L'As des AsLes Morfalous

Saga Jean-Paul Belmondo

Le Marginal (1983)


1. LE MARGINAL

classe 4

Résumé :

Le commissaire Jordan de la brigade des stupéfiants, est muté de Paris sur Marseille. Il est là pour faire tomber Mecacci un baron de la drogue de Marseille. Mais pour cela, il doit mettre la main sur Alfred le chimiste. Malheureusement, Mecacci monte un traquenard à Jordan : on retrouve chez lui,  le cadavre d'un de ses indics qu'il a malmené quelques jours auparavant. Retour à Paris, mais il n'est plus aux stupéfiants. Il retrouve un ancien ami : Francis, ce dernier a investi dans des machines à sous qui proviennent de Mecacci, Jordan le prévient qu'il aura des ennuis.

Mecacci met Francis au pied du mur, soit il lui donne un commission mensuelle sur les gains de ses machines à sous, où alors ça n'ira pas. Pendant ce temps, Jordan retrouve Alfred le chimiste, mais Mecacci le fait assassiner. Peu après, c'est au tour de Francis d'être tué par les hommes de Mecacci. Un nommé Baldi chargé par Mecacci d'amener Jordan dans un traquenard le contacte, mais Jordan retourne le piège contre Baldi, et en prenant son arme, Jordan fini le travail en tuant Mecacci.

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Critique :

J'avais vu ce film lorsque j'étais jeune et il m'était resté quelques bons souvenirs comme la voiture verte blindée, mais en le revoyant à nouveau, je le trouve qu'il a mal vieilli. Réalisé par Jacques Deray (La Piscine, Borsalino, Flic Story) il retrouve à nouveau Belmondo, et les deux hommes se retrouveront un peu plus tard pour Le Solitaire. En fait la mise en scène de Deray date immédiatement le film, on est dans les années 80, on ne peut pas en douter. En témoigne dès la scène d'ouverture : le TGV de couleur orange ! En fait, voilà, quand je dis que le film a mal vieilli, c'est cela qu'il faut préciser. Dans les années 80 certaines productions ont mal passé les années, et Le Marginal en fait hélas partie.

Belmondo est de retour dans la peau d'un commissaire de police aux méthodes expéditives, comme dans Flic ou Voyou, et alors je ne sais pas ce qui s'est passé entre L'As des As et Le Marginal, mais Bébel a pris d'un seul coup, un sérieux coup de vieux et ça se voit littéralement à l'écran. On sent que l'acteur a un peu plus de mal à faire les cascades, et qu'il commence à ne plus avoir l'énergie qu'il dégageait dans ses films précédents. Néanmoins, l'acteur nous livre encore une bonne prestation et fourni quand même encore quelques belles scènes : comme la cascade de l'hélicoptère et du bateau, et la course poursuite en voiture. De plus, il faut prendre en compte qu'avec ce film, Belmondo tape désormais dans la cinquantaine, et à 50 ans on ne fait plus ce qu'on faisait à 30.

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Dans les seconds rôles, on retrouve quelques-uns de ses amis récurrents, Pierre Vernier, dans le rôle de l'inspecteur Rojinski. J'aime beaucoup cet acteur, qui une fois de plus nous livre un jeu d'acteur assez étrange mais qui colle parfaitement avec le personnage, et le duo avec Belmondo marche à l'écran, donc c'est bon. On retrouve également Claude Brosset qui joue ici le rôle de Baldi, c'est un petit rôle, mais Brosset a toujours le don de marquer le film de son passage. Nous avons aussi Michel Robin (Le Mur de l'Atlantique, Les Aventures de Rabbi Jacob, La Chèvre) pour le rôle de Alfred le chimiste, je me souviens de cet acteur surtout pour son rôle dans l'émission Fraggle Rock. On a également une petite apparition de Jean-Claude Dreyfus (Delicatessen, La Dérobade, La Cible) dans le rôle d'un travesti, Tchéky Karyo (Nikita, Crying Freeman, Golden Eye) qui incarne l'ami de Belmondo, Francis, qu'il va venger. Maurice Barrier (Salut L'Artiste, Le Gitan, Le Gang) en taulard, Roger Dumas (Tendre Poulet, Fort Saganne, Ca$h) en inspecteur Simon... C'est Henry Silva (L'étoile Brisée, Nico, Dick Tracy), c'est une « gueule » du cinéma américain, on le reconnaît immédiatement, c'est surprenant de le voir ici, mais c'est une bonne surprise, et comme toujours dans les Belmondo, Silva offre un jeu crédible pour son rôle de salaud, on est content qu'il se fasse flinguer à la fin.

Pour les rôles féminins, ce n'est autre que la compagne de Belmondo dans la vie à cette époque-là : Carlos Sotto Mayor dans le rôle de la prostituée Livia Maria Dolores. Je passerai sur les histoires ayant attrait autour d'elle et de Belmondo, et honnêtement je me suis toujours demandé pourquoi elle avait voulu apparaître dans les films de Belmondo, en fait si, je crois savoir, mais sa prestation ne sera vraiment pas mémorable. 

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Le film aborde tout le côté pathétique de la faune humaine : ou plutôt toute la misère humaine devrais-je dire, et nous livre un univers glauque de la vie réelle : drogue, prostitution, trafics en tout genre, les gens dans la rue, les squats mal famés, l'impuissance de la police face aux malfrats, exploitation d'ouvriers étrangers, etc., etc. C'est pas beau à voir, et c'est un point que l'on peut mettre au crédit du film, au travers du parcours de l'inspecteur Jordan, le réalisateur nous livre un instantané très cru de ce qu'est devenu le monde, et c'est vraiment pas beau à voir ! Ceci était dans les années 80, je vous laisse facilement imaginer ce que c'est aujourd'hui ! Dans les autres points positifs du film, nous avons également d'excellentes prises en extérieur dans Paris et c'est fort agréable, même si, une fois de plus tous les véhicules datent irrémédiablement le film !

Bien qu'il ne connaisse pas trop de temps morts, personnellement je trouve que très vite le film traîne, et on s'ennuie assez rapidement. Il y a parfois des successions de scènes plus ennuyeuses les unes que les autres (par exemple celle du repas avec Rojinski et Livia Maria, puis la scène souvenir avec les photos), et ça plombe malheureusement le film. Personnellement, j'ai vu passer les 1H40 du film. Néanmoins, vous retrouvez les ingrédients d'un Bébel : de la castagne, des cascades, et la décontraction de Belmondo. C'est à nouveau Ennio Morricone qui est chargé de la bande musicale, honnêtement si le thème principal est pas mal, l'artiste ne livre pas ici sa meilleure BO, on est loin du Casse par exemple.

Le film marchera très bien en France et fera un peu plus de 4.9 millions d'entrées, à 50 milles entrées près il tapait encore un 5 millions d'entrées. En Allemagne, il fera un peu plus de 1.4 millions d'entrées, et 501 00 entrées en Espagne. De mon point de vue, le film ne vaut que 2 bottes, pas plus, mais que les fans de Belmondo se rassurent, ils peuvent le visionner sans problème, ils passeront quand même un bon moment. 

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Anecdotes :

  • Jean-Paul Belmondo au lieu de faire ce film, avait été pressenti pour jouer L'Africain réalisé par Philippe De Broca. Mais Belmondo trouve que le film ne contient pas assez d'action, et c'est finalement Philippe Noiret qui obtient le rôle. Belmondo, met alors en route Le Marginal.

  • Le film est sorti juste après Le Retour du Jedï, une semaine après en fait, et devait faire face à une autre grosse concurrence : Papy Fait de la Résistance. Néanmoins, Belmondo résistera bien et le film sera un carton au box-office.

  • C'est à partir de ce film que Belmondo ne collaborera plus avec la société de production Les Films Ariane, ce qui avait pourtant été très profitable à Belmondo depuis L'Homme de Rio. C'est également à partir de ce film, que les tensions avec René Chateau apparaissent. 

Séquences cultes :

Si vous faites pas les cons, tout va bien

Je lui promets une vieillesse paisible

Je suis sûr que c'est passager

Alors George, mon steak?

Course-poursuite dans les rues de Paris

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