saison 1 saison 3

Saga James Bond (1962-...)

Classement James Bond du meilleur au pire - Steed3003


1) GoldenEyeUn Bond exceptionnel, l'un de mes préférés, si ce n'est mon préféré. Après la fade période Timothy Dalton, on retrouve tout le style, le spectacle, et la démesure de James Bond avec une intrigue passionante, rondement menée par le réalisateur Martin Campbell. On ne voit pas passer les 2h du film. Les Bond girls sont parmi les mieux écrites et interprétées de la saga. Pierce Brosnan est parfait et renoue avec le Bond suave de Roger Moore et ses dialogues pétillants, tout en gardant l'épaisseur humaine introduit par Timothy Dalton, un exercice d'équilibre particulièrement fragile qu'il exécute parfaitement. En seulement deux scènes et quelques dialogues, Judi Dench s'impose en nouveau M.

Pour l'action, ce film est une suite de moments d'anthologie tous plus électrisants les uns que les autres, avec en apogée la séquence du char à Saint-Pétersbourg. La musique d'Eric Serra est originale (on reviendra à des scores plus classiques ensuite), et je sais qu'elle a ses détracteurs, mais elle m'a particulièrement plu, elle participe au souffle de modernité, au bon sens du terme, qui dynamise l'ensemble du film. La chanson de Tina Turner s'insère parfaitement dans le canon bondien et on regrette que telle Shirley Bassey, la chanteuse ne soit pas revenue ensuite, tant elle est idéale pour l'univers Bond.

2) L'Espion qui m'aimait Musique, paysages, intrigue, action, tout est juste parfait dans ce film, que beaucoup d'entre nous identifient toujours comme le James Bond de référence car il en offre tous ses éléments et les poussent à son paroxysme.

3) Skyfall :  Le film est le reboot qu'aurait dû être Casino Royale, réintroduisant un à un tous les canons de la saga avec une nouvelle approche. Il n'est jamais trop tard ! Le triste réalisme à la Jason Bourne à la corbeille, place au style et au panache pour un retour aux fondamentaux ! Le film est la parfaite synthèse des époques précédentes et remet enfin la série sur les rails pour les années à venir :

- la formule originale installée et rodée par Sean Connery
- l'aspect pur divertissement complètement décomplexée de Roger Moore
- la justesse et la force émotionnelle des personnages de Timothy Dalton
- l'entrée dans une ère moderne de Pierce Brosnan

Après s'être reniée durant deux épisodes, toute l'équipe renoue avec gourmandise avec l'esprit et les gimmicks de la saga, jusqu'à l'ultime James Bond Will Return bien mis en avant juste avant le générique de fin. Visuellement, le film est une réussite totale, sans aucun doute le plus beau de la série. Le film est particulièrement créatif et astucieux, jouant avec les fans et multipliant les clins d'oeil (comme une référence au stylo explosif de GoldenEye !) nous menant vers une fin extraordinaire qui nous renvoie aux origines de la série. La boucle est bouclée !

4) Rien que pour vos yeux : Difficile de faire le moindre reproche à celui-ci. Roger Moore a vieilli, mais dans le bon sens. Il reste crédible dans les scènes d'action tout en apportant une vraie épaisseur à son personnage. Carole Bouquet apparaît certes étherée, mais traverse le film sans fausses notes. Toutes les scènes sous l'eau sont impressionnantes ; j'ai lu que Roger Moore et Carole Bouquet n'avaient jamais tourné sous l'eau suite à des problèmes de sinus de cette dernière. Plus de 30 ans après, on n'y voit toujours rien et le rendu final est impeccable. Techniquement et visuellement tout est splendide.

Toutes les locations sont parfaitement utilisées et intégrées à l'action au-delà du simple aspect carte postale, cet aspect est sans aucun doute un des gros points forts de la période Moore. La poursuite à skis reste pour moi une des séquences d'anthologie de la saga. Le final privilégiant l'intensité dramatique à des effets pyrotechniques qui devenait un peu répétitif et redondant dans les films précédents est un modèle du genre. J'aime aussi quand le film assume pleinement ses dimensions sérielles (séquence du début, retour du Général Gogol). Un sans fautes pour John Glen pour sa première réalisation pour la série, un très grand Bond qui amorce un nouveau tournant dans les années 80 tout en restant fidèle aux canons de la saga.

5) Octopussy :  Moi qui aime quand James Bond propose un ton décalé et s'oriente vers l'aventure avec fantaisie et style, je suis servi avec cet opus au ton très Avengers pour un James Bond plus ludique et pétillant d'inventivité que jamais. Le bon souvenir que j'avais gardé d'Octopussy ne s'est pas émoussé à cette nouvelle vision. Les séquences d'action sont spectaculaires, le final impressionant. Certes, le ton est définitivement à la bande dessinée, la violence est aseptisée et l'humour domine. Octopussy offre malgré tout quelques scènes glaçantes comme la mort de 009 ou l'exécution du Général Orlov.

Après l'adolescente Carole Bouquet dans Rien que pour vos yeux, la plus mûre Maud Adams offre une prestation plus consistante avec un personnage bien plus fascinant et complexe. Louis Jourdan n'atteint pas l'intensité de son compatriote Michael Lonsdale mais reste efficace. Roger Moore est plus que jamais à l'aise dans un film on ne peut plus Moorien et porte l'ensemble du film avec conviction et panache. Plastiquement, le film est superbe. Après Rien que pour vos yeux, John Glen offre un nouveau travail soigné, avec une fluidité parfaite du début à la fin. La musique de John Barry est excellente. Du bonheur, au même niveau que Rien que pour vos yeux et L'espion qui m'aimait pour moi.

6) On ne vit que deux fois : Cet opus amorce la transition de la saga entre espionnage et aventures, j'ai toujours préféré le deuxième style au premier, donc On ne vit que deux fois m'enthousiasme particulièrement. Beaucoup d'idées et de fantaisie, des scènes d'action exceptionnelles qui s'enchaînent, un Sean Connery toujours parfait, un régal du début à la fin.

7) Goldfinger :  Honor Blackman exceptionnelle nous laisse préfigurer de ce qu'auraient pu être des saisons supplémentaires de Chapeau melon et bottes de cuir avec elle. La Suisse apporte un vrai dépaysement, tous les éléments sont en marche et la mécanique devient parfaitement huilée, un incontournable.

8) Bons baisers de Russie : Un classique instantané, tout fonctionne parfaitement bien, et plus de 50 ans après l'ensemble n'a pas pris une ride.

9) Spectre : Spectre confirme que Skyfall n'était pas seulement une bonne surprise. La bonne voie prise d'embrasser complètement l'héritage de la saga et revenir à ses fondamentaux est bien une orientation durable. Spectre pousse encore plus le curseur vers le Bond classique que nous aimons tous. 

Cet opus multiplie les références à l'ensemble des épisodes précédents. Il est de loin le plus feuilletonnant de la série. Chacun est d'ailleurs invité à réviser ses classiques (notamment les périodes Connery et Craig) pour la bonne compréhension de l'intrigue, particulièrement riche et plus référentielle que jamais. Au niveau du casting, Daniel Craig est toujours impérial. Les Bond girls sont fantastiques : Léa Seydoux confirme que les actrices françaises tiennent toujours le haut du pavé dans ce rôle, Monica Bellucci étonne dans un rôle malheureusement trop court. Christopher Waltz est exceptionnel et s'impose parmi les grands méchants de la série. Le rôle plus développé de M dans cet opus permet à Ralph Fiennes de s'imposer également dans ce nouveau rôle. Q et Moneypenny bénéficient également d'une présence renforcée et bienvenue. Que ce soit dans les destinations, les scènes d'action ou les dialogues, ce Bond est presque autant un hommage aux grands moments de la saga qu'un nouveau film. On est dans le fan service permanent. Sam Mendes exécute parfaitement la partition Bond, on sent qu'il la maîtrise sur le bout des doigts. Il n'oublie pas d'y parsemer quelques surprises, notamment dans les dernières scènes du film. Visuellement, le film est une claque, et comme Skyfall avant lui, figure parmi les plus beaux de la série.

En résumé, on pourrait qualifier ce James Bond de James Bond d'épinal. On est dans l'anti-Casino Royale par excellence. Spectre est à la fois respectueux des classiques, mais suffisament inventif et ludique dans son déroulement pour nous captiver. Et ses quelques choix plus subversifs (notamment la fin) ne manqueront pas de surprendre. Hormis l'horrible chanson titre de Sam Smith (l'aspect visuel du générique est lui nettement plus réussi), c'est une excellente cuvée. Quant aux fins connaisseurs de la saga, ils se régaleront de bout en bout, tant ce James Bond parait avoir été fait pour eux.

10) Le Monde ne suffit pas :  Après le film d'action impersonnel Demain ne meurt jamais, il y a beaucoup de choses à aimer dans Le Monde ne suffit pas : le jusqu'auboutisme délirant et enivrant de ses scènes d'action, la musique de Dave Arnold qui rappelle le lyrisme des meilleures compositions de John Barry, la richesse et la complexité de ses personnages, la plus grande place donnée à M et le retour de Robbie Coltrane, tout cela emballé par une réalisation voluptueuse et élégante de Michael Apted et porté par un Pierce Brosnan impeccable de bout en bout. On notera aussi l'arrivée de R avec le délicieux John Cleese, on regrette qu'il ne soit apparu que dans seulement deux films. Sans atteindre les sommets de GoldenEye, un très bon cru donc.

11) Moonraker :  Beaucoup de points positifs : Lois Chiles plus crédible que Barbara Bach en femme d'action, Michael Lonsdale adversaire imposant, les locations exotiques et qui donnent lieu à de grandes scènes d'action, les décors de Ken Adam. On sent une volonté d'en mettre plein la vue au spectateur, et la partie dans l'espace décriée n'occupe que le dernier quart du film et a plutôt bien vieilli aujourd'hui. Pourtant, il ne m'a pas aussi enthousiasmé que L'espion qui m'aimait, la surenchère peut-être qui ne permet pas des scènes plus contemplatives ou décalées qu'offrait ce dernier. Il en reste un très solide divertissement.

12) Vivre et laisser mourir : Roger Moore s'impose facilement dans le rôle, la musique est exceptionnelle, l'ensemble est sans queue ni tête, mais pas de faiblesse au niveau du rythme, beaucoup de créativité et d'ambition, quelques ratés deci delà, mais on sent une envie de bien faire et d'offrir un divertissement rythmé et élégant, le pari est réussi.

13) Jamais plus jamais : Je l'ai revu juste après Opération Tonnerre et sans vouloir choquer les puristes, je l'ai trouvé bien meilleur. C'est ce qu'Opération Tonnerre aurait dû être avec des vrais moments de bravoure et des scènes aquatiques limitées au maximum et rondement menée. Sean Connery apparaît bien plus investi et motivé que dans Les diamants sont éternels, et hormis l'horrible musique de Michel Legrand ici pas du tout à son emploi, tout fonctionne parfaitement.

14) Meurs un autre jour : Quand Sir Roger Moore himself juge cet épisode un peu excessif, il y a de quoi s'inquiéter. Clairement, on a affaire au Moonraker / On ne vit que deux fois de l'ère Brosnan avec cet épisode ultra spectaculaire, mené à un rythme tambour battant et accumulant les moments de bravoure. Dans l'ensemble cela fonctionne plutôt bien malgré quelques effets qui ont (déjà) mal vieilli, notamment ces incessants ralentis / accélérés. La réalisation de Lee Tamahori est de bonne tenue avec son image pulp aux couleurs saturées entre Cuba et l'Islande. L'intrigue est solide et, malgré une trame plutôt classique, réserve suffisament de surprises et de rebondissements pour maintenir l'intérêt du spectateur.

Halle Berry n'est pas la plus insupportable des Bond girls américaines, c'est déjà beaucoup dire, Rosamund Pike apporte beaucoup de piquant au personnage de Miranda Frost, le plus intéressant du film. Pour sa dernière apparition, Pierce Brosnan fait un nouveau sans fautes, et on retrouve avec plaisir Judi Dench et John Cleese. La musique de Dave Arnold est encore une fois exceptionnelle et participe grandement à ancrer le film comme un vrai James Bond. À part un final qui souffre d'un excès d'effets spéciaux et de pyrotechnie sans grand intérêt, voilà un opus plutôt sympathique dans sa générosité donc, surtout quand on sait ce qui arrive avec le James Bond jésuite de Casino Royale.

15) Au service secret de sa majesté : Contrairement à son prédécésseur On ne vit que deux fois, on est dans un film d'atmosphère, mais cela fonctionne plutôt bien grâce á la beauté de la réalisation et les performances de Diana Rigg (qu'on aurait souhaité voir plus longtemps á l'écran) et Telly Savalas. Pour son seul et unique passage, George Lazenby s'en sort plutôt bien sans s'imposer clairement et regretter qu'un second film avec lui ait pu voir le jour.

16) Permis de tuer : Un ensemble haut de gamme et divertissant, bien emballé par John Glen qui s'affirme comme le réalisateur le plus constant de la saga. Mais si on peut saluer les ambitions de cette nouvelle direction, l'exécution n'est pas à la hauteur et on peine trop souvent à retrouver le charme et le plaisir inimitable d'un James Bond. Si cet opus corrige partiellement les faiblesses du précédent Tuer n'est pas jouer, il ne parvient donc toujours pas à atteindre le niveau des meilleurs épisodes de la saga.

La première partie fait plus penser à un banal film d'action, avec un summum dans l'anachronisme lors d'une vulgaire bagarre dans un bar. La deuxième partie avec le passage dans le casino puis l'arrivée de Q (qui aura une présence renforcée et bienvenue) s'améliore nettement et on retrouve le souffle et le panache des grands crus de la série pour aboutir à un final particulièrement spectaculaire. Comme dans l'opus précédent, le scénario est plus inventif et audacieux, mais l'erreur fondamentale du film est de mettre Felix Leiter, personnage passe partout qui n'était pas apparu dans la série depuis longtemps hormis Tuer n'est pas jouer en enjeu dramatique principal et moteur de l'intrigue. Un personnage avec un acteur récurrent installé comme M ou Q aurait permis au spectateur de s'investir réellement. Timothy Dalton, malgré ses qualités réelles d'acteur et sa crédibilité dans les scènes physiques, n'arrive toujours pas à instaurer de complicité avec le spectateur. Au final, je suis donc content que cette parenthèse Dalton se termine.

17) Demain ne meurt jamais : Après l'excellent GoldenEye, tout paraît trop routinier et vu et revu dans Demain ne meurt jamais. L'intrigue souffre de trop nombreux poncifs pour un Bond et le film se déroule sans aucune réelle surprise. On peut comprendre que les producteurs puissent penser que tout le monde n'ait pas vu On ne vit que deux fois ou L'espion qui m'aimait, mais cet épisode souffre d'un sentiment de déjà-vu trop prégnant dans son ensemble, on se demande même parfois si on assiste pas à un remake d'un ancien épisode de la série. C'est d'autant plus visible quand l'on revoit l'ensemble de la saga à la suite.

Dans les points positifs, on notera l'excellence de toutes les scènes d'action, dont une course poursuite à Saigon qui sans atteindre le char de Saint-Pétersbourg figure parmi les grands moments de la saga. Le sujet des médias abordé par le film est fascinant et Jonathan Pryce un méchant particulièrement développé et savoureux. Dans les points négatifs, hormis l'intrigue convenue, il y a les Bond girls : Teri Hatcher et Michelle Yeoh sont deux excellentes actrices, et qui se débrouillent plutôt bien ici, mais leurs personnages sont à peine esquissés et ne réussissent jamais à s'élever au delà des stéréotypes.

18) L'homme au pistolet d'or : Long, très long. Christopher Lee est très bon, le choix de la Thaïlande permet des scènes spectaculaires, mais l'ensemble manque d'audace. Les quelques scènes qui auraient pu donner un peu plus d'ampleur sont expédiés comme la voiture qui se transforme en avion ou le duel final. Correct, sans plus.

19) Dangereusement Vôtre :  La première partie est excellente, Patrick Macnee dans un Bond c'est déjà formidable, Patrick Macnee dans un Bond en France carrément jubilatoire. Toutes les scenes entre Roger Moore et Patrick Macnee sont un pur régal tant la complicité entre ces deux géants des séries cultes transparaît á l’écran. La scène de la mort de Patrick Macnee est particulièrement troublante, la séquence à cheval qui s’ensuit fonctionne parfaitement. Dés l’arrivée à San Francisco, les choses se gâtent, les longeurs s’accumulent, l’ennui vient même à s’installer par moments, un comble pour un Bond. Les Bond girls sont oubliables, et aujourd’hui oubliées. On en vient à regretter amèrement que Patrick Macnee n’ait pas été présent plus longtemps, la dynamique qu’il avait avec Moore était bien plus enthousiasmante que ces archétypes vus et revus sans intérêt. Comme le choix audacieux de M pour Skyfall, c’était peut être lui la vraie Bond girl du film !

J’apprécie l’envie de renouveler les scènes d’action entre chaque film, mais la séquence avec la voiture de pompier ne fonctionne pas tant l’alternance plans réels / sequence studio est visible, c’est également cet aspect qui ruine la séquence finale du film sur le Golden Gate Bridge tant les trucages paraissent évidents. Roger Moore vieillit, on a l’impression que depuis Moonraker, il prend 5 ans entre chaque film. Même si l’envie est toujours là et l’esprit Bond perdure, les scénaristes ratent le coche en ne prenant jamais cet aspect en compte dans le scénario, comme l’avait fait avec succès Jamais plus Jamais par exemple. Ces sequences de plus en plus spectaculaires ne prennent tout simplement plus du tout. J’aime le thème qu’a fait John Barry pour le film, mais on l’entend tout le temps, souvent à peine revisité. Plastiquement, le film reste superbe, sans se montrer aussi inventif et inspiré que les épisodes precedents. John Glen fait du bon boulot, et comme toujours tout l’aspect technique et visuel du film est soigné, mais on sent qu'il faut maintenant passer à autre chose et repenser la saga.

20) James Bond contre Dr No : C'est un peu comme revoir les premières saisons de Chapeau melon et bottes de cuir, les éléments du succès de la saga sont tous là, mais faute de moyens les ambitions sont limitées et l'ensemble manque de souffle. A toutefois la bonne idée d'être court et se laisse regarder sans déplaisir. Sean Connery s'impose immédiatement dans le rôle.

21) Opération Tonnerre : Les scènes aquatiques qui devaient être révolutionnaires á l'époque ont considérablement mal vieilli. L'on dénote aussi un certain manque d'action, et le final en accéléré n'a aucune crédibilité. Les critiques que j'ai lues sont souvent positives sur celui-ci, alors qu'il est vraiment surcoté pour moi. Seuls bons points: Luciana Paluzzi et Claudine Auger, deux excellentes Bond girls.

22) Tuer n'est pas jouer : Un Bond particulierement inégal, et beaucoup de longueurs durant les plus de 2h du film qui aurait gagné à être nettement raccourci. C'est un problème récurrent dans les Bond, mais ça se sent particulièrement dans cet opus. Avec son style brut de décoffrage, Timothy Dalton n'est pas mal mais ne s'impose pas aussi nettement qu'un Sean Connery ou qu'un Roger Moore dans le rôle. Il n'a pas leur charisme. Le ton général du film entre tradition et modernité manque d'unité. Il manque au film le style et l'élégance so british, tout paraît plus terre-à-terre.

L'intrigue riche en faux semblants et en rebondissements est plus travaillée que d'habitude pour un Bond, au risque de perdre parfois le spectateur. Hormis quelques répliques, on perd beaucoup en humour et également en exotisme avec des locations plus ternes que d'habitude. Les scènes d'action sont dans l'ensemble spectaculaires avec toujours quelques moments bondiens over the top qui font le charme unique de la saga. Maryam D'Abo fait également partie des points positifs du film avec une Bond girl qui prend pleinement part à l'action et rappelle la Tracy de Diana Rigg. Musique exceptionnelle de John Barry.

23) Quantum of Solace : Nous aurions souhaité que Casino Royale soit un lointain mauvais souvenir ; pas de chance, nous en avons la suite directe avec Quantum of Solace. Pourtant, le scénario est une bonne surprise, bien pensé et structuré, s'éloignant considérablement du faux réalisme de Casino Royale. Techniquement, le film est une réussite totale, la photographie est sublime, les décors sont inspirés, les effets spéciaux souvent habiles. Les moyens mis en oeuvre sont impressionants. Mais tous ces efforts se retrouvent ruinés par une mise en scène complètement inadaptée de Marc Forster. Son style de documentariste caméra au poing s'accomode horriblement mal avec la fluidité et l'élégance indispensables à un James Bond, on se prend parfois à refaire les cadres ou les plans tant on a du mal à comprendre ce sabotage permanent. L'exercice est quasiment sadique pour le spectateur qui entrevoit ici et là l'excellent film que Quantum of Solace aurait pu être.

À cette mise en scène baroque s'ajoute un montage épileptique complètement fou, absolument incompréhensible, qui ruine chaque scène d'action, une par une. C'est d'autant plus navrant que tous les ingrédients étaient réunis pour un solide divertissement bondien salutaire après l'ennuyeux Casino Royale. Un Sam Mendes ou un Martin Campbell aurait pu faire un des meilleurs épisodes de la saga. Niveau casting, Mathieu Amalric est clairement une erreur sévère, il apparait perdu entre deux films d'auteur. Les Bond girls rattrapent le coup avec une excellente cuvée, Gemma Arterton notamment. La musique de Dave Arnold est toujours impeccable, a contrario de la chanson titre, la plus nulle de la série, indigne du talent d'Alicia Keys. Un film assez bâtard donc, bourré de paradoxes, finalement assez frustrant, mais un poil meilleur que Casino Royale tout de même car parfois jouissif dans son jusqu'au-boutisme et son grand n'importe quoi assumé. "Bond, I need you back" dit M à la fin, nous aussi.

24) Casino Royale : Un Bond presque hors-série tant on a l'impression de voir un Jason Bourne, et pas un James Bond. L'intrigue, dénuée d'humour, particulièrement fumeuse et incompréhensible, accumule les séquences bizarres, parfois même gênantes, notamment dans son dernier tiers. Paradoxalement, le film se veut réaliste mais cumule les invraisemblances et le scénario part progressivement en roue libre. Les longueurs s'enchaînent, les rebondissements aussi, mais on ne comprend jamais les tenants et les aboutissants, les motivations des personnages, et surtout le rôle de Bond dans tout cela.

Plusieurs points positifs sauvent cet opus de la sortie de route : l'excellente réalisation de Martin Campbell qui fait regretter qu'il n'ait pas eu un scénario proche de GoldenEye, il apporte à une simple filature dans l'aéroport de Miami ou dans les rues de Venise une incroyable tension, et le peu de séquences d'action sont impeccablement troussées. Il faut aussi saluer un Daniel Craig qui réussit à mettre du liant et de la cohérence dans ce grand n'importe quoi, une vraie performance. Le reste du casting est de haut niveau, malheureusement gâché par des dialogues trop souvent plats et des personnages ineptes.

25) Les diamants sont éternels : Tout apparait je-m'en-foutiste dans celui-ci. Incompréhension totale devant le choix du Nevada, qui apporte des paysages soit arides et sans intérêt, soit bling-bling et putassiers dans Las Vegas - la richesse géographique des États-Unis proposait de bien meilleurs cadres - intrigue sans queue ni tête, deux tueurs ridicules et anachroniques qu'on croirait sortis de Easy Rider, personnages américains caricaturés au maximum et insupportables au possible, ensemble extrêmement mal vieilli... un sacré ratage.

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