dans le générique d’ouverture de L’Île Fantastique.

  • C’est dans cet épisode que nous apprenons que l’acronyme OSI signifie « Office of Scientific Intelligence ».

  • Après que Steve ait réussi à freiner un taxi grâce à ses jambes bioniques:

-Susan: Hey, how did you stop the cab?

-Steve: Well, by ruining my best pair of boots.

  • Lors de la conclusion, le professeur Abbott n’en revient toujours pas que Steve Austin ait eu les connaissances suffisantes pour saboter son invention:

-Abbott: How could you have know that by removing this, that projector would explode? Well don't tell me that you have a background in biocanical electronics?

-Steve: Oh, I've snuck into a few classes here at MIT, professor.

-Oscar: Steve has taken advanced science classes at, eh, at other universities as well, doctor.

-Abbott: Him? I thought he was a football player?

-Oscar: That too.

  • Steve Austin n’est jamais à court de réponses lorsqu’on lui demande comment il peut réussir des choses que le commun des mortels ne peut faire :

-Susan: How did you get free?

-Steve: It's an old Indian trick.

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4. LE ROBOT
(DAY OF THE ROBOT)

Résumé :

Steve doit accompagner son ami le major Sloan en route pour tester un système anti-missile ultra-secret. Pendant le trajet, Sloan est remplacé par un robot à son effigie à l’insu de Steve. Ce robot, crée par Jeffrey Dolenz, doit dérober l’engin devant servir au test anti-missile afin qu’il soit vendu au plus offrant. Bien que la réplique de Sloan soit parfaitement programmée pour donner le change à Steve, ce dernier commence à avoir des doutes à la suite de quelques événements troublants. Un affrontement entre les deux est inéluctable et Steve aura besoin de toute sa force bionique pour résister à cet androïde.

Critique :

Le Robot marque un retour en force après un aussi faible épisode qu’Opération Luciole. De surcroit, il nous présente par son titre un adversaire qui deviendra récurrent face à Steve Austin et populaire auprès des fans de la série. Tellement que Jamie Sommers, la femme bionique, devra aussi les affronter. Mais n’anticipons pas!

Le gros point fort de cet épisode, c’est son souci du détail. Dès la séquence pré-générique, lorsque le savant Dolenz fait la démonstration des capacités de son robot à imiter le Major Sloan avec un naturel désarmant, tout en montrant une force aussi grande que celle de Steve Austin, le téléspectateur est accroché à son siège, et la suite ne va pas le décevoir.

Car le récit ne se résume pas qu’à un affrontement entre Steve Austin et un androïde conçu à l’effigie de son ami Sloane afin de voler un engin anti-missile. Lorsque Steve et Sloan (le vrai) se rencontrent pour la première fois alors qu’ils disputent un match de tennis, le dialogue entre les deux établit aussi bien l’amicalité de leur relation que la surprise de Sloane de voir que Steve l’ait battu à plate couture pour la première fois depuis très longtemps.

Cela peut sembler banal, mais ce détail a son importance au fur et à mesure que l’intrigue progresse. Au cours du trajet vers le site du tir de missiles pour tester l’engin, c’est Steve cette fois qui va d’étonnement en étonnement devant l’étrange comportement de Sloane, ignorant qu’il s’agit du robot de Dolenz. Après une sortie de route, Steve décide d’user de son pouvoir bionique pour libérer la voiture. Surprise! Sloane imite Steve en l’aidant à la déplacer avec une force équivalente. En somme, pour en revenir au précédent match de tennis entre le vrai Sloane et Steve disputé plus tôt, cette fois le robot « renvoie la balle » à notre homme bionique, à cause selon Dolenz, d’un élément de programmation restant dans sa mémoire associé au mimétisme et à l’imitation de ce qu’il voit.

Intrigué autant que suspicieux, Steve appelle Oscar pour s’assurer qu’il n’existe pas d’autre homme bionique, ce qu’il confirme (on découvrira lors de la saison Deux que c’est un mensonge d’Oscar!). Certes, le robot a emmagasiné assez d’informations pour donner le change et tromper momentanément Steve, mais plus les deux approchent de leur destination, plus Steve trouve le comportement de Sloane étrange, alors que le spectateur espère que son héros découvre la vérité.

Survient alors le moment où le robot répond à Steve en réemployant exactement le même ton et les mêmes mots que la veille lorsque Steve a fait allusion au fait qu’ils sont suivis par une autre voiture. Ce grain de sable qui vient gripper la mécanique, a été très bien imaginé par les auteurs car s’il est en apparence simple, il s’avère diantrement efficace puisqu’il fait réagir aussi bien le spectateur que Steve lui-même à ce moment précis, qui sait maintenant que quelque chose cloche sérieusement au sujet de « Sloane », surtout après l’accumulation de tant de détails troublants.

Le suspense en crescendo atteint évidemment son point culminant lors de l’affrontement entre Steve et le robot après le vol de l’engin par ce dernier. Entièrement filmé au ralenti et d’une durée record de huit minutes, ce qui ne s’était jamais vu à la télévision, il s’agit sans doute d’un des meilleurs combats à un contre un montré au petit écran, malgré quelques petites erreurs au niveau des trucages et de la continuité.

C’est donc une évidence que Le Robot a représenté un jalon important, pour ne pas dire un mètre-étalon de la série, au point de servir d’influence et de référence dans la conception des épisodes futurs. Car avec un adversaire redoutable sorti tout droit de l’univers de la science-fiction, l’humanité de Steve par rapport à ses pouvoirs bioniques peut ressortir autrement à l’image, tout comme le cadre de ses aventures ne se limite plus à des intrigues d’espionnage à la mode.

Anecdotes :

  • Premier de trois épisodes figurant le savant Jeffrey Dolenz. Mais surtout le premier où Steve Austin affronte un vilain qui reviendra régulièrement au cours de cette série ainsi que Super Jaimie: les robots.

  • On est à peine rendu au quatrième épisode de cette première saison que le réalisateur Leslie H. Martinson en a déjà réalisé deux.  Toutefois, et malgré le succès marquant de Le Robot, Martinson réalisera son troisième et dernier épisode pour cette série, Super Duel, vers la troisième saison.

  • L’auteur de Le Robot, Del Reisman, est considéré comme l’un des meilleurs scénaristes, consultants au scénario et producteurs de télévision aux États-Unis. Il remplissait d’ailleurs ces trois fonctions dans la série à succès Peyton Place. Il a aussi travaillé sur d’autres séries comme Les Envahisseurs, Rawhide, Les Incorruptibles et Supercopter. Reisman a également co-écrit l’une des suites de cet épisode dont le titre français est curieusement exactement le même que celui-ci. Il est également l’auteur sans doute du meilleur épisode de cette saison Un: Le Mal de L’Espace.

  • Avec plus de 200 rôles à son compteur, l’acteur John Saxon n’a pas chômé en plus de 50 ans de carrière, et il est d’ailleurs encore toujours actif. Bien que confiné dans le cinéma de série B (LesGriffes de la Nuit notamment) et des rôles de « guest-stars » sur plusieurs séries télés, Saxon demeure encore un des acteurs les plus appréciés de sa génération. Il a également une aura internationale, grâce entre autres à son rôle de partenaire de Bruce Lee dans Opération Dragon, et un passage dans le cinéma populaire italien avec des films comme Opération Casseurs. Au petit écran, on a pu le voir aussi bien dans des rôles sympathiques qu’antipathiques dans des séries comme Matlock, Dynastie, L’Agence Tous Risques, L’Île Fantastique, Magnum, et l’on comprend très bien qu’il ait pu être choisi pour ce double-rôle de Sloane/le Robot. On le retrouve également dans le double-épisode de la saison Quatre, Le Retour du Scalpeur dans un rôle exclusivement de vilain.

  • Issu de Broadway, Henry Jones a connu un parcours d’acteur spécialisé dans les seconds couteaux ou des rôles de soutien au cinéma, comme celui du coroner dans Sueurs Froides, le célèbre chef-d’oeuvre d’Hitchcock. Avec le temps, il a développé un talent à la télévision dans la peau de personnages en apparence honorable, mais qui ont un côté sombre, malicieux et charmeur qui ne manquent pas d’humour, comme c’est le cas dans cet épisode où il incarne suavement le savant Dolenz. Le succès de l’épisode lui a fait d’ailleurs reprendre ce rôle à deux autres reprises. Ce talent et ce charme particulier dans les rôles de « gentleman » lui ont procuré plusieurs rôles récurrents dans des séries comme Falcon Crest, Gun Shy, Madame Columbo et Voyage au Fond des Mers. Il nous a quitté en 1999.

  • Lloyd Bochner est un acteur canadien évoluant dans le même registre et le même style que Richard Anderson dans des rôles surtout d’hommes d’affaires élégants, de cowboys, et de militaires de tout acabit. Mais à la différence de Richard, Bochner a orienté davantage sa carrière dans des rôles de vilains au sein de plusieurs séries comme Mission: Impossible, La Quatrième Dimension, Voyage au Fond des Mers, Battlestar Galactica, et Hawaï Police D’État. Son rôle de commanditaire de Dolenz dans cet épisode n’est que le premier des trois qu’il a joué comme artiste invité dans cette série, avec en prime un autre dans Super Jaimie. Il est mort en 2005.

  • C’est le premier épisode où il n’y a pas de protagoniste féminin. Ce qui est plutôt rare car la très grande majorité des épisodes voient Steve Austin souvent accompagné d’un personnage féminin différent, quand elles ne sont pas les vilaines visées par l’homme bionique.

  • La séquence du combat final entre Austin et le Robot a été parodiée par le réalisateur Blake Edwards dans son film Quand la Panthère Rose s’emmêle, sorti en salles deux ans après la diffusion de l’épisode. On peut constater l’emploi du ralenti audiovisuel sous une forme comique dans la scène de combat entre l’inspecteur Clouseau dans son appartement avec son valet Kato.

  • Pendant le combat final, on peut entendre pour la première fois le célèbre effet sonore « bionique ». Il a par contre été employé ici pour souligner les actions et les gestes du robot, et non ceux de Steve.

  • Un autre effet sonore que l’on peut entendre lors du combat final, est celui qui souligne la colère du robot. On peut entendre cet effet sonore pour la première fois dans un film produit par Universal inédit en France et au Québec : How to Frame a Figg, qui mettait en vedette Don Knotts.

  • Une peinture dans le bureau d’Oscar Goldman peut également être vue dans l’épisode Candidat au Crime de la série Columbo.

  • Bien que le trajet de Steve et de Sloane part de Washington pour leur destination secrète, leur voiture, ainsi que toutes celles qu’ils croisent sur la route ont des plaques de la Californie.

  • Le premier titre donné de cet épisode était Duel of Giants.

  • Après que Steve ait battu Sloane au tennis:

-Sloane:  I never thought I'd see the day you'd beat me three straight sets.

-Steve: Well, you've still got your memories, Fred.

  • Suite à la sortie de route provoquée par le robot remplaçant Sloane:

-Steve: Well, that was fun.

-Robot: I'm sorry Steve, I got a cramp in my foot.

-Steve: Let's let that car pass.

-Robot: What car?

-Steve: There's been one behind us ever since we left the station.

-Robot: You weren't so nervous in the old days, Steve. It's just a coincidence.

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5. OPÉRATION AFRIQUE
(LITTLE ORPHAN AIRPLANE)

Résumé :

Le pilote et espion Josh Perkins a réussi à filmer des preuves de violations d’un traité de l’ONU au sein d’un pays africain: le Katara. Mais son avion s’est écrasé avant qu’il n’ait pu franchir la frontière pour alerter les autorités compétentes. Steve est alors envoyé sur le continent africain pour retrouver Perkins et récupérer les preuves qu’il a obtenu. Blessé, Perkins a réussi à trouver refuge dans une mission où deux sœurs lui sont venues en aide. Steve devra trouver un moyen de les évacuer tous avant que les militaires qui traquent Perkins n’arrivent à la mission.

Critique :
Une autre mission d’espionnage et un autre script retenu par Glen A. Larson qui a été retravaillé pour gommer son côté James Bond. Il faut dire que le contexte géographique africain y contribue, même si ça saute aux yeux que l’ensemble n’a pas du tout été filmé en Afrique, et que les personnages secondaires présentent un certain intérêt.

Ces personnages secondaires, ce sont les deux sœurs catholiques missionnaires (Thérèse et Anneti) qui ont caché Perkins à la mission dont elles ont la responsabilité. Lorsque Steve les rencontre, il se met à faire des gestes pour décrire comment il est arrivé au pays en croyant à tort qu’elles ne parlent pas anglais. Après s’être rendu compte de sa méprise, sœur Anneti lui demande s’il est bien « le » Steve Austin qui est allé sur la Lune. La réponse étant affirmative, elle dit alors à sœur Thérèse: Get my camera!

Ce genre d’humour parsème l’intrigue à travers quelques échanges savoureux entre Steve, les deux sœurs et Josh Perkins, incarné par nul autre que Greg Morris, mieux connu pour son rôle de Barney Collier, l’expert en électronique pendant sept ans au sein de l’équipe de Mission: Impossible. Il semble ici sourire en permanence à l’idée cette fois d’incarner un espion sur un ton plus léger et décontracté.

Un ton qui contribue non seulement à rafraîchir un ensemble qui risquait d’être prévisible, tout en contribuant toujours à humaniser le personnage de Steve. Il est d’ailleurs à noter que la leçon de l’épisode Seuls les plus forts survivent a été retenue par rapport à la violence puisque pour la première fois, on ne compte aucun mort dans cet épisode.

Fait intéressant: l’emploi du « pocket bionics » dans cet épisode trouve son utilité en situation de mission pour Steve Austin. Afin de pouvoir quitter le Katara, Steve se sert de ses pouvoirs bioniques afin de monter un avion à partir des pièces encore utilisables. L’idée est tirée du film de Robert Aldrich, Le Vol du Phoenix, où des naufragés d’une catastrophe aérienne dans le désert montent un avion un peu de la même manière. La différence, c’est que les pouvoirs bioniques de Steve lui sont très utiles, ne serait-ce que pour transporter le lourd moteur avec son seul bras droit et son épaule, ou bien de réparer l’hélice.

L’un des seuls bémols dans cet épisode est le choix du décor extérieur où se situe l’action, qui n’a rien d’africain, et cela paraît. Cela est pardonnable dans le contexte du budget alloué à la série et l’époque où elle a été tournée. Mais le fait de réutiliser des plans extérieurs de l’épisode Opération Luciole pour combler des trous au montage alors qu’on sait que ce dernier est censé se dérouler dans les Everglades en Floride, l’est moins.

Anecdotes :

  • Greg Morris allait retrouver Lee Majors dans un épisode de la saison Deux de L’Homme qui tombe à pic. Décédé en 1996, son rôle le plus célèbre après celui de Barney Collier dans Mission: Impossible fut celui du lieutenant David Nelson dans Vegas au début des années 80.

  • Marge Redmond, qui interprète l’amusante sœur Anneti, s’est justement fait connaître pour son rôle de sœur Jacqueline dans la série La Sœur Volante vers la fin des années 60. Elle a aussi interprété le personnage de Miss McArdle lors des saisons cinq et six de la série Matlock.

  • Second scénario dans la série pour l’auteur Elroy Schwartz, ce dernier a clairement accentué l’humour par rapport à son premier scénario: Population Zéro. Le fait d’opter pour plus de légèreté dans le style n’a pas vraiment affecté la qualité de son récit, qui demeure au-dessus de la moyenne.

  • C’est le second des quatre épisodes de la série réalisés par Reza S. Badiyi. C’est par contre le tout premier où Steve Austin ne tue personne, ce qui n’étonne pas étant donné le ton de comédie.

  • Dans le rôle du Major Chooka, on retrouve Scoey Mitchell qui est plus connu pour ses rôles de Paul Bratter dans l’adaptation en format sitcom de Pieds-Nus dans le Parc, et de Justin Culp au cours de la saison Deux du sitcom RHODA. Il a été un invité régulier de plusieurs jeux télévisés au cours des années 70. À noter que son nom de famille est épelé par erreur « Mitchlll » sur le générique de l’épisode.

  • Lincoln Kilpatrick, celui qui interprète le capitaine Braco, l’homme qui aide Steve Austin à entrer en territoire ennemi, a joué notamment le rôle de Deacon Euphrates dans la mini-série Les Hommes D’Argent et le lieutenant de police Michael Hoyt dans la troisième et dernière saison de Matt Houston. Il est mort en 2004.

  • Dans des petits rôles, on retrouve Reb Brown, qui allait incarner le Capitaine America dans deux téléfilms ainsi que quelques rôles-titres dans des sériez Z médiocres du cinéma italien.

  • Également dans un petit-rôle figure Ji-Tu Cumbuka, qui devait jouer plus tard le rôle de Torque, le partenaire de Sloane, Agent Spécial portant une prothèse à la main droite d’inspiration « bionique ».

  • On a droit à un cameo non-crédité au générique de Dale Robertson, célèbre acteur de westerns au cinéma et dans des séries comme Tales of the Wells Fargo, Le Cheval de Fer et Les Aventuriers du Far-West. Ce cameo fut le premier de la série parmi de nombreux autres.

  • Le dialogue précise qu’il faut être de niveau six au sein de l’OSI pour avoir accès à tout ce qui concerne le domaine bionique. Auparavant, il était mentionné dans Vin, Vacances et Vahinées, que le niveau cinq était insuffisant pour y avoir accès.

  • Des plans tirés des épisodes Opération Luciole et Le Robot, sont réutilisés dans Opération Afrique.

  • La séquence où Steve Austin se sert de la force bionique de son bras droit pour transporter un moteur d’avion, a servi d’inspiration à la compagnie de jouets Kenner qui a conçu une réplique miniature du moteur jointe avec la version figurine de Steve.

  • On peut voir sur la carte d’identité de Steve que ce dernier loge à l’adresse 13537 Federal Street, Washington D.C., téléphone : 555-7892.

  • Steve Austin refuse dans cet épisode de porter une arme à feu, prétextant qu’elles sont trop dangereuses.

  • Étonné de voir que c’est un astronaute qui vienne à sa rescousse en Afrique, Perkins demande à Steve: What’s a fellow who walked on the moon doing out in the middle of Africa? Missed your splashdown? 

  • Lorsque Steve propose à Perkins d’aller chercher le moteur d’avion pour le faire réparer à la mission avec des pièces d’un vieux camion:

-Steve: I'll know as soon as I yank the engine out.

-Perkins: Yank the engine out? Do you know how much that engine weighs?

-Steve: Yeah, about 347 pounds.

-Perkins: No, it's 348 pounds, and you're crazy.

  • Et après que Steve ait pu ramener sans trop d’efforts le moteur d’avion à la mission:

-Perkins: What I want to know is how you got that engine out of there?

-Steve: Would you rather stay here while I fly off?

-Perkins: No man, for all I know you'd be able to walk away from a 2500 foot drop, but me I'm just flesh and bone.

  • Finalement informé du fait que Steve possède des membres bioniques, Perkins demande à Steve: Uh, Steve, about those [bionic] improvements?

-Steve: What about them?

-Perkins: Do they come in black?

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6. COMPTE À REBOURS
(DOOMSDAY, AND COUNTING)

Résumé :

En visite aux États-Unis, le colonel Vasily Zhukov veut proposer un partenariat russo-américain dans le but d’envoyer une première capsule spatiale sur Mars. Alors qu’il fait part de son projet à Oscar Goldman et à d’importantes personnalités officielles, Zhukov apprend qu’un tremblement de terre a endommagé les installations aéronautiques russes sur l’île Tambov. De retour dans son pays pour constater les dégâts en compagnie de Steve Austin, qu’il considère comme un ami, Zhukov apprend que sa fiancée Irina Leonova, une brillante scientifique, est bloquée dans les tunnels souterrains de la base. Vasily et Steve vont alors à sa recherche, mais le temps presse car le tremblement de terre a déclenché par inadvertance un compte à rebours préprogrammé qui déclenchera une explosion atomique.

Critique :


Le contexte des accords Salt I signés au début des années 70, avait permis de redéfinir les relations diplomatiques entre les États-Unis et l’URSS, tout comme les approches conjointes en matière de recherche et d’exploration spatiale avec le projet de mission Apollo-Soyouz qui a eu lieu en 1975; signe que la Guerre Froide entre les deux superpuissances avait pris une autre voie plus pacifique.

Le point de départ de cet excellent épisode s’inscrit dans cette optique de l’actualité de l’époque. Mais la suite, même si elle reprend à nouveau un angle « film catastrophe », amène une dimension nettement plus humaine, autant par cette relation de confiance mutuelle entre Steve et Vasily que par celle, plus méfiante, mais tout aussi riche, entre Oscar et le général Koslenko.

Le début laisse donc croire que l’épisode portera sur un possible partenariat entre l’URSS et les États-Unis concernant le futur des explorations spatiales, jusqu’à ce que la catastrophe se produise et amène l’intrigue dans une autre direction, tout en conservant la même ligne directrice dans les rapports entre les personnages et l’esprit de la « détente » sur laquelle elle s’appuie.

Compte à Rebours fait montre également d’un certain courage dans ses rebondissements. Passé le moment de joie des retrouvailles de Vasily et d’Irina, Vasily, trop enthousiaste, est tué par des lasers de sécurité destinés à protéger l’ordinateur de ceux qui voulaient empêcher l’explosion atomique. Il est plutôt rare qu’un personnage secondaire important meurt de la sorte au moment où l’intrigue en arrive à son point culminant.

Au-delà du fait que cela relance le suspense jusqu’à la fin, la mort de Valisy juste après ses retrouvailles avec Irina survient également à un moment où les auteurs ont su les rendre si attachants que le capital de sympathie du public atteint son apogée. Un grand mérite revient à cet égard aux interprètes Gary Collins et Jane Merrow qui ont su incarner ce couple russe, uni autant par leur volonté scientifique dans la recherche spatiale que par amour, avec toute la sensibilité voulue, peu importe le régime politique dans lequel ils vivent.

Compte à Rebours est un bon exemple d’un épisode qui sait doser avec justesse ses ingrédients et tirer parti de ses points forts pour en faire une mécanique de précision, tel un train qui arrive à l’heure, tout en continuant de faire évoluer la personnalité de Steve Austin sans le faire tomber dans le schéma simpliste manichéen de la Guerre Froide.

Anecdotes :

  • Essentiellement acteur à la télévision, Gary Collins, qui incarne Vasily Zhukov, a connu la célébrité grâce à son rôle du docteur Michael Rhodes dans la série fantastique Le Sixième Sens en 1972, et celui de George Adamson dans Vivre Libre en 1974. On peut le voir dans le dixième épisode de la première saison de Super Jaimie: Le Canyon de la Mort. Il est décédé en 2012.

  • Actrice anglaise toujours active, qui a joué autant dans des films d’horreur culte de la compagnie Hammer que dans des épisodes de toutes les séries cultes britanniques des années 60 comme Destination: Danger, Le Saint, Le Baron, L’Homme à la Valise et bien évidemment Chapeau Melon et Bottes de Cuir, Jane Merrow a commencé à élargir sa carrière dans les années 70 sur le territoire américain comme artiste invitée dans des séries comme Mannix, Cannon, Le Magicien ou Barnaby Jones. Le succès de cet épisode et sa performance dans le rôle d’Irina Leonova a permis son retour dans le double-épisode La Sonde de la Mort au cours de la saison Quatre. 

  • Issu de l’Actor’s Studio, William Smithers (le général Koslenko) a joué dans plus de 400 épisodes de séries télé en cinq décennies de carrière. Reconnu notamment pour son rôle de David Schuster dans Peyton Place et Jeremy Wendell, l’un des ennemis de J.R. Ewing dans Dallas, il est apparu dans des épisodes de séries comme Mission: Impossible, Mannix, La Nouvelle Équipe, et Sur la Piste du Crime. Il anime actuellement des ateliers sur le jeu d’acteur dans plusieurs universités américaines.

  • Ayant fait sa marque d’abord comme monteur et superviseur au montage dans plusieurs séries au cours des années 60, Jerry Jameson est passé à la réalisation grâce à Harve Bennett qui lui a donné sa chance dans la série La Nouvelle Équipe. En plus d’avoir réalisé des épisodes de séries comme Cannon, Dallas, L’Homme de Fer et Magnum, Jameson a réalisé également quelques films catastrophe pour le cinéma et des téléfilms pour le petit écran (Les Naufragés du 747, La Guerre des Abîmes). Compte à Rebours est le premier des trois épisodes qu’il a réalisé pour la série.

  • Larry Brody était un jeune auteur à l’époque de la diffusion de cet unique épisode sous sa plume. D’abord spécialisé dans les nouvelles de science-fiction pour des magazines, il a écrit pour plusieurs séries télés comme Le Magicien où il était également consultant au scénario, ainsi que Les Rues de San Francisco, Police Story, Hawaï Police D’État et plusieurs dessins animés de super-héros pour les jeunes. Auteur de neuf romans et de six livres de poésie, Larry Brody a également écrit plusieurs ouvrages sur l’écriture à la télévision en plus de créer un site web en 2002 pour partager ses expériences et soutenir ses collègues de la profession.

  • Collaborateur au récit pour sa seule implication dans la série, Jimmy Sangster n’est plus à mentionner en tant qu’auteur anglais célèbre de romans et de scénarios de films d’horreur fantastique pour la compagnie Hammer. À partir des années 70, Sangster s’est cependant ajouté une autre corde à son arc en écrivant pour la télévision dans des séries comme L’Homme de Fer, Dossiers Brûlants, Cannon, et Wonder Woman. Il est mort en 2011.

  • Nous apprenons dans cet épisode que le bras bionique de Steve renferme un compteur Geiger pouvant détecter la radioactivité.

  • Évoquée sommairement dans Vins, Vacances et Vahinées et Seuls les plus forts survivent, l’esprit ou le contexte de « détente » entre Américains et Soviétiques y est l’un des thèmes majeurs, inspiré en cela par les accords Salt I. De plus, l’amitié entre Steve Austin et Vasily Zhukov est basé sur les liens tissés entre les astronautes américains et soviétiques en préparation à cette époque pour la mission spatiale conjointe Apollo-Soyouz, qui a eu lieu en juillet 1975.

  • Une autre démonstration de l’amitié profonde d’Oscar Goldman envers Steve Austin. Malgré une probabilité éminente d’une mort certaine évoqué par le général Koslenko, Oscar refuse de quitter l’île et d’abandonner Steve à son sort. Oscar fera de même avec Jaime Sommers dans l’épisode de la première saison de Super Jaimie, Derrière les Barreaux.

  • Élément fascinant: dans la version originale de l’épisode, Gary Collins et Jane Merrow, bien qu’excellents, jouent leurs personnages sans accent russe. Même Jane Merrow, qui est anglaise, essaie de parler avec un accent américain.

  • Si l’on en croit cet épisode, les Russes ont également travaillé à la création d’un programme bionique. Ils l’ont cependant abandonné, croyant que c’était impossible à réaliser.

  • De façon quelque peu prémonitoire, la catastrophe survenue aux installations russes sur l’île Tambov rappelle celle survenue par la suite à Tchernobyl en 1986.

  • Après que Steve ait sauvé la vie de son ami Vasily en bloquant et en déviant avec son bras bionique une poutre de métal qui est tombé suite à une autre secousse sismique:

-Vasily: That girder, how did you do that?

-Steve: Well, sometimes that potato vodka does more for you than just give you a headache.

  • Alors que la situation est désespérée face à la faible possibilité d’empêcher un explosion nucléaire, Oscar Goldman fait comprendre à sa manière à Steve Austin qu’il n’est pas question pour lui de partir et qu’il lui fait confiance pour empêcher le désastre:

-Oscar: Do you think you can stop it?

-Steve: I don't know, Oscar. Get yourself on a helicopter and watch it on the late news.

-Oscar: I didn't come all the way out here to talk to you from an airplane, Steve.

-Steve: Look Oscar, there's nothing you can do. I don't know if there's anything I can do. Now you get out of here and get out of here now.

-Oscar: Pal, I've got more faith than brains.

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7. TÉMOIN OCULAIRE
(EYEWITNESS TO MURDER)

Résumé :

À la sortie d’un restaurant, Steve est le témoin d’une tentative d’assassinat d’un tireur d’élite sur le procureur Lorin Sandusky, qui travaille actuellement à la condamnation d’un dangereux racketteur. Grâce à son œil bionique, Steve identifie le tueur comme étant John Hopper, mais ce dernier a un alibi à toute épreuve puisqu’il passait en direct à la télévision au moment de la tentative de meurtre. Alors qu’Oscar prend en charge la protection du procureur, Steve surveille Hopper, convaincu que son œil bionique ne l’a pas trompé sur l’identité du tueur à gages engagé par le racketteur pour éliminer l’avocat avant le procès.

Critique :


L’idée de base, où l’œil bionique de Steve fait de lui le témoin oculaire du titre lors d’une tentative de meurtre, est intéressante. La séquence pré-générique parvient à créer une certaine tension, alors que le spectateur sait qu’un tireur attend à la sortie du restaurant, l’oeil dans le viseur de son arme pointée vers la sortie, mais ignore l’identité de sa cible, tout en laissant croire que Steve Austin puisse être la victime potentielle.

La suite parvient à maintenir l’intérêt encore une fois grâce à quelques détails intéressants. Lorsque Steve Austin est amené à identifier le tireur dont il affirme avoir bien vu les traits, la police est intriguée étant donné la distance séparant Steve à l’entrée du restaurant et le tireur sur le toit alors qu’il faisait nuit. Comment le témoignage de Steve peut-il demeurer crédible sans trahir le fait qu’il ait un œil bionique qui lui a permis justement d’identifier le tireur mieux qu’un œil humain normal?

Dans un sens, le titre de l’épisode se révèle doublement approprié. Rarement jusqu’ici, l’œil bionique de Steve n’avait eu autant d’importance dans un récit. En plus de lui permettre de mettre un visage sur le tireur professionnel John Hopper, cet œil lui est de nouveau utile par la suite afin de remarquer un détail particulier sur son visage dans la scène finale. Ce détail l’aide à comprendre comment ce dernier a pu avoir un alibi inattaquable le soir de la tentative de meurtre avortée, afin d’avoir les coudées franches pour tenter à nouveau de tuer le procureur Sandusky.

Évidemment, le rebondissement où l’on découvre que le tueur Hopper a en réalité un frère jumeau, pour expliquer son alibi inattaquable, n’est pas neuf et ne surprend guère. Déjà un an auparavant, Columbo était confronté à des frères jumeaux assassins dans le téléfilm Double Choc. Néanmoins, l’acteur Gary Lockwood, bien connu par les amateurs de S-F pour avoir joué dans le second pilote de Star Trek et dans le film de Stanley Kubrick, 2001: Odyssée de L’Espace, au même titre que John Saxon dans Le Robot, joue avec talent le double-rôle du tueur et de son frère à l’image de leurs personnalités: professionnels, un peu froid et avec les nuances nécessaires pour qu’on puisse les distinguer l’un de l’autre.

On demeure par contre un peu étonné que l’OSI, un bureau de contre-espionnage scientifique, puisse participer à la protection de la vie d’un procureur cherchant à faire condamner un gangster dangereux, et de voir Oscar Goldman toujours présent pour accompagner Sandusky. Mais malgré cette erreur de détail, l’épisode se suit très bien sous ses atours modestes en comparaison de d’autres plus ambitieux.

Anecdotes :

  • Acteur suédois que l’on a pu voir aussi bien au cinéma (Destination Zebra: Station Polaire) qu’à la télévision (Mission: Impossible, Sur la Piste du Crime, Le Sixième Sens) depuis les années 30, Alf Kjellin s’est ensuite converti à la réalisation d’épisodes pour plusieurs séries télévisées entre les années 60 et 80 (Mannix, Hawaï Police D’État, Columbo, L’Homme de Fer, Dynasty, La Famille des Collines). Témoin oculaire est sa seule contribution à la série. Il est mort en 1988.

  • Si sa carrière s’est davantage orientée vers les séries westerns (Maverick, Daniel Boone, Colt .45) et policières (Columbo, McMillan & Wife, Partners in Crime), le scénariste et consultant William Driskill (souvent nommé Bill sur certains génériques) a tenté de privilégier la qualité plutôt que la quantité, sans toutefois se révéler exceptionnel. Dans le cas de la série qui nous occupe, Témoin oculaire est le premier des deux scénarios qu’il a rédigé. Il est décédé en 2006.

  • Gary Lockwood est sans doute l’une des stars invitées de la série parmi les plus appréciées des producteurs et des acteurs de la série. Non seulement, il est revenu incarner le tueur Hopper dans une suite, Vengeance, à la toute fin de la seconde saison, mais il a également joué dans un épisode de Super Jaimie (Le Démon de la Nuit) et dans le premier téléfilm-réunion Mission Bionique en 1987. Il a également été la « guest star » dans deux épisodes de l’autre série à succès mettant en vedette Lee Majors, L’Homme qui tombe à pic.

  • Dans le rôle du procureur Sandusky, on retrouve un acteur de composition au parcours très éclectique, qui a joué pas loin de 400 rôles au cinéma et à la télévision jusqu’à sa mort en 2016, William Schallert. Après s’être fait connaître avec le personnage de Martin Lane dans la sitcom The Patty Duke Show au milieu des années 60, Schallert a participé à plusieurs épisodes de séries comme Les Mystères de L’Ouest, Max la Menace, Ma Sorcière Bien-Aimée, Au Pays des Géants et L’Homme de la Cité

  • Oscar Goldman désigne pour la première fois Steve Austin en tant que « The Six Million Dollar Man ». L’une des rares fois où le titre original de la série est mentionné par un personnage.

  • Une grande partie du tournage de cet épisode s’est déroulé dans la ville de Santa Monica en Californie.

  • Steve précise que son œil bionique a coûté à lui seul un million de dollars.

  • Exceptionnellement, lorsque Steve court afin d’empêcher Hopper de tuer Sandusky dans le dernier acte, le réalisateur Alf Kjellin n’emploie pas le ralenti pour illustrer cette course, mais plutôt une légère accélération.

  • Après l’avoir fait dans Vins, Vacances et Vahinées, Steve affirme pour la seconde fois : I eat a lot of carrots afin d’expliquer son habileté à voir dans le noir.

  • Oscar qui se plait à rappeler à Steve que malgré sa greffe bionique, il est toujours humain et peut se tromper: Listen, you're The Six Million Dollar Man, but you're not infallible. 

  • Oscar a également rappelé à Steve les raisons ayant justifié l’investissement pour sa greffe et le risque que sa nature bionique soit exposée publiquement par son témoignage après son intervention pour empêcher le meurtre de Sandusky. Steve rétorque néanmoins à Oscar: The day that I see a murder and don't do anything about it, then this million bucks worth of technology I'm carrying around in my eye isn't worth two cents.

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8. ATHÉNA UN
(THE RESCUE OF ATHENA ONE)

Résumé :

Steve entraine le major Kelly Wood, première femme astronaute américaine, avant son voyage dans l’espace, ce qui n’est pas une mince tâche pour lui car elle a un caractère bien trempé. Au cours de son voyage, alors que sa capsule est en orbite, une explosion se produit et son co-pilote est sérieusement blessé. Les dommages causés par l’explosion font que Wood ne peut entrer à l’intérieur de la station spatiale pour attendre les secours. Pendant ce temps, Steve Austin et un chirurgien décollent pour venir en aide à Kelly et son co-pilote. Après avoir dégagé la porte du sas de la capsule de Kelly, Steve commence à ressentir l’affaiblissement grandissant de ses pouvoirs bioniques. Le major Wood devra alors assurer les commandes de la capsule de secours afin de ramener tous les astronautes sur Terre sains et saufs.

Critique :


Premier des quatre épisodes où Lee Majors joue en compagnie de son épouse de l’époque, l’actrice Farrah Fawcett, il marque aussi la volonté d’Harve Bennett et de son équipe de concevoir des histoires impliquant Steve Austin en tant qu’astronaute, qui s’avère après tout, sa principale vocation.

L’un des premiers intérêts de cet épisode est d’être quelque peu en avance sur son temps en présentant comme principale protagoniste une femme astronaute américaine à une époque où la NASA n’en autorisait pas le recrutement, du moins pas avant 1977. Cela peut expliquer dès le départ la mésentente entre Steve et Kelly lors de leur entraînement, et l’attitude assez « paternaliste » de Steve à l’égard de sa partenaire. Quoiqu’il soit aussi vrai que cette mésentente peut avoir un sous-entendu ironique sous forme de « conflit marital » étant donné que les acteurs étaient mariés dans la vie au moment du tournage.

Pour écrire cet épisode « précurseur » sur la première femme américaine dans l’espace, qui de mieux que D.C. Fontana! Elle est en effet non seulement l’une des meilleures femmes scénaristes pour la télévision aux États-Unis, et de surcroit son genre de prédilection est la science-fiction, comme en témoigne son travail sur la série Star Trek dans les années 60, où d’ailleurs les femmes occupent des postes de commandement aussi naturellement que les hommes. Forte de son expérience, Fontana a su écrire un très bon script qui ne se limite pas qu’à l’enjeu dramatique de la femme voulant percer dans un métier exigeant réservé à l’époque uniquement à la gente masculine.

La NASA a fortement collaboré dans l’élaboration de cet épisode. Elle a fourni entres autres du matériel audio et visuel inédit ou jamais montré en public qui a servi de « stock-shots » pour les scènes dans l’espace, bien que cela ait occasionné parfois plusieurs erreurs de continuité, notamment pour les costumes des astronautes. C’est bien là le seul bémol important qui lui empêche d’obtenir la meilleure note de quatre bottes, si on ajoute peut-être la portion publicitaire maquillée pour vanter la plus puissante institution en recherche et exploration spatiale des États-Unis qu’implique cette collaboration.

L’équipe technique a également pu tourner sur les lieux même où le programme spatial de la NASA opérait, voire de reproduire avec assez d’exactitude en studio certains décors comme les modules d’entrainement pour les astronautes, ce qui donne une touche de crédibilité documentaire à Athéna Un.

Plus encore, cet épisode marque pour la première fois le retour dans l’espace de Steve Austin depuis son terrible accident. Sans doute afin de ménager l’orgueil masculin, Fontana a inséré le vieux cliché de l’homme se lançant à la rescousse de la femme en détresse, alors que la mission du major Wood tourne mal à la suite d’un grave incident technique. Incident qui est d’ailleurs similaire à celui survenu à la mission Apollo 13 en 1970, et dont on peut même voir des images d’archives dans cet épisode afin de compenser pour les limites budgétaires attribuées aux effets spéciaux.

Ce genre de cliché du héros sauveur de la belle en difficulté heureusement ne dure pas. Mieux encore, Fontana a su trouver une astuce intéressante qui relance le suspense à point nommé, en établissant que les conditions spatiales ou cosmiques puissent causer une défaillance et un affaiblissement progressif des pouvoirs bioniques de Steve au moment où il effectue quelques réparations dans l’espace.

Ce faisant, le travail d’équipe reprend ses droits, alors qu’Austin et Wood parviennent enfin à travailler harmonieusement ensemble pour permettre à la capsule spatiale d’être en état de pouvoir rentrer. Et de fait, c’est seulement le major Wood qui réussira seule à ramener la capsule sur Terre avec tous les autres survivants; la femme astronaute assurant ainsi ses capacités de faire aussi bien que ses homologues masculins au final, en plus de rendre la pareille à Steve en lui sauvant la vie à son tour.

Anecdotes :

  • Athéna Un marque la première des quatre apparitions de Farrah Fawcett dans la série. En plus d’incarner deux autres personnages différents, elle a repris le rôle du major Kelly Wood dans l’épisode Cauchemar en Trois Dimensions au cours de la quatrième saison. Décédée du cancer en 2009, Farrah Fawcett s’était fait connaître pour avoir incarné Sue Ingham dans la série Harry-O, pour son passage dans le film-culte de science-fiction L’Âge de Cristal, et pour sa performance dans le téléfilm Autopsie d’un Meurtre en 1984 pour laquelle elle a été en nomination aux Emmy Awards. Mais c’est dans le rôle de l’une des trois héroïnes de la série Drôle de Dames, Jill Munroe, au cours de la première saison qu’elle aura marqué vraiment les esprits.

  • Acteur modeste, Paul Kent a toute de même traversé six décennies de télévision du milieu des années 50 jusqu’à sa mort en 2011. On peut le voir dans des séries comme Hotel, Docteur Marcus Welby, Lou Grant, Hooker et le soap opera Santa Barbara.

  • Tout comme Paul Kent, John S. Ragin a joué un rôle récurrent dans Santa Barbara, mais c’est surtout en tant que co-vedette de Jack Klugman dans Quincy, alors qu’il incarnait le docteur Robert Asten au cours des huit saisons de la série, qu’on se souvient de lui. Il est mort en 2013.

  • Quinn Redeker fait ici sa première des six apparitions dans la série. Également connu comme scénariste (il a co-écrit le film Voyage au Bout de L’Enfer), il s’est surtout imposé comme acteur dans les soaps operas Des Jours et des Vies et Les Feux de L’Amour.

  • La présence dans cet épisode de Jules Bergmann dans son propre rôle s’explique par le fait qu’il a été le rédacteur scientifique pour la chaîne ABC (chaîne qui diffuse la série) de 1961 jusqu’à sa mort en 1987. Ce faisant, il a été amené à couvrir tout le programme spatial américain de la NASA à l’époque.

  • C’est la seconde et dernière fois qu’Oscar Goldman fume dans un épisode, d’autant plus que Richard Anderson était non-fumeur. La seule autre fois était dans Compte à Rebours.

  • Le même Oscar Goldman fait savoir à Steve à la fin de l’épisode qu’une nouvelle « couche » sera ajouté à la « peau » recouvrant ses membres bioniques pour qu’il puisse dorénavant aller dans l’espace sans problèmes après les ennuis qu’il a rencontré lors de la tentative de sauvetage.

  • Fait étrange: le réalisateur Lawrence Doheny n’est pas mentionné dans le générique de l’épisode. Né en Irlande, il a surtout travaillé comme réalisateur pour des séries comme Les Têtes Brûlées, 200 Dollars plus les frais, Drôles de Dames et Magnum avant de mourir en 1982 à 58 ans.

  • D.C. Fontana rend directement hommage à Star Trek lorsque que Steve dit à Oscar dans la scène finale: Space… It is really the Final Frontier. 

  • Cet épisode marque des affinités avec le roman Marooned de l’auteur et créateur du personnage de Steve Austin, Martin Caidin, qui raconte l’histoire d’une mission spatiale conjointe entre des astronautes américains et soviétiques qui tourne mal. Le roman a été adapté au grand écran en 1969 par John Sturges sous le titre Les Naufragés de L’Espace.

  • Les Soviétiques furent les premiers à envoyer une femme dans l’espace en juin 1963, alors que Valentina Terechkova a fait 48 orbites autour de la Terre à bord de Vostok 6 en 70 heures, 41 minutes. C’était plus que le total des heures de vol de tous les astronautes américains à cette époque.

  • Il a fallu attendre neuf ans après la diffusion de cet épisode pour voir une première astronaute américaine dans l’espace. En effet, Sally Ride a suivi les traces symboliques laissées par Kelly Wood en prenant part au second vol de la navette Challenger en juin 1983, soit 20 ans après Valentina Terechkova et un an après Svetlana Savitskaya.

  • Scène « de ménage » entre Steve Austin et Kelly Wood après un entraînement au simulateur qui a mal tourné au début de l’épisode:

-Steve: Where do you think you're going, Major?

-Wood: Out, Colonel Sir!

-Steve: Look, you run into trouble up there, you can't walk away from it. Now get back in that capsule and we'll run it again.

-Wood: We've been at this for six hours!

-Steve: Look, I don't make up the program lady; I've just been asked to help you - and I didn't want to do that. Now, if you don't mind, we'll get back in that capsule and we'll work on it again.

-Wood: Yes, sir...

-Capcom: Steve, you got a problem?

-Steve: Yeah, how do I get fired off this job?

  • Après que Steve soit intervenu pour rattraper avec son bras bionique une lumière de studio qui tombait vers Kelly Wood:

-Wood: Steve, those lights weigh a ton.

-Steve: Oh, they do?

-Wood: And you caught it with one arm; how?

-Steve: Well, two hands are for beginners.

  • Alors qu’il est à la rescousse de la mission Athéna Un, Steve questionne le major Wood sur la nature des dégâts et les pistes de solutions à envisager:

-Steve: Did you try to blow the hatch with the emergency system?

-Wood: I've tried everything but a can opener. Want to bring me one?

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9. LE DOCTEUR WELLS A DISPARU
(DR WELLS IS MISSING)

Résumé :

Au cours d’un voyage en Autriche afin de recevoir un doctorat honorifique, le docteur Rudy Wells est kidnappé à son hôtel par un groupe de criminels, commandé par les frères Alfredo et Julio Tucelli, qui attendent de lui qu’il conçoit un nouvel homme bionique. Steve part aussitôt à sa recherche, mais il est capturé à son tour. Rudy cherche cependant à faire croire à ses kidnappeurs que Steve est en réalité un agent d’une organisation rivale qui cherche lui aussi à le persuader de construire un homme bionique. Les frères Tucelli demeurent cependant convaincus que Steve est un homme bionique et veulent tester ses capacités en plus de se servir de lui pour forcer le docteur Wells à coopérer.

Critique :

Il aura fallu attendre au neuvième épisode de cette saison Un pour que nous puissions assister au retour du docteur Rudy Wells, l’homme qui a « recrée » Steve Austin. Hélas, c’est au sein d’une intrigue d’espionnage et d’enlèvement très peu originale filmée au sein d’extérieurs qui ressemblent trop à des décors de studios mille fois vus dans plein d’autres séries de l’époque, incluant même SUPER JAIMIE. On y trouve aussi quelques erreurs grossières de raccord dues à un emploi un peu trop abusif de « stock-shots » tirés d’épisodes précédents.

Étant donné la présence au générique d’Elroy Schwartz au scénario, on pouvait s’attendre à quelque chose de mieux. Mais la collaboration de deux autres co-scénaristes à l’écriture explique peut-être sans doute la plus faible qualité du récit. Rien que la première moitié de l’intrigue contient son lot de scènes à faire qui sentent le réchauffé. Il faut attendre la seconde moitié pour que l’intérêt du spectateur grimpe quelque peu à partir du moment où le docteur Wells affirme à ses kidnappeurs que Steve Austin n’est pas venu pour le délivrer, mais qu’il travaille pour une organisation rivale.

On apprécie aussi la démonstration de la force bionique de Steve lorsque ce dernier est obligé de se battre contre les hommes de main des Tucelli, qui veulent en savoir plus sur ses pouvoirs. Malgré la répétition de certaines actions (le même homme de main qui glisse sur le dos et sur un sol enneigé de la même manière), que le changement de position de la caméra camoufle mal, la démonstration s’avère tout de même assez éloquente.

Pour le reste, il y a de quoi rester perplexe. Étant donné le secret bien gardé derrière les recherches dans le domaine bionique du docteur Wells, comment expliquer qu’un groupe criminel à l’étranger en sache autant? De plus, Steve tue à nouveau des agents ennemis de sang-froid en poussant leur voiture en bas d’une falaise, ce qui vient contrevenir les efforts précédents de la production d’humaniser le personnage et d’éviter qu’il n’emploie la force létale, sauf en cas de légitime défense.

Le rebondissement final laisse également à désirer, alors que le docteur Wells prétend qu’une seule des jambes de Steve s’avère bionique, ceci afin de lui injecter une drogue pour le réduire à l’impuissance sans qu’elle fasse effet à l’insu de leurs geôliers. Comment peuvent-ils se laisser prendre bêtement par cette ruse un peu mince alors que l’intrigue a clairement démontré qu’ils en savaient long sur Wells et la bionique, en plus d’avoir vu Steve en action afin de tester sa force? Ça ne colle pas. Tout comme plusieurs autres circonstances hasardeuses trop invraisemblables. Pour marquer le retour du docteur Wells au petit écran, on aurait pu espérer mieux.

Anecdotes :

  • Troisième des quatre épisodes écrits par Elroy Schwartz au cours de la première saison, c’est clairement le moins bon du lot. En tout cas le moins bien réécrit, si l’on en croit ce dernier qui reprochait toujours à Harve Bennett de réécrire ses scénarios sans l’aviser des changements apportés. Et en plus, il y a l’apport de deux auteurs supplémentaires (Bill Keenan et Krishna Shah) qui n’a pas du tout relevé le récit à un meilleur niveau.

  • Unique épisode réalisé par Virgil W. Vogel. Cet ancien monteur devenu réalisateur a fait d’abord ses armes dans les films de science-fiction de série B (L’Oasis des Tempêtes, Le Peuple de L’Enfer) avant de travailler à la télévision pendant plus de quatre décennies jusqu’à sa mort en 1996 sur d’innombrables séries comme Bonanza, La Grande Caravane, Mission: Impossible, Sur la Piste du Crime, Magnum et Les Rues de San Francisco. Il est toutefois reconnu d’abord comme un honnête technicien qui suit les ordres des producteurs qu’un réalisateur ayant une touche personnelle.

  • Dans le rôle d’Alfredo, le plus important des frères Tucelli, on retrouve l’acteur néerlandais John Van Dreelen, que l’on peut également voir dans certains épisodes de séries comme Les Mystères de L’Ouest, Sur La Piste Du Crime, Opération Vol, et L’Homme de Fer ou au cinéma (L’Express du Colonel Von Ryan). Parlant couramment cinq langues et rescapé des camps de concentration, il est décédé en 1992 après une belle carrière de près 50 ans au théâtre, au cinéma et à la télévision. Van Dreelen reviendra dans l’épisode de la quatrième saison H+2+O = Mort.

  • Selon cet épisode, le docteur Wells a fait une partie de ses études universitaires en Autriche.

  • On découvre dans cet épisode que les membres bioniques de Steve Austin peuvent être vulnérables aux coups frappés par des objets lourds et durs si ce dernier n’est pas averti.

  • Preuve que les décors autrichiens sont recrées en studio pour faire européen, ils resserviront dans deux épisodes de la seconde saison de Super Jaimie: Méditation et Le Coup de Dijon.

  • Lors de la scène où Steve Austin précipite la voiture des hommes de main des Tucelli dans un ravin, on peut voir clairement qu’il n’y a personne à bord lorsqu’elle tombe dans le vide.

  • C’est dans cet épisode que le célèbre effet sonore bionique est employé pour la première fois afin de souligner les actions de Steve depuis l’épisode Le Robot, où il était plutôt utilisé pour souligner les gestes de l’androïde qui se battait contre Steve. Néanmoins, l’effet sonore se fait également entendre lorsque les adversaires de Steve l’attaquent également, ce qui entretient de la confusion car ils ne sont ni des robots, ni des êtres dotés de pouvoirs bioniques.

  • À la suite d’un échange avec Oscar Goldman lors de la conclusion, le docteur Wells dévoile en peu de mot le fait que la greffe bionique sur Steve n’a en rien atténuer l’être humain qu’il est toujours:

-Oscar: Rudy, I'm sorry you're not getting the acclaim you deserve, that your work has to be classified Top Secret.

-Rudy: Oh, I appreciate what you're saying, Oscar, and I'm not being humble, but my reward is in seeing Steve function. Not his extraordinary powers, but just living day to day.

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10. MISSION TORPILLE
(THE LAST OF THE FOURTH OF JULYS)

Résumé :

Un mégalomane nommé Quail, de son repaire dans les montagnes norvégiennes, veut se servir d’un laser surpuissant, par l’intermédiaire d’un satellite, pour liquider les premiers ministres réunis à Paris en vue d’une rencontre internationale. L’OSI ayant connaissance de l’existence de cette arme, Oscar envoie Steve pour le détruire. Mais le repaire de Quail est équipé de détecteurs et de radars ultra-sophistiqués, et Steve est repéré et capturé. Une des complices de Quail, Violette, se présente secrètement à Steve comme une espionne infiltrée travaillant pour Interpol, mais peut-il lui faire confiance pour venir à bout de sa mission?

Critique :


De tous les épisodes retenus préalablement par Glen A. Larson, celui-ci n’a pas été suffisamment retravaillé pour y enlever tout le côté James Bond. On y trouve même des points de ressemblance avec les deux téléfilms produits par Larson: vilain mégalomane (qui rappelle encore une fois le S.P.E.C.T.R.E.) possédant une arme mortelle cachée dans un repaire bien protégé, hommes de main aux faciès reconnaissables, espionne de charme qui agit comme agent double, gadgets etc. Tout y est ou presque que l’ensemble en devient tellement prévisible jusqu’à la destruction attendue de la base secrète. Steve emploie d’ailleurs une technique très équivalente à celle employée dans Vin, Vacances et Vahinés pour y arriver en manipulant l’arme au laser du Quail afin de déclencher son autodestruction. Bonjour l’originalité!

De surcroit, cet épisode comporte plusieurs erreurs aussi amusantes que grotesques. Tout d’abord, on a semblé oublier que seul le bras droit de Steve Austin est bionique, ce qui ne l’empêche pas de frapper avec une force équivalente un adversaire, ni de toucher une clôture électrifiée avec son bras gauche. Par ailleurs, le pays dans lequel Quail est réfugié, la Norvège, est déclarée neutre, alors que dans les faits, elle est membre officielle de l’OTAN depuis sa création en 1949.

Le repaire de Quail semble avoir bénéficié d’un certain luxe de moyens dans sa conception, du moins hors des couloirs, qui eux, ressemblent à tant d’autres couloirs d’usine et qui contrastent beaucoup trop avec la salle de contrôle où se trouve le laser. Sans doute pour compenser les coûts du budget accordés à ce décor, beaucoup d’inserts tirés des épisodes précédents sont employés, notamment lors de l’entrainement de Steve au début du récit, qui réemploie les mêmes images que dans le téléfilm-pilote original.

Ce n’est pas sans parler des rebondissements qui tombent à plat, d’un manque d’imagination dans la conception boiteuse des situations, et la présence de personnages secondaires qui n’ont pas grand-chose à faire dans cette histoire.

La présence du célèbre Baron Steve Forrest, dans le rôle de Quail, ne vient pas racheter la faiblesse de cette épisode, même si le rythme demeure correct et évite à l’intrigue de faire sombrer le spectateur dans l’ennui. Seulement voilà, ce genre d’histoire est du déjà-vu et n’apporte rien de neuf à la série. Dommage en regard du décor de la base secrète et de l’imposant casting d’artistes invités. Vite vu, vite oublié!

Anecdotes :

  • En plus de son célèbre rôle du Baron dans la série-culte anglaise des années 60, Steve Forrest a également été la star de la courte, mais populaire série d’action Section 4 (S.W.A.T.) dans le rôle du lieutenant Hondo. Frère de l’acteur américain Dana Andrews, Steve Forrest a changé son nom (Bill Andrews) afin de pouvoir se démarquer à sa façon dans sa carrière artistique. Élégant et imposant, on peut également le voir dans des rôles récurrents de séries comme Dallas, Arabesque ou Gunsmoke. Il est décédé en 2013.

  • Devenu célèbre pour son interprétation du pompier Roy DeSoto dans la série Emergency! entre 1972 et 1979, Kevin Tighe, qui incarne ici l’homme de main de Quail, a connu une belle carrière au cinéma dans des rôles de troisième plan (Matewan, 48 Heures de plus, Les Coulisses de L’Exploit, Gilbert Grape) et à la télévision (Lost: Les Disparus, Murder One, Les 4400) dans des rôles plus dramatiques et sérieux que comiques. Il est d’ailleurs toujours actif et très apprécié du public.

  • Née dans le Bronx à New-York d’une famille d’émigrés juifs autrichiens, l’actrice Arlene Martel (de son vrai nom Arline Greta Sax) a connu une certaine notoriété durant les années 60 et 70 pour ses rôles de beautés exotiques comme la promise de Spock dans la série Star Trek (Le Mal du Pays) ou Consuelo Biros dans Au-Delà du Réel (La Main de Verre). Elle a fait des apparitions dans plusieurs autres séries télés comme Les Incorruptibles, La Quatrième Dimension, Route 66, Mannix, Columbo et Banacek. Atteinte du cancer du sein, elle est morte en 2014.

  • Lui aussi dans un rôle d’homme de main de Quail, Tom Reese est un ancien militaire devenu acteur. Sa très grand taille et son profil buriné l’ont destiné à des rôles physiques dans des séries westerns, guerrières, policières et de science-fiction (La Quatrième Dimension, Le Virginien, Les Incorruptibles, Marines, Let’s Go). Son rôle le plus important est celui du sergent Thomas Velie dans la série policière rétro À Plume et à Sang d’après l’œuvre d’Ellery Queen en 1975-76.

  • Troisième des quatre épisodes réalisés par Reza S. Badiyi. Il confirme qu’il est capable du meilleur comme du pire.

  • Les panneaux du centre de commande de Quail seront réutilisés à partir de la saison Quatre pour le laboratoire du docteur Wells.

  • Il est « fascinant » de voir Arlene Martel, qui incarne l’agent double Violette, employer à deux reprises l’équivalent de la prise de Spock sur Steve Austin pour le faire parler, elle qui a incarné une femme vulcain dans Star Trek.

  • Preuve que les couloirs dans le repaire de Quail sont des couloirs d’usine: on peut voir le mot « sludge » sur certains tuyaux. Cela indique que le lieu de tournage était une usine d’épuration des eaux usées.

  • Le dialogue à la fin de l’épisode laisse croire que les vilains, incluant Quail, ont survécu à l’auto-destruction de la base provoquée par Steve. Cela souligne à la fois une invraisemblance, et surtout la volonté plus affirmée des producteurs que Steve Austin ne tue plus froidement ses adversaires à la James Bond.

  • Steve Forrest et Harve Bennett ont fait du théâtre ensemble à UCLA. C’est d’ailleurs la seule expérience comme acteur dans la carrière d’Harve Bennett.

  • Comme bien d’autres auparavant, l’agent-double Violette constate à quel point Steve Austin est « différent »:

-Violette: There's something different about you. What is it?

-Steve: It's my accent.

-Quail: My name's Quail . . . But I'm sure you know that already.

-Steve: I think I've heard it someplace.

-Quail: Your name?

-Steve: My name? Oh, I forget . . . But it'll come back to me.

-Violette: Who sent you?

-Steve: Oh, lady! Please.

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11. LE MAL DE L'ESPACE
(BURNING BRIGHT)

Résumé :

Au cours d’un voyage dans l’espace, l’astronaute Josh Lang est frappé par une onde électrique. De retour sur Terre, Josh a un comportement de plus en plus étrange, si bien que la NASA songe à l’écarter définitivement du programme spatial. Étant son ami, Steve rend visite à Josh pour voir ce qui ne va pas afin de vérifier s’il est toujours apte à repartir dans l’espace. La vérité est que Josh semble avoir développé des aptitudes exceptionnelles, comme le fait de parler aux dauphins, d’identifier une erreur informatique et de résoudre des équations complexes qui demeuraient non-résolues. En contrepartie, son caractère s’est détérioré au point de devenir de plus en plus instable, alors qu’il ne cesse de faire référence à un certain Andy. C’est en cherchant dans le passé de Josh que Steve espère trouver la solution, mais il devra faire vite alors que les crises devenues plus fréquentes chez Josh le rendent de plus en plus dangereux.

Critique :

Encore une fois après un épisode très faible, la production nous revient avec un tour de force pour ramener la série à un niveau de haut-standard. L’une des grandes forces de cet épisode, c’est qu’il démontre qu’il n’est point besoin d’antagonisme ou de missions périlleuses pour mettre en valeur Steve Austin et raconter une excellente histoire. 

Le Mal de L’Espace joue habilement du contraste entre les deux astronautes aux destins presque similaires. Steve a été victime d’un grave accident où il a été amputé de plusieurs de ses membres. Grâce à la greffe bionique et une certaine adaptation, Steve a su reprendre le cours de son existence même si la science a fait de lui un homme exceptionnel grâce à ses pouvoirs. Dans le cas de Josh, l’onde électrique qui l’a frappé dans l’espace l’a rendu plus intelligent qu’un humain normal. Mais à la différence de Steve, ce don lui fait perdre de plus en plus de prise sur son existence, en plus de réveiller encore plus intensément la douleur d’un souvenir du passé.

En ce sens, le choix de William Shatner pour incarner Josh Lang est des plus appropriés. Plus connu pour son rôle du célèbre Capitaine Kirk, commandant du vaisseau spatial « Enterprise » dans la série-culte STAR TREK, il était logique qu’il soit l’une des vedettes invitées pour cette série. La clé était cependant de trouver un rôle à la mesure de son jeu théâtral. Dans Le Mal de L’Espace, on peut dire que le personnage de Josh Lang, extravagant et incontrôlable, lui allait comme un gant.

Cela rajoute au contraste entre Steve et Josh puisque Lee Majors a un jeu plus terre-à-terre et laconique en comparaison de celui de Shatner, plus expressif et qui a tendance parfois à en faire trop à force de surjouer. Bref, cette différence dans le jeu contribue parfaitement à la chimie complémentaire entre les deux acteurs dont les performances respectives, à la fois très solides et convaincantes, amplifient les aspects dramatiques et l’impact émotionnel du récit. La finale, à la fois tragique et logique, n’en est que plus efficace et émouvante.

Soulignons que pour la seconde fois, la NASA a prêté son concours à la production de cet épisode, après l’avoir fait pour Athéna Un. Cette collaboration semble d’ailleurs plus poussée au point où l’on croit qu’Oscar Goldman a signé au nom de l’OSI un accord de partenariat avec l’agence spatiale américaine. Car si la NASA n’était pas au courant des pouvoirs bioniques de Steve Austin dans Athéna Un, c’est tout le contraire dans Le Mal de L’Espace alors que Steve teste ses pouvoirs et est filmé en action au sein même de la NASA. Sans doute qu’Oscar a pris la décision entre les deux épisodes de faire confiance à celle-ci au profit de l’OSI, en vue de bénéficier de leur expertise afin de faire évoluer la recherche bionique grâce à Steve.

Qu’à cela ne tienne, Le Mal de L’Espace est sans contredit le meilleur épisode de cette première saison, autant par la qualité de son scénario que par l’intensité dramatique qu’il dégage.

Anecdotes :

  • William Shatner n’a plus besoin de présentation grâce à au succès planétaire de Star Trek où il a incarné pendant quatre décennies au petit et au grand écran le capitaine James T. Kirk, commandant le vaisseau spatial « Enterprise », qui fût d’ailleurs le nom accordé à la première navette spatial en 1976. Toutefois, cet acteur né à Montréal au Québec a mangé son pain noir entre l’annulation de Star Trek à la télé dans les années 60 et sa résurrection au cinéma en 1978 suite à un divorce coûteux. Au point où il a couru les cachets dans des films de séries B à petit budget et les apparitions dans plusieurs séries comme Columbo, L’Homme de Fer et Mission: Impossible afin de payer les factures. Le retour au vedettariat grâce au rôle-titre de la série policière Hooker dans les années 80, ainsi que le succès de la franchise Star Trek au cinéma lui ont permis finalement de pérenniser son avenir. Tellement qu’il a écrit lui-même plusieurs livres, une série de science-fiction, Tekwar, et a remporté deux trophées Emmy pour son rôle de l’avocat Denny Crane dans The Practice et sa suite Boston Justice en 2004 et 2005.

  • Warren Kemmerling a eu une carrière qui alterne plusieurs rôles de soutien dans des séries policières (Mannix, 200 Dollars plus les frais, L’Homme de Fer, Cannon) et westerns (Bonanza, Le Virginien, Gunsmoke, La Conquête de L’Ouest). Il apparait également dans le double-épisode SOSIE BIONIQUE au cours de la seconde saison de Super Jaimie.

  • Avec Elroy Schwartz, Del Reisman s’affiche comme le meilleur scénariste de cette première saison. Après l'excellent Le Robot, il signe ici l’un des meilleurs épisodes de la série.

  • Premier des six épisodes de la série réalisés par Jerry London. Il a connu la gloire pour avoir réalisé l’une des plus imposantes mini-séries à gros budget à être présenté au petit écran: Shôgun en 1980. Il a également travaillé sur des séries à succès comme Kojak, 200 Dollars plus les frais, Docteur Marcus Welby, Hawaï Police D’État et Docteur Quinn, Femme Médecin. Il a pris sa retraite en 2006.

  • Dans un des bureaux de la NASA, on peut voir le modèle réduit de la navette spatiale Columbia, dont la version réelle n’a été inaugurée qu’en 1979, soit cinq ans après la diffusion de cet épisode, et deux ans avant l’inauguration de la toute première navette Enterprise. Il faut dire que selon les versions officielles, la construction de la navette Enterprise a débuté en 1974, la même année où cet épisode a été tourné.

  • Steve Austin a atteint un nouveau record de vitesse maximum dans cet épisode en courant à 106 km/h (66 miles/h) sur tapis roulant.

  • Après sa course-record, un docteur de la NASA parle à Steve de l’importance de l’équilibre au moment de la course pour éviter que la force bionique de ses jambes ne le fasse tomber. Selon Steve et Oscar, Austin a, semble-t-il, atteint son rythme naturel de course et s’est parfaitement adapté à la vitesse de ses jambes bioniques. Cette affirmation nous éclaire un peu mieux sur la nécessité des entraînements à la course de Steve, et ensuite de Jaime Sommer, sur tapis roulant et dans la campagne.

  • Cet épisode s’inspire quelque peu du second pilote de la série Star Trek (Où L’Homme dépasse L’Homme) qui marquait l’arrivée de William Shatner dans la série et coïncidemment  de la présence de Gary Lockwood, que l’on a vu dans Témoin oculaire, comme acteur invité.

  • En revanche, le scénario de Gerald Di Pego pour le film de Jon Turtletaub, Phénomène, qui raconte l’histoire d’un garagiste devenu très intelligent suite à une lumière descendu du ciel le jour de son anniversaire, semble presque une copie carbone de cet épisode.

  • La plupart des plans montrant Steve à l’entrainement sont tirés du premier téléfilm original ainsi que de l’épisode Mission Torpille. Ce qui occasionne parfois des erreurs de raccord, notamment la couleur du costume d’Oscar Goldman qui change d’un plan à l’autre.

  • Bien que l’épisode possède un ton de tragédie, Lee Majors et William Shatner se sont bien amusés sur le plateau pendant le tournage. Selon leurs propres dires, ils s’esclaffaient spontanément de rire au point de gâcher plusieurs prises. À noter que Shatner avait rencontré Lee Majors sur le plateau de l’épisode Au Nom du Passé de la première saison de la série La Grande Vallée en 1966.

  • Cet épisode est le favori du producteur Harve Bennett. Ayant été testé avec un très fort Q.I. durant ses études à l’école secondaire, Bennett a été atteint d’une dépression dont souffrent particulièrement les surdoués lorsqu’ils arrivent à l’âge adulte. Bennett s’est donc trouvé des affinités avec ce que vit le personnage de Josh Lang.

  • Au milieu des années 90, William Shatner a animé une émission spéciale sur les séries télévisées de science-fiction, où il y fait évidemment mention de L’Homme qui valait trois milliards et Super Jaimie.

  • Conscient de sa nouvelle nature qui le rend spécial, Josh Lang s’adresse à son ami Steve Austin, qu’il sait être lui aussi un type « spécial »:

-Josh Lang: Hey, old buddy, you're... You're kind of special.

-Steve: That's what they keep saying.

-Josh Lang: With your bionic strength and my "far out" brain, we're superior types. Think about it, Steve. We're the beginning of a whole new species.

  • Sceptique des théories avancées par Josh Lang, au point où ce dernier remettait en question les données supposément infaillibles de l’ordinateur, Oscar Goldman après vérification, doit se rendre à l’évidence:

-Oscar: Josh is right; there is a mistake in the computer program.

-Steve: And his "sun-as-the-origin-of-space" theory?

-Oscar: Completely valid. I've got all the printouts here to prove it.

-Lang (à Steve): Do you realize what we could learn if we send one of those dolphins up into space into that electrical field? Why, there's no... mystery in the universe that you and I couldn't solve!

  • Conversation aussi intéressante que poignante entre Steve et Oscar au sujet de la condition de Josh Lang depuis son retour de l’espace:

-Oscar : You know pal, they say Josh Lang is, well, unstable.

-Steve : Well, they said i’d never run again.

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12. LA VÉRITÉ
(THE COWARD)

Résumé :

Un tremblement de terre dans l’Himalaya a fait réapparaître la carcasse d’un vieux DC-3 de la Seconde Guerre Mondiale porté disparu. Son pilote, Carl Austin, qui est le père de Steve, avait autrefois été accusé de lâcheté pour avoir abandonné son équipage au moment du crash. Sa mère étant convaincu que Carl n’aurait jamais commis un tel acte de couardise, Steve se rend dans l’Himalaya afin de retrouver l’épave du DC-3. En plus d’espérer de faire la lumière sur les actions de son père, Steve doit également récupérer des documents top-secrets qui se trouvaient à bord de l’avion. Arrivé sur place, Steve reçoit l’aide d’un ex-patrouilleur américain, Garth, mais d’autres personnes semblent également convoiter les documents.

Critique :


La Vérité marque un point tournant dans l’évolution du personnage de Steve Austin. On connaissait bien peu de choses sur son passé, malgré quelques informations contradictoires glanées dans les trois premiers téléfilms et les épisodes précédents. Cette fois, l’aventure dans laquelle est engagée Steve nous permet d’en apprendre un peu plus sur sa famille, et surtout ses parents.

Dans le roman original Cyborg, Martin Caidin révélait que les parents de Steve Austin étaient décédés. Comme il n’a pas été fait mention de cette information dans l’adaptation qu’en a fait Howard Rodman pour le premier téléfilm original, Harve Bennett a cru bon de pouvoir introduire les parents de Steve afin d’établir son « background » et ses origines, toujours dans l’optique d’humaniser le personnage et le rendre à la fois crédible et attachant pour le public.

C’est ainsi que lorsque Steve rencontre sa mère pour en savoir plus sur ce père qu’il n’a pas connu, on apprend que ce dernier serait mort pendant la Seconde Guerre Mondiale, et que sa mère s’est remarié depuis avec quelqu’un d’autre. Mais surtout que dans son cœur, il est impossible qu’il ait été un lâche sur le champ de bataille malgré tout ce qui a été dit à son sujet pour le discréditer. Et si cela s’avérait être le cas, il en aurait été si déshonoré qu’il ne serait jamais rentré chez lui pour regarder sa femme dans les yeux. Le spectateur en sait donc plus sur l’importance de l’attachement familial entre Steve et ses parents et l’amour qui les unissait que de ce qui s’est vraiment passé dans l’Himalaya au moment où son père a disparu.

Difficile alors de ne pas s’identifier à Steve avant même qu’il n’entreprenne son voyage sur les traces de son paternel, et encore moins pour ceux ayant réellement perdu leur famille. Soulignons d’ailleurs que Lee Majors a lui-même perdu ses parents lorsqu’il était très jeune, si bien que malgré les limites de son jeu d’acteur, on peut sentir à travers l’écran le fait qu’il se sente autant concerné personnellement que le personnage qu’il incarne. Pas étonnant donc que cet épisode figure parmi ses favoris.

N’allez pas croire qu’il s’agit d’une histoire existentielle toutefois, mais plutôt une quête de la vérité dans le cadre d’un film d’aventures un peu rétro: un avion disparu, un naufragé resté sur place depuis l’incident, une tribu locale pas très accueillante, tout y est au point où l’on craint que le récit ne tombe dans la facilité des codes du genre. Il faut reconnaître cependant qu’Elroy Schwartz, pour son dernier script dans la série, a su bien doser les ingrédients de façon à ce que la vérité attendu par Steve et par le public n’est pas celle qu’on croit.

On apprend également que le fait d’avoir des pouvoirs bioniques ne fait pas forcément de Steve un expert en alpinisme. Notre héros passe en effet bien prêt de tomber en perdant prise au moment de l’ascension d’une montagne. Comme quoi la bionique n’est pas un palliatif pour combler le manque d’expérience lors d’une périlleuse escalade. C’est là un autre élément qui réussit à humaniser Steve par rapport à ses pouvoirs.

Bref, derrière une intrigue simple en apparence, La Vérité s’avère sans doute l’un des épisodes les plus émouvants de cette première saison, tout en faisant évoluer le personnage de Steve Austin dans une direction à la fois traditionnelle, humaine et patriotique à la Gary Cooper, comme Harve Bennett le désirait.

Anecdotes :

  • Dernier des quatre épisodes écrits par Elroy Schwartz, ce dernier a réussi en peu de temps à faire évoluer le personnage dans le sens que le souhaitait Harve Bennett. Tellement que les parents de Steve Austin reviennent dans le double-épisode La Femme Bionique pour devenir des personnages récurrents dans Super Jaimie.

  • C’est également le dernier des quatre épisodes réalisés par Reza S. Badiyi, et il s’agit ici de son meilleur travail sur la série.

  • George Montgomery, qui incarne ici Garth, le rescapé guidant Steve vers la vérité au sujet de son père, a fait ses débuts au cinéma dans les années 30, essentiellement dans des westerns. Ami proche de l’acteur et président Ronald Reagan, il a été la star de la série western Cimarron City en 1958-59. Par la suite, il a alterné rôles au cinéma (La Bataille des Ardennes) et au petit écran (Bonanza, Les Espions) jusqu’en 1985, ponctués à l’occasion de quelques réalisations de films de guerre et d’aventures à petit budget. Il est mort en 2000.

  • Choisi par Harve Bennett pour incarner Helen Elgin, la mère de Steve, Martha Scott est certainement l’une des actrices hollywoodiennes les plus sous-estimées qui ait existé. Dès son premier rôle en 1940 dans le film Une Petite Ville sans histoire, elle a décroché une nomination aux Oscars à 28 ans. Bien qu’elle ne fût jamais considérée comme une grande star à proprement parler, Martha Scott a su mener une belle carrière au cinéma (elle a été deux fois la mère de Charlton Heston dans les films épiques Les Dix Commandements et Ben-Hur), au théâtre et à la télévision (Dallas, La Nouvelle Équipe, Sur la Piste du Crime, Docteur Marcus Welby). Elle est décédée en 2003.

  • Une semaine après William Shatner, c’est au tour d’un autre acteur de la série Star Trek de venir honorer la série de sa présence dans un rôle de guide alpiniste: George Takei. Toujours actif au cinéma (Les Bérêts Verts), au théâtre, à la radio et à la télévision (Opération Vol, Mission: Impossible, Voyage au Fond des Mers, Heroes, la nouvelle mouture de Hawaï Police D’État) depuis les années 60, il est sans aucun doute l’un des comédiens d’origine asiatique les plus connus à Hollywood (il est né aux États-Unis d’une famille d’émigrés japonais). Il sait également faire montre d’un sens de l’humour et d’un engagement politique et social par ses interventions sur les réseaux sociaux et son activisme communautaire, en plus de se parodier lui-même dans quelques dessins animés (Futurama, Les Simpson).

  • Ancienne vedette d’athlétisme pendant la dernière guerre, Ron Soble, celui qui incarne le chef de la tribu voulant capturer Steve afin d’en tirer une rançon, a surtout joué des petits rôles dans plusieurs westerns, étant donné son physique sportif, au cinéma et à la télévision (Le Virginien, Les Aventuriers du Far-West). Il est mort en 2002.

  • Tout comme George Takei, l’actrice française d’origine vietnamienne France Nuyen s’est spécialisée dans les rôles d’asiatiques au cinéma et à la télévision, avec parfois une touche de charme exotique à la clé. Elle s’est d’abord fait un nom dans la série Les Espions, où elle a rencontré d’ailleurs son second mari, l’acteur Robert Culp. Coïncidemment, elle a également joué dans un épisode de Star Trek, comme quoi cette série a clairement exercé plus qu’une influence dans L’Homme qui valait trois milliards. On peut également voir France Nuyen dans des épisodes de Kung Fu, Des Agents très Spéciaux, Hawaï Police D’État et L’Île Fantastique.

  • En plus de nous présenter la mère de Steve, on apprend dans cet épisode qu’il existe aussi un beau-père, Jim Elgin, depuis la disparition du père naturel de Steve. Les spectateurs pourront le voir au cours de la deuxième saison dans le double-épisode La Femme Bionique.

  • Lorsque Steve Austin se bat contre la tribu qui cherche à le capturer, on peut entendre l’effet sonore soulignant « exclusivement » l’emploi de sa force bionique. Ce qui met fin à la confusion concernant l’usage de ce son dans l’épisode Le Docteur Wells a disparu. On peut donc dire que La Vérité est le tout premier épisode où le célèbre effet sonore bionique a été officiellement adopté par la production.

  • Il est étrange que Steve Austin porte un manteau de couleur rouge en territoire hostile.

  • Décor recyclé: La maison où habite Garth est la même que celle habitée par les deux sœurs dans Opération Afrique.

  • La manœuvre exécutée par la formation aérienne lors des funérailles du père de Steve, est une vraie coutume militaire américaine baptisée « la Formation des Disparus ». Elle est destinée à honorer les aviateurs et les astronautes décédés en mission.

  • L’épave du DC-3 retrouvé par Steve possédait le surnom de « My Little Girl ». Ce surnom était également celui donné à Helen par le père de Steve, selon elle.

  • Le tournage s’est effectué majoritairement au Lac Arrowhead en Californie.

  • Il s’agit de l’épisode préféré de l’auteur et créateur de Steve Austin, Martin Caidin.

  • Le premier titre original de cet épisode était THE SEARCH.

  • Conversation entre Steve et sa mère Helen:

-Helen: Are you all right, Steve?

-Steve: Oh... sure, I'm fine.

-Helen: Now, you know I can always tell when you're fibbing.

  • Après que Steve l’ait échappé belle au cours d’une ascension qui a faille mal tourner, son guide de montagne lui rappelle ceci: See, I told you and Mr Goldman; those bionics of yours don't work when you're climbing a real mountain.

  • Garth, à son tour, se demande bien qui est Steve après avoir vu sa force bionique en action:

-Garth: Who are you?

-Steve: Oh, you mean my name?

-Garth: No, no, names are only labels the outside world attaches meanings to. You outran horses. Your strength – your strength is incredible! Just who are you?

-Steve: Well, I'm just a man.

-Garth: Not an ordinary one.

-Steve: In most ways I am.

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13. VACANCES FORCÉES
(RUN, STEVE, RUN)

Résumé :

L’homme qui conçu le double-robot du major Sloane, Jeffrey Dolenz, a décidé de faire équipe avec un dénommé Monsieur Rossi, chef d’une bande criminelle, pour tester, étudier et ensuite kidnapper Steve Austin. Dolenz veut en effet connaître tous les secrets des pouvoirs bioniques de Steve afin de construire une armée d’androïdes invincibles pour s’attaquer à la réserve d’or de Fort Knox. En vacances dans une ferme de l’Utah chez son ami Tom Molson, Steve a cependant le sentiment qu’un vieil adversaire cherche à s’en prendre à lui après quelques incidents, sans se douter que son intuition a vu juste.

Critique :

Devant le succès indubitable de l’épisode Le Robot, la production n’a pas attendu la saison Deux pour exploiter le filon, bien que cette fois, Steve n’affronte pas de robots à proprement parler. C’est surtout le retour du savant qui l’a créé, Dolenz, toujours incarné avec une pointe de malice par l’excellent Henry Jones, dont la performance constitue une partie du charme de cet épisode qui conclut cette première saison.

En effet, Dolenz ne cesse d’être fasciné par les pouvoirs bioniques d’Austin dans cet épisode. Son admiration rend même son commanditaire, Monsieur Rossi, méfiant à son égard. Derrière le charme du personnage, on n’en trouve cependant pas moins d’orgueil, en particulier quand Dolenz demande à Steve, une fois ce dernier capturé, comment il a fait pour vaincre le robot Sloane (voir épisode Le Robot) alors qu’il était censé être presque parfait. La réponse ironique et pince-sans-rire de Steve (voir plus bas) ne fait que blesser encore plus l’orgueil du savant et le mettre quelque peu en colère, lui qui était souriant jusque-là.

À défaut de voir des robots, le récit s’intéresse davantage à présenter Steve Austin comme un « garçon de la campagne ». En vacances dans la ferme d’un ami, Steve fait montre de décontraction avec ses « blue-jeans » et son chapeau de cowboy, au point où l’on se demande s’il ne va pas pousser une chansonnette country. On est bien loin du smoking à la James Bond qui l’étouffait dans les téléfilms produits par Glen A. Larson. L’ambiance aérée est donc de mise pour clôturer cette première saison.

Sans doute parce que la saison touchait à sa fin et qu’il fallait économiser sur le budget restant, l’épisode contient un certain nombre de flashbacks tirés des précédents épisodes, justifiés toutefois par la volonté de Steve d’identifier celui ou ceux qui semblent dans l’ombre lui chercher des ennuis et qui sont au courant de l’existence de ses pouvoirs bioniques. La suite du récit lui donnera effectivement raison. Pour une fois, il faut noter cet effort dans l’emploi de ces images autrement que pour boucher les trous, et de ne pas se cacher derrière la minceur du budget afin de justifier une médiocrité probable dans leur emploi pour se chercher des excuses.

Et pour terminer, il faut souligner le rythme plus léger et l’humour un peu plus présent dans cet épisode par rapport à son prédécesseur Le Robot. Comme si les producteurs et les auteurs tenaient à terminer la saison sur une note allègre soulignant les vacances à venir. Sans diminuer l’intérêt global, cette légèreté de ton affecte quelque peu le suspense, qui était plus efficace dans Le Robot. Dans un contexte où le budget s’avère plus mince en fin de saison, on peut quand même dire que le résultat final est bien agencé et que les quelques défauts qu’on y trouve se pardonnent un peu plus aisément.

Anecdotes :

  • Henry Jones reprend ici pour la seconde fois le rôle du savant Jeffrey Dolenz. Si l’épisode prend un angle un peu plus humoristique que Le Robot, c’est en parti redevable à sa présence au sourire plus malicieux que jamais.

  • Dans le rôle de Tom Molson, l’ami de Steve qui l’héberge, on retrouve le sympathique Noah Berry Jr., celui qui incarnait le père de Jim Rockford dans 200 Dollars plus les frais. Lui qui a débuté sa carrière dans les années 20 à l’époque du cinéma muet, il a déjà côtoyé Lee Majors dans trois épisodes de la série Le Virginien. On le retrouvera dans un rôle différent dans l’épisode de la troisième saison, La Retraite. Il est décédé en 1994.

  • Habitué aux rôles de composition à la télévision, à l’aise autant dans le registre comique que dramatique, George Murdock a joué autant de personnages de policiers (L’Homme de Fer, McCloud, Un Shérif à New-York, Barney Miller), de criminels (Sur la Piste du Crime, Gunsmoke) de notables (Banacek, New-York: Police Judiciaire) ou d’officiers dans des séries de science-fiction (Battlestar Galactica, X-Files: Aux Frontières du Réel, Star Trek: La Nouvelle Génération). Son personnage de Monsieur Rossi constitue sa seule contribution à la série. Il est mort en 2012.

  • Protégée d’Harve Bennett, Melissa Greene, qui joue le rôle de Suzie Lund, n’a connu qu’une courte carrière d’actrice à la télévision (Docteur Marcus Welby, Dossiers Brûlants) avant de se consacrer davantage à l’écriture de livres et à l’enseignement. Bien que le générique de cet épisode signale que c’est sa toute première apparition, elle avait déjà eu un rôle un an auparavant dans le film Electra Glide in Blue. Curieusement, son tout dernier rôle comme actrice fut dans l’épisode Adieu Aura Lee de la première saison de 200 Dollars plus les frais; épisode où l’on retrouve également… Lindsay Wagner.

  • Mike Henry fait ici la première de ses deux apparitions dans la série. Ancien joueur de football américain, son physique musclé et athlétique l’a amené à incarner le célèbre Tarzan dans trois films mineurs vers la fin des années 60. S’en est suivi une courte carrière dans des petits rôles au cinéma (Les Bérêts Verts, Cours après moi, Shérif où il incarne Junior, le fils de Jackie Gleason) et à la télévision (Daniel Boone, Lou Grant, M.A.S.H.). Il a pris sa retraite en 1987 après avoir eu un diagnostic de la maladie de Parkinson.

  • Consultant aux scripts pour cette première saison, Lionel E. Siegel signe ici son premier scénario officiel, bien qu’il ait contribué à la plupart des réécritures des 13 épisodes. Il sera promu comme producteur pour la seconde saison, en plus d’écrire deux autres scénarios pour la série. Il a également écrit trois scripts pour Super Jaimie en plus d’avoir été le producteur exécutif pour la dernière saison des aventures de Jaime Sommers. Auparavant, il s’est fait connaître pour avoir écrit sur des séries comme Peyton Place, Daniel Boone, Docteur Marcus Welby et Mannix. Il est mort en 2013 à Montréal au Québec.

  • Deuxième des trois épisodes réalisés par Jerry Jameson.

  • Suite aux flashbacks, nous apprenons dans cet épisode que le docteur Bacon de Population Zéro est bel et bien mort.

  • En testant la force bionique de Steve au moment de la chute provoquée de l’ascenseur sur un chantier de construction, Dolenz établit qu’il a fallu une force comparable à celle de soulever 2 420 livres à une hauteur de six pieds.

  • Ironiquement, il y a deux erreurs de logique lorsque Steve tente de freiner la chute de l’ascenseur. D’une part, en usant de sa main bionique pour saisir les câbles de soutien de la cage, Steve aurait dû avoir la paume de ladite main très abîmée, avec les circuits bioniques visibles, comme lors de la séquence de l’autobus accidenté dans le téléfilm original où l’on peut voir les circuits de son bras droit à travers la peau déchirée. Or, sa main est intacte. D’autre part, puisque Steve saisit les câbles de la cage d’ascenseur, celle-ci aurait dû continuer sa chute alors que Steve serait logiquement resté suspendu dans le vide.

  • Autre erreur de logique: lorsque Dolenz teste la vitesse bionique de Steve en excitant le cheval de Suzie, le savant affirme qu’il a fallu que Steve coure à 98 km/h (61 miles/h) pour rattraper le cheval en panique. Considérant qu’à l’époque, les meilleurs chevaux de course atteignaient une vitesse maximale variant entre 60 et 70 km/h, on peut se demander si Steve a vraiment couru à cette vitesse, même pour rattraper un cheval.

  • Détail ironique: Henry Jones a déjà joué un fabricant de robots dans un épisode diffusée en 1972 de la seconde saison de la série créée par Rod Serling, Night Gallery (inédite en France).

  • Lorsque Dolenz veut couper le bras bionique de Steve, ce dernier le lui déconseille car cela pourrait couper l’alimentation électrique de ses membres bioniques et de ce fait, couper la protection antiradiation, ce qui tuerait tout le monde dans la pièce. On peut ici se demander si Steve bluffe car si vraiment ses membres bioniques étaient dotés d’un bouclier antiradiation, le docteur Bacon dans Population Zéro n’aurait pas pu détecter la radioactivité de ces membres avec un compteur Geiger. D’un autre côté, sans bouclier antiradiation, on s’imagine mal comment Steve Austin et même Jaime Sommers, puissent vivre avec leur greffe bionique sans être affecté par les radiations atomiques à l’intérieur de leurs corps.

  • La technique d’employer des flashbacks tirés d’épisodes précédents pour la conclusion d’une saison est légion à Hollywood. Star Trek: La Nouvelle Génération et Buck Rogers ne sont quelques exemples de cet usage.

  • Anecdote: Lorsque l’épisode a été diffusé en avril 1974, l’acteur Richard Anderson a raconté que ses filles à l’école lui avaient téléphoné pour lui dire que tous les élèves se mettaient à courir au ralenti dans la cour. Pour Richard, c’était un signe que la série allait devenir bien plus qu’un succès d’audience.

  • Dolenz demande à Steve Austin à propos du robot Sloane: Tell me, when did you first suspect he was a robot?

  • -Steve (songeur puis ironique): Well, he squeaked when he walked.

  • -Dolenz (indigné): He did not squeak when he walked. He was perfect in every way. In almost every way.

  • Cette blague dans le script allait devenir un « running gag » entre les acteurs et l’équipe technique tout au long de la série.

  • Le commanditaire de Dolenz, Monsieur Rossi, n’est pas d’accord avec l’idée d’étudier Steve Austin et propose plutôt simplement de le démonter pour connaître les secrets de la bionique. Dolenz lu répond alors: Because that isn't the way science works, Mr. Rossi. First, we must have research, observation to determine his capabilities. Then we take him apart. 

  • Trait d’humour de Steve Austin auprès de la jeune Suzie, fille du partenaire de son ami Tom qui l’héberge à la campagne, alors qu’elle parle de son cheval:

-Suzie: His name is Doomsday. I decide to ride him once or twice before breakfast.

-Steve: What if Doomsday decides to have you for breakfast?

-Tom Molson: How 'bout you, Steve? What have you been up to since you raised all that dust on the moon?

-Steve: Oh, nothing much.

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