Saison 5Saison 7

L'Homme de fer

Saison 6



1. CINQ JOURS EN SURSIS, 1ÈRE PARTIE
(FIVE DAYS IN THE DEATH OF SGT BROWN, PART 1)



Scénario : Robert Van Scoyk. Réalisation : Leonard J. Horn.

NB : Il s’agit d’un cross-over avec la série Bold ones : the new doctors. Seule la première partie est comprise dans L’homme de fer aux Etats-Unis.

Résumé :

Témoin à charge dans un procès sur un trafic de drogue, le sergent Ed Brown est grièvement blessé. Il fait une chute de deux étages depuis une terrasse.

Critique :

Première surprise : Mark Sanger est moustachu avec une coiffure afro. Deuxième surprise : nous découvrons toute une série de héros médecins, de la série Bold ones : the new doctors inédite en France. Il s’agit en effet d’un cross-over entre les deux séries. Le téléspectateur français est un peu dérouté. Nous sommes plus dans une série médicale que dans L’homme de fer.  Il reste bien entendu une intrigue policière, mais elle passe au second plan.

De ce fait, la multiplicité des personnages des deux séries nous plonge dans une confusion. Le téléspectateur français ne connaît pas les médecins de l’autre série. L’impression que nous laisse cette première partie est mitigée. Episode mi-policier, mi-médical, et finalement pas vraiment convaincant. On assiste à la tentative d’achever ce malheureux Ed par deux tueurs qui s’infiltrent dans l’hôpital dans des blouses d’infirmiers. Vic Morrow pour sa part incarne un personnage de The new doctors qui pourrait pratiquer l’opération sauvant Ed de la paralysie, mais les risques sont grands, d’autant qu’il n’a jamais publié ses travaux.

Aucun comédien ne tire son épingle du jeu dans cette foule. A la rentrée 1972 aux USA, il était sans doute opportun de faire ce cross-over, la première partie étant diffusée dans L’homme de fer le 14 septembre, et la seconde inaugurant la saison 4 de The bold ones : The new doctors le 19. Aujourd’hui, avec le recul, l’idée nous paraît fortement saugrenue, puisque si le coffret ne proposait pas l’épisode de la seconde série, nous resterions sur un point d’interrogation.

Anecdotes :

  • Vic Morrow (1929-1982) est mort sur le tournage du film La quatrième dimension avec deux enfants, fauché par les palles d’un hélicoptère.

  • E.G. Marshall (1914-1998) fut de 1969 à 1973 le docteur David Craig, héros des quatre saisons de The bold ones : the new doctors.

SERIE : THE BOLD ONES, THE NEW DOCTORS. 04-01- FIVE DAYS IN THE DEATH OF SGT BROWN : PART 2

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Personnages créés par Richard Landau, Paul Mason et Steven Bochco. Histoire de Robert I. Holt et Robert Van Scoyk. Adaptation : Robert Van Scoyk. Réalisation : Leonard  J. Horn.

Résumé :

Afin d’empêcher le docteur Ritter d’opérer Ed Brown, Jan Ritter, sa fille, est kidnappée. Durant l’opération d’Ed, le ravisseur exige que le docteur Ritter se montre au balcon de l’hôpital.

Critique :

Nous sommes cette-fois dans la série médicale, mais l’action policière continue, et quelque part prime. En fait, il y a plus de suspense et d’angoisse dans cet épisode qui n’appartient pas vraiment à la série. L’opération d’Ed relève moins d’une série médicale que d’un élément policier, comme dans les histoires de comptes à rebours avec des bombes.

Mention spéciale au regretté Vic Morrow, excellent. Habituellement piètre comédien, Don Galloway s’en sort avec les honneurs. On regrettera une fin quelque peu bâclée vu l’enjeu, puisque l’on ne revoit pas le sergent Brown sur pieds, mais qu’il le sera dès le deuxième épisode de la saison 6 (le suivant).

Otage, Jan Ritter est interprétée de façon magistrale par Christina Hurt alors que curieusement, son tortionnaire n’est pas vraiment menaçant : trop juvénile et manquant de charisme. Russell Wiggins en ravisseur de Jan, Richard Wells, fait vraiment un piètre choix pour un tueur d'une organisation que l'on aurait imaginé employer des gens plus durs. Est-ce une conséquence du fait qu’il fallait que Wells soit une sorte de jeune homme timide capable de séduire Jan en boîte de nuit ?

L’arrestation finale du coupable relève un peu de l’improbable (Ed se souvient d’un élément déterminant grâce à un rêve !). Un bon épisode qui a tout de L’homme de fer malgré tout, même s’il appartient à une autre série.

Anecdotes :

  • Nous apprenons qu’Ed Brown va avoir trente ans.

  • Fran embrasse sur la bouche Ed, ce qui laisse penser qu’ils sont plus que des collègues de travail.

  • Christina Hurt (1949-) qui incarne Jan Ritter a arrêté sa carrière en 1989. On l’a vue dans Tuez Charley Varrick ! au cinéma et en vedette invitée des séries Supercopter, La croisière s’amuse, Dynastie, Arabesque.

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2. ATTENTION CHIEN MÉCHANT
(THE SAVAGE SENTRY)

Scénario : William Douglas Sandford. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Robert Dacier ne comprend pas comment un cambrioleur réussit à maîtriser les chiens de garde destinés à surveiller les coffres-forts. Il décide de mener son enquête dans les écoles de dressage et de tendre un piège au voleur.

Critique :

Ce n’est pas un épisode collégial malgré la présence de l’équipe. En effet, Raymond Burr monopolise l’attention en montrant Dacier dresser un chien dangereux. Son équipe ne sert qu’à l’entourer mais n’est jamais vraiment impliquée dans l’enquête. La présence de comédiens chevronnés habitués des séries comme Dana Eclar (ici en assureur) et Anthony Zerbe (le dresseur) passe un peu inaperçue. On retrouve l’ambiance des premières saisons, dans des huis clos qui évitent de tourner en extérieurs. Gene Lyons en commissaire Randall n’a pas changé ses lunettes depuis le pilote en 1967 ! La naïveté du coupable prompt à tomber dans le piège constitue la faiblesse du script. Toute la partie à l’hôtel de ville où le coupable fait du charme à une employée pour obtenir les plans du musée (siège du piège monté par Dacier) est peu crédible et bavarde.

Attention chien méchant permet à Raymond Burr plusieurs numéros d’habileté de dressage avec les chiens les plus redoutables. Si c’est étonnant la première fois, au bout de plusieurs, cela devient lassant. On nous laisse dans l’ignorance du sort de deux gardes blessés grièvement par le chien du cambrioleur.

L’épisode se laisse regarder sans ennui, mais il est loin d’être inoubliable. Il n’est bien sûr fait aucune allusion à la blessure d’Ed dans l’opus précédent. On reprend le cours des enquêtes de Dacier avec la routine d’antan.

Anecdotes :

  • 2e et dernière apparition d’Anthony Zerbe (1936-) après Folie meurtrière pilote de la saison 5.

  • Bo Svenson (1941-) revient après l’épisode de la saison 3 Des négociations difficiles. Il incarne ici Taggert, l’ennemi que Dacier veut piéger.

  • Dernière des quatre apparitions dans la série de Dana Eclar (1927-2005), à chaque fois dans un rôle différent.

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3. CHANGEMENT DE PROGRAMME
(PROGRAMMED FOR PANIC)

Scénario : Adrian Spies. Réalisation : Daniel Petrie.

Résumé :

Lors d’une émission télévisée en direct, l’homme de fer tente, par des témoignages, d’arrêter le meurtrier d’une jeune femme.

Critique :

Episode soporifique dès les premières images, puisqu’aucun suspense n’est proposé. On comprend dès le départ qui est le coupable, un homme marié qui entretenait une liaison avec une étudiante. Diffusé en 1972, l’opus se veut plus une réflexion sur la société américaine de l’époque, la lâcheté des voisins et témoins qui n’ont pas bougé un petit doigt pour sauver une femme qui appelait au secours, qu’une enquête classique.

On s’ennuie ferme dans ce studio de télévision.  Quand le coupable va-t-il craquer ? Sera-ce sa femme, au courant de la situation, qui le dénoncera ?  Le scénariste Adrian Spies semble tirer à la ligne. James Gregory qui incarne le présentateur TV essaie de donner un peu de vie à son émission morne et terne, qui s’éternise et exaspère les caméramen.

Le procédé qui consiste à mettre une chanson sur les images de la victime tombe ici complètement à plat, alors qu’il avait fait merveille dans l’épisode Où est la limite ?

On sombre à la fois dans la leçon de morale et le mélodrame. Le comble est que même les comédiens semblent s’ennuyer. Tout de même, qui a pu donner le feu vert pour un scénario aussi anémique ? L’équipe de L’homme de fer en est réduite à faire du sur place et seul Don Galloway mène en sergent Brown un semblant d’enquête. Un ratage total.

Anecdotes :

  • Avant-dernière (la troisième) des quatre participations de James Gregory à la série.

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4. LE POLICIER ET L’AVOCAT
(DOWN TWO ROADS)

Scénario : Sy Salkowitz. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Mark a enfin réussi son diplôme d’avocat, mais la question de son avenir se pose. Il ne peut rester l’aide de vie de Robert Dacier. Mark veut défendre un gardien de l’université injustement accusé de vol.

Critique :

Un épisode dans lequel Robert Dacier retrouve son caractère hargneux des premières saisons. Il est vrai qu’il se sent tout démuni privé de Mark.

Les débuts de Mark comme avocat se confondent avec ceux de détective à son propre compte, pour une enquête pour une fois totalement indépendante des travaux de Dacier.

Malgré le sempiternel tournage en studio, l’épisode est très regardable et l’intrigue passionnante. L’humour, habituellement absent, arrive au moment où Dacier veut conduire son fourgon et embarque un passager peu rassuré, puis Ed.

Aujourd’hui, le téléspectateur n’est plus dupe de ces plans du fourgon circulant près du Golden Gate, qui sont en fait des images filmées mal raccordées ensuite avec les scènes en studio. Ce fut un bien mauvais investissement de la part d’Universal.

Elizabeth Baur nous a fait complètement oublier Barbara Anderson tant elle est à l’aise dans son personnage de Fran, mais gageons que les téléspectateurs français anciens, qui ont vu plusieurs fois les premières saisons, seront rebutés.

Au-delà de la promotion de Mark, le fait qu’il quitte la « famille » de Dacier est le pivot scénaristique de l’épisode. En Carl Reese, Johnny Seven est toujours excellent.

Don Mitchell, dont c’est autant l’épisode que Candy assure complètement la charge de l’édifice, et se montre brillant comme acteur.

On regrettera la fin mélodramatique et improbable, pleine de bons sentiments.

Anecdotes :

  • Robert Dacier dit ne pas avoir conduit depuis 25 ans. Il rappelle que Mark était son chauffeur depuis cinq ans. Pour l’occasion, Dacier repasse son permis de conduire.

  • La VF indique que Reese est inspecteur et la VO lieutenant.

  • En 1972, les préjugés raciaux ont encore la vie dure : Mark part draguer dans une surprise partie et la conquête est une black.

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5. ATTENTION, ON TOURNE
(CAMERA… ACTION… MURDER)  

Scénario : Michael Butler et Christopher Trumbo. Réalisation : Russ Mayberry.

Résumé :

Mark a choisi de rester et d’entrer dans la police. Dacier reçoit un film sur lequel on voit le cadavre d’une jeune femme. Or, Fran est escortée d’un reporter, Eric Blair, qui n’arrête pas de la filmer et pourrait être mêlé à l’affaire. Plusieurs filles filmées par Blair sont tuées.

Critique :

Devenant une série/feuilleton, L’homme de fer nous montre dans cet épisode Mark confirmer son choix de l’épisode précédent. Diplômé comme avocat, il veut désormais entrer dans la police.

Le comédien Elliott Street reprend son rôle d’adolescent obèse vu trois fois dans Hawaii Police d’état (Meurtre au stade en deux parties, La bande dessinée).

Filmée sous toutes les coutures, Elizabeth Baur en Fran est mise en avant dans cet opus. Si l’épisode la met en valeur, son personnage semble bien fragile et frêle. Nous ne sommes pas très rassurés lorsque Dacier l’envoie en mission.

Epoque oblige, les mœurs évoluent, les temps changent, on n’imagine pas une seconde Eve Whitfield avoir une aventure avec un suspect, en l’occurrence Eric Blair.

On ne peut s’empêcher de trouver Don Mitchell un peu ridicule en uniforme. Il est assez invraisemblable que Mark fasse l’école de police et continue de faire partie de l’équipe de Dacier.

Elizabeth Baur n’est pas très crédible en fille aux mœurs libres, avec ses attitudes de sage petite fille. Malgré sa beauté, la comédienne se montre limitée, ne parvenant pas à nous faire croire à son personnage. Totalement glaciale, on l’imagine mal amoureuse. Son personnage est censé retrouver Eric plus tard, après l’épilogue, mais Joe Don Baker ne reviendra pas dans la série.

Si le coupable se révèle une grosse surprise, Elizabeth Baur, par son jeu maladroit, nuit vraiment à la crédibilité. Trop prude, trop timide, elle échoue complètement dans son jeu, et l’on peut comprendre qu’après Le ranch L et L’homme de fer, elle ait préféré la carrière de peintre. En revanche, on peut blâmer les deux scénaristes qui nous offrent un coupable insoupçonné sans nous livrer ses motivations. Un épisode en demi- teinte.

Anecdotes :

  • Joe Don Baker (1936-) a joué dans les James Bond Tuer n’est pas jouer, Goldeneye et Demain ne meurt jamais.

  • Mark fait désormais l’académie de police et revêt un uniforme.

  • Elliott Street (1943-) a joué dans trois épisodes de Hawaii Police d’état.

  • C’est la première fois que Fran a une liaison avec un suspect.

  • Eric pousse Fran à quitter la police et la demande en mariage.

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6. ANAGRAMME
(RIDDLE ME DEATH)

Scénario : Edward De Blasio. Réalisation : Jeffrey Hayden.

Résumé :

Le père de Jane Spencer se fait mortellement renverser par une automobile par étourderie. Jane pense qu’il s’agit d’un meurtre.

Critique :

Encore un épisode qui met Elizabeth Baur en avant. Une opportunité de se racheter après sa prestation ratée dans l’opus précédent.

Sian Barbara Allen est tellement transparente que notre Elizabeth n’a guère de difficultés à s’imposer. Le pauvre Don Mitchell est de plus en plus ridicule en Mark élève policier semblant sortir de Police Academy et se contentant de faire des apparitions.

Cette-fois, Elizabeth en Fran est plus convaincante. Elle donne corps à une intrigue tortueuse et peu palpitante. Même si globalement la série a baissé en qualité. On sent que Raymond Burr a fait le tour du personnage et n’a plus rien à apporter. L’enquête s’oriente vers le passé de la victime.

Dacier fait preuve de sa science dans la connaissance du Japon, ce que nous savons depuis l’épisode Sans motif apparent (saison 5). Il résout l’énigme grâce à ses connaissances, puisque les indices se présentent sous la forme d’un rébus en japonais.

Le père de Jane se révèle ne pas avoir été un citoyen très respectable. Dacier reconstitue son parcours, tandis que Fran prend la direction de l’enquête. Heureusement qu’elle se démène un peu et captive l’attention, car les jérémiades de Jane Spencer sont assez lancinantes.

Le réalisateur Jeffrey Hayden parvient à compenser la complexité de l’histoire. C’est plus une aventure de Fran Belding qu’un épisode de L’homme de fer. Un Dacier contraint de conduire toujours son van depuis que Mark s’est décidé à devenir élève policier ! La fin dans le cimetière japonais accuse une certaine langueur. On se demande si Don Mitchell va être davantage présent dans le reste de la saison, car il ne mérite plus son salaire. Les chansons qui renforcent les moments dramatiques au début et à la fin renforcent l’aspect guimauve de l’intrigue, ce qui n’est pas une réussite. Résultat : encore un épisode assez moyen.

Anecdotes :

  • Sian Barbara Allen (1946-) a joué notamment dans Columbo : Adorable, mais dangereuse.

  • Cet épisode évoque la première rencontre entre Fran et Dacier, qui date d’un an.

  • L’histoire se déroule en octobre 1972.

  • Nous apprenons que le père d’Ed est mort.

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7. CAUCHEMAR
(NIGHTMARE TRIP)

Scénario : Richard Landau. Réalisation : Raymond Burr.

Résumé :

Ed Brown transfère un prisonnier de San Francisco à Los Angeles. Sur place, il est agressé par des voyous et une patrouille de police le retrouve sans papiers. Il est expédié en prison malgré ses protestations par des policiers irascibles.

Critique :

Second et dernier épisode réalisé par Raymond Burr après Le talon d’Achille dans la saison 5, cet opus aborde le problème de la violence policière et de l’enfer carcéral.

Plutôt que Nightmare trip, il aurait fallu intituler cet épisode « L’envers du décor ». En effet, Ed est malmené, se retrouve dans une cellule étroite avec des tueurs (un pédophile, un ivrogne, un homme qui a tué sa femme) et fait une crise de conscience. Habituellement limité comme comédien, Don Galloway avec un jeu sobre est ici parfait.

Il n’y a pas d’enquête mais un réquisitoire, étonnant de la part de Raymond Burr. On regrette quelques guimauves chantées qui viennent perturber notre attention, ainsi que ces affreux raccords en studio. Burr parvient en faisant évoluer Galloway dans l’univers carcéral à nous faire oublier le tournage où une rue de Los Angeles n’est animée que de deux ou trois automobiles !

Don Stroud en dangereux tueur fait sa quatrième apparition dans la série (il en fera une autre) et se montre un fauve particulièrement féroce dans cette cellule étroite où Ed est jeté comme un chien. On ne comprend pas pourquoi, après s’être inquiété, Dacier laisse Ed à son sort après un seul regard, lorsqu’il le retrouve dans sa cellule dont il ne le fait pas sortir. Mark, sans explications, a quitté son uniforme de policier pour redevenir l’homme qui pousse le fauteuil. Fran ne fait qu’une apparition dans l’épisode centré sur Ed.

Cet épisode fait figure d’OVNI dans la série, véritable réquisitoire contre la violence policière. Raymond Burr évite le piège de la caricature et nous passionne (c’est pour l’instant le meilleur numéro de cette saison 6). On ne voit pas passer le temps, et la conclusion se révèle un amer happy end forcé. C’est une bonne surprise à un stade où l’on n’attend plus grand-chose de la série. On évite les clichés pour aborder l’histoire avec réalisme. C’est assez poignant, bien que décalé par rapport aux habitudes des scripts de la série.

La présence de comédiens comme Bill Fletcher, Don Stroud et Paul Carr constitue un apport indéniable.

Anecdotes :

  • En dehors de deux épisodes de la série, Raymond Burr a réalisé  dans la série Kingston : confidential l’opus The anonymous hero en 1977 inédit en France.

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8. QUI A TUÉ WALTER BOOTH ?
(BUDDY, CAN YOU SPARE A LIFE ?)

Scénario : A.A. Roberts et Peter Penduik. Réalisation : Don Weis.

Il s’agit d’un épisode de 90 minutes aux USA, découpé en France en deux parties.

Résumé :

Il y a sept ans, Eric Oates a été condamné pour le meurtre d’un certain Walter Booth. Il fait appel à Dacier qui l’a cru coupable à l’époque, car il vient de recevoir un mot d’un correspondant anonyme s’excusant de l’avoir fait emprisonner à tort.

Critique :

Retour de Geraldine Brooks, pour son unique apparition dans la série. Elle incarne Marty Booth, la veuve de la victime. Mais elle était aussi dans le pilote (qui n’est pas considéré comme un épisode de la série aux USA) la terrible Honor Thompson, celle qui a d’un coup de fusil cloué Dacier dans un fauteuil roulant.

Si cet opus (devenu en syndication un épisode en deux parties) est doté d’une riche distribution (Cameron Mitchell, Antoinette Bower, Kerwin Matthews le premier OSS 117), on ne peut en dire autant du scénario qui s’enlise dans une spirale complexe sans fin. C’est long, ennuyeux, cela ressemble à du théâtre filmé, et permet lors des scènes de procès de la seconde partie à Raymond Burr de retrouver l’atmosphère de Perry Mason.

On remarquera que certains comédiens voient leur participation totalement sacrifiée : Antoinette Bower incarne une alcoolique caricaturale qui n’a que quelques bribes de dialogues durant tout le métrage, au détriment d’un Cameron Mitchell plus à l’aise dans Le grand Chaparral et qui monopolise quasiment toute l’attention sur lui en avocat d’Eric, Ken Klaven.

L’enquête est donc reprise sept ans après, le dossier a été détruit, mais Dacier, que l’on essaie de faire taire par une promotion à Washington puis en le jetant avec son fauteuil à la mer, fait preuve d’une obstination sans failles.

Certaines scènes nous sortent de notre torpeur, par exemple lorsque Fran se fait draguer par un professeur de tennis, l’un des suspects, Hal Murdoch, séducteur de ses dames, amant de la veuve. En procureur, Roger Perry est savoureux mais tous ces personnages additionnés ne font pas un scénario. L’explication finale est tirée par les cheveux, et le téléspectateur s’est endormi depuis longtemps.

Il faut dire que l’on ne s’émeut jamais vraiment pour le sort du faux coupable, Kervin Mathews manquant singulièrement de conviction et de talent en Eric, innocent accusé purgeant une peine. Il était l’amant de la veuve. Geraldine Brooks fait son numéro habituel de femme fatale, mais le scénario ne lui permet pas de nous présenter la femme diabolique qu’elle est censée être.

Ce long opus verbeux ne vient pas servir la saison 6, loin de là, il nous prouve que la série a fait son temps. Notons que Mark est ici officiellement détaché de son poste d’agent de la circulation pour reprendre sa place auprès de l’homme de fer.

Pour tenir 90 minutes, une intrigue secondaire sur une jeune femme, Billie Jean Marcatti (Sally Shockley), maîtresse du professeur de tennis est mise en place en filigrane. C’est elle – on le comprend vite – qui a averti dans sa prison Eric Oates. Toute cette partie larmoyante et pleine de guimauve (avec une fois de plus, cela devient une habitude, une chanson originale en fond sonore) est difficile à supporter.

Anecdotes :

  • Antoinette Bower (1932-) dont la carrière s’est arrêtée en 1992 revient pour un second et ultime épisode après Les nombres qui tuent (saison 1). Elle incarne la femme du procureur, Judy Klaven.

  • Dacier indique que les paraplégiques savent nager.

  • On note que Don Galloway ne fait que des apparitions, il est très peu présent durant l’épisode.

  • Bonne prestation de Sally Shockley (1948-) en Billie Jean, mais sa carrière s’arrêta peu après ce tournage. Elle a aussi joué dans Le Virginien, Opération danger et Le sixième sens.

  • Elizabeth Baur en Fran se confirme être un agent de terrain n’ayant pas froid aux yeux, son personnage est bien plus émancipé qu’Eve Whitfield.

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9. COMPTE À REBOURS
(THE COUNTDOWN)
 

Scénario : Bill S. Ballinger. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Un certain César demande la libération de trois terroristes. Pour cela, il oblige un médecin, le docteur Norman Chase, à se boucler une ceinture d’explosifs dont il possède la clef et qu’il peut actionner à distance.

Critique :

Jackie Cooper en médecin otage est fort convaincant. Par son thème, le terrorisme, l’épisode à la différence de beaucoup d’autres, est très actuel. Même si le sujet de départ est vite modifié par une intrigue policière.

Assez rapidement, Dacier comprend que le dénommé César se moque des idéaux révolutionnaires et que tout ceci n’est qu’un subterfuge. L’une des trois personnes dont il exige la libération est un braqueur de banque qui a caché un joli magot et qu’il veut récupérer.

C’est très bien filmé et le téléspectateur est captivé, scotché sur son fauteuil pendant 48 minutes. Notons le morceau de bravoure où César exige que ce soit l’infirme Dacier qui désamorce la bombe. On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec des scènes de Rencontre désespérée (saison 2 épisode 6). On aurait aimé voir davantage d’épisodes de cette qualité dans la série.

Anecdotes :

  • On peut noter que dans cet épisode et le suivant, Gene Lyons, en commissaire Randall, joue un rôle primordial, alors qu’au fil des saisons, le personnage devenait quelque peu négligé.

  • Les amateurs de la saga Superman avec Christopher Reeve reconnaissent immédiatement en Jackie Cooper le personnage de Perry White.

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10. LE ROI EN DANGER
(THE DEADLY GAMESMEN)

Scénario : Max Hodge. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Mark Sanger est agressé et ligoté, se faisant voler son arme. Peu après, une série d’agressions diverses mène Dacier sur la piste de deux cousins déséquilibrés, deux jeunes riches oisifs, qui s’amusent, comme s’ils jouaient aux échecs, à terroriser la ville, le but final étant de tuer Dacier.

Critique :

Noel Harrison (Annie, agent très spécial) n’a jamais si bien joué la comédie. Barbu et moustachu, on le reconnaît à peine. Il est épaulé par Jeffrey (Scott Marlowe) . Malgré cela, on se perd un peu en route, tant le sujet est complexe et artificiel. Nous ne sommes pas ici dans une enquête très crédible du point de vue série policière. Gene Lyons tient à nouveau un rôle important, et il est question de bombes de révolutionnaires (élément qui fait un peu redondant avec l’opus précédent).

Une partie d’échecs grandeur nature, cela évoque l’épisode du Prisonnier : échec et mat. On est loin ici de la qualité de la série de Mc Goohan. Néanmoins, même si c’est invraisemblable par rapport au cahier des charges de la série, on passe un moment agréable, rempli de suspense. La fin a tendance à s’éterniser un peu.

La personnalité du principal criminel, le mondain Paul Buckler (Noel Harrison), est assez difficile à prendre au sérieux ici, alors qu’il aurait fait merveille dans une série décalée comme Chapeau melon et bottes de cuir.

On note tout de même un effort louable pour innover et rompre la routine de la série.

Anecdotes :

  • Scott Marlowe (1932-2001) ressemble à s’y méprendre à Ed Flanders, maintes fois apparu dans Hawaii Police d’état, au point que je me suis mépris une bonne partie du métrage sur son identité.

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11. WANDA
(WHO’LL CRY FOR MY BABY)

Scénario : David P. Harmon. Réalisation : Richard Donner.

Résumé :

Le chef Dacier prend à cœur le dossier du meurtre d’une prostituée datant d’il y a deux semaines. En effet, le père de la victime l’a ému.

Critique :

L’épisode est construit sous forme de flash-back, ce qui permet à la victime, Wanda Bolen, de tenir le premier plan. Et de voir la comédienne Tisha Sterling.

Deux enquêtes sont menées en parallèle ici : Le commissaire Randall – qui n’apparaît pas dans l’épisode – harcèle le lieutenant  Reese pour qu’il résolve une affaire de meurtre d’un notable. Mais c’est l’enquête sur le meurtre de Wanda qui prime, le chef au grand cœur privilégiant la peine du père de la victime qui espère encore en la justice.

Nous ne sommes pas dans le genre policier réaliste. Robert Dacier donne ici dans la guimauve, mais ce n’est pas désagréable. On se croit plus dans une série sentimentale que policière. C’est la première fois qu’une victime apparaît aussi souvent à l’écran.

L’opus doit beaucoup à l’interprétation tout en nuances de Tisha Sterling. Episode onirique, dans lequel Dacier se rend sur les lieux où vivait la victime qui réapparait sous forme de flash back. C’est assez astucieux, et l’on note que le temps de présence de Raymond Burr est bien moins important que de coutume au profit des scènes du passé.

Tisha Sterling fait trop sage pour être crédible en prostituée. On se désintéresse complètement du premier crime que Randall, le meurtre du notable Remington, pour se consacrer au mélodrame que consiste la mort de Wanda.

J’ai bien aimé l’épisode, malgré quelques invraisemblances.

Anecdotes :

  • Richard Donner (1930-) est devenu réalisateur de cinéma : « Superman », « L’arme fatale », « Les goonies ».

  • Tisha Sterling (1944-) qui incarne la victime Wanda Bolen a cessé de tourner en 1999. On l’a vue dans Match contre la vie, Opération vol, Drôles de dames, Le Virginien, Le sixième sens, Hawaii Police d’état, Columbo. Son rôle le plus intéressant est la petite amie du sénateur joué par Jackie Cooper dans l’épisode de Columbo : Candidat au crime.

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12. SCÈNE DE RÉUNION
(COLD, HARD CASH)

Scénario : Stephen Lord. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Suite au renseignement d’un malfrat, Ed Brown prend sa place pour l’enlèvement de la fille d’une vedette de télévision. Dacier soupçonne que la rançon soit destinée à un chef de la mafia en Amérique du Sud.

Critique :

Un peu plus d’action que de coutume dans cet épisode où Ed joue un malfrat infiltré, précurseur de Un flic dans la mafia. Le public pense au début qu’il s’agit d’une mise en scène publicitaire car la mère de la jeune fille enlevée est en chute de popularité.

Richard Anderson est brillant comme d’habitude. Don Galloway en lunettes de soleil jouant les truands est convaincant.

Toutefois, on pourra reprocher au gang de ravisseurs d’être assez naïf et d’engager Ed sur la seule parole d’un truand qui déclare avoir fait une chute et se retrouver dans le plâtre.

Barbara Rush, en mère de la jeune fille kidnappée, semble plus convaincante que lors de sa précédente apparition (dans la saison 5). On constate que le scénario verse dans le mélodrame, comme le précédent opus. On regrette que l’équipe, en particulier Elizabeth Baur/Fran, soit moins présente que de coutume.

Le scénariste prend des raccourcis et cède parfois à la facilité. Tout semble gagné d’avance pour l’homme de fer. Cela nuit au suspense. L’un des kidnappeurs tente de violer la fille et le bandeau qui lui cache les yeux tombe : elle est alors en danger de mort.

Dans le rôle de Stéphanie, la jeune fille kidnappée, on retrouve avec étonnement une bien juvénile Kay Lenz dans cet épisode diffusé en décembre 1972, et qui passe une partie de l’épisode un bandeau sur les yeux. Don Galloway est meilleur comédien que d’habitude.

L’homme de fer ne semble pas étonné par l’identité du ravisseur. La fin semble connue d’avance, le scénario n’ayant pas été assez travaillé. Dacier joue les moralisateurs et l’on se serait passé de son numéro final.

Anecdotes :

  • Retour, dans un nouveau rôle, de Barbara Rush (1927-) après « L’anneau des prières » dans la saison 5.

  • Quatrième des cinq participations à la série de Richard Anderson qui reviendra dans la saison 8. Rappelons qu’il jouait le père de l’héroïne dans le meilleur épisode de la série « Où est la limite ? ».

  • On reconnaît à peine une jeune Kay Lenz (1953-) dans le rôle de Stephanie, la fille enlevée, qui sera plus tard Kate Jordache dans Le riche et le pauvre.

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13. LES SOLDATS DE L’OMBRE
(SHADOW SOLDIERS)

Histoire de Michael Fisher. Adaptation : Sy Salkowitz. Réalisation : Daniel Haller.

Résumé :

Ed Brown est le témoin du meurtre d’un policier, l’inspecteur chef Davis,  de Scotland Yard lors d’un séjour de Dacier à Londres. La piste prévisible est celle d’un terroriste, mais l’homme de fer n’est pas convaincu.

Critique :

En chef de Scotland Yard Colin Faber, on aurait pu trouver plus britannique que Llyod Bochner, comédien canadien qui a été guest-star dans toutes les séries des années 60 à 90.

Bien entendu, Universal n’a pas payé le voyage à l’équipe pour tourner à Londres, d’où la multiplication de scènes d’intérieurs.

On cherche avec des acteurs britanniques comme Hedley Mattingly et Donald Moffat à donner à l’épisode un ton british, accentué par des passages de bus londoniens et  la présence de cabines téléphoniques rouges. Ne parlons pas des multiples images d’archives dont on se demande si en 1972 elles leurraient encore le spectateur.

La victime était un collectionneur de timbres, et Dacier écarte très vite la piste d’un meurtre terroriste.

Plus que l’intrigue, on aime la comparaison faite entre les pratiques des polices britanniques et américaines. On reste cependant à la surface des choses.

Fran et Mark sont restés à San Francisco et se contentent de quelques apparitions lors de coups de téléphone. Le superintendant Faber est très vite le suspect N°1 du meurtre, taupe pour le compte des pays du bloc de l’Est. Cette intrigue d’espionnage arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. On est étonné de l’indulgence montrée au traître Faber. Le twist final nous surprend. On évitera de révéler le spoiler, un happy end improbable.

Un épisode très moyen.

Anecdotes :

  • Donald Moffat (1930), né à Plymouth (Devon, Angleterre), était Rem dans la série L’âge de cristal.

  • Hedley Mattingly (1915-1998) trouva le rôle de sa vie dans le rôle d’Hedley dans Daktari.

  • Dans la VF, Faber est inspecteur, dans la VO superintendant.

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14. L’AFFAIRE OLLINGER
(OLLINGER’S LAST CASE)

Scénario : Frank Telford. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Malade, Robert Dacier qui veut aider un vieil ami et ancien supérieur hiérarchique, Ted Ollinger, envoie Ed Brown enquêter sur place. Mais Ollinger ne tarde pas à être tué. Il était opposé à une vaste opération immobilière.

Critique :

Episode atypique, où Don Galloway est mis en avant, son personnage d’Ed menant une enquête dans une petite ville portuaire. C’est la première fois qu’Ed Brown est seul aux commandes d’une intrigue, et l’histoire, qui se déroule loin de San Francisco, bénéficie de décors naturels. Tout cela rappelle Mannix et Cannon. Cela ressemble à une enquête de détective privé, qui échappe à plusieurs attentats, et se retrouve avec toute une ville contre lui, police comprise.

Bien que très éloigné du cahier des charges de la série, l’épisode est très agréable. Galloway fait preuve de talents de comédiens assez réjouissants, auxquels il ne nous avait pas habitués.

On ne fait qu’entrevoir le reste de l’équipe qui est plutôt là pour donner des informations à Ed.

C’est agréable à suivre, même si l’on ne se croit pas une seconde dans L’homme de fer. Beaucoup de suspense, d’action, un héros solitaire contre une ville entière, des tentatives de meurtre qui échouent contre le policier. Ed devra triompher de magouilles immobilières qui poussent toute une population au crime.

Loretta Swit n’a qu’un rôle secondaire, et joue les utilités en Sally Pearson, ancienne maîtresse d’Ollinger. La fin ne nous réserve aucune surprise.

On passe un bon moment, oubliant complètement que c’est une enquête de Robert Dacier.

Anecdotes :

  • Loretta Swit (1937-) fut l’une des vedettes de la série « Mash ».

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15.  MEURTRE PAR TÉLÉCOMMANDE
(A SPECIAL PERSON)

Scénario : Ramona et Frank Chase. Réalisation : Jeffrey Hayden.

Résumé :

Dacier est invité par un célèbre rédacteur en chef de magazine, Wayne Dorian. Il assiste à une tentative de meurtre sur la personne de Dorian.

Critique :

Encore un épisode qui nous sort de l’univers routinier de L’homme de fer. Il évolue ici dans un décor qui ressemble davantage à celui de Banacek qu’à une série de police procedural.

De toute évidence, la production cherche à redonner du souffle à cette saison 6. Depuis plusieurs épisodes, nous avons droit à des chansons qui ponctuent les enquêtes. On s’éloigne du canevas des premières saisons.

En janvier 1973, NBC veut moderniser la série face à la concurrence. Mais ici, on en est au point de la dénaturer. On ne reconnaît plus la touche de la série. Suspense, action, mystère, dans un milieu luxueux.

On regrette l’interprétation vraiment mauvaise de Sandy Baron dans le rôle de Wayne Dorian. Cela nuit à la crédibilité de l’enquête.  Baron sur-joue en permanence et cela devient vite agaçant. Celle-ci tourne à une parodie de Dix petits nègres d’Agatha Christie. Longtemps, Elizabeth Baur et Don Mitchell sont plutôt absents de l’opus, confinés à donner quelques informations au chef Dacier par téléphone. Vers la 30e minute, Fran se joint à l’intrigue. Mais elle repart bien trop vite pour une mission. Elle réapparaît par la suite de temps en temps, sans avoir un rôle crucial.

L’épisode devient bavard, ce qui gâche l’effet de surprise du début. La fille de Jameson (Barry Sullivan), Nicky, est incarnée par le belle Leslie Charleson. Jameson qui investit son argent dans le magazine et en possède la majorité des actions.

Vers la fin, malgré les efforts des acteurs, on s’ennuie un peu.

Anecdotes :

  • Barry Sullivan (1912-1994) fait sa première apparition dans la série. Il reviendra dans la saison 8. Il est célèbre pour son rôle de Jordan Braddock, le milliardaire qui poursuit L’immortel.

  • Leslie Charleson (1945-) a participé plusieurs fois à la série Cannon.

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16. CORRESPONDANT ANONYME
(THE CALLER)

Scénario : Margaret Armen. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Fran occupe l’appartement d’une amie partie en vacances. Elle est la victime d’un voyeur, obsédé sexuel, qui la harcèle au téléphone et la menace de mort.

Critique :

Cet épisode est un clin d’œil à Fenêtre sur cour dans lequel jouait Raymond Burr, mais il nous fait penser, pêle mêle, à des tas d’autres films : l’épisode de Hawaii Police d’état Le Paranoïaque, Chapeau melon et bottes de cuir Le joker, Meurtre au 43e étage de John Carpenter.

Elizabeth Baur, resplendissante mais manquant de sex-appeal en raison des tenues de nonne qu’on lui oblige de porter, domine d’un bout à l’autre la distribution. Les suspects ne manquent pas : un dragueur homme marié joué par L.Q.Jones, un jeune handicapé de 17 ans en fauteuil roulant qui réussit à prendre en photo Fran en bikini et est amoureux d’elle, voire a de moins avouables mais compréhensibles intentions envers la jeune femme, un homme du service de maintenance de l’immeuble, Willis Barnes (Paul Lambert), réplique du voyeur de Meurtre au 43e étage mais le coupable n’est peut être pas celui que l’on croit.

On ne comprend pas pourquoi Elizabeth Baur ne se départit jamais de ses tenues strictes et tue l’amour, que l’on n’a pas droit, la nuit, à une scène en chemise de nuit. Seule la photo prise par le jeune handicapé nous montre le potentiel de séduction de l’actrice.

Le suspense, quant à lui, scotche le spectateur pendant 48 minutes devant le petit écran, tant les rebondissements et les fausses pistes sont nombreux. L’assassinat d’une autre jeune femme dans la résidence nous fait penser à la piste d’un tueur en série. La voix qui s’infiltre partout dans l’appartement évoque irrésistiblement Le joker mais en comparaison d’Emma Peel/Diana Rigg, Fran nous semble une créature bien vulnérable.

Le jeune Johnny (Barry Livingston, extraordinaire) semble le coupable idéal avec ses complexes d’handicapé et ses photos dérobées. Mais Dacier qui est comme lui dans un fauteuil roulant essaie de le raisonner. A chaque fois que l’on croit tenir le coupable, une nouvelle piste s’ouvre. Margaret Amen signe là l’un des meilleurs épisodes de la série. Une bonne partie est d’ailleurs – ce n’est certainement pas un hasard – le cadre du futur téléfilm de John Carpenter.

Chaque coupable potentiel est trop évident, on tremble pour Fran lorsqu’elle est enlevée, ne donnant pas cher de sa vertu et de sa vie. Mais le scénario à tiroirs est là en trompe l’œil. Beaucoup de scènes de longues vues et d’observations par la fenêtre de la part de Raymond Burr nous font croire à un Fenêtre sur cour à l’envers.

Evidemment, Ed et Mark sont sacrifiés à l’intrigue et ne servent ici qu’à passer les plats. Le twist final en laissera plus d’un pantois. Le seul regret (malgré son immense talent) restera l’absence de mise en valeur de la féminité d’Elizabeth Baur alors que c’était là une occasion en or de nous montrer la femme derrière le policier. On se doute que Barbara Anderson n’aurait pas fait mieux, les deux actrices sont trop sages pour accepter quelque audace et l’on peut s’interroger si leur fin de carrière rapide n’est pas liée à leur pudibonderie.

Anecdotes :

  • Cet épisode fut diffusé le 25 janvier 1973, mais fait penser au téléfilm de John Carpenter Meurtre au 43e étage, que la télévision américaine programma le 29 novembre 1978.

  • Barry Livingston (1953-) tourne toujours. On l’a vu notamment dans Argo.

  • On ne présente plus L.Q. Jones (1927-), citons La horde sauvage.

  • Dabney Coleman (1932-) a joué dans deux épisodes des Envahisseurs.

  • Paul Lambert (1922-1997) joue ici l’inquiétant technicien de maintenance Barnes. On l’a vu dans Spartacus, La planète des singes, Les hommes du Président, Tonnerre de feu.

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17.  HISTOIRE DE FAMILLE
(LOVE ME IN DECEMBER)

Scénario : William Gordon et James Doherty. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Dacier est appelé dans une petite ville au secours d’un ancien camarade de guerre, Aaron Clark, qu’il n’appréciait guère. Ce dernier est accusé d’un meurtre dont il se dit innocent. Aaron vit avec une fiancée de 21 ans, Vicki, ce que la population d’admet pas.

Critique :

Petite escapade en campagne pour l’équipe de l’homme de fer. On comprend mal pourquoi il accepte cette enquête officieuse alors qu’il a fait passer jadis en cour martiale Aaron Clark.

On se rend compte qu’en 1973, les préjugés moraux sur les couples ayant une différence d’âge étaient tenaces. Après l’épisode précédent, on revient à une certaine routine mais l’intrigue se regarde sans ennui.

Vicki et Aaron ont trente-six ans d’écart (leurs interprètes vingt-huit). Mais Steve Forrest a un look de playboy, vieilli toutefois par une moustache peu appropriée. Kathy Cannon est bigrement jolie. La partie romance de l’épisode est assez importante. Le reste de la distribution nous permet de retrouver en mère de Vicki Madlyn Rhue et en prétendant de cette dernière Simon Oakland.

On regrette l’absence d’Elizabeth Baur à part de courtes scènes au début et qui reste à San Francisco, intervenant par téléphone. L’histoire criminelle semble passer au second plan : Aaron est censé avoir tué un homme, Jerry, qui aurait incendié sa grange. On ne comprend jamais pourquoi Vicki a contacté Robert Dacier pour l’aider à sauver son amant.

Au bout des trois quarts de l’opus, on décroche un peu, l’histoire s’enlise dans les méandres de l’intrigue et devient quelque peu ennuyeuse. Steve Forrest n’est pas toujours très crédible en séducteur, avec ses airs bourrus.

Dacier pense que la clé de l’énigme est la mère de Vicki, qui entretenait une liaison avec Aaron. Peu d’action, beaucoup de psychologie. Madlyn Rhue joue fort bien le personnage de Kate Dunhill.

George Murdock en père d’un jeune suspect apporte un plus indéniable. La fin est grandiloquente et mélodramatique.

Anecdotes :

  • Kathy Cannon (1953-) a joué dans L’homme de Vienne et dans deux épisodes d’  Hawaii Police d’état : Souvenirs au présent (saison 4) et Il y a bien longtemps (saison 11). Elle ne tourne plus depuis 2012.

  • Steve Forrest (1925-2013) était la vedette de la série Le Baron.

  • George Murdock (1930-2012) était Cavanaugh, chef de la compagnie d’assurance tout au long de la série Banacek.

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18.  LE BATEAU FANTÔME
(THE GHOST OF THE DANCING DOLL)

Scénario : Orville H. Hamton. Réalisation : Russ Mayberry.

Résumé :

Le commissaire Randall avertit Dacier qu’un syndicat du crime va se réunir à San Francisco. Fran et Ed veulent partir faire une balade en bateau avec un ami de ce dernier, Jerry. On retrouve le bateau à la dérive. Les deux affaires semblent mêlées.

Critique :

Après le baiser passionné que Fran donnait à Ed blessé dans la seconde partie du pilote de la saison 6 (faisant partie de la série The bold ones, the new doctors), cet épisode accrédite l’hypothèse d’une liaison entre Fran et Ed. Ils partent pendant leur temps de loisirs faire une escapade en mer. Tout cela cependant reste suggéré.

On sent que la production tente de sortir des sentiers battus. Miracle du réalisateur, on oublie les sempiternels tournages en studio. A chaque plan, Elizabeth Baur prouve qu’elle aurait été idéale si on lui avait proposé un spin off avec le personnage de Fran Belding.

On a complètement oublié la carrière saugrenue de Mark Sanger en policier de la circulation. Les scénarii sont mieux travaillés, ainsi celui-ci qui croise astucieusement deux intrigues.

Comme dans Correspondant anonyme, Elizabeth Baur bénéficie de beaucoup de scènes et crève l’écran. Don Galloway a également beaucoup d’espace, au détriment de Raymond Burr, mais sans toutefois être toujours convaincant.

Burr semble parfois las de son personnage et comprendre que L’homme de fer arrive en bout de course. Il reste deux saisons dont la dernière brève.

Le point faible de l’épisode est l’interprétation de Christopher Connelly, l’ami d’Ed. Il joue de façon stéréotypée et sans grande imagination.

Don Mitchell en Mark se contente de faire acte de présence (quelques répliques à Dacier). Dans la seconde partie de l’opus, on se perd en bavardages, diminuant l’effet enchanteur des premières images qui nous sortaient de l’ordinaire.

La réunion des chefs de la mafia n’échappe pas aux clichés de cette sorte de situation, avec un traître démasqué qui voulait être calife à la place du calife Mais tout ici est aseptisé, nous ne sommes pas dans Le Parrain. Beaucoup de scènes sont filmées au bord de l’eau.

Le suspense ne s’installe jamais vraiment, au profit de plans maritimes avec les garde-côtes, les bateaux de surveillance. On peine à croire Ed face à la réunion au sommet des chefs de la mafia, il manque singulièrement d’assurance.

Elizabeth Baur manque de scènes à la fin de l’épisode, dommage.

Anecdotes :

  • C’est l’un des derniers épisodes tournés par Gene Lyons/Randall, mort le 8 juillet 1974 d’excès d’alcoolisme. Ami personnel de Raymond Burr.  Il ne fera que neuf apparitions en 1973 après cet opus.

  • Une énormité dans le doublage français à la 28e minute : des policiers se présentent en disant « Nous sommes de la PJ ».

  • Fauché assez jeune par le cancer, Christopher Connelly (1941-1988) qui incarne Jerry est surtout connu pour Peyton Place et Les guerriers du Bronx.

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19. UNE FEMME À ABATTRE
(ALL ABOUT ANDREA)

Scénario : Michael Butler et Christopher Trumbo. Réalisation : Russ Mayberry.

Résumé :

Fran, qui connaît une femme écrivain féministe, Andrea Wollcott, se rend à une séance de dédicaces. Après l’avoir saluée, elle assiste à une tentative d’assassinat de l’écrivain.

Critique :

Un épisode qui commence mieux qu’il se termine. Le féminisme en 1973 vu par le prisme de la série L’homme de fer laisse songeur.

Tout est présenté ici de façon caricaturale. Myrna Loy en Andrea a tout de la vieille toquée, censée représenter le chantre du féminisme. La montrer avec une teinte de cheveux multicolore pour une vieille dame est déjà la rendre ridicule. Jacqueline Scott en April Morris symbolise la femme au foyer soumise de l’époque, pourtant elle est devenue un disciple d’Andrea au point de songer à quitter son macho de mari, Augie (Bill Mc Kinney). Mais Dacier, à juste titre, explore toutes les pistes, car la mort de la féministe – immensément riche – pourrait servir à ses héritiers.

Si le début, avec une Elizabeth Baur omniprésente, est encourageant, la suite sombre dans l’enquête de routine. Rarement présent dans la série, l’humour a ici sa place, notamment lorsque Fran sert une bouillabaisse en conserve au chef Dacier ayant refusé en nouvelle femme libérée de se plier aux tâches domestiques. Andrea reproche à l’équipe de Dacier de reléguer Fran Belding à des tâches de secrétaire.

Une foule de personnages pittoresques illustrent l’épisode : Un clochard qui se révèle avoir été un policier… en 1935. Une amie d’Andrea, que l’on suppose être une lesbienne mais les canons de vertu en 1973 à la télévision américaine ne permettent pas d’être plus explicite. La solution relève du plus pur genre policier, avec un mobile bien criminel et pas idéologique. Le téléspectateur se désintéresse d’ailleurs assez vite de ce mobile, noyé dans l’imagerie d’Epinal du féminisme donnée ici en spectacle.

Anecdotes :

  • Jacqueline Scott (1932-) restera Donna, la sœur du fugitif Richard Kimble tout au long de la série avec David Janssen.

  • Réplique savoureuse d’Andrea : « Se faire tirer dessus, c’est un peu comme tomber amoureuse, au bout de la deuxième fois, on ressent un frisson de plaisir ».

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20.  JEU DE PASSE-PASSE
(ANOTHER SHELL GAME)

Scénario : Sy Salkowitz. Réalisation : Alvin Ganzer.

Résumé :

Sortant d’une prison où Dacier l’a envoyé pendant cinq ans, Arthur Justin jure de se venger de l’inspecteur. Ce dernier est chargé de protéger une collection de tableaux appartenant à la famille Van Deering. Ed a une liaison avec la fille Van Deering, Liz, qui a jeté son dévolu sur lui.

Critique :

Dans cet épisode, il n’y a aucune trace de jalousie de la part de Fran envers l’aventure que le sergent Ed Brown a avec la riche Liz Van Deering. Dans de précédentes enquêtes, Fran et Ed semblaient proches.

Le scénario qui cumule vengeance envers Dacier et protection d’une exposition de tableaux est tiré par les cheveux, dans la mesure où Justin se trouve être l’organisation du vol.

Charmante et séduisante un an plus tôt dans L’homme de Vienne, l’actrice Skye Aubrey fait une performance médiocre, peu crédible en fille à papa. Son jeu est très approximatif. Skye de plus est desservie par un chignon assez affreux au début, avant de déployer sa magnifique chevelure ensuite.

L’épisode est assez raté dans la mesure où Dacier soupçonne tout de suite et sans grande raison Arthur Justin. La confrontation entre Dan O’Herlihy et Raymond Burr se montre décevante. Justin n’a rien du méchant que l’on s’attend à trouver dans l’intrigue.

Toute la partie « romance » entre Liz et Ed est assez artificielle. On n’y croit pas une seconde. L’enlèvement de la riche héritière est censé donner du tonus au suspense de l’histoire. Mais la mayonnaise ne prend jamais. En cours d’épisode, Justin change son fusil d’épaule, kidnappant Liz et demandant une rançon exorbitante. Dans la foulée, il enlève aussi Fran.

Lorsqu’elles jouent ensemble, Skye Aubrey et Elizabeth Baur démontrent que la première est une jolie fille et la seconde une comédienne.

Trop de rebondissements dans l’épilogue nuisent à l’équilibre de l’enquête. La fin tente par des scènes d’action à l’aéroport de nous sortir de notre torpeur. Le téléspectateur a changé de chaîne depuis longtemps.

Anecdotes :

  • Fran Belding a fait deux années de l’histoire de l’art.

  • Skye Aubrey (1945-) était la sœur du personnage joué par Kathy Cannon dans L’homme de Vienne, Poursuite dans la ville, Kathy que l’on vient de revoir dans l’épisode 17 Histoire de famille. Après un rôle marquant dans le téléfilm Le fantôme d’Hollywood en 1974, sa carrière n’a pas dépassé les années 70.

  • Dan O’Herlihy (1919-2005) était le grand méchant du grotesque Halloween 3, le sang du sorcier, en 1982, réalisé par Tommy Lee Wallace.

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21. LE TUNNEL
(ALL HONORABLE MEN)

Scénario : William Douglas Lansford. Réalisation : Russell Mayberry.

Résumé :

Dans une banque, tout est dérobé dans la chambre forte sans qu’elle ait été fracturée. 2 millions de dollars sont dérobés en titres. Dacier découvre qu’un tunnel a été construit sous la banque.

Critique :

La réalisation nous propose un huis clos. Le premier quart d’heure est très bavard, sans qu’il se passe grand-chose à l’image. Le scénario au début évoque les énigmes de la série Banacek.

On se prend à regarder la montre tant les monologues de Robert Dacier se multiplient. L’enquête une fois le tunnel trouvé piétine. Dacier joue les Sherlock Holmes et échafaude une théorie assez insolite sur le vol. Selon lui, l’affaire du tunnel est un leurre.

Dès le début, un personnage qui inspire plutôt la sympathie, Clark Andrews (Henry Beckman) ex taulard que Dacier a envoyé sous les verrous et qui est devenu un repenti, est le suspect idéal, piste trop facile pour l’homme de fer qui croit en son innocence.

Toute bascule à la 30 e minute lorsque Dacier est enfermé dans le coffre-fort, risquant l’asphyxie car on lui envoie un gaz mortel. Cet opus est un mélange en fait de deux enquêtes passées de la série : Mystère à l’exposition et Une heure à tuer dont on retrouve les schémas respectifs. Au prix d’efforts surhumains, comme dans Rencontre désespérée, L’infirme s’extirpe de son fauteuil.

Mais ces péripéties passées, le rythme de l’opus retombe. Les explications finales sont laborieuses. La vérité éclate lors d’une reconstitution. La poursuite en voitures finale tente de nous captiver, mais l’action semble collée un peu artificiellement sur le reste.

L’épisode est mal construit, entre temps forts et temps morts, j’ai hésité à mettre la note minimale. On tombe dans les redites avec les trois épisodes cités plus haut.

Anecdotes :

  • Sandra Smith (1940-) incarne la secrétaire du banquier, Mlle Lewis, tournait là un de ses derniers rôles. Plus de nouvelles depuis pour cette habituée de Hawaii Police d’état, Les mystères de l’ouest, Columbo, Bonanza, Star Trek, Le Virginien, Mannix.

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22.  PRISE D’OTAGES
(THE BEST LAID PLANS)

Scénario : David P. Harmon. Réalisation : Daniel Haller.

Résumé :

Dacier se retrouve prisonnier dans une banque par des braqueurs qui attendent le passage d’un fourgon blindé transportant 35 000 dollars.

Critique :

Les scénaristes semblent avoir fait le tour de la série, tant ce script ressemble à celui de Les évadés dans la maison. Don Stroud en bad guy fait son numéro habituel. Frank Marth est aussi effrayant que dans Les envahisseurs. Mais tout cela a un goût de déjà-vu.

Il est beaucoup question du commissaire Randall, appelé dans la VF de ces épisodes doublés tardivement « le préfet », mais le comédien Gene Lyons, malade, n’apparaît plus à l’image.

Beaucoup de suspense dans l’épisode. Fran, que Dacier appelle au secours, se révèle peu perspicace. Heureusement, le lieutenant Reeves qui apparaît désormais dans tous les épisodes, comprend le message caché.

L’un des preneurs d’otage est joué par un Rafael Campos qui manque singulièrement de conviction, promenant sa nonchalance sans crédibilité. Il est étrange que la production ait aligné deux épisodes se déroulant dans une banque et en huis clos.

Au bout d’un certain temps, on tourne un peu en rond. Il ne se passe rien. Fran/Elizabeth Baur a la 34e minute nous sort de la torpeur en pénétrant dans la banque, se faisant passer pour la secrétaire du patron. Dès lors les lieux sont cernés.

Nous sommes presque au terme de cette saison 6 et l’on constate que la série est usée, sauf lorsqu’elle emprunte des sentiers de traverses, comme avec le magnifique Correspondant anonyme. Pourquoi la production fait-elle de ces audaces des exceptions ?

Dans la dernière partie, on se croit dans Mission Impossible. Chacun des protagonistes devant la banque prend la place qui d’un vendeur de fleurs, qui d’un cireur de chaussures. Il manque ce petit quelque chose, ce grain de folie qui ferait de l’opus un grand épisode.

Sans révéler le spoiler, Elizabeth Baur en Fran se révèle magnifique dans le coup d’éclat final.

Anecdotes :

  • Rafael Campos (1936-1985) a joué notamment dans Graine de violence et Une femme dans une cage.

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23.  LE MAÎTRE DES CARTES
(A GAME OF SHOWDOWN)

Histoire de Mann Rubin. Adaptation : Sy Salkowitz et Mann Rubin. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Dacier et Ed sont partis à la campagne afin de pêcher. Ils tombent sur des joueurs de poker dans un motel. La partie tourne mal et l’un des joueurs est tué.

Critique :

Cette saison 6 se termine par une partie de pêche ratée pour Dacier, qui se retrouve dans un trou perdu en pleine nuit. Les fans de Cheryl Ladd découvrent, juvénile, la future drôle de dame, elle ne tient qu’un petit rôle, celui de Gwen. Elle et son mari font une partie de poker avec Del Hogan (Robert Webber).

Robert Webber est excellent comme d’habitude. On regrette l’absence d’Elizabeth Baur et de Don Mitchell, enfin surtout de la première. Même quand il va à la pêche, l’inspecteur Dacier travaille, se mêle des affaires de la police locale, il doit vraiment s’ennuyer hors de son métier !

Bien que Cheryl Ladd soit plus belle mais pas plus talentueuse, on ne m’empêchera pas de préférer Elizabeth Baur. On peut regretter qu’après Le ranch L, elle ait fourvoyée sa carrière dans les dernières saisons de L’homme de fer, série en fin de course. Un mauvais choix qui aura été fatal à la suite de sa destinée de comédienne.

Dacier est particulièrement culotté d’interroger en toute illégalité les suspects, alors qu’il est loin de San Francisco. Il retrouve son sale caractère (chassez le naturel, il revient au galop), mais n’a plus ici Mark comme souffre douleur.

Cheryl Ladd se montre ici inexpérimentée, mais c’est une débutante.

A la 30e minute, un coup de fil de Dacier permet de voir Mark et (oh joie !) Fran. Mais cela dure trente secondes.

Lorsque Dacier se met au poker, face à Del Hogan, on se dit que les scénaristes font un effort d’innovation. Mais Burr n’est guère convaincant. Sorti de Perry Mason et du Robert Dacier traditionnel, son registre semble limité.

L’enquête se traîne. Tout comme la partie de poker. Webber domine la distribution.

Dacier même à une table de jeu continue son métier et ses leçons de morale.  Un final en demi-teinte pour une saison d’une série dont il fallait être vraiment devin pour savoir qu’elle serait à l’époque renouvellée.

Anecdotes :

  • Un des premiers rôles de Cheryl Ladd (1951-) qui deviendra en 1977 Chris Munroe dans Drôles de dames.

  • Robert Webber (1924-1989) a notamment joué dans Les 12 salopards, Elle et La bidasse.

  • Trait d’humour de Dacier après un carnage : « Comme vous venez de le dire, Shérif, c’est une petite ville sans histoires ».

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