Saison 4Saison 6

Alfred Hitchcock Présente

Saison 6

1. Le Manteau (Mrs Bixby and the Colonel's Coat)

2. The Doubful Doctor - Inédit en France

3. A Very Moral Theft - Inédit en France

4. The Contest for Aaron Gold  - Inédit en France

5. L'Autre Train (The Five Forty-Eight)

6. Correspondance amoureuse (Pen Pal)

7. Outlaw in Town  - Inédit en France

8. Il faut que jeunesse se passe (Oh, Youth and Beauty!)

9. The Money - Inédit en France

10. Sybilla - Inédit en France

11. The Man with Two Faces - Inédit en France

12. La Lettre (The Baby Blue Expression)

13. Pas vu, pas pris (The Man Who Found the Money)

14. The Changing Heart - Inédit en France

15. Summer Shade - Inédit en France

16. A Crime for Mothers - Inédit en France

17. The Last Escape - Inédit en France

18. Le plus grand monstre du cinéma parlant (The Greatest Monster of Them All)

19. The Landlady - Inédit en France



1. LE MANTEAU
(MRS BIXBY AND THE COLONEL'S COAT)



Histoire de Road Dalhl. Adaptation : Halsted Welles. Réalisation : Alfred Hitchcock

L’épouse du dentiste Fred Bixby a un amant, un colonel, qu’elle rejoint régulièrement en prétextant rendre visite à une vieille tante. Un jour, le Colonel lui offre un manteau de vision en guide de cadeau de rupture. Comment Mrs Bixby, ravie de ce vison, va-t-elle pouvoir le ramener chez elle sans éveiller les soupçons de son mari ?

Grosse déception avec ce premier opus de la saison 6, en particulier parce qu’il est réalisé par le maître et que le sujet n’est absolument pas digne de son grand talent. L’intrigue ici n’a rien de palpitant, c’est du marivaudage, entre une femme qui trompe son mari, un dentiste, Fred Bixby (Les Tremayne) avec un homme qui n’est guère plus séduisant, voire moins, le Colonel (Stephen Chase). Notre héroïne, incarnée par Audrey Meadows, est une femme entre deux âges, belle mais sans charme particulier.

Bien que son amant l’éconduise de façon assez peu galante, elle est éblouie par le cadeau d’adieu, le manteau de vison. Mais ne pouvant le ramener chez elle, elle s’arrête, en taxi, sur le chemin du retour au domicile conjugal pour laisser le précieux vêtement chez un prêteur sur gages, en échange de 50 dollars, lequel lui remet un reçu sur lequel elle insiste pour qu'il ne mette pas de nom. Ensuite, elle imagine une histoire peu crédible : dire à son mari qu’elle a trouvé ce ticket et veut récupérer l’objet.  Elle aurait dû se méfier : le dentiste de mari lui confisque le ticket en tenant à aller lui-même chercher l’objet.

On est ici en plein vaudeville, rien de macabre, aucun suspense. Et la déception est grande. Pourquoi le maître a-t-il tenu à mettre en scène cette historiette, où, c’est un comble, on ne reconnaît même pas sa patte de metteur en scène ?

Il y a une morale dans la chute, mais on reste vraiment sur sa faim. Ce n’est pas un ratage, c’est un flagrant manque d’ambition dès le départ. Personne n’aurait pu faire un joyau à partir de cette nouvelle de Road Dahl.

Audrey Meadows peine à nous faire croire à cette épouse infidèle. Tout d’abord, elle n’a pas le physique de l’emploi, et son amant, avec le comédien Stephen Chase dans le rôle, encore moins. On a vu défiler beaucoup de jolies femmes dans l’anthologie, qui auraient été bien plus crédibles dans le rôle de la maîtresse qui trompe l’honnête dentiste qui se tue à la tâche pour faire vivre le ménage. Encore qu’il ne faille pas de fier aux apparences.

Le moins bon, à ce jour, des épisodes mis en scène par Sir Alfred. Robert Stevens, l’un des réalisateurs fidèles de cette série, a souvent fait bien mieux.

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2. THE DOUBFUL DOCTOR
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Louis Paul. Adaptation : Jerry Sohl. Réalisation : Arthur Hiller.

Ralph Jones vit une expérience effrayante : alors qu’il se dispute avec sa ravissante épouse Lucille qui aimerait un deuxième enfant, il se trouve projeté deux ans auparavant dans le passé, en décembre 1958, célibataire, dans un monde où rien ne se passe comme le futur et où Lucille ne l’aime pas.

Voilà l’épisode que Sir Alfred aurait dû réaliser. Ce formidable opus, qui vous évoquera beaucoup de films comme « Un jour sans fin » ou la série « Code Quantum », est palpitant pendant 25 minutes. On oublie même que sa vedette masculine, jouant Ralph, est une fois de plus Dick York, peu crédible ici en séducteur d’une jeune et ravissante Gena Rowlands.

Ayant fait cet effrayant voyage dans le temps deux fois, Ralph consulte un médecin, un psychiatre (John Zaremba) qui lui explique que tout se passe dans son imagination, est dû au stress, et au fait que Ralph ne s’assume pas dans sa vie d’adulte.

Mais le psychiatre, ne tient-il pas un discours rassurant à son patient pour lui cacher de véritables voyages dans le temps ?

A peine Ralph Jones a dit à sa femme qu’il refusait d’avoir un second enfant qu’il se retrouve dans sa chambre de célibataire, en plein hiver, en décembre 1958. Il n’a pas d’argent, pas d’emploi, son logeur menace de le mettre à la porte avant le 1er janvier s’il ne paie pas ses trois mois de loyers de retard. Paniqué, Ralph se rend dans le bureau où travaille Lucille et l’attire très difficilement dans un restaurant pour dîner, après de nombreuses discussions où visiblement, elle n’éprouve aucune attirance pour lui et le prend pour un fou.

Nous sommes en pleine science-fiction, dans un voyage temporel, mais ce ne sont pas les effets spéciaux qui comptent ici (tout comme dans « Code Quantum ») : ce sont les sentiments. Et Ralph, qui ne trouve pas d’issue à une situation angoissante, décide de mettre fin à ses jours en se jetant dans une rivière, après avoir discuté avec un gamin, Sidney (Michael Burns).

C’est palpitant, et Dick York, acteur catalogué avec « Ma sorcière bien aimée », nous fait croire à cette histoire qui nous prend au trippes. On comprend que ce mois de décembre neigeux de 1958 ne peut le mener à la chaleur de l’été 1960 dans laquelle il se trouvait au début de l’épisode. C’est aussi une belle histoire d’amour, car il réalise qu’il n’a aucune chance de séduire « sa femme » (Sublime Gena Rowlands en Lucille).

On aimerait que les 268 épisodes de la série soient de cette qualité là, et pour une fois, le format 25 minutes est parfaitement adapté à une histoire passionnante, car  l’action se trouve cadencée et rythmée, sans nous laisser le temps de réfléchir, ce qu’un long métrage n’aurait peut- être pas réussi à faire.

Dans un genre très différent de « Crackpott », un des meilleurs opus de la série entière. La chute est à la hauteur de notre attente.

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3. A VERY MORAL THEFT
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Jack Dillon. Adaptation : Allan Gordon. Réalisation : Norman Llyod

Helen est amoureuse d’Harry Wade, qui se trouve dans une mauvaise passe financière. Il va être mis en faillite s’il ne réunit pas 8000 dollars sur le champ. Afin de le sortir d’affaire, Helen, qui vit avec son frère lequel doit se marier, vole son patron banquier, Mr Ivers, en soustrayant la somme qu’Harry promet de lui rendre sous 48 heures.

A peine sorti du formidable opus précédent, nous voilà replongé dans une histoire de très haute tenue, qui n’est pas sans évoquer le vol que commet Marion Crane dans « Psychose ». Cet épisode est une course contre la montre pour Helen (Betty Field), femme sans charme, paumée, qui a agit par amour d’un homme qui n’a pas, semble-t-il, une grande impatience de l’épouser.

Betty Field en Helen et Walter Matthau en Harry sont prodigieux. Le suspense est ici vertigineux, même si autour de cette histoire, dès le départ, plane l’ombre du drame. Harry est cynique et profiteur, Betty est amoureuse, son frère, John (Karl Swenson), quand il réalise la situation, est épouvanté. Il sait ce qui va arriver à sa sœur car au bout des 48 heures fatidiques, ce qui était prévu arrive : médiocre en affaires, Harry est incapable de rembourser.

Norman Llyod filme ici un drame humain et un suspense en nous scotchant littéralement devant le petit écran. Walter Matthau n’a dupé que Betty, crédule, car le téléspectateur sait très vite qu’il ne pourra pas rembourser. L’étau se resserre autour de la malheureuse et bien entendu il n’est pas question de révéler la chute, mais elle constitue un grand moment d’émotion. L’auteur Jack Dillon nous surprend et nous livre un épilogue avec un brio étonnant, l’adaptation et la réalisation suivant son génie.

La chute, plus qu’une farce macabre ou une pirouette, est une terrible nouvelle, un coup du destin que nous apprend  le barman restaurateur. Nous restons assommés par cette fin peu fréquente dans l’anthologie. Il est difficile après de retrouver le gros homme et ses blagues, tant le téléspectateur est sous le choc.

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4. THE CONTEST FOR AARON GOLD
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Philip Roth. Adaptation : William Fay. Réalisation : Norman Llyod.

Dans un camp de vacances pour enfants, Lakeside, où l’on effectue essentiellement deux activités, la natation et la poterie, un nouveau professeur, Bernie, arrive et remarque dès le premier jour un enfant incroyablement doué, Aaron Gold. Ce dernier a construit une statuette représentant un soldat de l’antiquité.

Le réalisateur Sydney Pollack incarne ici le personnage principal, le professeur de poterie Bernie. Dès le départ, cette histoire s’avère laborieuse.  Bernie affronte le patron du camp Lakeside, Stern. Le comédien Frank Maxwell qui l’incarne ressemble beaucoup à Dana Eclar, le patron de Mc Gyver. Le jour de visite des parents est sacré, et il faut que les « œuvres » des enfants soient terminées, or Aaron doit aussi se consacrer aux autres activités (essentiellement la natation).

L’enjeu ici est vraiment peu intéressant. On comprend mal les colères de Stern, disproportionnées, lorsqu’il se rend compte soit que le petit Aaron a séché le sport, soit que sa sculpture n’avance pas. Il menace même de renvoyer Bernie. Bien entendu, la plupart des enfants font le minimum en poterie, et Bernie s’extasie devant le talent de son élève. Il s’instaure entre eux une relation plutôt étrange. L’enfant est taciturne, et le petit comédien Barry Gordon qui l’incarne, par ses airs sombres, accentue le malaise.

Lorsque la chute arrive, on comprend pourquoi Aaron n’a pas terminé la statuette, ce qu’a fait à sa place Bernie, chose qui provoque la révolte de l’enfant qui considère cela comme une trahison. Un épisode qui montre que l’anthologie est inégale, car cet opus est vraiment ennuyeux, suivant deux autres passionnants. Ici, dès le début, on comprend que l’épisode ne va pas être fulgurant : une mise en place trop longue (pour un film de 25 minutes), une réalisation qui ne retient  jamais notre attention. La visite des parents est à peine entrevue, et la fin bâclée. La question que l’on se pose est qui donc à la production a bien pu retenir cette histoire de Philip Roth qui d’entrée n’avait aucune chance de faire un bon opus.

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5. L'AUTRE TRAIN
(THE FIVE FORTY-EIGHT)

Histoire de John Cheever. Adaptation : Charlotte Armstrong. Réalisation : John Brahm

Miss Dent travaille comme dactylo dans un bureau. Elle est tombée amoureuse de son patron, Blake. Elle a voulu le séduire, mais après une nuit passée avec elle, il l’a licenciée. Il ne sait pas  qu’elle sort d’un asile psychiatrique et a décidé de se venger.

Particularité de cet épisode décevant, il n’y a pas de chute, un comble pour la série ! Si le suspense est entier avec la vengeance de la secrétaire Miss Dent (Phyllis Thaxter), menaçant son ancien patron d’une arme alors qu’il prend le train pour rentrer chez lui, l’intrigue est particulièrement pauvre en rebondissements, linéaire, sans aucun atout pour nous faire sursauter. Zachary Scott (Blake) a un jeu tout en sobriété, et cela cause un contraste avec sa partenaire qui n’arrête pas de parler. L’homme est visiblement tombé sur une folle. L’unité de temps et de lieu : sortie de bureau, le bar, le train, la gare, la voie de garage nuit au suspense.

L’épisode nous propose en flash back la scène où Miss Dent a séduit son patron, le lendemain où il l’a renvoyée, mais l’on s’ennuie très vite. La réalisation est très plate, sans aucune imagination, et ne met pas en relief une histoire qui aurait pu être plus passionnante. Phyllis Thaxter incarne une femme passive, sans charme, qui s’est faite des illusions, et  veut se venger. Mais elle peine à nous faire croire à son personnage. Elle manque d’émotion, de passion.

Il n’y a pas vraiment pas de dialogue, mais un long monologue d’une déséquilibrée. Le téléspectateur ne parvient jamais à s’intéresser à ce qu’il voit. Zachary Scott ne renvoie jamais la balle à Phyllis Thaxter et l’on a le plus grand mal à croire que ce couple improbable ait pu exister ne serait-ce qu’une soirée.

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6.CORRESPONDANCE AMOUREUSE
(PEN PAL)

Histoire d’Henry Slesar et Jay Folb. Adaptation : Hilary Murray. Réalisation : John Brahm

Miss Lowen, une vieille dame sans histoires, reçoit la visite d’un policier, Berger. Ce dernier lui apprend que sa nièce, une orpheline, actuellement absente de la maison, entretient une correspondance avec un détenu, Rod Collins, qui vient de s’évader.

Les épisodes dont le téléspectateur devine la chute ne sont  généralement pas les meilleurs. Ici, vers les trois quart du récit, on comprend tout. Cependant, le récit reste haletant. La mise en place, assez longue, dure dix minutes.  C’est la visite du policier Berger (Stanley Adams, gros nounours au physique rassurant) à la tante de la jeune fille, Miss Lowen (Katherine Squire). La tante n’a que sa nièce Margie au monde, puisque les parents de celle-ci sont morts durant la seconde guerre mondiale. Elle la considère comme sa propre fille. Margie passe le week-end avec des amies, elle a 21 ans. Aussi, Miss Lowen est effarée d’apprendre la correspondance qu’entretien Margie avec un meurtrier, Rod Collins (Clu Gulager, de la série « Le Virginien »).

Passé cette longue exposition, l’évadé en fuite apparaît à la 12e minute, venant chercher de l’aide, comme le craignait Berger. La tante apeurée tente de raisonner l’homme, il ne connaît sa nièce qu’au travers d’une photo, mais l’autre ne veut rien entendre. Il compte bien s’enfuir avec elle, toutefois, pour cela, il lui faudra attendre lundi, jour où Margie doit revenir.

Malgré son physique avenant, Rod Collins sait se montrer menaçant. La tante a peur et va essayer de le duper : feindre d’appeler Margie au téléphone pour lui dire de rentrer plus tôt, alors qu’elle appelle en réalité Berger, le détective qui lui a laissé son numéro. Margie, a-t-elle vraiment mis sa tante dans de salles draps, ou faut-il chercher ailleurs les raisons de la crainte de la vieille dame ? Collins est tout sauf bête, et malgré l’ingéniosité de la tante, il comprend qu’elle parle à la police.

La tension est extrême entre les deux protagonistes, et Clu Gulager, malgré son statut de meurtrier, parvient à rendre émouvant son personnage qui se fait de grandes illusions. Katherine Squire, entre crainte et courage, exprime la fermeté et la volonté d’une vieille femme décidée à lutter. Aussi n’est-on pas étonné de la voir prendre un chandelier pour se défendre.

Avec un minimum de moyens, le réalisateur, dans une histoire qui évoque le théâtre filmé (On ne sort jamais de la maison), parvient à tirer le maximum d’une histoire assez excellente, adaptée d’un récit à deux mains. Si l’épisode n’atteint pas les trois étoiles, c’est parce-que l’évidence du secret de la tante se révèle avant la chute. C’est bien dommage, car nous assistons à une confrontation inédite, meurtrier en fuite contre vieille femme isolée, et le plus malin des deux n’est pas celui que l’on croit.

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7. OUTLAW IN TOWN
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Michael Fessier. Réalisation : Herschel Daugherty

En pleine tempête de neige, un cowboy arrive dans un saloon. Il siffle, se montre provocateur, et ne tarde pas à susciter les questions des autres clients. D’où vient-il, que vient-il faire ? Tout ce qu’il accepte de dire est son prénom, Tony.

Je n’ai jamais compris le bien fondé d’intégrer des western à l’anthologie, à la différence des rares récits de science-fiction et de la majorité relatifs aux crimes, histoires policières et farces macabres. Ici, dès les premières images, j’ai détesté l’ambiance, et la suite ne m’a pas déçue.

Tout d’abord, Riccardo Montalban, excellent ailleurs (« Hawaii Police d’état », « L’île fantastique ») cabotine ici à outrance, et se rend très vite exaspérant. Le reste de la distribution ne l’aide pas par sauver une histoire dont le naufrage est inévitable. C’est du western à budget réduit, la plupart du temps filmé dans le saloon, avec une ballade en calèche. Le ton passe vite du drame à la comédie. Constance Ford incarne une veuve, Shasta Cooney, dont le mari aurait été tué par Tony Lorca, lequel a sa tête mise à prix pour 5000 dollars mort ou vif. Constance Ford ne parvient pas plus que son partenaire à nous faire croire à son personnage.

On ne peut jamais prendre au sérieux l’histoire, car les rebondissements, au lieu de donner une quelque trame dramatique à l’intrigue, s’orientent à chaque fois vers plus de comédie, tuant tout suspense. Ainsi, au début, par son arrogance, Tony s’est attiré l’hostilité, mais lorsque celui qui veut le mettre en joue s’y emploie, il découvre que tel un illusionniste, l’autre lui a dérobé son arme, qu’il lui rend aussitôt avec ce perpétuel sifflotement agaçant. Tony ne doute pas un instant que l’autre pourrait juste après lui vider le chargeur dans le ventre ! Il offre du champagne à Shasta, elle lui jette le contenu du verre à la face, mais cela le fait rire.

On se décourage vite d’espérer une quelconque amélioration durant les 25 minutes, la chute d’ailleurs sera du genre comédie pur jus, sans qu’une once de suspense ne se soit glissée dans cet épisode raté d’un bout à l’autre.

Patsy Kelly, comédienne américaine née à Brooklyn, atteint ici les sommets du ridicule, on se demande bien pourquoi ne pas avoir engagé une comédienne d’origine indienne pour interpréter son personnage qui le nécessite,  mais la crédibilité n’est pas ici recherchée.

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8. IL FAUT QUE JEUNESSE SE PASSE
(OH, YOUTH AND BEAUTY!)

Histoire de John Cheever. Adaptation : Haslted Welles. Réalisation : Norman Llyod.

Cash Bentley a été un champion du 110 mètres haie, populaire, reconnu. Mais il a pris de l’âge, boit trop, et ne parvient plus, malgré une union solide avec son épouse Louise, à maintenir son train de vie. Il ne rêve que de retrouver sa jeunesse et sa gloire passée.

Très bel épisode, malgré quelques imperfections dues sans doute au budget : je pense essentiellement aux films que l’on nous montre sans cesse des courses passées de Cash, champion athlète, qui mélangent mal des images archives de véritables courses et des gros plans maladroits du comédien principal, Gary Merrill.

Le drame sied mieux que la comédie à l’anthologie, ici la tragédie est menée par deux comédiens très doués, Patricia Breslin et Gary Merrill. Ils incarnent avec véracité et émotion un beau couple qui serait heureux si le champion, Cash, avait accepté son âge et compris que l’on ne peut jamais revenir en arrière.

On se moque de lui dans un club très huppé pour l’inciter à singer sa gloire passée autour de fauteuils et tables que l’on a rassemblés rapidement. Son épouse n’a qu’une envie : quitter cette bande de faux joyeux lurons qui confortent son mari dans son désir de faire « sa dernière course ». Le couple de comédiens éclipse le reste de la distribution, tant il est éclatant. Il faut dire que les multiples autres personnages sont peu fouillés et à peine esquissés.

Un premier drame, moins tragique que celui de la chute, arrive avec l’accident qui était inévitable. Cash se retrouve la jambe plâtrée, demandant à son médecin s’il pourra remarcher. Il regrette tellement sa jeunesse que dans une scène de bal, il invite une très jeune cavalière (dont le partenaire prend assez mal la chose) et finit par danser tout seul, pathétique, au milieu de l’assistance.

On s’étonne que Cash mette si longtemps à lancer son poing dans la figure du mauvais plaisant qui n’arrête pas de le provoquer, lui décoiffant les cheveux et le traitant avec mépris, chose que l’état d’ébriété du provocateur ne rend pas excusable. La prude Amérique de novembre 1960 fait que la caméra ne s’attarde pas longtemps lorsque Cash veut déshabiller son épouse légitime, même l’érotisme conjugal est proscrit. D’une scène qui aujourd’hui aurait constitué une séquence érotique, nous n’avons même pas l’amorce puisque Louise trouve un prétexte pour s’éclipser, il est vrai que l’alcoolisme de son mari le lui fait fuir.

Il ne faut pas s’attendre à un suspense classique mais à une œuvre assez réaliste sur la déchéance de ceux qui veulent être et avoir été et n’acceptent pas la déchéance du temps qui passe. La fin est assez surréaliste mais prévisible. L’épisode frôle la perfection, mais la répétition des gros plans mal insérés  de l’acteur principal sur les films de courses d’athlètes, projetés à partir de l’ancêtre du super 8, est tout de même gênante. On nous montre ici de toute évidence du film 8 mm avec les appareils de salon de l’époque.

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9. THE MONEY
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Alan Crosland Jr

Larry Chetnik est marié à une femme, Angie,  qui ne s’intéresse qu’à l’argent. Il trouve un emploi chez un ami de son père, et manigance un vol en espèces.

Encore un drame psychologique, toutefois nettement moins réussi que le précédent épisode. Si un Robert Loggia fort jeune est assez à l’aise dans le personnage de Larry, celui de son épouse est gâché par une insupportable Doris Dowling qui surjoue en permanence et nous met les nerfs à vif. Will Kuluva, dans le rôle du patron ami du père, Bregornick, livre une interprétation brillante, même supérieure à Robert Loggia. Kuluva a joué dans de nombreux épisodes des « Incorruptibles », « Mission Impossible » ou encore « Cannon ».

Le reproche que l’on peut faire à cet opus est sa longueur. C’est singulier pour 25 minutes, mais l’intrigue met beaucoup de temps à se mettre en place, et l’on se perd en bavardages. Notons que les échanges entre Bregornick et son partenaire d’affaires Miklosh (Wolfe Barzell, qui fait très âgé, alors qu’il avait 63 ans), sont savoureux. On se croirait parfois dans un film de gangsters de la grande époque hollywoodienne des séries noires. Barzell a fait carrière au cinéma (« La fiancée de Frankenstein ») et son duo avec Will Kuluva relègue au second plan les protagonistes principaux.

Il ne se passe pas grand-chose en fait, en dehors du fameux vol, qui doit permettre à Larry de contenter enfin son insupportable femme. C’est donc la mise en scène qui relève l’histoire trop linéaire et fade d’Henry Slesar. Et Alan Crosland Jr s’en donne à cœur joie, notamment dans les scènes avec Kuluva et Barzell, truculentes.

Le personnage de Stefan Bregornick dégage une profonde humanité (on s’en rend  compte surtout vers la fin), mais le téléspectateur lambda sera un peu perdu dans une histoire qui privilégie, à la seule scène de suspense, les rapports entre les personnages, par exemple lorsque Bregornick reproche à Larry de ne jamais parler de sa mère.

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10. SYBILLA  
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Margaret Manners. Adaptation : Charlotte Armstrong. Réalisation : Ida Lupino.

Un mari se rappelle à la mort de sa femme les circonstances qui ont conduit celle-ci à cette fin tragique.

Malgré la présence de Barbara Bel Geddes, cet épisode est mortellement ennuyeux. En voix off, Horace Meade (Alexander Scourby) se souvient à la mort de sa femme de leur retour de voyage de noces et tout ce qui a suivi.

Sybilla (Barbara Bel Geddes) et lui font chambre à part, elle porte des chemises de nuit de grand-mère et fait preuve de la soumission d’une geisha, voulant toujours le meilleur quotidien pour son seigneur et maître.

Mais les choses s’embrouillent lorsque le mari découvre que sa sage épouse lit des livres de mystère et de crime, qu’elle dispose de la clef personnelle de son propre bureau où il cache son journal intime dans lequel il a écrit des choses inavouables.

Les épisodes de « Alfred Hitchcock présente » se suivent et ne se ressemblent pas.  Ici, le mari qui veut endormir son épouse avec un somnifère mêlé à une boisson la trouve à deux heures du matin en train de lire, alors que lui-même ne se sent pas bien.

L’épisode est raté car il fallait que la chute soit la mort de Sybilla. La construction du scénario empêche donc tout suspense, et la chute se révèle bien frustrante.

Ida Lupino, actrice réalisatrice, fait du bon travail, mais elle dispose d’une histoire trop faible pour nous émouvoir ou nous faire sursauter. Horace nous révèle beaucoup trop de choses en voix off bien avant la chute, à ce titre l’épisode est atypique.

Barbara Bel Geddes, dans un rôle ambigü, fait ce qu’elle peut pour créer le doute et la tension chez le téléspectateur.

On n’entre jamais dans l’histoire, rebuté par un sujet qui ne parvient jamais à passionner. La chute est mièvre et nous laisse sur une grande déception.

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11. THE MAN WITH TWO FACES
 INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Stuart Rosenberg

Alice Wagner, veuve, vit avec sa fille Mabel et son gendre Leo. Un soir, en sortant tard d’un cinéma, elle est attaquée par un jeune voyou qui lui arrache son sac à main. Elle se rend à la police où le lieutenant Meade lui montre des centaines de photos pour identifier l’agresseur. Et elle découvre qu’un certain William Draves, recherché, n’est autre que son gendre Leo.

Voilà un épisode réussi sur toute la ligne : scénario béton, réalisation efficace, interprétation excellente, avec du suspense, des frissons d’angoisse. Alice Wagner (Spring Byington) est une bonne citoyenne. Après avoir cherché sans succès son agresseur, elle est tombée en arrêt devant la photo d’un sosie de son gendre. Le lieutenant Meade (Stephen Dunne) perçoit ce malaise lors de la première visite. Mais la première fois, pour ne pas faire d’ennuis à son gendre et à sa fille, elle ne dit rien.

Comme dans les films du maître, ici le doute est exploité comme élément déclencheur du drame. Alice ressent le besoin de retourner voir Meade et de lui exposer ses doutes, avec à l’appui une photo de sa fille Mabel (Bethel Leslie) et de son gendre Leo (Harp Mc Guire). Meade, au physique avantageux, est interprété par un comédien de séries B qui aurait mérité d’être héros d’une longue série policière, Stephen Dunne  (1918-1977). Mort à seulement 59 ans, ce comédien accapare l’écran dès qu’il apparaît, volant la vedette à Spring Byington. Il fut le héros d’une série inédite en France tournée avant cet opus d’Alfred Hitchcock présente, « The brothers Bannagan » qui ne dura qu’une saison et 39 épisodes. Il évoque ici, avec un physique de playboy, un Steve Mc Garrett avant l’heure.

L’épisode aborde plusieurs genres, avant tout le « Police Procedural », dès que le lieutenant Meade prend l’enquête en mains. Mais aussi l’angoisse et le suspense d’un film comme « L’ombre d’un doute », le script d’Henry Slesar étant bien dans la lignée de ce genre d’histoires.

Bethel Leslie, au physique à la Lee Remick, n’a pas fait une grande carrière, habituée des séries télé en guest star comme « Kung Fu » et « Equalizer ». On le regrette en voyant sa prestation en Mabel, femme séduisante et racée, dont on a un peu de mal à croire qu’elle puisse être la fille de Spring Byington. En revanche, Harp Mc Guire, en Leo/William Draves est totalement transparent et inexistant, le comédien n’a d’ailleurs fait qu’une courte carrière. Son manque de charisme ne gêne pas la qualité de l’opus, car on le voit surtout en photos au commissariat de police. Il n’a que peu de scènes dans l’épisode.

Stuart Rosenberg a su attendre la mise en place et l’exposition des personnages et situations pour nous inquiéter avec la scène où Alice reconnaît son gendre. Une musique sinistre et le visage de la comédienne Spring Byington nous mettent alors complètement à la fois dans l’ambiance (on est scotchés devant le petit écran jusqu’à la fin) mais nous font comprendre déjà que l’épisode va être une grande réussite.

On regrette que cet épisode n’ait pas donné lieu à une série dérivée sur les enquêtes du lieutenant Dunne avec Stephen Dunne, comme ce fut souvent le cas à l’époque à la télévision américaine (« Match contre la vie » avec Ben Gazzara est une série dérivée d’un épisode de l’anthologie « Haute tension »).

Une des grandes réussites de l’anthologie.

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12. LA LETTRE
(THE BABY BLUE EXPRESSION)

Histoire de Mary Stolz. Adaptation : Helen Nielsen. Réalisation : Arthur Hiller.

Poopsie Barrett, très jolie jeune femme mais à la cervelle de moineau, est la maîtresse de Philip, un collaborateur de son  vieux mari. Ensemble, ils décident de tuer le mari lors d’un voyage d’affaires de ce dernier  à Toronto. Philip sachant qu’il ne peut se fier à la mémoire de Poopsie lui a envoyé quelques instructions tapées à la machine. Elle doit faire une lettre à son mari James, à Toronto, mais l’étourdie met dans l’enveloppe, en plus de sa missive, les instructions.

Voilà un épisode qui reprend un peu tous les thèmes à suspense que l’on trouve dans l’œuvre cinématographique de Sir Alfred. L’épisode cependant doit sa réussite à la combinaison d’un bon scénario, et à l’interprétation de l’adorable Sarah Marshall, plus cruche que méchante, mais adorable cruche.

Même son amant Philip sait qu’il ne peut compter sur une once de neurone chez sa bien aimée, aussi lui écrit-il tout ce qu’elle doit faire. Il était loin de se douter qu’en cachetant l’enveloppe d’une lettre que Poopsie doit faire à son mari James, elle allait commettre la bévue du siècle. Voici donc notre écervelée en train de courir après sa lettre, qui est devenue propriété des postes américaines.

Ici, et fort heureusement, à l’inverse de « Outlaw in town » (06-07), les rebondissements nous éloignent de la comédie pour rejoindre le pur suspense. En fait, dans cette histoire de mari femme amant avec meurtre à la clef, le seul élément drôle est le personnage de Poopsie, mais l’on se met vite à lui souhaiter de se sortir de ce mauvais pas. « The baby blue expression », titre original, c’est l’expression de ses yeux, telle que son amant  Philip (Peter Walker)le lui déclare, lequel, comme le mari James Barrett (Richard Gaines) ne fait que passer. Il faut souligner que tout l’opus repose sur les fragiles épaules de la ravissante Sarah Marshall « Poopsie ».

La comédienne a l’intelligence de ne pas accentuer le côté idiote de son personnage, mais plutôt de jouer sur son charme, elle a vraiment un joli minois. De plus, elle est attendrissante de naïveté. Elle subit le sort de tous les héros de Sir Alfred au cinéma, se croit mille fois sauvée, échappe à tous les dangers, et ici on retrouve même l’époque anglaise du maître. Par exemple, lorsque Poopsie attend désespérément un appel téléphonique de Toronto, c’est le moment où de joyeux drilles viennent la tirer par la manche pour qu’elle se joigne à la « Party » qu’elle et son amant avaient planifiée et qui donc la retarde, scène qui évoque « Jeune et innocent » par exemple. Elle n’arrête pas de courir autant que les héros des « 39 marches » et de « La mort aux trousses ».

Les 25 minutes sont bien trop courtes pour savourer ce suspense fort réussi, et la chute est à la hauteur des meilleures du genre. On a ici un condensé de tout ce que Sir Alfred a produit au cinéma, et l’on regrette qu’il n’ait pas choisi de mettre en scène lui-même l’opus.

Partant d’une situation qui aurait pu tourner à la comédie et à la grande farce, nous avons droit à un très bon suspense.

Sarah Marshall (1933-2014) n’a malheureusement pas confirmé au cinéma ni à la télévision les promesses de carrière qu’on lui aurait donné en visionnant cet épisode.

Sarah Marshall reviendra dans l'épisode 34 de la saison 7, "The twelve hour caper". Rarement une actrice de cette anthologie m'aura fait une telle impression. Après la série, elle a joué des seconds voire troisièmes rôles ("La mariée a du chien" avec Tony Curtis, "A corps perdu" avec Suzanne Pleshette, au cinéma), pour ensuite se consacrer à la télévision en guest star : "Le fugitif", "Max la menace" "Star Trek", "Les mystères de l'ouest", "L'homme de fer", pour finir dans "Remington Steele". Elle méritait mieux!

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13. PAS VU, PAS PRIS
(THE MAN WHO FOUND THE MONEY)

Histoire de James E Cronin. Adaptation : Allan Gordon. Réalisation : Alan Crosland Jr.

De passage à Las Vegas, un professeur, William Benson, trouve dans une allée devant un parking une liasse de 92 000 dollars. Après avoir songé à les garder, et les avoir déposés dans un coffre à la banque, il se rend à la police pour déclarer l’argent trouvé.

Arthur Hill revient pour sa deuxième et dernière apparition dans l’anthologie après « Un cas intéressant » (04-32). Dans cette histoire, il est un bon samaritain, qui aurait mieux fait de garder l’argent trouvé, que d’être honnête.

En effet, à peine est-il confronté au policier qui le reçoit, le capitaine Jones (R G Armstrong, guest star de toutes les séries des années 60) qu’il se voit accusé d’avoir gardé une partie de la somme. Et pas rien : 10 000 dollars. L’argent appartient à un certain Newsome (Rod Cameron) qui offre à Benson et à son épouse Joyce une semaine de détente dans son hôtel.

L’épisode repose beaucoup sur Arthur Hill, et le téléspectateur s’identifie facilement à ce citoyen lambda.  Bien évidemment, c’est une grosse somme pour un enseignant en 1960, et il est fortement tenté de garder l’argent.

Ces épisodes sont un témoignage de l’époque : ainsi, alors que le capitaine Bones fait attendre l’homme dans un couloir au commissariat, ce dernier demande à un sergent une allumette pour griller une cigarette. On trouve aussi très naturel de boire beaucoup d’alcool.

L’épisode se découpe en deux parties : avant et après la rencontre avec le capitaine Bones. Il semble que le sort de notre héros est scellé dès lors qu’il a rencontré ce policier dont on comprend vite qu’il est acheté par le milieu.

On peut regretter une intrigue qui traîne un peu en longueur parfois. Les scènes à la banque, puis l’annonce que Benson publie dans le journal indiquant l’argent trouvé, semblent là pour que l’opus fasse les 25 minutes syndicales.

La chute, sans humour, est assez cruelle et cynique. Dans l’histoire de James E. Cronin, ce qui pêche est le mobile du prétendu vol. Pourquoi le professeur aurait il volé 10 000 dollars alors qu’il en avait 92 000 en mains ?

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14. THE CHANGING HEART
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Robert Bloch. Réalisation : Robert Florey.

Dane Ross entre dans une boutique d’horloger pour faire réparer une montre ancienne et précieuse. Il fait la connaissance d’un étrange vieux bonhomme, Ulrich Klemm, et sa ravissante petite fille Lisa. Il tombe amoureux de la jeune fille, mais l’horloger s’oppose à cette union.

Anne Helm, qui joue ici le rôle de Lisa, est surtout connue pour son rôle récurrent de Kate Pierce (puis Kate Ryder) belle-sœur de l’avocat Paul Bryan/Ben Gazzara tout au long des trois saisons de la série « Match contre la vie » (1965-68, programmée en France dès 1969).

Cet épisode appartient au genre fantastique, mais date de 1961, et malheureusement, tous les amateurs devineront la chute dès les premières images. Dane Ross, ingénieur, beau garçon (Nicholas Pryor), travaille dans une ville qui n’est jamais citée, celle où se déroule l’histoire, avant d’obtenir une promotion à Seattle. Il est amoureux de Lisa, petite fille de l’horloger Ulrich Klemm (Abraham Sofaer). Bien avant le docteur Armstrong des « Cybernautes » de la série « Chapeau melon et bottes de cuir », il a imaginé un monde où tout est mécanique, donc immortel. Les gros plans sur les horloges et autres « gadgets » sont édifiants et rendent crédible cette incursion dans la science-fiction.

Robert Bloch nous conte ici une histoire assez horrifique dans la lignée de « Psychose ». On se rend compte en voyant l’épisode que nombre de films d’horreur lui doivent beaucoup (certaines séquences évoquent le futur et médiocre « Halloween 3, le sang du sorcier » ou des films comme « Mondwest »).

Nul doute que sur le téléspectateur de 1961, cet épisode a dû faire un effet terrible, et l’on mettra quatre étoiles à ce joyau, bien supérieur à d’autres opus de l’anthologie. Une fois de plus, le genre fantastique sied merveilleusement à la série.

Les trois comédiens principaux servent fort bien leurs personnages, et jouent sur du velours, la plume de Robert Bloch leur ayant préparé une intrigue exceptionnelle.

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15. SUMMER SHADE
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Nora H. Caplan. Adaptation : Harold Swanton. Réalisation : Herschel Daugherty.

La famille Kendall, un couple et une petite fille, aménage à Salem, dans le Massachussetts. Très vite, les parents, Ben et Phyllis, sont épouvantés. Leur fille Kate fréquente une amie invisible, de son âge, Lettie, qui est loin d’être une affabulation.

Encore un épisode fantastique, et cette-fois, l’un des plus effrayants depuis le début de toute la série. Le thème de l’enfant ayant un ami invisible est présent dans la nouvelle « Harry » de Rosemary Timperley, que l’on trouve dans le recueil « Histoires de fantômes » de « La grande anthologie du fantastique ». Ici, Harry est une fille, Lettie, fantôme d’une petite fille morte en 1694 à l’âge de neuf ans, sous le nom de Lauretta Bishop.

Julie Adams (vue dans « L’étrange créature du lac noir ») incarne la mère, tandis que James Franciscus, en Ben Kendall, est de retour après l’épisode 05-28 « Quarante détectives plus tard ». La petite Susan Gordon, enfant star, disparue en 2011, est particulièrement convaincante en Kate, fille du couple, qui dès le début fréquente Lettie, l’amie invisible.

Tout le folklore des sorcières de Salem est ici présent, jusqu’à des pancartes publicitaires. C’est sur une intuition que la mère demande à Ben, le mari, de changer sa route, alors qu’ils recherchent une maison à acheter, et ils arrivent près d’une demeure isolée qu’une vieille dame excentrique, Amelia Gastell, leur vend. Elle est aussi baby Sitter à ses heures. On se demande si les Kendall ont toute leur tête lorsqu’ils confient leur fille à garder pour une soirée à cette dame.

La peur gagne vite le téléspectateur en même temps que les parents Kendall. Il est question de sorcellerie, d’exorcisme, et l’on se demande bien pourquoi ils ne prennent pas leurs jambes à leur cou pour fuir cet endroit démoniaque. L’enfant s’isole avec son amie « imaginaire » invisible Lettie, mais le père comprend que sa fille n’invente rien, trouvant par exemple un collier de sorcière. Ou un portrait dessiné de Lettie !

Absolument aucun humour dans cette histoire à donner des cauchemars, audacieuse pour sa date de diffusion (janvier 1961), qui franchit nettement la ligne jaune de la charte habituelle de la série. En suggérant, plutôt qu’en montrant, le film entraîne le téléspectateur dans la terreur pure. La chute est évidemment au niveau du reste, et il fallait vraiment un nom comme Sir Alfred Hitchcock pour faire passer la pilule à la censure. En regardant « Summer shade », on se rend compte que pour faire peur, point n’est besoin de films gore.

Vous vivez 25 minutes d’un vrai film d’épouvante, à l’atmosphère étouffante et angoissante, renchérie par le jeu fort adroit des trois comédiens principaux. La réalisation n’est pas en reste, Herschell Daugherty distillant le malaise dès les premières images. Cet épisode franchit un degré par rapport à d’autres comme « Crakpot » (02-15) qui déjà donnaient la frousse.

Les personnages secondaires, témoins du drame (le médecin, le révérend) ajoutent de la crédibilité à l’histoire. Dans le même genre, mais bien plus tard, l’ORTF diffusa, en 1972 le téléfilm « La ferme de Crowhaven » avec Hope Lange et Paul Burke - rediffusé en 1977 sur Antenne 2, tourné en 1970. Une fois de plus, Alfred Hitchcock était en avance – de dix ans – sur son temps.

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16. A CRIME FOR MOTHERS
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Ida Lupino.

Il y a sept ans, Mrs Meade a abandonné sa fille et un couple, les Birdwell, l’a adoptée. Alcoolique, instable, Mrs Meade est de retour pour récupérer l’enfant car aucun papier d’adoption n’a été à l’époque formalisé.

Episode qui appartient un peu au genre policier, mais surtout à la catégorie « drame psychologique », et, plaisant dans un autre contexte, il semble totalement hors sujet dans l’anthologie.

Il n’y a jamais vraiment de suspense. Claire Trevor (« La chevauchée fantastique ») incarne une femme à la fois pitoyable et méprisable. Pour garder leur fille, les Birdwell vont devoir faire preuve d’imagination, ce qui est révélé dans la chute. L’épisode est centré sur le personnage de Mrs Breade qui n’hésite pas à kidnapper sa propre fille avec l’aide d’un détective privé marron.

Réalisé par la talentueuse Ida Lupino, « A crime for mothers » n’est pas un ratage et se laisse voir avec plaisir, mais met trop en avant la personnalité pathétique de sa piteuse héroïne au détriment de l’intrigue. Les parents adoptifs, joués par Patricia Smith et Robert Sampson, disparaissent rapidement, on ne les voit qu’au début de l’épisode. Trois personnages vont occuper l’écran pendant le reste du temps : Claire Trevor en mère indigne, le privé Phil Ames (Biff Elliott, vu dans « Cannon », « Mission Impossible », « Star Trek », et  qui a la tête de l’emploi) et la petite fille jouée par Sally Smith.

Claire Trevor vole toutes les scènes à ses partenaires sans cabotiner, en jouant très juste ce rôle de femme paumée et haïssable, une mère qui au moment de kidnapper sa fille devant l’école ne sait même pas  si elle n’est pas en train de se tromper de gamine.

La chute rappelle que nous sommes dans « Alfred Hitchcock présente » avec une pirouette finale astucieuse, ce que pendant 25 minutes, nous avons eu tendance à oublier.

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17. THE LAST ESCAPE
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Paul Henreid.

Illusionniste à la façon de Houdini, le grand Joe Ferlini ignore que son épouse Wanda et l’amant de cette dernière, Tommy, ont décidé de le tuer lors d’un des ses tours spectaculaires.

Joe Ferlini (Keenan Wynn) ne se rend pas compte qu’il a cessé de plaire à son épouse Wanda, laquelle a pris pour amant Tommy. L’imprésario de Joe, Harry Miller, prépare un coup spectaculaire, son artiste sera enfermé avec des menottes dans une malle fermée avec un cadenas et plongé dans une rivière. En réalité, Wanda, ainsi qu’elle le montre à son amant, connaît le tour et décide de substituer les clefs qui permettent au magicien de s’échapper de la malle.

Le jour arrive et le drame survient. C’est un épisode particulièrement violent et cruel pour l’anthologie, le niveau de tension est nettement plus élevé que d’habitude.  Lors de l’enterrement, un policier survient, ayant reçu un appel anonyme, et demande que l’on ouvre le cercueil : il est vide ! Ferlini avait demandé à Harry Miller, en cas de décès lors de ce tour, de faire une ultime pirouette, le cercueil ayant un compartiment secret. En fait, je ne vous révèle pas la chute, car celle-ci concerne le sort qui sera réservé à l’épouse meurtrière, Wanda.

Keenan Wynn (« Il était une fois dans l’ouest ») en fait peut-être un peu trop dans son personnage, et c’est surtout le manque de charisme de l’amant, incarné par John Craven, qui nous surprend, mais le scénario béton permet à Paul Henreid de nous scotcher devant  le petit écran. La chute est digne du maître, dans le style farce macabre.

Cet épisode s’inspire bien sûr de la vie et la mort du célèbre Harry Houdini (1874-1926), accréditant un peu quelque part la théorie selon laquelle le fameux illusionniste ait été assassiné. En tout cas, cette sixième saison propose des  histoires vraiment terrifiantes.

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18. LE PLUS GRAND MONSTRE DU CINÉMA PARLANT
(THE GREATEST MONSTER OF THEM ALL)

Histoire de Bryce Walton. Adaptation : Robert Bloch. Réalisation : Robert Stevens

Ernst Von Croft, un grand comédien spécialiste du film d’horreur, devenu un has been, est engagé par une petite compagnie cinématographique fauchée pour faire son come back.

Cette-fois, humour et même comique se conjuguent merveilleusement bien avec terreur. Nous avons ici affaire à une compagnie de production qui fait des films d’horreur de série Z. Ultra-fauchée, on pense bien sûr avec Roger Corman ou plus proche de nous Charles Band, et aussi un petit zeste de Ed Wood.

Richard Hale (1892-1981) incarne à merveille une sorte de Bela Lugosi qui n’a plus travaillé depuis des années, Ernst Von Croft,  et est tout content de revenir sous les feux de la rampe, même s’il se prend trop au jeu en manquant étrangler pour de bon un producteur. Si les décors font illusion (Cimetière, brume), le réalisateur manque sérieusement de talent et la production laisse à désirer. La jeune starlette censée jouer comme une actrice de la Hammer ou de l’Universal est ici désinvolte, passant son temps à mâcher un chewing gum. Le réalisateur est un alcoolique, ivrogne, qui va provoquer une énorme gaffe, rendant ridicule la vieille star pour son retour.

On retrouve la touche de Robert Bloch, pourtant uniquement au poste d’adaptateur de la nouvelle, avec le côté morbide et terrifiant de l’intrigue, mais la séance de projection, où le monteur distrait n’a pas fait attention et inséré une séquence test, provoquant l’hilarité des spectateurs, nous fait franchement rire.

Humilié, Von Croft voudra montrer qu’il reste le plus grand monstre, en passant du cinéma au réel. Une séquence nous montre ici que John Carpenter n’a rien inventé dans son « Halloween, la nuit des masques » en 1978, lorsque le candide découvre, en même temps que le téléspectateur, des cadavres (deux à la suite). Richard Hale manque un peu de férocité et de conviction vers la fin, et on le regrette car cela nuit au suspense, mais pas au point de faire perdre les quatre étoiles.

Le thème du film d’épouvante qui passe du fictif au réel est abordé en 1971 dans « La maison qui tue » de Peter Duffell, dans le sketch du vampire avec Jon Pertwee (« Docteur Who »). Robert Stevens met en scène avec la même efficacité qu’Hitchcock. On passe un moment à la fois terrifiant mais aussi très drôle. Les autres comédiens sont tous parfaits dans leurs rôles.

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19. THE LANDLADY
 INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Road Dahl. Adaptation : Robert Bloch. Réalisation : Paul Henreid

Bill Weaver, arrivé dans un petit village anglais, prend pension chez une vieille dame qui est supposée avoir aussi deux autres locataires qu’il ne voit jamais.

Enorme déception que cet épisode longuet, sans réel suspense, et qui bénéficie de la présence en vedette de Dean Stockwell (« Code Quantum ») dont la prestation est malheureusement gâchée par un film indigne de son talent.

Mauvais présage dès les premières images : lorsque, depuis les studios Universal, Hitchcock propose des histoires qui se déroulent dans le passé et ailleurs qu’en Amérique (ici dans une Angleterre de carte postale), on n’a rarement une réussite. Dans le cas présent, l’épisode après une introduction dans un pub, propose un huis clos entre Bill (Dean Stockwell) et la propriétaire logeuse (Patricia Collinge) et l’ennui nous gagne très vite.

On a le sentiment que l’histoire est étirée en longueur artificiellement, alors que le format 25 minutes est déjà extrêmement court. Road Dahl a une bonne idée, mais cela ne donne pas une bonne histoire. Dean Stockwell n’est pas en cause, il n’a quasiment rien à jouer. Patricia Collinge cabotine à outrance dans son rôle de vieille dame sortie de « Arsenic et vieilles dentelles », et l’on arrive au ratage total.

La chute est horrifique à souhait, mais le téléspectateur a si j’ose dire sans déflorer la solution été totalement anesthésié. Un opus à zapper.

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20. THE THROWBACK
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : John Brahm.

Un jeune homme, Eliot Gray, découvre que sa petite amie est la maîtresse d’un homme de 59 ans alors qu’elle a 25. Au lieu de la quitter et d’être fou de jalousie, il accepte l’étrange invitation de l’amant de son amie.

Henry Slesar nous a pondu ce qui est sans doute le scénario le plus idiot de toute l’anthologie. Imaginez un peu la situation : Eliot (Scott Marlowe) découvre un jour que sa petite amie Enid (Joyce Meadows) le trompe avec un homme d’âge mur, Cyril Hardeen (Murray Matheson, Felix l’ami bibliothécaire de Thomas Banacek). Au lieu de quitter cette fille, ou même de lui flanquer une correction, il prend les choses avec un calme déconcertant. D’emblée, sa réaction est incompréhensible. Notons au passage que Joyce Meadows, qui incarne Enid, est loin d’être une beauté, ce qui accentue notre incompréhension.

Ensuite, Eliot accepte une invitation de Cyril Hardeen, gardé par un majordome particulièrement dangereux même s’il n’en a pas l’air, Josef (John Indrisano). Pourtant plus tout jeune, Josef est un boxeur redoutable, ce qu’ignore le malheureux Eliot. Complètement cinglé, le vieux Hardeen insiste pour que lui et Eliot se battent. Eliot n’en a aucune envie, mais pour Hardeen, c’est une question d’honneur. Comme le jeune homme refuse le combat, Hardeen le fait rosser par son majordome.

Tandis qu’il se repose ensuite chez lui, nous sommes là à la 19e minute de l’épisode, Eliot, qui a été bien arrangé, reçoit la visite de deux policiers qui lui demandent s’il connait Cyril Hardeen et lui a rendu visite.

Tirée par les cheveux, cette histoire est d’un bout à l’autre creuse et incohérente. Pourquoi donc Eliot accepte l’invitation de cet homme qui lui a pris sa jeune amie ? Le dialogue sur les traditions et l’honneur de Cyril devient vite assommant, si l’on peut dire. Quant à la chute, et c’est la première fois dans la série, elle s’étire sur plusieurs minutes. Elle commence lorsque les policiers emmènent Eliot Gray chez Hardeen où une surprise de taille l’attend.

A partir d’un script aussi absurde, il était impossible d’attendre autre chose qu’un ratage total. Bien qu’aimant beaucoup Murray Matheson pour « Banacek » et un épisode des « Envahisseurs » (il est le directeur de l’académie des Midlands dans « Le rideau de lierre »), j’ai trouvé ici qu’il jouait faux. D’ailleurs, le couple Murray Matheson-Joyce Meadows est lui-même déconcertant et peu crédible. La seule bonne surprise de cet opus, mais c’est maigre, est le personnage de Josef, incarné par un John Indrisano (1905-1968) inquiétant. Ce comédien, qui a 198 rôles à son actif, n’a joué que des seconds voire troisièmes rôles, souvent non crédités au générique. En le voyant ici, malgré la médiocrité de l’épisode, on le regrette.

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21. LA VENGEANCE
(THE KISS-OFF)

Histoire de John P. Floran. Adaptation : Talmage Powell. Réalisation : Alan Crosland Jr

Ernie Walters a purgé une peine de six ans de prison pour le braquage d’une station service dont il s’est toujours dit innocent. A peine sorti, il est accusé  par les deux policiers qui l’ont jadis arrêté, d’un hold-up dans une banque.

Je connais Rip Torn pour son rôle de machiavélique anesthésiste dans « Morts suspectes » (« Coma ») de Michael Crichton (1978). En 1961, il avait le même physique et on le reconnaît tout de suite. Il constitue une erreur de casting dans la mesure où son physique inquiétant se marie mal avec un rôle de héros.

Le problème de cet épisode est que l’on sait, parce que le réalisateur nous le montre, qu’Ernie est coupable, il s’est déguisé habilement (faux nez, fausses dents, gros sourcils qui ne sont que du maquillage vite enlevé). L’épisode aurait été bien plus réussi si l’on avait ignoré que six ans après, Ernie avait décidé de voler. Puis de se poser en victime d’un acharnement du détective Cooper (Bert Freed, aux cheveux coupés en brosse, physique de brute et d’abruti intégral) et du détective attorney (Kenneth Paterson). Tout l’épisode ensuite repose sur les trois témoins, un chauffeur de taxi, une caissière, un directeur de banque, qui ont la lourde charge d’identifier ou d’innocenter Ernie.

Les policiers le savent coupables, mais le téléspectateur apprend qu’ils se sont trompés en 1952 en envoyant en prison six ans un innocent. Cette-fois, il risque une peine de vingt ans.

Si la fiancée d’Ernie, Florrie (Marry Munday) disparaît rapidement de l’épisode, on s’attarde sur les trois témoins, et l’opus est une sorte de remise en cause du témoignage humain. Le chauffeur de taxi (Harry Sowger) que le bandit a arrosé d’un gros billet dans sa fuite n’a guère envie de l’accuser. La caissière, Mrs Simmons (Florence MacMichael) est celle que Cooper pourrait le plus faire fléchir, elle va d’ailleurs un temps accuser Ernie, alors que le directeur de la banque (Frank Sully) est plus réticent. L’épisode est construit comme une partie de poker entre Ernie et les deux policiers.

C’est un bon polar, mais pas à la hauteur des grands moments de l’anthologie comme « Crakpot » ou le sublime et effrayant « Summer shade ». La chute est prévisible : qui gagnera ? Ernie ou les deux policiers ?

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22. THE HORSEPLAYER
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Alfred Hitchcock

Sheridan, un joueur chanceux aux courses, aide le père Amion en faisant des dons pour les travaux nécessaires dans son église. Mais un jour, le le prêtre fait un pari hasardeux, en retirant toutes ses économies de la banque.

Je ne comprends vraiment pas ce qui a pu pousser le maître du suspense à mettre en scène cette histoire qui est une comédie en demi-teinte. Tout d’abord, Claude Rains n’est pas crédible une seconde en curé. On l’a trop vu ailleurs, dans d’autres rôles, à la limite, il est plus proche de Fernandel/Don Camillo que de Montgomery Clift dans « La loi du silence ».

L’épisode pose le problème de la prière, qui ne doit pas servir à des buts lucratifs et bassement matériels. Le sacristain, Morton (Percy Helton) a repéré un généreux donateur, Sheridan (Ed Gardner), mais ce dernier explique qu’avec 2 dollars en poche, en faisant des prières, il a gagné tellement d’argent qu’il envisage de se retirer en Floride et d’acheter une maison.

Le père Amion finit par se confesser à l’archevêque qui se montre sévère : Amion a fait ses vœux depuis quarante ans, ce n’est pas un novice. Il doit prier pour perdre, car gagner de l’argent grâce aux prières du seigneur est une mauvaise action.

Si la mise en scène est impeccable (on note au début les gros plans dans l’église dont le toit laisse passer la pluie), le maître ne parvient jamais à nous passionner. On ne peut pas parler d’interprétation exceptionnelle, à commencer par un Claude Rains peu inspiré. Ed Gardner en Sheridan donne plus l’impression d’être un paumé qu’un vainqueur. La religion impose ici ses dogmes puritains et moraux, et la pirouette finale constituée par la chute ne saurait être une critique satirique de l’église par Sir Alfred.

Cet épisode se trouve dans le coffret sorti en France « L’intégrale des épisodes réalisés par le maître » sous le titre « Caracolade ».

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23. INCIDENT IN A SMALL JAIL  
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Norman Llyod

Un voyageur de commerce, Leon Gorwarld, est arrêté arbitrairement dans une petite ville perdue par un shérif tyrannique, Carly, pour être passé au passage clouté au feu rouge et avoir tenté d’éviter des ennuis en lui proposant quelques billets.

Nous retrouvons ici ce qui sera le canevas du meilleur épisode de la série « Match contre la vie » avec Ben Gazzara, « Les tyrans » (One bad turn), mais qui a déjà été abordé ici dans la saison 4 avec « The crooked road ». Toutefois, ici, l’intrigue est plus compliquée. A peine Leon a-t-il été arbitrairement emprisonné qu’arrive à la prison un présumé tueur de femme, mis dans la cellule voisine. La population veut lyncher l’homme qui a tué une malheureuse à coups de couteau, et l’un des policiers va lui ouvrir la cellule, l’autre réussit à l’assommer, puis oblige Leon à changer ses vêtements avec lui. Lorsque la foule en furie investit la prison, elle se jette sur le malheureux Leon.

Henry Slesar cette-fois nous offre une intrigue à rebondissements et une chute spectaculaire à laquelle personne ne s’attendait.

L’épisode propose peut être trop de personnages. Myron Healey (Carly), au physique bien connu des amateurs de séries (« Mannix », « Kung Fu », « L’homme de fer », « V », et surtout beaucoup de western tant au cinéma qu’en séries TV) fait double emploi avec  Crahan Denton (le shérif). Carly porte un uniforme et un chapeau avec une étoile, il était parfait, pourquoi cette dualité avec l’autre shérif, débraillé et lâche, qui lui va ouvrir la cellule du tueur présumé ?

Ronald Nicholas en Sandy, le beau gosse shérif adjoint, lui est totalement inutile à l’intrigue. Il bénéficie pourtant de beaucoup de scènes dans l’épisode, en ayant l’air de se demander ce qu’il fait là.

Richard Jaekel (« Les 12 salopards », « Pat Garrett et Billy le kid », « 3 heures 10 pour Yuma » - on ne quitte décidemment pas le monde du western) est une petite frappe, dont on ne connaîtra jamais le nom, les autres l’appellent  « Le mécanicien ». On sait qu’il a volé une voiture, et il a tout de l’assassin, jusqu’à sa façon machiavélique d’obliger un pauvre bougre à échanger ses vêtements avec lui pour se faire lyncher à sa place.

Cet épisode joue beaucoup avec les apparences. Leon Gorwald (Admirable John Fielder) a tout de l’agneau innocent, du pauvre type tombé dans une galère mortelle. Pourtant, le scénariste et le réalisateur nous montrent qu’il n’est peut être pas celui qu’il paraît être. Quand on y réfléchit, il ne faut pas être bien malin pour offrir une liasse de billets au shérif Carly, même si ce dernier est un odieux tyran. Mettre en prison quelqu’un pour avoir traversé au feu rouge un passage clouté, quelle aberration ! Peu connu en France, John Fielder (1925-2005) est célèbre aux Etats Unis pour son rôle d’Emil Peterson, qui est pourtant un personnage secondaire dans « The Bob Newhart Show » qui dura de 1972 à 1978 avec en vedette Suzanne Pleshette. Quand on regarde deux fois l’épisode, et que l’on connaît la chute, on ne voit plus certaines scènes de la même façon. Par exemple, celle du lynchage, dont il va être sauvé in-extrémis – on ne donne pas cher de sa peau quand les habitants de la petite ville envahissent la prison – mais surtout, on remarque ses regards mielleux et sa lâcheté affichée. En jugeant sur les apparences, l’individu lambda a peur du « mécanicien » et semble ne rien craindre de Leon Gorwald. Le shérif Carly (je ne révèle pas là la chute) va le libérer enfin, et le voyageur de commerce repart sur sa route loin de cette petite ville abominable. Notons une formidable scène de fondu enchaîné sur le comédien Myron Healey lorsque le malheureux qui a échappé au lynchage reprend conscience. Tout dans cet épisode est duperie, ainsi le visage qui apparaît comme celui du sauveur et du retour à la vie est le tyran du début.

Il est bien dommage que cet opus soit resté inédit, je recommande sa vision car il atteint le haut de gamme de l’anthologie et la chute est sans doute l’une des meilleures de toute la série. Bizarre que Sir Alfred n’ait pas choisi ce formidable épisode pour le mettre en scène, en tout cas, tel quel, il est un pur joyau télévisuel.

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24. A WOMAN'S HELP
INÉDIT EN FRANCE

Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Arthur Hiller

Elizabeth Burton, femme riche mais malade, ne se déplace qu’avec une canne et passe la plupart de ses journées au lit. Son mari  Arnold tombe amoureux de la nouvelle infirmière qu’Elizabeth a engagée, Miss Greco. Très vite, celle-ci et Arnold projettent d’empoisonner l’épouse encombrante.

Encore un très bon épisode, avec cette-fois, dans le rôle de l’infirmière, un visage connu, Antoinette Bower. Elle était l’épouse du major Keller dans l’épisode des « Envahisseurs : Alerte au rouge » et on l’a vue plusieurs fois dans « Mission Impossible ». Elle est très séduisante en infirmière et donne envie d’être malade pour qu’elle soit aux petits soins pour vous !

Dans l’anthologie, il y a les chutes qui nous glacent d’effroi (c’était le cas de l’épisode précédent) mais aussi celles truffées d’humour façon Sir Alfred, et c’est à ce dernier genre que celle de « A woman’s help » appartient.

J’ai noté ici une erreur de casting : Scott Mc Kay dans le rôle du mari, Arnold, qui n’a absolument rien d’un playboy. Un comédien genre Ed Nelson aurait mieux convenu. Toutefois, Mc Kay a un air cynique d’empoisonneur qui convient. On remarque qu’il pose beaucoup de questions à l’infirmière, Miss Greco, sur la façon de tuer son épouse sans que cela soit découvert, et qui de plus avisé sur la question qu’une infirmière ?

Le meurtre est savamment mis au point par les amants, et c’est d’une façon un peu stupide qu’ils se feront prendre (L’infirmière oublie de lui donner son somnifère). Néanmoins, on s’en doute, Arnold n’a pas dit son dernier mot.

Geraldine Fitzgerald (« Les hauts de Hurlevent ») en Elizabeth a un rôle bien ingrat mais assez prévisible.

Le personnage le plus intéressant est celui de Miss Greco, une sainte nitouche qui change vite son fusil d’épaule lorsqu’elle comprend qu’Arnold accepterait de l’épouser, car elle veut le mariage sinon rien, et épouser un pauvre ne lui sied guère. Arnold la séduit un peu trop rapidement, une nuit, dans la cuisine. Elle passe très vite de la femme effarouchée (lorsqu’ils boivent un verre de lait et qu’il veut l’enlacer) à la planification du meurtre pour devenir la nouvelle Madame Burton. Henry Slesar a commis l’erreur de ne pas nous révéler le prénom de Miss Greco, ce n’est tout de même pas le lieutenant Columbo, et comment l’amant peut il continuer à l’appeler sans son prénom ?

Autre incohérence du script : pourquoi Elizabeth, lorsqu’elle découvre la vérité, ne chasse-t-elle pas son mari ? Elle pense avoir joué un bon tour à son époux en choisissant la nouvelle infirmière, mais comme tout l’intérêt de la chute y réside, nous n’en dirons pas plus.

Un épisode qui aurait mérité un développement sur une durée d’une heure car certaines situations,  format 25 minutes oblige, ne sont qu’esquissées, néanmoins, c’est un opus sans fautes.

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25. PIÈCE DE MUSÉE
(MUSEUM PIECE)

Histoire de William C. Morrison. Adaptation : Harold Swanton. Réalisation : Paul Henreid.

Chasseur de renards, le jeune Ben Hollister pénètre dans la grange du riche Mc Caffrey, dont le fils Tim est en train de faire l’amour avec sa petite amie. Ben est accusé par Tim d’être un voleur et un menteur, et en se défendant, tue accidentellement Tim.

  Voilà un épisode très daté, car aujourd’hui, tuer un renard provoquerait la répulsion du jeune public. L’histoire est construite comme un flash back. Le père de Ben, qui a tué le fils d’un gros bonnet, a été incapable de l’innocenter. Ben a été condamné à la réclusion à perpétuité et s’est suicidé. Il n’a fait pourtant que se défendre quand le fils à papa, Tim, allait le tuer d’un coup de pelle.

Justice à deux vitesses : Ben a été condamné, et s’est suicidé. Son père garde son squelette dans un musée, chose que l’on peut trouver morbide, mais surtout peu crédible au niveau scénaristique. Le père de Ben, Mr Hollister (Ben Gates) raconte tout en flash back à un procureur, Newton Clovis,  qui a instruit l’affaire à charge contre son fils.

Il y a beaucoup d’invraisemblances dans cet opus vraiment horrifique, chaque squelette du musée représentant l’un des protagonistes de l’affaire criminelle.

Des années après, Newton Clovis (Myron Mc Cormick) visite le musée. Il est invité par le propriétaire, Hollister en personne, à prendre un verre. Et Hollister raconte toute l’affaire à Clovis. L’épisode se déroule donc constamment en flash back, mais à l’arrivée, on est un peu sceptique sur la crédibilité de l’intrigue, certes bien dans l’esprit « farce macabre » du maître. Qui accepterait d’exhiber dans un musée le squelette de son cher enfant ?

En 25 minutes, nous sommes également confrontés à un trop grand nombre de personnages : le fils à papa, la petite amie de ce dernier, le jeune chasseur de renard, son père, le juge, le procureur. J’étais sur le point de ne mettre que deux étoiles à ce récit lorsque la chute, absolument morbide, m’a ravi. Néanmoins, pour adhérer à cet opus, il faut faire fi de toute crédibilité.

Larry Gates et Bert Convy, chanteur-acteur foudroyé à 57 ans par une tumeur au cerveau, dominent la distribution, en incarnant Hollister père et fils. La vie de l’acteur Bert Convy est un véritable roman, existence peu connue en France. En 1968, il a vu débarquer dans sa chambre des opposants à la guerre du Vietnam lors du congrès démocrate. Ils ont été passés à tabac par la police et Bert Convy est intervenu pour les faire libérer. Sept ans après cet épisode de « Alfred Hitchcock présente » assez violent, il fut donc confronté, dans la réalité, à une brutalité et une violence qui n’aurait pas choqué dans la série.

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26. COMING
INÉDIT EN FRANCE



Histoire d’Henriette Mc Cleland. Adaptation : James P. Cavanagh.  Réalisation : George Stevens Jr.

Mrs Baldwin, une mère abusive, feint d’avoir une attaque car elle sait que sa fille Lucy, qui s’occupe d’elle, sort avec son petit ami Arthur qui veut l’épouser.

Nous sommes en avril 1961 et l’on sait depuis « Psychose » ce qu’Alfred Hitchcock pense des mères abusives. Ici, Mrs  Baldwin (Madge Kennedy) fait tout pour faire échouer le mariage de sa fille qui n’est plus de première fraîcheur, Lucy (Eileen Eckhart). La première chose que nous constatons est la faible différence d’âge entre les actrices jouant la mère et la fille, la première est née en 1891, la seconde en 1919, soit 28 ans. Or Lucy est censée être une vieille fille, dans la quarantaine.

Très vite, Lucy a envie d’envoyer ad-patrès sa mère, si besoin de l’y aider en forçant sur ses médicaments. A la 17e minute, lors du « suicide » de la mère pour la laisser se marier avec Arthur, on croit l’héroïne tirée d’affaire. Mais la défunte l’a déshéritée jusqu’à la mort d’Arthur ! Cela ne décourage pas le prétendant et le mariage a lieu, mais l’homme lui a caché la présence d’une belle-mère malade, possessive et encombrante, au point que notre héroïne se demande si elle a  échangé un cheval borgne pour un cheval aveugle.

L’épisode est ennuyeux du début à la fin, le physique ingrat de Lucy/Eileen Eckhart nous empêchant de croire à l’histoire d’amour avec Arthur. « Coming, Mama » aurait pu être un bel épisode sur le matricide. Les personnages ne sont pas attachants et l’opus rate sa cible. Le comédien Don DeFore qui incarne Arthur est un gros nounours qui a du mal à nous faire croire à un mari amant potentiel.

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27. DEATHMATE
INÉDIT EN FRANCE



Histoire de James Causey. Adaptation : Bill S. Ballinger. Réalisation : Alan Crosland Jr

Un gigolo notoire, Ben Conan, est sollicité par Lisa Talbot,  la jeune épouse d’un homme plus âgé et riche, pour tuer ce dernier.

Gia Scala, épatante dans l’épisode « Maman, est-ce que je peux me baigner ? » (05-26) se révèle peu inspirée pour sa seconde apparition dans la série. Elle n’assure pas son rôle de femme machiavélique qui veut tuer son mari et manque sérieusement de conviction dans ses scènes. Elle rate complètement les scènes d’amour et de passion, semblant froide comme la glace. On ne croit pas un instant à l’improbable couple qu’elle forme avec Ben, amant bien fallot. J’ai trouvé qu’elle jouait vraiment mal. Elle semble se forcer constamment à chaque scène, et se demander ce qu’elle fait là.

Lee Philips, en Ben Conan, ne nous fait jamais croire à ce gigolo de Ben Conan. Il est trop frêle, trop maladroit, pas cynique pour un sou dans cet emploi. Dès le début, on comprend que plus qu’un manipulateur, il est un pigeon. Il dira d’ailleurs assez vite, vers la 13e minute, qu’il veut quitter Lisa et tout laisser tomber.

 Russell Collins, un abonné de la série, dont il tourna 9 épisodes, est de retour pour une avant-dernière apparition. Il joue ici un détective privé en semi-retraite selon ses dires. Mais lui aussi est moins bon que d’habitude.

Quant au mari, Les Talbot, incarné par un Les Treymane en forme, il est à peu près le seul personnage qui tienne la route jusqu’à sa mort à la 19e minute, assommé par Ben et noyé dans sa baignoire.

Une série noire jouée sans conviction et qui nous laisse un goût amer de mauvais épisode.

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28. RECONNAISSANCE
(GRATITUDE) 



Histoire de Don Byrne. Adaptation : William Fay. Réalisation : Alan Crosland Jr

Un directeur de casino, Meyer Fine, est terrifié à l’idée de mourir. Il est anéanti après la mort d’un jeune joueur qui avait perdu et s’est suicidé, puis par l’assassinat d’un de ses gardes du corps.

Sept ans avant d’interpréter  pour la première fois le lieutenant Columbo dans « Inculpé de meurtre », Peter Falk, alors inconnu en France, nous montre l’étendue de son talent dans un rôle qui jamais ne laisse présager le policier gaffeur.

Cet épisode n’appartient pas à la catégorie suspense mais plus au drame psychologique. Ce n’est pas parce que ce cher et regretté Peter Falk en est la vedette que l’on va perdre l’objectivité et encenser un opus plutôt moyen.

John Dennis (1925-2004), qui incarne Dumfee, et Edmund Hashim (1932-1974), qui ont des physiques à jouer dans « Le Parrain », sont tellement convaincants dans leurs personnages qu’ils arrivent parfois à éclipser Peter Falk, lequel incarne ici un faible, avec la justesse appropriée. Son destin semble tracé d’avance, et l’on n’est guère étonné  lorsqu’à la 19e minute, il est victime d’une tentative d’assassinat dont il échappe par miracle. Il joue alors avec une grande conviction un homme terrassé par la peur, la sueur dégoulinant de son visage.

Le meilleur (le seul) ami de Fine est son domestique John (Paul Hartman). La chute est très décevante, car cela n’en est pas vraiment une si l’on se réfère au cahier des charges de l’anthologie. C’est seulement une scène supplémentaire de l’histoire.

Dans cet opus à l’ambiance « Les Soprano », on se demande bien comment un faible comme Meyer Fine a pu devenir directeur de casino.

Un épisode à voir surtout pour Peter Falk, mais pas un grand cru.

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29. A PEARL NECKLACE
INÉDIT EN FRANCE



Scénario original de Peggy et Lou Shaw. Réalisation : Don Weis

Charlotte Jameson accepte de devenir la femme de son patron, Howard Rutherford, qui pourrait être son père, et ce pour l’argent, avec la complicité cynique de son amant Mark.

Dernière des quatre apparitions de la superbe Hazel Court dans l’anthologie. Actrice talentueuse et fort belle, elle reflète ici l’éternel féminin. Sans jamais tomber dans la vulgarité, elle incarne une femme qui se « vend » à un vieil homme et devient son épouse pour l’argent, misant sur la mort prochaine du mari.

Son amant Mark, qu’elle aurait logiquement dû épouser,  est incarné par Jack Cassidy, vu plusieurs fois dans « Columbo ». Il incarne ici un être immoral et cynique, et méprisable au plus haut point. Il a d’ailleurs une jeune maîtresse, fort belle, qu’incarne Diane Webber, à la courte carrière, et que l’on aurait aimé voir plus souvent à l’écran.

Nous avons ici une chute très morale, qui n’échappe pas à la comédie. Howard offre un collier de perles à sa chère et tendre, et chaque année, il en ajoutera une.

Si Hazel Court joue bien, son personnage ne cache pas sa répulsion (au début)  chaque fois que le vieux mari la touche. Or, Howard va vivre plus longtemps que prévu (Le thème, si l’on peut dire, rappelle parfois le film « Le viager » de Pierre Tchernia avec Michel Serrault).

Comme l’histoire s’étire sur vingt-cinq ans, Howard étant « résistant », une scène est particulièrement savoureuse, celle où Charlotte rencontre un jeune garçon (David Faulkner) qui est Billy, le fils de Mark. On retrouvera à la fin de l’épisode Billy plus âgé (Michael Burns) mais l’on n’en dira pas plus pour préserver la chute.

Pas de crimes ni de meurtres ici. C’est une comédie dramatique. Elle est merveilleusement servie par Hazel Court, Ernest Truex dans le rôle d’Howard le vieux mari et Jack Cassidy. Regrettons la trop courte apparition de Diane Webber, mais Hazel Court, d’un bout à l’autre, nous éblouit.

Ce n’est pas un épisode représentatif de l’anthologie, par son manque de tension, mais l’on passe un très bon moment. L’histoire fait partie de celles qui auraient pu être exploitées pour un long métrage.

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30. YOU CAN'T TRUST A MAN
INÉDIT EN FRANCE



Scénario : Helen Nielsen. Réalisation : Paul Henreid

Crystal Coe, chanteuse à succès, a « oublié » un mari emprisonné qui sort au bout de sept ans, Tony, et veut la faire chanter. Elle a changé de nom et est s’est remariée, devenant bigame. Tony ne voulant pas lâcher prise, elle le tue et le fait passer, auprès de la police, pour un fan détraqué.

Très bonne histoire, si l’on passe sur le fait que Crystal Coe, alias désormais Mrs Wyncliff, ait pu si facilement changer d’identité.  Par contre, Polly Bergen n’est pas à la hauteur de son personnage, une garce magistrale, qui aurait mérité une actrice plus glamour. On retrouve, dans le rôle du « mari » (ou ex mari) l’excellent Joe Maross, dont j’ai dit le plus grand bien pour sa participation à l’épisode 04-15 « Une affaire personnelle », dans un rôle qui curieusement ressemble assez à celui qu’il tient aujourd’hui. Je n’en dirai pas davantage sur le sujet car je dévoilerai alors la chute de « Une affaire personnelle ».

Autre reproche à ce script, une trop longue scène d’exposition. La scène interminable dans l’automobile, où Crystal finit par tuer Tony, empêche ensuite un développement policier plus complet.

Dans le rôle du second mari, George Wyncliff, un comédien mûr, Frank Albertson est parfait, mais la palme revient au lieutenant de police, incarné par Walter Kinsella. Si l’on enlève les gaffes et les réparties, il évoque beaucoup, par sa perspicacité, ses airs de ne pas y toucher, le lieutenant Columbo.

Avec une telle histoire, la présence de Joe Maross, le ratage était impossible, mais l’on éprouve quelques regrets. Une autre comédienne, et quelques ajustements pour raccourcir le long dialogue entre Crystal et Tony auraient fait de cet opus un chef d’œuvre.

Trois étoiles largement méritées quand même.

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31. THE GLOATING PLACE
INÉDIT EN FRANCE



Histoire et adaptation : Robert Bloch. Réalisation : Alan Crosland Jr

Une jeune femme à laquelle il n’arrive jamais rien, Susan Harper, invente une agression dans un parc. Elle est loin de se douter qu’elle va provoquer une tragédie.

Le point de départ ressemble aux « Risques du métier » d’André Cayatte, même si ici la jeune femme est plus âgée. Susan Harper (Susan Harrison) est une étudiante humiliée par ses camarades, pourtant fort jolie, mais au caractère trop solitaire. Pour devenir célèbre, elle feint d’avoir échappé à une tentative de viol et de meurtre en se déchirant elle-même ses vêtements. Elle raconte avoir échappé à un étrangleur dont le visage était caché par une cagoule noire.

Sans révéler la chute, on se doute qu’entre Robert Bloch à l’écriture et le fait qu’il s’agisse d’une production Hitchcock, la malheureuse « héroïne » ne va pas s’en tirer comme cela.

La police la confronte à la fameuse identification des suspects possibles avec un miroir sans tain. Ce que la jeune idiote ignore, toute fière de sa célébrité, c’est que les vrais tueurs en série existent !

Quel crime pour le cinéma : la très talentueuse Susan Harrison n’a ensuite rien fait, à part un rôle dans « La quatrième dimension ».

La tension et le suspense sont cette-fois au rendez vous et atteignent des sommets. Robert Bloch a la plume démoniaque, ce qui est un compliment bien sûr.

Susan est aidée  par un Steve Mc Garrett de l’époque, incarné par Hank Brandt, un policier dont on ne cite bizarrement pas le nom. Notons que les parents Harper interprétés par King Calder et Erin Brien-Moore sont excellents, mais l’on a choisi, il me semble, des comédiens trop âgés par rapport à Susan Harrison.

Susan prend sa revanche sur ses camarades qui se moquaient d’elle au début de l’épisode. Un drame affreux vient reléguer en seconde page et en petits caractères son « affaire ». Celle qui a décidé d’être la reine des faits divers en prend ombrage. Condamnée à la « fuite en avant », Susan échappe à la vigilance de ses parents et étrangle Marjorie (Marta Kristen), la blonde qui se moquait d’elle au début. Non, non, je n’ai pas raconté la chute. Cette seconde agression, où  Susan donne corps et vie à son « étrangleur », permet que la lumière revienne sur elle, et au passage de se débarrasser d’une rivale encombrante.

Avec la mort de Marjorie, Susan devient une star de l’actualité. Elle est la seule « survivante », et les policiers finissent par lui confier qu’ils ne croyaient pas trop, jusqu’ici, à son histoire. C’est la gloire, les reporters, les flashs.

Avec Robert Bloch, vous vous doutez que la chute va être abominable, et que le téléspectateur de 1961 (peut être plus celui d’aujourd’hui blasé par la violence) a dû être glacé d’effroi.

Encore une réussite à mettre dans le haut du panier de la série. La saison 6 aligne à présent plusieurs chefs d’œuvre.

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32. SELF-DEFENSE
INÉDIT EN FRANCE



Scénario : John T. Kelley. Réalisation : Paul Henreid

Dans un magasin, un jeune homme arrive arme au poing pour faire un braquage. La vendeuse donne à un client, Gerald Clarke, une arme, et ce dernier abat le voleur. Mais le pistolet du jeune fuyard n’était pas chargé.

Cet épisode soulève à la fois le problème de l’auto défense, et de la phobie que peuvent avoir des gens lorsque l’on braque une arme sur eux. Toutefois, malgré une chute qui réhausse l’opus à trois étoiles tellement elle nous fait sursauter de notre fauteuil, le discours moralisant de l’épisode est gênant.  Après tout, un braqueur sait ce qu’il fait lorsqu’il procède à une attaque à main armée, que le pistolet soit chargé ou non.

Gerald Clarke (George Nader, assez fade)  va donc culpabiliser envers la mère de la « victime », Mrs Philips (Audrey Totter), jusqu’à payer les funérailles du fils, Jimmy, qui l’a pourtant agressé.

Cet opus semble instaurer « la double chute » : on pense que la dernière visite de la mère à celui qui a tué son fils, lorsqu’elle sort un pistolet et va le tuer, constitue le fameux retournement final, eh non ! Il y a la vraie chute juste après, effroyable.

« Self defense » est réaliste et extrêmement violent, nous laissant avec un sentiment de profond malaise. Tournerait-on aujourd’hui cet épisode ? Certainement pas en France, où l’histoire, à la différence de tant de contes d’épouvante d’Hitchcock, semble sortie de l’actualité et des journaux télévisés. On culpabilise ici l’honnête homme alors que le jeune vaurien est présenté en victime.

On se doute que Charles Bronson n’aurait pas eu, en tant que « Justicier dans la ville », les scrupules de George Nader ici. Malgré les réserves exprimées, c’est un bon suspense.

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33. A SECRET LIFE
INÉDIT EN FRANCE



Histoire de Nicholas Monsarrat. Adaptation : Jerry Sohl. Réalisation : Don Weis

James Howgill veut divorcer mais sa femme s’y oppose. Il part alors pour Acapulco, où il ne tarde pas à séduire une jeune femme, Estelle. Mais l’avocat de Howgill lui dit qu’il sera difficile de divorcer, à moins qu’il ne fasse suivre son épouse par un détective privé et prouve qu’elle est infidèle.

On ne comprend pas l’intérêt de ce vaudeville. Tout d’abord, Howgill, qui n’est ni séduisant ni fortuné, n’est pas crédible en amant d’Estelle. Ses motivations de départ, divorcer parce qu’il s’ennuie avec sa femme, ne sont pas claires (la fin de l’épisode montrera qu’il tient à elle).

La visite de Howgill à son avocat, Johnson, l’engagement d’un détective, Bates,  complètement abruti qui devrait être discret et se fait remarquer cent lieues à la ronde, plongent ce récit dans une pantalonade  digne de « Au théâtre ce soir ».

Les comédiens sont tous mauvais, à l’exception de la jolie Mary Murphy dans le rôle d’Estelle. Arte Johnson en détective Bates semble sorti du « Casino Royale » de 1967 ou de « Austin Powers ». Ronald Howard en mari voulant divorcer ne donne pas une once de crédibilité à son personnage. Quant à Patricia Donahue en épouse bafouée, elle affiche un air satisfait en décalage total avec le rôle.

Le script est tellement mauvais qu’aucun comédien ne semble concerné. La rupture entre Estelle et Howgill semble inévitable, mais en fait, c’est le début de leur aventure qui était improbable. Aucun suspense, de l’humour pas drôle, et un hors sujet total : qu’est ce que « A secret life » vient faire dans l’anthologie ?

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34. SERVANT PROBLEM  
INÉDIT EN FRANCE



Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Alan Crosland Jr

Kerwin Drake est un auteur à succès. Il organise des soirées. Un jour, à sa grande stupéfaction, son épouse, disparue depuis 22 ans, revient dans sa vie. Il ne sait comment s’en défaire.

A l’exception de l’apparition de la regrettée Joan Hackett (1934-1983), cet épisode ne présente pas un grand intérêt. Tout est dans le thème évoqué plus haut.  Molly Drake (Jo Van Fleet) qui a quitté il y a 22 ans son mari revient comme si de rien n’était. C’est devenu une vieille femme, plutôt fofolle. Il ne sait comment s’en débarrasser, d’autant plus que la vie lui a réussi. Il est devenu un auteur à succès, et reçoit les avances de la jeune et belle Sylvia Colton (Joan Hackett).

John Emery est assez crédible en auteur célèbre dépassé par la situation. Le jeu excessif de Jo Van Fleet nous fait paraître son personnage pathétique. Comme dans le précédent opus, il n’y a aucun suspense, même si ici, on reste tout de même dans le cadre de la série. Kerwin Drake va faire passer son « ex-femme » pour sa cuisinière auprès de ses invités. Mais elle n’est pas intéressée par l’argent, alors qu’il pensait acheter son silence et son départ avec. Il devra donc trouver un moyen plus radical.

On a l’impression de voir du théâtre filmé. Pas de scènes d’extérieurs, des portes qui s’ouvrent et se ferment, des scènes de ménage. La saison 6 ne comporte que 38 épisodes et l’on a l’impression que l’auteur Henry Slesar a écrit à la hâte cet opus pour fournir la chaîne NBC qui a pris le relais de CBS depuis septembre 1960, soit le début de la saison en cours.

L’anthologie est capable de nous fournir des grands moments d’angoisse et de frisson, mais aussi des épisodes stupides et ennuyeux. Il n’y a pas grand-chose à sauver de cet opus. La première visite de Molly nous arrache quelques sourires, mais cela ne dure pas. Un opus que l’on peut zapper sans regrets.

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35. RÉUNION DE FAMILLE
(COMING HOME)



Histoire et adaptation : Henry Slesar. Réalisation : Alf Kjellin

Harry Peggs vient de purger une peine de vingt ans de prison. Pendant cette période, il a travaillé et économisé, mais se fait détrousser par une entraîneuse dans un bar.

Episode très dramatique, bon, mais dont on se demande ce qu’il vient faire dans l’anthologie. Harry Peggs (Crahan Denton) est un visage de l’Amérique des oubliés et des pauvres, un looser. Prisonnier modèle, il se fait dépouiller en un soir par une entraîneuse.

Il se retrouve alors vingt ans plus tard face son épouse qui vit toujours dans leur logement misérable. Ce téléfilm est une merveille de vérité, mais cela n’a pas absolument rien à faire dans « Alfred Hitchcock présente ». Aucun suspense. La chute constitue à nous révéler l’identité de l’entraîneuse qui a volé Harry.

Dans le rôle de l’épouse fanée, Edith, Jeanette Nolan. Cette peinture au vitriol des paumés et laissés pour compte du rêve américain mérite trois étoiles. Mais les habitués de la série risquent de s’endormir, car ce n’est pas du tout pour le public ciblé par l’anthologie qui attend des frissons et de l’angoisse.

Crahan Denton fait une composition mémorable, et son talent est ici bien plus évident qu’en doublon de shérif dans « Incident in a small jail ». Le réalisateur Alf Kjellin est surtout connu pour « Des agents très spéciaux » et sa série dérivée « Annie agent très spécial ».

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36. FINAL ARRANGEMENTS
INÉDIT EN FRANCE



Histoire de Lawrence A. Page. Adaptation : Robert Arthur. Réalisation : Gordon Hessler

Leonard Thompson est marié à une femme malade et capricieuse. Il décide de se rendre chez un marbrier pour offrir des funérailles  de luxe à sa femme. Il va ensuite chez le pharmacien chercher un poison violent.

L’intérêt principal de cet opus est la présence de Martin Balsam, le détective de « Psychose ». Le scénariste oriente le téléspectateur, tout au long de l’intrigue, vers une fausse piste qui fera de la chute une véritable surprise.

Entre humour noir (surtout pour la séquence des croquemorts) et pessimisme, cet opus oscille entre histoire policière, suspense et drame. Vivian Nathan incarne l’épouse de Leonard, une femme toujours malade et qui fait supporter un calvaire à son entourage.

La visite de Leonard au directeur des pompes funèbres est le meilleur moment de l’épisode. Les scènes de dispute du couple s’éternisent un peu, et l’on aurait souhaité un meilleur script pour Martin Balsam.

Signalons aussi la scène entre Leonard et le petit garçon à bicyclette, pleine de tendresse. Le réalisateur se concentre ensuite sur la façon dont l’homme empoisonne le lait. On sent un épisode très prévisible, ce qui est sans doute voulu, pour nous servir une chute qui ne l’est pas.

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37. CHASSÉ-CROISÉ
(MAKE MY DEATH BED)

hitchcockpr 5 37

Histoire de Babs H.Deal. Adaptation : Henry A. Coge. Réalisation : Arthur Hiller

Le couple Bish et Jackie Darby se lie d’amitié avec les Taylor, Ken et Elise. Jackie est toujours en train d’harceler son mari à propos de son régime. Bish et Elise deviennent amants, mais Jackie, qui a tout compris, prépare sa vengeance.

Diana Van Der Vlis (1935-2001) fait partie de ces guest-stars des « Envahisseurs » qui ont marqué les téléspectateurs : elle jouait l’épouse d’Arthur Hill (vu souvent ici) dans l’épisode « Les sangsues ».

C’est la fête du nouvel an et Jackie a compris que son mari Bish n’avait d’yeux que pour Elise. En elle germe l’idée de la vengeance. James Best (Bish) fait ici sa troisième et dernière apparition dans l’anthologie après « Death sentence » (03-30) et « Cellule 227 » (05-34). Son physique de playboy (il joue ici aussi de la guitare) sied à merveille dans ce rôle d’homme marié à une femme au physique ingrat, Jackie (Madeleine Sherwood, omniprésente ici).

L’ambiance de fête et de drame se conjuguent jusqu’à la chute imprévue. L’amitié (apparente) entre les deux femmes, rivales en amour, Jackie et Elise, cache la profonde haine de l’une envers l’autre qui va conduire à la tragédie.

On a quand même le sentiment que le réalisateur, à court d’idées, et gêné par un scénario pâle, fait traîner artificiellement les scènes en longueur. Trop de bavardages et peu de rebondissements nuisent à l’opus et le téléspectateur finit par décrocher.

A la douzième minute, la mort violente par empoisonnement de Bish semble constituer un rebondissement, mais l’effet retombe vite et l’ennui s’installe définitivement. Il n’y a pas de miracles : à partir d’une mauvaise histoire, on ne fait pas un bon film.

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38. AMBITION
INÉDIT EN FRANCE 

hitchcockpr 5 38

Histoire de Charles Boeckman. Adaptation : Joel Murcott. Réalisation : Paul Henreid.

Rudy Cox est ambitieux : en tant que district attorney, il veut porter un grand coup à la Mafia. En particulier à un chef, Mac Davis. Le problème est que ce dernier a jadis sauvé la vie de la femme de Cox.

C’est la première période de la carrière de Leslie Nielsen avant « Y-a-il un pilote dans l’avion ? ». Ici, l’ambitieux district attorney qu’il incarne est prêt à tout, y compris à se servir de Mac Davis avec lequel il entretient une amitié dangereuse.

Cette avant-dernière saison de l’anthologie se termine avec un épisode sur la mafia. Harold J Stone (vu dans « Hawaii Police d’état », « Les Incorruptibles »,  mais aussi fort drôle dans « Jerry la grande gueule » avec Jerry Lewis) y incarne le gangster. Cox et Mac Davis vont jouer une partie d’échecs mortelle, et il faudra attendre la chute pour connaître le perdant. Notons que même dans les moments les plus dramatiques, Cox qui pratique le jardinage est soucieux que l’on ne marche pas sur ses bégonias, ce qui en surprend plus d’un.

Tout au long de l’épisode, Cox se montre cynique et sans scrupules, et l’on a parfois, bien que ce soit un gangster, le sentiment que Mac Davis est plus « humain ». A la 15e minute, l’homme de loi semble renier cette amitié en refusant de le recevoir et en lui braquant une arme dessus, persuadé que l’autre est armé, ce qui n’est pas le cas.

C’est sur cette histoire digne des « Incorruptibles » que se termine cette saison qui aura connu des sommets avec  « The doubtful doctor », « The man with two faces », « Summer shade » (meilleur de la saison), « Incident in a small jail », « You can’t trust a man », « The gloating people (autre grand thriller d’épouvante), et nous a révélé ou rappelé deux comédiennes oubliées :  Sarah Marshall et Susan Harrison. On retrouvera Sarah dans la saison 7 dans l’épisode 34 « The Twelve hour caper ».

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Images capturées par Patrick Sansano.