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Arsène Lupin (1971-1974)

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A PARTAGER! LES GÉNÉRIQUES CULTES DE SÉRIES TV - Arsène Lupin (Saison 1)Fan d'Arsène Lupin? Retrouvez notre dossier complet sur la série culte avec Georges Descrières par Estuaire44 sur Le Monde des Avengers:http://theavengers.fr/index.php/hors-serie/annees-1970/arsene-lupin-1971-1974Rejoignez la discussion sur Arsène Lupin sur notre forum: http://avengers.easyforumpro.com/t1261p180-arsene-lupin-serie

Posted by Le Monde des Avengers on Friday, December 4, 2015

Durant les Années Folles, Arsène Lupin affole la Préfecture de police par l'élégante audace de ses forfaits. Expert en déguisements, identités d'emprunt et ouvertures de coffre-fort, il dévalise régulièrement les plus grandes fortunes de France, s'avérant grand amateur d'œuvres d'art. Raffiné et érudit, Arsène ne manque pas non plus de panache, laissant toujours une carte de visite comme souvenir de son passage. Adversaire résolu de la violence, il se montre également un parfait galant homme, ce qui lui vaut le surnom de Gentleman Cambrioleur de la part d'une presse avide de ses exploits. Les autorités lui opposent leur meilleur élément en la personne du Commissaire Guerchard, sans cesse battu par un Lupin prenant toujours un malin plaisir à ridiculiser les institutions.

Le redoutable Herlock Sholmès lui donnera davantage de fil à retordre. Mais la cambriole de haut vol ne constitue qu'une partie des activités de Lupin. Au fil de ses aventures, assisté par son fidèle Grognard (Yvan Bouchard), il se révèle bien davantage un redresseur de torts, s'opposant à des crapules autrement plus sinistres que lui, volant au secours de demoiselles en péril ou résolvant de mystérieuses énigmes.

À l'instar d'autres grandes figures de la littérature populaire, Arsène Lupin se vit rapidement porté au cinéma (1932). Il y vécut plusieurs aventures, dont la plus marquante demeure sans doute Les Aventures d'Arsène Lupin (1957), grâce à la gouaille narquoise de Robert Lamoureux. Assez inévitablement, de par la popularité jamais démentie du personnage et de sa tradition de mise en avant du patrimoine culturel français, l'ORTF s'en vint à son tour à s'intéresser au héros de Maurice Leblanc. Il était d'ailleurs grand temps, car les premières aventures télévisées d'Arsène furent brésiliennes (1957) puis québécoises (1960) !

En 1971 Lupin fit donc son apparition sur les étranges lucarnes françaises, pour une première salve de 13 épisodes. Le succès se trouvant au rendez-vous, une seconde saison fut diffusée en 1973/1974. Contrairement à ce qu'indiquent certains coffrets DVD, il n'y eut jamais de troisième saison ! La série marqua son temps et demeure encore aujourd'hui dans le souvenir du public. Deux autres versions lui succédèrent, Arsène Lupin joue et perd avec Jean-Claude Brialy (1980), certainement plus proche des romans, et Le retour d'Arsène Lupin (1989 et 1995), avec François Dunoyer. Lupin reste absent de la version télévisée de L'Île aux trente cercueils (1979).

Fruit d'une importante coproduction internationale regroupant pas moins de sept autres pays, la série de l'ORTF dispose de moyens conséquents. Elle va les employer au service de récits entraînants et souvent humoristiques, ce Lupin s'avérant plus divertissant et léger que le sombre rebelle de Leblanc, davantage complexe et tourmenté. La série n'hésite d'ailleurs pas à transformer dans de vastes proportions les intrigues originelles, allant bien plus loin dans ce domaine que plus tard un parfois audacieux Poirot. Cela n'ira pas sans faire grincer quelques dents chez les Lupinophiles,  partisans du personnage littéraire et qui perçoivent ici une caricature parodique (à l'image de divers Holmésiens distingués devant le film de Guy Ritchie). La nécessité de situer plusieurs intrigues dans les pays européens cofinançant la production a encore accentué cette réécriture.

Dans sa grande majorité le public accorde cependant le meilleur accueil à cette version, car immédiatement séduit par divers atouts. L'ORTF démontre ainsi son talent coutumier pour les reconstitutions d'époque, les moyens dégagés lui autorisant une recréation pétillante et convaincante des Années Folles. L'humour fait souvent mouche grâce aux situations rocambolesques, aux scénarios assez variés, aux déguisements de Lupin dignes d'un Artemus Gordon,  mais aussi  à des dialogues finement ciselés. Les répliques gagnent encore en éclat grâce à l'impressionnante distribution où l'on retrouve de nombreux grands noms de l'écran et du théâtre français, toujours parfaitement dans leur emploi : Roger Carel, Henri Virlojeux, Raymond Bussières, Corinne Le Poulain, Marthe Keller, Gérard Darmon, Jacques Balutin, Bernard Giraudeau, Henri Tisot, Jean-Marc Thibault, Daniel Gélin, Marc Dudicourt et tant d'autres encore.

Menant cette farandole, le Sociétaire et futur Doyen de la Comédie Française Georges Descrières prend un plaisir manifeste et communicatif à s'encanailler, à côté des grands rôles du répertoire. Son panache et son charme conviennent idéalement à cette version du protagoniste et il va s'imposer comme l'irremplaçable locomotive de la production. La réalisation se situe dans les canons de l'époque, c'est-à-dire certainement pas sur le tempo d'un 24h Chrono ou d'un Alias, mais elle demeure suffisamment alerte pour ne pas trop empeser le format de 52 minutes.

Pour parachever son succès Arsène Lupin s'enjolive d'un superbe générique, avec une musique de Jean-Pierre Bourtayre. Il est rejoint, pour celui de fin, par Jacques Dutronc. Celui-ci signe deux titres devenus indissociables de la série : L'Arsène (saison 1) et Gentleman Cambrioleur (saison 2).

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