saison 1 saison 3

Daktari (1966-1969)

Saison 2


1. LE RETOUR DE CLARENCE
(THE RETURN OF CLARENCE)

daktari 2 1

Pour cette saison 2, deux modifications : si le générique filmé reste le même, c’est Shelly Manne qui est aux claviers, avec le fameux thème où l’on entend à la fois des animaux et une voix déclamant « Daktariiiiiiiiiiiiiiiiiiii ».

L’autre est moins notable : Tout le monde étant censé savoir que Clarence louche, les effets visuels il faut le dire assez pénibles pour le téléspectateur montrant un zoom sur les yeux du lion et nous montrant l’image en double sont plus rares, alors qu’ils étaient de tous les épisodes de la saison 1.

Mais la plus grande innovation, c’est un thème comique style « La Panthère rose », destiné à Judy, que l’on pourrait appeler « les facéties de Judy ». Ainsi, à chaque fois que le chimpanzé prépare un coup fumeux, nous entendrons ce thème sautillant et sifflotant, hélas pas repris sur le CD de la bande originale de la série, on se demande bien pourquoi.

Ce thème de Judy durera jusqu’à la fin de la série.

Pour le premier épisode de la saison 2, Clarence est renversé accidentellement par la Mercury que conduit Jack. Il a une commotion cérébrale.

Devenu fou furieux, Clarence doit être endormi par une fléchette que tire Marsh Tracy. Ce dernier est inquiet pour la santé du lion. Paula voulant le promener, il lui échappe et s’enfuit.

Paula prend une jeep et tente de le ramener. Luke porte les radios du crâne faites de Clarence : on y voit un caillot de sang près du lobe frontal. Marsh pense que l’animal souffre d’amnésie et peut être dangereux.

Pas de vedettes invitées dans cet épisode de rentrée. Paula poursuit Clarence armée d’un pistolet lance fléchette somnifère.

Dans le scénario, Marsh est en contact avec sa fille avec une radio. On s’explique mal pourquoi lui et ses collaborateurs attendent autant pour aller au secours de la jeune fille.

Le scénario est assez téléphoné : Paula tombe dans un fossé en reculant devant une attaque du lion. Fossé dans lequel est tombé un jeune léopard quelque temps auparavant.

Si le bébé léopard est plutôt sympathique, sa mère attaque Paula et saute dans le fossé chercher son petit, mais n’arrive pas à en sortir.

Dans le monde imaginaire de « Daktari », Paula réussit à venir à bout de la maman léopard avec une simple branche d’arbre et une fléchette somnifère. Mais l’effet ne dure que quarante minutes. Paula essaie de jeter le bébé hors du ravin, mais il est trop lourd. Son père par radio lui dit de ficeler les pattes de la mère avec des lianes.

Marsh, Luke et Judy trouvent Clarence et essaient de lui rafraichir la mémoire. Ils utilisent une bande magnétique où est enregistrée Camille, une lionne, une connaissance du vieux lion. Ils lui présentent des objets familiers. En lui montrant la veste de Paula, ils lui demandent de l’aider à sauver la jeune femme. Marsh parle au lion comme s’il parlait à un humain.

Clarence se met soudain à guider les membres de Waméru alors qu’il ne reste que cinq minutes avant le réveil de la mère léopard. Marsh saute dans le ravin et se bat corps à corps avec l’animal comme s’il s’agissait d’une bête sans danger. La séquence est assez peu crédible. Le docteur s’en sort sans une égratinure, après avoir, avec Jack, jeté un filet sur la maman léopard.

Un épisode assez moyen pour commencer la nouvelle saison. A noter l’absence d’Hedley, et que le thème comique de Judy n’a pas été joué.

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2. LE PIÈGE
(DEADLINE TO KILL)

Nicky Sebastian (Linden Chiles) revient en Afrique après avoir passé son temps sur la côte d’azur comme Don Juan et joueur de polo. Il décide de s’installer comme éleveur pour y remplacer son défunt père.
Sebastian demande à Marsh de lui restituer un morceau de terrain que ce dernier utilise pour séparer les animaux sauvages de ceux de Wameru. Le Daktari refuse.

Kessler (John Cliff), un éleveur de bovins, se fait complice de Nicky Sebastian pour préparer l’attaque d’un animal sauvage et tueur. But du fils à papa : éradiquer Wameru et créer un lieu pour des safaris.
Kessler et Sebastian se donnent des coups de poing mutuellement pour faire croire qu’ils ont été attaqués par un lion. Hedley se met curieusement du côté des éleveurs. Les deux larrons ont lâché dans la nature les vaches de Kessler, sachant que si un lion goûte la viande de vache, il attaquera et Wameru ne pourra plus coexister à côté des fermiers.

Jaloux de voir Paula amoureuse de Sebastian, Jack accuse le nouveau venu d’avoir monté l’affaire de toute pièce, alors que Marsh lui laisse le bénéfice du doute.

Marsh trouve un lion dans le couloir entre Wameru et les fermes. Il propose à Nicky de récupérer ses vaches en les rattrapant au lasso à cheval. Nicky Sebastian refuse et Marsh part à cheval à sa place. Grâce à Judy, il retrouve une vache.

Encore un épisode où l’existence même du centre animalier est remis en cause. Kessler et Sebastian jetent une vache dans un piège à éléphants. Ils veulent qu’elle serve de repas à un lion. Sebastian est un vrai malade : parce que le fermier fait une plaisanterie au sujet de l’attirance du play boy envers Paula, il manque l’étrangler.
Au fond, la morale de la série est que l’homme est le plus dangereux des animaux, même comparé aux léopards et aux lions.

Lorsqu’il s’agit de traire une vache ramenée à Wameru, ni Paula ni Jack ne savent comment s’y prendre. La tension retombe dans cette scène comique.

Avec obstination et l’aide de Luke et d’Hedley (qui change d’opinion au sujet de Sebastian), Marsh récupère sept vaches, la seule qui manque est celle qui a été jetée dans le piège.

Marsh et Luke découvrent les restes de la dernière vache dévorée par un lion. Luke vient juste de démontrer à son patron que l’accident de camion n’a pu se produire comme il l’a prétendu. Marsh, Hedley et Jack partent à la chasse au lion tueur. Notons que la vache dévorée n'est pas montrée (jeune public oblige) et qu'il est rare qu'il y ait des morts dans "Daktari" y compris dans le camp "animal".

La jalousie de Jack évoque l’idylle en filigrane avec Paula dans la saison 1 que les scénaristes vont complètement abandonner au fil de la saison 2. L’humour reste présent lorsque Marsh dit à Clarence (il lui parle comme à un humain) « Nous recherchons un lion comme toi », puis voyant le lion qui louche avachi (autant que le chien de Columbo) « Non pas tout à fait comme toi ».

Le lion tueur, malgré une flèche hypodermique qu’il a reçue, attaque Marsh qui sera blessé et ne devra la vie qu’à Clarence. Nous voyons Tracy saigner et être griffé. Le taux de violence maximum autorisé est atteint dans cet épisode.

Nicky Sebastian fait courir le bruit qu’un lion a tué une de ses vaches pour provoquer une révolte des éleveurs, qui se baladent tous avec des carabines chargées prêts à tirer sur tout ce qui bouge.

Pour obtenir des aveux de Nicky, Marsh lui tend un piège. Il vient le défier en l’accusant d’avoir tout manigancé et veut des aveux écrits. Clarence entre alors en scène et Nicky le prend pour le lion tueur, pensant que Clarence est dans la voiture de Paula (où se trouve en réalité le lion tueur endormi). Jack neutralise Kessler qui allait tuer Clarence. Nicky avoue tout. Il retourne sur sa côte d’azur.

Notons que les scénaristes imaginent ici que Clarence a une intelligence hautement développé puisqu'il joue un rôle, celui du lion tueur. Cela parce que Marsh Tracy le lui a demandé. La vraisemblance n'est pas le fort de "Daktari".

Cet épisode n'avait pas été retenu du temps de l'ORTF. On reconnait au titrage les épisodes doublés à la fin des années 60 et ceux que la cinq a montré. Dans les premiers, le titre n'apparaît pas tout de suite et il est incrusté sur la face de Clarence en plan fixe avec le nom du scénariste et du réalisateur. Les épisodes achetés par la Cinq ont eux un titre écrit dans un lettrage différent, en blanc et petit, apparaissant juste après le générique.

Né en 1933, Linden Chiles a tourné dans toutes les séries cultes des années 60-70 (« La quatrième dimension », « Des agents très spéciaux », « Au cœur du temps », « Les rues de San Francisco »). On l'a vu deux fois dans la série "Les Envahisseurs" (épisode "le mur de cristal" où il est le frère de David Vincent, et "Action de commando" où il tient le rôle du fils d'un magnat de la presse aux mains des aliens). Toujours actif, il vient de tourner dans le remake du « Docteur Mabuse » signé Ansel Faraj.

John Cliff (1918-2001) qui joue le rôle de Kessler (Foreman dans la VO !) est apparu dans « L’espion aux pattes de velours », mais s’est surtout consacré à la télévision (« Le Virginien », « Perry Mason »,« Les Incorruptibles », « Des agents très spéciaux », « Lassie »). Sa dernière apparition date de 1973 dans un épisode de « Kung Fu ». Il a également fait carrière sous le nom de Johnny Cliff ».

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3. LA DERNIERE CHASSE DU DAKTARI
(DAKTARI'S LAST HUNT)

A partir de cet épisode, Hedley Mattingly apparaît au générique de début avec les autres comédiens. Une façon pour la production de montrer l’importance du personnage d’Hedley dans la série.

Voilà un des épisodes les plus célèbres de la série. Il a été diffusé en France dès la deuxième livraison au printemps 1971 et de multiples fois rediffusé dans les années 70.

Garvin Drake, célèbre chasseur de grands fauves, en veut à Marsh car il a fait abolir la chasse dans de nombreuses régions d'Afrique. Il a donc lâché un tigre qu'il a "importé" (on ne trouve que des tigres qu’en Asie) et attire le docteur dans un piège. Il le menace et fait une chasse à l’homme. Il veut obliger Daktari à tuer. Dans son expérience cruelle, il va chasser l’homme et obliger Marsh à se défendre.

Ayant attiré Marsh à quatre jours de marche de Wameru, il lui laisse le choix. Soit il se livre à l’expérience, soit il tue Judy avec son arc. Commence alors un long périple pour notre héros (Ce script a été plus ou moins remanié dans un épisode de « Mannix » avec Anthony Zerbe).

Drake fait traverser un troupeau de gorilles à Marsh. Puis l’oblige à mettre sa vie en péril devant quatre rhinocéros. Le docteur réussit à chaque fois, en appliquant ses théories, à s’en sortir, ce qui rend fou de rage le chasseur.

Tracy prend la fuite devant ce fou dangereux. Désormais, c’est une bataille à mort entre les deux hommes, sachant que le but de Tracy est de respecter la vie, même celle de Drake.

Episode qui rappelle « Les chasses du Comte Zaroff » (The most dangerous game), nous découvrons un nouvel aspect de la série : le suspense. Pour s’en sortir, Marsh et Judy utilisent des trucs que n’auraient pas renié Barney de « Mission Impossible » ou Mc Gyver. Ainsi, Marsh tend un piège à Drake avec une liane. On oublie très vite le tigre pour frémir devant ce meurtrier qui a décidé de tuer froidement le héros.

Marsh montre à Garvin Drake qui l’a rattrapé qu’un léopard jadis blessé et soigné à Wameru n’attaque pas l’homme. L’épisode se joue essentiellement entre Jack Kelly et Marshall Thompson. Le reste de l’équipe n’est qu’entrevu.

Exaspéré de voir les théories de Daktari se montrer exactes, Garvin Drake laisse une heure d’avance à son prisonnier et lui propose une chasse à mort, il avoue lui-même que le plus féroce animal sur Terre est l’homme.
L’intensité dramatique grandit puisque cette fois, la vie de Tracy est en danger. Et Drake provoque la violence : Judy et Marsh vont tenter de le neutraliser voir pire avec un rocher et de grosses pierres.

Hélas, Drake parvient à réduire Marsh à sa merci et va le tuer froidement lorsque le tigre apparaît. Profitant d’un moment de distraction, Marsh désarme l’homme et après une rude bataille, durant laquelle le fou aura récupéré un couteau, le met enfin KO.

L’épisode anticipe « Gorilles dans la brume » et le destin de Lian Fossey assassinée en 1985 parce qu’elle protégeait les animaux.

La morale de l’épisode est qu’entre un chasseur et un tigre, le plus cynique, le plus dangereux, est le chasseur.
Au moment où Hedley lui passe les menottes, les deux hommes se font face . Drake est incrédule devant sa défaite. Parfaitement calme, serein et sûr de lui, Marsh lui explique qu’ils étaient deux contre un, Judy et Marsh contre lui. « Ce n’est qu’une guenon, ce n’est qu’un animal » marmonne le tueur. « C’est une amie » répond Daktari.

Il s’agit là d’un des meilleurs opus de la série, même si plusieurs assertions sont fausses. Par exemple, le sadisme du tigre (évoqué dans l’épisode des avengers « Le tigre caché ») est gommé ici où l’angélisme règne. Les animaux sont forcément tous gentils puisqu’en contact avec la nature, l’homme est le seul prédateur. Il n’y a jamais d’animaux « mauvais » dans la série. L’épisode est tellement réussi que l’on aurait aimé une « évasion » de Garvin Drake et un nouvel affrontement.

Jack Kelly (1927-1992) est connu pour ses nombreuses apparitions en « méchant » dans les séries des années 60-70 : « Hawaii Police d’état », « Super Jaimie », et fut Bart Maverick dans la série « Maverick ».

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4. JUDY EN PÉRIL
(JUDY'S HOUR OF PERIL)

Attention : ne pas confondre cet épisode avec “Compte à rebours pour Judy”, episode 55, saison 03-09, dans lequel Judy s’empoisonne et est sauvée dans les toutes dernières minutes de l’histoire, et qui est sans nul doute un des meilleurs épisodes de la série.

Il est vrai que quasiment tous les protagonistes, Paula, Clarence, auront leur épisode à suspense où leur vie ne tient qu'à un fil. On peut citer «La tarentule" dans lequel c’est Paula, malade, qui est aux portes de la mort.

Ici, Judy éternellement joueuse, a inversé deux flacons : celui d’un vaccin que Paula doit lui administrer, et le virus de la fièvre de la côte. Paula va beaucoup culpabiliser. Pourtant, c’est le chimpanzé qui a inversé les flacons, se mettant ainsi en danger de mort.

Paula effarée devant les flacons vite, se rend compte juste après la piqûre, qu’elle a empoisonné Judy. Mais Judy a disparu.

L’antidote, sous cutané, doit être administré douze heures, quatorze au plus tard, sinon c'est la mort assurée.
Hedley prête main forte à l’équipe de Wameru, chacun partant dans une direction différente avec un flacon d’antidote et une seringue.

On conserve quand même pour faire une trêve des moments d’humour. Clarence trouve …Toto au lieu de Judy. Lamentation de Jack : « Non seulement tu louches mais tu es myope ».

Judy a mal choisi son moment pour faire une fugue, mais sans cela, il n’y aurait pas d’épisode. Le téléspectateur sait que l’on va la retrouver au dernier moment (d’autant plus qu’en France, les épisodes sont diffusés dans le désordre). Et puis, si Judy meurt, il n’y a plus de série.

Tout le monde est mis à contribution : Hercule l’ours, Huggy l’éléphant, Prince le chien loup, Sarang le tigre.
Toutes les parties des alentours de Wameru sont couvertes par chacun des membres de la petite communauté. Mais Judy recherche le bébé léopard que l’on a vu dans le pré-générique.

Nous suivons le parcours de Judy en voix off par Marshall Thompson qui commente ses mésaventures : attaque d’un serpent, course effrénée au milieu d’éléphants, tandis que notre espiègle héroïne traîne en laisse un bébé lion. Six heures s’écoulent et le compte à rebours commence.

Moment surréaliste : Hedley traîne en laisse l’ours Hercule et tombe sur la colonie de guenons de l’épisode « Le petit chimpanzé » (01-08). « Daktari » tout en ayant des histoires indépendantes, reste une série/feuilleton dans lesquels des évènements passés sont évoqués.

Les animaux les plus dangereux (l’ours, le tigre) sont ici intégrés à une famille où tout le monde est inoffensif. Hedley parle le plus sérieusement du monde à la colonie de guenons comme à l’ours.

Tout le monde communique par radio pour retrouver la guenon-star en danger. Judy doit affronter une maman lionne très en colère et laisser son petit compagnon en laisse. Se retrouvant seule, elle a terriblement soif.
Le trajet de Judy passe par une tribu indigène. Ceux-ci sont toujours présentés de façon pacifique dans la série. Clarence, Judy et le Daktari sont connus de la brousse comme le loup blanc et bien reçus partout. Le doyen de la tribu se rend compte que Judy est malade.

Bien que tout soit tourné à Hollywood, les tribus indigènes sont plus vraies que nature. On ne se rend jamais compte que l’on n’est pas au Kenya, comme le scénario l’indique, mais dans un parc animalier.

Nous sommes maintenant à Judy moins une heure. Tout semble perdu. La série ne se révèle jamais ennuyeuse. Dans « Daktari », les animaux comprennent tout, les animaux sauvages sont gentils, les tribus ne sont jamais rebelles. On est dans le monde de l’enfance où rien de vraiment mauvais ne peut arriver. C’est une brousse de carte postale, mais qui correspond à l’attente du public.

Notons quand même quelques images surréalistes. Cheryl Miller/Paula trimballe un tigre et un chien loup comme s’il s’agissait d’un yorkshire et d'un chat !

Pourtant, si l’on remet « Daktari » dans son contexte, les années 60, la série est une réussite certaine. Autre temps, autre mœurs, mon petit fils de cinq ans regarde en 2012 sur la chaîne Gulli « Ma baby sitter est un vampire » (My baby sitter’s a vampire), série américano-canadienne en cours de production, conçue par Disney Channel avec de jolies bimbos infirmières qui s’intéressent de près aux poches de sang dans les hôpitaux et … au sexe. Ce décalage sociologique nous rappelle que ceux qui regardaient « Daktari » découvraient les vampires dans les derniers films de la Hammer (avec aussi de jolies créatures).
Une génération avant (1996), celle de ma fille, « Flipper le dauphin » a eu droit à son remake, série dans laquelle le dauphin ne faisait que des apparitions et où Jessica Alba était la vraie vedette.

Face à cela, nostalgie aidant, « Daktari » ramène les vraies saveurs de l’enfance. Même si la jungle est de pacotille, et les animaux sauvages montrés sous un prisme totalement déformé.

Notons quand même dans cet épisode quelques erreurs de continuité : Judy est censée tantôt avoir volé un lion, tantôt un léopard. Seul le téléspectateur attentif s’en rend compte. Le grand public s’en fiche. Ces méandres du scénario ne sont là que pour retarder le moment où Judy sera sauvée par l’antidote. Il ne pourrait en être autrement dans « Daktari ».

Cheryl Miller étant particulièrement belle, on regretta que sa garde robe se limite à un jean et à une chemise. Il fait chaud en Afrique, et jamais nous ne la verrons en short. Comme on voit Lynda Carter dans « Wonder Woman ». C’est d’autant plus dommage que Cheryl Miller n’a quasiment rien fait après la série.

Hedley, Paula, Marsh convergent vers le repaire du léopard. C’est là que Judy aura in extremis sa piqûre d’antidote. Malgré tout, « Compte à rebours pour Judy » dans la saison 3 saura nous prendre aux tripes là où cet épisode se contente de situations convenues.

Marsh Tracy sauve donc Judy comme s’il avait un chronomètre en main, au tout dernier moment, pareil à James Bond dans « Goldfinger » stoppant la bombe dans Fort Knox 007 minutes avant l’explosion.
Le téléspectateur est ravi, il a eu sa dose de frissons. Tout le monde pousse un soupir avant l’épilogue.

Dans la série, une fois le suspense tombé, nous avons droit à souffler avec un moment de plaisanterie. C’est le happy end de rigueur. Cela rappelle les scènes de délire terminant les saisons 5 et 6 de « Chapeau melon et bottes de cuir ». Ici Judy se fait gronder en échangeant à nouveau des récipients. La leçon ne lui a pas servi.

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5. L'EMIR ET LE GUEPARD
(CHEETAH AT LARGE)

 

Lors de certaines diffusions, cet épisode s’intitulait « L’Emir et le Cheetah.

Pendant la saison sèche, l’émir du petit pays imaginaire d’Asambana (On suppose que c’est une enclave au Kenya comme le Lesotho en Afrique du Sud) laisse les animaux de Wameru s’abreuver sur son territoire.

Il menace (grâce à ses relations avec le gouverneur de Nogoro) de remettre en cause cette autorisation si Marsh ne réussit pas à soigner son guépard, Kimbia, un « cheetah », dont il se sert pour des courses.

En fait, le cheetah est malade et mal en point, ce que ne tarde pas à constater le docteur et son équipe. L’émir estime que le daktari peut faire des miracles. Lorsque Marsh lui répond que la science a des limites, l’homme se montre menaçant. Il veut que son guépard participe à une course. Or, Marsh doit opérer l’animal. Il a un abcès.

L’épisode est d’emblée outrancier et peu crédible. Au fond, la présence de l’équipe américaine à Wameru et sans cesse menacée, ils sont tolérés.

Deux guerriers armés de lances pénètrent dans le centre animalier et tentent de voler le guépard, mais Judy fait appel à Clarence qui les met en fuite. Ce sont des Nobolo, qui servent l’ennemi politique de l’émir. Cette peuplade veut s’emparer du territoire d’Assambana.

Cheryl Miller/Paula reçoit une robe de Nogoro, et pour une fois, est plus féminine que d’habitude. Même si on est très loin d’une robe qui la mette en valeur.

Kimbia disparaît et comme par hasard c’est le moment où l’émir vient chercher son animal. Les scénaristes Malvin Wald et D.D. Oldland ne brillent pas par leur performance sur ce script bien compliqué.

En fait, nous apprenons que c’est Judy qui a caché Kimbia dans une carrière. Hedley capture les deux Nobolos, mais ils ne savent rien. Luke leur parle et ils admettent avoir tenté de voler le cheetah.

L’histoire traîne en longueur. Pour retrouver le guépard, on ne trouve pas mieux que de mettre un émetteur radio sur le collier de Clarence, qui permet de localiser l’animal. 

Sans explication, (ce que nous raconte dans l’épilogue Hedley) Kimbia a été suffisamment en forme après son opération pour gagner la course, et l’émir confirme la concession pour que les animaux de Wameru s’abreuvent dans son petit royaume... à perpétuité.

Un épisode d’une indigence rare, dans lequel on est censé rire à la fin lorsque Hedley couvre d’une casquette d’askari (ses lieutenants de la brousse) Judy pour services rendus !

Quant à Paula, elle n’aura pas usé sa robe, retrouvant vite ses chemises de brousse et son jean.

Raymond Saint Jacques (1930-1990) était James Baxter, le sénateur noir que les fans des « envahisseurs » n’ont pas oublié dans l’épisode « L’étau ».

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6. LA GRANDE ÉPREUVE
(THE TEST)

Luke se rend dans sa tribu d’origine. Il retrouve le chef Kukuia (Rupert Crosse). Il apprend que le fils de ce dernier, Ngaio (D’Urville Martin) est parti tuer un léopard pour prouver qu’il est un homme et être accepté comme successeur.

Kukuia reproche à Luke de trop imiter les américains et de se laisser influencer par eux et leur protection des animaux.

Blessé par le léopard, Ngaio est répudié par son père et chassé de la tribu.

Humilié, Ngaio repart à l’attaque. Pendant ce temps, Luke découvre que les tam-tams disent aux autres tribus que Ngaio est un lâche et qu’il ne faut pas l’aider.

Luke ramène Ngaio qu’il a retrouvé sans connaissance et blessé. L’équipe de Wameru l’accueille et le soigne.
Les indigènes dans la série sont toujours de « gentils » sauvages, reste à trouver un compromis entre le mode de vie américain des années 60 et les coutumes ancestrales des peuplades du Kenya.

Pour la première fois dans la série, nous voyons Paula, Jack et Luke se baigner dans un fleuve. Pour Paula, le maillot une pièce est de rigueur. Ils invitent Ngaio qui essaie de montrer qu’il est brave mais manque se noyer car il ne sait pas nager. Il s’enfuit. Luke le sauve d’un troupeau d’éléphants qui le charge.

Marsh pense que Ngaio a une peur pathologique des animaux. Pour le guérir, Luke lui fait approcher Clarence. Marsh n’est pas convaincu et a peur que plus tard, le jeune africain se fasse dévorer quand il aura affaire à quelqu’un d’autre que Clarence dont l’inertie n’est pas spécialement un grand signe de danger.

L’épisode est très bavard : Marsh tente de convaincre Kukuia mais ce sont deux mondes, deux cultures, qui s’affrontent et ont bien du mal à se comprendre. Le père ne veut rien savoir : pour lui, son fils est mort.

Pour que Ngaio revienne en grâce aux yeux de son père, une mise en scène est organisée avec Clarence dans le rôle de tueur : la ficelle est un peu grosse. Kukuai connait Luke mais ignore que Clarence est inoffensif !

Rupert Crosse (1927-1973) a joué dans « Pas de printemps pour Marnie » d’Hitchcock, mais aussi un rôle récurrent dans la série « Coup double » avec Don Adams. On l’a vu aussi dans « Des Agents très spéciaux », « Annie agent très spécial » et « Johnny Staccato » (la série avec John Cassavetes).

D’Urville Martin (1939-1984) qui vu son âge pouvait difficilement être le fils de Rupert Crosse ( !) débutait dans « Daktari ». On devait le revoir avec Raymond Saint-Jacques du précédent épisode dans « Les Envahisseurs : l’étau », au cinéma dans « Devine qui vient dîner ? » et « Rosemary’s baby », puis dans beaucoup de séries TV comme « Hec Ramsey », « Cimarron », « L’homme de fer ».

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7. JUDY ARTISTE PEINTRE
(BORN TO DIE)

Cheebah, panthère noire qui a passé sa vie dans un cirque, a dévoré ses petits et s’est jetée sur ses gardiens. Paula en a peur. Cheebah doit mettre bas et le daktari lui prépare un endroit approprié.

Pendant ce temps, Paula prépare un concours de peinture. Le titre français retient surtout l’anecdotique (Paula fait une toile que Judy va entièrement gribouiller) tandis que le titre original part de cette naissance d’un animal redevenu sauvage que Paula déteste : la panthère noire.

Judy n’en rate pas une en voulant « peindre Clarence » à même la peau. Puis alors qu’elle doit le laver, elle arrose Paula.

Marsh veut que les membres de Wameru approchent Cheebah pour qu’elle s’habitue à leur odeur. Avec lui, aucun animal n’est condamné. Pourtant, Judy manque mourir en s’aventurant dans la cage de cette panthère.

Dans cet épisode, nous avons affaire à un animal réellement dangereux, et Marsh frise l’inconscience. Paula, qui désapprouve l’attitude de son père pour la première fois, veut fuir et aller passer deux mois à Nogoro apprendre la peinture.

Il est inhabituel pour Paula de ne pas aimer un animal.

Un python pénètre dans l’enclos où vit Cheebah. Paula à son tour prend la défense de la panthère et réussit à l’approcher et à la calmer tandis que les autres enlèvent le python. Hedley emmène la toile de Paula pour le concours.

Judy commet la folie de libérer Cheebah. Puis le chimpanzé va mettre sa toile toute gribouillée dans la jeep d’Hedley.

Luke donne l’alerte, mais la panthère est loin. Elle manque se faire dévorer par un crocodile. Animal de cirque, elle a oublié ses instincts naturels.

C’est Paula qui retrouve la fugitive et envoie Clarence prévenir Wameru. On n’entre jamais dans cet épisode qui assez rapidement s’avère laborieux à suivre. Les situations sont convenues, le changement d’attitude de Paula mal construit et donc peu plausible, et l’alternance avec des scènes de comédie montrant Judy prenant la pose ou peindre n’est pas du meilleur effet.

Cette saison de "Daktari" est plus longue que la première, et forcément il y a des déchets. Cet épisode assez raté en est un exemple.

Aussi incroyable que cela soit, Clarence se fait comprendre du Daktari et ce dernier et ses collaborateurs viennent à la rescousse de Paula et de la panthère.
Le réalisateur nous propose un plan incroyable. Judy monte dans les arbres et un léopard veut la dévorer, alors qu’il a Paula et Cheebah à portée de main.
La naissance des bébés panthère ne nous est pas montrée. Paula renonce à partir pour deux mois à l’académie de peinture de Nogoro voulant s’occuper de Cheebah et de ses petits. Survient Hedley qui amène une toile « naïve » qui a gagné le concours. Ce n’est pas celle de Paula mais le gribouillis de Judy !
Un épisode vraiment poussif.

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8. LE JUGEMENT |
(THE TRIAL)

Cet épisode ressemble comme deux gouttes d’eau à un de la série « Tarzan » avec Ron Ely : « La défense de Tonto l’éléphant ».

Marsh Tracy va devoir défendre un éléphant condamné à mort pour avoir voulu tuer le chef de la tribu, Mako (Henri Brown), alors qu’il a été victime d’une tentative d’assassinant par son neveu, Selu (Robert Doqui), qui a a vécu en ville, connait la civilisation, et veut prendre le pouvoir.

Modok, l’éléphant est prêté par Daktari à Mako pour poser des palissades autour des enclos de vaches. Une fête est donnée à l’issue des travaux. C’est alors que Mako est retrouvé inconscient, grièvement blessé, après avoir été piétiné par l’éléphant.

Dans les tribus africaines, les animaux peuvent être jugés comme les hommes. Pour avoir voulu enfreindre cette loi, Marsh et sa fille sont fait prisonniers.

Cette-fois, les indigènes nous sont présentés comme un danger pour les blancs. Ironiquement, le mal vient de celui qui a connu la civilisation occidentale.

Lors du procès, Marsh devient avocat. Perry Mason au milieu de la jungle, face au procureur que campe Selu.
Pour la première fois, les « sauvages » menacent Wameru et l’existence même du centre. Mais en faisant une analyse de sang, Luke et Jack trouvent dans le sang de Modok les traces d’un hallucinogène.

Pour prouver à la peuplade indigène que Modok est innocent, Marsh se met sous les pattes de l’éléphant comme s’il faisait un numéro de cirque.

Episode dramatique, sans l’ombre d’un brin d’humour, « Le Procès » marque une orientation différente que la série aurait pu prendre. Mais pour le jeune public, il faut des histoires insouciantes et amusantes, avec les facéties de Clarence et Judy. Aussi, cela restera l’exception.

Devant la pression, Daktari feint d’exécuter l’éléphant avec une flèche anesthésiante. Selu le découvre et le dit à la tribu, la vie de Marsh et Paula étant cette-fois menacée.

Mais ce bon vieux Mako sort de son coma et révèle avoir vu son neveu amener l’éléphant au dessus de lui. Selu voulait faire expulser les habitants de Wameru ayant découvert que le sous sol contenait des minéraux précieux, et également prendre la place du chef pour devenir riche.

Selu a de la chance que Marsh conduise Selu à Hedley car c’est le lynchage ou la peine de mort qui l’attendait dans la tribu.

Henry Brown est apparu dans les séries « Viper » et surtout « The Sentinel » avec Richard Burgi.

Robert Doqui (1934-2008) a tourné près de 130 rôles. A la télévision, on l’a vu dans de nombreuses séries : « The Practice », « Au-delà du réel » (l’épisode terrifiant « l’invisible ennemi »), « Le Fugitif », « Max la menace », « L’homme de fer », « Happy days », deux fois dans « Les Rues de San Francisco », »Urgences », « Cagney et Lacey », « New York police blues » . Il jouait dans « Clarence le lion qui louchait » qui a inspiré la série. Au cinéma, on l’a vu entre autres dans « Robocop 2 » et « Les aventuriers de la quatrième dimension ».

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9. LA GRANDE SOIF
(DEATH IN THE AFRICAN SUN)

Un autre épisode dramatique destiné à montrer à nos chères petites têtes blondes les ravages de la sécheresse en Afrique.

Jack doit ramener une girafe, Ernest ( !) qui a été soignée à Wameru, auprès des siens, mais sa voiture tombe en panne et il se perd dans le désert. Marsh lui aussi est loin du centre et sa fille s’inquiète. Il faut tout rationner, même la limonade.

Si Marsh Tracy réussit à regagner Wameru, Jack Dane ne répond plus et se trouve en danger de mort sous un soleil de plomb avec Judy et Ernest.

Jack réussit à retrouver le troupeau de girafes et lâche Ernest, mais il n’est pas au bout de ses peines pour rentrer.

Régulièrement, l’un des protagonistes de la série se retrouve en danger de mort, Marsh dans « La dernière chasse du Daktari », Paula dans « La tarentule», Hedley dans « Du plomb pour Hedley », Judy dans « Compte à rebours pour Judy ». Cela fait partie du cahier des charges d’Ivan Tors. Au moins une fois par saison, ils vont tous être en péril. A chaque fois, bien entendu, nous aurons un happy end obligatoire.

Après avoir longuement déambulé dans le désert, Jack sera retrouvé mourant. Marsh et Luke partis à sa recherche le sauveront juste à temps. Marsh construit une tente en plein désert. Notre jeune premier réchappe donc de la sécheresse.

A vrai dire, il ne se passe pas grand-chose dans l’épisode. Aucune intrigue parallèle n’est élaborée et nous nous lassons assez vite du parcours de Jack à la recherche d’un oasis. Judy coiffée d’un chapeau est drôle cinq minutes, mais le téléspectateur se languit un peu devant son poste.

Le scénario linéaire de D.D. Oldland et la mise en scène paresseuse de Paul Landres font de cet épisode un opus mineur. On gardera quand même en mémoire quelques images de Yale Summers transpirant et haletant sous le feu du ciel. Cela n’est pas suffisant pour tenir cinquante minutes devant le petit écran.
Pas de présence d’Hedley ni de vedettes invitées…à part Ernest !

« Daktari » est une série tellement imaginaire (les animaux comprennent tout et ont une intelligence parfois supérieure aux humains) qu’elle s’accommode mal d’épisodes réalistes. Dès que l’on atteint certaines limites du sérieux, la mayonnaise ne prend plus. La création d’Ivan Tors est faite pour rester dans un second degré. Voilà typiquement l’épisode qui passe à côté du public, alors que Paula ou Judy sauvées in extrémis dans les dernières minutes de leurs épisodes respectifs ("La tarentule", "Compte à rebours pour Judy") nous passionnent bien davantage.

Un des moins bons opus de cette saison 2.

A noter que le regard vu sous le prisme de Clarence (double vue) est de retour dans cet épisode, sans le jingle musical qui l’accompagnait en saison 1.

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10. LE LÉOPARD FANTÔME
(REVENGE OF THE LEOPARD

Episode sans Paula qui doit passer des examens pour avoir une bourse lui permettant de continuer ses études à domicile. On la voit au début de l’épisode regretter de ne pouvoir continuer à soigner Arnold Kennedy, atteint de la malaria.

Kennedy organise des safaris, et doit recevoir une femme riche, Toni Stevenson, qui veut chasser un léopard appelé « le fantôme ».

On a sans doute repris l’actrice Doris Dowling pour son côté odieux et méprisant. Hedley accompagne la touriste à Wameru et lui rappelle qu’elle n’a pas le droit de chasser.

Cornelius Ballard, le scénariste, et John Florea, le réalisateur, nous offrent un épisode de facture conventionnelle.

Plusieurs chasseurs du monde ont voulu photographier « le fantôme », un léopard capable de déjouer toutes les ruses. Marsh aimerait bien l’avoir à Wameru pour l’étudier.

Pour une fois, Jack Dane ne s’est pas rasé, et il le regrette en voyant Toni. Celle-ci veut absolument trouver le fantôme. Toni chasse uniquement les animaux rares, et a apporté un fusil. Daktari lui rappelle ce qu’a dit Hedley.

Luke veut absolument faire manger des carottes à Clarence pour sa santé, lequel n’est pas d’accord. Les vitamines des carottes sont bonnes pour les yeux et pourraient diminuer son strabisme.

Toni apprend à Marsh que c’est son dernier safari, chose qu’elle a promise à son époux, un financier de Wall Street. 

Mais Toni est une menteuse. Elle tente de tuer le léopard, provoquant la colère de Marsh. Il confie à Jack que les animaux soit disant sous évolués le sont moins que certains humains.

Le personnage d’Arnold Kennedy est totalement inutile à l’intrigue, passant son temps en convalescence à Wameru.

Toni a un compte à régler avec le fantôme. Son père a chassé le fantôme avec Arnold Kennedy et le léopard l’a tué. Marsh avait deviné dès le début que la femme n’était pas franc du collier. Son intuition n’était donc pas fausse.

Peu après, elle vole une voiture et s’enfuit dans la brousse pour tuer le léopard. Marsh et Jack se lancent à sa poursuite.

Pour ses deux apparitions dans la série, l’actrice Doris Dowling aura vraiment joué les petites pestes. Cette-fois, Toni, son personnage, met en danger la vie de Marsh et Jack partis à son secours. Pour toute récompense, Toni tire sur Marsh et le blesse à la poitrine.

Un épisode de plus pour montrer que l’animal le plus dangereux sur Terre est l’homme.

Aucun humour dans l’épisode, dramatique d’un bout à l’autre, gâché un peu par l’actrice qui en fait des tonnes. Mais les vedettes invitées sont généralement des acteurs de série B, l’essentiel étant le dépaysement, la brousse et les animaux.

Daktari essaie de raisonner Toni. Elle ne chasse pas le bon fantôme selon lui, mais n’a pas fait le deuil de son père. A présent, le léopard attaque les humains, et c’est la première fois qu’un animal est montré comme irrécupérable. Mais Marsh constate que Toni, tenant le fantôme dans sa ligne de mire, tire en l’air. Pour la seconde fois, Doris Dowling joue la scène de la rédemption.

Guéri de sa malaria, Arnold sert juste à faire le conducteur pour raccompagner la chasseuse à l’aéroport.
L’expérience des carottes pour soigner le strabisme de Clarence se révèle un échec, que Luke met en parallèle avec le fait que Marsh n’ait pas capturé le fantôme.

Un épisode prévisible, bourré de clichés, et très oubliable. Quant à Cheryl Miller, que l’on ne revoit pas à la fin, elle a sans doute obtenu des congés comme Linda Thorson dans l’épisode des « Avengers » : « Meurtre au programme ».

L.E. Young qui joue le rôle d’Arnold Kennedy est un comédien dont on perd la trace en 1968 a tourné dans “Papa Schultz”, “Sur la piste du crime” et “Cher Oncle Bill ».

Doris Dowling était la reporter photographe téméraire de l’épisode « Reportage à Wameru » (01-12). Toutefois, elle campe ici un autre personnage, Toni Stevenson. 

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11. TIREZ À VUE
(SHOOT TO KILL)

Luke rencontre la belle Diana Cato (Joan Huttington) en difficulté. Son ours Bruno est malade. Luke diagnostique une salmonelose. Il propose de l’amener à Wameru. L’animal est contagieux. Luke doit aller chercher des animaux à Nogoro, et la jeune femme a un accident en route pour Wameru, voulant échapper à une girafe, et s’écrase contre un arbre. Bruno, appeuré, s’échappe. Diane est soignée à Wameru.
Il faut à la fois sauver l’ours mais désinfecter les points d’eau. Une épidémie mortelle risque en effet de se développer.

Hedley a des problèmes avec le colonel Brant (Trevor Bardette), à la tête de l’association des éleveurs, accompagné de deux amis, Alex Chapman (Gil Perkins) et Keith Randall (Troy Melton). Les trois éleveurs veulent tuer en tirant à vue sur Bruno.

Deux camps s’affrontent : le gouverneur a donné l’autorisation au colonel de tuer Bruno. Hedley se range dans le camp de Diana et de l’équipe de Wameru.

On devine que l’intrigue va être dense de rebondissements. Le script de Malvin Wald est bien construit et la mise en scène de Paul Landres énergique. L’épisode alterne des images de Bruno perdu dans la brousse et face aux différents dangers, et les deux camps en présence prêts à s’entretuer, enfin bien sûr celui du colonel Brant près à tuer tout ce qui se met en travers de sa route.
Rarement, les épisodes ont autant de guest stars (quatre), ce qui permet de développer une intrigue plus complexe.

L'ours fait peur à un rhinocéros qui s'enfuit dans la rivière et tombe dans de la vase. Daktari dirige devant les yeux de Diana éberluée les opérations de sauvetage avec l'aide d'indigènes.

Puis Bruno échappe à un crocodile, à une hyène et aux hommes du colonel Brant. La tension est extrême entre les éleveurs et ceux de Wameru. Diana se montre une équipière de valeur pour Marsh à la différence des nombreuses cruches touristes et chasseuses qui sont légion dans la série. Joan Huttington apporte tout son charme et sa beauté à l'épisode. On ne peut que regretter que cette comédienne ait arrêté de tourner à 41 ans.

Trevor Bardette ne démérite pas en vieux militaire en retraite obstiné et cruel, devenu éleveur et jaloux de ses prérogatives.

Bruno sème la panique dans un village d'indigène. Hedley avec ses askaris commence à faire désinfecter les points d'eau. Un hélicoptère surgit dans le ciel. C'est l'oeuvre du colonel qui met les moyens pour sauver ses bêtes.

Bruno malade, inerte, est retrouvé en même temps par Daktari et les éleveurs, prêts à tuer les hommes de Waméru. Il y a plus de haine chez eux que dans n'importe lequel des animaux. Judy sauve la mise à Bruno en se jetant sur le colonel et en détournant son tir. Marsh et Jack, avec leurs poings, s'occupent ensuite des éleveurs assoiffés de sang. C'est trés manichéein mais bien mis en scène.

Clarence et Jack finissent par mettre en déroute Brant et sa bande, mais on regrette bien qu'ils s'en tirent à si bon compte, et qu'Hedley ne les arrête pas.

Ramené à Wameru, Bruno est vacciné et sauvé, et Marsh propose à Diana de rester le temps qu'elle veut. Comme on aurait aimé qu'elle le fasse!

Quand on y met les moyens, les épisodes sont réussis, mais il était difficile dans une saison longue de réussir cela à chaque fois.

La jolie Joan Huttington, née en 1934, a arrêté sa carrière en 1975. C’est néanmoins quelqu’un dont on se souvient pour ses apparitions dans de nombreuses séries culte dont « Les Mystères de l’ouest », « Bonanza », « L’homme de fer », l’anthologie « Night Gallery », « Perry Mason », « Ma sorcière bien aimée », « Des agents très spéciaux ».

Trevor Bardette (1902-1977) a fait une longue carrière (235 rôles). Citons des apparitions dans rien moins que « Autant en emporte le vent », « La flèche brisée » et « Les raisins de la colère », d’après le roman de John Steinbeck. A la télévision, on l’a vu dans « Les Incorruptibles », « La Quatrième dimension », « Perry Mason », « Bonanza » et l’anthologie « The Ford Television theatre », une de ces collections d’histoires qui firent les beaux jours de la TV américaine et dont s’inspira « Alfred Hitchcock présente ».

Troy Melton (1921-1995) a joué dans « Shérif fais moi peur », « Dallas », « L’homme qui tombe à pic », « La petite maison dans la prairie », « Mannix », « Mission Impossible », « L’homme qui valait trois milliards », « Les mystères de l’ouest », « Au nom de la loi », « Perry Mason ». Il a été le partenaire de Roy Thinnes dans la série « The long hot summer » tirée du film « Un été long et chaud », série où Quinn Martin choisit Thinnes pour « Les envahisseurs », faisant mourir son personnage dans la série avec Melton.

Gil Perkins (1907-1999), qui fut d’abord cascadeur, a joué dans « King kong », « Le dernier train de Gun Hill », « Les révoltés du Bounty « (première version), puis s’est orienté vers la télévision : « Au nom de la loi », « Les incorruptibles », « Alfred Hitchcock présente », « Au cœur du temps », « Des agents très spéciaux », « Max la menace », « Star Trek », « Mission Impossible, « Mannix », et a terminé sa carrière dans « Sherlock Holmes à New York » avec Roger Moore et Patrick Macnee.

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12. LA TARENTULE
(CRY FOR HELP)

Dans cet épisode, Marsh Tracy est confronté à un charlatan, Monsieur Mills (Godfrey Cambridge). Infirmier pendant la guerre de Corée, il s’est autoproclamé guérisseur. Tandis que le chef d’une tribu Usabi fait un coma diabétique, il veut soigner l’homme mais s’en sent incapable. Un membre de la tribu vient chercher Daktari. Dans les tribus, les sorciers (ou médecins) ont une obligation de résultat. S’ils ne sauvent pas leur patient, ils sont mis à mort. La mission de Daktari va donc être de sauver le chef et de démasquer l’imposture de Mills.
Les indigènes d’Usabi ne veulent pas de présence étrangère à part Daktari. Clarence et Judy manifestent une hostilité évidente à Mills. Judy d’ailleurs s’est cachée dans la voiture de ce dernier, bien décidée à venir en aide à Marsh et à jouer un tour pendable au charlatan.

Cet épisode nous présente une Afrique de carte postale telle que l’imaginaient les américains en 1966.
Tandis que Marsh s’enfuit, sa fille et Clarence se lancent à son secours. Sa route croise celle de Judy que Mills a découverte dans sa Ford Mercury et chassée.

Mills ne veut pas perdre la face, mais Marsh estime que c’est son patient qu’il va perdre. Pendant ce temps, le fils du chef, Asai (Gene Boland) menace de mort Mills si son père meurt.

Paula et Marsh rejoignent le village. Mais tandis que Paula dort, elle est piquée par une tarentule.

Mutabi (Davis Roberts), qui veut prendre la succession de Mills, prévient Daktari. Jack par radio informe Marsh qu’il n’existe aucun remède contre la piqure de la tarentule et que Paula va mourir. Un sorcier aurait indiqué à Mills une poudre miracle qui sauve contre les piqûres de tarentules.

Comme nous sommes en mi-saison, personne ne pense sérieusement que le personnage de Paula va mourir. Le même épisode en fin de saison aurait eu un tout autre effet. Marsh a donc recours au charlatant pour sauver sa fille, tandis qu’avec la médecine « officielle », il sauve le chef.

Au point où en est Paula, la seule solution reste Mills. Curieux épisode qui réhabilite la « science » des sorciers africains lorsque la médecine est impuissante.

Godfrey Cambridge en vrai faux imposteur joue de façon admirable. Le reste de la distribution est égal à elle-même. Ce ne sera pas la dernière fois qu’un membre de l’équipe sera à deux doigts de la mort.

Miraculeusement, mais nous sommes à Hollywood, Paula est sauvée. Mills sauve sa peau. Mutubi va prendre la succession de Mills, qui donne la formule au Daktari. Asai demande à Mills de rester. Marsh lui propose de devenir docteur et de faire de vraies études de médecine.

Les ficelles sont un peu grosses mais la mayonnaise prend. Mills part pour l’université de médecine en avion.
Encore un épisode dramatique, ce que l’on peut regretter, car les épisodes second degré et comiques avec Judy et Clarence sont les meilleurs.

Godfrey Cambridge (1933-1976) qui incarne Mills, le guérisseur, a joué au cinéma dans « Attention au blob » (1972). On peut s'étonner qu'il n'ait pas fait carrière, car il joue ici de façon excellente.

Gene Boland (Asai) ne tourne plus depuis 1975. Peu de rôles intéressants (« Jeannie de mes rêves » avec Larry Hagman, et au cinéma « La mort en rêve » de Jack Lee Thompson.

Davis Roberts (1917-1993) qui incarne Mutabi, a fait une longue carrière (125 rôles). On citera « Le petit arpent du Bon Dieu » (1958), « A bout portant » (1964), « Mondwest » (1973) et une carrière de guest star à la télévision. Parmi ses participations, « Haute tension/The Kraft suspense theatre » », « Les Incorruptibles », « Le Fugitif », « Des agents très spéciaux », « Les mystères de l’ouest », « Star Trek », « Hawaii police d’état » (épisode « La preuve vivante »), « Opération vol » », « Mission Impossible », « Mannix », « Columbo », « Les rues de San Francisco », « L’homme de fer ».

Paul Winfield (1939-2004) est un habitué des séries télé. On note des participations dans « Perry Mason », « Des agents très spéciaux », « Mission Impossible », « Mannix », « Arabesque ». Au cinéma, on l’a vu dans « Terminator (1984) et "Mars Attacks (1997).

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13. CLARENCE LE TUEUR
(CLARENCE THE KILLER)

Cet épisode nous permet de retrouver Eric Lansing, l’homme qui s’est retrouvé sous les verrous dans « Reportage à Wameru » (Il y avait aidé une photographe à commettre moult méfaits).

Certains comédiens retrouvent les mêmes personnages quand ils font une autre apparition dans la série, et c’est le cas de Joe Higgins avec Eric Lansing. Il est fait allusion au fait qu’il devrait être en prison. Il a été relaxé pour « bonne conduite ». Pourtant, il n’y a que quelques épisodes qui nous séparent de « Reportage à Wameru ». La justice est bien laxiste au Kenya.

Lansing qui veut tuer Marsh peut être comparé à Drake, le chasseur de "La dernière chasse du Daktari" (02-03), toutefois il est lourdaud et n'en a pas la classe.

Le braconnier achète un vieux lion malade ressemblant à Clarence, et atteint de cataracte pour 20 dollars, ainsi qu’un fusil hypodermique. Il se rend pour cela dans une boutique animalière tenue par Dan Hogson (Ted Derby), son assistant Cruikshank (Paul Condylis) et Dina (Susan Claude).

Le projet de Lansing est de faire croire que Clarence est devenu un tueur et de provoquer la fin de la réserve de Wameru, en rétablissant le droit de chasse.

Le plan est un peu alambiqué, mais Lansing n’est pas malin. Il enlève donc le piquet de Clarence. Puis le faux Clarence est lâché dans un village d’indigènes pour y faire des ravages. Après, Lansing badigeonne de sang la crinière de Clarence.

Une jeune femme de la tribu alerte Hedley. Clarence est censé avoir tué une chèvre au village.
Hedley dit que Clarence devra être abattu. Le plan de Lansing ne vient que commencer. Prochaine étape : faire tuer avec le faux Clarence Daktari.

La nuit, Lansing et son complice Harry Penrose (William Stevens) veulent à nouveau libérer, cette-fois non plus d’un collier planté avec un pic mais d’une cage Clarence. Judy les attend avec une fourche et leur pique les fesses. Le chimpanzé s’enfuit avec le lion qui louche.

Hedley en trouvant la cage vide est furieux après les occupants de Wameru. Il leur promet de tuer Clarence sans sommation. Pour la première fois, on le voit vraiment se fâcher avec l’équipe de Wameru, qui ne lui en tiendra pas rigueur et lui sauvera la mise dans de futurs épisodes.

Lansing révèle avoir jadis travaillé pour Daktari et s’être fait renvoyé pour vol. Sa rancune ne date donc pas de l’épisode « Reportage à Wameru ».

Hedley va chercher du renfort pour tuer Clarence. Il s’adjoint un expert en la personne de … Harry Penrose, le complice de Lansing.

Cette-fois, Marsh voit le bout de la vérité : Penrose est un ami de Lansing dont la libération est connue. Penrose insiste pour que Marsh vienne avec Hedley et lui.

Dans la brousse, Lansing continue ses manigances. Il veut tuer Marsh qui s’avance vers une fosse. Survient Lansing un fusil à la main. Il jette Marsh dans la fosse.

Cet épisode fait davantage penser à un feuilleton policier qu’animalier.

Heureusement, il y a un témoin, Judy. Avec un camion benne, Lansing jette son lion dans la fosse. Judy vole des flèches hypodermiques à Lansing et les donne à son maître. Judy donne l’alerte avec un pistolet lance fusée ameutant tout le monde. 

Le chimpanzé vole les clefs du camion benne de Lansing. Bien sûr, tout cela est invraisemblable, mais quel bonheur de voir le singe faire échouer les plans du criminel.

Il jette les clefs au loin et pendant que Lansing les récupère donne des flèches hypodermiques à Daktari qui une fois le lion de Lansing dans la fosse se bat avec lui.

Après un corps à corps tout de même pas très crédible, Marsh endort le lion. Judy se bat avec Lansing, lui lance de la poussière dans les yeux, et s’avère être un adversaire redoutable pour le truand. Clarence se jette sur Lansing qui tombe dans la fosse où Marsh lui lance une flèche dans les fesses.

Marsh opère de la cataracte le lion de Lansing à Wameru rendant l’animal paisible. Hedley, après avoir appris à Marsh que Lansing et Penrose ont avoué et vont prendre une longue peine de prison, s’excuse d’avoir douté de son ami. Bon joueur, Marsh ne lui en tient pas rigueur.

C’est l’un des multiples épisodes où les humains de Wameru doivent la vie sauve à Clarence et Judy. Il ne faut pas chercher de réalisme là-dedans, d’ailleurs lorsque la série s’aventure dans le terrain du « naturel », elle perd beaucoup de son charme.


Dernière apparition de Joe Higgins (1925-1998) dans la série. On l’a vu dans « La Quatrième dimension », « Bonanza », « L’homme de fer » ou encore « L’homme qui tombe à pic ».

William Stevens, qui ne tourne plus depuis 1978, est un acteur de télévision vu dans « Bonanza », « Au-delà du réel », « Le Virginien », et « Switch » avec Robert Wagner et Eddie Albert.

Paul Condylis, que l’on voit au début, a joué avec Don Adams dans ses deux séries « Max la menace » et « Coup double », mais il s’est surtout illustré au cinéma : « La cible » (1968) et « On s’fait la valise doc » (1972), deux films de Peter Bogdanovich , et aussi « Fureur sur la plage » avec Jacqueline Bisset et Michael Sarrazin, film hélas bien oublié de la filmographie de l’actrice. (Une diffusion à la télé française dans les années 70)

Ted Derby est un dresseur d’animaux. Il s’est occupé du chien dans la série « Lassie ». "Daktari" est sa seule expérience de comédien.

Quant à Susan Claude, aucun renseignement n’est disponible sur elle en dehors de son rôle de Dina dans cet épisode.

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14. UN IMITATEUR DANGEREUX
(THE CHIMP WHO CRIED WOLF)

Voilà un épisode complètement idiot, sabordé par un cabotin rare, Morey Amsterdam, qui ne fait rire que lui-même.

Sammy Spotts (Morey Amsterdam) est une ancienne gloire d’Hollywood tombée en décrépitude. Il n’y a rien de pire, dit Daktari, qu’un comique qui ne fait plus rire et ne le sait pas.

Loin des studios, l’homme se retrouve au Kenya et va croire pouvoir se recycler en imitant des cris d’animaux. Pour cela, il se sert d’un micro et veut épater Judy. Il imite Hedley disant de se mettre à la recherche de Clarence devenu dangereux, ce que les askaris entendent dans leurs radios et prennent au premier degré. Ordre de tirer à vue, il a tué cinq personnes. Clarence manquera de peu y perdre la vie.

Le comique pas drôle met en danger la vie de tout le monde. Seule Paula lui trouve quelque intérêt, attendrie de l’avoir vu sur de vieux magazines de cinéma.

Non seulement, Sammy Spotts provoque catastrophes sur catastrophes, mais le comédien qui l’incarne, Morey Amsterdam, est horripilant.

A courir après l’humour, on attrape la niaiserie. Sammy enregistre les « voix » de divers animaux sur un magnétophone. La façon dont il va s’en servir va engendrer des dangers répétés. Paula, qui ignore tout du potentiel nocif de l’homme, l’aide à capter des cris d’oiseaux, de rhinocéros, d’hippopotames, d’éléphants, de lions et d’autres animaux sur ses bandes magnétiques.

Le réalisateur John Florea croit judicieux de mettre une musique trépidante. Elle rend l’épisode encore plus parodique.

En imitant le cri d’un ours, il fait fuir une panthère sur laquelle Jack faisait des tests. Il manque aussi réduire en miettes la jeep d’Hedley. Jack Dane est le plus ardent détracteur du comique. Dès le début, il a pris en grippe, et à juste titre, l’embarrassant invité de Wameru.

Paula raccompagne l’importun mais cette fois, ils sont attaqués par des lions et grâce à ses bandes sonores, Sammy les fait fuir avec des cris d’éléphants.

Tant l’acteur que le personnage qui se confondent de façon inquiétante sont insupportables, et l’épisode est gâché.

Un imitateur à zapper sans regrets. L'épisode fut programmé le 27 décembre 1966, donc pour Noël, et peut satisfaire des bambins peu exigeants, mais l'amateur de la série reste frustré.

Morey Amsterdam (1908-1996) a joué dans "La Croisière s'amuse", "Fame", "L'île fantastique" et même "Les feux de l'amour". Il était comique plus qu'acteur et a eu sa propre série, "The Morey Amsterdam show".

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15. JUDY ET LE GORILLE
(JUDY AND THE GORILLA)

Selon les guides des épisodes, « Judy et les gorilles » est classé 02-15 ou 02-16, et « Judy braconnière », l’épisode suivant, idem.

Deux chasseurs veulent ramener un gorille, qu’ils estiment à 6000 dollars. C’est un couple, Vera et Albie Porter (Virgina Mayo et Michael O’Shea). Or Hedley vient juste d’avertir l’équipe de Wameru qu’il mène une enquête sur les trafiquants de gorilles.

Le couple en a capturé un et mis en cage, mais des rhinocéros chargent la voiture et la cage tombe à l’eau. Le malheureux gorille se retrouve pris entre des crocodiles et le risque de se noyer.

Les Porter se rendent à Wameru et racontent qu’ils font partie d’une fondation scientifique. Seuls Paula et Jack sont présents, et ils se laissent abuser. Ils recherchent le gorille, en se mettant dans deux voitures, Vera et Jack, Paula et Albie.

Le scénario traîne en longueur. Visiblement, malgré deux vedettes invitées, c’est un épisode pour augmenter les opus de la saison 2. Par exemple, on perd du temps avec la tortue que Luke Makula a l’habitude de soigner, et qui se retrouve sur le dos ( !).

Le jardin de légumes est retrouvé saccagé. Notons qu’il est fait allusion à Modok, l’éléphant de l’épisode 8 de cette saison 2, « Le Jugement » 

Tandis qu’Hedley et Daktari trouvent les cadavres de deux gorilles, Paula et Jack recueillent le petit gorille et comprennent que les Porter ont volé l’animal. Judy l’avait trouvé et le cachait en lui donnant des pommes, puis le nourrissait avec les légumes du jardin. Luke, de retour, partage l’avis de Paula et Jack sur le vol.

Paula et Jack baptisent le gorille « Sam ».

Tandis que les Porter reviennent en douce pour voler « Sam », Hedley et Marsh devinent toute la vérité : des chasseurs ont été surpris par un couple de gorilles qu’ils ont tués, en volant leur petit. Les Porter décident de voler non seulement Sam, mais aussi Judy. Ils sont rejoints par Marsh et Hedley, mais le fusil d’Albie Porter les tient en respect. Judy saute sur Porter que Marsh met KO. Sam est alors récupéré par ses frères gorilles, qui ont le sens de la famille.

Notons que Daktari avertit Albie que Judy va l'aider (Judy rappelons le dans l'imaginaire de la série comprend tout!). Le voleur ne prend pas la menace au sérieux, et s'en mordra les doigts.

Un épisode vraiment très moyen. Néanmoins, dans sa seconde moitié, il s’améliore, ce qui lui permet d’éviter la note minimum.

Virginia Mayo (1920-2005) est une actrice de cinéma des années 40-50, deux décennies où elle a accumulé des rôles comme dans « La fille du désert » et « Richard cœur de lion ».

Michael O’Shea (1906-1973) est aussi un comédien de cinéma de la même époque que Virginia Mayo. Son rôle le plus célèbre est « Une femme qui s’affiche » de George Cukor en 1954 qui fut diffusé aux « Dossiers de l’écran » sur la presse. Il s’est retiré juste après le tournage de cet épisode de « Daktari ».

C'est Ivan Lee, gorille dressé, qui "incarne" Sam.

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16. JUDY BRACONNIÈRE
(UNDERCOVER JUDY)

Paula est absente de l’épisode.

Les Waboulas, une tribu nomade qui abandonne les anciens devenus un poids, des « inutiles », fait l’objet d’une attention particulière de Luke qui voudrait faire quelque chose.

Triple intrigue dans cet épisode avec le chimpanzé Toto, femelle de sept mois et appartenant à Paula, atteint d’un virus, qui perd ses globules rouges à vitesse grand V. Et l’apparition d’un braconnier invisible qui s’attaque aux travaux de Daktari.

Le scénario de Lawrence Louis Goldman aborde le problème des vieux laissés à leur sort pour mourir. Luke voudrait que Marsh s’en occupe, mais le Daktari objecte qu’il n’est ni gériatre, ni psychiatre. Judy essaie bien de faire rire les vieux waboulas en se déguisant. Natoma (Rex Ingram), le chef des anciens laissés pour compte, explique à Luke que les vieux acceptent leur sort avec résignation.

Evènement dans cet épisode, et qui durera jusqu’à la fin de la série, Sherry Manne nous présente son fameux thème genre « La Panthère rose » au sujet de Judy. Désormais, avec ce thème espiègle, sifflé, nous saurons à chaque fois que Judy prépare un de ses fameux « coups ». C’est à 9 minutes du début que le thème que pour plus de commodité nous appellerons « Les facéties de Judy » apparaît. Le chimpanzé vole au centre un bébé guépard. Par la suite, la production se servira du thème dans les situations les plus cocasses. Judy se déguisera un jour en askari et réussira à simuler une attaque de bandits pour sauver la face de Hedley accusé de négligence et menacé d’être renvoyé. En fait, avec cette musique, la production a décidé d’orienter, à mi saison 2, la série vers moins de sérieux et plus de comédie.

Les producteurs estiment que l’on a suffisamment montré l’Afrique, les animaux, et qu’il faut passer à autre chose que le dépaysement. Mais surtout, Judy accroit sa popularité au détriment du reste de la distribution.
Un orang-outang bébé disparaît. Le thème musical nous apprend que Judy est derrière ce vol. Mais à Wameru, Marsh dit à Luke qu’il lit trop de romans policiers, et que quelqu’un a laissé la cage ouverte. Judy va petit à petit (toujours sur fond musical de son thème « facéties ») dépeupler Wameru pour porter les animaux aux vieux waboulas qui s’ennuient et retrouvent en s’occupant des « présents » du chimpanzé une nouvelle raison de vivre.

Mais, à trop vouloir en faire, Judy se fait pincer. En effet, Marsh, Jack et Luke ont tendu un piège et mis en place un système pour pincer le braconnier. Ils préviennent Hedley. Judy en voulant dérober un bébé kangourou est découverte. Mais le chimpanzé espiègle va duper les humains en leur faisant croire ( !) qu’elle a sauvé du braconnier le kangourou.

On réquisitionne tout le bestiaire pour protéger Waméru : Marty l’éléphant, Prince le chien loup, Sarang le tigre, Clarence… Mais la principale mission de surveillance est confiée…à Judy ! Daktari a mis des cadenas à toutes les cages.

Judy dérobe un flacon de somnifère liquide et en met dans la pâtée de chacun des animaux. L’épisode use et abuse du nouveau thème musical pour que le téléspectateur comprenne bien qu’il va encore rire un bon coup.
Luke découvre Sarang et Prince endormis et averti Marsh. Judy a emporté le kangourou.

Désormais, le spectateur est amené à entrer de plein pied dans l’incroyable. Un chimpanzé qui parvient à duper la police et les médecins en leur faisant croire à la menace d’un dangereux braconnier.

Judy parvient même à prendre et remettre à sa place la clef des cadenas à l’insu de tous.

Hedley décide de prendre les empreintes de tout le monde, en commençant par Judy et les membres de l’équipe de Daktari, pour identifier celles du braconnier (qui aura forcément des empreintes différentes). Hedley décide de se servir du fichier des empreintes de voleurs de Nogoro pour identifier et arrêter le dangereux bandit.

Le sergent installe des appareils photos cachés, qui s’actionneront si le voleur touche un dispositif de fils qu’il a mis un peu partout dans la réserve. Il dit utiliser une méthode de Scotland Yard.

En volant Toto, Judy provoque le déclenchement de l’alarme. Pour se libérer des autres, Judy a libéré une autruche qui monopolise l’attention. Mais Lawrence Louis Goldman a voulu mettre une limite aux capacités de Judy.

Clarence mène alors l’équipe au camp des vieux waboulas. Il s’agit de sauver Toto qui ne peut rester sans soins. Mais en entrant de plein pied dans la comédie, le suspense n’agit plus comme avant. Comme la saison 3 de « Des agents très spéciaux », « Daktari » est passé du sérieux à la parodie. Toto, avec la tendresse des waboulas, guérit miraculeusement !

Daktari décide donc de confier les animaux malades aux Waboulas.

Avec cette nouvelle orientation, « Daktari » se démarque d’autres séries concurrentes comme « Flipper le Dauphin » et « Lassie », en jouant sur le registre comique à fond. 

Il est bien dommage que dans le 33 tours sorti en 1967, Sherry Manne n’ait pas inclus le thème « Les facéties de Judy » qui devient une marque de fabrique de la série, et à l’instar de Pink Panther de Henry Mancini, possède d’indéniables qualités musicales même hors contexte du film.

Rex Ingram (1895-1969), qui tournait dans « Daktari » ses derniers rôles (il reviendra en chef wakuba dans l’épisode 03.19) est devenu célèbre en 1940 avec le rôle de Djinn dans « Le voleur de Bagdad ».

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17. AU RENDEZ-VOUS DES LIONS
(HOUSE OF LIONS)

IMDB écrit que le 3 janvier 1967 fut diffusé un épisode intitulé « Little Miss Nightingale ». En réalité, tourné en 1967, cet épisode sera gardé et diffusé en saison 4 en sixième position (« Judy infirmière »). Voilà ce qui explique comment Yale Summers, qui quitte la série à la fin de la saison 3, sera « présent » dans la saison 4. IMDB compte deux fois l'épisode, puisqu'il figure en saison 2 à sa date de production et en saison 4 à sa date de diffusion, aboutissant à 90 opus alors que la série n'en compte que 89.

Paula et son père trouvent une lionne tueuse d’hommes, Nelly, qu’Hedley veut faire abattre. Clarence est laissé devant sa cage. Daktari espère que les autorités accepteront de laisser Nelly sous surveillance en captivité à Wameru.

Clarence est amoureux (pour le jeune public de « Daktari ») ou pour nous adultes tout simplement en rut. Quant à Judy, et là nous entrons dans l’imaginaire de plus en plus comique de la série, elle est jalouse de Nelly !
On peut donc s’attendre à tout. Judy libère Nelly (pas d’utilisation du thème musical « Facéties »). Marsh découvre immédiatement la coupable. Clarence parti avec Nelly est en danger car c’est un lion domestique qui n'est même plus capable de se nourrir tout seul.

Marsh découvre que Nelly et Clarence se rendent dans un groupe de lions en bande. Clarence a été blessé par un piège à lions dont il a pu s’échapper.

Judy continue à monopoliser la vedette et à accumuler les bêtises, accentuant l’aspect comédie de cette saison. Ainsi, alors que Paula prépare le déjeuner, l’espiègle chimpanzé vient voler et copieusement se restaurer

Il faut avouer que cette orientation comique désamorce les scènes de danger (ici Marsh allant au secours de Clarence pour le récupérer au milieu d’une bande de lions).

Les lions ne sont pas dans la brousse mais ont investi des baraques en béton désertées par les hommes. Clarence se trouve dans ce décor irréaliste, dans une des maisons vides. Les lions observent avec méfiance et scepticisme Marsh qui investit leur « territoire ».

Ces maisonnettes sont des bungalow qu’utilisent des chasseurs. Daktari anesthésie Clarence mais Nelly vient lui demander des comptes. Que des lions, qui habitent la brousse, habitent des bungalow de chasseurs, est un pas de plus vers l’imaginaire.

Marsh se retrouve cerné par les lions. Paula et Jack viennent en voiture à la rescousse du docteur. Les scènes sont tout bonnement hautement improbables. Marsh et Jack ramènent Clarence, dont la blessure causée par le piège a été soignée, en traversant une forêt de lions sauvages. Le téléspectateur se souviendra longtemps de ces murs blancs, de ces bungalows déserts, lien insolite que l’on ne s’attend pas à voir comme repaire de lions. Mais surtout, alors que n'importe quel être humain aurait été dévoré, nos héros s'en sortent sans une égratinure. A croire que les lions ont fait un tel festin avant qu'ils sont repus!

Une fois de plus, la comédie l’emporte sur le suspense, avec les pitreries de Judy qui joue de la clarinette !
On ne s’étonnera pas qu’avec la nouvelle orientation donnée par Ivan Tors, Judy devienne cosmonaute, agent secret, infirmière, askari (c'est à dire soldat de Hedley)… après avoir été artiste peintre et braconnière. Exit le réalisme de la saison 1. Plus c’est incroyable, plus le téléspectateur (jeune surtout) applaudit.

Les producteurs ont compris qu’il ne servait à rien de continuer à concurrencer les séries animalières quand on pouvait aller sur le terrain des séries comiques comme « Ma Sorcière bien aimée ». En ce sens, il ne faut plus chercher aucun réalisme dans « Daktari ». Judy et Clarence comprenaient déjà l’anglais, mais bientôt, ils vont (surtout Judy) échafauder des plans qui duperont les humains. Des épisodes comme « Judy et les deux truands » (03-17) vont nous montrer un chimpanzé plus rusé que les hommes. Nous rions, et c’est l’essentiel. La télévision a toujours été une fabrique de rêves. Mais "Daktari", de série écolo avant l'heure et animalière, est devenue un pur produit de science-fiction!

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18. TERREUR DANS LA BROUSSE
(TERROR IN THE BUSH)

Paula, son père et Judy sont victimes d’un accident de jeep dans la brousse. Daktari a la jambe cassée et sombre dans le coma.

Pendant ce temps, Luke, Jack et Toto, insouciants, déjeunent d’œufs d’autruche.

Marsh avait voulu tester les capacités de survie de sa fille en brousse, mais ne se doutait pas que l’exercice tournerait au drame. La nuit tombe, et Paula et Judy, qui ont trouvé de l’eau, doivent éloigner un guépard.
On assiste à deux histoires en parallèle : l’insouciance de ceux restés à Wameru, et le désespoir de Paula. Mais très vite, nous partageons exclusivement le sort de cette dernière.

On peut reprocher à l’épisode de ressembler trop à « La grande soif » (02-09) où Jack était en péril dans des conditions assez semblables. Cheryl Miller, insupportable dans la saison 1, a trouvé ses marques et joue avec sobriété la jeune fille qui lutte contre la panique et veut sauver son père. L’aspect comique de Judy est ici sacrifié au profit de son côté débrouillard. Et nous revenons à un réalisme pas indispensable, au contraire, puisque les capacités "surnaturelles" de Clarence et Judy ne sont pas mises à contribution.

Très franchement, on préfère les comédies dans la série que ces histoires déjà exploités en long et en large.
Alors, on regrette que l’orientation comique de « Daktari » fléchisse dans cet épisode. On a aussi un peu l’impression que l’équipe a pris des vacances, puisque Cheryl Miller et Marshall Thompson sont de tous les plans (Thompson allongé ne se fatigue pas beaucoup !). Yale Summers et Hari Rhodes ont peu de scènes et se reposent sur leurs lauriers.

Il faut s’y faire : ce n’est pas avec cet épisode que l’on va rire, néanmoins le suspense est bien agencé et Cheryl Miller a gagné ses galons de bonne actrice.

Toutefois, les épisodes dramatiques ne rivalisent pas avec les comiques. L’originalité de « Daktari » par rapport à des séries contemporaines mettant en scène l’Afrique comme le « Tarzan » avec Ron Ely est de jouer sur divers tableaux. Ne proposer que des épisodes comme celui-là qui sous estiment l’importance des animaux savants Clarence et Judy aurait conduit à une rapide annulation de la série.

D’autant plus que la situation s’étire en longueur. C’est presque à un huis clos si l’on peut dire que nous convie le réalisateur Paul Landres dans la jungle. Paula, son père inconscient, Judy et la nature hostile pour seul décor pendant cinquante minutes. Deux scénaristes se sont collés à la tâche, Maria Little et Jim Simmons, pour un résultat qui est tout juste à la hauteur. Nous sommes loin de l’épisode à venir, « Compte à rebours pour Judy » (03-09), le plus grand suspense de la série.

Le talent de Cheryl Miller n’a jamais été mis autant en valeur, crédible dans les scènes d’action, elle insuffle au personnage de Paula une maturité à laquelle nous étions peu habitués. C’est elle qui évite le ratage total de l’épisode.

On oublie que l’on se trouve dans un parc animalier et pas au Kenya, notamment lors de la traversée du fleuve. Pour une production télé hebdomadaire, le chef opérateur a fait du bon travail. Le réalisateur multiplie les plans lors de la traversée, valorisant les couleurs. Dommage que dans les années soixante, beaucoup aient vu cet épisode sur un récepteur noir et blanc.

On reprochera à cet épisode l’absence d’épilogue (une première dans la série), laissant le téléspectateur imaginer les retrouvailles entre les uns et les autres. En effet, le générique de fin empêche Paula de faire à Jack et Luke le récit de l’aventure. Tout au plus se retrouvent-ils dans un village où Paula a été chercher du secours.
Loin d'être verbeuses, les épilogues sont en général réussies, permettant de souffler après l'effort, de dédramatiser l'intrigue, de recentrer sur le relatif confort que représente le centre médical de Wameru au milieu de la jungle hostile, avec de bons mots des uns et des autres, et des grimaces des vedettes animales de la série.

Notons la scène habile où Judy et Paula, après avoir traversé la rivière, parviennent à faire charger un éléphant sur le guépard qui les menace depuis l’accident.

Aucun humour dans l’épisode, et on le regrette bien.

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19. COMPTE À REBOURS
(COUNTDOWN FOR PAULA)

Episode inédit en France. Il a pu être récupéré grâce à une diffusion allemande.

Jack Dane s’occupe d’un bébé babouin. Ces premières images assez traditionnelles sont loin de nous préparer à un épisode qui ne l’est pas du tout, et se démarque totalement de la série.

Un ingénieur, Thomas Butler (Gregory Morton), fait des travaux sur le fleuve. Il va dynamiter trop tôt (deux heures avant ) un barrage et mettre en péril la vie de Paula qui se trouve dans le lit du fleuve au moment de l’inondation. Tommy (Vince Howard), l’assistant de Butler, comprend Marsh et le prévient.

Daktari a bien tenté d’avertir l’ingénieur des dangers qu’il occasionnait en travaillant si près de la réserve.
Un orage éclate et fait augmenter le niveau de la rivière. A la recherche d’un petit écureuil blessé, Marsh se retrouve face à un léopard qu’il endort grâce à son fusil hypodermique, puis le ramène et le met en cage.

Paula a retrouvé l’écureuil et l’a pris au piège en semant des graines. Elle ignore qu’elle se trouve dans le lit de la rivière une fois que le barrage aura sauté. Elle ramène à son tour l’animal qui est mis dans une cage juste au-dessus du léopard.

Pendant ce temps, le niveau du fleuve monte toujours. Les travaux pour la construction d’un nouveau barrage ont commencé. A l’aide de plusieurs engins, le sable est déposé au fond de la rivière pour détourner le fleuve de son lit.

Tommy intervient auprès de Butler pour qu’il retarde les travaux, mais ce dernier raisonne en termes de coûts. Il ne peut se permettre un délai supplémentaire.

Marsh et sa fille découvrent qu’un autre léopard est en liberté dans l’endroit qui va être livré aux eaux du fleuve détourné. Avec leurs voitures, ils le localisent, tombé dans un piège, une fosse.

Paula cherche aussi un petit babouin perdu qui s’est enfui. Avec Judy, elle le récupère et l’emmène dans sa jeep. Le babouin qui a conscience que les eaux arrivent saute de la voiture en marche. Paula au lieu de penser à sa survie prend en chasse le babouin.

Les deux explosions permettent de détourner le fleuve et de le canaliser dans la zône inondable où se trouve Paula. Marsh la prévient par radio. Celle-ci aura finalement la vie sauve en suivant le babouin. Marsh l’ignore et veut se porter au secours de sa fille. Il se fait mettre KO par Tommy et Luke, car il s’agit d’un vrai suicide. Mais au moment où Marsh, effondré, pense que sa fille est morte, la radio répond enfin.

Quant à Thomas Butler, il est arrêté pour avoir mis en danger la vie d’autrui en précipitant ses travaux. Il s’excuse auprès de Paula.

Bon épisode, mais n’entrant absolument pas dans le cahier des charges d’une série pour enfants. Les vues sur le fleuve sont impressionnantes et évoquent plus une série à suspense.

Vince Howard est connu pour son interprétation dans le tout premier épisode de « Stark Trek » : « Ils étaient des millions » (The man trap). On l’a vu aussi dans « Max la menace », « Au cœur du temps », « Le fugitif », « Les envahisseurs » (épisode « Les spores »), « Ma sorcière bien aimée », « Les mystères de l’ouest », « Mission impossible », « L’homme de fer », « Sergent Anderson », « Dossiers brûlants », « Les rues de San Francisco », « Arabesque ». Au cinéma, il a joué dans « L’arme fatale 3 ».

Gregory Morton (1911-1986) a commencé sa carrière en 1949. Il a d’abord joué dans des dramatiques diffusées en direct : « Robert Montgomery presents » (1953), « Armstrong circle theatre » (1956), puis dans « Peyton Place » où il trouva un rôle récurrent. Sa carrière s’est poursuivie essentiellement à la TV avec « Max la menace », « Des agents très spéciaux », « Au cœur du temps », « Les mystères de l’ouest », « Mannix », et s’est retiré avec l’épisode « Double choc » de la série « Columbo ».

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20. JUDY ET LE BÉBÉ ÉLÉPHANT
(JUDY AND THE BABY ELEPHANT)

Taji, un éléphant des indes, survivrait-il en Afrique parmi les éléphants africains ? C’est le but de l’expérience que veut tenter le docteur Marsh Tracy.

Luke filme les retrouvailles du bébé éléphant avec ses congénères africains.

Mais l’animal a trop l’habitude des hommes et veut revenir vers eux. Lorsque Daktari veut le récupérer, ils se mettent en fureur et l’empêchent d’approcher. En fait, les éléphants ont « senti » avant l’homme un immense incendie de brousse.

Hedley demande à Marsh de cesser son expérience et de venir aider ses askaris à éteindre le feu. Pour cela, il faut abandonner Taji avec le troupeau d’éléphant. Judy est chargée de surveiller le bébé éléphant indien.

Nous nageons ensuite en plein science-fiction : Jack fait des tests avec Clarence avec des figures géométriques, afin de savoir s’il les reconnaît, ceci sous l’œil sceptique de Paula morte d’inquiétude pour Taji. Mais lorsque Jack demande à Clarence s’il est prêt, le lion répond par un rugissement voulant dire « oui » !
Il montre un cercle, un carré et un triangle à Clarence, le cercle lui ouvrant une mangeoire à pâtée. Très vite, Jack s’énerve devant le refus de l’animal de coopérer.

Un léopard attaque Taji qui est blessé. Judy est affolée.
Revenus après l’incendie de brousse éteint, Marsh et Luke « écoutent » le récit de Judy ( !) qui leur révèle par des mimiques et des gestes que le léopard a attaqué Taji, l’a blessé, et qu’une maman éléphant a emmené le bébé au fleuve pour laver ses blessures.

Taji saigne beaucoup, et il faut stopper l’hémorragie, mais le troupeau d’éléphants empêche Marsh et Luke d’approcher. Marsh fait appel à Hedley et lui demande douze askaris, mais le feu ayant repris, l’officier refuse.
Aussi, Daktari décide de…mettre le feu à des herbes sèches pour disperser les éléphants. Mais la tentative échoue.

Les éléphants comprennent que Taji va mourir, un mâle l’entraîne à l’écart pour le tuer afin que les rapaces ne le dévorent pas. Luke et Marsh vont pouvoir intervenir sur cet éléphant isolé en lui lançant une flèche hypodermique.

Lors de l’épilogue, on entend un grand fracas : Clarence a détruit l’installation de Jack et se moquant des figures géométriques mange sa viande.

Cet excellent épisode, qui nous attire parfois (avec Clarence) sur la pente de la comédie, est le constat que l’action des médecins de Wameru est limitée.

Marsh, qui a sauvé Taji, reconnaît pour la première fois devant sa fille avoir commis une erreur et joué les apprentis sorciers au détriment de la vie d’un petit éléphant. Pour Jack, c’est aussi un échec même s’il a des proportions moins désastreuses.

C’est un peu une revanche de la nature et du continent africain contre les hérésies scientifiques trop poussées des vétérinaires américains. Tout est ici raconté de façon bon enfant, et dans ses protestations, Cheryl Miller/Paula a abandonné ses cris de jeune fille insupportable pour protester contre son père.

Néanmoins, le propos de l’histoire est assez grave, et sans doute pour cela n’avons-nous pas eu droit au fameux thème « Les facéties de Judy ». Elle joue ici un rôle où elle met sa vie en danger face au troupeau d’éléphants et au léopard.

Une fois de plus, la série perd son côté « éducatif/écologique » pour s’aventurer dans les terres de la pure fantaisie. L’intelligence impossible de Clarence et Judy qui peuvent faire un récit aux humains (surtout Judy) ou protester et répondre (Clarence) relève de la fiction totale.

On notera aussi qu’il n’y a pas de guest star lorsque les animaux ont un rôle trop important.

Afin de ne pas trop effrayer le jeune téléspectateur devant les blessures du bébé éléphant, on a compensé par des numéros assez loufoques : Judy se promenant à dos d’éléphant, Jack ridicule avec ses cercles et ses triangles devant un lion affamé.

Cette expérience de Jack plaira au public et nous le reverrons aux prises avec Toto et Judy dans des circonstances similaires et évidemment à pouffer de rire. D'autant plus que le chimpanzé se révèlera plus malin que le somnolent Clarence et que l'homme.

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21. DU PLOMB POUR HEDLEY
(A BULLET FOR HEDLEY)

George Walter (Alan Caillou, scénariste de l’épisode), nouvel ami de Daktari, joue à distance avec lui aux échecs. Il est assommé par Jerrold Fest (Lionel Kranitz). Il se retrouve à l’hôpital. Fest lui dérobe des diamants, mais Ebner, un faucon appartenant à Walter, s’empare des pierres précieuses. Fest réussit à abattre l’oiseau en vol qui ne sera que légèrement blessé, et soigné par Paula. Sur place, c'est-à-dire dans la brousse, Fest ne retrouve pas son trésor.

Voici un épisode assez violent pour la série : Hedley  ayant entendu le coup de feu, alors qu’il est interdit de tirer sur la réserve de Wameru, veut arrêter l’homme. Il se prend une volée de plomb, la même qui a atteint le faucon.

Judy a trouvés les diamants et les cachés dans un tronc d’arbre. Puis dans un nid !

Quant à Fest, il garde Hedley en otage, menaçant de le tuer si on ne lui rend pas les diamants.

Cet épisode, qui se rapproche plus d’une série policière que de « Daktari », est inhabituel pour la série. Il est assez brutal pour le jeune public, par exemple, à la 36e minute, Jack Dane reçoit une balle dans la jambe. Fest a désormais trois otages : Paula, Jack et Hedley. Judy les libérera de leurs entraves.

Le titre de l’épisode est mal choisi, dans la mesure où Jack est davantage blessé que l’officier anglais.

Daktari n’a aucune idée de l’endroit où se trouvent les diamants et demande à Luke de lui donner de fausses pierres, du quartz, dont il espère qu’elles feront illusion devant Fest.

L’épisode se distingue par l’absence d’animaux sauvages. Nous vivons un suspense policier dans la brousse. C’est l’un des opus les plus ratés de cette saison 2. Toutes les scènes sont prévisibles, ainsi Daktari  jette du sable à Fest quand il regarde les morceaux de quartz et Clarence se lance sur le bandit. On a l’impression qu’ici, Marsh Tracy se prend pour Mannix ou Cannon, au lieu de jouer son personnage de vétérinaire protecteur de la faune. Le scénario, peu inspiré, est une montagne qui accouche d’une souris. Il se développe un peu dans tous les sens pour finalement nous proposer une aventure qui tourne court.

On ne voit Alan Caillou que dans la scène du début, où il joue aux échecs par radio, mais n’étant pas un véritable acteur, le réalisateur se passe de lui ensuite. Lionel Kranitz n’inspire pas la terreur véhiculée par Garvin Drake/Jack Kelly dans « La dernière chasse du Daktari » (02-03). Il est trop jeune et peu crédible en tueur. Hedley n’est jamais vraiment en danger. L’histoire est pauvre en rebondissements. On trouvera surtout que ce vol de diamants constitue une intrigue tirée par les cheveux.

Notons les invraisemblances flagrantes (comme le faucon que l’on pourrait croire tué et qui n’est que légèrement blessé, histoire de rassurer les bambins qui regardent).

A force d’hésiter entre plusieurs orientations, le réalisateur Paul Landres rate complètement l’épisode. Il montre deux scènes violentes (les tirs contre Hedley puis Jack) puis la caméra nous rassure sur leur sort, et les évasions de prisonniers, l’arrestation du méchant, sont téléphonées.

L’un des détails du script d’Alan Caillou, Judy voulant absolument que Jack, puis Paula et Hedley remarquent un bouquet de fleurs sauvages qu’il leur tend, ressemble à un indice. Mais il n’en sera rien, pourtant le chimpanzé renâcle à libérer les otages tant qu’ils n’ont pas senti les fleurs.

Au détour d’un thème, Shelly Manne alors que l’on voit Judy nous propose un court extrait des « facéties de Judy », pour vite l’abandonner. Il s’agit sans doute d’associer une fois de plus ce thème au jeune singe.

Souvent diffusé en France depuis l’époque ORTF, « Du plomb pour Hedley » est un épisode à oublier.

Lionel Kranitz (selon le générique) ou Kranita (selon IMDB)  n’est connu que pour ce seul et unique rôle.

Alan Caillou (1914-2006) était parfois acteur dans les séries qu’il écrivait, notamment « Mannix » et « Opération vol ».

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22. JUDY AGENT SECRET
(JUDY THE POACHER)

Hedley reçoit un militaire anglais Whitechurch (Alan Hewitt) et son prisonnier menotté, l’allemand Verdenstrasse (Frank Marth) , qui sont présentés à Daktari comme des minéralogistes. En réalité, les deux hommes sont recherchés pour meurtre. Devant Hedley, l’anglais prétend obliger le prisonnier allemand creuser près d’un point d’eau pour retrouver une boîte contenant un microfilm sur des secrets de l’Allemagne nazie que recherchent les services secrets de Sa Majesté.

C’est l’anniversaire de Paula, mais Hedley a pour consigne de ne pas lui laisser approcher le point d’eau où les « minéralogistes » travaillent, Verdenstrasse creusant le sol sous les ordres de Whitechurch. Paula pense que près du point d’eau se cache son cadeau d’anniversaire, aussi envoie-t-elle Judy avec un magnétophone près du point d’eau.

Le sergent Motabu reçoit un appel en l’absence d’Hedley, lui indiquant que les hommes sont des imposteurs.

Jack impose un test à Toto. Pour avoir une banane, il doit reconnaître les éléments d’un jeu de boîtes. On rejoint ici les tests de Jack avec Clarence dans « Judy et le bébé éléphant » (02-19).

Pendant ce temps, le thème musical « Les facéties de Judy » accompagne la démarche d’espionne de Judy, nommée par Paula agent 707 (En 1966, nous sommes en pleine Bondomania). Judy se cache dans la jeep bâchée d’Hedley qui en toute bonne foi accompagne les hommes.

En fait, les deux hommes sont des allemands en fuite. Le vrai Whitechurch a été tué. Hedley le comprend en voyant l’homme donner une arme à Verdenstrasse. Un million de dollars en diamants se trouve dans la boîte, au lieu d’un microfilm.

La jeep d’Hedley est tombée en panne, et Judy s’enfuit avec la boîte de diamants. La guenon sème les bandits, et rejoint Wameru. Avec Toto, il cache le butin sous un tas de feuilles. Toto déplace la boîte à l’insu de Judy, alors que toute l’équipe de Wameru est prise en otage par le faux Whitechurch et Verdentstrasse. Toto a mis les diamants dans le jeu de boîtes de Jack. En voulant les récupérer, Whitechurch reçoit toutes les bananes sur la tête, tandis que Judy jette du sable dans les yeux de Verdenstrasse, que Jack et Marsh désarment. Jack tient ensuite en joue Whitechurch.

Vorshtold est le vrai nom de Whitechurch. Pour rassurer le public familial, dans l’épilogue, Hedley nous apprend que Whitechurch est à l’hôpital grivèvement blessé et hors de danger (il n’y a jamais de morts dans « Daktari », cahier des charges oblige). Verdenstrasse est condamné à la prison à vie et Vorshtold à 20 ans. 

Verdenstrasse en prison depuis la fin de la seconde guerre mondiale a raconté cette histoire de microfilms pour s’échapper, et corrompu un gardien, le fameux Vorshtold.

Nous sommes ici dans un équilibre parfait entre suspense et comédie. Judy partage avec Toto l’honneur de faire arrêter les deux nazis sans qu’une goutte de sang ne soit versée. L’installation que Jack devait réparer pour continuer les tests n’avait pas fonctionné pendant tout l’épisode au désespoir de Toto, mais le monticule de bananes tombé sur le faux Whitechurch alias Vorshtold sera ensuite mangé par Judy et Toto.

Frank Marth est effrayant et crédible à souhait en nazi. Il constitue un excellent guest dans l’intrigue. L’utilisation constante du thème musical de Judy nous fait comprendre que toute l’histoire va traiter de la malice de Judy. Alan Hewitt est lui un truand plus conventionnel comme les fameux braconniers qui hantent souvent Wameru.

Il faut bien l’avouer, le scénariste est un peu cruel avec ce pauvre Hedley qui fait preuve ici d’une naïveté confondante. Même le plus jeune des téléspectateurs a compris que les deux hommes le dupent.

Judy et Toto sont bien sûrs doués de capacités qui n’existent que dans l’imagination du scénariste Leigh Chapman. Le réalisateur Dick Moder nous amuse franchement dans le prologue, lorsque Judy dérobe le gâteau d’anniversaire à la crème chantilly de Paula, et en jette sur Clarence. Notons toutefois que le scénariste a oublié en chemin le magnétophone de Paula dont Judy ne se sert pas, alors qu'au début de l'épisode, on pense que cet appareil va révéler la présence la vraie nature des espions.

Un opus désopilant sans être niais.

Frank Marth (1922) ne tourne plus depuis 1988. Il a marqué les esprits dans plusieurs épisodes de « Mannix » (dont « Médaille pour un héros »), Les Envahisseurs » (« L’innocent », « Action de commando »). Citons aussi le film « Police sur la ville » (1968) avec Richard Widmark. Il a été vedette invitée dans « Les Mystères de l’ouest », « Hawaii police d’état », « Mission Impossible », « Cannon », « Les Rues de San Francisco », « Starsky et Hutch ».
John Wesley a joué dans « Pendez-les haut et court » (1968) de Ted Post avec Clint Eastwood. Il est ici l’aide de camp d’Hedley, le sergent Motabu.

Alan Hewitt (1915-1986) a joué dans plusieurs épisodes de « Alfred Hitchcock présente ». En outre, on l’a vu dans « Ma sorcière bien aimée », « Perry Mason », « Les mystères de l’ouest » et « L’homme de fer ».

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23. AU REVOIR MIKE MAKULA
(GOODBYE MIKE MAKULA)

Un titre qui met en évidence que “Luke” n’est pas le nom du personnage récurrent de la série mais celui d’un assistant de Marsh au début de la saison 1 vite remplacé par Mike Makula, ce que les doubleurs français n’ont pas saisi. 

D’ailleurs, dans la VF de cet épisode, Paula présente d’abord Luke comme « Mike Makula », mais à la 26e minute, Marsh appelle à nouveau son adjoint « Luke » ! Tout comme le fait Paula plus tard dans l’épisode.

Notons que la voix française de Marsh Tracy ici a changé ! Il s’agit d’un épisode acheté par la France dans les années 80.

Cette histoire de Malvin Wald et S S Schweitzer, mise en images par Marshall Thompson lui-même, raconte l’arrivée de Mlle Lee Baker (Janet Maclachalan) d’une fondation culturelle qui tente d’attirer en Amérique Luke et le pousse à quitter Marsh et le centre de Wameru en lui promettant de faire ses études de médecine et de faire de lui un docteur.

Il s’agit en fait d’une mauvaise plaisanterie, qu’elle a monté en lien avec son petit ami et sa patronne, Mrs Cameron.

Elle obtient son accord. Etant en presque fin de saison, le départ du comédien pouvait être plausible. Yale Summers (Jack) lui nous faussera compagnie pour de bon en fin de saison 3, précipitant l’annulation de la série car le comédien ne fut pas remplacé de façon satisfaisante.

Paula , puis Jack plus tard dans la trame de l’histoire, découvrent le subterfuge en raison d’une lettre que Lee a laissé traîner. Lee travaille pour Mrs Cameron qui veut faire un village africain à New York (un parc de loisirs) et donc il n’a jamais été question que Luke devienne médecin. Il fera l’africain de service. Rude surprise en effet sera celle de l'assistant du Daktari une fois arrivé aux Etats-Unis.

Paula se confie à son père, mais Marsh rabroue sa fille en lui disant que ce sont les affaires de Luke et qu’elle n’a pas à s’en mêler.

La scène des adieux commence avec les cadeaux offerts par Paula, Jack et Marsh. On trouve dans l’épisode une gravité de ton inhabituelle. Luke hérite d’un fusil hypodermique de Jack, de la trousse de vétérinaire de Marsh et de Paula un objet africain du décor de la véranda (Hedley n’arrive que dans l’épilogue une fois Lee Baker partie).

D’un regard, Luke balaie le centre et mentalement dit au revoir à chacun des animaux.

Luke se fait des idées sur Lee Baker, étant déjà amoureux d'elle et aveuglé.

Sur le chemin du départ, Luke aperçoit une lionne prise dans le collet de braconnier et s’en occupe, retardant le trajet. Toutefois, l’animal libéré du piège veut rejoindre ses rejetons et devient menaçante. Luke tombe à la renverse et sa tête heurte une pierre. Se croyant menacée alors que Jack arrive à la rescousse après avoir découvert la lettre de la jeune femme, elle tire au hasard avec le fusil hypodermique de Luke et endort Jack Dane ! Pour comble de malchance, Judy se prend à son tour au piège du braconnier, le fameux collet dont on a libéré la lionne.

Lee est donc seule face à la lionne. La jeune noire américaine prend une crise d’hystérie et affirme détester l’Afrique, ce qui fait réagir Luke. Entre temps, Lee est tombée amoureuse de Luke. Elle rassure Jack, et ne va pas abuser la confiance de l’homme dont elle n’a plus envie de se moquer.

Mais si Luke a pu se laisser tenter par l’aventure américaine, ses racines africaines sont les plus fortes. Le téléspectateur français est désarçonné : Lee dit à Judy « Je te confie Mike ». Puis elle murmure en regardant l’assistant de « Daktari » : « Au revoir Luke Makuka » !

Le doublage français de cette série est à refaire de toute urgence !

Un épisode "sentimental" tout à fait inhabituel pour la série animalière.

Janet MacLachlan (1933-2010) jouait l’épouse du sénateur noir dans l’épisode des « Envahisseurs » : « L’étau ». On l’a vue aussi dans « Star Trek », « Les Rues de San Francisco », « Wonder Woman », « Clair de lune », jusqu’à un dernier rôle en 2002 dans « Alias ».

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24. PRINTEMPS À WAMERU
(OPERATION SPRINGTIME)

Il s’agit d’un épisode assez délirant, qu’il faut prendre au second degré. Mêlant comique absurde et protection de la nature, « Printemps à Wameru » va voir l’équipe du Daktari « couver » des œufs d’Autruche tandis qu’Hedley, resté seul au centre animalier, devra s’occuper des animaux les plus dangereux, dont chacun a un prénom des plus saugrenus.

Trois scénaristes sont au générique : J E Selby, Stanley H Silverman, et Robert Lees, Paul Landres assurant la mise en scène.

Jack et Luke se rendent compte que les autruches apeurées se sont enfuies, et que cette couvée va être perdue s’ils ne font pas quelque chose.

L’épisode contient des scènes surréalistes comme Paula promenant en laisse le tigre Sarang comme s’il s’agissait d’un chien.

Marsh observe des rhinocéros et les filme. Mais le pneu avant de sa voiture est crevée, aussi demande-t-il par radio de filmer des sangliers qu’il a aperçu.

Judy et Clarence sont sollicités pour couver les œufs, tandis que Jack et Luke cherchent une autruche pour prendre le relais.

Au-delà de la situation absurde, c’est la protection de la nature qui est au centre du scénario.

Hedley doit au début s’occuper d’animaux assez conventionnels, mais plus l’épisode avance, plus la liste que lui a demandé Marsh devient ardue à respecter. Notamment avec « Doris », une araignée venimeuse (ce qu’il ignore) et un boa « étouffant ».

Marsh et Paula, chacun de leur côté, tout comme Jack et Luke, passent la nuit à la belle étoile.

Luke et Jack auscultent les œufs et se rendent compte que certains sont perdus.  Si le jeune téléspectateur pour sourire de la situation, notre œil écologiste  est sensible à la démarche de préservation de la faune. Les deux hommes trouvent une autruche, qui s’enfuit et se retrouve cernée par des guépards. Elle sera sauvée pour permettre un happy end.

L’épisode abuse de stock shot, notamment lors de l’épilogue où Jack et Luke montrent le film avec les bébés autruche sauvés. Si lors des premières diffusions, le public s’y laissait prendre, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Et si l’on compte de nombre de scènes d’animaux déjà filmées avant que Paul Landres ne tourne, on peut considérer que « Printemps à Waùeru » n’a pas trop sollicité les comédiens.

Reste que le scénario au départ assez délirant trouve une crédibilité satisfaisante à l’arrivée.

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25. CLARENCE ROI
(KING CLARENCE)

Hedley conduit un nouveau visiteur à Wameru, le général Ahmed. On l’a vu, les visiteurs, surtout les officiels africains et arabes, sont souvent source d’ennuis pour nos amis. Soit ils s’entichent de Clarence ou Judy et veulent les emporter, soit ils cherchent des prétextes pour faire expulser l’équipe américaine du centre animalier.

Faro XXIII, lion royal, doit être soigné par le Daktari. C’est un animal de sang sacré nécessaire au couronnement de l’émir du pays inconnu qui une fois de plus menace la sécurité et la quiétude de Marsh. S’il ne parvient pas à guérir le lion royal, il peut s’attendre à de terribles représailles.

Marsh détecte une tumeur à l’abdomen. Il faut envisager une opération délicate. Le général commence les menaces. Il n’est pas le premier, il ne sera pas le dernier (Voir « L’émir et le guépard » 02-05, « Le Diplomate apprivoisé » 01-13).

Les scénaristes Alf Harris et Jack Jacobs, sous la direction de Paul Landres, reprennent donc le canevas du diplomate pénible, venu d’un pays arabe très puissant (un émirat) et qui met une obligation de résultat au vétérinaire, alors que l’animal (de sang royal ou pas) est très malade.

Paul Landres gagne un peu de temps lors de la visite du centre par le général avec Paula comme guide. Judy continue ses pitreries et ses farces envers le pauvre Clarence.

Le premier quart d’heure est ainsi perdu sans que rien de palpitant ne se produise. Le fait que Clarence se couche sur le tapis royal provoque un incident diplomatique.

Clarence possède le même sang que Faro. 90% des lions sont du groupe A, et Faro et Clarence du B.
Judy entend raisonner dans sa tête des paroles du général, prend peur, et cache Clarence. Avec l’aide de l’éléphant du centre, Judy met Clarence dans une cage ascenseur qu’elle hisse jusqu’à un repaire de chasseur.
Judy prend la nourriture de Faro, et punie, se retrouve en cage. Bien évidemment, c’est la panique, on ne trouve nulle trace de Clarence.

Faro va mourir sans transfusion. Marsh comprend que Judy a volé la viande pour Clarence.
Nous assistons à un moment hautement comique : le général Ahmed est obligé de présenter ses excuses à Judy pour qu’elle daigne dire où elle a caché Clarence. On n’a trouvé aucun autre lion possédant du sang de groupe B dans la réserve, et le temps compte. Il faut vite faire une transfusion à Faro.

Judy les mène à l’ascenseur. Scènes surréalistes : Paula crie « Clarence, c’est toi qui est là haut ? » et le lion rugit. Le général n’en revient pas. Judy et Clarence comprennent tout ! Mieux même : ils répondent aux questions qu'on leur pose!

Notons que malgré le contexte comique, Shelly Manne n’utilise pas le thème « Les facéties de Judy ».
Cet épisode est franchement drôle, et diminue le suspense et la pression causés par l’opération de Faro, et les menaces du général.

Daktari sauve Faro. Le général s’excuse pour ses emportements. Mais aussi on le voit s’agenouiller devant Clarence à qui il a donné la couverture royale de Faro… et remercier Judy comme s’il parlait à un être humain. Tout cela sans jamais tomber dans le ridicule.

Un excellent épisode, qui rate de peu les quatre melons, en raison de quelques scènes inutiles visant à atteindre les cinquante minutes syndicales.


Peter Mamakos (1916-2008), qui joue le général Ahmed, est surtout connu pour son rôle dans « Les dix commandements » (1956) de Cecil B DeMille. Après une carrière de second rôle au cinéma, il s’est reconverti dans la télévision : « Les Incorruptibles », « Le fugitif », « Annie, agent très spécial », « Cannon », « Les Rues de San Francisco », « Kojak », « Mannix », « Mission Impossible », « Max la menace ». Il a pris sa retraite au début des années 80.

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26. LA CHASSE AU TIGRE
(THE LONG HUNT)

Rumar, (Krishna en VF !!!) prince hindou, est victime d’une névrose depuis qu’il a été attaqué par un tigre. Il a décidé de prendre sa revanche. Pour plus de simplicité, gardons le nom original du prince, Rumar, dans la VO.

Encore un nouvel invité à problèmes pour le centre de Wameru.

Il faut avouer que Harvey Jason n’est pas un très bon choix en prince hindou. Son physique est par trop américain pur jus.

Rumar a peur, et pour vaincre cette peur, il veut se prouver qu’il peut se venger d’un tigre qui a manqué le tuer. Dans un programme familial, souvent porté sur l'humour, cet épisode "réaliste" laisse une impression de malaise, il s'intégre mal avec le reste de la série.

L’oncle de Rumar a confié la tigresse Zenobi (celle qui a failli tuer le prince) pour qu’il la dresse. Rumar ne croit guère aux théories du Daktari, et il va s’ingénier à multiplier les incidents pour faire croire que Zenobi, malgré un an de "thérapie" à Wameru, est restée dangereuse et irrécupérable.

Rumar s’est bien caché de raconter son accident avec la tigresse. Il veut simuler une attaque où il pourra se venger et la tuer.

Il s’agit d’un épisode plein de suspense, sans aucun humour. Le seul témoin des agissements de Rumar est Judy.

Rumar ignore l’intelligence hors de l’ordinaire du chimpanzé. Il ne sait pas que Judy peut tout « raconter » aux résidents de Wameru. Qui à sa place pourrait le savoir ?

Cet épisode confronte le monde angélique de la série et la dangerosité des tigres. Peu à peu, alertés par Judy, les membres de l’équipe de Wameru vont avoir des soupçons.

Cette fois, le pays n’est pas anonyme, c’est l’Inde. L’oncle de Rumar veut bien que ce dernier accède à un poste de responsabilité s’il fait preuve de courage lors d’une chasse au tigre… à mort.

Rumar profite que Daktari et son équipe sont en brousse pour prendre une dose mortelle de produit hypodermique et tenter de tuer Zenobi. Jusqu’à ce que la fourberie du prince soit éventée, nous assistons à un perpétuel jeu du chat et de la souris entre lui et Datkari. Zenobi ayant été conditionnée pour devenir, depuis un an, un animal raisonnable, son comportement est jugé incompréhensible.

A force d’être persécutée par Rumar, Zenobi serait-elle redevenue sauvage ? Tout laisse à penser qu'elle a blessé grièvement un indigène (acteur non crédité au générique). Rassurez vous, elle est non coupable : une panthère (bien méchante elle) passait par là.

Marsh soigne l’homme au dispensaire, tandis que Rumar est parti à la chasse au tigre, accusant Judy de l’avoir libéré. Judy elle seule peut s’interposer. Elle a tout vu, et sait à quoi s’en tenir sur le comportement du jeune prince hindou.

Le scénario de William Clark et la mise en scène de Dick Moder frôlent parfois les limites du cahier des charges de la série. Ainsi, lorsque le prince exhibe à l’insu de tous son torse atrocement griffé et mutilé, ce ne sont pas des images pour les bambins. Idem pour l’attaque de l’indigène blessé.

Dans la mesure où la série nous entraîne dans un monde imaginaire où tous les animaux sont gentils, « La Chasse au tigre » s’intègre mal au canevas.

Jusqu’au moment où la fameuse panthère attaque le prince et Judy, et où Zénobi les défend. Cette bien improbable séquence suffit à convertir Rumar en adepte des principes pacifiques des résidents de Wameru, et surtout, à engager une conversation avec Judy.

Il est pénible dans la VF d’entendre sans arrêt Rumar être appelé Krishna par Marsh ! Rumar passe aux aveux à la 47e minute, et il faut reconnaître que Marsh et les siens ont fait preuve d’une crédulité et d’une confiance bien aveugle durant tout l’épisode. Ils ont toujours les yeux tournés au mauvais endroit.

Cet épisode manque vraiment de cohérence. On lui accordera deux melons pour quelques séquences impressionnantes, mais tout en n'étant pas convaincus par la morale pacifiste du docteur Tracy. Reste à « Krishna » enfin Rumar de convaincre son oncle du bien fondé des théories occidentales et pacifistes du Daktari. Le happy end laisse un point d'interrogation, mais la partie est loin d'être gagnée.

Autre lacune du scénariste William Clark : ne pas nous donner de nouvelles du sort de l’indigène dont on espère que les soins de Marsh et les attentions de Paula l’auront sauvé des morsures et griffures de la panthère.

Harvey Jason né en 1940 faisait ses débuts dans « Daktari ». Il tourna ensuite dans « Annie, agent très spécial », « L’homme de fer », « Les rues de San Francisco », « Sergent Anderson », « Hawaii police d’état », « Cannon », « Drôles de dames », « Wonder woman », « Star Trek la nouvelle génération », « Dynastie ». Il a arrêté de tourner en 1997 après avoir joué au grand écran « Le Monde perdu » de Steven Spielberg.

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27. JUDY ET LE VAUTOUR
(JUDY AND THE VULTURE)

Ecrit par Worley Thorne, cette histoire, réalisée par l’habituel Paul Landres, raconte l’histoire du vautour Virgile que possède un certain Smythe. Le vautour est porteur d’un germe qui va manquer tuer notre lion qui louche.
Dès l’arrivée de Smythe, le vautour met mal à l’aise Hedley. Pour lui, c’est un animal porteur de mort. Toutefois, l’oiseau se lie d’amitié avec Clarence et Judy, ce qui décrispe l’officier anglais.

Clarence se sent mal, et on lui fait une analyse de sang. Luke et Jack ne trouvent rien d’anormal, mais dans les bacilles du sang, Marsh découvre quelque chose d’insolite. La fièvre augmente.

Daktari reçoit la visite de Smythe. Il comprend alors que Virgile a transporté le germe. Or, le virus en question peut exterminer tous les animaux du secteur. C'est la panique dans un premier temps, mais l'action se centrant sur le sort de Clarence, le héros avec Judy de la série, il ne sera plus question de cette pandémie annoncée. La production sait que si l'on met en jeu le sort du lion qui louche, le public ne pensera plus au reste. C'est d'ailleurs lors d'une seconde vision que l'on se rend compte que ce pan du scénario a été oublié en chemin!

Judy a été vaccinée mais pas Clarence. Pour fabriquer un sérum, il faut récupérer Virgile que Judy a emmené avec elle.

Jusqu’à la trentième minute, Jack, Luke, Marsh et Smythe cherchent en vain Virgile et Judy, cette dernière continuant à s’enfoncer dans la brousse. Pour finalement regagner Wameru avec le vautour. Marsh n’a pas le temps de rentrer, il doit demander par radio à sa fille de fabriquer le sérum.

Cet épisode fait partie de ceux qui ont rendu la série inoubliable, avec ses suspenses médicaux haletants. Paula sera-t-elle à la hauteur ? Il s’agit de prendre 2 centicubes de sang, de les mettre dans un centrifugeur. Une fois le sérum constitué, c’est l’attente. Clarence ne respire plus. Avec le ballon à oxygène, pressé de façon régulière, il s’agit de faire repartir le cœur du lion.

A la 42e minute, tout semble perdu, Clarence est mort. Paula doit masser le cœur du lion et lui injecter le sérum directement dans le cœur.

45e toujours rien ! 28 secondes plus tard, le lion respire. Le jeune public a eu sa dose d’émotions fortes. Paula doit ralentir le massage cardiaque pour voir si Clarence respire de lui-même. 47e minute, Clarence est sauvé.
Notons que Judy pleure, et que Clarence simule à perfection son état. Les meilleurs comédiens ne sont pas ceux que l’on croit. Mais saluons quand même Cheryl Miller qui met toute son âme dans les scènes de sauvetage du lion. Gageons que les quelques larmes qui s'échappent en ont engendré beaucoup lors de la première diffusion auprès du public, jeune plus précisément.

Voilà un épisode dont les coûts de production sont réduits et qui est assuré de faire une grande audience. Aligner des histoires de ce genre lasserait le public, mais savamment mis parmi des histoires de braconniers, d’œufs d’autruche en péril, l’effet est garanti.

Nous sommes presque arrivés à la fin de la saison 2. Devant les bonnes audiences, Ivan Tors, Paul Landres savent que CBS commandera une nouvelle saison. Notons qu’un épisode inédit est conservé et sera diffusé parmi les 14 opus de la saison 4, « Little Miss Nightingale /Judy Infirmière ».

George Mitchell (1905-1972) a joué au cinéma dans « 3h10 pour Yuma » avec Glenn Ford (1957). Il a surtout fait de la télévision des ses origines. Citons « Alfred Hitchcock présente », « Les Incorruptibles », « La Grande caravane », « Bonanza », « Perry Mason », « La Quatrième dimension », « Le Fugitif », « Ma Sorcière bien aimée », « Le Virginien ». Il a connu la télévision en direct des années 40-50 avec les anthologies de l’époque : « Suspense », « Goodyear Television playhouse », « The Kraft Television Theatre » (ancêtre de « Haute tension » des années 60), « The United States Steel Hour » qui étaient souvent sponsorisées par des firmes commerciales (Ford, Kraft, Chrysler, Goodyear, etc). Il n'y avait pas de rediffusions possibles, excepté pour quelques épisodes filmés à même le récepteur TV par un kinéscope, l'ancêtre du magnétoscope.

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28. LE PETIT LION MALHEUREUX
(A CUB CALLED DANGER)

 

Pour conclure la saison, le scénariste John Fraley Hogan a concocté une intrigue purement relative à la nature, l’histoire d’un petit lion que la mère ne nourrit pas. Le mâle a été tué par un braconnier. La femelle se désintéresse du petit qui va mourir de faim.

C’est Dick Moder qui est derrière la caméra.

La séquence de « solidarité féminine » entre Paula et Judy est à mourir de rire, mais il y a peu de chances que les bambins des années 60 en aient saisi l’ironie. Paula (et Judy semble la comprendre et l’approuver !) marmonne quelques réflexions sur le sort des femmes alors que le groupe observe une famille de lion et que la lionne se démène pour nourrir ses petits et vaquer à diverses occupations. Bien entendu, Jack et Luke sont narquois.

Marsh explique à sa fille que si l’on vient en aide à l’autre famille, composée de la seule lionne et du petit, l’animal sera rejeté de tout le monde et qu’il faut laisser faire dame nature.

Voilà un épisode qui accumule les stock shot et perd beaucoup de son intérêt aujourd’hui. Nous savons que les scènes d’animaux proviennent de films tournés en Afrique avant la série, ou sont faites dans le parc « Africa and Africa ».

En voulant nourrir (et voler) le petit lion malheureux, Paula manque se faire dévorer par la lionne, son père arrivant à la rescousse avec un fusil hypodermique.

La fille prend un sacré savon du père. « Tu ne vas pas parcourir l’Afrique et recueillir chaque petit lion malheureux » dit Marsh. « Quelle façon cruelle de voir la nature » boude Paula.

L’histoire s’étire en longueur. Le conflit de Paula avec son père nous ennuie très vite. Luke et Jack estiment qu’il faudrait un nouveau mâle à la lionne. Le réalisateur fait un gros plan sur Clarence, et nous éclatons de rire.
Judy elle ne rit pas et prend une brosse et une glace pour « refaire une beauté » à Clarence. Elle lui met du parfum. Le vieux lion bon bougre se laisse faire. Judy met en danger la vie de son compère en l’emmenant avec sa laisse voir la lionne.

Même avec beaucoup d’indulgence, cette histoire a beaucoup vieilli. Clarence et Judy s’en sortiront grâce à Luke et Jack qui effraient en criant la fameuse lionne.

Au bout de 31 minutes, il ne s’est rien passé de marquant dans cet opus à part les états d’âme de Paula sur la nature.

Dick Moder multiplie les gros plans sur des animaux. Des louveteaux en cage par exemple. Le jeune public doit être ravi, mais le téléspectateur habitué à des intrigues plus construites s’ennuie ferme.

A la 35e minute, Paula et Judy repartent à la recherche du petit lion, avec cette-fois un fusil hypodermique. 
Paula n’a pas compris le sermon de son père. Elle conduit le petit lion à la famille que nous avons vue au début de l’épisode.

La mise en scène ne « passerait plus » de nos jours. Nous voyons les comédiens en gros plan, mais jamais avec les animaux sauvages. Les images se succèdent, mais l’on remarque que les comédiens sont en studio, et les animaux filmés séparément.

Lorsque Marsh conduit la Ford Mercury zébrée, et que les animaux détalent, dans deux images différentes, nous voyons la différence scènes de la série/Stock shot.

Le petit lion, dont Marsh pense qu’il a été dévoré, a été adopté par la famille. S’ensuivent de longs bavardages et quelques singeries de Judy.

Un épisode qui était très dispensable, et que l’on peut zapper sans regrets.

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Images capturées par Patrick Sansano.