PrésentationSaison 2

L'Homme de fer

Saison 1

1. L'Homme de fer (Ironside)

2. Message de l'au-delà (Message from Beyond)

3. Une feuille dans la forêt (The Leaf in the Forest)

4. Mort en différé (Dead Man's Tale)

5. Manger, boire et mourir (Eat, Drink and Be Buried)

6. Le Dangereux Alibi (The Taker)

7. Les Évadés dans la maison (An Inside Job)

8. Les nombres qui tuent (Tagged for Murder)

9. Les Deux Frères (Let My Brother Go)

10. La Lumière au bout du voyage (Light at the End of the Journey)

11. Mystère à l’exposition (The Monster of Comus Towers)

12. Sa dernière chanson (The Man Who Believed)

13. Vol sans laisser de trace (A Very Cool Hot Car)

14. L’Heure perdue (The Past Is Prologue)

15. Une fille dans la nuit (Girl in the Night)

16. Sa dernière course (The Fourteenth Runner)

17. La Deuxième police (Force of Arms)

18. En souvenir d’une crème glacée (Memory of an Ice Cream Stick)

19. Le sergent mène l'enquête (To Kill a Cop)



1. L'HOMME DE FER
(IRONSIDE)



Scénario : Adaptation : Don Mankiewicz, d’après une histoire de Collier Young. Réalisation : James Goldstone.

L’inspecteur principal Robert Dacier manque être tué par un tireur inconnu. Il en réchappe mais reste paralysé. Désormais assistant, il enquête sur son propre attentat.

On est vite dans l’action avec ce pilote. Raymond Burr ne marchera pas plus que quelques minutes au début de la série. Aidé des sergents de police Eve Whitfield et Ed Brown, il recrute un voyou qu’il a fait arrêter : Mark Sanger pour l’aider dans les tâches quotidiennes. Il se constitue un équipe pour continuer un métier qui ne veut plus de lui de manière officielle en raison de son handicap.

Raymond Burr en Dacier s’affirme d’emblée comme un homme autoritaire et cassant, cachant un grand cœur. Don Galloway en Ed est le jeune premier type des années 60, tandis que Barbara Anderson, dans le rôle d’Eve, symbolise la femme non émancipée, obéissant à son chef sans discuter. La seule insolence, qui ne durera pas, vient au début de Don Mitchell, dont le personnage Mark dit préférer être handicapé que noir.

La série est très datée années 60. Dacier ne semble pas abattu par ce qui lui arrive et mène l’enquête à partir du projectile. Cela le conduit à une école militaire et à un délinquant juvénile (et poète), Anthony, qui s’était lié à une sculptrice professeur, Honor Thompson (Geraldine Brooks). L’action se déroule sur un mode trop rapide pour laisser du temps à la psychologie, excepté pour les rapports orageux sur fond de question raciale entre Dacier et Mark. Mais sur ce thème, on reste à la surface des choses et la série se veut de pure distraction. Le pilote aux Etats-Unis durait 98 minutes, il a été réduit en France, dès sa première diffusion en novembre 1969, à 55 minutes, d’où sans doute ce sentiment que les choses vont trop vite.

Série conservatrice, filmée de façon académique, il ne faut pas attendre autre chose de « L’homme de fer » qu’une série de pure distraction. Elle eut un grand succès dans la France de Pompidou, correspondant au conformisme de l’époque. Pour des raisons assez obscures, l’ORTF acheta massivement, jusqu’en 1973 (soit durant trois tranches de 13 épisodes en 69, 71, 73) des épisodes de la saison 1. Elle vaut aujourd’hui pour la nostalgie. Pour les français de l’époque, Raymond Burr n’avait pas été Perry Mason et à part les cinéphiles qui l’avaient remarqué dans « Fenêtre sur cour », il fut identifié à Robert Dacier. Comparée à « Hawaii Police d’état », série contemporaine, la série a mal vieilli. On passe un bon moment, les quinquas retrouvent un peu leur enfance. Si la série se passe à San Francisco, on ne voit pas assez la ville, et trop les studios. « L’homme de fer » semble cependant mieux avoir résisté à l’outrage du temps que « Mannix », autre grand succès américain sous l’ORTF.

  • Joel Fabiani (« Département S ») joue le rôle d’un médecin, le docteur Schley.

  • Geraldine Brooks (1925-1977) était une guest star des séries des années 60 : « Opération vol », « Le Virginien », « Mannix ».

  • Kim Darby (1947-) incarne Ellen Wells, la petite amie du suspect. Après une carrière télé (« Match contre la vie »), elle devint célèbre avec « Des fraises et du sang » de Stuart Hagmann (1970).

  • Ce pilote nous apprend que Dacier est veuf depuis longtemps.

  • Barbara Anderson (Eve) n’a jamais rien tourné pour le cinéma. On regrettera qu’après son mariage en 1971, sa carrière se soit limitée à de rares apparitions (7 épisodes de « Mission Impossible », un excellent « Hawaii Police d’état » avant de s’arrêter à la fin des années 70.

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2. MESSAGE DE L'AU-DELÀ
(MESSAGE FROM BEYOND)

Scénario : Don M. Mankiewicz. Réalisation : Michael Caffey.

Sur un champ de courses a lieu un vol de 175 000 dollars. Dacier se trouvait là par hasard pour parier. Les responsables du champ de courses font appel à lui. Principal suspect : un employé nommé Blackwell.

Ce qui choque d’emblée dans la mise en scène, c’est l’abus de scènes de studio. Le champ de courses a de toute évidence été filmé avant (aucun acteur de la série ne s’y montre). A part un plan du fourgon avec en perspective le Golden Gate, histoire de rappeler que nous sommes à San Francisco, tout est filmé en studio. Je ne me rappelai pas que Dacier avait un tel caractère de chien, aussi son équipe ne peut avoir de personnalités fortes. Seul Mark se permet de lui faire des remarques, ce qui provoque des disputes. Voilà qui ne passerait pas la barre du politiquement correct aujourd’hui, on taxerait Dacier de négrier. Tout le monde doit supporter son mauvais caractère, y compris l’infirmière masseuse. Mc Garrett par comparaison est un trésor de diplomatie !

Notons aussi qu’il est invraisemblable que les propriétaires s’adressent à Dacier au lieu de la police. Tout au long de la série, nous aurons droit au même plan travelling sur la façade de l’immeuble où réside Robert Dacier. Bien sûr, il y a une poursuite en voiture (Blackwell tente d’échapper aux policiers), mais elle est vite expédiée, sans cascades. Lorsque le chef Dacier sort pour se rendre pour les besoins de l’enquête ailleurs, les scènes d’extérieurs sont souvent des prises de vue banales de la circulation et l’on revient vite en studio. Pourquoi cette obsession d’Universal de faire des économies ? Si l’on voit Eve et Ed en voiture, cela dure deux secondes et pas plus.

Eve est une femme soumise, qui se laisse parler comme à un chien, fait la vaisselle, ne bronche jamais. On est loin des héroïnes féministes comme Cathy Gale et Emma Peel. On peut regretter qu’avec un tel physique, elle n’ait jamais joué le moindre rôle  sexy. Elle est habillée comme une bonne sœur, avec tailleurs stricts, alors qu’elle est belle comme le jour. On n’est pas près de la voir en minijupe

Le commissaire Randall est toujours associé de près aux enquêtes de Dacier. Gene Lyons son interprète était un ami personnel de Raymond Burr. Le téléspectateur ne peut le deviner car ici ils restent toujours dans leurs personnages sans manifester de complicité.

Scénariste du pilote où il avait fait du bon travail, Don Mankiewicz s’est adjoint une initiale « M » après le prénom mais ne s’est guère creusé les méninges avec cette histoire de vol d’un joueur maladif, simple comparse dont s’est servi le cerveau. Le fait de laisser un message sur une vieille guimbarde pour indiquer le lieu de la cachette est tiré par les cheveux. Le réalisateur parvient cependant à nous livrer un épilogue à suspense, mais c’est bien maigre. Madlyn Rhue (une scène) et surtout James Gregory (le « fiancé » de Linda Day-George dans un mémorable « Mission Impossible », deux scènes) sont sous-employés. Il manque à cet opus des moyens financiers et un script plus solide.

La série, pour nous montrer la ville où elle est située, n’est pas prête de rivaliser avec « Les rues de San Francisco ». Raymond Burr joue un ours qui est tout sauf sympathique. Ses partenaires habituels ne sont mentionnés qu’au générique de fin. Don Galloway n’a quasiment rien à jouer sinon les boy scouts. Notons pour l’anecdote le nombre invraisemblable de vieilles voitures des années 50 dans San Francisco (on se croirait aujourd’hui à Cuba !), bien davantage que celles des années 60 que l’on voit dans « Les Envahisseurs » ou « Mannix ». Le fourgon de Dacier est une antiquité (il en changera suite à sa destruction dans un épisode pour le troquer contre un plus moderne).

  • Barbara Anderson a changé sa coiffure depuis le pilote, passant des cheveux longs à une couple plus courte et stricte, un chignon, qu’elle gardera durant la série.

  • Dans le rôle de Mrs Blackwell, on retrouve Madlyn Rhue (1935-2003), la fiancée de « Baretta » tuée dans le pilote de la série éponyme. On l’a vue 3 fois dans « Mannix », 4 dans « L’homme de fer ». Sa carrière commencée en 1958 passe par « Les Incorruptibles », « Le Fugitif », « Les mystères de l’ouest », « Opération vol », « Banacek », « Mission Impossible », « Hawaii Police d’état », « Cannon », « Drôles de dames », ce qui fait que le téléspectateur français la reconnaît immédiatement sans forcément mettre un nom sur son visage.

  • Gene Lyons (1921-1974), qui eut une aventure avec Grace Kelly, souffrait de problèmes d’alcoolisme, qui causèrent son décès. Il a joué dans 66 épisodes de la série et ce fut son dernier rôle, il ne tourna aucun autre rôle à partir de son engagement en commissaire Randall. On l’a vu auparavant dans « Les Envahisseurs », « Les Incorruptibles, « La quatrième dimension », « Le Virginien », « Star Trek », « Bonanza », « Gunsmoke », « Les Espions », et grâce à Raymond Burr « Perry Mason ». Il n’a tourné que quatre films pour le grand écran.

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3. UNE FEUILLE DANS LA FORÊT
(THE LEAF IN THE FOREST)

Scénario : Don M. Mankiewicz. Réalisation : Leo Penn.

Il y a deux ans, quand il était valide, Robert Dacier n’est pas parvenu à arrêter un étrangleur. Des crimes similaires ayant repris, il décide de mener une enquête parallèle à celle de la police. Mais uniquement sur la cinquième et dernière victime en date, Esther Garrison, le modus opérandi de l’assassin ayant changé.

Le réalisateur Leo Penn, pour son unique épisode de « L’homme de fer », nous ballade un peu dans San Francisco, plus que Michael Caffey dans l’opus précédent. Côté invités vedettes, nous ne sommes pas gâtés : j’ai dit dans le dossier « Le Virginien » ce que je pensais de Barbara Barrie (ici Mme Dupont, femme du comptable de la victime) : toujours le même jeu geignard quel que soit le rôle. Si l’on regarde à la file ses interprétations de l’infirmière Gale Frazer dans l’épisode des « Envahisseurs : l’ennemi », d’Aimee dans l’épisode 17 de la saison 2 du « Fugitif » et  d’Ellen Beecher dans  « Le Virginien : The small parade » (Saison 1), on est édifié à ce sujet. Son rôle est moins important ici. Tant mieux !

 John Larch (« Hawaii Police d’état », « Les Envahisseurs », « L’inspecteur Harry », « Un frisson dans la nuit ») incarne le mari, Pierre Dupont, ancien escroc que Dacier a jadis coffré. Il est le principal suspect. Habituellement excellent (rappelons-nous de Joseph Trinian l’un des pires adversaires de Mc Garrett), il constitue une erreur de casting en homme d’affaire.

L’intrigue est ici passionnante. Dacier trouve un point commun entre toutes les victimes (il y en a une sixième) sauf Esther Garrison. Déguisée en vieille dame, avec un maquillage ridicule, Eve va le piéger, sans avoir les techniques de combat des avengers girls. Le piège fonctionne et le tueur en série est pris à la 37e minute. On regrette alors le manque de suspense sur l’identité de l’autre meurtrier, qui semble évident.

Si le téléspectateur se souvient de ce que Dacier a dit en début d’épisode, il ne s’agit pas de l’étrangleur qu’il a raté pour cette enquête. En effet, ce dernier, comme Monte Markham dans l’épisode de « Hawaii Police d’état » : « Les clefs de l’énigme » met à profit une série de meurtres d’un fou pour en rajouter un de nature crapuleuse.

La tension continue entre Mark et Dacier, mais dans cet épisode se teinte d’humour afin d’apaiser les choses. La série n’est pas très réaliste lorsque Dacier choisit d’enquêter sur une des victimes, laissant les autres au détective Keeley (Bert Freed). On lui accorde une bien grande liberté alors qu’il n’est plus inspecteur officiel comme avant son handicap mais simple consultant.

  • On voit distinctement une lettre de la victime datée du 4 septembre 1969 à la 25e minute. L’action est censée se passer deux ans avant.

  • Eve a un ami agent de change que l’on peut déranger en pleine nuit !

  • A partir de cet épisode Dacier se déplace en fauteuil électrique.

  • Quincy Jones (1933-), le compositeur du thème du générique, trompettiste de jazz, compositeur, a signé plus de quarante musiques de films. Il a produit le fameux album de Michael Jackson « Thriller » en 1982.

  • Dacier a inventé son proverbe sur la feuille dans la forêt et se fait démasquer par Eve qui se souvient qu’il était persan au début et turc à la fin.

  • Don Mitchell (1943-2013) restera l’acteur d’un seul rôle, Mark. Après l’arrêt de la série en 1975, il n’a quasiment plus tourné.

  • Don Galloway (1937-2009) sera vedette invitée de nombreuses séries : « Sergent Anderson », « Drôles de dames », « Pour l’amour du risque », « L’ile fantastique », « L’homme qui tombe à pic », « Les deux font la paire », « K 2000 », « Rick Hunter », « Dallas », « Arabesque », « Mac Gyver », mais sans jamais retrouver la notoriété d’Ed Brown de la série. Il a arrêté sa carrière au début des années 90. Il est mort d’une crise cardiaque.

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4. MORT EN DIFFÉRÉ
(DEAD MAN'S TALE)

Histoire de Don M. Mankiewicz. Adaptation : Donald A. Brinkley et Don M. Mankiewicz. Réalisation : Don Weis.

Warren Stuart, numéro 2 du syndicat du crime, veut commencer une nouvelle vie et livrer son patron l’avocat véreux John Trask à Robert Dacier. Il a été tué mais avec l’accord de Randall, Dacier le fait passer pour grièvement blessé et toujours susceptible de parler.

On est tellement habitué à Jack Lord dans « Hawaii Police d’état » que le voir ici ou dans « Les Envahisseurs : Vikor » semble étrange. Toutefois, lors de la première diffusion française en 1969, les téléspectateurs français ne connaissaient pas « Hawaii Police d’état », qui ne débarquera, et encore sur la 3 alors peu captée, que le 15 juillet 1973. Si l’on veut apprécier l’opus, il faut faire abstraction de notre image de Jack Lord. On peut toutefois reconnaître que le comédien, homme assez glacial dans la vie, peu apprécié sur le tournage de sa série culte, est crédible en mafioso. Il aura fallu la magie de la télévision pour le rendre sympathique à partir de 1968 dans sa saga exotique.

En uniforme d’infirmière, Barbara Anderson est absolument craquante. Elle rivalise de charme avec la petite amie du « mort », Tina Mason (Susanne Cramer). Mais Barbara/Eve a une longueur d’avance. La starlette allemande était dans son registre habituel. Barbara est un fantasme ambulant. Malheureusement, même plus tard, en criminelle dans « Hawaii Police d’état », elle ne se départira jamais de son look de jeune fille sage.

D’ailleurs, dans cet opus, la belle revient vite à ses tailleurs, jupes strictes et pulls de jeune femme sage. Un crime !

Dacier affronte ici le syndicat du crime. Raymond Burr s’en donne à cœur joie en interprétant le coup de bluff de Robert Dacier. Ce qui fait s’arracher les cheveux au commissaire Randall. Trask a un « patron », une sorte de Capone moderne, Mr Gregory (Byron Morrow). Dacier a toutes les audaces et ne respecte aucune procédure pour en venir à bout de Trask.

Les scènes principales sont toujours faites en studio, mais entrecoupées de séquences prises en extérieurs, comme celles de l’aéroport. Ce qui donne l’illusion de moyens financiers conséquents. Et ceci sans l’aspect factice des décors exotiques de la série « Le Saint » filmés à Elstree. Le réalisateur Don Weis a trouvé le juste équilibre, il signera d’ailleurs 57 épisodes de la série.

A la 34e minute, l’enlèvement de Tina semble donner l’avantage à Trask. Cela nous vaut de bons moments d’action (poursuite de l’ambulance, arrivée à l’aéroport, suspense final).

Certes, avec l’identification Lord/Mc Garrett, nous devons surmonter un petit handicap pour véritablement entrer dans l’histoire. Une fois cela fait, on apprécie l’opus à sa juste valeur, et il est bien le premier à égaler la qualité du pilote.

  • Jack Lord (1920-1998) fut Felix Leiter dans « James Bond contre Dr No » en 1962, et à partir de 1968 le héros de « Hawaii Police d’état » jusqu’à la fin de sa carrière. Dès les années 80, atteint de la maladie d’Alzheimer, il se retira du monde. Il avait prévu après Mc Garrett de tourner une autre série « Mr Station », qui resta au stade du pilote.

  • Susanne Cramer (1936-1969) était surnommée la « Jayne Mansfield allemande ». Elle est morte tragiquement moins de deux ans après le tournage de cet épisode, d’une pneumonie, le 7 janvier 1969, mais l’hypothèse d’une faute médicale a été avancée. Elle mena une vie remplie de frasques et de drames.

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5. MANGER, BOIRE ET MOURIR
(EAT, DRINK AND BE BURIED)

Scénario : Tony Barrett. Réalisation : William Graham.

Francesca Kirby manque d’être enlevée lors d’une soirée par un homme grenouille venu de l’océan. C’est une animatrice radio que Dacier connaît mais n’a pas vue depuis quelques années.

Cet épisode a été diffusé en France le samedi 3 février 1973, avec treize opus censés représenter une sélection des plus récents épisodes, soit la saison 71-72, or la diffusion US datait du 5 octobre 1967. Le téléspectateur français n’y voyait que du feu, ne disposant pas des moyens de savoir de quelle saison américaine l’opus était un élément. Cela montre qu’après 13 épisodes fin 69 et 13 en 71, l’ORTF n’acceptait pas l’évolution de la série, un peu comme si elle avait continué d’acheter des « Mannix » saison 1 avec Joseph Campanella sans Gail Fisher. Ce ne sera pas le seul « saison 1 » à être programmé en de janvier à mars 73. On ne risquait pas ainsi de voir vieillir les comédiens, ni de savoir que Barbara Anderson avait quitté la série.

Lee Grant incarne ici Francesca Kirby, une sorte de Ménie Grégoire américaine. Son personnage faisait les chroniques judiciaires, ce qui explique que Dacier la connaisse. Mark commence l’enquête dans une boite de jazz. Il y retrouve une vieille connaissance, Les Appleton, du temps où il était voyou. On reconnaît immédiatement dans le rôle d’Appleton … Quincy Jones en personne ! Il joue très bien la comédie .Michel, le mari de Francesca, faisait partie de son orchestre.

Dacier se rend chez son improbable amie qui vient d’être empoisonnée à la strychnine. Le mari Michel met l’homme de fer sur la piste de Doris, sœur de Francesca, photographe de mode. Elle est interprétée par une inconnue, Maria Lennard, qui n’a tourné qu’une dizaine de rôles à l’époque et a disparu de la circulation depuis.

Darren Sanford (Richard Anderson), ancien amant de Francesca, a divorcé à cause d’elle. Il est suspect aux yeux de Dacier. On a toujours le sentiment que la production est regardante sur le budget. Dès que Dacier sort dans son fourgon, on voit le pont du Golden Gate, mais juste après les scènes sont tournées en studio. Les Kirby sont un couple libre, chacun ayant des aventures de son côté.

L’amitié Francesca-Dacier au fil de l’opus n’est jamais plausible. Burr impulse à son personnage un côté dur, conservateur, râleur, que l’on imagine mal cohabiter avec une grande bourgeoise délurée. On regrette que Barbara Anderson soit assez en retrait, Eve étant envoyée en mission comme script girl pour protéger Francesca. Elle en a profité pour s’habiller comme une grand-mère, on se demande bien pourquoi. Ah, cet ensemble en laine jaune !

En plus de Doris, Darren et du mari, un certain Vic Durant (John Lodge) constitue un quatrième suspect. Tel un Maigret ou un Barnaby, Dacier élucide l’énigme dans les dernières minutes. Aucun téléspectateur ne risquait de deviner tellement l’affaire était compliquée.

Episode médiocre, le plus mauvais depuis le début de la série. Le scénario n’est pas crédible une seconde, les personnages sont à peine esquissés et trop nombreux pour une durée de 48 minutes. Je préférais Farley Granger chez Hitchcock, et Lee Grant ne m’a pas convaincu de son talent. Il est insolite de voir un célèbre musicien un balai à la main faire le ménage dans son club de jazz et Susanne Benton est bien jolie mais tout cela ne vaut pas plus d’une étoile.

  • Lee Grant (1925-) a joué dans « Dans la chaleur de la nuit », « Damien, la malédiction 2 » et à la TV dans « Peyton Place ».

  • Farley Granger (1925-2011) est célèbre pour « La corde » d’Alfred Hitchcock.

  • Richard Anderson (1926-) était Oscar Goldman, le patron de « L’homme qui valait trois milliards ».

  • Le modèle que Doris photographie est Susanne Benton (1943-) mannequin et starlette des 60’s.

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6. LE DANGEREUX ALIBI
(THE TAKER)

Histoire d’Irving Gaynor Neiman. Adaptation : Irving Gaynor Neiman et Winston Miller. Réalisation : Don Weis.

Andy Anderson, un policier que Dacier avait fait entrer dans la police, est assassiné. Randall refuse que Dacier s’en occupe car l’officier s’était laissé corrompre. Le tueur présumé est un certain Johnny Utrecht.

L’actrice de l’épisode, censée avoir déclenché des passions, Jan Sheppard (dans le rôle d’Adrienne May) n’est pas terrible. Elle aurait pu être la cause du meurtre car on lui prêtait une liaison avec Frasier (Peter March Richman) et qu’elle était la maîtresse de la victime. Un Frasier dont la femme a été assassinée autrefois sans que l’on retrouve le coupable.

L’enquête semble orientée dès le départ pour blanchir Anderson, et en cela, Dacier fait preuve de mauvaise foi. Il rouvre le dossier de la mort de Mme Frasier. Il interroge Arkoff (William Schallert), photographe, employé du mari. En dehors des intérieurs, les seuls extérieurs où l’équipe semble pouvoir filmer sont les clubs nautiques, on en voit un ici, il y en avait un dans « Manger, boire et mourir ».

On ne tarde pas à retrouver le cadavre du photographe. Adrienne admet avoir été la maîtresse de Frasier. A la 39e minute, dans une scène, on se rend compte à quel point c’est mal filmé. Le fourgon de Dacier arrive, mais lorsque Mark l’en descend, nous sommes en studio.

L’épisode est vraiment ennuyeux et raté. Dacier se contente d’interroger les témoins et trouve vraiment le menteur (et triple assassin en fin de compte) plus par chance que par déduction. Un opus à zapper sans regrets. La mise en scène est cette fois paresseuse, alors Don Weis s’en était bien tiré avec « Mort en différé ».

  • Dacier avoue que malgré le règlement, il a toujours bu pendant le service, mais qu’avec son statut actuel de simple assistant, il peut le faire tranquillement.

  • Dure scène avec Ed : Dacier le traite comme un chien car il croit à la corruption d’Anderson.

  • Peter March Richman (1927-)  a joué dans « Les envahisseurs » (deux fois) et « Santa Barbara ».

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7. LES ÉVADÉS DANS LA MAISON
(AN INSIDE JOB)

Scénario : Sy Salkowitz. Réalisation : Charles S. Dubin.

Carter et Baines, deux prisonniers, s’évadent du quartier général de la police qui est dans l’immeuble où se trouve l’appartement de Dacier. Ils le prennent en otage.

Début 1970, cet épisode concluait la première tranche de treize épisodes (pris dans les saisons 1 et 2) que les téléspectateurs français venaient de découvrir. La série faisait un triomphe.

C’est la première fois que nous constatons que dans l’immeuble de Dacier se trouve un poste de police avec des cellules. Ce jour-là, Dacier est d’une humeur massacrante car Eve est en retard de quarante minutes et il doit faire un discours qu’il prépare en le tapant à la machine. Mark finit par craquer tellement l’humeur du chef est exécrable. Le fait que tout soit fait en studio, vu le bon scénario n’est pas gênant. Mark s’étant rendu à la bibliothèque chercher un document, les assaillants prennent en otage Eve.

John Saxon et Don Stroud font merveille en évadés. Ils ont tout à fait les têtes de l’emploi. Dacier réussit à prendre l’ascendant sur les deux brutes avec son autorité naturelle. On a quand même l’impression qu’il en fait parfois un peu trop dans le genre « mauvaise humeur », aboie plus qu’il ne parle et que son courage est démesuré.

Si aujourd’hui l’épisode est un peu daté, pour l’époque, il constituait un bon spectacle. Pour une fois, l’absence d’extérieurs et le tournage en studio n’est pas un problème.

Moment d’humour involontaire lorsque Carter (John Saxon) voit l’efficacité du mauvais caractère de Dacier : « Je peux dire que vos méthodes sont très différentes des nôtres, vous, c’est l’intimidation ».

Dans la mesure où le manque de moyens n’influe pas sur la mise en scène en huis clos, on passe un excellent moment. Avec le recul, on trouve les évadés parfois un peu naïfs. Mais le réalisme n’est pas le point fort de la série. Raymond Burr se taille la part du lion, reléguant ses collaborateurs au rang de simples sujets, mais c’est un peu le principe de la série.

  • John Saxon (1935-) a commencé a tourné en 1954. On se souvient de lui dans le téléfilm « Planète terre » avec Diana Muldaur, et au cinéma dans « Opération Dragon ».  Il reviendra dans un épisode de la saison 3.

  • Don Stroud (1943-) est surtout connu pour « Amityville, la maison du diable » et son rôle de Heller dans le deuxième James Bond de Timothy Dalton « Permis de tuer ».

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8. LES NOMBRES QUI TUENT
(TAGGED FOR MURDER)

Scénario : Art Weingarten. Réalisation : Charles S. Dubin.

Le sergent Brown trouve la mort par électrocution d’un certain Bellingham suspecte et décide de mener une enquête pour meurtre.

Bonne nouvelle avec cet épisode : introduction de l’humour (On ne peut pas dire que la série brillait par cela auparavant). C’est aussi la première fois que nous avons des tournages en extérieurs assez conséquents. On ne se limite pas à quelques plans par ci par là. C’est aussi le cas dans l’épisode suivant, donc MCA-TV Universal a peut être augmenté le budget alloué à la production ?

Les tournages non confinés au simple studio apportent indéniablement un plus. Si l’on peut trouver l’idée de départ un peu saugrenue (la police n’a pas assez de travail avec les crimes avérés pour qu’Ed aille enquêter sur ce qui a l’air d’un accident), très vite la piste du meurtre en série est confirmée. Tout au plus peut-on trouver que les bandits dans cet épisode sont étonnamment patients. Ils ont volé un magot pendant la seconde guerre mondiale caché dans un coffre en Suisse, mais par prudence, ils n’y touchent pas, cela fait tout de même 25 ans à attendre, donc peu vraisemblable.

La pauvre Antoinette Bower, qui incarne une prostituée italienne Andra, épouse de la victime, est dotée d’un accent espagnol ridicule. Quand elle répond à Dacier, l’accent, en VF, est tout sauf italien. Elle a l’accent de Julio Iglesias dans une interview française ! Un peu plus tard, il se révèle qu’Andra n’est pas italienne, Eve le dit à Dacier parce qu’elle parle de « gamina », terme utilisé par Andra. La conclusion d’Eve est qu’Andra est (je cite) « suissesse », avant de parler d’elle ensuite comme une « suisse ». Auquel cas l’accent espagnol est encore plus ridicule !

Le téléspectateur se doute bien qu’un type qui manipule son téléviseur au bord d’une piscine de laquelle il sort n’est vraiment pas fûté (encore qu’un célèbre chanteur idole des minettes de notre pays ait connu une fin semblable dans une salle de bains) ou alors que c’est un meurtre déguisé. Dacier, ancien militaire, comprend vite que la présence de la plaque militaire sur place est anormale. Toutes les victimes, car il y en a bientôt légion, avaient à portée de main leur plaque avec leur numéro militaire, datant de 1942, et nous sommes en 1967 ! Le fils d’un des morts est un professeur de karaté joué par Bruce Lee, qui sortait alors du tournage du « Frelon Vert », mais n’était pas la légende qu’il est devenu avec « La fureur de vaincre », « La fureur du dragon » et « Opération dragon ». Ceux qui ont vu l’épisode (ou le verront) seront un peu étonnés que ce professeur de karaté dispense des cours durant lesquels on passe sans transition du karaté…  au judo !

Dacier s’est enfin décoincé et arrête de hurler toutes les cinq minutes. Dans une scène, il se moque même de son sale caractère, pourvu que cela dure ! Les numéros de plaques sont amputés chacun d’un chiffre afin que cela corresponde au code secret d’un coffre dans une banque suisse. Ils sont bien confiants ces voleurs, puisque Bellingham leur dit d’attendre pour éviter de se faire prendre. L’un des comparses, qui donc a profité d’une opération militaire en Italie en 1942 pour faire un vol – avec meurtres – est devenu clochard, et il reste dans la rue sans demander sa part ? Il est ici rappelé que les meurtres sont imprescriptibles aux Etats-Unis, et les survivants sont censés rendre des comptes à la justice s’ils se font prendre.

Il est bien étonnant que Bellingham ait épousé une prostituée (dans la VF, le mot « catin » est utilisé) qui donc a partagé ses faveurs avec nombre de soldats américains que le mari connait. L’amour est aveugle.

J’ai apprécié l’opus pour les scènes de poursuites enfin dans les rues de San Francisco et pas en studio. Si l’on fait abstraction de  l’accent ridicule d’Andra, on passe un bon moment, il y a du suspense, aucun temps mort, et Dacier s’est enfin calmé.

  • Bert Freed (1919-1994) remplace ici le commissaire Randall absent. Il est le sergent Cable, alors que dans « Une feuille dans la forêt » il s’appelait détective Keeley. C’est sa deuxième et dernière apparition dans la série.

  • Bruce Lee (1940-1973) qui incarne le prof de karaté Leon Soo, est certes une légende mais n’a profité d’une gloire arrivée en 1972 avec « La fureur de vaincre » soit un an avant sa mort. On l’avait vu avant dans les séries « Batman » et « Le frelon vert ». Il semble qu’il fut le premier choix envisagé pour être Kwai Chang Caine pour la série « Kung Fu » avant qu’on lui préfère l’américain David Carradine.

  • Antoinette Bower (1932-) a surtout tourné pour la télévision : « Les Envahisseurs : Alerte au rouge », « Alfred Hitchcock présente », « Cannon », « Hawaii Police d’état », « Columbo ».

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9. LES DEUX FRÈRES
(LET MY BROTHER GO)

Scénario : Donn Mullally. Réalisation : Don Weis.

Dacier veut sauver une bande de délinquants noirs en les détournant du crime par le sport, se servant en cela d’une vedette de football noire, « Bat » Masterson auquel le policier lambda blanc demande un autographe. Mais le frère de Bat a franchi la ligne jaune et son frère le couvre.

Episode non programmable aujourd’hui en raison du « politiquement correct », ou alors il faut refaire la bande son française. En effet, le gang de délinquants que Dacier veut sauver (Il se transforme ici en assistante sociale !) parle avec des voix que l’on peut trouver dans le registre de Michel Leeb imitant un africain  du fin fond de la jungle. Cela donne évidemment aux personnages un côté totalement ridicule dans chaque échange avec Dacier.

« Bat », le footballeur célèbre (Ivan Dixon 1931-2008) symbolise l’homme qui a réussi en 1967 en Amérique malgré la couleur de sa peau. Il est ici un sportif très généreux, prêt à aider ses frères de couleur à ne pas tomber dans le crime, tout en ayant des scrupules à ne pas livrer son propre frère de sang cette-fois, Joe.

L’épisode est « moralisant » d’un bout à l’autre, et révèle l’état d’esprit des années soixante sur la condition des noirs. Mais Dacier en fait trop (en raison du script) dans le genre bisounours-Joséphine Ange Gardien face à quelques crapules qui méritent la prison et non la rééducation par le sport sous la férule d’un grand champion.

Si l’épisode se regarde sans ennui – Bat se faisant accuser d’un homicide involontaire à la place de Joe – avec un suspense constant, un Dacier bien patient par rapport à son sale caractère, et à nouveau beaucoup de scènes en extérieurs, séquences de foot oblige, on peut à l’arrivée tout cela très moyen. C’est bourré de clichés (le gentil noir qui comprend le message d’humanité de Dacier, le méchant pour qui les blancs sont tous des « sales flics »). Il faut remettre ce film dans le contexte historique de 1967 pour l’apprécier. On est loin des gangs de black que l’on voit dans « The Closer LA Enquêtes prioritaires » qui font peur à voir. L’épisode a été diffusé aux USA le 2 novembre 1967 soit quelques mois à peine avant le meurtre du pasteur Martin Luther King le 4 avril 1968. C’est bourré de bonnes intentions mais un peu artificiel et lassant. L’épilogue n’est pas crédible, et « L’homme de fer » s’ancre dans un monde déconnecté de la réalité sociale et historique. On veut absolument nous prouver qu’aucun policier blanc n’est raciste, une patrouille de police va même tolérer que « Bat » Masterson laisse sa voiture mal garée sans lui dresser de contravention, l’un des policiers lui demandant de dédicacer un ballon. « Pour votre fils ? » demande le champion. « Non pour moi » répond le policier.

Le seul qui se montre agressif envers Bat et les délinquants est… Mark, définitivement convaincu que Dacier est le sauveur de tous les maux.

  • La jolie épouse noire du frère du champion est interprétée par Ena Hartman (1935-). Elle a joué dans « Notre homme Flint » et « Airport » au cinéma. Elle reviendra deux fois dans « L’homme de fer », et a aussi tourné un épisode de « Opération vol ». Sa carrière s’est arrêtée en 1980. Plus de nouvelles depuis.

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10. LA LUMIÈRE AU BOUT DU VOYAGE
(LIGHT AT THE END OF THE JOURNEY)

Histoire de Jeannot Szwarc. Adaptation : Robert Van Scoyk et Sy Salkowitz. Réalisation : Charles S. Dubin.

Une jeune femme aveugle, Norma Wales, a été le témoin d’un meurtre. L’assassin, qui a tenté de la tuer, ne connaît pas son handicap.

Cet épisode inaugurait en 1971 la deuxième série de 13 épisodes programmée par l’ORTF. Lors de la rediffusion en septembre 1975 après « Aujourd’hui Madame », Télé Poche indiqua, de façon complètement erronée, qu’il s’agissait d’épisodes inédits ! (Ceux-ci arriveront vers avril 1976 sur Antenne 2).

J’ai eu un peu de mal à identifier le comédien qui incarne le tueur, aux faux airs de James Coburn, dont le nom n’est jamais précisé. Il s’agit de Bill Fletcher, qui jouait un rôle tout aussi menaçant dans « 200 dollars plus les frais ».

Même s’il y a ici peu d’extérieurs, l’épisode tient le téléspectateur en haleine pendant 47 minutes et constitue l’une des grandes réussites de la saison. Le jeu de Katherine Crawford est assez approximatif, raison qui explique sans doute qu’elle n’ait pas fait carrière. Robert Reed est un fiancé de l’héroïne aveugle plutôt antipathique, il n’était pas encore le lieutenant Tobias de « Mannix », mais les téléspectateurs le reconnaissent immédiatement. Au début de l’épisode, on a l’impression de retrouver le Dacier qui aboie tout le temps des premiers épisodes, mais il se calme vite.

Bien entendu, il s’agit d’une intrigue classique, la protection du témoin clé, mais elle est ici rondement menée. Aujourd’hui, on a revu cent fois ce genre de films et cela n’étonne plus personne. Pour 1967, c’est un résultat tout à fait honorable. Mais aussi sans surprises. Robert Reed en fait parfois un peu trop dans le rôle du fiancé outré, qui causa l’accident de voiture (et la cécité) de Norma. Si l’on creuse l’intrigue, l’histoire est un peu tirée par les cheveux, mais ce qui compte ici est la situation de départ et la façon dont elle est réalisée. Dans le même genre, on se souviendra d’un opus de « Hawaii Police d’état » : « Merci pour la lune de miel ». On passe un très bon moment et les amateurs de séries policières sont gâtés. Que demander de plus. On doute qu’en huit saisons, « L’homme de fer » puisse dépasser ce niveau de qualité, donc si l’on ne doit en voir qu’un, il faut choisir celui-là, assez représentatif de la série.

  • Robert Reed (1932-1992) fut de 1969 à 1974 le lieutenant Tobias dans « Mannix ».

  • Katherine Crawford (1944-) fut la première fiancée de Paul Bryan-Ben Gazzara dans « Match contre la vie ». Elle n’a fait qu’une courte carrière, apparaissant dans « Le Virginien », « Le Fugitif », « Opération vol », et un rôle récurrent dans « Gemini Man, le nouvel homme invisible ». Elle a tout arrêté en 1976.

  • Jeannot Szwarc (1939-) est français. Il est ici l’un des auteurs du scénario, mais a réalisé au cinéma « Les dents de la mer, 2e partie », « Quelque part dans le temps » et « Supergirl ».

  • Bill Fletcher a commencé sa carrière en 1951. On l’a vu dans « Les envahisseurs », « Les mystères de l’ouest »,  « Mission Impossible », « Cannon », « Wonder Woman », « Les têtes brûlées », « L’homme qui valait trois milliards », « 200 dollars plus les frais », « Super Jaimie », «  Drôles de dames » et au cinéma dans « La brigade du diable ». Il a arrêté sa carrière en 1982.

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11. MYSTÈRE À L’EXPOSITION
(THE MONSTER OF COMUS TOWERS)

Histoire de A.J. Russell. Adaptation : A.J. Russell et Stanford Whitmore. Réalisation : Don Weis.

Un tableau est volé dans un building hautement protégé. Le voleur s’est hissé le long d’une paroi lisse. Un peu plus tard, les voleurs demandent une rançon de 250 000 dollars pour restituer l’œuvre d’art.

On se croit au début dans « Chapeau melon et bottes de cuir : le vengeur volant », les français ont découvert les deux épisodes la même année, en 1973 (le vengeur le vendredi 28 septembre). Mais l’on s’il y a un mystère, c’est bien celui d’avoir acheté tardivement et programmé, en France, cet épisode le samedi 3 mars 1973, au lieu d’un opus plus récent. En effet, « Mystère à l’exposition » est d’un bout à l’autre d’un ennui mortel.

Sur le principe du whodunit, plusieurs suspects sont sur la liste de Dacier : qui a fait le coup ? Même si on laisse parfois au cours de l’histoire planer le doute sur un voleur ayant grimpé le building de l’extérieur, l’intrigue s’enlise dans l’ennui total. A noter pour le doublage français que nous avons un couple d’italiens, les Rossi, qui s’expriment tous deux avec l’accent espagnol, commençant toutes leurs phrases par « Yé ».

Cet opus est soporifique, avec des allées et venues incessantes entre l’appartement de Dacier et le building de Comus, diverses fausses pistes lancées par des protagonistes dont on pense qu’ils mettent (comme dans  la série « Columbo ») le téléspectateur dans la confidence. On soupconne un temps Amanda (Joan Huntington), la secrétaire particulière de Comus, que l’on voit rejoindre un certain Vincent Longo, en fait son amant. Longo est une vieille connaissance de Dacier, car c’est un repris de justice qu’il a arrêté.

De façon fastidieuse, Dacier essaie de reconstituer le vol, on voit ainsi Mark déguisé en ouvrier d’entretien comme si l’on était dans « Mission Impossible ».

Dacier organise une reconstitution finale pour arrêter les voleurs (et assassins puisqu’un gardien a été tué, et plus tard Rossi empoisonné – il avait trouvé la solution et les auteurs du vol).

On est loin d’être dans un mystère à la « Banacek », et si l’épisode se veut riche en action, le scénario tourne à vide. J’ai aussi relevé qu’il est souvent mentionné que le building est doté d’ordinateurs modernes, mais on ne les voit jamais.

  • Warren Stevens (1919-2012) est connu pour « Planète interdite », « La Comtesse aux pieds nus ». Il incarne ici Comus. A la TV, on l’a vu, notamment dans « Le Virginien », « Alfred Hitchcock présente », « La quatrième dimension », « Les Incorruptibles », « Mission Impossible », « Cannon ».

  • Joan Huttington (1934-) qui est la belle Amanda Stillman a fait une très courte carrière qui a commencé en 1962 et s’est arrêtée en 1975. On l’a vue à la TV dans « Daktari », « Les mystères de l’ouest », « Perry Mason », et au cinéma dans « Qu’est-il arrivé à tante  Alice ? ».

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12. SA DERNIÈRE CHANSON
(THE MAN WHO BELIEVED)

Scénario : Stephen Kandel. Réalisation : Tony Leader.

La chanteuse Samantha Dain se serait jetée du haut du Golden Gate. Dacier se souvient que lors de l’attentat qui l’a rendu infirme, elle lui avait écrit de ne pas perdre espoir. Il est donc persuadé qu’il s’agit d’un meurtre.

Il est bien improbable qu’une chanteuse qui se produisait dans un cabaret « psychédélique » se soit intéressée à un inspecteur de police, comme le dit Dacier, en faisant lire la lettre à Mark.

On fait un parallèle entre le début de l’intrigue de cet opus et  « Les nombres qui tuent » où Ed voyait un crime là où un accident semblait évident. D’ailleurs, Ed est cette-fois le plus acharné à prouver la thèse du suicide. Samantha se droguait et avait fait une cure de désintoxication. Le thème de la drogue sera abordé dans un des meilleurs épisodes de la série, lors de la saison 2, « Où est la limite ? ».

Cet épisode a le charme désuet des sixties et de l’atmosphère un peu « hippie ». L’intrigue nous attire par son originalité. Dacier fait preuve de plus de psychologie que d’habitude. Et d’humanité. Il est révolté par la façon dont la chanteuse était exploitée comme un produit commercial.

Dans la distribution, la remplaçante de Samantha est une certaine Bonnie (Barbara Rhoades) d’une vulgarité épouvantable. Cela tranche beaucoup avec la morte dont Dacier fait une sainte.

Cet opus nous dévoile une facette cachée de l’inspecteur, ce que l’on constate avec l’épilogue très mélancolique. Au-delà de l’habile intrigue policière à tiroir, un assassin en cachant un autre, la fin est particulièrement émouvante. On ressent un peu l’émotion qui reviendra, de façon plus intense, dans le formidable épisode de la saison 2 « Où est la limite ? » avec la nièce toxicomane mais au combien touchante d’Eve Whitfield.

Aucun souvenir de la diffusion française, mais M6, de 1989 à 1992, programma beaucoup d’inédits pour remplir ses grilles de programme.

  • Inhabituel, on voit Mark fumer durant un interrogatoire (derrière le fauteuil de Dacier).

  • Michael Constantine (1927-) qui est Harry Brancusi, le patron de la boîte, est surtout connu pour le film « L’Arnaqueur » avec Paul Newman.

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13. VOL SANS LAISSER DE TRACE
(A VERY COOL HOT CAR)

Scénario : Luther Davis. Réalisation : James Sheldon

Le commissaire Randall demande à Dacier d’enquêter sur un de ses collègues, le lieutenant Adams, chargé de retrouver des voleurs de voiture, et dont il soupçonne qu’il néglige l’enquête voire pire, d’être coupable de corruption.

Episode diffusé le samedi 10 février 1973, soit très tardivement après sa diffusion us le 30 novembre 1967, et au détriment d’épisodes plus récents sans Barbara Anderson.

Encore un épisode politiquement incorrect aujourd’hui. Mark pense que le lieutenant Adams (Bernie Hamilton) est innocent. Réaction de Dacier : « Pourquoi ? Parce-qu’il a la même couleur de peau que toi ? ».

Véronique Denize, dans le chapitre consacré à « L’homme de fer » dans « Les grandes séries américaines des origines à 1970 », aux éditions 8e Art, en 1994, précise : « L’homme de fer » fut tourné en studio, utilisant pour les scènes d’extérieur des images d’archives (stock-shots) filmées à San Francisco ». Je mentionnai qu’à partir de l’épisode 8 « Les nombres qui tuent », les tournages se faisaient en extérieurs. On dira donc que les stock-shots sont plus habilement insérés dans l’action qu’au cours des sept premiers épisodes pilote compris. Il y a quand même des plans avec la camionnette de Dacier dans les rues de San Francisco, on ne peut donc dire que ce ne sont que des images d’archives.

Pour la première fois, Mark Sanger mène seul l’enquête sur le terrain, alors qu’il n’a pas le statut de fonctionnaire de police contrairement au reste de l’équipe. Il est évident qu’il le fait pour innocenter le lieutenant Adams. Mark travaille dans une entreprise de casse automobile où il va vite se faire repérer et risquer sa vie. Il faut dire qu’il se débrouille mal, en vrai amateur détective qu’il est.

Nous avons droit ensuite à une belle scène de cascade automobile lorsque le sergent Brown qui suit un voleur est pris en chasse par un complice qui déporte sa voiture sur le bord de la route.

Le reste de l’enquête, consistant à tendre un piège aux voleurs, est terne et routinier, sans jamais le moindre éclat. Les scènes dans la casse de voitures sont de toute évidence filmées en studio. Ce sont des hippies pacifistes qui sont complices du trafic sous le prétexte marxiste que « la propriété, c’est le vol ».

On reste un peu sur sa faim avec l’épilogue bâclée. Un opus vraiment très moyen.

  • Bernie Hamilton (1928-2008) fut le capitaine Dobey dans « Starsky et Hutch ».

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14. L’HEURE PERDUE
(THE PAST IS PROLOGUE)

Scénario : Paul Mason. Réalisation : Don Weis.

Un ami de Dacier, Wally Stowe alias Frank Tomlichek, est arrêté au cours d’une réception pour un meurtre commis il y a 19 ans. Il doit être extradé vers New York pour être exécuté.

Aucun souvenir de la vision de cet épisode. Wally Stowe (Victory Jory) est-il coupable ? C’est un charpentier. Son fils Tom (Harrison Ford, alors inconnu) a l’honneur d’une réception. Mais la veuve de la victime supposée de Stowe, Mrs Chase, le reconnaît et le dénonce.

Il s’agit d’un suspense absolument passionnant, une course contre la montre et contre la mort. Victory Jory est convaincant dans le rôle, mais une amitié avec Robert Dacier est hautement improbable. Wally Stowe est un ouvrier, et de part ses fonctions et sa célébrité, l’homme de fer avait peu de chances de croiser la route de Frank Tomlichek/Wally Stowe.

Dacier fait pression sur la police en s’appuyant sur la presse. Il se met à dos le commissaire Randall. Notre inspecteur part pour New York (en fait, tout se passe dans les studios Universal). Il plaide la cause de Wally auprès de Mrs Chase (June Vincent). Mais en vain. Il interroge ensuite la fille de la victime, Phyllis (Jill Donohue) qui fut la cause de la dispute entre Wally et Richard Chase. La petite peste avait monté un cheval dangereux et cravaché Tomlichek, l’employé de son père. Ce dernier avait administré à la gamine une fessée en public.

Dacier apprend que Richard Chase, la victime, était atteint d’une tumeur au cerveau le condamnant à brève échéance. On condense en un épisode de « L’homme de fer » toute la série « Le Fugitif ». Dacier refait à toute vitesse l’enquête. Les allées et venues de l’inspecteur entre San Francisco et New York sont expédiées par quelques images d’avion.

Cet opus est une réussite sur toute la ligne. Pas un temps mort. Si l’on fait abstraction que la série est tournée en studio et sachant que les extérieurs ici n’apporteraient rien de plus, on passe un moment vraiment très agréable, et cela constitue une des grandes réussites de la saison 1.

  • Victory Jory (1902-1982) fut le père de Joe Mannix dans la série dans l’épisode « Le retour » (« Return to Summer Grove »).

  • Harrison Ford (1942-) que l’on ne présente plus est totalement méconnaissable en jeune Tom Stowe en 1967. Il ne fait d’ailleurs qu’une apparition. 

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15. UNE FILLE DANS LA NUIT
(GIRL IN THE NIGHT)

Histoire de Dean Riesner. Adaptation : True Boardman. Réalisation : Ralph Senensky.

A Las Vegas, Ed a un flirt avec une inconnue rencontrée à Las Vegas qui l’a abordé, une chanteuse nommée Elaine Moreau. Il est assommé, et lorsqu’il revient sur les lieux, l’inconnue a disparu.

Un épisode romantique, avec une chanteuse dont un gangster, Joe Varona, s’est emparé, menaçant son fiancé pianiste Johnny Foster de lui briser les doigts un à un. Je n’avais pas reconnu Susan Saint-James avec son look Liza Minnelli. Cette comédienne jouait dans la série « Les règles du jeu », alternant d’un épisode à l’autre comme « patron » les journalistes joués par Robert Stack, Gene Barry et Anthony Franciosa. Elle a aussi, comme autre titre de gloire, la série « Mac Millan and wife » avec Rock Hudson, que je n’ai pas vue.

L’histoire est très forte, très dramatique, jusqu’au dénouement final. Elaine est une victime et l’on devine que la fin sera tragique. Eve n’est pas jalouse, ce qui prouve qu’aucun sentiment n’existe entre elle et Ed.

Bien entendu, le Las Vegas que nous voyons ici se résume à quelques scènes d’archives, et tout est ensuite tourné en studios.

L’histoire rappelle un peu « La mort aux trousses » lorsque le sergent Brown revient dans la maison (comme Roger Thornhill/Cary Grant après que les tueurs de Philip Vandamm/James Mason aient tenté de le tuer).

A la différence de l’épisode suivant, soporifique histoire d’espionnage, j’ai bien aimé cette incursion de « L’homme de fer » dans une histoire d’amour. Chacun des protagonistes en connaîtra une (« Eve et son prince charmant », « Candy » pour Mark Sanger) et à chaque fois, pour la cohésion de l’équipe, nos héros restent célibataires.

En gangster Joe Varona, le comédien Donnelly Rhodes est abject, ignoble, et détruit non seulement la belle histoire d’Ed et Elaine, mais aussi la vie de la belle chanteuse.

Rarement, on est aussi triste à la fin d’un épisode de « L’homme de fer ». Varona lui aussi perd celle qu’il aime et croit posséder de force par la bêtise d’un de ses tueurs, Stulka (George Keymas). En effet, Varona a fait tuer un rival, Cardoff (Simon Scott) et Elaine a été témoin. Même le gangster amoureux qui a pris de force la femme qu’il aimait la perd. Bien que les coupables soient arrêtés, c’est la première fois que Dacier et son équipe perdent à la fin, n’ayant pas sauvé la belle Elaine. L’épilogue nous laisse un goût amer inhabituel pour une série habituée aux happy ends.

  • Donnelly Rhodes (1937-) a joué dans « Butch Cassidy et le kid ».

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16. SA DERNIÈRE COURSE
(THE FOURTEENTH RUNNER)

Histoire de Leon Tokatyan. Adaptation : Don Mullally. Réalisation : Don Weis.

Yuri Azneyeff, athlète soviétique coureur à pied, travaille pour la SIA et traître à son pays, cherche à disparaître lors d’un séjour à San Francisco.

C’est à se demander si Universal n’avait pas peur de problèmes de droit en détournant le nom de CIA en SIA, ce qui sera le cas l’année suivante dans la série « Opération vol ». Bien que cela ne trompe personne. Cette première incursion de « L’homme de fer » dans le monde de l’espionnage est un ratage total (à la différence de celles que fit Mc Garrett dans « Hawaii Police d’état », un épisode comme « L’affaire du Guarnérius » ressemblant beaucoup à ce script).

L’intrigue est embrouillée au possible et surtout ennuyeuse. Edward Asner est assez peu crédible en chef de la « SIA » Marlon Davis, qui fait peu d’effet sur Dacier qui ne se laisse pas impressionner. Comme toujours, Steve Inhat est excellent, il incarne ici Zarkov, l’agent du KGB. Avec sa moustache, je ne l’avais pas de prime abord reconnu. Nous sommes dans une phase diplomatique critique, la SIA doit rendre des secrets volés aux russes, mais sans perdre la face. On sait bien que Robert Dacier est doué pour … la diplomatie.

Yuri se fait passer pour « suicidé », mais les soviétiques n’y croient pas une seconde. Ensuite, on s’ennuie ferme entre traitres, agents doubles…

Dacier enquête auprès de la fiancée de Yuri (Ingrit Pitt, une actrice de la Hammer, qui incarne une hongroise Irina Novas). Nous sommes en pleine guerre froide. Mais ce n’est pas dans les cordes de Robert Dacier et il mène mal l’affaire.

Yuri, méconnaissable, ne veut pas être retrouvé. Il s’est teint les cheveux et fait un look d’américain du sud, un mexicain, et attire Dacier dans un piège au bord d’une falaise pour pousser le fauteuil dans le vide.

On a du mal à avoir de la compassion pour ce transfuge qui a quitté le KGB pour la SIA. Notons que l’on retrouvera cette image négative de la « SIA » dans « Opération vol » où des innocents seront tués, en total déphasage par exemple avec l’équipe de « Mission Impossible », qui eux sont des héros du monde libre. Le happy end qui suit avec de possibles retrouvailles à la Saint Valentin entre Irina et Yuri est totalement improbable, Dacier n'est pas rancunier avec ceux qui veulent le jeter d'une falaise!

  • Ingrit Pitt (1937-2010) est célèbre pour ses films d’épouvante anglais de la Hammer.

  • Edward Asner (1929-) est célèbre pour « Lou Grant ».

  • Cet épisode nous propose de voir le trop rare Steve Inhat (1934-1972), formidable acteur à la trop courte carrière. Il est le tueur rescapé de la guerre de Corée qu’affronte Joe Mannix dans l’épisode « Immeuble insalubre ». Il est mort d’une crise de diabète le 12 mai 1972 à Cannes, à seulement 32 ans. Une grande perte pour le cinéma et la TV.

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17. LA DEUXIÈME POLICE
(FORCE OF ARMS)

Histoire de Warren Duff. Adaptation : Ivan Goff, Ben Roberts, Warren Duff. Réalisation : Tony Leader.

Dacier enquête sur la mort soit disant accidentelle de Bug Denison, un membre d’une milice, « la deuxième police », qui veut renforcer la police officielle qui ne lui a rien demandé.

Cette intrigue à tiroirs est plus compliquée qu’il n’y paraît. Au début, Dacier affronte Marcus Weathers (Gene Raymond) dont la femme infidèle, mais sans charme et plus âgée que son amant Jeff Hanson (Linden Chiles), membre de la deuxième police a des intentions meurtrières cachées et veut vite devenir veuve.

On est déçus parce-que l’affrontement entre la police officielle (Dacier, Randall) et Weathers, n’est finalement pas le sujet de l’épisode. Tout le monde se trahit dans cette brigade de la mort qui veut faire régner l’ordre et la justice sans respecter ladite loi.

Weathers voudrait que Dacier accepte son aide : « Nous sommes dans le même camp ». Le procès de la milice n’est jamais vraiment fait. Weathers est en fait un cocu en danger de mort. Dacier condamne l’armée privée et évoque certains pays qui les ont adoptées.

La scène où Mrs Weathers accompagnée d’Eve roule en voiture dans San Francisco est fort mal filmée. La voiture ne bouge pas, elle est fixe, avec un décor filmé qui se déroule derrière comme dans les années 40, et en plus c’est mal cadré.

La victime Denison va être remplacée par un policier chassé pour brutalité, Jim Connolly (Harold J. Stone). Ce qui met Dacier en colère.

Mais le sujet de fond n’est jamais vraiment abordé en raison de la liaison entre Susan Weathers (Diane Brewster) et Jeff Hanson qui ont prévu de liquider le mari.

Un bon sujet non exploité et détourné, des images lamentables (voir ci-dessous la scène d’Eve et Susan Weathers en voiture), on peut parler de beau gâchis.

  • Harold J. Stone (1913-2005) a tourné dans « Le faux coupable », « Spartacus », et avec Jerry Lewis « Jerry la grande gueule ». Il est surtout connu pour six apparitions dans la série « Les incorruptibles ».

  • Linden Chiles (1933-2013) est un personnage récurrent dans « Banacek » où, assureur, il doit toujours empêcher le polonais de découvrir le pot aux roses en premier.

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18. EN SOUVENIR D’UNE CRÈME GLACÉE
(MEMORY OF AN ICE CREAM STICK)

Scénario : Sy Salkowitz. Réalisation : Charles S. Dubin.

Dacier soupçonne un certain Sam Noble d’être un meurtrier. Cela met hors de lui Mark Sanger qui a des souvenirs de l’homme quand il avait dix ans et qu’il lui offrait des crèmes glacées.

Je me souviens avoir découvert cet épisode sur TMC en 2004. Il s’agit encore d’une déclinaison de l’aspect racial de la série. Mark défend un homme qui fut bon pour lui autrefois, mais qui est devenu un tueur. Dacier essaie de la raisonner. L’élève se rebelle contre le maître.

L’inspecteur détruit un souvenir d’enfance de Mark. Celui d’un black qui offrait à Mark des ice cream. Mark va mettre un moment à ouvrir les yeux sur son ami Sam. Ici, l’homme de fer se montre paternaliste et l’on voit qu’il considère Mark comme son fils. Dans cette série, les bons sentiments triomphent au détriment du réalisme.

Sam Noble prend Mark en otage, et l’on voit comment Dacier est perturbé. Ce qui passe très mal aujourd’hui avec cette série, c’est l’aspect Bisounours. On s’écarte de séries de police procedural réalistes comme « Hawaii Police d’état », « Kojak » et « Les rues de San Francisco » pour tomber dans un univers proche de « La petite maison dans la prairie ».

Raymond Burr montre ici ses limites. Il n’a pas le talent d’un Scott Bakula pour détourner une série policière vers un message humaniste. Donc, au lieu de nous offrir un divertissement sans prise de tête, nous avons une intrigue d’un manichéisme un peu trop intrusif. On en demande pas tant à « L’homme de fer », série brillante quand elle propose un suspense (« L’heure perdue ») mais qui fait dans le cas présent de la psychologie de comptoir, ce qui n’est pas ce qu’on lui demande. S’il faut, parce que Don Mitchell est noir devoir à chaque fois supporter une thèse sur le racisme, où est la distraction, vocation première de la série ?

Encore un épisode tout juste passable.

  • Nous apprenons que le père de Mark était en prison quand Dacier l’a recruté, et que le jeune noir n’avait pas vu sa mère depuis des années.

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19. LE SERGENT MÈNE L'ENQUÊTE
(TO KILL A COP)

Scénario : Donn Mullally. Réalisation : Anton Leader.

Le sergent Brown est accusé de brutalité policière. Un certain Frank Vincent, qui n’arrête pas de traiter de « sale flic » le sergent, le provoque et essaie de le faire renvoyer de la police.

Episode diffusé le samedi 27 janvier 1973, on se demande pourquoi, car c’est un opus mineur de la saison 1. Notons que le téléspectateur attentif pouvait deviner lorsqu’on lui passait un épisode inédit ancien. Dans la saison 1, Dacier se promène dans un vieux fourgon qui semble dater des années 40. Dans l’épisode 01-03 « Les péripéties du sergent Brown », le véhicule brûle et est remplacé dès le 01-04 dans « Fumez des mirages » par un modèle plus récent  de 1969. En 1973, à chaque fois qu’un saison 1 est diffusé, on nous remontre ce vieux fourgon qui a brûlé.

Pernell Roberts de « Bonanza » est ici un méchant. Il incarne Frank Vincent, un restaurateur auteur de deux meurtres. Il se dit harcelé par la police et victime de violences. Le comédien Pernell Roberts semble plus à l’aise dans les rôles de mauvais garçons qu’en héros dans « Bonanza ».

Avec des moyens limités, le réalisateur Anton Leader réussit à faire illusion lors d’une scène de filature entre Vincent et Brown sur le pont Golden Gate. Tout est fait en studio mais on n’y voit que du feu. Bravo.

C’est un peu l’épisode de Don Galloway, mais le scénario ne suit pas. Le comédien sera bien plus gâté avec « Les péripéties du sergent Brown » dans la saison 3.

La fin de l’histoire (l’arme planquée par Vincent dans une église de Bayville) se suit sans passion.

  • Pernell Roberts (1928-2010) reste surtout connu pour son rôle d’Adam Cartwright dans la série « Bonanza » dont il tournera exactement 200 épisodes de 1959 à 1965, la quittant bien avant la fin en 1973. Cela lui permettra de jouer deux fois dans « Hawaii Police d’état », mais aussi « Les mystères de l’ouest », « Mission Impossible », « Les rues de San Francisco ».

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20. SON PROPRE OTAGE
(THE LONELY HOSTAGE)

Scénario : Norman Katkov. Réalisation : Charles S. Dubin.

Un policier, Fred Hickman, qui travaille à temps perdu pour une banque, se fait surprendre en train de voler par un garde et le tue. Traqué, il accepte de se rendre uniquement si Dacier, un vieil ami, vient  le chercher seul.

Episode « inédit » pour moi car aucun souvenir. Ce ne sera pas le premier en 189 épisodes. Donc aucun effet « nostalgie » en ce qui me concerne ici. On a beaucoup de mal à croire qu’un tueur (même policier) puisse être un ami de Dacier.

Robert Lansing (1928-1994), comédien vu dans « Equalizer », donne de l’épaisseur au personnage de Fred Hickman. Il explique au chef Dacier que son salaire de policier ne lui permettait pas de vivre décemment. La majeure partie de l’épisode, en huis clos, se déroule dans le fourgon. Bien entendu, la tension est au rendez-vous, comme dans « Les évadés dans la maison » et « L’heure perdue », c’est l’atout de l’opus. Avec un tournage en studio, il faut chercher la distraction dans l’intrigue.

La situation est assez crédible, prise d’otage certes insolite. On tremble vraiment pour Mark, même si on sait qu’il sera présent encore après, car Hickman a bien envie de l’abattre après qu’il ait tenté de le piéger.

L’épisode comporte de longues scènes nocturnes. Eve, Ed et le commissaire Randall tentent de deviner les intentions du fuyard qui visiblement ne cherche pas à passer une frontière par la route.

Jane, l’épouse (Kathie Browne) arrive au moment où  Hickman allait se débarrasser des témoins gênants. C’est par ses seuls discours (convaincants) que Dacier obtient la vie sauve pour Mark et lui. Le téléspectateur se pose alors la question : pourquoi Dacier s’est-il fourré dans une telle galère ?

On quitte le claustrophobe fourgon pour un chalet un peu plus spacieux. Dacier va ébranler la conscience de Jane, la femme du fuyard.

Kathie Browne a une présence étonnante (mais comment son personnage a-t-il pu épouser ce tueur) et rend le suspense davantage crédible lors de la scène de la blessure de Mark.

On passe un bon moment, mais c’est presque du théâtre filmé vu le peu d’extérieurs même simulés.

  • Kathie Browne (1930-2003) reviendra deux fois dans la série. Elle a essentiellement fait une carrière télé.

  • Robert Lansing fut le personnage d’Ed Mc Bain, le détective Carella, dans une série de 30 épisodes « 87th precinct » en 1961-62. Le rôle sera repris par Jean-Louis Trintignant en 1971 dans « Sans mobile apparent » au cinéma.

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21. LE DÉFI
(THE CHALLENGE)

Scénario : John Mc Greevey. Réalisation : Tony Leader.

Le professeur Carl Anderson, un psychiatre, joue aux échecs avec Dacier et l’avertit qu’un des artistes dont il lui montre les œuvres est un assassin. Dacier ne le prend pas au sérieux mais Anderson est assassiné.

Très bon script. Même si s’oriente plus vers le whodunit que le police procedural. Dacier culpabilise et veut trouver le meurtrier. Il y a cinq artistes, donc cinq suspects, liste réduite à trois car deux sont à l’étranger. Ceux sont des œuvres modernes et abstraites, et comme Mark, je serai partant de tout flanquer à la poubelle. Pas étonnant que des types qui pondent des « œuvres » de ce genre aient l’esprit quelque peu dérangé. Cependant, deviner, de la part du psychiatre, des intentions criminelles à partir de « sculptures » aussi saugrenues, laisse perplexe. Nous avons droit à toute une galerie d’allumés, dont une peintre qui asperge des couleurs en les jetant au hasard sur des toiles vêtue d'un bikini sous une cape en plastique transparente ! La fille fait des avances à Ed n’a guère de succès, mais il faut dire que je partage totalement son manque d’enthousiasme, la comédienne Sue Ane Langdon n’ayant pas un physique à tomber raide.

Ce qui n’est pas vraisemblable, c’est qu’en tant que simple consultant pour le compte du commissaire Randall, Robert Dacier puisse choisir les enquêtes qui lui plaisent et que personne ne semble trouver à y redire.

Un à un, les suspects sont interrogés, et tous présentent des problèmes psychologiques : une femme obsédée par son enfant mort noyé sous ses yeux, une dingue en bikini qui jette de la peinture en portant une cape, un « artiste » colérique prêt à découdre avec les poings pour récupérer son « œuvre » car quelqu’un d’encore plus cinglé est prêt à lui en donner une fortune. Ce dernier, Mike Celino est interprété par le réalisateur Nicholas Colasanto (qui a signé des épisodes de « Match contre la vie »). Celino est un repris de justice et tient plus du boxeur ou du garde du corps que d’un sculpteur moderne.

On apprend un peu plus tard dans l’opus (28e minute) que Dacier lui aussi considère comme des tas de ferrailles les œuvres. Sans parler des tableaux que Rhea Prentiss (Sue Ane Langdon) éclabousse de peinture pour se venger de la vieille tante qui l’a élevée strictement.

C’est une bonne énigme policière, et la présence des artistes excentriques ne gâche rien. Ce n’est pas du tout représentatif de la série (d’ailleurs aucun souvenir de l’avoir vu avant cette édition vidéo), mais c’est le premier épisode drôle (au second degré, car Dacier n’a pas du tout envie de rire) et dotée d’une intrigue à la Agatha Christie. Le ton décalé aurait mieux convenu toutefois à une série un peu un peu moins conventionnelle et sérieuse comme « Chapeau melon et bottes de cuir », « Annie Agent très spécial » ou « Des agents très spéciaux ».

Le meurtre de Celino en cours d’épisode limite la liste des suspects, et nous livre bêtement le nom de l’assassin.

  • Cec Linder (1921-1992) est le Felix Leiter du James Bond « Goldfinger ». Il est ici le professeur Carl Anderson.

  • L’épisode nous réserve une très bonne surprise : Barbara Anderson prend la place de Sue Ane Langdon en bikini pour piéger l’assassin. Malheureusement, trop pudique, elle se fait filmer de loin !

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22. EN SERVICE COMMANDÉ
(ALL IN A DAY’S WORK)

Scénario : Ed Mc Bain. Réalisation : Charles S. Dubin.

En sortant du cinéma, Dacier et son équipe surprennent des voleurs attaquant une bijouterie. Eve s’approche et réplique aux tirs. Elle abat un jeune de 17 ans. Elle est effondrée.

Quand j’ai accepté de chroniquer la série, c’était entre autres en pensant à cet épisode diffusé en France le samedi 17 février 1973. Un « saison 1 » qui aurait dû être diffusé lors de la première sélection d’épisodes montrée en 1969-70. Il fut plusieurs fois rediffusé et n’a pas pris une ride.

La jeune femme a agi en état de légitime défense. Mais Eve est une fille profondément gentille et fragile, trop pour être policier. Ce n’est pas une héroïne émancipée comme Emma Peel. Tuer quelqu’un est pour elle une épreuve.

Au début de l’opus, on a bien la notion d’une « famille ». Dacier, de mauvaise foi, qui voulait aller voir un match, s’est plié à la majorité souhaitant se rendre au cinéma, mais a prétexté que le film était mauvais. C’est un des épisodes mettant en vedette Barbara Anderson comme plus tard « Eve et son prince charmant ».

On comprend complètement Eve, sauf que dans ce cas, il faut changer de métier. Dacier pour la maintenir à sa place et faire une sorte d’électrochoc oblige Eve à interroger la fiancée de celui qu’elle a tué. Dacier semble se montrer dur, mais en fait il cherche à la remettre en selle. D’autant que son cas est totalement irréprochable, elle a agi en légitime défense.

Barbara Anderson fait sa meilleure composition depuis le pilote. Elle trouve le ton juste. Elle évite la mièvrerie, tout en exprimant sa détresse sous une certaine froideur. Eve Whitfield n’est pas Harry Callahan. On ne peut pas attendre d’elle le même self control.

Ce n’est pas la capture du complice qui compte ici, mais l’enjeu de la carrière d’Eve. Dacier l’oblige à aller au centre de tir. Elle se ressaisit et réagit. Mais doit encaisser les réactions hostiles de gens comme le patron du jeune voyou, la fiancée, la mère.

Eve craque et veut démissionner. Dacier prend le contrepoint total de son attitude conciliante envers les délinquants dans l’épisode 9 « Les deux frères ». A la 36e minute, on a perdu Eve, elle a pris la décision irrévocable de démissionner. On a un peu envie de lui souffler qu’elle est comme un pompier qui aurait peur du feu !

Nous sommes le 15 février 1968 pour la diffusion us et Fran Belding n’est pas prête à prendre la relève. La superbe Elizabeth Baur tourne « Le Ranch L ». Cela se fera, mais en 1971 dans la saison 4, où Barbara tournera « Silence de mort », son 92e et dernier épisode. Et il faudra attendre l’épisode 107 « Jeux dangereux » pour qu’Elizabeth débarque de son ranch Lancer dans l’équipe de Dacier. Donc Eve va rester.

Lors de la capture du complice, Eve est partagée entre deux sentiments : soit ne plus tirer, et laisser un de ses partenaires se faire tuer, soit retourner au charbon. Dacier ne lui laisse pas le choix, il se lance face au complice désarmé et Eve doit tirer à nouveau. Elle blesse l’homme à l’épaule. A la 46e minute, elle maintient sa décision de partir et s’en prend violement à l’équipe avant de faire volte face. Ouf, on a eu chaud !

Un des meilleurs épisodes de toute la série.

  • Ed Mc Bain (1926-2005), le scénariste, est un auteur de polars à succès. Il a créé l’inspecteur Steve Carella.

  • Eve a subi un enseignement du FBI à Washington avant de rejoindre Dacier.

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23. LA DETTE
(SOMETHING FOR NOTHING)

Histoire d’Anthony Terpiloff. Adaptation : Anthony Terpiloff et Stephen Kandel. Réalisation : Robert Butler.

Une chanteuse amie de l’homme de fer  vient le trouver car son fiancé, également artiste, qui a perdu au jeu est victime de menaces de la part d’un bookmaker, Faber.

Retour de Susan Saint James, encore en chanteuse, morte dans l’épisode 15 « Une fille dans la nuit ». Habituellement, un acteur invité vedette ne revient pas deux fois dans une même saison. Le fait est assez rare pour être signalé. Cela dit, on la voit très peu dans cet opus.

Tommy Cusack (James Farentino), un chanteur de night club, doit 32 000 dollars de dettes de jeux à Faber (Vincent Gardenia). Ce dernier en fait ne souhaite pas que l’homme rembourse, mais commette un hold-up pour lui. Cela fait huit ans que Dacier veut le coincer.

Il y a plus d’extérieurs que d’habitude. On voit énormément James Farentino au détriment de l’équipe de Dacier. Il y a du suspense, mais pour une intrigue pas folichonne. Don Galloway, qui sert de garde du corps à Cusack, montre ses limites de comédien.

Le fonds de l’histoire est la volonté de Robert Dacier de faire témoigner le chanteur contre Faber. Le téléspectateur s’ennuie. C’est la première fois que l’équipe est mise au second plan au profit de l’invité vedette, mais cela n’est pas une réussite. Un opus qui ne sert qu’à faire du remplissage pour obtenir 28 opus (hors pilote) pour la saison. On s’en serait dispensés.

  • James Farentino (1938-2012) était notamment le docteur Toscanni dans « Dynastie ».

  • Retour de Susan Saint James pour sa deuxième et dernière apparition dans la série, après l’épisode « Une fille dans la nuit ».

  • On reconnaît dans la VF la voix de Jacques Balutin pour James Farentino.

  • Au début de l’épisode, on entend le tube de Petula Clark « Downtown ».

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24. QUI ÊTES-VOUS BARBARA ?
(BARBARA WHO)

Scénario : Sy Salkowitz. Réalisation : James Sheldon.

Barbara, infirmière qui soigna Dacier lors de l’attentat qui l’a rendu infirme, est restée une amie. Elle était déjà amnésique alors. Elle vient trouver Dacier car quelqu’un a essayé de la tuer.

Vera Miles, infirmière amnésique, n’était évidemment pas dans le pilote. Mais le téléspectateur n’en sait rien, puisque la rencontre entre Barbara et Dacier a pu se faire hors caméras. On greffe ici des éléments scénaristiques datant de l’hospitalisation de Dacier que l’on n’a pas vu dans le pilote. Le spectateur qui prend la série en cours de route ne le sait pas et peut supposer que Barbara y figurait déjà.

L’homme de fer reprend l’enquête depuis le jour où – avant son attentat – Barbara fut retrouvée amnésique. Dans le premier acte, soit le premier quart d’heure, il se passe pas grand-chose sinon l’exposition des personnages.

Barbara/Vera Miles s’intègre dans la famille de « L’homme de fer » très rapidement. C’est la première fois que nous voyons Dacier ébaucher une romance. Tout au plus nous a-t-on dit dans le pilote que l’inspecteur était veuf depuis longtemps.

Un camionneur, celui a déposé Barbara là où on l’a trouvée, accepte de témoigner. Il raconte qu’un inconnu lui a demandé de déposer un « paquet » contre une somme rondelette. Le routier pensait qu’il s’agissait d’un cadavre. La piste remonte à la ville de Rawlins dans l’Utah.

Barbara serait une certaine Louise Richards, considérée comme morte. «  Louise » se retrouve face à son mari Vic (Philip Carey). Ils auraient deux fillettes : Leslie et Thérèse. Mais outre la perte de mémoire, Louise aurait tué son oncle Joe Meeker.

On passe donc d’une enquête à l’autre à cinq minutes de la fin ! Dacier fait venir le camionneur de San Francisco et le confronte à Billy (Kiel Martin), le neveu de Joe.

Pour être franc, je pensais mettre la note maximale à cet épisode découvert sur TMC en 2004, mais à la vision en DVD, j’ai été déçu. Il aurait fallu au moins 90 minutes pour développer une telle intrigue, de plus ici le réalisateur perd 30 bonnes minutes sans que l’on sache grand-chose de nouveau. Malgré Vera Miles, l’histoire d’amour insolite avec Dacier, le formidable mystère, je suis resté sur ma faim.

  • Cas rare dans la série : le personnage de Barbara, toujours joué par Vera Miles, reviendra dans l’épisode 2 de la saison 3 « Adieu hier ».

  • Le docteur Banks, présent dans l’épisode, serait celui qui a soigné Dacier dans le pilote.
  • Erreur de continuité : Dacier et Barbara se retrouvent chez le shérif de Maryland, or le nom de leur destination était Rawlins.

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25. CRIME PARFAIT
(PERFECT CRIME)

Histoire de Leonard H. White. Adaptation : Norman Katkov. Réalisation : Charles S. Dubin.

Robert Dacier donne une conférence dans un collège sur le crime parfait. Des étudiants lui disent qu’il existe, le policier répond qu’il n’y a que des enquêteurs incompétents. Quelqu’un, au sortir de la conférence, tire sur un étudiant.

Cet épisode m’a immédiatement fait penser à celui de « Columbo » : « Criminologie appliquée ».

Les jeunes gens un peu toqués ne manquent pas : Peggy Fortune (Brenda Scott) fille d’une championne de tir, Jonathan Dix (Pete Duel), Larry Wilson, petit ami de Peggy (Ron Russell), Roger Simmons (Shelly Novack). Autant de suspects pour Dacier.

Le décor de l’école nous change un peu des scènes habituelles. Même si c’est tourné dans les studios Universal, on ne s’en rend pas compte.

Le tireur fou blesse Eve et manque bien la tuer. L’épisode aurait pu être un grand opus comme son alter-ego de « Columbo », mais Raymond Burr n’a pas la finesse de jeu de Peter Falk. Son style me fait penser à John Wayne (en moins bien) : le vétéran un peu prétentieux qui prétend en imposer et n’avoir rien à prouver. Burr a mis de l’eau dans son vin se rendant compte que le mauvais caractère outrancier des premiers épisodes de la saison le menait dans une impasse et lui faisait interpréter un Dacier caricatural. Mais lorsque, comme ici, le scénario laisse de la place aux interprètes, Raymond Burr ne semble pas savoir en profiter. Quant à Pete Duel, il en fait trop dans le style antipathique.

Le scénario de Leonard H. White, pourtant remanié, accuse de sérieuses faiblesses. Une interprétation fabuleuse aurait pu sauver les meubles, mais ce n’est pas le cas. « L’homme de fer » se révèle une série inégale avec des joyaux (« En service commandé », « L’heure perdue ») mais aussi des intrigues très datées, qui me font penser à la série « Le Saint » avec Roger Moore ou « Mannix ». On estime que c’est bien au nom de la nostalgie, mais confronté à la vision, on doit constater que cela a mal vieilli.

Malgré le twist final, « Crime parfait » est loin d’atteindre, si j’ose dire, la perfection.

  • Pete Duel (1940-1971) fut la vedette de la série western « Opération danger » diffusée par Antenne 2 en 1975. Il s’est suicidé le 31 décembre 1971, en raison de dépression et d’alcoolisme.

  • Shelly Novack (1944-1978) fut le partenaire de Robert Stack dans la série « Section contre enquête ». Il est mort jeune d’une crise cardiaque.

  • Eve mentionne que cela fait un an que l’attentat contre Dacier a eu lieu.

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26. BOB ET BOBBY
(OFFICER BOBBY)



Scénario : Brett Halliday et Bill S.Ballinger. Réalisation : James Sheldon.

Robert Dacier et à l’aéroport pour partir à un congrès durant trois jours. L’avion qu’il va prendre explose. C’est alors que Dacier trouve dans son fourgon…un nourrisson.

Voulant sans doute « faire original », les scénaristes ont imaginé une histoire de bébé trouvé dans la camionnette de Robert Dacier. S’agissant d’une série policière pas du tout humoristique, l’effet tombe à plat. On perd un quart d’heure avec cet intermède sans que l’enquête progresse.

La femme de la protection de l’enfance, Mrs Brinker (Jeanne Cooper) est une garde chiourme caricaturale qui ne pense qu’aux statistiques. Dacier qui se trouve une vocation de nounou lui interdit de prendre l’enfant.

Le bureau de l’inspecteur Dacier transformé en nurserie, il faut attendre la 23e minute pour qu’il se passe quelque chose d’intéressant. Je craignais le pire, mais l’épisode évite la niaiserie. Cela devient une enquête normale de « L’homme de fer », ni pire ni meilleure que le niveau habituel.

Paul Carr est Harry Hidgon, qui veut se venger de la mère de l’enfant. Elle l’a quitté après qu’il ait fait un braquage et envoyé à l’asile. Nancy Malone se débrouille plutôt bien en May Evans, la mère qui a épousé un soldat actuellement au Vietnam. Cela se regarde sans déplaisir. Tout au plus peut-on trouver que Raymond Burr surjoue parfois son personnage de papa gâteau d’occasion.

  • Jeanne Cooper (1928-2013) est Katherine Chancellor dans « Les feux de l’amour ».

  • Paul Carr (1934-2006) reviendra quatre fois dans la série dans d’autres rôles. Il a fait l’essentiel de sa carrière à la télévision. On l’a vu dans « Le Virginien », « Les Envahisseurs », « Hawaii Police d’état », mais il est aussi connu pour un film au grand écran, « The Bat people » (1974).

  • Nancy Malone (1935-2014) a tourné de 1950 à 1985, essentiellement comme guest star dans des séries TV (« 200 dollars plus les frais », « Cannon »). Elle reviendra deux fois dans « L’homme de fer ».

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27. VISITE AU PAYS DES HIPPIES
(TRIP TO HASHBURY)



Scénario : Norman Jolley. Réalisation : Tony Leader.

Ed Brown se fait piéger par une fille, Barbara Chase qui l’accuse de brutalité policière lors d’une perquisition dans un squat de hippies où il cherchait, avec Eve, une mineure de quinze ans. Barbara est la fille d’Eldon Chase, avocat influent. Barbara succombe à ses blessures à l’hôpital.

Sur le thème de la drogue et des jeunes en rébellion, présentés ici de façon caricaturale, nous aurons un chef d’œuvre dans la saison 2, « Où est la limite ? ».

Les premières minutes nous laissaient présager le pire épisode de la saison, avec une vision des hippies de carte postale. Mais la tension dramatique arrive avec la mort de la fille de l’avocat qui avait une fracture du crâne.

Le sort d’Ed dans cet épisode tient à un fil. Bien entendu, « L’homme de fer » nous présente les policiers comme des anges et les hippies, drogués au LSD et autres comme démoniaques. Ce n’est pas une série réaliste (des policiers comme Eve se feraient descendre en deux temps trois mouvements dans la « vraie vie » ou des séries réalistes comme « Kojak », « Les rues de San Francisco » et « Hawaii Police d’état »), et plus simplement, personne ne supporterait les sautes d’humeur du chef Dacier. « L’homme de fer » rejoint « Drôles de dames », « Mannix » ou « Magnum » dans le spectacle pur et l’absence d’ancrage dans la réalité.

En père de la victime, William Window fait une bonne composition. Il n’est pas dans l’outrance, a le jeu juste du père effondré par la perte de son enfant.

Il s’avère que Barbara menait une enquête chez les hippies, et toute la classe décide sous la férule de leur professeur, Miss Partridge, d’en faire autant, avec Dacier, Eve et Mark. Ils feront surgir la vérité.

L’épisode atteindrait les trois étoiles s’il nous évitait trop de clichés (groupe rock psychédélique qui nous inflige une bouillie sonore, gourou, messages pacifistes avec fleurs) qui sont ce que le téléspectateur s’attendait à voir.

  • William Windom (1923-2012) a notamment joué dans « Les évadés de la planète des singes ». Il fut un habitué des séries télé comme vedette invitée (« Les Envahisseurs », « Mission Impossible »).

  • Judith Brown (1944-) incarne la meilleure amie de la morte, Terry. Elle est connue pour le film « The big doll house » (1971). Elle reviendra dans l’épisode 26 de la saison 2 « Bombe ou pétard ». Elle a arrêté de tourner en 1986.

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28. LA COURSE DE LA JUSTICE
(DUE PROCESS OF THE LAW)



Scénario : Don Brinkley. Réalisation : Dick. Colla.

Mark Sanger sert de chaperon lors d’une soirée à une jeune femme, Helen Tobin. Il est appelé par Dacier d’urgence et sur son insistance la laisse sans la ramener à ses parents. Le lendemain, on la retrouve morte.

On retrouve David Carradine (« Kung Fu ») dans cet épisode dans le rôle de Pogo Weems, un dealer. On note que lorsque Mark sort avec une jeune fille à laquelle il sert de grand frère, elle est noire. Les blancs et les noirs, même pour les intrigues sentimentales, ne se mélangent pas en 1968 dans « L’homme de fer ».

A chaque scène de rue, de circulation, où apparaît l’un des acteurs de la série, on se demande s’il s’agit d’une reconstitution en studio chez Universal (ce qui est le plus probable) ou de San Francisco. On a le sentiment d’être dans « Le Saint » où Roger Moore faisait le tour du monde… dans les studios d’Elstree ! Cela date la série et gâche beaucoup notre plaisir. Mais en 1968 aux USA et lors des premières diffusions françaises, cela faisait illusion.

Le principal suspect est l’homme avec lequel Helen Tobin est partie, Joe Fenway, incarné par un comédien incontournable des années 60-70, Burr DeBenning (« Match contre la vie », « Cannon », « Columbo », « Kojak », « Le Virginien », « Les rues de San Francisco »).

Mark en fait une affaire personnelle. J’ai noté que le comédien Roy Glenn, qui incarne le père de la victime, n’en fait pas assez et là où certains parfois surjouent, il est presque « ailleurs ».

Fenway meurt bien trop vite dans l’épisode alors qu’il était le suspect idéal, ce qui fait de Mark un potentiel meurtrier. A la 28e minute, on commence donc une seconde intrigue greffée à la première.

Carol Booth, qui fit une courte carrière et abandonna le métier en 1970, est une piètre interprète de Corinne Goshen, la petite amie de Fenway. Elle est kidnappée à la 33e minute et l’identité de son ravisseur (dont on peut supposer qu’il est l’assassin d’Helen Tobin) est censée être un gros mystère. Sauf que le réalisateur, qui cache le visage et nous montre de dos l’acteur David Carradine, nous laisse entrevoir sa tignasse, tuant tout suspense pour le téléspectateur ! Grosse erreur de la part du metteur en scène.

J’ai trouvé que David Carradine jouait vraiment mal dans cet opus. Il ne semble pas concerné pas l’intrigue et fait le minimum syndical. Après une apparition au début, il faut attendre longtemps pour le revoir. Il était vraiment peu prévisible en 1967 qu’il deviendrait un héros de série et tournerait quelques films en tête d’affiche au cinéma.

Pour la première fois depuis le début de la série, Dacier se montre peu scrupuleux avec la loi et les procédures, étant certain de l’identité du meurtrier. Lui habituellement si pointilleux sur l’exercice de la fonction de policier va au plus vite et se comporte (depuis son fauteuil !) comme un Dirty Harry ! On note que ses assistants (dont Mark concerné au plus haut point) désapprouvent sa conduite. Cette transgression du cahier des charges de la série n’est cependant pas révolutionnaire et l’on reste dans un opus lambda.

  • Encore un épisode qui aborde le problème de la drogue.

  • Burr DeBenning (1936-2003) reviendra dans trois autres épisodes de la série, dans des rôles différents.

  • David Carradine (1936-2009) reviendra deux fois (saisons 4 et 5).

  • Dans cet épisode, Robert Dacier révèle à Ed que lorsqu’il était jeune, il croyait en la justice immédiate, la loi du Talion, mais qu’il a changé avec l’âge.

  • Pour la première fois, Dacier est prêt à remettre sa démission de consultant au commissaire Randall.

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29. LE RETOUR DU HÉROS
(RETURN OF THE HERO)



Scénario : Robert Pirosh. Réalisation : Ralph Senensky.

Malgré le témoignage de Robert Dacier, le capitaine David Larkin, héros de la guerre du Vietnam, est jugé coupable des meurtres de sa femme infidèle et de Frank Bryson l’amant et condamné à mort. Quelqu’un tente alors de venger Larkin et tue le juge en faisant sauter sa voiture.

Plusieurs vedettes dans ce dernier épisode de la première saison. Gary Collins (« Le Sixième sens »), Gavin MacLeod (« La Croisière s’amuse »), Ron Hayes (« Dallas »).

Nous retrouvons ici le Gavin MacLeod pré croisière s’amuse. Avant d’être le capitaine Stubing, il fut l’un des pires ennemis de Mc Garrett dans le rôle du proxénète Beau Sourire dans « Hawaii Police d’état » dans deux épisodes mémorables.

Gary Collins, à l’inverse de son jeu habituel, incarne son personnage de façon outrancière et hystérique. Son amitié avec Dacier (qui a vraiment beaucoup d’amis !) est hautement improbable.

A la 21e minute, Daniel Gerber (Gavin MacLeod) est agressé, et l’on entend en VF la voix du personnage du sergent (Ron Hayes). On pense que l’on nous a révélé le spoiler et le pot aux roses, mais nenni. Ce n’est qu’une astuce scénaristique. Gerber avait témoigné contre Larkin. Un accusé qui nous semble de moins en moins sympathique. Dacier et Ed comprennent que Gerber a été menacé. Ils ne se trompent pas : il est vite tué par une explosion dans sa douche. Puis un autre témoin est blessé de la même façon, Paul Rutledge (Hank Brandt).

Le suspense est bien mené, avec un condamné peu sympathique, et l’on ne sait pas où le scénariste veut nous emmener. Dacier pense que le meurtre de la femme, Frank Bryson, cache en réalité le motif de l’élimination de l’amant pour brouiller les pistes.

C’est dans les dernières minutes que nous avons la solution, un peu tirée par les cheveux, ce qui est bien dommage. A force de surcharger l’intrigue avec divers suspects, des gens qui veulent aider Larkin en intimidant les témoins, et le meurtrier qui a tué l’amant pour de bien crapuleuses raisons, accumulant les victimes pour envoyer tout le monde sur une fausse piste, on aboutit à un résultat un peu indigeste.

Je n’ai pas compris pourquoi le nom de famille du sergent joué par Ron Hayes n’est jamais révélé. Hayes figure au générique de début (où les noms de personnages ne sont pas indiqués à la différence du final) juste après Gary Collins. Rien non plus sur le site Imdb. Or, c’est un des personnages principaux !

Pour une intrigue aussi compliquée, il fallait disposer de 90 minutes, en 47, c’était peine perdue.

  • Gary Collins (1938-2012) fut la vedette de trois séries : « Le cheval de fer », « Le sixième sens », « Vivre libre ». Il reviendra dans un autre rôle dans le 24e épisode de la saison 2.

  • Ron Hayes (1929-2004) tenait le rôle d’Hank Johnson dans « Dallas ». Il tournera un autre « Homme de fer », le 6e épisode de la saison 2.

  • Gavin MacLeod (1931-) tourne toujours. En dehors de « La croisière s’amuse » et « Hawaii Police d’état », il a joué dans « De l’or pour les braves » (1970) au cinéma.

  • Dans une scène, un gros plan sur les états de service au Vietnam du capitaine Larkin nous apprend qu’ils ont eu lieu en 1963.

  • Sur un ticket de consigne, nous voyons la date approximative de l’action : Gerber avait fait un dépôt dans une banque mexicaine le 28 février 1968. L’épisode a été diffusé le 4 avril.

  • Avant d’être militaire, David Larkin travaillait avec Dacier dans la police.

  • Habile plan à la 40e minute, on voit quelqu’un préparer une bombe, mais il s’agit de Mark qui cherche à reconstituer les preuves !

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Images capturées par Patrick Sansano.