saison 1 saison 3

Daktari (1966-1969)

Saison 3

 



 


1. JUDY COSMONAUTE
(JUDY AND THE ASTRO-CHIMP)





 

Pour cette rentrée, le thème musical est orchestré d’une façon différente, mais les changements sont légers. Trois vedettes invitées quand même dans ce premier épisode. Ivan Tors et Leonard B Kaufman reprennent les mêmes réalisateurs, ici Paul Landres.

Notons que le schéma de chaque épisode est souvent le même : les occupants de Wameru sont insouciants, alors qu' Hedley arrive de Nogoro à bord de sa Jeep pour les informer d'une nouvelle, qui capte l'attention de Judy, laquelle en tirera matière à ses farces. Quelque animal dangereux vient causer des émotions en milieu de film, mais le happy end est de rigueur.

Sally, le chimpanzé astronaute américain, qui devait attérir dans l’Atlantique Sud, s’est posée au Kenya, dans la région de Nogoro. Hedley vient avertir les occupants de Wameru.

L’épisode surfe sur la vague de la conquête de l’espace. La même année, « On ne vit que deux fois » entraîne 007 dans l’espace et « Les Envahisseurs » sont diffusés sur ABC (La conquête de l’espace y est évoquée dans l’épisode « L’astronaute »). "Daktari" peut se vanter de coller à son époque. Nous sommes alors au fâite de la popularité de la série, des produits dérivés sont mêmes développés : des bandes dessinées (que l'on retrouvera en France lors de la diffusion de la série) sont mises en vente, de même que la reproduction miniature de la Ford Mercury savane zébrée (chez Corgi Toys). Il reste surprenant que le succès n'ait pas persisté plusieurs saisons encore, car l'oeuvre s'y prêtait.

Judy retrouve Sally. Elle veut lui dérober son casque, mais des hippopotames les prennent en chasse. Judy parvient à échanger le casque de Sally contre ses jumelles. L’arrivée fulgurante d’un léopard sépare les deux singes. Clarence sauve la vie à Paula et à Sally prise pour Judy.

Sally ne reconnaît pas Paula ni Clarence, mais la fille de Marsh Tracy pense que c’est suite à l’attaque du léopard.

Après quelques séquences oniriques où Judy s’imagine recevoir les honneurs de la NASA, le docteur Bert Allison (Davis Roberts), le capitaine Jack Stedman (Robert Clarke) et un sergent Mac Avoy (Dick Bass) trouvent Judy coiffée du casque de Sally.

Jack et Luke rencontrent les gens de la NASA et reconnaissent Judy (ce que n’a pas fait Paula). Mais Judy refuse d’être reconnue et tourne en ridicule Jack et Luke. En guise de gros baiser demandé par Jack, Judy donne un uppercut à l’assistant de Marsh.

Luke et Jack sont faits prisonniers par les gens de la NASA. En examinant Sally, Paula ne parvient pas, et pour cause, de trouver ce qu’à Judy.

Hedley raconte à Paula que les indigènes ont vu « un grand oiseau en fer tomber du ciel ». Judy s’enfuit, et ne veut pas ensuite détacher les deux hommes.

Le léopard attaque à nouveau Judy, Jack et Luke sont libérés de leurs liens par les gens de la NASA pour réussir à sauver le chimpanzé.

On oscille entre comédie et suspense, et cette rentrée 1967 de « Daktari » est une bonne cuvée.

Le quiproquo finit par se dissiper et chacun retrouve sa place. Judy refuse la proposition du docteur Allison de faire partie du prochain vol pour l’espace.

Robert Clarke (1920-2005) est un acteur de série B spécialisé dans le fantastique. Citons « Zombies on Broadway » (1945), « Le récupérateur de cadavres » (1945), « L’homme de la planète X » (1951), « Terror of the bloodhunters » (1962), « Frankenstein Island » (1981) « Midnight movie massacre « 1988). Il a joué dès les débuts de la télévision américaine dans des dramatiques tournées en direct comme « The Ford television theatre » (1955), « Westinghouse Desilu Playhouse ».

Davis Roberts (1917-1993) a joué dans « Les Incorruptibles », « Le Fugitif », « Haute tension », « Bob Hope presents the Chrysler Theatre », « Le Virginien », « Des agents très spéciaux », ainsi qu’au cinéma dans « Hôtel Saint Gregory » (1967).

Dick Bass (1937-2006) était un joueur de football. Il a fait quelques apparitions dans son propre rôle, ou comme ici dans des rôles de compositions (il joue le sergent MacAvoy). On l’a vu aussi dans « L’homme de fer » et des séries inédites en France (« Adam 12 », « The Young Lawyers », « Sandford and son ».

Cheryl Miller pourrait bien avoir eu un accident à l’œil juste avant le tournage de cet épisode. Elle porte des lunettes noires et Marshall Thompson lui met du collyre. Difficile de croire que cela fait partie du script de Malvin Wald.

 

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2. LE PROCÈS D'UN LEOPARD
(THE EXECUTION)



 

Clarence conduit Marsh à un piège à lions. C’est alors qu’ Hedley l’avertit par radio avoir remarqué un léopard en liberté. Ce dernier se jette sur l’officier anglais et manque le tuer, l’intervention de Daktari (enfin surtout de Clarence qui l’accompagne) étant décisive pour le sauver.

Après cette scène d’une violence rare pour la série, nous retrouvons les pitreries de Judy, cette-fois faisant l’imbécile avec un pneu. 

Hedley, soigné par Marsh, a été blessé au bras et à la tempe. Le patron de Wameru prévient Jake et Luke de ce qui vient de se produire.

Marsh part à la recherche du léopard. Judy trouve le bébé léopard de l’attaquant d’Hedley.

Pendant ce temps, la traque continue, Jack et Hedley se sont joints au Daktari.

Après Hedley, c’est au tour de Marsh d’être sauvagement attaqué. Cet épisode, par ses scènes brutales et réalistes, tranche d’avec l’habituel cahier des charges angélique et réservant la série à public familial. Marsh empêche Hedley de se venger, ayant endormi l’animal avec une flèche hypodermique.

Daktari a mis le léopard en cage et veut l’étudier afin de connaître les raisons de son comportement agressif.
Il lui fait une radio et découvre qu’il a une tumeur au cerveau. Dans le monde imaginaire de « Daktari », les animaux ne peuvent être méchants, et lorsqu’ils le sont, il y a généralement une explication.

Quant à Hedley, cet épisode n’est pas celui de la chance, puisqu’après l’agression dont il a été victime, voulant se rafraîchir, il trempe ses pieds dans une rivière fréquentée par…un crocodile ! Cette-fois, cependant, il a largement le temps de se mettre à l'abri.

Paula coiffe Judy comme une vraie infirmière, tandis qu’elle veille sur le bébé léopard, qu’elle promène dans une poussette aménagée.

Jack et Luke tentent de relâcher le léopard. Avec son rejeton, ce qui contrarie la fibre « maternelle » de notre guenon préférée.

Pourtant, elle récupère très vite son petit compagnon dont la mère, bien que soignée, manifeste de l’indifférence. Mais elle ignore qu’elle met sa vie en danger, ainsi que celle de Paula, car la mère ne l’entend pas ainsi.

On pourra trouver un peu gros la façon dont Judy se débarrasse de l’adversaire. Le chimpanzé pénètre dans une cage et en ressort tandis que le léopard s’y fait coincer, Marsh étant là pour la verrouiller
Hedley revient à la charge pour demander l’euthanasie de l’animal dangereux qui l’a attaqué et a bien failli s’en prendre à Paula et Judy.

C’est la première fois dans la série que Daktari va devoir se résoudre à une telle chose. Judy, avec son pneu pendu à une branche, désarme le vétérinaire, tandis que Paula amène le bébé léopard. Mis en cage avec sa mère, celle-ci devient paisible. Il n’est plus question d’exécution.

Cet épisode comporte plusieurs longueurs, qui sont comblées par des stock- shot, et pas toujours de façon habile. Le script de Lawrence L. Goldman et la réalisation de Dick Moder laissent à désirer.

Il est atypique par sa violence. Il a été mis de côté lors des diffusions de l’intégrale en France. C’est grâce à l’Allemagne qu’il a pu être retrouvé. Curiosité : il a été souvent remplacé par « Le léopard fantôme » (02-28), sans que le titre d’aucun des deux épisodes ne soit mentionné !

Il est très intéressant de retrouver, en quelque sorte, un « inédit », mais ceux qui ont raté l’épisode ne doivent pas s’attendre à un grand opus.

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3. LE RAPT DU LIONCEAU ROYAL
(CRIME WAVE AT WAMERU)



 

Cet épisode assez désopilant nous permet de retrouver le général Ahmed.

Judy et Toto ont aspergé l’éléphant Margy de mousse. Paula est très en colère. Familiarisé avec les farces de Judy, Toto et Clarence, le général ne s’offusque pas. Il a été converti par Daktari à la philosophie de Wameru.
Le général nous amène le « fils » de Faro (à nouveau un lionceau royal, cette fois le XXVe du nom). Maku, selon le gouverneur, mérite mieux, en tant qu’indigène, d’exercer l’autorité au Kenya, qu’Hedley qui sera renvoyé en Angleterre. La mission de l’équipe de Wameru va être de réhabiliter Hedley, de la maintenir à son poste, et de convaincre Maku de renoncer à prendre la place de l’officier britannique.

L’histoire a été écrite par Ted Herbert et Lawrence Louis Goldman, et mise en image par Paul Landres.
Judy est la vraie vedette de cet épisode, qui montre l’orientation « comédie » de la série. Faire rire permet de ne pas lasser le téléspectateur et après avoir longuement présenté les paysages africains et la faune, Leonard B Kaufmann et Ivan Tors veulent renouveler « Daktari ».

Afin de sauver Hedley, Judy va monter une fausse histoire de rapt du fils de Faro destinée à faire passer l’officier britannique pour un héros.

Judy commence par voler des affaires à Paula, dont une fausse demande de rançon qu’elle avait faite toute petite. Le chimpanzé « comprend » que Maku, fier de ses nouvelles prérogatives, prendra au premier degré cette fausse menace.

Judy va donc « enlever » Faro XXV et laisser le message de Paula enfant demandant une rançon. Bien sûr, un tel complot suppose que le chimpanzé ait une intelligence surnaturelle. Mais nous sommes dans le monde enchanté de « Daktari » où tout est possible.

Aux claviers, Shelly Manne s’en donne à cœur joie avec le thème « Les facéties de Judy » siffloté à la façon du Pink Panther d’Henry Mancini. Judy assomme avec une noix de coco le caporal (Albert Powell).
Bien entendu, Marsh reconnaît l’écriture de sa fille sur la demande de rançon. Ce n’est pas tout, Judy va simuler une attaque de bandits à elle toute seule.

C’est absurde, c’est incroyable, mais on rit, on rit même beaucoup. Cette guenon qui ridiculise le sergent Maku, un caporal et le général Ahmed, est une farce énorme. Peu à peu Luke et Jack comprennent la vérité. Judy est derrière tout cela. Mais ils se tairont. Et Maku finalement demandera de l’aide à Hedley, que le général – content de retrouver le lionceau royal – réhabilitera dans son grade.

Judy mêle Toto à l’intrigue. Chaque plan de Paul Landres est un régal. Les singes réussissent à récupérer la rançon comme si de vrais kidnappeurs avaient agi. Ignorant ce qui se trame, Hedley a une attitude réellement héroïque, même si les kidnappeurs n’ont jamais existé. Ils sont rendus si présents à travers les machinations des deux chimpanzés.

Incontestablement, c’est l’épisode le plus drôle de la série. Jouant sur le registre de l’absurde, Paul Landres place toujours sa caméra de façon à mêler le téléspectateur dans la confidence mais à rendre l’enlèvement « crédible ».

Parmi les grands moments de l’épisode, Judy et Toto avec des pétards simulant une attaque de braconniers armés, le caporal menacé de passer en conseil de guerre pour avoir inventé sa perte de conscience (Maku faisant remarquer que l’arbre n’est pas un cocotier). Hedley jouant les héros de façon tout à fait sincère face au feu de l’ennemi (en fait des pétards de Judy et Toto).

Hedley devenu incontournable comme représentant de l’ordre, le général Ahmed parle au gouverneur de Nogoro. Autre moment d’immense hilarité : Marsh trouvant la demande de rançon signée de sa fille.
« Judy » clame stupéfait Marsh Tracy et le chimpanzé Judy lui mettant un doigt devant la bouche intime à l'humain de se taire pour le bien d'Hedley.

Car la magie de "Daktari", c'est de montrer les animaux plus intelligents que l'homme, des animaux profondément bons, généreux, et qui veulent le bonheur de tous. Une belle leçon, même s'il s'agit de fiction.

Incontestablement, la plus grande réussite de la série dans le registre comédie. Un épisode incontournable.

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4. MIRACLE DANS LA JUNGLE
(MIRACLE IN THE JUNGLE)

Hedley est porteur de mauvaises nouvelles : le centre de Wameru est criblé de dettes, sa fondation de New York tardant à lui verser ses subventions.

Paul Landres est toujours derrière la caméra, tandis que Malvin Wald nous propose une nouvelle intrigue au sujet d’un homme recherché : un certain Simon Matanga qui a jadis fait un hold up. Sœur Maria qui étudie les oiseaux se rend à Wameru. Elle avait reçu, en tant que zoologiste indépendante, une proposition de se voir octroyer par Marsh un fonds de secours. Elle voudrait acheter le camping-car qu’elle a loué. Elle tombe mal face à un Daktari endetté. Cela ne lui fait pas perdre sa bonne humeur. A peine la sœur est-elle arrivée que Matanga rôde autour de Wameru.

Cette sœur Maria est persuadée de réussir un jour à faire parler Judy. Marsh lui explique que pour que le singe trouve l’usage de la parole, il faudrait un miracle.

La visiteuse est également venue pour faire soigner l’œil d’Alex, le perroquet fétiche de la mission.

La nuit, Judy surprend Matanga en train de creuser devant la maison de Marsh. Clarence fait fuir l’intrus. La guenon trouve des billets de banque à l’endroit où le fugitif cherchait.

Judy (qui comprend toutes les conversations humaines !) a saisi que Sœur Maria était dans la dèche, et lui donne l’argent de Matanga.

Cet épisode continue dans la veine comédie nouvelle orientation de la série, pour notre plus grand plaisir.
Sœur Maria avec l’argent de Matanga paie les créanciers de Marsh qui livrent toutes les fournitures qui étaient en souffrance. Les quiproquos s’enchaînent.

Sœur Maria promet à Daktari des subventions s’il réussit à faire parler Judy ! Un mécène lui a proposé des fonds si elle faisait une expérimentation dans ce sens. Marsh et son équipe sont sceptiques. Judy a beau être intelligente au-delà de l’imaginable, elle ne peut que pousser des cris.

Hedley vient chercher querelle à Daktari au sujet des factures payées par sœur Maria… avec des faux billets !
Le téléspectateur comprend que les faux billets viennent de Matanga. Judy qui sait qu’elle a fait une gaffe refuse de coopérer. Jack trouve la pelle et le trou que le bandit a creusé.

La bonne humeur règne malgré la présence de Matanga (cachée) et des soupçons sur Marsh. Avec cette orientation, on place la série dans l’orbite de « Ma sorcière bien aimée », en bien plus drôle. Bien sûr, au fil des épisodes de cette saison 3, les intrigues sont de plus en plus absurdes, mais le dressage du chimpanzé vedette est tellement bien agencé que les fous rires ont remplacé les frissons de suspense.

Dans une scène, Judy se prend pour Sherlock Holmes avec une pipe, et attache Toto sur une planche où elle lui place un détecteur de mensonges.

Nous sommes dans le délire total. Face à Matanga qui attaque le sergent et l’équipe de Marsh, Judy sort un pistolet de farce et attrape avec un drapeau « Bang », et Clarence pousse un rugissement.

Une récompense de 2500 livres est donnée à Daktari qui achète le camping-car de sœur Maria et paie ses dettes. Les billets n'étaient pas faux, mais numérotés après le hold up de Matanga. L'intrigue est assez décousue mais le public s'en moque. C'est l'humour qui est mis en avant ici.

La série continuera cependant à nous proposer des épisodes avec un réel suspense (« Compte à rebours pour Judy » (03-09) d’excellente facture. Mais l’on aurait tort de bouder des histoires comme « Miracle dans la jungle » qui propulsent Judy à un niveau d’actrice comique ! Elle vole vraiment la vedette aux comédiens mais personne ne s’en plaindra.

Pas d’utilisation du thème musical « Les facéties de Judy » dans cet épisode.

Jan Clayton (1917-1983) qui incarne Sœur Maria Francis a joué dans une autre série animalière « Lassie ». A la télévision, on l’a vue en guest star dans « Les rues de San Francisco », « Shérif fais-moi peur » et « La Croisière s’amuse ». Toutefois, elle s’est aussi beaucoup consacrée au grand écran surtout pour le studio MGM dans des comédies musicales sans jamais rencontrer le grand succès de 1935 à 1948.

Mel Scott (qui joue Simon Matanga) est un acteur de télévision vu dans « Les règles du jeu », « L’homme de fer », « Sergent Anderson », « L’homme de l’Atlandide », « Hill Street blues/Capitaine Furillo ».

Kenneth Washington (né en 1946) qui incarne le sergent accompagnant Hedley, était l’un des techniciens du parc d’attraction de « Mondwest » avec Yul Brynner. Il était le sergent Baker dans la sitcom « Papa Schultz ».

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 5. MTULA
(KILLER TRIBE)

 

 

Judy fait à nouveau des expériences d’astronaute, mais au sein même du centre de Wameru. Cent chimpanzés de part le monde sont testés par la NASA pour un prochain vol spatial. Marsh pense que si Judy décrochait le contrat, Wameru disposerait de moyens considérables pour le centre médical.

Un guerrier indigène, Mtula (Don Pedro Colley) s’évanouit après avoir tenté de tuer Judy avec un arc. Jack et Luke le soignent, mais il reste dans le coma. Notons que le scénariste n'est pas très cohérent : il est dit après coup que Mtula a voulu tuer Marsh qui sermonait Judy et non cette dernière. Pourtant, lorsqu'il sort du coma, l'indigène a bien brandit son arc en menaçant Judy, c'est donc bien elle qu'il a voulu occire.

Le scénariste Robert Lewin, mis en image par l’habituel Paul Landres, va nous entraîner ensuite dans une histoire incroyable.

Marsh Tracy entraîne Judy afin qu’elle soit souple pour se déplacer dans la cabine spatiale si elle est choisie.
Mtula se réveille mais feint d’être toujours inconscient. Luke découvre dans un livre d’où vient l’indigène. Il s’agit d’une tribu, les warandis, dont le grand père de Luke avait noté dans son journal l’existence il y a plus de cinquante ans. On se croirait un peu dans « Star Trek » avec une espèce nouvelle d’alien !

En se moquant de Judy, Luke, Paula et Jack font une révérence à Judy en la traitant d’altesse. Mtula qui espionne le groupe prend tout cela au premier degré et pense que la guenon est une reine.

Judy, furieuse d’avoir été obligée de faire des tests d’astronaute, va jouer un tour pendable aux occupants de Wameru. Elle s’enfuit avec Mtula (Luke a baptisé l’homme « Mtula » qui signifie « découverte » en langue swahili).

C’est de plus en plus vers la comédie et le délire que cette troisième saison s’oriente. Hedley, Paula, Jack et Luke sont faits prisonniers par les warandis. Marsh, resté pour soigner un bébé éléphant à Wameru, échappera à la farce.

Dans la tribu, Judy est considérée comme une reine. En effet, le Dieu des warandis est un totem à tête de singe. Ils font donc un transfert sur Judy.

Mtula, confronté à l’intelligence surnaturelle de Judy, pense qu’elle est une reine. Judy se comporte comme telle et oblige les quatre compères de Marsh (Hedley compris) à faire la révérence. Puis à aller cueillir des bananes ! Ensuite, la guenon les oblige à boire l’infect liquide nutritionnel que Marsh lui faisait ingérer pour son entrainement d’astronaute.

Dans cet épisode, outre le comédien Don Pedro Colley, une foule de figurants « warandis » a été mobilisée ce qui est inhabituel dans la série.

Judy finit par renverser le totem, le jeter au feu, et mettre sur la tête de Mtula le couvre chef de la statue, le nommant roi de la tribu. Mais elle fait une nouvelle espièglerie en obligeant Paula, Hedley, Jack et Luke à la porter en triomphe sur un trône de fortune que les wandaris utilisaient pour leur totem. Les warandis font la révérence à la « reine ».

Avec une modification de la nourriture de Judy, celle-ci consent à continuer son entraînement d’astronaute. La dernière séquence montre Hedley arrivant en jeep avec Mtula. Une école, des moyens modernes, vont être alloués à la tribu. Celle-ci de féroce est devenue pacifique, et Mtula qui a appris deux ou trois mots d’anglais, dit qu’il s’appellera désormais … Judy. Hedley précise que les warandis s'auto gouverneront.

En 1967, cette comédie était tout à fait présentable, et l’épisode met de bonne humeur (il manque cependant le fameux thème musical « Les facéties de Judy »). Toutefois, le « bon sauvage » qui vient remercier les blancs serait taxé en 2013 d’intentions racistes. Il faut prendre ce film pour ce qu’il est : un moment de bonne humeur sans arrière pensée.

Don Pedro Colley, né en 1938, débutait dans « Daktari » dans le rôle de Mtula. Il tourne toujours. Il a joué dans « Les Mystères de l’ouest », « Shérif fais moi peur », « Starsky et Hutch» et au cinéma dans « THX 1138 », « Le secret de la planète de singes », « Un nouvel amour de coccinelle ». Il tourne en ce moment pour le cinéma « Dead end » de Markus James.

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6. LA CORRIDA DE WAMERU 
(SCENT OF FEAR) 


Cet épisode écrit par Richard Carlson ressemble à “La Chasse au tigre » (02-25). C’est exactement le même thème, l’homme qui a peur des animaux, ici un matador qui a perdu son courage et se fait passer pour un étudiant des eaux et forêt, et veut prendre sa revanche, au lieu d’un prince hindou.

Tumeur au cerveau pour un animal dangereux (ici un chien) comme dans « Le Procès d’un léopard » (03-02).
C’est un peu le signe que la série commence à tourner en rond.

Ici, Marsh ne doit pas s’occuper d’un animal, mais d’un homme devenu peureux. Il devient une sorte de psychothérapeute. Daktari l’oblige à s’approcher de girafes par exemple.

Il faut avouer que notre toréro, face aux pythons, chiens méchants, lions, léopards, ne brille pas par son courage. L’épisode, meublé par de nombreuses scènes filmées en Afrique (les « stock shot ») devient vite ennuyeux. En voulant faire des épisodes sérieux, au lieu de poursuivre dans le délire « Les facéties de Judy » comique à souhait, Les producteurs Leonard B Kaufman et Ivan Tors font une grosse erreur. Ils vont ainsi tuer leur poule aux œufs d’or.

En effet, la série aurait pu perdurer plusieurs saisons, mais au terme de la 3, une des principales vedettes va quitter le navire, sentant le naufrage arriver : Yale Summers (Jack Dane).

Les histoires pyschologiques ne réussissent pas à « Daktari ». Judy et Clarence sont absents au profit des « humains » et l’épisode est au bord du désastre.

Cependant, alors qu’elle rêve, Judy se prend pour un toréro. L’intérêt revient, mais nous en sommes à la 33e minute. Clarence porte un chapeau mexicain, Judy est à la fois la femme espagnole dans les arènes, le taureau, le toréro, et l’on rit un bon coup. Judy « raconte » avec force gestes à Paula que Perez est un toréro.

Cheryl Miller est décidément mal habillée dans cette série. Un vrai garçon manqué, aucune forme féminine, elle porte des jeans et des chemises surannées.

Paula a compris que Perez est un matador, appelé El Gato, et elle veut le chasser de Wameru. Elle l’accuse de s’être servi de son père. Pour Paula, Perez est un tortionnaire.

Cheryl Miller joue horriblement faux, une Paula sans nuances, comme dans la saison 1.

Enormité de l’épisode, l’odeur du « senor Perez » rend véritablement fou Clarence ainsi que les animaux de Wameru, ils savent que c’est un « tueur ».

Le titre original est plus approprié que le français : « Une émanation de peur ». Selon Daktari, quand un homme éprouve de la peur, l’animal s’en rend compte. Marsh est plus nuancé que sa fille : il est contre la corrida, mais aussi contre toute propagande.

Et puis, l’épisode devient passionnant ( mais à la minute 46, un peu tard) lorsque le chien enragé du début de l’épisode attaque Paula. Cette fois, Perez retrouve son courage pour la sauver. Et par la même l’épisode qui atteindra les deux melons. L’espagnol sauve la fille de Marsh avec son talent de toréador, se servant du chien comme d’un taureau. Et l’homme retrouve son courage.

Un épisode mineur que l’on peut zapper sans regrets.

Perez renonce à la tauromachie et décide de fonder un zoo dans sa ville natale. Marsh a opéré du cerveau le chien qui lui donne la patte.

La série commence à perdre en qualité.

Nico Minardos (1930-2011) a joué dans « La Quatrième dimension », « Mission Impossible », « Agence tous risques ». Il a arrêté de tourner en 1986.

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7. ŒIL POUR ŒIL
(LICENSE TO KILL) 

Daktari doit soigner Patricia, lionne mascotte d’une tribu, tombée malade. Le chef Akubu (Arthur Adams) sans le menacer comme les diplomates étrangers en visite parfois à Wameru, le prie de sauver l’animal.

Max Muller, ex-champion du monde de boxe allemand, arrive à Wameru avec Hedley. Paula, qui est contre la boxe (Paula est contre tout : la tauromachie, la boxe, la chasse…), se montre horripilante.

Aussitôt, notre guenon star met des gants de boxe pour se faire admirer.

Crime de lèse Wameru, Max Muller s’est reconverti dans la chasse au rhinocéros.

A partir d’un sujet original de Ted Herbert, le scénariste William Clark a conçu une histoire qui mélange humour et danger. Patricia la lionne attaque Muller et s’enfuit. John Florea prend la place de l’abonné Paul Landres aux manettes.

Nous faisons connaissance d’Abdul (D’Urville Martin), que Muller a engagé pour l’aider à chasser.

Muller promet de tuer la lionne. Très vite, Marsh et Muller s’affrontent. Muller demande à Hedley une dérogation pour chasser sur la réserve. Hedley est du côté de Daktari mais ne peut empêcher Muller de se venger.

Nous disposons cette-fois d’un excellent scénario (à la différence de « La Corrida de Wameru ») sans failles. La chasse à Patricia a commencé, entre d’une part Muller et Abdul, et de l’autre l’équipe de Marsh Tracy.

Clarence s’interpose au moment où le boxeur va tuer Patricia se jetant sur lui, tandis que Daktari endort avec son fusil hypodermique la lionne. Muller veut tuer Clarence (et la série « Daktari » en plein milieu de la saison 3 ?). Hedley, heureusement, l’en empêche, Muller n’ayant pas été blessé.

La bonne humeur revient à Wameru, car Marsh va opérer Patricia. Et il va s’agir de transformer Max Muller de chasseur en protecteur et ami des animaux. Dans cette série, longtemps avant « La petite maison dans la prairie », les bons sentiments ont le dernier mot.

« Daktari » est une série qui met en avant la non violence et le triomphe des solutions écologistes avant l’heure et pacifistes. Les mimiques de Judy et Clarence sont là pour montrer la bonté naturelle des animaux.

Abdul, pendant la nuit, fait évader Patricia de sa cage, ce qui nous vaut de voir toute l’équipe de Daktari en pyjama. Paula en chemise de nuit de grand-mère cherche vraiment à rester vieille fille. Une chose est sûre : ce n’est pas dans cette série que l’on verra la moindre scène un peu émoustillante. Ces dames ne seront pas plus contentes : le beau Yale Summers en robe de chambre rouge ne semble manquer que de pantoufles pour casser son image de jeune premier viril.

La dernière partie de l’épisode (38e minute) se consacre à l’affrontement entre Muller et Patricia. On regrettera l’absence de scènes importantes et comiques de Judy dans cet épisode. Paula s’interpose entre Muller et la lionne : mais pour lui, c’est « œil pour œil ». Jack et Hedley convainquent in extremis Muller d’arrêter sa tuerie, en lui montrant une photo prise lors de l’agression. Abdul a été chassé du village du chef Akubu pour actes de barbarie sur Patricia (sur ordre du sorcier du village, jaloux du culte voué à l'animal par la tribu). La lionne voulait se défendre contre l’homme qu’a engagé le chasseur.

Happy end avec un Max Muller devenu pacifiste, et le sorcier chassé du village par le chef Akubu.

Quant à Paula/Cheryl Miller, à défaut de faire rêver les garçons, elle caresse les lionnes sans avoir peur !


Ron Hayes a joué dans les épisodes “Les fauves entre eux” (01-10) et “L’émir et le guépard” (02-05).

D’Urville Martin a joué dans l’épisode 02-06 « La grande épreuve » dans un autre rôle (Le fils du chef devant faire ses preuves).

Arthur Adams (1915-1992) a joué au cinéma dans « Les naufragés du 747 » (1977), « Météor » (1979), « Le dernier vol de l’arche de Noé » (1980) « Un Prince à New York » (1988). A la télévision, on l’a vu dans « Max la menace », « L’homme de fer », « Ma sorcière bien aimée », « Les mystères de l’ouest », « Cannon », « Starsky et Hutch », « Drôles de dames », « La croisière s’amuse », « Dynastie » et « Pour l’amour du risque ».

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8. LE RETOUR DU FANTÔME
(THE RETURN OF THE PHANTOM)


Deux invités du Kawanga (pays imaginaire) dans cet épisode : un guerrier, M’Kono (Percy Rodriguez) qui chasse le léopard, et un animal de cette race appelé « Le fantôme ».

Tandis que Jack Dane recherche un champignon rare, Judy le sauve de l’attaque du léopard qu’il endort et ramène à Waméru. La sécheresse et les incendies sévissent dans la brousse.

Ce script de S S Schweitzer mis en images par le réalisateur habituel de la série, Paul Landres, évoque le retour d’un léopard qui n’a rien à voir avec celui de l’épisode 02.10 « Le léopard fantôme ». On peut regretter que ce retour ne soit pas celui de l’animal que nous avons vu, et il est un peu incroyable que deux léopards « célèbres » portent le même nom. Les scénaristes en Amérique et en France ont utilisé le terme de « retour ». Mais il s’agit du retour au Kenya depuis le Kawanga du léopard , retour géographique, une migration, et non retour chronologique d’un fauve vu dans la saison 2. On le regrette, mais les producteurs Leonard B Kaufman et Ivan Tors n’ont pas souhaité faire référence à la précédente saison.

Jack poursuit ses expériences dans l’enclos que nous avons vu déjà dans deux histoires : « Judy et le bébé éléphant » (02-19) avec Clarence et « Judy agent secret "(02-21) avec Judy et Toto. Cette-fois, il veut donner des cours de dactylographie aux chimpanzés. Il crie victoire en voyant une phrase écrite, sans savoir que c’est Luke qui a essayé la machine au début de l’histoire.

Marsh veut sauver le léopard fantôme que M’Kono a libéré de sa cage. M’Kono est un chasseur célèbre dont la notoriété est venu jusqu’aux oreilles du vétérinaire. Les deux hommes s’affrontent. Chacun expose sa conception de la nature et de son approche.

Malheureusement pour Marsh, le léopard sort de la réserve et n’est plus protégé par l’interdiction de chasser. Pour le chasseur, l’animal s’appelle « le léopard de Kawanga » (il rajoute à l’intention de Daktari « que tu nommes le fantôme).

Avec ces précisions, nul doute n’est permis, c’est d’un nouveau léopard dont il est question.

La suite de l’épisode est une course de vitesse entre le vétérinaire et le chasseur, l’enjeu étant le sort du léopard.

Entre les deux hommes, une forme de respect et d’amitié va naître. Daktari veut dissuader M’Kono de continuer à chasser. Lorsque l’eau s’avère empoisonnée et dangereuse, Marsh donne des comprimés à M’Kono qui regrette amèrement que sa femme et son fils n’en aient pas eu quand ils sont morts de la fièvre.
L’américain blanc et le sauvage africain finissent par comprendre qu’ils ont beaucoup de point commun, même si le veuvage de Marsh n’est pas explicitement évoqué. Ils devront faire preuve de solidarité étant encerclés par les flammes d’un feu de brousse. Daktari dissuade M’Kono de tuer le léopard, qui avec son instinct, est le seul à pouvoir les sauver des flammes. En trouvant le bon chemin, l’animal sauve les deux hommes. M’Kono renonce à chasser. Tout finit toujours bien dans le monde merveilleux de « Daktari ».

Pour renouer avec un peu de légèreté, nous retrouvons Jack avec Toto et Judy et ses fameux tests. Judy trouve dans le tiroir de la table la feuille où Luke a tapé : « The quick brown fox jumpedover the lazy fox » et la met dans sa machine. Jack prend Judy dans ses bras, pour lui c’est la découverte du siècle, un chimpanzé qui écrit l’anglais !

Paula révèle pour la première fois l’âge de Judy (4 ans).

Bien entendu, Luke ruine les espoirs de Jack qui furieux court après Judy, à l’hilarité de tous. Marsh offre son fusil hypodermique à l’ex-chasseur quand ce dernier lui donne sa lance.

Avec cet habile mélange de gravité et de comique, l’épisode est une grande réussite.

On retrouve dans le rôle de M’Kono le comédien canadien Percy Rodriguez vu dans la saison 1 (« Le braconnier », épisode 2), et il reviendra dans la saison 4 épisode 4 (« Un duel au révolver)

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9. COMPTE À REBOURS POUR JUDY
(COUNTDOWN FOR JUDY)


Cet épisode est la plus grande réussite de la série, toutes saisons confondues. S’il avait été diffusé en fin de saison, on aurait vraiment tremblé sur la mort possible de Judy et l’arrêt de la série.

Terry Coopersmith ne veut pas que les babouins mangent son raisin et l’asperge d’un insectiside. Judy en dérobe une grappe et la mange.

Elle refuse d’en donner à Toto, mais alors que Paula lui fait la morale tombe sans connaissance. Le scénario de William Clark est un suspense qui ne faiblit jamais, remarquablement mis en scène par John Florea.

Daktari comprend que la guenon a été empoisonnée et lui fait faire un lavage d’estomac. La vigne correspond à une terre que l’on trouve dans les huit kilomètres alentour. Le poison est dans le sang, il est inconnu et Judy est en danger de mort.

Hedley rencontre Coopersmith nouveau venu à Wameru. De peur d’une amende, le fermier nie avoir utilisé un insecticide.

Jack Dane, en inspectant le raisin d’une propriété, est blessé à la jambe par la flèche d’un piège à catapulte. Curieusement, il ne veut pas déranger Marsh et ne lui dit pas ce qui est arrivé. Daktari veut aller voir le chef sorcier Matuba qui a juré qu’il le tuerait s’il remettait les pieds dans sa tribu.

Hedley continue le tour des fermiers, tandis que l’horloge avance menant Judy vers une mort certaine.
Comble de malchance : Luke et sa Range Rover se font charger par un éléphant. Il s’en sort de justesse, la voiture ne démarrant pas… et partant au dernier moment.

Les animaux comprennent que Judy va mourir et viennent à la fenêtre du laboratoire lui dire adieu. Nos chères têtes blondes lors de la première diffusion ont sans doute écrasé une larme.

Judy tombe à 6 de tension.

Marsh est obligé de fuir devant les guerriers Matuba qui à l’inverse des autres indigènes de la série, sont féroces et veulent en découdre avec l’homme blanc.

Les autres tribus plus pacifiques transmettent des SOS de détresse par tam tam pour demander si quelqu’un a du raisin empoisonné.

En faisant des prélèvements de raisin, Marsh est attaqué par un léopard. Pendant ce temps, le fermier s’est lui-même intoxiqué en mangeant son raisin.

Bien que sérieusement blessé, Marsh réussit à se dégager et à envoyer une flèche hypodermique au fauve.
Jamais l’équipe de Waméru n’a connu une poisse pareille. Malade, Coopersmith, le fermier veut se faire soigner par Daktari. Devant Hedley, il manque de courage, et agit surtout par lâcheté en pensant à son propre sort. Lorsque le docteur lui dit qu’un homme ayant absorbé le poison de Judy peut y rester, il est prêt à sortir de sa sacoche son insecticide. Mais Hedley parle trop et dit qu’il donnera un an de prison au coupable, et Coopersmith repart sans rien dire. Il est victime d’un malaise au volant. Il a un accident et sombre dans le coma.

Toto, qui a tenté « d’expliquer » la culpabilité du fermier à Marsh et Hedley, a suivi l’homme. Il ramène la sacoche de ce dernier et Hedley et Marsh comprennent ce qui s’est passé.

Jack avec le poison ramené par Toto commence à fabriquer un antidote. Marsh bien handicapé par la blessure du léopard, Hedley et Luke trouvent Coopersmith mal en point ejecté de sa voiture couché sur le flan dans un ravin.

A la 45e minute (sur 50), Judy et Coopersmith se réveillent grâce à l’antidote. Hedley voudrait jeter le fermier en prison, mais étant donné qu’il a acheté au sorcier de Matuba l’insecticide, c’est ce dernier qui subira les foudres de la justice.

Daktari nous sort alors sa dernière trouvaille : un parfum de léopard ! Voilà qui effraie Judy et Toto, et qui permettra à Coopersmith d’éloigner les babouins de ses vignes. Judy s’enfuit lorsque Paula offre à la cantonade du gâteau au raisin.

Cet épisode est un suspense d’orfève. Si vous ne devez voir qu’un épisode de la série, c’est le must absolu.

Karl Swenson (1908-1978), qui joue le rôle de Terry Coopersmith , a joué des petits rôles dans « Jugement à Nuremberg » (1961) et « Les oiseaux » d’Hitchcock (1963). Vétéran de la télévision américaine, une bonne partie de ce qu’il a tourné fut diffusé en direct et perdu : « The Kraft television theatre » (1954), « Playwrights » (1955-56), « Robert Montgomery presents » (1956). Plus près de nous, on l’a vu dans « Alfred Hitchcock présente », « Les Incorruptibles », « Le Fugitif », « Mission Impossible », « Hawaii police d’état », « L’homme de fer », « Les rues de San Francisco », « Cannon », avant de terminer sa carrière avec un rôle récurrent dans « La petite maison dans la prairie ».

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10. LE PETIT LION PERDU
(ONE OF OUR CUBS IS MISSING)


Un immense incendie ravage la brousse de Waméru. Si Hedley et ses askaris se battent contre le feu, Marsh et sa fille doivent sauver une lionne et des lionceaux encerclés par les flammes.

L’abus de stock shot en début d’épisode a fait vieillir l'ensemble. Cela faisait illusion dans les années 70, mais plus personne ne s’y laisse prendre aujourd’hui. L’intrigue est rédigée par Allan Caillou, tandis que Dirk Moder est derrière la caméra.

Judy trouve le lionceau perdu. Paula voudrait le garder au centre, mais son père lui rappelle qu’ils sont un centre de recherche et non un refuge. Judy quant à elle est jalouse et frappe le lionceau. Quels tours va-t-elle nous mijoter ?

Hedley révèle que la famille des lions s’est réfugiée dans un ravin. Daktari voudrait faire une expérience : le lionceau retrouvera-t-il ses parents en lui mettant un émetteur autour de son cou ?

La Paula irritante de la saison 1 est revenue. Adolescente attardée, elle mériterait bien une gifle. Notons l’absence de Jack Dane et Luke Makula pendant les 13 premières minutes et leur arrivée en fanfare lors de la toilette d’un éléphant , Yale Summers étant à genou sur le dos de l’animal.

A défaut de gifle, Marsh finit par dire à sa fille de ne plus se mêler de l’affaire. Elle fait ses plaintes à Luke. N’étant pas entendue, elle envoie Judy à la recherche du lion.

Il faut avouer que le personnage de Paula – caricatural – a mal vieilli, et nuit malheureusement à la série. Marsh en revanche est en avance sur son temps : aujourd’hui, il serait un écolo-pacifiste. Jack malgré sa coiffure de militaire reste le jeune premier type qui plaît toujours aux demoiselles.

Comme il fallait s’y attendre, Judy fait une bêtise de taille : elle arrache l’émetteur du cou du lionceau.
Ainsi, les caprices de Paula n’auront abouti qu’à mettre en danger de mort le petit lion. L’épisode nous montre plus les animaux (Judy, le lionceau) que les comédiens.

L’épisode réussit à être passionnant à partir d’un canevas assez classique. En fait, une autruche a avalé l’émetteur. Il s’agit maintenant de retrouver le petit lion perdu. Paula mériterait une bonne fessée.

En voix of, Judy réentend Paula mettre en garde son père contre les hyènes, les léopards et les serpents auxquels le lion se trouve confronté.

La suite de l’épisode octroie trop de place à Judy et aux stock shot, faisant baisser l’attention.

Un léopard s’attaque au lion, Judy puis Paula le protègent, et Clarence finit par sauver tout le monde.

Pendant ce temps, la famille du lionceau a quitté son abri pour partir à sa recherche. Elle le récupère après l’intervention de Clarence.

L’épisode se termine par un gag : Judy a pris avec elle un attirail de pêcheur et a planté une canne, mais c’est un… crocodile qui a mordu à l’hameçon, elle s’enfuit à l’hilarité générale.

Voilà un opus qui après un bon début a tourné à l’épisode banal. Cela est du en grande partie à l’abus de scènes animalières et de brousse. Le scénariste Allan Caillou semble s’être fatigué en cours de route et avoir posé son stylo.

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11. JUDY ET LE PUR-SANG
(JUDY AND THE THOROUGHBRED)


Cette histoire de Jack Jacobs réalisée par John Florea nous ramène l’insupportable Doris Dowling (« Reportage à Waméru », « Le léopard fantôme ») qui a pris un abonnement avec la série, alors qu’elle joue mal, est laide, et malgré trois personnages différents (ici la comtesse Lucienne ! Palmerotti – les américains ne connaissent pas Luciana) compose toujours la même riche visiteuse horripilante. Ses dons d’actrice laissent vraiment à désirer.

Lucienne, donc, veut que Daktari soigne son pur-sang qui ne gagne plus de course, sinon, elle le fait abattre. Nom du cheval : Capuccino !

Pourquoi Ivan Tors ne fait-il pas appel à des guest stars plus intéressantes ? Il n’en manquait pas à l’époque.
A peine Daktari commence-t-il à s’occuper du cheval que la comtesse montre de l’hostilité, pour elle un cheval n’a pas d’intelligence. En fait, ce n’est pas l’animal que Marsh devrait soigner, mais le cas est incurable.

Pour Jack Dane, la comtesse confond un cheval avec une voiture de course. Il n’y a guère qu’Hedley pour se répandre en flagorneries devant Lucienne.

Jack recommence ses expériences absurdes avec les chimpanzés. Judy et Toto doivent mettre des cubes en place dans une structure, à défaut, le singe n’aura rien à manger. Jack fait appel au bon coeur de notre guenon préférée pour laisser gagner Toto.

Après avoir montré son intelligence (Judy laisse gagner Toto), Jack donne des explications à Lucienne qui s’exaspère, elle ne peut tolérer qu’un animal soit intelligent. Judy avait volé une casquette à la comtesse qui avait promis de la lui donner après l’exercice. Avec haine, elle refuse ensuite car le chimpanzé a fait preuve de générosité et la seule valeur pour l’horrible peste est de gagner.

Pendant ce temps, Daktari soigne Capuccino sous le regard inquisiteur de la comtesse. Le cheval est en fait très intelligent, il a jeté sa cavalière, ne possédant pas l’hypocrisie d’Hedley.

L’esprit de compétition est la seule valeur de « Lucy », qui préfère ce diminutif au nom surannée de Lucienne. Elle déteste son mari qui a perdu cet esprit pour dessiner des voitures.

Elle propose même à Daktari de s’associer avec lui. Le vétérinaire n’a que faire des compétitions d’équitation et de l’argent, et l’envoie gentiment promener. Nous n’aurions pas eu sa patiente galante.

Le téléspectateur aimerait bien que Judy fasse une bonne farce à cette aristocrate méprisable. Hélas, Jack Jacobs ne l'a pas prévu dans son script.

Jack et Daktari ont une discussion intéressante sur Capuccino. Marsh le monte et fait plusieurs exercices périlleux avec lui. L’animal qui se sent aimé se laisse faire. La preuve est faite qu’il déteste la comtesse. Celle-ci aura une réaction de rage.

Avec cet épisode, Leonard B Kaufman et Ivan Tors, et le scénariste Jack Jacobs nous montrent que le pire animal sur terre est l’homme.

C’est ensuite au tour de Judy de monter le cheval. On aurait pu appeler l’épisode « Judy jockey ».
Marsh considère à juste titre la mission de convaincre la comtesse comme plus dangereuse que celle de dompter quelque animal sauvage.

Lucienne Palmerotti traite les gens comme des chiens, à la limite du racisme avec Luke et de la goujaterie avec Marsh Tracy. Ce dernier a vite cessé de l’appeler Lucy pour revenir à un protocolaire "comtesse".

Malgré la méchanceté de sa maîtresse, Capuccino la sauve lors d’une attaque de deux rhinocéros. Elle ne lui en sera pas reconnaissante. Elle donne le cheval à Daktari (qui sera bien plus heureux qu’avec cette femme).
Le pur sang s’enfonce dans la brousse et se met en danger étant poursuivi par des éléphants, puis un lion que Daktari endormira.

Rarement, un invité aura été aussi antipathique, elle traite Daktari de « charlatan », même les diplomates les plus imbuvables sont des agneaux face à cette peste.

Marsh d’ailleurs lui envoie dire ses quatre vérités en lui rappelant qu’elle n’est plus toute jeune et ne peut rester championne toute sa vie.

Mention très bien au réalisateur John Florea qui filme des scènes « de près » et ne nous présente pas des archives faites en Afrique avant la série. La présence de l’étalon dans la brousse l’oblige à faire preuve de plus d’efforts, puisqu’il s’agit de filmer Capuccino en face de différents dangers.

Il faut attendre 46 minutes pour que la comtesse change de caractère (un invraisemblable retournement de situation). On est bien content malgré le happy end que Doris Dowling parte en espérant cette-fois qu’elle ne reviendra plus.

Un bon épisode malgré le personnage et son interprète peu attirants.

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12. LE RETOUR D'ETHEL ET ALBERT
(THE RETURN OF ETHEL AND ALBERT)


Histoire de William Clark, mise en scène par l’habituel Paul Landres.

Hedley a été blessé par Slash, un léopard. Luke part pour Nogoro et doit ramener une robe pour Paula (on se demande quand elle les met, pas dans la série en tout cas). Exit Luke pour cet opus, Hari Rhodes devait avoir besoin de vacances.

Daktari veut faire une expérience en brousse avec son magnétophone : enregistrer des voix d’animaux et voir comment réagissent les autres animaux.

Paula essaie de faire pousser des géraniums, mais Ethel et Albert, un hippopotame et un âne, le duo le plus improbable de toute l’Afrique, mangent les fleurs et vont être punis, ils seront mis dans un enclos. Ils sabotent aussi les enregistrements que fait Jack Dane de Sarang le tigre. Comprenant qu’ils sont indésirables, Ethel et Albert brisent leur enclos la nuit et prennent la fuite.

Dès le début, nous comprenons que cet épisode sera du registre comédie.

Lors des premières prises de vue en plein jour de la fuite du couple improbable, nous voyons la différence d’image qui ne dupe plus le spectateur aujourd’hui : les stock shot ont une image passée et vieillie, tandis que l’âne et l’hippopotame sous la caméra de Paul Landres sont très nets à l’écran. Ce contraste d’images entre deux scènes simultanées est gênant. Personne ne s’en préoccupait naguère.

En l’absence de Luke, Hedley accepte de garder le centre tandis que Paula, Marsh et Jack partent à la recherche des deux lascars.

Laisser l’officier anglais seul à Waméru va être la source de quiproquos mémorables déjà brièvement entrevus dans l’épisode « Printemps à Waméru » (02-23).

Il faut croire qu’Hedley est amnésique : il s’est déjà trouvé seul à Waméru et a soigné sans le savoir des animaux venimeux (Un boa, une tarentule nommée Doris). Il a visiblement tout oublié. Ici, il doit brosser et soigner Edgar, une tarentule. En fait, elle est entrée dans la cage d’Edgar. Mais il ne peut contacter Marsh hors de portée avec sa radio.

Par ailleurs, il n’y a vraiment que dans « Daktari » qu’il faille sauver un âne en plein Kenya qui a été prendre un bain au milieu d’hippopotames ! Marsh, sa fille et Jack vont s’y employer.

C’est tellement bien joué et réalisé qu’on y croit et ayant pris pour argent comptant des postulats absurdes, on se délecte de la comédie qui va suivre.

Ainsi Hedley dit à la tarentule : « Heureusement que le docteur a su te désenvenimer , si j’ose dire ». On se doute de sa réaction à la fin de l’épisode où il prendra une syncope sachant qu’il a risqué sa vie.
Toto essaie « d’expliquer » à Hedley qu’il est en danger de mort, car Edgar est un…lapin, qui a fui à la vue de l’araignée. Mais Hedley se fie à la pancarte accrochée dans la cage qui indique "Edgar" (Toto le chimpanzé a fait sortir le lapin).

Avec un porte-voix, Paula appelle « Ethel… Albert … » devant un fleuve remplis d’hippopotames. Si quelqu’un la voyait hors contexte, elle serait immédiatement conduite à l’asile.

Jack branche le porte voix sur le magnétophone qui a enregistré Ethel et Albert au lieu du tigre Sarang (qui a observé un mutisme stoïque) pour attirer les fuyards hors du fleuve.

L’âne Albert a été repéré par un crocodile qui compte bien en faire son repas. Or, Albert s’enfonce dans des sables mouvants. Il réussit à se hisser hors de ce piège tout seul, et suit la voiture de Marsh sur laquelle Judy a placé le haut parleur. Il est récupéré par l’équipe qui l’enregistre à son tour pour attirer l’hippopotame Ethel.
Puis ce dernier rejoint nos héros, quittant ses frères dans le fleuve.

Le pauvre Hedley compte les doigts qui lui restent (tous heureusement) après avoir fait une sieste sur un hamac et cru caresser Clarence. Le léopard sauvage, Slash, s’est en effet introduit à Waméru. Hedley Mattingly, le comédien, fait une mimique inoubliable lorsque, croyant caresser Clarence, il le voit en face de lui avec Judy.

La syncope d’Hedley qui a caressé avec la brosse à dent de Jack une araignée termine un épisode certes farfelu mais plein de bonne humeur.

Notons une erreur de continuité scénaristique : Marsh dit, confus : « Nous n’avons jamais eu d’élevages d’araignées à Waméru », en déphasage avec la tarentule Doris de « Printemps à Waméru ».

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13. JUDY ET LE PRESTIDIGITATEUR
(JUDY AND THE WIZARD)

A noter qu’en cours de saison 3, l’image présentant Yale Summers a changé, il ne met plus sa tête dans la gueule d’un éléphant mais nous montre une girafe qu’il brosse en étant monté sur une échelle. Lors de la diffusion française, cette image sera proposée de façon totalement anarchique (avec également l’absence d’Hedley et de son faucon). Il est évident que les images du générique ne sont pas le souci premier des programmateurs français.

Cet épisode nous présente un magicien, le professeur Walpole (Gil Lamb) et son chimpanzé Body, atteint par la limite d’âge. Walpole refuse d’admettre que sa guenon est trop âgée pour continuer les tournées avec lui, et confie Body à Daktari.

Le scénario a été co-écrit par Alf Harris et Jack Jacobs, Paul Landres assurant la mise en scène. Il est teinté d’une certaine tristesse et évoque la vieillesse des animaux qui ne peuvent plus participer à des numéros de music-hall. Body a remplacé la femme de Walpole quand elle est morte, et il a pu monter un nouveau numéro.
Marsh ne peut rien contre l’âge. Aussi, Walpole commence à avoir des vues sur Judy, qui n’a que quatre ans. Marsh finit par avouer la vérité au magicien. Le vétérinaire lui a caché les choses, ce qui provoque la colère et l’incompréhension de Walpole.

Walpole non plus n’est pas en forme, il a un malaise en conduisant. Judy prend la place de Body et l'artiste s’en réjouit puis est pris de remords. Mais Judy est prise dans un piège et est blessée. Il décide donc de faire demi- tour. Sur le chemin, ils sont attaqués par un léopard. Pour s’en défendre, Walpole va faire un tour de magie.
La fondation de Daktari accepte de prendre comme dresseur Walpole.

Cet épisode larmoyant est un ratage total. Il ne fait pas rire, et tombe dans le mélodrame absolu, qui ne réussit pas à la série. Il n’y a qu’un petit suspense à la fin lors de l’attaque du léopard, et aucune scène comique.
La faute en incombe à un scénario exsangue dès le début. On aurait aimé quelques facéties et farces de Judy, mais le ton délibérément triste, l’incarnation morose de Gil Lamb, en font une réflexion sur la vieillesse qui n’est pas à proprement parler ce que l’on attend de « Daktari ».

Même les tours de magie font long feu. Le spectacle privé que donne Walpole à la famille de Waméru (Hedley est absent) est assommant pour le téléspectateur le plus indulgent. De plus, sa longueur inhabituelle nuit à l’intrigue.

Walpole n’a pas réussi un tour de magie : cet épisode est l’un des plus gros ratages de la série, alors même qu’il évite les stock shot et contient 50 minutes filmées par Paul Landres.

Gil Lamb (1904-1995) a commencé sa carrière en 1935 comme danseur acrobatique et chanteur. Il se dirige ensuite vers la télévision avec les dramatiques diffusées en direct de la série « Starlight theatre » (1950). On l’a vu dans « La Quatrième dimension », « Des agents très spéciaux », « Les mystères de l’ouest » et « La petite maison dans la prairie ».

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14. CLARENCE ET SON HAREM
(CLARENCE'S LOVE-IN)

 


Dans cet épisode, Marsh et Hedley doivent assister à une conférence, ce qui nous donne (au début) un épisode à trois personnages : Paula, Jack et Luke.

Malvin Wald nous propose sa plume, et Dick Moder sa caméra. Jack poursuit ses expériences, cette-fois sur Clarence qui doit chasser un zèbre en panneau de bois. Le lion qui louche, fâché que l’on ne lui donne pas à manger en raison de son refus de participer à l’expérience, se sauve.

Trois charmantes lionnes gâtent Clarence qui se fait apporter la nourriture ! Lorsque Jack le retrouve, il n’en croit pas ses yeux. « On dirait un sultan turc » lâche-t-il avec agacement.

L’épisode fait allusion à une précédente aventure que nous n’avons jamais vue, celle de trois jeunes lionceaux femelles que Marsh avait pris en pension. Repus, Clarence refuse de suivre le trio de Waméru et veut rester dans la brousse.

Admirablement bien dressé, le lion semble « répondre » à Yale Summers à chacune de ses injonctions avec ses rugissements.

Il faut avouer que l’on pousse un soupir de soulagement en voyant revenir Marshall Thompson et Hedley Mattingly à la 25e minute. Le trio n’était pas à la hauteur et l’épisode allait tourner au désastre. Toutefois, les apparitions suivantes de Marshall Thompson seront sporadiques. En effet, Daktari repart loin de Waméru.
Pour récupérer Clarence, Jack propose de substituer un mâle jeune à Clarence. Marsh doit donc trouver un lion de substitution.

Bien entendu, public enfantin oblige, toutes les allusions à la sexualité du lion sont savamment gommées au profit de considérations édulcorées sur les trois fiancées « dévergondées » de Clarence.
Appelé tour à tour « Roméo » puis « Casanova », Clarence joue mieux que certains guest stars calamiteuses de la série.

Yale Summers, pour la première fois, remplace Cheryl Miller en surjouant son personnage de Jack Dane et ses colères disproportionnées à la situation.
A nouveau, Hedley est sollicité pour s’occuper des animaux de Wameru (Tortue, perroquet).
A mi-saison, on ressent tout de même un essoufflement. Toutes les pistes scénaristiques ont été utilisées, et la série tourne en rond.

Clarence finit par rentrer tout seul à Waméru après que Judy lui ait montré une photo d’un autre lion. On entend en voix of Paula « Si Clarence pouvait le voir, il serait tellement jaloux ». Comme Judy, Clarence comprend tout. Malgré son strabisme, il éprouve de la jalousie en voyant un autre animal de la réserve, le tigre Sultan. On peut supposer que la VF a commis une erreur et qu’il s’agit de l’habituel tigre Sarang.
Mais Sultan rejoint les trois lionnes, qui acceptent un tigre comme mâle !
A deux occasions, l’équipe de Wameru regarde des films super 8 qui ne présentent qu’un intérêt limité pour nous spectateurs.

Moins mauvais que « Judy et le prestidigitateur », « Clarence et son harem » n’est pas une grand réussite. Le navire d’Ivan Tors commence à faire eau de toute part.

Un épisode pas nul, mais très moyen. Il souffre beaucoup de l’absence (une bonne partie de l’intrigue) de Marsh.

 

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15. LA MIGRATION DES ÉLÉPHANTS (PARTIE 1)
(THE ELEPHANT RAID: PART 1)

Tous les animaux de Waméru sont paniqués : les éléphants vont migrer et écraser le centre et ils le sentent.
Luke est au village de son oncle Mtoko (Henri Brown) avec Clarence. Le lion aussi pressent les évènements. Mtoko pense qu’il s’agit d’un orage, mais Luke comprend que cela vient du sol. Les éléphants dévastent les villages. Nous arrivons à un tournant « historique » de la série, puisque pour la première fois, il y a des morts, en contradiction avec le cahier des charges de la série. Le scénariste Richard Tuber sera donc l’initiateur de cette entorse. John Florea assurant lui, la réalisation.

Notons que les stock shot sont convainquants, on a du mal à faire la différence entre les séquences d’archive et les reconstitutions dans le parc « Africa and Africa » d’Hollywood.

La production a mis les petits plats dans les grands pour redonner de la vigueur à cette saison. Daktari voit les éléphants détruire des arbres. Marsh retrouve le colonel Simon Tredwell qui lui sauva la vie pendant la seconde guerre mondiale. Ils ne se sont pas vus depuis vingt ans. Après avoir pris sa retraite, le colonel est venu en Afrique proposer ses services à Hedley via le gouvernement du Kenya.

Mais Tredwell vient pour exterminer le troupeau d’éléphants. Luke et Clarence ont été blessé par les éléphants. Ils ont détruit le village de son oncle Mtoko. Hedley précisera plus tard qu’il n’y a que des blessés, mais pas de morts, dans ce village.

Daktari est catastrophé par le projet de Tredwell. Pourtant, cette-fois, nous n’avons pas tendance à lui donner raison, car des vies humaines ont été perdues. 40 000 éléphants se dirigent vers Waméru. Tredwell donne 48 heures à Marsh avant de commencer le massacre. Notre héros pense que les éléphants migrent à cause d’un problème d’alimentation.

Luke en réchappe de justesse. Le pacifisme à tout crin de Marsh ne nous paraît ni raisonnable ni réaliste, et comme le dit son ami militaire, il semble se préoccuper plus de sauver la faune que la vie humaine.
Voulant faire des analyses, Marsh endort un éléphant, mais la flèche hypodermique ne le plonge que dans un léger sommeil, l’animal se réveille et attaque le docteur qui se réfugie en haut d’un arbre que l’éléphant abat.
On se demande toutefois pour quelle raison l’éléphant épargne la Ford Mercury pick up zébrée avec Judy à l’intérieur !

Jusqu’ici, les épisodes en deux parties de « Daktari » étaient faibles (« Les fauves entre eux » et « Le mur de flammes » en saison 1), mais cette-fois, John Florea signe une réussite.
Contaminé par les idées pacifistes de Marsh, Judy empêche le colonel Tredwell, qui s’apprête à piétiner Marsh, de tirer en détournant son fusil. Marsh lui répond que l’éléphant blessé aurait tué tout le monde avant de mourir.

Jack, Paula et Luke enfoncent le clou en jouant la carte du « pacifisme » et en voulant saboter les plans du colonel.

Pourtant, le scénariste Richard Tuber a présenté les villageois comme en sursis car leurs récoltes ayant été détruites, beaucoup mourront de famine.

Luke, malgré ses blessures, a pour mission d’aller voir les habitants pour qu’ils enterrent leurs récoltes afin de ne pas attirer les éléphants.

Omer, le chameau de la réserve, sera l’objet de la réconciliation entre Paula et le colonel, qui d’une part calme l’animal paniqué et convainc la fille de dire à son père qu’entre son idéalisme et la réalité, il doit choisir. Simon Tredwell explique que lors d’une mission dans le désert, un chameau l’a sauvé ainsi que Marsh en 1943. Il n’est pas ennemi des animaux, mais la vie humaine prime. Il cloue le bec à cette petite peste de Paula prête à crier au génocide des éléphants.

Cette-fois, Marsh utilise des flèches hypodermiques puissantes pour endormir un éléphant.

Le colonel veut poser des mines qui tuent les éléphants et recruter des hommes. Jack Dane prend la relève de Paula dans l’attitude inconsciente de saborder les plans du militaire, qui veut tuer les éléphants en épargnant les autres animaux.

Daktari a fait des prises de sang sur l’éléphant endormi. Jack et Luke vont délibérément saboter le travail du colonel, avec l’accord de Paula. Marsh s’oppose à ce plan. Hedley menace Luke de prison et Jack de révocation de son visa et de renvoi aux Etats Unis devant leur attitude.

A suivre…

Kenneth Tobey (1917-2002) incarne le colonel Simon Tredwell. Il a commencé sa carrière à la télévision en 1945. Il trouve un rôle au cinéma dans « The thing » de Christian Nyby en 1951, mais fait l’essentiel de son métier à la télévision. Citons « Lux Video Theatre » (1953), « Fireside Theatre ») (1952), « Climax » (1955, anthologie en direct qui comporta la première adaptation d’un James Bond : « Casino Royale »), « The Eddy Cantor comedy theatre » (1955), « Science fiction theatre » (1955), « Celebrity playhouse » (1956), « Schiltz playhouse of stars » (1955), autant de téléfilms non conservés sous forme de films après leur diffusion en direct. Il revient au cinéma dans « L’aigle vole au soleil » (1957), « Règlement de comptes à OK Corral » (1957). Plus près de nous, on l’a vu dans « Alfred Hitchock présente » en 1959, « Perry Mason », « Les espions », « Les bannis », « Lassie », « Opération vol », « Cannon », « Mannix », « L’homme de fer », « Columbo : Immunité diplomatique » (avec Patrick Mc Goohan), « Les rues de San Francisco » et « La cinquième dimension ».

Henri Brown incarne le chef Mtoko revient dans la troisième saison après avoir joué dans l’épisode « Le jugement » (02-08).

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16. LA MIGRATION DES ÉLÉPHANTS (PARTIE 2)
(THE ELEPHANT RAID: PART 2)

La guerre a commencé. Nous avons d’un côté le colonel Tredwel, le chef Mtoko, de l’autre Marsh et son équipe, et entre les deux, bien embêté, Hedley.

Le temps laissé à Marsh pour résoudre la crise (48h) s’amenuise, il ne lui reste que 3 heures. Les analyses prouvent que les points d’eau présentent une déficience minérale. Il faut repérer les points d’eau qui selon Daktari provoquent cette migration et agir.

Le colonel (ainsi que Jack et Luke réquisitionnés) posent les mines. Les éléphants vus de loin sont évidemment des stock shot.

Marsh a conçu une formule, le M44, qui doit être mise dans les points d’eau. Il demande à Jack d’en mettre.

Dans cette atmosphère tragique, à la 14e minute de cette deuxième partie, nous entendons le fameux thème « Les facéties de Judy » de Shelly Manne, sorte de Pink Panther theme, accompagnant la démarche de la guenon portant un caisson de M44 aux points d’eau et y versant les flacons.
Il y avait belle lurette dans la saison que l’on n’avait plus entendu cette musique guillerette et espiègle, particulièrement adaptée à la roublardise de Judy.
Il n’y a que dans « Daktari » que Judy puisse empêcher une guerre !

Le colonel sauve la vie de Clarence en tirant sur une mine, alors que ce dernier s’est aventuré sur un chemin qui en est parsemé. Ce geste permet à Jack et Luke d’admettre l’humanité du colonel qui se scelle par une solide poignée de mains.

On apprécie cette cohabition du suspense et du comique au sein d’un schéma scénaristique qui deviendrait lassant si la tension ne tombait pas de temps à autre.

Marsh et Paula trouvent Clarence inanimé, le pouls lent, tandis que les éléphants arrivent… Le sauvetage du lion qui louche permet de développer une intrigue secondaire, l’animal étant sauvé par une décharge électrique faite avec le moteur de la voiture.

A la 25e minute, le colonel explique que l’attaque n’a pas eu lieu en raison du M44. Tredwell ne capitule pas et veut attirer les éléphants vers les mines grâce à de la nourriture.

Judy qui comprend les plans du colonel ( !), jette aux éléphants une grenade qu’elle dégoupille. Les éléphants battent en retraite.

Mais un incendie de brousse a éclaté suite à cela, qu’il faut combattre en mobilisant les habitants du village de Mtoko.

John Florea alterne les images d’archive habilement mêlées avec les séquences d’action de la série.

Jack Dane profite du revirement d’Hedley pour empêcher le colonel de mettre en œuvre son attaque des éléphants qui battent en brèche. Les pluies de la saison dernière ont enlevé les minéraux et le calcium des points d’eau des pâturages des éléphants. Daktari, pour les faire définitivement rentrer chez eux, va semer des boules de calcium pour leur indiquer le chemin.

Coup de théâtre : le colonel part seul « au front » et sa voiture se renverse devant le troupeau des éléphants.
Judy s’enfuit de Wameru sur le dos de Modok le petit éléphant et part sauver le colonel. Et c’est un éléphant qui sauve celui qui voulait les exterminer.

Marsh fait remarquer à Simon qu’après le chameau en 1943, il y a toujours un animal pour le sauver !
Daktari part avec Judy à dos de Modok et laisse tomber derrière lui des boulettes de calcium, le troupeau se divise et la menace s’efface.

Morale de l’histoire selon les héros : lorsque la nature perd son équilibre, c’est à l’homme d’y remédier.
Nous avons droit au happy end où tout le monde se réconcilie sans perdre la face. Certes, c’est une fin improbable par son utopie, mais dans le monde merveilleux de « Daktari » tout est possible.

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17. JUDY ET LES DEUX TRUANDS
(JUDY AND THE JAILBIRDS)

S’il est un épisode d’une rare niaiserie, et à éviter, c’est bien celui-là, avec deux prisonniers qui refusent de quitter leur géôle et font tout pour y retourner.

Rarement, un script aura été aussi indigent, et surtout servi par deux cabotins insupportables. Ils en font des tonnes, et même un enfant de dix ans s’ennuie devant cette pantalonnade. L’un était chef cuistot, et l’autre responsable de la cagnotte. Ils vivent au crochet du gouvernement, même Hedley en a marre de les voir en prison.

Rose, la chienne du gouverneur que Marsh doit soigner, est mise en cage à Wameru. Dès la huitième minute de l’histoire, nous avons droit au thème musical « les facéties de Judy ». Judy en effet fait évader Rose, dont elle est jalouse.

Pour retourner en prison, nos tristes compères volent Clarence. A côté des animaux le lion qui louche et la guenon, ces deux pitres pas drôles sont des amateurs. Ils pensent que des grimaces et des jeux approximatifs les font passer pour des comédiens. Une chose est sûre, Sterling Holloway et Leonid Kingsley n’ont pas peur du ridicule. Ils ont tous deux commencé au temps du cinéma muet et semblent figés dans cette période, avec des gestes, de la grandiloquence mal placée.

Le vol de Rose ayant lieu la nuit, Cheryl Miller sort avec sa chemise de grand-mère et Yale Summers ses charentaises et sa robe de chambre rouge.

A la 16e minute retentit encore le thème musical de Judy, mais ici il sert une histoire médiocre et pitoyable.
L’air de deux imbéciles heureux auto-satisfaits est en permanence sur les traits de Duke et Chip. Hedley Mattingly rivalise en matière de ridicule avec eux en se coiffant d’un improbable casque bleu dont le sergent est aussi muni.

Les quiproquos sont nombreux dans ce script que Malvin Wald et Ted Herbert ont pondu (ils s’y sont mis à deux !), quant à Paul Landres il nous avait habitué à mieux.

Après avoir cru être accusés du vol de Rose, la chienne du gouverneur, ils sont en fait félicités et reçoivent une récompense. En effet, Judy passe chaque fois "derrière eux" pour les blanchir.

32e minute : le thème musical de Judy revient, alors qu’elle ouvre le coffre fort d’Hedley pour y dérober le fichier des empreintes digitales, puis la caisse des impôts. Le genre d’humour des deux lascars est de donner un coup de pied dans le coffre et de se faire mal.

La multiplication des scènes d’intérieur est pénible. Pas d’animaux, rien que les deux pitres…

Durant cinquante minutes atroces, nous devons supporter ce manque flagrant de talent, ce gâchis de pellicule.
Autant « Le rapt du lionceau royal » était drôle, autant « Judy et les deux truands » est pathétique. A chaque larcin, les deux vagabonds sont considérés comme des héros et récompensés. Judy, malicieusement, dissimule leurs vols et les empêche de retourner en prison.

Attribuons un bonnet d’âne à ces deux « comédiens » si l’on peut les qualifier ainsi. Un épisode à fuir de peur d’être dégoûté de la série.

Nos deux idiots ouvriront une auberge en rachetant la prison ! Les comédiens mériteraient d’y aller pour de bon pour avoir commis une telle bêtise. A oublier très vite.

Sterling Holloway (1905-1992) qui joue le rôle de Duke a commencé à tourner en 1926. On l’a vu dans les séries « Les Incorruptibles », « Opération vol », mais il est surtout connu pour avoir prêté sa voix à de nombreux dessins animés de Disney.

Leonid Kingsley (1903-1998) s’est retiré en 1971. Surtout acteur de cinéma, il a joué dans « La soupe au canard » (1932), « Casablanca » (1942), « L’homme au bras d’or » (1955). Il interprète ici le rôle de Chip.

Albert Popwell (1926-1999) qui interprète le sergent jouait dans l’épisode 03-03 « Le rapt du lionceau royal ».

Freda Holloway, fille de Sterling, née en 1938, fait une apparition dans l’épisode.

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18. LE GUÉPARD APPRIVOISÉ
(THE KILLER CUB)


Ce n’est pas sans inquiétude que l’amateur de la série voit revenir le duo de scénariste Ted Herbert-Malvin Wald responsable de l’immonde « Judy et les deux truands ».
A Paul Landres, on ne jettera pas la pierre puisqu’il a réalisé la plupart des épisodes avec John Florea.

Un guépard cause des dégâts au fermier Ed Caldwell (Bruce Bennett), un veuf aigri et inconsolable, qui a décidé de quitter l’Afrique et mis sa ferme en vente. Mais avant de partir, il abattra le fauve à moins que Daktari ne parvienne à le rendre inoffensif. Hedley le lui confie donc.

Paula fait allusion à Kimba, un autre guépard de la série que nous avons vu dans l’épisode 02.05 « L’émir et le guépard ». Preuve qu’il y a une continuité dans la série. En souvenir, Paula l’appelle Kim.

Nous sommes rassurés, « Les deux truands » n’était qu’une fausse note, et la série est remise sur les rails par ce bon opus dans la tradition de la série.

Caldwell voyant que l’animal habitué à chasser se laisse mourir en cage en refusant la viande que Marsh lui apporte, se laisse attendrir.

Daktari le voit faire et lui montre que les animaux de Wameru ne sont pas dangereux. Il entre dans la cage du guépard et lui met une laisse, le comparant à un brave toutou. Il le confie même à Caldwell la laisse.

En fait, le vétérinaire est en train de faire aimer les animaux et notamment Kim au fermier. On se demande qui il apprivoise en réalité, le guépard ou l’homme.

Clarence, Luke et Jack dorment à la belle étoile, loin du centre, ayant été envoyés en mission pour suivre des guépards qui se sont échappés au nord de la réserve, afin de voir si Kim faisait partie d’une famille. Jack fait alors un cauchemar dans lequel il fait faire un exercice au lion. « Clarence, est ce que tu te rends compte que même dans ses rêves il te fait faire des exercices ? » dit Luke à l’animal. Grand moment d'hilarité et d'humour subtil à la différence des deux nigauds de l'épisode d'avant.

Kim refuse toujours de manger. Ed Caldwell revient, il n’a pas dormi, et ne fait que penser à Kim. Notons que le personnage de Paula, après avoir bien évolué dans la saison 2, est redevenue la chippie insupportable de la saison 1.

Le gouverneur a donné l’ordre d’abattre le guépard, et c’est le fermier qui s'y oppose en tentant de communiquer, en lui « parlant » à travers la cage et en espérant qu’il s’apprivoise. Beaucoup d’humanité émane de cet opus. Marsh fait croire à Ed Caldwell que Paula n’est pas capable de s’occuper de Kim et qu’il peut lui rendre service en mettant l’odeur de vache sur un zèbre. De cette façon, on pourra relâcher le guépard dans la nature. Il ne sera plus dangereux.

Peu d’action dans cet épisode, mais un scénario solide, alors que la série commençait à donner des signes de fatigue.

Tandis que le débat sur la « peine de mort » applicable à Kim fait rage entre Marsh et Jack et Paula, deux enragés de la cause animale, c’est Caldwell qui est chargé d’aller chercher l’animal. Evidemment, Marsh a volontairement désigné le fermier pour aller prendre Kim afin de l’attendrir.

La psychologie de cet épisode passe sans doute bien trop haut pour nos chères têtes blondes. C’est un plaidoyer contre la peine de mort et pour la réconciliation de l’homme avec la nature. On se doute qu’un happy end est inévitable devant tant de bons sentiments accumulés.

Coup de poker de Marsh, il demande à Caldwell d’abattre l’animal.

Bruce Bennett est un comédien magistral, et il nous fait oublier les deux pitres du précédent opus. Président de l’association des fermiers, Caldwell refuse d’abatte Kim, et veut le garder en cage avec lui jusqu’au jour, ou avec l’aide de Daktari, il rendra le guépard apprivoisé. Il renonce aussi à vendre sa ferme et à quitter l’Afrique.

Cet épisode est un grand message d’amour universel. Dans l’épilogue, Paula révèle à son père qu’elle n’est pas dupe : le fusil n’était pas chargé, et il a volontairement envoyé dans la brousse Luke et Jack pour obliger Caldwell à s’occuper de l’animal.

Bruce Bennett (1906-2007) reviendra dans un autre rôle dans l’épisode 04-11 « Les baguettes magiques ». Acteur de cinéma, on l’a vu dans « Sahara » (1943), « Le roman de Mildred Pierde » (1945), « Les passagers de la nuit » (1947) et « Le trésor de la Sierra Madre » (1948). Ce qu’il a tourné pour la télévision, des dramatiques en direct, est perdu.

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19. LA RÉCONCILIATION
(LION KILLER) 


Histoire de Lawrence Louis Goldman, réalisée par John Florea.

Boone (L E Young), un chasseur, tire sur Clarence qui errait hors de la réserve. Clarence n’est que légèrement blessé. Paula nous fait à nouveau une crise d’hystérie et plus la série avance, plus c’est insupportable. On en vient à prendre carrément en grippe la comédienne Cheryl Miller qui surjoue en permanence.

Boone possède un limier rhodésien, un chien dangereux nommé Chaka. C’est lui qui a attaqué Clarence. Chaka a une tumeur et Daktari va l’examiner.

Paula est tellement mal élevée et insolente qu’elle fait honte à son père. Nous assistons à une véritable rébellion. Paula soigne à contrecoeur Chaka. Elle compare Boone à Néron. Puis entraîne dans sa révolte Jack et Luke.

Marsh est très déçu, il prenait sa fille et ses collaborateurs pour des scientifiques. La tension est palpable à Waméru, à cause d’une gamine attardée et trop gâtée.

21e minute : thème musical « Les facéties de Judy ». La guenon vole la nourriture de Clarence et à un lionceau. Personne n'a nourri le chien rhodésien, mais Luke s’est porté volontaire. Trop tard : Judy avec son bon coeur l'a devancé.

Boone (qui vient chercher son chien) arrive accompagné d’un client pour un safari : Stan Thomas (Paul Condylis). Paula s’enfuit. Luke et Jack prennent des airs dégoûtés. Thomas espère que Chaka fera sensation lors du safari et qu’avec les photos il épatera ses amis du club de chasse, mais il ignore que Judy a commencé à apprivoiser le chien et à le rapprocher de Clarence.

Ce dernier est triste du départ de Chaka. Ce que ne comprennent pas Luke et Jack qui se sont montrés mufles avec Boone. Daktari rencontre les deux hommes et commente l’attitude de son équipe qu’il ne cautionne pas.
Marsh demande aux deux hommes de les accompagner durant la chasse.

Il faut avouer que cet épisode n’est pas un grand cru. Le scénario s’étire en longueur et est loin d’appartenir à la moyenne de la série. Ce n'est pas atroce comme l'imbuvable "Judy et les deux truands", mais c'est nettement moins bon que ce que l'on a vu jusqu'à présent.

A la chasse, Chaka en fait rejoint Clarence et Judy et joue avec eux, ce qui provoque la fureur de Boone. En tant que guide pour chasseurs, il se voit déjà ruiné et ridiculisé. Mais son client Stan Thomas qui voulait un trophée veut maintenant une photo de la scène, ce qui rappelle à Boone que Marsh lui avait dit de se reconvertir en faisant des safaris photo. Daktari propose même au client de poser un pied sur Clarence pour épater ses amis. Après une hésitation compréhensible, Thomas s'exécute.

La série accuse une sérieuse baisse de forme et tombe dans la mièvrerie et les bons sentiments, ayant un peu exploré toutes les pistes scénaristiques. Paula est enfin contente, nous moins. Boone va apprendre à Nogoro le métier de photographe et aura le droit de « chasser » dans la réserve.

Deux melons pour cet épisode assez oubliable sans être nul.

L E Young qui joue le rôle de Boone ne tourne plus depuis 1968. Il a joué dans les séries « Papa Schultz », « Cher Oncle Bill », « Adam 12 », « Sur la piste du crime ». Il a déjà joué dans l’épisode « Reportage à Wameru » (01-12).

Paul Condylis qui joue le rôle de Stan Thomas a quitté le métier en 1972. On l’a vu dans les deux séries de Don Adams, « Max la menace » et « Coup double » et au cinéma dans « On s’fait la valise doc » (1972) de Peter Bogdanovich.

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20. LE CIMETIÈRE DES ÉLÉPHANTS
(RIDDLE OF THE BUSH)

Enfin une guest star intéressante dans la série, Harold Gould, ici méconnaissable avec des sourcils blancs et une moustache qui le vieillissent avant l’heure. En 1967, il avait 44 ans et il joue ici un médecin âgé, le docteur De Long. On se demande quand même pourquoi engager un artiste encore jeune pour jouer un personnage âgé ?

Paula Tracy et Jack Dane pensent avoir trouvé le mythique cimetière des éléphants, qui est évoqué notamment dans une chanson d’Eddy Mitchell.

Jack effraie un peu Paula en lui disant que l’endroit est maléfique. Le script de Robert E. Smith, mis en images par Dirk Moder, ne va cependant pas nous entraîner dans le registre fantastique.

Paula découvre un bébé éléphant femelle qu’elle appelle Sandy. L'animal s’est pris dans un tas de boue, et Jack doit l’en sortir. L’éléphant est malade, et Marsh doit chercher un vaccin pour le soigner.

Marsh révèle à Hedley que l’un de ses professeurs (celui qui lui a donné la passion de l’Afrique) s’appelait De Long. Il s’agit bien de lui lorsque les deux hommes se rencontrent à Waméru. C’est l’une des rares incursions dans le passé de Marsh que nous verrons dans la série. De Long est obsédé par le fait que l’on ne trouve jamais des os d’éléphants et l’on ne les voit mourir qu’en captivité. Trouver le cimetière des éléphants est devenu pour lui une obsession.

Episode sérieux, verbeux, et à volonté scientifique, il est d’un niveau un peu élevé pour le jeune public de « Daktari ». Harold Gould joue bien comme d’habitude, surtout lorsque l’on se souvient des mimiques des « deux truands » de triste mémoire.

Au bout d’une demi-heure, il ne s’est pas passé grand-chose en dehors de considérations sur la mort de la part de De Long qui heurtent Paula. Sandy se sauve alors. Certains pensent que Judy l’a libérée, mais le téléspectateur comprend que De Long est derrière cette affaire.

Et il ne s’est pas trompé : le professeur veut ramener Sandy au cimetière des éléphants pour trouver où l'animal va aller mourir.

Dirk Moder a soigné les images, toutes prises dans le parc Africa and Africa, évitant les stock shot. La reconstitution du pseudo cimetière est assez impressionnante mais un décor ne suffit pas à faire un bon opus.

Le rythme de l’épisode est long et sombre vite dans l’ennui. Paula retrouve De Long qui nie avoir volé Sandy. Paula commence à avoir des problèmes avec Marsh car elle a pris tout le vaccin en se rendant au cimetière des éléphants. De Long avoue son vol. Il a agi par jalousie envers ses collègues savants qui ont tous fait de grandes découvertes.

Bien entendu, l’admiration de Marsh envers son maître en prend un coup. Heureusement que Judy est là et a retrouvé l’éléphant, qui sera sauvé.

A la fin de l’histoire, le cimetière des éléphants reste un Graal à découvrir. Cet épisode bavard ne nous apporte pas beaucoup d’émotion ni de suspense.

Hedley révèle que Sandy est un animal apprivoisé et appartient à la tribu des Wakunda. Il n’y a donc pas de cimetière des éléphants à l’endroit que nous avons vu au début de l’histoire, mais c’est un haut lieu paléontologique et l'officier britannique (qui était sur le point d’arrêter De Long pour vol) demande au professeur, prêt à quitter l’Afrique, de rester pour étudier l'endroit qu'il pourra enrichir de ses connaissances.

Le téléspectateur ressent un profond ennui (s’il n’a pas carrément sombré dans le sommeil).

Harold Gould (1923-2010) a joué dans « L’Arnaque » (1973) au grand écran. Il reste l’un des visages les plus familiers des séries américaines, ayant été quatre fois Honoré Vashon face à Jack Lord dans « Hawaii Police d’état ». Il est apparu dans toutes les grandes séries américaines comme « Les incorruptibles », « Les envahisseurs », « Mannix », « Dallas », « Cannon », « Les rues de San Francisco », « Columbo », « Mission Impossible », « Les mystères de l’ouest », « Le Fugitif », et a fini sa carrière dans « Nip/Tuck ».

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21.  L'ERREUR
(THE BIG SWITCH)


Absence de Paula qui est selon son père en train de le ruiner à faire des achats dans les magasins de Nogoro.

Dans la tribu du chef Makubu (Rex Ingram), il n’y a pas de retraite. Son neveu Kima l’a banni car c’est le sort réservé aux ex-chefs. Daktari est inquiet à double titre, d’abord pour la santé du vieil homme mais aussi parce-que le neveu représente un danger pour le centre animalier.

John Hogan a adapté une histoire de Ted Herbert, qui a été réalisée par le fidèle Paul Landres.

Le premier quart d’heure est un « dialogue » entre Judy et le vieux chef qui a décidé de reprendre sa place ou de se donner la mort. Le chef connaît une recette avec des plantes médicinales que lui a enseigné son grand-père. Il demande à Judy de l’aider à chercher dans la forêt les plantes puis prépare une mixture. Celle-ci est inopérante. Makubu pense qu’il est trop tôt et il laisse reposer sa mixture.

Luke et Marsh rendent visite à Makubu, lui portant des journaux, des revues et du café.

Judy a entendu ses maîtres parler d’un médicament servant aux animaux sur le déclin et le vole pour le rajouter dans la potion du grand père de Makubu. Il s’agit de vitamines mises au point par le centre de Waméru. Le chimpanzé a ajouté à un produit inopérant sur l’homme (recette Wakubu) un autre produit vitaminé qui a été inefficace sur les animaux.

Cela nous vaut à la 16e minute d’entendre le thème musical des facéties de Judy qui nous annonce une bêtise de la guenon. Et effectivement, Judy met le produit de Marsh dans celui que Wakubu avait laissé reposer.

Kima attaque le trio en leur lançant une flèche. Il manque tuer Luke et menace de le faire pour de bon s’il continue à se mêler des affaires de la tribu.

Kima a des velléités d’indépendance (alors que le Kenya l’est). Il voudrait chasser les blancs de son pays. Il veut détruire Waméru.

Makubu lance un défi à son neveu pour redevenir le chef : Hedley est inquiet car il sait le vieil homme faible.
Fort heureusement, Judy truque le défi en faisant passer Clarence pour un tueur ! Makubu l’attaque (ou plutôt feint de le faire) et Clarence fait le mort. Kima et les autres s’agenouillent et rétablissent le chef dans ses fonctions.

Si l’épisode est plaisant et souvent drôle, il faut passer sur quelques invraisemblances : Kima ne connaît pas Clarence, il ne semble pas non plus savoir que début 1968 (époque de cet opus), le Kenya est indépendant depuis le 12 décembre 1963 et que les blancs qui y vivent ne sont pas des colons mais des occidentaux acceptés par le gouvernement. Naïf, Kimba ne vérifie pas la mort du lion.

Pourtant, Makubu ne veut pas de cette victoire facile et avoue la vérité à Kima qui l’exile à nouveau. Hedley et l’équipe de Marsh trouvent alors une solution pour nous concocter un happy end : Makubu connaît les plantes médicinales qui intéressent les savants de Nogoro, aussi deviendra-t-il leur assistant. Il s’agit là d’une volonté de faire triompher les bons sentiments à tout prix.

Rarement, il y aura eu autant de coups de théâtres dans un épisode de « Daktari ». Les savants décident de récompenser le village et offre vingt bœufs à ce dernier. Kima vient avec la tribu et serre la main de Marsh en demandant son amitié.

Episode très bavard, nous passons par tellement d’invraisemblances et de rebondissements que le résultat est finalement mitigé. Le sort de Makubu à la fin de l’épisode n’est pas très clairement établi. D’après la loi Wakubu, il doit rester en exil, mais il devient un assistant des autorités scientifiques kenyanes. Pourtant, ses plantes de la brousse n’ont aucun effet. Il s’agit du produit à base de vitamines que Marsh a mis au point mélangé à la recette de ses ancêtres sans qu'il le sache par Judy.

Tout cela est tiré par les cheveux. On soupçonne les scénaristes John Hogan et Ted Herbert d’avoir abusé de certaines boissons, pas forcément le remède dont il est question ici, avant de pondre cette histoire aussi bancale.

Carl Byrd, qui incarne Kima, a joué dans « Star Trek », « Les Rues de San Francisco », « Mission impossible », « Cannon », « L’âge de cristal », « Arnold et Willy », « Capitaine Furillo ». Plus de nouvelles depuis 1984.

Retour de Rex Ingram en chef Makubu après l’épisode « Judy braconnier » (saison 02-16) où il était Natoma.

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22. WAMERU SE MODERNISE
(JUDY STRICKES BACK)


Bascom, du service de santé, confie au centre médical de Waméru un vaccin qui doit être ensuite transféré à Nogoro. Heldley devant lutter contre un incendie de forêt, va par la même obliger l’équipe de Marsh à veiller sur ce trésor. Le vaccin est destiné à prévenir une épidémie de fièvre aphteuse pour les fermiers. S’il est volé, les fermiers paieront au prix d’or au marché noir pour l’avoir. Les doses de vaccin valent 100 000 dollars. Heureusement, Marsh a fait installer un système électronique de sécurité dans le cadre de la modernisation du centre.

Les animaux, qui avaient l’habitude d’assurer la garde, sont vexés et refusent de manger. Ils ressentent le modernisme et l’automatisation comme une vexation et se sentent inutiles.

Judy espionne Jack Dane et Luke Makula lorsqu’ils expliquent à Marsh comment les vaccins sont protégés. Il faut mettre en route un système d’alarme qui laisse 15 secondes pour sortir.

Judy sabote la cafetière automatique, habituée à participer à la préparation du café et se sentant délaissée. La guenon fomente alors un complot contre l’automatisation. La nuit, elle arrête le système d’alarme, vole les vaccins qu’elle met dans l’ancien congélateur.

Jack et Luke constatent le vol le lendemain. Judy montre au patron de Waméru où sont les vaccins. La surveillance est confiée à Judy et Clarence, l’installation n’étant pas considérée comme fiable.

Hedley, retenu par l’incendie en brousse, ne peut venir chercher les vaccins. Le scénario de John Hogan ne brille pas par son innovation. Chacun des membres de Waméru se mobilise, prend un sac de couchage, un fusil, et veille.

Paul Landres nous montre ensuite les jambes de quelqu’un qui vérifie que chacun des membres de Waméru s’est endormi et file chercher les vaccins. Judy l’assomme avec un fusil. L’homme cerné (dont nous n’avons pas le visage) n’est autre que ce pauvre Hedley venu récupérer la précieuse marchandise, et qui n'a pas voulu réveiller ses amis.

Marsh comprend que Judy a mis du somnifère dans le café pour endormir les humains et a fait une bosse (sans le vouloir) à Hedley. Elle voulait seule assurer la sécurité et a pris l’officier anglais pour un voleur, dans l’obscurité. Marsh « promet » à Judy de garder le secret.

Devant des scripts aussi mineurs, on comprend que Yale Summers décide alors de ne pas signer pour une quatrième saison.

Tony Monaco qui incarne Bascom est également scénariste et producteur. Il a joué dans « Des agents très spéciaux », « Capitaine Furillo », « Les routes du Paradis », « Fame » et dans des séries inédites en France (« Barnaby Jones », « King of diamonds », « Route 66 ». Plus de nouvelles depuis 1987.

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23. LA DÉCOUVERTE
(THE DISCOVERY) 


Grande surprise : il n’y a plus de séquence pré-générique avec les scènes clef de l’épisode. On passe directement à Marshall Thompson in « Daktari », ce qui n’était pas le cas précédemment puisque le titre de la série arrivait avant le nom de l’acteur.

Cheryl Miller qui chevauchait Clarence a changé de coiffure et nous avons droit à un gros plan sur elle. Si Hari Rhodes et Hedley Mattingly n’ont pas changé, Yale Summers et sa girafe ne sont plus au générique, remplacés par un certain Ross Hagen, tenant Judy . Enfin Erin Moran, huit ans, la future Joanie Cunningham de la série « Happy days » tient un petit lionceau dans ses bras.

Il a fallu attendre une diffusion sur la Cinq pour voir cet épisode chez nous.

Dans l’ouvrage « Les grandes séries américaines des origines à 1970 », l’épisode est présenté comme le N°69 (soit le 03-20 à l’intérieur de la troisième saison). IMDB en revanche le recense comme le 04-12 de la saison 4. Mais IMDB considère que « Judy infirmière (04-06, épisode 81) est un opus de la « 3e saison », alors que nous le traiterons le moment venu.

Sans présentation, nous faisons connaissance de Jenny Jones, une petite fille, tandis que Jack Dane a disparu. Présent au générique, Ross Hagen n’apparaît pas dans l’épisode.

True Boardman, un nouveau scénariste, a écrit ce script réalisé par l’habituel John Florea.

Deux photographes/metteurs en scène, le couple Brocki, arrivent à Waméru. Sur le chemin qui mène à la réserve, ils se croient menacés par Clarence sur lequel ils tirent sans le toucher. Marsh et Paula les complimentent pour leurs films animaliers, mais le couple avoue travailler de façon philanthropique, car leurs métrages ne leur rapportent guère. La petite Jenny et Paula demandent à suivre les Brocki durant leurs prises de vue.

Le couple se dispute. Nadja, qui ne veut pas d’enfant au profit de son ambition artistique, est contrariée d’emmener Jenny. La femme se montre vite désagréable avec l’enfant. Luke accompagne Paula et Jenny.
Cheryl Miller a changé de coiffure, ce qui lui donne un air plus mature.

Au bout d’un quart d’heure, il ne s’est toujours rien passé, nous en sommes encore aux banalités d’usage. Erin Moran forme un véritable duo avec Judy.

Marsh demande à Paula et Luke de rentrer d’urgence à Waméru. Jenny reste avec le couple. Jenny fait une bêtise en s’approchant d’une autruche pour faire une photographie. Puis avec Judy, elles découvrent une caverne et s’y aventurent. Elles ramènent un morceau de silex au couple.

Nadja veut dissimuler la découverte et revenir un an plus tard avec une expédition et de gros moyens. Elle fait du chantage envers la petite fille afin d'obtenir son silence, puisqu'elle a désobéi, échappé à leur surveillance et pris des risques. Elle donne à Jenny un perroquet contre le silex. Le couple a compris qu'il s'agit d'une caverne préhistorique et veut garder le secret. Tout ce petit monde rentre à Waméru. Judy dérobe le silex dans la voiture du couple et le met avec les pierres que collectionne Jenny.

Une constatation s’impose : Yale Summers/Jack manque cruellement à l’épisode.

Le couple Brocki demande à Judy (qui a dérobé le silex et l’a laissé à Waméru) de leur montrer l’entrée de la caverne. Jon Brocki s’y introduit avec Judy. Mais un éboulement survient. Judy est assommée, et Brocki coincé. Le mari s’en sort mais la femme veut laisser Judy s’étouffer dans la caverne afin qu’elle ne livre pas le secret.

Marsh en discutant avec Jenny découvre le silex et le perroquet donné par Nadja. Dans plusieurs parties du dialogue, Marsh dit « je te connais bien », « Je t’ai appris », alors que nous découvrons cet enfant.

Suite à la disparition de Judy, Jenny Jones conduit Marsh et Luke à la caverne, où ils surprennent les Brocki. Bien qu’ils utilisent la force, Marsh et Luke n’obtiennent rien, Jenny supplie alors le couple. L’épouse craque et révèle l’endroit. Revenus dans le camp des « gentils », les Brocki aident Marsh et Luke à sauver Judy.

La série, telle qu’elle nous est présentée, est entièrement différente de tout ce que nous avons vu jusqu’à présent. Si l’histoire n’est pas mauvaise, « Daktari » a perdu son âme. Nous avons l’impression qu’il s’agit d’une autre série ! L’équipe Marsh-Paula-Jack-Luke constituait un tout. Judy était en quelque sorte la petite fille de la série, et Jenny lui fait concurrence.

C’est le commencement de la fin.

Hedley n’apparaît pas dans l’épisode.

Erin Moran est née en 1960. Après « Daktari », elle a fait quelques apparitions dans des séries comme « Sur la piste du crime », « Cher Oncle Bill », « Gunsmoke » avant de décrocher le rôle de sa vie, Joanie, la fille Cunningham dans « Les jours heureux/Happy days ». (1974-84).

Ross Hagen (1938-2011) que l’on voit au générique dans le rôle du chasseur repenti Bart Jason a joué dans « Le fugitif », « Les mystères de l’ouest », « Les envahisseurs », « Les bannis », « Mannix », « Mission impossible », « Wonder woman », « Cannon », « L’homme qui tombe à pic », « Pour l’amour du risque ». Il n’apparaît pas cependant dans « La découverte ».

June Vincent (1920-2008) qui incarne dans cet épisode Nadja Brocki a tourné dans des anthologies diffusées en direct « The Ford television theatre » (1953), « The George Sanders mystery theatre » (1957), « Matinee theatre » (1956), « Damon Runyon theater » (1955), - on observera que ces anthologies étaient appelées parfois theatre, parfois theater, puis des séries qui ont été conservées « Les incorruptibles », « Le fugitif », « L’homme de fer », « Les rues de San Francisco », « Au nom de la loi ». On se souvient davantage d’elle pour ses apparitions au cinéma dans « Caravane d’amour » (1944) ou « L’ange noir » (1946).

Mike Road (1918- plus de nouvelles depuis 1981) qui incarne Jon Brocki, fut la Marshall Tom Sellers dans une série inédite en France « Buckskin » (1958-59).

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24. LE MARAUDEUR
(THE KILLER OF WAMERU) 

 

Histoire de Stanley H Silverman et J E Selby, mise en scène par Paul Landres, qui aborde le thème de la sécheresse, déjà l’objet de « La grande soif » (02-09).

Un lion affamé et sauvage règne dans la jungle. Bien qu’il soit dangereux, Marsh Tracy l’endort. Le lion a une patte blessée, et Judy n’a pas eu peur de lui.

En raison de la sécheresse, Luke et Jack doivent porter de l’eau et des médicaments à la tribu du chef Ngana.
Daktari soigne le lion. Il manque de vitalité après avoir été mis en cage. Judy entre dans sa cage sans dommages. Jack estime qu’on peut le relâcher.

Mais une fois cela fait, le lion, qui a été rejeté par les siens, ne parvient pas à se nourrir et compte sur Judy qui fait pour cela des escapades dans la brousse. Paula aurait bien voulu le garder à Waméru, mais Marsh lui a précisé que c’était un centre de recherches et pas une pension.

Une vache de la tribu de Ngana ayant été dévorée, un membre de celle-ci, Kivu, belligérant, et détestant les lions, fait appel à Hedley. Kivu manque même … de tuer Clarence.

Le téléspectateur comprend avant tout le monde qu’il y a un « autre lion » que celui que Daktari a soigné.
Clarence a encore faim, après que Paula lui ait servi deux gamelles de viande. En réalité, elles ont été données par l’espiègle guenon au lion blessé.

Judy, dans la brousse, tombe sur une lionne qui veut la manger. Elle est sauvée par le lion soigné par Daktari. Paula rejoint la guenon. Elle a compris qu'elle vole la nourriture de Clarence.

Le malheureux animal tombe sur Kivu, Hedley, Ngana, Marsh, décidés à l’abattre. Marsh propose à Kivu de regarder s’il y a une autre trace de lion.

Kivu trouve effectivement des empreintes de lionne. Il faut avouer que la série a perdu beaucoup de sa prestance, les scripts se ressemblent tous, on reprend des arguments utilisés dans d’autres histoires (Daktari se servant d’un magnétophone avec des enregistrements de lion).

Maintenant, Marsh veut sauver la lionne ! Judy part à la recherche de celle-ci. Courageusement, elle amène le magnétophone avec les cris du mâle en pleine brousse et trouve la fuyarde.

Manque de renouvellement des sujets, fins téléphonées, « Daktari » en cette fin de saison n’étonne plus personne.

Kivu et Hedley veulent tuer la lionne, mais Ngana s’y oppose. Judy joue les cupidons, elle fait en sorte que la lionne célibataire cherche un mâle et chasse pour lui : ce sera notre lion blessé du début.

Nous nageons en pleine eau de rose, commentaire de Hedley : « Judy devrait ouvrir une agence matrimoniale ».

Le revirement du chef Ngana est ici improbable et la lionne épargnée parce que l’on estime qu’elle s’établira sur un territoire de chasse avec le lion soigné (simple hypothèse) est épargnée. Cette happy end forcée ne nous convainc pas et montre l’essoufflement de la série.

En revoyant l'épisode une seconde fois, on se rend compte d'ailleurs que le thème de la sécheresse a été oublié en cours de route!

Même Paul Landres nous propose une réalisation mollassonne. Il faut dire que le scénario ne l’incite guère à faire preuve d’audace et d’imagination.

Charles Lampkin (1913-1989) , qui incarne le chef Ngana, a joué dans « Cocoon » en 1985. Il a aussi joué dans « Les incorruptibles », « Les mystères de l’ouest », « Opération vol », « L’homme de fer », « Les rues de San Francisco ».

Alfred Daniels, qui joue le rôle de Kivu, est apparu dans une série inédite en France, « Julia » (1968), puis dans « Sur la piste du crime » et « Disney parade ».

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25. LA RAGE DE VIVRE
(THE WILL TO LIVE)


Bombo, un lion qui a été soigné au dispensaire, est redevenu sauvage et a attaqué un indigène. Luke lui envoie une flèche hypodermique au grand désarroi de Jack qui (devenu semble-t-il aussi partisan des animaux que Paula) voulait démontrer qu’il n’est pas dangereux.

Nous apprenons alors que Sarang le tigre et Prince le chien loup se sont échappés dans la brousse depuis trois jours, le chien étant à terre blessé par un javelot.

Une histoire de Ted Herbert et Malvin Wald, adaptée pour la série par Wald, et réalisée par Paul Landres (qui a pris un abonnement).

Hedley, qui recherchait Bombo dans la brousse, est tombé sur un troupeau de lion. Son sergent l’avertit par radio que le lion a été capturé.

Daktari doit se rendre à Nogoro, Jack Dane et Luke Makula en profitent pour chacun leur confier leur thèse espérant décrocher quelque récompense ou reconnaissance scientifique. Ce n'est en fait qu'un prétexte pour accorder un congé à Marshall Thompson, comme Linda Thorson dans l'épisode de "Chapeau melon et bottes de cuir : meurtres au programme".

Jack et Luke deviennent rivaux, chacun défendant ses théories, au point qu’Hedley les surprenant au centre se demande s’il n’est pas tombé sur une réunion politique ! La remarque de Jack disant à Luke « si tu n’avais pas passé tant de temps dans la brousse au lieu de l’université » risquerait fort, de nos jours, de ne plus être acceptée aujourd’hui, de la part d'un blanc américain envers un noir africain.

Il faut trouver le chien et le tigre perdus. Paula, Jack et Luke trouvent Prince qu’il faut opérer d’urgence afin de lui retirer le javelot. Ayant oublié de prendre une radio, et le chien n’étant pas transportable, il faut opérer sur place. Paula rappelle aux deux hommes qu’ils ne sont que les assistants de son père et n’ont jamais opéré seul. Il n’y a cependant pas le choix.

Rappelons que Prince fait partie de la série depuis l’épisode éponyme de la saison 1 (01-09). Il faut faire du feu pour stériliser les instruments, remplacer le savon par l’alcool. L’intervention se fait dans la plus grande improvisation. Luke réussit l’opération.

Notons que Daktari a mis au point une cage (enfermant Bombo) invincible aux tentatives de Judy de faire fuir l’animal. Hedley s’approche avec son révolver, et Judy jette le canon près du lion. Hedley rentre dans la cage et Judy l’enferme et prend les clefs.

Deux suspenses se mettent en place : le cœur de Prince lâche et avec une plaie à côté et en pleine brousse, il n’est pas possible de faire un massage, quant à Hedley, il est en grand danger.

Toutefois, la scène de l’opération est visiblement tournée en studio, les acteurs se mouvant devant un décor de brousse.

Un léopard attaque Jack et Luke, ayant senti le sang de Prince. Sarang vient à la rescousse pour défendre ses amis et met le fauve en fuite. Paula allant chercher une civière à Wameru délivrera Hedley.

Sarang ayant senti l’odeur du sang et est redevenu sauvage. Il saute sur Jack et manque le tuer. Yale Summers brandissant un bras ensanglanté n'est plus vraiment dans le cahier des charges de la série "non violente" et pour tout public.

Marshall Thompson a été quasiment absent de l’épisode, revenant dans les dernières minutes. "La rage de vivre" s’est concentré sur les deux situations de suspense évoquées plus haut.

Néanmoins, cet épisode de « Daktari », qui fait primer la vie animale sur la vie humaine, nous donne impression de malaise et dégage une bien curieuse morale. Hedley par la bêtise de Judy a failli être dévoré par un lion, et à trop vouloir protéger un tigre redevenu (provisoirement) sauvage, Jack a manqué être tué.

Les situations étaient cependant assez factices (tournage studio évident dans la jungle, scène de cage absurde avec Hedley).

Les deux thèses de Jack et Luke sont refusées par l’institut de Nogoro par manque de preuves scientifiques.

Nous apprenons dans cet opus l'origine de la venue de Sarang au centre : Marsh et Paula l'ont découvert en Inde près de sa mère tuée par un chasseur.

A noter que les scénaristes font de moins en moins attention aux détails, qui échappent à une première vision mais pas à une autre : quid du braconnier qui a lancé un javelot sur le chien et que Jack et Luke voulaient arrêter ?

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26. LE GRAND ESPRIT
(TOTO THE GREAT)


Daktari prépare des solutions liquides scientifiques reproduisant des odeurs : élephant d’Afrique notamment. Il en met sur le jouet de Judy et Clarence s’enfuit. Cela aidera les indigènes des villages à sauver leur bétail.

Luke fait la connaissance du grand sorcier Ngaya et du chef Warloo. Ils viennent de la tribu Linkoa et de la légende du grand esprit. Mais les deux hommes lui disent que ce n’est pas une légende, contrairement à ce que lui a appris son grand-père.

Luke, en tant que noir kenyan travaillant avec les occidentaux (américains pour les Tracy et Jack, anglais pour Hedley) sert de lien entre Daktari et les indigènes.

L’histoire est co-signée John Hogan et un nouveau scénariste, George Pierre. La réalisation a été confiée à John Florea.

Il s’agit de profiter de ces dernières aventures de la saison 3, la courte saison 4 partant dans une direction différente avec de nouveaux personnages et l’absence de Jack.

Judy a « écouté » ce qu’à dit Marsh sur une expérience à partir de ces solutions, et veut faire de Toto une héroïne en s’en servant de cobaye, d’où le titre original.

Au cours de leur expérience dans la jungle, allant voir le territoire du léopard, Marsh, Jack et Luke découvrent une petite guenon sans famille. Elle est amenée au dispensaire. Elle est baptisée Linkoa en hommage à la tribu dont viennent les deux personnes rencontrées par Luke.

Ngaya et Warloo, à la recherche du grand esprit, tombent sur Toto qui s’est réfugiée dans un arbre alors qu’elle est attaquée par un léopard. Warloo prend son pied dans des racines. En voulant l’en dégager, Ngaya tombe à la renverse et s’assomme contre un tronc d’arbre. Toto aspergée du produit « odeur éléphant » fait fuir le léopard et les deux africains la prennent pour le grand esprit.

Les deux africains acceptent une invitation à Waméru. Ils préfèrent dormir cependant à la belle étoile que dans le confort d’une chambre. Leur idée est de kidnapper Toto. Ngaya met ce dernier face à Clarence qui odeur d’éléphant oblige s’enfuit.

Les deux hommes veulent faire affronter « le grand esprit » à un rhinocéros qui leur cause du soucis. Paula comprend que Toto a été volée.

La guenon ne se retrouve pas en danger de mort car l’odeur d’éléphant effraie les rhinocéros. Warloo et Ngaya provoquent une attaque. Toto les met en déroute.

Il n’est pas impossible que « Daktari » ne soit plus rediffusé en raison de l’image trop naïve donnée des indigènes africains, qui prennent ici pour un dieu une guenon arrosée d’un produit mis au point par des scientifiques américains.

Marsh comprend que Toto a été enduite du produit par Judy, qui elle-même n’est pas protégée et manque se faire dévorer par un léopard, sous les yeux ébahis de Marsh qui la croyait empreinte de la solution.

Les épisodes censés se dérouler de nuit ne bénéficient pas d’une image soignée, la production n’ayant pas les moyens d’avoir un bon chef opérateur. A ce titre, « Daktari » a vieilli par rapport aux séries actuelles qui permettent de belles images nocturnes (souvenons-nous de « X Files »).

Tout le monde a bien compris l’intrigue et l’épisode tombe dans les redites. Toutefois, les deux guerriers démontrent leur courage en chassant le léopard en criant lorsque Judy manque se faire tuer.

« Judy, toi et moi nous allons avoir une conversation » dit Marsh avec humour, comprenant que le produit a été mis sur Toto par Judy et qu’elle-même n’est pas protégée.

Pour ne pas vexer les deux vieux indigènes, Marsh demande à Luke de laver Toto et d’asperger la petite guenon trouvée Linkoa avec la solution. De cette façon, ils pourront l’emporter. Marsh tente quand même de prouver aux deux hommes qu’ils ont eu du courage en défendant Judy. Puis, il leur révèle la supercherie. « Ce n’est pas de la magie, c’est de la science » dit Marsh.

Lors d'une seconde vision, on note quelques incohérences dans le scénario : par exemple Toto juchée sur un arbre n'effraie pas le léopard, mais à terre oui, or le répulsif odeur éléphant agit tout de même à une certaine distance, le léopard aurait du fuire dès le départ.

Pourquoi après avoir révélé la supercherie à Ngaya et Warloo, Marsh leur donne-t-il Linkoa dont ils savent pourtant qu'elle n'est pas le grand esprit mais simplement enduite d'un produit ?

Un épisode très moyen.

Troisième participation de l’acteur Henri Brown après « Le jugement » (02-08) et « La migration des éléphants » en deux parties (03-15 et 16). Il incarne ici le grand sorcier Mgaya.

Clarence Muse (1899- 1979) incarne le chef Warloo. Il a commencé comme figurant au cinéma en 1921. Il a un petit rôle dans « L’ombre d’un doute » d’Hitchcock en 1943, « Porgy and Bess » (1959) « Car wash » (1976) pour finir sa carrière avec « L’étalon noir » (1979). En dehors de « Daktari », il a participé aux dramatiques en direct de « Lux video theatre » en 1954 qui hélas n’ont pas été conservées.

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27. LE MONSTRE DE WAMERU
(THE MONSTER OF WAMERU)


Une discussion a lieu entre Marsh et ses adjoints Mark et Luke au sujet des monstres fantastiques : celui du Loch Ness, l’abominable homme des neiges… Les adjoints accusent Marsh de manquer d’ouverture d’esprit. Or Hedley vient d’apercevoir au détour d’un chemin de savane en revenant de la tribu Mobutu (non, il n’a pas pris un raccourci près d’une auberge abandonnée comme David Vincent !) le yeti ou du moins un gorille se déplaçant comme un homme. Il a pris des photos.

Histoire de Ted Herbert, adaptée par Marvin Wald, réalisée par John Florea.

Paula fait des photos en forêt, avec Judy. La nature est silencieuse et la peur est palpable. Le « Yeti » apparaît et Paula le photographie.

Malgré tout cela, Daktari ne croit pas à l’existence du monstre. Luke lui en est persuadé.

Hedley, en chassant le yéti, manque tuer Albert Magobo (Albert Popwell). Juste avant, on a vu le monstre et l’impression qu’il donne est d’être…un homme déguisé. Albert est revenu des Etats Unis, car son frère William l’a prévenu que la jeune fille qu’il aime, Mtala, risquait se marier avec un autre.

A peine Hedley a-t-il tourné le dos, après lui avoir parlé du monstre, que le jeune homme murmure : « Je suis bien plus intéressé que tu ne crois par ce monstre ».

De toute évidence, il s’agit d’une mystification.

Une battue a lieu. Hedley étant parti de son côté le tuer, Marsh, Jack, Luke cherchent de leur côté, Paula et Judy de l’autre.

Clarence trouve des poils étranges sur une branche d’arbre. Marsh les prend pour les faire analyser.

Mtala explique qu’elle doit épouser un homme riche de sa tribu. Nous découvrons alors que le monstre n’est qu’un déguisement utilisé par William, le frère d’Albert.

Le subterfuge étant révélé au bout de 24 minutes, le suspense perd beaucoup d’intensité pour le téléspectateur.

Avec un filet, Marsh, Jack et Luke s’apprêtent à capturer le monstre et jettent un filet sur… Albert. Ce dernier évoque sa tribu qui a subi des intempéries et est ruinée. Nous savons que le jeune homme a besoin d’argent pour épouser Mtala.

Déconcerté mais pas convaincu, Marsh Tracy continue son enquête. Hedley apprend que le gouverneur de Nogoro a eu vent de l’affaire du monstre.

Nous découvrons alors le pot aux roses : Albert veut attirer les touristes et faire de l’argent pour épouser sa promise.

Notons que les scènes de nuit dans le parc « Africa and Africa » sont ratées, avec par exemple Marsh fixant l’obscurité avec une torche électrique ou bien Le vent dans les branches. C’est bien dommage.

Daktari confond le coupable : Albert. Ce dernier revient des Etats-Unis, or les poils trouvés sur l’arbre viennent d’un ours américain. De plus, il a parlé du monstre de Mobutu et non de Waméru. Albert passe aux aveux. En Amérique, il était taxidermiste. Il a besoin d’argent pour épouser Mtala. Il a monté cette supercherie pour attirer les touristes crédules.

La farce risque tourner au drame car Hedley veut abattre le monstre de Mobutu. C’est Judy qui est chargée d’empêcher l’officier d’abattre le farceur.

Malgré les aveux d’Albert, les touristes se précipitent. Plus il nie, plus le public afflue. C’est la richesse pour Albert et le mariage assuré. William, après s'être excusé, ne sera pas inquiété.

L’épisode aurait pu marquer une incursion du fantastique dans « Daktari », mais aboutit à un résultat en demi-teinte. Notons que John Florea a triché au montage : les scènes du monstre suspendu à une liane sont vues deux fois, l’une lors de la première rencontre d’Hedley, et à la fin lorsqu’il manque abattre William.


Troisième apparition d’Albert Popwell après « Le rapt du lionceau royal » (03-03) et le pathétique « Judy et les deux truands » (03-17). Il joue ici le rôle d’Albert Magobo.

Dans le rôle de William Magobo, nous retrouvons un autre guest, Bob Doqui qui figurait dans la saison 2, épisode « Le jugement » (02-08).

Beverly Gill incarne Mtala. On n’a plus de nouvelles d’elle depuis 1977. Au cinéma, elle a joué dans « Soleil vert » (1973) et « Les naufragés du 747 » (1977). Elle a été guest star dans « Les règles du jeu », « Banacek », « Wonder woman », « Dossiers brûlants ».

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28. ADIEU WAMERU
(GOODBYE, WAMERU) 

 

PCet épisode n’est pas répertorié sur IMDB. Histoire de Malvin Wald, réalisée par Dick Moder.

Robert Oneko (Clarence Williams III), un ami de Luke, journaliste kenyan, veut bouter les blancs hors d’Afrique. Il considère que c’est un kenyan qui doit diriger Waméru, et veut que ce soit Luke Makela (ou un vétérinaire noir) qui dirige le centre.

Oneko a la haine de l’homme blanc et des américains. Il estime qu’un vétérinaire n’a pas à soigner les hommes dans les tribus. Des crédits sont alloués par le gouvernement pour le développement de la médecine. Malgré l’indépendance du Kenya, il considère la présence d’américains à Waméru comme une persistance du colonialisme.

Oneko s’intéresse à la malnutrition et la famine. Selon lui, l’université de Nogoro pourrait combattre la fièvre aphteuse. Oneko est prêt à sacrifier les animaux sauvages et à ouvrir la chasse. Ami du gouverneur, il a tous les moyens de faire bouter hors d’Afrique Marsh et sa famille. Oneko se moque du programme spatial car il est américain et non kenyan. Les expériences sur les chimpanzés ne l’intéressent pas.

Cet épisode intervient en pleine tension raciale aux Etats Unis. Robert Oneko est un raciste pur jus. Ce n’est pas l’amour de son pays qui le motive mais la haine des blancs. Clarence Williams III qui provoqua plusieurs incidents sur le tournage de « La Nouvelle équipe » n’a pas à se forcer pour jouer Robert Oneko. Un jour il se fâcha parce qu’on lui disait que dans une scène d’obscurité, on ne le verrait pas dans le noir.

Aussi, « Adieu Waméru » aurait fort bien pu être l’épilogue de la série. Pour Oneko, Daktari dirige une école pour animaux de cirque. Face à la haine d’Oneko, Marsh Tracy reste patient et calme, il tente de convaincre.
Luke et Jack planifient de simuler une attaque de Major, un lion pas plus dangereux que Clarence, et de le sauver, afin de le mettre en situation de reconnaissance vis-à-vis de l’équipe.

Hollywood montre ici le « bon noir » (Hari Rhodes) face au mauvais (Clarence Williams III). Oneko malmène les chefs de village qui ne doivent pas faire appel à l’homme blanc mais aux officiers de santé du gouvernement. Oneko compare l’indépendance américaine à celle de son pays.

Episode politique, son contenu échappe aux téléspectateurs enfants.

Major attaque Oneko lors d’une balade avec Paula alors que leur jeep est tombée en panne. Paula fait exprès de rater avec une flèche hypodermique Major. Luke et Jack poussent des cris et éloignent Major.
Daktari n’est pas au courant de la supercherie. Il ne la cautionne pas. Pour lui, la fin ne justifie jamais les moyens. Paula, Jack et Luke avouent la vérité à Oneko.

Avant son départ de Waméru, Judy entraîne le journaliste à part. Elle lui montre le tigre Sarang jouer avec un léopard, des lionceaux avec un bébé tigre, et le fait qu’elle est amie avec un léopard qui ne l’attaque pas. Puis Sarang et le chien Prince, Sarang avec des canards. Des animaux ennemis jouant et vivant ensemble en toute amitié.

C’est Judy qui convainc notre indépendantiste ne renoncer à ses velléités de chasser Marsh Tracy. Pour lui, Daktari a réussi l’entente entre les races. Il aimerait que cela s'étende aux hommes. Revirement donc de Oneko qui trouve le travail de Waméru admirable.

Un happy end typiquement hollywodien.

Clarence Williams III (1939) est l’un des trois héros de « La Nouvelle équipe » avec Peggy Lipton et Michael Cole (5 saisons, 1968-1973).

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29. LE RETOUR DE JUDY
(JUDY COMES HOME)

Nouveau générique pour cet ultime épisode. Yale Summers n’y est plus. Erin Moran et Ross Hagen le remplacent. Mais Hagen n’apparaît pas en dehors du générique.

Histoire de Ted Herbert, réalisée par John Florea. Si l’on peut dire parce-que Florea n’a pas mis en scène grand-chose.

Clarence et Judy ont disparu depuis quatre jours. La petite orpheline Jenny (Erin Morgan) n’en mange plus, persuadée qu’ils sont morts.

Cet épisode dans lequel Marsh raconte à Jenny les précédentes escapades de nos deux héros n’est en fait composé que d’images d’anciens épisodes. C’est un « épisode clip » ou « Clip-show ».

Tout d'abord, Marsh ouvre une malle au trésor de sa fille Paula contenant des objets liés à Clarence et Judy : plume, chiffon, poupée pour Judy ...

En voix of, Marsh relate à Jenny nombre d’aventures passées. « Les lionceaux » (04-01) est ainsi remontré, mais avec une version très résumée. De plus, des scènes jamais montrées ont été ajoutées pour embellir l’histoire que raconte Marsh. Sans doute des chutes d’épisodes.

On redécouvre un Marshall Thompson plus jeune de trois ans.

Le second récit reprend quelques scènes de « Prince » (01-09) mais en se concentrant seulement sur les bêtises de Clarence et Judy et sans reprendre l’intrigue de l’épisode.

On saute pour le récit suivant à l’épisode 02-24 « Clarence roi », dans lequel Judy met Clarence dans une cage ascenseur qu’elle hisse jusqu’à un repaire de chasseur.

Le récit n’a rien à voir avec l’épisode, et sert à Marsh pour inventer de toute pièce une histoire pour petite fille.
Toutefois, le côté spectaculaire de la cage ascenseur est habilement réutilisé ici.

Les récits sont entrecoupés des questions de la petite Jenny, et de ses commentaires.

Puis de courtes scènes de divers épisodes sont mises bout à bout.

Le 02-23 « Printemps à Waméru », où nos héros « couvent » des œufs d’autruche sert de prétexte à une histoire d’amitié entre Judy et une autruche.

Bien sûr, le jeune public se laisse prendre à cette série de contes faits par le héros.

Pour expliquer l’arrivée de Toto à Waméru, on se sert des séquences impressionnantes de « Le petit chimpanzé » (01-08), mais complètement sorties de leur contexte.

Toto était présente dès le pilote, et cette version de son arrivée au dispensaire est fantaisiste.

Et l’on arrive ainsi à 45 minutes de métrage, en ayant filmé que quelques scènes avec Erin Moran et Marshall Thompson.

Notons que les extraits se sont limités à montrer Clarence, Judy, Marsh et Paula (elle aussi plus jeune), Yale Summers et les guest-stars n’y figurant jamais.

Nous apprenons que Clarence et Judy n’ont jamais de fait de fugue mais étaient en vacances avec Hedley (Il s’agit là de scènes tournées pour l’épisode, enfin !). Marsh lui reproche de ne pas l'avoir prévenu. Hedley sort de son portefeuille le mot qu'il avait rédigé...et qui est resté dans sur lui!

Avec émotion, Hedley Mattingly regarde les objets dont Marsh s'est servi pour raconter des histoires, prend le chiffon et la plume avec attendrissement.

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Images capturées par Patrick Sansano.

 

Le Procès d'un léopard (The Execution)