Saison 7Le retour de l'Homme de fer

L'Homme de fer

Saison 8



1. LE DIABLE S'EN MÊLE, PREMIÈRE PARTIE
(RAISE THE DEVIL [1/2])



Histoire d’Anthony Lawrence. Adaptation : Anthony Lawrence et Jimmy Sangster. Réalisation : Russ Mayberry.

Résumé :

Lydia Todd est retrouvée morte poignardée dans une chambre forte fermée de l’intérieur.

Critique :

Les épisodes en deux parties sont, dans cette série, rarement des réussites. L’intrigue rappelle le mystère de la chambre jaune et l’épisode de Columbo : Le mystère de la chambre forte.

Déjà apparue dans un épisode de la série, Sian Barbara Allen est un choix malheureux, piètre comédienne qui incarne la fille de la victime.

En 1974, le succès de L’exorciste a sans doute influencé le choix de cet épisode.

Le rythme de l’épisode est plutôt lent, et l’intrigue policière dérive vers la parapsychologie, l’hypnose. Mais au lieu de nous proposer une histoire palpitante, on s’attarde en bavardages.

L’apparition de Bill Bixby en diabolique en docteur Gallin relève le niveau. Dane Clark en mari alcoolique de la victime est également brillant. En revanche, Michael Anderson Jr brille par son incompétence : manque de relief dans l’interprétation, fadeur, absence de charisme.

A la 33e minute, lors de la cérémonie, on tombe dans la magie et la sorcellerie. Mais la scène, beaucoup trop longue, devient vite ennuyeuse.

L’enquête de Dacier s’oriente sur une fausse piste, celle de Jeff Hanley (Michael Anderson Jr). Le téléspectateur est amené lui à soupçonner le médecin, Gallin, qu’incarne à merveille Bill Bixby, loin de ses rôles sympathiques habituels.

Il aurait fallu faire un seul opus au lieu de deux. D’où le résultat moyen.

Anecdotes :

  • Bill Bixby a tourné cet épisode juste après l’annulation de sa série Le magicien.

  • Michael Anderson Jr est connu pour la série western Les Monroe.

  • Jimmy Sangster est célèbre comme scénariste des films de la Hammer.

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2. LE DIABLE S'EN MÊLE, DEUXIÈME PARTIE
(RAISE THE DEVIL [2/2]

Histoire d’Anthony Lawrence. Adaptation : Anthony Lawrence et Jimmy Sangster. Réalisation : Russ Mayberry.

Résumé :

Soupçonné, Jeff Hanley se jette par une fenêtre. Pour se débarrasser de Dacier qui l’a démasqué, le docteur Gallin hypnotise Fran et lui ordonne de tuer son patron.

Critique :

Gallin hypnotise par téléphone le policier chargé de surveiller Jeff Hanley et pénètre dans la chambre, lui faisant une piqûre mortelle.

Dacier enquête sur les musiques orientales qui permettent de provoquer l’hypnose. Dans cet état, Susan Todd se jette sous une voiture mais Ed la sauve.

A partir de la 17e minute, la confrontation entre Gallin et Dacier commence. Fran tente de piéger le docteur en demandant comme une personne anonyme d’être hypnotisée pour l’aider à sortir d’une dépression.

Elizabeth Baur se montre très convaincante en agent en mission. Fran est rapidement sous la coupe du docteur. Le face à face Bill Bixby-Elizabeth Baur est un moment de bravoure.

Dacier découvre que Gallin n’est pas un médecin mais un ancien prisonnier du Vietnam qui a subi un lavage de cerveau et est devenu psychopathe.

Le suspense arrive peut-être un peu tard, mais à compter de la 36e minute, le compte à rebours devient palpitant. La neutralisation de Gallin par Ed et Mark n’empêche rien, Dacier est en grand danger avec Fran télécommandée pour le tuer.

Dans la scène finale, Elizabeth montre des capacités de comédienne étonnantes, et se révèle supérieure à Barbara Anderson que l’on n’imagine pas jouer cette séquence.

Anecdotes :

  • Dans cet épisode, le pilote de la série est évoqué lorsque Dacier a reçu une balle et est devenue infirme, il y a huit ans.

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3. FÉLICITATIONS MARK
(WHAT'S NEW WITH MARK?)

Scénario : Irving Pearlberg. Réalisation : Charles S. Dubin.

Résumé :

Mark a réussi son concours d’avocat. Il veut épouser une certaine Diana. Le couple est témoin d’un meurtre en état de légitime défense.

Critique :

Cet épisode nous permet d’évoluer dans le milieu des bookmakers. Mais surtout, signe de la saison ultime, il marque un changement crucial pour l’un des personnages principaux présents depuis 1967.

Milt Kleiner (Ned Glass) tue en état de légitime défense un certain Lupo (Guy Way), qui travaille pour le caïd Kincaid (Cameron Mitchell). Le scénario initial est assez banal, et le téléspectateur baille d’ennui. Tout au plus Elizabeth Baur nous arrache-t-elle un sourire en voyante diseuse de bonnes aventures, une couverture.

Dacier doit trouver un remplaçant aide de vie puisque Mark part voler de ses propres ailes.

L’épisode est gentillet, mais jamais passionnant. On sent la série à bout de souffle. Nous voyons Mark faire sa première plaidoirie d’avocat.

Bien entendu, Kincaid sera mis à jour devant le jury.

Pour le final, le fourgon de Dacier est couvert de fleurs, à l’occasion du mariage de Mark. Ed Brown remplacera désormais Mark, qui reste dans la série, comme aide de vie. L’ensemble est agréable à suivre, mais ennuyeux.

Anecdotes :

  • Joan Pringle (1945-) qui tourne toujours devient, et c’est un évènement dans la série, l’épouse de Mark.

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4. CLIMAT DE TERREUR
(TRIAL BY TERROR)

Scénario : Lou Shaw. Réalisation : Russ Mayberry.

Résumé :

Everett Ward a décidé de dénoncer son patron, le mafioso Martine. Mais sa voiture explose au port de plaisance devant les yeux de sa fille Caroline qui prend la fuite.

Critique :

Intrigue déjà vue et revue dans la série qui s’essouffle. On retrouve une énième fois Harold J. Stone en truand, ici appelé Martine. Deux jolies filles au programme : Joan Van Ark et Pamela Hensley, mais une intrigue banale qui jamais ne parvient à retenir notre attention.

Le jeu de cache-cache entre Ed Brown et la fille, Caroline (Joan Van Ark) est vite lassant. L’histoire est censée distiller du suspense, mais nous restons de marbre.

On complique un peu le scénario avec l’amie de Caroline, Debbie Hinden (Pamela Hensley). Joan Van Ark ne semble pas très concernée par son personnage, à peine attristée de la mort de son père, se forçant à croire à la thèse de l’accident.

Même Harold J. Stone arrive à se caricaturer lui-même. On peut trouver quelque intérêt dans les scènes entre Caroline et Debbie. Mais l’ensemble laisse un goût d’inachevé.

Dans la scène finale, Burr est peu convaincant en conduisant son fourgon pour coincer un tueur de Martine. Ed fait le joli cœur auprès de Caroline mais l’on n’y croit pas vraiment. La fin est bâclée.

Anecdotes :

  • Pamela Hensley (1950-) a arrêté sa carrière après avoir joué son rôle le plus célèbre, C.J dans Matt Houston.

  • Joan Van Ark (1943-) est célèbre pour Côte Ouest.

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5. CHASSE AU FANTÔME
(CROSS DOUBLECROSS)

Scénario : Robert I. Holt. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Fran veut sauver un de ses amis policiers, Jim Marshall, menacé de mort ainsi qu’un ex policier collègue suite à la libération d’un meurtrier, Frost, qu’ils ont coffré huit ans auparavant.

Critique :

Cet épisode est censé nous montrer un flirt entre Fran et Jim Marshall (Gary Lockwood). Malheureusement, l’osmose entre Elizabeth Baur et Lockwood est largement improbable. Je dirai même qu’Elizabeth joue faux, malgré son charme. Jusqu’ici trop coincée, son personnage n’est pas crédible dans son amitié/flirt avec le policier.

Ce dernier est mis en cause pour ses emportements, et Dacier veut l’écarter de l’enquête. Lorsqu’il devient question d’un magot laissé par Frost (Buck Young), tout devient embrouillé.

Le personnage de la femme de Frost, Amy (Madlyn Rhue) est de loin le plus intéressant. Mais plus on avance dans l’épisode, plus on s’ennuie. Lorsque Frost est tué, on peine à croire que Jim Marshall puisse être soupçonné, il est le seul témoin.

L’ex-partenaire de Marshall, Len Parsons (Mike Farrell) se révèle une ordure de première. Il a inventé Claude West, un « méchant » pseudo complice de Frost, pour lancer Dacier et Marshall sur une fausse piste.

Elizabeth Baur, d’ordinaire excellente mais dans un rôle limité, peine ici à convaincre. C’est bien dommage. On mettra deux étoiles pour quelques belles scènes, et malgré les raccords archives de San Francisco et scènes de studio habituelles.

Anecdotes :

  • Gary Lockwood (1937-) était le docteur Frank Poole dans 2001, l’odyssée de l’espace.

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6. ROMÉO ET JULIETTE
(SET-UP: DANGER!)

Scénario : William Gordon et James Doherty. Réalisation : Russ Mayberry.

Résumé :

Dacier est kidnappé par un chef de la Mafia qui veut s’en servir pour retrouver l’assassin de sa nièce Selma.

Critique :

Toute l’exposition et le premier acte de l’épisode sont ennuyeux. A la 12e minute, l’arrivée de Bruno Roman (Barry Sullivan, un vieux briscard de la télévision) nous sort de notre torpeur. Dès lors, Dacier va mener une enquête tout en étant otage de son vieil ennemi mafioso, et que son équipe le recherche.

L’affaire de passe à Los Angeles, mais nous avons surtout des scènes d’intérieur. Eric Roman (Rudy Solari), fils du mafieux, soupçonne le frère d’un des associés, Jack Phelps (John Vernon), un certain Max (Michael Richardson).

L’épisode devient bavard, avec une construction d’intrigue à la Agatha Christie, un nombre de suspects que Dacier doit réduire pour trouver le coupable.

 Selma avait en fait découvert que son cousin, le fils de Roman, Eric, tapait dans la caisse. Le happy end est hautement improbable pour la première enquête de Dacier faite sous menace. Barry Sullivan n’a pas la pêche qu’on lui connaît d’habitude. Il faut dire que la veine de la série est complètement épuisée, comme si les scénaristes ne savaient plus quoi inventer pour continuer. Fran, Mark et Ed sont relégués au rang de faire valoir pendant cette incursion de leur chef dans la mafia.

Le téléspectateur lui se prend plusieurs fois à regarder sa montre. J’ai trouvé que Michael Richardson jouait particulièrement faux, en jeune niais, face à un John Vernon au métier sûr. Il ne faut plus visiblement attendre de miracles : les enquêtes de Dacier ne nous en réserveront pas.

Anecdotes :

  • Mark appelle son épouse mais nous ne la voyons pas dans l’épisode.

  • Dacier avait arrêté Bruno Roman en 1960, ce qui a permis au chef de devenir inspecteur.

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7. LE DERNIER COTILLON
(THE LOST COTILLION)

Scénario : Walter Black. Réalisation : Alvin Ganzer.

Résumé :

Une vieille femme dans un long manteau poignarde un homme, Stephen Post,  qui promenait son chien au bord de la rivière, une certaine Athena Champion. Son beau-frère, Courteney Eliot , la fait chanter.

Critique :

Diffusé le 31 octobre 1974 aux Etats-Unis, cet épisode lorgne vers Columbo en nous montrant la coupable dès les premières images.

On doute vite de la santé mentale d’Athena (Kim Hunter). Celle-ci convie Dacier, parmi d’autres, à un dîner.

A la 13e minute, le titre nous est expliqué : un cotillon est un bal. Athena se souvient de son carnet de bal de 1937 sur lequel figurait en premier la victime. Athena demande à Dacier de s’occuper de l’enquête.

La lady est une des nombreuses amies de Dacier qui en aura collectionné un véritable catalogue pendant huit saisons. Athena continue de commettre des meurtres, en poignardant avec une paire de ciseaux.

Athena est entourée d’une nièce, Jennifer Eliot (Jess Walton) qui la pousse à perdre la raison en la droguant ou en lui faisant perdre la face en public. Le maître chanteur, père de Jennifer, Courteney (Dana Andrews) est la prochaine victime, troisième homme figurant sur le carnet de bal, le cotillon.

Dacier pense qu’Athena est innocente. La piste d’une sœur jumelle est évoquée, mais nous finissons par voir Jennifer à conditionner une Athena droguée à commettre les meurtres.

Dans le double rôle d’Athena et de sa sœur jumelle, Kim Hunter fait un tour de force qui rehausse l’épisode au niveau de deux étoiles. Car la mère de Jennifer et sœur jumelle d’Athena, Claudia,  est bien vivante. Une pauvre folle manipulée par Jennifer. Le twist final nous éloigne donc de Columbo.

Un épisode que la production a voulu grandiose mais qui est complètement tiré par les cheveux, livrant les fissures du script au fur et à mesure que l’on évolue dans la vision de l’histoire.

Anecdotes :

  • Jess Walton (1949-) est Jill Abbott dans Les feux de l’amour.

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8. FUGUE MORTELLE
(RUN SCARED)

Scénario : Hindi Brooks. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

Compagne d’un mime qui a eu maille à partir avec la police et artiste elle-même, la nièce de Dacier, Peggy, est témoin d’un meurtre. Son ami Jamie les met en danger en refusant la protection de la police.

Critique :

Ed Nelson, le bon docteur Rossi de Peyton Place est ici utilisé à contre-emploi, en tueur.

Au bout de huit saisons, cette nièce de l’homme de fer tombe un peu comme cheveu dans la soupe. Il n’en a jamais été question jusqu’ici. C’est d’ailleurs l’un des premiers rôles de la carrière de son interprète Kathleen Quinlan qui continue toujours de tourner.

Sylvia Harris (Bettye Ackerman) est la sœur de Dacier, dont il était éloigné. Il la savait divorcée, mais ignorait qu’elle était remariée. Tout cela fait factice et tiré par les cheveux. Bettye a joué dans la saison 2 mais un autre personnage, celui d’une femme médecin.

Le suspense a du mal à s’installer, car il s’agit du genre d’intrigues vues et revues dans toutes les séries. On perd du temps avec l’évocation de la famille (en la matière de la sœur de Dacier).

Nelson est assez crédible en tueur, prêt à traquer et éliminer le jeune couple. Elizabeth Baur est mise à contribution pour une enquête en solitaire, mais l’action se transpose ensuite à Los Angeles.

A la 34e minute, on découvre le cadavre de Jamie. Ce qui est invraisemblable dans cet épisode est que le tueur, qui a voulu se débarrasser d’un usurier, est le père de Peggy et ne le sait pas. Il le découvre à la 44e minute.

Cet épisode larmoyant et mal ficelé arrive tout juste à deux étoiles.

Anecdotes :

  • Ed Nelson (1928-2014) a tourné 189 rôles, mais reste célèbre pour celui du docteur Rossi de Peyton Place.

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9. LE LIEU DE PASSAGE
(ACT OF VENGEANCE)

Scénario : True Boardman. Réalisation : David Friedkin.

Résumé :

Robert Dacier veut créer un foyer pour enfants dirigé par un ex-délinquant.

Critique :

On se croirait dans Les routes du Paradis. Dacier retrouve ici son rôle d’assistant social, dans lequel on le voyait souvent durant les premières saisons, mais qui n’est pas une bonne idée.

Pétri de bons sentiments, l’homme de fer veut aider un délinquant qui jadis préféra le sauver des flammes plutôt que fuir. Dans ce rôle de Carl Parkos, Paul Burke n’est malheureusement pas à l’aise.

Le scénario accumule les invraisemblances et les situations attendues, avec l’épouse de Parkos, Laverne (Kathie Browne) maîtresse d’un certain Len Harter (Anthony Eisley), secret que découvre le fils de Carl, Tony (Scott Colomby).

Episode bien-pensant et moralisateur qui préfigure le « politiquement correct », l’aspect policier est ici gommé par le mélodrame. La présence de deux bandes rivales de jeunes délinquants, les aigles et les trappeurs, la mort de Tony, et les autres évènements s’égrènent dans l’indifférence.

L’acteur qui incarne l’autre fils Parkos, Barney (Butch Patrick) joue particulièrement faux, ce qui n’arrange pas les choses. La fuite de Carl Parkos compromet sa liberté et le projet de Dacier.

Le twist final dans le manège pour enfants à l’arrêt aurait pu être un bon moment qui sauve l’entreprise du désastre, mais Paul Burke, victime d’une erreur de casting, n’est pas du tout convaincant.

Anecdotes :

  • Anthony Eisley (1925-2003) fait ici sa troisième et dernière participation à la série. On l’a vu dans Les envahisseurs, Les rues de San Francisco, Cannon.

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10. DE L'AUTRE CÔTÉ DE LA BARRIÈRE
(THE FAR SIDE OF THE FENCE)

Scénario : Judy Burns. Réalisation : David Friedkin.

Résumé :

Pour démasquer un policier qui renseigne des braqueurs, Dacier demande à Ed Brown d’infiltrer le milieu. Mais Ed est soupçonné par les bandits et mis à l’épreuve : il doit tuer Dacier pour prouver sa bonne foi.

Critique :

On revient avec cet opus au polar pur et dur. Don Galloway a toujours été limité comme comédien et il ne faut pas s’attendre à un miracle. Infiltrer un gang sied mieux à Roger Moore dans Le Saint qu’à Galloway. Heureusement, en chef de gang, Peter-Mark Richman est excellent. Il domine, et de loin, la distribution en malfrat cynique et cruel, Lou Parker.

Meilleur épisode depuis le début de cette saison 8, nous découvrons Elizabeth Baur avec une nouvelle coiffure, un chignon, mais malheureusement, elle a peu à jouer. Une scène lors de la fausse mort de Dacier où elle interviewée à la télévision.

Beaucoup de scènes d’extérieurs, sur le port, évitent l’effet tournage en studio habituel. Déguisé de façon grotesque, Don Galloway, moustachu et en lunettes noires, se caricature, et fait pâle figure face à Peter-Mark Richman. Retrouver l’identité du policier ripoux est ce qui retient le plus l’attention.

Ed est censé être protégé par un micro qui est détruit lorsqu’il est passé à tabac par les hommes de Lou Parker. En espion flic dans la Mafia, Ed ne fait pas long feu et est vite démasqué. On est déçu par l’identité du ripoux (spoiler), un personnage de peu d’envergure, qui découvre que Lou Parker (et non Dacier) a tué son frère.

La scène finale ne manque pas de suspense mais sombre un peu dans la facilité. L’un des personnages les plus crédibles est Charlotte (Shelley Fabares), aux airs de Sainte Nitouche, l’épouse du ripou.

Anecdotes :

  • 2e participation seulement pour Richman après un épisode de la saison 1. Ce dernier, né en 1928, tourne encore de temps à autre. Alors qu’on le croyait en retraite depuis 2011, on va le revoir dans un court métrage, The final show de Dana Nachman.

  • Nouvelle apparition de Joan Pringle en épouse de Mark.

  • Shelley Fabares (1944-) ne tourne plus depuis 2003. Elle avait les atouts pour faire une grande carrière, mais n’a guère transformé l’essai. On la retrouve au générique de La croisière s’amuse, 200 dollars plus les frais, L’incroyable Hulk, L’île fantastique, Arabesque.

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11. AIDEZ LES JEUNES
(THE OVER-THE-HILL BLUES)

Scénario : Robert Hamner. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

Dacier soupçonne un as du cambriolage, Peter Justin, d’être l’auteur d’un vol. Or ce dernier a passé la main à un jeune émule.

Critique :

Episode avec Leslie Nielsen d’avant les Y-a-t-il un pilote ? en Peter Justin, sorte de réplique de Al Mundy de Opération vol.

On est surpris de voir dans un rôle de premier rang John Milford (Les envahisseurs) en sergent Tony Costa. Nielsen donne à l’épisode, du moins au début, une certaine légèreté inhabituelle dans la série.

La relation Dacier-Justin est empreinte d’une certaine complicité bienveillante. Pas vraiment de tension dans la mesure où la victime du vol de bijoux, Andrea Reynolds (Beverly Garland) est loin d’être affligée, comparant les joyaux dérobés (et assurés) à ses précédents maris !

En maîtresse de Justin, Beth Brickell, qui incarne Gillian Simpson, ne manque pas d’allure. Par contre, l’élève de Justin manque d’envergure. Un clone de David Hasselhoff. Randy Pearce (le fade Steve Sandor).

Fran Belding est une fois de plus lancée en solo sur l’enquête, ce qui aurait pu, quelques années plus tôt, être une bonne idée de spin off. Cependant, en saison 8, L’homme de fer est une série usée jusqu’à la corde et l’occasion est passée.

Justin est finalement doublé par Pearce qui commet un meurtre et un vol. La transition ratée entre le drame et la comédie empêche l’opus d’avoir la note maximale.

Anecdotes :

  • Nouvelle apparition de Mrs Mark Sanger, Diana. Cette-fois, son personnage a de l’importance dans l’intrigue et ne fait pas que passer.

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12. LE CONFESSEUR
(SPEAK NO EVIL)

Scénario : Oliver Crawford. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Quelqu’un tente de tuer Steve Timmins, un moniteur de sport s’occupant d’enfants ami d’Ed Brown. Dacier découvre que Steve est un prêtre qui a entendu en confession un assassin.

Critique :

Sur le thème rendu célèbre par Sir Alfred Hitchcock dans La loi du silence, voilà un épisode fade et inutile, qui ne rehausse pas la dernière saison. Les amis d’Ed Brown dans la série sont improbables. On lui invente une vie sociale, mais les personnages créés ne vont pas du tout avec son style

On devine vite les tenants et aboutissants de l’histoire, avant que l’épisode ne nous les révèle. La scène de l’incendie, par exemple, est téléphonée. Steve (Christopher Connelly) est caricatural en jeune prêtre en rupture de vocation. Trois dealers ont été tués par la même personne, et celle-ci s’est confiée au prêtre. Une femme, dont la fille, Connie, est morte à 18 ans d’une overdose.

Episode reflet de la saison de trop. Les bons sentiments et la guimauve noient l’ensemble dans un opus ennuyeux. Dacier découvre par hasard, et trop facilement, la piste de Louise Mowbray (Jean Allison) à la paroisse, parmi des gens qui font œuvre de bienfaisance.

Même Elizabeth Baur semble être lasse de jouer Fran Belding, et ne lui donne plus l’impulsion des premières saisons avec son personnage, c’est dire ! On le constate dans la scène avec le prêtre. Manque de conviction totale.

La confrontation entre le père de la jeune Mowbray et Mark est le seul moment intéressant : « Vous êtiez où les flics quand il distribuait son poison ? », Mark répondant « Où étiez-vous quand votre fille le prenait ? ».

Plus qu’un policier, Robert Dacier est ici dans un rôle d’assistante sociale et de psychologue à deux sous. Le réalisateur tente de distiller un peu de suspense au final, lorsque la vie du prêtre est menacée.

Reste l’identité de l’assassin, spoiler, que le téléspectateur a deviné depuis longtemps. On cherche à nous égarer tout au long de l’épisode, mais en vain.

La fin très moraliste est difficile à supporter jusqu’au bout.

Anecdotes :

  • Christopher Connelly (1941-1988) mort jeune d’un cancer est surtout apparu en guest star dans des séries : Mannix, Mission Impossible, Le Fugitif, Peyton Place, Bonanza, La croisière s’amuse, L’île fantastique, L’homme qui tombe à pic.

  • Ed Brown révèle qu’il est athée.

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13. LA CHUTE D'UN ANGE
(FALL OF AN ANGEL)

Histoire de Phyllis et Robert White. Adaptation: William Gordon, James Doherty, Phyllis et Robert White. Réalisation : Daniel Haller.

Résumé :

Un coiffeur, Al Williams, reçoit la visite d’un trafiquant de drogue, Drexel qui le menace d’un pistolet. Al se défend et tue l’homme avec un rasoir. Dacier trouve dans sa fourgonnette un petit garçon, Joey, le fils d’Al Williams. Le père de Drexel est un caïd de la Mafia appellé « L’ange » qui veut se venger.

Critique :

Après la médiocrité de l’opus précédent, nous retrouvons une intrigue policière à suspense. Au cours de cette dernière saison, il n’est plus jamais question du commissaire Randall, son interprète, ami de Raymond Burr, Gene Lyons étant décédé le 8 juillet 1974.

Cet épisode n’est pas sans évoquer la série Arnold et Willy avant l’heure, lors des scènes entre le petit black, Jarrod Johnson (Joey) et Raymond Burr. L’enfant joue très juste. Nous avons droit aussi à de jolies scènes délicates avec Elizabeth Baur.

Le réalisateur arrive très habilement à éviter la mièvrerie pour saisir l’émotion. Les scènes sonnent ainsi très justes. L’action policière se conjugue avec habileté avec la protection de l’enfant. On aurait aimé que toute la saison soit de ce tonneau.

L’enfant aide l’équipe de Dacier à mener l’enquête. Bonne performance de Judy Pace dans le rôle d’Ellen Young, la petite amie d’Al Williams.

On passe un agréable moment, ce qui n’est plus le cas depuis longtemps avec L’homme de fer. Scénario solide, réalisation subtile, bons comédiens. Sans atteindre la qualité de l’insurmontable Où est la limite ? cet épisode reste longtemps en mémoire après l’avoir vu. Un superbe opus sur la légitime défense.

Anecdotes :

  • Elizabeth Baur a repris sa coiffure traditionnelle.

  • L’épouse de Mark, Diana, est cette-fois sur le terrain avec ce dernier.

  • Enfant acteur, Jarrod Johnson (1966-) a fait une courte carrière, commencée en 1972, et terminée en 1979 avec un épisode de L’incroyable Hulk.

  • William Elliott (1934-1983) était pianiste avant de devenir acteur. Il a tourné de 1967 à 1980. Au cinéma, on l’a vu dans Coffie, la panthère noire de Harlem (1973). Il fut l’époux de la chanteuse Dionne Warwick.

  • Judy Pace (1942-) a joué dans L’affaire Thomas Crown et Le casse de l’oncle Tom (Cotton comes to Harlem). Son rôle le plus récent date de 2014.

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14. CODE SECRET
(THE VISITING FIREMAN)

 

Scénario : Jimmy Sangster. Réalisation : Don Weis.

 

Résumé :

 

Un cambriolage a lieu au consulat britannique. De l’argent et des codes secrets ont été volés.

 

Critique :

 

On sort complètement du cadre de la série. Tout d’abord, il est question d’espionnage, et de sujets de Sa Majesté.

 

La VF trahit l’esprit des échanges, les anglais étant plutôt vouvoyés, et le tutoiement de Dacier à leur égard constitue une faute de goût du doublage.

 

Le scénario n’est pas extraordinaire, mais l’épisode se regarde sans ennui. On le doit en partie à John Williams, et dans une moindre mesure à Hedley Mattingly que l’on voit trop brièvement.

 

NBC diffuse là un des derniers épisodes de la saison, les trois derniers restant inédits (puis enfin diffusés en syndication). Fin 1974, victime d’une crise cardiaque, Raymond Burr avait d’autres soucis, entre la vie et la mort dans le coma. Alors que l’audience déclinait, NBC songea à un spin off, L’homme de fer au Paradis qui serait tourné aux îles Fidji, où Burr avait acheté une propriété, mais le projet fut abandonné.

 

Pour en revenir à l’épisode, on perd le fil assez vite, étant tellement éloigné du canevas de la série. John Williams est émouvant dans la scène où il avoue que son personnage, Bill Watson, est gravement malade du cœur, et risque être révoqué à deux ans de la retraite. Les médecins lui donnent une espérance de vie de 75 ans. Cela fait partie des disgressions qui nous écartent de l’intrigue.

 

Dacier poursuit l’enquête et arrête un certain Barney Rollins (Joe George) tandis que Bill Watson poursuit sa propre intuition. Ce qui est invraisemblable, c’est que pendant une bonne partie de l’épisode, les codes secrets ne sont pas changés pour des raisons techniques. Le Royaume Uni ne les change qu’à la 43e minute de l’opus, ce qui nuit bien sûr à la crédibilité.

 

En voulant faire cavalier seul, Bill Watson fait une nouvelle crise cardiaque et se retrouve dans un état gravissime. Le twist final (spoiler) fait découvrir à Dacier une bien mauvaise surprise concernant son ami. L’épisode se termine dans la tristesse et la mélancolie.

 

Emu, Dacier décide de transgresser la vérité. On ne peut pas dire que dans la dernière scène, l’équipe de Dacier soit joyeuse.

 

L’épisode souffre d’une intrigue un peu trop complexe, de retournements de situations peu crédibles, c’est étonnant puisque c’est l’excellent Jimmy Sangster, auteur du Cauchemar de Dracula et de Frankenstein s’est échappé qui est aux commandes du script.

 

Anecdotes :

 

  • Les fans de Daktari sont toujours heureux de revoir Hedley Mattingly (1915-1998), ici crédité sous le nom de Mattingley.

  • John Williams (1903-1983) a joué dans Sabrina, La main au collet, le crime était presque parfait, Témoin à charge au cinéma et dans Columbo : SOS Scotland Yard à la TV.
  • Jimmy Sangster est un scénariste de la Hammer Films.

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15. UN PASSÉ ENCOMBRANT
(THE RETURN OF ELEANOR ROGERS)

Histoire d’Alfred Brenner, William Gordon et James Doherty. Adaptation : William Gordon et James Doherty. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

A plusieurs reprises, on attente à la vie du juge John Fredericks. Sa fille Isabel, ami d’Ed Brown, demande à Dacier de mener une enquête. Mais ce dernier oriente son enquête vers la nouvelle épouse du juge, Eleanor, une ancienne entraîneuse.

Critique :

Episode qui nous permet de retrouver la délicieuse Katherine « Kathy » Cannon que les amateurs de L’homme de Vienne n’ont pas oubliée.

Dacier ne s’en laisse pas conter par Isabel, jalouse de sa belle-mère, et s’intéresse à l’épouse du juge Fredericks (Joseph Campanella), l’ex-entraîneuse Eleanor (Ina Balin, au jeu plutôt maladroit). En explorant le passé de la dame, il la blesse profondément.

Les attentats contre le juge sont liés à son passé et à ses liens avec des justiciables de son mari. Un juge bien inconscient qui ne se sent pas en danger malgré plusieurs attentats.

Brad Collins téléphone à Eleanor et la menace de s’en prendre à son mari s’il n’abandonne pas les charges contre un certain Joe Menlo (Stanley Adams).

J’ai trouvé Joseph Campanella trop décontracté en juge, pas concerné par son rôle, et concernant Ina Balin, on la voit bien trop en temps de présence à l’écran par rapport à Katherine Cannon.

L’alerte à la bombe (à la dynamite) contre le tribunal plonge l’épisode dans le suspense, ce que le prologue laissait prévoir, avec la voiture qui fonce sur celle du juge, arrachant une porte.

L’équipe de Dacier oriente ses investigations vers le poseur de bombe, Frank Wolser (Howard Curtis). En alternance, nous voyons des scènes entre Katherine Cannon et Don Galloway, puis Katherine et Elizabeth Baur.

Le juge prend enfin l’affaire au sérieux. A la 33e minute, c’est la scène de réconciliation entre Isabel et Eleanor. Cette dernière est stupéfaite d’apprendre que son juge de mari n’ignorait rien de son passé douteux.

Dans ce film, le talentueux Joseph Campanella n’arrive pas à trouver le ton juste, tantôt sérieux, tantôt trop relaxé. On a du mal à l’identifier au juge Fredericks, le personnage le plus mal écrit de la distribution. Il est bien meilleur habituellement.

Elizabeth Baur, depuis son arrivée dans la saison 5, n’a jamais été mise en valeur par les costumiers. Elle porte des chemises de nuit de grand-mère, des tenues qui ne la mettent jamais à son avantage.

Jusqu’au bout, le tournage en studio aura été une calamité. Les rues de San Francisco limitées à quatre ou cinq voitures, cinq ou six passants, font que la série est irregardable aujourd’hui (scène de la Mercédès piégée, dont Ed extrait de la dynamite au moment où Fran, Isabel et Eleanor ont failli prendre un billet simple pour le Paradis).

Le twist final (spoiler) en laissera plus d’un pantois : je ne dévoile évidemment rien, mais l’arrestation de la 45e minute n’est pas du tout celle que l’on croit et pour une fois, le spectateur, pris au dépourvu, quand la série est si souvent parsemée d’effets téléphonés, applaudit à ce coup de théâtre magistral.

On est scotché sur sa chaise. Rarement le téléspectateur aura été ainsi habituellement joué, et le plaisir de cette conclusion permet de mettre la note maximale.

Anecdotes :

  • Katherine Cannon (1953-) ne tourne plus depuis 2012. Elle a aussi fait carrière sous le nom de Kathy Cannon. On l’a vue notamment dans L’homme de Vienne, Hawaii Police d’état.

  • Joseph Campanella (1924-) fait sa quatrième participation à la série.

  • Soit les épisodes sont diffusés dans le désordre, soit Elizabeth Baur alterne d’un opus à l’autre chignon et coiffure habituelle, puisqu’elle retrouve ici son chignon.

  • L’acteur qui incarne Brad Collins n’est pas crédité au générique, chose rare.

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16. TROU DE MÉMOIRE
(THE FADED IMAGE)

Scénario : Mann Rubin. Réalisation : Bruce Kessler.

Résumé :

Un soir, Fran est victime d’une agression et se retrouve entre la vie et la mort à l’hôpital. Elle est la troisième jeune femme attaquée par un détraqué mental à l’université où elle apprend la sculpture.

Critique :

Le premier quart d’heure de cet épisode est entièrement dédié à l’émotion, avant que l’enquête commence.

Les soupçons se portent sur le doyen, Dean Glenville (Richard Anderson) qui a une liaison avec un professeur, Vivian Dorsey (Julie Gregg).

Enfin Fran reprend conscience, mais elle a un trou de mémoire sur quelque chose de crucial.

Ed Brown se montre féroce envers le professeur Glenville. Don Galloway joue mieux qu’à l’accoutumée. Mais le rythme de l’épisode semble se ralentir et s’essouffler.

Jusqu’à la 24e minute, où l’on retrouve Vivian Dorsey assassinée, puis lorsque quelqu’un tente d’étrangler Fran sur son lit. Elle doit la vie sauve au jeune officier Daggitt (John Elerick).

Les soupçons se portent sur le vigile, le capitaine Barnes (Don Red Barry), déjà convaincu par le passé de chantage. Il fait chanter Glenville qui était sorti une fois avec les deux premières victimes avant Fran.

On est un peu surpris que l’incarnation du mal (Barnes) porte un uniforme. Autre suspect de taille : Ted, le fils de Glenville (Gary Frank) aux airs hallucinés.

Un épisode dont Elizabeth Baur est la vedette mais où elle passe son temps alitée. Fran finit par se souvenir qu’au cours d’art plastique, le fils Glenville faisait un portrait de Vivian Dorsey.

Le twist final nous permet d’apprendre que Fran s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Cette histoire de psychose, de drame familial, à partir du moment où l’identité du coupable ne fait plus de doute, perd beaucoup en efficacité.

Anecdotes :

  • Dernier épisode diffusé sur NBC le 16 janvier 1975. La série fut considérée comme annulée.

  • Nous assistons à un flash-back opposant Dacier et Fran dans l’épisode 5 de la saison 4 Jeu dangereux.

  • Richard Anderson a participé cinq fois à la série, dont Où est la limite ? le meilleur épisode de la série toutes saisons confondues.

  • A la 13e minute, on pense que Fran va mourir d’une hémorragie.

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17.  UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT
(A MATTER OF LIFE OR DEATH)

Scénario : David P. Harmon. Réalisation : Jerry Jameson.

Résumé :

Robert Dacier prend l’identité d’un riche homme d’affaires, Ben Woodward, qui avec sa fille (Fran) a réservé une suite d’hôtel où doit se réunir la pègre.

Critique :

Cet épisode, où l’équipe de Dacier part en commando sous de fausses identités, évoque davantage Mission Impossible que L’homme de fer. Chacun des membres se fait passer pour quelqu’un d’autre devant Harry Blocker (Pernell Roberts) de San Diego.

Raymond Burr est plausible en riche magnat, tandis qu’Elizabeth Baur, mais c’est un peu tard, adopte des tenues un peu plus décontractées.  Elle est adorable en bikini dans la scène de la piscine du palace. Don Mitchell se montre parfait dans son nouveau personnage, Joey Martingue (Martinique en VF !), et seul Don Galloway est un peu à la traîne en Jack Dubin. Il se force à jouer les truands et ne trouve jamais le ton naturel.

Burr n’en fait pas trop et trouve le ton juste pour défier sans arrêt le caïd Blocker. Il se présente comme un gros joueur. On ne peut s’empêcher de trouver que Blocker/Pernell Roberts est un peu naïf devant cette bande de policiers déguisés.

Nous assistons à une scène savoureuse lorsque la véritable petite amie de Jack Dubin arrive à l’hôtel et tombe sur Fran, Helen (Barbara Rhoades) dans lit de son amant.

Comme dans les missions de Jim Phelps, chacun prend l’identité d’un personnage existant qu’il appartient au lieutenant Reese de neutraliser en les arrêtant de façon arbitraire. La mécanique bien huilée finit par s’enrayer. Mais l’équipe de Dacier se tire un peu trop facilement du danger, on aurait aimé que Blocker/Roberts soit un peu plus coriace.

Un excellent épisode, mais qui s’éloigne résolument du canevas de la série. On ne s’en plaindra pas car l’opus est particulièrement brillant.

Anecdotes :

  • Retour après une longue absence de Johnny Seven en lieutenant Carl Reese. On ne l’avait plus vu depuis l’épisode 24 de la saison 7.

  • Pernell Roberts (1928-2010) fait sa deuxième apparition dans la série après un épisode de la saison 1. Il reste célèbre pour Bonanza.

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18. L'ORGANISATION
(THE ORGANIZER)

Histoire de Samuel Roeca. Adaptation : William Gordon et James Doherty. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

Dacier aide un jeune homme à quitter sa ferme pour devenir peintre.

Critique :

Quelle idée saugrenue, sans doute liée à l’époque du tournage. Dacier affronte le père du jeune homme, joué par John Larch, un peu caricatural. Il y incarne Clint, le père de Porter Yarborough (William Katt), accusé à tort de vol et de meurtre.

On ne se passionne guère pour ce jeune délinquant qui veut devenir peintre, au grand dépit de son père. L’affrontement Larch-Burr devient vite lassant. Larch symbolise l’Amérique des pionniers, attaché à la terre.

Cette avant-dernière enquête de Robert Dacier, la 198e, a un aspect western qui ne convient absolument pas à la série, alors que la précédente histoire incursion dans le monde de Mission Impossible était une réussite.

Ce n’est pas la première fois que l’homme de fer doit établir l’innocence d’un homme injustement accusé. Mais ce registre a tellement été utilisé en huit saisons que l’épisode n’apporte rien de nouveau.

Ed aide le chef, évoluant en milieu hostile. Sur place, il trouve la seule personne qui ne soit pas acceptée, Veronica Zradna (Marjorie Battles), qui ne semble pas très concernée par son rôle.

Les scénaristes renforcent le caractère brutal et peu subtils des habitants du coin. Fran et Mark, pendant la première partie de l’opus, jouent les utilités, se contentant de passer les plats. Seul Raymond Burr semble se passionner pour cette enquête de Dacier.

Porter aggrave son cas, on le retrouve prostré devant le cadavre de Veronica.

C’est la guerre des polices entre celle de la ville et des champs. William Katt peine à nous faire croire à son personnage. Trop juvénile, manquant de conviction, son jeu est approximatif.

Mark se retrouve en cellule à son tour. Finalement Clint et Dacier agissent la main dans la main pour établir la vérité. Le voleur de bétail et assassin de Veronica a un complice dans la police, Earl Muncey (Shelly Novak).

La fin est mièvre et l’on ne croit guère à la réconciliation père-fils. Un épisode longuet et ennuyeux.

Anecdotes :

  • William Catt (1951-) tourne toujours. On l’a vu dans Carrie au bal du diable, et il tourne en ce moment The man from Earth : Holocene de Richard Schenkman.

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19. LE RETOUR À LA TERRE
(THE ROLLING Y)

Histoire de Leonardo Bercovici. Adaptation : Joel Rogosin et Leonardo Bercovici. Réalisation : Jeffrey Hayden.

Résumé :

Un avocat vaniteux, Sam North, empêche la maîtresse d’un homme qui a tué son amant en état de légitime défense de se dénoncer, laissant accuser un vagabond.

Critique :

C’est par un opus très moyen que se termine, en 1975, la saga L’homme de fer. Erreur de casting flagrante ici : la maîtresse est jouée par Penny Fuller (vue dans Banacek : une collection impressionnante puis Code Quantum) dont le physique n’est pas le meilleur atout, alors que l’épouse légitime est incarnée par la belle Whitney Blake. Pourquoi diable la victime, Elliott Gaynor (Warren Stevens), s’est-il amouraché de la laide Susan Harmer quand il avait mieux chez lui ?

L’épisode est surtout le procès de l’avocat Sam North, incarné par Harris Yulin, avocat corrompu et orgueilleux, qui croit dominer la justice. Il veut même, après avoir empêché Susan de se rendre, sauver le clochard Billy Joe (Bert Remsen) qui a dépouillé le cadavre de son portefeuille.

Il n’y a d’ailleurs pas eu de meurtre dans cet épisode, puisque c’est accidentellement, en repoussant son amant Elliott, que Susan a provoqué sa mort en le faisant chuter sur l’escalier d’un jardin public.

L’épouse de Mark, Diana (Joan Pringle) assure la défense du clochard. Lorsque Dacier s’aperçoit que North veut la remplacer, il s’interroge. Il est ami, mais Dacier en huit saisons est ami avec tout le monde, de la veuve, Laura Gaynor.

Alex (Sam Chew Jr.) est le stagiaire de North. A la première vision, je l’avais confondu avec l’acteur William Devane de Complot de famille.

La vraie vedette de l’épisode est Harris Yulin, dernier adversaire de l’homme de fer dans la série. C’est un homme cynique, qui représente tout ce que Dacier déteste. Au début de l’épisode, il fait acquitter un coupable. Dacier a juré de lui retourner l’ascenseur et de provoquer sa perte. Cette partie de jeux d’échecs entre les deux hommes ne nous passionne pas (Toute la galerie des personnages de la série est ici sacrifiée à de simples apparitions Fran, Ed et Mark) et la prestation de Mrs Sanders avocate relève de l’anecdote, histoire de bien montrer qu’en 1975, les black constituent dans la société américaine une entité non négligeable.

Pourquoi un simple accident (Susan repoussant son amant qui bien malgré elle se fracasse le crâne en tombant d’un escalier) donne-t-il l’idée démoniaque à Sam North d’empêcher la jeune femme de se livrer (elle ne risque pas grand-chose) et lorsque le mendiant Billy Joe est accusé celle de démentir qu’elle soit jamais venue le consulter pour se rendre ?

Cet épisode trop ambitieux se veut le procès d’une justice de classe, celle des avocats riches et véreux. Moins mauvais que Le retour à la terre, Une question de vie ou de mort écrit à deux mains nous laisse sceptique.

En durant huit saisons, L’homme de fer a perdu beaucoup de son charme nostalgique. Témoin de l’évolution de la société américaine de 1967 à 1975, le tournage en studios l’aura plombé et empêché de devenir une série culte.

En 1993, très malade et se sachant condamné par un cancer du côlon, Raymond Burr reviendra, et nous allons en parler tout de suite, pour mener une ultime enquête qui réunira deux créatures enchanteresses, Barbara Anderson (Eve) et Elizabeth Baur (Fran) qui toutes deux avaient quitté le métier, mais reviendront faire un dernier tout de piste.

Anecdotes :

  • En 1976, Elizabeth Baur annonçait son retrait du métier pour se consacrer à sa vraie passion, la peinture.

  • Harris Yulin (1937-) a joué au cinéma dans Scarface, Bean, Rush hour 2 et Training Day.

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