saison 1 saison 3

Hawaï Police d'État (1968-1980)

SAISON 8


1. LE REGARD MEURTRIER - 1ÈRE PARTIE
(MURDER: EYES ONLY - PART 1)



Après le départ de Finnegan et Sweeney, c'est Jack Lord qui est aux commandes de la série. Deux producteurs sont là pour l'épauler, Philip Leacock devient "superviseur" et Richard Newton est crédité comme co-producteur. Cette équipe changera au fil des saisons qui restent avec Jack Lord maître à bord.

L'épisode, d'emblée, rappelle "Drogue en mer" (04-23), non seulement parce qu'il se situe sur un bateau de l'US Navy mais aussi par la présence de David Birney "Serpico" abonné aux rôles de marin et déjà présent dans "Drogue en mer".

McGarrett, comme Roger Moore dans une scène de "The spy who loved me", arbore un uniforme. Wo Fat (Khigh Dhiegh) est lui aussi de retour. On a mis les petits plats dans les grands pour donner un maximum de spectacle et redorer la blason de la série.

Aux États-Unis, on décide même de faire une saison de 23 épisodes dont le premier dure 100 minutes environ. En France, et en syndication aux USA, "Le regard meurtrier" est un épisode en deux parties.

Alors que McGarrett, capitaine de frégate, se trouve à bord d'un navire de combat, une lettre piégée tue un officier. Wo Fat s'en félicite.

Donna Mills de "Côte Ouest" joue le rôle de Marcia Bissell, l'ex-maîtresse du Commandant Emile Nordhoff, qui lui a remis la lettre piégée et a été blessée dans l'explosion. Steve l'interroge, ce qui n'est pas de son goût.

Comme "Drogue en mer", l'épisode a été tourné avec le concours de la marine américaine. Dans les deux cas, des remerciements apparaissent au générique. La mise en scène est grandiose puisque les moyens donnés à CBS ne peuvent faire "plus vrais".

Petite bizarrerie : les sous officiers appellent McGarrett "Commandant" alors qu'il est capitaine. En fait, on saura plus tard qu'il est aussi commandant de la sécurité militaire. Cependant, il est plus probable que ce soit une mauvaise traduction de la VF : le grade de capitaine de corvette se disant "Commander" aux États-Unis.

Khigh Dhiegh retrouve visiblement avec plaisir son rôle "à la Blofeld", assis dans un fauteuil, vu le plus souvent de dos. Wo Fat est indéniablement de retour pour un combat prestigieux contre son ennemi de toujours.

Pour commencer cette saison huit, l'équipe est réduite à Danny et Chin Ho, qui ne sont pas à bord du navire. Cela met McGarrett et son interprète Jack Lord plus en valeur. Lloyd Bochner, qui jouait l'un des plus grands méchants de la série dans "Meurtre, amour et poésie" (03-12) est de retour. Il joue le rôle du capitaine Newhouse qui a envoyé la lettre qui a tué Nordhoff.

Le réalisateur sait qu'il a du temps devant lui et il le prend. Avec presque 100 minutes devant lui, il mène sa caméra de façon paisible.

Steve se trouve face à une femme en coma profond, Erica Waldron, qui est le sosie de Marcia Bissell. Avant de mourir, Nordhoff a rendu visite à l'épouse du lieutenant Waldron (David Birney).

Birney, pourtant si sympathique dans "Serpico" et "Destins croisés", joue ici un rôle à contre-emploi. Tandis que McGarrett indique à Waldron qu'il est un suspect, Wo Fat examine un microfilm.

Fin de la première partie. L'impression est que la série a nettement été revalorisée pour retrouver le niveau qu'elle avait en qualité pendant la saison 6.

Retour à l'index


2. LE REGARD MEURTRIER, 2E PARTIE
(MURDER: EYES ONLY - PART 2)

Pour IMDB, "Le regard meurtrier" est un seul épisode de 90 minutes, pour "Les grandes séries américaines des origines à 1970", ce sont deux épisodes.
Lors de la diffusion sur Série Club, la seconde partie commence sans les préambules habituels, nom des producteurs, etc...

McGarrett a des soupçons concernant le père de Marcia, Sam Bissell. Il avait volé une perceuse et quelques outils, et Nordhoff avait accepté de le laisser démissionner pour éviter le scandale.

Quant à Waldron, Steve découvre que Wo Fat l'a placé en "narco-hypnose" et qu'il agit de façon téléguidée. Une expérience est tentée par le docteur Bickman sur Danny comme cobaye, et prouve que cela ne relève pas de la science-fiction mais de la science tout court.

Wo Fat a cherché à compromettre Sam Bissell en versant sur un compte à son nom une somme importante. La fille qui a fait le dépôt était un sosie de Marcia. Newhouse, sentant le vent venir, téléphone à Wo Fat. Waldron est totalement innocenté comme étant manipulé à distance par Wo Fat. Lloyd Bochner est décidément abonné aux rôles de méchants.

On ne peut traiter cette seconde partie comme "différente" de la première, car l'épisode a bien été pensé comme formant un seul ensemble. Pas de baisse de qualité.

Bien que la situation ne l'impose pas, Jack Lord continue de porter l'uniforme.

L'équipe de Five-O attend que la malade Erica Waldron soit récupérée et transférée dans une clinique militaire pour tenter d'empêcher Wo Fat et les espions chinois de fuir Hawaii.

À nouveau, toute l'armada des navires de guerre de la marine est mise à contribution. Un hélicoptère US prend en chasse un hydroglisseur chinois.

Enfin, McGarrett pense qu'il va arrêter Wo Fat, l'homme est de dos. Mais c'est un sosie. Encore une bataille perdue pour Steve. Il s'est enfui en se faisant passer pour un chauffeur de taxi. Il faudra attendre le vingtième épisode de la saison 12 pour le rêve de Steve devienne réalité.

Encore une fois, le titre français est un contresens. "Murder, eyes only" aurait mieux été servi par une traduction "Meurtre ultra secret". Il n'y a pas de regard, mais ça, les gens de TF1 qui ont doublé en hâte la série en 1989 s'en fichent...

Retour à l'index


3. MCGARRETT A DISPARU
(MCGARRETT IS MISSING)

Tant Wikipédia que l'ouvrage de Baudou et Schléret "Les grandes séries américaines des origines à 1970" (8e art) prétendent que "McGarrett is missing" est inédit en France. C'est faux, l'épisode fut diffusé sur TF1 en 1989 et rediffusé sur Série Club.

Il est ici question d'un certain Charly Bombay (Charles Cioffi, le chef de "L'homme de Vienne") que l'équipe Five-O a mis trois ans à arrêter et qui s'est évadé. Or, ces évènements qui nous sont relatés en début d'épisode n'ont jamais été filmés. McGarrett l'a retrouvé et le ramenait en avion lorsque celui ci s'écrase. Le pilote meurt, Steve est blessé, tandis que Bombay n'a rien.

L'homme qui a fait évader Bombay, le gardien de prison Langer (Robert M. Luck), demande à ses hommes d'être payé : il reçoit sa récompense avec une balle de révolver. Face à un Steve blessé, Bombay tente de justifier la loi du milieu et de la mafia face aux petits voyous. L'orage gronde.

Sans avoir retrouvé le panache des quatre premières saisons, la série redevient de bonne qualité. Cela se constate à une foule de petits détails, et un scénario et une mise en scène mieux soignés. Le dépaysement ici est assuré avec une forêt où Bombay et McGarrett vont s'affronter. Steve est montré plus vulnérable, plus humain que d'habitude. Avec une mauvaise fracture à la jambe, et Bombay qui est parvenu à le désarmer, le policier garde une attitude digne.

Charles Cioffi alterne entre les bons et les mauvais côtés, et compose un méchant tout à fait crédible puisque non caricatural. Son jeu tout en subtilité nous ravit face à celui de Jack Lord, fauve blessé mais pas vaincu.

McGarrett réussit à semer le doute dans l'esprit du malfrat au sujet de son second, Ernie Kwan (Bernard Ching), au point que lorsqu'il réussit à téléphoner à sa petite amie Luana (Donna Ornellas), celle-ci se hâte de le vendre à Kwan.

Steve se fait une alliée d'une petite fille qui passait dans la forêt. Elle apporte à McGarrett, attaché à un arbre, le pistolet de son grand-père. Elle libère ainsi le policier.

Le réalisateur Bruce Bilson instaure un véritable suspense. Chin Ho et Duke débarquent chez Luana. Bombay retrouve ses complices et se fait descendre. La police arrive pour arrêter Kwan et ses hommes.

Un excellent épisode. Quatre melons mérités.

Retour à l'index


4. EXTRÊME PREJUDICE
(TERMINATION WITH EXTREME PREJUDICE)

Des gentlemen britanniques viennent chasser et régler leurs comptes sur les terres de McGarrett, ce que ce dernier n'admet pas.

Nous retrouvons le comédien australien Murray Matheson (le chef de l'académie Midlands dans "Les Envahisseurs") dans le rôle d'un lord anglais, Charles Danby, marié à la jolie et altière Sybil (La Juliet Mills américaine, qui est presque l'homonyme de la Juliette Mills française de "Arsène Lupin" et "Les gens de Mogador"), l'irlandais Dan O'Herlihy, dont les fans de Science-fiction n'ont pas oublié le délirant Conal Cochran dans "Halloween 3, le sang du sorcier", interprète ici un agent du MI6, Harry Wells, qui se croit tout permis à Hawaï, et va apprendre à ses dépens la loi de Steve.

Les britanniques ne sont guère sympathiques dans l'épisode, ainsi cette scène où Lord Danby fait un mauvais sourire à Duke qui le suit et se sauve dans... un autobus londonien à deux étages. Bien évidemment, nos sujets de sa Majesté fréquentent le quartier anglais d'Honolulu.

Tout commence par une promenade : Lord et Lady Danby font du shopping. Dans une vitrine, Danby voit un agent britannique le suivre. Il le tue et s'empresse de disparaître en tentant de faire croire à son suicide. Mais il va prévenir sa femme qu'il est sain et sauf en lui envoyant des roses.

Jonathan Kay (Bill Edwards), de la CIA, prévient Steve. Wells est un agent du MI6 venu tuer Lord Danby. Steve et Wells jouent au chat et à la souris, et l'américain esquive les coups de fleurets verbaux méprisants de l'anglais. Anecdote insolite : Jack Lord tout comme Dan O'Herlihy sont d'origine irlandaise.

La VO permet de saisir les différences d'accent, même si O'Herlihy et Matheson se sont américanisés depuis des lustres. On notera qu'en 1975, O'Herlihy semble avoir le même âge qu'en 1983, époque de son "Halloween". Un comédien mûr avant l'âge.

Danby se précipite chez ses copains chinois communistes, dont Kee (et revoici Kwan Hi Lim, qui a encore déserté son cabinet d'avocat). Mais le supérieur de Kee lui donne l'ordre de lâcher Danby, trop voyant. Kee "vend" Danby au MI6.

Cet épisode magnifique, diffusé en 1989 et en 1992, mais que Série Club a zappé, nous permet d'assister à une poursuite en hors-bord entre Steve et Danny et le fuyard Lord Danby. Mais le moment le plus savoureux de l'épisode, c'est celui où Wells qui a impunément tué Lord Danby affronte Steve McGarrett : il exhibe un document "OHMSS" !

Steve lui a plusieurs fois répété que nul n'est au dessus des lois. "Book'Em Danno!" Très franchement, notre coeur de français bat pour l'Amérique.

Retour à l'index


5. QUI EST LA CIBLE ?
(TARGET ? THE LADY)

Cet épisode est un cas unique dans la série, et heureusement. Pour la première fois, une intrigue se noue devant nos yeux sans que l'équipe Five-O soit présente. Ce qui habituellement prend cinq minutes en prend vingt, et pendant ces vingt minutes, les quinze premières passent sans aucune présence policière. Entre la quinzième et la vingtième minute, nous voyons brièvement McGarrett venir interroger un caïd de la mafia, Charles Brolin (Robert Witthans), qui a envoyé deux tueurs, un certain Hatch (Andrew Prine, le héros de "Grizzly, le monstre de la forêt" au cinéma en 1976) et un comparse polynésien, liquider son associé.

Le télespectateur est complètement déconcerté. Nous vivons l'histoire de la jeune et jolie Susan Bradshaw (Susan Dey) qui fréquente un homme beaucoup plus âgé qu'elle, et a surpris une conversation. Elle lui dit avoir été au mauvais endroit et au mauvais moment et veut s'enfuir. Il tente de l'en empêcher. Elle prend un révolver et lui tire dessus. Il s'effondre. Elle ignore qu'il n'est que blessé. Dans le couloir, Hatch et son complice viennent pour commettre un meurtre et Hatch finit le travail de Susan avec un silencieux. Elle l'ignore mais elle n'a tué personne.

Toutefois, Hatch l'a vue sur la scène du crime et ordonne à son complice de la filer et de la tuer. Commence alors un périple sans fin. Durant tout ce temps, pas un costume de flic à l'horizon. La jeune fille se rend auprès de son frère, un surfeur, Robert Bradshaw (Brendan Burns), et fait la connaissance du gentil et mignon copain du frère, Jeff Heywood (Marc Singer, le héros de la série originale de science fiction "V"). Et ainsi de suite, l'épisode continue. Le télespectateur US de 1975 a dû se demander s'il ne s'était pas trompé de chaîne.

Si Susan Dey est très jolie avec son chemisier hawaien noué à la taille et révélant son nombril, on ne comprend pas pourquoi le scénariste Tim Maschler et le réalisateur Charles S. Dublin ont apparemment décidé de faire le premier épisode de "Hawaii police d'État" sans la police d'État!

Andrew Prine prend aussi pas mal de temps d'écran en recherchant Susan. Ce n'est que la moitié d'épisode passée que l'équilibre est rétabli, que Steve, Danny, Chin Ho, Duke et Che Fong entrent véritablement en scène. Les acteurs étaient en grève ou quoi ?

Le jeune Robert tombe entre les mains des tueurs et Duke le retrouve. Il a été torturé et son visage n'est plus qu'une plaie sanglante. Une ambulance emmène le jeune homme dont on apprend, vers la fin, qu'il va s'en sortir.

Susan Bradshaw décide de s'enfuir en prenant un bus pour l'aéroport, mais son nouveau petit ami l'en dissuade et tente de la convaincre de partir en hors-bord.

Nous ne reverrons plus le caïd Brolin, contre lequel McGarrett demandera à Susan de témoigner. Il sauve la jeune fille et son Roméo en pourchassant Hatch et en sautant d'un hélicoptère pour le neutraliser. Les deux tueurs sont arrêtés, ainsi que Susan. Che Fong a pu déterminer que ce n'est pas la balle de la fille qui a tué. Il y a néanmoins eu tentative de meurtre, et McGarrett lui explique qu'elle ne sera tranquille nulle part tant que Brolin ne sera pas sous les verrous.

La dernière scène met en confrontation le jeune Marc Singer et Jack Lord. Par sa construction, cet épisode dénature complètement l'esprit de la série. On mettra deux melons pour l'originalité, la beauté et le talent de Susan Dey, mais l'on espère bien que c'est la première et dernière fois que l'équipe de Five-O nous joue un tour pareil et adopte la structure de Columbo où personne ne s'étonne qu'il y ait tout une partie de l'épisode (le début) qui passe avant que le lieutenant entre en scène.

Retour à l'index


6. SAM
(DEATH'S NAME IS SAM)

Un chinois est renversé par une voiture à l'aéroport. Il se réveille à l'hôpital et ne trouvant pas quelque chose dans sa serviette, il se suicide au cyanure.

Cette fois, notre équipe est là dès les premières minutes. La fugue du plateau de toute l'équipe dans l'épisode précédent n'est qu'un mauvais souvenir.

McGarrett apprend que l'objet que cherchait l'homme, placé dans le coffre-fort de l'hôpital, est un morceau de missile. Les cartes perforées, les grosses bobines, témoignent que les ordinateurs de 1975 étaient encore de géantes machines par rapport à nos PC.

Steve comprend que plusieurs espions vont infiltrer à Honolulu des pièces détachées pour assembler un missile. Il fait tenir secrète la nouvelle de la mort de Chang, le chinois, en le remplaçant par un officier de police d'origine malaise, Blake (George Takei), qui lui ressemble.

Il est contacté par une femme (Constance Towers) qui le conduit à son mari Harold (John Colicos, comédien déjà présent dans "L'assassin est gaucher" 02-19).

Nous nous retrouvons en terre connue, celle de la série des premières saisons. Si l'intrigue est assez simple, elle n'en est pas moins réussie.

Grâce à la surveillance de la police, une jeune et jolie femme, Carmen Hewitt (Darcy Hinton, dont ce fut le dernier rôle) est arrêtée en possession d'un morceau du missile. C'est une révolutionnaire.

Hélas, Blake n'est qu'un apprenti espion. Il s'échappe en hélicoptère de la propriété de Harold qui le descend avec un bazooka. Le malheureux a eu le temps de révéler qu'une personnalité va être assassinée à son arrivée.

Épisode classique, sans grande inventivité, mais nettement supérieur au niveau que nous proposait le tandem Finnegan/Sweeney dans la saison 7. Jack Lord producteur connaît sa série, il la fignole. Nous l'avons échappé belle.

Les terroristes sont neutralisés et le Président de la "Camponésie" que vous ne chercherez pas sur la carte arrive sain et sauf. Aloha, bienvenue à Hawaii.

Deux bémols : lorsqu'il est engagé par Steve, Blake mentionne Charlie et les drôles de dames dans la VF, alors que la série a commencé le 22 septembre 1976 et l'épisode est diffusé le 10 octobre 1975. Jack Lord d'autre part ne montre aucune compassion pour la mort de son agent en mission, ce qui est plutôt inhabituel.

Retour à l'index


7. MC GARRETT SUR LA SELLETTE
(THE CASE AGAINST MC GARRETT)

Voici l'un des rares épisodes culte de l'après saison 6.

Au cours de sa carrière, et des douze saisons et 284 enquêtes, Steve Mc Garrett a rencontré le mal sous diverses formes. Mais parmi ces figures du démon, il en est qui surnagent pour avoir été tenaces et violents. On peut citer l'inévitable espion chinois Wo Fat que Steve mettra sous les verrous dans le dernier épisode de la saison 12. Mais parmi les autres, il y a le sadique Lieutenant Ralston (04.24) et la famille Vashon (05-09, 05-10, 05-11).

Honoré Vashon est l'unique survivant de la famille Vashon. Steve a tué son fils, Honoré a pris pour 12 ans de prison (et non 10 comme la VF de "Mc Garrett sur la sellette" le dit), et le grand-père s'est suicidé.

Pour cet épisode, TF1 nous propose en intro un résumé de l'épisode "Trilogie, le fils" (05-09) que la chaîne a, Dieu sait pour quelles raisons, doublé à nouveau. Chose qui incite à préférer la VO à la VF. Dans l'épisode d'aujourd'hui, on revoit Honoré tenant son fils et dire "Mc Garrett doit mourir" au lieu de "Je te tuerai Mc Garrett".

Ensuite, l'épisode commence avec la demande de libération conditionnelle après quatre ans de prison. La commission de libération rappelle qu'il a été condamné en 1972 et que quatre ans se sont écoulés avec un Vashon s'étant racheté une conduite.

Steve ruine cette libération en prouvant à la commission que Vashon, depuis sa prison, continue à diriger des opérations criminelles (Prostitution, drogue...). Lorsqu'il triomphe, les yeux de Vashon ressemblent à ceux d'un tigre pressé de dévorer sa proie.

Meilleur est le méchant, meilleur est le film disait Hitchcock. Harold Gould personnifie un démoniaque chef de la mafia, qui avant sa demande de libération, n'hésite pas à faire assassiner un prisonnier qui a eu le malheur de parler à un gardien corrompu.

Vashon, devenu fou, prend en otage le directeur et une partie du personnel. Il accepte de libérer tout le monde à condition que Mc Garrett se livre.

Vashon organise alors le procès de Mc Garrett. Mais les autres prisonniers se rendent compte que Vashon est fou. Au lieu de fuir, il veut juger Mc Garrett pour le meurtre de son fils, Christopher.

Le duel Harold Gould/Jack Lord est un des sommets de la série. Wo Fat, à côté, est une sorte d'espion qui joue la carte de la Chine Rouge contre les Etats Unis, mais il n'est pas fou. Vashon, si.

Et Vashon a, au fond des yeux, la même folie que l'autre diable de la série, le lieutenant Ralston. De chef de la mafia, Vashon devient un hystérique incontrôlable. Vashon vit et revit la nuit du 27 septembre 1971 où son fils est mort.

La tension monte jusqu'à ce que Steve répète deux fois : "Vashon, vous êtes fou".

Pendant que Vashon joue les juges, les forces de police investissent le bâtiment. Tasai, l'un des prisonniers, se range du côté de Mc Garrett, réalisant que Vashon est fou.

C'est le revirement de Tasai qui sauve la vie de Mc Garrett. Les forces spéciales interviennent. Elles lancent des gaz.

"Vous savez pourquoi vous avez échoué Vashon ? En voulant savourer votre vengeance, vous avez perdu un temps immense. La vengeance est un piège où l'on s'enfonce. Et vous êtes tombé droit dedans. Vous avez donné aux autres le temps d'intervenir.

"Je vous aurai Mc Garrett, on se retrouvera" lance Vashon auquel Steve passe les menottes.

"Ca, c'a' m'étonnerait. Bouclez moi ce fou dangereux, Danny".

Magistrale conclusion pour ce supplément à la trilogie Vashon de la saison 5. Un très grand moment de télévision.

Retour à l'index


8. UNE SALE AFFAIRE
(THE DEFECTOR)

Après le retour de Vashon, cet épisode mi-figue mi-raisin nous déçoit un peu. L'intrigue est classique : La Chine rouge envoie un faux savant auprès d'un de ses amis savant américain pour lui voler ses secrets. Le véritable ami chinois a été tué et remplacé par un sosie.

Problème de casting ici : Soon Taik Ho (Le lieutenant Hip dans "The man with the golden gun") est beaucoup plus jeune que Pat Hingle (Un comédien connu pour ses participations aux séries de Quinn Martin, "Le fugitif", "Les envahisseurs") nettement plus âgé.

Cette invraisemblance mise à part, l'épisode est plaisant mais sans plus, ne décollant jamais vraiment. Les joutes verbales entre Mc Garrett et le professeur Omsbee, un râleur (Pat Hingle) sont savoureuses.

Le suspense est un peu éventé car très vite, Steve persuade (trop facilement) Omsbee que son ami chinois Chaing est un imposteur. Vu le caractère difficile du scientifique américain, et ses premiers rapports difficiles avec Mc Garrett, il tourne un peu trop vite casaque.

Soon Taik Ho ne parvient jamais à entrer dans le duel d'acteurs Jack Lord vs Pat Hingle. Il est très en retrait et lors des négociations pour lui permettre de rester sur le territoire américain, on ne le sent pas du tout convaincant. Le piège grossier que lui tend Omsbee en lui rappelant un souvenir de match de football datant de 1962 est un poisson un peu trop gros. Le chinois se tient dès lors sur le qui vive, avant de se suicider au cyanure au moment où Mc Garrett lance son fameux "Book'Em Danny" à la bande de traitres et d'espions qui sert de renfort à Chaing.

On est toutefois loin des désastres de la saison 7, même si l'épisode n'atteint que deux melons. Peut être devient-on difficile après un épisode culte comme "Mc Garrett sur la sellette". Néanmoins, l'impulsion de Jack Lord à la série comme producteur s'est vite fait sentir. Il n'est pas Leonard Freeman et l'on ne reviendra jamais au niveau des saisons 1 à 4 (Curieusement, celles avec le comédien Zulu dans le rôle de Kono, repère qui permet de les situer). Mais la partie n'était pas gagnée après une saison ratée.

Retour à l'index


9. LA CHANSON DE TROP
(SING A SONG OF SUSPENSE)

A nouveau un épisode palpitant, dans le milieu des chanteuses. Une d'elles, Julene Balli (Karen Ericson), accuse son imprésario et amant Koko Apaleka (Tom Atkins) d'être impuissant. Il a une mauvaise colère et d'une gifle, fait basculer la fille par la fenêtre! Mais alors qu'il pourrait la secourir, il la laisse tomber.

Le meurtre - un accident devenu en un éclair un meurtre - a un témoin, la chanteuse Chelsea Merriman (Loïs Nettleton). Aussitôt, la vie de celle-ci est menacée car Apaleka passe d'un trait de producteur de disques à caïd de la mafia.

Avec Jack Lord, Loïs Nettleton, qui rappelle vaguement Barbara Harris dans "Complot de famille" d'Hitchcock, forme presque un couple. C'est la première fois que l'on voit Steve en survêtement de sport rouge orangé avec un témoin. La fille et la mère de Chelsea sont vite menacées.

La tâche de Steve va d'abord être de convaincre Chelsea de témoigner, puis de lui servir de garde du corps. L'actrice Lois Nettleton ne semble pas toujours très "concernée" par son personnage et l'histoire, mais l'épisode se maintient à un haut niveau avec un Tom Atkins au mieux de sa forme. Complice de Serpico/David Birney et n'arrivant pas à empêcher l'apocalypse des enfants tueurs dans "Halloween 3, le sang du sorcier", il est particulièrement convaincant en chef d'une bande de tueurs.

Nous avons droit au "Bouclez le Danny" gimmick de la série lorsque Steve sauve dans la dernière scène Chelsea. Un timide flirt semble s'ébauchr entre les deux protagonistes mais le générique de fin, au moment d'un dîner en tête à tête, vient tirer un rideau qui voile une possible (et rare) histoire d'amour de Steve.

L'épisode réussit à maintenir un suspense constant. Pourtant, Bruce Bilson n'est pas l'un des meilleurs réalisateurs de la série, mais le script sans faille de l'inégal Bill Straton est en béton.

Le trio Lord-Atkins-Nettleton ne permet pas aux autres participants d'exister. Mais "La chanson de trop", mieux décrite par le titre original, est un excellent opus. On en redemande.

Retour à l'index


10. UNE RETRAITE AU SOLEIL
(RETIRE IN SUNNY HAWAII...FOREVER)

Cet épisode nous permet de voir James Mc Arthur avec sa mère, la comédienne Helen Hayes. Elle interprète ici sa tante, une adorable vieille femme ancienne comédienne qui semble tout droit sortie d'un roman d'Agatha Christie.

Tante Clara Williams arrive à l'aéroport où son neveu Danny vient l'accueillir. Elle a rencontré un homme séduisant dans l'avion, un certain Miller (Ian Wolfe). Ce dernier est attendu par deux tueurs dans sa luxueuse suite mais il a le temps d'appeler au téléphone Clara. Cette vieille dame devient envahissante pour Danny en plein travail avec Steve et Chin Ho, et pour la rassurer Danny envoie Duke à l'hôtel.

Un faux Miller (Charles Peck) répond au policier de ne pas s'inquiéter. Mais Clara se rend sur place et comprend que c'est un unsurpateur. Bonne comédienne et apprentie détective, elle comprend qu'elle est en danger et se fait passer pour une vendeuse de revues pour personnes âgées. Puis elle harcèle Danny pour qu'il agisse. En retrouvant le corps de Miller, Steve présente ses excuses à Clara.

Cet épisode nous permet pour la première fois de voir quelqu'un de la famille de Danny. Derrière ce meurtre, se cache un gang qui vole les comptes bancaires de personnes âgées en se servant des résidents d'une maison de retraite.

Sur le fond, l'histoire rappelle un peu "Balade en bateau" (01.03) mais aussi "Assurance sur les morts" (01-02). Le chef de la bande est le directeur d'une maison de retraite, Havens (Charles Durning), avec la directrice d'une banque, Ellen Sutherland (Lynne Ellen Hollinger). Steve se sert, pour piéger les tueurs, de Tante Clara. Elle devient la "chèvre" après que Steve ait fait créer un compte dans la banque de 200 000 dollars. Le compte est censé appartenir à une vieille femme infirme. Havens propose à Esther Braken alias Clara de jouer le rôle de la propriétaire du compte.

Certes, dès que Steve ne considère plus Tante Clara comme une affabulatrice, l'épisode perd un peu de son humour et le gang se fait trop facilement piéger.

Helen Hayes fait preuve d'un talent immense. Les retrouvailles du fils et sa mère sur le plateau d'Hawaii Police d'Etat sont émouvantes. Helen Hayes a commencé à tourner dans les années 10, du temps du cinéma muet. Elle y fait allusion dans l'épisode où elle joue quasiment son propre rôle.

Un excellent épisode qui permet à la fois de passer un bon moment de suspense mais reste teinté d'humour. Visiblement, Jack Lord a été ému par la présence de l'actrice et le montre dans son attitude moins figée que d'habitude. Quand au fils James Mc Arthur, en neveu, il est évidemment tout à fait à son aise.

Retour à l'index


11. COMMENT VOLER UN SOUS-MARIN
(HOW TO STEAL A SUBMARINE)

Encore un épisode après "Drogue en mer" et "Le regard meurtrier" qui commence par des remerciements à la marine, et plus spécialement ici à la douane maritime. Cette fois, il s'agit de trafic de drogue, et plus précisément d'héroïne. Ce ne sont donc pas vraiment des navires militaires mais spécialisés pour la douane que nous voyons.

C'est l'un des tous derniers rôles (avec "Columbo - tout n'est qu'illusion) de Jack Cassidy, mort brûlé vif le 12 décembre 1976 dans l'incendie de sa maison. Il est la seule vedette connue dans cet épisode. Le reste est composé de comédiens locaux. Cassidy joue le rôle du chef des trafiquants, Morwood, qui exerce le métier de professeur de gym.

Morwood a un protégé, James Scott (Darby Hinton) que Orduno (Nephi Hanneman), son patron pêcheur et membre du gang, veut faire abattre car il est fragile et il a peur qu'il parle à la police.

Orduno finit par tuer Scott. Ce dernier avait eu une idée pour récupérer de la marchandise jetée en mer avant un contrôle de Mc Garrett : louer un sous marin de poche qu'il a vu dans le port. L'épisode n'a pas le temps d'approfondir l'étrange relation entre Morwood et Scott dont le professeur s'est substitué aux parents du jeune homme lorsqu'ils sont morts dans un accident. On trouvera invraisemblable que le gringalet et efféminé Scott ait pu séduire une aussi jolie fille que la belle hawaïenne que nous voyons à l'écran.

Mais une fois Scott disparu, Morwood (appelé "Norwood" dans la VF) a l'idée de voler le sous marin. La jolie fiancée du mort, Nani (Lydia Lei), tente de se suicider avec de la drogue. Steve et Danny arrivent à temps pour la sauver. Elle les met sur la piste du sous marin.

Le scénario de Watler Black rend la tâche trop facile à Steve. L'épisode sans atteindre les sommets se regarde sans ennui. Mais l'intrigue comprend quelques défauts : pourquoi voler et non pas louer le sous marin ? Pourquoi Morwood et Orduno qui ont tué déjà deux personnes, Scott et précédemment un témoin, laissent-ils la vie sauve au propriétaire du sous marin qui aussitôt prévient la police d'état ? Une autre flagrante incohérence est qu'au lieu de passer une soirée avec la très sexy Nani, James Scott préfère aller prévenir Morwood qu'il a vu le sous marin et que c'est un moyen de récupérer la drogue.

Les failles de l'histoire sont habilement compensées par la mise en scène de Michael O'Herlihy, un des spécialistes de "Mannix". Les scènes sous marines sont habilement filmées. La marine a une fois de plus prêté des bâtiments à CBS pour la mise en scène, et cela rend l'intrigue plus réaliste.

Le bombardement par grenades du sous marin est impressionnat. Morwood est appeuré et voyant l'engin prendre l'eau de toute part, accepte de remonter à la surface et de se rendre. :

Lorsque Steve retrouve le pistolet qui a servi a tuer le premier témoin (au début de l'histoire) et la drogue, il assène : Vous allez pouvoir vous reposer longtemps en prison, meurtre plus trafic de drogue ça va chercher loin çà. Bouclez les Danny!

Retour à l'index


12. LE FRONT DE MER
(THE WATERFRONT STEAL)

Simon Oakland et l'abonné Tommy Fujiwara sont de retour dans cet épisode. Oakland joue le rôle de José Mendosa, furieux de vols en séries sur les quais ayant occasionné une perte de deux millions de dollars. Mendosa ayant des relations, il intervient auprès du procureur (Richard Denning). On vient déranger Steve en train de s'entraîner sur un ring de boxe où Danny vient de lui céder la place pour que le gouverneur lui confie l'enquête. Quant à Tommy Fujiwara, il passe de l'autre côté de la barrière, habitué aux rôles de truands, il est le détective privé Luis Kimura, ami de Danny. Il sera très vite tué dans l'épisode.

Dans le rôle de Harry Opala, l'un des voleurs, le comédien Ric Barlow fait une quatrième apparition après "Vertige" (04.15), "Il n'est pas nécessaire de tuer pour devenir riche mais ça aide" (05.03) et "Quelle famille" (06.04). Il est un tueur froid, aux larges lunettes de soleil et à la silhouette robuste immédiatement reconnaissable.

L'un de ses complices, Tommy Lin (Le très oubliable Richard Hatch de retour) est amoureux de la fille de Mendosa, Elena (La très jolie Kathleen Beller vue longuement dans "Dynastie"), ce qui rappelle la liaison de la fille de Chin Ho avec un tueur dans "Dernier avertissement" (05.22). Kathleen est une bien jolie fille et l'on regrette quelle ne tourne plus. Elle a joué dans "Le Parrain 2" et "L'épée sauvage".

Très vite, Steve affronte à Mendosa, prétentieux, hautain, qui estime que la police ne fait pas son travail. Or, Mendosa est en fait l'auteur des vols. Il dirige tout le gang depuis sa luxueuse villa pour racheter les sociétés de ses concurrents mises en faillite par les vols

On a tellement vu Tommy Fujiwara dans la série que les scènes mélodramatiques le montrant comme "un vieil ami de Danny" que l'on a du mal à croire à l'émoition que tente de montrer James Mc Arthur.

Blessé, Tommy agonise dans les bras d'Elena Mendosa. Ric Barlow lui joue les tueurs sans remords ni états d'âme comme ses précédents rôles, notamment "Il n'est pas nécessaire de tuer" avec William Shatner. Son personnage meurt dans l'explosion de sa voiture pourchassée par la police.

Steve a compris que Mendosa est le cerveau de l'affaire. Mais il a un atout dans son jeu : il a compris que sa fille et Tommy se sont réfugiés dans un camion bourré de produits chimiques dangereux. Mendosa change alors de camp pour faire passer sa fille avant tout et la sauver.

La fin de l'épisode atteint le paroxysme du suspense et Steve sauve du camion Elena et Tommy juste avant l'explosion.

Mc Garrett arrête Elena. - Doucement Mc Garrett, c'est moi que vous vouliez, elle, ce n'est qu'une enfant".

- "Elle est aussi accusée de complicité de vol et de meurtre. (Se tournant vers Mendosa). "A qui la faute ? Bouclez le Danny!

Un excellent épisode servi par de très bons interprètes.

Retour à l'index


13. LA TOMBE DE L'INCONNU
(HONOR IS AN UNMARKED GRAVE)

Jack Lord réalise cet épisode sans éclat dont le scénario alambiqué et tortueux de Bud Freeman ne lui a sans doute pas facilité la tâche. Un écrivain à sensation, Marshall (James Olson) qui prétend avoir des pouvoirs de médium, découvre le crâne d'un jeune homme disparu depuis sept ans, Ryan Henderson.

Dès lors, c'est une enquête familiale à laquelle va se livrer Steve, tout d'abord auprès du romancier voyant Marshall, puis de Mme Henderson (Eileen Eckart). Les parents de Ryan sont morts dans un accident d'avion quand il avait cinq ans.

Thomas Henderson, mort il y a trois ans, était en fait le tueur de Ryan, ce que cherche à cacher sa veuve Agatha. Il venait de violer une jeune fille. Ce secret de famille, Agatha est prête à tout pour le dissimuler et l'enfour à tout jamais. Elle finit par tuer Travis Marshall, l'écrivain médium qui tentait de la faire chanter.

L'épisode traîne très vite en longueur, avec un premier assassin déjà mort, et un second facilement identifiable.

Cet épisode, avec les secrets enfouis dans le passé et un meurtre non résolu malgré les ans, évoque "Recherche archéologique" (04-01) qui commençait aussi par la découverte d'un squelette. Là s'arrête la comparaison entre le chef d'oeuvre de la saison 4 et le présent épisode. L'ancien serviteur de la famille Koshi (David Hashimoto) est l'informateur de Travis Marshall, mais il ne peut parler pour ne pas couvrir de honte sa fille, Maru (Elisa Dulce Hoopai) qui a eu un fils du viol commis par Ryan.

Jack Lord réalisateur s'attarde trop sur des scènes avec les protagonistes de la famille, par exemple Agatha qui traverse sa propriété dans sa voiture est un véritable temps mort qui casse le rythme. Marshall découvre l'inexistence de George Fowler, le pseudo mari de Maru. Koshi meurt de causes naturelles. Maru n'assiste pas aux funérailles de son père. Elle avait quinze ans lors de la disparition de Ryan.

La scène de la tentative de chantage du médium envers Agatha Henderson nous fait également perdre beaucoup de temps. Ce manque d'action est peu compatible avec l'esprit de la série. Presque dix minutes y sont consacrées.

Les intentions de Jack Lord réalisateur étaient sans doute de nous proposer un drame familial. Mais la mayonnaise ne prend pas vraiment. A noter une allusion, inhabituelle pour l'époque (1975) sur l'homosexualité de Marshall. Lord filme cependant de façon assez convaincante le meurtre de l'écrivain tout en maintenant le mystère et le suspense.

Paul Kanakale (Gerald Waialae), le second (mais en fait premier) mari de Maru, est la "fausse piste" qui permet de rallonger l'épisode. Soupçonné de meurtre à tort, il est arrêté. La fin de l'épisode est un long monologue de Agatha Henderson qui révèle les vérités interdites. Mc Garrett l'arrête presque à regret. Deux melons à peine.

Retour à l'index


14. LE SOUPÇON
(A TOUCH OF GUILT)

Cet épisode est le troisième à aborder le viol : après "Viol" (04.18) et "Le refoulé' (06.21), le thème cette-fois est celui du viol collectif de trois footballeurs de bonne famille contre une chinoise, Lani (Beverly Kushida). Cette dernière, à la fin de l'épisode, tient en joue avec un révolver les trois hommes mais, manque de conviction ou de talent, nous n'y croyons pas. Elle n'a pas le côté dangereux de Dina/Patricia Hindy dans "Un travail de femme" (07.16) qui revêtait presque le rôle d'une dominatrice sado maso.

Fin 1975, il est aussi un peu bizarre de voir le père de la victime (Seth Sakai, habituellement un truand dans la série) qui a honte et oblige sa fille à retirer sa plainte. Il réagit comme le mari de Katherine Justice dans "Le refoulé". Ce sont les moeurs d'une autre époque, où certains considéraient que les femmes violées l'avaient bien cherché. Mais pas ceux de Mc Garrett qui dès le début considère que c'est un crime ignoble et va tout faire pour boucler les trois fils de bourgeois qui ont martyrisé une chinoise.

Après le viol, Lani réussit à planter un tournevis dans l'abdomen d'un des violeurs et franchement, nous n'avons pas envie de le plaindre!

Les deux rescapés racontent à la police qu'ils sont tombés sur un agresseur inconnu et font jouer les relations de leurs papas pour que le gouverneur fasse passer en priorité cette affaire. L'affaire est confiée à Steve.

Mais le plus ignoble n'est pas les violeurs mais le sénateur père de l'un d'eux qui craint pour sa carrière de politicien alors qu'il sait parfaitement la vérité. Le pouvoir ou plutôt l'abus de pouvoir reflète ici le manque d'humanité qui peut conduire au pire des atrocités. On peut évoquer l'affaire Chappaquiddick, lorsque le sénateur Ted Kennedy ne signala pas aux autorités la mort de sa petite amie Mary Jo Kopechne. Simenon a aussi traité des abus des riches dans le Maigret "Inspecteur cadavre".

Ici, les deux coupables en bonne santé vont payer un hawaiien pour qu'il endosse la responsabilité de l'agression. Lorsque l'argent achète tout et pourrit tout, il ne faut pas croiser la route de Mc Garrett l'incorruptible qui ne cède à aucune pression et applique la justice sans se soucier de sa carrière. Mieux que la loi du talion assennée dans tant de films par Bronson et Chuck Norris, l'exemple de Jack Lord/Mc Garrett, défenseur de la veuve et de l'orphelin, rempart du bien contre le mal, suscite l'adhésion du téléspectateur.

Rarement, on aura autant aimé le "Book'Em Danny" final. Fils de sénateur ou fils d'ouvrier, Steve ne fait pas de différence. A noter quand même que l'un des trois violeurs regrette, mais un peu tard, son geste.

Rarement, Jack Lord aura si bien joué. Il remplace le père indigne de Lani, mais dépasse son personnage de policier. Là où Yves Rénier/Le commissaire Moulin se plait à stigmatiser et jouer en free lance les justiciers, Mc Garrett nous montre (sans peut être toujours garder son calme, certes) qu'il suffit de l'application de la loi au sens le plus strict du terme. Il évoque beaucoup Robert Stack/Eliot Ness. C'est un incorruptible. Pourtant dans l'épisode, les coupables bénéficient des meilleurs avocats de leurs riches et puissants paternels.

Pendant cinquante minutes, on se croit dans un monde plus juste, hélas, Steve Mc Garrett, comme Mannix, Kojak ou Robert Dacier ne sont que des personnages de feuilleton télé. Et en voyant cet épisode, on le regrette.

Retour à l'index


15. UNE MAUVAISE COPIE
(WOODEN MODEL OF A RAT)

Ce sont les scénaristes qui ont rendu une mauvaise copie. Episode invraisemblable. Mc Garrett fait une exposition de statuettes chinoises - ce qui est déjà en soi plus qu'improbable. Mais en plus, il se trouve des objets précieux volés et le procureur John Manicote (Glenn Cannon), ami de Steve et ex-ami à la fin de l'épisode, décide de l'inculper. C'est la seconde fois qu'une tension oppose les deux hommes après "Massacre sur commande" (05.01) où il faisait arrêter Duke. Cette-fois ci, c'est carrément Steve.

Dans cet épisode, Mc Garrett est victime d'une machination d'un certain March (Edward Asner, alias "Lou Grant"). C'est lui qui a volé le "rat", l'objet rare que Steve a prétendument volé. L'acteur avocat Kwan Hi Lim incarne son assistant Suzari.

On ne comprend pas trop les motivations qui font agir August March. Comme il fait assassiner un chinois sur le point de demander l'asile politique pour rester à Hawaii avec sa maîtresse, on le prend d'abord pour un agent de la Chine rouge façon Wo Fat. Le script d'Alvin Sapinsley est bancal. Pourquoi les trafiquants d'objets rares ne se contentent pas de faire leurs opérations sans provoquer l'arrestation de Mc Garrett ? La réponse ne nous est jamais donnée. Tout au plus, Mc Garrett pense que le meilleur moyen de l'empêcher de mener l'enquête sur le trafic des objets volés depuis quelques mois est de faire arrêter l'enquêteur. La ficelle est un peu grosse.

Ajoutons que l'un des membres de la bande de March porte le nom fort bizarre (même en VO!) de...Gustave Lupin. Une histoire de vol avec un Lupin, cela ne peut être un hasard. Lupin (Richard Mc Kenzie) tout comme le dissident chinois Kim Chung Lo (Peter Chun) sont assassinés. Lupin était soi-disant toxicomane et serait mort d'une overdose. Chung Lo se serait suicidé devant la honte du scandale de son retour forcé au pays et l'on trouve une lettre à sa femme "officielle" et à sa famille, alors que, pour rester avec sa maîtresse, il s'apprêtait à trahir et obtenir l'asile politique contre la révélation de secrets. Malgré cela, Manicote, aveugle, décide de poursuivre Steve qui s'en sort in-extrêmis en faisant peur à Suzari qui comprend qu'il est le prochain sur la liste de March.

La réalisation de Philip Leacock ne sauve pas l'entreprise du naufrage. L'épisode atteint tout juste les deux melons. Même s'il est mal construit et mal agencé, le complot contre Mc Garrett provoque un suspense, car jusqu'aux dernières images, on ne sait comment il va s'en sortir. C'est d'ailleurs Danny qui commence à prendre la relève de Steve pour l'innocenter au moment du coup de théâtre qui voit Suzari livrer son patron à l'équipe de Five O par peur d'être liquidé.

- J'ai une armée d'avocat qui vous écraseront, tout cela légalement bien sûr, proteste March.
- Bouclez le Danny, inculpation de meurtre.

Ensuite, Steve nargue Manicote au téléphone. Et il a un sourire amer sur lequel se fige l'image de fin.

Retour à l'index


16. LA PERSUASION MORTELLE
(DEADLY PERSUASION)

Après le faux pas de "Une mauvaise copie", retour à un épisode digne de la qualité de la saison 1. Et second round de la guerre de Steve contre le procureur John Manicote.

Danny a fait condamner, avec l'aide d'un indic, Stevens, un policier ripoux qui s'est suicidé. Son fils Brad (Kario Salem) devenu fou, imagine un stratagème pour se venger de Danny en le faisant accuser de meurtre. Et une fois de plus, Manicote est là pour jouer les accusateurs. En deux épisodes, il passe du côté sombre de la force et devient un personnage antipathique.

Heureusement, Danny aura moins de mal que Steve dans l'épisode précédent pour se disculper d'une accusation de meurtre. Celui de l'indic, Harry Oakland (George Herman). Brad a monté une stratégie sans failles pour faire accuser Danny, mais Steve n'est pas un idiot comme le procureur Manicote, et il comprend que c'est une machination.

L'épisode en rajoute dans le suspense. Brad au début vole un produit dangereux, du gaz nerveux dans une fiole, pour tuer la "famille royale". Quelle famille royale ? Nous les voyons mais ne saurons pas leur pays d'origine. Ce sont des blancs et l'on pense à des anglais ? Tim Mascher, le scénariste, a un peu trop compliqué sa copie, que le réalisateur Allen Reisner réussit à mettre en valeur en en gommant les scories par le rythme et l'action soutenus.

Le début de l'épisode, qui montre Brad voler le gaz mortel dans une usine (Un peu trop facilement entre nous) est sinistre à souhait. La musique qui accompagne la séquence sert à merveille ce début plein de mystère. On se doute tout de suite que l'épisode sera palpitant. Danny ensuite fait une conférence dans une université sans remarquer que Brad Stevens l'interroge avec insistance sur les erreurs judiciaires et les condamnations par le biais de "preuves accessoires". Le fou réussit à être présent partout. Il entraîne Danny à l'aéroport d'Honolulu et surveille tout en coulisses après avoir réservé un billet pour le continent américain au nom de... Danny Williams. Il veut faire croire à Duke, Chin Ho et Steve que Danny veut fuir après avoir tué Oakland. Pour cela, il a volé l'arme de Danny et l'a laissé près du cadavre de l'indic.

L'épisode se suit avec un immense plaisir car après les désastres de la saison 7, la série est redevenue ce qu'elle était. Jack Lord producteur, avec le tandem Leacock/Newton, a redressé la barre et remis la série sur les rails. La partition musicale excellente de Don B Ray n'a hélas pas été éditée en disque. Un seul 33t est sorti en 1970 comprenant surtout des musiques du pilote "Le cocon" et le célèbre thème de Morton Stevens.

Un excellent épisode, mais désormais les apparitions de Manicote vont être aussi inquiétantes que celles de Wo Fat.

Retour à l'index


17. TERREUR LÉGALE
(LEGACY OF TERROR)

On retrouve dans cet épisode Lew Ayres qui jouait le gouverneur dans le pilote de la série, mais fut remplacé par Richard Denning en raison de son refus de s'installer à Hawaii pendant plusieurs années.

Il est ici un commandant à la retraite, Reginald Blackwell, qui a oublié les rancoeurs de Pearl Harbour et dont le meilleur ami est un ancien adversaire japonais, Minoru Tahashi. Ils ont découvert une malle remplie de lingots d'or (Il n'en reste que trois !) et avec ont fait bénéficier des étudiants de bourses, aidé des pauvres, au point que ce trésor a fait le bonheur de nombreux japonais déracinés.

Cet épisode est un peu un hymne à la paix à Hawaii, zône sensible à cause de Pearl Harbour. Pour se faire une idée des persécutions des américains contre les japonais vivant aux Etats Unis, on pourra se référer au chef d'œuvre avec Spencer Tracy et Ann Francis, « Un homme est passé ».

Devenu vieux et aveugle, Tahashi fait son testament et le confie un avocat en lui donnant les clefs de la banque où il avait laissé une lettre pour son fils Kazuo (joué par un acteur nommé simplement « Mako »). Mais l'avocat enferme le vieil homme dans sa maison et avec une lampe à pétrole, provoque un incendie qui brûle vif son client.

Cet épisode nous permet de retrouver des figures familières des séries américaines de l'époque. Don Porter (qui a joué dans quasiment toutes les séries, de « La croisière s'amuse » à « Dallas » en passant par « Super Jaimie », « L'homme qui valait trois milliards » ou « Sam Cade, interprète Alex Kelsey, qui vers la fin de l'épisode fait un (involontaire) sacré plongeon du haut de son immeuble. En tant qu'assassin du vieux Tahashi, on ne va certes pas le plaindre.

Lew Ayres aussi, qui a participé à beaucoup de séries comme invité vedette style « Mannix ».

La réalisation de Bruce Bilson prend son temps, les scènes d'action ne se chevauchent pas, et le scénario de Larry Forester conte une histoire intéressante avec un parfum de « saison un » qui fait toujours plaisir. Mais l'épisode n'atteint pas les quatre melons en raison de quelques longueurs et d'éléments qui rendent le scénario plus complexe inutilement.

Cette huitième saison permet la renaissance d'une série qui aurait sans doute été annulée si le tandem Finnegan/Sweeney n'avait pas quitté le navire. Jack Lord aux commandes redonne ses lettres de noblesse à la série, même si l'effet de nouveauté des premières saisons est émoussé et la lassitude des comédiens apparaît ici et là. On comprend que Kam Fong puis James Mc Arthur ont quitté la série pensant qu'ils en avaient fait le tour.

Retour à l'index


18. UNE FIN DIFFICILE
(LOOSE ENDS GET HITS)

Billy Madrid (Henry Darrow - Manoleto dans "Le grand Chaparral") passe à table. Devant le procureur, le "sympathique" Manicote toujours prêt à dénigrer Steve et Danny comme on l'a vu dans les épisodes récents, et Steve, il rédige des aveux.
Peu après, une fusillade éclate et Steve est blessé. Les médecins lui ordonnent deux semaines de repos (qu'il ne va pas respecter) tandis que Madrid passe dans le programme de protection de témoins, que nous avons déjà vu dans "Merci pour la lune de miel" (05.15). Madrid doit témoigner contre un certain Kim Chun (Jimmy Borges).

En convalescence, Mc Garrett porte une veste rouge qui n'est pas du meilleur goût.

Pour la première fois, blessé au bras, Steve ne peut conduire et est assisté d'une femme policier en uniforme, Sandi Wells (Amanda Mc Broom). Il se débrouille cependant bien en envoyant une voiture de truands dans le décor lors d'une poursuite.

Steve convainc la petite amie de Madrid de le rejoindre dans sa cachette. Une très jolie Madeline (Lynn Ellen Hollinger). Mais la passion pour cette jeune blonde et le déjà mûr Henry Darrow n'est pas vraiment crédible.

Ensuite, c'est un épisode judiciaire comme les aiment les américains (Voir le succès de "Perry Mason"). Le témoin a été sauvé et l'avocat de la défense et le procureur vont le cuisiner.

Ce thème a été abordé dans plusieurs épisodes de la série. Rappelons nous "Procès" (05-24), "Le témoin secret" (01.13) ou encore le procès lors de la trilogie Vashon, notamment dans le second volet (05-10 Trilogie, le père).

L'avocat de Kim Chun réussit à destabiliser Madrid. C'est ensuite une concertation entre Mc Garrett et Manicote. La co équipière de Mc Garrett, Sandi, a pris des initiatives, choses rares dans la série, et qui sont les prémisses de l'arrivée d'une femme dans l'équipe dans la saison 12.

Curieusement, le réalisateur Charles S Dubin nous entraîne sur une fausse piste. Madeleine semble suspecte. Mais en réalité, elle n'est pas complice de Kim Chun. Madrid tente piteusement de contacter Chun pour lui dire qu'il ne témoigne plus, mais le tueur lui raccroche le téléphone au nez. Peu après, et cela rappelera beaucoup ce qui arrive dans "Le témoin secret", Chun a fait placer une bombe dans la voiture du témoin. Mais un policier de la route arrête le couple pour excès de vitesse, les fait descendre pour un PV, et leur sauve la vie.

Cette-fois, au tribunal, Madrid ne bafouille pas et affirme avoir vu Kim Chun tuer Harry Kwan, la victime qui a provoqué le procès.

La fin de l'épisode est inhabituelle. Steve pique une crise de misogynie parce que Sandi Wells est sortie de son rôle pour jouer les entraîneuses déguisées et mener une enquête officieuse qui aurait pu lui coûter la vie. Il est vrai qu'entre le strict uniforme tailleur et sa tenue de vamp, le choix est vite fait, et le télespectateur se régale des formes de Amanda Mc Broom.
Mais le tigre finit par s'apaiser et renouvelle sa confiance en son adjointe. Elle fera partie des forces Five O. Quelle manque de galanterie de la part de notre incorruptible chef de la police d'état de s'emporter ainsi. Il ne devrait pas penser qu'à son métier et regarder autour de lui quelquefois!

Un épisode excellent servi par de très bons comédiens, Amanda Mc Broom, Henry Darrow et Jimmy Borges en tête. Quatre melons bien mérités.

Retour à l'index


19. ANATOMIE D'UNE ANGOISSE
(ANATOMY OF A BRIBE)

Tout commence par un incendie criminel, derrière lequel se trouvent deux promoteurs qui ont construit un bâtiment sans tenir compte des normes de sécurité pour faire des économies :Martin Rogers dit "Marty"(Robert Hogan) et Vince Maynard (Allan Arbus). Marty reçoit un appel de son compère et fausse compagnie à sa femme, la jolie Darcy Hinton, dont ce fut le dernier rôle. Elle a quitté le métier après cet épisode et nul ne sait ce qu'elle est devenue. On l'avait découverte dans "Johnny Staccato", le polar jazzy avec John Cassavetes.
Ce sont bien entendu des "stock-shot" d'un véritable incendie qui nous sont montrés. Un centre commercial est ainsi ravagé.
L'enquête commence immédiatement. Steve rencontre le gouverneur et est particulièrement "en forme". Voilà un homme qui ne vit que pour son métier et ne ménage pas sa peine.
Dès le début, Maynard est le suspect, mais il s'efforce de détourner les soupçons vers un certain Joe Kimura (Walter P Young Sénior).

L'épisode évoque immédiatement "Pyromanie" (06-05). Steve interroge Betty Rogers, interprétée par l'actrice mentionnée ci dessus.

Maynard entreprend de se débarrasser de Kimura pour lui mettre toutes les fautes dessus. Il l'assomme et déguise sa mort en suicide en le jetant du haut d'un chantier.

Maynard fait passer Kimura pour un alcoolique et un gros fumeur, ayant provoqué l'incendie. Mais le doc (Al Eben) à l'autopsie découvre qu'il n'y avait pas d'alcool dans le corps, alors qu'il en a été arrosé. Steve comprend qu'il a été assassiné.

Le flair de Steve le met vite sur la piste de Maynard. Comment bâtir un immeuble sans respect des normes ? Cet épisode m'a rappelé un drame national, l'incendie du CES Pailleron en février 1973 où, un élève ayant mis le feu, les bâtiments non aux normes s'étaient embrasés et avaient provoqué un carnage. On pense aussi au dancing de St Laurent du Pont non aux normes, où un tourniquet empêcha un soir de réveillon, alors qu'un incendie se déclarait, les gens de s'enfuir. Ces deux drames des années 70 rendent cet épisode criant de vérité.

La surveillance de Mme Rogers va mener Mc Garrett aux deux larrons, le mari et surtout Maynard. Steve a tendu un piège un peu grossier, et guère vraisemblable, à Maynard. Il propose par le biais d'un comparse, de construire un bâtiment pas aux normes en obtenant un faux permis de construire. Dave Harris (John Karlen), un faux architecte complice de Mc Garrett, piège Maynard, qui n'est quand même pas un imbécile.

C'est le point faible du scénario de Jérome Coopersmith. Maynard juste après un incendie se lance dans une autre magouille. "Anatomie d'une angoisse" rate là un quatrième melon. Maynard finit par découvrir un micro dans la malette de Dave Harris. Maynard s'empresse d'aller narguer Mc Garrett qui pique là une mémorable colère.

On retrouve le procureur Manicote qui ces derniers temps n'a guère été tendre avec Steve. Le froid entre Steve et John Manicote devient incompréhensible pour celui qui regarde les épisodes dans le désordre, comme le pauvre téléspectateur français dont les chaînes ont la plupart diffusé la série comme quantité négligeable façon "Rick Hunter" ou "Hooker".

La fin de l'épisode consiste pour l'équipe de Five O à sauver la peau de Rogers, témoin gênant pour Maynard. Ils auront droit tous les deux après une arrestation plus que mouvementée au fameux "Book'Em Danno".

L'incorruptible Mc Garrett, qui nous fait penser de plus à plus à Ness, refuse tout accord ou promesse à Rogers qui se propose de se mettre à table.

Retour à l'index


20. UN COUP ENVIEUX
(TURKEY SHOOT AT MAKAPUU)

Dès le début, on sait que cet épisode sera passionnant. Il évoque un épisode de "Mannix", "Vue sur le néant", dans lequel d'un hélicoptère, Joe Mannix assistait à un meurtre. Ici, c'est d'un deltaplane que les amis d'une hôtesse de l'air Sheila Romney (Susie Burke) voient la jeune femme confrontée à deux voleurs de voitures, et violeurs et assassins. Ils préviennent la police d'état mais c'est trop tard. En atterrissant avec l'ULM, il n'y a que la voiture sur la route déserte, sans Sheila ni ses tueurs.

Episode typique de son époque (1976), il est question d'un radio cassette. La victime en avait acheté un pour que sa copine Anne puisse écouter ses cassettes audio, on disait à l'époque "musicassettes". Et précisément, ici, il s'agit d'un trafic d'auto radios!

Les témoins sont le frère et la soeur Taggart, Molly et Draper (Lee Purcell et Lou Richards). Pour des raisons inconnues, dans la VF, Molly devient Anne. Enfin, citons un anachronisme, Duke Lukela (Herman Wedemeyer) ne porte plus de lunettes ni d'uniforme. Pour les lunettes, on peut supposer qu'il a opté pour des lentilles, mais l'uniforme était sa caractéristique, il était le seul de l'équipe Five O à en porter un. Désormais, il revêt le costume cravate comme les autres.

Les deux tueurs sont un chevelu barbu qui ressemble à Bruce Springsteen sur la pochette de son deuxième album "The wild, the innocent and the E Street Shuffle", l'autre est obèse. Leur chef, puisque l'on en est aux ressemblances, Oscar Lin (Kenneth O Brien), un ferrailleur a de faux airs de notre François Cluzet national.

O sacrilège, la voix française de Chin Ho a changé! Et les doubleurs de l'équipe de TFI en 1989 ont fait du travail à la va vite puisque Anne redevient Molly en cours de route!

Danny est chargé de la protection des témoins Taggart. Et de fait, après que Chin Ho ait perquisitionné chez Oscar pour récupérer un auto radio volé (tuer pour un auto radio!), Steve a une petite idée des truands auxquels il a affaire. Mais sous leurs yeux, Drapper Taggart est abattu en faisant du deltaplane.

L'épisode nous montre l'affrontement entre Jack Lord/Steve et Lee Purcell/Molly. Molly (ou Anne!) voudrait que justice soit faite sur le champ et exaspère Mc Garrett.

Steve fait arrêter Oscar Lin qui fait le malin et se prétend "vendeur de pièces auto", notamment des auto-radios. Mc Garrett le menace avant de le libérer. Il est surveillé par Chin Ho, et les mène aux tueurs Tonker (Chuck-Chuck Akamine, celui qui ressemble au "boss" Springsteen) et Blooey, l'obèse (Donald Roessler) qui se rebellent contre leur chef et veulent le faire taire définitivement. Akamine et Roessler sont des acteurs amateurs recrutés sur place et n'ont fait que cet épisode comme comédiens, mais ils sont bigrement convaincants.

Le frère est retrouvé mort. Au lieu de se taire, Molly parle à la presse, ce que Steve voulait éviter. L'enquête est difficile mais l'équipe de Five O identifie le numéro d'immatriculation de la camionnette des tueurs, et Thomas Tonker a un casier judiciaire.

Notons au passage que les deux tueurs copient un peu le jeu de Wint et Kidd dans le Bond "Les diamants sont éternels".

Sous la protection de Danny, Molly lui échappe pour essayer le prototype de deltaplane de son frère, que le défunt a construit et voulait commercialiser, et ainsi, elle va bêtement servir de cible. On devine la suite, Steve doit empêcher les deux larrons de tirer au pigeon Molly. De plus, Molly va passer en direct à la télé! Il faut trouver l'endroit secret d'où elle doit décoller. En fait, elle veut piéger les tueurs et obliger Steve à les avoir.

L'épisode repose sur un trafic d'un objet désuet de nos jours, à l'heure des MP3. J'ai eu le plus grand mal en 2001 à trouver une voiture munie d'un radio cassette. Mais ce qui est sans valeur aujourd'hui devait valoir la peine de commettre des meurtres en 1976. L'héroïne, la prostitution, le trafic d'armes ou l'espionnage à la Wo Fat passent encore, mais tuer pour des radio cassettes semble vraiment hallucinant.

C'est avec un immense plaisir que l'on voit Danny abattre le gros et sadique Blooey et que Steve attrape le clone de Bruce Springsteen jeune. Bouclez le Danny!

Retour à l'index


21. L'ASSASSIN
(A KILLER GROWS WINGS)

Premier gros ratage de la saison 8, cet épisode semble avoir été conçu juste pour combler les vingt quatre opus habituels. Aucune vedette invitée connue. Le scénario, parlant de parasites pour détruire les champs de canne à sucre, est plagié sur "Douce terreur" (02.07).

Le professeur Weatherby (Bruce Wilson) est tué alors qu'il analyse les terres d'une plantation que possède une amie de Mc Garrett, Kate Holbrook (Carol Vogel). Pour vous montrer à quel point le doublage est bâclé, le nom est prononcé "OLBROK" au lieu de "OLBROUK". Chin Ho retrouve sa VF habituelle et Duke ses lunettes.

Le scénario de Orville H Hampton est tellement faible que même les prestations des comédiens n'arrivent pas à sauver l'entreprise du naufrage. Pourtant, on y voit un peu Steve sourire (Ce qui est rare) et l'on y parle de sa vie privée (Il est ami de la veuve Halbrook).

Les parasites, des vers qui se propagent sur une plantation en trois jours, ont déjà fait un ravage dans d'autres pays. C'est donc à une course contre la montre que doit se livrer la police d'état.

On mettra deux melons pour le talent du producteur-réalisateur Philip Leacock qui a su nous présenter de façon convaincante un Jack Lord souriant. L'épisode nous présente une intrigue larmoyante où la veuve Halbrook veut vendre sa propriété et accepte de s'en occuper à la fin, convaincue par Steve. On a connu des meilleures intrigues dans la série.

Chadwick, l'assassin du professeur (Paul Shenar) est fort peu convaincant dans son rôle tant le mobile est tiré par les cheveux.

Le scénariste a tenté de créer un diabolic mastermind digne de Wo Fat ou de la famille Vashon avec Sam Patton (Richard Kiley) qui dans la VF devient "Sam Pallet ou Palais ou Palé". Il ne ferait pas peur à un enfant de dix ans.

Steve découvre que si la terre est infestée, on pourra l'acheter à un quart de sa valeur. Il dirige donc son enquête vers les promotteurs immobiliers qui n'ont pas de scrupules et veulent du terrain à bas prix. Dans "Douce terreur", c'était une tentative cubaine de destabiliser l'ïle, alors que Sam Pallais n'a que de vils buts pécuniers.

Devenu un comparse gênant, Chadwick est kidnappé par les hommes de Pallais qui le poussent avec sa voiture dans le vide comme le professeur Ganguin dans l'épisode des Persuaders "L'héritage Ozerov". Une scène assez spectaculaire.

La fin de l'épisode avec les champs en feu rappelle l'épilogue de "Kailimoku" (04.13). C'est au milieu des flammes qu'un Steve ressemblant à un ramoneur prononce le fameux "Bouclez le Danny".

Un épisode vraiment oubliable.

Retour à l'index


22. L'ENLÈVEMENT
(THE CAPSULE KIDNAPPING)

Bruce Boxleitner ("Les deux font la paire") est de retour dans cet épisode. Il s'agit d'un nouvel épisode sur le kidnapping, thème souvent abordé dans la série avec "Le piège" (01-05), "Rapt d'enfants" (05-14), "Rapt" (05-20). Ici, c'est le fils d'un industriel japonais, Tadashi Sunahara (Shawn Sherman) qui est la victime. D'emblée, la situation est grave puisqu'un employé de Sunahara a été tué pendant le rapt.

Utilisé avec parcimonie dans la série, le thème n'est que plus fort et poignant. Boxleitner est ici très jeune, avec des cheveux longs. Il est l'un des kidnappeurs (Paul Colburn) avec une fille nommée Asuko (Susie Elene) pour le compte d'un professeur un peu illuminé, Philip Tolvar (Liam Sullivan) qui imagine l'avenir de l'humanité sous l'eau comme Stromberg dans le 007 "L'espion qui m'amait".

Le titre original fait allusion à la capsule dans laquelle l'enfant est enfermé et qui contient de l'oxygène pour un maximum de 52 heures. Le but de la rançon (financer l'expérience d'un savant fou) est un peu tiré par les cheveux. En cherchant ceux qui ont acheté des bouteilles d'oxygène, Danny trouve l'adresse de Paul Colburn. Evidemment, l'oiseau a quitté le nid.

Colburn, assistant du professeur Tolvar, déclare la logeuse. Tout semble trop facile pour l'équipe Five O.

Danny rend visite à Tolvar. L'équipe apprend qu'il a écrit un livre sur la vie sous la mer pour les futures générations.

Sunahara (Dan Taba) veut bien payer la rançon tout en collaborant avec Steve.

Est-ce la lassitude de fin de saison ? C'est en tout cas le second ratage de celle-ci qui avait compté de bons épisodes. L'intrigue au lieu d'être passionnante devient vite ennuyeuse. Même Jack Lord n'a son punch habituel.Il faut dire que les scénaristes Jack Epps et Andy House changent de cheval de bataille en milieu d'épisode. L'enlèvement n'est qu'un prétexte pour tuer Sunahara par une organisation terroriste japonaise dont fait partie Asuko. Cette dernière abat Colburn dès qu'il ramène la rançon.

Les décors d'ailleurs sont assez mal choisis pour faire "paradisiaque". Au lieu de palmiers, nous voyons des usines, un port industriel, et autres endroits assez hideux.

Notons que l'épisode fait allusion à l'armée rouge japonaise, groupe terroriste qui avait la charmante habitude d'enterrer vivantes ses victimes. 1976 voit l'apogée du terrorisme dans nombre de pays. Shigemi (Michael Hasegawa) et Asuko étaient prêts à laisser l'enfant suffoquer dans sa capsule.

Steve ne dira pas "bouclez les Danny". Tolvar est tué par Shigemi et l'avion qui emporte ce dernier et Asuko avec la rançon explose sous le feu des armes de la police d'état.

Episode mal conçu et bancal. 2/4.

Espérons que les deux derniers opus de la saison 8 relèveront le niveau.

Retour à l'index


23. TU AIMERAS TON VOISIN
(LOVE THY NEIGHBOR, TAKE HIS WIFE)

Cet épisode reprend le thème des écologistes hawaiien, abordé dès la première saison avec "Nous serons des étrangers" (01-04) et repris dans le meilleur épisode toutes saisons confondues "Kailimoku" (04.13). Ici, un certain Ben Tanaka (Kimo Kahoano) est manipulé et drogué par des bandits qui lui font porter le chapeau d'un enlèvement, celui de Lisa Wingfield (Alba Francesca).

En VF, on reconnaît la voix du regretté Henri Djanik (1926-2008), voix française de Kojak. Il double ici le personnage de Vincent Rhoads (David Huddleston) qui voit d'un mauvais oeil la liaison de sa fille Julie (Janit Baldwin) avec Tanaka.

En réalité, dès le début, nous savons que derrière le groupe écologiste se cache Vincent Rhoads, le voisin de Wingfield (James Karen). A qui profite le crime ? A Rhoads qui écartera ainsi sa fille de Tanaka. Mais la jolie professeur Sellers (Jan Shapiro) découvre que la voix qui demande la rançon a un accent... texan. Ce qui persuade Mc Garrett que Tanaka est innocent, malgré les protestatons de Danny qui le croit coupable.

Le scénario de James L Henderson est trop prévisible. Le téléspectateur comprend avant Mc Garrett toute l'intrigue.

La pauvre Lisa Wingfield comprend qu'elle va être violée par ses ravisseurs et assassinée. Les deux larrons engagés par Rhoads ne sont guère dociles.

Comme dans toutes les histoires de kidnapping, le suspense prend le dessus. Cette-fois, l'appel est localisé par Chin Ho. Mais il s'agit d'une cabine téléphonique.

Aussi, Che Fong met au point une puce qui permettra de localiser la rançon. Intrigue secondaire, Ben Tanaka est recherché par un Mc Garrett qui le pense, nous l'avons dit, innocent.

Erreur de casting : Janit Balwin est beaucoup trop jeune pour le rôle de Julie qui veut se marier avec Ben, on dirait qu'elle a 13 ans!

Julie apprend à Steve que son père a de grosses difficultés financières. Au fil de l'épisode, "Tu aimeras ton voisin" se révèle très moyen. Au lieu de terminer la saison en beauté, on a le sentiment que les derniers épisodes sont bâclés.

Avec l'aide de Julie, Ben arrête Tanaka pour le mettre hors de cause. Steve comprend après tout le monde (enfin les téléspectateurs) l'identité du kidnappeur. Cette-fois, Danny se rend aux raisons de son chef.

Steve utilise un journaliste pour répandre de fausses nouvelles. Molony (Dennis Redfield) va violer l'otage lorsque la nouvelle de l'arrestation de Tanaka survient. Molony et son comparse se retournent contre Rhoads. Julie surprend une conversation entre Molony et son père. Julie prévient Mc Garrett.

Le scénario accumule les poncifs et est bien trop téléphoné pour que cela soit une réussite. Et puis, David Huddleston aurait été aisément remplacé par un Simon Oakland.

Parce qu'il refuse que l'on tue Mrs Wingfield, Rhoads est tué par Molony. C'est dans l'eau, sur la plage, que Mc Garrett cravate Molony. Bouclez le Danny!

Apprenant la mort de Rhoads, Steve jette la malette contenant la rançon "Et il est mort pour çà!"

Retour à l'index


24. CONDAMNÉ À VOLER
(A SENTENCE TO STEAL)

Episode diffusé en mai 1976 aux usa à une époque où chaque samedi les Français découvraient sur Antenne 2 des épisodes de la saison 1. A quelques jours près, la France voyait "Le témoin secret " (01.13). Heureusement que les temps ont changé et que nous visionnons plus rapidement les saisons des séries made in Usa.

15 kilos d'or ont été volés. Steve délègue l'enquête à Danny car il a un rendez vous avec le gouverneur. Jack Lord ne nous fait cependant pas le coup de Linda Thorson dans "Meurtre au programme", car la situation l'oblige vite à revenir.

La piste mène à un centre de délinquants tenu par un éducateur lui même ex délinquant. Manoa est joué par l'incontournable Tommy Fujiwara qui devait guetter à la porte du studio les rôles potentiels! On retrouve le chanteur Tommy Sands ("Plus de fleurs bleues" (01.10).

L'épisode nous présente le centre de délinquants où ceux qui ne respectent pas les règles sont dirigés vers la prison après un vote des autres qui vivent en communauté. Steve connait bien la bienfaitrice mécène à l'origine de ce centre, Elizabeth Rollins (Barbara Baxley) et lui parle en tentant de la convaincre qu'il se passe des choses et que le vol d'or est certainement lié à des pensionnaires. Barbara Baxley était la femme tueuse sans morale de "Quelle famille" (06.04).

Visiblement, l'équipe mérite des vacances. Il a fallu deux scénaristes pour pondre ce script fade et sans suspense. Elisabeth face à Steve joue l'angélisme et protège les délinquants repentants parmi lesquels se cache le meurtrier d'un gardien lors du vol d'or.

L'équipe Five O introduit un jeune sergent de police dans le centre comme faux délinquant. L'homme derrière le vol est Edward Ross (Tommy Sands, décidément abonné aux rôles de mauvais garçons). Or, Edward est le neveu de la fondatrice mécène Elisabeth Rollins.

L'épisode n'est vraiment pas passionnant et traîne en longueur. Des scènes inutiles viennent combler le métrage pour tenir cinquante minutes. Terminer la saison sur un melon est bien triste. Pourquoi CBS commande-t-elle 24 épisodes au risque d'épisodes médiocres comme celui là au lieu de 22 ou moins ?

Retour de John Manicote le procureur devenu un "méchant" cette saison pour avoir accusé Steve puis Danny. Ce changement de caractère du personnage verra le comédien quitter la série pendant la saison 9.

Le personnage de Duke prend de plus en plus d'importance, ce qui laisse présager qu'il sera présent jusqu'à la saison 12 alors que Chin Ho et Danny n'y seront plus.

A la charge du chanteur Tommy Sands, il faut reconnaître qu'il joue fort bien les truands. Bouclez le Danny dit Steve avec rage après que l'homme ait tenté de fuir en se jetant par une fenêtre au rez de chaussée.

Retour à l'index

Crédits photo: Paramount.

Images capturées par Patrick Sansano.