PrésentationSaison 2

L'Homme de fer

Saison 2

1. Le Jeu du petit pois (Shell Game)

2. Une épitaphe adéquate [1/2] (Split Second to an Epitaph [1/2])

3. Une épitaphe adéquate [2/2] (Split Second to an Epitaph [2/2])

4. Le Sacrifice (The Sacrifice)

5. L’Émeute (Robert Phillips vs. the Man)

6. Rencontre désespérée (Desperate Encounter)

7. La Voix du peuple (I, the People)

8. L’Homme aux abois (Price Tag Death)

9. Culpabilité évidente (An Obvious Case of Guilt)

10. Retour en arrière (Reprise)

11. Le Macabre Micawber (The Macabre Mr. Micawber)

12. Échec au champion (Side Pocket)

13. Sergent Mike (Sergeant Mike)

14. L’Énigme du tableau (In Search of an Artist)

15. Où est la limite ? (Up, Down, and Even)

16. Les cartes mènent à tout (Why the Tuesday Afternoon Bridge Club Met on Thursday)

17. Un champion craintif (Rundown on a Bum Rap)

18. Les Prédictions de Francine (The Prophecy)

19. Dans un monde de chacals (A World of Jackals)



1. LE JEU DU PETIT POIS
(SHELL GAME)



Scénario : Sy Salkowitz. Réalisation : Tony Leader.

Dès son arrivée à San Francisco, le célèbre voleur Arthur Justin est appréhendé par Robert Dacier. Il pense que ce célèbre hors la loi prépare un vol de bijoux.

Le passage de la saison 1 à la 2 est marqué par une nouvelle orchestration du générique de Quincy Jones, joué cette-fois à la guitare électrique, ce qui donnait, pour l’époque, une sonorité plus moderne.

En décembre 1969, cet épisode était diffusé en France une semaine après le pilote sur la première chaîne de l’ORTF. On ne se souciait pas à l’époque des saisons américaines et de la chronologie.

Glass, l’assureur des bijoux, est joué par Charles Aidman, le remplaçant occasionnel de Ross Martin dans « Les mystères de l’ouest ». Personne ne se demande pourquoi la protection d’un convoi de bijoux venus de New York pour une exposition est confiée à un simple consultant de la police officielle, Robert Dacier.

On croit au début que le ton de l’épisode est léger. Mais on apprend très vite que le voleur compte utiliser des gaz mortels contre les gardiens et Ed.  Justin dispose d’une « taupe » dans la place pour lui donner des informations sur les mesures de sécurité prises. Il manque l’humour que l’on pouvait goûter dans un épisode un peu similaire de « Hawaii Police d’état » : « Le voleur au Monopoly ».

A la 24e minute, la taupe se révèle : c’est Waltham (Simon Scott). L’œil averti du spectateur d’aujourd’hui repère que les rues de San Francisco lorsque les comédiens y restent un certain temps sont reconstituées en studio. Peu de trafic automobile, de passants, on se croirait dans le Londres de « Chapeau melon et bottes de cuir » ou dans une bourgade de province américaine, mais certainement pas à San Francisco.

Sorrell Booke en Justin n’a pas du tout l’envergure d’un Goldfinger. En regardant cet épisode, on a l’impression d’être dans une autre série, « Opération vol », avec Robert Wagner.

Le suspense ne s’installe jamais vraiment, peut-être que les autres séries vues depuis nous ont rendu difficiles. L’ensemble dégage un parfum de naïveté.

En voyant cet épisode, je me suis demandé comment « L’homme de fer » avait fait pour durer huit saisons, et « Les rues de San Francisco » seulement cinq.

  • Apparition de la jolie Lisa Todd (1944-), une starlette de l’époque, dans le rôle de Gloria. C’était le deuxième rôle d’une carrière qui n’a pas dépassé les années 70.

  • Sorrell Booke (1930-1994) était Phil Greenberg dans « Le riche et le pauvre : les héritiers » avec Peter Strauss, et aussi l’un des héros de « Shérif fais moi peur ».

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2. UNE ÉPITAPHE ADÉQUATE [1/2]
(SPLIT SECOND TO AN EPITAPH [1/2])

Histoire de Richard Landau. Adaptation : Sy Salkowitz et Don M. Mankiewicz. Réalisation : Leonard J. Horn.

Robert Dacier a un espoir de remarcher s’il se fait opérer par le docteur Benjamin Stern. Mais pour cela, il lui faut renoncer à une enquête en cours qui lui tient à cœur. Il a, avec son fauteuil, été renversé par un voleur de morphine auquel il a arraché son masque mais qui s’est enfui.

Premier épisode en deux parties de la série. La voix française de Raymond Burr a changé, ce qui est vraiment gênant. Il semble que cet opus ait été doublé tardivement, et la voix de Burr,  suite au décès de Jean Martinelli fut assurée par Jacques Berthier. Mark a aussi une nouvelle voix : Pascal Renwick, qui ne le convient pas. La voix bien connue auparavant serait celle de Med Hondo (d’après le livre « Les grandes séries américaines des origines à nos jours » d’Alain Carrazé et Christophe Petit, 8e art, dans le chapitre rédigé par Véronique Denize). Don Galloway garde sa voix hexagonale (Daniel Gall), mais Barbara Anderson, doublée par Nicole Favart, a aussi changé (pas trouvé qui prend la relève).

Joseph Cotten incarne le chirurgien, le docteur Stern, qui doit opérer Dacier, lequel est empoisonné et ne doit la vie qu’à un bouche à bouche qui lui fait Mark. Nous savons que le délinquant que Dacier a vu a décidé de le tuer là où il est le plus vulnérable : à l’hôpital.

A la 31e minute, grand moment de panique : un prêtre arrive et tout le monde pense que Dacier a rendu l’âme, mais c’est un ami.

Infirmière tueuse complice du malfaiteur, patient noir atteint de la même paralysie que Dacier avec lequel il devient copain tout en faisant de grandes leçons de morale à son épouse. Il y a plus de psychologie que d’intrigue policière ici. Le téléspectateur français retient surtout une chose : à part pour Ed Brown, on lui a changé les voix de ses héros.

  • Dacier évoque sa défunte épouse et dit à Mark qu’il a gardé son assurance vie en en faisant le nouveau bénéficiaire.

  • Mark annonce son intention de faire des études de droit.

  • Retour de Don Stroud après « Les évadés dans la maison ».

  • Margaret O’Brien (1937-), qui tourne toujours, ressemblait en 1968 à Eva Green, la fille de Marlène Jobert James Bond girl dans « Casino Royale ». Elle est connue pour « Jane Eyre », « Les quatre filles du docteur March », tournés très jeune. C’était une enfant star.

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3. UNE ÉPITAPHE ADÉQUATE [2/2]
(SPLIT SECOND TO AN EPITAPH [2/2])

Histoire de Richard Landau. Adaptation : Sy Salkowitz et Don M. Mankiewicz. Réalisation : Leonard J. Horn.

Louise Prescott, infirmière, veut tuer Robert Dacier sur l’ordre de son amant Albee. L’opération que doit subir l’inspecteur est d’emblée risquée en soit, le docteur Stern ne lui a pas caché qu’elle pourrait être fatale.

Après un résumé de la première partie, nous retrouvons Dacier dans son hôpital en proie, mais il l’ignore, à une infirmière complice de tueur. L’épisode alterne les rêves et cauchemars du malade, des flash-back et la préparation de l’opération.

Notre inspecteur, qui parle dans son sommeil, inquiète son entourage. On a inséré dans cet opus une intrigue sentimentale secondaire, celle d’un jeune père, Ernie Norton, venu assister la mère de son enfant mais qui ne veut pas le reconnaître, et doit subir les reproches du prêtre. Andrew Prine, jadis vu dans « Grizzly, le monstre de la forêt » se colle à la tâche de cet écervelé d’Ernie. Alors que la jeune mère meurt en couches, Ernie est effondré. Nous vivons donc un intermède entre Ernie et Ed Brown. Le jeune homme est une vieille connaissance de Dacier.

Margaret O’Brien est bigrement inquiétante en Louise Prescott tueuse. Avec elle, le suspense s’accroît et la mort rôde dans cet hôpital qui s’en serait bien passé. On regrettera une trop grande présence de religieux : Sœur Agatha (Lilia Skala), déjà omniprésente dans le premier volet, faisant la chasse à Dacier pour qu’il ne boive pas d’alcool, qui joue aux cartes avec le prêtre, le père Dugan (Troy Donahue) et qui refuse à présent que post mortem, le pêcheur Ernie reconnaisse son enfant.

Cette intrigue typiquement moralisatrice et puritaine semble avoir été insérée pour « faire durer » l’épisode.

On se doute, mais je ne révèle pas un spoiler, que l’opération rate et que Dacier reste paralysé.

Un épisode où l’on ne s’ennuie pas, mais qui n’est jamais passionnant. Il y a trop de personnages, de disgressions.

  • Dans des scènes de flash-back, nous voyons des extraits du pilote.

  • On découvre que Dacier a écrit en 1961 un livre : « Manuel des procédures policières ».

  • Scène anachronique même en 1968 : Louise Prescott fume en plein couloir de l’hôpital, à côté de bouteilles d’oxygène (en fait contenant du cyanure).

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4. LE SACRIFICE
(THE SACRIFICE)

Scénario : Gerald Sanford. Réalisation : Abner Biberman.

Un certain Gino Martinez a des informations à donner à Mark. Ce dernier trouve son cadavre sur place et se fait assommer. Mark accuse un policier, le sergent Cervantes.

Cet épisode évoque l’avortement, alors prohibé aux Etats-Unis. Gino Martinez, la victime, en pratiquait.  Les soupçons se portent sur son avocat, Hobarth (Robert Alda), tandis que Mark dit que Cervantes (Riccardo Montalban) l’a assommé sur les lieux.

Le droit à l’avortement en Amérique fut reconnu en 1973. Cet épisode date d’octobre 1968. On ressent aussi dans l’épisode la rivalité entre la communauté hispanique et les noirs. Cervantes pense que Mark veut se venger de son comportement passé, le sergent étant jugé partial par le jeune noir et fermant les yeux sur la délinquance des latinos.

Le scénario est assez inutilement compliqué, et au bout de vingt-cinq minutes, on comprend que cela ne sera pas un chef d’œuvre.

Montalban joue bien, mais c’est le scénariste qui ne s’est pas creusé la tête. Cervantes est le policier bon père de famille, qui aide un jeune boxeur Kid Valdez (Rafael Campos) à devenir champion. Teresa, la petite amie du boxeur de Gino Martinez a disparu. On la retrouve morte, victime d’un empoisonnement du sang post avortement. Elle était la fille de l’architecte Ortega (Phillip Pine).

L’avocat Hobarth se révèle véreux. Nous avons droit à une leçon de morale de Dacier sur les pères (Ortega en l’occurrence)  qui accueillent mal leur fille enceinte et les conduisent à recourir à des charlatans.

Beaucoup de plans sont tournés devant des baies vitrées, par exemple chez l’architecte Ortega, donnant sur le…Golden Gate. Entre deux scènes avec les comédiens, les images d’archives de San Francisco abondent. La juxtaposition avec des scènes de studio en extérieurs est flagrante.

S’il n’y a rien à reprocher à la distribution, on peut regretter que le thème de l’avortement ne soit qu’effleuré. Un épisode écrit à la va vite, dommage. D’autant plus, qu’on nous impose une fin mélodramatique avec la révélation du nom de l’assassin. Un épisode à zapper.

  • Ricardo Montalban (1920-2009) fut le héros de « L’île fantastique ».

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5. L’ÉMEUTE
(ROBERT PHILLIPS VS. THE MAN)

Scénario : Sy Salkowitz. Réalisation : Nicholas Colasanto.

Aux cours d’émeutes raciales qui ont été filmées, Robert Phillips, militant activiste noir violent et extrémiste était sur les lieux. Il est accusé du meurtre d’un commerçant. Randall demande à Dacier de prouver son innocence.

Episode diffusé dès la première tranche de treize en France début 1970. Phillips est ici un noir haineux, raciste anti-blanc et les termes qu’il utilise ont peu de chances de figurer dans nos séries modernes. Phillips (Paul Winfield) appelle à la révolte et au meurtre des blancs. Quant au groupe qu’il dirige, ils font plus penser à des terroristes qu’à des militants.

Mark Sanger est considéré par les autres comme un traître. Il est même taxé de ne pas être un vrai noir, de s’être passé la figure au cirage et d’être au service d’un « policier à roulettes ».

Bien sûr, le but de Dacier est d’éteindre les colères et de faire que le calme revienne. Il est bien le seul à rester calme dans le contexte.

A la différence de l’avortement dans le précédent opus, la question du racisme est abordée ici sans détours. On se demande pourquoi Dacier prend tant de gants avec Phillips, haineux et méprisable à souhait. Face à lui, l’homme de fer représente le blanc pacifiste, plein de bonne volonté, voulant un monde équitable et sans discrimination. L’action policière bien entendu n’est pas négligée. Le meurtre du commerçant Arthur Stavely pourrait bien être étranger à l’émeute. La trop jolie épouse du défunt, incarnée par la rousse Diane Shalet, est suspecte.

Une milice blanche d’extrême droite veut en découdre avec les noirs et prétend aider Dacier. Ils tombent mal avec l’inspecteur qui les envoie paître. Le mot « race » est prononcé toutes les cinq minutes. Le traitement du sujet est ici de montrer la haine de tous les côtés qu’elle vienne.

Le sujet du racisme est trop vaste pour être traité en 48 minutes. Paul Winfield nous évoque le docteur Kananga dans le James Bond « Vivre et laisser mourir » qui était joué par Yaphet Kotto lequel aurait toute sa place dans cet épisode.

Robert Dacier me rappelle assez Joe Mannix, même s’ils n’exercent pas la même profession. Avec eux, les pires situations s’arrangent toujours avec des happy ends mais ce sont des héros détachés du monde réel. Dacier a lui seul a la prétention de calmer tout le monde et de faire éclater la justice et de rétablir la paix.

Ed Barnard (Jack Hogan), profitant de l’émeute, a racheté le stock de Stavely. On le sort comme d’une pochette surprise pour éteindre l’incendie. Tout cela – bien que le sujet ait été abordé sans pudibonderie – aboutit à un résultat simpliste. Dans « L’homme de fer », tout s’arrange toujours. Cela pouvait faire illusion lors de la première diffusion, mais aujourd’hui cela a un côté image d’Epinal.

Notons qu’à la fin de l’opus, Phillips reste haineux et raciste, face à un Dacier placide et stoïque.

  • Diane Shalet (1935-2006) incarne la femme de la victime. Actrice essentiellement de télévision, on l’a vue dans « Daktari », « Mrs Columbo », « L’incroyable Hulk », « Cagney et Lacey ». Elle retrouvera Raymond Burr en 1990 dans un « Perry Mason ».

  • Paul Winfield (1939-2004) a joué dans « Terminator », « Star Trek 2, la colère de Khan », « Cliffhanger » avec Sylvester Stallone, « Mars attacks ».

  • Mark avoue à Randall que si une guerre éclatait entre blancs et noirs, il rejoindrait ces derniers.

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6. RENCONTRE DÉSESPÉRÉE
(DESPERATE ENCOUNTER)

Scénario : Donn Mullally. Réalisation : Dick Colla.

Robert Dacier se rend en vacances en Haute Sierra avec Mark pour une visite à un ami nommé Franklin dans un endroit isolé. Mais sur place, il est confronté à un shérif corrompu, Douglas. Très vite, il s’avère que l’ami de Dacier a disparu.

Après l’émeute typiquement urbaine, voilà un épisode champêtre qui rappelle beaucoup « Cannon ». C’est le genre d’endroits que le gros détective affectionne. Ron Hayes après « Le retour du héros » où il était sergent revient en marshall Douglas.

Episode diffusé en douzième en France en 1970 avant « Les évadés dans la maison » et après « L’émeute » lors de la première sélection ORTF. C’est une intrigue policière classique qui tient plus de l’enquête de détective que du police procedural.

On évolue dans des décors forestiers et montagnards. L’opus nous propose surtout Raymond Burr et Don Mitchell, mais les deux autres sont présents au début, puis à la 25e minute pour une simple apparition. Toutefois, Barbara Anderson et Don Galloway ont des rôles minorés par rapport aux autres enquêtes. Ils ne reviendront que pour l’épilogue à la 47e minute.

Les voisins, les Huff père et fils, veulent acheter la maison de Franklin. Mais c’est une feinte car ils prennent Dacier en otage, l’homme se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment.

Il est insolite de voir la camionnette du chef Dacier arpenter des chemins de montagne. Mark est parti chercher Douglas car Dacier a trouvé la tombe de Franklin sous un amas de bois. Il est arrêté arbitrairement par le policier corrompu. Ce dernier est complice des Huff.

C’est de l’aventure sans prétention, mais qui permet de passer un bon moment. Le MacGuffin échappe au téléspectateur (une histoire de vente de terrain que le défunt Franklin refusait). En revoyant cet épisode en dvd, je me suis souvenu que c’est celui qui m’avait fait la plus forte impression jeune (en 1970) car on y voit notre infirme ramper et s’échapper de la cabane où il est prisonnier par une fenêtre.

C’est bien entendu invraisemblable, mais Dacier va se mouvoir comme il peut jusqu’à se retrouver au volant d’une voiture pour s’échapper. La tentative d’évasion constitue un des grands moments de la série.

« L’homme de fer » excelle avec des scénarii de ce genre, bien plus qu’avec les problèmes sociétaux. Infirme, Dacier réussit à leurrer son gardien et à le mettre KO.

Cet épisode avait connu un immense succès lors de sa première diffusion sur l’ORTF début 1970. Il a moins vieilli que d’autres, jouant la carte de la pure distraction et du suspense. On se régale toujours autant après les décennies.

  • Retour de Gene Raymond après l’épisode 1-17 « La deuxième police ». Il incarne ici le vieux Charles Huff.

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7. LA VOIX DU PEUPLE
(I, THE PEOPLE)

Scénario : Milton Berle et Stephen Lord. Réalisation : Barry Shear.

Dacier est chargé par le commissaire Randall de protéger un animateur de télévision, Ross Howard, menacé de mort. Et ce d’autant plus que l’homme a des visées sur le sénat.

Ross Howard (Milton Berle) est un démagoque populiste dont on comprend qu’il soit menacé. Il est en permanence dans l’outrance. Il fait venir des gens pour se moquer d’eux, s’en prend aux enseignants, aux allocations familiales. On se demande si tout cela n’est pas truqué. Si les invités ne sont pas des comparses. Dacier a du mal à trier le vrai du faux. Howard se prend pour la voix du peuple. Il est félicité par les anciens combattants. Mais l’un de ses ennemis manque l’envoyer ad-patrès avec de l’arsenic dans des chocolats.

Dacier ne défend pas de gaité de cœur cet homme excentrique pour lequel il éprouve un sentiment mitigé. D’autant plus que le présentateur s’en prend à un inspecteur qu’il juge violent avec sa femme et accuse de brutalités policières.

On a l’impression que l’émission de ce Howard est l’ancêtre de la télé réalité. Norma, sa femme (Julie Adams) est un alcoolique.

Dès le début, on comprend que l’épisode ne va pas être bon : trop bavard, avec un personnage peu crédible.

Phil Manning (Dane Clark) est un ennemi d’Howard tout en travaillant pour lui pour un salaire confortable. C’est un ancien présentateur TV qui a eu son heure de gloire, mais est tombé en disgrâce suite à une histoire de pots de vin.

On se demande vraiment ce que Dacier vient faire dans cette enquête : que Ross Howard ait un garde du corps ou soit protégé par un détective privé semblerait plus vraisemblable. Randall ici gaspille l’argent du contribuable puisque Dacier est un consultant de la police.

On ne comprend pas bien pourquoi le comédien Milton Berle, également scénariste, s'est écrit un personnage aussi fantasque et impossible à interpréter. Nous assistons aussi à ses déboires conjugaux : sa femme demande le divorce ce qui n’arrange pas sa candidature au sénat.

A la 34e minute, j’avais deviné, tellement c’était téléphoné, qu’en mettant le contact de sa voiture, Norma Howard allait déclencher l’explosion de la voiture.

Les suspects ne manquent pas, mais le téléspectateur se désintéresse de l’intrigue. La mayonnaise, dès les premières images, ne prend pas.

C’est la première fois que Dacier et son équipe semblent en retrait de l’enquête, apparaissent moins souvent à l’image que le fameux présentateur et son entourage.

Notre intérêt s’éveille à la 44e minute quand Dacier entre dans l’arène pour faire éclater la vérité en direct devant des millions de téléspectateurs. Raymond Burr fait son numéro mais c’est trop tard. L’épisode est raté.

  • Dane Clark (1912-1998) reviendra cinq fois dans la série dans d’autres rôles. Il a été vedette invitée de nombreuses séries des années 60-70, citons « Hawaii Police d’état », « Mannix », « Mission Impossible », ainsi que la  vedette de téléfilms que l’on a vu en France comme « Terreur à bord ».

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8. L’HOMME AUX ABOIS
(PRICE TAG DEATH)

Scénario : Robert Earll. Réalisation : Dick Colla.

Un clochard est assassiné. Dacier découvre que le meurtrier a volé une machine fabriquant des chèques, un « protectographe ». Il s’agit d’un certain Jack Brody.

Les premiers plans sont cruels : filmés au bord du Golden Gate, en fait en studio devant des images défilant derrière. Même en novembre 1968, Universal et NBC prenaient les téléspectateurs pour de grands naïfs.

Ici, Dacier s’occupe d’un ancien flic devenu clochard. On se demande si le malheureux n’aurait pas préféré rester dans la rue tant il subit les colères de l’inspecteur Dacier.

On envie le beau Clu Gulager de 1968 qui entrant dans une discothèque séduit en deux temps trois mouvements une fort jolie fille, Cindy (Erin O’Reilly). La belle lui faussera compagnie au petit matin après l’avoir détroussé de son précieux appareil à chèques. Brody a une famille, une ex-femme et des enfants. C’est un looser vite arrêté pour conduite en état d’ivresse. On découvrira que, bien que meurtrier et voleur, il agit par altruisme.

L’ex-flic, Ralph (Ralph Meeker) s’installe chez Dacier. Ce dernier agit avec les humains comme un autre recueillerait des chiens perdus sans collier.

A la différence de l’opus précédent, le scénario est bien écrit. Brody est vite un homme traqué. Les chèques sont négociés entre des sociétés et des commerçants et il manque se faire prendre.

En cours de route, on comprend que Brody vole des épiciers pour nourrir des clochards. Il achète des denrées alimentaires qu’il dépose dans des lieux où des démunis les trouveront.

Beaucoup de questions ne trouveront pas de réponses à l’épilogue. Mais j’ai passé un bon moment. On sollicite l’imagination du téléspectateur avec une fin non conventionnelle. Ce n’est pas vraiment le but de « L’homme de fer » où les conclusions sont toujours rationnelles.

Ralph Meeker et Clu Gulager jouent vraiment très bien. Pas de secret : dès qu’il y a un bon script dans cette série, c’est une réussite. Cependant, on ne peut donner la note maximale en raison de la fin trop approximative. Dommage !

  • Clu Gulager (1928-) n’est pas un partisan de la retraite ! En 2015, il tourne toujours, et beaucoup, déjà deux films cette année. De 1963 à 1968, il a tenu un rôle récurrent de shérif dans la série « Le Virginien ».

  • La jolie Erin O’Reilly qui incarne Cindy a tourné une dizaine de rôles, sans dépasser les années 70.

  • Ralph Meeker (1920-1988) qui incarne Ralph, l’ancien flic devenu clochard, a joué dans « Les sentiers de la gloire » et « Les douze salopards ». Il reviendra dans un épisode de la saison 7.

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9. CULPABILITÉ ÉVIDENTE
(AN OBVIOUS CASE OF GUILT)

Scénario : Brad Radnitz. Réalisation : Abner Biberman.

Carolyn White, ancien flirt de Dacier, déjeune avec lui. Elle regrette qu’il ait refusé, il y a quelques années, qu’ils se marient. C’est alors qu’Ed apprend à Dacier que le mari de Carolyn a été assassiné, mais le cadavre a disparu.

La nouvelle voix française de Don Galloway (Ed) ici nous déstabilise. Elle est très différente de celle de Daniel Gall, haut perchée et perturbante. On note qu’en début de saison 2, Robert Dacier a accumulé un nombre impressionnant d’amis et d’anciens flirts. Tout cela au-delà du vraisemblable.

Dacier est ici vite isolé en raison de son état d’ancien prétendant de Carolyn. Son statut de consultant auprès du commissaire Randall est même remis en question. Pourtant l’homme de fer ne semble pas s’inquiéter. Lorsque tout s’affole autour de sa personne, il garde un calme olympien.

On a plus le sentiment d’être dans une famille que dans une intrigue policière. Le mari Jason serait parti avec sa secrétaire Candy Erikson, que l’on ne verra pas, puisque l’on découvre son cadavre. Au mépris de toute crédibilité, la présumée coupable assiste à tous les développements de l’enquête.

Dacier fait ici sa loi, et personne n’y trouve à redire, tout au plus Eve et Ed protestent-ils du bout des lèvres. Dacier mène l’enquête à sa manière, peu orthodoxe. Le procureur Layton marque le retour du comédien Warren Stevens, qui incarnait Howard Comus dans « Mystère à l’exposition ».

Raymond Burr, trop sûr de lui, a un jeu présomptueux et parfois agaçant. Il ne semble pas se préoccuper de ses partenaires. Il évoque parfois, avec ses airs bougons, Jean Gabin dans ses plus mauvais rôles.

C’est Dacier qui va trouver la vérité, effarante. L’épisode a été diffusé lors de la deuxième tranche ORTF en 1970-71 et rediffusé en 1975. On se souvient de la solution. Lorsque l’on trouve un cadavre, on n’en cherche généralement pas un second enterré en dessous. En visionnant l’épisode, je me suis rendu compte que je le confondais avec un autre intitulé « Conséquences d’une découverte ».

Le script est bon et a servi ensuite pour un remake dans une autre série, mais Burr en fait trop et surjoue en permanence alors que rien dans l’intrigue ne lui permet d’avoir cette assurance.

  • Pour des raisons inconnues, Don Galloway se voit doter ici d’une voix française différente.

  • Dacier explique ici qu’il travaille depuis plus de vingt ans pour la police, soit 1948.

  • Eve a fait une année d’étude de psychologie.

  • Anne Baxter (1923-1985) a joué au cinéma dans « Eve », « Les dix commandements », « La loi du silence » et à la TV notamment dans «Banacek ».

  • Cet épisode a fait l’objet d’un remake dans la série « Mc Millan and wife » : « An elementary case of murder », saison 1, épisode 7.

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10. RETOUR EN ARRIÈRE
(REPRISE)

Scénario : Albert Aley. Réalisation : Don Mc Dougall.

Eve est grièvement blessée lors d’un hold-up chez un prêteur sur gages en venant chercher un cadeau d’anniversaire pour le chef. Ce dernier se rappelle comment il l’a engagée et se reproche de l’avoir entraînée dans son équipe.

Episode rempli de flash-back qui va nous permettre de connaître le passé d’Eve. Pour l’occasion, nous voyons la première rencontre entre Eve et Dacier, qui marchait alors. Elle était témoin à charge dans une affaire criminelle.

Eve est la fille d’un riche banquier. Elle appartient à un milieu aisé. Dans ce « passé », nous découvrons une Eve bien plus sûre d’elle, émancipée et libérée que par la suite. Son intégration dans l’équipe de l’homme de fer aura donc fortement brimé sa personnalité.

Bien entendu, dans les scènes de flash back, Barbara Anderson a une coiffure  et une allure différentes. Son fiancé de l’époque est un certain Paul Fulham (Quinn K. Redeker).

Nous suivons deux enquêtes en parallèle, celle qui permit à Eve de connaître Dacier, et la présente affaire.

Ce qui est un peu dommage, c’est que l’on se doute qu’Eve va s’en sortir. Les choses auraient été différentes en saison 4 lorsque Barbara Anderson allait quitter la série et où son personnage pouvait mourir.

Margaret est la mère d’Eve. Irene Hervey (1909-1998) incarne le personnage tout à fait comme l’on pouvait l’imaginer.

« Retour en arrière » est un scénario en béton, et évidemment cela donne une réussite. On est parfois un peu perturbé par les passages entre passé et présent. Barbara Anderson et Raymond Burr jouent sur du velours. Nous assistons au recrutement d’Eve par Dacier.

L’intrigue policière passe au second plan. Ce sont les sentiments qui sont mis en avant. On ne s’ennuie pas une seconde, le temps passe même trop vite. Le tournage en studio n’est ici pas du tout gênant.

Les féministes hurleront de la métamorphose faite par Robert Dacier sur Eve. De riche héritière indépendante et altière, il a modelé une femme assez soumise, officier de police plutôt effacée.

Dans un autre flash-back, Ed se souvient qu’Eve l’a empêché de se livrer à la loi du talion. Eve faisait alors ses classes comme une de nos « pervenches » en uniforme. Cela nous renseigne sur le fait qu’avant de rejoindre l’équipe de Dacier, elle a suivi un cursus normal, sans privilège obtenu par son rang social de grande bourgeoise.

Un épisode très important, qui pourtant ne semble pas avoir été diffusé lors des premières sélections par l’ORTF.

La conclusion est trop hâtive, cet opus aurait mérité un double épisode bien davantage que « Une épitaphe adéquate ».

  • Chronologiquement, Mark est arrivé après Eve dans l’équipe de Dacier.

  • Avant son recrutement, Eve se montrait insolente envers Dacier.

  • Avant d’être policier, Eve était contre la peine de mort. Elle s’en veut, sur son seul témoignage, d’avoir envoyé un certain Lasko à la chambre à gaz.

  • Le plat préféré de Dacier est la sauce au piment. C’est en fait précisé depuis la saison 1.

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11. LE MACABRE MICAWBER
(THE MACABRE MR. MICAWBER)

Scénario : Bill S. Ballinger et Brett Halliday. Réalisation : Jeannot Szwarc.

Un millionnaire est assassiné avec lequel Dacier avez rendez-vous. Ernest Carney, le valet de chambre d’Horace Shiller la victime, dérobe un mainate qui a assisté au crime. Ernest est poursuivi et sévèrement battu par Arnie Simms, un tueur.

« L’homme de fer » est une série inégale. Après un opus formidable, une enquête banale. La vedette en est cette-fois un oiseau, un mainate nommé Micawber ! Burgess Meredith incarne un pauvre bougre, souffre douleur de son patron, et qui n’a pas fait de mal à une mouche. Dacier a beaucoup de compassion pour lui et fera en sorte qu’il se retrouve à la tête d’une animalerie.

L’appartement de Dacier est incendié. Une bombe fumigène a été déposée, et l’un des faux pompiers est Alan Simms que Mark surprend en train de voler l’oiseau.

Elda Thompson (Kathie Browne) est la complice d’Alan, et elle est furieuse qu’il n’ait pas réussi le vol du mainate. Un certain Mc Kay veut aussi acheter l’oiseau. La jolie Kathie Browne se fait passer pour une journaliste et vient espionner Dacier.

L’intrigue traîne en longueur et est fort complexe. Nos héros doivent interpréter ce que répète le mainate. La solution est peut être dans les mains d’un prisonnier, Edgar Gromes (Anthony Corbi), dresseur d’oiseau, complice de Simms d’un vol de 150 000 dollars et de l’assassinat d’un garde suite à l’attaque d’un fourgon blindé. Dacier croyait que Simms avait gardé le magot, mais pense à présent s’être trompé.

Gromes d’après Dacier s’est servi du mainate pour lui dire où se trouve le magot. Mais un accident de voiture a envoyé Simms a l’hôpital, et Ernest a acheté le mainate. Le meurtre d’Horace Shiller est donc fortuit, puisque Simms venait voler le mainate.

Le scénario est travaillé mais trop, et perd le téléspectateur en route. Ce n’est pas nul, mais plutôt ennuyeux.

  • Burgess Meredith (1907-1997) a joué au cinéma dans la saga « Rocky ».

  • Retour de Bill Fletcher après « La lumière au bout du voyage ». et Kathie Browne après « Son propre otage ».

  • Jake Kruschen (1929-2002) qui incarne McKay, repris de justice et qui tient une animalerie, a joué dans « Le grand McLintock ».

  • Notons que les personnages changent de nom entre la VF et la VO : Horatio Shute devient Horace Shiller, et Arnie Simms Alan Simms.

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12. ÉCHEC AU CHAMPION
(SIDE POCKET)

Histoire de Charles A. Mc Daniel. Adaptation : Norman Katlov et Sy Salkowitz. Réalisation : Abner Biberman.

Dacier aide un jeune homme, Tim, qui vola une voiture il y a deux ans. Il veut faire des études. Or, Vance, un dangereux gangster, voulait mettre la main dessus car c’est un champion au billard. Vance fait pression sur son frère Bobby pour qu’il n’abandonne pas le billard. Il a en effet avancé de l’argent à Bobby sur des paris et le frère est lourdement endetté.

Cet épisode aborde le problème des jeux (ici le billard) dans lequel les gangsters investissent, en la matière un certain Vance (H.M. Wynant). Le jeune Tim après quelques erreurs de jeunesse a demandé une recommandation à Dacier pour entrer à l’université, ce que le policier bienveillant fait de bon cœur. Mais Vance a prêté de l’argent  à son frère Bobby, et c’est l’engrenage infernal. Tim doit-il choisir son avenir ou sauver son frère en jouant un match contre un vétéran, un champion du nom de Money Howard (Jack Albertson) ? Il semble choisir la seconde solution.

Les scènes de billard prennent beaucoup de place et l’on se croirait dans « L’arnaqueur ». Le suspense est constant d’un bout à l’autre, peut être un peu lassant pour qui (comme votre serviteur) ne connaît pas trop les règles de ce jeu.

Le problème de cet épisode est que l’homme de fer triomphe contre un dangereux mafioso là où dans la vie (ou dans une série réaliste), il en serait à compter les cadavres. C’est de l’angélisme, une vision familiale de la société dans laquelle, en dépit de nombreuses invraisemblances, Dacier va sauver les agneaux innocents.

Money Howard est présenté comme le meilleur joueur au monde. Bobby a organisé le match avec le vétéran pour payer la dette de son frère à Vance. Bobby parie 15 000 dollars avec l’argent de Vance contre son frère Tim, pensant que le champion va gagner. En gagnant la partie, Tim en fait des cibles vivantes.

Le bien naïf Tim va alors proposer de doubler la mise au mafioso et de perdre. Mais les agneaux n’ont jamais berné les loups.

On arrive donc, une fois de plus, à un scénario bancal qui donne un épisode moyen, car il ne faut pas compter sur l’interprétation pour sauver quoi que ce soit. La scène choc de l’épisode est le fait que Bobby ait parié contre son frère, ce qui sidère Tim quand il l’apprend.

Visiblement, Dacier, simple consultant, a les pleins pouvoirs, puisqu’il va mobiliser une quantité infinie de policiers pour sauver deux jeunes.

Les scènes de la fin, avec Mark affrontant pour le plaisir le champion Money Howard, tentent de détendre l’atmosphère et de donner le change. Dans « Kojak » ou « Hawaii Police d’état », tout se serait terminé par un carnage. Ne parlons pas de la scène où la si effacée Eve défie dans une boutique de mode l’amie de Vance. Elle a décidé elle aussi de jouer les kamikazes. On mettra deux étoiles pour le suspense, mais on aurait aimé un peu plus de réalisme. Barbara Anderson en Eve se faisant passer pour une mauvaise fille fréquentant la mafia n’est pas convaincante une seconde.

Robert Dacier continue sa mission de sauver de jeunes délinquants en leur facilitant l’accès aux études. Il rejoint ici le discours lénifiant de « Les deux frères » (01-09), « En souvenir d’une crème glacée » (01-19) ou « L’émeute » (02-05). Raymond Burr n’est pas convaincant une seconde en assistante sociale !

  • Jack Albertson (1907-1981) a joué dans « Charlie et la chocolaterie » et « L’aventure du Poseidon ».

  • H.M. Wynant (1927-), seul comédien vraiment brillant ici en mafioso Vance, tourne toujours. On l’a vu dans « La conquête de la planète des singes » et le soap opera « Des jours et des vies ».

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13. SERGENT MIKE
(SERGEANT MIKE)

Scénario : Carey Wilber. Réalisation : Tony Leader.

Dacier enquête sur un meurtre dont le seul témoin est un chien loup. La femme, Mrs Neufane, est la sixième victime d’un tueur en série.

Le chien est ici l’invité insolite un peu comme le nourrisson dans « Bob et Bobby ». Dacier accepte cette enquête à contre-cœur. Son premier suspect est le neveu de la victime, Edward Neufane (Bill Bixby). Les cinq premières victimes étaient des hommes et la sixième une femme.

On ne sait pas, au début, à qui appartient le chien. Il serait à un enfant, Charlie (Robert Bruce Lang). L’animal s’appelle « Sergent Mike ». Mais le véritable propriétaire est un certain « Colonel » qui est en prison (John Debner).

Le colonel est en fait un looser qui faisait de menus travaux chez Mlle Emma Neufane. Il prétend avoir assisté au crime.

Au bout de vingt minutes, l’opus devient bavard et quelque peu ennuyeux. Dans une scène qui dure environ cinq minutes, on se demande si Dacier n’est pas devenu gâteux, il échange avec le chien comme si c’était un être humain.

Mal réalisé, l’épisode nous propose une scène de rue avec Dacier et Ed devant des écrans qui défilent. Le raccord studio/images d’archives a été fait sans aucun soin.

Emma Neufane avait répondu à une annonce matrimoniale d’un certain Judson Trumble (Robert Cornthwaite) qui constitue vite un second suspect. Cela devient une autre piste. On a le sentiment que tant scénariste que réalisateur ont trop spéculé sur l’intérêt de la présence du chien. Nous ne sommes pas « Daktari » et tout cela tombe à plat.

Bill Bixby habituellement excellent a un jeu rigide et peu inspiré.

Vers la 37e minute, la lumière se fait un peu sur l’intrigue nébuleuse. La victime n’était pas une sainte et pratiquait des abus de confiance. Le sentiment qui se dégage est l’ennui. Aucun suspense, une intrigue à l’intérêt mitigé. Des comédiens peu inspirés.

D’ailleurs l’épisode est tellement bâclé que la piste Judson Trumble que le Colonel fait chanter est oubliée en cours de route ! Je ne suis pas certain que cela soit volontaire mais que plus simplement le scénariste n’a pas relu sa copie rédigée à la hâte.

  • Bill Bixby (1934-1993) fut la vedette des séries « Le Magicien » et « L’Incroyable Hulk ».

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14. L’ÉNIGME DU TABLEAU
(IN SEARCH OF AN ARTIST)

Scénario : Joseph Bonaduce. Réalisation : Abner Biberman.

En cherchant un cadeau d’anniversaire pour Eve, Robert Dacier tombe sur un tableau peint par un de ses amis Danny Fielder, présumé mort.

Robert Dacier a beaucoup d’amis. Et comme s’il n’y avait pas assez de crimes à élucider, il se met à ressortir des affaires classées.

L’épisode nous permet de découvrir le milieu des peintres et des artistes. Dacier rouvre donc l’enquête. L’affaire date de deux ans. La victime était le chauffeur Ralph Neil, Dacier ayant présenté le peintre à la riche Leona (Lorraine Gary), devenue vite une épouse volage.

Leona alcoolique et nymphomane est la fille de Jack Stuart (Broderick Crawford), un homme très puissant qui finit par exercer des pressions sur Randall.

Dacier choisit ses enquêtes, alors qu’en qualité de consultant, il n’est pas fait pour cela. Pour retrouver son ami peintre disparu qu’il pense vivant, Dacier se rend au Mexique, n’en faisant qu’à sa tête.

La volonté est ici de rechercher le dépaysement et une ambiance exotique. Le téléspectateur avec « L’homme de fer » attend une intrigue policière, du suspense, et cherche à passer un bon moment pendant 48 minutes. L’objectif est loin d’être atteint  dans le cas présent.

Lorsque l’on retrouve Danny vivant, on ne croit pas une minute à l’amitié avec Dacier. C’est un scénariste-producteur et chanteur d’opéra qui fait l’acteur occasionnellement, William Paul Burns, qui incarne le peintre disparu Danny Fielder. Bien trop jeune pour être ami avec un personnage joué par Raymond Burr, trop beau gosse pour être un mari trompé.

Avec beaucoup de péripéties hélas peu développées, qui évoquent l’épisode « Qui êtes vous Barbara ? », l’intrigue est dense. Trop tarabiscotée, les explications finales  noient le spectateur qui a bien du mal à se souvenir de qui est qui vu la multiplicité des personnages. A la différence de l’épisode avec Vera Miles, où j’hésitais entre deux et trois étoiles, ici deux étoiles ne sont pas méritées. La véritable note serait intermédiaire, 1.5 par rapport à « Sergent Mike » vraiment difficile à regarder jusqu’au bout.

Heureusement, dans une série inégale, il y a des hauts et l’opus qui suit est un sérieux candidat au titre de « meilleur épisode de la série », avec un scénario bouleversant qui nécessite d’avoir des kleenex à portée de main.

  • Broderick Crawford (1911-1986) est célèbre pour « Il Bidone » de Fellini. Il est apparu souvent en guest star de séries TV (« Banacek », « Opération vol »).

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15. OÙ EST LA LIMITE ?
(UP, DOWN, AND EVEN)

Scénario : Robert Earll. Réalisation : Don Weis.

Kim Channing a tout pour être heureuse. Belle comme le jour, des parents aimants, nièce d’Eve Whitfield, elle a la jeunesse et la vie devant elle. Hélas, elle est tombée dans l’enfer de la drogue.

J’ai vu cet épisode sur TMC vers 2004. Il m’avait bouleversé, et des années après, l’émotion est intacte. Tout d’abord, il s’agit d’un scénario en or. Mais il est servi par une multitude de bons comédiens : Richard Anderson en père de Kim, Alfred Ryder (le chef des « envahisseurs ») en policier, et Susan O’Connell, dont on la voyant jouer on penserait qu’elle a fait une carrière d’actrice fabuleuse. Elle jouait un bref rôle au début de « Voyage au pays des hippies », celui de Barbara Chase vite tuée et dont Ed était accusé du meurtre. Ici, elle fait une formidable composition éclipsant tout le reste de la distribution.

Kim est emprisonnée car récidiviste comme usager de Marijuana. On a envie de la sauver, de la prendre dans ses bras, de l’arracher à l’enfer. Mais elle ment. Eve et Dacier entreprennent ici la plus délicate démarche depuis le début de la série, puisqu’elle est la nièce d’Eve.

Le script de Robert Earll est si noir que l’on se doute qu’un happy end est impossible. Pour l’occasion, on supporte mal l’inspecteur Randall harcelant Dacier.

L’épisode est composé de chansons qui illustrent la bande sonore, ajoutant au côté dramatique et terriblement réaliste (pour une fois) de l’intrigue.

A la 18e minute, afin de faire un « électrochoc » à Kim, Eve lui fait visiter un pénitencier de femmes de haute sécurité. Susan O’Connell par son jeu irréprochable nous montre la détresse évidente mais muette de son personnage devant des prisonnières aguerries. Elle ressemble à un ange, perdue au milieu de démons.

Le seul petit bémol est le fait que Susan joue tellement bien que Barbara Anderson n’est pas du tout à la hauteur à ses côtés. La scène de la visite du pénitencier est difficile à supporter. Même le téléspectateur le plus insensible est remué.

On pourra objecter que si le sort de Kim nous fait frémir, c’est qu’elle appartient à la haute bourgeoisie. C’est une oie blanche, belle, bien habillée, il est sans doute injuste de s’apitoyer sur son sort pour cela. Eve tente de la raisonner dans une conversation de tante à nièce. Mais Eve se met à hurler et on trouve le sergent Whitfield bien incapable.

Dacier, Ed et Mark veulent s’infiltrer dans l’école de Kim pour capturer les dealers. Ed se fait donc passer pour un professeur. Don Galloway n’a pas d’immenses qualités de comédien et parvient difficilement à ne pas se montrer comme un flic. Plus tard dans l’épisode, un document des étudiants (lls ont une presse clandestine qui vante les bienfaits de la drogue)  le répertorie comme espion.

Sur 4200 étudiants, il y a 30% de drogués dans l’établissement. On regrette qu’au lieu de tout mettre en œuvre pour sauver Kim, Dacier et son équipe se limitent à de fonctions purement policières. C’est d’autant plus décevant que l’on a vu Dacier dans certains épisodes chercher à remettre dans le droit chemin des racailles qui ne valaient pas la corde pour les pendre.

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Kim échappe vite à la surveillance de sa tante Eve, trop tentée par ses démons. Ce sont cette-fois de belles musiques symphoniques qui remplacent les chansons, et ajoutent à la tension ambiante.

Kim se détruit, mais en aucun cas on ne peut la considérer comme une criminelle, ce dont la série ne manque pas. Il lui faudrait un hôpital, pas un pénitencier. Dacier la recherche auprès de ses copines d’université, toutes de haute extraction. Mais il se heurte à un mur. Il comprend que ces filles sont des droguées. Il réussira cependant à en « retourner » une contre les drogués : Christine (Cynthia Hull).

On est surpris de la justesse de la présentation des ravages de la drogue dans une série comme « L’homme de fer ». Par contre ni Dacier, ni son interprète Raymond Burr ne sont à la hauteur du sujet.

Pourquoi Dacier cherche-t-il à coffrer l’ex sportif Terry Lawrence (Charles Brewer) au lieu de tenter de sauver Kim ? On y retrouve dans la chambre à coucher Kim en petite tenue et Eve lui fait la morale. Pour Dacier, Terry Lawrence est un criminel, alors qu’il revend à prix coûtant la drogue, étant lui-même consommateur.

La scène de l’entrée au pénitencier est déchirante, et le scénariste fait dire à Kim quelques vérités. Ainsi, elle fait face à Dacier : « Dommage que je n’ai pas été alcoolique, ça a l’avantage d’être légal l’alcool ! ». L’homme de fer ne répond rien, que pourrait-il rétorquer ?

Il n’y a pas de happy end, le cœur n’y est pas. Dacier se félicite d’avoir gagné dans son camp Christine, qui vient moucharder pour sauver sa petite sœur d’un dealer. Dans cette triste histoire, on trouve que l’équipe de Dacier a été incompétente d’un bout à l’autre. C’est, de loin, le plus bel épisode depuis le pilote. Et côté interprétation, Susan O’Connell a du talent à revendre, se situant dans un registre infiniment supérieur à Raymond Burr et ses acolytes.

  • Susan O’Connell ( ?-) n’a tourné qu’une quinzaine de rôles dont « Un nommé Cable Hogue » au cinéma (1970), deux épisodes de « L’homme de fer », un de « Hawaii Police d’état », un des « Rues de San Francisco », avant se tourner vers le métier de productrice en 1977. Elle a écrit des adaptations de romans pour les plus grands noms du cinéma, de Francis Ford Coppola à George Lucas. En 1989, elle a créé la compagnie cinématographique Pacific Film Fund Management Inc, destinée à produire des films de grande qualité. Elle a aussi enseigné l’art du scénario dans des écoles de cinéma. Adepte du bouddhisme, elle est devenue prêtre et enseignante dans ce domaine à San Francisco en 1999.

  • Alfred Ryder (1916-1995), qui incarne le sergent Dorga, a joué au cinéma « La montagne ensorcelée », « 100 dollars pour un shérif », « Le mercenaire de minuit », mais pour les amateurs de série, il reste le chef des envahisseurs dans les épisodes « La rançon » et « La recherche de la paix », où Vincent l’appelle même… Ryder. Il était Nexus dans un autre épisode de la série, « Vikor ». On se rappelle aussi de ses participations à « Hawaii Police d’état », « Les mystères de l’ouest », « Mission Impossible », « Kojak », « Les rues de San Francisco ». Un excellent comédien. Ce fut sa seule participation à « L’homme de fer ».

  • Retour de Richard Anderson, patron de l’homme qui valait trois milliards, après « Manger, boire et mourir » en saison 1. Il reviendra trois fois dans la série dans d’autres rôles.

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16. LES CARTES MÈNENT À TOUT
(WHY THE TUESDAY AFTERNOON BRIDGE CLUB MET ON THURSDAY)

Scénario : Irve Tunick. Réalisation : Don McDougall.

La tante de Robert Dacier, Victoria, l’informe qu’une de ses amies, Rosanna, avec laquelle elle joue aux cartes est morte mystérieusement. Le mari, Harvey McPhee, lui apprend que sa femme l’a quitté après une dispute.

« L’homme de fer » n’a jamais été une série humoristique, et cet opus à l’ambiance « Arsenic et vieilles dentelles » arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Harvey Mc Phee (Arthur O’Connell 1908-1981) avait 61 ans début 1969 au moment de cet épisode. Il est censé avoir une liaison (non explicite cependant) avec sa secrétaire Val Singleton (1932-2013) qui elle avait 37 ans, ce qui donne un côté ridicule à l’intrigue.

Il y a un aspect « Barbe bleue » avec Harvey empêchant sa maîtresse de descendre dans la cave. Nous sommes partagés entre l’intérêt pour l’intrigue policière et un peu consternés par le ridicule de la situation. Arthur O’Connell est confronté à l’impossible interprétation d’un personnage mal écrit et saugrenu. Victoria mène une enquête à la Miss Marple mettant son neveu dans une situation délicate, le mari Harvey se plaignant au commissaire Randall et menaçant de saisir la presse.

Jessie Royce Landis vole un peu la vedette à l’équipe, mais ce n’est pas une réussite. Nous assistons à des allées et venues entre l’appartement de D      acier et la demeure d’Harvey. Le suspense est parfois présent comme la descente dans la cave de Tante Victoria et Val, qui manquent se faire surprendre par la mari un tisonnier à la main.

Une musique de circonstance, légère et sautillante, a été composée pour l’épisode. Le téléspectateur devine toute l’histoire d’avance, et la découverte du cadavre, signe du peu d’imagination du scénariste, vient nous conforter qu’il ne faut attendre aucun retournement de situation.

Cette enquête fait allusion à une célèbre affaire criminelle survenue en Angleterre, celle du docteur Crippen, qui fut pendu en 1910 pour le meurtre de sa femme Cora.

L’épisode finit par se prendre très au sérieux après avoir adopté un ton humoristique, ce qui se révèle incohérent et médiocre.

  • Jessie Royce Landis (1896-1972) a joué dans « La main au collet » et « La mort aux trousses » (dans ce dernier, elle était la mère de Cary Grant). Elle est morte juste après avoir tourné un épisode de « Columbo » : « Attente ».

  • Arthur O’Connell (1908-1981) a joué dans « Bus stop » avec Marilyn Monroe.

  • L’oncle de Robert Dacier s’appelait Henry.

  • La mère de Dacier était galloise.

  • Ellen Corby (1911-1999), tante Sarah dans le pilote des envahisseurs, tient un petit rôle dans l’épisode.

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17. UN CHAMPION CRAINTIF
(RUNDOWN ON A BUM RAP)

Scénario : Sy Salkowitz. Réalisation : Allen Reisner.

Mark Sanger fait ses études de droit. Il est appelé par un certain Arnold Baker, ancien boxeur, arrêté par la police pour avoir frappé un homme, agression qu’il nie. Puis, libéré sur parole, l’homme disparaît.

Mark tente de séduire Maria, sa prof de droit (Janet MacLachlan), et se fait éconduire. Il demande à cette dernière de venir en aide à un certain Arnold Baker (James Gregory).

C’est un peu l’épisode de Mark, ami d’un ancien champion de boxe. Le scénariste semble ne pas savoir dans quelle direction aller et désoriente le spectateur. Au bout de vingt minutes, on comprend qu’il n’y a rien à espérer de cet opus : intrigue ennuyeuse, interprétation minimale. Nous ne sommes intéressés que lors de cours du soir de droit de Mark. Encore que ce soit un peu trop sérieux, gommant toute notion de divertissement policier.

L’argument scénaristique est mince. La démarche de Dacier pour tirer d’affaire Baker est poussive, le comédien y met peu de conviction. L’enquête s’oriente vers la victime Wilson (Leonard Stone) dont le train de vie et les revenus sont inexplicablement hauts pour l’emploi modeste qu’il occupe.

On cherche un peu de lueur dans cette intrigue terne dans les relations entre Maria et Mark. Mais l’ennui revient vite. On se croirait dans les séries policières les plus fades genre « Brigade criminelle » et « Sam Cade ».

Un épisode à zapper.

  • James Gregory revient après « Message de l’au-delà ». Il aura deux autres rôles dans les saisons à venir.

  • Nous apprenons que Mark a été plusieurs fois en prison.

  • Le personnage que joue James Gregory s’appelle Bakey en VO et Baker en VF. Mais le doublage est vraiment mal fait car le personnage est parfois appelé « Bakey » en VF au cours de l’opus.

  • Janet MacLachlan (1933-2010) fait ici son unique apparition dans « L’homme de fer ». On l’a vue notamment dans « La corde raide » avec Clint Eastwood.

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18. LES PRÉDICTIONS DE FRANCINE
(THE PROPHECY)

Scénario : Jackson Gillis. Réalisation : Don Weis.

Dans une réception mondaine, Robert Dacier retrouve une voyante, Francine Miller. L’inspecteur a su qu’il y avait une exposition de tableaux du Louvre et s’est fait inviter, avec son équipe, par Randall. Un vol de tableau de Leonard De Vinci a alors lieu.

Encore une amie de longue date de Dacier, qui une collection d’amis digne d’un annuaire téléphonique. Il s’agit cette-fois d’une voyante, Francine Miller (Martha Scott). On a l’impression qu’elle n’est qu’un prétexte car après être apparue lors de la soirée, on la voit moins au début de l’enquête. Elle ne revient qu’à la 25e minute.

Une demande de rançon est faite pour 200 000 dollars en liquide. Une des pistes scénaristiques est abandonnée : Francine avait prévu un accident d’avion à Dacier au moment où il allait partir en vacances, mais il est mobilisé par le vol sur place.

Les talents de voyance de Francine laissent à désirer : elle pense que Dacier va mourir, alors que nous savons qu’il va encore enquêter durant six autres saisons.

A cause d’un article de Francine, également journaliste, les voleurs augmentent le montant de la rançon du tableau. Le vol a été organisé par un certain Mantini (Richard Angarola), avec la complicité du gardien blessé.

L’enquête est routinière, sans originalité. Les sempiternelles scènes de studio n’arrangent rien, mal coordonnées avec les images d’archives, ce qui donne un coup de vieux à la série. La déception de cet opus vient du titre, car les prédictions ne sont qu’un argument de départ vite oublié, peu exploité par le scénariste. On peut imaginer le même épisode sans voyante.

Plus que la tableau volé, c’est la vie d’Ed Brown, otage, qui est en jeu. On se demande comment la production peut enchaîner des intrigues aussi creuses à la file.

Le suspense final nous montre Dacier sur son fauteuil sur un radeau, dans le brouillard, dans la baie de San Francisco. Encore un ratage, à la hauteur des visions erronées de Francine qui se révèlent toutes fausses.

  • Pour la première fois dans la série, Dacier est appelé en VF Robert T. Dacier.

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19. DANS UN MONDE DE CHACALS
(A WORLD OF JACKALS)

Histoire d’Anthony Spinner. Adaptation : Anthony Spinner et Irving Pearlberg. Réalisation : Don Mc Dougall.

Une amie de Mark, Janet Holmes, l’appelle au secours depuis un hôtel. Ils conviennent d’un rendez vous mais elle est kidnappée. Tout cela semble en lien avec la disparition de la star de cinéma Gloria James dont Janet était la femme de chambre.

Un épisode où  règne le plus grand mystère. Au bout de trente minutes, on ne voit toujours pas où le scénariste veut en venir. Une vedette de cinéma, Gloria James (Lynn Borden), a disparu. On la croit en Suisse, mais Dacier établit qu’elle n’y a jamais mis les pieds.

Frank Rich (William Smithers), mafioso, se projette les films de Gloria et fait enlever sa femme de chambre. Cette intrigue nébuleuse et très dramatique nous plonge dans la perplexité. L’épisode rappelle « Qui êtes-vous Barbara ? » avec une enquête bien trop longue pour 48 minutes.

A la 34e minute, on retrouve le cadavre de la star au fond d’un étang dans sa voiture. Elle était dépressive. Mais Dacier pense qu’on le trompe et que c’est une autre fille qui était dans l’automobile, un corps embaumé déterré.

La piste de Gloria se poursuit à Carmel. Dépressive, devenue folle, elle a été mise au secret par le gangster amoureux mais s’est enfuie. Dans une salle de cinéma, où l’on projette son premier film, qui fut son seul succès, Gloria (Lynn Borden) se regarde à l’écran. Un film à la fin morbide où l’héroïne se suicide en entrant dans l’océan. Le titre du long métrage est « A world of jackals ».

Le scénario est fouillé, mais laisse le téléspectateur assez froid. William Smithers est peu crédible en gangster collaborant avec Dacier pour le sauvetage d’une dépressive. Ed, tel Zorro empêchera le pire.

Un opus mi figue mi raisin, d’un niveau quand même supérieur aux précédents opus. Toute l’intrigue criminelle, une fois la solution trouvée, semble avoir été greffée un peu artificiellement à l’ensemble.

  • Il n’y a qu’un chacal dans le titre français par rapport à la VO.

  • Lynn Borden (1937-2015) a joué au cinéma dans « Bob, Carole, Ted et Alice ». C’est son unique participation à « L’homme de fer ». Sa carrière commencée en 1962 s’est arrêtée au début des années 80.

  • William Smithers (1927-) a arrêté de tourner en 1990. Il reviendra dans la saison 3 dans l’épisode « Liberté surveillée ». Au cinéma, il a joué dans « Papillon » et à la TV dans « Peyton Place » et « Dallas ».

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20. LE CHRONIQUEUR MONDAIN
(AND BE MY LOVE)

Histoire de Dale et Katherine Eunson. Adaptation : Dale et Katherine Eunson et Sy Salkowitz. Réalisation : Charles S. Dubin.

Randall demande comme un service personnel à Dacier de mettre sous les verrous un cambrioleur qui sévit à San Francisco et a volé un membre de la haute bourgeoisie de ses amis. En enquêtant chez une autre victime, Larry Curtis, Eve en tombe amoureuse.

La victime d’un vol, Larry Curtis, un chroniqueur mondain (Larry Van Druten) séduit Eve. Pour l’occasion, elle retrouve son milieu d’origine : la haute société. Dacier est assez agacé, et l’on ne comprend pas ce qu’Eve trouve de si particulier à Curtis.

La série de vols continue. Très vite, Eve soupçonne Larry Curtis d’être mêlé à l’affaire. La victime du nouveau vol, Dave Tidwell, venait de rencontrer le couple. Alors que l’équipe de Dacier enquêtait sur un meurtre, et s’est chargée pour complaire à Randall des vols, Eve mène une troisième enquête parallèle sur son prétendant.

Dacier soupçonne Curtis, qui connaissait toutes les victimes de vol, et estime qu’il courtise Eve pour être au courant des progrès des investigations  de la police. Pour des raisons différentes, Eve et Dacier se posent les mêmes questions. Le journaliste est ruiné et aux abois.

Cette-fois, l’épisode est de meilleure tenue que la moyenne des récents vus. Il y a une bonne histoire mais trop prévisible. Par une standardiste, Roberta O’Gorman (Amzie Strickland), Dacier réussit à connaître l’identité de la prochaine victime de vol.

Coup de théâtre à la 36e minute : Curtis ne tombe pas dans la souricière, mais cela provoque la rupture entre Eve et lui. L’épisode, prometteur, devient bavard. C’est là que l’on comprend que l’on passe à côté d’un grand opus. Un autre piège est tendu, à plus grande échelle, mais les ficelles sont un peu grosses. Même s’il n’est pas le coupable, l’histoire d’Eve et de Curtis ne survivra pas aux soupçons qui ont pesé sur ce dernier. Après un bon début, on finit par s’ennuyer un peu. Dommage.

  • Chad Everett (1937-2012) qui incarne Curtis a joué dans « Mullholand Drive » de David Lynch et « Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? ». C’est son unique apparition dans la série.

  • Eve précise que lors de son engagement avec Dacier, elle avait prévu de rester trois à cinq ans, puis de quitter la police et de se marier.

  • Eve confie à Ed qu’elle hésite entre se marier avec Curtis et son travail.

  • Eve confie à Curtis que ses parents font actuellement des fouilles en Egypte

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21. POLICE ET TAXI
(MOONLIGHT MEANS MONEY)

Scénario : Sy Salkowitz. Réalisation : Don Weis.

Ed et sa petite amie prennent un taxi dans lequel le policier trouve un paquet de drogue. Le sergent Will Leonard qui sans autorisation fait l’activité de taxi fait demi tour et rattrape le dernier client. Leonard se croyant menacé tue l’homme désarmé. Tant Ed que Leonard sont suspendus.

Sale affaire pour Ed et un collègue à lui. D’autant qu’Ed a pris un taxi qui ne lui était pas destiné, brûlant la politesse à un autre client.

Le commissaire Dennis Randall est vraiment compréhensif, acceptant que Dacier reprenne l’enquête durant des « vacances ». C’est bien entendu peu crédible.

L’épisode aborde les salaires de misère octroyés aux policiers, ce qui les oblige à cumuler deux emplois.

Faisant fi de la procédure (il est suspendu), Ed Brown distribue des portraits robot du client recherché. Chose qui n’étonne personne, et visiblement aucune autorité ne se mêle de rappeler à l’inspecteur qu’il est dans l’illégalité totale.

Dans une casse automobile, on découvre les trafiquants à l’œuvre. Quant à Will Leonard, son cas, au départ simple, devient glauque : il a fait feu trois fois sur l’homme désarmé et vient de déposer 15 000 dollars sur son compte en banque. Mais l’accusé proteste que cela lui vient d’un héritage pour les études des enfants.

C’est une intrigue policière classique dont on comprend vite qu’il ne faut pas attendre de miracles. Will Leonard est pris dans la tourmente de ce qui en France correspond à l’IGPN (Inspection générale de la police nationale).

Le téléspectateur ne sait plus quoi penser de Leonard. Innocent ? Ripoux ?

On tremble pour Ed qui se met dans un véritable pétrin à cause de ce collègue. Il est totalement anachronique que l’on ne voit quasiment que Don Galloway à l’image alors que son personnage est suspendu de ses fonctions.

Le réalisateur joue avec nos nerfs, dans une séquence, Will Leonard semble innocent, dans la suivante complice des trafiquants.

La fin est moralisante. On passe un bon moment, mais l’épisode n’est pas inoubliable.

  • Deuxième et dernière apparition dans la série de Linden Chiles après « La deuxième police ».

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22. CONSÉQUENCE D’UNE DÉCOUVERTE
(A DRUG ON THE MARKET)

Scénario : Arthur Weingarten. Réalisation : Barry Shear.

Une amie veuve de Robert Dacier, Karen Martin, est harcelée. Elle a peur et refuse de se confier à l’inspecteur qui constate qu’elle possède une arme sans permis de port. Elle finit par avoir un accident de voiture sans gravité, mais Dacier constate qu’elle possède des barbituriques.

Nous entrons de plein pied dans une intrigue complexe réunissant plusieurs personnages : Karen Martin (Betsy Jones-Moreland), son frère Avery Corman (Ray Danton) et son épouse Judith (Victoria Shaw), et enfin un chimiste le docteur Braven (Fred Beir) qui courtise l’amie de Dacier.

Au début, on prend Karen pour une folle : elle prétend recevoir des coups de fils anonymes, mais personne ne peut le confirmer, même une fois le téléphone mis sous écoute par Dacier.

Comme dans l’épisode de la saison 6 de « Chapeau melon et bottes de cuir » : « Miroirs », on entend une voix flottant dans l’espace. Avery chercherait à rendre sa sœur folle pour prendre possession de leur laboratoire. Le frère veut mettre en vente une drogue appelée l’amphéticitine créée par son défunt mari. Ce produit est destiné aux greffes d’organes. Mais dangereux et fatal à échéance de deux ans. Judith ne semble pas dans le coup. Dacier déclenche une enquête auprès des gens qui ont été soignés par l’amphéticitine. Mais les choses sont plus compliquées que de prime abord.

Il y a ce que le téléspectateur entend et voit, comme Karen, la plongeant dans la folie, et ce que les autres personnes perçoivent de l’amie de Dacier, prise pour une folle.

La réalisation est superbe, avec des images de cauchemar qui évoquent presque une série fantastique genre « Le sixième sens », une première dans « L’homme de fer ».

Le seul problème est que l’intrigue nécessite plus de 48 minutes pour un bon développement. Toutefois, le coup de théâtre final nous ravit, surprenant le téléspectateur le plus perspicace. Le thème (vouloir faire perdre la raison à quelqu’un) rappelle un épisode de « L’homme à la valise » : « Qui devient fou ? ».

On passe un excellent moment, avec une atmosphère digne d’Hitchcock. Mais sans toutefois atteindre la perfection.

  • Ray Danton (1931-1992) a joué dans de nombreuses séries TV : « Cannon », « Le Virginien », « Hawaii Police d’état » et au cinéma dans « La chute d’un caïd » (1960).

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23. TROUVEZ LES BIJOUX
(PUZZLELOCK)

Scénario B.W. Sandefur. Réalisation : Allen Reisner.

Mel Grayson tue sa femme Frida et se sert de bandes magnétiques pré-enregistrées avec la voix de la morte pour se donner un alibi. Il s’arrange pour dîner avec Dacier lorsque la nouvelle de la mort est annoncée.

Malgré le bon plan organisé par le meurtrier, Dacier va vite avoir des soupçons. Pour lui, cela coïncide trop bien pour ne pas avoir été voulu. Aussi malin que Columbo sur cette enquête, Dacier connaît donc quasiment tout de suite le coupable, Mel Grayson (Simon Oakland). Les bijoux de Frida ont disparu.

Il s’avère que Grayson s’y est plutôt mal pris, et que tout l’accable. Contrairement à Columbo, moins subtil, Dacier accuse assez rapidement Mel Grayson.

Grayson est un ancien policier qui s’est marié avec une femme riche. Le seul autre suspect possible serait le neveu de Frida, Paul Dekes (Dennis Cooney). Les bijoux sont retrouvés chez un receleur, Shelby (Alvin Hammer). Grayson feint de le défendre et de ne pas le croire coupable.

Moins malin que Columbo, Dacier hésite comme coupable entre Grayson et Paul Dekes. On se demande si cela n’est pas une astuce du scénariste pour atteindre les 48 minutes syndicales.

Après un bon début, le rythme de l’épisode stagne. Dacier bluffe en faisant arrêter Paul et réussit à arrêter Grayson, un peu trop facilement.

Un épisode dans la moyenne.

  • Première apparition de Simon Oakland (1915-1983), habitué des séries policières. Il reviendra dans deux autres épisodes. Au cinéma, on l’a vu dans « Psychose » et « Bullitt ».

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24. LETTRES ANONYMES
(THE TORMENTOR)

Scénario : Norman Jolley. Réalisation : Don Weis.

Clint Atkins, un joueur de baseball ami d’Ed Brown, est menacé de mort par un fou. Après des lettres anonymes, on lui tire dessus avec un pistolet à air comprimé. Peu après, l’inconnu demande une rançon de 100 000 dollars, où il tuera Clint, sa femme ou sa fille.

Cet épisode a été diffusé le samedi 24 février 1973, lors de la troisième sélection de 13 épisodes par l’ORTF. Or, aux USA, il date du 27 mars 1969. Il s’agissait donc d’une volonté des programmateurs français de montrer des épisodes de l'équipe première manière. En 1973, ils auraient dû piocher dans la saison 5 1971-72, celle avec Elizabeth Baur en Fran Belding.

Gary Collins (« Le sixième sens ») incarne Clint, l’ami pour une fois non de Dacier mais d’Ed, pour sa seconde et dernière apparition après « Le retour du héros ».

Le script est très bon, le thème rappelant parfois l’épisode « Le paranoïaque » de la série « Hawaii Police d’état ».

Par rapport aux autres intrigues, la part consacrée à l’invitée vedette Gary Collins, sans la présence de l’équipe de Dacier, est plus grande. L’épisode est excellent si l’on excepte les scènes de stade où les raccords images d’archives/studio sont mauvais. On ne s’en apercevait pas lors de la première diffusion.

L’intrigue est censée de poursuivre à Phoenix, en Arizona. Ed y retrouve la trace de Lou Wilson (Noam Pitlik) – le prénom de Wilson est Ernie dans la VO - un champion qui fut éclipsé par Clint davantage doué.

Passionnant de bout en bout, on doit ce succès à la fois à l’interprétation de Gary Collins, au scénariste et au réalisateur, et peu à Raymond Burr et son équipe. On voit d’ailleurs très peu Dacier, Mark et Eve.

Si l’épisode mérite largement quatre étoiles, on regrettera quelques erreurs du directeur de la photographie, par exemple, dans une scène, un gros plan sur Gary Collins batte de base ball en mains le montre dans une atmosphère nocturne, alors que le plan suivant (images d’archives) est en plein soleil. Même chose lorsque Ed enquête dans les tribunes, assez obscures (studio), alors que l’on en voit d’autres fort ensoleillées juste à côté.

Les réussites (« En service commandé », le sublime « Où est la limite ? » ou le présent opus) sont dues à une écriture excellente et auraient pu figurer dans d’autres séries. On imagine facilement Kojak ou Mc Garrett protéger Clint Atkins. Ce n’est pas le concept de l’homme de fer, inspecteur paralysé, qui génère les bons épisodes.

  • Mary-Ann Mobley (1937-2014) est une ancienne Miss USA. Elle fut la partenaire de Gary Collins également dans deux de ses autres séries : « Le cheval de fer » et « Vivre libre ». On l’a vue dans « Arnold et Willy », « L’île fantastique », « La croisière s’amuse », « Matt Houston », « Le Virginien », deux « Match contre la vie », « Des agents très spéciaux », « Mission Impossible ». Ce fut sa seule apparition dans « L’homme de fer », mais elle joua dans la première version de « Perry Mason » aux côtés de Raymond Burr dans deux épisodes. Elle a arrêté de tourner en 1994. Elle est décédée d’un cancer du sein.

  • Mort relativement jeune d’un cancer du poumon (66 ans), Noam Pitlkik (1932-1999) a joué dans « Mannix », « Cannon », « Ma sorcière bien aimée », « Les envahisseurs », « Le fugitif », « Le cheval de fer ».

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25. DÉNOMINATEUR COMMUN
(A MATTER OF LOVE AND DEATH)

Scénario et réalisation : Jeannot Szwarc.

Une femme meurt dans un square d’un avortement. L’équipe de Dacier recherchait une fille disparue, et ce n’est pas la victime. Mais Eve s’intéresse à ce cas. Elle va jouer les femmes enceintes pour piéger un avorteur clandestin.

Episode qui se veut « social » mais reste strictement policier. Eve Whitfield, émue, en fait une affaire personnelle. On comprend que cela va être plus un épisode dramatique que policier au sens strict. La morte est une certaine Arlene (Connie Kreski), qui étudiait l’allemand.

L’ambiance générale rappelle le chef d’œuvre « Où est la limite ? », mais ici, le thème traité est trop général, trop ambitieux. Kim Channing/Susan O’Connell ne se contentait pas d’être une illustration du problème de la drogue, mais aboutissait au portrait d’un destin personnel. Nous sommes moins concernés par Arlene, que l’on ne voit que dans le début de l’épisode, juste après le générique.

Barbara Anderson se met plus en avant que d’ordinaire. L’actrice est ravissante, mais ce n’est pas une grande comédienne. Un peu le même cas que Don Galloway. Elle est crédible en collaboratrice de Dacier, mais pas en enquêtrice solitaire.

Je trouve que c’est très moralisateur. L’épisode devient vite bavard. L’émotion qui devrait nous atteindre rate sa cible. Avec sa postiche brune, Barbara Anderson est un peu gauche et ridicule. Elle se fait appeler Laura White. Même Don Galloway en solitaire s’en tire mieux dans l’opus précédent.

Pour piéger l’avorteur, Eve a une alliée qui collabore avec la police : le docteur Pat Manners (Bettye Ackerman) qui a refusé d’avorter Arlene. Eve infiltre le centre pour jeunes femmes célibataires où vivait Arlene. Elle y joue la chèvre. Jo Lyons (Susan Howard), qui a eu recours à l’avorteur, est estropiée pour le reste de sa vie. Elle prend en pitié Laura/Eve.

L’avorteur a une complice au centre, Betty Ross (Barbara Shannon). Il y a de la tension et du suspense, mais jamais d’émotion. On reste dans la caricature. Endroit glauque, ruelle sombre, ambiance « Les Misérables ».

Nous avons en fait une « faiseuse d’ange » en guise de criminelle : Eve ne semble pas une femme policier mais une poupée fragile non émancipée ni autonome, qui traumatisée se réfugie dans les bras de Dacier comme dans ceux d’un père. La fin est bâclée. Le dénominateur commun était l’infirmière Lois (Lillian Adams) qui entre 1966 et 1968 a changé plusieurs fois de patron, ce qui a attiré les soupçons de Dacier.

Un bon suspense, mais sans plus, et malheureusement mal joué par Barbara Anderson.

  • Eve est diplômée de l’université de Berkeley. Dans la VF, Dacier dit qu’elle est de la promotion 1967, alors qu’elle était déjà officier de police à l’époque.

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26. BOMBE OU PÉTARD
(NOT WITH A WHIMPER, BUT A BANG)



Histoire de Robert Hamner. Adaptation : Carey Wilber. Réalisation : Abner Biberman.

Des militants gauchistes veulent faire sauter un journal, mais dans un premier temps, se servent de bombes inoffensives, des farces. Un tueur va se servir de ces fausses alertes pour régler un vieux compte.

On regrette que ce soit avec un épisode très mineur que se termine la saison 2. On y retrouve Edward Asner qui revient après l’épisode 16 de la saison 1, « Sa dernière course ». Pour ses deux participations à la série, Asner, le héros de « Lou Grant », n’aura pas été gâté : deux navets.

On a du mal à adhérer à cet épisode, où des démineurs (dont l’officier Frank Simpson/Edward Asner) sont mis à contribution dans un journal, dans une université.

L’équipe de Dacier paraît quelque peu en retrait. L’intrigue est censée nous plonger dans un grand suspense qui traîne à arriver.

L’épisode change brusquement lorsqu’une fausse bombe en cache une vraie (une double amorce) qui blesse grièvement Simpson. Le téléspectateur l’avait deviné avant que cela ne se produise, gage en général de mauvais scripts. Tout comme la mort de Simpson un peu plus tard. On ne peut pas dire que les surprises soient l’atout de cet opus.

L’intrigue ressemble à une poupée russe, une énigme en cachant une autre. C’est à partir des messages de menaces, différents des premiers attentats au dernier, que l’homme de fer cherche le coupable et mène son enquête.

Dacier pense que le meurtrier de Simpson s’est servi des fausses alertes avec les bombes factices pour perpétrer le crime. Tout est téléphoné et rempli de clichés. Le spectateur devine avant Dacier le mobile et le coupable.

Heureusement, quelques bons épisodes nous attendent dans la saison 3, et un changement de taille y surviendra avec la destruction du vieux fourgon de Dacier et le remplacement par un modèle plus moderne.

  • Dans le rôle de Terry, Judith Brown revient après « Voyage au pays des hippies ».

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Images capturées par Patrick Sansano.