Saison 4Présentation

L'Homme qui valait trois milliards

Saison 5

Présentation de la saison 5

1. Les Requins - 1re partie (Sharks - Part 1)

2. Les Requins - 2e partie (Sharks - Part 2)

3. Compte à rebours - 1re partie (Deadly Countdown - Part 1)

4. Compte à rebours - 2e partie (Deadly Countdown - Part 2)

5. Le Scalpeur (Bigfoot V)

6. Le Vent de la mort (Killer Wind)

7. Comme sur des roulettes (Rollback)

8. Mission lune - 1re partie (Dark Side of the Moon - Part 1)

9. Mission lune - 2e partie (Dark Side of the Moon - Part 2)

10. Cible : Steve Austin (Target: Steve Austin)

 

11. Le Projet Cheshire (The Cheshire Project)

12. Le Cascadeur (Walk a Deadly Wing)

13. Voyage dans le temps (Just a Matter of Time)

14. La Sonde meurtrière - 1re partie (Return of Death Probe - Part 1)

15. La Sonde meurtrière - 2e partie (Return of Death Probe - Part 2)

16. L'Île perdue (The Lost Island)

17. La Madone byzantine (The Madonna Caper)

18. Le Spectre (Dead Ringer)

19. Rendez-vous avec le danger - 1re partie (Date with Danger - Part 1)

20. Rendez-vous avec le danger - 2e partie (Date with Danger - Part 2)

21. Opération double-jeu (The Moving Mountain)

 

 


PRÉSENTATION DE LA SAISON 5

La cinquième saison de L’Homme qui valait trois milliards a été diffusée sur la chaine ABC les dimanches soir à 20H00 à partir du 11 septembre 1977 jusqu’au 29 janvier 1978, puis les lundis soir toujours à 20H00 à partir du 30 janvier jusqu’au 6 mars 1978.

Avec un taux d’audience de 24.2 sur l’échelle d’audimat de Nielsen, la série n’a perdu que 0.1 point par rapport à la saison quatre, mais elle a terminé à la 7ème place des programmes télévisés les plus regardés aux États-Unis, ce qui restera son meilleur classement. En revanche, la seconde saison de Super Jaimie a terminé au 14ème rang du classement avec un taux d’audience de 22.4, soit une chute de neuf places au classement et une perte de 2.5 points par rapport à son taux d’audience pour sa première saison.

Cette chute a eu des conséquences au moment de la préparation de la cinquième saison des aventures de Steve Austin. Tout d’abord, le réseau ABC a fait savoir aux producteurs qu’il ne diffuserait plus Super Jaimie étant donné sa chute de popularité au sein de l’audimat, si bien qu’une troisième saison semblait alors inenvisageable. Informé de la situation, le réseau rival NBC s’est montré intéressé à prendre la relève et un accord fut trouvé pour que finalement les exploits de Jaime Sommers se poursuivent au petit écran. Cet accord créa un précédent dans l’histoire de la télévision américaine puisque pour la première fois, deux acteurs (Richard Anderson et Martin E. Brooks) allaient incarner les mêmes protagonistes dans deux séries diffusées chacune par une chaîne de télévision différente. En contrepartie, la conception d’épisodes «croisés» où Steve et Jaime peuvent travailler ensemble, comme lors de la quatrième saison, n’était plus possible. En dépit de quelques réécritures de certains scripts afin de s’ajuster à cette nouvelle réalité, les deux séries allaient pâtir de la perte de cet atout narratif.

C’est néanmoins au niveau de la production que le chambardement fût tel qu’il a laissé des secousses irréversibles sur la série. En premier lieu, le producteur exécutif Harve Bennett, le chef de file derrière l’identité vers laquelle s’est orientée L’Homme qui valait trois milliards et Super Jaimie, a annoncé qu’il quittait son poste pour se consacrer à d’autres projets. Le départ de ce père spirituel, qui était impliqué à tous les niveaux de la production des deux séries, ne pouvait qu’être de mauvais augure pour la suite des choses. Allan Balter, producteur lors de la quatrième saison, fut choisi pour remplacer Harve Bennett, qui se contenta de rester producteur exécutif pour le double-épisode destiné à démarrer cette cinquième saison. Mais comment peut-on remplacer quelqu’un devenu irremplaçable?

Dans la foulée, Lionel E. Siegel, producteur de la série depuis sa deuxième saison et lui aussi l’un des gages de sa stabilité, a également choisi de quitter son poste pour remplacer Harve Bennett comme producteur exécutif de Super Jaimie. Avec le transfert d’Allan Balter évoqué plus haut, L’Homme qui valait trois milliards était maintenant sans producteurs alors que la préparation de la cinquième saison battait son plein.

Après bien des tractations, ce furent finalement deux scénaristes ayant une certaine expérience dans la production télévisée qui ont été choisis pour être à la barre de cette cinquième saison. En premier lieu, Fred Freiberger, celui qui a hérité du sobriquet peu reluisant de «fossoyeur de séries» suite au fait qu’il avait été producteur des ultimes saisons de Star Trek et Cosmos 1999 avant leur annulation. Le fait que cette cinquième saison ait été finalement la dernière concernant les exploits de Steve Austin, n’aura contribué qu’à coller ce surnom davantage à la peau de cet auteur (Le Monde merveilleux de Disney, Au nom de la loi, Aventures dans les îles, Rawhide) et producteur décédé en 2003.

Le second producteur choisi n’avait heureusement pas l’étiquette négative de son partenaire, tant s’en faut! Il faut cependant admettre que Richard H. Landau a davantage consacré sa carrière à l’écriture jusqu’à sa mort en 1993. Scénariste prolifique (L’Homme de fer, La Nouvelle Équipe, Voyage au fond des mers, Tarzan) il a aussi été producteur associé pour des séries comme Commando du désert et Les Mystères de l’Ouest. L’Homme qui valait trois milliards fut sa seule et unique expérience comme véritable producteur d’une série.

Les choses étaient finalement réglées au plan de la production, mais il restait un autre problème de taille: renouveler le contrat de Lee Majors, l’interprète principal, qui demandait notamment une majoration importante sur le plan salarial, mais qui désirait par-dessus tout d’avoir son mot à dire dans la production de la série en créant sa propre société indépendante avec son épouse Farrah Fawcett (Fawcett-Majors Production) en partenariat avec les studios Universal, ce qui devait aussi lui permettre d’obtenir des rôles au cinéma afin d’exploiter sa célébrité dans un plus large registre.

Très vite, les négociations trainèrent en longueur, à un point tel où, la date de début du tournage des épisodes de la saison cinq approchant rapidement, Universal a intenté une poursuite au comédien pour non-respect de certaines clauses incluses dans son contrat actuel. En prime, un remplaçant à Lee Majors fut envisagé et le nom de l’acteur Gil Gerard a circulé comme choix potentiel pour incarner Steve Austin. Acteur ayant fait ses débuts dans la trentaine après avoir renoncé à une carrière de chimiste, il a très vite gravi les échelons durant les années 70 par sa présence et une certaine élégance (La Petite Maison dans la Prairie, Hawaii Police D’État, Les Naufragés du 747). Steve Austin aurait pu devenir son tout premier rôle au petit écran, ce qui lui aurait ouvert enfin les portes du vedettariat avant Buck Rogers.

Bien que Lee Majors ne se soit pas présenté au travail au moment où le tournage des épisodes devait débuter, les studios ont finalement abandonné la poursuite et un accord a été trouvé avec l’acteur. L’équipe technique a évidemment poussé un soupir de soulagement après toutes ces incertitudes entourant la préparation de cette cinquième saison, et tous ont pu se concentrer sur le tournage des épisodes. Mais ce que tout le monde n’avait pas prévu, c’était l’arrivée d’un nouveau phénomène au grand écran durant l’été 1977 qui allait changer dramatiquement les goûts du public.

Le 25 mai 1977 sortait sur les écrans de cinéma aux États-Unis La Guerre des Étoiles de George Lucas. Ce qui s’annonçait comme une petite série B de science-fiction auquel le studio Fox ne croyait pas trop devint un succès planétaire inattendu et un phénomène culturel qui a mis fin à un cinéma au ton davantage cynique, paranoïaque et engagé qui était emblématique depuis la fin des années 60 au travers de ses nombreux mouvements de libération et de contestation. Par sa relecture des codes de la mythologie, de la chevalerie et des contes de fée, le tout appuyé par une grande inventivité en matière d’effets spéciaux, George Lucas a orienté le genre qu’est la science-fiction vers le space-opera. Forcément avec une telle réussite, les goûts du public ont été considérablement modifiés, et cela a eu un effet sur L’Homme qui valait trois milliards dont le succès a surtout reposé sur des ingrédients plus traditionnels ou à l’ancienne.

En conséquence, lorsque la saison cinq fut lancée le 11 septembre 1977, les cotes d’écoute chutèrent considérablement. Le réseau ABC a alors tenté de relancer la série vers la mi-saison en déplaçant sa case horaire du dimanche vers le lundi soir, juste avant la diffusion du Monday Night Football. Cet événement sportif hebdomadaire était très prisé aux États-Unis depuis le début des années 70, étant donné la popularité du football américain et ABC espérait en faire bénéficier la série pour faire remonter l’audimat. Hélas, ce fût en vain; le public était clairement passé à autre chose, et il était évidemment que cette cinquième saison allait être la dernière.

Qu’en est-il toutefois de la qualité des 21 épisodes de cette cinquième et dernière saison? Ça, c’est une autre histoire… Enfin presque.

 

1. LES REQUINS - 1RE PARTIE
(SHARKS - PART 1)



Résumé :

Un nouveau système de détection sous-marine de l'OSI a cessé soudainement de fonctionner. Grâce à l'US Navy, Oscar Goldman bénéficie d'un sous-marin nucléaire pour se rendre sur les lieux afin de réparer discrètement ce système. Steve Austin fait partie du voyage tout comme Rudy Wells. Alors qu’il approche de sa destination, le sous-marin est victime d'un sabotage et échoue à 90 mètres de profondeur, forçant ainsi l'équipage à évacuer. À bord d’un navire en surface, l’amiral Prescott et Oscar Goldman envoient des plongeurs pour le réparer et le récupérer, mais ils sont encerclés soudainement par des requins qui les forcent à renoncer. Ne croyant pas aux coïncidences, Steve décide de retourner sous l'eau avec l'aide d'une cage anti-requins, persuadé qu'il y a anguille sous roche. Son intuition ne l'a pas trompé puisqu'il est capturé par les hommes de main d'un ancien officier de la US Navy, Morgan Grayland. Sa carrière ruinée depuis sa condamnation en cour martiale, Grayland ambitionne avec l'aide sa fille Cynthia, une experte en biologie marine qui sait commander les requins, de réarmer le sous-marin pour s’en servir à des fins criminelles.

Critique :

En 1975, les studios Universal ont connu un succès sans précédent avec le film de Steven Spielberg, Les Dents de la Mer. Ce long-métrage, qui a démarré le phénomène à Hollywood du cinéma à gros budget à saveur de pop-corn estival, a sans le savoir entrainé la naissance de plusieurs similis dans son sillage, incluant une suite sortie en 1977 afin d’attirer dans le ressac encore plus de billets verts. C’est dans ce contexte que s’inscrit ce double-épisode dont le titre ne laisse planer aucun doute sur les intentions des nouveaux producteurs de la série, croyant sans doute y trouver le pouvoir d’attraction nécessaire pour bien démarrer cette cinquième saison.

Cette idée de confronter l’homme bionique à des requins, dans l’eau et en dehors, peut certes sembler attrayante, mais le fait qu’elle existe par le biais d’une vieille recette hollywoodienne, qui veut que «lorsque quelque chose marque, on le pique», ne saurait garantir que les téléspectateurs vont suivre d’emblée. Surtout si on tient compte du fait que Les Dents de la Mer n’a probablement pas attiré le même public que celui de L’Homme qui valait trois milliards.

Ainsi, malgré le fait que l’intrigue ne porte pas du tout sur des attaques de requins se délectant de vacanciers amateurs de stations balnéaires et de baignades maritimes, on a la constante impression que le récit hybride fait fausse route à force de jouer sur deux tableaux à la fois. Car avec cette histoire de vol de sous-marin par un ancien officier dont la carrière est en déliquescence, de repaire secret protégé par des requins commandés à distance, et de mercenaires uniquement attirés par l’appât du gain, les auteurs ont commis l’erreur non seulement de trop en faire, mais surtout de ramener le personnage de Steve Austin à une sorte d’équivalent à James Bond, alors qu’Harve Bennett et son équipe avaient tout fait pour s’en écarter au moment de lancer la série.

En dépit d’un bon rythme et d’un habile usage de scènes sous-marines comportant de vrais requins qui sont bien intégrées à l’action, cette mise en bouche pour la cinquième saison se révèle déjà une indication qu’elle sera la dernière autant par ses emprunts au film de Spielberg et ses succédanés que par l’absence d’idées neuves pour renouveler la recette, au point même de recycler des éléments des téléfilms produits par Glen A. Larson. La suite de cette aventure routinière ne fera que renforcer ce constat.

Anecdotes :

  • Ce double-épisode marque la première et unique réalisation d'Alan J. Levi pour la série. Il allait toutefois revenir en 1989 à la tête du second téléfilm-réunion L'Espion Bionique.

  • Unique scénario de l'auteur Arthur Weingarten, qui a écrit notamment pour des séries comme Le Frelon Vert, Annie, agent très spécial, Les Mystères de l'Ouest ou Bonanza. Il a également œuvré comme consultant pour La Nouvelle Équipe et le téléfilm Raid sur Entebbe.

  • Seconde apparition pour Pamela Hensley (Cynthia Grayland), après avoir joué dans l'épisode de la quatrième saison L'Imposteur.

  • Troisième présence dans la série pour William Sylvester, mais c'est la seconde fois qu'il y interprète l'amiral Prescott, après l'avoir incarné dans l'épisode de la quatrième saison U-509.

  • Vétéran acteur au curriculum imposant depuis les années 50 jusqu'à son décès en 2005, Stephen Elliott (Morgan Grayland) eût droit à plusieurs rôles récurrents dans diverses séries (Beacon Hill, Executive Suite, Sous le Signe du Faucon, Dallas, Hôpital St. Elsewhere) lorsqu'il eût atteint la cinquantaine. Son cours passage remarqué dans le rôle du chef Hubbard dans le film Le Flic de Beverly Hills a bien souligné la qualité de son travail en tant qu'acteur de troisième plan.

  • Après un passage dans l'armée américaine pendant la Seconde Guerre Mondiale, Gregory Walcott (Alex Parker) a débuté une carrière d'acteur dont la feuille de route comporte notamment de nombreux westerns télévisés (Cheyenne, Laramie, Rawhide, Bonanza) ainsi qu'un rôle de vedette dans la série policière 87th Precinct. Il a eu le malheur d'être le principal protagoniste du célèbre navet d'Ed Wood Plan 9 from Outer Space. Au cours des années 70, il apparaît souvent comme faire-valoir dans les séquences de bagarres à mains nus de plusieurs films mettant en vedette Clint Eastwood où il encaisse les poings de la star (Doux, Dur et Dingue, La Sanction, Joe Kidd, Le Canardeur). Décédé en 2015, son fils est devenu marionnettiste pour la série de films des Hommes en Noir.

  • On peut apercevoir pour la première fois Rudy Wells porter une veste en jean, ce qui deviendra une habitude au cours de cette cinquième saison.

  • Curieusement, le sous-marin qui figure dans cette première partie porte le numéro 509, comme dans l'épisode U-509. Pourtant, c'est le chiffre 686 que l'on peut voir au tout début au moment du générique.

  • Le petit avion jaune que l'on aperçoit dans cette première partie est exactement le même qui figurait dans l'épisode de la seconde saison Erreur de pilotage.

  • Une preuve qu'une réplique en miniature du sous-marin a été utilisée: trop de bulles d'air s'en échappe alors que la coque est relativement petite, ce qui démontre qu'un tuyau d'air caché à même le modèle réduit a été employé pour émettre ce flot de bulles.

  • Au moment de l'évacuation du sous-marin, on peut voir trois hommes se diriger vers le sas d'évacuation. Or, seulement deux sont vus en train de sortir du submersible.

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2. LES REQUINS - 2E PARTIE
(SHARKS - PART 2)

Résumé :

Steve est toujours prisonnier de Grayland malgré une tentative d'évasion pour sauver Rudy Wells, coincé au fond de l'eau dans une bathysphère. Informé de la situation grâce à un message en morse du savant, Oscar convainc l'amiral Prescott d'opter pour l'emploi de mines magnétiques sous-marines plutôt que de bombarder le sous-marin. Ces mines peuvent effectivement empêcher le Stingray de quitter la zone environnante, sans que la vie de Steve et de Rudy soit mise en danger. Ce plan efficace d'Oscar laisse Grayland et sa fille sans solutions, eux qui ne voulaient tuer personne pour réussir leur opération. Bien moins scrupuleux, le chef des hommes de main, Alex Parker, se rebiffe contre Grayland et oblige Steve à se servir de ses pouvoirs bioniques pour pousser le Stingray hors de portée des mines, sinon Rudy Wells mourra. S’il est forcé d’obéir, Steve en profite pour provoquer discrètement une fuite d'huile afin de rendre le sous-marin repérable à un bombardement des destroyers. Parker réplique cependant à la manœuvre en imposant un ultimatum: il enverra un missile nucléaire sur une ville américaine si le bombardement n'est pas interrompu.

Critique :

Que peut-on ajouter alors que tout a déjà été dit dans la première partie? Sinon que les requins à visage humain prennent davantage plus d’importance que ceux en mer. Sans doute afin d’espérer relancer leur intrigue, les auteurs ont cru que de rendre sympathique le premier vilain annoncé, Grayland, qui se voit trahi par ses mercenaires en avouant sa défaite devant son impuissance à recourir à la force, s’avérerait suffisamment surprenante ou originale. Malheureusement, l’effet de surprise était préalablement gâché par trop d’éléments dramatiques qui annonçaient la couleur en première instance, si bien qu’on peut facilement anticiper les événements.

Cela n’a toutefois pas empêché la narration de multiplier les rebondissements, comme si elle était épatée par cette première relance dans le récit. Cela procure certes une certaine vigueur à cette seconde partie, mais à force d’imaginer autant de retournements de situation, l’histoire y perd en crédibilité. On se souvient que Kenneth Johnson avait déclaré notamment qu’il fallait faire très attention sur les limites des capacités des pouvoirs bioniques de Steve Austin. Mais il semblerait que les scénaristes de ce double-épisode aient oublié ces normes, en particulier lorsque Steve est contraint de se servir de sa force bionique pour pousser le sous-marin échoué hors de portée des mines sous-marines envoyées par Oscar.

Encore heureux que l’ensemble ne soit pas ennuyeux à travers une réalisation fonctionnelle, bien qu’assurée. Mais avec ce démarrage plus que moyen, on peut aisément anticiper aussi bien l’orientation des nouveaux producteurs pour cette cinquième saison que les difficultés à renouveler la série sans en franchir ses règles de base élémentaires.

Anecdotes :

  • Deuxième apparition de l'acteur John de Lancie dans la série.

  • Le producteur Fred Freiberger a collaboré au scénario de cette seconde partie.

  • Un épisode de la troisième saison de Super Jaimie, Mortellement Vôtre, partage une intrigue très similaire avec Les Requins puisqu'on y retrouve le même schéma de base concernant un émetteur-récepteur saboté et des requins attirés par des méthodes artificielles.

  • À nouveau en dépit de ses pouvoirs bioniques, Steve effectue une action humainement impossible, lorsqu'il pousse le sous-marin échoué à travers un champ de mines, à la demande des mercenaires dirigés par Alex Parker.

  • Les scènes sous-marines figurant les vrais requins et les cascadeurs ont été essentiellement filmés par une seconde équipe dans les environs de Silver Springs, près de la ville d'Ocala, ainsi qu'à Ormond Beach en Floride. L'un des cascadeurs, Carey Holland, est devenu plus tard maire de la municipalité de Bunnell dans ce même état.

  • On peut clairement voir la différence entre les plans tournés dans de vrais fonds marins et les plans filmés à l'intérieur d'un réservoir en studio. En effet, les gros plans des acteurs en tenue de plongée laissent paraître un mur bleu foncé derrière eux qui tranche avec la couleur naturelle du bleu marin océanique.

  • Certains effets sonores employés lors des séquences sous-marines ne sont pas crédibles car ils ressemblent à des sons entendus hors de l'eau.

  • Le premier jour de son entraînement en immersion sous-marine, Lee Majors a eu la surprise de voir que le réservoir où il devait plonger était vide alors qu'il était entièrement équipé de sa combinaison. Depuis et à chaque fois qu'il a eu une scène sous-marine à tourner au cours de sa carrière, Lee Majors s'est toujours assuré que le réservoir prévu pour le tournage et les répétitions soit rempli d'eau avant de revêtir une combinaison de plongée.

  • L'acteur Gregory Walcott, qui incarne le chef des mercenaires Alex Parker, a été doublé à quelques reprises dans cette seconde partie car on peut entendre une voix différente de l'acteur s'exprimer au moins à deux reprises dans la version originale.

-Amiral Prescott: I don't believe it.

-Oscar Goldman: Of course not, because you don't really know Steve Austin.

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3. COMPTE À REBOURS - 1RE PARTIE
(DEADLY COUNTDOWN - PART 1)

Résumé :

Afin de remplacer le "cerveau" informatique d'un dispositif anti-missiles situé en orbite autour de la Terre, Steve Austin est chargé par Oscar d'aller dans l'espace en compagnie du docteur Leah Russell, qui a conçu le nouveau système électronique qu'elle devra relier au satellite. Un certain Gordon Shanks a l'intention de s'emparer de ce nouveau système afin de le revendre au plus offrant. Shanks compte y parvenir en détournant la fusée qui transportera Steve et Leah Russell avec l'aide d'un centre de contrôle pirate. Ayant eu vent d'activités d'espionnage entourant la mission, Oscar convainc la NASA de devancer la date de décollage de la fusée de quatre jours. Informé de cette décision, Shanks ordonne à Edgar Webster, infiltré au sein de la NASA, de provoquer un accident pour retarder la mission, le temps que son centre de contrôle soit opérationnel. Webster embauche alors Julian Richman, un ancien condamné ayant une dent contre Steve pour l'éliminer. Richman ayant échoué dans sa mission, Shanks fait enlever la fille de Dave McGrath, le chef de mission de la NASA, pour forcer ce dernier à saborder la fusée juste avant son décollage.

Critique :

D’une manière générale, les épisodes montrant Steve Austin en tant qu’astronaute comptent parmi les bons, voir les très bons épisodes de la série. Bénéficiant à nouveau de la collaboration de la NASA, qui a permis à la production de venir tourner à Cap Canaveral où elle effectue aussi bien les recherches spatiales que l’envoi de fusées, de satellites ou de navettes dans l’espace, ce double-épisode y gagne une certaine valeur d’authenticité. C’est heureux, car ce double-épisode est loin d’être sans défauts.

Le premier problème est que la trame de base rappelle pour beaucoup celle de James Bond 007 contre le Docteur No, alors que des «espions» ou des personnes aux intentions moins nobles veulent détourner une fusée américaine à partir d’un centre de contrôle pirate. Mais là où le docteur No agissait pour le compte d’une organisation internationale d’extorsion afin de saboter l’envoi de satellites dans l’espace, les vilains de cet épisode veulent plutôt s’emparer d’un nouveau système électronique.

Un autre problème est sans doute que par souci de crédibilité, étant donné tout l’aspect à valeur documentaire que représentent les décors à même le site de la NASA en Floride, l’intrigue tarde quelque peu à démarrer et traine en longueur. La volonté des espions de gagner du temps avant le décollage de la fusée de Steve et de sa partenaire, ainsi que les moyens pour y parvenir, sont par moments un peu trop étirés. En prime, l’histoire comporte des aspects controuvés, comme cette romance entre Steve et Leah Russell auquel on ne croit pas, tellement elle n’apporte rien au récit, et l’intervention d’un type prêt à éliminer Steve pour se venger.

C’est un petit peu dommage que ces défauts viennent gommer une partie de l’attrait qu’apporte cette nouvelle collaboration entre la NASA et la série. Mais cela témoigne à nouveau de la difficulté à renouveler des concepts développés lors des saisons précédentes ou à trouver de nouvelles recettes pour rafraichir un peu le tout. Signalons tout de même que cette première partie s’achève sur un bon suspense laissant présager une certaine amélioration pour la suite; ce qui ne sera, hélas, pas confirmée.

Anecdotes :

  • Vétéran confirmé après six épisodes sous sa gouverne, l’ancien assistant Cliff Bole assure avec Compte à rebours la direction d’un double-épisode plus ambitieux pour la première fois.

  • Gregory S. Dinallo fait partie du contingent de nouveaux scénaristes embauchés pour écrire les épisodes de la cinquième saison. Du lot, il fut le plus productif avec cinq épisodes sous sa plume, incluant Compte à rebours. Ayant fait ses débuts notamment avec Quincy, sa carrière d’auteur pour la télévision ne s’est jamais vraiment établie. On se souvient surtout de son travail sur K2000 et Walker, Texas Ranger où il a également été producteur.

  • Ayant fait ses débuts à l’âge de 12 ans, l’actrice anglaise Jenny Agutter (Leah Russell) s’est d’abord fait connaître par quelques rôles qui ont été le reflet du changement des mœurs cinématographiques de l’époque dans des films comme I Start Counting, où elle a incarné une adolescente amoureuse de son beau-frère adulte, et La Randonnée, où elle a eu droit à une scène de nudité alors qu’elle n’avait pas encore 18 ans. Adulte, elle a déménagé brièvement à Hollywood où elle s’est signalée dans quelques films cultes comme L’Âge de Cristal, où figure Farrah Fawcett, l’épouse de Lee Majors, mais également Equus, où elle sort de son image de sex-symbol pour attirer l’attention de la critique sur la qualité de son jeu. À la télévision, les fans se rappellent de son apparition remarquée dans un épisode de la série Equalizer, mais surtout de ses prestations dans les adaptations de pièces de théâtre de Shakespeare pour la BBC, alors qu’elle avait décidé de revenir en Angleterre. Elle a eu également la chance de jouer à la fois une enfant et la mère dans les différentes adaptations de Les Enfants du chemin de fer selon les versions. Toujours active et appréciée, on peut actuellement la voir dans le rôle de sœur Julienne dans la série S.O.S. Sages-Femmes et comme conseillère politique dans les superproductions de l’Univers cinématographique Marvel comme The Avengers et Capitaine America: Le Soldat de L’Hiver.

  • Acteur vedette de la série Sur la Piste du Crime pendant neuf ans, Philip Abbott (Dave McGrath) est un vétéran de la télévision qui s’est montré à l’aise dans tous les genres, incluant le soap opera (Les Héritiers, Les Feux de l’Amour) et les voix de dessins animés (Nick Fury dans les séries animées de Marvel), depuis le début des années 50 jusqu’à sa mort en 1998. Il fut également le célèbre Oncle Phil qui fit la présentation de courts-métrages d’animations inspirés des célèbres personnages de Walt Disney, segments qu’il a lui-même réalisés.

  • Steve Austin a suffisamment confiance en sa partenaire de vol Leah Russell au point qu’il lui dévoile ses pouvoirs bioniques, non sans un brin d’humour, en courant devant elle sur un tapis roulant à la vitesse de 95 km/h. À noter que lors de cette séquence, le bruit du tapis roulant se fait entendre quelques secondes avant qu’il ne démarre et que Steve ne commence à courir.

  • Satisfaite de sa collaboration avec la production, la NASA a autorisé le tournage de certaines scènes à la base de lancement de Cap Canaveral et au centre spatial Kennedy en Floride.

  • La fusée de décollage censée être employée dans cet épisode est la Saturne 1b. Certains plans tirés des films de la NASA montrent cependant une fusée Saturne 5. Lorsqu’elle explose à la fin de cette première partie, c’est une fusée de type Atlas qui est montrée à l’écran.

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4. COMPTE À REBOURS - 2E PARTIE
(DEADLY COUNTDOWN - PART 2)

Résumé :  

Steve Austin s'est gravement blessé à la tête au moment de l'évacuation de la fusée avec Leah Russell, suite à l'ordre d'annulation de la mission par McGrath. Webster ayant signifié qu'il ne libérerait pas sa fille Melissa, McGrath, en plus d'être poussé par le remords, avoue à Steve sous sédatif à l'hôpital qu'il est le responsable du sabordage de la mission. Lorsque Steve est finalement guéri, il parvient à convaincre Oscar d'aller lui-même libérer la fille de McGrath. Le chef de mission ayant identifié le visage de Webster, Steve lui file le train en espérant qu'il le mène à l'endroit où Melissa est détenu. Après l'avoir finalement libéré, plus rien ne semble devoir contrecarrer la mission spatiale prévue. Sauf que le système de guidage secret de Gordon Shanks est cette fois opérationnel, ce qui lui permettra de prendre le contrôle de la fusée de Steve et de Leah Russell dès le décollage. Il faudra une défectuosité à l’œil bionique de Steve lors du compte à rebours pour qu'il se rende compte que le système de guidage est reprogrammé à l'insu de la NASA et finalement venir à bout de Shanks et de ses complices au tout dernier moment.

Critique :

Ce qui avait commencé en première partie comme une histoire relativement crédible, mais un peu trop étirée en longueur, se poursuit exactement en sens inverse dans cette seconde partie, à savoir que les rebondissements s’y multiplient et s’accélèrent au point de surtaxer la crédulité du public. Le fait que Steve Austin soit blessé à la tête, mais récupère si rapidement pour ensuite prendre sur lui le fait de libérer la fille du chef de mission de la NASA, kidnappée par les espions, et reprenne le cours de la mission spatiale prévue au tout début, défie les lois de la logique humaine.

On a beau se dire qu’il était peut-être plus facile à l’époque de faire avaler certaines incongruités ou qu’elles passeraient mieux étant donné les pouvoirs bioniques du héros relevant de la science-fiction. Il reste qu’on a bien du mal à croire que la NASA laisserait un de ses astronautes partir en mission de sauvetage après une blessure à la tête et encore moins poursuivre une mission spatiale demandant des capacités physiques et mentales très exigeantes.

Pour ne rien arranger, ce changement de tempo en seconde partie a rendu caduques certaines sous-intrigues illustrées dans la première. Par exemple, la romance entre Steve et sa partenaire Leah Russell est ici évacuée, au point même ou le personnage de cette dernière n’a plus grand-chose à faire dans le récit à part accompagner Steve et lui servir de faire-valoir. Si bien que non seulement, le talent de la jeune actrice anglaise qui incarne Leah Russell, Jenny Agutter, n’est pas du tout exploité à sa juste valeur, mais en plus, cela vient confirmer que les auteurs ont perdu le fil rouge de leur scénario.

Notons quand même une bonne idée au final, lorsque Steve déduit par la défectuosité de son œil bionique que les espions sont en train de reprogrammer le système de guidage de la fusée afin de s’en emparer. Grâce à quelques informations bien évoquées auparavant, ce punch final parvient à sauver quelque peu cette deuxième partie, certes peu ennuyeuse, mais bien loin du niveau de qualité auquel la série nous avait habitué. Il est somme toute dommage qu’avec les moyens à sa disposition et l’appui de la NASA, ce double-épisode n’arrive pas à dépasser la note moyenne.

Anecdotes :

  • Seconde et dernière apparition dans la série de Mills Watson (Edgar Webster) après avoir joué dans l’épisode de la quatrième saison Un pied en enfer.

  • Troisième et dernière apparition dans la série de Lloyd Bochner (Gordon Shanks), encore une fois dans un rôle de vilain comme dans Le Robot et Carnaval d’espions.

  • L’auteur du roman à l’origine de la série, Martin Caidin, a obtenu dans ce double-épisode son premier et unique rôle comme acteur. Il est effectivement l’opérateur-radio Beck de l’organisation d’espionnage menée par Gordon Shanks.

  • Lee Majors et Jenny Agutter portaient de vraies tenus d’astronautes pour ce double-épisode, à ce détail près que le système de refroidissement de fonctionnait pas. Les deux acteurs ont alors dû travailler avec ce costume sous l’effet d’une chaleur accablante.

  • Une séquence montre à deux reprises le même paysage dans le rétroviseur d’une voiture des espions, alors que la voiture en question avait changé de place entre les deux plans.

  • À l’origine, le titre de ce double-épisode fut Ennemies in Space.

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5. LE SCALPEUR
(BIGFOOT V)

Résumé :  

Alors qu'elle faisait des recherches dans la région de San Angelo, l'anthropologiste Hope Langston a réveillé par inadvertance le Bigfoot. Elle alerte l'OSI en croyant avoir fait une grande découverte, mais Oscar, Rudy et surtout Steve pensent autrement. Car l'être cybernétique conçue par les extraterrestres demeurant dans les montagnes serait finalement resté seul sur Terre. Steve et Rudy se rendent alors sur les lieux pour le confirmer. Afin toutefois de garder le secret sur la véritable origine de la créature, Steve cherche à convaincre Hope Langston de ne pas la capturer elle-même. Ses partenaires, Jason O'Neal et Charlie Wynn veulent cependant capturer le Bigfoot pour leur propre compte et espérer en tirer fortune. Il se trouve néanmoins que le Bigfoot, malgré qu’il ait reconnu Steve, subit d'atroces souffrances depuis son réveil inopiné qui le rendent imprévisible et incontrôlable. Steve et Rudy découvrent alors que le Sasquatch est en processus de mutation pour devenir une créature pleinement terrestre et adapté à l'écosystème de la région, mais que son réveil a stoppé ce processus, ce qui le place en danger de mort.

Critique :

Si les précédentes aventures de Steve Austin face au Bigfoot dénotaient une certaine ambition, on ne peut en dire autant de cet épisode. Cette nouvelle suite ressemble plus à un citron asséché dont les auteurs essaient malgré tout d’en presser encore le jus restant, ou bien à une forme de paresse créative se contentant de rester assise sur les lauriers de ses succès antérieurs en croyant à tort que le public sera toujours fidèle au rendez-vous, étant donné la popularité du personnage.

À court d’idées, de moyens et surtout de fraîcheur, le récit tourne plutôt les coins ronds au point d’en devenir banal, alors que les histoires précédentes étaient divertissantes. Il y a bien quelques bons passages, notamment humoristiques, impliquant deux chasseurs un peu timorés qui espèrent faire un gros coup d’argent en capturant et en vendant le Bigfoot. Mais l’ensemble demeure dispensable, surtout qu’il ne comporte pas beaucoup d’action et encore moins d’affrontements entre Steve et le Scalpeur qui faisaient une partie du charme des épisodes antérieurs.

Le spectateur attentif, tout comme le fan assidu, notera des erreurs de continuité dans la logique narrative entre ce Bigfoot V et la fin de Le Retour du Scalpeur (voir Anecdotes), ainsi qu’un décor de base extra-terrestre, où Bigfoot est maintenu en sommeil, réduit au minimum syndical, ce qui trahit une réduction budgétaire conséquente. Encore heureux que le charme fonctionne toujours entre Steve et le Scalpeur lorsque leurs routes se croisent de nouveau, mais il ne faut pas compter que là-dessus pour donner le change à un public supposément gagné d’avance.

Anecdotes :

  • Déjà un second scénario consécutif pour Gregory S. Dinallo.

  • Bigfoot V représente la toute première réalisation officielle de Rod Holcomb, qui était également producteur associé de la cinquième saison de la série. Par la suite, il s’est fait un nom comme spécialiste de téléfilms ou comme réalisateur de pilotes de séries télés. Toujours en activité, il a à son crédit des épisodes de séries comme Galactica, L’Île Fantastique, Ralph Super-Héros et Urgences.
  • Cet épisode marque également la toute première apparition au petit écran de l’actrice de Broadway Katherine De Hetre (Hope Langston). Préférant de loin la scène aux écrans, elle s’est contentée de quelques présences sporadiques dans des films comme Météore ou Bienvenue Mister Chance, ou des séries comme Quincy et Arabesque. Décédée en 2017, elle avait été choisie pour ce rôle de primatologue à cause de sa ressemblance frappante avec Jane Goodall, une sommité dans la profession.

  • Les acolytes d’Hope Langston sont incarnés par deux vétérans acteurs habitués aux rôles de compositions: Tony Young et Geoffrey Lewis. Tony Young s’est d’abord signalé dans plusieurs westerns au cinéma et à la télévision (Laramie, Cheyenne, Bronco, La Grande Caravane, Bonanza, Le Virginien, le Cheval de fer), avant de diversifier ses apparitions (Star Trek, Les Rues de San Francisco, Opération Vol, K2000, Code Quantum, Médecin d’aujourd’hui) jusqu’à sa mort en 2002. Quant à Geoffrey Lewis, son allure rustique ne l’a pas empêché de s’imposer comme un solide professionnel à la télévision (Arabesque, L’Agence tous risques, Magnum, Esprits Criminels) et au cinéma, en dépit de quelques tentatives avortés dans la peau de personnages récurrents (Flo, Mike Land, détective, Falcon Crest). À l’aise dans tous les genres, il nous a quitté en 2015.

  • Malgré son inconfort avec le costume et le maquillage du Bigfoot, Ted Cassidy a accepté de rempiler pour une dernière fois dans le rôle.

  • Les membres bioniques de Steve ont encore des problèmes de fonctionnement face aux froides températures dans cet épisode. C’est également le cas pour le Bigfoot.

  • Par souci d’économie budgétaire, les extra-terrestres qui accompagnaient le Bigfoot dans les doubles-épisodes précédents ne figurent pas dans Bigfoot V, et le décor où le Bigfoot est mis en sommeil est réduit au strict minimum en comparaison aux décors de la base tels qu’on a pu les voir auparavant.

  • Le personnage d’Apploy avait déclaré dans Le Retour du Scalpeur qu’un vaisseau spatial est censé venir récupérer les extra-terrestres d’ici un siècle. Pourtant, Steve affirme dans cet épisode les avoir vu quitter la Terre.

 

-Hope Langston (à l’un de ses acolytes): I mean I'm a genuine anthropologist, not some unsuspecting victim who saw your ad in a hunting magazine.

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6. LE VENT DE LA MORT
(KILLER WIND)

Résumé :

Une tornade est sur le point de frapper le secteur de la petite ville de Bridgeton. Les vents violents qui la précèdent forcent Steve Austin à poser son avion sur une route désertique alors qu'il effectuait un vol de plaisance en compagnie de Rudy Wells. Le savant s'étant blessé à la cheville après l'atterrissage, Steve parvient à l'emmener à une halte-routière tenue par une certaine Rhonda Allen. Cette dernière s'inquiète pour son père Garth, un secouriste qui cherche à ramener en sûreté un groupe d'enfants, incluant le petit frère de Rhonda, parti en pique-nique sur la montagne malgré l'alerte météo. Ne trouvant pas de véhicules disponibles, Steve court alors vers le lieu où il a aperçu plus tôt une camionnette coincée sur le bord de la route, sans savoir qu'elle a servi à un hold-up commis par trois hors-la-loi. Les malfaiteurs ont en effet cru profiter des conditions météo pour accomplir leur méfait. Pendant ce temps, un éclair a bousillé la génératrice alimentant le téléphérique qui ramenait le groupe d'enfants et leur gardienne après leur pique-nique. Steve a donc pas mal de pain sur la planche alors qu'il doit non seulement arrêter les voleurs de banque, mais également sauver les enfants coincés dans le téléphérique avant que la tornade n'arrive.

Critique :

Sans affirmer qu’il sort de la routine dans laquelle les premiers épisodes de cette cinquième saison nous avaient quelque peu confinés, il faut reconnaître que Le Vent de la Mort compte parmi les bonnes intrigues d’action de la série. Bien que la vraisemblance soit laissée au vestiaire et frise parfois le rocambolesque, le rythme d’ensemble, animé par plusieurs personnages et autant de situations mélangeant histoire policière et film catastrophe, nous tient en haleine du début à la fin.

Il s’agit certainement d’un des épisodes où Steve Austin a fort à faire au point où ses pouvoirs bioniques sont largement sollicités. Toujours sur la brèche, continuellement en mouvement, Steve joue les bons samaritains sans rechigner, même si rendu à cette cinquième saison, le public est moins surpris de ce qu’il est capable de faire, ce qui rend l’ensemble plus prévisible, d’autant que les surprises se font rares et les coïncidences un peu trop fortuites.

Reste qu’on se laisse prendre au jeu à suivre ces péripéties teintées par moments de portions d’humour bienvenues. De plus, on ne saurait oublier le clou du spectacle lors de la séquence finale du sauvetage des enfants coincés dans le téléphérique. Vince Deadrick Sr., la doublure habituelle de Lee Majors pour les scènes de cascades, ayant été blessé à la tête, c’est la star elle-même qui a exécuté ce véritable morceau de bravoure en marchant sur le fil du téléphérique face à la caméra, au péril de sa vie. Rien que pour ça…

Anecdotes :

  • Troisième épisode de suite écrit par Gregory S. Dinallo et treizième épisode sous la gouverne de Richard Moder.

  • Après avoir joué un vilain dans l’épisode de la première saison Seuls les plus forts survivent, James «Tenafly» McEachin est de retour dans la série dans un rôle plus sympathique de père de famille (Garth Allen) qui se blesse en voulant sauver les enfants prisonniers du téléphérique.

  • De son vrai nom Sheila Wills, Sheila DeWindt s’est vu offrir son premier personnage substantiel dans cet épisode, en incarnant Rhonda, la fille de Garth Allen qui tient une halte-routière. Elle avait eu auparavant une apparition dans Tanya lors de la troisième saison. Par la suite, elle obtint d’autres rôles dans des séries comme Galactica, Quincy, Kojak, Buck Rogers et surtout B.J. and the Bear. Elle a pris sa retraite en 2003 pour s’occuper de ses enfants qu’elle a eues avec l’acteur de Miami Vice Philip Michael Thomas.

  • Le chef des voleurs est interprété par Adam Roarke, né Richard Jordan Gerler. Ancien membre d’un gang de rue dans sa jeunesse, il s’est imposé tout d’abord dans plusieurs films de motards avec Jack Nicholson au cours des années 60 avant que le film Easy Rider ne devint culte. Son look rebelle fut exploité également à la télévision dans Star Trek, La Nouvelle Équipe, Médecins d’aujourd’hui ainsi que dans quelques téléfilms et séries B. Il est mort en 1996 à l’âge de 58 ans.

  • Le Vent de la mort est le seul épisode de toute la série où Oscar Goldman ne figure pas.
  • Rescue fut d’abord le titre envisagé pour cet épisode.
  • Avant que Lee Majors n’exécute lui-même la cascade sur le fil du téléphérique, les producteurs avaient tenté de trouver un professionnel pour remplacer Vince Deadrick Sr., doublure habituelle de la star. Une seule personne fût trouvée, mais cette dernière a refusé.

  • Une idée fausse a longtemps circulé à l’époque voulant que les tornades ne se produisent jamais dans les régions montagneuses, alors que c’est le cas dans cet épisode. La réalité est que ce phénomène peut se produire, sauf qu’il s’avère rare tout simplement.

  • L’avion piloté par Steve avec Rudy à bord est le même que celui piloté par le sénateur Hill dans l’épisode de la seconde saison Erreur de pilotage, soit un «Ryan Navion».

  • Rhonda Allen se sert visiblement mal de sa radio car son doigt ne libère jamais le bouton d’émission afin de pouvoir écouter les transmissions comme il se devrait.

  • Au moment où Steve se sert de ses pouvoirs bioniques pour déplacer le téléphérique, l’employé de maintenance, qui était à côté de Garth Allen pour observer la scène, est subitement disparu sans raison pour ne plus du tout réapparaître.

  • On se demande bien à quoi a pu servir la corde que Steve transportait avec lui au moment du sauvetage du téléphérique puisqu’il ne s’en est finalement pas servi.

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7. COMME SUR DES ROULETTES
(ROLLBACK)

Résumé :

L'OSI a appris que le directeur-gérant d'une équipe de roller derby, Rand Hendricks, va recevoir 10 millions de dollars d'un syndicat international d'espionnage en échange d'informations classées "top-secret" livrables le jour de l'Halloween. Pour prendre Hendricks en flagrant délit, Oscar a conçu un plan pour que Steve Austin puisse devenir l'un des joueurs de son équipe. Le plan semble avoir réussi, et Steve en vient à découvrir qu'Hendricks détient les plans architecturaux du Pentagone. Oscar organise alors une souricière sur place, pendant qu'Hendricks entraîne son équipe en vue du vol qu'il compte effectuer. Sauf qu’Hendricks sait déjà que l'homme bionique est un agent infiltré et il se sert de lui depuis le début pour le guider vers une fausse piste. En effet, sa cible réelle est le quartier-général de l'OSI et le contenu du coffre-fort d'Oscar. Lorsque Steve l'apprend, il ne peut plus faire machine arrière, d'autant plus qu'Hendricks menace de tuer l'entraîneur de l'équipe, Maureen Wright, s'il n'exécute pas le vol avec les autres membres de l'équipe.

Critique :

Un exemple parfait d’épisode qui a mal vieilli en misant sur un phénomène à la mode, sans se soucier de la vraisemblance de sa présence ou de son utilité dans un récit portant sur un casse censé être savamment élaboré. Sincèrement, l’extravagance qui parsème l’ensemble suscite davantage le rire involontaire du téléspectateur qui ne peut tout simplement pas croire à cette histoire de cambriolage des bureaux de l’OSI visant à dérober des informations classés top-secret, avec des voleurs se servant de patins à roulettes.

Depuis le début de la série, on a pu voir Steve Austin s’infiltrer dans différents milieux, en train d’exécuter divers métiers. Malgré son physique sportif, le fait de le voir comme joueur professionnel de «roller derby», sport nord-américain populaire à l’époque, n’apparaît pas vraiment convaincant. Mais le fait toutefois que le directeur-gérant d’une équipe pratiquant ce sport veut se servir des talents de ses joueurs pour réaliser son cambriolage au sein de l’OSI est encore plus tiré par les cheveux.

Comme en prime, les voleurs sont revêtus de déguisements de bal-masqué en plus de leurs patins à roulettes pendant l’exécution du vol, on se demande vraiment si on ne s’est pas trompé de série, car ce genre de situation avec tous ces accoutrements fantaisistes auraient mieux parus dans un épisode de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, tiens!

Capable du meilleur comme du pire, le scénariste Steven E. De Souza n’a clairement pas eu peur du ridicule avec ce scénario de commande, lui qui avait pourtant écrit l’excellent La Sonde de la mort lors de la saison précédente. La nonchalance de l’interprétation, incluant Lee Majors, est également une bonne indication que les acteurs n’y croyaient tout simplement pas.

Anecdotes :

  • Arrivé tardivement sur la série, le réalisateur Don McDougall signait ici le premier de ses trois épisodes au cours de cette saison Cinq. En dépit d’une carrière au style anonyme ou inexistant depuis les années 50 jusqu’au milieu des années 80, McDougall a tout de même à son actif de très nombreux épisodes de séries comme Rintintin, Jungle Jim, Bonanza, Rawhide, L’Homme de fer, La Nouvelle équipe, Le Virginien, Mannix et Shérif, Fais-moi peur! Décédé en 1991, il avait conclu sa carrière en réalisant quelques épisodes des dernières saisons de l’autre série populaire mettant en vedette Lee Majors: L’Homme qui tombe à pic.

  • Second et dernier scénario de Steven E. De Souza, de loin inférieur en qualité à son premier qu’était La Sonde de la mort.

  • Les acteurs Robert Loggia (Hendricks) et Suzanne Charny (Maureen Wright) font également leur seconde et dernière présence dans la série en tant qu’artistes invités. Tous les deux avaient respectivement joués dans The Thunderbird Connection et Lavage de Cerveau au cours de la quatrième saison.

  • On peut entendre encore une fois l’effet sonore bionique lorsque Steve se sert de son bras gauche, au moment où il sort Hendricks de la fourgonnette.

  • C’est la dernière fois que le nom de la secrétaire d’Oscar, Peggy Callahan, est cité dans le dialogue, bien qu’elle ne figure pas dans cet épisode.

  • On peut clairement voir l’ombre du caméraman dans un plan où l’un des voleurs tire une capsule de gaz sur un des gardiens des bureaux de l’OSI.

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8. MISSION LUNE - 1RE PARTIE
(DARK SIDE OF THE MOON - PART 1)

Résumé :

Commandité par le gouvernement américain, l'astrogéologiste Charles Leith explore les astéroïdes afin de découvrir un nouveau minerai, le dilanthium. En tant qu'astronaute d'expérience, Steve l'accompagne, mais les deux hommes ne s'entendent guère. Pour le voyage suivant, le scientifique use de son privilège de chef de mission pour constituer sa propre équipe incluant son fils; Steve ne devant agir que comme soutien. Sauf que Leith est convaincu que la grande partie du dilanthium qu'il convoite se trouve sur la surface cachée de la Lune, et il compte s'y rendre sans l'autorisation de la NASA. Tout en faisant croire à l'analyste chimique faisant partie de la mission, Bess Fowler, que les recherches sur la Lune ont été autorisées, Leith a organisé les choses pour que la NASA pense que lui et son équipe soient sur l'astéroïde prévu. Mais peu de temps après que Leith ait commencé son exploration minière de la face cachée de la Lune, son orbite s'est considérablement modifiée, si bien qu'elle se rapproche de la Terre avec pour conséquence de sévères et inquiétantes détériorations climatiques. Steve demande alors à aller sur la Lune pour résoudre ce mystère.

Critique :

Avec un titre faisant référence à un album célèbre du groupe Pink Floyd, ce double-épisode marque une tentative ambitieuse de mêler certains éléments réalistes des voyages dans l’espace, toujours en collaboration avec la NASA, avec d’autres ressortant carrément du domaine de la science-fiction. Certes, la série avait déjà flirté avec le genre auparavant, mais en réussissant quand même à rester globalement crédible sans trop forcer la note, sauf en quelques occasions.

C’est toutefois la première fois ici que Steve Austin voyage dans l’espace pour vivre une aventure qui dépasse de loin ce que les astronautes avaient accomplis jusque-là. On le constate d’entrée de jeu avec une ouverture sur un astéroïde à proximité de la planète Mars, qui n’est pas sans rappeler certains segments des aventures en bandes dessinées de l’aviateur et astronaute Dan Cooper, conçues par Albert Weinberg.

Cette volonté d’aller un peu plus loin dans l’aventure spatiale s’explique bien évidemment par le succès au cinéma de Star Wars, afin de mieux se connecter aux goûts du public tout en voulant préserver ceux des aficionados de la série. Il y a toutefois le risque qu’à force de vouloir satisfaire plusieurs catégories de spectateurs, on n’en satisfait à l’arrivée aucune. Heureusement, l’intrigue de cette première partie nous tient quand même assez bien en haleine pour qu’on ait l’envie de connaître la suite.

Néanmoins, à force de faire chevaucher les aspects réalistes de la série sur les fils du genre qu’est la science-fiction, on risque également de perdre en crédibilité et en vraisemblance dans le scénario. Malgré les efforts de l’auteur John Meredyth Lucas, rompu à ce genre d’exercice, ce dernier n’y parvient pas suffisamment pour rendre exceptionnelle cette aventure, qui se regarde quand même avec un certain plaisir, malgré une réalisation fonctionnelle mais correcte du vétéran Cliff Bole. Nous aurons l’occasion de revenir là-dessus  de façon un peu plus élaboré dans la critique de la seconde partie de ce double-épisode.

Anecdotes :

  • Cette huitième réalisation de Cliff Bole représente également son second double-épisode consécutif après Compte à rebours.

  • Sur une idée d’histoire du producteur Richard Landau, John Meredyth Lucas a conçu son second scénario pour la série. Son travail étant largement apprécié par les producteurs, l’auteur a été davantage sollicité pour cette cinquième saison dans la confection des récits.

  • Bien qu’il s’agisse de la troisième apparition de l’acteur Jack Colvin dans la série, c’est la première fois qu’il y incarne un protagoniste d’importance en tant qu’artiste invité. De surcroit, ce rôle de vilain (Charles Leith) a coïncidé avec son émergence comme co-vedette de la série L’Incroyable Hulk en tant que Jack McGee, le journaliste qui traque sans relâche le monstre vert, alors qu’elle en était à sa première saison. On peut dire que 1977 fût une année de consécration dans sa carrière grâce autant à son talent qu’à la nature antipathique de ses deux personnages.

  • Grande blonde élégante, Simone Griffeth (Bess Fowler) a fait ses débuts dans le métier d’actrice dès l’enfance au théâtre. Jeune adulte, elle s’est signalée dans quelques films de séries B au début des années 70, notamment dans le rôle de la co-pilote de David Carradine dans le film-culte La Course à la mort de l’an 2000. À la télévision, elle est apparue dans des séries variées comme Les Dessous de Palm Beach, Les Craquantes, Magnum, Hooker et la populaire sitcom Vivre à trois. Toujours en activité, elle enseigne également le théâtre en plus de travailler occasionnellement avec son époux dans le domaine de l’immobilier.

  • Le mystérieux commanditaire de Charles Leith est incarné par le vétéran acteur Skip Homeier, habitué aux personnages peu sympathiques depuis son adolescence à cause de son faciès menaçant. En plus de quelques rôles dans des westerns et films noirs, Homeier a pu se signaler dans des séries comme Dan Raven, Perry Mason, L’Homme à la Rolls, Voyage au fond des mers, Lassie, Le Monde Merveilleux de Disney et deux épisodes de Super Jaimie. Disparu des écrans depuis 1982, il est décédé en 2017 à 86 ans.

  • Certains plans montrant Steve Austin sur la Lune ont été réutilisés dans la version du pilote original en deux parties diffusées en reprise, afin de combler le temps imparti par ce format.

  • L’aspect intérieur de la base lunaire et les combinaisons spatiales, bien qu’à une échelle beaucoup plus réduite, ressemble à ce que l’on peut voir dans le film de James Bond, Moonraker, qui est sorti deux ans plus tard.

  • Croyant insuffler un réalisme scientifique à l'épisode, les responsables des effets sonores ont commis une erreur en omettant tout son ambiant sur les scènes d'astéroïdes, sauf lorsque Steve lance un frisbee après avoir posé le pied sur la Lune.

  • L’emploi d’images d’archives montrant les vols spatiaux de la NASA vers la Lune montre du matériel standard de l’époque. Pourtant, le module lunaire que l’on peut voir dans ce double-épisode, une fois posé sur un astéroïde, possède des capacités futuristes supérieures à celles du module employé lors des missions Apollo.

  • Le scénario sous-entend que le côté éloigné de la Lune est toujours sombre, ce qui est faux.

  • Le temps de communication entre la Terre et la Lune est de 1,3 seconde, pour un aller-retour de près de 3 secondes dans ce double-épisode. Or, la Lune est située à au moins deux millions de kilomètres de la Terre. Par conséquent, cela ajouterait 13 secondes aux communications aller-retour, empêchant Steve et Oscar d'avoir une conversation en temps réel sans aucune attente.

  • La chambre de test cryogénique devrait avoir une substance pratiquement incassable comme un verre de sécurité pour la fenêtre de la porte, et pas seulement un verre ordinaire qui se brise en énormes fragments pointus.

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9.  MISSION LUNE - 2E PARTIE
(DARK SIDE OF THE MOON - PART 2)

Résumé :

Fait prisonnier par Charles Leith une fois arrivé sur la Lune, Steve Austin essaie en vain de raisonner le scientifique, mais ce dernier est trop obsédé dans sa quête du dilanthium, croyant agir pour le bien commun en compensation des catastrophes climatiques qu'il provoque. Steve tente une évasion, mais le complice de Leith, Eric Muller, le rejoint alors qu'il était en train d'alerter Oscar par radio. Se voyant forcé d'accélérer l'extraction minière avant que les secours envoyés par Oscar n'arrivent, Leith songe à faire exploser un engin nucléaire, ce qui provoquerait une catastrophe sans précédent sur Terre. Pour s'assurer la collaboration de Steve dont les pouvoirs bioniques peuvent aider à configurer adéquatement le tunnel d'extraction, Leith accepte de lui permettre de prévenir Oscar afin d'évacuer les endroits sur la planète qui seront touchés par les contrecoups de l'explosion. Bien que Steve accepte le marché de Leith, il s'arrange pour obtenir l'aide de Bess Fowler, qui n'a jamais eu l'intention d'adhérer à l'entêtement aveugle du scientifique, afin de trouver un moyen d'éviter une explosion atomique cataclysmique.

Critique :

Cette seconde partie ne se contente plus de raconter une aventure spatiale sortant du cadre d’une certaine crédibilité scientifique auquel nous étions habitués en regardant la série. On y retrouve en effet encore une fois comme fil rouge un enjeu relié au film catastrophe, avec l’accumulation de désastres météorologiques sur Terre provoqués par l’extraction minière sur la Lune, ce qui modifie son orbite et par extension l’équilibre climatique de la planète bleue.

Cet enjeu, évoqué sommairement par les nouvelles télévisées vues par Oscar pour des raisons budgétaires évidentes, amène à nouveau Steve Austin à faire face à un dilemme sur la façon de contrer l’entêtement du savant Leith sans mettre davantage la Terre en péril. Comme de juste, notre homme bionique cherche à gagner du temps tout en essayant de tirer profit des opportunités de stopper le scientifique. Cette formule a d’ailleurs été largement employée dans la série. Citons Les Requins par exemple.

On avait déjà évoqué les problèmes de crédibilité dans la première partie et ils ne sont pas disparus dans la ce second opus.  On peut comprendre que la ligne est effectivement mince entre le réalisme des voyages dans l’espace depuis les années 60 et les aspects futuristes relevant de la science-fiction. La base même du succès de la série est d’avoir su trouver la voie d’un équilibre narratif entre les deux, considérant le cadre quotidien dans lequel les pouvoirs bioniques de Steve Austin s’expriment.

Malgré tout, cela n’excuse pas le fait que le scénario abuse un peu trop de la crédulité du public. Les motivations de Leith apparaissent plutôt embrouillées; tout comme on ignore d’où vient l’argent dont il se sert pour convaincre d’autres personnes d’adhérer à son projet par exemple. Sans oublier certains détails scientifiques de base qui ne sont pas respectés, comme la durée de temps trop brève dans laquelle cette intrigue est menée par rapport à la durée réelle des voyages dans l’espace et leur préparation, ou les délais de communications entre la Terre et la Lune bien trop courtes.

Saluons tout de même la performance de Jack Colvin dans le rôle de Leith. Pour sa dernière présence dans la série, l’acteur a enfin eu la chance d’incarner un protagoniste principal représentant en quelque sorte le vilain de ce double-épisode dont il parvient à rendre avec talent l’orgueil démesuré sans jamais le rendre odieux. Il est par ailleurs fascinant de constater que la diffusion de Mission Lune est survenue au moment où Colvin s’est imposé dans le rôle récurrent d’un autre type peu sympathique au petit écran: celui du journaliste Jack McGee lors de la première saison de L’Incroyable Hulk.

Bref, on peut saluer l’ambition et le rythme de ce double-épisode, qui brillaient par leur absence depuis le début de la cinquième saison, mais ses nombreux défauts l’empêchent de le hisser parmi les meilleurs de la série.

Anecdotes :

  • Dans le rôle du complice de Charles Leith, Eric Muller, on retrouve Bob Neill, un acteur mineur plus connu pour ses voix dans plusieurs films, séries et jeux vidéo que pour ses performances à l’écran. Il n’empêche que Mission Lune fut sa troisième présence dans la série après deux apparitions dans Les Feux de l’enfer et Lavage de cerveau au cours de la quatrième saison.

  • Cinquième apparition dans la série de l’acteur de soutien Quinn Redeker, dont la première présence remontait à la première saison dans l’épisode Athéna Un. Sa dernière apparition, où il a repris exactement le même rôle que dans Mission Lune, se trouve dans l’épisode suivant Cible: Steve Austin.

  • Lorsque Steve cherche à se libérer du conteneur de minerai suspendu où il est enfermé, le plancher du conteneur tombe au sol d'une manière incompatible avec l’absence relative de gravité lunaire par rapport à la gravité terrestre. Il en va de même lorsque le tremblement lunaire provoque la chute d’un contenant alors que la faible gravité l'aurait fait glisser plus lentement avant de tomber.

  • L’effet sonore des armes au laser n’est pas toujours audible au moment de leur usage au petit écran.

  • Au moment où il cherche à modifier la bombe de Leith dans la mine, Steve n'appuie jamais sur le bouton d’émission de la radio pendant qu’il communique avec Oscar et Rudy. De plus, il est trop éloigné du microphone pour utiliser la commande vocale tout en parlant d'une voix normale, si bien que logiquement personne sur Terre pouvant être à l’écoute n’auraient pu entendre ce qu'il dit.

  • Le câble dont Steve se sert pour désarmer un des complices de Leith, à la manière d’un fouet, n’est visuellement pas assez long pour qu’il y parvienne de cette manière.

  • Les différents angles de lumière pour éclairer la Terre et la Lune ne "s'accordent pas". En d'autres termes, le soleil éclaire sous différents angles à la fois dans le même plan. En prime, une lumière brillante de côté éclaire certains plans lunaires, même si la scène se passe sur le côté sombre de la lune.

  • Le plan d'une antenne radio se découpant en silhouette dans le ciel est en fait une double exposition évidente avec de la pluie superposée. Il s’agit d’un plan de coucher de soleil clair, et non pas d'un après-midi pluvieux couvert.

  • Un faisceau lumineux réfléchi ne ferait pas fondre la glace sur la Lune, en particulier à une grande distance et dans une atmosphère très froide sans oxygène conductrice de chaleur.

  • Steve affirme que l'orbite de la lune est circulaire alors qu'elle est elliptique dans les faits. En tant qu'astronaute, il devrait pourtant le savoir.

  • La lecture numérique que Bess Fowler regarde pour surveiller le compte à rebours supposé jusqu'à l’explosion de la bombe ne comporte pas une minuterie numérique, car elle ne compte pas à rebours en secondes, d’autant plus que plusieurs secondes s'écoulent entre chaque changement de nombre à l’écran.

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10. CIBLE : STEVE AUSTIN
(TARGET: STEVE AUSTIN)

Résumé :

L'OSI cherche à contrer un mystérieux groupe d'espionnage qui est parvenu à s'infiltrer en son sein pour dérober de nombreuses informations classées "top-secret" pouvant compromettre la sécurité nationale. Le chef de la branche californienne de l'OSI, Frank Tracey, confie à Steve Austin la mission de transporter une nouvelle unité motrice capable d'alimenter en énergie une ville entière. Tracey espère ainsi appâter les espions afin d'anéantir la cellule, et pour y arriver, Steve doit transporter cette unité en compagnie de Joan, une agente hyper-entraînée. Se faisant passer pour un couple marié, Steve et Joan traverse le sud-ouest des États-Unis à bord d'un véhicule récréatif en attendant une offensive des espions. Ces derniers sont très bien renseignés et l'une des leurs, qui a subi une chirurgie esthétique, parvient à prendre la place de Joan auprès de Steve, qui  a cependant tôt fait de la démasquer à la suite d'un détail flagrant. Les espions n'ont cependant pas renoncé à s'emparer de l'unité motrice qu'ils comptent revendre pour 40 millions de dollars. Mais elle a cependant été endommagée en cours de route, ce qui risque de la faire ultimement exploser.

Critique :

Vraisemblablement à court d’idées neuves, Cible: Steve Austin (pourquoi ce titre?) témoigne bien de l’essoufflement qui traverse cette cinquième saison. L’intrigue se contente de recycler ici et là des éléments déjà exploités dans de nombreux autres épisodes, comme Madame le Premier Ministre (le long voyage en campagne), Alerte Nucléaire (un transport pour appâter des espions) et Le Robot (le remplacement du partenaire de Steve par un sosie).

Tout ce rebrassage tourne rapidement à vide lorsque l’on se rend compte à quel point la construction narrative apparaît vite artificielle et parfois mécanique. La mise en scène est au diapason de ce triste constat, alors que l’on n’a aucun mal à reconnaître des extérieurs familiers, déjà vus dans d’autres épisodes antérieurs et bien mieux filmés. Tant et si bien que l’ennui gagne rapidement le spectateur, tellement le résultat est lénifiant au possible.

Le plus affligeant reste toutefois le gaspillage que représente la présence de Joan, chargée d’accompagner Steve dans cette mission. Présentée comme une agente autonome et suffisamment capable de se défendre par ses propres moyens grâce à sa maîtrise des arts martiaux notamment, on se rend vite compte qu’elle ne sert de prétexte que pour être remplacée par un sosie ou bien de servir de potiche de service ou de faire-valoir à Steve pendant le trajet. Au point où ses aptitudes ne lui servent finalement à rien une fois rendus au bout du récit. C’est d’autant plus dommage car l’actrice qui l’incarne, Lynette Mettey, vaut bien mieux que cela, mais jamais elle n’a eu la chance de se mettre en valeur ou d’exploiter les possibilités de son personnage.

Un épisode totalement dispensable et à fuir.

Anecdotes :

  • Deuxième et dernier épisode réalisé par Edward M. Abroms.

  • Les auteurs de Cible: Steve Austin, Lester William Berke et Donald L. Gold, avaient contribué au scénario d’Une Amitié au cours de la seconde saison. Leur travail étant essentiellement consacré comme coordonnateur de production pour le premier (Quincy, Supercopter, Les Petits Génies) ou comme assistant-réalisateur pour le second (Denis la petite peste, Rintintin, Brigade criminelle), on comprend mieux pourquoi on a cette impression que le script de cet épisode ressemble à un travail fait en dilettante. Lester William Berke est décédé en 2004 alors que Donald L. Gold est à la retraite depuis le début des années 2000.

  • Venue du milieu de la publicité où elle est encore et toujours active, Lynette Mettey n’a pas tardé à s’imposer comme une solide «guest star» à la télévision à partir des années 70. Après quelques petits contrats, elle a attiré l’attention du public par ses rôles récurrents dans M.A.S.H. et dans Quincy, où elle a été brièvement la petite amie du bon docteur. À l’aise dans tous les genres, on a également pu la voir sans Simon et Simon, Le Monde Merveilleux de Disney et Barnaby Jones. Elle a occasionnellement prêté sa voix pour de la narration ou des dessins animés.

  • Cet épisode montre un laboratoire de l’OSI très similaire à ceux présentés dans les films de James Bond. Des employés testent ou travaillent sur divers appareils, y compris une voiture de sport exotique.

  • Cet épisode recycle les décors du parc d’attractions d’Universal Studios, en particulier celle du "Pont effondré" (qui figure aussi dans l’épisode de Super Jaimie intitulé Chasseur de fantômes) que l’on n’a aucun mal à reconnaître dans une scène, bien que la voie d'accès soit différente de celle utilisée par le tramway de visite. Soulignons qu’au moment où le camping-car traverse ce pont, le plan est filmé à rebours puisque par la luminosité intense de ses feux arrière, il est évident que le véhicule reculait alors qu’on le voit avancer.

  • Le revolver avec lequel l'agent Joan s’entraîne est clairement une arme pouvant tirer six coups, mais cinq coups seulement sont entendus avant qu'elle ne pose son arme pour la recharger.

  • Après l’attentat contre Frank dans un ascenseur piégé, un agent expérimenté tel que Steve aurait dû immédiatement comprendre que le deuxième ascenseur pouvait également l’être. Il n'aurait alors pas utilisé ce second ascenseur pour venir en aide à Frank et aurait plutôt emprunté les escaliers ou un autre moyen d'atteindre le rez-de-chaussée pour secourir Frank ou s’assurer qu’il aille bien.

  • Le câble que Steve saisit pour arrêter l'ascenseur en chute libre ne bouge manifestement pas du tout sur le premier plan, même s'il est montré bougeant rapidement et faisant de la fumée dans la main bionique de Steve lors des plans suivants.

  • Le camping-car de Steve et Joan se déplace sur une route rurale régulière à deux voies, mais d'un seul coup, la ligne médiane est blanche et pointillée, comme sur une autoroute à deux voies. Ce qui fait que lorsque Steve évite une collision frontale avec une autre voiture, cela n’aurait logiquement pas été possible puisque cette configuration routière indique que le trafic sur les deux voies va dans le même sens.

  • Lorsque Steve se fait pourchasser par l'hélicoptère des espions, l'équipe technique à la caméra est visible à la droite de l'écran.

  • À un moment donné, Steve fait basculer un container sur le côté et il laisse répandre son contenu, ce qui aurait provoqué le mélange des produits chimiques à l'intérieur. Or, les deux fluides sont toujours montrés non mélangés dans un plan rapproché lors de la poursuite en hélicoptère qui suit.

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11.  LE PROJET CHESHIRE
(THE CHESHIRE PROJECT)

Résumé :

Steve Austin est assigné au projet Cheshire visant à l'expérimentation d'un tout nouveau générateur gamma permettant aux avions d'échapper à la détection des radars. Ce projet permet à Steve de renouer avec une ancienne flamme, Jenny Fraser, qui a été désignée pour piloter l'avion devant tester ce nouveau mécanisme. Alors que Jenny est en vol et que le brouillage antiradar est activé, elle et son avion disparaissent sans laisser de traces. Lorsque le second prototype explose en vol, Steve en vient à découvrir qu'un des ingénieurs assignés au projet, Hal Martin, est le responsable de ce qui est arrivé à l'avion de Jenny. De fait, Hal Martin est en cheville avec le dénommé Wilfred Damien, connu pour être un dangereux trafiquant de secrets militaires. Persuadé maintenant que l'avion est caché quelque part et que Jenny est toujours vivante, Steve effectue lui-même les recherches et retrouve finalement l'avion grâce à son œil bionique. Hélas, le pouvoir de son œil ne lui permet pas de détecter la trahison de Jenny, car elle est de mèche avec Damien dans le vol du générateur gamma.

Critique :

Pour la seconde fois consécutive, nous avons droit à une intrigue recyclant à satiété des éléments déjà mieux exploités dans d’autres épisodes précédents. En fait, le récit semble être un démarquage trop évident entre Cauchemar en trois dimensions (épisode avec Farrah Fawcett sur un prototype d’avion disparu) et le Condor des Andes (une pilote et espionne collaborant avec un trafiquant et marchand d’armes), pour ne citer que ces exemples. Mais ce qui surprend ici, c’est que ce recyclage est le fait de John Meredyth Lucas, un scénariste qui nous a habitué à plus de rigueur et d’originalité. Aurait-il été contraint à un travail de commande venant des producteurs? C’est possible.

Dès le moment où Jenny Fraser effectue son vol-test et déclenche le brouillage antiradar, on devine aisément à l’avance la suite tellement tout est prévisible jusqu’à la «surprenante» trahison de la pilote, qu’on ne «divulgâche» rien à la mentionner ici. Tout comme Lynette Mettey dans l’épisode précédent, la présence de Suzanne Somers dans le rôle de Jenny est gaspillée devant le caractère trop générique de son personnage, qui trahit Steve, une ancienne flamme (au fait, ça commence en faire beaucoup!) et son pays uniquement pour l’appât du gain.

Bref, que peut-on ajouter de plus d’un épisode qui possède pratiquement les mêmes défauts que son prédécesseur? Même la mise en scène de Richard Moder, qui avait pourtant réalisé des épisodes plus ambitieux avec flair, est gagnée par la flemme routinière qui a contaminé la production durant cette cinquième saison. On se dit même que l’absence d’Oscar Goldman, la seule dans la série, n’est finalement pas une grosse perte au point où sa présence n’aurait eu aucun impact positif sur le résultat final.

Anecdotes :

  • Richard «Dick» Moder aurait certainement mérité mieux que cet épisode comme dernière de ses quatorze réalisations pour la série.

  • Des quatre épisodes écrits par John Meredyth Lucas, celui-ci est certainement le moins bon du lot.

  • En l’absence d’Oscar Goldman, c’est Rudy Wells dans cet épisode qui représente l’OSI et qui semble diriger les opérations concernant le projet Cheshire.

  • Actrice blonde au sourire pétillant, Suzanne Somers (Jenny Fraser) a grandi au sein d’une famille marquée par des problèmes d’alcoolisme, si bien qu’elle a connu une enfance dysfonctionnelle marquée par des difficultés scolaires, sauf au niveau artistique. Devenue mère de famille à 19 ans, elle a néanmoins fait ses débuts comme actrice dès l’adolescence, et également comme modèle. Après quelques petits boulots, elle a obtenu finalement un rôle récurrent dans la populaire sitcom Vivre à trois dès 1976 qui lui ouvre les portes de la célébrité. Elle est toutefois congédiée avant la fin de la série pour avoir osé exiger une forte augmentation de salaire lors de la renégociation de son contrat en usant de moyens de pression peu appréciés des producteurs. Son étoile n’a cependant pas pâli puisqu’elle fût également la vedette des sitcoms She’s the Sheriff (inédit en France) dans les années 80 et de Notre belle famille aux côtés de Patrick Duffy dans les années 90. Elle a su diversifier sa carrière en faisant des apparitions dans des jeux télévisés, en co-animant une émission basée sur le concept de la caméra cachée et en donnant des spectacles dans plusieurs salles et cabarets à Las Vegas en tant que chanteuse pendant plusieurs années.

  • Après avoir auditionnée pour le rôle de Jill Munroe, Suzanne Somers fût le deuxième choix des producteurs de la série Drôles de dames derrière Farrah Fawcett. À noter que cet épisode, tout d’abord titré Into Thin Air, était d’ailleurs destiné à l’épouse de Lee Majors, ce qui aurait été sa cinquième présence dans la série en tant qu’artiste invitée.

  • Avec son visage à la fois intègre et menaçant, John Larch (l’ingénieur Vail qui a conçu l’avion) a connu une carrière, amorcée tardivement au début de la quarantaine, au cinéma et à la télévision orientée dans le western (Le Virginien, Rawhide), la science-fiction (Les Envahisseurs, La Quatrième dimension) et surtout le genre policier (Le Fugitif, Brigade criminelle, Sur la piste du crime, Cannon). On se souvient de lui également pour son rôle de chef de police dans le film L’Inspecteur Harry mettant en vedette Clint Eastwood. Après quelques rôles récurrents dans Dynastie et Dallas, il a pris sa retraite au début des années 90. Il est mort en 2005 à l’âge de 91 ans.

  • Second couteau réputé, Robert Hogan (le traître Hal Martin) a roulé sa bosse dans plusieurs séries comme Opération charme, Gunsmoke, New York - Police judiciaire, Barnaby Jones et Arabesque pendant plus de 60 ans et il est toujours en activité.

  • Autre acteur ayant fait ses débuts au cinéma et à la télévision à partir de la quarantaine, Stanley Waxman (le chef des espions Wilfred Damien) était alors en fin de carrière au moment où il est apparu dans cet épisode. On a pu le voir également dans Mission: Impossible, Commando du désert, Opération vol et Match contre la vie, ainsi que dans quelques films de séries B oubliables. Il est décédé en 1998.

  • Lorsque Steve récupère l'enregistreur de vol de l'avion abattu, des sons bioniques sont entendus alors qu'il ne déplace aucunement l'épave endommagée et ne soulève rien de lourd.

  • Jenny affirme à Steve prisonnier que la salle de stockage où il est enfermé est "suffisamment solide pour contenir King Kong", alors que la porte est sécurisée avec un seul verrou à glissière que même un homme normal pourrait probablement briser.

  • Les deux premiers plans aériens de l'avion volé montrent qu'il est situé sur un chemin entouré de trois grands bâtiments. Pourtant, lorsque Steve s'approche de plus près, l'avion volé est soudainement situé entre deux des trois bâtiments.

  • Dans la scène finale, lorsque Jenny met l'avion au sol après l'atterrissage, le capot est ouvert. Cependant, lorsque Steve vient chercher Jennie avant que l'avion n'explose, le capot est fermé.

  • L'interrupteur du gadget électronique utilisé pour activer à distance le dispositif de camouflage de l'avion n'est pas identifié comme tel. Il ne comporte que des marques "génériques" de type testeur d'onde / générateur de signal / oscilloscope, et les commandes environnantes ont également des étiquettes du même type ne correspondant pas également à un dispositif de camouflage.

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12. LE CASCADEUR
(WALK A DEADLY WING)

Résumé :

Un ingénieur aéronautique russe, Viktor Cheraskin, a inventé une machine pouvant mettre une armée d'infanterie hors de combat sans morts ni blessés. Idéaliste, Viktor refuse de livrer son invention aux Soviétiques ainsi qu'aux Américains, de crainte de la voir être employée à des fins guerrières. Oscar charge pourtant Steve Austin de convaincre Viktor de changer d'avis car les Soviétiques vont certainement tenter de mettre la main sur l'invention. Pour parvenir à gagner la confiance de l'ingénieur, qui vit discrètement au Nouveau-Mexique comme pilote acrobatique, Steve se porte volontaire pour être son "marcheur d'ailes" en vue d'un futur spectacle aérien. Au moment où un lien de confiance semble se tisser entre Viktor et Steve après plusieurs entraînements, un espion soviétique, Edmund Dimitri, entre en contact avec l'ingénieur pour l’informer que sa femme, Vera, est sa prisonnière, et que Steve est un agent de l'OSI. Coincé et ne faisant plus confiance à Steve, Viktor est sur le point de livrer son invention aux Soviétiques. Mais après avoir échappé à un piège tendu par Dimitri, Steve compte bien empêcher Viktor de se jeter dans la gueule du loup.

Critique :

À l’exception de sa prémisse de départ où un pacifiste refuse de céder son invention inédite aux grandes puissances, Le Cascadeur ne sort pas vraiment du lot d’une certaine formule trop largement employée dans la série. On retrouve en effet Steve Austin, pratiquant un métier inusité ou en concordance avec ses aptitudes, infiltrer un lieu pour mener à bien une mission ayant encore une fois pour cadre la guerre froide, malgré les velléités humanistes exposées au cours de la première saison.

En dépit de quelques belles séquences d’acrobaties aériennes impliquant divers cascadeurs de talent, cet épisode sort bien peu de la routine dans laquelle cette cinquième saison a sombré. Il y avait pourtant le potentiel de développer une relation intéressante entre Steve et Viktor qui aurait impliqué aussi bien leurs points de vue divergents que convergents. Mais les auteurs n’ont pas vraiment su en tirer parti, accouchant plutôt d’un suspense mou farci aux quelques clichés d’usage.

Ironiquement, cet épisode semble avoir inspiré l’auteur et producteur Glen A. Larson dans la confection de la série L’Homme qui tombe à pic, mettant également en vedette Lee Majors dans le rôle d’un cascadeur. Hormis cette coïncidence, cet épisode moyen à caractère générique ne passera pas à l’histoire et on en est au point de se dire qu’il faut vivement que cette saison achève s’il faut en endurer davantage.

Anecdotes :

  • Premier des deux épisodes réalisés par Herb Wallerstein. Ancien assistant, ce dernier est devenu un technicien honnête une fois passée à la mise en scène. Il a à son crédit d’avoir travaillé notamment sur des séries comme Star Trek, Le Cheval de fer, Gunsmoke, Petrocelli et Wonder Woman. Il est mort en 1985 à l’âge de 59 ans.

  • Dernier des quatre scénarios de la série écrit par Jim Carlson et Terrence McDonnell.

  • Après avoir incarné le principal vilain du téléfilm Vin, Vacances et Vahinées, Eric Braeden fait ici un retour en tant qu’artiste invité, cette fois dans un rôle au début antipathique par son caractère renfermé (Viktor Cheraskin), qui devient sympathique au fur et à mesure que l’histoire progresse.

  • D’abord et avant tout actrice de théâtre, Lanna Saunders (l’épouse de Viktor) n’a fait que quelques apparitions sporadiques à la télévision, jusqu’à ce qu’elle incarne le personnage de Marie Horton pendant six ans au début des années 80 dans le soap opera Des jours et des vies. Elle est décédée en 2007.

  • Tout comme Lanna Saunders, John Devlin (Edmund Dimitri) est un acteur qui a fait la majeure partie de sa carrière sur les planches. On a pu le voir au petit écran dans des séries comme Le Magicien, Barnaby Jones, Dallas et Les Enquêtes de Remington Steele. Il est mort hélas à l’âge de 48 ans en 1985.

  • Le premier titre de cet épisode fut Walk a Crooked Wing.

  • L’appareil utilisé par Steve lors de la première séquence de haute voltige était un Super Chipmunk appartenant à Art Scholl et piloté par lui-même. Art Scholl avait deux Super Chipmunks, modèle N13Y et N1114v. Souvent sollicité par Hollywood pour les cascades aériennes, il a été tué lors du tournage de la séquence spectaculaire de la vrille inversée dans Top Gun en 1985, alors qu’il pilotait son Pitts Special au-dessus du Pacifique au large de la Californie. À noter que le Super Chipmunk est réapparu en tant qu'avion d'un vilain dans la série télévisée Blue Thunder.

  • Art Scholl n’a jamais été crédité au générique de cet épisode pour les cascades aériennes, tout comme d’autres experts comme Jim Franklin et Joe C. Hughes, qui possédaient des appareils et des biplans ayant la même configuration.

  • Lors des plans filmés au grand angle du vol d'entraînement de Steve, il est démontré qu'il est simplement attaché à la chaise de l'acrobate dans une position verticale normale, sauf qu'il est également suspendu à l'envers lors d’un gros plan pendant la même scène.

  • Steve saute par-dessus une falaise pour éviter l'avion des espions. Le flanc de la falaise est donc logiquement derrière lui. Pourtant, il saute ensuite au sommet de la falaise sans même se retourner aussitôt après.

  • Pendant une poursuite en avion, l'ombre de l'hélicoptère, contenant l'équipe de tournage filmant la scène, est clairement visible à proximité de l'ombre des deux avions.

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13. VOYAGE DANS LE TEMPS
(JUST A MATTER OF TIME)

Résumé :

Afin de tester un nouveau carburant permettant les voyages dans l'espace sur de plus longues distances en moins de temps, Steve Austin effectue un vol orbital autour de la Terre. Alors qu’il fait sa rentrée dans l'atmosphère, Steve perd le contrôle de sa capsule ainsi que tout contact radio. Évanoui, il se réveille sur une île du Pacifique pour apprendre que six ans se sont écoulés depuis son départ, et qu'il est considéré comme un traitre pour avoir fait défection vers l'Union Soviétique. Fait prisonnier sur une base américaine, Steve croit que sa capsule spatiale a probablement franchi une brèche dans l'espace-temps à cause du nouveau carburant. Pour prouver son innocence, il obtient l'aide de Donna Huffman, qui était chef de mission pour la NASA au moment où Steve a fait ce dernier vol dans l'espace. À eux deux, ils parviennent à reconstituer la formule du carburant, mais Steve en vient à comprendre qu'il a été manipulé depuis le début par des espions désireux de s'en emparer. La vérité est que Steve ne se trouve pas dans le futur et n’a jamais trahi son pays, tandis que Donna a été habilement hypnotisée contre son gré pour tromper sa vigilance.

Critique :

Il est quelque peu surprenant que le thème des voyages dans le temps n’ait pas encore été utilisé dans la série, étant donné ses caractéristiques associées au genre qu’est la science-fiction. Si cet épisode nous offre un début intriguant à souhait dans la façon d’aborder ce thème, avec un Steve Austin étonné de se retrouver dans le futur et d’être étiqueté comme traître, la suite n’est pas vraiment à la hauteur et accouche d’une conclusion un peu facile.

Ce qui cloche est que malgré le fait que la machination des espions pour tromper Steve, ceci afin de lui soutirer le secret du nouveau carburant à fusée, s’avère habile, elle apparaît également trop forcée pour tromper la crédulité du public. La complicité involontaire du chef de mission Donna Huffman par hypnose en est un bon exemple, sans parler de la «fausse épouse» de Rudy Wells. Il faut dire que la réalisation technique n’aide pas l’ensemble par son manque de lucidité pour vraiment entretenir le mystère et surprendre les téléspectateurs.

De plus, cette machination s’inspire trop largement de celle du film de George Seaton, 36 heures avant le débarquement, sorti en 1964 où les Nazis cherchent à tromper un prisonnier américain, incarné par James Garner, en lui faisant croire que la Seconde Guerre Mondiale est terminée pour qu’il dévoile les détails concernant le célèbre débarquement en 1944. Rien de bien neuf donc, mais les acteurs livrent une honnête performance dans les circonstances, ce qui s’avère un point positif.

Anecdotes :

  • C’est la deuxième des trois réalisations de Don McDougall pour la série.

  • Quatrième des cinq scénarios écrits par Gregory S. Dinallo, en collaboration avec Neal J. Sperling. Ce dernier est sans doute un pseudonyme puisque son nom ne figure que dans un seul autre épisode par la suite pour la série Quincy.

  • Paul Carr (le révérend Michael Essex, complice des espions), Leigh Christian (Donna Huffman) et John de Lancie font dans cet épisode leur troisième et dernière apparition dans la série. De plus, un acteur mineur, John Milford, y fait également sa seconde et dernière apparition après un passage dans l’épisode de la saison Trois Super Duel.

  • Seul nouveau venu de cet épisode, Charles Cioffi (Edward Barris, le chef des espions) est une figure largement reconnue du petit écran depuis son rôle récurrent du Major Bernard Caldwell dans la série L’Homme de Vienne au début des années 70. S’il lui arrive par moments d’incarner des rôles de gangsters de la Mafia étant donné ses origines italiennes et sa bouille reconnaissable par son allure sévère (Lucky Luciano, Don Angelo est mort, Jo le fou), il a diversifié sa carrière dans plusieurs épisodes de nombreuses séries télés comme Médecins d’aujourd’hui, Cannon, Hawaï, Police D’État, Equalizer et X-Files: Aux Frontières du réel. Vétéran apprécié qui a pris sa retraite en 2008, il a également participé à l’épisode Pour que vive le roi de l’ultime saison de Super Jaimie.

  • On apprend dans cet épisode que le numéro d’identification de Steve au sein de l’OSI est le 384172.

  • La date sur la montre de Steve indique le 6 février 1978, soit un mois après sa date de diffusion.

  • En 1976, une aventure en bandes dessinées de L’Homme qui valait trois milliards, Second Chances, racontait une histoire similaire à celle de Voyage dans le temps.

  • À cause de la restauration de la série pour sa diffusion sur support DVD et Blu-Ray, la date du 14 août 1984 inscrite sur l’exemplaire du Los Angeles Times consulté par Steve, apparaît clairement « collée» sur la page du journal.

  • Cette date du 14 août 1984 est également identifiée comme étant un vendredi alors que dans les faits, elle devint un mardi. Elle fût toutefois un vendredi, mais en 1975.

  • La scène montrant Steve sortir de la pièce où il a été interrogé pour sa supposée trahison par Barris jusqu’à ce qu’il soit enfermé en cellule a été souvent coupée lors des rediffusions en reprise à la télévision. Elle figure intégralement en revanche dans le coffret DVD de la cinquième saison.

  • Il y a clairement des différences entre le module de commande piloté par Steve lors de sa rentrée dans l’atmosphère, et celui après son atterrissage, que l’on comprend qu’il s’agit d’une réplique du module. Cela se voit entre autres par les composantes plus fantaisistes visibles sur la « maquette» en comparaison à celles du vrai module dans l’espace.

  • Comment des professionnels de l’espionnage peuvent-ils contrôler la rentrée dans l’atmosphère de la capsule spatiale de Steve et oublier de mettre hors d’usage sa radio, qui permet à Steve de prévenir Oscar?

-Revérend Essex: Obviously you missed your recovery zone.

-Steve: Yeah, by a couple of oceans.

-Steve: Who are you talking to?

-Barris: Mrs. Wells. You can talk to her if you like.

-Steve: Mrs. Wells? Rudy isn't married.

-Barris: Now's your chance to tell it to his wife.

-Steve: Oscar. How did he ...

-Donna Huffman: So unnecessary. So young.

-Steve: How did it happen?

-Donna Huffman: Car accident, late at night. He was exhausted and he shouldn't have been driving. After you ... what happened, he worked all the time, compulsively and Dr. Wells thought he blamed himself.

-Steve: Colonel Austin calling Oscar Goldman.

-Oscar: Steve!

-Steve: Well Oscar thank God you're alive.

 

-Oscar: Well I'm supposed to say that to you!

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14. LA SONDE MEURTRIÈRE - 1RE PARTIE
(RETURN OF DEATH PROBE - PART 1)

Résumé :

Un groupe terroriste a réussi à s'emparer d'un nouvel alliage métallique hyper-résistant conçu à partir des recherches faites par Rudy Wells. Le contremaître Dan Kelly, de par sa position, est le suspect no. 1, mais il refuse de parler à Steve et Oscar lorsque les deux hommes le confrontent. Pire encore, ils apprennent qu'ils doivent le libérer en échange de l'ambassadeur de Kurami, un petit pays du Moyen-Orient, kidnappé par les terroristes. Une fois l'échange effectué, Oscar et Steve trouvent une cassette où les ravisseurs les invitent à se rendre en un lieu isolé. Sur place, Steve et Oscar découvrent à leur grande surprise que la sonde spatiale russe indestructible, qu'ils croyaient avoir détruite, existe à nouveau, dotée de ce nouvel alliage indestructible, et prête à tout anéantir sur son passage. Les Russes n'ont cependant rien à voir avec la création de cette nouvelle sonde, affirmant que leurs plans concernant la conception de l'originale ont été volés. Survient alors l'ambassadeur de Kurami, dont le kidnapping n'était qu'un leurre, qui impose ses exigences à Oscar: deux têtes nucléaires où la nouvelle sonde, contrôlée à distance, sèmera la destruction dans des zones habitées.

Critique :

Étant donné la tendance à la baisse en matière de qualité concernant les épisodes de cette cinquième saison, il était à craindre que cette suite de La Sonde de la Mort ne soit tout aussi décevante et ne reflète à nouveau une certaine paresse créative chez les auteurs et les producteurs. Or, nous avons droit à une heureuse surprise avec La Sonde meurtrière, ne serait-ce que dans la façon dont a été imaginée la «résurrection» de cet engin spatial et les enjeux qui en découlent, nonobstant son nouveau look (voir photo).

Contrairement au double-épisode original, où la sonde faisait son apparition dès le tout début, cette suite prend le temps de mettre en place son intrigue jusqu’à l’arrivée surprise de la sonde à mi-chemin de cette première partie. En fait, n’eût été du titre qui annonce la couleur, l’effet de surprise fonctionne plutôt bien. Mais ce qui surprend en vérité est le contexte à saveur politique inattendu qui sert de théâtre au retour de la sonde, plaçant ainsi Oscar et Steve en mode réaction plutôt qu’en mode action; leurs adversaires «ayant les blancs» ou le bénéfice de l’offensive, alors qu’ils ont un coup d’avance.

L’une des ombres au tableau demeure néanmoins les exigences du groupe terroriste, soit deux têtes nucléaire pour mettre fin au fonctionnement de la sonde. Cela semble un peu mince comme exigence considérant que ladite sonde s’avère un atout considérable pour mettre à genoux la puissance américaine étant donné son potentiel de destruction. Un élément de réponse est toutefois fourni dans la suite de cette première partie; nous y reviendrons.

Il n’empêche que cette suite d’un des meilleurs doubles-épisodes de la série a largement de quoi satisfaire (enfin) les fans de la série comme les autres téléspectateurs, qui n’avaient pas eu grand-chose à se mettre sous la dent depuis l’amorce de cette saison Cinq. De plus, la seconde partie ne les décevra pas en dépit de quelques incongruités.

Anecdotes :

  • Deuxième et dernière réalisation de l’assistant Tom Connors III pour la série.

  • Unique contribution d’Howard Dimsdale comme scénariste, ce dernier, qui a fait ses débuts comme auteur pendant la Deuxième Guerre Mondiale, est surtout connu pour ses nombreux scripts pour la série anglaise Robin des Bois vers la fin années 50, ainsi que pour des séries américaines comme Ben Casey, Médecins d’aujourd’hui et La Planète des Singes où il était également consultant aux scénarios. Il est mort en 1991 à 77 ans.

  • Ken Swofford fait ici sa seconde et dernière apparition dans la série (le contremaître Dan Kelly) après avoir joué également un vilain dans Les Feux de l’enfer; épisode de la quatrième saison.

  • David Sheiner fait également sa deuxième et dernière apparition dans la série dans ce double-épisode (Arnold Blake, l’homme du département d’État). Il avait incarné le méchant Stenger dans L’Imposteur au cours de la saison précédente.

  • Après trois présences sporadiques dans les épisodes Le Docteur Wells a disparu, Un amour perdu et The Thunderbird Connection, le vétéran comédien Thann Wyenn a obtenu enfin un rôle plus substantiel dans ce double-épisode (l’ambassadeur de Kurami). Issu du théâtre yiddish, et également humoriste, dessinateur et artiste-peintre, cet acteur de composition s’est spécialisé comme bien d’autres dans les rôles à caractère exotiques ou multiculturels, que ce soit dans des westerns (Zorro, Gunsmoke, Les Aventuriers du Far-West. Le Virginien) ou dans d’autres genres en vogue à la télévision (Mission: Impossible, Des Agents très spéciaux, L’Homme à la Rolls, Opération vol, l’Homme de fer, Barnaby Jones). Décédé à l’âge de 95 ans en 2015, sa carrière modeste se caractérise néanmoins par la diversité des personnages incarnés à plusieurs reprises au sein d’une seule série et L’Homme qui valait trois milliards n’y fait pas exception.

  • Le trou dans le mur de l'usine que la sonde a causé au moment de sa réapparition ne correspond pas au trou par lequel il quitte les lieux par la suite; car on peut y voir une grande cavité latérale qui n'était pas là au départ.

  • Lorsque la sonde défonce le mur pour réapparaître devant Steve et Oscar, le béton du mur se brise trop proprement avec une ouverture un peu trop soignée aux bords trop arrondis ayant le même contour que celui de la sonde. Logiquement, ce mur en béton aurait dû se briser avec une énorme ouverture de forme irrégulière beaucoup plus grande que la sonde elle-même.

  • Certains plans dans l’usine à métaux ont été filmés à rebours. Cela se voit par l’ouverture des portes du fourneau alors que les flammes y descendent et disparaissent, confirmant en fait que les plans ont plutôt filmé la fermeture de ces portes.

-Dan Kelly: I don't really think I'll be going to prison.

-Oscar: Well you're either a dreamer or a certified psychopath.

-Arnold Blake: We don't give in to terrorists.

-Oscar: Arnold, I assume that I have autonomy to free the ambassador once we receive instructions from the kidnappers.

-Arnold Blake: Autonomy, prayers, best wishes. You name it, you've got it Oscar.

-L’ambassadeur: I'm sorry. Jamming won't help.

-Oscar: You haven't answered my question. Mr. Ambassador, how did you know about that?

-L’ambassadeur: You see the probe was preprogrammed to act in the event of any failure of radio communications.

-Steve: Your kidnapping was a set up to spring Dan Kelly. You're involved in this whole caper.

-L’ambassadeur: I might be. I want to help you, and myself.

-Oscar: And yourself.

-L’ambassadeur: But I do.

-Steve: Alright. What do you really want?

-L’ambassadeur: Two nuclear warheads.

-Oscar: You must be out of your mind!

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15. LA SONDE MEURTRIÈRE - 2E PARTIE
(RETURN OF DEATH PROBE - PART 2)

Résumé :

La nouvelle sonde mortelle, conçue par les sbires de l'ambassadeur de Kurami, poursuit sa route vers la petite ville de Brannon City et une station de l'OSI situé dans les environs. Malgré l'emploi d'un alliage aussi résistant crée par Rudy Wells et installé sur un bulldozer piloté par Steve, la sonde n'a aucun mal à franchir ce nouvel obstacle. Lorsque Steve parvient à faire tomber la sonde au fond d'un grand trou, cette dernière n'a aucun mal à creuser un tunnel pour poursuivre sa route. Oscar apprend du département d'État les vrais motifs de l'ambassadeur de Kurami derrière cette manœuvre d'extorsion de deux ogives nucléaires: s'emparer du pouvoir dans son pays en détrônant son oncle, au risque de provoquer une guerre et d'y impliquer les États-Unis. Oscar refuse de céder au chantage, malgré le désastre potentiel que la sonde risque de provoquer. Steve remarque toutefois que la sonde réagit fortement aux champs magnétiques terrestres au point de modifier sa trajectoire. Rudy Wells ayant conçu un acide pouvant dissoudre l'alliage métallique de la sonde, Steve et Oscar préparent alors un piège afin d'attirer l'engin mortel vers son dernier "bain".

Critique :

S’il est vrai que quelques invraisemblances abondent dans cette seconde partie, ainsi que quelques omissions et incohérences en lien avec la première au plan narratif, l’on ne peut nier que le récit se poursuit à un bon rythme. Encore une fois, Steve se place en fâcheuse posture face à ce redoutable adversaire, dont les premières tentatives pour le détruire sont vaines, ce qui maintient une certaine tension pour le public qui se demande encore comment cette sonde pourra être détruite.

Les motifs des concepteurs de cette nouvelle sonde, de nébuleux qu’ils étaient en première partie, se révèlent plus claires dans la seconde. L’on se demande néanmoins toujours pourquoi ces derniers ne se sont pas servis de cette même sonde pour prendre le pouvoir dans leur pays, plutôt que d’exercer un chantage sur les États-Unis. Quoique la volonté d’impliquer la puissance américaine dans un conflit probable à l’étranger, qui risque de leur nuire au plan diplomatique, semble justifier cette tentative d’extorsion de deux ogives nucléaires.

À l’instar de Cliff Bole, assistant devenu réalisateur au sein de la série, Tom Connors III, également assistant, s’est vu confié la tâche de mettre en scène ce double-épisode après s’être vu confié un premier essai au poste de réalisateur. En bon élève, ce dernier ne prend aucun risque derrière la caméra, mais livre un travail appliqué et consciencieux, à défaut d’inventivité. Soulignons cependant que malgré quelques moments qui font sourire, l’humour semble de moins en moins présent dans cette cinquième saison, et il est dommage que cette tendance est à peine freinée dans La Sonde meurtrière, alors que le premier double-épisode original comportait quelques savoureux passages.

Anecdotes :

  • Martin E. Brooks, qui incarne Rudy Wells depuis la troisième saison, est doublé en France par nul autre que Jean Berger, mieux connu pour avoir été la voix française de Patrick Macnee, le célèbre John Steed dans Chapeau melon et Bottes de cuir et de Sir Godfrey Tibett dans le film de la saga James Bond Dangereusement vôtre, sans oublier plusieurs narrations. Décédé en 2014 à l’âge de 96 ans, sa voix douce de grande classe très reconnaissable a pu être entendue au grand comme au petit écran depuis la Seconde Guerre Mondiale.

  • Au Québec, c’est un autre acteur issu de l’Hexagone, Vincent Davy, qui fût la voix française de Martin E. Brooks. À l’instar de Jean Fontaine, Vincent Davy a commencé sa carrière dans le doublage dans son pays natal, notamment avec la série Opération vol, où il est la voix de Robert Wagner. Arrivé au Québec durant les années 70, il est choisi pour doubler Martin Landau dans la série culte Cosmos 1999. S’ensuit une longue carrière dans ce domaine, où en plus de doubler de nombreux acteurs (Michael Caine, Anthony Hopkins, Robin Williams, Christopher Plummer, Ben Kingsley, Jack Nicholson, Donald Sutherland) au cinéma et à la télé (Département S, Au-delà du Réel), il est également devenu traducteur et directeur de plateau. Considéré comme étant l’un des meilleurs de sa profession dans la Belle Province, à l’aise dans tous les registres, il a pris sa retraite en 2015.

  • Le prologue qui résume la première partie comporte un segment où Oscar, Steve et l’ambassadeur de Kurami discutent de l’évacuation d’une ville. Or, ce segment ne figure pas dans la première partie de ce double-épisode.

  • La sonde s'écrase à travers une plate-forme dissimulée recouverte d'une épaisse couche de poussière, projetant des nuages de saleté et de débris. Mais la sonde n’est ni sale ni recouverte de poussière et de débris lorsqu'on la voit au fond du puits.

  • La carte utilisée par Oscar et l’armée pour suivre la route de la sonde est celle de l’état du Colorado; les noms des comtés étant bien visibles (Larimer, Weld, Boulder, Morgan, etc.). De plus, le "X" sur la carte semble indiquer l'emplacement de Garden City dans le comté de Weld (on parle dans le dialogue de la "ville de Brannon" fictive). Cependant, dans la première partie, il a été établi que la sonde avait été trouvée dans une zone désertique près de San Bernardino, en Californie, et non dans le Colorado.

  • Une grande cavité vide et sombre apparaît derrière le mur de terre que la sonde a creusé avec son laser. De toute évidence derrière la paroi de la fosse, il s’agissait d’une zone creusée à l’avance «préalablement» dans laquelle la sonde s’engage et disparaît complètement. En prime, les contours à bords droits sont clairement visibles à plus d'un endroit sur les murs de la fosse avant que la sonde n’y pénètre.

-Oscar: What have you got, Rudy?

-Rudy: I've scrounged enough of the same alloy to make a battering ram. It'll be just as tough as the skin on that probe. Unless I miss my guess we'll have greater power on our side.

-Oscar: Now, we'll see what happens when an irresistible force meets an immovable object.

-Steve: Well, I'm not really superstitious. (il croise les doigts)

 

-Oscar: Superstitious? You're superstitious? After all these years I find out that you're superstitious?! How could you claim to such a primitive notion? (il s’éloigne en secouant la tête pour ensuite croiser également les doigts)

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16. L'ÎLE PERDUE
(THE LOST ISLAND)

Résumé :

Steve Austin et Rudy Wells recherchent un satellite expérimental dont le signal de repérage ne fonctionne pas. Et pour cause, car il a atterri sur une île perdue habitée par des extra-terrestres, les Zanans, qui est protégée par un champ de force la rendant invisible. Seul un anthropologiste que tout le monde croit disparu, Walter Jensen, a réussi à se rendre sur cette île où il y demeure depuis 20 ans avec sa fille Da Nay. Le réacteur à neutrons du satellite a toutefois une fuite, ce qui provoque une mutation radioactive sur Torg et quelques Zanans. Physiquement et physiologiquement affectés; ils ont maintenant un air bestial, une force accrue et un comportement agressif qui les poussent à la rébellion contre l'autorité des leurs. Ayant entendu parler d'un nouveau sérum conçu dans une université à Hawaï pouvant développer artificiellement des anticorps, les leaders zanans acceptent que Da Nay s'y rende car elle est la seule à pouvoir être suffisamment immunisée contre les maladies et infections terrestres grâce à son père. Poursuivie en mer par Torg, elle est sauvée par Steve de la noyade. Méfiante, elle hésite à lui faire entièrement confiance jusqu’à ce qu’elle tombe gravement malade une fois à Hawaï. Steve accepte alors de lui venir en aide pour sauver les Zanans avant que la fuite du satellite ne les pousse à s'entretuer.

Critique :

Visiblement, toute l’équipe de production semble avoir retrouvé quelque peu le niveau d’ambition des saisons précédentes. Après un double-épisode en forme de suite plus que satisfaisant, on retrouve avec L’île perdue un téléfilm d’une heure trente qui ne ménage pas ses efforts pour satisfaire les fans et relever l’audimat, en baisse considérable depuis le début de cette cinquième saison. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce téléfilm spécial fût diffusé dès le lendemain de l’épisode précédent afin de tirer profit du changement de créneau horaire; la série ayant quitté les soirées du dimanche pour être diffusée les lundis soir (voir la Présentation de la saison cinq).

S’il faut saluer cette volonté de revenir à un niveau d’ambition auquel le public était habitué pendant quatre ans, ce téléfilm n’échappe pas par moments à quelques invraisemblances flagrantes qui l’empêchent de se hisser au rang des grands épisodes de la série et qui s’avèrent typiquement redondantes dans cette saison Cinq. Ses emprunts à d’autres épisodes où Steve vient en aide à un peuple d’extra-terrestres, démontre à nouveau que la formule du recyclage est rendue usuelle. Cela va même jusqu’au sein d’autres séries, car cette histoire d’extra-terrestres mutants, suite au contact d’un satellite ayant une fuite radioactive, semble sortir tout droit d’un épisode de Voyage au fond des mers et la résolution finale, où Steve inverse la polarité du flux neutronique, aurait rendue fier le Docteur Who.

Néanmoins et en dépit de quelques erreurs de continuité dans la narration et la mise en scène, ce téléfilm mérite une certaine indulgence. En effet, il fait bon d’y retrouver le ton humaniste qui a fait le charme de la série, et de sortir de ces récits d’espionnage manichéens; ce qui manquait franchement jusque-là dans cette ultime saison. Un peu d’humour franchement bienvenu, de vigueur dans le rythme et un tournage presqu’entièrement en extérieurs sur les îles Hawaï viennent aérer un ensemble qui étouffait précédemment à force de rester confiné dans les mêmes décors et formules surexploitées. Rien que pour ça…

Anecdotes :

  • Cet épisode en forme de téléfilm, est le onzième et dernier de la série sous la houlette de Cliff Bole.

  • Le scénario est l’un des rares de la série depuis Judy Burns et D.C. Fontana à avoir été écrit par une femme: Mel Goldberg. Ayant fait ses débuts dans le métier au début des années 50, elle a écrit de nombreux scripts pour des séries inédites en version française (Target, Decoy, Danger, Tales of Tomorrow, Studio One, Mr. Novak) et quelques-unes plus connues (Hawaï, Police D’État, Les Barons de la Pègre, La Grande Vallée). L’Île perdue fût son dernier scénario écrit pour la télévision. Elle est morte en 2015 à l’âge de 95 ans.

  • Vétéran scénariste à la télévision, Lou Shaw a également apporté sa contribution à l’écriture de l’histoire de cet épisode. Il s’agit de sa seule participation à la série. Il a beaucoup écrit dans sa carrière dans le genre western (La Grande Caravane, Rawhide, Le Virginien) et policier (Quincy, Columbo, Barnaby Jones), jusqu’à mélanger les deux genres avec plusieurs scripts écrits pour McCloud, un shérif à New-York. Il a pris sa retraite après avoir écrit et produit de nombreux épisodes de L’Homme qui tombe à pic.

  • À nouveau, nous avons droit à quelques réapparitions dans cet épisode. À commencer par Robert Symonds (Walter Jensen) que l’on avait pu voir dans l’épisode de la seconde saison Reconstitution. Ainsi qu’Alf Kjellin, cette fois comme acteur (Gerro l’extraterrestre) après qu’il eût réalisé l’épisode de la première saison Témoin oculaire.

  • Après avoir débutée comme actrice à l’adolescence et ayant franchi la vingtaine au moment de tourner ce téléfilm, Robin Mattson (Da Nay) s’est par la suite affirmée à partir du milieu des années 80 comme l’une des reines du soap opera où elle y est encore très présente (Santa Barbara, La force du destin, Amour, gloire et beauté, Des jours et des vies, Hôpital central). En complément, celle qui fût l’une des actrices blondes les plus intrigantes du petit écran a animé une émission culinaire et écrit un livre de recettes.

  • Formé au théâtre expérimental, Jared Martin (Torg) a commencé à apparaître dans des séries télévisées à partir des années 70. Il a partagé la vedette avec Roddy McDowall et Carl Franklin dans la trop brève série Le Voyage extraordinaire, et joué un rôle récurrent dans le western La Conquête de l’Ouest. La reconnaissance est finalement arrivée vers la fin des années 80 avec l’adaptation à la télévision du classique d’H.G. Wells La Guerre des Mondes et son personnage de Dusty Farlow dans Dallas. Toutefois, il a délaissé le métier d’acteur pour se consacrer à la production à but non lucrative de très nombreux films étudiants et à la photographie. Il est mort du cancer du pancréas en 2017.

  • Jeune comédien prometteur à l’époque (Barnaby Jones, Docteur Marcus Welby, Les Rues de San Francisco), Anthony Geary (Arta, le complice de Torg) est devenu l’une des grandes stars du soap opera Hôpital central et l’une de ses versions dérivées Port Charles pendant une trentaine d’années, où il a retrouvé par ailleurs Robin Mattson.

  • Dans le petit rôle du docteur Takeuchi, on retrouve Kwan Hi Lim, acteur hawaïen dont la figure est très souvent reconnue dans de nombreux épisodes de séries tournées sur ces îles paradisiaques comme Hawaï, Police D’État et Magnum.

  • Ce téléfilm n’a été diffusé dans son intégralité que lors de sa première diffusion. Par la suite, il fût divisé en double-épisode de deux parties sans aucune scène rajoutée à l’exception du résumé de la première partie, avec une voix narrative qui n’était pas celle de Richard Anderson comme ce fût habituellement le cas.

  • L’île perdue fût diffusée le lendemain de l’épisode précédent La Sonde meurtrière - 2ème partie, confirmant ainsi le changement de case horaire de diffusion de la série du dimanche au lundi soir.
  • C’est la troisième fois que Steve Austin vient en aide à des réfugiés extraterrestres après Les Visiteurs de l’espace et L’Empreinte du diable.

  • Tous les habits portés par les extraterrestres sont des uniformes blancs de karatéka ou de judoka.

  • Le satellite dans ce téléfilm est alimenté par un noyau neutronique. Pour ramener à leur état normal les extraterrestres ayant mutés, Steve inverse la polarité du flux neutronique. C’est le Docteur Who qui serait fier.

  • Erreur de continuité: Lorsque Steve tire le bateau de Da Nay vers le rivage et rejette l'eau de mer, le mât est cassé. Quand le bateau est finalement sur la plage, le mât est «réparé». Même avec la bionique, Steve n'aurait pas pu fixer le mât si facilement sans outils.

  • Steve tire deux fils de son bras pour neutraliser le bouclier de l'île. Lorsque le contact avec le bouclier est établi, il y a un coup de foudre dans un ciel nocturne orageux, alors que la scène se passe en plein jour avec un ciel dégagé. Ce problème est visible également lorsque le bateau de Da Nay commence à sombrer en plein jour, alors que le navire de recherche où se trouve Steve et Rudy apparaît à l’image montrant un ciel indiquant que l’on est en soirée.

  • Toujours lorsque le bateau de Da Nay commence à couler, la présence d'algues et de mouettes, sur une surface océanique calme, indique clairement une eau peu profonde près de la côte, et non pas au milieu de la mer, comme le récit le suggère.

  • Les garde-côtes auraient baissé la voile sur le bateau de Da Nay avant d'essayer de le remorquer. En effet, le bateau est presque en train de basculer à cause du vent qui souffle sur la voile toujours levée, alors qu'il est remorqué.

  • Dans la scène où Torg se révèle pour la première fois au village en tant que mutant, les arbres en arrière-plan qui l'entourent sont faux, comme s'il se trouvait devant un écran. D’ailleurs, malgré la numérisation des épisodes pour le support DVD, quand on y regarde de près, on peut voir les pixels sur les feuilles des arbres.

  • Affectée gravement par les microbes et bactéries terrestres lorsqu’elle est à Honolulu, le cœur de Da Nay cesse de battre à l’hôpital. Elle tourne pourtant gentiment la tête de l'autre côté lorsque Rudy Wells retire son oreiller avant la défibrillation pour la ramener à la vie.

  • Lorsque Torg expose Da Nay à la lumière du satellite, elle semble inexplicablement ne rien acquérir de la force ou de l'agressivité de Torg et des autres qui ont mutés; seule son apparence physique ayant été modifiée.

  • Dans le segment qui récapitule la première partie au moment de la rediffusion en double-épisode, un bateau est visible à droite de l'écran au moment où Steve sauve Da Nay en mer, alors que ce bateau n’est pas visible dans la scène originale.

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17. LA MADONE BYZANTINE
(THE MADONNA CAPER)

Résumé :

Grâce à la comtesse Lysandra Korischeva, curatrice et restauratrice d'art, un musée de Washington présente une exposition de grandes œuvres conjointement avec la Russie. L'une d'entre elles, la Madone Byzantine, cache toutefois un micro-point contenant des informations sur le système de missiles des pays de l’Ouest.  Pour le récupérer, Steve Austin reçoit l’ordre de s'associer à la comtesse. En dépit d'un système de sécurité sophistiqué, Steve et Lysandra réussissent leur mission, sauf que la comtesse en a profité pour remplacer la peinture originale par un faux. Afin d'éviter un incident diplomatique, Steve doit retrouver la Madone Byzantine avant que l'expert en arts russe ne décèle la copie d'ici 36 heures. La comtesse a cependant vendu l’œuvre originale pour 5 millions de dollars à un collectionneur et gangster, Chilton Kane. Descendante d’une famille royale lettone, elle compte avec cet argent acheter la liberté de centaines de personnes de son pays injustement emprisonnés pour des motifs politiques et religieux. Steve doit trouver un moyen rapide de récupérer la précieuse peinture des mains de Kane, sans compromettre la comtesse.

Critique :

L’enjeu global derrière cette histoire centrée autour d’un vol audacieux, doublée d’une sous-intrigue à saveur d’espionnage et de risque diplomatique n’est pas neuf, en plus d’être un peu trop dense pour être traité en un seul épisode afin de demeurer suffisamment vraisemblable. Ce qui permet toutefois de situer cet épisode dans la bonne moyenne, c’est son ton d’humour et le personnage de la comtesse Lysandra, un peu mieux développé que la plupart des protagonistes des précédents récits de la saison Cinq.

Les histoires de casse ou de vol permettent parfois une certaine légèreté de ton, et La Madone byzantine n’hésite pas à s’y engouffrer, sans pour autant négliger une certaine tension, et plusieurs scènes en témoignent. Ce qui vient hélas plomber quelque peu cet effort de funambule au plan narratif, c’est la trop grande vitesse dans laquelle ces scènes s’enchaînent, afin de condenser l’ensemble dans les 50 minutes impartis. On aurait aimé au contraire savourer certains segments plus longtemps.

Somme toute, c’est loin d’être un épisode désagréable à regarder et on y prend même un certain plaisir en de nombreux endroits. De plus, la performance de Bibi Besch dans le rôle de la comtesse retient encore plus l’attention après les présences plus anonymes d’artistes invités depuis un peu trop longtemps. Il en ressort toutefois une certaine frustration de ne pas voir un récit mieux abouti ou poli qui possède un rythme un peu plus naturel.

Anecdotes :

  • Herb Wallerstein signe avec La Madone byzantine son deuxième et dernier épisode pour la série comme réalisateur, alors que Gregory S. Dinallo livre ici son cinquième et ultime scénario.

  • De son vrai nom Bibiana Maria Köchert, Bibi Besch (comtesse Lysandra Korischeva) est née en Autriche, mais a fait toute sa carrière d’actrice aux États-Unis pendant une vingtaine d’années (Falcon Crest, Dynastie, Bienvenue en Alaska, Arabesque, Les dessous de Palm Beach) avant d’être emportée par un cancer du sein en 1996 à l’âge de 54 ans. On se souvient d’elle pour son rôle de la docteure Carol Marcus dans le film Star Trek II - La colère de Khan. Elle est la mère de l’actrice Samantha Mathis.

  • Né à Montréal au Québec (comme William Shatner), Len Birman (Chilton Kane) est surtout reconnu pour avoir été l’une des vedettes de la série inédite en France Dr. Simon Locke, ainsi qu’au fait d’avoir participé aux deux téléfilms des années 70 portant sur le super-héros Captain America, mettant en vedette Reb Brown. Doué néanmoins pour les voix, il a incarné le célèbre Robin Fusée du populaire dessin animé du même nom (inédit en France mais doublé au Québec) qui racontait les aventures de Robin des Bois en mode science-fiction. Il a pris sa retraite en 1993.

  • C’est la quatrième et dernière apparition du comédien Bruce Glover dans la série, cette fois dans le rôle de l’excentrique expert en arts russe Viktor Bellushyn, où il fait montre de son talent pour la comédie. Rappelons que l’on peut le voir dans les épisodes Compte à rebours, Espionnage en musique et Les Feux de l’enfer.

  • Steve Austin prend à nouveau un pseudonyme pour rencontrer Chilton Kane: Monsieur Starks; magnat du pétrole et rancher afin de faire croire qu’il veut racheter la Madone byzantine au gangster.

  • L’intrigue est similaire en certains points avec Le Coup de Dijon, épisode de la seconde saison de Super Jaimie.

  • La National Gallery of Art à Washington expose depuis 1949 une Madone byzantine. Le terme byzantin désigne la période de l'empire byzantin avec une influence artistique grecque spécifiquement chrétienne. Il ne s’agit cependant pas, à titre spécifique, d’une œuvre d’art.

  • Lorsque la comtesse se penche pour descendre par l'ouverture du plafond du musée, sa tête dépasse de loin, en fait bien au-delà du bord, la porte du cabinet, et un gardien le moindrement vigilant l'aurait certainement vue.

  • La rampe utilisée par Steve pour arrêter la voiture du collectionneur Chilton Kane est évidemment constituée uniquement de tôle légère, car elle s'affaisse, fléchit, rebondit et vibre tout bonnement lorsque Steve la déplace.

-Steve: You picked the magic words "at liberty." How about ten years in jail?

-Comtesse Lysandra: For what?

-Steve: You stole a painting.

-Comtesse Lysandra: Correction, you stole a painting.

-Steve: Correction, I borrowed a painting for a few moments. You stole it.

-Comtesse Lysandra: All right, I confess. Let's go to the police, hmm… Or we could just forget the whole thing, except the last part. I don't want to forget I met you. Would you zip me please? Thank you. Like it?

 

-Steve: Oh its beautiful, great camouflage for your character.

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18. LE SPECTRE
(DEAD RINGER)

Résumé :

Après avoir subi un accident de la route, Steve a cru voir pendant quelques instants un double spectral de lui-même avant de perdre connaissance. Examiné à l'hôpital par Rudy Wells devant Oscar, Steve affirme avoir la même vision que lors de son accident. Bien que cela puisse être la conséquence du traumatisme crânien subi par Steve au moment de son accident, Rudy Wells l'envoie visiter une parapsychologue, Margaret Winslow. Lorsqu'elle apprend que Steve était cliniquement mort pendant 52 secondes après le crash qui a fait de lui l'homme bionique, Margaret croit que l'esprit de Steve ait pu quitter son corps à ce moment-là et soit réapparu devant lui. D'autres incidents se produisent, laissant croire que l'esprit de Steve existe bel et bien et cherche à le tuer. Mais en retournant sur les lieux de l'accident, Steve découvre qu'il a été le jouet de deux habiles espions désireux de s'approprier les secrets de ses pouvoirs bioniques. Ces derniers ont su créer l'illusion de la présence d'un esprit aux yeux de Steve et après avoir kidnappé Margaret, ils comptent bien se servir d'elle comme appât pour un ultime piège afin de le liquider.

Critique :

Comme cela est déjà arrivé auparavant, les auteurs de la série ont eu la fâcheuse tendance de ne pas faire confiance à l’intelligence des téléspectateurs et à enfoncer le bouchon trop loin en explorant certains thèmes plus fantastiques, alors que l’une des clés du succès de la série, on l’a dit, redit et répété, c’est l’équilibre entre le réalisme et les éléments relevant de la science-fiction. En voulant axer cet épisode sur le monde du spiritisme et la parapsychologie, les scénaristes ont justement commis cet impair de ne pas maintenir cet équilibre, si bien que tout leur échafaudage narratif s’écroule par terre comme un château de cartes.

Ce qui pose problème avec Le Spectre, c’est ce besoin maladif (que l’on retrouve dans bien des scripts à Hollywood) de transmettre une information à l’avance par peur de perdre le public. Or, lorsqu’Oscar Goldman dévoile dans le premier tiers que deux agents ennemis reconnus pour s’intéresser aux secrets de la bionique, auraient pu créer l’accident de voiture de Steve et mettre en scène sa vision d’un double astral, cette révélation fait que l’on devine à l’avance comment le récit va se conclure.

Pire encore, tous les segments où Steve consulte la parapsychologue Margaret Winslow ne servent plus à rien. Pourtant, les auteurs vont tout tenter pour amener le public à croire à l’existence du double astral de Steve, au point où pendant une séance, Margaret Winslow est inexplicablement possédée et cherche à tuer l’homme bionique. Tout cela ne tient absolument pas debout et l’on décroche très vite, malgré les efforts de l’actrice Linda Dano dans son interprétation. Le comble du ridicule est cependant atteint lorsque Steve Austin parvient à contrer trop facilement les deux agents ennemis qui l’avaient préalablement capturé, eux qui connaissent pourtant très bien ses pouvoirs bioniques, mais qui semblent bien négligents dans les moyens employés pour le liquider (Voir anecdotes). 

Bref, une autre déception typique de cette dernière saison.

Anecdotes :

  • Troisième et dernier épisode de la série réalisé par Arnold Laven. En entrevue, l’acteur Martin. E. Brooks a déclaré que c’est sur le court de tennis de ce réalisateur qu’il s’est vu offrir le rôle de Rudy Wells par Harve Bennett.

  • Unique scénario écrit pour la série par Robert I. Holt (en collaboration avec un certain Charles Mitchell), qui a surtout travaillé pour des séries policières comme Section 4, L’Homme de fer, Cannon et Les Rues de San Francisco. Il est mort en 1992.

  • Linda Dano (Margaret Winslow) fait ici la seconde de ses deux apparitions dans la série après Le Télétype Fantôme, mais cette fois en tant qu’artiste invitée principale. Après Robin Mattson, elle est sans doute l’une des grandes reines du soap opera à avoir participé à la série.

  • Leonard Stone (l’un des deux espions) est un acteur de troisième plan qui s’est spécialisé dans des rôles pour des séries policières (Barney Miller, Quincy, Capitaine Furillo, Falxon Crest, Simon et Simon, La Loi de Los Angeles). Il est mort d’un cancer en 2011 un jour avant de célébrer son 88ème anniversaire.

  • George P. Wilbur (le second espion) est un acteur-cascadeur spécialisé dans les rôles d’hommes de main ou de doublures. Après avoir débuté dans le métier avec la série Mission: Impossible, il s’est davantage consacré au cinéma qu’à la télévision puisqu’il figure au générique de prestigieux succès comme Piège de Cristal, Total Recall, New York 1997, Poltergeist, Casino et En Plein Tempête. Il s’est retiré des plateaux en 2013.

  • Décédé en 1979, l’acteur Robert Karnes (le chef des pompiers) a connu une carrière, principalement axée sur des rôles de soutien dans des westerns, qui a débuté tout juste après la Seconde Guerre Mondiale au cinéma. Il a paru davantage à la télévision à partir de sa présence récurrente dans Perry Mason. Né aux États-Unis, mais formé en Angleterre, Robert Karnes était reconnaissable pour ses nombreux personnages d’officiers de loi ou de militaires (Alfred Hitchcock présente, Les Incorruptibles, La Grande Vallée, Le Virginien, Bonanza, L’Homme de fer).

  • Lorsque Margaret Winslow demande à Steve s’il a de la famille, ce dernier répond: «Personne de vivant.» Cela impliquerait donc que sa mère Helen et son nouveau mari Jim Elgin seraient décédés depuis les cinq mois qui ont suivi la dernière référence les concernant dans Le Chien bionique dans Super Jaimie?

  • Dans la foulée, Steve affirme à Margaret Winslow qu'il ne s'est jamais marié. Mais neuf ans plus tard, dans le téléfilm Mission bionique, nous apprenons qu'il s’était brièvement marié, tout juste après être sorti de l'université, puis divorcé. Le produit de cette union sera son fils Michael Austin.

  • On apprend dans cet épisode que lorsque Steve s'est écrasé avant de subir sa greffe bionique, il est décédé pendant 52 secondes avant d'être réanimé. Ceci afin de convaincre Steve que les événements surnaturels, qu’il est en train de subir, sont bien réels.

  • À deux reprises dans cet épisode, Steve se sert de son œil bionique sans que l’on voie à l’écran le réticule rectangulaire habituel lorsque la caméra adopte son point-de-vue.

  • Encore une fois, cette fois lors de la bagarre avec les deux espions, on peut entendre l’effet sonore bionique lorsque Steve fait usage de son bras gauche.

  • L'utilisation d’un projecteur holographique sur une minuterie par les espions pourrait expliquer pourquoi Oscar ou Rudy ne peuvent pas voir l'hologramme sur le toit lorsque Steve est à l’hôpital. Mais étant donné la manière dont la scène est conçue, il est improbable qu'ils ne le voient pas alors que Steve peut le voir.

  • Étant donné la manière dont le projecteur holographique est programmé pour apparaître, il est peu probable que l’hologramme de Steve surgisse à l’appel de Margaret Winslow dans la forêt.

  • La scène avec la voiture de Steve qui démarre et roule toute seule n’est pas du tout vraisemblable. Le scénario omet d’expliquer comment les espions ont pu procéder pour accomplir cette mise en scène en peu de temps.

  • Lorsque Steve poursuit sa propre voiture vide, Margaret Winslow le suit. Au début, elle porte des talons hauts, puis elle porte des chaussures à semelles plates quand elle le rejoint. À noter que le cascadeur en position « penchée» pour qu’on ne soit pas censé le voir et qui conduit cette voiture est quand même visible à l’écran.

  • Considérant qu’ils connaissaient les pouvoirs bioniques de Steve, les espions ennemis auraient dû créer ou acquérir un type de gaz létal pouvant le mettre hors de combat ou le tuer. Mais Steve dispose de la cartouche de gaz avec peu d’effort alors que la pièce est remplie de gaz.

  • La continuité météorologique pose encore problème dans cet épisode. D’abord, Steve écrase sa voiture au crépuscule, mais il fait soleil alors que l’ambulance l’emmène à l’hôpital au début. Ensuite vers la fin, le ciel est orageux à l’image, mais tout de suite après il y a un soleil radieux et un ciel bleu lorsque Steve traverse le bois près de la cabane des espions. Et finalement, dans la scène extérieure du bâtiment de l’OSI juste avant qu'Oscar ne discute avec Steve de ses expériences récentes avec Margaret Winslow, le temps est doux et dégagé. Mais très peu après, Steve se tient debout près de la fenêtre du bureau d’Oscar et l’on peut voir qu’il pleut.

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19. RENDEZ-VOUS AVEC LE DANGER - 1RE PARTIE
(DATE WITH DANGER - PART 1)

Résumé :

Le chef du département des communications de l'OSI, Joe Canton, est accusé d'espionnage et de détournement à la suite de données accablantes issues de l'un de ses propres ordinateurs. Suspectant plutôt une intrusion venue de l'extérieur, Steve veut vérifier la mémoire informatique à la source de ces données, mais l'ordinateur explose au cours du processus. Steve suit néanmoins une piste qui le mène à une petite entreprise, Datamate, tenue par une jeune informaticienne douée, Emily Patterson. Mais son propre ordinateur explose à son tour alors qu'elle effectuait une vérification de sa mémoire. Une autre piste amène Steve et Emily vers un immeuble désaffecté dont ils réchappent de justesse à cause d’un ordre de démolition modifié à la dernière minute. Lorsqu'Emily lui parle de son voisin de palier autrefois propriétaire de son bureau, George Cloche, Steve croit tenir son principal suspect derrière ces manigances informatiques. Son bureau a été toutefois préalablement déménagé au moment où Steve et Emily viennent lui rendre visite. Pendant ce temps, un tueur à gages du nom d'Arnold Banner a reçu d'un mystérieux commanditaire 100 000 $ pour abattre Steve Austin.

Critique :

Comme le dit si bien le dicton: la patience paie! Il a fallu attendre que la saison Cinq tire à sa fin pour enfin voir un épisode, que dis-je un double-épisode, qui retrouve le niveau d’ambition constructive digne des meilleurs de la série pour la sortir quelque peu de la routine dans laquelle elle s’était considérablement enfoncée. Tout ça grâce un peu d’originalité au sein d’une histoire très bien écrite et une mise en scène au diapason d’un ensemble de grande qualité.

Non seulement on retrouve dans Rendez-vous avec le danger tout ce qui a fait le charme des épisodes les plus mémorables: action, suspense, humour, le tout saupoudrée d’une aura de mystère et d’éléments de science-fiction suffisamment crédibles au point d’avoir inspiré d’autres séries et même des longs-métrages. Mieux encore, la manière dont est présentée la menace informatique dans l’intrigue s’avère quasi-prémonitoire. Car en cette ère où internet s’est largement répandu mondialement au point de rendre l’humanité de plus en plus dépendante des ordinateurs, revoir de nos jours ce double-épisode suscite chez le public le même climat de paranoïa qui existe au cœur même du récit.

Les personnages, Steve en tête, font face à un ennemi à la fois matériel et invisible, capable de les atteindre par l’intermédiaire de données enregistrées, qui peut anticiper leurs mouvements et modifier leur identité civil ou public, ce qui les laisse désemparés et toujours avec un temps de retard. Les auteurs ont pris soin de tirer parti de la nature de cet adversaire pour imaginer des rebondissements simples mais imprévisibles, car on ne sait jamais dans quelle direction l’intrigue nous amène. Et pour une rare fois dans cette cinquième saison, la réalisation livre juste assez d’informations pour entretenir le mystère. Par exemple concernant le personnage de George Cloche, qui semble derrière la machination informatique, et qui ressemble physiquement à Harold Bell travaillant à l’OSI. Sont-ils une seule et  même personne ou deux frères jumeaux complices?

Considérant que l’OSI est à la fine pointe de la technologie informatique, le fait qu’elle soit confrontée à un super-ordinateur capable de la supplanter, voire de contrôler tout le pays jusqu’à ses satellites dans l’espace, en fait un adversaire à la mesure de Steve, Oscar et Rudy. Quant à la note d’humour, elle est apportée avec brio par la relation particulière qui se développe entre Steve et Emily Patterson, l’experte en informatique avec qui il mène son enquête, et qui est également une célibataire un peu désenchantée au point où elle a créé une boîte destinée aux rencontres amoureuses par ordinateur. Voilà qui donne une note ironique au titre original de ce double-épisode, dont la première partie menée avec adresse n’est qu’une mise en bouche en comparaison de ce qui va advenir dans la seconde.

Anecdotes :

  • Deuxième et dernière réalisation de Rod Holcomb pour la série après Le Scalpeur. La qualité rehaussée de son travail par rapport à son premier essai illustre assez bien pourquoi on lui a souvent confié plusieurs téléfilms et pilotes de série.

  • Sixième et dernier scénario écrit pour la série par John Meredyth Lucas, en compagnie de Wilton Schiller qui a imaginé l’histoire et dont c’est le troisième et dernier script. Nul doute qu’il s’agit pour les deux auteurs de leur œuvre la plus accomplie ou aboutie, comme quoi ils avaient gardé le meilleur pour la fin.

  • Fils des acteurs Robert Walker (L’inconnu du Nord-Express) et de Jennifer Jones (Duel au Soleil), Robert Walker jr. (George Cloche/Harold Bell) semblait destiné à suivre leur voie. Toutefois, après sa formation à l’Actor’s Studio, le jeune comédien voulait se démarquer de l’image de ses parents. Sauf que la ressemblance physique avec son père l’a amené à être souvent comparé à lui dans son travail de comédien. L’échec cuisant de la suite du film Permission jusqu’à l’aube (Ensign Pulver, inédit en France), où il a repris le rôle incarné par Jack Lemmon en 1964 a vite fait d’amenuiser ses chances de devenir une star du cinéma à Hollywood. Si bien qu’en plus de quelques rôles dans des films oubliables, Robert Walker jr. a orienté sa carrière davantage vers la télévision (Sur la piste du crime, La Grande Vallée, La Plantation, Arabesque) où il s’est signalé notamment par la qualité de son interprétation (Charlie X dans Star Trek, Billy le Kid dans Au Cœur du Temps). Dans le même temps, il a symbolisé la contre-culture par sa performance dans le film culte Easy Rider et dans le long-métrage en anglais de Georges Lautner Sur la route de Salina. Se disant à son aise en tant qu’acteur demeurant dans l’obscurité, il s’est retiré des écrans en 1993 avant de faire un retour récent dans un court-métrage en 2017.

  • Issue du ballet classique où elle a été formée par le célèbre George Balanchine, Elaine Giftos (Emily Patterson) s’est fait les griffes à Broadway en tant qu’actrice de comédies musicales dès les années 60 avant d’être sollicitée pour le cinéma et la télévision. Ironie du sort, son tout premier rôle à la télé fût dans un épisode de la sitcom Jinny de mes rêves, où elle incarnait une entremetteuse travaillant pour un service de rencontres romantiques qui ressemble quelque peu à son personnage dans ce double-épisode. Bien que très douée pour la comédie (Vivre à trois, The Partridge Family, The Bob Newhart Show, Ally McBeal) où elle n’a pas peur des rôles parfois excentriques, elle a su aussi s’imposer au plan dramatique (Hawaï, Police D’État, Arabesque, Bizarre, Bizarre). Dommage toutefois que son talent n’ait pas été reconnue à sa juste valeur puisque sa carrière n’a comporté aucun rôle en tant que vedette, à l’exception d’un film psychédélique de Roger Corman, Gas-s-s-s. Elle a pris sa retraite en 2001.

  • Les scènes où se trouvent les bureaux de George Cloche et Emily Patterson ont été tournées dans le célèbre Bradbury Building; bâtiment classé monument historique et culturel à Los Angeles. Son style architectural néo-roman a attiré l’œil de plusieurs cinéastes puisque les intérieurs sont vus dans de nombreux films comme Blade Runner, Chinatown ou The Artist de Michel Hazavanicius. À la télévision, plusieurs scènes d’épisodes de Mission: Impossible ont été tournées en ces lieux, ainsi que La main de verre pour la série Au-delà du réel.

  • Le Bradbury building ne fait pas plus que trois à quatre étages, mais pourtant lorsque Steve saute par la fenêtre, il ne descend pas moins de six étages jusqu’en bas.

  • Le premier titre de ce double-épisode fut The Demon Machine.

  • Steve tape sur le clavier d’un ordinateur avec les deux mains à la vitesse bionique. De plus, pourquoi Steve doit-il utiliser son œil bionique pour lire l'écran d’un ordinateur?

  • Bien qu’il s’agisse d’une bonne idée de fiction d’imaginer qu’un ordinateur puisse liquider Steve et Emily par la démolition du bâtiment où ils se trouvent, Ii est hautement improbable qu'une entreprise de démolition reçoive ses ordres de la part d’un ordinateur à cette époque. Dans les faits, la courroie de transmission de ce type d’instructions se fait par l’intermédiaire d’un répartiteur.

  • Plusieurs fois dans cette première partie, un modem à coupleur acoustique, venant avec un combiné téléphonique, est visible à côté du terminal informatique utilisé dans les bureaux de George Cloche. Pourtant, le connecteur de type RS-232 utilisé pour la connexion au terminal n'est jamais connecté.

  • Le numéro de téléphone que George Cloche appelle fréquemment est le 311-555-2368. Ce numéro de téléphone est fictif, mais a été utilisé très souvent dans Super Jaimie et dans d’autres séries produites par Universal.

-Steve: My old man always said if something's fishy, see who's casting bait.

-Oscar (à Steve): I heard you burned out our computer. You know it cost almost as much as you did.

-Steve: Look, I tell you I was just here to ask about your service.

-Emily: A guy who looks like you needing dates? Come on!

-Steve: I could be shy.

-Emily: And I could be the empress of Iran.

 

-Steve: I'll believe you if you'll believe me.

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20. RENDEZ-VOUS AVEC LE DANGER - 2E PARTIE
(DATE WITH DANGER - PART 2)

Résumé :

Steve Austin se blesse gravement à la tête au moment d’échapper au tueur à gages Banner. Identifié comme étant un dangereux schizophrène, Steve est enfermé dans une aile psychiatrique, mais trouve le moyen de prévenir Emily qui l'aide à s’évader. En fait, l'homme bionique a compris qu'un ordinateur a falsifié son dossier, et comme cette machine se sert des lignes téléphoniques pour se connecter à d'autres ordinateurs et espionner les communications, Steve prévient Oscar des événements à l'aide d'un code. Ensuite grâce à Emily, Steve retrace le suspect George Cloche, qui s'avère en fait Harold Bell, un génie informatique de l'OSI. Avec la complicité d'un certain David Fowler, Bell voulait contrôler la mémoire de l'ordinateur d'un tout nouveau satellite sur le point d'être lancé, afin d'accéder à des données mondiales financières ou militaires. Sauf que Bell a perdu le contrôle de sa propre création, maintenant devenue autonome et qui est prête à éliminer tous ceux et celles qui peuvent la mettre en danger. Steve doit maintenant découvrir l'endroit où se trouve cette machine et la détruire à tout prix, car elle contrôle maintenant le lancement du satellite et qu'Emily est sa prisonnière.

Critique :

Cette seconde partie maintient le haut-niveau de la première en termes de qualité globale autant par ses habiles rebondissements que son climat maintenu de paranoïa qui force Steve, Oscar et Emily à recourir à des trésors d’imagination pour échapper au super-ordinateur, devenu indépendant du contrôle d’Harold Bell alias George Cloche. Car nous apprenons qu’il s’agit bien d’une seule et même personne, ainsi que ses intentions de départ, qui aurait pu faire de lui l’un des plus grands espions industriel et financier qui n’ait jamais existé.

Bien avant internet et les avertissements d’Edward Snowden, on se rend compte dans ce second opus à quel point la menace que représente ce super-ordinateur est palpable. Pour se débarrasser de Steve à plusieurs reprises, il embauche un tueur à gages, tente de faire exploser une cabine téléphonique où notre homme bionique cherchait à communiquer avec Oscar, et change sa fiche d’identité et son dossier pour qu’il soit confiné dans une aile psychiatrique, non sans avoir auparavant modifié l’ordre de démolition d’un bâtiment pour qu’il soit effectif au moment où lui et Emily s’y trouvaient. Parlant d’Emily, il faut mentionner à quel point l’apport de ce personnage féminin dépasse la simple romance hebdomadaire du héros ou la star invitée de passage, et pas seulement grâce à son humour, mais à ses connaissances en tant qu’experte informatique. Cette véritable «geek» avant l’heure au même titre qu’Harold Bell, se révèle essentielle, malgré une certaine naïveté, pour déjouer le super-ordinateur et aider Steve à assurer sa destruction.

On se pose néanmoins la question à savoir pourquoi les producteurs et les diffuseurs n’ont pas décidé de conclure la cinquième saison et la série avec ce double-épisode, étant donné sa qualité pas loin du sublime? Comme de surcroît, Steve fait allusion au monstre de Frankenstein dans le dialogue, tout comme dans le téléfilm-pilote après sa greffe bionique, cela aurait admirablement bouclé la boucle comme conclusion. Malheureusement, un ultime épisode bien moins marquant sur les esprits a suivi Rendez-vous avec le danger.

En terminant, l’on ne peut passer sous silence, comme autres aspects positifs à souligner, le rythme trépidant de la mise en scène et surtout la qualité de la conception artistique qui a su disposer avec goût d’une belle variété de décors intérieurs et extérieurs. Mais le plus grand plaisir est certainement de revoir ce double-épisode et de constater qu’il est l’un des rares à ne pas avoir pris une ride, à l’exception des ordinateurs, dont la dimension et leur conception sont les seuls éléments à trahir son époque, suite aux découvertes et autres innovations, en particulier la miniaturisation, qui se sont produites jusqu’à nos jours.

Anecdotes :

  • Grand costaud aux cheveux longs ayant une présence et une intensité visibles à l’écran, Luke Askew (le tueur Arnold Banner) a interprété un nombre considérable de vilains au cinéma et à la télévision pendant une quarantaine d’années, et ce jusqu’à sa mort en 2012. C’est dans le film culte Easy Rider (où il a rencontré déjà Robert Walker jr.) ainsi que dans Luke la main froide qu’il se fait vraiment connaître, en plus d’obtenir un rare rôle de vedette dans le western italien Un tueur nommé Luke (!!!). Il a alterné avec un égal bonheur des rôles de durs-à-cuire au cinéma (Légitime violence, La poussière, la sueur et la poudre, Pat Garrett et Billy le Kid, The Beast Within) et à la télévision (Mission: Impossible, Section 4, L’Île Fantastique, K2000, Matt Houston, Walker, Texas Ranger). Bien que sa carrière se résume à plusieurs séries B, son dernier rôle avant de mourir fût celui d’un polygame dans l’excellente série dramatique inédite en France Big Love, où il a fait montre d’un talent d’acteur qu’on ne lui connaissait pas.

  • Au sein d’une carrière parsemée d’apparitions dans des rôles de troisième plan (Mannix, La Famille des collines, Sur la piste du crime, Les Envahisseurs, Mission: Impossible), Noah Keen (Joe Canton) en était déjà dans ce double-épisode à sa troisième présence dans la série après Le Robot et Noël bionique. Il est décédé récemment en 2019 alors qu’il avait 98 ans.

  • Le pistolet utilisé par Arnold Banner est un Walther P-38 modifié pour s'adapter à un silencieux.

  • Lorsque Steve projette le tueur à gages Banner sur le mur de briques, le mur tremble et apparaît clairement faux. À noter qu’on ignore ce que devient Banner dans cette seconde partie après que Steve l’ait laissé assommé au beau milieu des boites de cartons au fond d’une ruelle après leur bagarre. Cette négligence de Steve aurait pu lui coûter cher puisque Banner ne semble pas du genre à renoncer à ses contrats de liquidation. C’est donc l’oubli des scénaristes qui sauve la vie de Steve en quelque sorte.

  • C’est la troisième fois cette saison où Steve subit une commotion; les autres fois furent dans Le Spectre et Mission Lune.

  • Steve est capable dans cette seconde partie de scanner des centaines de fils téléphoniques grâce à son œil bionique.

  • Ce double-épisode a inspiré le pilote d’une brève série inédite en version française et conçue en 1988 intitulée Probe.

  • Dans une scène où Steve guide Emily sur la route, on peut voir que l’une des rues montre des voitures garées sur le côté gauche bout à bout, prouvant que le plan a été tourné en studio. En effet, il est donc impossible de s’y déplacer si ces voitures ne reculent pas une par une, en commençant par celle qui est la plus reculée.

-Steve: I hate to ask you to stick your neck out.

-Emily: I'm a born neck sticker-outer. I come from a long line of giraffes. What do I do?

-Emily: Whatever happened to the fish and chips you promised me?

-Steve: Sorry about that.

-Emily: Or the wine.

-Steve: I had an appointment with my psychiatrist.

-Emily: Excuses, excuses.

-Emily: Its an incredible machine. Whatever else you say about Cloche you have to admit he was a computer genius.

-Steve (faisant encore référence à Frankenstein): Well, Frankenstein was a pretty bright guy but look at the trouble he caused.

-Emily: I'd rather think about the fish and chips.

-Steve: And that bottle of wine.

-Emily: I thought you'd never mention it again.

 

-Steve: You'll have it if I have to squeeze the grapes myself.

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21. OPÉRATION DOUBLE-JEU
(THE MOVING MOUNTAIN)

Résumé :

Le chef d'un groupe terroriste militant, Santos, est parvenu à dérober un nouveau système lance-missiles mobile soviétique ainsi que plusieurs missiles guidés américains de type très avancés. Santos a l'intention de s'en servir pour extorquer de grosses sommes d'argent qui serviront à financer ses activités terroristes. Ayant appris qu'une agente soviétique du KGB, Andrea Mestrova, est chargée de retrouver le système lance-missiles russe, Oscar Goldman parvient à obtenir un arrangement avec son supérieur, le général Norbukov, pour qu'elle travaille en coopération avec Steve Austin, qui doit récupérer les missiles guidés américains. Alors que Steve et Andrea suivent la piste de Santos à Chamonix en France, Norbukov voit dans leur partenariat l'occasion unique de faire une pierre deux coups en s'emparant des missiles américains. En effet, Norbukov sait que l'homme bionique est le responsable de la mort du père d'Andrea, il y a de cela quelques années. Il compte donc se servir de cette information pour pousser son agente à aller jusqu'au bout en lui ordonnant de se débarrasser de Steve au moment opportun, elle qui répugne à tuer de sang-froid.

Critique :

C’est là le dernier épisode officiel de L’Homme qui valait trois milliards et franchement, il n’y a pas de quoi pavoiser. Non seulement le récit se borne à emprunter sans vergogne à la trame narrative du film L’Espion qui m’aimait de la saga James Bond, mais le tout se conclut également de façon décevante, sans aucun arc dramatique ni angle psychologique permettant au personnage de Steve Austin de quitter dignement le petit écran, sur une finale qui aurait fortement marqué les fans de la série. Pourtant, Jaime Sommers a eu droit à une telle finale pour son dernier épisode de Super Jaimie.

Cet arrière-goût amer laissé par cette finale inaboutie aurait pu être compensé par une meilleure inspiration des auteurs dans la confection de leur histoire, mais au lieu de cela, ils s’en tiennent uniquement à la tendance de cette ultime saison; en restant en mode recyclage. Si bien que ceux et celles qui ont vu L’Espion qui m’aimait devraient pouvoir aisément deviner à l’avance tout ce qui arrive dans Opération double-jeu. Comme quoi à tout prendre, il aurait mieux valu conclure la série avec le double-épisode précédent d’un calibre supérieur.

 

L’ensemble n’est pas racheté par une mise en scène trop fonctionnelle qui ne parvient à donner vie aux décors d’allure européenne, sentant d’avantage le studio que les rues de Chamonix et la campagne française où l’action est censée se dérouler. Toutefois, les acteurs donnent le meilleur d’eux-mêmes, conscients certainement qu’il s’agissait de la fin d’une belle expérience télévisuelle. Lee Majors, Richard Anderson et Martin E. Brooks livrent des performances plus à la hauteur que celle du scénariste Stephen Kandel, qui a pourtant déjà fait mieux comme travail en matière d’écriture de fictions. En prime, John Colicos vient habilement compléter le tableau en tant qu’invité dans un rôle de traitre dont il a le secret. Ironiquement, il incarna un autre renégat de façon régulière dans la série qui succéda à L’Homme qui valait trois milliards sur le réseau ABC: Galactica.

Cette fin de série a donc laissé une saveur d’inachevé aux fans, déjà en deuil de la disparition de leur héros favori des écrans de télévision. Mais comme le dit le vieux dicton, la patience paie. Et après quelques années d’attente, ils retrouvèrent Steve, Oscar, Rudy et bien évidemment Jaime dans une série de téléfilms-réunions destinés à enfin conclure leurs aventures sur une note plus satisfaisante.

Anecdotes :

  • Troisième et évidemment dernière réalisation de Don McDougall, tandis qu’il s’agissait du second et dernier scénario de Stephen Kandel pour la série.

  • Acteur canadien formé au théâtre shakespearien, John Colicos (général Gorbukov) a pris plaisir au cinéma et à la télévision à incarner des sinistres vilains, traitres et renégats, comme ce fut encore le cas dans cet épisode. Son rôle de l’ignoble comte Baltar dans Galactica fut à cet égard l’un des plus mémorables de sa carrière, au même titre que celui de Kor dans Star Trek, qui fut le tout premier adversaire klingon présenté au petit écran; rôle qu’il reprendra plus 30 ans après dans Star Trek: Deep Space Nine. Après des débuts modestes à la télévision durant les années 50, sa carrière a décollé dès la décennie suivante et on a pu le voir dans presque toutes les séries cultes de cette période ainsi que durant les années 70 (Mission: Impossible, Les Accusés, Mannix, Hawaï, Police D’État). Il a également eu la chance de côtoyer Alain Delon et Burt Lancaster dans le film d’espionnage Scorpio, ainsi que George C. Scott dans L’Enfant du Diable. Il fût également la voix d’Apocalypse dans la version en dessins animés des X-Men. Il est décédé en 2000 à l’âge de 71 ans.

  • Après des débuts prometteurs dans l’émission de sketchs comiques Laugh-In où elle a fait partie des artistes régulières, Lisa Farringer (Andrea Mestrova) n’a jamais pu inscrire sa carrière dans la durée; tellement que son rôle d’agente du KGB dans cet épisode fût son dernier avant qu’elle ne disparaisse des écrans. On ne retient d’elle que quelques prestations mineures dans des films de type «blaxploitation» comme Coffy, la panthère noire de Harlem, Dynamite Jones, L’Exécuteur noir et Truck Turner & Cie.

  • À l’exception de quelques apparitions sporadiques à la télévision (Cannon, Les Bannis, Police Story, Capitaine Furillo), George Clifton (Santos le terroriste) s’est contenté d’une carrière relative au théâtre dans des rôles de soutien.

  • Ayant fait ses débuts comme acteur dans un épisode de Super Jaimie, Paul Coufos a poursuivi une modeste carrière au petit écran et dans des séries B dans des rôles épisodiques (L’Incroyable Hulk, Les Têtes brûlées, Quincy, Deux cent dollars plus les frais) avant d’obtenir un personnage récurrent dans le soap opera Des jours et des vies.

  • Si Opération double-jeu fut le dernier épisode de la série, il ne fut cependant pas une finale puisqu’aucune conclusion n’a été donnée concernant les principaux personnages. À la différence de l’épisode final de Super Jaimie, qui s’est terminé avec la démission de la femme bionique en tant qu’agente de l’OSI. La résolution des arcs dramatiques impliquant Oscar Goldman, Rudy Wells, Steve Austin et Jaime Sommers sera toutefois au centre du trio de téléfilms-réunion sortis à la fin des années 80 et au début des années 90.

  • Le rapprochement de cet épisode avec le film de la saga James Bond L’Espion qui m’aimait ne se résume pas qu’à sa trame de base, où un agent américain forme un partenariat avec une agente soviétique pour combattre une tierce partie. En effet, le nœud de l'intrigue implique que l'agent américain ait tué un proche de l'agente soviétique autrefois en mission. Dans le cas de 007, c'était l'amant de l'agente soviétique; dans le cas de Steve Austin, c'est le père de l’agente.

  • Bien qu’une partie de l’action soit censé se dérouler à Chamonix en France, il apparaît clairement à l’image que les scènes ont été tournées dans les extérieurs des studios Universal.

  • La sonnerie sur le talkie-walkie de Steve utilise l'un des effets sonores  produits par les robots Fred Sloan et Oscar Goldman créés par le docteur Dolenz.

  • La toute dernière action bionique de Steve Austin dans la série est d’avoir poussé la plate-forme du missile devant la jeep de Norbukov pour l’empêcher de s’échapper.

-Norbukov (ricanant): We always assume the Americans are behind everything, as they assume we are. In this case it seems very probable Americans are working through their agents, recruiting some shabby traitor to sell out for a few of their beloved dollars.

-Andrea: This is insane.

-Steve: I agree. Our thimble-brained superiors gave the order Major Mestrova. We're now a team, you and me.

-Andrea: Its ridiculous.

-Steve: That's what I told Oscar but you haven't heard it all yet. You know how I got this at the desk? [Holds up the hotel room key] I'm your husband.

-Andrea: What!?

-Steve: We're newlyweds on a honeymoon off into the romantic wild.

-Andrea: Newlyweds? Ah because of Santos.

-Steve: The perfect cover while we search for Santos. Who'd suspect two lovers?

-Andrea: What is it?

-Steve: Oh, I was just congratulating myself on my great taste in wives.

-Oscar: I want these communications penetration proof.

-Rudy: That'll take time.

-Oscar: I don't care what it'll take, can you do it?

-Rudy: Yeah, there goes my night's sleep.

-Oscar: I'll allocate OSI funds for an extra pot of hot coffee.

-Oscar: We're old hands pal, too old to trust.

-Norbukov: Relax Oscar. We're not fighting the cold war this week. We're allies.

-Andrea (voyant la trahison de Norbukov): What are you talking about, you're a hero.

-Norbukov: Yes, of course, an aging hero is an old man in a faded uniform sitting on a park bench trying to stay alive with his pension. No, not for me.

-Steve: Bolshevik saboteur, I bet you make love to your tractor.

 

-Andrea: That's one bet that you lose (elle embrasse Steve-fin de l’épisode).

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Le Retour du scalpeur – 1ère partie
(The Return of Bigfoot - Part 1)