saison 1 saison 3

Sherlock Holmes (1984-1994)

SAISON 1

 


1. UN SCANDALE EN BOHÊME
(A SCANDAL IN BOHEMIA)

Holmes est engagé par le roi de Bohême pour retrouver une photographie qui pourrait compromettre son mariage imminent.

Je n'avais aucun souvenir de cet épisode qui a une intrigue relativement simple. J'adore le visage de Holmes lorsqu'Irène Adler - superbe Gayle Hunnicutt - a pris la poudre d'escampette. Il n'a plus son assurance habituelle. Il la retrouve très vite en lisant la lettre. À jamais, Irène Adler restera La Femme pour le détective. Elle est la seule femme dans tout le Canon pour laquelle Holmes exprime quelque chose. Il garde sa photo dans un tiroir fermé à clé. Ce n'est pas un de mes épisodes préférés mais il est distrayant. Dès le premier épisode, le téléspectateur ressent la volonté de Granada d'être le plus fidèle possible aux textes et à l'univers de Conan Doyle. Le scénario reste très proche de l'œuvre originale et on retrouve des dialogues entiers extraits du Canon holmésien. Cet épisode est savoureux pour les déguisements de Holmes et la performance de Jeremy Brett qui est méconnaissable.

o Cet épisode est le troisième en ordre de production mais le premier diffusé en Grande-Bretagne le 24 avril 1984 (le quatrième en France, le 15 janvier 1989 sur FR3).

o Il fut choisi comme premier épisode pour la diffusion car l'histoire est la première nouvelle du recueil de Doyle, Les aventures de Sherlock Holmes, à être parue dans The Strand en juillet 1891.

o Le déguisement de Jeremy Brett en valet d'écurie était tellement réussi que le producteur ne reconnut pas l'acteur lorsqu'il arrivât sur le plateau.

o Le tournage en extérieur eut lieu à Liverpool, pour la maison d'Irène Adler, et près de Manchester à l'église de Altrincham.

o Les dessins de Sidney Paget parus dans le Strand Magazine ont servi de modèles aux costumes et déguisements.

o Dès cet épisode, on remarque que le 221B Baker Street est situé du mauvais côté de la rue (par rapport à Regent’s Park).

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2. LES HOMMES DANSANTS
(THE DANCING MEN)

Holmes et Watson doivent déchiffrer le code des hommes dansants pour piéger un redoutable meurtrier.

Un superbe épisode que je n'avais pas revu depuis sa première diffusion en France....Les dessins étaient encore présents à mon esprit mais pas l'histoire. Le meilleur du premier DVD incontestablement....La maison et son vaste jardin sont magnifiques. Le suspense et l'action sont au rendez-vous, contrairement à l'épisode précédent, mais aussi le drame. Une atmosphère inquiétante soulignée par une très bonne réalisation et une interprétation remarquable. L’histoire est dramatique et touchante car la tragédie frappe un couple innocent, qui passe en très peu de temps du bonheur total au malheur incommensurable. A cet effet, l’utilisation des flashbacks dans la série est toujours judicieuse.

Jeremy Brett personnifie un Holmes conquérant. Le détective est confronté, pour la première fois, à un gangster américain, un adversaire redoutable mais, néanmoins, sentimental. À conseiller pour découvrir la série. Cette fois-ci, c'est Holmes qui tient le révolver !

o C’est le cinquième épisode diffusé en France, le 22 janvier 1989.

o La scène d'ouverture est fidèle aux premières pages de l'œuvre de Doyle. Jeremy Brett tenait à la restituer contre l'avis de l'équipe de production. Une seule prise suffit.

o C’était un des épisodes préférés de Jeremy Brett. La nouvelle était aussi une des préférées de Sir Arthur Conan Doyle. Elle fut publiée pour la première fois dans le magazine The Strand en décembre 1903.

o Le tournage en extérieur eut lieu à Leighton Hall près de Carnforth dans le Lancashire.

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3. LE TRAITÉ NAVAL
(THE NAVAL TREATY)

Holmes est contacté lorsqu'un document classé top secret est dérobé au Foreign Office.

Cette aventure n'est pas aussi captivante que la précédente, car l'intrigue est, en définitive, des plus simplistes. Néanmoins, le suspense est au rendez-vous (à la première vision) et le dénouement est bien joué, mais il a fallu attendre quarante minutes pour en arriver là. Holmes attend la tombée de la nuit dans la campagne bucolique pour passer à l'action et on participe ensuite à la joie de Percy Phelps d'avoir retrouvé le document disparu. L'honneur est sauf et cette scène est conforme aux écrits de Sir Doyle. Le thème du vol de document sera néanmoins beaucoup mieux traité dans d'autres épisodes.

C'est une histoire assez statique et bavarde, dépourvue de l'humour second degré et les crises de Phelps sont à la limite du crédible. Nous avons un nombre limité de suspects et on devine aisément la culpabilité de Joseph, y compris la raison pour laquelle il a actionné la sonnette du bureau de Phelps. La scène du combat en ombres chinoises est particulièrement ratée, un constat récurrent pour la série malheureusement. Il y a, fort heureusement, les superbes décors servis par de splendides images et la performance de Jeremy Brett. A noter aussi que l’épisode est fidèle à la nouvelle de Doyle, qui insistait sur les différences de classes sociales.

o Cet épisode fut le troisième diffusé sur FR3, le 8 janvier 1989.

o Le traité naval est célèbre pour le monologue de la rose de Holmes. Jeremy Brett tenait à jouer cette scène et à garder ce monologue dans son intégralité. Personnellement, j’aime autant le ton sec sur lequel la jolie Alison Skilbeck (Annie Harrison) lui demande à la fin de la tirade : ‘Do you see any prospect of solving this mystery ?’

o Le tournage eut lieu dans la campagne du Cheshire et dans les environs de Manchester.

o Alison Skilbeck (Annie Harrison) se souvient du tournage étouffant en robe victorienne pendant l’été caniculaire de 1983.

o La nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle parut pour la première fois dans The Strand en deux parties, en octobre et novembre 1893.

o Les trous de balles au mur de l’appartement ont la forme VR pour Victoria Regina, mieux connue comme la reine Victoria, sur le trône à l’époque de Holmes.

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4. LE CYCLISTE SOLITAIRE
(THE SOLITARY CYCLIST)

Holmes et Watson doivent déjouer un plan diabolique fomenté contre une jolie héritière.

Un excellent épisode, au même niveau que le second (Les hommes dansants). Miss Violet Smith – la jolie débutante Barbara Wilshere - dérange Sherlock Holmes en pleine expérience chimique. Engagée par un certain Carruthers pour parfaire l’éducation musicale de sa fille, la jeune femme craint un danger car elle est suivie lors de ses allers-retours à la gare en bicyclette. Carruthers est John Castle, qui n’est pas un inconnu pour les fans de Chapeau melon et bottes de cuir : il est le Colonel Miller, militaire dingue de Commando très spécial des New Avengers. J'ai revu l’épisode comme il y a plus d’un quart de siècle...même suspense, paysages admirables. Une grande part est laissée à l'action et à l'humour.

Le mystérieux cycliste barbu vêtu de noir, armé d'un revolver, est inquiétant, le combat de boxe est un régal et Violet Smith a l'air bien pur. Le personnage de Woodley est vraiment insupportable, autant physiquement que mentalement. Il y a du rythme contrairement à l'aventure précédente et l'enchaînement des événements est centré sur l'accumulation des dangers autour de Miss Smith, dont le mariage forcé est le point culminant. L’humour n’est pas laissé de côté avec l’expérience chimique et les échanges Holmes/Watson dont la question du docteur : ‘Did I really do remarkably badly ?’. Assurément, un des meilleurs épisodes de la série : ‘it was absolutely delicious’.

o Cet épisode fut le premier tourné et le premier diffusé en France, le 25 décembre 1988 ; il fut le quatrième diffusé en Angleterre, plus de quatre années plus tôt, le 15 mai 1984. Un excellent choix de FR3 pour un réveillon de Noël ; un temps révolu où les programmes de fêtes de fin d’année étaient à la hauteur…

o L’épisode est basé sur la nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle, The Adventure of the Solitary Cyclist, qui fut publiée pour la première fois dans le magazine Colliers en décembre 1903.

o Le tournage eut lieu à Cheshire Willington Hall (maison de Carruthers) et les poursuites en bicyclette dans la forêt de Delamere.

o Qui est le cycliste solitaire ? Miss Violet Smith ou Carruthers?

o Scénette type de la série comme celle de la fin de cette aventure (dernier chapitre). On voit Watson et son journal, il y a une 'voiture' devant lui, un magasin derrière (furniture repair) puis il traverse et un homme sort d'un autre magasin, salue une dame en ôtant son chapeau etc. Beaucoup de figurants habillés d'époque et une prodigieuse reconstitution.

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5. LE TORDU
(THE CROOKED MAN)

Holmes doit résoudre le meurtre d'un militaire haut placé. La femme de ce dernier est soupçonnée mais le détective va être confronté à l'histoire d'une terrible vengeance.

Un épisode moyen. Des passages ennuyeux dont le flash-back qui n'en finit pas ; cette séquence dure, en effet, une vingtaine de minutes. La visite de Holmes et Watson chez le major est également longue avant qu'ils ne se rendent sur les lieux du crime. La meilleure scène est en extérieur : Holmes retrace le chemin parcouru par The Crooked Man sur la pelouse. Cette aventure est un mélodrame plus qu'une stricte enquête policière ; celle d'une vie gâchée par la lâcheté d'un homme voulant voler la femme d'un autre. Par cet épisode, on se rend compte qu'il n'est pas aisé de retranscrire littéralement à l'écran les histoires de Doyle, non pas uniquement par souci financier, mais tout simplement car certaines scènes sont difficilement adaptables.

A la revoyure, on se concentre sur les décors, le jeu des acteurs, toujours impeccable – même pour les seconds rôles comme Jane, la servante -, les costumes et la photographie, sans oublier l’atmosphère très particulière de cet épisode. Jeremy Brett est excellent avec le Major Murphy : ‘You’ve told me nothing !’ et sa mimique particulièrement cocasse lorsque le soldat évoque Nancy Barclay : ‘Of course’.

o Cet épisode fut diffusé le 29 janvier 1989 sur FR3. 

o Le tournage eut lieu dans le Cheshire : à Macclesfield (demeure des Barclay représentée par le North Rode Manor House) et à Congleton (l’intérieur de l’œuvre de charité à Moreton Hall). Les scènes de la mutinerie furent tournées dans le même comté à Alderley Edge.

o La rencontre Nancy Barclay/ Henry Wood est complètement différente de celle de l'œuvre, au grand dam de Jeremy Brett et David Burke, qui furent affectés par cette modification.

o La réplique de Watson dans l’épilogue : "Elementary, my dear Holmes" est un clin d’œil au fameux "Elementary, my dear Watson", une phrase qui n’apparait jamais dans l’œuvre de Doyle ! Néanmoins, dans la nouvelle The Crooked Man, Holmes dit : ‘Elementary’ et plus tard ‘My dear Watson’ mais en deux phrases bien distinctes. 

o La nouvelle fut publiée dans le magazine The Strand en juillet 1893.

o Un des indices, ‘David’, le mot prononcé à deux reprises par Mrs Barclay, provient de l’Ancien Testament.  Une des faiblesses de l’histoire car peu crédible.

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6. LE RUBAN MOUCHETÉ
(THE SPECKLED BAND)

Une femme, sur le point de se marier, vient demander l'aide de Holmes. Des évènements étranges, les mêmes que ceux survenus peu avant le décès de sa sœur, se produisent pendant la nuit.

Un excellent épisode. Un méchant digne de ce nom, une intrigue intéressante et des échanges Holmes-Watson cocasses. Le beau-père est conforme à la nouvelle : bourru et sans scrupule. C'est bien joué même si le 'méchant' semble plus redoutable dans Les hêtres rouges. Les indices laissent présager que la fin sera dramatique et effrayante. L'attente du danger dans l'obscurité est un des meilleurs passages de cette aventure. Cette scène est très bien filmée, l'éclairage avec les jeux d'ombres est efficace. L'atmosphère est tendue et l'obscurité nocturne sied à l'intrigue et donne l'occasion à Holmes et Watson d'échanger leurs expériences face au danger. Le générique final fait froid dans le dos. Un épisode noir où la tension ne se relâche jamais.

Les personnages sont excellents : Helen Stoner, la jeune femme en danger, est la ravissante et son beau-père, l’impitoyable Dr Grimesby Roylott, est magnifiquement joué par Jeremy Kemp. Même si on connaît les détails de l’intrigue (les sifflements,  le lit scellé, la cordelette), l’épisode est toujours passionnant.

o Ce fut le second épisode tourné, et ainsi diffusé en France le 1er janvier 1989 sur FR3. Comme son emplacement DVD, il fut le cinquième diffusé en Grande-Bretagne le 29 mai 1984.

o L’épisode est basé sur la nouvelle The Adventure of the Speckled Band, publiée dans The Strand en février 1892.

o La demeure Stoke Moran est Adlington Hall dans le Cheshire.

o La scène où Holmes décrit à Helen ce qu’elle doit faire le soir fut un défi pour Jeremy Brett. C’était la dernière prise à Adlington Hall et le jour déclinait rapidement. Elle fut réussie en une prise mais l’acteur a reconnu que son anxiété se lit dans la nervosité de ses gestes.

o La production n’avait pas de train d’époque. Lorsque Holmes et Watson discutent dans le train, il s’agit en fait d’un wagon monté sur une plate-forme de camion, qui s’aventurait sur des routes campagnardes.

o Le serpent fut surnommé ‘Kevin’ par l’équipe de tournage.  Ma foi, je trouve que cela lui va comme un gant….

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7. L'ESCARBOUCLE BLEUE
(THE BLUE CARBUNCLE)

Un vieux chapeau et une oie de Noël sont les seuls indices qu'Holmes a à sa disposition pour innocenter un homme accusé de vol.

Cet épisode est plus un conte de Noël qu'une enquête policière. L'ambiance de Noël victorien est très bien rendue. Le passage de l’analyse du chapeau est un classique ; cette aventure est avant tout une comédie et le réveil de Holmes, scène inhabituelle, est cocasse. Les péripéties du pub et du marché sont également très intéressantes, l'atmosphère recréée étant de circonstance, et la séquence où Jeremy Brett joue les imbéciles à l'étal pour arriver à ses fins est savoureuse. En tout cas, le melon va mieux à Steed qu'à Holmes, il n'y a pas de doute ! Notez que les feuilles sur les arbres, dans certains plans, laissent supposer que l'épisode ne fut pas tourné en hiver...

L’interprétation est toujours grandiose que cela soit la comtesse, le commissionnaire, le plombier, le majordome ou le pauvre bougre qui a perdu son chapeau et son oie. Le détective récupère le diamant à la valeur inestimable et son enquête a pour but de déterminer comment et par quel intermédiaire il est passé d’une chambre d’hôtel au gosier d’une oie !

Un bon spectacle à voir en famille à Noël en première partie de soirée (surtout qu’il se termine par la clémence du détective), la seconde pouvant être réservée à Faîtes de beaux rêves des Avengers où le Père Noël est vraiment…une ordure !

o L’histoire de Sir Arthur Conan Doyle, The Adventure of the Blue Carbuncle, fut publiée en janvier 1892 dans le magazine The Strand.

o Lorsque Holmes ouvre son tiroir, on aperçoit brièvement la photographie d’Irene Adler (de l’épisode A Scandal in Bohemia).

o Cet épisode fut diffusé le 5 février 1989 sur FR3.

o L’examen du chapeau est la scène préférée du producteur, Michael Cox.

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8. LES HÊTRES ROUGES
(THE COPPER BEECHES)

Une jeune femme accepte un poste de gouvernante mais elle doit se plier à certaines exigences pour le moins surprenantes. Holmes doit découvrir les raisons de ces excentricités.

Le premier épisode de la seconde partie de la saison est superbe ! Angoissant, mystérieux, il replonge la série dans une atmosphère adéquate après un conte de Noël (l'apparition de l'oiseau dans l'escalier de la tour fait même sursauter). Mr Rucastle, magistralement interprété par Joss Ackland, surpasse le Dr Roylott, c’est dire ! La Violet bis (après celle du Cycliste solitaire) est incarnée par la ravissante Natasha Richardson.

Les exigences saugrenues de Jephro Rucastle à Violet Hunter – couper court sa splendide chevelure, porter une robe bleue électrique et s’asseoir à des endroits précis – poussent la jeune femme à demander conseil au grand détective. La présence d’un homme barbu autour de la propriété et une tourelle secrète lui font craindre le pire et la découverte d’une mèche de cheveux semblable aux siens l’affole complètement. La demeure, The Copper Beeches, est reculée et inquiète Holmes pour qui le danger est plus palpable à la campagne qu’en ville.

Pour l'anecdote, je trouve que Watson a un rire un peu forcé lors de la séquence du début dans laquelle Holmes lui reproche d’embellir ses récits. L’épisode est à voir impérativement en VO pour, en particulier, la réplique sinistre de Rucastle conseillant à Violet Hunter de ne plus retourner dans la tour ou... : 'I throw you to the mastiff !'. Rétrospectivement, c’est mon épisode préféré et pourtant, ce n’est pas la meilleure histoire de Doyle. Comme d’habitude, The Copper Beeches est superbement interprété, mais là, on atteint la perfection jusqu’au moindre second rôle. Au hasard, la séquence de l’engagement de Violet est grandiose avec la vieille fille Miss Stoper et les grognements de satisfaction de Rucastle (‘That will do’). La pauvre Violet Hunter apparaît bien fragile aux côtés de cet ogre maléfique et l’interprétation de Joss Ackland fait pour moi de Rucastle le vilain de la série juste derrière Moriarty. Quant à Natasha Richardson, j’ai toujours un petit pincement pour cette superbe actrice prématurément disparue. D'ailleurs, avec raison, Holmes voit en Violet Hunter une femme exceptionnelle.

o Cet épisode fut diffusé le 12 février 1989 sur FR3.

o L’épisode est basé sur la nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle, The Adventure of the Copper Beeches, qui fut publiée dans The Strand en juin 1892.

o La demeure victorienne de Rucastle se trouve à Carnforth ; tous les objets et meubles d’époque qui apparaissent à l’écran font partie de la maison.

o Natasha Richardson (1963-2009) est la fille de l'actrice Vanessa Redgrave et du réalisateur Michael Richardson. Cette apparition est un de ses premiers rôles. Natasha Richardson a joué le personnage principal dans La Servante écarlate (1990) adapté d'un roman de Margaret Atwood. Elle a également interprété un rôle secondaire dans Nell (1994) et dans Coup de foudre à Manhattan (2002). Elle a remporté le Tony Award de la meilleure actrice dans une comédie musicale en 1998 pour son rôle de Sally Bowles dans Cabaret. Elle est décédée le 18 mars 2009 des suites d’une chute de ski au Canada.

Natasha Richardson a fait une chute alors qu’elle était accompagnée d'une monitrice expérimentée. Les patrouilleurs ont été appelés. À ce moment-là, l'actrice se portait bien et ne montrait aucune blessure apparente. Natasha Richardson a été raccompagnée à son hôtel, où on lui a recommandé de voir un médecin. Elle est alors montée à sa chambre. Environ une heure plus tard, la monitrice, qui était restée avec elle pour s'assurer que tout se passait correctement, a constaté qu'elle ne se sentait pas bien. L'actrice a alors été transportée vers un hôpital.

o Angela Browne (1938-2001), que j’ai reconnue la première fois qu’après la lecture de son nom au générique de fin, a participé aux séries britanniques Destination danger, Le Saint, Chapeau melon et bottes de cuir, L’homme à la valise, Le prisonnier.

o Le mastiff était en fait un bon gros toutou placide et Joss Ackland joue avec la grosse bête alors qu’on pense qu’il est sauvagement agressé.

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9. L'INTERPRÈTE GREC
(THE GREEK INTERPRETER)

Mycroft Holmes présente à son frère, Sherlock, un Grec qui fut contraint de servir d'interprète à un homme bâillonné et retenu prisonnier.

C’est un bon épisode, beaucoup plus violent que les précédents. Les passages des deux Grecs intoxiqués par le soufre et, surtout, de la mort brutale de Latimer dans le train sont des scènes dures auxquelles la série ne nous avait pas encore habitués. La seconde partie s'enchaîne à un rythme infernal, mais un des points négatifs de cette aventure est la scène finale très abrupte : Holmes s'éloigne sur le quai dans le brouillard à l'opposé de la sortie. L’autre aspect défavorable est l’obscurité dans laquelle l’épisode baigne. C’est beaucoup moins photogénique que les belles demeures à la campagne des enquêtes précédentes. D’ailleurs, même le Blu-ray n’est pas parfait à ces moments-là. Heureusement que l’animation de Baker Street compense pour les extérieurs.

Mycroft est l’attraction de l’épisode ; il est incarné par un sympathique Charles Gray bien loin de son rôle de Blofeld dans Les diamants sont éternels.  L’enlèvement d’un Grec, qui ne parle pas anglais, oblige les ravisseurs à avoir recours à Melas, un interprète, qui se retrouve mêlé malgré lui à une sombre histoire familiale. Melas doit convaincre son concitoyen de signer un document, qui donne à Latimer et au sinistre et cynique Kemp la mainmise sur la fortune de sa sœur, Sophy. 

Le passage où Holmes fume sous la pancarte : 'Smoking is strictly prohibited in this compartment' me fait hérisser mes (peu de) cheveux ! Wilson Kemp a vraiment une tête à claques et le personnage est détestable à souhait. Certains passages restent énigmatiques : qui a donné à Mycroft l’adresse de la sœur ? La meilleure scène reste la joute verbale des frères Holmes, perchés sur des chaises hautes devant la fenêtre.

o La poursuite en train est une invention des scénaristes. Cet épisode est le premier à présenter de véritables changements  par rapport à l’œuvre originale.

o Cet épisode fut diffusé le 19 février 1989 sur FR3.

o L’épisode se base sur la nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle, The Adventure of the Greek Interpreter, qui fut publiée dans le Strand en septembre 1893.

o Charles Gray interprète Mycroft Holmes dans quatre épisodes de la série.

o Les extérieurs du Club Diogenes sont ceux de Tatton Hall à Knutsford tandis que les intérieurs sont ceux de Capesthorne Hall à Macclesfield. Les deux bâtiments se trouvent dans le Cheshire.

o La gare victorienne est celle de Sheffield Park dans l’East Sussex. La compagnie Bluebell Line a mis un wagon-restaurant d'époque à la disposition de l’équipe de tournage.

o Il n’y a pas de sous-titres lors des conversations en grec afin de préserver le mystère.

o Le comédien qui joue Kemp s’est inspiré de Peter Lorre pour son personnage.

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10. L'ENTREPRENEUR DE NORWOOD
(THE NORWOOD BUILDER)

Holmes est sollicité par un jeune avoué, qui est accusé du meurtre d'un entrepreneur retraité retrouvé carbonisé après l’incendie d’une remise.

Encore un (très) bon épisode. Bien qu'elle soit un peu différente de la nouvelle, l'intrigue est savamment menée et servie par d'excellents personnages : le blanc-bec McFarlane, le cupide Oldacre et l'imbaisable Mrs Lexington.

Sachant qu’il est sur le point d’être arrêté, John Hector McFarlane demande à Sherlock Holmes d’apporter les preuves de son innocence. Bien que les deux hommes ne se connaissent pas, le jeune clerc est le principal suspect du meurtre, car Oldacre venait de le coucher comme unique héritier dans les dernières volontés de son testament. Tandis que les indices incriminent le jeune avoué et que Lestrade décrète que l’affaire est bouclée, Holmes pense tout autrement après avoir interrogé la mère de l’inculpé.

La promenade du détective dans le jardin est énigmatique mais c’est une scène très intéressante et déterminante. On devine l'intrigue au plus tard au feu de camp avec Holmes déguisé en clochard et le coup de théâtre final à la construction surprenante est grandiose. On assiste à une des meilleures déductions du détective dans un épisode où la vengeance est de nouveau à l'honneur. Excellent échange final entre Holmes et Oldacre: 'I'll see you hang for this’, ‘That privilege must surely be mine!’

o Les amateurs des Avengers reconnaitront Colin Jeavons vu dans deux excellents épisodes (Le club de l'enfer et Le vengeur volant). Il interprète l’inspecteur Lestrade de Scotland Yard pour la première, mais pas la dernière fois…

o Cet épisode fut diffusé sur FR3 le 26 février 1989.

o Quelques modifications par rapport aux écrits de Doyle : dans la nouvelle, les os retrouvés sont ceux d'un lapin et Jonas Oldacre est décrit comme quelqu’un de petit qui ressemble à un furet alors que l’acteur qui le personnifie,  Jonathan Adams, est imposant. De plus, Watson tient une place beaucoup plus importante et renforce l’amitié avec Holmes. Ces changements embellissent donc la nouvelle de Doyle.

o Le tournage eut lieu dans une propriété de Beech Mount à Altrincham dans la banlieue de Manchester : intérieur, extérieur, jardin, allée et route aux alentours.

o L’épisode est basé sur la nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle, The Adventure of the Norwood Builder, qui fut publiée dans le magazine américain Collier's en octobre 1903.

o Les pompiers qui interviennent au début de l’épisode sont de véritables hommes du feu. La compagnie de Preston possédait une brigade victorienne avec tout l’équipement.

o Jeremy Brett voulait jouer un clochard sans déguisement particulier soulignant qu’il avait agi dans l’urgence, au grand désarroi du producteur Michael Cox qui aurait préféré plus de sophistication.

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11. LE PENSIONNAIRE EN TRAITEMENT
(THE RESIDENT PATIENT)

Un jeune médecin démuni vit chez son bienfaiteur, qui craint pour sa vie et se comporte de plus en plus étrangement.

Un bon épisode, bien plus noir que les précédents. Deux scènes chocs retiennent l’attention : le cauchemar et, surtout, la pendaison, un des passages les plus marquants de la série. Patrick Newell (Mother alias Mère-Grand de la saison 6 des Avengers) fait une composition remarquable. Le suspense est bien gardé et on ne découvre qu'à la fin la raison pour laquelle Blessington est appelé Sutton lors de la scène d'introduction. Celle-ci est une des meilleures de la série, car elle possède une touche de Faites de beaux rêves et des Fossoyeurs, épisodes cultes de Chapeau melon et bottes de cuir.

Le récit du docteur Percy Trevelyan laisse perplexe, mais le praticien n’est venu consulter le détective que pour satisfaire les craintes de Blessington, après la visite incongrue de deux ‘Russes’. Holmes est persuadé qu’on lui cache la vérité et il refuse de s’engager. Deux ans auparavant, Blessington avait proposé un étrange marché à Trevelyan : la mise à disposition d’un cabinet perfectionné dans un luxueux quartier contre l’hébergement, une grande partie des gains et des soins gratuits. Récemment, un cambriolage dans le voisinage a perturbé le patient résident et son comportement obsessionnel ne cesse d’alarmer le jeune médecin. 

La longue recherche d’indices dans la chambre est la séquence cruciale de l’intrigue, car Holmes déduit de la seule analyse des cendres de cigares le nombre de personnages présents et il reconstitue mentalement tout le déroulement des faits à partir de quelques indices matériels. On ne peut s'empêcher de penser néanmoins qu'il aurait pu sauver le bonhomme ! L’épisode conte, une nouvelle fois, une histoire de vengeance et Sutton, informateur de la police, est victime du courroux de ses anciens complices. Quelques scènes humoristiques - particulièrement celle de la pièce en désordre -n'effacent pas l'impression de violence. Le bon final, dans lequel Watson biffe, par deux fois, le titre de son compte-rendu, constitue le générique de fin.

o L’épisode est centré sur la nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle, The Resident Patient, qui fut publiée dans le Strand en août 1893.

o Cet épisode fut diffusé le 5 mars 1989 sur FR3.

o La scène de l'examen de la chambre de la victime dépeint Holmes silencieux pendant plus de deux minutes. Elle est fidèle à la nouvelle et constitue un grand moment de l'épisode. Elle fut baptisée la ‘rififi sequence’ en hommage au cambriolage du film Du rififi chez les hommes.

o Il n'y a qu'une seule scène avec Jeremy Brett et Patrick Newell, disparu peu après, en juillet 88.

o Nicholas Clay est décédé d’un cancer à 53 ans, en 2000. On se souvient de lui dans Excalibur et dans l’adaptation du roman d’Agatha Christie, Meurtre au soleil, avec Diana Rigg (1982).

o C’est la fille du musicien Patrick Gowers qui double Jeremy Brett au violon. L’acteur évoque ces passages au violon dans le livre de Peter Haining, The Televison Sherlock Holmes (1986).

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12. LA LIGUE DES ROUQUINS
(THE RED HEADED LEAGUE)

Après la parution d’une annonce dans un journal, un prêteur sur gages est embauché par la Ligue des Rouquins au bénéfice de la flamboyance de sa chevelure pour recopier l'Encyclopaedia Britannica. Holmes soupçonne une affaire bien plus complexe.

Une histoire très originale en deux parties bien distinctes : le compte-rendu de Jabez Wilson, ponctué par les réactions de Holmes et Watson (j'adore lorsque le détective fait rasseoir son ami en se retenant de rire), et l'attente crispée pour arrêter le redoutable bandit à la banque. C’est celle-ci que je préfère personnellement.  

Les figurants dans la file d'attente sont-ils vraiment tous roux ? Certains me semblent bruns ! L'épisode bénéficie de beaux décors et d'acteurs bien inspirés. Eric Porter en Professeur Moriarty est prodigieux et la dernière image ne laisse présager rien de bon pour l'ultime aventure du coffret. Notez le saut par dessus le sofa, hop là ! Plutôt agile Jeremy Brett sur ce coup-là ! La phrase de l'épisode : 'Watson, you disappoint me. I never guess !'.

En dehors de la naïveté stupéfiante de Jabez Wilson, l’attention se porte sur la perfection du duo Holmes/Watson, soulignée par les nombreux moments humoristiques à Baker Street mais également de tension dans les sous-sols de la banque. Une supposée bonne farce se transforme en un plan diabolique que le détective mettra à jour en s’attirant les foudres de son ennemi juré, le professeur Moriarty.  Derrière le comique, le crime et le drame ne sont pas loin…

o L’épisode est basé sur la nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle, The Red-Headed League, publiée dans The Strand en août 1891. 

o Cet épisode fut diffusé le 12 mars 1989 sur FR3 (beau cadeau d’anniversaire !).

o La présence de Moriarty dans cette aventure n'est pas canonique. Les scénaristes pensaient qu'un méchant de cette envergure se devait d'apparaître plus d'une fois et c’est un coup de génie de leur part.

o « L'homme c'est rien ; l'œuvre c’est tout » est la phrase prononcée en français par Jeremy Brett. Un écrit de Gustave Flaubert à George Sand.

o Pourquoi Duncan Ross dit : ‘Good morning’ à Wilson en fermant le bureau à clé, alors qu’il est censé être 14h00 (heure de fin du travail de copie) ?

o Le comédien Roger Hammond (1936-2012) porte une perruque pour interpréter Jabez Wilson.

o Jeremy Brett se réjouissait de tourner cette histoire : « Conan Doyle pouvait être un auteur très comique. »

o Pablo de Sarasate était un violiste et compositeur espagnol, né en 1844 à Pampelune et mort à Biarritz en 1908. Il était l’un des violonistes virtuoses les plus célèbres de son époque.

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13. LE DERNIER PROBLÈME
(THE FINAL PROBLEM)

Le professeur Moriarty traque Holmes jusqu'en Suisse et une lutte à mort s'engage entre les deux hommes au-dessus des chutes de Reichenbach.

C'est un excellent épisode qui clôt ce premier coffret. La première scène me fait penser à Meurtre par décret avec le cocher dément (un film remarquable bien qu’absolument pas canonique). Les magnifiques extérieurs dans les Alpes, l'action et même le passage en France, ajouté à l’intrigue de la nouvelle, sont palpitants. Il est dommage que le Napoléon du crime disparaisse déjà ! Quelle présence dans le face-à-face de titans à Baker Street, qui constitue une séquence culte de la série, où chaque réplique accroit la défiance des deux hommes (‘This is a duel between you and me, Mr Holmes’).

Holmes revient à Baker Street après avoir aidé le gouvernement français dans la résolution du vol de la Joconde au musée du Louvre. Furieux du nouvel échec de son entreprise criminelle, Moriarty jure la destruction du détective et le traque sans répit. Après trois tentatives sur sa personne et une entrevue houleuse avec le criminel, Holmes doit s’enfuir, grimé, d’Angleterre, accompagné de Watson, mais le professeur se lance à leurs trousses.

Il n’y a pas d'intrigue cette fois, mais une poursuite de tous les diables à travers l’Europe.  La seconde rencontre Holmes-Moriarty, sur le pont, est magistrale et la tristesse de Watson, qui vient de perdre son ami, est poignante. Mais pourquoi ne se doute-t-il de rien en voyant monter Moriarty? Un petit détail pour finir : c'est le directeur du musée qui a la meilleure vue ...

Cet épisode, qui marque la dernière apparition de David Burke en Watson, conclut magistralement la saison.

o L’épisode est basé sur la nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle, The Adventure of the Final Problem, publiée dans le Strand en décembre 1893.

o L’épisode fut diffusé le 19 mars 1989 sur FR3.

o Le tournage en Suisse dura plusieurs semaines. Dans le livre de Peter Haining, The Televison Sherlock Holmes (1986), un chapitre (avec photographies) est consacré à la séquence finale (‘The Fall of Moriarty: the most frightening TV sequence ever made’). Le passage éprouvant du combat, réellement tourné au bord du précipice en septembre 84, a nécessité six prises.  Brett avait la nausée lorsqu’il regardait en contrebas.  Au fur et à mesure des prises, les acteurs, aspergés par des jets d’eau, avaient du mal à se tenir sur le sol glissant, et Brett se souvient d’avoir eu très mal au dos. Lors de la chute de 112 mètres, on aperçoit les câbles d'acier qui retiennent les cascadeurs, surtout au début. La structure a été construite en cinq jours. Alf Joint est le cascadeur qui a doublé Moriarty pour la chute ; il fait une apparition dans Le club de l'enfer (saison 4 des Avengers). Marc Boyle doublait Holmes et la chute dura 25 secondes. Brett attendait les deux cascadeurs avec une bouteille de champagne.  

o L'enquête parisienne au Musée du Louvre et le vol de la Joconde n'existent pas dans la nouvelle. Cela a été ajouté pour pallier à l’absence d’intrigue policière. Ce passage permet également d’intensifier la haine que Moriarty porte à son rival.

o Le déguisement de Jeremy Brett en prêtre italien nécessitait deux heures de maquillage et la première prise dans le train fut la bonne. Heureusement, car l’acteur avait peur de devoir tout recommencer si cela n’avait pas été concluant.

o Sir Arthur Conan Doyle voulait déjà faire disparaître son héros après six aventures car il lui prenait trop de temps pour écrire des œuvres littéraires ‘sérieuses’.

o Holmes obtint la Légion d’honneur trois ans plus tard, en 1894. Jeremy Brett devait également la recevoir mais il décéda malheureusement trop tôt.

o Holmes fait une référence à Bertillon et ajoute que la police française est en avance sur son homologue britannique. Il existe donc un lien entre Sherlock Holmes de Granada et Les Brigades du Tigre ! Alphonse Bertillon (1853-1914) est un criminologue français. Il fonda en 1870 le premier laboratoire de police d'identification criminelle et inventa l'anthropométrie judiciaire, appelée « système Bertillon » ou «bertillonnage », un système d'identification rapidement adopté dans toute l'Europe, puis aux Etats-Unis, et utilisé jusqu'en 1970. Les méthodes de Bertillon, qui rédige des ouvrages traduits dans de nombreuses langues, sont reprises et adaptées par toutes les polices du monde (Source : wikipedia).

o Il est dommage que la conversation du directeur du musée avec la modèle soit inaudible la plupart du temps. On entend que des bribes, mais la belle subit une drague en règle !

o A noter que la musique du générique du début est plus sombre et mélancolique qu’à l’accoutumée.  

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Crédits photo : ELEPHANT FILMS.