Saison 1Saison 3

L'Homme qui valait trois milliards

Saison 2

Présentation de la saison 2

1. Alerte nucléaire (Nuclear Alert)

2. Les Pionniers (The Pioneers)

3. Erreur de pilotage (Pilot Error)

4. Madame le Premier ministre (The Pal-Mir Escort)

5.Cinq cents millions de plus (The Seven Million Dollar Man)

6. Les Visiteurs de l'espace (Straight on 'til Morning)

7. Une amitié (The Midas Touch)

8. Reconstitution (The Deadly Replay)

9. Acte de piraterie (Act of Piracy)

10. Étranger à Broken Fork (Stranger in Broken Fork)

11. La Voyeuse (The Peeping Blonde)

12. Course à obstacles (The Cross-Country Kidnap)

13. Un amour perdu (Lost Love)

14. Kamikaze (The Last Kamikaze)

15. Le Robot (Return of the Robot Maker)

16. Taneha (Taneha)

17. Le Sosie (Look Alike)

18. L'Espion et la télépathie (The E.S.P. Spy)

19. La Femme bionique - 1re partie (The Bionic Woman - Part 1)

20. La Femme bionique - 2e partie (The Bionic Woman - Part 2)

21. La Bonne cause (Outrage in Balinderry)

22. Vengeance (Steve Austin, Fugitive)

 


PRÉSENTATION DE LA SAISON 2  

La deuxième saison de L’Homme qui valait trois milliards a été diffusée sur la chaine ABC le vendredi soir à 20H30 à partir du 13 septembre jusqu’au 20 décembre 1974. Mais après la pause des Fêtes, la série changea de case horaire pour être diffusée le dimanche soir à 20H00 à partir du 10 janvier jusqu’au 27 avril 1975.

La première saison, qui est en fait plus une moitié de saison puisqu’elle a démarré en janvier 1974, a connu un très gros taux d’audience avec 22.7 sur l’échelle d’audimat de Nielsen pour une moyenne de 15 027 400 téléspectateurs par épisode, ce qui l’a classé au 11ème rang des programmes télévisés les plus regardés aux États-Unis.

Les choses s’annonçaient donc au beau fixe pour la seconde saison. Mais la réalité fût moins souriante à prime abord. En effet, Elroy Schwartz, le scénariste qui avait réussi en quatre épisodes à définir les personnages et à donner un cachet de qualité à la série comme la production le souhaitait, a refusé de continuer plus avant, malgré une offre d’Harve Bennett pour l’écriture d’autres épisodes.

Selon Schwartz lui-même, son refus de poursuivre l’aventure n’était pas dû à un manque de volonté, ni à l’absence d’idées. L’auteur a plutôt fait porter la responsabilité sur Harve Bennett et Lionel E. Siegel (script-éditeur de la première saison), qui réécrivaient ses scénarios et y faisaient des changements sans l’avoir avisé avant leur présentation à l’écran. Schwartz ne s’opposait pas à la réécriture par d’autres; ce qui le dérangeait était le fait de ne pas être informé des changements apportés.

Ne disposant plus du talent de Schwartz pour continuer de faire progresser la série, Harve Bennett dû trouver d’autres auteurs pour écrire les 22 épisodes de cette deuxième saison, ce qui ne fût pas une mince tâche, au point où la qualité globale des récits stagna quelque peu. Par bonheur, Bennett a réussi à trouver à tout le moins un auteur qui, s’il n’est pas aussi brillant qu’Elroy Schwartz, a su s’ajuster aux règles de la production et s’approprier les personnages pour les faire évoluer dans la bonne direction: Wilton Denmark.

La contribution de ce dernier ne saurait toutefois se résumer en nombres d’épisodes, puisqu’il n’en écrira que quatre au cours de cette seconde saison, et deux autres lors de la troisième. De plus, il ne fût pas le seul qui a apporté sa pierre à l’édifice de la série, puisque le bras droit d’Harve Bennett, Kenneth Johnson, qui travaillait dans l’ombre jusque-là, a lui aussi joué un rôle plus affirmé et déterminant dans l’évolution de la série au cours de cette saison Deux.

Malgré la contribution positive de ces deux auteurs, la production et l’écriture de cette seconde saison furent loin d’être à la hauteur des attentes émises par les succès de la première. Tellement au point où un sentiment d’incertitude plana au sein de la compagnie Universal et la chaîne ABC. Nous y reviendrons dans les critiques des épisodes.

Parmi les changements effectués qui furent notables, le générique d’ouverture conçu par Jack Cole a été bonifié de 20 secondes supplémentaires. Des images précédant le crash de la navette de Steve Austin et des plans dans la salle d’opération, agrémentés de schémas illustrés par informatique de la greffe bionique, furent ainsi rajoutés. Ce faisant, le texte prononcé par Richard Anderson, ou plutôt Oscar Goldman, fût également ajusté en conséquence en étant prolongé, après la courte entrée en matière d’Harve Bennett, qui elle, n’a pas changé. Voici le nouveau texte d’introduction:

« Gentlemen, we can rebuild him. We have the technology. We have the capability to make the world's first bionic man. Steve Austin will be that man. Better than he was before. Better… Stronger… Faster… »

Conséquemment, cette nouvelle version du générique et du texte d’introduction restera jusqu’à la fin de la série et ne connaîtra que des ajustements mineurs sans plus. Cependant, il est intéressant de noter que la version française « made in France » a doublé presque mot pour mot cette nouvelle version du texte d’introduction, incluant la courte portion d’Harve Bennett, tandis que la version française québécoise a conservé la même traduction que la première saison, malgré le prolongement du générique de 20 secondes.

Le nouveau doublage français, par l’intermédiaire de l’acteur Jacques Deschamps, qui a doublé Oscar Goldman pour la France, se déclame comme suit:

« Steve Austin, astronaute. Un homme tout juste vivant. Messieurs, nous pouvons le reconstruire. Nous en avons la possibilité technique. Nous sommes capables de donner naissance au premier homme bio-ionique. Steve Austin deviendra cet homme: il sera supérieur à ce qu’il était avant l’accident. Plus fort, plus rapide...En un mot, le meilleur! »

Bien évidemment, le compositeur Oliver Nelson en profita pour améliorer le thème de la série, que l’on peut enfin entendre vers la fin du générique d’ouverture avant l’apparition du titre de la série sur l’écran. Certes, le thème pouvait déjà être entendu lors des épisodes de la saison Un. Sauf que pour le générique d’ouverture bonifié, Oliver Nelson a su mettre à profit tout l’orchestre, et particulièrement les instruments à vent, pour donner au thème de la série cette musicalité et cette personnalité dans la signature, de même que ce rythme inoubliable qui l’a rendu vraiment marquante à plus d’un titre.

Pour assurer la production de cette seconde saison, Harve Bennett a d’abord donné une promotion à son script-éditeur de la première saison au poste de producteur: Lionel E. Siegel, qui trouvera même le temps d’écrire un épisode. Après des débuts difficiles, il est devenu tellement efficace qu’Harve Bennett le nommera producteur exécutif de la série Super Jaimie pour la dernière saison en 1977. Quant à l’autre producteur, Joe L. Cramer, il avait fait ses armes en tant que directeur de production pour des films comme Bullitt et Catch-22 avant qu’Harve Bennett de lui confia les rênes de la production d’une série pour la première fois de sa carrière. Hélas, il est décédé en 1977 sans vraiment avoir eu la chance de confirmer ses aptitudes, sauf en tant que superviseur de production pour la série Switch.

Bon gré mal gré, la deuxième saison pouvait commencer, avec tous les espoirs placés en elle et, hélas, les déceptions face aux réalités du marché de la télévision américaine.

 

1. ALERTE NUCLÉAIRE
(NUCLEAR ALERT)



Résumé :

Une arme nucléaire est mise aux enchères sur le marché noir. Alerté, L’OSI, en collaboration avec l’armée américaine et d’importants scientifiques nucléaires, constate que puisqu’aucune arme de la sorte n’est portée disparue ou manquante, les vendeurs en ont tout simplement fabriqué une en dérobant un peu partout toutes les pièces nécessaires, sauf une: un fusible à réflecteur. Comme cette pièce doit être transportée par camion, Steve Austin se porte volontaire pour en être le conducteur, ceci afin de pouvoir suivre et retracer d’éventuels agresseurs désireux de s’emparer du fusible, jusqu’aux têtes dirigeantes de l’organisation qui a mis l’arme nucléaire aux enchères. Ce qui devait s’avérer une mission de routine se complique toutefois puisque le chef de l’organisation se trouve à être un des scientifiques nucléaires américains impliqués.

Critique :

Si Population Zéro était l’épisode idéal pour démarrer la première saison, cela ne s’avère pas le cas avec Alerte Nucléaire qui se révèle plutôt moyen. Il faut dire que l’enjeu de l’intrigue, soit la récupération d’une arme nucléaire vendue au marché noir, s’avère plus banal que la menace infra-sonique du docteur Bacon, et ce, d’autant plus qu’il a déjà été le sujet de films et d’autres épisodes de séries à divers degrés, tellement le sujet était à la mode sur le plan dramatique durant cette période.

Après une séquence pré-générique à bord d’un avion privé où se déroule la vente aux enchères de l’arme nucléaire, qui rappelle (encore!) certains segments des films de James Bond, l’histoire se traine un peu après les passages d’explication d’usage, alors que la portion où Steve conduit le camion transportant le fusible à réflecteur est arbitrairement étirée. On sent en effet des approximations dans la progression afin de remplir le temps imparti jusqu’au climax, même si les situations qui se déroulent donnent le change et empêchent le spectateur de sombrer dans l’ennui.

Heureusement, les choses se replacent dans le dernier tiers, au moment où Steve est prisonnier à bord de l’avion des trafiquants avec le docteur Clea Broder, qui avait démasqué le judas scientifique derrière cette mise aux enchères. Alors que des avions militaires américains sont sur le point d’abattre le jet privé contenant la bombe, les vilains menacent de la faire exploser si on ne les laisse pas tranquilles. Steve, se sachant en mauvaise posture, est conscient qu’il lui faut faire usage à bon escient de ses pouvoirs bioniques pour venir à bout des trafiquants sans faire exploser la bombe nucléaire par accident. Le suspense se maintient et est donc bien entretenu alors qu’on attend de voir à quel moment et comment il va agir pour éviter une catastrophe.

Malheureusement, si Steve réussit encore une fois à venir à bout des vilains de l’histoire et à désarmer l’arme nucléaire, il n’a pu y parvenir sans tuer le chef des trafiquants. Harve Bennett et Lee Majors avaient pourtant bien spécifié qu’autant que possible, Steve Austin ne tuerait personne et une nette progression en ce sens s’était affirmée lors de la première saison. Manifestement, cette règle a été mise de côté ici, et c’est d’autant plus surprenant puisque Steve Austin aura affaire dans les épisodes subséquents à des personnages bien plus détestables, sans que cela ne l’empêche de les garder en vie.

Visiblement, Alerte Nucléaire apparaît comme un épisode où on sent que l’équipe de production est un peu rouillée en ce début de saison Deux. Cela dit, il y a assez de bons éléments pour le classer dans la catégorie de l’honnête moyenne.

Anecdotes :

  • C’est le deuxième et dernier épisode de la série écrit par William Driskill.

  • Spécialisée notamment dans des rôles latinos, l’actrice Carol Lawrence (Clea Broder) a connu une carrière essentiellement consacrée à la télévision (Le Fugitif, Hawaï Police D’État, Kung Fu, Mannix) et au théâtre. Elle fut d’ailleurs la première à avoir joué le rôle de Maria à Broadway lors de présentation de la comédie musicale West Side Story en 1957.

  • On apprend dans cet épisode que le bras bionique de Steve peut être relié à un détecteur d’une portée de 16 km et qu’il lui faut 1 550 watts de puissance continue pour pouvoir fonctionner.

  • Autres données à mettre dans le catalogue bionique: l’œil de Steve possède un zoom télescopique de 20:2:1 avec 2 315 lignes de résolution. Quant aux jambes, elle requiert 4 920 watts de puissance avec une réserve de 2 100 watts au besoin pour être fonctionnelles.

  • Le technicien dans le camion qui suit Steve se trompe de grade au moment où il contacte Oscar Goldman pour lui signaler avoir perdu sa trace, puisqu’on l’entend dire “général Austin”, alors qu’il est colonel.

  • Pour la deuxième fois, on peut voir une cabine téléphonique bizarrement située, alors que la porte donne directement sur la rue. Toute personne voulant en sortir n’a donc pas le choix de surveiller le trafic automobile pour éviter un accident.

  • Pour une rare fois, on peut apercevoir Steve Austin courir en accéléré plutôt qu’au ralenti, alors qu’il traverse un champ de maïs, le temps d’un gag ou le fermier qui l’a aperçu dit à sa femme: “I'll be needing a new pair of glasses, Martha. Beginning to see funny things...”

  • Lors de la séquence pré-générique de la mise aux enchères de l’arme nucléaire, la règle établie par les “vendeurs” veut que les acheteurs présents n’aient droit qu’à une seule enchère qu’ils ne peuvent soumettre que selon un ordre établi par tirage au sort. Or, le dernier à avoir la chance de soumettre la dernière enchère surenchérit de 5 millions sur son prédécesseur alors qu’il n’avait besoin que de soumettre un sou de plus pour emporter la mise.

  • En France, Lee Majors était doublé par Dominique Paturel, qui a été également connu pour avoir doublé Roy Thinnes dans la série Les Envahisseurs, et qui était la voix française attitrée à l’acteur italien Terence Hill et de l’acteur anglais Michael Caine.

  • Au Québec, c’est l’acteur et directeur de théâtre Michel Dumont qui a doublé Lee Majors. Bien que sa carrière se soit déroulée essentiellement sur les planches, il est parfois la voix attitrée à Anthony Hopkins au cinéma.

-Clea Broder: Steve, the things you did on the plane, and even before that, the way you knocked down that door... how did you do it?

-Steve: Oh, slight of hand, slight of foot.

-Clea Broder: Oh, really?

Oscar: Dr. Broder, he fascinates a lot of women with those tricks. I, well, I have to rely on my native charm.

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2. LES PIONNIERS
(THE PIONEERS)

Résumé :

David Tate et Nicole Simmons sont un couple de savants qui ont conçu un nouveau sérum de régénération cellulaire afin de contrevenir aux effets secondaires se produisant lors de la réanimation d’êtres humains placés dans un état de suspension cryogénique pour supporter de longs voyages dans l’espace. Seulement voilà, la capsule spatiale transportant les deux savants s’écrase dans une région des États-Unis, ce qui provoque accidentellement une injection trop prononcée du sérum chez David Tate au moment de sa réanimation. Conséquemment, ce dernier se retrouve doté d’une force surpuissante, mais il est également pris de crises violentes incontrôlables, qui font qu’il sème la terreur dans la région. Se sentant responsable après avoir donné personnellement son appui au couple de savants, Oscar Goldman demande à Steve Austin de se rendre sur les lieux du crash avec Rudy Wells afin de stopper David, et si possible, permettre à Nicole de pouvoir le guérir.

Critique :

Le point de départ du récit laisse présumer une possible invasion venue de l’espace, amplifiée par les cadrages et l’emploi de la lumière lors de la séquence pré-générique, alors que David Tate quitte la capsule comme un fou, s’enfonce dans la nature sauvage et agresse les personnes qu’ils croisent. Étant donné l’aspect science-fiction de la série, même au sein d’un cadre réaliste, et le métier d’astronaute du principal protagoniste, on pouvait s’attendre à ce que les auteurs imaginent éventuellement des aventures où Steve Austin rencontre un jour des extra-terrestres.

Il faudra cependant attendre un peu toutefois, car on se rend compte assez rapidement que cela n’est pas le cas dans Les Pionniers, dont l’enjeu dramatique n’est pas sans rappeler quelque peu celui de l’épisode Le Mal de l’Espace de la première saison: une personne, lors d’un voyage dans l’espace, en revient transformée, mais en contrepartie avec un comportement incontrôlable qui le rend dangereux. Et comme pour Josh Lang, le destin de David Tate semble inexorable.

Les Pionniers se veut donc d’une variante d’une formule narrative gagnante qui met de l’avant les valeurs humanistes autant des concepteurs de la série que des personnages. Ce ne sera pas la dernière fois que cette formule narrative sera employée. Néanmoins, si sa répétition trahit un certain manque d’originalité, il n’en demeure pas moins que l’intrigue sait habilement doser ses ingrédients, notamment en rendant plausible les explications scientifiques, pour donner au final un très bon épisode.

Car l’essentiel, c’est que le scénario et la réalisation nous amènent à croire aux personnages de ce couple de savants, victimes de circonstances qui ont fait mal tourner leur expérience scientifique, et à s’attacher à eux. Si les auteurs nous rappellent les risques associés à la recherche scientifique, cela est fait sans pour autant nier son apport positif sur la société plutôt que par un ton moralisateur qui aurait été de mauvais goût. Comme quoi les accidents tragiques, les sacrifices et les erreurs font partie de la trajectoire qui permet à ces avancées de servir au progrès de l’humanité.

Anecdotes :

  • Il s’agit de la première réalisation pour la série de Christian I. Nyby II, le fils du réalisateur Christian Nyby. Après avoir fait ses débuts comme assistant, puis comme réalisateur pour la série L’Homme de fer en 1972, il a connu une carrière prolifique à la télévision en travaillant sur d’innombrables séries populaires comme CHiPs, Battlestar Galactica, L’Agence tous risques,Capitaine Furillo, et plusieurs téléfilms de la série Le Retour de Perry Mason.

  • Avant d’être un auteur de théâtre réputé, Bill Svanoe était durant les années 60, un militant des droits civiques ayant fait de la prison et un membre d’un groupe de musique, The Rooftop Singers, dont la chanson “Walk Right In” fut un gros succès en 1963 (la chanson a rejoué dans le film Forrest Gump). Il signe ici le premier de ses deux scénarios pour la série. En plus de l’écriture, il a été peintre et photographe.

  • Katey Barrett, qui a imaginé l’histoire de cet épisode, est surtout reconnue comme responsable des scripts pour des séries comme MacGyver, Pour l’amour du risque, The Practice et Boston Justice.

  • Acteur de soutien très apprécié depuis les années 60 à la télévision, Mike Farrell (David Tate) a obtenu une certaine reconnaissance pour son rôle du capitaine B.J. Hunnicutt dans la sitcom M.A.S.H.

  • Épouse à l’époque de l’auteur Bill Svanoe, l’actrice, scénariste et réalisatrice Joan Darling (Nicole Simmons) fut une des premières femmes à avoir connu une carrière stable et régulière devant et derrière la caméra. Elle avait déjà travaillé avec Lee Majors sur la série Owen Marshall où elle avait un rôle récurrent. On peut également la voir apparaître dans des séries comme Sergent Anderson et Quincy entre autres. Comme réalisatrice, elle s’est surtout fait un nom dans les sitcoms comme M.A.S.H. ou encore Mary Hartman, Mary Hartman. Elle a créé un atelier à l’Institut Sundance sur les méthodes pour diriger les acteurs en plus d’y être conseillère au plan de la création pour les étudiants en réalisation depuis 20 ans.

  • Cet épisode marque le retour de Rudy Wells pour la saison Deux.

  • L’emploi des effets sonores bioniques suscite encore une fois la confusion dans cet épisode. Si on peut y entendre le son habituel connu pour l’usage de l’œil bionique de Steve, en revanche, l’effet sonore soulignant la force bionique sert ici à souligner la force surhumaine de David Tate uniquement. Et lorsque Steve se sert de ses pouvoirs bioniques pour courir ou pour ouvrir la porte de la capsule spatiale, jamais l’effet sonore ne se fait entendre.

  • Il apparaît peu crédible que la mission du couple scientifique puisse rester secrète. Indéniablement, leur capsule spatiale n’aurait jamais pu échapper aux radars de la NASA ou des Soviétiques, du décollage à l’atterrissage.

  • D’un autre côté, les éléments entourant la recherche en matière cryogénique sont plausibles. La NASA a un département de recherches dans le domaine de la cryopréservation qui est similaire aux expériences menées par David Tate et Nicole Simmons, et certaines expériences sont même effectuées à bord des stations spatiales internationales. On n’en est cependant pas encore au stade des expériences sur des êtres humains.

  • Pour la seconde fois, le bras bionique de Steve apparaît fragile, alors que David Tate parvient à l’endommager grâce à sa force incontrôlable. La première fois remonte à l’épisode de la première saison Le Docteur Wells a disparu, alors que le bras bionique avait été cette fois endommagé par un coup de lampadaire.

  • Steve fait savoir à nouveau à Oscar dans cet épisode qu’il n’est pas à son service comme un chien aux ordres de son maître: « Look, Oscar, I'm not one of your eager beavers, you know. Your problems aren't my problems unless you got reasons - reasons that make sense to me. » 

-Nicole Simmons: Your arm's bionic!

-Steve: Two years ago, I was part of an experiment Oscar and Rudy...tried. So far, it's worked.

-Nicole: One of Oscar's experiments called in to help another one of Oscar's experiments. Kinda makes us family, doesn't it?

-Steve: Sorta. Country cousins. (…) You know, I've never met anyone who's been an experiment like me.

-Nicole: How does it make you feel?

-Steve: It makes me feel...a little less alone.

-Oscar: Too much. Too much to pay for something called science, or progress. All right, I'm in government service, but what am I? What am I, really? I'm just a glorified public servant. So why should I have the power to send a man to this death? Here I am alive, right now, right this minute. David Tate is dead. What is it? Am I better than he was, is that it?

-Steve: He knew the risk.

-Oscar: Come on, pal, he didn't think for a minute he was going to get killed.

-Steve: Look, you didn't force him, Oscar.

-Oscar: Oh, come on.

-Steve: It wasn't for nothing. You know that serum can open up a whole knew world to research. A way to increase a man's physical and mental potential.

-Oscar: Potential? You're talking about man's potential. A man has died here. David Tate is dead, don't you understand that? He's dead!

-Steve: Yes, he's dead. But you're still alive to finish what you two started together.

-Oscar: Oh, come on, now.

-Steve: It takes two, Oscar. You wanted him to do it. But he wanted to do it. In a way he was...he was kind of a pioneer. You couldn't have stopped him if you tried. I know you, Oscar, you're not just a glorified public servant. You're a man who has to keep trying to find ways to improve things. In a way, you're a pioneer, too. Where would I be if you weren't?

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3. ERREUR DE PILOTAGE
(PILOT ERROR)

Résumé :

Un des hommes qui a financé l’opération ayant fait de Steve Austin un homme bionique, le sénateur Ed Hill, est sous le coup d’une enquête pour une erreur de pilotage qui a provoqué un accident de vol. Les enquêteurs doivent établir hors de tout doute si cette erreur de pilotage est déterminante pour faire perdre au sénateur sa licence de pilote et son statut d’officier de réserve au sein de l’US Air Force. En tant que colonel de l’armée de l’air qui a déjà été aux commandes du même type d’avion, Steve est amené à témoigner en reproduisant les mêmes faits et gestes lors de l’accident, et la démonstration se révèle incriminante pour le sénateur. La vérité éclate toutefois lors d’un vol de retour vers Washington, alors que le sénateur Hill est victime périodiquement de défaillances de concentration aux commandes de l’avion. Rendu aveugle à la suite d’une fuite d’huile, Steve Austin devra néanmoins piloter l’avion à la place du sénateur, avec l’aide de son fils Greg et de la tour de contrôle pour ramener tout le monde à bon port.

Critique :

Cet autre très bon épisode sans antagonisme pose au départ le dilemme moral suivant: comment peut-on défendre quelqu’un dont la générosité a changé votre vie, sans pour autant trahir ses propres principes et rester honnête avec soi-même? C’est à cette question que Steve Austin est confronté, alors qu’il est amené à témoigner en faveur du sénateur Ed Hill, l’un de ceux qui a financé son opération bionique.

Seulement voilà, l’honnêteté et la franchise sont des principes chers à Steve, surtout après prêté serment en tant que pilote. Si bien qu’il ne peut pas tricher lors de la reconstitution des événements dans le simulateur, afin d’éliminer les soupçons pesant sur le sénateur concernant sa responsabilité dans l’accident évoqué. Et ce, malgré le fait que ce soit Oscar Goldman qui ait recommandé Steve pour témoigner en sa faveur, et qui cherche à convaincre Steve en vain de modifier son témoignage parce qu’il lui est redevable.

Ce postulat établi, le spectateur en vient à découvrir la vérité à propos du sénateur, dont le comportement orgueilleux et fier, alors qu’il avait peur de perdre sa licence de pilote, mais surtout des points aux élections à cause de cet accident, ne lui ont pas fait prendre conscience du mal qui l’affecte. Dommage toutefois qu’afin de le rendre clairement honnête aux yeux des spectateurs, les auteurs ont conçu un rebondissement au cours du périlleux voyage de retour où son attaché politique lui suggère d’éliminer Steve, ce qu’il refuse tout net.

Bien que l’intrigue ne traine pas et maintient l’intérêt, tout en rendant les personnages globalement attachants avec assez de crédibilité, un certain manque d’imagination se fait sentir dans le dernier droit, alors que Steve, rendu temporairement aveugle, est aidé par une contrôleuse du trafic aérien et par le fils du sénateur pour ramener l’avion intact avec tout le monde en vie; situation qui est assez familière à celle du film catastrophe Aéroport 75, sorti quelques mois plus tôt, et où une hôtesse de l’air doit piloter un avion de ligne en étant guidé par la tour de contrôle, après une collision où le pilote a été rendu aveugle.

En dépit de ces quelques défauts et de quelques lacunes techniques, Erreur de pilotage se veut un épisode fort sympathique révélateur autant des principes et des valeurs de Steve Austin, que de ceux de ses concepteurs.

Anecdotes :

  • C’est le troisième et dernier épisode réalisé par Jerry Jameson.

  • Unique épisode écrit par Edward J. Lakso (souvent épelé par erreur Lasko), cet auteur et compositeur a travaillé sur de nombreuses séries comme Star Trek, 200 dollars plus les frais, Hawaï Police D’État, Starsky & Hutch et Drôle de dames pour laquelle il a signé la musique de quelques épisodes. Il est décédé en 2009.

  • Destiné à une belle carrière suite à sa performance sur les planches dans la pièce J.B., Pat Hingle (sénateur Ed Hill) a vu son parcours changé le jour où il est tombé dans la cage d’ascenseur de son appartement. Se trouvant entre la vie et la mort pendant deux semaines, il lui a fallu un an de réadaptation pour se remettre de ses blessures, ce qui lui a fait perdre le rôle principal du film Elmer Gantry qui est allé à Burt Lancaster et pour lequel il a remporté un Oscar. Reconverti dans les rôles de composition, cet acteur chevronné est surtout reconnu pour avoir joué dans de nombreux films de Clint Eastwood et pour son rôle du commissaire Gordon dans la version 1989 de Batman de Tim Burton. À noter qu’il a été dans la marine pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il est mort en 2009.

  • Alternant avec autant d’aisance les rôles de troisième plan au cinéma que les rôles de second plan, voire celui d’artiste invité à la télévision, Alfred Ryder (Joe Lannon, l’attaché politique du sénateur) est l’un des acteurs américains les plus polyvalents de sa génération. Tellement qu’on a pu le voir dans presque toutes les séries populaires ou cultes depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale (Star Trek, Voyage aux fonds des mers, Des Agents très spéciaux, les Envahisseurs, Mission: Impossible) jusqu’à la fin des années 70. Évoluant également à la radio et au théâtre, son talent lui a souvent permis de jouer des personnages obscurs ou des antagonistes brillants. Il est décédé en 1995.

  • Cet épisode est le seul où le générique débute avec la musique de la saison Un pour se terminer avec celui de la saison Deux.

  • Pour une rare fois, le compositeur Oliver Nelson recycle une de ses musiques composées pour une autre série, puisqu’on peut entendre des segments musicaux tirés du téléfilm de la série Columbo: Dites-le avec des fleurs.

  • C’est aussi un des très rares épisodes où on peut voir Steve Austin porter la cravate quand il n’est pas vêtu de ses habits militaires. À l’époque de la série Owen Marshall, l’acteur Lee Majors devait porter régulièrement la cravate et il avait déclaré aux médias détester la porter.

  • Lee Majors et Pat Hingle ont déjà joué ensemble dans le téléfilm The Ballad of Andy Crocker en 1969. Ce téléfilm est demeuré inédit au Québec et en France.

  • Pendant les séquences de vol, les contours de l’écran de transparence sont parfois visibles.

  • Vers la fin de l’épisode, le spectateur connaît ce qu’il advient de tous les personnages, sauf celui de Joe Lannon, qui a été mordu par un serpent; un oubli de la part du scénariste.

  • L’avion à bord duquel vole Steve, le sénateur Hill, son fils et Joe Lannon est un « Ryan Navion ». Il a été développé et construit peu de temps après la Seconde Guerre Mondiale et était toujours en production limitée à l’époque où cet épisode a été filmé.

  • Martin Caidin a classé cet épisode parmi ses favoris, surtout devant le réalisme des séquences de vol.

  • Concernant le cas du sénateur Hill, Steve manifeste encore une fois son désaccord envers Oscar au point de soulever avec sa force bionique sa voiture décapotable au grand jour, avec le risque d’être vu publiquement, pour manifester sa désobéissance.

-Oscar: Steve, just tell them about the simulator. The accident could have happened that way, they'll believe that.

-Steve: I can't, Oscar. I don't believe it.

-Oscar: I'm afraid that's not good enough.

-Steve: Well, it'll have to be because I'm not going to lie about it.

-Oscar: You don't have to lie. Listen, I'm tired of asking you - I'm telling you!

-Steve: Is that like an order, Oscar?

-Oscar: You can take it any way you like.

Afin de réparer l’avion, Steve est obligé de montrer ses pouvoirs bioniques au sénateur Hill, qui a financé son opération sans savoir de quoi il retournait. Plus tard, le sénateur tient à remercier Steve de lui avoir sauvé la vie ainsi qu’à son fils, qui a aidé Steve à ramener l’avion à bon port:

-Sénateur Hill: Best thing I ever did was get Oscar that six million.

-Steve: General, the best thing you ever did was raise a son.

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4. MADAME LE PREMIER MINISTRE
(THE PAL-MIR ESCORT)

Résumé :

La première ministre d’une petite nation du Moyen-Orient du nom d’Eretz, Salka Pal-Mir, est aux États-Unis afin d’entamer des pourparlers de paix avec les factions guerrières en conflit au sein de son pays. Comme elle souffre d’un syndrome cardiaque qui risque à tout moment de provoquer un infarctus fatal, madame Pal-Mir, faute de pouvoir trouver un donneur compatible, a accepté que Rudy Wells lui greffe un tout nouveau cœur bionique. Pour les fins de l’opération, la première ministre doit se rendre secrètement au centre de recherches de Rudy Wells dans le Tennessee. Pour assurer sa sécurité lors du voyage, Oscar Goldman réussit à la convaincre d’être accompagnée par Steve Austin pour veiller sur sa sécurité. Il se trouve cependant que Shahvid, le garde du corps personnel de madame Pal-Mir, est de mèche avec ses ennemis et ces derniers comptent bien profiter de l’occasion pour l’éliminer pendant le trajet.

Critique :

On avait pu voir dans Athéna Un que le caractère quelque peu chauvin, patriarcal et macho de Steve Austin avait parfois du mal à s’ajuster à la présence de femmes fortes à des postes non-traditionnels, en l’occurrence le major Kelly Wood, première femme astronaute américaine. Cette fois-ci, c’est à une cheffe d’état que notre homme bionique doit venir en aide, alors qu’il ose affirmer sérieusement d’entrée de jeu que la possibilité de voir un jour une femme devenir présidente des États-Unis est tout à fait improbable.

Mais tout comme avec le major Wood, Steve Austin démontre progressivement une admiration, un grand respect et une certaine ouverture par rapport à sa position de départ à force de connaître madame Pal-Mir pendant le trajet vers le centre de recherches de Rudy Wells. Son tempérament humain et empathique a repris le dessus pour l’amener à plus de compréhension envers cette dame, et à mieux accepter le fait qu’une femme puisse très bien diriger les destinées d’un pays aussi bien que les hommes.

Sachant sans doute que l’attaque des ennemis de la première ministre en cours de route serait prévisible, les auteurs ont eu la bonne idée de miser davantage sur le développement de la relation entre Steve et madame Pal-Mir. Ce faisant, nous découvrons en elle, certes, une femme engagée, intelligente, capable d’avoir une poigne de fer et d’être dure comme le roc, mais également un chef d’état sensible, serviable, croyant au bien commun et à la paix. Et à travers ses traits de caractères et sa relation avec Steve, ce dernier finit lui-même par tomber littéralement sous son charme et réciproquement. C’est là où réside à l’arrivée tout l’intérêt de Madame le Premier ministre.

Il est également à noter que les trois épisodes précédents de la seconde saison, en dépit de leurs qualités, étaient un peu faibles sur le plan de l’humour. Ici toutefois, les échanges entre madame Pal-Mir et Steve Austin ne manquent parfois pas de piquant. Mais comme ce personnage de cheffe d’état n’a pas la langue dans sa poche pour émettre ses idées et ses opinions, cela n’a rien de surprenant.

Ainsi, bien que le propos politique reste en surface et s’en tiennent à des éléments universels, et que le suspense n’est pas son point fort, cet épisode nous offre un rare et beau portrait d’une grande politicienne d’âge mûr. Voilà qui est rafraichissant, plus encore dans le contexte d’une série d’aventures flirtant avec la science-fiction et à une époque où l’on ne voyait pas énormément de protagonistes féminins forts.

Et dire que la femme bionique n’est pas encore arrivée…

Anecdotes :

  • Seul et unique épisode réalisé par Lawrence Dobkin, d’abord connu comme acteur de soutien à la radio et à la télévision (Mission: Impossible, Les Rues de San Francisco, K2000), mais qui n’a pas hésité à passer derrière la caméra (Les Joyeux Naufragés, Les Mystères de l’Ouest, Star Trek, Cannon, Barnaby Jones).

  • Le tandem de scénaristes composé de Margaret et Paul Schneider est l’un des rares couples mariés à avoir travaillé ensemble pendant presque toute leur carrière. Madame le Premier Ministre est le premier des trois scripts qu’ils ont écrits ensemble pour la série. Ils ont également écrit des scénarios pour des séries comme La Nouvelle Équipe, Bonanza, mais surtout des séries médicales comme Le Jeune Docteur Kildare et Docteur Marcus Welby. Ils sont décédés en 2008 à quatre mois d’intervalle.

  • Anne Revere (Madame Pal-Mir) fut l’une des grandes actrices de composition à Hollywood durant les années 40. Spécialisée dans les rôles de matriarches et les personnages névrosés au cinéma après avoir fait de grands débuts sur la scène de Broadway, elle a remporté l’Oscar de la meilleure actrice de soutien pour le film Le Grand National en 1946, en plus d’avoir obtenu deux autres nominations dans cette catégorie. Sa carrière connut un tournant dramatique en 1951 lorsque son nom figura sur la « liste noire » du fameux sénateur McCarthy, qui voulait purger Hollywood du « mal communiste » et qui avait entrepris une sorte de « chasse aux sorcières ». Évoquant le cinquième amendement, elle refusa de témoigner devant le Comité des Activités anti-américaines, et elle démissionna du conseil d’administration de la « Screen Actors Guild » dont elle était la trésorière. Sa carrière au cinéma brisée, elle disparut des grands écrans pendant 20 ans, mais retourna au théâtre et fonda avec son époux une école pour acteurs et actrices à New York. Se considérant elle-même comme une actrice rebelle, son passage dans la série fut l’une de ses très rares apparitions au petit écran. Cette rareté jumelée à la polyvalence de son talent ont fait d’elle l’une des plus prestigieuses artistes invitées que la série a obtenu. Elle nous a quitté en 1990.

  • Le réalisateur John Landis (Les Frères Blues, Le Loup-Garou de Londres) fait un cameo dans cet épisode.

  • L’idée d’une transplantation cardiaque comportant un cœur artificiel relevait de la science-fiction au moment de la diffusion de la série. Les auteurs ont cependant été quelque peu visionnaires, puisque la première greffe réussie d’un cœur artificiel a été réalisée en 2001, soit 27 ans après la diffusion de cet épisode.

  • Le nom du pays fictif dont madame Pal-Mir est la cheffe d’État se nomme Eretz. Cela fait référence au terme hébreu « Eretz Ysrael » qui signifie « Terre d’Israël ». Ce rapprochement avec l’état hébreu du Moyen-Orient dans le récit est renforcé par sa position géographique et par le tempérament de « dame de fer » que possède Salka Pal-Mir, qui n’est pas sans rappeler celui de l’ancienne première ministre d’Israël, Golda Meir, qui a été au pouvoir de 1969 à 1974.

  • Considérant qu’il est important pour Oscar Goldman de garder secrète la nature bionique de Steve Austin, il est surprenant qu’il en dévoile autant à son sujet à madame Pal-Mir pour la convaincre de la nécessité qu’il soit son garde du corps le long du trajet vers le centre de recherches de Rudy Wells, même si elle est considérée comme une alliée des États-Unis. De plus, les images présentées à madame Pal-Mir montrant Steve en action ne sont pas crédibles car elles sont toutes tirées d’épisodes de la première saison et personne n’aurait pu les filmer à cette fin. Un seul segment est crédible car il est tiré du pilote où le personnel scientifique a vraiment filmé Steve.

  • Bien qu’il ne tue personne dans cet épisode, Steve se sert pour une rare fois d’une arme à feu, alors qu’il est censé les détester.

  • On apprend dans cet épisode que la chirurgie bionique est plus complexe et risquée que la chirurgie normale, car Rudy Wells révèle à Steve que de sacrifier son bloc d’alimentation installé dans son bras, pour permettre la greffe de madame Pal-Mir, peut avoir des conséquences irréversibles sur les connexions neuronales reliées au cerveau de Steve, ainsi qu’à sa moelle épinière. Steve n’hésite évidemment pas à faire ce sacrifice et d’avoir confiance en Rudy Wells pour que tout se passe bien.

  • Le véhicule utilisé par Steve pour conduire madame Pal-Mir et son médecin, le docteur Av Ni, est un camping-car. Ce type de véhicule était relativement nouveau et peu répandu à l’époque avant de devenir plus populaire par la suite. Il faut noter que si Oscar Goldman affirme que ce véhicule possède à son bord de l’équipement médical dernier-cri et du matériel spécial, rien à l’écran ne suggère davantage qu’un simple camping-car.

C’est la première fois que Steve Austin fait usage de son œil bionique pendant qu’il conduit.

-Madame Pal-Mir: I have never trusted very good-looking men.

-Steve: Well, I've never trusted good-looking prime ministers.

-Madame Pal-Mir (en riant): What a thing to say. I have been called many things in my time: ruthless, fanatical, dictatorial. But good-looking? This is a first! (elle rit encore)

-Docteur Av Ni: Salka, please!

-Madame Pal-Mir: Ah, my good Dr. Av Ni is afraid I will die laughing. Tell me, Av Ni, you know a better way to go?

-Steve: Well, that's just the thing; you can't argue with a woman.

-Madame Pal-Mir: What's hard about it? It's very easy to argue with me. Av Ni, tell him how easy it is to argue with me.

-Docteur Av Ni: Arguing is easy; winning is hard.

Lors de la scène finale alors que Steve rend visite à Madame Pal-Mir après son opération:

-Madame Pal-Mir: If only Salka Pal-Mir were 40 years younger...

-Steve (lui embrassant la main): If only Steve Austin were 30 years older. 

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5. CINQ CENTS MILLIONS DE PLUS
(THE SEVEN MILLION DOLLAR MAN)

Résumé :

Steve Austin est étonné de découvrir qu’Oscar Goldman et Rudy Wells lui ont menti en lui cachant l’existence d’un autre homme bionique: Barney Miller, un ancien champion du monde de course automobile victime d’un grave accident où il a perdu ses deux bras et ses deux jambes. En permettant d’opérer sur Barney la fameuse greffe bionique, Oscar et Rudy espèrent que ce dernier puisse prendre la relève de Steve en cas de pépin. Sauf qu’à la différence de Steve, Barney semble émotionnellement avoir du mal à vivre avec son nouvel état physique, au point où il fait un usage abusif de la force bionique et se montre instable au cours d’une mission. Lorsque la décision de réduire ses pouvoirs bioniques au niveau d’un humain normal est prise, Barney tente de détruire tous les dossiers relatifs au projet Cyborg. Seul Steve peut l’arrêter et le ramener à la raison.

Critique :

On pouvait craindre que cet épisode, où Steve Austin rencontre pour la première fois une personne ayant subi la même opération que lui à quelques détails près, ne verse dans la surenchère et diminue le caractère unique des pouvoirs bioniques de notre héros astronaute. C’est oublier qu’à travers ces pouvoirs, les auteurs ont toujours cherché à faire d’abord ressortir le caractère humain de Steve depuis les débuts de la série. Et l’arrivée de Barney Miller, l’Homme de Sept Millions du titre, vient encore davantage renforcer cet aspect, avec déjà en préambule, le fait qu’Oscar Goldman et Rudy Wells ait menti à Steve sur l’existence de Barney. Quand on connaît l’honnêteté de Steve et la nature de son amitié avec Oscar et Rudy, nul doute que ce mensonge risque affecter leurs relations futures, car une limite a été franchie.

Plus encore que le fait de distinguer les personnalités divergentes de nos deux hommes bioniques, le scénario renvoie à certaines idées exprimées dans le premier téléfilm-pilote, notamment en ce qui a trait aux conséquences psychologiques de cette greffe bionique. Comme d’ailleurs se plait à répéter Steve à Barney, il comprend ce que le pilote automobile peut ressentir car il est passé aux travers des mêmes tourments intérieurs que ce dernier vit après cette opération.

L’intrigue nous dévoile ensuite que si Steve et Barney ont ressenti les mêmes craintes après leur greffe respective, c’est le chemin qu’ils ont choisi de prendre qui les distinguent, et c’est là où l’aspect humain des personnages ressort davantage que leurs simples pouvoirs, et donne une certaine intensité lors de leur affrontement dans le dernier tiers.

Bien sûr, ce contraste entre Steve et un autre protagoniste doté de pouvoirs spéciaux avait été magnifiquement illustré dans Le Mal de l’Espace. Mais le fait qu’il s’exprime par l’intermédiaire d’un autre homme bionique dont les comportements sont à l’opposé de ceux de Steve, permet à l’histoire d’être convaincante car elle joue davantage sur un effet de miroir, comme si Barney était le côté obscur de Steve où le portrait de ce qu’il aurait pu devenir s’il avait pris un autre chemin pour passer au travers les peurs et les questionnements qu’il se pose dans le premier téléfilm-pilote.

La qualité d’interprétation de Monte Markham dans le rôle Barney est pour beaucoup dans la réussite de cet épisode. Son élégance rugueuse et son aptitude à jouer dans divers registres d’expression sans trop surcharger font également un superbe contrepoint avec le jeu simple et laconique de Lee Majors. Cette complémentarité a visiblement fonctionné aux goûts des producteurs puisque Monte Markham interprétera de nouveau Barney Miller dans une suite, Super Duel, au cours de la troisième saison.

Anecdotes :

  • Richard Moder (parfois nommé Dick) faisait ici ses débuts dans la série en réalisant le premier de 14 épisodes. S’il a surtout travaillé comme assistant-réalisateur ou réalisateur de seconde-équipe au cours de sa carrière, son boulot en tant que réalisateur principal s’est concentré surtout autour de plusieurs épisodes de quelques séries populaires (Lassie, Wonder Woman, Daktari, Shérif fais-moi peur!), soulignant ainsi sa fidélité envers quelques producteurs. Harve Bennett n’hésita pas d’ailleurs à lui confier la direction de certains épisodes parmi les plus importants, comme le double-épisode La Femme Bionique et sa suite Le Retour de la Femme Bionique. Il est mort en 1994.

  • Consultant aux scénarios pour la première moitié de la saison Deux, Peter Allan Fields signait ici également le premier de ses trois scénarios pour la série. Cet auteur et producteur a travaillé pendant trois décennies dans le milieu de la télévision, notamment sur des séries comme Des Agents très spéciaux, McCloud et Star Trek: Deep Space Nine.

  • Acteur à la fois polyvalent, intellectuel et élégant, Monte Markham a connu une carrière variée au cinéma, à la télévision et au théâtre qui se poursuit d’ailleurs toujours. Après avoir fait ses débuts dans un double-épisode de la série Mission: Impossible, il a atteint une certaine notoriété grâce à un double rôle de frères jumeaux dans une sitcom inédite en France et au Québec: The Second Hundred Years, mais également dans la version sitcom du film de Frank Capra, l’Extravagant Mr. Deeds. Après avoir incarné le célèbre avocat Perry Mason dans une nouvelle version de la série originale, on le voit de plus en plus au petit comme au grand écran, et son rôle de Barney Miller dans cet épisode a grandement contribué à sa popularité. Tellement qu’il reviendra au cours de la troisième saison dans l’épisode Super Duel.

  • L’auteur du roman Cyborg, Martin Caidin, avait songé à Monte Markham comme premier choix pour incarner Steve Austin dans le téléfilm original. Le contraste entre l’intensité naturelle de son jeu d’acteur face au style plus réservé de Lee Majors, a toutefois prouvé qu’il convenait mieux au personnage de L’Homme de Sept Millions. Et c’est encore une fois ce contraste entre lui et Steve qui fait l’une des richesses de cet épisode.

  • Maggie Sullivan (Carla Peterson, infirmière et petite amie de Barney) est surtout une actrice connue pour avoir joué dans des soaps operas (Des Jours et des vies, Hôpital central). Tout comme Monte Markham, elle a repris son rôle de Carla dans l’épisode Super Duel.

  • Au cours d’un échange avec Barney, Steve laisse entendre qu’Oscar pourrait bien construire un troisième cyborg. Cette hypothèse deviendra réalité un peu plus tard avec l’arrivée de La Femme bionique: Jaime Sommers.

  • Le nom officiel du projet bionique qui a fait de Steve et Barney ce qu’ils sont est enfin dévoilé dans cet épisode. Il s’agit du « Projet Cyborg ».

  • Deux mois après la diffusion de cet épisode débutait au petit écran une sitcom qui deviendra populaire: Barney Miller, inédite dans tous les pays francophones. Étant donné qu’il s’agissait du même patronyme que le protagoniste bionique de cet épisode, son nom de famille sera changé en Hiller dans la suite Super Duel pour éviter toute confusion.

  • Le récit introduit le concept que la force bionique peut être diminuée jusqu’au même niveau qu’un humain normal. Le fait que ce soit Steve qui évoque cette possibilité au sujet de Barney laisse croire qu’il y a peut-être songé autrefois. On notera toutefois que si Steve révèle également que ce processus est irréversible, la suite de la série lui donnera tort sur ce point.

  • Oscar affirme à Steve qu’il n’est pas seul à décider qui peut obtenir la greffe bionique en faisant référence à un « ils » au pluriel qui décideraient dans l’ombre. Cela semble concorder logiquement avec la scène dans le téléfilm-pilote où le personnage d’Oliver Spencer, l’équivalent d’Oscar, est parvenu à obtenir l’autorisation d’un groupe de personnes dont on ignore la provenance et leur identité pour permettre l’opération qui a fait de Steve Austin le premier homme bionique.

  • On découvre pour la première fois dans cet épisode qu’il existe une voûte secrète cachée derrière un des murs du bureau d’Oscar Goldman.

  • Avant d’être devenue la petite amie de Barney, on apprend que l’infirmière Carla Peterson a déjà eu une relation avec Steve à l’époque où il récupérait de son opération. C’est là un autre cas où, comme pour Oscar Goldman qui s’est substitué à Oliver Spencer sans explications,  l’infirmière Jean Manners, qu’on a pu voir dans le téléfilm-pilote, a été remplacée par Carla, bien qu’à l’évidence, il s’agit du même personnage auquel le récit fait référence.

  • Le centre de recherches bioniques de Rudy Wells est censé être situé un zone restreinte, secrète et bien protégée. Or, on ne voit qu’une portion d’une simple clôture à l’entrée, un seul garde visible, et tous les personnages semblent pouvoir y entrer ou en sortir sans aucun contrôle effectué par la sécurité. Ce qui est très irrégulier pour dire le moins.

  • En plus de quelques erreurs de raccord lors de la fameuse scène de combat entre Steve et Barney, on ne peut que s’étonner du fait que les deux hommes ne portent pas de traumatismes ou de séquelles suite aux nombreux impacts sur le corps et au visage subis par leur force bionique respective. Rien que le coup de poing de Steve administré dans la poitrine de Barney aurait dû être fatal à titre d’exemple. D’un autre côté, on trouve également lors de la scène de combat un moment où Steve parvient inexplicablement à repousser avec son bras gauche non-bionique les deux jambes de Barney.

  • Contrairement à Steve, Barney a deux bras bioniques, mais aucun œil. Il semble donc qu’étant donné que Barney ait coûté un million de dollars de plus que Steve pour devenir bionique, qu’un bras artificiel supplémentaire coûte plus cher qu’un œil.

  • Le premier titre original de cet épisode était: Line of Duty

-Oscar: Steve, your friendship is most important to me.

-Steve: Oscar, I don't lie to my friends.

-Oscar: There are times when I have to lie.

-Barney (à Steve): Did you really think that when the great Oscar Goldman pushed one of his little buttons and ordered up you, his brand new bionic gadget, did you really think he ordered only one of a kind? (pause) Wrong.

-Rudy: (voix forte) This is lunacy!

-Barney: You put me together, Rudy: the nuts, the bolts, the wires. Tell me, can the machine be more lunatic than those who created it?

-Oscar: You want me to take seven million dollars’ worth of bionic perfection and toss it down the drain, huh?

-Steve: Well, I got one advantage over you there, Oscar. I don't care about the seven million dollars.

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6. LES VISITEURS DE L'ESPACE
(STRAIGHT ON 'TIL MORNING)

Résumé :

Steve Austin est témoin comme plusieurs autres de l’arrivée d’un OVNI sur le territoire américain. En réalité, le vaisseau spatial, à la suite de problèmes de fonctionnement, n’a eu d’autre choix que de faire un atterrissage forcé sur Terre. À son bord se trouve une famille d’explorateurs extra-terrestres dont la biologie radioactive affecte mortellement tous les humains qu’ils croisent, et réciproquement. Alors qu’ils sont recherchés par les autorités qui croient que ces extra-terrestres ont des intentions hostiles, Steve les retrouve et constate que ses membres bioniques le protègent de leurs émanations radioactives tout en n’affectant pas leur condition biologique. Après avoir discuté avec Minonee, l’une des naufragés de l’espace, il décide alors de leur venir en aide afin qu’ils puissent repartir en paix.

Critique :

Déjà dans Les Pionniers, on y évoquait une possible invasion venue de l’espace, ou la présence de visiteurs extra-terrestres au début de l’épisode, alors qu’il s’agissait simplement du retour de voyage de deux scientifiques dont l’expérience a mal tourné. Mais cette fois avec Les Visiteurs de l’Espace, la série aborde officiellement pour la première fois cet élément qui a alimenté tant de films et de séries de science-fiction depuis des années.

Si dans la majorité des cas, les extra-terrestres peuvent s’avérer hostiles envers les humains, c’est exactement le contraire ici. Et étant donné l’importance de l’humanisme à travers la série et la personnalité de Steve Austin (je me répète!), ce caractère pacifique est très bien abordé sur le plan dramatique. En effet, la divergence biologique qui sépare les visiteurs de l’espace des êtres humains se veut un bel angle narratif pour souligner les malentendus pouvant animer les préjugés portant sur la crainte des différences, et encore plus si cette rencontre du troisième type s’avère accidentelle et pas fortuite.

Cet angle narratif prend une grave tournure puisqu’elle laisse des dommages collatéraux des deux côtés: les humains meurent au simple contact physique avec les extra-terrestres, tandis que ces derniers en meurent aussi, mais ils ne peuvent également survivre sur notre planète et sont condamnés à une mort lente à cause de son atmosphère particulière. Il est intéressant de constater que les membres bioniques de Steve lui permettent de venir en aide pleinement aux visiteurs autrement que par ses pouvoirs habituels, puisque c’est grâce à eux qu’il n’est pas affecté à leur contact, notamment à cause de leur radioactivité.

De surcroit, l’empathie de Steve se retrouve par la suite confrontée aux nécessités scientifiques de son ami Oscar Goldman et des réalités impérialistes des États-Unis. J’avais déjà évoqué dans l’épisode précédent le fait que la relation entre Oscar et Steve allait connaître une nouvelle évolution suite au mensonge d’Oscar au sujet de Barney Miller qui a heurté la valeur de l’honnêteté chère à Steve. Ainsi dans Les Visiteurs de l’Espace, Steve est outré qu’Oscar ne le croit pas au départ sur le fait qu’il ait vu un OVNI dans le ciel, mais il se permet en prime de lui désobéir deux fois, entre autres lorsqu’Oscar ordonne en vain Steve de ne pas laisser repartir Minonee, la seule extra-terrestre encore en vie, afin qu’elle soit étudiée étant donné l’intérêt scientifique qu’elle représente. Comme à chaque fois que Steve désobéit à Oscar, ce dernier ne lui en tient pas rigueur et se laisse finalement convaincre du bien-fondé des actes de son ami.

Au final, si on ferme les yeux sur quelques incongruités propres au genre, comme le fait que les extra-terrestres qui parlent parfaitement anglais et l’improbabilité de leur « naufrage » malgré leurs connaissances avancées en vols spatiaux, et des erreurs de raccord occasionnels avec l’inclusion des prises de vue de la NASA, cet épisode constitue un pas en avant autant sur l’évolution de la relation entre Steve et Oscar, que sur le thème de la présence de visiteurs extra-terrestres sur Terre dans la série. Car ces visiteurs, on s’en doute bien, ne seront pas les derniers.

Anecdotes :

  • C’est le deuxième et dernier épisode écrit par D.C. Fontana et réalisé par Lawrence Doheny. Le tandem avait déjà travaillé ensemble pour l’épisode Athéna Un lors de la première saison.

  • Bien qu’elle ait déjà obtenu plusieurs rôles dans divers épisodes de séries télévisés (Barnaby Jones, Mannix, La Nouvelle Équipe, Cannon) entre ses débuts en 1969 et Les Visiteurs de l’espace, c’est véritablement à partir des années 80 que la carrière de l’actrice Meg Foster (Minonee) a pris son envol, notamment en jouant le rôle de Christine Cagney dans le pilote et les premiers épisodes de la série Cagney & Lacey, avant d’être remplacée par Sharon Gless. Ses yeux bleus pâles et sa voix douce à basse tonalité lui ont cependant procuré de nombreux rôles atypiques d’extra-terrestres, de vilaines, ou d’agents doubles dans des films de genre ou des séries B au grand comme au petit écran (Code Quantum, Vengeance Aveugle, Les Maîtres de l’Univers, Leviathan, Miami Vice, Invasion Los Angeles, Xena la Guerrière). Après une pause en 2004, elle a fait son retour dans le film d’horreur culte de Rob Zombie, Les Sorcières de Salem, en 2012. Elle est toujours active au cinéma et à la télévision.

  • Avec son mètre 96 et ses épais sourcils, Cliff Osmond s’est plu à jouer autant des hommes de main dans plusieurs séries policières ou western (Le Justicier, K2000, Starsky & Hutch, Opération Vol) que des personnages comiques dans quelques sitcoms (Oscar et Félix) et plusieurs films réalisés par Billy Wilder (Irma la Douce, Spécial Première, Embrasse-moi Idiot!). Durant trois décennies, des années 60 aux années 90, Cliff Osmond a également touché à la réalisation, à la production, à l’écriture (il a publié un livre sur le jeu d’acteur) et surtout à l’enseignement. Il est décédé en 2012.

  • Le thème de la tolérance et de l’empathie, spécialement quand les protagonistes sont originaires d’une planète différente, en dépit de malentendus entretenant des préjugés, est un thème qui a été souvent abordé dans Star Trek, ce qui n’étonne guère puisque l’auteure D.C. Fontana a travaillé sur cette série. Et tout comme dans Athéna Un, nous avons droit à un protagoniste féminin fort en Minonee, bien que différente du major Kelly Wood au plan de la personnalité.

  • La plupart des scènes extérieures et des stock-shots montrant le centre spatial et le désert qui l’environne ont été filmées aux installations d’assemblage de Rockwell International, qui fait partie du site militaire 42 de l’U.S. Air Force basé à Palmdale en Californie, près du désert de Mojave. C’est à cet endroit que plusieurs compagnies d’aviation ou œuvrant dans l’aérospatiale, incluant la NASA, ont travaillé à la création de plusieurs avions ultra-modernes comme le fameux F-117 furtif, le bombardier B-2, ainsi que la toute première navette spatiale américaine (Enterprise). Ces installations ont également servi aux tournages de deux grosses productions cinématographiques: Rencontres du Troisième Type de Steven Speilberg et Moonraker de Lewis Gilbert qui fait partie de la série des James Bond.

  • Le titre original en anglais, Straight on ‘til Morning, fait référence à une phrase dans le roman original Peter Pan de J.M. Barrie: « second to the right, and straight on till morning. (Deuxième à droite et tout droit jusqu’au matin)» qui indique la direction vers le Pays Imaginaire. Steve Austin ajoute cependant le mot « star » à cette phrase, citant ainsi la version animée de 1953 de Walt Disney.

  • Steve Austin déclare avoir déjà aperçu un OVNI lors de son premier voyage sur la Lune dans cet épisode et on apprend de Minonee qu’il s’agissait en fait d’une sonde d’exploration issue de sa planète afin d’étudier la Terre.

  • Selon Minonee, son peuple viendrait de la galaxie Andromède. Ce qui veut dire que pour venir sur Terre, leur vaisseau doit être doté d’une technologie avancée leur permettant de voyager à la vitesse de la Lumière. Il apparaît donc improbable qu’un peuple possédant des connaissances scientifiques nettement plus avancées que sur Terre, puisse connaitre la langue anglaise, soit capable de voyager sur de très longues distances et qui a en plus déjà préalablement envoyé une sonde d’exploration, ne se soit pas déjà préalablement prémuni afin d’éviter de subir les effets néfastes de la vie biologique de notre planète. Surtout en sachant que ces différences biologiques peuvent les tuer et tuer les humains, même dans le cas d’une visite non-sollicitée ou accidentelle.

  • On découvre dans cet épisode que l’œil bionique de Steve lui permet de détecter des illusions visuelles ou des mirages, comme celles projetées par les extra-terrestres pour tromper les humains qui les poursuivent. On peut voir aussi que cet œil peut passer spontanément du mode télescopique en mode infrarouge.

  • Étant donné que Steve ne meurt pas au contact des extra-terrestres, cela veut dire que son bras et ses membres bioniques peuvent absorber une très quantité de radiations sans qu’il en soit affecté.

  • Le maquillage sur la peau des personnages extra-terrestres change souvent de ton de couleur d’un plan à l’autre sans raisons. Même chose pour la chevelure de Minonee, bien attachée dans la première moitié de l’épisode, qui est ensuite détachée dans la seconde moitié sans motif particulier.

  • Pour permettre à Minonee de monter à bord de la sonde lunaire qui lui permettra de rejoindre le vaisseau mère de son peuple, Steve Austin enlève certaines pièces d’équipement pour créer de l’espace à l’intérieur. La NASA ne laissant jamais rien de superflu à bord de ses engins spatiaux, il est étrange ici que personne ne détecte l’absence de ces pièces d’équipement avant le décollage de la sonde, à l’exception d’un contrôleur ayant remarqué une variation de poids.

  • Lorsque Steve arrache une clôture électrifiée, on remarque qu’il la tient avec sa main non-bionique sans ressentir de choc électrique.

  • Dans une entrevue, le producteur Harve Bennett a révélé que cet épisode devait tenter de rehausser un peu le mérite « littéraire » de la série. « C’était finalement un épisode plus littéral que littéraire. » avoua-t-il avec ironie.

  • Les deux scénarios écrits par D.C. Fontana pour la série (Athéna Un et Les Visiteurs de l’espace) ont été adapté ensemble en un seul roman par Mike Jahn intitulé: The Rescue of Athena One.

  • Certains échanges audios entre le personnel de la NASA au moment du lancement de la sonde lunaire à la fin de l’épisode sont exactement les mêmes que ceux entendus dans Athéna Un au moment du décollage de la fusée du major Kelly Wood.

-Oscar: I know what's been going on here.

-Steve: Do you, Oscar?

-Oscar: I know that four of them landed in a craft that came down at sea. I know that one of them died and disappeared. I know that if anyone touches them, they'll suffer extreme radiation burns and shock. And I know that we can't let any of them escape.

-Oscar: Could you give us any information, any knowledge that your people may have accumulated?

-Minonee: I've told him (Steve) everything I know.

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7. UNE AMITIÉ
(THE MIDAS TOUCH)

Résumé :

Après avoir été aperçu à Las Vegas, Oscar Goldman disparaît mystérieusement sans donner aucun signe de vie. Inquiet, Steve se rend au Nevada afin d’espérer le retrouver. Certaines indications laissent croire qu’Oscar est impliqué dans un complot criminel pour voler l’or d’une mine de la région. Steve trouve la mine en question pour découvrir qu’Oscar a été trompé par un ami proche, Bert Carrington, qui a su abuser de sa confiance afin de trafiquer l’or de la mine hors du pays. Forcé de travailler dans la mine après avoir été fait prisonnier, Steve n’a toutefois pas dit son dernier mot.

Critique :

Après une série d’épisodes de niveau à peu près similaire en matière de qualité, mais aucun qu’on puisse qualifier d’exceptionnel, Une amitié marque une petite baisse de régime car il s’avère moyen sans plus. La séquence pré-générique était pourtant prometteuse, alors qu’on voit Oscar Goldman à la mine qui semble nettement plus attiré par l’appât du gain de tout cet or extrait, au point d’échanger un sourire de complicité et de satisfaction avec le contremaître des lieux, MacGregor. Le spectateur se demande alors comment Oscar a pu ainsi tourner sa veste, mais la suite montre rapidement qu’il ne fallait pas se fier aux apparences.

Néanmoins, plus l’histoire progresse, alors qu’on suit Steve cherchant à découvrir où est Oscar et ce qu’il est devenu alors que les faits sont contre lui, plus on comprend que son patron et ami a été victime d’une machination, afin de porter le chapeau pour le véritable vilain, qui se révèle être un ami d’enfance au tempérament jaloux: Bert Carrington. Son identité devient tellement évidente qu’on peut le deviner aisément bien avant que la caméra nous montre son visage après la tentative d’évasion avorté de Steve et Oscar.

Tel quel, cet épisode n’est pas ennuyeux malgré son intrigue banale, mais la réalisation technique met trop en évidence de nombreuses erreurs minant trop souvent sa crédibilité. À commencer par le fait que Steve se sert de ses pouvoirs bioniques pour détruire la grille devant la fenêtre du bâtiment où Oscar est enfermé, alors qu’il aurait été bien plus simple de passer discrètement par la porte afin de ne pas donner l’alerte.

En prime, l’emploi de la « nuit américaine », procédé standard récurrent dans les séries télés, apparaît comme bien trop évident sur des scènes censées se dérouler la nuit, alors qu’elles sont très visiblement tournées de jour, tellement le ciel y est bleu clair. Finalement, alors que deux mineurs ne s’entendent pas sur le sort final réservé à Steve dans le désert, ce dernier en profite pour se libérer de ses menottes, mais d’une façon telle que pour y arriver, il aurait fallu qu’il soit comme Barney Miller, soit avoir deux bras bioniques, alors qu’on sait qu’il en a qu’un seul.

Encore heureux que certains traits d’humour permettent à cet épisode de rester comestible, mais même de ce côté, on en aurait souhaité davantage étant donné le potentiel que représentait la présence l’acteur hitchcockien Farley Granger dans le rôle du vilain et ami d’enfance d’Oscar. La présence de trois scénaristes au générique semble prouver que le récit a posé plusieurs problèmes dans son élaboration et le résultat final démontre qu’ils n’ont pas été majoritairement corrigés ou mieux adaptés pour améliorer l’ensemble.

Anecdotes :

  • C’est le deuxième scénario par Peter Allan Fields.

  • Seul et unique épisode de la série réalisé par Bruce Bilson, il a travaillé davantage avec Lee Majors pour la série L’Homme qui tombe à pic (9 épisodes). Son travail de réalisateur va de la sitcom (M.A.S.H., Oscar et Félix, La Croisière s’amuse) aux séries traditionnelles (Hawaï Police D’État, Wonder Woman, Section 4, Dallas).

  • S’il a joué régulièrement au petit écran (L’Homme de fer, Hawaï Police D’État, La Croisière s’amuse) et à Broadway, Farley Granger (Bert Carrington) est d’abord connu pour avoir été l’une des vedettes dans deux classiques du maître du suspense Alfred Hitchcock (La Corde, L’Inconnu du Nord-Express) et dans le célèbre film de Luchino Visconti, Senso. Il est mort en 2011.

  • Après trois brèves apparitions d’une certaine Miss Drake dans trois épisodes de la saison Un, Une amitié introduit le personnage de Julie Farrell en tant que secrétaire d’Oscar Goldman. Elle a d’ailleurs droit à un rôle plus substantiel que sa prédécesseure puisque durant la première moitié du récit, elle accompagne Steve en dehors du bureau pour l’aider à retrouver Oscar. Ceci marque déjà une volonté des auteurs d’impliquer davantage une des secrétaires d’Oscar dans quelques intrigues de la série, mais il faudra attendre vers la fin de la saison avant d’en rencontrer une aux contours et à la personnalité mieux définies: Peggy Callahan.

  • Étant donné l’habileté de Steve à courir avec une grande vitesse grâce à ses jambes bioniques, il est un peu surprenant de le voir impliqué brièvement dans une poursuite en voitures où il est derrière un volant.

  • On apprend dans cet épisode qu’Oscar Goldman emploie quotidiennement des noms de code avec son personnel à des fins de vérification et de sécurité journalière.

  • C’est évidemment en souvenir de leur amitié au collège qu’Oscar Goldman a nommé Bert Carrington à la tête de la Division de Recherche minière de l’OSI. Cette division travaille notamment dans le domaine des énergies alternatives et est impliqué dans le « projet Lithanium »; le lithanium étant un sous-produit fictif issue de la fusion de l’or. Voilà qui montre en partie comment Bert Carrington a pu monter cette machination contre Oscar afin de voler l’or à son seul profit.

  • Selon Bert Carrington, Oscar était réputé pour être un étudiant turbulent qui a déjà été arrêté pour excès de boisson et pour avoir repeint le bureau du directeur du collège avec une couleur pourpre. En revanche, Oscar était un éternel « poulidor » dans tous les départements face à Bert Carrington à qui tout réussissait, sauf pour l’argent. Ce qui explique en partie sa motivation à trahir son ami d’enfance et à lui faire porter le chapeau pour le vol de l’or.

  • Dans la version originale, Steve prononce l’expression « Keep On Truckin’ » (litt.: Poursuivre sur sa lancée). Cela fait référence à une bande dessinée culte portant ce nom, écrite et dessinée par Robert Crumb, publiée en 1968 par l’éditeur Zap Comix, et également inspirée d’un passage d’une chanson blues des années 30 de Blind Boy Fuller, « Truckin’ My Blues Away ». L’expression, tout comme la bande dessinée, fût emblématique du mouvement hippie et de la contre-culture des années 60-70.

  • Durant un court passage comique, où Steve pellette dans la mine aux côtés de Connors, un des hommes de Carrington qui le surveille, notre homme bionique travaille plus rapidement que Connors sans jamais s’épuiser. Le pelletage ne requiert toutefois pas l’usage de son bras bionique pouvant justifier ce gag, car les muscles requis pour l’exercice sont habituellement le dos et les abdominaux, qui ne sont pas bioniques.

  • Il est amusant qu’au sein d’une station-service visitée par Oscar et Steve et située dans une région désertique, on puisse y retrouver deux machines à sous à l’extérieur.

  • Pour la première fois depuis l’épisode Population Zéro, nous pouvons voir Steve travailler dans son atelier sur sa voiture buggy tout-terrain.

  • Afin d’empêcher Bert Carrington de lui échapper, Steve doit employer sa vitesse bionique alors qu’il est sur le tarmac d’une base de l’Air Force. Plus tard, un des militaires témoin de la scène lui demande comment il a fait:

-Steve: It’s all those Air Force exercices, Lieutenant. Every morning.

-Steve: Now, Carrington told me that he'd always beaten you, ever since school, at everything.

-Oscar: That's true.

-Steve: Well, this time he lost.

-Oscar: So did I, pal...

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8. RECONSTITUTION
(THE DEADLY REPLAY)

Résumé :

En visite à la base Edwards de l’US Air Force, Steve se laisse convaincre par un ami, Jay Rodgers, de pouvoir piloter à nouveau le prototype expérimental HL-10 pour la première fois depuis le terrible accident qu’il a subi il y a deux ans. Oscar Goldman lui déconseille cependant de le faire, car de nouveaux éléments laissent croire que l’écrasement du prototype ne fût pas le fait d’un accident, mais d’un sabotage. Désireux de surmonter ses vieux démons et de faire la lumière sur ce qui a vraiment provoqué son écrasement, Steve décide d’aller de l’avant. Mais pour pouvoir piloter le HL-10, il doit d’abord faire ses preuves dans le simulateur. La tâche s’avère loin d’être une formalité car des tensions éclatent entre les membres de l’équipe technique de la NASA et que Steve échoue une première fois au test au cours d’une réplique simulée de la mission qui avait aboutie au fameux crash.

Critique :

Comme cela arrive souvent dans le domaine des séries télévisées, certains épisodes se présentent comme des suites des pilotes qui ont permis leur naissance, afin d’y exploiter certains éléments laissés en suspens. C’est ainsi que le crash qui a mené Steve à devenir un homme bionique, constitue dans Reconstitution le point de départ pour permettre à l’astronaute d’atteindre une forme de rédemption libératrice, suite à une seconde chance s’offrant à lui d’affronter sa peur et de la surmonter pour se prouver à lui-même.

Il y a cependant un risque à vouloir changer pour la deuxième fois par une pirouette scénaristique (le crash n’est plus causé par un accident, mais par un sabotage) un des éléments qui a permis au héros d’être ce qu’il est. Ce risque, c’est la perte de vraisemblance, au point de trahir la nature du protagoniste. Harve Bennett l’avait déjà modifié pour la conception du générique de la série, puisque dans le pilote, c’était une fausse manœuvre d’approche au moment du retour de la navette qui était la cause du crash.

Curieusement, c’est ce changement initial du producteur qui permet au spectateur d’accepter le fait que les personnages secondaires, faisant parti de l’équipe de la NASA sur le projet HL-10 soient « logiquement » dans cet épisode, alors qu’on ne les voit pas du tout dans le téléfilm-pilote original. L’acceptation de cette rupture dans la continuité est parfois étiré à l’extrême-limite, surtout lorsqu’Andrea, officier médical sur le projet, se comporte avec Steve de manière à sous-entendre qu’elle a déjà eu une relation bien plus qu’amicale avec lui, alors que dans le pilote, ce dernier a développé une relation avec l’infirmière Jean Manners, et que dans l’épisode Cinq cents millions de plus, la petite amie de Barney Miller, Carla Peterson, avait aussi eu des liens romantiques avec Steve à la même époque.

Les auteurs ont cependant réussi à contourner ces écueils habilement, et ils en ont profité pour faire progresser la personnalité de Steve en respectant bien les paramètres de la série. Le mystère entourant l’identité du saboteur est bien maintenu jusqu’à la fin, tout comme le suspense final alors que Steve cherche à ramener la navette intacte alors qu’elle est à nouveau sabotée. De plus, l’humour ne manque pas dans cet épisode sans que cela vienne gâcher les tensions dramatiques et le sérieux de l’enjeu. À ce titre, mention plus qu’honorable à Clifton James, qui incarne le coloré personnage Shadetree, et qui, dans la version originale anglaise, sort quelques répliques amusantes avec une verve sudiste pas piqué des hannetons.

Parlant de répliques, soulignons en terminant la qualité de celles dévolues à Steve Austin, qui nous permet de très bien comprendre sa motivation à voler de nouveau aux commandes du HL-10 dans le langage qu’on lui connaît (voir section Anecdotes). Ceci l’amène d’ailleurs encore une fois à désobéir à Oscar Goldman, qui veut lui interdire de le faire, en lui avouant que le crash était dû à un sabotage. Après l’existence de Barney Miller, voilà une autre information cachée par Oscar à la connaissance de Steve, même si les explications fournis pour justifier cette discrétion semblent avoir été accepté par l’homme bionique.

Bref, en dépit du fait que le récit marche sur un mince fil risquant à tout moment de faire chuter l’échafaudage de l’intrigue comme un château de cartes, Reconstitution se veut un pari tout de même réussi en tant que suite du pilote d’origine, même en dépit de l’emploi, avec erreurs de raccord, des mêmes stock-shots du vol et du crash du vaisseau M2-F2 piloté par Bruce Peterson en 1967.

Anecdotes :

  • C’est le premier scénario écrit par Wilton Denmark, qui devint l’un des principaux auteurs de cette seconde saison. Sa contribution fut d’ailleurs importante dans l’évolution de la série, et ce, au moment où celle-ci était en recul après une première saison prometteuse, notamment sous l’impulsion d’Elroy Schwartz avant qu’il ne quitte la série. En plus de ses six épisodes pour l’Homme qui valait trois milliards, Denmark en écrivit deux pour Super Jaimie. Curieusement malgré ses qualités de scénariste, il a peu travaillé pour le petit écran puisqu’il n’a écrit qu’un seul épisode pour Section 4, Wonder Woman et L’Île Fantastique avant de se retirer.

  • Deuxième épisode réalisé par Christian I. Nyby II. Ce choix est logique puisqu’il a déjà été membre de l’armée de l’air américaine, tout comme Wilton Denmark d’ailleurs, et cela paraît dans le dynamisme, le réalisme du récit et de la mise en scène, ainsi que la justesse des termes techniques employés dans le domaine de l’aviation.

  • Avec sa silhouette trapue et son accent du Sud des États-Unis, Clifton James (Shadetree) s’est spécialisé d’abord dans des rôles de shérifs maladroits et forts en gueule au cinéma (Vivre et Laisser Mourir, L’Homme au pistolet d’or, Superman II, Transamerica Express), et aussi à la télé (Gunsmoke, Bonanza, L’Homme qui tombe à pic, L’Agence Tous Risques, Shérif, Fais-moi peur), bien qu’il ait su quand même y varier ses interprétations en alternant de la comédie au drame avec aisance. Il est mort récemment en 2017 à 96 ans.

  • Ancien marine et joueur de football américain, Jack Ging (Ted Collins) a connu une florissante carrière à la télévision pendant plus de trente ans. Peu de temps après ses débuts, il est devenu populaire en étant la vedette de la série médicale The Eleventh Hour (inédite en France et au Québec). S’ensuivent alors de nombreuses apparitions dans d’innombrables séries comme Hawaï Police D’État, Perry Mason, La Nouvelle Équipe, Sur la Piste du Crime, avec parfois des rôles récurrents (Mannix, Lassie, L’Agence Tous Risques). On peut le revoir également dans Pour la vie d’Oscar, trilogie d’épisodes où se croise L’Homme qui valait trois milliards et Super Jaimie.

  • Devenue célèbre pour son rôle d’Angélique Collins dans la série-culte Dark Shadows, qui mélangeait soap opera et fantastique, Lara Parker (Andrea Collins) a enchainé plusieurs apparitions dans des séries comme Kung Fu, 200 Dollars plus les frais, Dossiers brûlants, Section 4, Kojak et L’Incroyable Hulk. Elle a mis temporairement fin à sa carrière d’actrice en 1991 pour se consacrer à l’enseignement et à l’écriture, pour ensuite faire un retour en 2012 avec une apparition dans l’adaptation filmique de Dark Shadows de Tim Burton.

  • Après une longue carrière au théâtre depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Robert Symonds (Jay Rodgers) a attendu d’atteindre la cinquantaine pour que les spectateurs le voient plus fréquemment au cinéma (L’Exorciste, Arrête-moi si tu peux, Justice pour tous) et à la télévision (200 Dollars plus les frais, Code Quantum, Supercopter, K2000, Dynasty). Il est décédé en 2007.

  • Toute l’équipe de production a pu bénéficier gratuitement de la base aérienne Edwards comme lieu de tournage permanent, que l’on a déjà pu voir dans le pilote original, ainsi que du centre de recherche aéronautique de la NASA, incluant même un simulateur de vol. On retrouve également le HL-10 piloté par Steve dans le pilote ainsi que les images d’archives du vol et du crash du M2-F2 piloté par Bruce Peterson en 1967. Seul tout ce qui était classé « top-secret » n’a pas été filmé. À noter que si la base est fermée habituellement aux civils, quelques tours guidés et quelques vols d’essai effectués en public sont parfois organisés.

  • Le bâtiment souvent montré lors de certains génériques d’épisodes pour représenter le quartier général de l’OSI où se trouve le bureau d’Oscar Goldman, est en fait le « Russell Senate Office Building » qui est situé au coin des avenues Constitution et Delaware à Washington. L’édifice, inauguré en 1909 et complété dans sa forme définitive en 1933, a été construit pour permettre de libérer le Capitole, qui n’avait plus la capacité d’héberger tous les bureaux des sénateurs américains élus. À l’époque du tournage de la série, ce fut l’un des endroits où se sont tenues les audiences sénatoriales concernant la célèbre affaire du Watergate.

  • Il s’agit de l’un des épisodes où Steve emploie le moins souvent ses pouvoirs bioniques, sauf lors de la scène de golf avec Shadetree, qui se veut plutôt un gag, et de la scène finale où Steve recourt à son bras bionique pour tenir le manche et ramener le HL-10 saboté intact. En revanche, il s’agit de l’un des plus touchants de la série, surtout lors du plan final où Steve touche le HL-10 un peu comme le cavalier touche son cheval après l’avoir dompté.

  • Ce fameux HL-10 que l’on a pu voir dans cet épisode et le pilote original, est actuellement exposé devant l’entrée du Dryden Test Flight Center. En 1976, c’est le nouveau nom donné au centre de recherche aéronautique de la NASA qui est toujours situé à la base aérienne Edwards.

  • Comme cela arrive souvent dans ce genre d’épisode qui revisite le passé de son principal protagoniste, on y trouve plusieurs erreurs de continuité, entre autres lorsque Steve revit en flashback son crash alors qu’il est dans le simulateur, sans aucun lien avec la chaîne des événements menant au crash originel et même à ce qui est résumé dans le générique d’introduction de la série.

  • L’épisode souligne le fait que Steve a déjà eu une aventure sentimentale avec Andrea, une officière médicale qui aurait existé à l’époque où il a eu son terrible accident. Ce qui vient autant contredire la relation que Steve a développé avec Jean Manners dans le pilote que celle avec Carla Peterson, que Steve avait souligné il y a peu de temps dans Cinq cents millions de plus.

  • Après que Ted Collins ait pu constater l’état du manche à balai sous la pression de la main bionique de Steve:

  • -Ted: You've, eh, got a pretty good grip.

    -Steve: Well, it comes from squeezing a lot of orange juice.

  • Lors de la partie de golf entre Steve et Shadetree, ce dernier parie que son coup de départ ira moins loin que le sien. Mais après que Steve se soit exécuté:

  •  

     

-Shadetree: You got to be kiddin'. You hit that ball into next week!

-Steve: Yeah, I guess I did kinda catch it on the screws, didn't I? That was a hundred, wasn't it, pardner?

-Oscar: You are more to us, Steve, than just a man on the payroll. You're...

-Steve: A six-million-dollar investment?

-Oscar: I was gonna say 'friend.'

-Steve: Tomorrow, when I climb into that bird, my stomach's going to feel like a bag of bricks. But, I'd still feel the same way without your suspicions. But, I've still got to fly it.

-Oscar: Even though you know someone's trying to kill you?

-Steve: I feel that's what I'd be doing to myself if I didn't fly it.

-Shadetree (à Steve après son atterrissage): Buddy, you are luckier than a skinny turkey at Thanksgiving.

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9.  ACTE DE PIRATERIE
(ACT OF PIRACY)
 

Résumé :

Steve Austin donne un coup de main aux sismologues Louis Craig et Sharon Ellis qui travaillent à poser des capteurs sismiques dans les fonds océaniques. Un message radio les enjoint toutefois de quitter la zone où ils se trouvent car un pays à proximité, le Santa Ventura, vient de rompre les relations diplomatiques avec les États-Unis. Hélas, un bateau de patrouille arraisonne leur bâtiment avant qu’ils n’aient pu quitter les lieux, et les patrouilleurs capturent Louis et Sharon en plus de sectionner le tuyau d’air de la cloche de plongée où se trouve Steve. Ce dernier échappe toutefois à la mort et se rend à la nage au Santa Ventura afin de libérer les sismologues.

Critique :

Avec son suspense inexistant, ses nombreuses invraisemblances, son emploi abusif de stock-shots et de voix-off à des fins de remplissage, et son allure de série B à petit budget, Acte de piraterie n’a aucun mal à figurer parmi les plus faibles épisodes de cette saison Deux. Dès la séquence pré-générique, aussitôt que Steve Austin reçoit l’alerte concernant les ruptures diplomatiques des États-Unis avec le Santa Ventura, un pays fictif pour ne pas que les producteurs se brouillent politiquement mais visiblement localisé en Amérique centrale qui a connu pas mal de soubresauts politiques à cette époque, le spectateur peut aisément deviner à l’avance ce qui va suivre.

Les personnages secondaires sont également très mal définis. On ne sait pas grand-chose des sismologues Louis Craig et Sharon Ellis en dehors de leur travail. Quant aux vilains, menés par le général Fernando Ferraga, on ne sait rien de leur motivation derrière la capture des scientifiques américains, ni de leurs intentions réelles. Cherchent-ils un coup médiatique? Une rançon? À faire chanter le gouvernement américain sur le plan diplomatique? On n’en sait rien.

En fait, ils ont plutôt l’air de caricatures ambulantes qui règnent au sein d’une dictature de pacotille sur une nation dont les frontières semblent une vraie passoire. Car même doté de pouvoirs bioniques, Steve Austin a beaucoup de trop de facilité à entrer au pays de Santa Ventura, à y circuler et à trouver l’endroit où les sismologues sont enfermés, et jamais il ne sera inquiété tout le long de l’épisode. Sans doute grâce à sa « bonne étoile », Steve rencontre un des sympathisants de la Résistance au pays face à la dictature alors qu’il examine le bateau arraisonné de Louis et Sharon, et ce dernier le mène tout droit au QG du général Ferraga en quelques petites minutes. Difficile à avaler, même avec un seuil de tolérance élevé pour l’incrédulité!

La présence d’un traitre dans l’entourage de l’équipage, détail que Steve ignore, n’améliore pas les choses, alors que l’intrigue traite cet aspect par-dessus la jambe dans le dernier tiers au moment où Steve et les sismologues cherchent à fuir le pays. Au bout de compte, même si la réalisation évite de rendre l’ensemble ennuyeux malgré une paresse évidente au plan technique, on n’arrive pas à s’intéresser vraiment à cette histoire plutôt insignifiante qui ne décolle jamais vraiment, et que trop de faiblesses viennent entacher davantage.

Anecdotes :

  • Troisième et dernier scénario pour la série écrit par Peter Allan Fields, ce dernier a adapté une histoire imaginée par David Ketchum, acteur et auteur spécialisé dans la comédie, notamment avec Happy Days, et Bruce Shelly, qui a également écrit un épisode pour la série Super Jaimie, et qui s’est spécialisé dans l’écriture de séries animées, dont certaines tirées de jeux vidéo (The Super Mario Bros. Super Show, The Adventures of Sonic the Hedgehog).

  • Également une troisième réalisation pour Christian I. Nyby II. On est toutefois loin de la qualité de ses deux précédents efforts. À sa décharge, il n’a pas disposé ici d’un budget aussi confortable ni d’un récit de haut niveau.

  • Ayant fait ses études en Thaïlande en plus d’avoir été pom-pom girl, Lenore Kasdorf (Sharon Ellis) a multiplié les rôles à la télévision autant dans des séries régulières (Le Magicien, Les Rues de San Francisco, L’Homme de fer, K2000) que dans des soap operas (Santa Barbara, Des jours et des vies). On se souvient également d’elle pour avoir été la co-vedette de Chuck Norris dans le film Portés Disparus. Elle a pris sa retraite en 2004.

  • De son vrai prénom Horace, Stephen McNally (Louis Craig) a d’abord exercé la profession d’avocat dans les années 30 avant d’opter pour le métier d’acteur à partir des années 40. Malgré une carrière sans grand relief, il a quand même joué plusieurs rôles mineurs au cinéma (Winchester 73, Les Inconnus dans la Ville, La loi de la Prairie) et à la télévision (Rawhide, Target: The Corruptors, Sauve qui peut, Starsky & Hutch) en particulier dans des polars et des westerns, où il a souvent joué des durs-à-cuire, bons ou méchants. Il est mort en 1994.

  • Comme pour Stephen McNally, Carlos Romero (Général Ferraga) a connu une carrière globalement concentrée dans le genre western ou policier, en interprétant surtout des personnages latins (Zorro, Cheyenne, Maverick, Rawhide, Perry Mason, Cannon, Auto-Patrouille, Sous le signe du faucon) pendant près de 30 ans à la télévision et parfois au cinéma. Après avoir pris sa retraite en 1989, il est finalement décédé en 2007.

  • Souvent dans la série, on peut entendre par moments Oscar Goldman en conversation téléphonique avec un certain “Mr. Secretary” qui lui donne parfois des instructions. Cet épisode établit plus clairement qu’il s’agit du secrétaire d’État.

  • Cet épisode semble enfin établir pour de bon que Steve Austin n’a pas besoin de tuer qui que ce soit pour venir à bout de ses missions, même dans des situations où cela aurait pu se produire comme dans certains épisodes précédents. Cela est évident à la fin, lorsque Steve renverse le bateau à moteur du général Ferraga et de ses hommes qui le poursuivait, et que tous s’en sortent en montant à bord d’un radeau gonflable de sauvetage.

  • Dans le roman original de Martin Caidin, Steve Austin a une réserve d’oxygène d’urgence dans ses jambes bioniques et ses pieds peuvent devenir palmés afin de nager de grandes distances. Ces deux éléments ont cependant été ignorés par les scénaristes, alors qu’ils auraient été forts utiles puisque Steve y nage beaucoup et que sa cloche de plongée est privée d’oxygène.

  • On peut lire sur le bateau du général Ferraga l’inscription « Patrulla de Costa ». Il s’agit d’une erreur puisqu’en espagnol, le terme « garde-côtes » s’écrit « Guardia Costera ».

  • La cloche de plongée de Steve étant supportée par un câble de métal, il est impossible pour le général Ferraga de le couper d’un seul coup de hache, comme on peut le voir dans cet épisode.

  • Steve porte dans cet épisode pour la seule et unique fois un uniforme militaire qui ne relève pas de l’armée américaine.

  • Une erreur de montage dans la scène de poursuite en bateau à la fin de l’épisode a provoqué accidentellement un moment amusant. En effet, cette erreur laisse croire qu’un des soldats a tiré sur la casquette du général Ferraga et a visé juste.

  • Cet épisode a eu deux titres différents au moment du tournage: Aquanaut et Three if by Sea.

-Steve: How are you, Miss Ellis?

-Sharon: Oh, I beg your pardon, Colonel?

-Steve: Colonel? After twelve days and twelve nights, nine dazzling sunsets and one full moon, it's still 'Colonel.'

-Sharon: But I love it; such a nice, pompous title.

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10. ÉTRANGER À BROKEN FORK
(STRANGER IN BROKEN FORK)

Résumé :

Steve souffre d’amnésie suite à l’écrasement de son avion dans les montagnes du Colorado. Errant seul sur la route, il est recueilli par une psychologue, Angie Walker, qui dirige un centre expérimental à Broken Fort qui traite les personnes souffrant de problèmes de santé mentale. Le directeur de l’épicerie de la région, Horace Milsner, ne supporte cependant pas leur présence et exerce des pressions pour leur faire quitter les lieux. Après avoir échoué à les chasser légalement, Milsner réussit à convaincre certains habitants d’employer la force pour les expulser de Broken Fort. Malgré son amnésie, Steve n’hésite pas à prendre fait et cause pour Angie et ses patients afin de les protéger contre les manœuvres d’intimidation de Milsner. Il ignore toutefois que son amnésie a été causée par une défaillance bionique dans son bras droit et qu’il doit être traité rapidement afin d’éviter que cette défaillance ne lui soit fatale.

Critique :

Dès le départ, les choses ne s’annonçaient pas de bon augure pour cet épisode. Le pré-générique se constitue essentiellement de plans tirés de l’épisode Reconstitution montrant Steve Austin aux commandes d’un F-104 et d’autres où il tient le manche du HL-10 afin d’économiser sur le budget. Le crash de son avion n’est jamais montré à l’écran, et une fois le générique de l’émission passé, on voit Steve errant dans la campagne sans son habit de pilote et vêtu d’une chemise et d’un pantalon brun, ce qui s’avère virtuellement impossible. De plus, le thème de l’amnésie a été maintes fois exploité dans d’autres séries qu’on craignait un peu d’avance de savoir à quelle sauce elle serait servie dans Étranger à Broken Fort.

Par bonheur, le récit se replace sur la bonne voie dès le moment où Steve rencontre Angie Walker sur la route alors qu’elle cherche à changer un pneu crevé. Ce personnage de psychologue, qui vient en aide à des gens souffrant de dépression et de divers problèmes de santé mentale en les accueillant dans une maison de convalescence à l’abri des tourments de la vie quotidienne, est certainement l’un des plus sympathiques de la série grâce à sa générosité, sa sincérité et son dévouement exemplaire. L’interprétation juste et pleine d’empathie de Sharon Farrell y est d’ailleurs pour beaucoup, elle qui a déjà souffert d’amnésie à la suite d’un accident cérébral qui aurait pu compromettre sa carrière d’actrice.

Par l’intermédiaire de l’odieux épicier Milsner, qui cherche à chasser Angie et ses patients par la force, l’épisode illustre avec tact le problème de la tolérance envers les personnes mentalement affligées. Mais il s’avère aussi une critique des préjugés allant jusqu’au refus d’admettre l’existence de maladies mentales qui peuvent être causées par le style de vie américain axé sur la performance; un style de vie qui ne peut convenir à tous ses habitants.

Certes, la scène finale où Steve appelle les habitants de Broken Fort à apprendre à connaître les gens vivant dans la maison d’Angie afin qu’ils puissent constater qu’ils ne sont pas un danger pour la société, peut sonner un brin moralisateur. Mais le tout est désamorcé par une belle tendresse, représenté notamment par cette petite fille, Jodie, qui se contentait auparavant d’observer un des patients, Thurmond, en dépit des ordres de sa mère, et qui est celle qui répond la première à la demande de Steve en s’avançant vers Thurmond, sans aucune peur ni préjugés.

Étranger à Broken Fort perd sans doute des points à cause de sa prémisse de départ peu convaincante sur ce qui a provoqué l’amnésie de Steve et d’un emploi encore abusif de stock-shots et de voix-off par souci d’économie. Mais il en gagne davantage en revenant avec bonheur et sagesse aux valeurs et aux notions humanistes qui font partie intégrante de l’identité de la série et en constituent les ingrédients majeurs qui en ont fait son succès.

Anecdotes :

  • Bill Svanoe signe ici son dernier script pour la série, en collaboration avec Wilton Denmark.

  • Christian Nyby, le père de Christian I. Nyby II, réalise ici le premier de deux épisodes. Ancien monteur, il est plus connu pour avoir réalisé le film culte de science-fiction sorti en 1951: La Chose d’un autre monde produit par Howard Hawks. S’en est suivi une très longue carrière à la télévision où il a réalisé près de 200 épisodes pour plusieurs séries (Perry Mason, Rawhide, Le Justicier, Bonanza, Lassie, Auto-Patrouille). S’il s’est avéré un très bon technicien, il n’a jamais vraiment confirmé les espoirs placés en lui depuis sa renommée comme monteur et sa première réalisation cinématographique considérée aujourd’hui comme un classique. Il est mort en 1993.

  • Bien qu’elle ait souffert d’amnésie, la carrière de Sharon Farrell (Angie Walker) ne s’est jamais vraiment interrompue depuis le début des années 60, et elle est toujours active. Après avoir fait ses débuts dans le mannequinat et comme reine de beauté, elle a joué dans plusieurs épisodes de séries populaires comme Docteur Marcus Welby, Sauve qui peut, Des Agents très spéciaux, et Le Fugitif, et a même obtenue des rôles récurrents dans Hawaï Police D’État et le soap opera Les Feux de l’amour.

  • Robert Donner (Horace Milsner) a fait plusieurs petits boulots après avoir été dans la Marine pendant la Seconde Guerre Mondiale. Sur la suggestion de Clint Eastwood, avec qui il a partagé le même appartement, il a commencé à étudier le jeu et à se faire un nom comme comique de scène et amuseur public auprès des célébrités à Hollywood. À la télévision, il a toutefois davantage joué des personnages peu sympathiques dans des séries comme Rawhide, Sauve qui peut, Daniel Boone, La Nouvelle Équipe, Drôles de dames, et dans plusieurs westerns au cinéma comme L’Homme des hautes plaines, La Loi de la haine, Chisum et Rio Lobo. Il est décédé en 2006.

  • Assez bizarrement, le docteur Rudy Wells est remplacé dans le scénario par un certain Wayne Carlton, expert en bionique, sans aucune explication. Il est interprété par Arthur Franz, un acteur de composition d’origine allemande qui a joué dans plusieurs films de séries B (L’invasion vient de Mars), quelques classiques (Ouragan sur le Caine) et évidemment plusieurs séries télés, très souvent des westerns (Le Justicier, Bonanza, Rawhide, Perry Mason, Voyage au fond des mers) pendant plus de 30 ans. Il est mort en 2006.

  • L’avion piloté par Steve au début de l’épisode est le même que celui au début de Reconstitution, d’autant plus que les mêmes plans sont parfois réutilisés. Il s’agit d’un F-104 Starfighter.

  • Personne parmi les acteurs, ni l’équipe de production ne savait que Sharon Farrell avait souffert d’amnésie. Elle a attendu d’en faire la révélation beaucoup plus tard par peur de ne pas perdre des rôles.

  • Les coordonnées entendues dans cet épisode situant le lieu du crash de l’avion de Steve se trouvent en fait officiellement à proximité de l’aéroport Ogden-Hinkley, près de la ville d’Ogden dans l’Utah.

  • L’idée d’un grave problème de fonctionnement du bras bionique de Steve pouvant lui être fatal sera souvent employé dans de futurs épisodes de la série, et également dans Super Jaimie.

  • Les images montrant Oscar Goldman en flashback lorsque Steve essaie de retrouver la mémoire sont tirés étrangement de l’épisode suivant: La Voyeuse.

  • Bien que Steve se demande s’il est humain après avoir fait usage de sa force bionique, il est surprenant qu’il ne se soit pas posé la question plus tôt lorsque son œil bionique s’est activé.

  • Au cours de la scène où Steve, toujours amnésique, constate que son bras est bionique, il cherche à se convaincre lui-même qu’il n’est qu’une machine et pas un homme. Voyant un doigt de sa main gauche coupé avec un début de saignement, Angie Walker, d’un ton rempli de compassion dit à Steve: « Machines don’t bleed. »

-Jody (la petite fille): Mister, are you crazy too?

-Steve: Well, that's a mighty big word for such a little girl.

-Jody: Mama says everybody here is.

-Steve: Well, I bet if your mom tried real hard, she could find another word to use.

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11.  LA VOYEUSE
(THE PEEPING BLONDE)

Résumé :

Une journaliste, Victoria Webster, a réussi à capter sur film Steve Austin faisant usage de ses pouvoirs bioniques. Audacieuse, elle menace Oscar Goldman de rendre le film public si elle n’obtient pas une entrevue exclusive avec Steve. Espérant gagner du temps, Oscar et Steve acceptent que Victoria les accompagne en vacances dans le désert de Baja en Californie. La journaliste espère en profiter pour obtenir de nouvelles images sensationnelles de notre héros bionique. Mais lorsque le supérieur de Victoria, Charles Colby, visionne le film de son employée, il décide de profiter de l’occasion pour mettre au point un plan afin de kidnapper Steve et le vendre à une puissance étrangère.

Critique :

Cette seconde apparition en « guest star » de l’épouse de Lee Majors, Farrah Fawcett n’égale pas en qualité celle de sa première dans Athéna Un. Certes, l’idée de départ où une journaliste est témoin inopinée d’un exploit de Steve Austin où il fait usage de sa force bionique, est très intéressante. Mais le fait d’inclure une sous-intrigue où son supérieur y voit une occasion de s’enrichir face à l’impasse professionnelle où il est confronté, si elle n’est pas mauvaise en soi, vient quelque peu freiner le développement de la relation tripartite entre Victoria, Steve et Oscar, sur la question de dévoiler publiquement ou non l’existence de notre Homme de six millions.

À travers ce dilemme cornélien, s’il en est, on découvre également que Victoria voit à travers ce scoop sur la nature spéciale de Steve, la possibilité de se hisser à un plus haut niveau sur le plan professionnelle et le fait d’être enfin reconnue pour son travail de journaliste, et non pour sa beauté physique en tant que femme. On découvre également, ce qui n’est pas une surprise, que Steve et Oscar ne sont pas d’accord sur la manière de régler la question avec Victoria; Oscar étant nettement plus réticent à l’idée de voir Steve faire la une en tant qu’homme bionique pour des raisons évidentes de sécurité nationale. Plus hésitant, Steve se laisse peu à peu convaincre par Victoria que de rester au secret concernant ses pouvoirs n’est pas envisageable, alors que la science bionique peut apporter tellement de bienfaits à l’humanité. Il est vrai que Steve n’est pas insensible au charme féminin pour pencher du côté de la journaliste.

Seulement voilà, la menace d’enlèvement de Steve par deux mercenaires embauchés par Colby accouche d’un faux suspense dans le dernier tiers qui semble avoir été implanté mécaniquement dans le script pour éveiller la conscience de Victoria et ainsi accoucher d’une conclusion où tout le monde est satisfait. Cela n’est pas illogique à prime abord, mais apparaît un peu forcé en plus de solutionner trop commodément les situations qui suscitaient jusque-là l’intérêt du spectateur.

Il n’en manque donc pas beaucoup pour que cet épisode obtienne 3 bottes, car La Voyeuse n’est pas indigne du tout en comparaison de d’autres épisodes moyens. Mais il lui manque une conclusion plus relevée qui aurait su mieux tirer parti de ses enjeux afin de rehausser sa note.

Anecdotes :

  • C’est le deuxième des quatre épisodes où Farrah Fawcett, l’épouse de Lee Majors, est la star invitée.

  • Unique épisode réalisé par le vétéran Herschel Daugherty, qui a travaillé pour de nombreuses séries (Star Trek, Hawaï Police D’État, Mission: Impossible, Rawhide), mais qui est surtout reconnu pour avoir réalisé tous les épisodes de la sitcom Ah! Quelle Famille qui mettait en vedette Henry Fonda en 1971-72. Il est décédé en 1993.

  • Déjà un troisième scénario écrit par Wilton Denmark, en collaboration avec l’acteur et auteur William T. Zacha. C’est d’ailleurs un des rares moments dans la série où un acteur joue dans un épisode qu’il a écrit ou co-écrit. Parfois baptisé W. T. Zacha, cet acteur et auteur né à Dallas a souvent joué des personnages de durs ou d’hommes de main au cinéma et à la télévision à partir des années 70 (Kojak, L’Homme de fer, Starsky & Hutch, Cannon). Comme auteur, sa contribution se limite essentiellement à trois récits de l’Homme qui valait trois milliards, dont La Voyeuse s’est avéré la première. Il avait auparavant joué un petit rôle dans l’épisode de la première saison, Seuls les plus forts survivent. Touche-à-tout, il a fait ses débuts à la télévision comme superviseur des costumes pour la série Perry Mason.

  • Roger Perry (Charles Colby) a été dans les années 60 la vedette de deux séries inédites en France: la sitcom Harrigan and Son et la série policière Arrest & Trial aux côtés de Ben Gazzara et Chuck Connors. En plus d’avoir été invité dans plusieurs autres séries comme Star Trek, L’Homme de fer, Barnaby Jones et Sous le signe du faucon, il a participé à deux épisodes de Super Jaimie et il a joué dans un autre épisode de la série, Lavage de Cerveau, qui a été diffusé au cours de la quatrième saison.

  • Décédé en 1992, Hari Rhodes (Karl, l’un des hommes de main) est devenu acteur après avoir combattu dans le corps des Marines lors de la Guerre de Corée. Ses deux rôles les plus marquants furent bien évidemment celui de MacDonald dans le film La Conquête de la Planète des Singes et celui du sergent de police Williams dans le film culte Detroit 9000. À la télévision, il a pu obtenir plusieurs rôles récurrents dans des séries comme Cannon, Les Rues de San Francisco et Section contre-enquête. On peut le voir également dans l’épisode L’Antidote de la troisième saison de Super Jaimie.

  • Wilton Denmark a admis en entrevue que Farrah Fawcett avait déjà été choisi pour interpréter Victoria Webster avant que l’écriture du script ne soit complétée. À noter que cet épisode a également eu deux titres provisoires: Target for Blackmail et Double Exposure.

  • Steve Austin semble être très doué pour le tir à l’arc dans cet épisode, puisqu’il touche deux fois la cible sans sourciller. On doute toutefois, pour ce faire, qu’il n’ait pas eu recours à son œil bionique comme il le prétend.

  • L’amitié entre Oscar et Steve semble avoir été développé suffisamment au point de passer ensemble leurs vacances à Baja à la recherche de ruines archéologiques. On a aussi l’unique occasion de voir Oscar torse nu.

  • Si on découvre que l’archéologie s’avère un hobby pour Oscar, cet épisode nous le présente avec une personnalité plutôt sinistre assez proche d’Oliver Spencer dans le pilote. En effet, Oscar suggère implicitement que des mesures radicales soient envisagées pour mettre la journaliste Victoria au silence afin de préserver le secret concernant la nature bionique de Steve.

  • La voiture buggy sport tout-terrain de Steve, qu’on a pu voir en construction dans Population Zéro, est cette fois-ci complétée puisque Steve la conduit en emmenant Victoria à son bord. Ironiquement, Steve use de la barre de métal, qu’il avait lui-même plié par la force bionique dans Population Zéro, pour attacher les deux hommes de main de Colby.

  • L’épisode Mission: Vol de la seconde saison de Super Jaimie s’avère être un semi-remake de La Voyeuse.

  • Même si Charles Colby voit lui aussi Steve en action en regardant le film de Victoria, il est peu probable qu’il ait pu entendre parler de la science bionique, voire même connaître l’existence du mot « bionique ». Or, il prononce pourtant ce mot pour convaincre la puissance étrangère de s’emparer de Steve.

  • Une des pièces musicales entendues dans cet épisode s’intitule Baja Bossa. Composée par Oliver Nelson, elle fut la seule à avoir été endisquée puisqu’elle se trouve sur l’album Skull Session, publiée en 1975. Une variante de cette musique a été utilisée dans l’épisode La Femme bionique – deuxième partie.

  • Si on peut voir les habituels ralentis pour illustrer les pouvoirs bioniques de Steve, la mise en scène n’hésite pas non plus à employer l’image accélérée dans certaines portions de l’épisode. On a même droit à un effet de flou inédit lorsque Steve est pourchassé par son propre buggy conduit par un des hommes de main de Colby.

  • Signe d’une avancée au chapitre de l’égalité homme-femme dans la conception des personnages: Victoria refuse carrément les avances sexuelles de son supérieur Colby et elle n’a aucune hésitation à accepter de rencontrer Steve et Oscar, deux hommes, en pleine nuit et de les suivre en pleine campagne. Voilà des indications d’une femme forte, indépendante et qui s’assume. Le plus fort étant que Steve, dont on connaît pourtant l’attitude quelque peu macho, n’hésite pas à prendre parti pour Victoria contre Oscar à la fin du récit.

-Steve: Well this is the, eh, negative of the film Miss Webster shot of me rescuing here on the cliff. It's all the bionic stuff.

-Oscar: Why you... here give me that.

-Steve Austin: Oh no, Oscar, I'm on her side.

-Oscar: You remember what I said to you about a target on your back?

-Steve Austin: Yeah.

-Oscar: Well that lady is loading the rifle, pal.

-Victoria: He's a rat, your mister Goldman, calling me a blackmailer.

-Steve: Oh, he's not so bad once you get to know him.

-Victoria: The world is entitled to know such advanced technology as you exist. Think what that would mean, that would give hope to countless people. I'm gonna get this story, and you'd better believe it.

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12. COURSE À OBSTACLES
(THE CROSS-COUNTRY KIDNAP)

Résumé :

Liza Leitman est une surdouée de l’informatique qui a développé un code crypté pouvant relier les communications secrètes entre les ordinateurs à travers le monde. Également passionnée par les sports équestres, elle cherche à compétitionner dans ce domaine pour faire partie de l’équipe olympique. Mais le chef d’un groupe chargé de la sécurité de Liza, Ross Borden, planifie de l’enlever pour la forcer à reprogrammer son code informatique afin de pouvoir contrôler tout un réseau d’agents secrets internationaux. Oscar Goldman charge évidemment Steve Austin de veiller à la sécurité de Liza, mais la tâche s’avère difficile, car elle a très mauvais caractère, refuse toute protection de quiconque, et se montre inconsciemment vulnérable à chaque fois qu’elle monte à cheval pour s’entraîner.

Critique :

Autant La Voyeuse avait bien débuté pour moins bien se terminer, autant Course à obstacles fait exactement le contraire. Débutant sur une prémisse simple où Steve Austin doit assurer la protection de Liza Leitman, une femme à la fois brillante et sportive, l’intrigue multiplie avec assez d’habileté quelques rebondissements où les plus prévisibles d’entre eux ont servi à bien camoufler les plus surprenants.

La première moitié de l’épisode ne surprend donc guère, alors que Ross Borden teste d’abord la vigilance de Steve en embauchant un quidam chargé d’espionner à la fenêtre de la chambre de Liza. Une fois que l’on apprend que Borden dirige un groupe de sécurité embauché par Oscar Goldman, on semble deviner vers où l’épisode va aboutir. Une tentative de meurtre contre Steve, dont l’entraîneur de Liza est devenu la victime collatérale, vient renforcer ce sentiment.

L’entêtement, le mauvais caractère et la naïveté de Liza, qui refuse d’être protégée alors qu’elle s’entraîne pour se qualifier aux compétitions olympiques, laissent également présumer que sa propre personnalité est son pire ennemie, en plus de nuire quelque peu au travail de Steve. Mais encore là, c’est ce que les auteurs nous laissent croire. Si bien qu’au moment où le kidnapping se déroule pendant la compétition, on se rend vite compte de l’habileté du plan imaginé par Borden et que rien ne laissait soupçonner.

Car plutôt que de recourir à la force afin que Liza dévoile son code, Borden a simplement demandé à un de ses hommes de main d’abattre le kidnappeur qu’il a lui-même embauché afin de faire croire à un sauvetage aux yeux de Liza. Et comme Borden a préalablement fait saboter le système informatique de l’OSI, Liza est convaincue par Borden qu’elle doit réimplanter les codes dans l’ordinateur, sans se douter de la mystification. Ce n’est qu’au moment où Steve Austin trouve le repaire de Borden et parvient à couper l’alimentation électrique que Liza, à l’intelligence vive, se doute de quelque chose alors que Borden avoue ne pas avoir de puissance électrique auxiliaire.

C’est donc ce genre de petits détails qui rend cet épisode assez agréable à regarder, en plus de donner du rythme aux scènes d’action. Seuls bémols: on est quelque peu étonné du recours à une certaine violence dans le récit, même si cela reste parcimonieux, alors que la série nous avait enfin habitués à un style plus familial. De plus, les pouvoirs bioniques de Steve se révèlent parfois inexplicablement inefficaces, alors qu’il n’arrive même pas à rejoindre un homme normal, malgré sa vitesse (voir plus de détails dans la section Anecdotes).

Reste que le plan du divertissement, cette Course à obstacles réussit plutôt bien sa mission.

Anecdotes :

  • Deuxième et dernier épisode réalisé par Christian Nyby.

  • Stephen Kandel, l’un des co-auteurs de cet épisode, figure sans doute parmi les scénaristes américains les plus réputés dans le domaine des séries télévisées, car il est capable d’écrire rapidement en respectant un seuil de qualité minimum et en étant très rarement médiocre. Très sollicité, il a écrit de tnombreux épisodes pour Batman, Mission: Impossible, Les Espions, Mannix, Opération vol, Cannon, et MacGyver. Il est également l’auteur du tout dernier épisode de la série: Opération double-jeu, et d’un épisode pour Super Jaimie intitulé Le Canyon de la mort.

  • Ray Brenner, l’autre co-auteur, a surtout écrit des séries comiques et des sitcoms (Sur le pont, la marine! Max la menace, La Croisière s’amuse). Il est décédé en 1995.

  • Ayant fait ses débuts d’actrice pendant son adolescence, Donna Mills (Liza Leitman) a connu la célébrité quelques années après être apparue dans l’Homme qui valait trois milliards en interprétant Abby Fairgate Cunningham Ewing Sumner, l’une des principales protagonistes du soap opera Les Héritiers du Rêve. En plus de jouer dans d’autres soap operas de manière récurrente (Place Melrose, Hôpital central), elle a fréquemment été la star de plusieurs téléfilms depuis les années 70 et elle demeure toujours active.

  • Frank Aletter (Ross Borden) a été l’une des stars invitées à la télévision qui a participé à presque toutes les séries populaires existantes entre les années 50 et 80 (La Quatrième dimension, Perry Mason, Mannix, Quincy). Décédé en 2009, il a été le vice-président de la « Screen Actors Guild » en 1987 et il a été l’ex-mari de l’actrice de télévision Lee Meriwether pendant 16 ans.

  • L’idée de départ de cet épisode a été fournie par le producteur Harve Bennett lui-même, en réponse à un défi lancé sur le fait qu’il n’était pas possible de tourner un épisode évoluant dans le milieu équestre. Afin de le relever avec brio, il a obtenu la collaboration de son épouse de l’époque, non-créditée au générique, comme conseillère technique spéciale de Donna Mills pour le tournage des scènes équestres, en plus de faire une apparition comme cavalière. Le casting de soutien tint également compte de cette expérience avec les chevaux puisque Tab Hunter (Arnold Blake, un des hommes de main de Ross Borden) a été embauché grâce à ses aptitudes en tant que cavalier (Le Virginien entre autres).

  • Le générique de cet épisode est assez unique dans la série puisqu’on y voit pour la première fois des images fixes montrant les acteurs invités en même temps que leurs noms apparaissant à l’écran. En prime, on peut y voir Steve faire un saut bionique par-dessus l’obstacle d’un parcours équestre; geste qu’il effectue également pendant l’épisode sans aucune raison particulière.

  • Cet épisode se démarque également par son côté violent assez inattendu par rapport aux autres épisodes de la série, même si les moments de brutalité sont filmés avec retenue. À titre d’exemples, la mise en images nous montre un homme abattu par une mitrailleuse, et Steve qui balance avec sa force bionique un gros terminal informatique écrasant Ross Borden et son principal homme de main afin de libérer Liza.

  • Clin d’œil prémonitoire: Ross Borden fait référence à « Wonder Woman » au tout début lorsqu’il parle de Liza. La série adaptée du célèbre comic book de la célèbre super-héroïne a vu le jour en 1976, peu de temps après la diffusion de cet épisode.

  • Étrangement, les pouvoirs bioniques de Steve semblent lui être inutiles dans cette mission sauf à la toute fin. Non seulement, il se laisse distancer par un homme normal lors d’une course-poursuite, mais il rate son saut bionique en essayant d’atteindre l’hélicoptère des vilains qui emmène Liza.

  • Autre talon d’Achille chez Steve: une balle ayant touché son bras bionique le ralentit considérablement, et il avoue même à Oscar avoir été incapable de courir après avoir été atteint par cette balle. Comme quoi les membres bioniques de Steve sont très reliés les uns des autres. Notons que Steve lâche un cri de douleur au moment où la balle l’atteint au bras, ce qui dénote un manque de continuité dans la série, ainsi que dans Super Jaimie, puisque Steve et Jaime ressentent parfois ou pas de la douleur dans ce genre de situation selon les épisodes.

  • Bien qu’il soit blessé à son bras bionique, Steve nous apprend dans cet épisode que Rudy Wells lui a enseigné à effectuer lui-même des réparations mineures sur ses membres bioniques pour rester fonctionnel. On retrouve toutefois ici une erreur de continuité puisque Steve porte la main sur le haut de son bras près de l’épaule lorsqu’il est touché, mais répare plutôt son avant-bras une fois revenu au motel.

  • Les scènes extérieures du motel où Steve et Oscar se réunissent ont été filmées au Hallmark House Motel situé sur le célèbre Sunset Boulevard d’Hollywood. Le motel existe toujours aujourd’hui sous le nom de Days Inn Hollywood depuis les années 90.

  • Le système de sécurité du repaire de Ross Borden est peu crédible puisque les caméras de surveillance ne filment que les pieds des personnes qui s’y sont introduits.

  • Le premier titre original de cet épisode était intitulé Ciphers and Charades.

-Liza: I'm an expert rider. In rough country, on a well marked course. The hills will be alive with the sound of, eh...

-Oscar: Music?

-Liza: Very funny.

-Oscar: Your plane leaves in two hours. There'll be a car to meet you at the airport. You'll be staying in the same hotel as she is.

-Steve: Now wait a minute, what if she spots me and screams to the local fuzz?

-Oscar: Huh? You're a bionic man. Run.

-Liza: (riante) You really do appeal to all my... baser instincts.

-Steve: Well, we gotta start some place.

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13. UN AMOUR PERDU
(LOST LOVE)

Résumé :

La route de Steve Austin croise celle d’une ancienne flamme, Barbara Thatcher, qui vient de perdre son mari scientifique, Orin, suite à l’écrasement de son avion en route vers Lisbonne. Leurs retrouvailles réveillent en eux les sentiments mutuels qu’ils avaient autrefois l’un pour l’autre, mais les événements vont alors se précipiter. Tout d’abord, Steve sauve la vie de Barbara alors qu’elle était sur le point d’être kidnappé par de mystérieux assaillants. Ensuite, Barbara est étonnée de recevoir un appel téléphonique de son mari, qu’elle croyait mort. Elle se rend alors à Lisbonne avec Steve pour éclaircir ce mystère, et tous les deux découvrent qu’Orin est bel et bien toujours vivant, et caché à l’ambassade de Bagara, une puissance étrangère d’Europe de l’Est. Mais y est-il de son plein gré ou non?

Critique :

Tel quel, cet histoire d’amour entre Steve et une ancienne flamme, mâtinée d’une sous-intrigue d’espionnage scientifique, en vaut une autre et n’est pas indigne de mention. Le problème est que quelques semaines plus tard sortait le double-épisode La Femme bionique portant un peu sur le même thème d’un amour du passé retrouvé et qui a été traité à un niveau largement supérieur, au point de placer Un amour perdu aux oubliettes. Il est d’ailleurs frappant de constater que l’approche narrative utilisée dans ces deux épisodes est similaire, jusque dans les effets de mise en scène comme l’emploi du montage elliptique afin d’illustrer les moments romantiques que partagent Steve avec la femme qu’il aime au cours de différentes activités.

Connaissant également la volonté des producteurs de ne pas caser Steve Austin avec une seule femme au sein de la série, on se doute bien que les auteurs n’allaient pas déroger ici au caractère éphémère de cette nouvelle histoire de cœur de notre héros. C’est ainsi qu’au moment où Steve et Barbara sont au comble du bonheur que le mari de cette dernière que l’on croyait mort, refait surface et change le cours du récit. À partir de là, on se doute bien que cette histoire d’amour ne se terminera pas de manière positive, malgré nos souhaits, et cela rend le reste de l’intrigue prévisible.

Reste que le mari de Barbara, Orin, parvient à cacher son jeu avec suffisamment de justesse pour qu’on hésite un moment avant de savoir s’il est ou non un traitre. Mais une fois ce doute levé, l’évasion de l’ambassade de Bagara, mené par Steve, apparaît peu crédible étant donné son caractère improvisé et la facilité avec laquelle elle est réussie.

La mise en scène et le jeu des acteurs donnent un charme rétro à l’ensemble, mais la recette aurait gagné à amener davantage d’émotion, d’humour et de renouvellement pour qu’elle laisse sa marque dans l’esprit du public. Heureusement, c’est ce qui se produira avec l’arrivée de Jaime Sommers (nous y reviendrons plus loin) dans un futur proche, comme si « elle avait attendu Steve au coin de la rue » après qu’il ait perdu Barbara.

Anecdotes :

  • Devenu consultant et responsable des scripts, à la place de Peter Allan Fields dès la mi-saison, Richard Carr signe avec Un amour perdu le premier de sept scénarios pour la série, à partir d’un récit de Melvin et Thomas Levy, frères auteurs ayant écrit notamment pour Daniel Boone. Richard Carr, quant à lui, a travaillé pour la télévision depuis le début des années 50 et a écrit pour des westerns (Rawhide, Le Justicier, Maverick, Bonanza), mais également des sitcoms (Peyton Place) et d’autres séries populaires (Batman, Drôles de dames, Wonder Woman). Son meilleur travail demeure cependant d’avoir écrit le scénario du film de guerre de Don Siegel, L’enfer est pour les héros, qui mettait en vedette Steve McQueen. Il est mort en 1988 à l’âge de 59 ans.

  • Réalisateur et producteur prolifique spécialisé notamment dans le genre western de série B au cinéma (Geronimo, Violence à Jericho, Sam Whiskey) et à la télévision (L’Homme à la carabine) où il a d’ailleurs déjà travaillé avec Lee Majors (La Grande Vallée, Owen Marshall), Arnold Laven signe avec Un amour perdu la première de ses trois réalisations pour la série. Décédé en 2009, la carrière d’Arnold Laven s’est étendue des années 50 aux années 80 (L’Agence tous risques, Mannix, 200 dollars plus les frais).

  • D’abord actrice de théâtre d’une grande beauté classique, Linda Marsh (Barbara Thatcher) a été invitée dans quelques épisodes de séries populaires au cours des années 60 et 70 (Les Mystères de l’Ouest, Les Espions, Des Agents très spéciaux, Mannix, La Nouvelle Équipe, Hawaï Police D’État). À partir des années 80, sa carrière s’est davantage orientée vers la production et l’écriture avec autant de succès, que ce soit au théâtre où à la télévision, en particulier avec les sitcoms Valerie (inédit en France) et Drôle de vie qui a duré neuf ans.

  • Ancien membre du parti communiste américain mis sur la fameuse « liste noire » du sénateur McCarthy pour avoir refusé de dénoncer ses collègues, Jeff Corey (Orin Thatcher) compte parmi les acteurs de composition les plus solides de sa génération, doublé d’un professeur de théâtre de grande réputation par son éclectisme. C’est son influence et son caractère humble en tant que professeur et tuteur sur plusieurs artistes qui l’ont aidé à travailler de nouveau comme acteur jusqu’à sa mort en 2002 après avoir été au chômage pendant les années 50 suite au maccarthysme. Capable de jouer dans tous les genres, de la comédie au drame, au cinéma et à la télévision, Jeff Corey a eu près de 50 ans de carrière bien remplie, préférant rester dans l’ombre ou légèrement en retrait dans une panoplie de films et de séries (Star Trek, Bonanza, Kojak, Lou Grant). Il a également joué dans un épisode de Super Jaimie:Le Démon de la Nuit.

  • Avec son visage graveleux, Joseph Ruskin (Markos) a connu une carrière souvent confinée aux rôles sinistres ou de vilains, comme le célèbre gangster Lepke Buchalter dans la série Les Incorruptibles. On peut aisément le reconnaître dans certains épisodes de séries comme Voyage aux fonds des mers, Au cœur du temps, Au pays des géants, et Mission: Impossible. Il a également fait une apparition dans l’épisode de la première saison, Opération Luciole. Mort en 2013, il est un des rares à avoir obtenu des rôles à la fois dans la version originale de Star Trek, trois de ses séries dérivées, une des versions filmiques et dans deux adaptations en jeu vidéo.

  • Sans doute pour faire un clin d’œil sympathique à la contribution de Jeff Corey comme acteur et professeur, le nom de son personnage, Orin Thatcher, fait référence au nom d’un célèbre acteur de composition anglais né en Inde: Torin Thatcher.

  • Également par sa prononciation et aux références envers le bloc de l’Est qui s’y rattachent, le pays fictif du nom de Bagaria fait probablement référence à la Bulgarie.

  • Une autre rare occasion où l’on peut voir Steve Austin porter une cravate et un complet alors qu’il est en civil.

  • La finale pessimiste où Steve et Barbara comprennent mutuellement qu’ils doivent mettre fin à leur romance, contient également un ton de tristesse retenue semblable à la conclusion du double-épisode, Le Retour de la femme bionique.

  • Lorsque Steve évoque ce qu’il est devenu depuis sa première rupture avec Barbara, on apprend qu’il a commencé son entrainement comme astronaute sept ans avant cet épisode.

  • Lors de la scène à l’aéroport de Lisbonne où Steve téléphone à Oscar, l’inscription sur la cabine téléphonique indique « Telefono ». Il s’agit d’une autre erreur de traduction, puisque ce mot est en espagnol. En portugais, le mot juste s’écrit « Telefone ».

  • La colonne en bois autour de laquelle Steve est attaché dans les sous-sols de l’ambassade bagarienne est très visiblement à l’écran préalablement fendue avant que Steve ne la brise pour se libérer.

-Barbara: Oh Steve, you have a wonderful way of making things easier... and harder at the same time.

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14. KAMIKAZE
(THE LAST KAMIKAZE)

Résumé :

Un avion transportant un nouveau prototype d’ogive nucléaire s’est écrasé sur une île du Pacifique Sud, et Steve est chargé de la récupérer avant que la guérilla locale ne s’en empare pour faire chanter ses ennemis. L’ogive est cependant retrouvée par Kuroda, un ancien pilote japonais de la Seconde Guerre Mondiale, qui vit en reclus sur l’île depuis plusieurs années, croyant que le conflit mondial se poursuit toujours. Ayant tombé dans un des nombreux pièges mis en place par Kuroda autour de son repaire, Steve est capturé par ce dernier qui le prend pour un espion ennemi. Notre homme bionique aura fort à faire pour convaincre le pilote japonais que la guerre est terminée depuis longtemps, ainsi que de l’importance géostratégique de l’ogive nucléaire qu’il détient, et ce, alors que des membres de la guérilla les traquent, menés par le guide de Steve.

Critique :

Il aura fallu attendre 13 épisodes, malgré leurs qualités relatives générales, avant que la saison Deux n’en présente un de calibre supérieur. L’attente en valait toutefois la chandelle, tellement ce récit d’aventure est fouillé et superbement élaboré.

Certes, le thème des soldats oubliés ou naufragés sur des îles perdues pendant la Seconde Guerre Mondiale, croyant que le conflit se poursuivait toujours, a été très souvent exploité à la télévision et au cinéma. Kamikaze possède toutefois un énorme mérite: celui de ne jamais présenter le protagoniste japonais, Kuroda, sous des aspects psychologiques farcis de clichés comme parfois les scénaristes américains peuvent en avoir sur les Japonais, démontrant ainsi parfois une forme de mépris non dénué de racisme.

On sent tout le long du visionnement que l’auteure a fait ses devoirs, tant au plan de la recherche documentaire pour appuyer son scénario, que sur le bon dosage des retournements de situation pour faire évoluer son intrigue avec l’équilibre voulu. Plus encore, la narration souligne l’importance de la raison de vivre et de réapprendre la valeur de notre existence en se pardonnant à soi-même, chose très difficile à faire après avoir vécu une guerre éprouvante qui a laissé de profondes séquelles. Le contraste entre Steve et Kuroda est révélateur à cet égard, en opposant la compassion et l’empathie de Steve alors qu’il est perçu comme un robot par Kuroda lorsque l’une de ses jambes bioniques est visible, avec la conception guerrière issue du passé, mais non dénuée d’humanité de ce dernier.

La richesse de la relation entre Kuroda et Steve n’est pas parfois sans rappeler celle opposant l’officier britannique et japonais dans le film Le Pont de Rivière Kwai. Mais là où le classique de David Lean illustrait la folie d’une rivalité idéologique et nationaliste sur les notions de civilisation au sein d’une nature sauvage en temps de guerre, Kamikaze opte pour la réconciliation de ces divergences malgré les barrières temporelles et symboliques qui séparent les personnages. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’enjeu s’avère la récupération d’une bombe atomique, quand on sait que seul le Japon en a été victime, et que la haine des victimes collatérales de cette guerre, poussée par un sentiment de vengeance, s’avère inutile quand on constate l’aigreur du guide de Steve face à Kuroda et aux Japonais en général.

C’est donc encore l’humanisme qui triomphe au final, comme le démontre cette simple mais émouvante scène finale où Steve parvient à réunir Kuroda avec sa mère et son frère, qui le croyaient mort, alors que le soldat croyait lui, à tort, qu’il était déshonoré à leurs yeux. Et pourtant, cette belle finale ne fût pas vraiment la fin de cette belle histoire, puisque Kuroda reviendra au cours de la troisième saison dans une suite intitulée L’Enfant Loup.

Anecdotes :

  • Ce second des quatorze épisodes réalisés par Richard Moder confirme ses aptitudes au-dessus de la moyenne par rapport à d’autres réalisateurs de la série, autant par le rythme imposé, le sens du cadrage et la façon de générer de l’émotion.

  • Après D.C. Fontana, Judy Burns est la seconde femme à écrire pour la série en solo. Elle a d’ailleurs fait ses débuts de scénariste dans la version télévisée originale de Star Trek et de Mission: Impossible. Impressionné par la qualité de son écriture, malgré son manque d’expérience, pour Kamikaze, le producteur Harve Bennett lui commanda une suite: L’Enfant loup. Elle ajoutera à sa besace deux autres épisodes pour la série ainsi qu’une contribution non-créditée pour certains épisodes de Super Jaimie.

  • Tout en ayant contribué à d’autres séries en tant qu’auteure (L’Homme de fer, L’Île Fantastique, K2000, Vegas) Judy Burns est passée à un plus haut niveau au cours des années 80 en tant que productrice et consultante aux scénarios pour des séries comme Supercopter, Hooker,Stingray et MacGyver.  Après une pause de 30 ans, elle a fait son retour comme scénariste en 2017 pour une version conçue par des fans de Star Trek et présentée sous la forme d’une websérie.

  • La réussite de cet épisode doit aussi beaucoup à l’interprétation de John Fujioka dans le rôle de Kuroda. D’origine japonaise, mais né à Hawaï, cet acteur a été d’ailleurs souvent cantonné dans des rôles de militaires pour des films de guerre (La bataille de Midway, MacArthur le général rebelle, Pearl Harbor) ou des séries comiques ou dramatiques (Sur le pont, la marine!, M.A.S.H., Les têtes brûlées), quand ce ne sont pas des rôles reliées aux arts martiaux (Kung Fu, Baretta, L’incroyable Hulk, Quincy).

  • Au-delà des rôles clichés souvent attribués aux acteurs issus des minorités culturelles, John Fujioka a tout de même eu droit à sa part de personnages plus substantiels (Jake Cutter, Magnum, La Noble Maison, Walker Texas Ranger) comme dans cet épisode et sa suite. Son rôle de Kuroda fut si marquant qu’il en interpréta une variation parodique dans la comédie italienne, Salut l’ami, adieu le trésor, qui mettait en vedette le célèbre tandem Terence Hill-Bud Spencer.

  • L’histoire écrite par Judy Burns se fonde sur des faits réels puisqu’en effet, des soldats japonais membres de l’armée impériale, ont été oubliés sur plusieurs îles du Pacifique et n’ont jamais su que la guerre était terminée en 1945, ni n’ont cru à la défaite du Japon. La plupart ont été rapatrié au milieu des années 50, mais d’autres n’ont été retrouvés que bien plus tard. Ce qui fut le cas notamment du lieutenant Hiroo Onoda, retrouvé dans les jungles de Lubang, île des Philippines en mars 1974, et du soldat Teruo Nakamura, retrouvé sur l’île indonésienne de Morotai en décembre 1974, soit un mois à peine avant la diffusion de cet épisode. La scénariste Judy Burns s’est d’ailleurs inspirée de l’histoire du lieutenant Hiroo Onoda, qu’elle avait lu dans un livre, pour concevoir le personnage de Kuroda.

  • C’est à partir de cet épisode que la série a déménagé de case horaire, en étant diffusé le dimanche soir au lieu du vendredi soir, et ce jusqu’en janvier 1978 (voir Présentation de la saison Deux).

  • Les coordonnées du crash de l’avion transportant l’engin nucléaire indiquent une position géographique sur la côte nord-est des Philippines.

  • Deux ans après la diffusion de cet épisode, son auteure Judy Burns est allée passer neuf mois au Japon.

  • Gabella, le guide de Steve, est décrit comme une tête brûlée par Oscar Goldman. Si on ajoute à cela sa trahison dans le but aveugle de se venger des Japonais pour les exactions faites aux Philippines et aux siens pendant la Guerre, il est plutôt invraisemblable qu’il puisse travailler au nom de son gouvernement, selon ses dires.

  • Dans les épisodes précédents, Steve ne portait aucune marque ou cicatrice autour des poignets après s’être libéré des menottes ou de chaînes. Cette fois cependant, Steve porte une cicatrice autour de son poignet gauche non-bionique après s’être libéré des liens dont Kuroda s’est servi pour lui ligoter les mains.

  • Lors d’une séquence majeure dans l’intrigue, Kuroda peut voir les composantes bioniques sur l’une des jambes de Steve après qu’elle ait heurté une des pointes au fond d’un trou piégé. Pourtant, Steve ne souffre d’aucun dommage collatéral suite à cela puisqu’il est capable de sauter pour sortir du piège et de poursuivre Gabella et ses complices avec sa vitesse bionique. Les épisodes antérieurs ont pourtant souvent fait état des problèmes de fonctionnement de l’ensemble des membres bioniques lorsque l’un d’entre eux est endommagé.

  • Kuroda possède un senninbari-haramaki, ou littéralement une ceinture de mille-points. Dans la tradition japonaise, cette ceinture faisait office de porte-bonheur pour les soldats japonais lors du conflit avec la Chine en 1894-1895. Obligatoirement fabriquée par une femme de l’entourage de celui qui la porte (mère, sœur, épouse), cette ceinture a également représenté un symbole très populaire du nationalisme japonais ou du Shintoïsme d’état pendant la Seconde Guerre Mondiale. Sur le plan dramatique, cette ceinture nous donne droit à une scène émouvante entre Kuroda et Steve:

-Kuroda: Thousand stitch belt. When I joined kamikaze, my mother went into the streets and asked people who passed by to put one knot.

-Steve: I've heard of it. One knot, one prayer.

-Kuroda: A thousand prayers to carry with you until you die. (… ) My family Samurai. Fighting men. My grandfather's father was Samurai and all their fathers before them. The fought for their masters without questioning for hundreds of years. The bushido: the man's honor and duty. Not questions.

Plus tard lors de la scène finale, Kuroda veut donner à Steve son senninbari:

-Kuroda: I have a gift I hope you will accept. (il lui présente sa ceinture)

-Steve: Oh, Kuroda, I can't accept your thousand-stitch belt, that represents your life.

-Kuroda: It's the only thing left I value. Please accept.

-Kuroda: You, fly through space to the moon, hm?

-Steve: Yes.

-Kuroda: And you walk on moon?

-Steve: Look, I know it's a little hard for you to believe.

-Kuroda: You biggest liar on earth, that's what I believe.

-Kuroda: You'll make a mistake... and die.

-Steve: And you'll win?

-Kuroda: I cannot lose. I have nothing. (…) I had hoped that my enemies would have killed me. There is dishonor in living beyond one's moment.

-Kuroda: I cannot go back.

-Steve: Why not?

-Kuroda: You must understand. When I left Japan, they clipped my hair and nails for my funeral. I was dead to the war. I cannot out-live it. There is great shame for me.

-Steve: What is the shame?

-Kuroda: You are not Japanese, you do not understand.

-Steve: After the war there were many men thought dead came back to their families. There was no shame, only tears... tears of joy.

-Kuroda: A man who has died in his heart does not run away from real death. That is the way of the bushido.

-Steve: The bushido tells a man that he must show mercy, doesn't it? That includes compassion for one self.

-Kuroda: Too late. Kamikaze meant 'divine wind'. I am like the last wind of the day. The midnight wind.

-Steve: (empêchant Kuroda de se faire harakiri) You have shown that you know how to die. Now for the sake of your enemies, show me that you know how to live.

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15. LE ROBOT
(RETURN OF THE ROBOT MAKER)

Résumé :

Dolenz, le créateur de robots, n’a pas renoncé à sa revanche sur Steve Austin et Oscar Goldman, malgré deux échecs. Il parvient d’abord à kidnapper Oscar dans son bureau, pour le remplacer par un robot à son effigie. Ne se doutant de rien, Steve accepte les ordres « d’Oscar » de tester les systèmes de sécurité à Fort McAllister, où se trouvent les plans du projet Brahmin, qui vise à développer une nouvelle forme d’énergie. Croyant que les mécanismes de défense de Fort McAllister seraient non-mortels pour les besoins de l’exercice, Steve est pris par surprise alors qu’il est mitraillé de toutes parts et que les mines piégées explosent autour de lui, sans même se douter qu’il a servi de diversion pour permettre au faux Oscar de voler les plans Brahmin. Grâce à ses pouvoir bioniques, Steve réussit à s’en sortir et par la suite, parvient à suivre « Oscar » jusqu’au repaire de Dolenz pour découvrir la vérité. Mais il lui faudra identifier qui est le vrai et le faux Oscar afin de triompher définitivement du savant revanchard.

Critique :

C’est avec un réel bonheur, bien qu’il s’agisse de la troisième et dernière fois, que nous retrouvons le vilain savant Dolenz, l’inventeur de robots, et son interprète aux allures de gentleman malicieux: Henry Jones. Ce dernier affiche encore bien du plaisir à incarner ce personnage, qui est cette fois en mode revanche contre Steve Austin et Oscar Goldman.

L’autre intérêt de cet épisode est de voir un robot à l’effigie d’Oscar Goldman, ce qui permet de faire ressortir également le plaisir et le talent de Richard Anderson à incarner un méchant, sinon à changer de registre. Étant donné que Dolenz a su améliorer plusieurs aspects afin de rendre son robot plus perfectionné, on peut constater encore mieux la finesse du jeu de Richard Anderson, car la différence entre le robot et le vrai Oscar Goldman apparaît mince qu’on se laisse prendre tout comme Steve Austin. Ce dernier ne démasque la supercherie qu’à la toute fin, alors que son œil bionique lui permet d’identifier le petit détail qui lui permet de distinguer qui est le vrai et le faux Oscar.

Et pourtant, on retrouve ailleurs ce souci du détail qui permet de faire la distinction entre le robot et le vrai Oscar. Il faut dire que l’androïde conçu par Dolenz est nettement amélioré par rapport à la version du major Sloan dans Le Robot de la première saison, au point de pouvoir manger et boire. Mais tout est dans la manière car l’androïde boit de l’alcool et du café brûlant cul-sec, ce qui n’est pas naturel. Il est à noter que Steve accepte trop facilement les explications un peu douteuses « d’Oscar » qui prétend avoir un « estomac de fer », mais le spectateur bien évidemment, sait de quoi il retourne.

On est un peu étonné par contre de la présence d’un protagoniste secondaire ami de Steve, Barney Barnes, qui est une sorte de version amateur de Q dans les films de James Bond, alors que ce dernier propose des gadgets et autres objets à Steve afin d’espérer obtenir un contrat à l’OSI pour les marchander. Visiblement, sa présence semble au départ voulu pour apporter encore un peu plus d’humour étant donné l’enthousiasme du personnage, mais les auteurs ont su finalement mieux justifier sa présence dans le script.

En effet, non seulement cela permet encore une fois de différencier le vrai Oscar, qui ne voulait rien savoir de Barney, de sa version mécanique, qui lui, accepte sans ambages les inventions de Barney devant Steve. Ironiquement, ce sont en bonne partie les gadgets de Barney (notamment le gilet pare-balles de type nouveau) qui vont aider Steve à se sortir vivant et intact du piège tendu par le faux Oscar lors de la supposée mission visant à tester la sécurité de la base secrète où se trouvent les plans Brahmin.

En somme, sans égaler Le Robot version originale de la saison Un, cette troisième partie est plus que satisfaisante et confirme l’attrait global, que représente les robots comme adversaires réguliers de l’homme bionique. Aussi, malgré la disparition de Dolenz leur créateur, les auteurs ont su trouver d’autres moyens afin de les ramener à nouveau dans le collimateur de Steve Austin et également de Jaime Sommers au cours de futurs épisodes.

Anecdotes :

  • Le concepteur du personnage du savant Dolenz et de ses robots, Del Reisman, est de retour au script de ce troisième épisode où ils sont les protagonistes opposés à Steve et Oscar. Il a toutefois collaboré à l’écriture avec un jeune auteur de 21 ans à l’époque qui faisait ici ses premiers pas à la télévision: Mark Frost. En plus d’avoir écrit Vengeance qui clôtura cette deuxième saison, Frost a également été consultant aux scripts, scénariste, co-créateur et producteur pour la fameuse série culte Twin Peaks, première et deuxième version. Il a également écrit de nombreux épisodes de la série policière Capitaine Furillo.

  • Ayant fait ses débuts comme réalisateur pour La Nouvelle équipe, série produite par Harve Bennett, il n’est pas étonnant que Phil Bondelli ait fait partie du lot des réalisateurs récurrents pour l’Homme qui valait trois milliards. Il signe ici le premier de huit épisodes sous sa gouverne. Décédé en 2011, il a également travaillé pour Hooker, ChiPs, Drôles de Dames, Héli-Patrouille et The Rookies (inédite dans les pays francophones). Il a aussi réalisé deux épisodes de Super Jaimie.

  • Malgré la présence de Del Reisman au scénario, on se demande comment le prénom de Dolenz, Jeffrey, est devenu Chester dans cet épisode.

  • Pour entrer à l’OSI afin de rencontrer Oscar, Dolenz présente à la secrétaire (dénommée Sally Simmons) une fausse carte d’identité au nom d’Arnold Seaton.

  • Le code d’identification personnel d’Oscar Goldman est LR3-05-07-19.

  • La voix française d’Oscar Goldman fut assurée par un spécialiste du doublage: Jacques Deschamps, qui s’occupait également de la direction artistique du doublage pour la série. Il a été la voix de Robert Stack dans la série Les Incorruptibles et de Clint Eastwood dans ses premiers films, notamment la trilogie des Dollars de Sergio Leone. Il est mort en 2001.

  • Au Québec, Oscar Goldman fut doublé par Jean Fontaine. Bien que né au Québec, il a commencé par faire du doublage en France, notamment en étant la voix de David Janssen dans Le Fugitif et de Kerwin Matthews dans le film OSS 117 se déchaîne. Il devient plus connu encore en doublant Malcom McDowell dans le film de Stanley Kubrick, Orange Mécanique et Terence Hill dans Mon nom est Personne. Il est revenu au Québec durant les années 70 pour continuer sa carrière en tant qu’acteur, mais également dans l’adaptation et la direction artistique dans le domaine du doublage. Il a été la voix attitrée de Clint Eastwood durant les années 90 avant de prendre sa retraite. Il est mort en 2011.

  • Les gadgets présentés par Barney Barnes à Steve Austin sont: un gant et un gilet pare-balles ultra-légers, un stylo muni d’une mini-radio (qui ressemble au gadget des protagonistes de la série Des Agents très spéciaux) et un attaché-case piégé qui n’est pas sans rappeler celui fourni par Q à James Bond dans le film Bons Baisers de Russie.

  • C’est la première fois que l’on peut voir Steve Austin à l’entrainement faire des exercices avec son bras gauche non-bionique.

  • Si l’on en croit Dolenz, le savant a pris au sérieux la plaisanterie de Steve dans Vacances forcées à propos du fait que ses robots « grincent lorsqu’ils marchent ».

  • La carte d’identité de Steve montre une adresse à Washington, mais la plaque sur sa voiture est de l’état de Virginie. Il s’agit d’ailleurs d’une nouvelle voiture car après avoir conduit une Corvette dans Cinq cents millions de plus, c’est une Mercedes 450SL que Steve conduit dans cet épisode. À titre de blague, le numéro de la plaque d’immatriculation indique: « 6ML MAN ».

  • Puisqu’il a incarné un double-robot de son personnage Oscar Goldman dans cet épisode, il n’est pas étonnant qu’il soit le préféré de Richard Anderson. Il aura notamment la chance de reprendre ce rôle dans la seconde partie de la trilogie Pour la vie d’Oscar lors de la quatrième saison.

  • Il n’y a pas de séquence pré-générique dans cet épisode pour la première fois. On notera aussi l’erreur de répétition dans la traduction française du titre puisqu’il est exactement le même que dans le quatrième épisode de la première saison.

  • Alors que Steve Austin détourne malgré lui l’attention des responsables du projet Brahmin pour permettre à la version robotique d’Oscar d’en voler les plans, il est très étonnant que la porte de la voute où ils se trouvent soit ouverte et déverrouillée.

  • Bien que Steve saute par-dessus une clôture qu’un humain normal peut aisément franchir étant donné sa hauteur, on peut quand même entendre l’effet sonore bionique pour souligner cette action.

  • Lors du combat final entre Steve et le robot, l’effet sonore bionique souligne les actions des deux combattants.

-Dolenz: I don't want you to think of me as your enemy, Mr. Goldman. May I call you Oscar?

-Oscar: It won't work, Dolenz. Steve Austin and I know each other too well. You can't keep this up for long.

-Dolenz: I've made mistakes in the past. I know, Steve Austin said my first robot squeaked. But this time I've foreseen every possibility. This new robot is a supreme mechanism. Every human detail has been painstakingly reproduced. This robot eats and drinks. I've installed an incinerator to burn up all of the fuels and foods ingested into the body. It thinks! It can even simulate breathing.

-Steve: Oscar, how did you do that?

-Oscar (Robot): Hm?

-Steve: Well, that coffee, it's scolding hot.

-Oscar (Robot): Well, I have the perfect, eh, stomach for working in Washington, Steve, I can eat anything, I can drink anything, I just burn it up. It's cast iron.

-Oscar: How did you know which one of us…was me?

-Steve: Robots don’t sweat when they’re nervous.

-Dolenz: Steve Austin, I find this difficult to say, but you've certainly earned my respect today. My hat's off to you.

-Steve: Well, as far as your work is concerned, Dolenz, I'll have to say the same.

-Dolenz: I must say that makes me feel a good deal better. (aux policiers) I'm ready.

-Steve: (alors que la police emmène Dolenz) And Dolenz? This one didn't even squeak.

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16. TANEHA
(TANEHA)

Résumé :

Dans le comté de Kanab en Utah se trouve Taneha, le dernier des pumas dorés. Comme l’animal s’en est pris récemment au bétail des ranchers de la région et a tué un homme, certains citoyens et propriétaires de ranchs veulent le chasser et le tuer. Un vieil ami de Steve Austin, Bob Elliott, qui habite le comté et qui a déjà été attaqué par Taneha, lui demande pourtant son aide pour sauver la vie du puma afin d’éviter l’extinction de l’espèce. Une fois arrivé sur place, Steve obtient l’aide d’une femme, E.J. Haskell, pour le guider vers le repère du cougar afin d’arriver avant ceux qui désirent l’abattre et qui ont embauché un chasseur spécialisé en la matière. Mais depuis la mort de son père, E.J. veut elle aussi la mort de Taneha et montre de la réticence à guider Steve pour l’aider à le capturer vivant.

Critique :

Les préoccupations environnementales et écologiques comme thème au cinéma ou dans des épisodes de séries ont pris de plus en plus d’importance à partir des années 70. Il n’est donc pas étonnant que L’Homme qui valait trois milliards en fasse le sujet principal dans un de ses épisodes, en abordant la question des espèces en voie d’extinction. Cela permet également à Steve de retourner à nouveau à la campagne ou dans la nature sauvage, où il y est de toute évidence bien plus acclimaté que dans la grande ville, étant donné ses origines.

Harve Bennett et son équipe de production ont toujours su équilibrer les aventures de Steve entre les missions où il est confronté à divers antagonismes ou ennemis de la nation américaine, et les histoires où notre homme bionique vient en aide à autrui et appuie des causes plus nobles. C’est d’ailleurs l’une des qualités globales à retenir de cette deuxième saison. Toutefois, si Taneha s’avère un épisode honnête dans son propos sur la nécessité de préserver la vie d’un animal prédateur et dernier mâle de sa race, la simplicité un peu trop grande du récit et la faiblesse du suspense l’empêchent de se hisser au-dessus de la moyenne.

Par exemple, le groupe de ranchers accompagné du chasseur spécialisé pour tuer Taneha ne représente pas vraiment un danger pour Steve et pour le puma dans cet épisode, car ils n’y font pas grand-chose. Ils se laissent même intimider par E.J. Haskell à l’entrée de la grotte où habite Taneha, alors qu’ils ont la force du nombre pour eux. Certes, il fait bon de voir une femme tenir tête à plusieurs hommes par sa détermination autant que par une arme à feu, mais le renoncement trop facile des ranchers et du chasseur enlève un élément de tension potentiel supplémentaire alors que Steve essaie de capturer Taneha dans la grotte, ce qu’il parvient à faire un peu trop facilement.

À défaut de fond dans l’intrigue, l’épisode se rachète quelque peu sur la forme, alors que tout a été filmé ou presque en décors naturels dont la beauté des plans larges n’auraient pas dépareillé dans un western classique à la John Ford. Et si le récit manque de chair, il s’avère à tout le moins sincère, comme en témoigne le personnage d’E.J., une femme rancher qui semble plus un garçon manqué par son attitude. Farouchement déterminée à tuer Taneha pour venger la mort de son père, elle ne renonce pas à son projet même après avoir été épargnée par le puma doré alors qu’elle s’était pris le pied dans un de ses propres pièges.

Étant donné que le sujet a été mieux exploité dans d’autres séries et que le temps l’a rendu quelque peu démodé, je donne une note de deux bottes à Taneha. Mais son honnêteté et sa sincérité lui aurait fait mériter quand même une note de deux bottes et demie.

Anecdotes :

  • Unique épisode de la série écrit par Margaret Armen, elle a travaillé pendant 20 ans sur plusieurs autres séries comme Star Trek, Cannon, La Grande Vallée, L’Homme à la carabine et Super Jaimie. Elle a aussi scénarisé le téléfilm Les nouvelles filles de Joshua Cabe qui a rencontré un très bon succès d’audience. Elle est morte en 2003.

  • Premier des deux épisodes réalisés par Earl Bellamy, ce réalisateur décédé en 2003 possède un impressionnant état de service de plus de 1 600 épisodes échelonnés sur quatre décennies. À son actif, on trouve des épisodes de séries, dont beaucoup de westerns (The Lone Ranger, Jungle Jim, Rintintin, Lassie, Perry Mason, Sur le pont, la marine!, Daniel Boone, Le Virginien, La Nouvelle équipe, Pour l’amour du risque), et également de nombreux téléfilms. Après s’être retiré des plateaux au milieu des années 80, il a été à la tête du département de la production télévisuelle d’Universal Pictures.

  • À l’époque jeune comédienne qui avait obtenu quelques rôles dans des séries comme Kojak, Docteur Marcus Welby et L’Homme de fer, Jess Walton (E.J. Haskell) fait partie de la confrérie des actrices invitées dans la série qui ont connu la célébrité grâce à un rôle récurrent dans un soap opera, en l’occurrence celui de Jill Foster Abbott, devenue Jill Fenmore Atkinson, qu’elle incarne depuis près de 30 ans dans Les Feux de l’amour. Avant d’obtenir ce rôle, elle avait quitté les écrans au début des années 80 afin de subir avec succès une cure de désintoxication dans un centre de réhabilitation, suite à sa dépendance à l’alcool et à la drogue.

  • Le comté de Kanab où se déroule l’action dans cet épisode, est en réalité le comté de Kane situé dans l’Utah à proximité du Colorado, et où se trouve une petite ville du nom de Kanab. Cette région a servi fréquemment au tournage de plusieurs films et séries, au point d’être surnommé « le petit Hollywood de l’Utah ». D’autres épisodes de la série et de Super Jaimie ont été tournés sur ce site.

  • L’épisode de la première saison de Super Jaimie, Les Griffes, possède une intrigue très similaire à celle de Taneha.

  • Pour la troisième fois dans la série, Steve répond « I eat a lot of carrots. » lorsqu’on lui demande comment il fait pour voir aussi bien dans le noir.

  • Le nom de l’hôpital inscrit sur l’enseigne extérieure où Bob, l’ami de Steve, est soigné n’est pas le même que celui inscrit sur ses draps de lit.

  • À ses risques et périls, Lee Majors n’est pas doublé par un cascadeur dans la plupart des plans où il cherche à amadouer le puma à très faible distance, incluant les moments où l’animal cherche à le repousser de quelques coups de pattes griffées.

  • Vers la fin de l’épisode, Steve fait part à E.J. que la vie dans une petite ville de campagne lui manque au point où il n’est pas pressé de partir. Ce faisant, il annonce son retour prochain dans sa ville natale d’Ojai dans le double-épisode La Femme bionique.

-E.J.: I owe it to my father. I'm sorry, I owe it.

-Steve: You don't owe anyone but yourself. Look, wiping out a species is not gonna destroy your demon. It'll destroy you.

-E.J.: You can't go in there, you have no protection!

-Steve: Neither has Taneha.

-E.J.: I hate to spoil your fun, but the Indians say that any man that can outrun a horse and overpower a beast is a demon.

-Steve: I know what the Indians say, trouble is I don't know why they keep on saying it. Yeah, really, it makes me mad. (E.J. commence à rire) You know, what I'd really like to know is which of them Indians is saying it. (E.J. rit davantage)

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17. LE SOSIE
(LOOK ALIKE)

Résumé :

L’OSI à la responsabilité de développer un projet d’une nouvelle technologie au laser top-secret: le projet Omega. Un ancien boxeur, Johnny Dine, a subi une chirurgie plastique pour ressembler comme deux gouttes d’eau à Steve, afin d’entrer au quartier général de l’OSI pour photographier les dossiers du projet dans les bureaux d’Oscar et découvrir l’emplacement secret de son élaboration. Il est cependant repéré, et meurt en tentant de fuir. Intrigué qu’un imposteur ait tenté de se faire passer pour lui, Steve Austin entre dans la danse en se faisant passer à son tour pour Johnny Dine, afin de remonter la filière de l’organisation qui l’a embauché. Il découvre qu’un autre ancien boxeur, Breezy, est celui qui a chargé Johnny Dine de cette mission d’espionnage, mais pour le compte d’un mystérieux commanditaire.

Critique :

La bonne vieille recette du sosie aurait pu fonctionner dans cet épisode étant donné la prémisse de départ et la manière de l’illustrer. Par un montage parallèle équilibré, on voit le vrai Steve Austin en congé pour faire de la pêche, tandis que son sosie est en action dans le bureau d’Oscar Goldman. Après que le vrai Steve ait été attaqué par deux hommes de main sans succès, il rentre à Washington pour voir Oscar, qui se trouve en compagnie du sosie à qui il a fait visiter l’emplacement top secret où se développe le nouveau laser. Démasqué, il meurt en cherchant à fuir, ce qui donne l’idée à Steve de prendre la place de Johnny Dine pour remonter la filière des espions qui l’ont engagé.

À partir de là, les choses se gâtent dangereusement, car dès le moment où l’on découvre que le réseau d’espions est composé d’ex-boxeurs déchus, on a de plus en plus de mal à croire à cette histoire au point où on finit par décrocher. On dirait en fait que la narration n’était qu’un prétexte pour faire monter Steve Austin sur un ring, d’abord pour affronter Breezy, ensuite pour en venir aux mains avec une poignée d’hommes alors qu’il tente de s’échapper après avoir récupérer chez le chef du réseau les photos prises par Johnny Dine dans le bureau d’Oscar. Si ces affrontements musclés offrent un certain plaisir à ceux et celles qui aiment voir la force bionique de Steve en action, on ne saurait pardonner les caprices du scénario pour justifier leur inclusion.

Le plus décevant est qu’on s’aperçoit au final que Le Sosie n’était qu’un prétexte pour permettre la présence en « special guest star » du boxeur américain George Foreman, champion poids lourds de 1973 à 1974 avant de perdre son titre au Zaïre lors d’un combat célèbre face à Mohamed Ali. Interprétant brièvement un agent de l’OSI, Marcus Grayson, qu’Oscar Goldman a mis sur l’affaire, Foreman se borne surtout à se montrer au petit écran dans le dernier tiers, notamment en venant donner un coup de main à Steve sur le ring alors que ce dernier affronte plusieurs adversaires.

Visiblement échaudé d’avoir été étiqueté comme méchant lors de son combat contre Ali, Foreman a tenu sans doute à faire remonter son capital de sympathie auprès du public en jouant pendant un moment un rôle de gentil venu aider le héros d’une série populaire. Il est vrai cependant qu’Ali était à l’époque un personnage plus controversé et qu’il n’aurait peut-être pas fait l’unanimité s’il avait obtenu le rôle à la place de Foreman.

Tout cela est bel et bon. Mais le procédé de concevoir une intrigue permettant la présence d’une vedette sportive afin d’attirer les spectateurs devant leur écran de télévision est à la fois typiquement américain et diablement artificiel. Et ce l’est davantage encore si les autres personnages s’avèrent mal dessinés ou accessoires. Comme en plus ladite vedette ne fait son apparition que dans le dernier tiers, on se dit que finalement, le jeu n’en valait pas la chandelle. À croire que cet épisode voulait marquer une pause.

Anecdotes :

  • Cet épisode, ainsi que le suivant, sont le troisième et quatrième de la série réalisés par Jerry London. C’est également le second écrit par Richard Carr, avec la collaboration de Gustave Field, scénariste reconnu pour être si intransigeant que ce dernier a même déjà déclaré avoir retiré son nom du générique de plusieurs films et séries car il n’aimait et ne tolérait pas de voir son travail réécrit par d’autres. Au bout du compte, il a finalement davantage enseigné l’art de l’écriture dramatique à Londres et est devenu le mentor de plusieurs auteurs, dont notamment Harold Pinter. Il a quand même collaboré à l’écriture d’un autre épisode pour la série: Le Sourire du vainqueur lors de la troisième saison. Il est mort en 2012 à l’âge de 116 ans.

  • Acteur polyvalent au cinéma et à la télévision, Robert DoQui (Breezy) a roulé sa bosse dans des épisodes de séries comme Daniel Boone, Des Agents très spéciaux, Tarzan, Le Justicier, Daktari, et deux épisodes de l’Homme qui tombe à pic où il retrouve Lee Majors. Il est également connu pour avoir incarné le sergent Reed dans la trilogie de films Robocop au cinéma. Décédé en 2008, il a fait partie du conseil d’administration de la « Screen Actors Guild » où il a milité pour une meilleure représentation des femmes et des minorités culturelles au sein de sa profession.

  • Largement connu pour son rôle du journaliste Jack McGee dans L’Incroyable Hulk aux côtés de Bill Bixby et Lou Ferrigno, Jack Colvin (Ed Jasper) fait ici la première de ses quatre apparitions dans la série, en plus d’un épisode de la trilogie Pour la vie d’Oscar présenté conjointement avec Super Jaimie.  Sa trogne particulière ainsi que son talent pour rehausser la visibilité des personnages secondaires qu’il a interprété au cinéma et à la télévision lui ont également procuré du travail dans Switch, 200 dollars plus les frais, Kojak et Baretta entre autres. Décédé en 2005, il a également enseigné le jeu à Rome au sein d’une école de cinéma ainsi que dans une Académie d’arts dramatiques aux États-Unis, en plus d’avoir été directeur artistique au théâtre.

  • Pour la deuxième fois, il n’y a pas de scène pré-générique dans cet épisode.

  • Après Oscar Goldman dans Le Robot, c’est au tour de Lee Majors de jouer un double-rôle puisqu’il incarne également Johnny Dine, le sosie de Steve Austin.

  • Quelques mois avant qu’il ne joue le fameux Scalpeur dans le double-épisode L’Empreinte du Diable, le catcheur français André Roussimoff dit le Géant Ferré, fait une apparition dans cet épisode, mais pas en tant qu’acteur. On peut effectivement le voir sur une affiche faisant la promo d’un match de lutte en arrière-plan.

  • Oscar Goldman remarque que Steve ne conduit pas sa voiture habituelle, puisque son sosie Johnny Dine est au volant d’une AMC Matador X. Lorsque le vrai Steve surgit après qu’Oscar ait montré au sosie l’endroit secret où se développe le projet Omega, c’est au volant de sa Mercedes 450SL déjà vue dans l’épisode Le Robot.

  • Durant le combat de boxe opposant Steve et Breezy, l’effet sonore ponctuant les coups bioniques de Steve ressemble à ceux entendus lors des scènes de bagarres dans la série Batman des années 60.

  • La scène de combat final opposant Steve et George Foreman contre les hommes de main à la solde du réseau d’espionnage a été tourné à l’Auditorium « Grand Olympic » de Los Angeles. Ce lieu de tournage figure également dans l’épisode de Super Jaimie, Faibles Femmes, où Jaime Sommers se fait passer pour une spécialiste du catch.

  • George Foreman (Marcus Grayson) a droit aux mêmes ralentis que Steve lors de la scène de combat final, même s’il joue un agent de l’OSI n’ayant pas de pouvoirs bioniques.

-Ed Jasper: Johnny... still not used to that face!

-Steve: (se faisant passer pour Johnny Dine) Well, neither am I.

-Oscar: Steve, I've been coming to the fights here for years, this is some of the best action I've ever seen. Oh, you two don't know each other. Steve Austin, Marcus Grayson.

-Steve: How ya doin, Marcus?

-Marcus: I can't complain, Steve. (…)  That right hand of yours--what is it made of, iron?

-Steve: Not exactly, but you're close.

-Marcus: Man, I believe it!

-Oscar: After what's happened this week, how am I ever gonna be sure that it's you?

-Steve: Well, I got an idea, every time I come into the office, you can kick me in the shins. And if I yell, it's not me. (ils rigolent tous les deux)

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18. L'ESPION ET LA TÉLÉPATHIE
(THE E.S.P. SPY)

Résumé :

Harry Green est un expert en laser au sein de l’OSI qu’Oscar Goldman suspecte de trahison lorsqu’une nouvelle arme secrète, dont Harry supervise actuellement la construction, est également assemblé dans un pays étranger de façon similaire et simultanée. Ayant été témoin du comportement quelque peu paranoïaque d’Harry Green, Steve est convaincu de son innocence et croit qu’il a été la victime d’un télépathe ou de quelqu’un possédant des pouvoirs de perception extra-sensorielle. Avec l’aide d’une jeune étudiante dotée des mêmes pouvoirs, Audrey Moss, Steve espère retrouver le télépathe et son employeur, mais ce faisant, ils s’exposent tous les deux à être les cibles de leurs hommes de main.

Critique :

Au cours de la première saison, Opération Luciole avait tenté bien maladroitement d’inclure comme élément de progression narrative les perceptions extra-sensorielles. Malgré ce premier échec, ce nouvel épisode revient de nouveau à la charge avec le sujet, cette fois de façon mieux adaptée à la situation de base de l’intrigue, mais surtout avec plus de pertinence. Et ce, en dépit d’une erreur de continuité au départ, alors que Steve cherche à convaincre Oscar de la possibilité de l’existence de dons extra-sensoriels pour expliquer les fuites dont Harry serait la victime, alors que dans Opération Luciole, c’est Oscar qui cherche à convaincre Steve de l’existence du P.E.S.

Comme c’est souvent le cas pour bien des épisodes de cette série, quand ce n’est pas l’humanisme, ce sont les personnages secondaires et leur personnalité qui en constituent l’essentiel de l’intérêt qu’ils procurent. En l’occurrence, c’est le cas avec l’adolescente Audrey Moss, qui n’est pas qu’un simple faire-valoir destiné à aider Steve grâce à ses dons. Bien que son interprète Robbie Lee ne soit mentionnée qu’au générique final, sa surprenante performance donne de la substance et confère une fraicheur certaine à cette jeune fille à la fois dotée d’un sens de l’humour (le moment où elle lit dans la tête d’Oscar et la réaction de ce dernier s’avèrent très drôles) quelque peu malicieux et d’une belle candeur spontanée.

Il n’empêche que derrière ce charmant écrin, Audrey a du mal à vivre avec ce don qu’elle possède, alors qu’elle déclare à Steve qu’elle a très peu d’ami(e)s à l’école étant donné qu’elle est vue comme une personne trop bizarre ou étrange. Bien placé pour la comprendre puisque son statut bionique (qu’Audrey n’a aucun mal à découvrir grâce à son pouvoir) ont fait également de lui un être différent, Steve évite le piège du discours moralisateur et paternaliste d’encouragement. Il se contente de lui faire partager ce qu’il s’est dit en lui-même afin de se retrouver, alors qu’il s’était perdu suite à son opération, pour aider Audrey à apprendre à s’aimer elle-même telle qu’elle est. Pas étonnant que le public de jeunes faisant partie de l’auditoire fidèle à la série ait aimé cet épisode, car la plupart ont pu se reconnaître en Audrey.

On en vient donc à accepter plus aisément les « P.E.S. » dans le récit qu’à travers le personnage mal conçu de Susan Abbott dans Opération Luciole. Cependant, les vilains de cet épisode s’avèrent plutôt génériques. On sait peu de choses sur eux, et encore moins sur Jarecki, leur sujet possédant le pouvoir de P.E.S. dont ils se servent pour voler les secrets dans la tête d’Harry Green. Ils sont pourtant pris au sérieux par les auteurs puisqu’Oscar Goldman n’hésite pas à se servir d’Harry Green afin de leur livrer de fausses informations, tandis que Steve doit également compter sur la ruse lorsqu’il est capturé, afin que son esprit échappe aux pouvoirs de Jarecki et que sa nature bionique ne soit dévoilée.

Il est aisé de deviner qu’Audrey Moss reviendra dans un autre épisode de la série intitulé À quoi pensez-vous? au cours de la saison Trois.

Anecdotes :

  • Il s'agit du second script officiel écrit par le producteur Lionel E. Siegel, si évidemment on ne compte pas son implication dans la réécriture de plusieurs scripts non-crédités au générique des épisodes.

  • Enfant de la balle (elle est née de parents acteurs), Robbie Lee (Audrey Moss) a très tôt fait ses premières armes dans le mannequinat et les publicités. Elle devint une actrice culte grâce au film de série B Les Loubardes, qui fait partie des favoris du réalisateur Quentin Tarantino, où elle incarnait une jeune cheffe de gang féminin prête-à-tout et sans pitié. Reconnaissable par une mèche de cheveu frisée sur le front, elle a finalement réorienté sa carrière à partir des années 80 dans les voix de personnages de dessins animés.

  • Ayant lui aussi fait ses débuts d'acteur dès l'enfance, en particulier sur les planches de Broadway, Dick Van Patten (Harry Green) a alterné avec bonheur une panoplie de rôles au cinéma, au théâtre et bien entendu à la télévision (Rawhide, Médecins d'aujourd'hui, Cannon, Alerte à Malibu, Diagnostic: Meurtre). Distingué et sympathique, on se souvient de lui en tant que vedette de la comédie dramatique familiale Huit, ça suffit, où il jouait le patriarche Tom Bradford. Il est mort en 2015.

  • Dans le rôle du chef des vilains, le docteur Randolph, on retrouve Philip Bruns, un acteur de théâtre dont la carrière au petit écran a davantage été axée vers la comédie (Mary Hartman, Mary Hartman, M.A.S.H., Barney Miller), mais qui n'a pas dédaignée jouer dans d'autres types de séries (Columbo, Kojak, Les Rues de San Francisco, Capitaine Furillo). Il est décédé en 2012.

  • Lorsque Steve vient rencontrer secrètement Harry Green dans un parking souterrain, il s'y rend au volant de sa Mercedes 450SL. C'est la troisième fois consécutive qu'il conduit cette voiture, ce qui établit cette fois clairement qu'il s'agit bien de son véhicule personnel.

  • L'un des très rares épisodes où l'on découvre la demeure d'Oscar Goldman, et où on peut le voir portant une robe de chambre.

  • Lorsqu'Audrey résume ce qu'elle a perçu dans l'esprit d'Oscar Goldman, elle fait mention du projet Omega, sur lequel Oscar a commencé à travailler dans l'épisode précédent, Le Sosie.

  • Dans Opération Luciole, Oscar croyait à l'existence de pouvoirs extra-sensoriels alors que Steve était sceptique. Étonnamment, c'est tout le contraire dans L'Espion et la télépathie.

  • Au moment où Steve désarme un homme de main avec son bras gauche non-bionique, on peut entendre quand même l'effet sonore bionique pour souligner l'action, mais pas au moment où il le frappe du poing droit, qui lui est bionique.

-Audrey: When are you gonna tell me how you threw that guy so far?

-Steve: When you're old enough.

-Audrey: You're a rat. (pause) I'm old enough to know what bionic means--

-Steve: (un peu en colère) Audrey, stop messing around in my mind!

-Audrey (à Steve): You're not very good at French or English litterature. But you're a bionic man, and that makes you a whole lot different then everybody else. Like I am.

-Steve: Now come on, try it.

-Audrey: There's no one like me in the whole world. I like myself. I'm a worthwhile person.

-Steve: Louder.

-Audrey: I'm a worthwhile person and I like myself.

-Steve: With feeling! (en riant) Come on.

-Audrey: There's no one like me in the whole world. I like myself and I'm a worthwhile person. That's what I am, a worthwhile person, okay?

-Steve: (en riant) I think you got it!

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19. LA FEMME BIONIQUE - 1RE PARTIE
(THE BIONIC WOMAN - PART 1)

Résumé :

Après une mission où il a récupéré une plaque des mains de Joseph Wrona, un dangereux faux-monnayeur, Steve Austin retourne dans sa ville natale d’Ojai en Californie pour acheter une propriété et la rénover. Sur place, il a la joie de retrouver après tant d’années Jaime Sommers, sa petite amie de l’école secondaire, qui est devenu depuis une vedette mondiale de tennis. Très vite, Steve et Jaime découvrent qu’ils ont toujours des sentiments très forts l’un envers l’autre et retombent amoureux. Mais à la suite d’un grave accident lors d’un saut en parachute, Jaime est dans un état critique alors qu’elle a perdu ses deux jambes, son bras droit et l’usage de son oreille droite. Comprenant que sa destinée est liée à celle de Jaime, Steve cherche à convaincre Oscar Goldman et Rudy Wells de lui faire la même greffe qu’il a reçu afin de la sauver. Oscar accepte à contrecœur, mais à la condition que Jaime puisse travailler au sein de l’OSI. Devenue la femme bionique, Jaime réapprend à vivre avec sa nouvelle condition alors que Steve lui demande sa main.

Critique :

Alors que le taux d’audience de la série avait considérablement chuté au cours cette deuxième saison par rapport aux promesses de la première, survint ce double-épisode, le premier imaginé et écrit par Kenneth Johnson, qui a su la relancer à point nommé et la propulser définitivement vers une direction insoupçonnée. Ce faisant, La Femme bionique contribua à placer la série dans une forme de stabilité recherché par les producteurs auprès des spectateurs, que ce soit les fans de la première heure ou les néophytes nouvellement gagnés.

Ce n’est pourtant pas par l’originalité que le script de Kenneth Johnson se démarque des autres, mais plutôt par son traitement et par l’aboutissement ou l’osmose d’idées judicieusement assemblées. Certains de ces éléments étaient explorés dans les épisodes précédents, mais ils étaient exploités de façon incomplète, ou bien la mayonnaise les réunissant ne prenait pas aussi bien qu’espéré.

D’entrée de jeu, on constate dans cette première partie l’emploi du « pocket bionics » par Steve alors qu’il rénove sa nouvelle propriété, jumelé à ses retrouvailles avec sa mère et son beau-père, ce qui nous donne droit à un moment d’humour où Steve explique à sa mère comment il a pu déplacer le réfrigérateur de ses parents sans faire mention de sa force bionique (voir la section Anecdotes pour plus de détails).

La construction du récit est également plutôt étonnante. La séquence pré-générique montre Steve en mission afin de récupérer la plaque détenue par Joseph Wrona. Ce dernier ayant pu identifier Steve, le dialogue suggère un possible récit de vengeance d’un vilain plus déterminé que la majorité de ses prédécesseurs. Mais lorsque le générique de l’épisode commence avec le titre The Bionic Woman sur l’écran et qu’on voit un panneau routier indiquant la ville natale de Stevem Ojai, alors qu’il s’y rend en voiture sur les airs d’une chanson country chantée par Lee Majors lui-même, le spectateur est quelque peu décontenancé, mais sa curiosité est veillée car il se demande où l’épisode va le mener.

Le gros point fort de ce double-épisode, déjà superbement bien amorcé, est évident le moment où Steve rencontre Jaime pour la première fois. Tout de suite, la chimie entre les deux acteurs saute aux yeux et on n’a aucun mal à croire que ces retrouvailles ne resteront pas à l’état amical digne des retrouvailles d’anciens camarades de la fac. C’est d’autant plus étonnant considérant que Lee Majors connaissait bien son personnage jusque dans les moindres contours et l’a fait sien, alors que Lindsay Wagner n’était qu’une actrice invitée qui ne considérait son personnage que pour son aspect alimentaire afin de remplir les clauses de son contrat avec Universal, en attendant mieux. C’est dire à quel point le professionnalisme de l’actrice dans son jeu a su conquérir les cœurs de plus de spectateurs qu’elle ne s’y attendait, comme si Jaime était déjà sans qu’elle ne s’en doute, une extension de sa propre personnalité.

Rappelons qu’à l’époque, pour faire la promo d’un épisode d’une série, il y avait certes les journaux, mais surtout les pages de publicité à la télévision, où on pouvait voir une sorte de bande-annonce de 30 secondes du prochain épisode à venir. Étant donné que les deux épisodes composant La Femme bionique ont été ceux qui ont attiré le plus de téléspectateurs de toute la série, on peut en déduire que la promo a certainement exercé un pouvoir d’attraction plus grand. Néanmoins, cet énorme succès auprès du public américain a marqué un point tournant pour l’avenir de la série. Nous y reviendrons dans la troisième saison.

Cette excellente première partie nous a si bien mis en appétit, qu’on pouvait craindre une déception dans la seconde. Heureusement, ce ne sera pas le cas, tellement cet appétit sera comblé.

Anecdotes :

  • Bras droit d’Harve Bennett, Kenneth Johnson, qui n’avait jusque-là qu’écrit deux épisodes pour la série Auto-patrouille et adapté pour la télévision un spectacle théâtral de Vincent Price narrant et interprétant des histoires de l’auteur Edgar Allan Poe, a fait son entrée de plein fouet dans la série avec ce double-épisode marquant à plus d’un titre. Son énorme succès l’amena non seulement à écrire neuf autres épisodes pour la série, mais également à concevoir la suite des aventures de Jaime Sommers en créant une série dérivée: Super Jaimie.

  • Devenu indépendant en tant qu’auteur-producteur-réalisateur, Kenneth Johnson a marqué la télévision avec trois autres séries populaires: L’incroyable Hulk, V, et Alien Nation. Il également connu sa part d’échecs, comme avec la série paranormale Chasseurs d’ombres, qui n’a pu trouver son public. Il se concentre depuis les années 2000 à réaliser des épisodes de séries conçues par d’autres auteurs comme JAG ou Sept jours pour agir.

  • Étant donné la satisfaction des producteurs pour les épisodes Cinq cents millions de plus et Kamikaze, c’est Richard Moder qui est choisi pour mettre en scène ce double-épisode. La qualité de son travail technique, surtout pour le tournage en extérieurs, et sa manière d’illustrer les petits détails d’apparence banals afin d’en faire des outils dramatiques d’importance, sont autant à souligner que le superbe travail d’écriture de Kenneth Johnson.

  • Avant de devenir mondialement célèbre grâce au personnage de Jaime Sommers, Lindsay Wagner avait déjà croisé la route de Lee Majors dans un épisode de la série Owen Marshall. Après avoir débuté comme mannequin, elle a obtenu quelques rôles d’importance notables au cinéma (Brève rencontre à Paris, La chasse aux diplômes), et à la télévision (le pilote de 200 dollars plus les frais, plusieurs épisodes de Docteur Marcus Welby) dans la première moitié des années 70. Sous contrat avec Universal, le rôle de Jaime Sommers devait à l’époque être le dernier qui la liait avec ce major hollywoodien, si bien qu’au départ, elle a considéré ce personnage comme un bref « travail alimentaire ». Le destin en a toutefois décidé autrement; nous y reviendrons.

  • Ce double-épisode marque le retour de Martha Scott dans le rôle d’Helen, la mère de Steve. Il marque aussi l’apparition du beau-père de Steve, Jim Elgin, incarné par le vétéran acteur de soutien Ford Rainey (Les Incorruptibles, Le Virginien, Lassie, Bonanza, Mannix). Ce dernier a habité à Ojai après la Seconde Guerre Mondiale et y a fondé une petite troupe de théâtre. Il est mort en 2005.

  • Ce double-épisode fut le dernier en production de la saison Deux, mais il a été diffusé avant deux autres épisodes au petit écran en 1975.

  • Avant d’écrire pour la série, Kenneth Johnson a été l’initiateur de l’idée du « pocket bionic », où Steve Austin fait usage de ses pouvoirs dans diverses situations de la vie quotidienne n’ayant aucun lien avec ses missions (dans Population Zéro par exemple). Il n’est donc pas étonnant qu’on en trouve une flopée dans cette première partie, alors que Steve rénove la nouvelle propriété qu’il a tout juste acheté à Ojai. Ainsi, on peut le voir tondre le gazon, laver des vitres, et déplacer un réfrigérateur (chez ses parents par contre) sans aucune aide extérieure.

  • Le tournage des scènes extérieures a entièrement eu lieu à Ojai et ses environs à la mi-janvier 1975. Pour la scène du générique de la première partie, on peut voir Steve passer en voiture près d’un panneau sur la route où il est écrit: « Welcome to Ojai, home of American astronaut, Steven Austin. ». C’est bien la toute première fois que l’on voit « Steven » comme prénom de l’homme bionique.

  • La scène du premier baiser entre Steve et Jaime, près d’une souche au bord d’un lac, a été filmé dans la zone récréative du Lac Casitas à proximité d’Ojai.

  • Au moment de l’écriture du scénario, Kenneth Johnson avait d’abord imaginé Jaime comme quelqu’un ayant des pouvoirs psychiques; idée abandonnée à cause de l’épisode L’Espion et la télépathie qui comportait déjà un personnage ayant des pouvoirs extrasensoriels. Dans une autre version, Jaime était une femme d’affaires. Finalement, elle devint joueuse de tennis dans la version finale du scénario, ce qui justifiait sa candidature probable pour être une femme bionique puisqu’elle avait déjà au préalable une excellente forme physique, l’habitude de voyager à travers le monde et de gérer le stress dans un climat intense de compétition. Ce métier pouvait également expliquer logiquement le fait qu’elle n’est pas revue Steve depuis des années. Enfin, le personnage de Jaime faisait référence à Billie Jean King, icône féministe dans le monde du sport et à l’époque meilleure joueuse mondiale de tennis. Lors de la célèbre « bataille des sexes » en 1973, elle avait réalisé l’exploit de battre un joueur masculin reconnu pour son machisme provocateur, l’ancien numéro un mondial du tennis Bobby Riggs.

  • Dans le téléfilm-pilote, la scène où Steve lève pour la première fois son bras droit bionique est filmée comme lors de la scène du réveil du monstre de Frankenstein dans le classique de James Whale produit par Universal en 1931. Coincidement, Kenneth Johnson s’inspira de La Fiancée de Frankenstein du même James Whale dans l’élaboration de son récit sur la création de la femme bionique et son histoire d’amour avec Steve. Même Jaime Sommers mentionne le titre de ce film dans le dialogue, et la scène de colère de Steve pour convaincre Oscar d’autoriser la greffe bionique de Jaime y fait référence.

  • Avant La Femme bionique, il y eût deux titres alternatifs à ce double-épisode: Homecoming et Mrs. Steve Austin.

  • Bien qu’elle savait prendre soin d’elle et de sa santé, Lindsay Wagner n’avait jamais joué au tennis, ni fait de jogging avant le tournage. Professionnelle, elle s’est entrainée pour les besoins de son rôle avec l’aide d’une spécialiste et de Richard Anderson, joueur émérite dans ses temps libres. En entrevue, elle a avoué avoir trouvé cela pénible, mais avec les années, à force d’incarner régulièrement le personnage de Jaime, elle est devenue plus à l’aise avec ses attributs physiques, notamment concernant la course à pied.

  • Steve et Jaime ont le même âge et sont allés au collège ensemble alors que dans la réalité, Lee Majors est l’aîné de Lindsay Wagner d’une dizaine d’années.

  • Lee Majors interprète lui-même deux chansons dans la première partie: « Got to Get Loose » sur un air country qu’on peut entendre dès le générique de l’épisode alors que Steve arrive à Ojai. Et « Sweet Jaime » une ballade qu’on entend lors des moments romantiques entre Steve et Jaime, et où on retrouve partiellement le thème musical de la série composée par Oliver Nelson dans la mélodie. « Sweet Jaime » peut être à nouveau entendue dans la suite: Le Retour de la Femme bionique et également dans le pilote de Super Jaimie: Bienvenue Jaimie. Une version instrumentale est parfois audible dans certains épisodes de la première saison des aventures de Jaime Sommers.

  • L’achat d’une propriété par Steve est dans la continuité logique de son affirmation dans la conclusion de l’épisode Taneha sur le fait que la vie à la campagne lui manque et qu’il n’est pas pressé de rentrer à Washington.

  • Lindsay Wagner était doublée en France par Dominique MacAvoy, qui a aussi prêté sa voix au personnage d’Ashley Abbott dans le soap opera Les Feux de l’amour. Comme actrice, on a pu la voir au cinéma dans Tatie Danielle et Chocolat, notamment.

  • Au Québec, c’est une actrice née en Belgique, Claudine Châtel, née Claudine Cabay, qui a prêté sa voix à Jaime Sommers. Son père Marcel Cabay était un acteur et scripteur prolifique au Québec. Après avoir débuté à la radio, elle est apparue dans plusieurs feuilletons québécois à la télévision avant de se consacrer au doublage. Elle devint une spécialiste en la matière, si bien qu’elle enseigne le doublage au Conservatoire d’art dramatique de Montréal depuis 1995 en plus d’être directrice artistique sur les plateaux. Toujours active, elle est la voix attitrée de plusieurs actrices comme Maggie Smith, Shirley MacLaine, Sissy Spacek, Susan Sarandon, Barbra Streisand, et Ellen Barkin, parmi tant d’autres.

  • Erreur de production grossière: dans l’album de finissants de Steve signé par Jaime, son prénom est orthographié « Jamie »!

  • Lorsque Jaime demande à Steve s’il existe d’autres êtres bioniques, ce dernier ne mentionne pas Barney Miller. Il est vrai que ses pouvoirs bioniques lui ont été enlevés momentanément.

  • La Femme bionique fut le seul double-épisode à avoir été distribué intégralement en vidéo en Amérique du Nord avant l’existence du DVD. En 1978, il eût droit à une sortie sur Laserdisc et deux ans plus tard sur vidéocassette.

-Jaime: What did you let them do to me?

-Steve: Look, I know how you feel.

-Jaime: No you don't. Why did you let them do that?

-Steve: Jaime, trust me, please trust me.

-Jaime: I don't want to be a freak!

-Jaime: You know, it might not be so bad being the bride of Frankenstein.

-Steve: You thinking about getting married?

-Jaime: No, actually, I was thinking eh, it might be kind of nice being bionic.

-Une Jeune fille (à Steve alors qu’ils observent Jaime jouant au tennis): Boy, Jaime's the most important person that ever came out of our town. Except for that astronaut guy.

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20. LA FEMME BIONIQUE - 2E PARTIE
(THE BIONIC WOMAN - PART 2)

Résumé :

Alors que les préparatifs du mariage de Steve et de Jaime vont bon train à Ojai, Oscar Goldman leur apprend que Joseph Wrona, le faux-monnayeur à qui Steve avait récupéré une plaque volé, en possède une autre. Oscar demande alors aux deux fiancés de récupérer cette plaque. Cette mission servira aussi de test pour Jaime, puisqu’elle devra se servir de son oreille bionique pour ouvrir le coffre-fort où la plaque se trouve. Victime d’un spasme, Jaime déclenche toutefois malencontreusement l’alarme et doit fuir prématurément avec Steve. Revenue à la maison, Jaime va de plus en plus mal alors qu’elle est envahie par plusieurs maux de tête. Hélas pour elle, Rudy Wells diagnostique la présence d’un caillot de sang au cerveau, signifiant que son corps rejette la greffe bionique, et qu’elle doit être opérée rapidement. Mais ne pouvant supporter la douleur de plus en plus intense dans sa tête, Jaime s’échappe de l’hôpital. Sous un violent orage, Steve parvient enfin à la retrouver alors qu’elle a perdu tout contrôle. Trop tard cependant, car Jaime meurt sur la table d’opération malgré les efforts de Ruy Wells pour la sauver.

Critique :

À l’instar du classique film produit par Universal, La Fiancée de Frankenstein, dont ce double-épisode s’inspire de l’aveu de son auteur Kenneth Johnson, certains petits détails, en apparence mineurs dans la première partie, voient leur importance prendre de l’ampleur dans cette seconde partie. En témoigne comme exemple la main bionique de Jaime parcourue de quelques tremblements intermittents, considérée comme sans grande importance à prime abord, mais annonciateur d’une plus grande tragédie à venir, tragédie qui aura un impact inattendu autant chez les nombreux spectateurs sur le plan émotionnel, que sur l’équipe de production qui n’avaient pas anticipé autant de réponses du public en réaction au décès de Jaime Sommers.

Dire que le scénariste Kenneth Johnson n’avait nullement l’intention de tuer Jaime dans la première mouture de son script. Mais devant le commandement de laisser Steve Austin libre de toute attache romantique afin de lui permettre de vivre plusieurs relations épisodiques par commodité artistique, l’impératif des producteurs de faire mourir Jaime à la fin de ce double-épisode pouvait s’expliquer.

Ce n’était pourtant pas la première fois que des personnages mourraient à la fin d’un épisode. Citons Josh Lang dans Le Mal de l’espace, dont la destinée funeste ne manquait pas d’intensité dramatique. Pourtant, les spectateurs ne s’en sont pas offusqués outre mesure. On a également eu droit à quelques récits romantiques impliquant Steve Austin avec un personnage féminin, notamment dans Un amour perdu, dont il est question plus haut. Seulement voilà dans La Femme bionique, les spectateurs se sont tellement attachés au personnage de Jaime et à son histoire d’amour avec Steve Austin, que sa mort a suscité un envoi massif de lettres de leur part aux producteurs et aux exécutifs des studios Universal, où leur indignation et leur colère s’y expriment sans retenue.

Pour en revenir à l’intrigue proprement dite, elle ne se contente toutefois pas de nouer le drame de cette histoire d’amour vers sa conclusion tragique. Elle parvient également à agencer tous les éléments développés depuis la première partie avec une mécanique de précision digne d’une horloge. Dans la scène impliquant l’ouverture du coffre de Joseph Wrona par Jaime, Steve monte la garde près de la porte du bureau, et se fait prendre au dépourvu par les hommes de main du faux-monnayeur, car ce dernier, connaissant bien le visage de Steve (voir première partie), l’attendait de pied ferme afin de prendre sa revanche.

Pendant ce temps, Jaime parvient à ouvrir le coffre et à récupérer la plaque recherchée, mais après avoir tout refermé, sa main est prise d’un spasme qui lui fait heurter le mécanisme d’ouverture du tableau cachant le coffre, ce qui déclenche l’alarme. En une fraction de seconde, Steve Austin profite de cette « distraction » provoquée par celle-ci pour désarmer et repousser Wrona et ses hommes, entrer dans le bureau pour rejoindre Jaime et s’enfuir avec elle par la fenêtre. Voilà un autre exemple où, grâce au souci du détail dans l’écriture et la mise en scène, certains éléments illustrés dans la première partie se conjuguent fort habilement dans la seconde.

Notons également un autre segment en apparence anodin, mais qui aura des conséquences sur la série par la suite. Alors que Steve et Jaime se livrent à une course bionique dans la campagne sur le chemin du retour à la maison, Helen, la mère de Steve les aperçoit au loin et constate pour la première fois qu’ils sont dotés tous les deux de pouvoirs bioniques. Son visage exprime alors une certaine surprise teintée d’inquiétude, et lorsque Steve et Jaime arrivent et se rendent compte qu’Helen les a vu, Steve s’empresse de lui dire la vérité (illustrée sans dialogues avec quelques images et sons du générique entrecoupés). Une fois la surprise passée, Martha sourit et dit à Steve et Jaime qu’ils sont vraiment faits l’un pour l’autre. Grâce à cette simple ligne de dialogue, dont le double-sens saute aux yeux, Helen manifeste autant son soutien à leur union que sa compréhension des épreuves que son fils et Jaime ont vécu respectivement suite à leur accident, même sans avoir été mise au courant de ce qui leur est arrivé. Maintenant que la mère de Steve est mise au parfum, son rôle va évoluer grandement dans d’autres épisodes à venir de l’Homme qui valait trois milliards, mais également dans la série La Femme bionique, fruit du grand succès de ce double-épisode.

Mais n’anticipons pas! Nous aurons l’occasion de revenir plus loin sur l’impact qu’a eu La Femme bionique dans les aventures à venir de Steve Austin. Il est cependant clair que son énorme succès auprès du public, alors que les audiences n’étaient pas à la hauteur des attentes au cours de cette deuxième saison, a permis à la série de rester en vie et de marquer les esprits sur la durée en atteignant enfin, après une progression difficile, sa pleine maturité.

Anecdotes :

  • D’origine austro-hongroise, Malachi Throne (Joseph Wrona) est sans doute l’une des « guest stars » les plus connus du milieu de la télévision. À l’aise dans plusieurs registres, il est apparu dans des séries (Les Incorruptibles, Perdus dans l’espace, Au pays des géants, Voyage aux fonds des mers, Starsky & Hutch, Batman, À la Maison-Blanche) en tous genres pendant près de 60 ans, des débuts de la télévision jusqu’à sa mort en 2013. On se souvient de lui pour avoir incarné le patron de Robert Wagner dans Opération vol. Il a déjà travaillé avec Lee Majors dans trois épisodes de La Grande Vallée.

  • Après avoir fait une apparition dans Population zéro, Paul Carr (décédé en 2006) revient dans la série dans le rôle du bras droit de Joseph Wrona. Bien que sa carrière ait été confinée à des rôles de troisième plan à la télévision et au cinéma, son visage inquiétant (il ressemble un peu à l’acteur Gary Oldman) et son jeu particulier lui ont permis d’interpréter toute une galerie de portraits de types dérangés ou de vilains acolytes, si bien qu’il n’était pas rare qu’il ait été invité à jouer plusieurs personnages différents au sein d’une même série (Voyage aux fonds des mers, La Nouvelle équipe, L’Homme de fer, Le Virginien, Mannix). Il fera une dernière apparition dans l’épisode de la cinquième saison: Voyage dans le temps.

  • Bien que Martin E. Brooks deviendra le docteur Rudy Wells au cours de la troisième saison dès la suite de ce double-épisode, Le Retour de la femme bionique, il s’agit de l’avant-dernière apparition d’Alan Oppenheimer dans le rôle du créateur de l’homme bionique.

  • Le scénariste Kenneth Johnson ne souhaitait pas la mort de Jaime à la fin de l’histoire. Son idée de départ était qu’elle sombre dans le coma après l’ablation du caillot qui la faisait horriblement souffrir. Rudy Wells ne pouvant garantir si elle s’en remettra ou non, Steve Austin se voyait forcé de lui faire ses adieux. Ce sont les exécutifs du studio qui ont exigé la mort de Jaime, en espérant tabler sur l’émotion suscitée par la mort du protagoniste féminin à la fin du film Love Story et le fait que d’autres personnages proches de Steve sont morts, comme Josh Lang dans Le Mal de l’espace.

  • La Femme bionique reste à ce jour l’épisode qui a obtenu le plus fort taux d’audience de toute la série. Elle a également terminée au quatrième rang des émissions les plus regardées aux États-Unis pour l’année 1975.

  • Il est établi que comme Jaime a perdu ses parents, le beau-père de Steve, Jim Elgin, soit celui qui l’accompagne à l’autel afin de donner sa main au futur époux lors du mariage. On comprend alors mieux pourquoi, au moment où la série Super Jaimie a démarré, les parents de Steve sont devenus les gardiens légaux de Jaime et l’ont l’hébergé lorsqu’elle passait par Ojai.

  • Le récit établit qu’entre le moment où Steve a volé la première plaque à Wrona lors de la scène pré-générique de la première partie, et celui de la mission où Steve et Jaime tente de récupérer des mains du faux-monnayeur la seconde plaque, sept mois se sont écoulés, ce qui en fait l’histoire ayant la durée narrative la plus longue de toute la série et celle de Super Jaimie.

  • Suivant la logique établie dans l’épisode Cinq cents millions de plus concernant Barney Miller, Oscar suggère à Rudy Wells l’idée de ramener la force bionique de Jaime à un niveau normal pour espérer la sauver.

  • Kenneth Johnson a repris la même finale tragique avec tempête et orage dans l’épisode de la deuxième saison de L’Incroyable Hulk: Hulk Revient, parfois intitulé Mariés, où David Banner tombe amoureux d’une psychiatre cherchant à le guérir, Caroline Fields, qui succombe à la toute fin des suites d’une rare maladie. Son interprète, Mariette Hartley, a d’ailleurs remporté un Emmy Award pour ce rôle.

  • Les paroles de la chanson « Sweet Jaime » ont été écrite par le producteur Lionel E. Siegel. Elles font référence à une relation amicale entre Steve et Jaime qui tourne court à force de se rencontrer seulement ici et là, ce qui est loin de refléter la relation amoureuse entre eux à l’écran, à moins de la comprendre au second degré. Lee Majors a avoué cependant au sujet de cette chanson: « elle était loin d’être extraordinaire, mais au moins elle était personnelle. »

  • Quand Steve et Jaime sautent par-dessus la clôture du ranch, on peut apercevoir sur le côté gauche de l’image une portion de « l’escabeau » qui les aide à faire ce saut bionique.

  • On ne sait pas pourquoi les vilains de cet épisode sont tous habillés en complet blanc.

  • Ayant admis en entrevue s’inspirer de personnes réelles qu’il a croisé dans sa vie pour trouver les noms de ses personnages, Kenneth Johnson a nommé le vilain Joseph Wrona d’après un professeur du même nom qu’il lui a enseigné l’histoire américaine à l’école secondaire.

  • Entre le moment de la mort de Jaime à l’hôpital et la scène finale au ranch de Steve, il n’y aucune allusion à des funérailles pour Jaime. Cet oubli sera plus flagrant dans la suite, Le Retour de la Femme bionique alors que cela aurait pu ajouter un élément dramatique à la fois logique et fascinant sur les événements ayant eu lieu entre les deux double-épisodes.

  • Comme cela arrive souvent dans les séries de cette période, il y a une erreur dans la couleur pendant la scène récapitulant la première partie, lorsque Jaime brise un verre de jus d’orange avec sa main bionique. En effet, la couleur du jus y est différente en comparaison de la mise en images originale montrée dans la première partie. 

-Jaime: Steve... something that Oscar said back there kinda set me thinking...

-Steve: What's that?

-Jaime: Well, about how... uh... my Blue Cross didn't cover bionic reconstruction. Now, who's footing that bill?

-Steve: Uncle Sam.

-Jaime: Well, that's what I thought, but... uh... what exactly is it that Uncle Sam expects in return?

-Steve: Well, I guess he wants you to be part of the team.

-Jaime: How many people are on the team?

-Steve: Well, Oscar's the head coach, and, so far, I'm the only player.

-Jaime: I guess the stakes are pretty high then, huh?

-Steve: Yeah... very high.

-Jaime: Tell me something?

-Steve: Anything.

-Jaime: We're gonna live happily ever after, aren't we?

-Steve: You bet. Here's to us.

-Joseph Wrona: You did considerable damage to me, Colonel Austin. And now I'm going to do considerable damage to you.

-Steve(en larmes, à Jaime, morte): I love you Jaime, I've always loved you...

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21. LA BONNE CAUSE
(OUTRAGE IN BALINDERRY)

Résumé :

L’ambassadeur américain Frederick Collins travaille aux négociations pour un traité de paix entre le gouvernement et le mouvement indépendantiste du territoire de Balinderry (IBA), situé en Europe du Nord. Mais les membres d’une cellule révolutionnaire ont kidnappé l’épouse de l’ambassadeur et exigent la libération de leurs frères emprisonnés d’ici 14 heures, où sinon elle mourra. Les États-Unis ne pouvant officiellement intervenir, Oscar accepte d’envoyer Steve Austin à Balinderry à titre personnel pour libérer madame Collins. Steve obtient cependant l’aide d’une hôtesse de l’air, Julia Flood, qui a parti lié avec l’IBA, pour retrouver les responsables de l’enlèvement. Alors qu’ils ont pris contact avec une des cellules de l’IBA et identifié un témoin, Steve et Julia sont arrêtés par les forces armées gouvernementales. Malgré qu’il ait découvert que Julia joue un rôle très important au sein de l’IBA, Steve prend le risque de s’évader en sa compagnie afin d’arriver à temps pour sauver la femme de l’ambassadeur des griffes d’une cellule de révolutionnaires radicaux.

Critique :

Si certains épisodes précédents avaient abordé quelque peu en surface des sujets à connotations politiques ou s’étaient plus ou moins inspirés de l’actualité de l’époque, La Bonne cause a le courage d’y aller à fond. Même si le nom du pays où se situe l’action est fictif, on n’a aucun mal à deviner que l’histoire s’inspire directement du conflit en Irlande du Nord, qui a défrayé les manchettes à l’époque, et que l’IBA représente en réalité l’IRA. L’emploi d’images montrant l’armée britannique dans les rues de Belfast en Irlande du Nord afin de présenter la situation houleuse à Balinderry, ainsi que le casting d’acteurs irlandais ou ayant l’accent irlandais, renforcent encore davantage ce rapprochement.

Ce courage des auteurs d’impliquer Steve Austin au cœur d’une guerre civile révolutionnaire en lien avec des faits réels, mérite d’être souligné. Plus encore, à travers l’humanisme de Steve, le scénario lance un message d’espoir loin d’être naïf favorisant un rapprochement pacifique, tout en montrant l’autre côté de la médaille par les actions répréhensibles des deux camps, par l’intermédiaire de la cellule radicale de l’IBA et l’intransigeance sans nuances du général Carmichael de l’armée du Dominion.  Une scène renvoie d’ailleurs dos à dos ces factions polarisantes, alors qu’un traitre de la cellule modérée de l’IBA qui travaille en fait pour la faction radicale du mouvement, négocie avec Carmichael sa libération en échange de l’identité du chef de la cellule modérée. Comme quoi ce qui peut miner un processus de paix porteur d’avenir pour rebâtir les fondations du pays, ne vient pas que d’un seul côté de la médaille.

Il peut évidemment paraître incongru que Steve Austin soit réellement considéré dans un pays étranger en mission officieuse pour aider son ami l’ambassadeur Collins. Sa notoriété publique en tant qu’astronaute et son grade de colonel font qu’il ait peu de chances que les autorités à Balinderry, voire les membres de l’IBA, ne le voient autrement qu’en espion américain en mission pour son pays. Afin de compenser ce problème de crédibilité, les auteurs ont eu l’idée de montrer Steve plus souvent à la merci des événements, où son ignorance de la situation dans le pays le rend à la fois plus naïf et plus vulnérable, surtout avec le peu de temps à sa disposition pour sauver Mme. Collins. Déjà le fait qu’il fasse confiance à Julia, une hôtesse de l’air qui lui affirme avoir des contacts avec l’IBA et qui accepte de l’aider, confirme ses limites en dépit de ses bonnes volontés.

Ce faisant, les événements ont tendance à se précipiter un peu trop vite, pour que Steve puisse enfin prendre l’initiative afin de résoudre la situation de départ. Mais si l’intrigue perd en plausibilité, elle gagne en densité. Car en décidant d’agir, Steve décide en fait de faire confiance à Julia sur sa volonté d’aider à la libération de Mme. Collins pour réenclencher le processus de paix, et ce, malgré le fait qu’il ait appris qu’elle était une des leaders de l’IBA qui se bat pour la cause des siens, et non une simple exécutante.

Cette prise de risque fera que Steve sera pris entre deux feux au cours de l’excellente scène finale sur le barrage, entre les radicaux de l’IBA qui menacent de tuer Mme. Collins et Carmichael et ses soldats qui se moquent bien de la vie de la femme de l’ambassadeur pour liquider l’IBA sans distinction. Et n’eut été de la force et la vitesse bionique de Steve dans son intervention ultime pour sauver Mme. Collins, la situation aurait tourné au massacre. C’est là qu’on retrouve avec bonheur l’universalité de l’humanisme de Steve.

Fait à noter: cet épisode a été mis en production et tourné avant le double-épisode de La Femme bionique, qui a été diffusé avant. Cela explique le malaise entourant la courte romance entre Julia et Steve, cette dernière admirant la personnalité et l’empathie sincère du héros, alors que les spectateurs se sont à peine remis de la mort de Jaime après une histoire d’amour intense auquel ils se sont attachés. Logiquement, cette courte relation entre Julia et Steve prend fin lors de la dernière scène, alors que dans une lettre, Julia affirme à Steve qu’elle a disparu car son devoir est d’abord envers la cause qu’elle défend, soit la liberté de son pays et des siens afin que la paix revienne.

Bref, un excellent épisode qui aurait pu être rallongé en deux parties, car un peu trop condensé, mais qui demeure riche et qui n’était pas loin d’obtenir la note maximale de quatre bottes.

Anecdotes :

  • Deuxième scénario écrit par le tandem de scénaristes composé de Margaret et Paul Schneider et dernier épisode réalisé par Earl Bellamy.

  • Ancienne Miss Jamaïque, Martine Beswick (Julia Flood) fait ici sa première de deux apparitions comme artiste invitée dans la série. Après quelques études pour devenir actrice en Angleterre, elle a fait ses débuts dans deux films de la saga James Bond: Bons baisers de Russie et Opération Tonnerre. Elle a ensuite fait partie des actrices jouant dans les films dits préhistoriques produits par la compagnie britannique Hammer, quand ce n’était pas dans des westerns italiens sulfureux où elle s’est souvent montrée dans le plus simple appareil. Désireuse de ne pas être cataloguée uniquement comme beauté exotique, elle est arrivée aux États-Unis au début des années 70 où elle a pu élargir son registre dans plusieurs séries (Mannix, Baretta, Quincy, Pour l’amour du risque, L’île Fantastique) et quelques téléfilms. Elle a également retrouvé Lee Majors dans un épisode de L’Homme qui tombe à pic. Elle a pris sa retraite en 1995.

  • Fils de l’acteur irlandais Dan O’Herlihy, Gavan O’Herlihy (Dan, un membre de l’IBA) a su se faire un nom dès ses débuts grâce au rôle récurrent de Chuck Cunningham dans la sitcom Happy Days. S’en est suivi plusieurs invitations dans des épisodes de séries télévisées, voire des rôles importants (Docteur Marcus Welby, Sergent Anderson, Twin Peaks, Lonesome Dove), mais aussi des seconds rôles au cinéma (Superman III, Willow). Il a également joué dans l’épisode La Pyramide de la troisième saison de Super Jaimie. Il a cependant disparu des écrans depuis 2009.

  • Gavan O’Herlihy partage avec Martine Beswick le fait d’avoir joué dans un film de James Bond mettant en vedette Sean Connery, et ironiquement dans le remake (Jamais plus jamais) du film où elle avait joué (Opération Tonnerre).

  • Plus largement connu comme acteur faisant des voix pour de nombreux dessins animés (Les Schtroumpfs, Popeye et fils), Richard Erdman (parfois nommé Dick), en plus d’incarner le traître dans La Bonne cause, a également joué dans l’épisode Le Garçon bionique au cours de la quatrième saison et L’Espion fait cavalier seul au cours de la troisième saison de Super Jaimie.

  • William Sylvester (l’ambassadeur américain Frederick Collins) est le second acteur du célèbre film 2001: Odyssée de l’espace après Gary Lockwood à venir honorer la série de sa présence. Né aux États-Unis mais formé au théâtre anglais, il s’est d’abord illustré dans des personnages américains dans des films ou des séries britanniques (Destination: Danger, Le Baron, Le Saint). Il est revenu ensuite dans son pays natal après le succès international du film de Kubrick qui lui a permis d’obtenir quelques rôles dans des séries comme Docteur Marcus Welby, Bonanza, Lassie, Banacek, Le Magicien, Cannon, Quincy, et surtout un personnage récurrent dans Gemini Man produit par Harve Bennett. Décédé en 1995, La Bonne cause fut la première de trois apparitions dans la série puisqu’il a incarné le personnage de l’amiral Prescott dans les épisodes U-509 et Les Requins (diffusée en deux parties).

  • Acteur anglais ayant surtout fait carrière au théâtre et dans les films de série B, David Frankham (Capitaine Abbott) a participé à quelques épisodes de séries comme Au-delà du réel, Sur la piste du crime, Star Trek, et le soap opera Top modèles.

  • Ancien militaire et policier ayant travaillé dans plusieurs anciennes colonies britanniques, Alan Caillou (de son vrai nom Alan Lyle-Smith) est devenu scénariste et acteur pour la télévision à partir de la fin des années 50, et ce jusqu’à sa retraite en 1984 (Des Agents très spéciaux, Daktari, Tarzan, Opération vol, Daniel Boone). Étant donné son passé, il a souvent incarné des officiers militaires comme c’est le cas dans cet épisode avec son interprétation assez carrée et intransigeante du général Carmichael. Il fut d’ailleurs un des co-auteurs du récit du téléfilm Un otage qui vaut de l’or avant que les aventures de Steve Austin ne soient présentées en format hebdomadaire. Il est mort en 2006.

  • Dans le rôle de Lord Breen, qui s’avère en réalité le chef de la cellule terroriste radicale, on retrouve Richard O’Brien qui a multiplié les rôles récurrents (Section 4, Ah! Quel famille) et les apparitions dans plusieurs épisodes des mêmes séries à la télévision (Sur la piste du crime, Cannon, Les Envahisseurs, Les Mystères de l’Ouest, Des Agents très spéciaux). Il a côtoyé plusieurs fois Lee Majors sur la série La Grande Vallée. Il est décédé en 1983.

  • Margaret Fairchild (Elinor, l’épouse de l’ambassadeur) a essentiellement consacré sa carrière d’actrice au théâtre, se contentant ici et là de quelques apparitions à la télévision (Cannon, Kojak, Kung Fu, Cagney & Lacey). On peut cependant la revoir dans l’épisode de la quatrième saison: L’Imposteur.

  • C’est le troisième épisode de cette saison Deux sans séquence pré-générique.

  • Bien que le dominion de Balinderry soit un pays fictif, le scénario évoque aussi un pays réel au tout début, alors que l’ambassadeur Collins se trouve à Bruxelles en Belgique lors d’un sommet de l’OTAN. On notera que lors de cette scène, la carte du monde y est modifiée par rapport au monde réel puisque l’Amérique du Nord n’est pas divisée géographiquement de la même manière, et qu’il semble y avoir un autre continent au nord de l’Eurasie.

  • Malgré la substitution de l’Irlande du Nord pour le dominion de Balinderry, les références avec le conflit entre l’IRA et l’armée britannique étaient si évidentes (ex. les stocks-shots, les accents irlandais et anglais des acteurs) que cet épisode fut le seul interdit de diffusion en Grande-Bretagne.

  • Même si Steve a l’occasion d’avoir vécu plusieurs histoires romantiques avec différentes femmes, ces relations sont toutes restées monogames.

  • À cause notamment de son caractère politique, qui sortait du cadre familial instauré dans la série, et de la romance entre Julia Flood et Steve Austin si peu de temps après l’histoire d’amour intense impliquant Jaime Sommers, La Bonne cause a été très décrié par les fans et le public à l’époque de sa diffusion. Mais avec le temps, l’opinion générale concernant cet épisode a changé puisque les avis se veulent maintenant davantage positifs.

-Steve: Why didn't you tell me, Julia?

-Julia: That disease we're all suffering from on this little island, it's called mistrust.

-Steve: That must be tough for you being the boss of all the men in Unit Ten?

-Julia: You're right, it was a big responsibility. Are you the boss of a lot of men in America?

-Steve: No, just one: me.

-Général Carmichael: We don't make deals with terrorists, Colonel Austin. We imprison them, or execute them.

-Steve: I won't let you execute his hostage!

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22. VENGEANCE
(STEVE AUSTIN, FUGITIVE)

Résumé :

Attiré par un mystérieux appel téléphonique, Steve Austin est endormi par un homme masqué dans l’appartement d’un employé de l’OSI assassiné, Charlie Taylor. Accusé du meurtre, d’autant plus que ses empreintes se retrouvent sur l’arme du crime, Steve est arrêté par la police. Sachant qu’il ne pourra convaincre les forces de l’ordre de son innocence, Steve s’évade grâce à ses pouvoirs bioniques et malgré son statut de fugitif, il se lance à la recherche du véritable meurtrier. Aidée par la nouvelle secrétaire d’Oscar Goldman, Peggy Callahan, chez qui il s’est réfugié, Steve parvient à découvrir que le frère jumeau du tueur à gages John Hopper, est l’assassin qui l’a piégé. En effet, ce dernier cherchait à se venger de l’arrestation de John par Steve au cours d’une mission antérieure.

Critique :

Commencée avec un épisode moyen, la saison Deux se termine par un épisode satisfaisant, même s’il s’avère une suite à l’épisode de la saison Un: Témoin oculaire. Certes, le scénario se montre prévisible dès le pré-générique en montrant déjà au petit écran le frère jumeau de John Hopper tuer Charlie Taylor pour tendre le piège destiné à Steve. Mais il a toutefois le mérite d’introduire un personnage secondaire dont la spontanéité et l’implication l’ont rendu récurrent dans la série: celui de la secrétaire d’Oscar Goldman, Peggy Callahan.

Certains récits précédents avaient bien tenté de donner une consistance à ce rôle de secrétaire. On n’a qu’à penser à l’épisode Une amitié, où on pouvait voir dans la première moitié une certaine Julie Farrell venir en aide à Steve, et qui est revenu brièvement, mais uniquement au plan vocal puisqu’on ne la voit plus, dans l’épisode Acte de piraterie. Sans parler de Miss Drake qui apparaît dans trois épisodes de la saison Un. Mais aucune n’a joué un rôle aussi majeur que Peggy Callahan. Il faut dire que la superbe performance de l’actrice Jennifer Darling dans la peau du personnage explique en bonne partie le charme exercé sur le public, car on voit rapidement qu’elle n’est pas une secrétaire comme les précédentes.

Curieusement, le mélange de naïveté innocente et de souplesse émotionnelle qui permettent à Callahan de s’adapter jusqu’aux situations les plus étranges (comme lorsqu’elle découvre la nature bionique de Steve dans son appartement) apportent une texture humoristique particulière à une intrigue qui semblait miser d’abord au départ sur le suspense. Cet humour se perçoit toutefois mieux dans la version originale, étant donné la voix rauque très unique de Jennifer Darling, notamment dans ses échanges avec Lee Majors.

Cet humour n’empêche pas le suspense d’être relancé à point nommé dans le dernier tiers. Au moment où Callahan ose se faire passer pour une journaliste dans l’immeuble où logeait la victime Charlie Taylor, afin d’obtenir un quelconque témoignage pouvant aider Steve à s’innocenter, elle se place elle-même en danger lorsqu’elle tombe sur l’appartement de Hopper. Ce dernier détecte évidemment la supercherie, mais joue le jeu afin de retracer Steve plus tard. Néanmoins pendant un moment, Callahan s’était mise dans la gueule du loup. Tout cela mènera à une forme de conclusion quelque peu ironique puisqu’inversement, c’est ce qui permettra à Steve d’arrêter définitivement Hopper au final.

Déjà lors de la première saison, le dernier épisode Vacances forcées mêlait assez bien un ton léger et humoristique avec le retour d’un vilain récurrent. En répétant cette recette pour la deuxième saison, les auteurs et les producteurs ont quand même réussi derechef à la conclure sur une bonne note. Bien entendu, le talent de Jennifer Darling sera reconnu à sa juste valeur puisque le personnage de Peggy Callahan reviendra dans la série ainsi que dans Super Jaimie, et pas seulement comme secrétaire.

Anecdotes :

  • Disparu depuis la réalisation des deux téléfilms de la série produits par Glen A. Larson qui montrait Steve Austin en mode James Bond, Russ Mayberry faisait ici son retour derrière la caméra. Vengeance a été toutefois le dernier épisode de la série sous sa gouverne.

  • Pas moins de cinq auteurs ont travaillé sur le script de cet épisode: Richard Carr et Mark Frost au scénario, Wilton Denmark, William Gordon et James Doherty pour ce qui est du récit. Décédé en 1991, William Gordon a travaillé comme scénariste et consultant pour des séries comme ChiPs, L’Homme de fer et La Côte Sauvage, en partenariat avec James Doherty. Cet épisode reste la seule contribution à la série pour ces deux auteurs.

  • Gary Lockwood, qu’on a évidemment vu dans Témoin oculaire, est de retour pour sa dernière apparition dans la série, mais il n’incarne toutefois qu’un seul des deux frères Hopper.

  • À l'instar de Robbie Lee dans L'Espion et la télépathie, Jennifer Darling vole la vedette dans cet épisode au point où on ne voit plus qu’elle par moments. Ayant déjà acquis une expérience sur les planches en tant que danseuse au studio de l'acteur Gene Kelly dès l’enfance, elle a suivi des cours de chant et de théâtre qu'elle a mis en pratique dès l'adolescence. À Broadway, elle s'est découvert un nouveau don pour l'improvisation comique et les portes ont commencé à s'ouvrir dès l'instant où elle est partie s'installer à Hollywood en 1973. Après s'être fait les dents sur une sitcom inédite en France (Temperatures Rising), elle a obtenu le rôle de Peggy Callahan qui, sans qu'elle s'en doute, allait lui servir de tremplin pour la suite de sa carrière. Elle a retravaillé avec Lee Majors dans un épisode de L'Homme qui tombe à pic.

  • Le talent d'actrice, tant sur le plan comique, que sur le plan vocal et de l'improvisation de Jennifer Darling a vite été reconnu par ses pairs et les producteurs, si bien qu'elle revint incarner la secrétaire d'Oscar (et sa version « robot ») sur une base semi-régulière dans L'Homme qui valait trois milliards et Super Jaimie. En parallèle à des apparitions dans d'autres séries comme L'incroyable Hulk, Wonder Woman, La Loi de Los Angeles et les sitcoms Cheers et Huit, ça suffit, sa voix rauque au timbre si particulier lui a procuré divers rôles vocaux dans de très nombreux dessins animés à la télé comme au cinéma (Les Tortues Ninja, les Razmocket, Félix le chat, Le géant de fer, Super Zéro) qui inclut également des doublages (Astro Boy, Tenchi Muyo! In love, Astérix et le coup du menhir). À ce titre, soulignons qu'elle a interprété un des ennemis jurés (Madame-O) d'un groupe de jeunes héros bioniques de la série d'animation dérivée Bionic Six, qui n'a jamais été doublé en français.

  • Frère du compositeur jazz et batteur Chico Hamilton, Bernie Hamilton est devenu populaire en interprétant le rôle du capitaine Dobey, le supérieur de Starsky & Hutch. Bien avant ce rôle, il a travaillé sur de nombreuses séries et films en évitant autant que possible les rôles stéréotypés dès le début des années 50. On peut donc le voir dans des épisodes aussi divers comme ceux de La Quatrième Dimension, Le Virginien, Alfred Hitchock présente, Tarzan et La Croisière s'amuse. S'étant retiré du métier d'acteur à partir de 1985, il s'est consacré à la production d'albums de musique en plus de tenir une galerie d'art sur Sunset Boulevard jusqu'à sa mort en 2008.

  • On apprend dans cet épisode qu'Oscar a l'habitude de changer de secrétaire à tous les trois mois et qu'il a du mal à se souvenir de ses propres instructions de sécurité.

  • Le prénom de Peggy Callahan n’est pas prononcé dans cet épisode.

  • En plus du ton léger et le retour d’un antagoniste marquant, on retrouve dans cet épisode d’autres éléments similaires ayant servi dans l'épisode clôturant la saison Un Vacances forcées: l'emploi de flashbacks et la requête par Steve pour une recherche dans l'ordinateur de l'OSI afin de vérifier ceux qu'il a arrêté dans ses missions antérieures.

  • Rudy Wells figurait dans une première version du script, mais a été effacé dans la version finale, selon l’auteur Wilton Denmark.

  • Pour la seconde fois, Steve fait montre de son habileté à réparer soi-même ses membres bioniques endommagés en opérant une "chirurgie" sur sa jambe. Il avait réparé son bras dans l'épisode Course à obstacles.

  • Lee Majors a visiblement voulu se faire plaisir puisqu'il joue également le préposé au magasin de pièces électroniques où Callahan achète le nécessaire pour aider Steve à s'auto-réparer. Muni d'une perruque, de fausses dents et d'un accent du sud des États-Unis à couper au couteau, il est clair qu'il s'agit d'une scène volontairement humoristique. Afin d'en souligner encore le côté farce, le préposé est crédité au générique de fin au nom d’un certain "L. Majors".

  • Reb Brown fait ici sa seconde apparition dans la série dans la peau d'un officier de police. Le colosse avait joué un petit rôle d'opérateur-radio dans Opération Afrique au cours de la première saison.

  • Erreurs de continuité: Steve affirme que le frère jumeau du tueur John Hopper n'a jamais pu être arrêté. Cela contredit la scène finale de Témoin oculaire lorsque Steve le capture à la sortie de l'hôtel. Également, le frère de John Hopper se distingue de son jumeau par un grain de beauté qui est étrangement disparu dans cet épisode.

  • Après que Steve se soit libéré des menottes alors qu'il est amené dans une voiture de police, il n'y a aucune cicatrice sur son poignet gauche, comme quoi les épisodes ne sont pas constants concernant ce genre de situation (ex. Kamikaze)

  • Il est peu crédible que la personne qui fait office de gardien de sécurité aux bureaux de l'OSI soit un policier privé et non un officier ou un soldat issu de la police militaire.

  • Dans la scène où Callahan, alors qu'elle se fait passer pour une journaliste cherchant des témoins du meurtre de Charlie Taylor, se retrouve à interroger Hopper sans le savoir, ce dernier lui donne une description fantaisiste d'un homme qu'il aurait vu avec la victime peu de temps avant sa mort. Logiquement, il aurait plutôt dû faire à Callahan une description de Steve afin de le rendre encore plus suspect du meurtre. Cela aurait en plus ajouté un élément de tension supplémentaire, puisque la confiance de Callahan envers Steve aurait certainement été ébranlée.

  • Steve affirme ressentir les effets plus que la douleur lorsque ses membres bioniques sont endommagés. Il pousse pourtant un petit grognement de douleur lorsque que sa jambe est atteinte d'une balle.

-Callahan: Oh dear, you're the Colonel Austin?

-Steve: I'm the only one I know.

-Callahan: Oh golly.

-Callahan: Oscar wants me to help you in any way I can.

-Steve: Good. first off, you can start by giving me your home address and telephone number.

-Callahan: Oh, is that the routine here?

-Steve: Don't get the wrong idea, I just might have to get in touch with you after you leave here tonight.

-Callahan (en montrant du doigt la triple-serrure sur sa porte d’entrée): How did you get in? My door is very, very locked.

-Steve: Window.

-Préposé au magasin électronique (joué par Lee Majors et voyant tous les items que Callahan veut acheter): Well, by golly, it appears to me you're building nothing short of a robot.

-Callahan: That's right, how did you know?

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Saison 2Saison 4

NCIS : Nouvelle Orléans

Saison 3



1. CONTRE-COUPS 
(AFTERSHOCKS)



Scénario : Andrew W. Marlowe

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Appelée sur une scène de crime, Kate Beckett y découvre Richard Castle, absent depuis des mois !

Critique :

Un démarrage sur les chapeaux de route ! Déjà, l’épisode s’ouvre par une séquence ultradynamique avec un splendide jeu de miroirs (un travail impeccable de Rob Bowman) qui se termine par Castle et Beckett se mettant respectivement en joue !

La victime, une dénommée Chloé, avait une adresse dans la main. En s’y rendant, le trio Beckett/Esposito/Ryan y découvrent Richard Castle, une arme à la main ! Beckett passe les menottes à son ex-partenaire ; le réalisateur zoome d’abord sur les mains de l’écrivain puis sur le visage de Nathan Fillion. C’est un plaisir de voir le visage si mobile, si ouvert de l’acteur. L’interrogatoire que mène Beckett est très serré. Stana Katic montre avec talent à la fois le professionnalisme de son personnage (questions sur l’affaire) et l’irritation de cette dernière (parce que Castle ne lui a donné de nouvelles depuis qu’il est revenu des Hamptons). On appréciera les vacheries réciproques des duettistes. Innocenté, Castle est sèchement renvoyé chez lui. Nathan Fillion rend parfaitement compte du désarroi de l’écrivain qui ne comprend pas la froideur de ses amis.

Avec sa maestria habituelle, Andrew W. Marlowe fait progresser son intrigue et parvient à replacer Castle sur la route des policiers en une parfaite symétrie de la première scène de crime ! C’est drôle et brillant. Le plus beau c’est la parfaite explication logique qui a amené le tandem au même endroit, la troisième scène de crime, en partant de deux points de départ différents. Comprenant qu’elle ne se débarrasserait jamais de Castle, Beckett l’admet « pour cette enquête » à ses côtés et il parie qu’il trouvera la solution. L’enjeu : sa présence au poste. Il est évident que Castle restera mais ce jeu fait partie de l’ADN du personnage et c’est une série qui joue avec les codes et avec son public. Comment rendre cette évidence plausible ? C’est le réel enjeu. Le spectateur s’amuse de retrouver les passages obligés de sa série : le café apporté le matin (ne manquez pas le visage de Stana Katic ; l’actrice rend parfaitement visible le plaisir qu’éprouve son personnage de retrouver son binôme), les théories farfelues et surtout l’idée qui relance l’enquête. Ici, il prouve le lien entre les victimes. Le scénariste parvient à nous surprendre en plaçant ledit lien dans un cabaret burlesque ! On note une marotte des réalisateurs dans les interrogatoires. Alors que la caméra est statique dans l’interrogatoire dans un cas, elle est très mobile dans un autre ; ce qui signifie qu’un élément important va nous être communiqué. Une réflexion de Beckett fait bingo dans son esprit puis ça fait tilt entre eux. Quelle série aime tant ses fans pour leur présenter tous les passages obligés tout en jouant avec ?

L’arrestation nous ramène à la scène de départ et l’explicite avec une redoutable efficacité. Beckett considère que Castle a gagné. Le duo est reformé. La saison peut commencer !

Anecdotes :

  • Le premier épisode de cette saison a été suivi par près de 12 millions de téléspectateurs sur ABC, aux États-Unis. Face à cette audience, la chaîne a commandé 2 épisodes supplémentaires pour la saison.

  • Stana Katic et Tamala Jones continuent à se laisser pousser les cheveux.

  • Michael Rady/Evan Murphy : acteur américain, surtout présent à la télévision : Greek (2008-2009), Melrose Place : Nouvelle génération (2009-2010), Mentalist (2011-2012), Jane the Virgin (depuis 2014).

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2. COMME CHIEN ET CHAT 
(SUSPICIOUS MINDS)

Scénario : Moira Kirland

Réalisation : John Terleski

Résumé :

L’enquête sur la mort d’une voyante amène Castle et Beckett sur la piste d’un autre meurtre.

Critique :

Castle et la voyante ! Une évidence pour cet amateur de fantastique ! Dommage que l’intrigue avec ses multiples personnages soit un peu confuse. On peut heureusement compter sur notre duo, très Mulder et Scully sur ce coup-là, pour nous distraire. Castle est bien entendu Mulder et Beckett Scully ; d’ailleurs elle reçoit très officiellement ce surnom.

Difficile d’isoler l’intrigue principale de ses sous-intrigues. La victime, Vivienne Marchand, avait déjà collaboré avec la police mais Ryan démonte la réputation de la voyante, mise en cause par un producteur de télé-réalité à qui elle propose de confier la vérité sur un « vrai » meurtre pour qu’il efface des images qui lui nuisent. La victime prétendue aurait fait une crise cardiaque mais pourrait avoir été empoisonné. Cet homme, Emilio, avait une liaison avec la femme d’un de ses employés, une gourde blonde. C’est compliqué de bien suivre et la résolution de l’énigme est un peu tirée par les cheveux. Le plus intéressant, c’est la différence entre un Castle ouvert au mystère et une Beckett matérialiste. La scène où les policiers démontrent comment la voyante aurait pu tout découvrir sur le meurtre d’Emilio est sans doute une des meilleures. Mais c’est Castle qui a la plus belle réplique décochée à son amie : « Si vous ne croyez pas à la possibilité que la magie existe, vous ne la trouverez jamais ».

Là-dessus, la fille de la voyante, Penny, elle aussi médium – Rachel Boston est le meilleur second rôle de l’épisode émouvante dans son deuil, un peu exaltée par ses visions ; d’abord hésitante à dire la première à Beckett puis gagnant en assurance – nous gratifie d’un pronostic sur l’avenir de Beckett.

Comme souvent, la famille de l’écrivain fournit l’intrigue secondaire ; aujourd’hui c’est Martha qui s’y colle. Cette partie de l’épisode est la plus solide et la plus forte, notamment dans l’émotion. Martha – merveilleuse Susan Sullivan éblouissante, la « Castle girl » de l’épisode – s’est vu demandé en mariage par son amant Chet. Elle veut réfléchir mais, en fait, elle pense que leur histoire est finie. Plus de flamme et c’est un moment touchant. Mais voilà que Chet meurt avant qu’elle n’ait rompu ! La scène entre Susan Sullivan, effondrée, et Nathan Fillion, magnifique en fils soutenant sa mère, est très émouvante. Cette sous-intrigue sauve le 3ème melon.

Anecdotes :

  • Absence Ruben Santiago-Hudson

  • Beckett a cessé de croire au Père Noël à l’âge de 3 ans.

  • Castle nous révèle que, si son nom de plume est « Richard Edgar Castle » (en hommage à Edgar Allan Poe), son véritable nom est Richard Alexandre Rodgers.

  • Rachel Boston/Penny Marchand : actrice américaine, vue dans les séries Mes plus belles années (2002-2005), NCIS (2006), The Ex List (2008-2009), US Marshall : protection de témoins  (2011-2012), Witches of the East End (2013-2014).

  • Mercedes Masöhn/Marina Casillas : actrice suédoise, vue dans les séries Entourage (2008), NCIS (2009), Three Rivers (2009-2010), 666 Park Avenue (2012-2013), Californication (2014), NCIS : Los Angeles (2014, 5 épisodes), Fear the walking dead (depuis 2015).

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3. LE JUSTE CHOIX 
(MAN ON FIRE)

Scénario : Alexi Hawley

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

Le meurtre d’un garant de caution envoie Castle et Beckett à la fois dans le passé de cette dernière et sur la piste d’un trésor

Critique :

A travers une enquête très classique, Castle s’offre un beau moment dans l’approfondissement du personnage de Kate Beckett tout en rendant hommage quelque part au Faucon maltais. Le mort est trouvé dans son bureau et c’est de là que va découler toute l’enquête. Sur son corps, Lanie trouve un papier rempli de traits. Castle pense d’emblée à un (Da Vinci) code quand Beckett le compare à un vulgaire bout de papier. Faute du scénariste puisque rien n’est inutile dans une série policière et que, d’autre part, Beckett ne pourrait jamais considérer un élément quel qu’il soit comme anodin. Dans le bureau, les enquêteurs trouveront un micro qui relie l’épouse de la victime à la scène de crime. Sur le corps, Lanie, à nouveau, découvre une croix faite de baume et d’huile qui amène un prêtre en salle d’interrogatoire ! Enfin, une empreint fait tomber dans l’escarcelle un ancien criminel visiblement complètement décati !! Mais le plus beau, c’est qu’en coursant un suspect, Beckett tombe sur Mike Royce, son ancien instructeur. Jason Beghe est impeccable dans ce rôle de mentor, à la fois distancié par l’âge et l’humour tout en montrant une affection certaine pour son ancienne élève. Stana Katic est tout aussi remarquable car l’actrice rend elle aussi palpable cette affection. Les deux acteurs réussissent à créer et à rendre tangible et partant crédible cette connexion entre leurs personnages.

Evidemment que le papier découvert était important et même qu’il est une carte menant au butin d’un vol de bijoux d’un montant pour lequel on pourrait aisément tuer ! Rien n’étant ce qu’il paraissait être, la seconde partie de l’épisode déconstruit les figures qu’il nous avait précédemment présentées ! C’est très bien écrit et la chasse au trésor amène à une scène d’un cliché absolu qui devient un morceau de bravoure : tout le monde s’y retrouve et se menace réciproquement avec des armes de tous les calibres !!! Castle sauve la mise et résout l’énigme.

L’épisode comporte une intrigue mineure, celle d’Alexis qui veut un scooter. C’est mignonnet surtout avec le charme de Molly C. Quinn mais on n’y croit qu’à moitié et, surtout, c’est clairement ajouté pour donner du temps de jeu à la « famille Castle ». Pas grave, Nathan Fillion et consorts auront réussi à nous amuser quand même !

Anecdotes :

  • « Les filles rêvent d’un deux roues quand on réalise qu’on n’aura jamais de poney » affirme Beckett

  • « J’ai toujours rêvé de faire ça ! » s’exclame hilare Castle en poursuivant un suspect !

  • Castle a écrit « Le tueur n’avait pas le son » ; il a trouvé mieux comme titre !

  • Jason Beghe/Mike Royce : acteur américain vu au cinéma dans The X-Files : le film (1998) mais plus souvent à la télévision : X-Files (1994), Les Experts (2002), Veronica Mars (2006), Californication (2009/2011-2013), Chicago Fire (2012-2015), Chicago Police Department (depuis 2013).

  • Sophina Brown/Gayle Carver :  actrice américaine vue dans les séries New York Unité spéciale (2001), Shark (2006-2008), Numb3rs (2008-2010), NCIS : Los Angeles (2011), Ravenswood (2013-2014), Scream (2015).

  • Absence de Ruben Santiago-Hudson.

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4. LA GRANDE ÉVASION 
(ESCAPE PLAN)

Scénario : David Grae

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Un homme est retrouvé mort tué par une balle en plomb vieille de 200 ans !

Critique :

Très joli titre français qui, sans vendre la mèche, en allume toutefois une partie. Une des forces de cet épisode c’est son travail visuel. D’entrée de jeu, Rob Bowman nous captive par cette scène dans une lumière bleu-noir mêlant silence autour du cadavre et bruits de chevaux au galop. Un déphasage qui illustre que le temps sera une des données du problème.

La victime, un certain Daniel Goldstein créait des produits financiers complexes. Un de ces produits a justement fait perdre beaucoup d’argent à plein de monde. Suivez l’agent est un poncif du récif policier sauf que nous sommes chez Castle et que ce n’est qu’un aspect de la réponse. Car Lanie apporte plus de questions qu’elle ne donne de réponse : la victime a été tuée par une balle remontant au XVIIIème siècle tirée par une arme de la même époque ! Il n’en faut pas plus à Castle pour imaginer un tueur spatio-temporel venu par un portail dimensionnel ! L’énergie que met Nathan Fillion dans son personnage le préserve du ridicule pour le faire passer dans l’autre dimension des huluberlus sympathiques, un excentrique ! Devinez le modèle de la voiture de Daniel et vous imaginerez les sommets de jubilation de l’écrivain !

Castle et Beckett vont remonter jusqu’à un club de farfelus, éminemment délirants mais bons enfants. Le décor est chargé mais il crée une véritable identité visuelle au club, un décalage entre l’extérieur du XXIème siècle et l’intérieur qui se revendique du Londres victorien (costumes notamment) mais comme si le futur imaginé à l’époque (référence à Jules Verne) s’était justement arrêté là. Rob Bowman, bien aidé par les décorateurs, opère une présentation en deux/trois images, de vrais tableaux d’originaux saisis sur le vif. Mais si le club est original, c’est aussi lui qui donnera la clé de l’énigme. Grâce aussi à une séance de tir devant mesurer la précision des armes du siècle des Lumières ; d’abord sérieuse, cette séance vire au déjanté et on remercie Nathan Fillion à genoux tellement c’est fou !!

L’intrigue mineure du jour, ce sont les premiers émois d’Alexis. C’est très touchant grâce à l’implication de Molly C. Quinn, absolument géniale quand elle entreprend de se demander à voix haute comment on sait qu’on est amoureux. C’est à la fois drôle et touchant et Nathan Fillion n’est pas en reste. Sur cette scène, il est lui aussi attendrissant et nous fait bien sourire. Il a carrément su nous faire rire par la jalousie de Castle, vexé que ce soit à Martha et non à lui, le « papa cool » qu’Alexis se soit confiée la première ! Quant à la première rencontre du père et du petit ami, il n’y a que dans cette série qu’elle pouvait avoir lieu de cette façon !!

Anecdotes :

  • Humour noir toujours pour ouvrir l’épisode lorsque Martha dit à son fils : « Rien de tel qu’un petit meurtre pour te remonter le moral » !

  • Le premier mot de bébé Alexis a été « Dénouement » mais c’est parce que Castle « lui a appris très tôt à structurer sa pensée » !!

  • Première apparition du nouveau compagnon de Kate Beckett.

  • Andrew Leeds/ Adam Murphy : acteur américain vu dans les séries Nip/Tuck (2003-2004), Bones (Pelant, 2012), NCIS : Los Angeles (2013-2014).

  • Victor Webster/Josh Davidson : acteur canadien, vu dans les séries Sunset Beach (1998-1999), Mutant X (2001-2004), Related (2005-2006), Esprits criminels (2009), Continuum (2012-2015).

  • Hommage à Stephen J. Cannell. 

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5. LES VRAIS HÉROS NE SE REPOSENT JAMAIS 
(COURSE CORRECTION)

Scénario : Terence Paul Winter

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

Lors d’un enterrement un cercueil se renverse libérant deux corps !

Critique :

Au tour des séries hospitalières de passer à la moulinette de Castle ! Humour et ironie à tous les étages mais aussi beaucoup de sentiments voire du sentimentalisme si l’on est peu charitable. La victime, Valérie Monroe, était médecin dans un hôpital et elle a été tuée avec une « précision chirurgicale » selon la formule agréée. Le mode opératoire, et plus largement l’injection de formules médicales, permettent à Tamala Jones de sortir de son registre habituel pour développer une réelle expertise. La mise en scène de John Terlesky permet de donner un aspect fluide à une scène d’explication qui aurait été bavarde et pesante s’il l’avait tourné platement.

L’écriture de la série est bien rodée mais absolument pas mécanique. Ainsi, le premier suspect, Greg McClinctock, est-il bien entendu innocent du crime puisqu’il est le premier justement. Sauf que c’est bien plus subtil ! L’explication finale est stupéfiante par la maîtrise d’écriture et le jeu avec le spectateur qui a toutes les cartes en main mais tombe dans le panneau qu’on lui présente ! Comment faire autrement quand le scénario mêle un baron de la drogue qui employait la victime comme médecin personnel ? Comment passer sous silence le fait qu’elle était une informatrice du ministère de la justice ? Et que vient faire dans tout cela une recherche du docteur Monroe concernant la ville de Katona, État de New York, prototype selon le capitaine Montgomery « de la ville où il ne se passe jamais rien » ? La réponse à la question est fournie par le capitaine Montgomery lui-même ! Ruben Santiago-Hudson a peu de temps de présence mais il l’emploie bien, chaleureux, proche de ses troupes.

Et puis il y a de l’amour dans cet épisode. L’amour d’Alexis pour Ashley (absent bien qu’on parle beaucoup de lui) et le couple qui a « sa » chanson (de Taylor Swift). Celui de Castle pour Gina ; une crise entre eux dû à la jalousie de ce dernier déjà constatée quand on parle de sa fille mais qu’ils parviennent à surmonter grâce à un travail sur soi de cet égotiste de première qu’est Richard Castle. Nathan Fillion est impeccable et l’on sent les efforts que son personnage a fait par amour pour les autres. C’est aussi avec délice que l’on assiste à la lecture entre Castle et Beckett d’une correspondance amoureuse où ils espèrent trouver une piste. Non seulement c’est amusant mais c’est loin d’être purement anecdotique. Quant au mobile du meurtre, il est quelque part lié à l’amour, décidément un grand meurtrier !

Anecdotes :

  • Michael Cassidy/Greg McClinctock : acteur américain vu dans les séries Newport Beach (2004-2005), Smallville (2007-2008), Scandal (2012), Men at Work (2012-2014), The Magicians (2016).

  • L’épisode comprend de multiples références à des séries hospitalières, comme un « docteur Rhonda Shimes » ! Selon Castle, les médecins sont connus pour « leur fornication galopante » et le triolisme serait « courant » !

  • Retour de Monet Mazur (Gina).

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6. AUX AGUETS 
(ONE GOOD MAN)

Scénario : David Amann

Réalisation : Bill Roe

Résumé :

Le meurtre d’une femme blonde indique à la police de New York qu’un tueur en série, le Triple Tueur, est de retour en ville.

Critique :

Un épisode remarquable à l’intrigue complexe mais maîtrisé, aux dialogues froids et à la mise en scène lente et grave ; profondément noir, cet épisode, éclairci par l’intrigue secondaire qui aura son importance sur l’intrigue principale, ce qui est rare, réussit une figure imposée des séries policières : introduire la Némésis du (des) héros.

L’entrée dans l’épisode est déjà un signe de maîtrise narrative, visuelle et sonore. Quand tout va bien, la jeune femme blonde est éclairée par les lumières de la ville et on entend clairement Phil Collins. Puis, progressivement, le silence se fait. Très vite, Lanie relie ce crime à ceux du Triple Tueur. Ruben Santiago-Hudson enfile les habits du commandant Montgomery et, avec autorité, nous donne un topo sur ce meurtrier. Survient une seconde victime et seulement le générique ! Avec efficacité, mais en ayant tout de même pris le temps d’une scène d’émotion, le scénario introduit le héros noir de l’épisode, Marcus Gates incarné avec un talent fou par Lee Tergesen. L’acteur donne un détachement ironique à son personnage (il faut voir le sang-froid qu’il conserve alors qu’une armada de flics surarmés le mettent en joue). Les interrogatoires de Gates par Beckett seule sont des bijoux. Le ton est toujours calme mais la tension est palpable surtout que la froideur de Gates le rend de plus en plus affreux mais, comme il a réponse à tout, c’est une anguille qui se tient devant nous. Le second interrogatoire semble rejouer la même scène mais on notera alors que le réalisateur zoome sur les visages. Quelque chose de nouveau va sortir de tout cela.

Pour coincer Gates, les enquêteurs ont fouillé le passé du roi de Sing Sing et découvert son co-détenu, Jerry Tyson. Autant Gates est glacial, autant Tyson paraît émotif, mal à l’aise. Il faut que la police lui arrache les bribes d’information qui vont lui être utile. Mais, nous sommes dans Castle et c’est chez notre écrivain préféré qu’un détail fait tilt permettant de sauver une femme ! On s’achemine vers le happy end traditionnel mais on aurait dû mieux écouter Castle, insatisfait du dénouement. Parce ce que, cette fois, l’imagination débordante de ce dernier lui fait entrevoir trop tard la vérité. Le final sera éminemment fort et noir, et pourtant, il conservera jusqu’au bout une brindille d’humour.

Ce petit éclat d’humour, pareil à la noisette dans le chocolat noir, provient de la résolution de l’intrigue secondaire du jour : l’admirateur secret d’Alexis. Ce qui est amusant et bien écrit, c’est le caractère évolutif de cette histoire et la manière dont les protagonistes, Alexis mais surtout Castle, la vivent. Cette intrigue et la principale interagissent et se renforcent ou plutôt s’équilibrent ; la noirceur de l’intrigue principale est en partie compensée par la relative légèreté de l’intrigue secondaire. Ensuite, quand Alexis, très insouciante sur ce coup-là, décide de se rendre au rendez-vous fixé, Martha défend à son fils de la surveiller…se réservant ce rôle ! Bonne composition de Susan Sullivan qui rend très convainquant et savoureux le changement de pied de son personnage et donne à voir, mine de rien, l’amour profond que cette famille se porte. C’est le coup de fil qu’elle passera à son fils pour le rassurer qui va jouer un rôle déterminant dans le final de l’épisode.

Anecdotes :

  • Brian Klugman/Paul McCardle : acteur américain, surtout connu pour avoir joué dans Bones (2013).

  • Michael Mosley/Jerry Tyson : acteur américain, vu au cinéma dans La Proposition (2009) mais plus souvent à la télévision : Scrubs (2009-2010), The Closer (2010), Pan Am (2011-2012).

  • Lee Tergesen/Marcus Gates : acteur américain, peu de films notables mais une longue carrière télévisuelle : New York Police Judiciaire (1990), Homicide (1993-1994), Code Lisa (1994-1998), Oz (1997-2003), Desperate Housewives (2006), Dr House (2009), American Wiwes (2010-2011), Longmire (2013-2014), The Strain (2016).

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7. GUERRE DE GANGS 
(OUTLAWS)

Scénario : Elisabeth Davis

Réalisation : Felix Alcala

Résumé :

La mort d’un comédien minable conduit Castle et Beckett dans une histoire de faux-semblants.

Critique :

Un épisode pas déplaisant certes mais extrêmement banal et pour tout dire peu inspiré. L’intrigue est confuse, passant d’une chose à une autre sans s’en fixer sur une seule tout en étant très linéaire. La révélation de l’identité du coupable tombe comme un cheveu sur la soupe.

On avait pourtant commencé par une entrée contrastée comme la série sait si bien les faire. D’un côté, un policier en uniforme disparaît brusquement happé depuis l’intérieur d’un appartement d’où venait des cris. D’un autre côté, Alexis et Martha font des vocalises à 5 heures du matin !

C’est ce policier qui est mort sauf que c’était un comédien ! Un strip-teaser pour être précis. Et l’appartement abrite une colonie de jeunes femmes totalement effondrées quand Castle et Beckett y arrivent : enterrement de vie de jeune fille ! Mais passé cette ouverture hilarante, on va rire beaucoup moins et, dans Castle, c’est quand même plutôt gênant.

Tout le reste de l’épisode va dérouler la pelote que le patron de la boîte qui employait la victime a donné à Ryan et Esposito. Le club de strip-tease (passage assez drôle grâce à nos duettistes) amène à une « cougar » qui était la maîtresse de la victime mais avait rompu parce qu’il lui avait demandé 25 000 $. Argent qui amène à…etc. Tout cela pour nous amener à une histoire d’escroquerie très classique mais que la scénariste (pourtant talentueuse) n’a plus tellement le temps de développer et doit même bâcler la scène où le coupable est confondu. Et le spectateur avec lui.

L’intrigue secondaire est amusante (Alexis veut auditionner pour un rôle dans Grease à son lycée et Martha la coache) mais parfaitement anecdotique et complètement périphérique à notre intrigue. Seule la frimousse mutine de Molly C. Quinn et l’allant que met Susan Sullivan nous font passer un bon moment et, en fait, nous évite l’ennui.

Anecdotes :

  • La victime lisait des bouquins de Donald Trump parlant de finances.

  • Castle trouve que la victime ne valait pas 300$/heure : Lanie, elle, achète tout de suite !

  • Selon le patron qui reçoit Ryan et Esposito, les filles sont « dingues des petits maigrichons genre Twilight ». Ce qui date l’épisode !

  • Sagesse de Martha Rodgers : « Les auditions, c’est comme les hommes. Une de perdue… »

  • Mary Page Keller/Rebecca Dalton : actrice américaine, elle tourne surtout pour la télévision: Providence (1999), JAG (3 épisodes, 2002-2003), New York Police Blue (4 épisodes, 2004), Commander in Chief (4 épisodes, 2005), 24 heures chrono (2 épisodes, 2009), Castle (2010), NCIS : Los Angeles (2011), Supernatural (2011), Pretty Little Liars (4 épisodes, 2012), Chasing Life  (2014-2015).

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8. DOUCE MÉLODIE 
(MUSIC TO MY EARS)

Scénario : Matt Pyken

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

La mort d’un employé municipal emmène Castle et Beckett vers une toute autre affaire.

Critique :

Solide épisode : une première affaire qui ouvre sur une seconde et relance complètement l’intrigue tout en faisant monter la pression. L’humour est bien dosé ; très présent au départ, il se fait plus rare ensuite à la mesure de l’élévation des enjeux. Un parfait tempo empêche tout ennui. Tout juste peut-on regretter que tous les acteurs ne soient pas au top niveau.

C’est à Central Park que nos duettistes préférés se retrouvent autour du cadavre d’un certain « Lenny les bonnes ampoules », un électricien chargé de changer les ampoules dans le métro de New York. D’emblée, le scénariste nous dit que ce n’est pas une affaire simple : la victime a été tuée de trois balles au terme d’une chasse à l’homme. Pourquoi le tuer ? Ryan et Esposito pensent avoir trouvé du matériel d’espionnage chez lui à moins que ce ne soit son peu scrupuleux supérieur ? Matt Pyken nous présente ces pistes avec une parfaite crédibilité mais elles sont fausses ! L’explication de la présence du matériel est absolument hilarante !

Et c’est là que le scénariste nous inflige un rebondissement dramatique : la victime a été tuée pour avoir assisté à un enlèvement d’enfant ! La tension est installée d’emblée puisque les enquêteurs ignorent l’identité de l’enfant et doivent la découvrir. En outre, Nathan Fillion nous permet d’apprécier la partie dramatique de Castle ; un père qui comprend quelle épreuve traverse le père du gamin. Père joué par John Pyper-Ferguson qui est très juste. L’acteur est très impliqué et on croit à sa peine beaucoup plus qu’à celle de la mère, tellement plus fade et dans un rôle extrêmement convenu. Un père qui passe aussi un temps pour le coupable et clame son innocence alors que le temps presse. A ce stade de l’épisode, il pourrait très bien être un kidnappeur. Ça oui mais tueur, cela était plus difficile et les enquêteurs en sont conscients. Leurs interprètes aussi et on est à fond avec eux. Le final, dynamisé par Nathan Fillion dont le personnage a deux éclairs de génie qui décide du succès et Stana Katic, très convaincante dans l’action. Ruben Santiago-Hudson est très bien aussi dans un registre plus dur que d’habitude.

L’intrigue secondaire est amusante quoique résolument mineure : Alexis garde le rat domestique de son petit ami Ashley (Ken Baumann, peu expressif), une bestiole nommée Théodore, et qui disparaît. Elle le cherche en vain et craint la réaction du jeune garçon. Pas vraiment de quoi fouetter un chat. L’intrigue ne passionne pas Molly C. Quinn outre mesure même si l’actrice a déjà suffisamment de talent pour nous garder avec elle.

Anecdotes :

  • Quand Castle parle de Ben par rapport au rat, il fait référence au film d’horreur Ben de Phil Karlson sorti en 1972.

  • Pour Beckett, l’animal de compagnie le plus courant à New York, c’est le cafard ! L’animal le plus étrange qu’elle ait eu ? Castle bien sûr !

  • Castle fait référence à « Flamme d’argent », une nouvelle de Sherlock Holmes où c’est l’absence d’une chose (en l’occurrence un aboiement) qui en révèle une autre.

  • Carmen Argenziano/Marco Rivera : acteur américain actif sur les deux écrans. Au cinéma, on a pu le voir dans Le Parrain II (1974), Le retour de l’inspecteur Harry (1983), Broken Arrow (1996), Anges et Démons (2009). A la télévision dans Columbo (1973), L’Agence tous risques (1983), La loi de Los Angeles (1986-1990), Urgences (1995), Stargate SG-1 (1998-2005), Docteur House (2007), Hawaï Five-0 (2014).

  • John Pyper-Ferguson/Dean Donegal : acteur canadien d’origine australienne, on a pu le voir dans X-Men l’affrontement final (2006) mais plus souvent à la télévision : Brisco County (1993-1994), MilleniuM (1997-1998), Les Experts (2000, 2010), Brothers & Sisters (2006-2007), Terminator : Les chroniques de Sarah Connors (2009), Grimm (2012), Once upon a time (2013), The Last Ship (depuis 2014), Marvel : les agents du SHIELDS (2017).

  • Eve Carradine/Mirielle Lefcourt : Ever Dawn Carradine est la nièce de David Carradine. On a pu la voir essentiellement à la télévision : Les Dessous de Veronica (1998), Les Experts (2004), Supernatural (2009).

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9.  À TOUTE VITESSE 
(OVERDRIVE) 

Scénario : Shalisha Harris

Réalisation : Bethany Rooney

Résumé :

La mort très étrange d’une astrophysicienne amène Castle et Beckett aux frontières du réel.

Critique :

Savoureux hommage à une glorieuse ainée tout autant que passage au tamis de la question extraterrestre, cet épisode est un régal ultra-référencé (Castle est une série « geek » à l’image de son héros) qui insère avec bonheur une enquête policière dans un cadre baignant dans l’étrange. L’on est toutefois plus proche de Jean Ray avec un « fantastique expliqué ».

La victime était une astrophysicienne retrouvée victime d’une « décompression explosive » ; ce qui se produit lorsqu’un corps est situé hors de l’atmosphère ! Tamala Jones rend bien la perplexité de Lanie et la suite de l’autopsie ne va pas lui rendre le sourire ; il y a bien plus de questions que de réponses. Mais si la légiste est perdue, Castle, lui, est tout sourire ! La victime a été enlevée par des aliens ! Lorsque le générique est lancé après 10 minutes d’épisode, cette hypothèse n’a pas pu être démentie par Beckett !

Il est intéressant de revoir nos duellistes dans leurs rôles de sceptique et de convaincu d’autant qu’à la différence de la magie, l’hypothèse d’une vie (et d’une intelligence) extra-terrestre est toujours valable scientifiquement même sans aller jusqu’aux élucubrations de la littérature et du cinéma fantastique. Jusqu’au bout, Beckett refusera d’admettre que les aliens existent même si, un instant, la logique policière semble vaciller. Le scénario donne évidemment un peu de temps à la thèse ufologique et s’offre Lance Henrikssen en invité de luxe ! Certains pourront regretter le temps relativement bref de sa présence mais c’est en fait cohérent avec la série : Castle est une série policière et non une série fantastique. Disons que c’est un témoignage de sympathie et une révérence faite à un acteur reconnu dans ce domaine tout autant qu’un hommage à la célèbre série où la vérité est ailleurs. En tout cas, en peu de minutes, l’acteur est très juste. Très posé, Benny Stryker n’a rien d’un gourou illuminé et il a même des informations pour les enquêteurs. Impossible de ne pas sourire quand il affirme avec un sérieux académique que le Gouvernement est derrière tout cela ! Et ce n’est pas la suite qui va le démentir !! Des « agents fédéraux » enlèvent les affaires de la malheureuse et interrogent dans des conditions ultraclichées nos héros !!!

Cet « enlèvement » est le climax de l’hommage. Par la suite, la vérité va se faire jour sous un angle réaliste de plus en plus affirmé. Castle a une idée pour le moins cocasse pour joindre ces mystérieux agents et le fait que ça marche souligne le côté fictionnel de la série. C’est encore l’écrivain qui va comprendre que quelque chose ne va pas du côté de la victime. Bien vu de la part de la scénariste que de ne pas faire de l’écrivain un obstiné. S’il croit en la magie et aux « petits hommes gris » (merci Mulder !), il n’en fait pas l’alpha et l’oméga. Si la prosaïque réalité doit l’emporter, alors tant pis ! Mais on sait qu’il ne renoncera pas à ses convictions. C’est finalement la coopération entre la police et un agent fédéral secret mais bien réel qui permettra à la vérité de se faire jour.

Anecdotes :

  • L’épisode ne compte pas d’accroche. La séquence « Il y a deux catégories de personnes qui réfléchissent à des façons de tuer » est supprimée.

  • « Les parents d’Ashley vous aimeront. Il vous suffit de ne pas être vous-même », assène avec gourmandise Beckett à Castle qui doit dîner avec les parents du petit ami d’Alexis !

  • Le titre original de cet épisode est un jeu de mot avec le titre original du film Rencontres du troisième type à savoir Close Encounters of the Third Kind.

  • Cet épisode multiplie les références à la série X-Files : Aux frontières du réel. Le titre français l’avait déjà annoncé !

  • Un des acteurs invités, Lance Henriksen, a interprété le personnage principal de la série MillenniuM, créée par Chris Carter à l'instar de X-Files.

  • Castle, après avoir parlé chinois, explique qu'il parle chinois parce qu'il adorait une série télévisée. Une autre référence à la série Firefly dans laquelle Nathan Fillion jouait dans un monde où l'anglais et le chinois mandarin sont parlés couramment par tout le monde.

  • Lance Henriksen/Benny Stryker : acteur américain, vu au cinéma dans Rencontre du troisième type (1977), Terminator (1984), Aliens, le retour (1986), Aliens 3 (1992), Mort ou vif (1995), Scream 3 (2000), Appaloosa (2008). Il a également joué pour la télévision où il est surtout connu pour MilléniuM (1996-1999). On l’a vu aussi dans NCIS (2007) et The Blacklist (2015).

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10. MAUVAISE ALLIANCE 
(FOLLOW THE MONEY)

Scénario : Scott Williams

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

La mort d’un ancien docker fauché, un ancien bar et la Prohibition sont les ingrédients du nouveau cocktail pour Castle et Beckett.

Critique :

Bel hommage au passé sulfureux de l’Amérique mais aussi à une certaine ambiance quand « atmosphère » voulait dire quelque chose de l’esprit d’un lieu.

Tout commence quand le corps d’un certain Donnie est sorti de l’East River. Les enquêteurs trouvent très vite que c’est un ancien docker et Castle fantasme déjà sur l’implication de la Mafia ! Il y a bien un ancien type louche mais il a juste vendu un bar, le Old Haunt à Donnie qui y avait des souvenirs. Castle fait un éloge vibrant du lieu et c’est un régal d’entendre vibrer ces mots d’autant que Nathan Fillion est vraiment excellent dans l’incarnation de son personnage. Sur cet épisode, il vole la vedette à Stana Katic qui se rattrape pour partie dans l’interrogatoire du barman. C’est ultra-sexy et plein d’humour. On a encore l’occasion de rire avec le troisième suspect de l’épisode, complètement « chargé » mais blanc comme neige. C’est sans doute le point faible de cet épisode ; le coupable n’est pas si dur à trouver quand on a éliminé presque tout le monde très vite. A défaut d’un whodunit à la Duchesse de la mort, il reste le whydunit.

Le Old Haunt est au cœur de l’intrigue et le décor a été particulièrement soigné. Il y a un bel effort de reconstitution avec ce souci de lier le beau à l’utile, à savoir donner l’illusion qu’il s’agit d’un lieu lié à la Prohibition. Le tunnel qu’empruntent nos duettistes est un classique de la littérature policière de l’époque (lire Sax Rohmer ou Dashiell Hammett) mais il s’insère avec aisance dans l’histoire et joue un rôle déterminant dans l’explication et la résolution de l’intrigue. Le scénariste s’offre en plus le luxe de se payer la jeunesse branchée par cette confrontation entre un Castle amoureux et respectueux du passé et une tête à claque patron de start-up ; le genre à se gargariser d’avoir inventé la roue et de l’avoir fait breveter. La charge caustique est à déguster sans modération.

Dans une histoire où le passé se rappelle et se confronte au présent, l’intrigue secondaire avec la copine d’Alexis venue du Kansas est certes très mineure mais elle résonne plutôt bien avec l’ensemble.

Anecdotes :

  • Castle a écrit « Pour une poignée de balles » au Old Haunt.

  • L’écrivain multiplie les références au cinéma dont Les Dents de la mer et Alien.

  • Beckett fait référence aux « alligators » dans les égouts. Légende urbaine, elle s’appuie sur un fait véridique : un crocodile est sorti des égouts de New York le 10 février 1935. Dès 1936, la municipalité lança une campagne d’éradication. Il est de toute façon impossible à un reptile de vivre dans un environnement aussi froid.

  • La Prohibition : le terme renvoie à la campagne contre la production, la vente et la consommation d’alcool. Elle fut institutionnalisée par le 18ème amendement en 1919 mais suscita une puissante contrebande. Roosevelt la supprima en 1933 (21ème amendement).

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11. PARI GAGNANT 
(LET IT RIDE)

Scénario : David Grae

Réalisation : Jeff Blekner

Résumé :

Alors que l’équipe enquête sur la mort d’une marieuse, elle accueille l’actrice qui doit incarner Nikki Heat au cinéma et veut s’inspirer de Beckett !

Critique :

Attention ! Idée brillante ! Un scénario signé David Grae est en général gage de qualité mais ici, il fait preuve d’une belle inventivité et d’un grand humour car c’est la série qui se moque d’elle-même ! La mise en abîme est hilarante et nos duettistes interprètent une symphonie en trois temps impeccable. Comme l’intrigue policière n’est nullement sacrifiée à cet exercice de style, le spectateur est à la noce !

A la noce parce que la victime, Stacy Collins, veillait à ce que des couples se rencontrent. « Un petit meurtre te fera du bien » avait dit Alexis à son père affligé par le choix de l’actrice Natalie Rhodes pour interpréter Nikki Heat. C’est vrai que les premières images dont on nous gratifie n’ont rien de gratifiant pour elle et l’énoncé de sa filmographie – qu’Alexis n’a « pas vu » mais qu’elle connaît bien – a de quoi faire fuir en effet !! Or, voilà que ladite Natalie Rhodes débarque sur la scène de crime !!! Beckett avait donné son accord pour qu’elle la suive et prenne des notes (elle a l’habitude !). C’est le premier mouvement de la symphonie : Beckett confiante, collaborant de bonne grâce avec une Natalie à l’écoute, concentrée et un Castle proprement snobé et dont toutes les tentatives pour se rendre intéressant virent au pathétique. Il a des répliques d’une platitude confondante prononcées avec le sérieux qui ne va pas. Même Chuck Norris s’en sortirait mieux ! Nathan Fillion est juste génial ; une mimique suffit pour nous faire comprendre la solitude d’un auteur à qui sa muse et sa création échappent. Que Natalie n’ait pas lu Vague de chaleur, roman justement porté à l’écran, est juste le dernier clou du cercueil de Richard Castle !

Le second mouvement correspond à l’approfondissement de l’enquête. La victime versait beaucoup d’argent à un détective miteux qui se renseignant sur les clients de celle-ci. A ce moment, Natalie avoue à Castle qu’elle trouve le personnage de Nikki « complexe » et qu’elle espère parvenir à lui ressembler un peu. Cela n’a l’air de rien mais ces quelques mots rassénèrent le romancier qui amorce sa « réévaluation » de l’actrice. Laquelle, pour s’immerger dans le personnage, va jusqu’à copier la gestuelle de Beckett et à lui ressembler physiquement ! C’est bluffant ! Du coup, Beckett commence à paniquer. Il faut dire que Laura Prépon en brune ressemble effectivement beaucoup à Stana Katic ! On est aussi obligé de rire devant la mine rêveuse de Nathan Fillion !!! Le réalisateur s’amuse avec des gros plans sur les visages montrant la palette des sentiments des acteurs. Ce mouvement se termine lorsque, pour « rentrer dans le personnage », Natalie « chauffe » Castle puisque celui-ci s’est inspiré de lui-même pour créer le personnage de Jameson Rook, journaliste qui suit Nikki Heat de près (de très près même).

Enfin, le troisième mouvement voit Natalie demander à Beckett si Castle est gay : ce dernier a refusé de coucher avec elle ! Du côté de l’enquête, les policiers se sont concentrés sur la jolie secrétaire du miteux et celle-ci avoue piéger des hommes à la demande de Stacy. Le final baigne dans le mélodramatique mais c’est justement l’effet recherché et c’est vraiment drôle. Natalie Rhodes en est quasiment arrivé à faire plus Beckett que Beckett et celle-ci est soulagée que cela soit fini. Tout au long de l’épisode, Stana Katic et Nathan Fillion auront été à leur meilleur niveau mais Laura Prépon se sera révélée excellente. Qu’elle commence avec un look de bimbo ne fait que renforcer la mue de l’actrice qui joue une actrice devenant meilleure à mesure qu’elle comprend le personnage. C’est une jolie réflexion sur l’image et le monde du spectacle, plus originale d’autant que Castle s’est justement inspiré de Beckett pour créer Nikki et voilà Natalie copiant Beckett pour comprendre Nikki. Pour une fois, Frankenstein a réussi son œuvre !

En petite musique de fond, l’intrigue mineure du jour prend Kevin Ryan en personnage principal. Il va demander sa petite amie Jenny en mariage. Castle lui donne quelques conseils farfelus qui lancent l’épisode ! Et il se trouve que Natalie est un fantasme du policier ! Seamus Dever est épatant dans cet homme simple, qui s’efforce d’être un bon policier et un amoureux sincère malgré la présence d’une bombe sexuelle à ses côtés. L’épisode se termine sous les applaudissements. Rien de plus normal.

Anecdotes :

  • Nikki Heat est le nom original de l’héroïne créée par Castle. En VF, elle est appelée « Nikki Hard » mais, dans les traductions françaises des romans, c’est bien son nom original qui est utilisé.

  • Après le record d'audience de près de 10 millions de téléspectateurs sur la chaîne ABC, celle-ci a commandé une quatrième saison pour la série.

  • Lorsque Ryan montre sa bague à Castle, celui-ci fait un simulacre de demande à Beckett. C’est la seconde fois qu’il lui présente une bague de fiançailles.

  • Laura Prépon/Natalie Rhodes : actrice américaine, essentiellement présente à la télévision : That 70’Show (1998-2006), How I met your mother (2009-2010), Docteur House (2010), Orange is the new black (depuis 2013).

  • Absence de Tamala Jones et de Ruben Santiago-Hudson.

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12. HUIS CLOS EXPLOSIF 
(HELL ON THE HIGH WATER)

Scénario :Terri Edda Miller

Réalisation : Millicent Shelton

Résumé :

Castle et Beckett enquêtent sur la mort d’un magicien mais il y a un lapin dans le chapeau !

Critique :

Consacrer un épisode de Castle à la magie relève tellement de l’évidence qu’on se demande comment les scénaristes n’y ont pas pensé plus tôt. Il est aussi agréable que la magie constitue un élément de constitution du « Caskett » par les souvenirs qu’elle évoque à nos duellistes.

Faux semblant. C’est ce qui qualifie le mieux la magie. Tout est différent de ce qu’il paraît être et le scénario parvient à rendre tangible sans gratuité cette évidence. La mort paraît être un suicide mais la lettre laissée par la victime révèle autre chose. Ladite victime paraît soudain vivante mais c’est un frère jumeau (d’où la théorie farfelue du jour de Castle). Un vieil artisan construit un automate mais les enquêteurs ont découvert des traces d’explosif. Pour finir, deux morts sortent de leurs tombes ! Pour résoudre le meurtre et confondre le coupable, la police va devoir avoir recours…à la magie ! C’est brillant, bien joué et ce coup final couronne aussi un épisode où l’humour n’aura pas manqué.

Faux semblant donc. Deux intrigues secondaires utilisent ce procédé. D’abord, Lanie et Esposito qui sont en couple mais le cache aux autres. L’épisode est généreux avec Tamala Jones qui dispose de bien plus de temps de présence et l’utilise à bon escient réussissant en une scène à être à la fois glamour et factuelle. Ensuite, Castle et Gina dont l’histoire prend fin. Ainsi que l’avoue le romancier à sa mère (brève mais utilise présence de Susan Sullivan parfaite en mère attentive et présente), il vivait quelque chose de banal et rêvait de magie. C’est aussi la morale de cette histoire : la magie détourne le réel, elle ne s’y substitue pas.

Anecdotes :

  • « Alakazam » invoque Beckett : c’est une formule contraire au traditionnel « Abracadabra » dont l’origine est moyen-orientale mais l’étymologie contestée. C’est une invocation performative (la prononcer provoque quelque chose) et c’est la formule utilisée pour animer le Golem.

  • Brett Cullen/Christian Dahl : acteur américain, vu au cinéma dans Wyatt Earp (1994), La vie devant ses yeux (2007) mais plus souvent à la télévision : Les oiseaux se cachent pour mourir (1983), Falcon Crest (1986-1988), L’Equipée du Pony Express (1989-1990), Ally McBeal (1997), FBI : Portés Disparus (2002), Desperate Housewifes (2004-2005), A la Maison-Blanche (2005-2006), Lost (2005-2008), Ugly Betty (2006-2007), Person of Interest (2011-2013), Under the Dome (2014-2015).

  • Jeff Hephner/Edmund et Zalman Drake : acteur américain né Jeffrey Lane Hephner. On l’a vu dans les séries Newport Beach (2005), Docteur House (2008), Chicago Fire (2013), Chicago Med (2016).

  • Absence de Ruben Santiago-Hudson.

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13. LE RETOUR DU PIRATE 
(RETURN OF THE KING)

 

Scénario : Will Beall

Réalisation : Tom Wright

Résumé :

Un ancien policier contacte Kate Beckett pour lui parler du meurtre de sa mère mais il est abattu devant elle.

Critique :

Il y a deux catégories d’épisodes excellents dans Castle : ceux qui poussent l’humour au plus loin en pastichant les films et séries de genre et ceux qui sont des œuvres au noir. Cet épisode est de la seconde catégorie et de la meilleure eau.

Exceptionnellement, il ne débute pas par la découverte d’un corps ; ce qui est déjà une indication que ce n’est pas un épisode ordinaire. John Raglan est mourant et veut tout raconter à Beckett (venue en compagnie de Castle) mais il est tué. Il a tout de même eu le temps d’apporter un élément nouveau qui, dans un premier temps, complexifie l’histoire. A rebours de l’épisode type, aucune des personnes interrogées n’est innocente à un degré ou à un autre mais toute sont des pièces d’un sinistre puzzle qui prend sens dans une époque pas si lointaine où New York vivait sous la coupe de la Mafia. Presque tous les interrogatoires sont des confrontations ; celle avec Vulcan Simmons est la plus violente psychologiquement. Jonathan Adam est prodigieux dans l’incarnation d’un véritable serpent, malveillant, à la fausse élégance, mais fin renard et sachant pousser à bout Kate Beckett. Sans faute de Stana Katic qui fait ressentir toutes les émotions par lesquelles passent son personnage. Il faut la voir complètement livide par exemple. On est avec elle du début à la fin sans la lâcher et on apprécie que Richard Castle vienne la soutenir. Le romancier, à qui sa mère a demandé d’être honnête sur la raison qui le fait aller au poste de police tous les jours, ne se dérobe pas. Il apportera une aide importante et il sera déterminant dans le final éprouvant.

Le grand mérite de cet épisode est de replacer un fait – le meurtre de Johanna Beckett – dans un contexte plus large ; lui donnant une profondeur et une consistance et partant un intérêt. Intérêt renouvelé puisque l’épisode ne résout pas le crime originel tout en faisant avancer l’histoire générale. Les nouveaux personnages impliqués sont importants chacun à leur manière, ce qui construit une narration riche et passionnante à suivre et qui rend crédible la présence du « dragon » ; le puissant commanditaire in fine. Avec une réalisation alerte qui joue à fond la carte du mouvement, tout en réussissant à placer de courts mais précieux moments plus intimes, c’est un des sommets de la saison.

Anecdotes :

  • Jonathan Adam/Vulcan Simmons : acteur américain, très peu de films à son actif mais plusieurs séries : Bones, Nikita, NCIS : Los Angeles.

  • Max Martini/Hal Lockwood : acteur américain présent sur les deux écrans. Au cinéma, on a pu le voir dans Il faut sauver le soldat Ryan (1998), Colombiana (2011), Captain Phillips (2013), Cinquante nuances de Grey (2015), Cinquante nuances plus sombres (2017). A la télévision : Le Caméléon (1997), Les Experts (2002), Les Experts : Miami (2003), The Unit (2006-2009), Mentalist (2012).

  • Absence de Molly C. Quinn et de Tamala Jones.

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14. PANDORA'S BOX, PART 2 
INÉDIT EN FRANCE

Scénario : Alexi Hawley

Réalisation : Émile Levisetti

Résumé :

Castle et Beckett enquêtent sur la mort d’un ancien gagnant de la loterie.

Critique :

Un épisode sympathique mais un peu banal. Le thème de « l’argent ne fait pas le bonheur » est par trop cliché pour être un moteur d’intrigue satisfaisant.

De fait, si l’histoire se suit sans déplaisir et avec un certain nombre de rebondissements intéressants voire amusants, elle n’a pas d’éléments de fantaisie qui font le sel de cette série. Elle reprend un certain nombre de clichés (enfant toxico, passé qui ne passe pas) ou de figures rituelles (dealer jouisseur, gagnant qui culpabilise, majordome guindé). Il y a cependant un bon rebondissement pour relancer l’intrigue dans la dernière partie de l’épisode, ce qui donne un coupable convainquant et qu’on avait trop facilement laissé passer. On appréciera aussi l’astuce de Castle pour résoudre l’énigme. Le fil rouge de ce que ferait les personnages principaux avec le gros lot est plaisant mais sans plus. Sauf le final qui est réellement touchant parce qu’il concerne nos héros.

L’intrigue secondaire du jour concerne Martha désemparée par l’héritage fabuleux que lui a laissé Chet. Il est agréable que ce soit Beckett qui lui souffle le moyen d’en user sans mal agir et sans remords.

Anecdotes :

  • Pour Castle, le coupable c’est le majordome ! Un classique du roman policier dont Chapeau melon avait su faire son miel (Les espions font le service).

  • « La richesse ne fait qu’accentuer tous les aspects de notre personnalité » philosophe Castle…qui avoue que c’est son côté enfantin qui en a profité.

  • Castle s’est acheté un cratère de la Lune ! Depuis le traité sur l’espace de 1967, la Lune est considérée comme un espace international (comme les mers). En revanche, l’appropriation dans des buts commerciaux et économiques reste juridiquement floue.

  • Ned Bellamy/Logan Meech : acteur américain, vu dans Les enquêtes de Remington Steele (1986), Arabesque (1993), Les Experts : Miami (2004), The Unit (2006-2007), Terminator : les chroniques de Sarah Connors (2008-2009), Treme (2011-2013), Resurrection (2014).il a aussi joué au cinéma : Ed Wood (1994), Dans la peau de John Malkovitch (1999), Saw (2004), Twilight chapitre I-Fascination (2008), Django Unchained (2012).

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15. TERMINUS 
(END OF THE LINE)

Scénario : Moira Kirland

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

La mort de l’épouse d’un vieil ami de Richard Castle provoque une crise avec Kate Beckett.

Critique :

Moira Kirland a brillamment mis en forme cette idée géniale que de mettre à l’épreuve la solidité du « Caskett » sur un autre terrain que celui des sentiments ; en plaçant cette opposition sur le terrain qui les réunit : le crime.

La victime était l’épouse de Damian Weslake, ami de Castle. Les explications que donne celui-ci à sa défense acharnée sont très convaincantes ; en plus, Nathan Fillion donne beaucoup de chaleur à celles-ci. L’acteur est impeccable, tant dans son obstruction initiale que dans son repentir et sa soif de justice. « Écoute ton cœur » lui dit Martha, toujours de bon conseil. Le scénario est véritablement habile puisqu’il charge Damian mais indirectement. L’élément le plus lourd étant la « coïncidence » entre ce crime et la mort du père de Damian, 20 ans auparavant. Or, que dit-on des coïncidences dans les séries policières ?

La série joue sur ses habitudes, comme le « bon » suspect initial mais innocent. Le fait qu’il soit relativement vite expédié signifie que le scénario va appuyer ailleurs et, de fait, il multiplie les suspects. Ils sont relativement bien dessinés même si un peu schématiques. Par contre, Jason Wiles n’est pas tout à fait le bon choix pour Damian. Emprunté, peu à l’aise et sans beaucoup d’expression, il ne crée que partiellement une connexion avec Nathan Fillion. Mais il y a beaucoup de rebondissements, tous crédibles et la rivalité entre Castle et Beckett rajoute un allant et pas mal de suspense. L’enquête à double hélice accouche d’une double résolution absolument stupéfiante et d’un final doux-amer.

Anecdotes :

  • « Chez les riches, les meurtres sont toujours bizarres » affirme Esposito

  • L’épisode se passe aux alentours de la Saint Valentin.

  • Alicia Coppola/Amber Patinelli : actrice américaine diplômée d’anthropologie et ancien mannequin n’a aucun lien de parenté avec Francis Ford Coppola. Vue au cinéma dans Benjamin Gates et le trésor des Templiers (2008) mais plus souvent à la télévision, notamment Another World (1991-1993), Trinity (1998-1999), Cold Feet (1999-2000), JAG (2003), Preuves à l’appui (2003-2005), NCIS (2004-2005, 3 épisodes), Mon oncle Charlie (2005-2013), NCIS : Los Angeles (2010, 2015), Esprits criminels (2014), Shameless (2016).

  • Tom Irwing/Simon Campbell : acteur américain, vu dans les séries Angela, 15 ans (1998-1999), Les Experts (2002), Related (2005-2006), Saving Grace (2007-2010), Grey’s Anatomy (2010-2011), Devious Maids (2013-2016).

  • Jason Wiles/Damian Westlake : acteur américain, surtout actif à la télévision : New York 911 (1999-2005), American Wives (2007), Esprits criminels (2010), Scream (2015).

  • Absence de Tamala Jones.

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16. ENVERS ET CONTRE TOUT 
(THE LAST STAND)

Scénario : David Amann

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Croyant enquêter sur la mort d’un simple chauffeur de taxi, Castle et Beckett se retrouvent à chercher une arme de destruction massive !

Critique :

L’excellent épisode par nature : partir d’un fait banal et amener doucement à quelque chose de beaucoup plus gros, mettre de l’humour au départ puis le réduire progressivement tout en faisant monter la pression, doubler l’enquête habituelle du soupçon de la manipulation, et vous obtenez 40 minutes  (quasiment) sans faute qui vous scotchent à votre fauteuil.

D’entrée de jeu, Rob Bowman – sûrement le meilleur réalisateur de la série et un très bon réalisateur tout court – installe une tension, un rythme rapide marqué par une musique forte, qui scande les secondes et que l’on retrouvera plus tard. Tout commence donc par la mort d’Amir, un chauffeur de taxi dans un entrepôt abandonné. Ainsi que le souligne Lanie, tout pourrait faire paraître à un vol qui aurait mal tourné mais pourquoi avoir brisé les doigts du défunt ? David Amann, une des meilleures plumes du staff, nous invite ainsi à ne pas prendre ce que nous allons voir comme allant de soi, plus que d’habitude. La présence d’un diplomate syrien semble convenue mais c’est efficace pour troubler l’onde et cela nous vaut l’habituelle mais toujours réjouissante théorie de Castle ! Lequel devant un garde-meuble nous régalera une dernière fois d’une référence cinématographique amusante.

Une dernière fois parce que voilà que des traces de radioactivité sont détectées. Avant que l’enquête n’atteigne un climax de tension, le scénario s’est accordé une pause pour que Beckett évoque ses états d’âme, dise son amertume devant la tournure de sa vie amoureuse et trace le portrait du compagnon idéal. Intéressant que, sur ce passage, Nathan Fillion n’ait aucune ligne de texte. L’arrivée de Mark Fallon, de la Sécurité Intérieure, n’apaise pas vraiment les esprits ; d’autant qu’Adrian Pasdar est diablement convainquant en homme d’autorité. L’enquête suit un rythme trépidant car il y a urgence et ce moteur, pour être classique, n’en reste pas moins efficace. Tout comme le procédé un brin éculé d’éjecter les héros de l’enquête, histoire de dramatiser encore un peu les enjeux. Alors, certes, du coup, il n’y a plus de surprise désormais mais cela n’enlève rien à la qualité de l’ensemble car David Amann a su doser les révélations, amener chaque élément à temps et s’il ne surprend pas, c’est qu’il avait gardé une terrible carte dans son jeu qu’il abat à la dernière minute nous laissant tétanisé !

Anecdotes :

  • Cet épisode et le suivant forment un double épisode.

  • Alon Moni Aboutboul/Fariq Yusef : acteur israélien, vu au cinéma dans Rambo 3 (1988), Munich (2005), The Dark Knight Rises (2012), La chute de Londres (2016). Il travaille aussi pour la télévision : NCIS (2010), Fringe (2011), NCIS : Los Angeles (2013), The Blacklist (2014), The Leftovers (2015).

  • Lochlyn Munro/Kevin McCann : acteur canadien, vu dans Highlander (1994), JAG (1999), Monk (2004), Hawaï Five-0 (2012), Rizzoli & Isles (2015). Au cinéma, dans Dracula 2001 (2000), Freddy contre Jason (2003), Assaut sur Wall Street (2013), A la poursuite de demain (2015).

  • Adrian Pasdar/agent Mark Fallon : acteur américain, vu au cinéma dans Top Gun (1986), Aux frontières de l’aube (1987), L’impasse (1993) mais surtout à la télévision : Profit (1996-1997), Les Chemins de l’étrange (2000-2002), Amy (2003-2005), Heroes (2006-2010), The Lying Game (2011), Agents of SHIELD (2014), Colony (2016).

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17. RAPIDE, SILENCIEUX, MORTEL 
(SWIFT, SILENT, DEADLY)

Scénario : Andrew W. Marlowe

Réalisation : Bill Roe

Résumé :

Les enquêteurs n’ont que quelques heures pour découvrir la bombe.

Critique :

La surprise ne joue plus ici puisque le spectateur sait quels sont les tenants et les aboutissants mais le scénario d’Andrew W. Marlowe sait parfaitement user du contre-la-montre, gérer la tension et garder un peu de temps pour ses personnages. La réalisation est sans faute. L’orchestration est cependant moins présente et moins signifiante que pour le premier volet.

Tout le départ de l’épisode (jusqu’au générique) se joue sur trois fronts qui se renforcent mutuellement générant un effet d’angoisse croissant : Castle et Beckett se congelant à petit feu, Martha et Alexis rentrées inopinément et se demandant où est Richard, les enquêteurs à cran ayant autre chose à faire que les chercher. Évidemment que notre couple préféré s’en sortira mais, par un coup de vice dont on aurait pourtant pu s’attendre de la part de Marlowe, le « Caskett » subit un coup d’arrêt.

Castle va véritablement être le moteur de tout l’épisode. Ce sont ses intuitions, ses suggestions qui vont réellement permettre à l’enquête de progresser. Du grand Nathan Fillion. Pourtant, Mark Fallon ne passe pas au second plan grâce à l’énergie que met Adrian Pasdar dans son personnage. Il ne le rend vraiment pas sympathique mais c’est parfaitement voulu et pleinement réalisé. Juste une anecdote glissée par Ryan éclairera sur les motivations de l’agent Fallon. Après la séquence Dana Delany en saison 2, c’est une autre séquence de haut vol que s’offre la série avec Adrian Pasdar. C’est moins chaleureux mais, du moins, c’est complètement différent et pas moins intéressant. Coup de génie du scénariste que la « méthode Castle » qui sauve New York ! C’est à peine croyable mais c’est tellement bon !!

Anecdotes :

  • Générique différent : il est bleu glacier et l’orchestration n’est pas la même.

  • « On est programmé par la peur » énonce Beckett

  • Approximativement au 3/4 de l’épisode, Esposito cite deux noms, Evan Bauer et Jack Cochran ; en prenant le nom du premier et le prénom du second, il est possible d'obtenir Jack Bauer, le personnage principal de 24 heures chrono. Cochran est sans doute une référence à Robert Cochran, co-créateur de la série (avec Joel Surnow). Quant à Evan peut être une référence à Evan Katz, scénariste/executive producer durant toute la série 24 heures chrono, et co-créateur avec Manny Coto du spin-off 24 : Legacy.

  • Absence de Tamala Jones.

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18. UN PASSÉ ENCOMBRANT 
(SLAY THE DRAGON)

Scénario : Elisabeth Davis

Réalisation : David M. Barrett

Résumé :

Castle et Beckett enquêtent dans le monde impitoyable du soap-opera.

Critique :

Une fois encore, Castle se paye un genre et c’est le soap qui trinque. L’épisode est amusant, surjoué évidemment mais il aurait pu être meilleur cependant. Les différents éléments donnent plus l’impression d’être juxtaposés que réellement mêlés. On passe donc de l’un à l’autre sans vrai lien. L’écriture d’un soap a peut-être déteint sur Elisabeth Davis. En tout cas, on rit pas mal.

La mort de la victime est déjà une satire en soi : c’est un auteur ! L’effet miroir joue et on savoure d’autant que Castle et Beckett la prolonge d’une certaine façon. Néanmoins, ensuite, c’est un déroulement beaucoup plus classique qui survient même si les interrogatoires des comédiens sont très cocasses. Très drôles certes mais on a quand même connu plus désopilant. Elisabeth Davis s’amuse à doter tous les suspects d’alibis et on sourit devant la perplexité croissante des enquêteurs. Le problème c’est que quand Castle trouve la solution, l’impression laissé c’est qu’elle sort de nulle part. On aura une dernière occasion de sourire avec la scène écrite par le romancier pour le soap.

Heureusement, les divas vont sauver le médiocre pour le tirer vers le mieux. Susan Sullivan se déchaîne dans cet épisode qui a dû lui rappeler des souvenirs ! Martha est littéralement dans son élément puisqu’elle a joué dans ce soap…trente ans avant ! Elle veut se la jouer « agent infiltré » et c’est vraiment très drôle. Surtout dans deux moments ne paraissant pas du tout être ce qu’ils sont. Là, on est plié et la complicité entre Susan Sullivan et Nathan Fillion est exquise. Et puis il y a Jane Seymour, en invité de luxe. L’actrice surjoue une grande partie du temps (elle incarne la mère de la victime et il ne faut pas rater le moment où elle est amenée au poste) mais, quand son personnage est fermement interrogé par les enquêteurs, elle se pose et nous montre, à nous et à Castle et Beckett, ce que c’est que le talent. On n’ira pas jusqu’à brûler un cierge mais, dans le contexte de cet épisode, Jane Seymour était l’actrice qu’il fallait et elle ne se rate pas, nous faisant bien rire alors que son personnage n’a rien de reluisant !

Anecdotes :

  • Absence de Ruben Santiago-Hudson

  • Castle affirme qu’une machine à dérégler le climat a été imaginée dans un soap. Lequel est imaginaire mais la machine a été imaginé, elle, dans le film Chapeau melon et bottes de cuir !

  • Scène rarissime : Castle appelle Beckett « Katherine » mais c’était pour se moquer.

  • Tina Majorino/Reese Harlan : actrice américaine, de son nom complet Harmony Olivia Tina Majorino, elle travaille essentiellement pour la télévision : Veronica Mars (2004-2007), Big Love (2006-2010), Bones (3 épisodes, 2010-2011), Legends (2014).

  • Jane Seymour/Gloria Chambers : née Joyce Frankenberg, cette actrice britannique a été naturalisée américaine en 2005. Elle débute avec Ah ! Dieu ! que la guerre est jolie ! (1969) de Richard Attenborough, qui deviendra son beau-père entre 1971 et 1973 mais c’est son rôle de James Bond Girl dans Vivre et laisser mourir (Solitaire) en 1973 qui la fait connaître. Elle jouera ensuite notamment dans La Révolution française (1989) ou Serial noceurs (2005) mais c’est la télévision qui lui donne ses principaux rôles, en particulier Docteur Quinn, femme médecin (1993-1998). Elle a aussi joué dans les séries Smallville (2004-2005), Miss Marple (2007), Franklin et Bash (2012-2014), Jane the Virgin (2015). Élevée officier dans l’Ordre de l’Empire britannique en 2000. 

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19. ANTIDOTE 
(QUID PRO QUO)

Scénario : Terence Paul Winter

Réalisation : Jeff Blockner

Résumé :

Un juré s’effondre en plein procès : il a été empoisonné !

Critique :

Un honnête épisode même s’il n’a rien de particulièrement original. Son erreur est de ne pas se moquer du genre judiciaire et de l’aborder de façon trop sérieuse. Il est cependant assez bien écrit pour se suivre plaisamment.

L’épisode se base sur l’aphorisme bien connu : « A qui profite le crime ? ». En l’occurrence à l’accusé. Le scénario est assez habile pour ne pas l’écarter de la liste des suspects mais un autre aphorisme veut que le doute lui profite aussi. L’accusé innocent, c’est un cliché des séries et films judiciaires et, sur ce plan, Castle n’innove absolument pas mais, surtout, ne propose pas une fantaisie qui donnerait un second degré à l’épisode. A la place, c’est une enquête sérieuse mais banale qui nous est proposée. Par contre, on appréciera que le personnage de Montgomery soit mis en avant. Voilà un policier consciencieux mis sous pression par le procureur en personne ; difficile de bien faire son métier quand l’affaire concerne un procès médiatisé. C’est grâce à sa ténacité, et au soutien sans faille qu’il apporte à Beckett, que l’affaire sera résolue. Ruben Santiago-Hudson campe solidement son rôle.

Il y a une intrigue secondaire dans cet épisode autour d’un secret d’Alexis et d’une méthode peu scrupuleuse de son père pour savoir ce que fait sa fille. Amusant même si c’est une redite destinée à nous faire comprendre la foncière honnêteté de la jeune fille. Heureusement, la bonne composition de Molly C. Quinn permet à Alexis d’échapper au cliché de la bonne fille un peu bêta. On aura aussi apprécié comment elle remet son père en place mais, ça aussi c’est une redite. Dommage.

Anecdotes :

  • Le titre original de cet épisode est un jeu de mot avec la série Law and Order connue en France sous le nom New York, police judiciaire.

  • Bruce Davison/Louis Arnacki : acteur américain, vu au cinéma dans Fureur apache (1972), Six degrés de séparation (1993), X-Men (2000, 2002), Le maître du jeu (2003). Il a tourné aussi pour la télévision : Les contes de la crypte (1995), Triangle (2005), Les aventures de Flynn Carson : le secret de la coupe maudite (2008).

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20. UN MENTOR TRÈS SPÉCIAL 
(NOLA CONFIDENTIAL)

Scénario : Scott Williams

Réalisation : Steve Boyum

Résumé :

Le corps d’un journaliste est retrouvé dans le four d’une pizzéria.

Critique :

Voilà un épisode de Castle comme on les aime, plein d’humour mais un humour au service d’une solide enquête policière.

Avant le générique (donc en moins de dix minutes), le spectateur a eu deux grands éclats de rire ! Rien que les noms des quatre pizzaiolos en guerre sont des bijoux de drôlerie sans oublier les coups pendables qu’ils se sont faits entre eux ! Même Lanie pour une fois sacrifie à l’humour noir !! La théorie fumeuse de Castle est aussi brève qu’hilarante. L’identité de la victime, Gordon Burns, journaliste déchu, lance véritablement l’histoire. Une histoire simple puisqu’elle part de la « guerre des pizzas » pour aboutir à un trafic de drogue. Simple mais en aucun cas linéaire. Chacun des suspects pourrait être lié au crime et au trafic mais leurs interrogatoires distillent également de petites pastilles d’humour. Faire rire en instruisant le spectateur ; c’est bien joué.

L’enquête rebondit avec la découverte de Monica Wyatt, une ex de la victime. Liz Vassey apporte la gravité et la tendresse appropriée faisant un joli contraste avec les hommes jusqu’alors présenté qui avaient tous un côté ridicule ou pathétique. Poursuivre l’enquête va permettre de traquer la « Baleine Blanche » de Burns en lien avec un épisode traumatisant de son passé. Voilà l’élément tragique qui densifie le fond de l’épisode. Très appréciable aussi la révérence, très dans l’ADN de la série, au « film noir » et que ce soit « Boggie » qui apporte un élément déterminant est un bel hommage. Le fin mot de l’histoire, il revient à Castle, grand amateur du genre.

L’intrigue secondaire du jour, liée à Alexis, est différente des habituelles par sa gravité. L’adolescente vit très mal un coup qu’on lui a fait et ne comprend pas bien pourquoi elle réagit comme elle le fait. Molly C. Quinn est ici particulièrement convaincante et la connexion avec Nathan Fillion toujours aussi limpide. Les deux acteurs réalisent un sans-faute dans cette partition et il est bien vu de ne pas dresser de « l’âge ingrat » un portrait caricatural mais bien nuancé.

Anecdotes :

  • Castle a écrit « Ciel de cendres ».

  • En 2003, Ryan était dans la brigade des stups.

  • La « Baleine blanche » fait évidemment référence à Moby Dick, métaphore de l’obsession destructrice, d’après le roman éponyme d’Herman Melville. Il y a plusieurs références dans l’épisode.

  • Gary Basaraba/Ralph Carbone : acteur canadien, vu au cinéma dans La dernière tentation du Christ (1988), Striptease (1996), Suburbicon (2017) et à la télévision dans Brooklyn South (1997-1998), Boomtown (2002-2003), Person of Interest (2013-2014), NCIS : Nouvelle-Orléans (2016).

  • Peter Onorati/Sal Malavolta : acteur américain, surtout actif à la télévision : Walker, Texas Ranger (2000), Mes plus belles années (2002-2004), Ghost Whisperer (2007), Desperate Housewifes (2009).

  • Liz Vassey/Monica Wyatt : actrice américaine, elle tourne principalement pour la télévision : La Force du destin (1990-1992), Code Quantum (1991, 1993), Star Trek : la nouvelle génération (1992), Urgences (1994), Dharma et Greg (2000), Tru Calling (2005), Les Experts (2005-2010), La diva du divan (2011-2012).

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21. REPRÉSAILLES 
(KREWE)

Scénario : Matt Pyken

Réalisation : Paul Holahan

Résumé :

Un champion de natation est retrouvé mort noyé. Parallèlement, Castle s’agace de voir un autre auteur s’intéresser à Beckett.

Critique :

Episode un peu ambivalent. Son intrigue principale ne casse pas trois pattes à un canard mais elle est tout de même suffisamment bien écrite pour rester intéressante. Par contre, une fois n’est pas coutume, l’intrigue secondaire concerne Richard Castle lui-même ! Ces deux segments tendent à se renforcer mutuellement, ce qui est une réussite, et sauve l’épisode.

Lequel commençait mal avec cette histoire d’un nageur venu d’un milieu modeste, désargenté et qui devient un potentiel champion. La question usuelle du « D’où vient l’argent ? » n’est néanmoins pas mal exploitée puisqu’elle permet de développer l’environnement de la victime, fournissant ainsi la crédibilité du mobile du meurtre lorsque les enquêteurs l’auront trouvé. Le dopage dans le sport est aussi devenu un cliché de la série policière. C’est dommage d’y avoir sacrifié.

Tout cela va déboucher sur la résolution du crime grâce à…Michael Connelly ! Le célèbre auteur de polars participe à la traditionnelle soirée poker chez Castle (avec Dennis Lehanne) et c’est lui qui pose la question qui va renverser la table et relancer l’intrigue. Cette séance prend place dans l’intrigue secondaire autour d’Alex Conrad, auteur de polar débutant qui a pour mentor Richard Castle. Sauf que Castle Richard prend ombrage de l’intérêt de Conrad pour Beckett. La jalousie du romancier est aussi comique que sincère et Nathan Fillion joue toute la gamme : colère froide, méchanceté de gamin, homme sensé obligé de reconnaître sa mesquinerie. Le plus beau, c’est l’aveu qu’il fait à Beckett qui lui adresse la plus belle des réponses.

Anecdotes :

  • Justin Bruenig/Rob Tredwyck : acteur américain, surtout vu à la télévision : La force du destin (2003-2011), Les Experts : Miami (2008), Knight Rider (2008-2009), Ringer (2011-2012), Grey’s Anatomy (2013-2014), Les Experts : Cyber (2015).

  • Erik Palladino/coach Rome : acteur américain, vu à la télévision dans Murphy Brown (1996-1997), Urgences (1999-2001), Les Experts (2006), Championnes à tout prix (2009-2010), NCIS : Los Angeles (2012-2013), Suits (2015).

  • Brendan Hines/Alex Conrad : acteur et chanteur américain, vu dans les séries Lie to me (2009-2011) et Scorpion (2015).

  • Josie Loren/Bridget McManus : née Josie Lopez, cette actrice américaine d’origine cubaine tourne surtout part la télévision : Veronica Mars (2006), Championnes à tout prix (2009-2012), Mentalist (2014-2015).

  • Quatrième réunion poker entre Castle et ses pairs.

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22. AIE FOI EN LA PAROLE 
(KNOCKOUT)

Scénario : Alexi Hawley

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

Mike Royce, le mentor de Beckett, est assassiné. Pour retrouver le meurtrier, elle n’hésite pas à aller jusqu’à Los Angeles.

Critique :

Un épisode plutôt dur sur le thème bien connu de la vengeance et de la justice. Classique mais bien fait et Nathan Fillion assure la part d’humour.

Classique aussi que le policier « trop » impliqué refuse de lâcher. Beckett doit aller à Los Angeles car le tueur présumé – un certain Ganz -  n’a fait qu’un saut à New York. La série s’offre cependant son originalité grâce à Richard Castle. L’arrivée « discrète » de nos duettistes dans la Cité des Anges puis la brève mais hilarante séquence à l’hôtel sont des moments de légèreté bienvenus. Classique aussi cette enquête en jouant au chat et à la souris avec la police locale mais, là encore, la « Castle touch », c’est le tournage de Vague de chaleur décalé, très drôle et très utile aussi ! Par contre, le coup de la balle qui fond, c’est beaucoup plus original ! On ne manquera pas non plus l’entrée en scène ultra-sexy de Beckett essayant de piéger Ganz.

L’épisode vaut surtout son pesant de cacahuètes pour sa place dans le « Caskett ». Les deux héros ne sont pas dans les positions habituelles ; ils sont dans une autre ville (superbes extérieurs ; l’hôtel de Ganz a un petit côté Les Experts : Miami) et sans tout ce qui fait leur quotidien. Lorsqu’ils parlent ensembles, le soir, à l’hôtel, ils le font à cœur ouvert et on sent que les deux personnages sont sur la corde raide. Tant Nathan Fillion que Stana Katic laissent entrapercevoir la tension qui habitent Castle et Beckett. Le temps paraît suspendu, hésitant. 

Anecdotes :

  • Dominic Purcell/Russell Ganz : acteur anglo-australien, on a pu le voir au cinéma dans Mission : Impossible 2 (2000), Blade Trinity (2004) mais surtout à la télévision : John Doe (2003), Prison Break (2005-2009), The Flash (2014).

  • D.B. Sweeney/Kyle Seeger : Daniel Bernard Sweeney, acteur américain, vu dans Les coulisses du pouvoir (1986), Sons (1989), Visiteurs extraterrestres (1993), Chiraq (2015). A la télévision, Docteur House (2006), The Event (2010).

  • Jason George/Charles Kelvin : acteur américain, surtout vu à la télévision : Roswell (2000), Stargate SG-1 (2005-2006), Les Mystères d’Eatswick (2009-2010), Grey’s Anatomy (depuis 2010), Mistresses (2013-2016).

  • Absence de Susan Sullivan et Molly C. Quinn. 

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23. CHANTIER À HAUT RISQUE 
(DOWN THE RABBIT HOLE)

Scénario : Terri Edda Miller

Réalisation : John Bleckner

Résumé :

La mort d’une candidate amène Castle et Beckett dans le monde glamour des concours de beauté

Critique :

Joli épisode qui se moque des concours de beauté en reprenant tous les codes mais avec le regard moqueur de la série.

C’est un peu meurtre chez Miss Détective dont on retrouve un certain nombre de marqueurs comme le photographe à la réputation sulfureuse, l’organisatrice du concours qui ne jure que par lui, le présentateur star, le conseiller efféminé. Les portraits de tous ceux qui gravitent autour du concours n’a rien de reluisant ! Classique et un peu facile. On pense aussi à cet épisode de Castle, « L’enfer de la mode » (2-3) où les projecteurs diffusaient une lumière crue sur le monde du mannequinat. Néanmoins, l’épisode est plus que cela. A partir du moment où une candidate – une blonde un peu bête et méchante – donne aux enquêteurs le violon qui servait à la victime pour son numéro, elle leur remet également – selon elle – « le mobile du meurtre » ; à savoir des photos de nus. Photos que l’on pourra voir, ce qui n’est pas si fréquent tout de même ! Qui dit photo de nu pour une future Miss dit chantage dit aussi photographe. C’est en examinant soigneusement la photo – mais « que » la photo – que Castle trouve le détail qui relance l’intrigue et l’éloigne du copier-coller et c’est grâce à Beckett que l’écrivain aura la révélation.

L’épisode comprend deux intrigues secondaires. La moins importante tient dans le choix du cadeau à sa femme par Montgomery pour fêter 30 ans de mariage. C’est Castle qui lui suggère ledit cadeau. Mais, plus fort, il y a l’histoire entre Alexis et Ashley. Les deux adolescents s’apprêtent à quitter le lycée et Alexis craint que l’éloignement ne tue leur amour mais aussi elle refuse qu’il fasse un choix en fonction d’elle et non de ce qu’il veut lui pour son avenir. Entre les deux, papa Castle devra jouer les médiateurs ! C’est tendre et touchant grâce en partie à la connexion Nathan Fillion-Molly C. Quinn.

Anecdotes :

  • Michael McKean/Victor Baron : acteur américain, il joue sur les deux écrans. Au cinéma, on l’a vu dans 1941 (1979), Spinal Tab (1984), Jack (1996), Jugé coupable (1999). A la télévision, il fut récurrent pour X-Files (Morris Fletcher, 3 épisodes, 1998-2002), The Lone Gunmen (2001), Better Call Saul (2015).

  • Sasha Roiz/Bobby Stark : acteur israélo-canadien, vu au cinéma dans Pompéi (2014) et à la télévision dans Missing : disparu sans laisser de traces (2004), NCIS (2007), Lie to me (2009), Docteur House (2011), Grimm (2011-2017).

  • Teri Polo/Kayla Baron : Teresa Elisabeth Polo, actrice et mannequin américaine, vue au cinéma dans La maison aux esprits (1993), Mon beau-père et moi (2000) et vue à la télévision dans Bienvenu en Alaska (1994-1995), Le Damné (1998-1999), The Practice (2003), Les Experts : Miami (2008), The Fosters (depuis 2013).

  • Bellamy Young/Candace Ford : cette actrice américaine, née Amy Maria Young, est principalement connue pour son rôle – magnifique – de Mellie Grant dans Scandal (depuis 2012). Elle incarne aussi la compagne d’Hotchner dans Esprits criminels (7 épisodes 2011-2013). Elle a aussi joué dans Scrubs (2004-2009).

  • Judith Scott/ Evelyn Montgomery : actrice américaine vue dans les séries Robocop (1994), Inspecteur Barnaby (1998), X-Files (2000), FBI : Portés Disparus (2003), Dexter (2007), Docteur House (2008), Les Experts : Miami (2011).

  • Absence de Tamala Jones remplacée par Arye Gross.

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24. LA CHUTE 
(POETIC JUSTICE)

castle 3 24

Résumé :

Hal Lockwood, l’assassin de la mère de Beckett, s’évade de prison. En se lançant à ses trousses, Kate Beckett provoque une série de drames.

Critique :

Épisode très noir, très dur et très amer ; jamais l’arc « Johanna Beckett » n’avait tant ressemblé à la terre brûlée. Le spectateur profite tout juste quelques minutes de légèreté avant d’entrer dans la violence. Elle prend tous les visages, physique (usage de grenade assourdissante, fusillades) et psychologique (peur de Jim Beckett de perdre sa fille ; la rencontre de Scott Paulin et de Nathan Fillion est très émouvante). Stana Katic est éblouissante, volant la vedette à son partenaire (ce qui causera des frictions) : elle donne à voir un flic qui s’obnubile, un supérieur qui confond autorité et autoritarisme mais surtout une femme qui n’écoute plus rien, ni personne. Ce n’est plus une enquête ; c’est une croisade. Sur l’autel de sa vengeance, Kate Beckett sacrifie Richard Castle. Leur tête-à-tête, d’abord très touchant, devient tendu et, à bout – magnifique composition des comédiens incandescents – ils se lancent à la figure quelques vérités blessantes. Cet épisode met aussi en valeur le capitaine Montgomery et Ruben Santiago-Hudson donne toute sa force à ce personnage secondaire mais si attachant. Tour à tour, il est dur, tendre, complice. Un numéro très fort.

Il y aura un autre sacrifice. L’enquête s’est poursuivie et la ténacité de Ryan et Esposito a malheureusement payé. Une visite de Lockwood nous l’avait déjà appris. C’est un moment glaçant. Max Martini est très convainquant : cet homme fait froid dans le dos et quand il sourit, c’est pire encore ! Ce qui rend ce final si fort, c’est que le scénario ne sacrifie aucunement l’émotion à l’action. Il est impossible de garder les yeux secs jusqu’au bout et surtout pas après la dernière réplique de Nathan Fillion. L’aveu de Castle.

Anecdotes :

  • Retour de Max Martini (Hal Lockwood), Scott Paulin (Jim Beckett) et Judith Scott (Evelyn Montgomery).

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