saison 1 saison 3

Saga James Bond (1962-...)

Classement James Bond du meilleur au pire - Estuaire44


1) Bons baisers de Russie : Le film tient toutes les promesses perceptibles dès Docteur No tout en achevant de mettre en place l’univers cinématographique de James Bond. Le mythique SPECTRE est pleinement révélé, nous valant une brochette absolument exceptionnelle d’antagonistes, la quintessence des 60’s de ce point de vue. Le récit revêt la forme d’un passionnant périple exotique, pimenté par la beauté des paysages, d’époustouflantes scènes d’action, et la complicité canaille entre 007 et Ali Kerim Bey. Le charme de Tatiana Romanova éclate a chaque image, tandis que la belle participe davantage à l’action qu’Honey Rider. Connery confirme sa vitalité et son charisme hors normes au cours de la plus inoubliable des aventures de James Bond.

2) Goldfinger : Le formidable partenariat entre l’extraverti Goldfinger et le mutique Oddjob grave dans le marbre le duo « génie du mal/tueur invincible » qui va imprimer sa marque à la saga. Les scènes cultes abondent tandis que la DB5 devient d’emblée le véhicule définitif de James. Le scénario place astucieusement James Bond dans une situation délicate, ce qui accroît encore le suspense. Avec Pussy Galore, Honor Blackman campe sans doute la plus marquante des Bond Girls, avec l’atout supplémentaire d’un écho de la personnalité bien trempée de Mrs Catherine Gale, première partenaire féminine de John Steed. L’association avec Connery fonctionne parfaitement, mais on peut regretter que Pussy perde tout intérêt dès lors qu’elle est séduite par Bond.

3) On ne vit que deux fois : L‘archipel nippon apporte une précieuse spécificité à cette aventure de 007, entre passionnante relation de l’émergence du Japon technologique, exotisme joliment rendu dès le magnifique générique, ou solidarité insulaire manifestement ressentie par Ian Fleming et exprimée par la complicité entre Tanaka et Bond. La bataille aérienne ou le mémorable assaut de la base du SPECTRE composent de superbes morceaux de bravoure. Les James Bond Girls locales résultent absolument charmantes. Donald Pleasence nous offre la version la plus grandiose de Blofeld, demeurée la plus remémorée au fil du temps, tandis que son organisation figure au faîte de sa puissance. Il demeure toutefois assez seul, ses sbires paraissant peu relevés.

4) L'Espion qui m'aimait : Le film demeure sans doute le plus réussi de l'ère Roger Moore. Entre Égypte antique et univers marin, il sait multiplier les images spectaculaires et dépaysantes. Moore forme un parfait duo avec Barbara Bach. La robe de soirée d’Anya Amasova demeure inoubliable tandis que le charme féminin se voit également dignement représenté par les apparitions de Caroline Munro et de Valerie Leon. Plusieurs grandes scènes d’action complètent également le spectacle, l’assaut du bateau amiral de Stromberg s’imposant comme un modèle du genre, et Jaws se hissant d’emblée à la hauteur des meilleurs adversaires de 007. Comme génie du mal, Curd Jürgens apparaît toutefois un peu éteint.

5) Skyfall : Parfaitement ajusté au cinquantenaire de la saga, le film poursuit le parcours du 007 de Craig tout en l’entremêlant habilement au petit monde de l’Universal Exports des débuts. Au-delà des clins d’œil au passé, les différents personnages (tonique Moneypenny, transition d’un M à l’autre...) se voient bien gérés tout au long d’une aventure très rythmée. Javier Bardem campe un fascinant adversaire, le plus notable depuis longtemps. Les impressionnantes localisations (Glen Coe, Hashima, Londres...) rehaussent les débats. Quelques faiblesses transparaissent dans le scénario mais Skyfall présente l’immense mérite de remettre James Bond en selle après le fiasco de Quantum of Solace.

6) Permis de tuer : Le film donne la part belle au talent de Timothy Dalton, sans doute l’interprète de James Bond à la palette la plus riche. Placer 007 en rupture de ban renouvelle agréablement la saga même si le récit relativise quelque peu cet élément au fur et à mesure de sa progression. Q répond d’ailleurs à l’appel, avec cette fois une savoureuse participation approfondie à l’aventure. Le film surfe un peu trop sur l’air du temps (passages très Miami Vice) mais compte de spectaculaires scènes d’action, dont le mémorable final. Le méchant, impeccablement incarné par Robert Davi, se montre suffisamment complexe pour encore hausser les débats.

7) GoldenEye : Le film parvient à relancer la saga après un long hiatus tout en plaçant en orbite Pierce Brosnan dans le rôle de James Bond. Outre de nombreuses scènes particulièrement spectaculaires, son succès se base sur un scénario astucieux, la description de la Russie post-soviétique insérant le film dans la modernité de 1995. Le film vieillit bien grâce au talent de Brosnan, mais aussi par sa galerie très réussie de seconds rôles. Les vilains se montrent en particuliers fort gouleyants, élément clef d’un James Bond réussi. Les images de synthèse entrent en scène de manière réussie, leur surenchère ne deviendra vraiment gênante que par la suite.

8) Opération Tonnerre : Comme la plupart des films de Sean Connery, celui-ci bénéficie de l’atmosphère unique des Sixties, si propice aux récits d’aventures. L’acteur apporte toujours son charisme et sa vitalité au personnage tandis que le SPECTRE se voit de nouveau brillamment utilisé comme puissance hostile et comme galerie de portraits d’intéressants psychopathes (mention spéciale à Fiona Volpe, encore à ce jour la meilleure Bad Girl de la saga). Si la mise en scène se montre électrique, on regrettera l’enchâssement de l’action dans une poignée de lieux répétitifs, des passages sous-marins surabondants et désormais vieillis, ainsi que la fadeur de Domino.

9) L'Homme au pistolet d'or : La présence du regretté Christopher Lee apporte immensément à Scaramanga et à l’ensemble d’un film jouant admirablement de son opposition avec Roger Moore. L’intrigue peine toutefois à se développer au-delà de ce thème et souffre de références opportunistes à la mode des films de Kung-fu. Quelques éléments humoristiques se voient également greffés, mais avec un succès inégal. La mise en scène demeure efficace et la Baie d’Ha Long compose l’un des plus beaux décors naturels de la saga, mais il est regrettable que le duel final, tant attendu, se limite pour l’essentiel à une resucée de la scène pré-générique.

10) Spectre Le film présente évidemment comme difficulté de succéder à l’immense succès public et critique de Skyfall. S’il évoque d’abord Quantum of Solace par une frénétique succession de sauts d’un pays à l’autre, cette première partie manifeste ici bien davantage de dynamisme. De plus, on se situe dans la continuité de l’excellent Skyfall pour la somptueuse mise en scène de Mendes et le portrait d’un 007 sachant, tout comme M et son équipe, opérer un retour aux sources tout en intégrant la modernité. Daniel Craig apparaît ici au sommet de son art et de son interprétation de Bond. Il forme un parfait duo avec l’épatante Léa Seydoux campant une Bond Girl enthousiasmante et contemporaine. On regrettera toutefois quelques errements dans l’écriture du Blofeld de Waltz ainsi qu’un SPECTRE moins flamboyant que naguère.

11) James Bond contre Dr No : Le premier opus de la saga souffre d’un budget relativement modeste, et doit de ce fait limiter ses ambitions en matière de décors et de scènes d’action. Il parvient néanmoins à édifier les fondations de la saga, avec le portrait réussi du James Bond cinématographique et d’un déjà remarquable adversaire, premier d’une longue lignée. Le scénario, plaisamment 60’s, se montre tonique, mais aussi très segmenté. Le film doit hélas composer avec le boulet Honey Ryder, totalement inerte et dépositaire de tous les clichés machistes imaginables. La piquante Sylvia Trench aurait bien davantage pimenté l’aventure, en partenaire de James Bond.

12) Tuer n'est pas jouer : Timothy Dalton opère une convaincante entrée en lice, avec une palette de jeu particulièrement riche et la somptueuse scène de Gibraltar. Maryam d’Abo séduit plutôt par sa fraicheur et sa beauté mais le duo fonctionne correctement. Toutefois, le film se caractérise par une vision romantique (hollywoodienne) du conflit afghan et pâtit particulièrement de méchants bien peu savoureux et manquant d’envergure, avec à la clef un affrontement final passablement ridicule. La bande son se montre toutefois somptueuse, se joignant à plusieurs très belles scènes d’action.

13) Le Monde ne suffit pas : Le film bénéficie de l’apport de deux méchants de haut vol avec l’énigmatique Renard, interprété par l’épatant Robert Carlyle, et la flamboyante Elektra, avec laquelle notre Sophie Marceau nationale réalise une prestation aussi surprenante que convaincante. Le scénario se montre astucieux, nous valant un twist tonitruant et une M bien davantage impliquée qu’à l’ordinaire dans l’action. On retrouve toutefois les tics de l’ère Brosnan : coller à tout crin à l’air du temps (y compris Lara Croft) et doper l’action jusqu’au ridicule grâce aux effets spéciaux numériques et des décorums de Science-fiction.

14) Dangereusement vôtre : Le film présente le grand mérite de permettre à Roger Moore de quitter la scène sur un opus honorable. L’aventure a du souffle, le péril de la faille de San Andreas parlant naturellement au public américain. Si Moore apparaît effectivement trop âgé pour le rôle, il conserve de l’allant, et le découvrir en duo avec Patrick Macnee ravira les amateurs des Sixties, même si ce dernier aurait pu être davantage présent. Christopher Walken donne une dimension supplémentaire à un Mastermind digne de cette décennie, mais néanmoins inséré de manière plaisante dans les 80’s. On regrettera toutefois que l’affrontement promis avec May Day n’ait pas lieu.

15) Les Diamants sont éternels : Sean Connery revient pour un ultime opus (officiellement...), mais ne retrouve pas son style coutumier, avec une tonalité du récit plus humoristique qu’à l’accoutumée qui conviendra sans doute davantage à Roger Moore. Cette évolution conduit à des résultats mitigés concernant l’opposition. Si le duo de tueurs clairement homosexuels a de bons moments, il n’était pas absolument nécessaire de grimer Blofeld en travesti. Le film tire un bon parti de Sin City. Tiffany est charmante, mais l’on se souviendra d’Abondance, si sympathique belle-de-nuit des casinos, dont le triste destin constitue le moment le plus dramatiquement intense de ce 007 rigolard.

16) Rien que pour vos yeux : Le film délaisse les grandioses conspirations des génies du mal pour en revenir à un récit d’espionnage solide et éprouvé. Il souffre néanmoins d’un interminable film publicitaire à la gloire de la station de Cortina d'Ampezzo, tandis que le talent de Carole Bouquet résulte encore novice. Roger Moore assure néanmoins le spectacle, avec l’aide de comédiens chevronnés tels Julian Glover, bien connu des amateurs des Avengers. La Deux-chevaux demeure sans doute le véhicule le plus improbable pour James Bond mais la poursuite s’avère prenante, de même que l’ascension finale.

17) Demain ne meurt jamais : Le scénario du film souffre cruellement d’un manque d’originalité puisque se limitant à un mix de On ne vit que deux fois et de L'espion qui m'aimait. La volonté de coller à l’air du temps et aux médias modernes n’apporte pas un second souffle, de même que la volonté manifeste de doper la dose de violence ou le placement de produits. Jonathan Pryce et la formidable Michelle Yeoh apportent une vraie présence à leurs personnages, tandis que Brosnan demeure sobrement efficace. Stamper compose un tueur trop mécanique et impersonnel. 

18) Moonraker : Le film flirte par trop avec la Science-fiction pour ne pas dénaturer l’univers de James Bond, afin de profiter opportunément du succès de Star Wars. La qualité des décors demeure toutefois au rendez-vous. Holly Goodhead ne laisse pas un souvenir impérissable comme Bond Girl. Fort heureusement, l’excellent Michael Lonsdale renouvelle la figure du Mastermind extraverti, avec un Drax au délire froid. Il forme une belle opposition avec le Bond pince-sans-rire de Roger Moore. La romance entre Requin et sa blonde élue se montre confondante d’humour pataud.

19) Vivre et laisser mourir : Le film vaut par l’arrivée convaincante d’un Roger Moore se glissant avec naturel dans un rôle auquel il imprime d’emblée sa marque. Le duo formé avec Jane Seymour ne manque pas de charme, Solitaire demeurant une fascinante Bond Girl. Toutefois la production cède par trop à la tentation de suivre une mode, la Blaxploitation, ce qui le date terriblement aujourd’hui. Au-delà de l’argument de la double identité du méchant, 007 n’affronte en définitive que de simples gangsters, et les scènes de transe vaudoue font toc au possible.

20) Octopussy : Le kitsch hindou ensevelit le film sous les paillettes, de même que le commando féminin d’Octopussy, sans parler de sa galère. Par ailleurs, le regretté Louis Jourdan n’est absolument pas dans son emploi en Diabolical Mastermind et son second relève franchement du Nanar. Si on apprécie l’humour coutumier de Roger Moore, il faut bien constater que le scénario présente des failles et verse trop souvent dans le gag assez balourd. Demeurent de superbes paysages, plusieurs scènes spectaculaires, et deux protagonistes féminins de qualité, avec Octopussy et son redoutable bras droit.

21) Au service secret de Sa Majesté : Le film se voit plombé d’entrée par le manque de présence et le talent minimaliste de Lazenby, ainsi que par un scénario inefficace. Le complot de Blofeld frappe moins les esprits que précédemment, et lui-même, malgré le talent de Telly Savalas, se voit réduit par le ridicule de l’héraldique. Il faut aussi attendre beaucoup trop longtemps pour découvrir une scène d’action digne de ce nom, et les dialogues cette fois ne pétillent que rarement. Malgré un final émouvant et la présence de Diana Rigg, la romance entre Bond et Tracy relève d’une eau de rose vraiment sucrée.

22) Casino Royale : Les interminables parties de cartes, statiques et incompréhensibles pour le non initié, suscitent autant de scènes ennuyeuses. Par ailleurs, on n’adhère pas au concept d'un Bond transformé en froide machine à tuer, de plus privé de dialogues avec Q et Moneypenny. Toutefois Daniel Craig accompagne à merveille cette vision et excelle dans les scènes d’action. Le Chiffre suscite peu de réel intérêt, on préfère des adversaires dominateurs plutôt que traqués. La meilleure surprise du film demeure Vesper Lynd, avec un grand numéro de charme et d’émotion de la part de la talentueuse Eva Green.

23) Jamais plus jamais : Une production compliquée et le manifeste manque d’implication du metteur en scène réduisent considérablement l’impact d’un film pourtant doté de moyens conséquents. Le film s’écoule paresseusement, malgré des acteurs talentueux. L’évident carton-pâte de la grotte où se déroule l’affrontement final se montre particulièrement navrant, de même que la partie de jeu vidéo totalement hors sujet. La comparaison avec son modèle de ce remake d’Opération tonnerre achève le film. Reste évidemment le plaisir de retrouver Sean Connery, qui confirme l’option plus humoristique des Diamants sont éternels.

24) Meurs un autre jour : Les tendances à la surenchère visuelle et aux images générées par ordinateurs, sans cesse accentuées durant l’ère Brosnan, atteignent ici leur summum, avec de nombreuses scènes totalement hors-sujet dans un James Bond et relevant davantage de la Science-Fiction. Halle Berry a du talent, mais Jinx se limite à un amoncellement de clichés, à l’instar du scénario. Brosnan se voit cantonné à un support d’effets spéciaux. Grâce à la remarquable Rosamund Pike, Miss Frost soutient le film à bout de bras et lui vaut ses meilleures scènes.

25) Quantum of Solace : Le film se réduit à un interminable et onéreux dépliant touristique, les destinations se démultipliant au fil d’un scénario des plus creux. Toutes les prétentions exprimées se dégonflent les unes après les autres, comme celle aspirant à la modernité alors que l’Amérique latine se voit présentée par des clichés hors d’âge. Olga Kurylenko n’exprime ici aucun talent et Matthieu Amalric n’exprime aucunement l’aura que tout adversaire de 007 se doit de posséder. L’à peu près seul moment du film où l’on retrouve une tonalité de James Bond reste la rencontre avec la piquante Strawberry (impeccable Gemma Arterton), mais cela demeure bien éphémère. 

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