saison 1 saison 3

Stargate: SG1 (1997-2007)

FILM

 


Stargate, la porte des étoiles (Stargate) – 1994

 


STARGATE, LA PORTE DES ÉTOILES
(STARGATE)


En 1928 des archéologues américains découvrent près de Guizèh un vaste socle antérieur à l’époque égyptienne telle que nous la connaissons. Il se révèle couvert de hiéroglyphes, mais aussi de caractères cunéiformes inconnus. Le socle lui même abrite un vaste et mystérieux cercle métallique. L’artefact demeure une énigme, jusqu’à ce qu’en 1994 l’US Army fasse appel au Dr. Daniel Jackson. Cet égyptologue controversé  professe des théories pour le moins originales sur l’existence d’une civilisation pré-égyptienne, qui serait à l’origine des pyramides. Daniel découvre que les caractères représentent non des mots mais des constellations permettant de définir des objectifs incommensurablement lointains. Il permet ainsi l’ouverture de ce qui se révèle être la Porte des Etoiles. Daniel participe à un commando chargé d’explorer ce qui s’étend derrière la Porte,  commandé par le Colonel O’Neil. Celui traverse une forte dépression, son fils s’étant tué en jouant avec son arme de service.

 Les deux hommes vont rallier la planète Abydos, la Porte y découchant son alter ego local. Ce monde apparaît très semblable à l’antique Egypte, et recèle l’histoire  de l’artefact. Jadis un extra terrestre parasitaire s’est emparé d’un hôte humain  et s’est fait passer pour le dieu Râ, asservissant ainsi l’Egypte. Il a fait passer les actuels habitants d’Abydos à travers la Porte et ceux-ci sont demeurés ses esclaves après qu’une vaste révolte ait chassé le tyran de la Terre. Les égyptiens ont alors enseveli la Porte pour empêcher son retour. Daniel et O’Neil sympathise avec les habitants et les conduisent à la liberté en triomphant de Râ après de meurtriers combats. La bombe atomique qu’O’Neil avait secrètement apportée pour détruire la Porte d’Abydos en cas de danger sert finalement à sceller le destin du faux dieu. Les militaires repartent sur Terre en laissant derrière eux un Daniel ayant trouvé l’amour en la personne de la belle Sha’uri.

L’ouverture du film, jusqu’à l’arrivée sur Abydos, se montre des plus séduisantes, avec une succession dynamique de passages aussi variés que réussis. Lé générique, repris par la série, se révèle aussi sublime visuellement que musicalement. L’indicatif de David Arnold reste d’ailleurs totalement indissociable de l’univers Stargate. On apprécie toute la brève séquence de Guizèh, ..nous valant quelques plans somptueux des Pyramides, même si guère originaux.  L’atmosphère de fouilles archéologiques égyptiennes des années 30 nous évoque par ailleurs un impérissable classique, on se demande d’ailleurs si le site de l’Arche d’Alliance n’est pas voisin de celui de la Porte ! 

La résolution de l’énigme de la Porte convainc également, par la qualité du jeu d’un James Spader interprétant un déjà savoureux Daniel, que Stargate SG-1, fort judicieusement conservera quasi inchangé. Daniel domine la séquence mais développe une relation sensible avec Catherine, encore une fois Sg-1 aura le bon goût de lui ménager plus tard espace  (notamment dans Torment of Tantalus), ce qu’elle mérite amplement. Cette première partie s’apprécie d’autant plus qu’elle contient les seuls moments véritablement humoristiques du film, notamment grâce à la présence de l’excellent Richard Kind (Spin City).

Malheureusement quand cette introduction, couronnée par la spectaculaire ouverture de la Porte, parvient à son terme, le film n’en est encore qu’au commencement. Débute alors un un interminable pensum, aussi aride que le désert sans fin d’Abydos. Le marmoréen Colonel O’Neil, tout en clichés, symbolise parfaitement cette inflexion dommageable du film, tant il  se révèle d’un premier degré absolu et massif. Le talent de Kurt Russel n’est pas en cause, car il interprète à la perfection cette version  à haute dose en testostérone d’un personnage monolithique et.  Choisir un suicidaire pour une mission éventuellement sans retour ne parait pas absurde en soi mais se traduit en définitive par des scènes d’une  démonstrativité si naïve qu’elle en avoisine le ridicule, notamment entre O’Neil et le jeune Skaara.

Le tout est à l’avenant, entre personnages réduits à quelques poncifs et une continue exaltation pompière, dont le premier degré absolu finit par épuiser le spectateur. Emmerich semble d’ailleurs à un tournant de sa carrière, ses œuvres suivantes (Independance Day, Godzilla, 2012...) confirmant cette tendance. Stargate, la Porte des Etoiles, pâtit également de son méchant, Râ. Celui-ci manifeste une décadence et une perversité confite et maniérée l’empêchant de dynamiser le récit, ce que tout adversaire de qualité se doit d’entreprendre dans un film de genre. On n'assiste d’ailleurs à presqu’aucune réelle scène de confrontation électrique entre lui et les héros, la série va réaliser bien mieux en ce domaine.

De par la brièveté d’un épisode de 45 minutes, la série télévisée connaît une contrainte se transformant en atout puisque la forçant à l’épure, en supprimant les digressions inutiles pour en venir à l’essentiel. C’est le parfait contraire qui s’observe ici, dans ce film à la durée beaucoup trop étendue vis à vis de son  contenu narratif relativement limité, en aucun cas supérieur  à bon nombre d’épisodes de Stargate SG-1. Entre la découverte d’Abydos et le combat final s’étend un vaste surplace se résumant à des allées et venues ensablées et répétitives entre un nombre restreint de lieux, soit un terrible contre-sens par rapport au souffle de la découverte qu'instille la Porte.

L’impression de tourner en rond se renforce par de nombreux bavardages vains et dépourvus de l’irrésistible piquant que revêtiront souvent les dialogues ultérieurs. Les relations entre personnages, eux mêmes réduits à de simples silhouettes, ne peuvent déboucher sur rien d’exaltant. On distingue quelques scènes davantage relevées, souvent organisées autour d’un Daniel Jackson tenant perpétuellement le film à bout de bras. Pendant ce temps, au lieu de nous raconter une palpitante aventure, Emmerich s’amuse avec ses jouets onéreux, en filmant à satiété décors et costumes, soulignant le tout avec une rare emphase. L’affrontement final s’avère certes spectaculaire mais sans surprise et minuté jusqu’à l’artificiel.

Grâce à un budget conséquent (55 millions de dollars) Strargate bénéfice cependant d’une production soignée, avec des costumes  et décors élégamment élaborés (salle du trône de Ra, vaisseau pyramidal) clairement supérieurs à ce qu’offrira une série portant performante à cet égard. L’amateur de spectaculaire en aura pour son argent, d’autant que les effets spéciaux manifestent une indéniable qualité et ont fort bien vieilli 17 ans plus tard. Mais il ne s’agit là que de l’habillage du récit et non de son cœur vivant. Les fans de Stargate SG-1 s’amuseront à recenser les ressemblances avec la série (bon nombre des technologies Go’aulds se voient déjà référencées, dont les mythiques cercles de teléportation) mais aussi les dissonances, le parasite extra terrestre demeurant très éloigné des Goa’ulds.

Stargate reste une honnête série B, confortablement budgétée plutôt que réellement inspirée. Le film commet l’erreur de mêler divers styles et atmosphères, avec des parties trop disjointes. Les promesses de la première ne seront pas tenues, du fait d’un scénario trop passe partout et mal équilibré, privé de dynamique. En l’état l’on éprouve du mal à percevoir où les auteurs auraient trouvé matière à développer une trilogie, tant le concept génial de la Porte y débouche sur un schéma convenu et limité.

On saura gré au film de contenir en germe les différents arguments de la future saga télévisée, dont il ne constitue cependant qu’une ébauche. C’est fort judicieusement que Brad Wright et Jonathan Glassner n’hésiteront pas à moduler et amplifier fortement le postulat initial, notamment la personnalité d’un O’Neill se révélant non plus  un boulet mais un irremplaçable moteur de l’histoire. Le rideau peut désormais se lever sur la geste de SG-1, car  les Jaffas d’Apophis sont sur le point d’attaquer Stargate Command…

  • Le blockbuster Stargate atteignit ses objectifs commerciaux, rapportant plus de 196 millions de dollars pour 55 investis.
  • Pour bien marquer la différence entre les personnages, le colonel se nommera désormais O’Neill et non plus O’Neil.
  • Alexis Cruz (Skaraa) et Erick Avari (kasuf) seront les seuls acteurs à conserver leur personnage, dans la série.
  • Richard Kind sera le seul acteur à apparaître dans le film et dans Stargate Atlantis.
  • Lors du décryptage Daniel regrette l’utilisation des travaux de Budge. Il fait référence à l’égyptologue réputé Sir E.A. Wallis Budge(1857-1934), du British Museum. Celui-ci fut anobli pour avoir déchiffré plusieurs textes majeurs, dont le Livre des Morts d’Ani et le Kebra Nagast.
  • Par souci d’économie, les différentes scènes de foules ont recours à des mannequins plutôt qu’à des figurants.
  • Stargate est le tout premier film référencé à disposer de son site internet. Crée en 1994 celui-ci  contient bande annonce, photos et présentations.
  • Jaye Davidson (Ra), connu également pour The Crying Game (1992), n’apparut quasiment plus à l’écran après Stargate. Ils e consacra en effet à son métier principal, le mannequinat.
  • Sha’uri, rebaptisée Sha’re dans la série, sera interprétée par Vaitiare Bandera, qui avait été recalée pour le film.
  • En 2011 Dean Devlin, scénariste et producteur du film, envisage une possible reprise de la trilogie cinéma, après la fin de la franchise télé. Les acteurs reprendraient leurs personnages, l’action reprenant plusieurs années après celle du film, indépendamment de la série. Des discussions seraient en cours avec la MGM.

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Crédits photo : Studio Canal.

Captures réalisées par Estuaire44