Saison 4Saison 1

Alfred Hitchcock Présente

Saison 7

1. Le Carton à chapeaux (The Hat Box)

2. Haut les mains (Bang! You're Dead)

3. Maria - Inédit en France

4. Flic d'un jour (Cop for a Day)

5. Tenez moi compagnie (Keep Me Company)

6. Beta Delta Gamma - Inédit en France

7. You Can't Be a Little Girl All Your Life - Inédit en France

8. Un vieux professionnel (The Old Pro)

9. Détective très privé (I, Spy)

10. Services Rendered - Inédit en France

11. The Right Kind of Medicine - Inédit en France

12. A Jury of Her Peers - Inédit en France

13. The Silk Petticoat - Inédit en France

14. Bad Actor - Inédit en France

15. The Door Without Key - Inédit en France

16. The Case of MJH - Inédit en France

17. The Faith of Aaron Menefee - Inédit en France

18. Instinct de survie (The Woman Who Wanted to Live)

19. Strange Miracle - Inédit en France

20. The Test - Inédit en France

21. Burglar Proof - Inédit en France

22. La Baby-sitter (The Big Score)

23. Profit Sharing Plan - Inédit en France

24. L'Éternel Trio (Apex)

25. The Last Remains - Inédit en France

26. Ten O'Clock Tiger - Inédit en France

27. Act of Faith - Inédit en France

28. The Kerry Blue - Inédit en France

29. The Matched Pearl - Inédit en France

30. What Frightened You, Fred ? - Inédit en France

31. Most Likely to Succeed - Inédit en France

32. Victim Four Joe - Inédit en France

33. The Opportunity - Inédit en France

34. The Twelve Hour Caper - Inédit en France

35. The Children of Alda Nuova - Inédit en France

36. First Class - Inédit en France

37. The Big Kick - Inédit en France

38. Where Beauty Lies - Inédit en France

39. The Sorcerer's Apprentice - Inédit en France



1. LE CARTON À CHAPEAUX
(THE HAT BOX)



Scénario : Henry Slesar. Réalisation : Alan Crosland Jr.

Lors d’un examen, un élève, Perry,  se fait prendre en train de tricher par le professeur Jarvis. Son camarade Denny tente de le réconforter et lui suggère d’aller présenter des excuses à Jarvis. Ils se rendent chez lui le soir mais le voient jeter dans sa poubelle un carton à chapeaux de femme.

La nouveauté de cette saison 7 réside dans le fait que l’auteur et le réalisateur sont crédités dès le générique de début.

L’épisode relate la disparition mystérieuse de l’épouse du professeur Jarvis (Paul Ford). Le lieutenant Roman (Frank Maxwell) se laisse convaincre par deux étudiants, Perry et Dennis, de mener une enquête. Officiellement, Mme Jarvis est en visite chez sa sœur.

Cet épisode mélange farce macabre (pour la chute) et mystère. La réalisation d’Alan Crosland Jr privilégie les décors nocturnes, ce qui accroit l’ambiance de suspense. La découverte du chapeau de la disparue dans la poubelle intrigue un policier pourtant peu porté à soupçonner l’honorable enseignant. D’autre part, l’étudiant qui a dénoncé la chose, Perry (Billy Gray) a toutes les raisons de vouloir se venger de lui.

Paul Ford affiche un air détendu et goguenard qui n’est pas celui d’un suspect. Son interprétation du professeur est toute en finesse. Dans le rôle du policier, Frank Maxwell montre l’embarras de devoir venir déranger une personnalité de la ville sur la base de vagues soupçons.

On peut distinguer deux temps dans l’épisode, avant et après l’entretien, car on ne peut pas parler d’interrogatoire, entre le lieutenant et le professeur. On reprochera à la seconde partie d’être un dialogue un peu trop long et qui finit par faire baisser l’attention. Il faudra attendre la chute drôle mais macabre pour que le téléspectateur réagisse. Un épisode qui commence mieux qu’il ne s’achève. L’auteur a un peu oublié le suspense en route.

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2. HAUT LES MAINS
(BANG! YOU'RE DEAD)

Histoire de Margery Vosper. Adaptation : Harold Swanton. Réalisation : Alfred Hitchcock

Un gamin prend dans la valise de son oncle de retour d’Afrique un pistolet chargé qu’il échange avec un jouet, une arme factice. Dès lors, il est un danger pour lui et pour les autres.

Réalisé par le maître, « Haut les mains ! » est un des épisodes les plus célèbres de la série. L’atout est ici la réalisation, car l’histoire est plutôt convenue.

Le petit Jackie est pendant quelques minutes livré à lui-même dans la chambre d’amis de ses parents où son oncle Rick, de retour d’Afrique, a laissé sa valise contenant une arme et des balles. La faute n’incombe pas seulement aux parents, car l’enfant va sciemment charger l’arme d’une balle tout en dérobant les autres, et en mettant son jouet à la place dans la valise pour donner le change.

C’est à la dixième minute, quand l’oncle Rick (Stephen Dunne) se rend compte de la substitution que le suspense commence vraiment. La course contre la montre commence. Jackie croit que c’est un jouet et met une deuxième balle dans le barillet.

A partir de la 17e minute, tout devient une question de vie ou de mort puisqu’il n’y a plus de place pour un coup factice, l’enfant ayant entièrement chargé le pistolet.

Hitchcock joue avec nos nerfs en multipliant les fausses alertes (pot d’échappement qui fait un bruit d’explosion, annonce faite par un haut parleur au moment où du bruit empêche l’enfant d’entendre l’avertissement).

« Il faut prendre au sérieux certaines de mes histoires comme « Haut les mains ! », parents, tirez-en la leçon, ne laissez pas des armes à feu à la portée des enfants, les accidents sont nombreux, on peut et on doit les éviter ». Voilà ce que dit Sir Alfred et c’est la première fois depuis sept saisons qu’il ne plaisante pas.

Et il faut l’avouer, cet épisode, même s’il nous a plu, nous laisse un goût quelque peu amer.

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3. MARIA
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de John Wyndham. Adaptation : John Collier. Réalisation : Boris Sagal

Carol reproche à son mari  Leo d’avoir acheté 500 dollars un chimpanzé qui en fait cache une naine, Maria. Leo s’en sert pour faire un numéro de cirque en dupant les gens. Le « singe » fait des dessins, ce qui épate le public.

Episode vite ennuyeux, dont la chute aurait pu être la révélation de la duperie. Au lieu de cela, le « singe » se met à dessiner des « couples illégitimes » et provoque des drames dans la petite famille du cirque, un monde fermé.

Nita Talbot (Carol) et Norman Llyod (Leo) étant un couple en crise, on se doute que « Maria » va vite exploiter la situation. Le chimpanzé/nain va faire croire que Carol a une liaison avec un des membres du cirque, El magnifico (Edmund Hashim, vu dans l’épisode avec Peter Falk « Reconnaissance » dans la saison 6).

Même la chute est une déception. Le côté diabolique de Maria n’est pas assez exploité par le réalisateur Boris Sagal qui fait ici ses premiers pas dans la série. Il réalisera deux autres épisodes de cette dernière saison.

Un opus de type drame psychologique, mais même pas intéressant si l’on fait abstraction de son aspect hors sujet dans l’anthologie.

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4. FLIC D'UN JOUR
(COP FOR A DAY)

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Paul Henreid

Phil et Davey, des voleurs, ont attaqué un employé transportant des fonds pour une banque et l’ont tué sans le vouloir. Il y a un témoin : une femme, qui peut les reconnaître. Pour l’approcher et la réduire au silence, Phil décide de se déguiser en policier.

Walter Matthau en voyou domine la distribution de ce polar qui n’est pas vraiment, si l’on excepte la chute, symbolique de l’anthologie Hitchcock. C’est plutôt une histoire de gangsters qui, portée à 50 minutes, aurait eu sa place dans « Police story ». Il n’y a pas vraiment de suspense, et encore moins d’humour noir, les ingrédients de la série.

Dans cet opus, l’habit fait le moine et Phil déambule au milieu des policiers jusqu’à sa cible avec une aisance pas toujours très crédible. Carol Grace incarne ce témoin dont on ne saura pas le nom qui est désormais gardé sous haute protection.  Glenn Cannon en Davey est un comparse assez petit et sans envergure face au géant Walter Matthau.

On ne s’ennuie pas, mais « Flic d’un jour » ne parvient jamais à nous captiver. L’intrigue est sans surprises, trop linéaire. Matthau était plus inspiré dans les autres rôles qu’il a tenu dans l’anthologie (surtout « Very  moral theft » dans la saison 6). C’est sa dernière contribution à la série. Dans son personnage de Phil, il fait preuve d’une sauvagerie inattendue en tuant la femme témoin froidement, alors que lorsqu’on le voit dans la scène de l’épicerie acheter du corned beef, il a l’air d’un gros nounours.

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5. TENEZ MOI COMPAGNIE
(KEEP ME COMPANY)

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Alan Crosland Jr

Julia reproche à son mari Marco de la délaisser chaque soir et de travailler avec ses frères. Elle s’ennuie et croyant avoir entendu quelqu’un faire une effraction, appelle la police.

Retour d’Anne Francis, qui avait conclu la saison 5 avec l’épisode « Hooked ». Après les maillots de bains, la voilà en chemise de nuit, femme délaissée par un mari macho, Marco (Edmund Hashim). Elle lui sert de bonne, et il passe ses soirées avec ses frères.

Après une fausse alerte, qui provoque la visite de deux policiers de patrouille, lesquels déclarent qu’elle ne court aucun danger, elle insiste pour qu’un policier lui tienne compagnie, le détective Parks (Jack Ging). Elle lui fait des avances, et il est gêné.

Marco est complètement fou. Marié à une créature de rêve, Julia (Anne Francis), il passe ses soirées jusqu’à fort tard avec ses frères. C’est tenter le diable.

Anne Francis nous charme et nous montre qu’en 1961, entre l’antique télévision qui fonctionne quand elle veut bien, un verre de Chianti, et un disque de danse, il n’y a pas de grandes distractions pour une jolie femme qui s’ennuie. C’est la lecture d’un magazine policier qui l’incite un peu à faire appel à la police, alors qu’elle ne croit pas vraiment à la tentative d’effraction qui lui fait appeler la police.

On admire le self control de Parks, car peu d’hommes auraient résisté aux avances d’une si jolie ménagère esseulée. Mais il fait partie de la police et le devoir avant tout. Pourtant, la chute va nous apprendre que le policier n’est pas venu pour rien.

Un très bon suspense, auquel manque tout de même ce brin de folie qui nous fait frissonner souvent dans l’anthologie.

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6.BETA DELTA GAMMA
INÉDIT EN FRANCE

Scénario : Calvin Clements. Réalisation : Alan Crosland Jr

Lors d’une beuverie, Alan, ivre mort, tape la tête contre un mur et s’assomme. Sa bande de copains trouve spirituel de lui faire croire qu’il a tué accidentellement Mark, un comparse, qui se prête au jeu en se laissant injecter une drogue simulant la mort.

Voilà un épisode dont le script est particulièrement effrayant et abominable, mais qui est gâché par une mise en scène trop lente et une interprétation qui manque sérieusement de conviction. Les mauvaises plaisanteries aboutissent parfois à des tragédies lorsque des jeunes gens ont abusé d’alcool et de drogue. A ce titre, pour 1961, on peut saluer le courage des producteurs d’avoir proposé un sujet aussi audacieux.

Aucun humour ici, si ce n’est la farce que ces jeunes gens veulent faire et croient drôle, mais qui tourne vite au vinaigre. Les amis d’Alan l’ont tellement convaincu qu’il avait tué Mark qu’il va faire un geste irréparable. C’est sans doute très bon sur le papier dans un recueil de nouvelles, mais à l’écran, durant 25 minutes, cela s’étire en longueur.

Aucun comédien intéressant dans la distribution et on le regrette. Bref, une bonne idée ne signifie pas pour autant un bon épisode.

Les décors de la plage et du bungalow, qui devraient être synonymes de joies et de plaisir, prennent ici un ton sinistre.

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7. YOU CAN'T BE A LITTLE GIRL ALL YOUR LIFE
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Stanley Ellin. Adaptation : Helen Nielsen. Réalisation : Norman Llyod

Julie Barton a été agressée dans son lit par un inconnu. Mais devant la police, elle se montre incapable de dire quoi que ce soit, ni de collaborer.

Avant dernière apparition de Dick York dans l’anthologie (il va revenir avec la belle Sarah Marshall dans « The twelve hour caper » cette saison), cette série nous aura permis de découvrir un autre aspect du talent du mari de « la sorcière bien aimée ». Mais l’on n’en dira pas trop sur le sujet pour garder à son épisode le secret de sa chute.

Il est ici un peu handicapé dans son jeu par la fade Carolyn Kearney, peu mesurée dans son jeu  entre en faire trop ou pas assez, qui  incarne Julie, sa femme. Plus les policiers et le docteur Vaughn (Frank Milan) questionnent Julie, moins elle est parle. Dick York, enfin son personnage de Tom Barton, lui, perd très vite son sang froid face à l’agresseur potentiel de son épouse.

La chute est particulièrement réussie, suite à une découverte inopinée de Julie, et vraiment effrayante. On regrette qu’elle suive un épisode qui jusque là ne nous a pas vraiment passionné.

L’épisode est nettement moins réussi que « The gloating place » dans la saison 6 un peu sur le même thème. Le réalisateur a perdu beaucoup de temps au début, et condense sur la fin le meilleur, mais c’est un peu tard.

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8. UN VIEUX PROFESSIONNEL
(THE OLD PRO)

Histoire de H. A. De Rosso. Adaptation : Calvin Clements. Réalisation : Paul Henreid

Frank Burns est un ingénieur retraité marié à une charmante épouse, Loretta. Mais il est en réalité un ancien tueur qu’un journaliste, Cullen, fait chanter. Burns finit par faire appel à une ancienne relation, Nicholson, pour liquider le maître chanteur.

Episode presque parfait où nous avons droit à de nombreux rebondissements pendant 25 minutes. Burns (Richard Conte) en a assez de son maître chanteur Cullen (Stacy Harris). Mais lorsqu’il fait appel à son ancien associé Nick Nicholson (John Anderson, vu dans « Le riche et le pauvre : les héritiers » mais aussi dans « Psychose »), ce dernier lui envoie un certain Mace (Richard Carlyle) qui pactise avec Cullen et que Burns finit par noyer. Mais voici que Nicholson se présente au couple et dit à Loretta (Sara Shane) qu’il souhaite que son mari sorte de sa retraite.

En peu de temps, on nous présente de nombreux personnages. On a du mal à s’identifier à Frank Burns qui après tout est un meurtrier. Il n’y a pas vraiment de chute comme dans les autres épisodes, mais nous avons eu droit à notre lot de retournements de situations.

Le petit quelque chose qui manque à cet opus est le faible charisme de son interprète principal Richard Conte, qui forme un couple improbable avec Sara Shane dont le personnage est dégoulinant de naïveté. On passe quand même un bon moment, mais on reste quelque peu déçu par la fin.

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9. DÉTECTIVE TRÈS PRIVÉ
(I, SPY)

Histoire de John Mortimer. Adaptation : John Collier. Réalisation : Norman Llyod

Un capitaine, Morgan, veut obtenir le divorce car son épouse, las de sa jalousie, l’a quittée. L’avocat du capitaine, pour obtenir le divorce, mande un détective, Henry  Frute, qui tombe amoureux de la dame.

Cette comédie est totalement hors sujet, et pas crédible pour un sou. Il n’y a ni suspense ni chute. Kay Walsh en Mrs Morgan lasse de son mari jaloux, a passé l’âge de charmer, et son idylle avec le détective, joué par Eric Barker, relève de l’impossible. William Kendall en capitaine mari bafoué fait ce que l’on attend de lui, mais l’histoire est tellement niaise que son jeu n’a que peu d’impact. Dans le rôle de l’avocat, les amateurs de « Chapeau melon et bottes de cuir » reconnaîtront Cecil Parker, le Glover de « Un petit déjeuner trop lourd ».

Il n’en demeure pas moins qu’un récit comme « I spy » n’a absolument rien à faire dans « Alfred Hitchcock présente », sauf à croire que l’on manquait d’histoires et qu’il fallait coûte que coûte terminer cette ultime saison avec 39 épisodes.

On est très vite agacé par la guimauve ambiante et le jeu maniéré d’Eric Barker expaspérant. Un épisode à fuir.

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10. SERVICES RENDERED
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : William Link et Richard Levinson. Réalisation : Paul Henreid

Tandis qu’il marche dans la rue, un homme reçoit une poutrelle tombée d’un chantier et perd la mémoire.

On retrouve dans cet épisode Stephen Dunne, le lieutenant Meade dans « The man with two faces » (06-11), dont je disais le plus grand bien. On vient de le revoir dans cette saison sept dans « Haut les mains ! » où il incarnait l’oncle du garnement. En Amnésique, Dunne est infiniment moins convaincant qu’en lieutenant de police, ce qui laisse penser à un registre d’acteur limité.

Le problème de cet épisode est que la chute arrive à la 23e minute, ce qui laisse un temps trop réduit pour une explication plausible. Il aurait fallu pouvoir développer en une heure au moins le sujet. Ici, un quidam (Stephen Dunne) dont on ne saura jamais le nom, se trouve en possession d’un billet de mille dollars et du nom et de l’adresse d’un médecin. A la suite de la chute d’une barre tombée d’un chantier, il est blessé à la tête et perd la mémoire.

L’épisode souffre de beaucoup d’invraisemblances. L’homme est blessé mais personne ne le conduit à l’hôpital. C’est un clochard, Cyrus (Percy Helton) qui l’entraîne dans un bar espérant qu’il lui paie une tournée. Mais au moment de payer, l’inconnu, qui n’a aucun papier d’identité sur lui, n’a qu’une coupure de mille dollars pour payer les verres (Le clochard en a englouti trois). Sa seule piste est ce docteur Ralph Mannick (Hugh Marlowe) chez qui il va. A noter que l’inconnu ne se rend pas compte sur le champ de sa perte de mémoire. Il commence à ne pas se rappeler de son nom lorsque le clochard engage la conversation dans le jardin public sur un banc. Et surtout, Stephen Dunne, son interprète, n’exprime aucune angoisse légitime en l’occurrence, ce qui nuit à la crédibilité.

Ce récit des créateurs de « Columbo », William Link et Richard Levinson, est très bon mais malheureusement bâclé. On a un peu le sentiment que cela aurait duré encore, mais que le temps limite est atteint et que la chute doit intervenir. Elle arrive si tardivement que Sir Alfred devra écourter son sketch d’épilogue.

Beaucoup de dialogues, à un rythme trépidant, peu d’action, on passe à côté d’un bel épisode et c’est sans doute ce genre de problèmes qui incitera les producteurs à continuer la série dans un format plus long, « The Alfred Hitchcock hour » au lieu de faire une huitième saison.

Stephen Dunne ne semble pas très convaincu par son personnage, et son jeu est approximatif. Les autres comédiens n’ont pas d’importance réelle dans l’épisode qui repose donc sur ses épaules. Le thème de l’amnésie nécessitait un développement plus long et construit, ce que 25 minutes ne permettent pas ici. On a donc une chute éclair totalement invraisemblable.

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11. THE RIGHT KIND OF MEDICINE
 INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Alan Crosland Jr

Episode avec Robert Redford

Lors d’un hold-up, Charlie Marx tue un policier mais est lui-même blessé. Il a recours à un médecin complice, qui le soigne pour 400 dollars, et lui fait une prescription pour un médicament à la pharmarcie. Charlie Marx doit obtenir son médicament alors que la police grouille partout alentour.

Curieusement, malgré la présence de Robert Redford débutant, cet épisode est resté inédit en France. Le comédien tournera ensuite dans «The Alfred Hitchcock hour » dans deux épisodes, « A piece of the action » et « A tangled web ».

Ce n’est pas la présence de Redford qui vaut quatre étoiles à cet opus. En effet, nous avons droit ici à un épisode réussi sur tous les plans, doté d’un suspense diabolique, avec une chute déroutante mais fort bien tournée.

Pourtant à l’aube de sa carrière, Redford est déjà un grand et vampirise l’image. En tueur de flic, pourchassé, il se montre magistral, et on a le sentiment d’être dans un long métrage du maître. C’est évidemment la scène de la pharmacie, où Charlie Marx va devoir sans cesse jouer au chat et à la souris tandis qu’on lui prépare son médicament, qui constitue le meilleur moment, même si le suspense ne faiblit pas jusqu’à la dernière minute.

Si le hold-up est une scène expédiée rapidement (Il vient de se produire quand commence l’opus), nous avons d’abord la confrontation entre le tueur et le médecin, le docteur Vogel (Gage Clarke). Le médecin passe d’une brave famille à un patient tueur de flic sans sourciller. Mais cette scène est moins intéressante que celle de la pharmacie. On se croit dans « Le fugitif », Marx n’arrête pas de presser le pharmacien et le préparateur tout en se cachant dès que quelqu’un entre. Pendant ce temps, au commissariat, un témoin identifie Charlie Marx.

Le hasard va se liguer contre le fuyard, car en hâtant le pharmacien, ce dernier va commettre une erreur. Nous n’en dirons pas plus pour préserver la chute. Réfugié dans une chambre d’hôtel avec sa valise recelant son magot, l’homme est une bête traquée.

Le préparateur en pharmacie, Fletcher, est incarné par Russell Collins, qui a tourné dans neuf épisodes de l’anthologie, mais ici, avec des lunettes, on le reconnaît à peine. Vernon, le pharmacien (Joby Baker) perdra la vie en voulant jouer les bons samaritains. La façon dont Charlie Marx l’abat en sortant de sa chambre d’hôtel montre que la bête traquée est implacable. Pourtant, Marx n’échappera pas à son destin.

Un très bon épisode.

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12. A JURY OF HER PEERS
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Susan Glaspell. Adaptation : James P. Cavanagh. Réalisation : Robert Florey

Millie Wright, une pauvre vieille femme, dont le mari est retrouvé étranglé, est soupçonnée de meurtre. Elle était malheureuse en mariage.

Episode assez terne et ennuyeux. Jim Hale (Ray Teal) rendant visite aux Wright, ses voisins, qui occupent une ferme isolée,  trouve le mari étranglé dans son lit. Son épouse Sarah (Anne Harding) éprouve de la compassion pour Millie (June Walker), qui a épousé sans amour à l’âge de 17 ans la victime. La ferme est sinistre et entourée de neige et de blizzard. Le shérif et le district attorney, accompagnés de leurs épouses,  tentent de trouver qui a étranglé le fermier.

C’est du théâtre filmé, sans aucun rebondissement. Une longue discussion commence entre Mrs Peters (Frances Reid) et Sarah Hale. Le passé du défunt, qui était un être vil et égoïste, est passé au crible.  On parle même du canari qui pourrait être le mobile du crime.

Le district Attorney est convaincu que Millie a tué son mari. Mais les deux femmes diront-elles à leurs maris respectifs ce qu’elles ont découvert ?

Un épisode sans intérêt. Le réalisateur ne peut pas faire d’éclats, puisque tout se passe dans une pièce. C’est le genre d’opus soporifique  dont dès le départ, on sait que l’on ne pourra rien sauver.

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13. THE SILK PETTICOAT
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Joseph Shearing. Adaptation : Halsted Welles et Norman Ginsbury. Réalisation : John Newland.

Londres, 1817. Elisa Minden, sur le point d’épouser Sir Humphrey Orford, apprend qu’il est veuf depuis vingt ans. Mais ce n’est pas le seul secret qu’il a caché.

On a droit ici à une chute horrifique, et à deux bons comédiens qui se sont croisés dans « Les envahisseurs» :  Michael Rennie et Antoinette Bower. En dehors de cela, c’est une fois de plus une histoire située dans un lointain passé, et qui occasionne à chaque fois des épisodes ratés de l’anthologie.

On se croit parfois dans « Rebecca » ou « Barbe bleue ». Michael Rennie en Sir Humphrey ne donne pas une image reluisante pour un futur mari : son épouse était infidèle et il a fait pendre l’amant, dont on trouve un portrait dans une pièce. Plus l’intrigue avance, plus Elisa (Antoinette Bower) est épouvantée.

La mise en scène trop académique, les décors et costumes cheap, sont heureusement quelque peu sauvés par deux rebondissements dont la chute. La mort violente de Sir Humphrey, qui arrive peu avant la chute, nous sort de notre torpeur. Beaucoup de scènes au sujet de la première femme évoquent l’œuvre de Daphné du Maurié. Malgré toute la fascination que l’on peut avoir pour le grand, par le talent et par la taille, Michael Rennie, on ne se passionne pas pour ce qui révèle encore du théâtre filmé.

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14. BAD ACTOR
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Max Franklin. Adaptation : Robert Bloch. Réalisation : John Newland

Bart Collins est un acteur raté. Il doit passer une audition mais à un rival, Jerry Lane. Bart a cependant un moyen d’éliminer la concurrence.

Après deux opus soporifiques, nous voilà revenus en 1961 avec un comédien raté qui étrangle son rival pour un rôle. Robert Duvall incarne ce Bart Collins qui une fois son crime commis achète de l’acide et un couteau, après avoir hésité avec un hachoir !

Le meurtre intervient à la 12e minute, et le policier, le lieutenant Gunderson (William Schallet) fait son apparition à la 19e (sur 25, mais les épisodes se concluent généralement à la 23e lorsque Sir Alfred fait sa deuxième apparition). C’est un peu le problème de cet opus où l’on a perdu beaucoup de temps. Bart est la dernière personne à avoir vu Jerry. L’enquête criminelle commence un peu tard à notre goût.

C’est donc presque le moment de la chute.  Le suspense n’a pas eu le temps de faire son effet, Bart ayant mis en évidence le gros seau  à glace où se trouve une partie du cadavre, et qu’il se fait une obligation de tenir éloigné de sa petite amie  Marjorie (Carole Eastman) et de son imprésario Ed Bolling (Charles Robinson). C’est avec ce seau que Bolling avait réveillé au début de l’épisode son acteur qui avait fait la fête et ne parvenait pas à « émerger ».

On se sent donc frustrés, car Robert Duvall n’a pas le temps de sauver les meubles et de chercher à se disculper. C’est à la 17e minute que Marjorie entre dans son appartement, et elle se demande s’il ne cache pas une autre femme tellement il est inquiet, mais le temps manque pour que la situation dramatique s’installe.

Il y a de bonnes scènes auparavant, notamment dans le night club, lorsque Marjorie tente de démontrer à son boy friend alcoolique qu’il n’a pas perdu la partie face à son rival Jerry et que son avenir de comédien est devant lui. Mais il suscite la répulsion de la belle par sa façon de se comporter, de se donner en spectacle en raison de son ébriété et elle prend la poudre d’escampette.

Notons un moment d’humour involontaire lorsque Marjorie propose à Bart de fêter sa victoire et revient d’une pièce avec le fameux seau (fermé) empli de son macabre contenu, et la réaction paniquée que l’on devine chez l’assassin.

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15. THE DOOR WITHOUT KEY
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Norman Daniels. Adaptation : Irving Elman. Réalisation : Herschel Daugherty

Un homme amnésique, Leonard Eldridge,  se présente dans un commissariat. Il demande de l’aide.

Claude Rains est de retour et joue les amnésiques, thème qui vient juste d’être abordé dans « Services rendered », cinq épisodes avant. Le sergent Shaw, chargé de l’enquête, est interprété par John Larch (« Hawaii police d’état », « Les envahisseurs »). A peine Eldridge (Claude Rains) est-il arrivé qu’un garçonnet perdu survient. Son père l’a oublié dans une station service.

En discutant avec Mickey, l’enfant, Eldridge se souvient de la mort de sa mère, l’enfant ayant aussi perdu la sienne. Shaw les écoute amusé et attentif.

Dans ce commissariat qui devient une auberge espagnole, où une vieille dame à rejoint l’enfant et l’amnésique, trois motards (deux garçons et une fille) sont arrêtés. Toutes ces personnes sont-elles là par hasard ? Les motards, après un contrôle d’identité, sont relâchés.

L’enfant et Eldridge ayant faim, on leur sert du coca et des sandwiches qu’un livreur apporte. Dans ce commissariat trois étoiles, l’amnésique se souvient soudain de son épouse Madge, décédée.

C’est à la vingtième minute que la lumière surgit. Le destin du vieil homme va alors se croiser avec celui de l’enfant qui, on le sait depuis un moment, a menti : en fait, il ne veut pas retourner chez lui.

Nous avons assisté en fait à un conte. Mais à l’arrivée, beaucoup de bavardages, de bons sentiments, aucun suspense, et un épisode poussif.

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16. THE CASE OF MJH
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Alan Crosland Jr

Un homme séduit la secrétaire d’un psychiatre pour qu’elle vole des dossiers et l’aide à monter un chantage.

Retour de Barbara Baxley, une habituée de l’anthologie, dans le rôle de la secrétaire, Maude Sheridan, du psychiatre Cooper (Theodore Newton). Jimmy French (Robert Loggia) est un amoureux pas désintéressé. Jimmy avoue son plan à la 13e minute, qui correspond à la fin du premier acte.

Amoureuse, Maude vient relancer chez lui Jimmy avec des dossiers volés. L’attention du vil personnage se porte sur le cas du patient M.J. Harrison (Richard Gaines). Il se rend au bureau de ce dernier, qui est vite effondré.

Robert Loggia incarne ici un homme cynique et machiavélique, un maître chanteur sans pitié. Il est excellent.

La chute est particulièrement bien amenée par le docteur Cooper qui apprend une terrible nouvelle à sa secrétaire abasourdie par la gravité de son acte.

Barbara Baxley est plus convaincante qu’à l’accoutumée, tout se joue entre quatre personnages : Maude, Jimmy, le docteur Cooper et Harrison. Comme souvent, on a l’impression de « manquer de temps » et de subir une fin bâclée. Si certaines histoires se prêtent tout à fait au format 25 minutes et nous ont donné, tout au long des sept saisons, des chefs d’œuvre, beaucoup nous laissent un sentiment d’insatisfaction et de trop grande brièveté.

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17. THE FAITH OF AARON MENEFEE
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Stanley Ellin. Adaptation : Ray Bradbury. Réalisation : Norman Llyod

Un mécanicien qui souffre d’un ulcère à l’estomac est soulagé par un prédicateur qui fait l’imposition des mains. Il quitte son métier et devient chauffeur à son service.

Episode typiquement américain sur les prédicateurs charlatans qui prétendent guérir par la foi. Otis Jones (Sidney Blackmer) rencontre par hasard Aaron Menefee (Andrew Prine), qui a un malaise dû à un ulcère à l’estomac non curable. Menefee est soigné par le docteur Buckles (Robert Armstrong). Buckles tente de mettre en garde le trop crédule mécanicien qui quitte son métier pour suivre Jones.

On a du mal à comprendre ce Menefee qui un temps repousse les avances de la fort belle fille du prédicateur, Emily (Maggie Pierce). Il finit par la demander en mariage, mais Jones refuse. Menefee n’est pas digne de sa fille. Le trio écume le pays, escroquant à tout va les braves gens malades. Mais Menefee est un candide qui croit vraiment dans les pouvoirs d’Otis Jones. Un soir, le hasard veut qu’il se retrouve dans sa ville natale et va rendre visite à son ancien docteur. Deux hommes armés l’attendent et le prennent en otage, lui demandant d’aller chercher Jones, sinon ils tueront le docteur Buckles. En effet, l’un d’eux est Vern Byers (Don Hanmer), un gangster paralysé incurable.

Il se passe beaucoup de choses en 25 minutes, à une cadence effrénée. La distribution est dominée par Andrew Prine (« Grizzly, le monstre de la forêt » avec Christopher George en 1976). On s’étonne qu’à la moitié du métrage, son personnage fléchisse et accepte si facilement de renoncer à la belle Emily devant la volonté de fer du charlatan.

La pirouette finale tient du coup du destin impossible, et l’on n’est pas étonné que Ray Bradbury soit de la partie, adaptant l’histoire. La chute est vraiment saisissante, et l’on ne s’est pas ennuyé une seconde durant 25 minutes haletantes.

Trop d’invraisemblances toutefois nous empêchent de mettre la note maximum.  On citera le coup du hasard final, mais aussi la romance brisée entre Emily et le héros. Une histoire à faire se dresser les cheveux sur la tête est ce que l’on attend de cette anthologie. De ce point de vue là, mais on ne dira rien de la chute, le téléspectateur n’est pas déçu.

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18. INSTINCT DE SURVIE
(THE WOMAN WHO WANTED TO LIVE)

Histoire et adaptation : Bryce Walton. Réalisation : Alan Crosland Jr

Ray Bardon, un prisonnier en fuite, attaque une station service, tue le gérant et prend une automobiliste, Nita, en otage.

Charles Bronson a fait davantage de télévision que Robert Redford et Steve Mc Queen (On le voyait encore en 1967 dans la série « Le fugitif ») et on est moins surpris de le retrouver ici. C’est son troisième et dernier opus de l’anthologie.

Il a la chance ici de tomber sur un bon script. Bardon est un tueur cynique, blessé, et l’on ne donne pas cher de la peau de la belle Nita (Lola Albright), qu’il prend en otage. Elle le convainc qu’il va avoir besoin de lui et il accepte de lui laisser (provisoirement ?) la vie. A la 15e minute, alors qu’elle est en train de changer une roue, et que Barton se cache à l’intérieur, trois blousons noirs, des Hell’s angels, veulent violer Nita. Mal leur en prend. On savoure d’avance le sort des trois lâches, ayant aperçu l’homme dans la voiture, qui  croient en faire une bouchée. Même du mauvais côté de la barrière, on se doute que « le justicier dans la ville » va leur en donner pour leur argent , si l’on peut dire. Encore regrette-t-on qu’il se montre trop clément avec deux d’entre eux.

La chute est vertigineuse. Nita a caché son identité depuis le début et Bardon va l’apprendre à ses dépends.

Un excellent suspense, un véritable thriller, doté d’une interprétation excellente, dominée non seulement par un Charles Bronson en grande forme, mais aussi une fantastique Lola Albright, qui a une finesse de jeu renversante.

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19. STRANGE MIRACLE
 INÉDIT EN FRANCE

Histoire de George Langelaan. Adaptation : Haslted Welles. Réalisation : Norman Llyod

Blessé dans un accident, Pedro Sequiras feint d’être handicapé à vie, d’avoir perdu l’usage de ses jambes et de devoir rester en fauteuil roulant. Mais tout cela n’est qu’une feinte pour la compagnie d’assurance.

David Opatoshu (1918-1996) était l’ancien nazi Dave Kafka dans l’épisode de « Match contre la vie » : « Une longue poursuite », mais est aussi apparu dans « Daktari », « Cannon », « Mission Impossible », « Hawaii police d’état » et au cinéma dans le film d’Hitchcock « Le rideau déchiré ».

Ici, il est Pedro, qui feint d’être handicapé pour escroquer l’assurance. Marié à la jolie Lolla (Miriam Colon), il a un plan : duper le prêtre (Eduardo Ciannelli) en faisant croire à un miracle qui lui permettra de remarcher, chose qu’il fait avec aisance quand il est seul avec sa femme. Leur enfant, Maria, est aussi paralysée, mais le couple n’a pas les moyens de la faire soigner.

Lolla fait preuve d’un certain cynisme, son interprète Miriam Colon, née en 1936 à Porto Rico tourne toujours en 2015, mais a fait une carrière décevante, entre soap opéras et quelques participations dans des séries télé.

L’agent d’assurance qui lui remet un confortable chèque lui conseille d’aller se baigner dans la fontaine de Novales. Elle a la réputation d’avoir des pouvoirs miraculeux. Pedro Sequiras feint de ramper jusqu’à la fontaine, devant la vierge, il se passe de l’eau sur les jambes, crie au miracle et tombe, cette fois vraiment paralysé.

La chute, qui concerne la petite Maria (Adelina Petrosa, qui continuera une carrière chaotique jusqu’en 1969 entre petits rôles au cinéma et séries télé), relève de la religion et du mysticisme, et l’on se demande vraiment ce que cela vient faire dans l’anthologie Hitchcock.

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20. THE TEST
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Boris Sagal

Mr Marino supplie un avocat de renom, Vernon Wedge, de défendre son fils Benjy, accusé du meurtre d’un nommé Kenny. Wedge est réticent car c’est une cause désespérée.

Cet épisode est là pour nous rappeler que les américains sont friands de procès, voir le succès de « Perry Mason ». Le témoignage principal repose sur Sol Dankers (Tenen Holz), un vieil homme. Wedge voudrait que son client plaide coupable, mais Benjy (Rod Lauren) refuse. Il fait faire des tests sur le couteau de Benjy afin de savoir s’il y a du sang de la victime dessus.

Le procureur Wickers (Steve Gravers) empêche Wedge de procéder à son test, pourtant  agréé par le docteur Hagerty (William Bramley), et le juge (Rusty Lane) lui emboîte le pas. Cela provoque l’acquittement par le jury, mais Vernon Wedge veut malgré tout faire le test.

On a rarement vu un accusé aussi antipathique que Benjy/Rod Lauren, une vraie tête à claque, une allure de jeune voyou cynique et dont le manque d’humanité se lit sur le visage. On comprend la réticence de l’avocat à accepter l’affaire. Dans le rôle du père, Marino (Eduardo Ciannelli), on a choisi un comédien beaucoup trop âgé qui a plus l’air d’être le grand-père que le père de l’accusé. Même s’il n’affiche pas cet air méprisant qu’à sa progéniture, Marino se révèle vite détestable.

La chute est un peu étrange car elle est constituée par une pirouette qui nous empêche de connaître la vérité. Tout au plus peut-on la supposer.

En 25 minutes, nous n’avons pas eu le temps de nous passionner pour cette affaire, les scènes de tribunal occupant une bonne partie de l’opus.

On a plus le sentiment d’une ébauche d’épisode que d’un vrai  récit.

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21. BURGLAR PROOF
 INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : John Newland

Sammy Morrissey, un perceur de coffre-fort, sort de prison après avoir purgé cinq ans. Il a décidé de vivre paisiblement avec sa fille Dorothy. Harrison Fell a envie de ses services pour une campagne publicitaire afin de prouver la fiabilité de leurs coffres-forts réputés inviolables. Le modèle d’essai contient 50 000 dollars et si Morrissey parvient à l’ouvrir, il gardera l’argent. Il a un temps limite pour ouvrir le coffre-fort.

Le ton est ici d’emblée à la comédie, avec une musique sautillante, et la présence du comédien Paul Hartmann en Morissey, aux airs bon enfant. Le problème vient que l’on ne prend pas l’histoire au sérieux dès le départ. Tout d’abord, Robert Webber – habituellement plus sobre dans son jeu- en fait des tonnes et on le croirait bateleur de foire. La plus grande partie de l’épisode est lassante, car elle consiste à la tentative d’ouvrir le coffre-fort, avec force détails. On s’ennuie vite après s’être un peu amusé de la situation de départ.

Il n’y a en fait qu’un suspense de foire, et aucune tension dramatique. Et la comédie n’étant pas drôle, « Burglar proof » tourne vite au pétard mouillé. Si Paul Hartmann est parfait dans son personnage, on lui reprochera de n’avoir pas grand-chose à jouer si ce n’est une démonstration de son ancien « métier ».

Le peu d’enjeu de la chute endort très vite le téléspectateur. La tentative de percer le coffre commence à la dixième minute, quand Harrison Fell présente Morrisey à l’assistance, et s’arrête à la vingtième. Il ne reste donc, pour la chute, que trop peu de temps. Henry Slesar a dû trouver l’idée séduisante sur le papier, mais le réalisateur ne tire aucun parti de cet exercice de cambriolage autorisé.

Josy Llyod, en Dorothy, ne parvient pas à développer la double facette de son personnage en si peu de temps, et je ne l’ai pas trouvé très convaincante.

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22. LA BABY-SITTER
(THE BIG SCORE)

Histoire de Sam Merwin Jr. Adaptation : Bryce Walton. Réalisation : Boris Sagal

Dora, baby-sitter peu scrupuleuse, a donné rendez vous à trois jeunes gens pour voler le père de Arne, Mr Fellowes. Mais l’homme revient à l’improviste. Il menace les jeunes gens et l’un d’eux poignarde le malheureux. Dora décide de rester sur place pour raconter une fable à la police.

Avant-dernier épisode de la saison montré en France, les autres à part « L’éternel trio » sont inédits. Le butin du meurtre est ridicule : 200 dollars. Evans Evans en Dora n’a pas le physique de l’emploi de la fille débauchée et criminelle. Elle est la petite amie de Mike (Tom Gilleran), l’un des trois compères, mais tourne autour de Gino. On s’étonne aussi que l’enfant, Arne (Nick Sills) n’ait rien entendu.

Gino, le meurtrier (Rafael Campos) a bien la tête de l’emploi. L’enquête criminelle est bâclée en deux temps trois mouvements avec beaucoup trop de facilité. Le lieutenant Morgan (John Zaremba) chargé de l’affaire ne fait d’ailleurs qu’une apparition.

En voulant acheter un poste de radio chez un receleur, Gino se rend compte que Mike a volé à la victime un briquet géant. Pourtant, Gino et Dora ne sont que des enfants de chœur face aux receleurs qui sont aussi des tueurs. C’est la police que l’on pense aux aguets, or le danger, pour les jeunes gens vient d’ailleurs.

L’épisode est peu vraisemblable, et fort mal joué. L’absence presque  totale d’enquête policière, le casting mal fait, la révélation de la personnalité de la victime Fellowes, le meurtre pour un butin dont le jeu ne vaut pas la chandelle sont autant d’éléments qui gâchent notre plaisir. La chute est cruelle, mais improbable.

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23. PROFIT SHARING PLAN
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : William Link et Richard Levinson. Réalisation : Bernard Girard

Miles Cheever, employé modèle, prend sa retraite. Son épouse lui fait remarquer que son patron a été bien radin en lui offrant un simple stylo à plume. Mais Cheever a projeté de cambrioler son patron et de s’enfuir en avion avec sa maîtresse, Anita.

Henry Jones incarne à merveille cet homme sans histoires, Miles Cheever, qui  vit avec une femme vieille et sans charme  (Ruth Storey). Il a pour maîtresse Anita (Rebecca Sand), une blonde au genre assez vulgaire.

Pour Cheever, son plan pour une nouvelle vie est tout tracé. Il vole avec facilité son patron en retournant dans son ancien bureau, puis prend le chemin de l’aéroport avec Anita. Mais l’avion ne décolle pas, et notre homme commence à être nerveux.

Il s’agit d’une histoire policière assez classique, bien interprétée, mais sans génie. La chute est très prévisible. Le manque de moyens est flagrant, tout sent ici les décors de carton pâte d’Universal. L’aéroport, la salle d’attente, ne font plus aujourd’hui illusion.

Si l’intrigue est trop classique, on salue l’interprétation d’Henry Jones. Il est par contre assez mal entouré, car Rebecca Sand n’est pas crédible en maîtresse, tandis qu’en femme légitime, Ruth Storey a peu de scènes à jouer, même si certaines sont des scènes clefs.

On a le sentiment d’avoir vu des centaines de fois ce genre d’intrigue, même si ici les 25 minutes sont savamment utilisées.

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24. L'ÉTERNEL TRIO
(APEX)

Histoire de James Workman. Adaptation : John T. Kelley. Réalisation : Alan Crosland Jr

Claude est marié à une femme riche, mais plus âgée et laide, Clara. Il a une liaison avec une charmante voisine, Margo. En cas de divorce, le mari perdra tout. Aussi décide-t-il de tuer sa femme.

Polar classique du type « Le facteur sonne toujours deux fois ». Le mari, Claude (Mark Miller) n’a pas le cran de poignarder sa femme Clara (Vivienne Segal). Clara a des soupçons sur la fidélité de son conjoint mais ne se méfie pas de l’omniprésente voisine Margo (la jolie Patricia Breslin). Cette dernière décide d’empoisonner l’empêcheuse de tourner en rond.

La séquence de l’empoisonnement est pénible : Clara se rend compte que le thé a un mauvais goût, mais Margo insiste pour qu’elle finisse sa tasse. Elle est pris de maux de ventres terribles juste après.

La chute est absolument abominable pour la meurtrière, et prend le téléspectateur de court. Il est dommage que le script n’ait pas été plus fouillé, la scène entre Clara et Margo durant beaucoup trop longtemps. C’est là d’ailleurs le défaut majeur de cet épisode.

Mark Miller n’a pas assez de scènes, et disparaît trop vite de l’écran malgré son l’importance de son personnage.

C’est le dernier épisode doublé pour les téléspectateurs français.

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25. THE LAST REMAINS
 INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Leonard J. Horn

Amos Duff est un entrepreneur de pompes funèbres au bord de la faillite. La solution à ses problèmes vient de Marvin Foley, qui veut organiser les funérailles de son associé, Castle, soit disant mort dans un accident de voiture.

Il est toujours émouvant de voir la dernière prestation d’un acteur. Peu de temps après cet épisode, Ed Gardner, comédien surtout connu pour ses émissions de radio et qui incarne Marvin Foley, le second rôle de cet opus, est mort relativement jeune (62 ans) d’une maladie du foie.  En le voyant à l’image toutefois, on lui donne dix ans de plus.

Par ailleurs, on retrouve ici, dans le rôle d’Amos,  John Fielder, le tueur sadique de l’épisode 06-23 « Incident in a small jail ».

Amos, en patron consciencieux de son entreprise, est affligé de voir son employé Stanley (Lennie Weinrib) venir travailler… en chemise hawaïenne. Lorsqu’il se présente pour toucher sa paie en cash, et espère une augmentation, il a revêtu un costume plus traditionnel et de circonstance.

Ici, les scènes d’humour macabre se succèdent, ainsi lors de la visite de Duff à Foley, ce dernier lui présente brutalement un faux pistolet qui n’est autre qu’un briquet. Un peu plus tard, Duff, qui a obtenu un chèque de Foley pour la crémation de Castle, le quitte en lui disant qu’il espère vite de le retrouver dans sa clientèle, sans réaliser l’énormité de ce qu’il vient de déclarer.

John Fielder, qui a un débit de paroles exagéré, nous lasse vite. On le retrouve ici aussi mielleux que son personnage de « Incident in a small jail ».

A la 18e minute, Amos tente de faire chanter Foley, car il sait que Castle a été tué par balles et non dans un accident. Mais il se fait éconduire. Pour se venger, Amos le dénonce à la police et nous nous retrouvons dans un commissariat dirigé par le lieutenant Morgan (Walter Kinsella).

Arrive alors progressivement l’amorce de la chute, qui va être savoureuse, pleine d’humour noir. Ce n’est pas un épisode majeur, mais l’on passe un agréable moment.

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26. TEN O'CLOCK TIGER
INÉDIT EN FRANCE



Histoire et adaptation : William Fay.  Réalisation : Bernard Girard

Boots Murphy est un spécialiste du dopage, tant pour les chevaux de courses que pour les boxeurs. Il a mis au point une drogue qui permet à un boxeur de gagner sur le ring. Mais l’entraîneur, Arthur Duffy, est tenté d’essayer sur son champion le surdosage.

Voilà un épisode très en avance sur son temps, abordant le dopage, même si la chute horrifique tient plus du film à suspense ou de la science-fiction que de la réalité.

Trois personnages principaux dans cet opus : le boxeur, Soldier Fresno (Karl Lucas), qui devient presque un robot humain, Arthur Duffy, l’entraîneur (Robert Keith) qui va jouer les apprentis sorciers à  ses dépends, et Boots Murphy (Frankie Darro) qui a conçu la drogue.

L’épisode se déroule entièrement sur le ring et dans les vestiaires. Son gros défaut est l’interminable dialogue entre Duffy et Booth qui occupe la majeure partie de l’opus. On perd beaucoup de temps avec Boots et ses histoires de courses hippiques truquées. Boots veut absolument persuader l’entraîneur de parier sur un cheval dopé par ses soins. KO au début, le boxeur Soldier se mêle à la conversation.

Tout cela devient très vite verbeux et ennuyeux.  Le match entre Soldier est son adversaire nous soulève de notre torpeur, on en devine l’issue quand on constate comment d’un seul coup de poing, le boxeur dopé a réduit en bouillie le punching ball. Le réalisateur commet cependant l’erreur de nous montrer deux combats à la suite, un à l’entraînement, un sur le ring, avec un résultat identique et l’on se lasse du récit.

La suite est très prévisible, et le second acte de l’épisode, à nouveau gâché par des bavardages Duffy-Booth, nous replonge dans l’ennui avant l’amorce de la chute.

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27. ACT OF FAITH
INÉDIT EN FRANCE



Histoire de Nicholas Monsarrat. Adaptation : Eric Ambler. Réalisation : Bernard Girard

Un romancier à succès, Temple, reçoit une lettre d’un écrivain en difficulté, Alan Chatterton, qui lui demande de lire les quatre premiers chapitres de son livre en cours de rédaction et de l’aider à le terminer.

Depuis qu’il est arrivé dans la série, le réalisateur Bernard Girard a proposé des épisodes vraiment moyens, à la différence par exemple d’un Robert Stevens. Quant à l’auteur Nicholas Monsarrat, il nous a infligé « A secret life » (06-33), un vaudeville sans aucun intérêt. Ici, avec cet opus qui a dû soit faire fuir le téléspectateur, soit l’endormir, les deux larrons nous livrent un sérieux concurrent pour le titre de « pire épisode de la série ».

On s’ennuie d’un bout à l’autre de cet opus, dont on compte les minutes en attendant impatiemment que la fin nous en délivre. Trois comédiens sont en présence : Dennis King en Ralston Temple, homme d’âge mûr, flanqué d’une secrétaire Alice (Florence MacMichael), s’opposant à un jeune loup, qu’incarne George Grizzard. Il est le fameux Chatterton, qui contacte Temple au début.

Chatterton demande donc de l’aide à Temple. Il n’a écrit que quatre chapitres et se trouve devant l’angoisse de la page blanche. Il lui demande une entrevue. Alice, qui a lu le début, dit à son patron : « il peut écrire, je pense que c’est bon ». La secrétaire intrigue Temple qui n’avait aucune intention de donner une suite favorable à la demande.

Chatterton, lorsqu’il arrive chez l’écrivain, se croit chez lui et est sur le point de s’asseoir quand l’autre le toise sévèrement, aussi se ravise-t-il. Il se décrit comme envieux et non aigri. Chatterton est un hédoniste, ce que constatera Temple à ses dépends en le surprenant un soir dans un restaurant huppé, « Chez Luigi ». Mais la question que se pose le téléspectateur est l’intérêt de tout cela. Bernard Girard a commis ici un objet filmé non identifié qui n’a rien à faire dans l’anthologie, ni nulle part ailleurs. La série nous a parfois proposé des histoires poussives, des westerns, du théâtre filmé genre « Arsenic et vieilles dentelles », mais jamais un épisode aussi creux. Qui a pu donner son autorisation pour filmer cela ? Il serait intéressant de connaître le taux d’audience et de satisfaction du jour de diffusion de l’épisode, le 10 avril 1962 sur NBC. Même les pires productions hexagonales de notre triste télévision contemporaine sont un cran au-dessus de cette… chose.

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28. THE KERRY BLUE
INÉDIT EN FRANCE



Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Paul Henreid

Un homme éprouve une telle passion pour son chien que, revenant d’un voyage et apprenant sa mort, il est persuadé que son épouse l’a tué.

Episode du genre « drame psychologique ».  Ned Malley (Gene Evans) éprouve une passion pour sa chienne Annie. Il en délaisse sa femme Thelma (Carmen Matthews), épouse soumise et inoffensive. Lorsqu’il apprend qu’Annie est morte durant un voyage d’affaires, et que Thelma n’a pas averti le vétérinaire, il est persuadé qu’elle a enterré vivant l’animal et veut se venger.

Ned est un grand malade, et il forme un couple bien mal assorti avec Thelma, qu’il gifle brutalement lorsqu’elle lui apprend la nouvelle. Il feint auprès d’un médecin d’avoir des problèmes de sommeil pour obtenir des somnifères qu’il administre à son insu à sa femme, voulant la faire enterrer vivante.

C’est très bien joué, mais il n’y a aucun suspense. A la limite, cela évoque le film de Pierre Granier- Deferre « Le chat », d’après Simenon avec Gabin et Signoret. Ce n’est pas le genre d’histoires que l’on s’attend à trouver dans l’anthologie Hitchcock, d’ailleurs même la chute douce amère n’est pas dans l’esprit de la série.

On comprend mal que Thelma aime toujours son mari, avec ce qu’il lui fait endurer. C’est une créature douce, qui souffre de voir son mari autant affligé par la perte du chien. Aveuglé par sa haine et sa folie, Ned n’en sait rien.

L’autre comédien intéressant de l’histoire est John Zaremba, qui incarne le médecin de famille, le docteur Chaff, aux faux airs de Donald Pleasence. Thelma compte sur Chaff pour aider son mari, mais il échoue, c’est un généraliste, et il aurait fallu à Ned un psychiatre.

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29. THE MATCHED PEARL
INÉDIT EN FRANCE



Scénario original : Henry Slesar. Réalisation : Bernard Girard

Wilkens, client du bijoutier Dubois, veut offrir à sa femme deux perles, mais le joaillier n’en possède qu’une. L’affaire se complique car celui qui a vendu la première perle à Dubois, le capitaine McCabe, s’est, lors de la première transaction, estimé flouté.

Il s’agit d’une comédie où, sans révéler la chute, il ne faut pas se fier aux apparences. Les gens ne sont pas ce que l’on croit.

C’est John Ireland (1914-1992) dans le rôle du rustre capitaine Mc Cabe qui mène le jeu. Il cabotine un peu, mais cela va assez bien avec le personnage truculent qu’il interprète. Face à lui, le très coincé Dubois (Emile Genest) et son adjoint, motivés pour satisfaire le riche client Wilkens (Ernest Truex) et sa capricieuse jeune épouse Lolly (Sharon Farrrell).

Dubois doit coûte que coûte, pour son client, acheter une deuxième perle, identique à la première, objet d’une transaction en cours. Mais Mac Cabe ne semble pas sensible aux offres, et les sommes les plus faramineuses ont beau lui être proposées, il rudoie Dubois et son assistant Conroy (Michael King), qui tour à tour, ont osé s’aventurer, chéquier à la main, dans la cabine de son bateau.

Je n’ai pas trouvé cette-fois à redire sur la mise en scène de Bernard Girard. Il faut dire que le script d’Henry Slesar est solide. Malgré tout, on est loin des chefs d’œuvre de l’anthologie. On regrette vraiment les histoires de suspense.

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30. WHAT FRIGHTENED YOU, FRED ?
INÉDIT EN FRANCE



Histoire de Jack Ritchie. Adaptation : Joel Murcott. Réalisation : Paul Henreid

Libéré sur parole depuis 48 heures, Fred Riordan a « replongé » en commettant des dégâts dans un bar. Le chef de la prison, Bragan, et le psychiatre tentent de comprendre pourquoi l’homme a agi ainsi. Il raconte son histoire.

Fred (R. G. Armstrong) sorti de prison, est décidé à changer et à commencer une nouvelle vie. Il y a été encouragé par le directeur Bragan (Edward Asner, futur Lou Grant) et le psychiatre (Adam Williams). Nous vivons le chemin parcouru pendant 48 heures par Fred.

Nous voyons d’abord les retrouvailles délicates de Fred avec Mae (Eve Mc Veagh). Toute l’histoire nous est contée en flash-back, interrompue par des questions posées par le psy et Bragan. Le docteur est nettement mieux disposé que son acolyte à écouter le récit de Fred.

Un mafioso, Tony Wando (Steve Peck) a contacté Fred chez Mae. Tony donne rendez-vous à Fred sur la tombe de sa femme. Le libéré sur parole est terrorisé. Steve Peck donne de l’épaisseur à son personnage et évite la caricature.

Cette histoire policière vaut surtout pour les comédiens, même si l’on regrette qu’Edward Asner, le plus intéressant, soit trop en retrait. La chute est assez inattendue. Paul Henreid a su conjuguer Flash back et présent, rendant le récit de Fred vivant et cohérent. Cela n’en fait pas pour autant un grand épisode de l’anthologie. Excellent dans les seconds rôles, R.G. Armstrong est moins convaincant dans cet emploi de premier plan.

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31. MOST LIKELY TO SUCCEED
INÉDIT EN FRANCE



Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Richard Whorf

Dave Sumners, promis à un brillant avenir, vient rendre visite à son ami de collège Stanley Towers qui a réussi, tandis que lui végète. Stanley lui propose un emploi, tandis que l’épouse de ce dernier lui avoue que son mari n’a pas que de bonnes fréquentations malgré sa réussite.

Lorsque Towers engage comme domestique Dave Sumners, dont il a toujours été jaloux (il était « président délégué des élèves » et « meilleure promesse de son école »), nous comprenons que l’homme n’a pas fait un cadeau à son camarade de collège. Les deux hommes ne se sont pas vus depuis vingt ans.

Sumners se confie à la femme de son ami. Son chemin semblait tracé, tout lui réussissait, mais la vie en a décidé autrement. Le destin s’est acharné contre lui. Très vite, un lien de confiance (et de confidences) se noue entre Sumners et Louise Towers, malgré la différence sociale. Pourtant, en arrivant dans la maison, la bonne l’a pris pour un clochard et ne voulait pas le faire entrer.

Cet épisode se présente comme une réflexion sur la réussite sociale et ses aléas. Towers est devenu un alcoolique, alors qu’il a gagné son premier million à 32 ans.

La « générosité » de Towers ne dure pas et au premier caprice de son épouse, il ne tarde pas à congédier son ami, qui cependant n’a pas dit son dernier mot. D’ailleurs, est-il à ce point un « looser » et s’est-il présenté sous son vrai jour ?

Malgré un physique peu avenant mais des allures sympathiques, Howard Morris en Dave Sumner domine la distribution avec la jolie Joanna Moore en Louise. Jack Carter qui incarne Stanley nous livre une interprétation plus classique.

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32. VICTIM FOUR JOE
INÉDIT EN FRANCE



Histoire et adaptation : Talmage Powell. Réalisation : Paul Henreid

Lors d’une randonnée en montagne, Joe Drake et sa femme Madeline font une terrible chute qui laisse Joe handicapé. Joe ne peut plus travailler et seule sa femme subvient seule aux besoins du foyer. Joe reçoit la visite de Ralph Morrow, ancien prétendant de son épouse. A la radio, on parle d’un tueur en série que la presse a appelé « Le boucher »  qui en est déjà à sa troisième victime. Or ce soir-là, Madeline ne rentre pas à la maison.

Episode à l’ambiance nocturne, puisqu’à part la scène d’accident en montagne vue en flash-back, toute l’histoire se concentre la nuit, à la recherche de Madeline, afin de lui éviter d’être la quatrième victime du « boucher ».

Cet opus nous propose une chute qu’aucun téléspectateur n’aurait pu deviner, puisque l’identité du tueur en série constitue une belle trouvaille et une surprise de taille.

La visite de l’ancien courtisan de Madeline, Ralph (John Lupton) de retour d’un voyage en Europe après six mois, crée d’emblée une tension. Il vient un soir où Madeline n’est pas encore rentrée du restautant où elle travaille. Cela rappelle à Joe (Paul Comi) l’échange qu’il a eu avec sa femme juste avant l’accident à son sujet, et nous permet d’ailleurs d’assister à ce dernier, très spectaculaire.

Ralph devient le symbole et le signe annonciateur des tragédies : le couple parlait de lui quelques minutes avant l’accident, et il surgit le soir où Madeline n’est pas rentrée.

Pourtant, les deux hommes partent en ville, mettant de côté leur jalousie, pour chercher la jeune femme.

Madeline (Peggy Ann Gardner), sous ses airs d’épouse idéale, est un être torturé. Le suspense, absent de tant d’épisodes de cette ultime saison, est de retour et pour de bon.

Le téléspectateur se demande par quelle coïncidence Madeline est en retard pour rentrer le jour précis où l’ancien rival rend visite à son mari. Un bon suspense policier s’en suit. Les trois comédiens principaux sont parfaits et servent l’histoire à merveille.

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33. THE OPPORTUNITY
INÉDIT EN FRANCE



Histoire de J.W. Aaron. Adaptation : Bryce Walton et Henry Slesar. Réalisation : Robert Florey

Dans un grand magasin, Lois Callen se fait prendre en train de voler un collier. Le directeur, Paul Devore, la fait chanter et lui laisse penser qu’il veut qu’elle devienne sa maîtresse, sinon il préviendra son mari et la police.

Héros de « La grande vallée », Richard Long tient ici un bien vilain rôle, Paul Devore. Il est malheureux en ménage avec une femme riche qui veut le quitter, Kate (Rebecca Sand). Il oblige une malheureuse, Lois Callen (Coleen Gray), à le ficeler sur son lit avec des cravates et à lui mettre un bâillon sur la bouche, tout ceci après avoir simulé un cambriolage. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu au retour de week end  de sa femme Kate.

On perd un peu de temps au début, lorsque Devore oblige la voleuse à rédiger une confession, on nous dirige aussi vers une fausse piste : il voudrait l’obliger à devenir sa maîtresse. En fait l’homme a dans la tête un plan machiavélique.

Scénario un peu osé pour l’époque, même si rien de scabreux n’arrive finalement. Le plan de Devore est assez tortueux et risqué. Richard Long manque parfois un peu de conviction dans ce personnage diabolique. Rebecca Sand est plus à l’aise dans un rôle de garce, tandis que Coleen Gray joue à merveille la femme prise dans un piège infernal.

Notons que la garde chiourme qui a piégé la voleuse, Mrs Ranwiller (Olive Dunbar) fait une trop courte apparition et que son personnage est de loin le plus crédible de la distribution. Elle aurait fait une excellente Madame Danvers dans « Rebecca ».

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34. THE TWELVE HOUR CAPER
INÉDIT EN FRANCE



Histoire de Mike Marmer.  Adaptation : Harold Swanton. Réalisation : John Newland

Herbert Wiggam se voit privé d’une promotion attendue au profit d’un neveu de la femme du patron, Tupper. Il décide de se venger en volant 500 000 dollars qui doivent faire l’objet d’une transaction dans l’entreprise.

Retour de Dick York en héros malheureux, Herbert, privé de la promotion qu’il attend après onze ans de bons et loyaux services au profit d’un neveu pistonné par la femme son patron Tupper (Wendell Holmes).

L’épisode aborde résolument le registre de la comédie, et il ne faut attendre aucun suspense. Excepté un peu vers la fin avec la scène de la femme de ménage dont on comprendra avec la chute que le héros Herbert Wiggam n’était en rien menacé d’être percé à jour.

Dans le rôle du neveu pistonné, Webster (Kreg Martin), l’acteur  est odieux à souhait. Il méprise Herbert, lui dérobant un prospectus pour un voyage à Rio et demandant si sa mère vient avec lui.

Mais c’est surtout le retour, dans le rôle de miss pommes frites ( !) de la délicieuse Sarah Marshall après l’épisode « La lettre » (06-12). On ne la voit pas cependant pas assez, reléguée à un rôle secondaire. Elle est une secrétaire convoitée par un employé qui lui fait du plat. Tout au long de l’intrigue, elle tiendra un rôle vraiment de simple belle plante décorative et c’est fort dommage.

Le reste est très prévisible, avec la victoire annoncée de l’employé frustré, victoire presque trop facile.

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35. THE CHILDREN OF ALDA NUOVA
INÉDIT EN FRANCE



Histoire et adaptation : Robert Wallsten. Réalisation : Robert Florey

Frankie Fane, touriste américain, s’ennuie à Rome. Il rencontre un compatriote, Ainsley Crowder, qui lui suggère de louer une voiture et de visiter des ruines. Mais Fane disparaît après avoir rencontré une horde de jeunes mendiants en furie, et un policier, Siani, est chargé de le retrouver.

Episode détestable pour qui connaît bien l’Italie, décrite ici comme un pays de sauvages dès que l’on s’écarte des sentiers battus. Dans le rôle de Frankie, Jack Carson incarne l’américain moyen rustre, incapable de commander une boisson sans l’aide d’un compatriote, Ainsley Crowder (Christopher Dark) qui lui suggère (et il aurait mieux fait de s’abstenir) de faire une visite plus approfondie de l’endroit.

Le touriste se fait lyncher par une bande de jeunes aux visages assez sales. Certes, ce n’est pas un saint, comme le policier Siani le révèle à Crowder dans la chute, mais nous avons ici une vision caricaturale, tel que l’américain de 1962, pouvait se faire de l’Italie. Le gros reproche que l’on peut faire au metteur en scène Robert Florey est de ne même pas avoir cherché à donner une identité à ces jeunes italiens, qui pourraient être une bande de voyous américains.

Christopher Dark est le meilleur comédien de la distribution dans le rôle de Crowder. Le policier Siani est incarné par l’allemand Stefan Schnabel (1912-1999) qui manque sérieusement de crédibilité. Les italiens sont ici montrés comme des sauvages La scène du lynchage, à la moitié de l’épisode, laisse un profond sentiment de malaise. Voilà le genre d’histoires qui n’aurait aujourd’hui aucune chance d’être filmée. Le scénario, par ailleurs, est très creux et l’explication de Siani dans la chute tombe comme un cheveu sur la soupe.

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36. FIRST CLASS
INÉDIT EN FRANCE



Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Don Weis

Récemment divorcé, Edward Gibson apprend que son ex-femme a fait faire un portrait d’elle-même par un peintre pour la somme de 2500 dollars qu’il refuse de payer.

Retour de Robert Webber dans cette comédie où il se fait duper par son meilleur ami Carl Seabrook (Jeremy Slate) qui désormais fréquente son ex-femme Gloria. Tout le début de l’épisode est verbeux, surtout constitué de dialogues entre un Edward Gibson furieux et le gérant de la galerie de peinture, Munro (John Abbott). Gibson (Robert Webber) refuse de payer le portrait.

Le deuxième acte commence avec l’arrivée de Carl, qui voit désormais l’ex-femme, et Gibson va tenter de lui faire payer le tableau. Tout cela est dénué de suspense et ressemble à du théâtre filmé sans inspiration. Puisque Carl aime Gloria, l’ex-mari est décidé à lui faire un prix.

Ainsi se déroule tout l’épisode. Jeremy Slate est particulièrement mauvais dans sa composition, face à un Robert Webber à l’aise comme d’habitude. Cela crée un déséquilibre dont l’opus se ressent beaucoup.

Tout l’édifice sombre vite dans le ridicule et le grotesque. Henry Slesar en petite forme a rédigé à la va-vite une histoire qui ne tient pas la route. A partir du moment où Edward apprend que Gloria est morte,  Webber en fait trop et devient lui-même passable dans sa composition. Un épisode qui est tout sauf drôle.

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37. THE BIG KICK
INÉDIT EN FRANCE

hitchcockpr 5 37

Histoire et adaptation : Robert Bloch. Réalisation : Alan Crosland Jr

Kenneth Redman est un professeur qui s’intéresse au mouvement beatnick. Dans une surprise party, il rencontre Judy Baker, qui vit dans le dénuement. Elle est la petite amie de Mitch et tous deux vont monter une combine pour l’arnaquer. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévues.

Le gros problème de cet opus est que le comédien Wayne Rodgers est beaucoup trop jeune dans le rôle du professeur Kenneth Redman, par rapport au couple Anne Helm-Judy et Brian G. Hutton-Mitch.

Anne Helm est de retour après l’épisode « The changing heart » (06-14) où elle était la fille de l’horloger. Ses airs trop sages nous empêchent de croire à une fille délurée et libérée qu’elle prétend être.

Avec Robert Bloch, on a une fin horrifique à souhait, mais elle survient après un récit peu cohérent et mal construit. L’arnaque montée par les deux étudiants est une ficelle un peu grosse. En 1962, la vision des beatnicks dans cette série était caricaturale, celle que le téléspectateur avait envie de voir et non la réalité. On est en déphasage total avec ce que le cinéma a montré par la suite.

La scène du collier offert par Kenneth à Judy et que Mitch essaie de monnayer chez un bijoutier  (une « plaisanterie  du » professeur) nous dévoile en partie ce que sera la chute. On s’étonne qu’ensuite, Judy ne se montre pas plus méfiante.

L’épisode est d’une lenteur agaçante et le téléspectateur n’adhère jamais à l’histoire.

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38. WHERE BEAUTY LIES
INÉDIT EN FRANCE 

hitchcockpr 5 38

Histoire d’Henry Farrell. Adaptation : James P. Cavanagh. Réalisation : Robert Florey

Caroline Hardy éprouve un amour possessif pour son frère Collin. Elle vient de vivre une déception amoureuse en découvrant que son amoureux Paul Ross est un homme marié.

Cloris Leachman incarne ici, le rôle ingrat d’une vieille fille laide, Caroline Hardy, qui n’arrive pas à se caser et se raccroche à son frère Collin (George Nader). Il y a presque un aspect incestueux dans cette relation. Caroline a été ridiculisée par un homme marié, et voit d’un mauvais œil la liaison de son frère avec une certaine Joan (Pamela Curran).

Cloris Leachman a été enlaidie pour les besoins de la cause par le réalisateur Robert Florey. Lors de travaux dans l’appartement de son frère, elle jette son portrait avec rage, et le hasard veut que de l’acide se répande dessus et le déforme. Aussi met-elle un liquide inflammable dans la cheminée qui défigure son frère en lui brûlant gravement le visage lorsqu’il allume et le rend aveugle, histoire de le garder définitivement pour elle.

Florey fait ensuite exprès des plans qui nous empêchent de voir le visage de Collin. Il fait en sorte que la chute pour le téléspectateur soit le plus surprenante possible.

Cet opus qui aurait pu être réussi souffre d’un manque de suspense total, de longueurs, alors qu’il aurait fallu un rythme soutenu. En se concentrant sur la seule actrice principale, le metteur en scène exclut beaucoup George Nader. On regrette que le résultat final soit un épisode tout juste passable. Les plans censés nous effrayer ratent leur cible, et l’épisode est plus une étude de la folie de Caroline qu’une histoire à suspense.

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39. THE SORCERER'S APPRENTICE
INÉDIT EN FRANCE 

hitchcockpr 5 38

Histoire et adaptation : Robert Bloch. Réalisation : Josef Leytes

Le grand Sadini est un magicien. Il trouve un jour un jeune inconscient, un simple d’esprit qui se croit mort.

Victor Sadini (David J. Stewart) nous rappelle, en plus effrayant, le Joe Ferlini de « The last escape » (06-17). Il y a des similitudes entre les deux épisodes : Ferlini était cocu, Sadini aussi. Irene (Diana Dors), l’épouse du magicien, a une liaison avec George Moross (Larry Kert), le funambule. Le jeune héros un peu simplet, Hugo (Brandon De Wilde) pense que Sadini est le diable et Irene un ange. Il réagit fort mal en assistant au fameux numéro de la « femme coupée en deux », pensant que Sadini  a tué « l’ange ».

Comme dans « The last escape », la femme veut tuer le mari magicien. Elle se sert pour cela d’Hugo qui poignarde « le diable ».

Avec Robert Bloch, il faut s’attendre à la fin la plus horrifique possible Pour avoir persuadé qu’il était un magicien égal de son mari Sadini simplement en lui donnant une baguette, Irene, que le jeune Hugo a poussé et assommé, connaîtra un sort épouvantable qu’elle a bien cherché.

Diana Dors domine l’épisode par sa beauté et sa tonicité, Brandon De Wilde fait moins simplet que son personnage le requiert, et David J. Stewart en « grand Sadini » se contente de grimaces et de mimiques, sans réellement convaincre.

Malgré la chute typiquement horrible de Robert Bloch, l’opus reste moyen et conclut donc sept saisons de « Alfred Hitchcock présente ». L’anthologie souffre d’épisodes inégaux : quelques chefs d’œuvre, mais beaucoup d’histoires approximatives, que la présence du maître du suspense comme présentateur fait passer pour mystérieuses ou horrifiques. Ce manque de sélection dans les intrigues choisies, qui étaient parfois meilleures sur le papier qu’à l’écran, a fait considérablement vieillir la série. Alfred Hitchcock continua pendant 93 épisodes sous un autre format sa série avec « The Alfred Hitchcock hour » en trois saisons, de 1962 à 1965. Beaucoup d’épisodes, avant d’être filmés, furent présentés dans la revue « Ellery Queen’s mystery magazine ». La série elle-même devait susciter la création dès 1956 du « Alfred Hitchock’s mystery magazine » soit pendant la première saison.

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Images capturées par Patrick Sansano.