Hold-UpItinéraire d'un enfant gâté

Saga Jean-Paul Belmondo

Le Solitaire (1987)


1. LE SOLITAIRE

classe 4

Résumé :

Le commissaire Stan, et l'inspecteur Simon prennent leur retraite de la police, pour fêter ça, ils vont dans une boîte de nuit qu'ils connaissent bien. Stan voit un indic qui lui dit que Schneider, un dangereux criminel est là dans la boîte de nuit. Stan et Simon décident de le coincer, mais alors qu'ils interviennent : l'inspecteur Simon est tué par Schneider qui s'enfuit. Deux ans plus tard, Stan est devenu le grand patron de son service l'OCRB, il est resté pour se venger de Schneider.

Ce dernier revient sur Paris et refait ses cambriolages, Stan utilise alors tous les moyens à sa disposition pour mettre la main sur Schneider. Mais alors que grâce à René, un de ses indics, il va coincer Schneider, l'intervention prématurée du commissaire Pezzoli fait tout échouer. Peu après, Schneider s'introduit dans l'appartement de Stan, et essaie de le faire exécuter. Stan utilise alors les grands moyens pour stopper Schneider, et il réussit à le localiser. Mais alors qu'il va l'arrêter, Schneider tente de s'enfuir, Stan réussit enfin par l'arrêter.

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Critique :

Ce n'est pas un si mauvais film que ça, mais on ne peut pas dire qu'il soit vraiment extraordinaire. Réalisé par Jacques Deray qui avait déjà réalisé avec Belmondo : Borsalino et Le Marginal, le film est de suite daté des années 80 une fois de plus. Comme je l'avais déjà dit, il y a beaucoup de réalisations qui malheureusement sont ancrées ainsi, et Le Solitaire en fait partie également.

Ainsi, les décors choisis, les véhicules, les sonorités et autres musiques et chansons datent immédiatement le film c'est indéniable. Belmondo quant à lui reprend à nouveau le rôle d'un flic déterminé, prêt à tout pour atteindre son but et qui n'a peur de rien. Cela rappelle énormément Le Marginal du même réalisateur, sauf qu'ici, Belmondo veut simplement venger la mort de son collègue et ami.

On sent que Bébel a vieilli, et qu'il est totalement à l'aise et décontracté à l'écran, peut-être un peu trop parfois. En tous cas, nous n'aurons plus de cascades comme avant, juste une simple course poursuite de voiture, et un petit tour sur un toit mais pas très élevé. La baston est aussi au minimum, Belmondo n'a plus 20 ans.

À ses côtés nous retrouvons les acteurs qu'il affectionne : Michel Creton dans le rôle de son collègue et ami Simon. Creton rempile avec Belmondo après Les Morfalous, et c'est toujours agréable de le voir à l'écran. Malheureusement, je trouve qu'on ne le voit que très peu, et qu'il meurt beaucoup trop vite. Vient ensuite Michel Beaune dans le rôle du commissaire Pezzoli, vieil ami de Belmondo qui le suit depuis un bon moment dans ses films. Lui aussi, c'est toujours agréable de le voir, on sait que sa prestation sera toujours bonne, et qu’on n’aura pas de mauvaise surprise, c'est une nouvelle fois vrai ici. François Dunoyer (La Vengeance du Serpent à Plumes, En Toute Innocence, Flagrant Désir), lui, fait le rôle de l'indic René de Belmondo qui se fait tuer lors de l'intervention de Pezzoli. Là aussi, c'est pas mal du tout. Nous avons également Pierre Vernier, autre vieux complice de Belmondo qui le suit dans pas mal de films depuis des années, sa prestation est toujours étonnante, j'aime beaucoup cet acteur, et une fois encore il ne déçoit pas. Il faut voir la scène où il demande au commissaire Stan s’il va démissionner, et qu'il lui dit « qu'il ne déteste pas ses méthodes ». 

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On colle à nouveau un gamin dans les pattes de Belmondo en la personne de Franck Ayas : alors je le répète, mais je trouve toujours que l'élément 'enfant' dans ce genre de film ne sert à rien et l'alourdit même plus qu'autre chose, de plus, le jeune acteur n'est vraiment pas exceptionnel et ne restera pas dans les annales de la comédie. On est loin de Rachid Ferrache l'enfant de L'As des As qui était quand même bien meilleur. Ici l'enfant apporte malheureusement un gros point faible au film.

Néanmoins, le film a un énorme point fort en la personne du méchant Schneider qui est interprété par Jean-Pierre Malo (Tais-Toi !, Qui Perd Gagne, Celle que J'aime) très connu pour ses rôles dans les séries policières française comme Commissaire Moulin ou encore Série Noire. Il a vraiment une sale gueule, et fait un méchant vraiment bien détestable, on a qu'une envie, c'est de le voir se faire coffrer par le commissaire Stan.

Pour les présences féminines, nous avons Patricia Malvoisin qui tient la boîte de nuit où l'inspecteur Simon se fait tuer, Valérie Steffen dans le rôle de la maître nageuse, Yolande Gilot dans le rôle de la petite amie de Schneider qui livre une prestation assez remarquable. Et Catherine Rouvel, la tenancière du bordel qui apprend que Schneider fréquente Sandra. Mais ce ne sont malheureusement que des petits rôles pour la plupart. Alors si il y a des points forts, il y a également pas mal de points faibles et ça, au niveau de la réalisation même. Il suffit par exemple de regarder les scènes d'interventions des gendarmes en civile lorsque Pezzoli débarque pour choper Schneider, mais c'est à pleurer de rire. Si c'était des vrais policiers, on aurait beaucoup de soucis à se faire. Entre celui qui prend la pose en s'appuyant sur la voiture pour tirer, ou encore Schneider qui tire n'importe où, c'est du grand n'importe quoi. Et malheureusement les autres scènes de fusillades pendant tout le film souffrent du même défaut, c'est simplement horrible. Même celles avec Belmondo, ce n'est vraiment pas crédible pour deux sous. C'est vraiment dommage. 

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Ensuite, le film a des longueurs, lorsque par exemple Belmondo fait le tour de ses indics ou attend je ne sais combien de temps chez les Carmoni. J'ai vu passé les 1H40. Mais le film n'est pas trop ennuyeux, je veux dire, on voit un peu le temps passer mais on n’est pas lassé c'est déjà ça. La musique de Danny Dieter Schogger et Andy Caine est certes bien rythmée, mais ajoute encore à ancrer le film dans les années 80 avec la sonorité utilisée qui est de cette époque : dommage. Cela dit, elle n'est pas non plus exceptionnelle. Bref, là encore, on a un film sympathique mais vraiment pas indispensable dans la filmographie de Bébel, seule la scène avec le fusil à pompe est à retenir pour moi. Le schéma est répétitif et s'essouffle un peu.

Le Solitaire sera le premier vrai « bide » de Belmondo et ne fera même pas 1 million d'entrées en France, il fera à peine plus de 918 milles entrées. En Allemagne, il ne fera qu'un peu plus de 329 milles entrées. Une époque se termine, la carrière de Bébel au cinéma est compromise pour de bon à partir de ce film. 

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Anecdotes :

  • Le film devait s'appeler à l'origine « Cobra ». Malheureusement, quelques mois auparavant, le film avec Sylvester Stallone et portant le même titre sortira. Le film sera donc rebaptisé : Le Solitaire.

  • Le film fut un tel échec en France, que la production décida de le sortir sous le titre « Le Professionnel 2 » en Allemagne, qui lui y avait fait un carton.

  • On peut voir au début du film dans le groupe qui chante dans la boîte de nuit, que la chanteuse du groupe est Carlos Sotto Mayor, la compagne à l'époque de Belmondo.

Séquences cultes :

Si c'est Bocuse que j'accueille...

Tu devrais sourire quand tu braques

T'es mieux que celle d'hier...

20 ans, sans remise de peine

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