TéléfilmsSaison 2

Zorro

Saison 1

1. Nous vous présentons le señor Zorro (Presenting Señor Zorro)

2. Passage secret (Zorro's Secret Passage)

3. Drame au monastère San Gabriel (Zorro Rides to the Mission)

4. Le Fantôme du moine masqué (The Ghost of the Mission)

5. L'Idylle de Zorro (Zorro's Romance)

6. Zorro sauve un ami (Zorro Saves a Friend)

7. Monastario tend un piège (Monastario Sets a Trap)

8. Evénement tragique (Zorro's Ride into Terror)

9. Un procès qui finit bien (A Fair Trial)

10. Garcia en mission secrète (Garcia's Secret Mission)

11. La Situation se complique (Double Trouble for Zorro)

12. Un escrimeur chanceux (Zorro, Luckiest Swordsman Alive)

13. La Chute de Monastario (The Fall of Monastario)

14. L'Ombre d'un doute (Shadow of Doubt)

15. Garcia est accusé (Garcia Stands Accused)

16. Esclaves de l'aigle noir (Slaves of the Eagle)

17. Le Sourire du danger (Sweet Face of Danger)

18. Zorro combat son père (Zorro Fights His Father)

19. La Mort rôde (Death Stacks the Deck)

20. Agent de l'aigle noir (Agent of the Eagle)

21. Zorro tend un piège (Zorro Springs a Trap)

22. Zorro est démasqué (The Unmasking of Zorro)

23. Le Secret de la Sierra (The Secret of the Sierra)

24. Le Nouveau Commandant (The New Commandante)

25. Le Renard contre le loup (The Fox and the Coyote)

26. Adieu, monsieur le magistrat (Adios, Senor Magistrado)

27. Les Complices de l'aigle noir (The Eagle's Brood)

28. Zorro par intérim (Zorro by Proxy)

29. Quintana fait un choix (Quintana Makes a Choice)

30. Zorro met le feu aux poudres (Zorro Lights a Fuse)

31. L'Homme au fouet (The Man with the Whip)

32. La Croix des Andes (The Cross of the Andes)

33. Les Bolas mortelles (The Deadly Bolas)

34. Le Puits de la mort (The Well of Death)

35. Le Nœud coulant se resserre (The Tightening Noose)

36. Les Regrets du sergent (The Sergeant Regrets)

37. L'Aigle s'envole (The Eagle Leaves the Nest)

38. Bernardo face à la mort (Bernardo Faces Death)

39. La Fuite de l'aigle (The Eagle's Flight)



1. NOUS VOUS PRÉSENTONS LE SEÑOR ZORRO
(PRESENTING SEÑOR ZORRO)



Rappelé d'Espagne par son père, le jeune Don Diego de la Vega entreprend de lutter contre la dictature militaire qui sévit à Los Angeles. Pour ne pas compromettre sa famille, il se fait passer pour un jeune oisif inoffensif, mais la nuit il devient Zorro, le justicier masqué, défenseur des opprimés. Sa première intervention consiste à libérer un voisin, arrêté pour avoir osé résister au terrible commandant Monastorio.

Comme tout pilote qui se respecte, ce premier épisode présente les principaux personnages et fixe le cadre et les principaux codes de la série. Don Diego de la Vega, parti poursuivre ses études en Espagne, a reçu une lettre de son père, l'informant de son souhait de le voir rentrer au plus vite en Californie afin de l'aider à résoudre certains problèmes.

Pendant la traversée de l'Atlantique, il apprend que Los Angeles est opprimée par la tyrannie d'un certain commandant Monastorio. A l'arrivée, le bateau doit être fouillé par les hommes du commandant. Aussi, il ordonne à Bernardo, son domestique muet, de jeter à l'eau ses trophées de champion d'escrime. En effet, il a décidé de lutter contre la dictature, mais pas ouvertement, afin de ne pas nuire à son père.

Don Diego va se faire passer pour un lâche, un jeune niais plongé dans ses lectures, incapable de manier l'épée. La nuit, il deviendra Zorro, le renard rusé, un combattant capable de contrer les méfaits de Monastorio par son audace et ses talents d'escrimeur. Quant à Bernardo, il fera semblant d'être sourd afin de récolter de précieux renseignements.

Dès son arrivée, Don Diego assiste à l'arrestation de son voisin le señor Torres, coupable de « trahison », c'est-à-dire de résistance au commandant Monastorio. Il retrouve le sergent Garcia, une vieille connaissance, désormais aux ordres du commandant.

Alors que Don Alejandro, son père, lui explique la situation et lui demande d'agir, Diego refuse de le faire ouvertement. Il propose simplement d'écrire une lettre de protestation au gouverneur, ce qui ne peut que rester sans effet. Don Alejandro éprouve une cruelle déception, et son fils en ressent de l'amertume et des regrets : voilà qui sera une constante de la série, revers de la médaille dans la vie des justiciers qui entendent rester anonymes...

Don Diego est heureux de retrouver Tornado, son cheval noir, qu'il présente à Bernardo. Tornado sera le cheval de Zorro, et personne ne pourra le reconnaître, pas même Don Alejandro, qui l'a connu alors qu'il n'était qu'un jeune poulain.

Le soir venu, Zorro passe à l'action. Il libère Don Ignacio Torres alors que Monastorio s'apprêtait à le liquider au cours d'une évasion montée de toutes pièces avec la complicité de son homme de loi. Zorro affronte le commandant à l'épée et s'enfuit. Les hommes de Monastorio ne peuvent se lancer à sa poursuite car le rusé Zorro a pris soin d'attacher leurs chevaux.

Zorro conseille à Torres de demander l'asile au monastère San Gabriel, et voilà comment 25 minutes passent très vite, tant cet épisode est réussi en tous points.

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2. PASSAGE SECRET
(ZORRO'S SECRET PASSAGE)

Le commandant Monastorio offre une récompense pour la capture de Torres et de Zorro. Il arrête un vaquero employé des de la Vega, qu'il prend pour Zorro. Seule une intervention du vrai justicier pourrait disculper le vaquero.

Un épisode on ne peut mieux intitulé puisque sa caractéristique principale est la présentation du passage secret qui conduit de la maison des de la Vega à la grotte où Zorro cache Tornado. Bernardo est stupéfait de découvrir ce chemin derrière une bibliothèque, lorsque son maître lui fait les honneurs des lieux.

Le passage secret longe la maison, passe sous les écuries et aboutit à une grotte dont l'entrée est dissimulée derrière un rideau de verdure. Zorro et Tornado peuvent franchir ce rideau pour mener leurs expéditions puis revenir se mettre à l'abri d'éventuels poursuivants. Même Don Alejandro, décidément peu informé des mystères de sa demeure, ignore l'existence de cette grotte et de ce chemin.

Le passage ne va pas tarder à prouver son utilité. En effet, le commandant Monastorio rend visite à Don Diego, avec un masque et une cape semblables à ceux de Zorro. A la recherche du « hors-la-loi », il soupçonne un vaquero au service de la famille de la Vega.

Diego insiste pour être totalement lavé de tout soupçon, mais Monastorio le prend d'autant moins au sérieux qu'il se montre ridicule en voulant le défier à l'épée. Zorro a atteint son objectif, mais du même coup, Monastorio persiste à soupçonner le vaquero qui, il est vrai, ressemble à Don Diego... donc à Zorro.

Don Diego rend visite à Torres au monastère San Gabriel, puis à la fille de Torres, dont il est plus ou moins amoureux. Alors que Monastorio a arrêté le vaquero et entreprend de tester ses aptitudes au combat, Zorro intervient le soir même pour prouver au commandant qu'il fait erreur. Il défie Monastorio à l'épée, gagne le duel et prévient son adversaire qu'il se montrera moins magnanime s'il est contraint de l'affronter à nouveau.

Monastorio se lance à ses trousses avec ses hommes. La meute parvient en toute logique aux alentours de la villa de la Vega. Zorro rentre chez lui par le passage secret, redevient Don Diego et n'a plus qu'à recevoir Monastorio en robe de chambre, avec un air ensommeillé et ahuri...

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3. DRAME AU MONASTÈRE SAN GABRIEL
(ZORRO RIDES TO THE MISSION)

Un Indien désireux de toucher la récompense informe Monastorio de la cachette de Torres au monastère San Gabriel. Furieux du refus catégorique du père Felipe de livrer le réfugié, le commandant réquisitionne les Indiens employés à la cueillette des oranges au monastère et les fait travailler durement. Il espère ainsi amener Torres à se rendre.

La cruauté sans limites de Monastorio est mise en exergue tout au long de cet épisode. Le commandant ne ménage personne, pas même le dévoué sergent Garcia, sommé de se traiter lui-même de « gros babouin indigne de servir le Roi d'Espagne et... le commandant Monastorio ».

C'est évidemment pire avec les Indiens, lardés de coups de fouets et forcés d'accomplir des travaux inutiles : déplacer d'énormes blocs de pierres pour les remettre ensuite à leur point de départ. Une occasion de constater la stupidité sans bornes du sergent Garcia, incapable de comprendre le but réel de ces manœuvres.

Les Indiens sont chargés de la cueillette des oranges, bien que ces dernières ne valent pas celles de Valence, selon l'aveu du père Felipe. A leur sujet, on remarque que tous ne sont pas des saints puisque c'est l'un de ceux travaillant au monastère qui trahit Torres et le père Felipe, afin de toucher la récompense promise par le commandant.

L'atmosphère générale est assez sombre mais recèle un moment d'humour, lorsque Don Diego se paye la tête de Monastorio en jouant de l'orgue. Bien entendu, Zorro va sauver la situation alors que Torres, horrifié par le traitement infligé aux Indiens par sa faute et finissant par céder à la pression, était sur le point de se livrer au commandant Monastorio.

Outre l'ambiance dramatique un peu trop poussée, on peut regretter que l'intervention de Zorro ait lieu en plein jour : la magie de la nuit apporte toujours un petit quelque chose en plus, et c'est ce petit plus qui manque à cet épisode.

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4. LE FANTÔME DU MOINE MASQUÉ
(THE GHOST OF THE MISSION)

Déterminé à s'emparer de Don Ignacio Torres, le commandant Monastorio prétexte une attaque d'Indiens imminente pour investir le monastère San Gabriel avec ses soldats, afin de « protéger les occupants », en réalité pour surveiller et affamer Torres.

Toujours soucieux de protéger son père, Diego apprend à Bernardo à jouer de la guitare afin qu'il se fasse passer pour lui pendant ses expéditions nocturnes. Le muet devra jouer de la musique dans la chambre de son maître pour que Don Alejandro ne se doute pas que son fils et Zorro ne font qu'une seule et même personne. Bernardo n'est pas doué, et Don Diego lui fait remarquer que tout Espagnol qui se respecte doit savoir jouer de la guitare…

Le meilleur de l'épisode se trouve dans la première partie, avec le temps fort à suspense lors de la première sortie nocturne de Zorro. Le justicier apporte de la nourriture à Torres, mais le commandant le surprend et le poursuit, aidé par ses hommes. Zorro s'échappe en glissant le long d'une corde attachée au clocher de l'église. Monastorio coupe la corde, heureusement trop tard pour que Zorro se blesse en tombant, mais l'homme masqué est passé tout près de la catastrophe.

Après cet échec, Zorro décide de changer de tactique, d'employer la ruse, ce qui est bien normal pour un renard... Il invente une histoire de « fantôme d'un moine fou » destinée à impressionner le crédule sergent Garcia et sa garnison. Bien secondé par Bernardo, il ne lui reste plus qu'à se promener avec un déguisement de « fantôme sans visage » et à simuler une attaque d'Indiens pour porter le coup de grâce : terrorisés, les soldats prennent la fuite, Garcia en tête. Cette seconde partie est plaisante, mais pas au niveau de la première. 

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5. L'IDYLLE DE ZORRO
(ZORRO'S ROMANCE)

Monastorio et sa garnison fouillent le ranch de Torres, ce qui contraint Don Ignacio à se cacher dans la cave. Sensible au charme d'Helena, la fille de Torres, le commandant  envisage de l'épouser.

En préambule, Monastorio révèle ses projets au sergent Garcia : s'emparer du ranch de Don Ignacio Torres et de tout ce qui se trouve à l'intérieur, y compris la jeune et belle señorita Helena Torres, dont il souhaite faire sa femme.

Le commandant investit le ranch Torres et le fait fouiller par ses troupes, alors que Don Ignacio s'est réfugié dans la cave. C'est alors que l'épisode s'oriente vers une histoire guignolesque, éloignée de l'ambiance trouble, électrique, mystérieuse des meilleurs épisodes.

Don Diego, en visite chez les Torres afin de conseiller à Ignacio de se rendre au plus vite à Monterey, accompagne le sergent Garcia à la cave et profite de son penchant pour le bon vin : après avoir bu quelques pichets, Garcia échoue dans l'arrestation de Torres. C'est la première fois que l'on montre de façon explicite l'ivrognerie notoire du sergent, mais il y en aura d'autres...

La fouille des étages donne lieu à un festival de pitreries de la part du sergent Garcia. Voilà qui n'empêche pas les recherches de traîner en longueur, et l'épisode devient alors languissant.

Diego a le don d'exaspérer Monastorio : il surgit et chante la sérénade juste au moment où le commandant allait profiter de sa position pour embrasser Helena. Cette scène est finalement plus drôle que les maladresses de Garcia.

Le jeune de la Vega fait preuve de son astuce habituelle pour aider Torres à s'enfuir : il fait assommer le commandant à l'aide d'un pot de fleur que Bernardo laisse tomber sur le crâne du tyran, puis fait revêtir l'uniforme de Monastorio par Torres, qui peut ainsi filer au nez et à la barbe des gardes. Il bénéficie même d'une escorte de cavaliers, emmenés par le sergent Garcia !

Lorsqu'il se réveille, Monastorio soupçonne Don Diego d'être un complice de Zorro, mais retrouve Bernardo et Diego ligotés dans la cave : une fois de plus, Zorro a bien manœuvré. On peut tout de même regretter la brièveté de l'intervention de Zorro en uniforme sur son cheval. Le scénario fait la part trop belle à Don Diego par rapport à Zorro.

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6. ZORRO SAUVE UN AMI
(ZORRO SAVES A FRIEND)

Le commandant Monastorio a fait arrêter et jeter en prison l'épouse et la fille de Torres. Il espère prendre Zorro au piège lorsque le justicier ne manquera pas de tenter de les libérer. Mais Benito, le chef des vachers des de la Vega, amoureux de la señorita Helena, se déguise en Zorro pour venir libérer sa bien-aimée. Maladroit, il se fait prendre et démasquer. Monastorio décide de le pendre dans les plus brefs délais.

Une entame qui en dit long sur les méthodes de Monastorio. Son homme de loi est furieux de l'arrestation de la señora Torres et de sa fille, qui risque de « dresser le peuple contre nous alors que nous prétendons le défendre contre les propriétaires. »

Ainsi, Monastorio tente d'user de démagogie pour asseoir son pouvoir. Il ressort de tout ceci un petit côté démocrate-chrétien insufflé par les scénaristes, aspect que l'on devinait dans les épisodes précédents : les notables et les religieux sont les vrais défenseurs du peuple, contre ceux qui prétendent le représenter.

Du côté du sergent Garcia, pas de nouveauté mais la confirmation de son amour du vin lorsque, sur suggestion (intéressée) de Don Diego, il s'empresse d'aller vérifier si le vin du « Nord » est véritablement moins savoureux que le vin local. Bien entendu, il est toujours aussi lourdaud et maladroit.

L'arrestation de Zorro constitue une surprise de taille, avant que l'on découvre qu'il ne s'agit que d'un ersatz. En revanche, il est facile de deviner que c'est le vrai justicier qui se cache sous l'habit du père Felipe, lors de la séquence finale : le prétendu prêtre cache bien trop ostensiblement son visage...

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7. MONASTARIO TEND UN PIÈGE
(MONASTARIO SETS A TRAP)

Don Alejandro organise la rébellion contre Monastorio. Il réunit les plus importants propriétaires terriens de la région, qui décident de prendre d'assaut la prison afin de libérer Helena et la señora Torres, et ce malgré les conseils de prudence de Don Diego.

Toujours déçu par l'attitude de son fils, Don Alejandro se montre cruel avec lui. Lors de l'assemblée des notables, il lui jette un cinglant :

« Il est préférable dans certains cas de mourir comme un homme plutôt que de vivre comme un lâche. »

Avant de partir pour la caserne, Alejandro, déçu par le refus de Diego de l'accompagner, lui déclare qu'il avait un moment espéré être fier de lui. Le père de Diego ignore que Monastorio a fait espionner sa réunion et prépare une embuscade meurtrière.

Zorro décide d'attaquer la garnison afin de lancer les soldats à sa poursuite, ce qui laissera le champ libre à son père et à ses amis. Il affronte Monastorio en duel, scène récurrente mais toujours spectaculaire, tellement les duettistes sont bons escrimeurs.

Réjouissant aussi, le défi que lance Zorro au sergent Garcia : il le traite de « gros porc ». Hélas ! Ceci ne suffit pas à retenir Garcia, qui rentre à la caserne avec ses hommes. Un affrontement sanglant lors de l'assaut est désormais inévitable.

Monastorio tire sur Don Alejandro et le blesse, sous les yeux d'un Zorro consterné. Le justicier parvient à sauver son père en l'emmenant sur son cheval. Alejandro est tenté de retirer le masque de Zorro, espérant concrétiser ses rêves en découvrant le visage de son fils, mais il n'ose pas, par respect pour l'homme qui vient de lui sauver la vie. Une scène finale fort émouvante, superbe conclusion pour un des meilleurs épisodes de la saison.

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8. ÉVÉNEMENT TRAGIQUE
(ZORRO'S RIDE INTO TERROR)

Zorro laisse son père blessé dans le passage secret et rentre chez lui pour aller chercher le nécessaire pour le soigner. Mais Monastorio surgit et consigne Don Diego à son domicile, sous la garde du sergent Garcia et de ses hommes.

Ce très bon épisode constitue la suite directe du précédent puisqu'on retrouve Zorro avec son père, blessé à la suite de l'attaque des notables contre Monastorio. Zorro trouve refuge dans sa grotte. Don Alejandro, sérieusement touché, le remercie chaleureusement.

Redevenu Don Diego, le justicier est fort ennuyé de trouver Monastorio à son domicile, alors que son père attend des secours dans le passage secret. Il a une légère frayeur lorsque le commandant l'accuse de duplicité. Mais non, il ne le soupçonne pas d'être Zorro, simplement d'avoir trop de sympathie pour les idées jugées séditieuses de son père.

Garcia offre de bonnes scènes comiques. Invité par Don Diego à piquer un petit roupillon sur son propre lit, ce qui devait arriver arrive : Monastorio le surprend en pleine sieste. Pour se débarrasser de ses geôliers, Diego fait monter par Bernardo cinq bouteilles de vin. Résultat : le sergent entonne des chansons et ne se rend même pas compte que son hôte s'est éclipsé !

Zorro ne retrouve pas son père dans la grotte. Alejandro est sorti pour tenter d'en finir avec Monastorio. Ce dernier le retrouve et s'apprête à l'achever quand Zorro intervient. Pour changer de l'épée, on assiste à un duel à la lance, évidemment remporté par le justicier. Zorro confie son père à Don Ignacio Torres, alors placé sous la protection du gouverneur.

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9. UN PROCÈS QUI FINIT BIEN
(A FAIR TRIAL)

Don Ignacio et Don Alejandro se sont rendus à Monastorio. Ils sont confiants car le gouverneur va envoyer un juge intègre pour leur procès, prévu pour le lendemain. Ils ignorent que le commandant a chargé le sergent Garcia de retarder l'arrivée du juge, sous prétexte de « l'escorter », afin de faire condamner les accusés par un magistrat local à sa solde et de les exécuter dans la foulée.

Après les sommets des deux épisodes précédents, on revient à un niveau plus normal, avec cette histoire curieusement axée sur le comique, malgré la gravité de la situation.

Chargé de retarder l'arrivée du juge, Garcia ne peut y parvenir par la nourriture : le magistrat est un gros mangeur puisqu'il réussit même à dégoûter le sergent ! L'aubergiste, interprété par l'excellent William Schallert, suggère alors d'employer un somnifère, qui fait aussitôt son effet.

Heureusement, Zorro veille et va se charger d'amener le juge à Los Angeles. La tactique employée est étonnante (il déguise Bernardo en sergent Garcia !), mais le résultat l'est encore plus : le muet est méconnaissable avec la moustache, l'uniforme et la bedaine du sergent.

Le juge est en retard. Monastorio fait débuter le procès, un procès expéditif sous l'égide de son homme de loi. Au moment du verdict, Zorro, dissimulé derrière un rideau, pointe son épée dans le dos du magistrat et l'oblige à déclarer les accusés non coupables, à la stupéfaction de Monastorio. Lorsque le juge régulier arrive, le commandant est contraint de lui annoncer l'acquittement des prévenus.

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10. GARCIA EN MISSION SECRÈTE
(GARCIA'S SECRET MISSION)

Monastorio organise un simulacre de renvoi de l'armée du sergent Garcia. Il espère que Garcia, redevenu un simple citoyen, et présumé revanchard envers l'armée, recueillera des confidences de la population au sujet de la cachette de Zorro. Le commandant a promis au sergent la promotion au grade de lieutenant s'il réussit sa mission.

Un épisode atypique centré sur le sergent Garcia, chargé d'une mission secrète par le commandant Monastorio. A croire que Monastorio a gardé une certaine confiance envers le sergent, dont il a pourtant constaté à de multiples reprises l'incompétence notoire...

Zorro a joué un bon tour en accrochant un drapeau à son initiale dans la caserne. Le commandant fait jeter en prison deux vagabonds qui ont eu l'outrecuidance de rire de l'anecdote devant lui, puis les libère et leur confie en échange la tâche de réparer un toit dans un délai impossible à tenir. Il prend prétexte de l'épisode du drapeau pour faire semblant de renvoyer le sergent Garcia. Zorro va agir pour que les deux vagabonds ne se retrouvent pas victimes collatérales de sa blague.

Il est amusant de découvrir Monastorio ensommeillé sortir de son lit en sous-vêtements, lorsque Garcia court lui annoncer la réussite du plan. Mais ceci est insuffisant pour apporter une satisfaction réelle au spectateur. En effet, l'épisode tout entier ressemble à une blague de mauvais goût, à l'image de celle de Zorro.

Nonobstant l'atmosphère nocturne, qui fait cruellement défaut, le scénario donne une impression de flottement, probablement due à la fin des ennuis de Don Alejandro et Don Ignacio Torres. Car c'est toute la trame de la série depuis ses débuts qui est brusquement interrompue, et cela crée un vide difficile à combler.

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11. LA SITUATION SE COMPLIQUE
(DOUBLE TROUBLE FOR ZORRO)

Le commandant Monastorio cherche à discréditer Zorro. Il promet la libération à un prisonnier arrêté pour meurtre lors d'un duel. En échange, l'homme devra se déguiser en Zorro pour maltraiter et dévaliser les participants les plus modestes à un banquet offert par le commandant aux notables et aux paysans.

L'histoire commence très bien, avec un gros plan sur les gambettes affriolantes d'une splendide danseuse de flamenco.  Dans la foulée, le festival de mimiques de Bernardo en guise de compte-rendu de sa mission d'espionnage chez le commandant est fort drôle.

Néanmoins, c'est la séquence finale qui va donner sa pleine mesure à cet épisode agréable, grâce à une multitude de quiproquos : le sergent Garcia, puis le commandant Monastorio, prennent le vrai Zorro pour le faux, et ce dernier est victime à deux reprises d'un déplacement d'échelle opéré par Bernardo.

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12. UN ESCRIMEUR CHANCEUX
(ZORRO, LUCKIEST SWORDSMAN ALIVE)

Le commandant Monastorio décide de ne pas changer une tactique qui perd : il veut continuer à discréditer Zorro à l'aide d'un faux. Il fait croire que Martinez, le faux Zorro, a été tué au cours d'une tentative d'évasion, et le charge de piller le monastère San Gabriel, toujours habillé en Zorro.

Rien de nouveau au sujet des relations entre les de la Vega père et fils : Don Alejandro est exaspéré par la conduite de son fils, qui semble se désintéresser des exploits de Zorro et préfère jouer de la guitare.

Concernant l'action proprement dite, le faux Zorro semble cette fois-ci réussir dans son entreprise puisque le justicier se retrouve dans le pétrin : Martinez a tué un Indien qui voulait l'empêcher de voler des bijoux dans le monastère San Gabriel, et le père Felipe s'est converti en plus farouche détracteur de Zorro. Il faut dire que Monastorio n'a rien laissé au hasard puisqu'il a procuré à Martinez un cheval noir, copie très ressemblante de Tornado.

Zorro doit jouer serré pour rétablir sa réputation. Il piège le commandant en mettant en circulation des bijoux prétendument issus du vol attribué à Zorro. Les événements se précipitent lorsque Martinez se sent trahi par son complice. Un combat épique à l'épée commence entre Monastorio et Martinez. Jusqu’à cet instant, pas de problème pour le justicier masqué.

Hélas ! Zorro se retrouve contraint d'intervenir car, si Monastorio tue Martinez, il n'aura plus aucun moyen de se réhabiliter auprès de la population. Sous l'identité de Don Diego, et sous le regard intéressé de Monastorio, il affronte Martinez en faisant semblant d'être maladroit, puisque sensé ne pas savoir manier l'épée. Sa victoire finale sera donc attribuée à la chance, d'où le titre de l'épisode.

La façon dont Zorro doit être blanchi, par le commandant lui-même lorsqu'il va rapporter la couronne de bijoux au père Felipe, n'apporte pas une conclusion satisfaisante, et l'on ne peut que rester sur sa faim face à une telle maladresse de scénario.

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13. LA CHUTE DE MONASTARIO
(THE FALL OF MONASTARIO)

Alors que Los Angeles se prépare à accueillir le vice-roi, Monastorio arrête Don Diego, qu'il soupçonne d'être Zorro, et compte bien se couvrir de gloire en offrant ce « trophée » à son prestigieux visiteur.

Depuis l'acquittement de Don Ignacio Torres et de Don Alejandro, l'intensité de la série était en nette baisse. Dans ces conditions, il était sage de conclure la période Monastorio, inexorablement vouée à tourner en rond. Cet épisode de conclusion est lui aussi assez décevant, et ce pour de multiples raisons.

Si Monastorio fait preuve d'une certaine perspicacité en devinant l'identité de Zorro, il faut avouer que la tâche lui a été facilitée par le justicier lui-même. En effet, le combat d'escrime du final de l'épisode précédent et la « chance du débutant » ne pouvaient tromper grand-monde. Le commandant a également fini par remarquer que Diego était toujours dans les parages lors des « forfaits » de Zorro, mais absent dès lors que le « hors-la-loi » apparaissait.

En dehors de cette arrestation, on doit bien reconnaître que Monastorio, assez consistant au début de la série, était devenu au fil des épisodes une caricature, un pantin ridicule, à peine plus intelligent que le sergent Garcia. Le couronnement de cette évolution est atteint lors de cet épisode, si bien que l'on ne regrettera pas de voir disparaître le personnage.

On relève une énorme incohérence de scénario. Le vice-roi ne croit pas que Don Diego puisse être Zorro car il connaît bien le jeune de la Vega qui, lors de son séjour en Espagne, était un camarade d'université et un ami de son fils. Mais justement, comment pourrait-il alors ignorer que Diego est un champion d'escrime, et que son numéro d'escrimeur maladroit ne peut être que de la comédie ?

Déception aussi avec des séquences réellement téléphonées : le piège inventé par Diego, à savoir mettre un homme lui ressemblant derrière le masque de Zorro, se devine facilement, tout comme la prétendue intervention du « vrai » Zorro, venu innocenter Don Diego en fin d'épisode. Tout spectateur avisé comprend immédiatement qu'il s'agit en fait de Bernardo déguisé en Zorro.

Déception encore avec le duel à l'épée entre le commandant et Zorro, pâle redite de l'aventure précédente avec Zorro à nouveau contraint de jouer les duettistes maladroits. Vraiment, on pouvait espérer beaucoup mieux de l'épisode charnière relatant la chute de Monastorio.

Une des rares satisfactions a trait à la distribution. Le vice-roi est interprété par John Dehner et sa fille Constance par Lisa Gaye. Voilà deux bons comédiens, qui rappelleront certains souvenirs aux amateurs de la série Les Mystères de l'Ouest, à laquelle ils participeront, le plus souvent dans des rôles d'adversaires. Ici, ils incarnent des personnages sympathiques.

Le vice-roi arrive avec un préjugé défavorable envers le commandant Monastorio. Sa fille confirme ce qu'il pense, elle juge même Monastorio comme un « pompeux imbécile ». Il faut dire que le commandant, peu familiarisé avec la nuance, en fait trop dans le registre de la servilité...

Autre séquence agréable, l'intronisation comme commandant provisoire du sergent Garcia, après l'arrestation de Monastorio. Le gros homme est évidemment ravi de ce dénouement.

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14. L'OMBRE D'UN DOUTE
(SHADOW OF DOUBT)

Un nouveau commandant est annoncé à Los Angeles. Il est assassiné dès son arrivée. On arrête un simple d'esprit, mais une serveuse de bar, qui a vu le véritable coupable, est enlevée. Zorro va devoir reprendre du service.

Un bon épisode qui monte en puissance après un début assez lent. Débarrassée de l'odieux Monastorio, dotée d'un juge et d'un nouveau commandant jouissant d'une bonne réputation, Los Angeles s'apprête à couler des jours paisibles et heureux. Don Diego pense que la carrière de Zorro est terminée.

Hélas ! Le nouveau commandant est assassiné dès son arrivée. Un simple d'esprit est accusé du meurtre, mais le vrai coupable est un certain Esteban Rojas, à la solde du juge, qui est en réalité un traître.

Après la mollesse des épisodes précédents, c'est avec un plaisir certain que l'on retrouve une très bonne scène d'action, lorsque Zorro sauve Maria Crespo, la charmante serveuse, enlevée par des bandits et prisonnière d'un chariot fou fonçant à toute allure vers l'abime.

La ravissante et très regrettée Myrna Fahey, victime du cancer à l'âge de quarante ans, insuffle au personnage de Maria une candeur juvénile très sympathique. Maria voue une admiration sans limite pour Zorro, ce dont profite le cynique Rojas. Curieusement, Myrna Fahey jouera plus tard dans Les Trompettes de Jéricho, un épisode de la série Au Coeur du Temps, tout comme Lisa Gaye, vue dans l'épisode précédent. Myrna interprétera Rahab et Lisa sa perfide servante Ahza.

Le témoignage de Maria Crespo va permettre d'innocenter le simple d'esprit. Quant à Rojas, on le retrouve assassiné, avec une plume d'aigle dans la main. Une conclusion qui oriente la série vers une nouvelle période, celle de la lutte contre l'Aigle Noir.

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15. GARCIA EST ACCUSÉ
(GARCIA STANDS ACCUSED)

Une machination a été montée contre le sergent Garcia. Appâté par la promesse d'un faux Zorro de se laisser capturer, il est attiré dans un guet-apens et accusé d'avoir agressé et volé le messager du Roi, porteur de la solde de la garnison. Garcia est condamné à mort.

Un épisode intéressant doté d'un scénario solide basé sur une machination et une course contre la montre pour sauver Garcia de la fusillade. Avant que le sergent ne soit victime du complot, il nous offre une de ces scènes amusantes dont il a le secret. Au son d'une chanson de Don Diego, il se voit déjà bardé de médailles et coqueluche des señoritas, après avoir capturé Zorro ! On remarque aussi qu'il se montre moins bête qu'on pouvait le croire puisqu'il comprend qu'il a été berné par un faux Zorro.

La sublime Myrna Fahey apparaît à nouveau, toujours dans le rôle de Maria Crespo, témoin au procès du sergent Garcia. Autre fait remarquable : lors d'une spectaculaire poursuite à cheval, Zorro tombe sur une pierre et s'assomme. Il est sauvé par Tornado, qui empêche le messager du Roi de l'achever.

Au moment où Garcia allait être exécuté, Zorro surgit et force le messager à avouer que des inconnus lui ont promis de pouvoir conserver la totalité de la solde de la garnison s'il prétendait avoir été dépouillé par le « gros sergent ».

Zorro a trouvé une autre plume d'aigle sur le messager, et se demande ce que toutes ces plumes signifient. Il n'est pas le seul, car le spectateur est tenu dans l'ignorance des dessins de l'ennemi invisible. Pourquoi a-t-on voulu éliminer le sergent Garcia, tout comme on avait exécuté le nouveau commandant ? Surtout qu'un homme aussi falot que le sergent ne peut pas déranger grand-monde... Serait-ce l'armée dans son ensemble qui est visée ? Mystère...

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16. ESCLAVES DE L'AIGLE NOIR
(SLAVES OF THE EAGLE)

Le juge et ses complices de la bande de l'Aigle ont instauré un impôt exorbitant en usurpant l'identité du percepteur du Roi. Leur but est de vendre comme esclaves les malheureux emprisonnés pour n'avoir pas pu payer les nouvelles taxes. Parmi eux, le frère de Maria Crespo.

Un épisode particulièrement réussi qui mêle habilement aspects graves, voire pathétiques, à l'image de la détresse de Maria Crespo face à l'emprisonnement puis à la déportation de son frère, et les scènes comiques générées par l'épatant sergent Garcia.

Le scénario multiplie les rebondissements et les bonnes surprises. La première d'entre elles est de découvrir le neveu du percepteur parmi les complices des bandits. Ce sont de telles subtilités qui procurent les meilleurs épisodes, et la suite confirmera ce début tonitruant.

N'oublions pas non plus le plaisir de retrouver Myrna Fahey pour la troisième de ses quatre apparitions sur la série, ainsi que la voix d'Henry Djanik, dans la bouche d'un des malfaiteurs.

Don Diego apprend l'escrime à Bernardo, puis l'équitation, afin qu'il puisse se faire passer pour lui si nécessaire. Initiative judicieuse s'il en est puisque justement l'occasion d'utiliser les nouveaux talents du muet ne va pas tarder à se présenter...

On commence à découvrir que le sergent Garcia est un bon bougre puisqu'il se rebelle contre l'injustice faite aux paysans, et souhaite même l'intervention de Zorro. Voyant que le justicier tarde à arriver, il décide de se déguiser en Zorro et de libérer les prisonniers lui-même, après s'être prudemment assuré que le caporal Reyes ne tirerait pas sur « Zorro » !

Henry Calvin est hilarant sous son déguisement de Zorro. Et il s'étonne d'être reconnu par le juge ! Cet intermède réjouissant a son pendant négatif, l'échec de l'intervention du vrai Zorro. La mascarade du sergent a ameuté suffisamment de soldats pour compromettre toute action en faveur des prisonniers.

Qu'à cela ne tienne ! Ce n'est pas pour rien que Zorro s'appelle « le Renard »... Il lance les gardes armés à la poursuite de Bernardo déguisé en Zorro, afin de pouvoir libérer les détenus en toute tranquillité.

La scène finale, réjouissante, confirme la haute qualité de l'épisode. L'esclavagiste, qui a payé pour rien puisque Zorro a libéré les prisonniers, se dédommage avec de nouveaux esclaves tous trouvés : ce sont les trois hommes de l'Aigle, dont le faux percepteur et son vrai neveu, qui descendront dans la mine !

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17. LE SOURIRE DU DANGER
(SWEET FACE OF DANGER)

Un espion du vice-roi, qui venait d'arriver à Los Angeles, a été assassiné par des hommes de l'Aigle. Une complice des bandits, que Don Alejandro souhaitait naïvement marier à son fils, se retrouve menacée de mort à la suite d'une manipulation de Don Diego.

Trop de passages languissants dans la première partie de cet épisode, avec les mondanités imposées à Don Diego par son père, désireux de le voir épouser la señorita Magdalena Montes, fraîchement débarquée de Mexico.

Puis le suspense monte avec les soupçons que Don Diego porte sur Magdalena. Et en effet, la belle se révèle être une complice de l'Aigle. Diego s'empare de la plume apportée par la señorita et la découpe de manière à signifier la mort, pensant que la sentence va s'appliquer au tueur à gage du juge Galindo. Mais c'est Magdalena qui se retrouve menacée. Il en résulte une classique séance nocturne de sauvetage de la jeune fille par Zorro.

Malgré quelques bonnes séquences, cet épisode suscite un certain malaise et quelques interrogations quant aux motivations de Magdalena : qu'est-ce que cette jolie fille de la bonne bourgeoisie peut bien avoir à faire dans l'organisation criminelle de l'Aigle ?

L'explication donnée par Zorro, le fait qu'elle trouverait la vie de Mexico « trop terne », ne convainc pas. Bien qu'il lui sauve la vie, Zorro se montre sévère avec l’aventurière improvisée, allant jusqu'à se demander ouvertement pourquoi il est intervenu en sa faveur.

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18. ZORRO COMBAT SON PÈRE
(ZORRO FIGHTS HIS FATHER)

Une manipulation du juge Galindo a converti Don Alejandro à l'ordre et à la répression. Zorro va devoir combattre son propre père pour rétablir la justice.

L'intérêt principal de cet épisode moyen est de montrer l'opposition évidente entre la bonté du sergent Garcia, qui prend ostensiblement partie pour le peuple contre le juge, et la férocité de Galindo, doublée d'un cynisme qui en fait un ennemi encore plus terrifiant que le primaire commandant Monastorio.

Farouche partisan de l'ordre, le magistrat cherche à exciter les notables contre les troubles prétendument semés par le peuple. Pour ce faire, il n'hésite pas à payer un agitateur pour mener la révolte du peuple et attaquer les notables.

Don Alejandro, réticent au départ, finit par être aspiré dans la spirale de la violence. Il est consternant de voir Alejandro oublier qu'il a été sauvé de la tyrannie de Monastorio par Zorro, et approuver le piège tendu au justicier par le juge, alors même que le sergent Garcia continue à soutenir Paco, le paysan arrêté injustement, y compris et surtout lorsque le juge décide de l'exécuter.

La bêtise inattendue, et même incroyable, d'Alejandro (à croire que le scénariste n'a pas vu le début de la série...) est tellement peu crédible qu'elle gâche un épisode qui avait bien débuté avec la satire sociale apportée par Galindo, condensé à lui seul de tous les mouvements d'extrémistes et de fanatiques de l'ordre et de la mise au pas des masses populaires.

Heureusement, tout finit par rentrer dans l'ordre au cours d'un final honorable : Don Alejandro comprend qu'il a été berné par le juge lorsqu'il découvre que Galindo allait faire exécuter en douce le malheureux Paco après avoir juré le contraire, et le sergent Garcia, victime d'un nouvel échec, se voit asséner par le magistrat que le seule chose plus épaisse que son ventre dans tout l'empire espagnol est sa bêtise !

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19. LA MORT RÔDE
(DEATH STACKS THE DECK)

Un complice de l'Aigle a racheté le ranch d'un notable, puis l'a ruiné au jeu. La tannerie qu'il installe dans le ranch pollue l'eau utilisée par Don Alejandro et les propriétaires terriens. Le juge refuse d'intervenir contre l'intrus, avec qui il est de mèche.

Une histoire confuse, sans queue ni tête. Des scènes ennuyeuses et interminables à l'auberge, à l'image de la chanson du sergent Garcia : sans doute fallait-il combler le vide sidéral du scénario...

Une partie de cartes aussi grotesque que surréaliste est imposée par Zorro, et confirme le grand n'importe quoi de cet épisode totalement raté.

Même Zorro commence à s'auto-caricaturer, et ce n'est pas l'attitude cynique et ironique de l'adversaire du jour, plutôt attrayante, qui peut suffire à sauver l'histoire du naufrage.

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20. AGENT DE L'AIGLE NOIR
(AGENT OF THE EAGLE)

Un malfrat à la solde de l'Aigle Noir a tué le nouveau commandant avant son arrivée et pris sa place. Avec la bénédiction du juge Galindo, il s'apprête à brimer la population de Los Angeles.

Un bon épisode qui se conclut par de majestueux combats à l'épée. Le commandant, interprété par l'excellent Anthony Caruso, et doublé par Henry Djanik, en garde un souvenir humiliant ; un joli « Z » tracé à l'épée sur son bel uniforme, devinez par qui...

Don Diego et sa belle amie font la leçon au juge au sujet des mérites des gens partis de rien, alors que le juge, fidèle à ses convictions réactionnaires, ne jure que par la naissance aristocratique. La première victime de son hystérie va être Franco Barbarossa, considéré par le juge comme un « parvenu ». Il est prestement arrêté et emprisonné, avec l'assentiment du faux commandant Juan Ortega. Franco Barbarossa, encore un personnage qui a la voix de Jean Berger !

Bêtement prévenus par le sergent Garcia de la venue probable de Zorro, les deux hommes d'Ortega vont l'attendre de pied ferme, mais le justicier masqué a plus d'un tour dans son sac.

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21. ZORRO TEND UN PIÈGE
(ZORRO SPRINGS A TRAP)

Zorro fait échouer un plan d'Ortega, consistant à annoncer la capture du justicier afin de piéger le peuple et l'amener à trahir involontairement son idole. Mais lors de son intervention, Ortega capture Tornado et décide de le vendre aux enchères.

Cet épisode consistant comporte plusieurs séquences fort réussies. Lorsque Zorro tombe de cheval, Ortega l’enserre avec un lasso, mais il parvient à se libérer. Cependant, le justicier ne peut empêcher la capture de Tornado, son fidèle étalon noir. La scène finale est spectaculaire et haletante, avec l'affrontement dans un enclos en flammes entre un lancier complice d'Ortega, armé d'un fouet, et Bernardo, puis le brave Tornado.

Des dissensions apparaissent entre le juge Galindo et le faux commandant Ortega. Le magistrat n'aime pas le plan d'Ortega, et lui signifie que l'Aigle n'apprécie pas ses méthodes.

Le sergent Garcia poursuit la révélation de son caractère bienveillant. Il a beau être vantard après la capture du faux Zorro, il ne peut s'empêcher de regretter la fin du justicier, qui « était bon avec les pauvres ». Il va jusqu'à affirmer au capitaine Ortega qu'il se rendrait très populaire s'il libérait Zorro ! Et lorsque le vrai Zorro s'échappe, il a du mal à cacher sa joie...

Mais Garcia est également un as pour procurer des scènes comiques, à l'image de la vente aux enchères avec le caporal Reyes, qui n'a absolument rien compris et se montre encore plus stupide que lui.

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22. ZORRO EST DÉMASQUÉ
(THE UNMASKING OF ZORRO)

Le faux commandant Ortega aperçoit Don Diego en compagnie de son amie Rosarita Cortez. Il reconnaît en elle une passagère du bateau où il a pris la place du vrai commandant. Sa peur de voir son imposture révélée le conduit à préparer l'assassinat de la jeune fille.

Même si le titre l'annonçait, le moment où un ennemi enlève le masque de Zorro et l'identifie derechef reste une des séquences les plus marquantes de la série, et un bien joli couronnement pour cet épisode à suspense.

Le sergent Garcia montre son bon cœur en libérant un prisonnier afin qu'il puisse manger. Evidemment, quand on le prend par les sentiments... (la nourriture !) Mais laissons l'inoffensif sergent pour nous pencher sur le cas du capitaine Ortega, ou plutôt de celui qui a pris sa place.

La señorita Cortez a voyagé en bateau avec le faux et le vrai Ortega. L'imposteur la reconnaît et se cache d'elle, avant de programmer sa mort, en accord avec le juge Galindo. Ortega ne peut prendre le risque d'être identifié par la belle Rosarita.

Heureusement, Bernardo, toujours à l'affût, a surpris la conversation et fait son rapport à Don Diego. Ce dernier perd volontairement aux dames face à son père, afin de se libérer au plus vite. Il était temps car le commandant était déjà chez Rosarita. Zorro fait échouer la tentative de meurtre. Dès lors, Ortega ne pense plus qu'à fuir avec l'or volé au juge. Mais Zorro le poursuit.

A l'issue d'un combat épique sur le toit de la caserne, Zorro refuse la moitié de l'or offerte par son adversaire. Ortega le démasque, puis se tue en tombant. Sa mort ne constitue pas une surprise : dès lors qu'il a identifié Don Diego sous le masque de Zorro, elle est inéluctable, à moins que les producteurs ne souhaitent mettre fin à la série. Evidemment, il était préférable que le faux commandant se tue lui-même plutôt que de transformer Zorro en meurtrier. Zorro est fair-play, c'est un seigneur, il défait ses adversaires mais ne leur porte jamais le coup de grâce.

Le scénario est parfait jusqu'à la mort d'Ortega, mais ensuite Zorro adopte une attitude bizarre, comme si la fin de son ennemi l'avait décontenancé. Il ricane et jette l'or au sergent et à ses hommes, afin de les occuper et de pouvoir s'enfuir en toute tranquillité. Et voilà le seul bémol que l'on peut apporter à cet épisode, avec cette attitude inhabituellement ironique, voire choquante, du justicier masqué.

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23. LE SECRET DE LA SIERRA
(THE SECRET OF THE SIERRA)

Une gitane offre à Don Diego trois pépites d'or qu'elle a trouvées dans la montagne. Un complice du juge, qui a assisté à la scène, oblige la gitane à le conduire à la mine.

Après un épisode marquant ou charnière, les scénaristes ont l'habitude de faire retomber la tension. Ils ne vont pas déroger à cette règle en faisant suivre le temps fort de Zorro démasqué par cet épisode sans consistance.

On se demande ce que vient faire dans la série cette médiocre histoire de pépites d'or. Dès les premières minutes, et malgré le numéro de Bernardo, qui épate les paysans et le sergent Garcia avec des tours de prestidigitation, on comprend que l'on va s'ennuyer ferme, et la suite confirme sans la moindre surprise ce pressentiment. Si l'on veut être magnanime, on pourra euphémiser notre jugement en classant cette pseudo-aventure parmi les épisodes « de transition »...

L’intrusion des Indiens est inopportune, et la façon qu'à Zorro de s'en sortir, avec la complicité de Bernardo, est particulièrement ridicule. Comme si cela ne suffisait pas, on nous sert du réchauffé avec Zorro à nouveau démasqué et son adversaire enseveli par l'éboulement provoqué par les Indiens.

Zorro démasqué avait plu au public, mais nous ressortir le même coup dès l'épisode suivant n'apparaît pas judicieux. Et comme par hasard, il arrive à nouveau malheur à son identificateur. La vie est belle pour Zorro, la providence se charge d'éliminer tous ceux qui pourraient révéler son identité...

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24. LE NOUVEAU COMMANDANT
(THE NEW COMMANDANTE)

Un nouveau commandant est nommé à Los Angeles. Le juge Galindo espère en faire un allié, mais le militaire s'avère être incorruptible. Galindo décide de s'en débarrasser. Le commandant semblant être très jaloux de son épouse, le magistrat va manœuvrer pour l’inciter à se battre en duel contre un rival très fort à l'épée, le combat devant se solder par la mort du commandant.

Le capitaine Toledano est le nouveau commandant de la garnison de Los Angeles. Interprété par Peter Adam, et doté en version française de la voix de Jean Berger, Toledano arrive très fatigué, en raison d'un voyage mouvementé. Il va passer sa mauvaise humeur par des débuts autoritaires, mais va très vite s'avérer être un homme honnête et loyal. Ce personnage va même devenir un des plus sympathiques de l'ensemble de la série.

Toledano est marié avec Raquel, une ravissante brune plutôt sensible au charme des beaux jeunes hommes, à commencer par celui de Don Diego. La beauté exceptionnelle de Suzanne Lloyd, mais aussi son excellente interprétation, confèrent à la señora Toledano un intérêt certain.

Dans sa façon de déjouer la machination du juge Galindo, Zorro se montre très malicieux : il envoie au sergent Garcia un billet prétendument signé par le commandant, lui enjoignant d'aller chanter la sérénade devant la fenêtre de sa femme, en l'honneur de son anniversaire. Le justicier renvoie le rival du commandant, qui était présent sur ordre du juge, et c'est donc Garcia que le mari jaloux va trouver sous les fenêtres de son épouse, ce qui le fait évidemment tout aussi rire que le spectateur, conquis par cette scène à haute teneur comique.

A l'actif citons aussi le combat final à l'épée, suivi d'une bagarre dans l'auberge au cours de laquelle Zorro joue les James West, accroché à un lustre. Et aussi l'épilogue où l'on constate que Zorro a gagné la sympathie, voire l'admiration, du commandant Toledano :

« Maintenant, je sais pourquoi tout le monde l'aime ! », lance le capitaine.

L'impression générale est donc favorable pour cet épisode très représentatif du concept de la série.

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25. LE RENARD CONTRE LE LOUP
(THE FOX AND THE COYOTE)

Le juge Galindo organise une course équestre dotée d'un prix de quatre mille pesos. L'argent a été apporté par une souscription auprès des militaires et des notables. Le juge espère remporter le prix au bénéfice de la « cause », grâce à un cavalier champion envoyé par l'Aigle, mais le but principal de l'opération est de voler un stock de poudre dans la caserne pendant que les soldats assisteront ou participeront à la course.

Un épisode au titre mystérieux : en quoi le juge Galindo serait-il un « loup » ? On commence à entrevoir le but de l'Aigle, lors de la rencontre entre le juge et un capitaine de navire, où l'on parle beaucoup livraison d'armes, probablement en vue d'une prise de territoire...

Le faux aveugle à la solde de Galindo est une bonne idée, voilà exactement le genre d'éléments qui rendent un épisode attrayant. Mais c'est encore le sergent Garcia le principal animateur de l'aventure, par ses pitreries. Il montre à Bernardo comment boire à la régalade « comme un vrai Espagnol » et... renverse la moitié du vin. En fait, Bernardo n'a pas besoin de leçons en la matière. Le sergent, lui, est la risée des gamins, qui le surnomment « l'Eléphant ». Rien de surprenant !

Plus ennuyeuse est la perte par ce même Garcia de la lettre destinée à avertir le capitaine Toledano du complot. Résultat : Zorro va devoir agir seul pour empêcher le vol de la poudre. Il s'invite à la course d'obstacles, d'ailleurs fort spectaculaire, alors que Don Diego prétend être allé l'observer depuis le haut d'une colline, pour « voir le spectacle dans son intégralité »...

Zorro pousse les soldats à le suivre et les amène tout droit vers la caserne, au moment où les voleurs sont en action. Par un joli « Z » tracé à la pointe de l'épée sur la bâche du chariot des malfaiteurs, il désigne l'objet du vol aux soldats : du grand art !

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26. ADIEU, MONSIEUR LE MAGISTRAT
(ADIOS, SENOR MAGISTRADO)



Deux individus ont été arrêtés alors qu'ils tentaient de voler un stock de poudre dans la caserne. Une plume d'aigle a été trouvée sur chacun d'entre eux. Le commandant Toledano est bien décidé à les faire parler pour élucider ce mystère.

Fin de la deuxième série de treize épisodes, centrée sur le juge Galindo, qui va connaître la triste fin de carrière qu'il méritait.

Le sergent Garcia est bien ennuyé car un créancier le poursuit, mais il compte sur la prime offerte pour la capture de Zorro pour payer ses dettes. Don Diego suggère au sergent de rentrer discrètement à la caserne pour échapper au créancier. Le gros homme escalade une échelle et se retrouve nez-à-nez avec les prisonniers en train de s'échapper. Face à l'échec de l’évasion, le juge Galindo empoisonne ses complices pendant la nuit, pour les empêcher de révéler la vérité au commandant Toledano.

La visite nocturne de Zorro chez le commandant est le premier temps fort de l'épisode. Grand suspense avec l'arrivée impromptue de Juan Figueroa, le traître à la solde de l'Aigle infiltré dans la garnison. Zorro sauve la vie du commandant puisque Figueroa apportait du vin empoisonné destiné à son chef, aimable cadeau du juge Galindo.

La seconde très bonne séquence est la fin du juge, lors de la réunion à la taverne. Galindo tente d'incriminer le capitaine Toledano, mais Zorro a amené Figueroa, qui révèle la félonie du magistrat. Il s'ensuit un combat général. Don Alejandro n'est pas le moins actif, tout comme le commandant Toledano, à qui Zorro prête son épée lorsqu'il se retrouve désarmé en plein combat.

En voulant secourir le juge, le faux aveugle le tue avec... l'épée du sergent Garcia ! Vainqueur d'un duel l'opposant à un homme de l'Aigle, le commandant rend son épée à Zorro, occasion de mettre en exergue la fraternité d'armes doublée d'une incontestable sympathie entre les deux hommes. Une conclusion émouvante qui scelle l'excellence de l'épisode. La fin du juge Galindo aura donc été autrement plus palpitante que celle du commandant Monastorio.

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27. LES COMPLICES DE L'AIGLE NOIR
(THE EAGLE'S BROOD)



Le commandant Toledano a été envoyé pour quelque temps en mission à San Diego. En son absence, Zorro a fort à faire pour s'emparer d'un stock de poudre volé par l'organisation de l'Aigle, et qui transite par Los Angeles.

Après la mort du juge Galindo, on fait enfin la connaissance de l'Aigle, adversaire principal depuis treize épisodes, mais jusqu'alors véritable arlésienne. Ses objectifs sont clairement dévoilés : s'emparer de la totalité de la Californie afin de la vendre à l'état le plus offrant.

Le capitaine Toledano devant assurer un intérim à la tête de la prison de San Diego (en clair, Peter Adam ne pouvait continuer à tourner sur la série...), le commandement de la garnison de Los Angeles va échoir de nouveau au sergent Garcia. Avant de partir, Toledano charge Don Diego de surveiller les ardeurs de sa femme, dont il connaît le penchant pour les beaux jeunes hommes.

Lorsque Toledano dit à Garcia « On a volé la poudre ! », le sergent, toujours aussi impayable (et d'ailleurs pas payé depuis plusieurs mois...), croit que c'est Toledano et lui qui l'ont volée ! Hormis ce passage comique, c'est d'ailleurs toute la première partie de l'épisode, avec le départ du commandant et les manigances suspectes de son épouse, qui est la plus intéressante.

La señora Toledano falsifie une lettre officielle afin de faire croire au sergent Garcia que la poudre volée a été retrouvée. A ce stade, on peut supposer qu'elle est devenue une complice de l'Aigle, conséquence probable du désenchantement engendré par la situation de son mari, qu'elle juge insatisfaisante.

Les complices clairement identifiés de l'Aigle, envoyés à Los Angeles pour remplacer le juge Galindo, sont Quintana et Fuentes, et ils prennent pour couverture la gérance de la taverne. Ces gredins attendent la livraison des tonneaux de poudre volée.

Zorro tente d'intercepter la poudre, et Bernardo lui sauve la vie en abattant un adversaire embusqué qui allait lui tirer dessus. Zorro remplace la poudre par du Cognac, au cours d'une seconde partie amusante, mais de moindre envergure que la première.

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28. ZORRO PAR INTÉRIM
(ZORRO BY PROXY)



La bande de l'Aigle organise un coup monté pour s'assurer que Don Diego n'est pas Zorro.

Dès le début, on a la confirmation de la participation de la señora Toledano au complot de l'Aigle. Avec ses complices, elle soupçonne Don Diego d'être Zorro. Après avoir orienté les soupçons de Don Diego vers le caporal Reyes, elle met en place une machination afin de confirmer ou d'infirmer ses doutes.

L'épisode s'avère brouillon, part un peu dans tous les sens : suite de l'histoire des tonneaux de poudre en ouverture, vol de Tornado par le sergent, qui espère arriver jusqu'à Zorro et toucher la récompense pour sa capture. Ensuite, le scénario se fixe sur le complot contre Diego.

On constate l'absence totale de cette magie particulière qui crée l'atmosphère prenante des meilleurs épisodes. Le scénario est construit de façon assez bizarre, pas assez constant, ni percutant.

L'épilogue présente le sergent Garcia, le caporal Reyes et Don Diego en grande conversation au sujet de Zorro :

Garcia (à Don Diego) : « Zorro est grand, il a une tête de plus que vous ! »

Le caporal renchérit : « Et ses épaules sont deux ou trois fois plus larges ! »

Comme quoi, tout se passe dans la tête...

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29. QUINTANA FAIT UN CHOIX
(QUINTANA MAKES A CHOICE)



La femme de Toledano décide de remplacer la poudre dont s'est emparé Zorro par celle de la caserne, qu'elle fait sortir en prétendant qu'il s'agit des « affaires du commandant ». Ses complices décident d'éliminer le sergent Garcia, qui devient trop curieux.

Une  séquence singulière avec un ours monopolise les cinq premières minutes de l'épisode, sans que l'on sache où le scénariste veut en venir. Ceci est fort longuet, jusqu'à ce qu'on finisse par comprendre que le but était de faire découvrir que la poudre de la caserne avait été remplacée par du charbon de bois (tant mieux pour l'ours !)

Après une première partie médiocre, la seconde offre un contraste inattendu et éclatant. D'abord, grâce à Suzanne Lloyd, qui illumine l'épisode de sa beauté et de sa grâce. Voir son ironie lorsqu'elle découvre Zorro dans la cave, et surtout le face-à-face au cours duquel elle explique les motivations de sa complicité avec l'Aigle : agir pour le « bien » de la Californie en soutenant en « homme fort », alors que le peuple est « indolent et paresseux ». Elle invite même Zorro à se joindre à son combat.

Ensuite, avec le bon suspense du sauvetage du sergent Garcia par le justicier, même si l'on peut regretter qu'il se déroule en plein jour.

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30. ZORRO MET LE FEU AUX POUDRES
(ZORRO LIGHTS A FUSE)



Après une nouvelle tentative de meurtre contre le sergent Garcia, Quintana et sa bande se retournent contre la señora Toledano, qui s'apprêtait à les quitter pour rejoindre son mari. Heureusement, Zorro veille...

Un épisode passionnant et charnière puisqu'il se conclut par l'arrestation de Quintana et de ses complices. Encore une fois, Suzanne Lloyd magnifie l'aventure de sa beauté exceptionnelle.

Alors que la prise de la Californie devient imminente, la señora Toledano reçoit une lettre de son mari lui annonçant que le couple va rentrer en Espagne. Persuadée que l'Aigle a réservé le poste de gouverneur de la Californie à son mari, Raquel ne peut accepter cette décision. Le sergent Garcia devenant de plus en plus curieux, elle charge Quintana et ses hommes de le liquider pour de bon.

Heureusement, Don Diego prévient le sergent du danger encouru. Sachant que Garcia ne le croira pas s'il lui dit la vérité de but en blanc, il utilise un moyen détourné. Il tire les cartes au naïf sergent et lui annonce qu' « une femme brune » proche de lui complote contre sa vie, assistée par « un homme qui tient une auberge et vend des boissons » (Quintana). On pourrait faire remarquer avec un brin d'ironie que le terme « femme brune » ressemble à un pléonasme en ces lieux où les blondes sont aussi rares que l'eau plate dans l'estomac du sergent Garcia...

Diego, fin psychologue, a emprunté le jeu de cartes du sergent. Comme le lui rappelle Garcia, avec la solde non payée depuis des mois, les cartes constituent le seul moyen de gagner un peu d'argent. Don Diego, lui, les utilise pour un autre usage. Grâce à lui, l'embuscade montée contre le sergent échoue.

Quintana soupçonne Raquel de trahison et la démasque au moment où celle-ci, effrayée par la tournure que prennent les événements, s'apprête à abandonner ses complices. La señora comprend alors qu'elle et son mari n'ont été que des jouets entre les mains de l'Aigle, qui avait en réalité l'intention de les liquider après avoir pris le pouvoir.

Zorro intervient au secours de Raquel. C'est alors qu'on s'aperçoit que le titre de l'épisode est à prendre au sens propre... Une scène émouvante se déroule lorsque la jolie Raquel se trouve enfermée avec Zorro, à la merci des tueurs de l'Aigle. Repentante, sévère sur sa conduite passée (« Je ne mérite pas de vivre »...), elle n'a plus qu'une seule ambition : rejoindre son mari et repartir avec lui en Espagne.

Après l'avoir sauvée, Zorro permet à la belle de réaliser son vœu, et l'exonère de toute responsabilité auprès de Garcia et de ses hommes. Et c'est avec un gros pincement au cœur que l'on réalise ce que cela signifie : on ne reverra plus la sublime Suzanne Lloyd sur la série...

La gravité du scénario n'empêche pas l'incorporation de quelques scènes comiques entre le sergent Garcia et le caporal Reyes. Ainsi, lors de l'arrestation des bandits :

Garcia (à l'attention de Quintana et de ses hommes) : « Vous voilà pris la main dans le sac ! »

Reyes : « Le sac de quoi ? »

Garcia : « Je ne sais pas, mais ça fait toujours bon effet de dire ça... »

Et pour cette arrestation émérite, le sergent se fait décorer de la Croix d'argent par le caporal !

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31. L'HOMME AU FOUET
(THE MAN WITH THE WHIP)



Suite à l'arrestation de ses hommes, l'Aigle envoie un nouveau complice à Los Angeles. Dès son arrivée, le malfaiteur provoque un jeune homme en duel pour une histoire de femme.

Brusque baisse de tension après l'excellent Zorro met le feu aux poudres. Le principal intérêt est la présence, pour la dernière fois sur la série, de la belle Myrna Fahey dans le rôle de la serveuse de bar Maria Crespo.

Qu'un jeune coq un peu prétentieux de dix-huit ans veuille se battre en duel pour les beaux yeux de Maria n'est évidemment pas surprenant. Ainsi, il va céder bêtement aux provocations de Murietta, l'homme de l'Aigle.

Le scénario apparaît tout de même assez léger. Comme souvent en pareil cas, la chanson est un bon moyen de combler les vides (c'est Don Diego qui s'y colle, accompagné de sa guitare). Dans le même registre, les scènes ou Don Diego et Bernardo enseignent les rudiments de l'escrime au jeune Rudolfo sont passablement languissantes. Diego comprend que Don Rudolfo n'a aucune chance de vaincre Murietta, et que ce dernier n'hésitera pas à le tuer.

On doit tout de même mettre au crédit de cette histoire de transition des scènes finales originales et attrayantes. Zorro essaie de convaincre Murietta de renoncer au duel. Au cours du combat à l'épée qui s'ensuit, le justicier découvre une plume d'aigle dans le chapeau de son adversaire. Vaincu, Murietta adopte une attitude digne, d'ailleurs surprenante venant de sa part. En le blessant volontairement à la main, Zorro a atteint son but : le bandit doit renoncer au duel, à la grande joie de Maria Crespo.

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32. LA CROIX DES ANDES
(THE CROSS OF THE ANDES)



Zorro et Bernardo procèdent à des fouilles chez deux complices de l'Aigle, et font une découverte inattendue.

Cet épisode confirme l'identité des remplaçants de Raquel Toledano et de la bande de Quintana dans le rôle des représentants de l'Aigle à Los Angeles, à savoir le cruel Carlos Murietta, « l'homme au fouet », et un artisan tanneur nommé Mordante.

Les malfaiteurs attendent la livraison d'une caisse de bottes qui dissimule des bijoux volés par Murietta en Amérique du Sud. La livraison est effectuée par Dolores Bastinado, une vieille fille très collet monté qui ignore tout du trafic et se présente comme une riche propriétaire.

Ebloui, le sergent Garcia s'autoproclame « commandant Garcia », espérant séduire la mégère en vue de l'épouser. Toujours aussi fauché, le sergent inflige une amende de cinq pesos au caporal Reyes pour « irrespect », ceci pour pouvoir rembourser les cinq pesos qu'il doit... au même Reyes ! Et le naïf caporal se laisse avoir !

Heureusement que le sergent est là pour combler par ses pitreries la minceur du scénario. Le gros homme danse et apprend à danser au caporal...

Du côté de Zorro, hormis le signal lancé à Bernardo par un « Z » tracé avec une flamme de bougie, pas grand-chose à signaler, si ce n’est la découverte par le duo Zorro-Bernardo des bijoux volés par Murietta, dont la fameuse Croix des Andes. Ceci est bel et bon, mais ne suffit pas à susciter un grand intérêt.

La seule surprise du combat final vient du sort réservé à Mordante. Ce qui était évident, c'est que le bandit allait tomber dans le puits où il voulait pousser Zorro, mais finalement, il s'empale sur un crochet de fer en affrontant le justicier. Encore un adversaire qui se tue tout seul, pour que Zorro n'ait pas de sang sur les mains...

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33. LES BOLAS MORTELLES
(THE DEADLY BOLAS)



Carlos Murietta reçoit le renfort de son frère Pietro pour retrouver les bijoux cachés par feu Moriante, joyaux que recherche aussi Bernardo, déguisé en Zorro et envoyé chez Moriante par Don Diego.

Suspense dès le début de l'épisode, avec une erreur compromettante de Bernardo. Le muet a eu l'imprudence d'ouvrir au sergent Garcia, qui avait frappé à la porte des de la Vega. Le sergent a beau être bête, il se demande comment un sourd a pu entendre le toc-toc. Don Diego surgit et sauve la situation en expliquant à Garcia, démonstration à l'appui, que Bernardo est très sensible aux « vibrations » ( !)

Le développement du scénario se situe dans la lignée directe de l'épisode précédent. Don Diego, qui n'avait pu récupérer les bijoux découverts par Bernardo, obtient par un prêtre la confirmation du vol de la Croix des Andes et se met à la recherche de l'ensemble des pierres précieuses.

Bernardo se déguise à nouveau en Zorro pour aller fouiller chez Mordante, car Don Diego est retenu à une fête donnée par le sergent Garcia (mais financée par Diego...) en l'honneur de cette mégère de Dolores Bastinado.

La série tourne en rond avec cette histoire peu captivante de bijoux volés. Les nouveaux complices de l'Aigle sont loin d'avoir l'envergure de Raquel Toledano et de la bande de Quintana. On avait Carlos Murietta, « l'homme au fouet », et voilà que surgit son frère Pietro, adepte des bolas... C'est Paul Picerni, acteur bien connu pour son rôle de Lee Hobson sur la série Les Incorruptibles, qui interprète Pietro Murietta.

Après le passage réjouissant sur les « vibrations », il faudra attendre le combat final pour retrouver une scène véritablement captivante : deux Zorro (le vrai et Bernardo déguisé) affrontent les deux Murietta ! Agréable épilogue également, avec un sergent Garcia cruellement éconduit par Dolores au profit... du caporal Reyes !

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34. LE PUITS DE LA MORT
(THE WELL OF DEATH)



Le petit frère de Dolores Bastinado livre aux Murietta la seconde caisse de bottes contenant d'autres bijoux volés, et découvre le secret des bandits suite à une maladresse de leur part.

En préambule, on remarque que le caporal Reyes ne tient pas à la compagnie de sergent Garcia lorsqu'il est attablé à la taverne, et encore moins à partager avec lui sa bouteille de vin. On a l'impression que les scénaristes, à court d'imagination, se contentent pour terminer la saison de meubler le scénario avec les pitreries du sergent.

Garcia, qui a soif mais n'a aucun argent, tente de se faire offrir à boire par Reyes, puis par Pogo, le petit frère de Dolores Bastinado. Il veut absolument du vin, comme le prouve le dialogue suivant :

Un enfant : « Je peux aller vous chercher un verre d'eau ? »

Garcia : « De l'eau ? C'est seulement pour nager ! »

Alors que Carlos Murietta demande au gros homme comment un homme aussi bête que lui a pu devenir sergent, la réponse fuse : après être resté longtemps simple soldat, il a surpris un commandant en situation compromettante... et donc vraisemblablement pris du galon grâce au chantage.

La recherche des bijoux chez Moriante commence à faire « réchauffé », d'autant plus que le spectateur sait depuis l'épisode précédent où ils sont cachés, et commence à se demander quand Diego et Bernardo vont enfin les trouver.

On s'achemine donc vers un épisode moyen, dans le droit fil des précédents, mais miracle : le scénario s'anime enfin et produit une seconde partie d'excellente qualité avec le jeune Pogo en mauvaise posture, le sergent Garcia en passe de finir dans le puits de la mort, le combat de Zorro contre les Murietta, en doublette avec un Garcia étonnamment héroïque, la mort de Pietro et la capture de Carlos, et bien entendu la découverte de la totalité des bijoux et leur remise à leur propriétaire, l'Eglise, chose à laquelle on n'osait plus croire.

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35. LE NŒUD COULANT SE RESSERRE
(THE TIGHTENING NOOSE)



Le señor Varga, nouvel administrateur du Sud de la Californie, s'installe d'autorité dans l'hacienda des de la Vega, alors qu'Alejandro est parti à Monterey pour remettre au gouverneur de Californie une pétition des notables. Varga n'est autre que... l'Aigle !

Un épisode qui vaut surtout pour ses séquences finales à suspense. Les bonnes vieilles recettes, comme les combats d'escrime, le « Z » tracé à l'épée et le recours à Bernardo pour jouer un faux Zorro et disculper ainsi Don Diego d'éventuels soupçons, sont toujours aussi efficaces.

Le fait que l'Aigle soit enfin lui-même à la manœuvre est évidemment très appréciable, surtout après avoir vu agir les pâles comparses des quatre épisodes précédents.

Fait remarquable, Don Diego est inhabituellement nerveux et vindicatif face aux prétentions et à l'arrogance de l'administrateur. Bernardo doit même le calmer et le convaincre de rester sur place pour espionner l'intrus depuis le passage secret.

Diego soupçonne l'administrateur de travailler pour le compte de l'Aigle, sans se douter qu'il a affaire au grand patron en personne. Bernardo, décidément très précieux dans cette aventure, s'empare de la lettre qui permet à son patron de découvrir la double identité de Varga, fonctionnaire zélé en public et conspirateur sans scrupules en sous-main.

En réalité, Varga est venu pour chercher la liste des cinquante personnes ayant signé la pétition de Don Alejandro. Lorsque Don Diego comprend les intentions de l'administrateur, il n'a pas d'autre solution que de faire intervenir Zorro en urgence, et c'est le succès traditionnel. Mais Diego est conscient que la partie finale sera difficile face à un tel adversaire...

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36. LES REGRETS DU SERGENT
(THE SERGEANT REGRETS)



Mis sous pression par la visite inattendue du señor Brighton, le gouverneur de Californie, l'Aigle est plus que jamais déterminé à découvrir l'identité des amis frondeurs de Don Alejandro. Il met au point un piège destiné à les démasquer.

On découvre un Aigle de plus en plus nerveux, affolé par l'arrivée impromptue du gouverneur, venu réclamer des comptes au sujet d'éventuels rebelles. Mais le bandit n'est pas le seul à s'agiter : Don Diego pique lui aussi une sacrée colère !

Mais que s'est-il passé pour mettre Diego dans un état pareil ? La vindicte du jeune de la Vega est dirigée contre le sergent Garcia, coupable d'avoir omis de s'acquitter de la mission qu’il lui avait confiée, à savoir porter une lettre prévenant les amis de son père, afin qu'ils ne tombent pas dans le piège tendu par l'Aigle.

La cruauté de l'Aigle (et celle de son adjoint) est évidente puisque ces gredins s'apprêtent à torturer Don Alfredo, un compagnon de Don Alejandro, et ce aux fins de lui soutirer les noms des autres « conjurés ». Heureusement, le gouverneur surgit et comprend la félonie du prétendu administrateur. Zorro arrive à la rescousse, et libère le prisonnier.

Quant au sergent Garcia, il rachète sa faute en sauvant la vie de Don Alfredo, que l'adjoint de l'administrateur avait rattrapé et allait liquider sans pitié. Ce fait d'armes lui vaut les félicitations de Zorro :

« Vous êtes un brave, sergent ! »

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37. L'AIGLE S'ENVOLE
(THE EAGLE LEAVES THE NEST)



Don Diego et Bernardo découvrent le talon d'Achille de l'Aigle : il est terrorisé lorsqu'il se retrouve seul. Il s'agit d'utiliser ce point faible pour provoquer le départ définitif de l'envahisseur.

Une incursion mi-figue, mi-raisin dans le domaine psychologique, alors que la série repose habituellement sur les scènes d'action. Cette peur de la solitude, manifestée par un homme en apparence aussi dur que l'Aigle, ne semble pas très crédible, et débouche sur un épisode tragi-comique guère passionnant.

Bien sûr, la peur de Varga est probablement plus motivée par la crainte d'un attentat que par le sentiment de solitude proprement dit. Elle n'en apparaît pas moins comme passablement ridicule.

Après avoir trouvé la faiblesse de l'Aigle, Don Diego fait preuve d'une habileté remarquable pour l'amener à quitter l'hacienda des de la Vega. Il va augmenter le sentiment d'insécurité de Varga par tous les moyens et inciter le sergent Garcia à poursuivre Zorro afin de toucher la prime et d'acquérir la taverne de Los Angeles.

Diego et Bernardo font semblant de partir. Zorro apparaît en pleine nuit et Garcia se lance à sa poursuite, abandonnant Varga. L'objectif était de rendre l'Aigle fou de terreur, et il est rapidement atteint. Comme prévu, le malfaiteur choisit de retourner à Los Angeles.

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38. BERNARDO FACE À LA MORT
(BERNARDO FACES DEATH)

L'Aigle prépare l'assaut final contre la Californie en compagnie du comte Kolinko, un diplomate slave désireux de lui acheter le territoire au profit de son pays.

Les défauts de l'Aigle continuent de s'étaler au grand jour. On avait déjà remarqué sa vanité et sa peur de la solitude. A présent, on découvre à quel point il méprise non seulement ses collaborateurs, mais aussi ses associés.

Ainsi, le comte Kalinko, qui propose une grosse somme pour acquérir la Californie, a compris le danger que représente Don Diego pour cette entreprise criminelle. Il fait part de ses soupçons à Varga, qui se met à rire tellement Diego lui paraît veule et inoffensif.

Après plusieurs épisodes avec l'Aigle en vedette, le talent de Charles Korvin pour incarner ce bandit sans foi ni loi est pleinement confirmé. Reste que le scénario s'avère inconsistant, et a tendance à sombrer dans le n'importe quoi.

La scène finale du canon, avec les bandits qui croient à la mort de Zorro dans l'explosion alors que le justicier est coincé sous des décombres ( !), montre un bien piètre Zorro, à la limite du ridicule. L'ambiance particulière des débuts de la série a complètement disparu, il est grand temps que la saison se termine.

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39. LA FUITE DE L'AIGLE
(THE EAGLE'S FLIGHT)

 

L'Aigle profite de l'absence du sergent Garcia et de ses hommes pour lancer l'assaut contre Los Angeles. En préalable, il a fait arrêter Don Alejandro, Don Diego et Bernardo. Garcia subit le même sort à son retour. Le comte Kolinko refuse de régler Varga tant que l'armée supplétive de Don Alejandro, fidèle au Roi d'Espagne, n'est pas anéantie.

Les fadaises des deux épisodes précédents n'auguraient rien de bon pour la conclusion des aventures avec l'Aigle, mais en définitive cet épisode s'avère excellent, mouvementé à souhait comme aux plus belles heures de la série.

Arrêté et emprisonné aux côtés de son père, de Bernardo et du sergent Garcia, Don Diego n'a pas d'autre solution que de faire semblant de trahir ses amis en promettant à l'Aigle de lui donner la liste des compagnons de Don Alejandro fidèles au Roi d'Espagne. Le sergent Garcia et Bernardo n'en reviennent pas, et Alejandro se retrouve profondément meurtri, mais pour Diego il s'agit du prix à payer pour avoir la possibilité de s'évader, afin de prévenir les amis de son père et de… se transformer en Zorro.

C'est que l'intervention du justicier est nécessaire et urgente. Les hommes de Varga se sont emparés de Los Angeles. Ah ! Il a fière allure, l'Aigle, dans son bel uniforme blanc bardé d'une écharpe bleue, qui le fait ressembler à un président de la République d'Argentine. Il porte beau, mais cela n'impressionne pas son commanditaire.

Le comte Kolinko se déclare déçu par le désordre régnant, et plus encore par le danger que représente la milice de Don Alejandro, dont les membres n'ont pu être démasqués, et a fortiori arrêtés. Résultat : Kolinko refuse de payer les trente millions de pesos promis, et déclare se retirer de cette affaire, ainsi que son pays. Varga n'hésite pas : il l'abat de sang-froid.

Don Diego a un trait d'humour révélateur : lorsque le sergent Garcia se retrouve emprisonné avec lui et se demande comment faire pour prévenir Zorro, Diego répond :

« Je pense, sergent, qu'il doit déjà être au courant... »

Libérés par Zorro, le sergent, Bernardo et Don Alejandro combattent bravement, mais ne parviennent à triompher que grâce à l'action efficace de Zorro dans le dos des bandits, qui leur permet de tenir jusqu'à l'arrivée de l'armée de Don Alejandro, prévenue par Don Diego.

Comme il se doit, Zorro affronte l'Aigle en duel. Vainqueur, il lui laisse la vie sauve, mais le bandit est abattu par son bras droit, qu'il avait abandonné à son triste sort, c'est-à-dire aux hommes de Don Alejandro.

L'épilogue est magnifique, avec les retrouvailles entre Diego et son père, ravi d'apprendre que la prétendue trahison n'était qu'une ruse déployée pour avertir ses compagnons, puis la conclusion de Don Alejandro :

« Ça fait plaisir de revoir flotter nos couleurs ! »

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