saison 1 saison 3

Hawaï Police d'État (1968-1980)

SAISON 2


1. ASSURANCE SUR LES MORTS
(A THOUSAND PARDONS, YOU'RE DEAD)



L'épisode commence par l'assassinat de Anna alias Loretta Switt ("Lèvres en feu" dans M.A.S.H.), quel gâchis ! Cette histoire d'escroquerie à l'assurance sur les veuves de guerre du Vietnam est filmée avec une intense violence. Un peu surprenant quand on se rappelle qu'à l'époque, Les Mystères de l'Ouest avait dû assouplir les scènes de violence suite aux assassinats de Martin Luther King et Bob Kennedy. Hawaii 5-O est passé à travers.

Le grand changement est le générique de fin qui durera jusqu'à la saison 12, c'est-à-dire les rameurs hawaiiens remplaçant le gyrophare de la voiture de police. Il reste un mystère à ce sujet : la chaine 3 ORTF et FR3 ont diffusé des épisodes jusqu'à la saison 5 comme La mort d'un ami (5-04), Procès (5-24), Deux maisons et une double vie (5-18) ainsi que des saisons 2 et 3 avec comme générique final, et des titrages français, le générique final de la saison 1.

Après le meurtre d'Anna, McGarrett puis Danny enquêtent auprès de la meilleure amie de la défunte, Yoko (la très sexy Barbara Luna vue dans Les Envahisseurs, 1-13 La tornade). On peut reprocher à l'épisode de nous révéler trop vite la clef de l'énigme : Harry Guardino, un militaire corrompu, et le sergent Simms ont monté une combine avec un complice qu'ils vont vite assassiner, pour faire épouser à des filles de petite vertu des militaires venus en permission puis décédés au combat et toucher l'assurance-vie.

La grande faiblesse de l'épisode, c'est l'interprétation de James McArthur, pas crédible une seconde en flirt de Barbara Luna. Il veut jouer les tombeurs, mais est beaucoup trop "coincé" en flic en mission. Lors de ses rarissimes escapades amoureuses, McGarrett arrive à nous émouvoir. Le personnage de Danny a été construit selon un schéma plutôt guindé, il se révélera plus convaincant lorsque sa fiancée sera assassinée dans un épisode ultérieur, Meurtre, amour et poésie (3-12).

Harry Guardino et Barbara Luna dominent l'épisode, éclipsant presque l'équipe de Five-O. Guardino a un physique ingrat et menaçant, psychopathe voulant venger son frère et détestant les femmes. Les scènes de violence sont explicites (Anna écrasée, le complice japonais et sa crise cardiaque provoquée, l'attaque finale du sergent Simms contre Yoko servant de "chèvre" pour McGarrett et tué par l'équipe de la police d'État). Guardino ne joue jamais caricaturalement, et Barbara Luna est parfaite en femme aguicheuse. Sans la présence de ces deux acteurs, l'épisode ne mériterait pas quatre étoiles car le scénario est trop prévisible. La scène finale montrant Simms criblé de balles est filmée avec autant de violence que le prologue.

Assurance sur les morts ne fut pas l'un des premiers épisodes diffusés en France, mais la télé française se rattrapa en le multidiffusant.

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2. LE DRAGON NOIR
(TO HELL WITH BABE RUTH)

Cet épisode est l'un des rares des premières saisons à n'avoir pas été acheté par l'ORTF, FR3, ou Antenne 2. Nous avons dû attendre la diffusion de l'intégrale par TF1 en septembre 1989 pour le découvrir.

Si la première vision m'avait ravi, le revoir en DVD m'a déçu. Les décors naturels sont surtout "aériens" (toits d'une centrale chimique). Il s'agit d'un japonais, Nagata, qui se réveille en 1969 en se croyant en pleine guerre de 39-45. Lorsqu'il voit sa fille, qu'il va séquestrer, il croit que c'est son épouse. Si l'épisode est spectaculaire, le scénario n'est pas très fouillé.

On utilise tous les clichés sur l'homme perdu dans une époque qui n'est pas la sienne : Nagata ne sait pas conduire, est désorienté de voir le monde de 1969... Le comédien Mark Lenard est assez convaincant en fou furieux et paumé, ninja "téléporté" dans une autre époque. En fait, Nagata s'est échappé d'un asile de fous. Teru Shimada, qui joue un professeur d'art martial, est un abonné de la série. Ici il aide McGarrett dans cette enquête qui nous fait découvrir la communauté japonaise. Shimada a tenu des rôles importants dans 23 épisodes sur 280.

Quelques erreurs dans l'épisode : Nagata est resté 28 ans en hôpital psychiatrique, ce qui donne l'année 1941, mais on nous dit qu'il est arrivé en 1949.

Les scènes entre Nagata et sa fille finissent par lasser. L'épisode évoque sans arrêt Pearl Harbour. McGarrett finira par convaincre sans effusion de sang le fou que l'on est en 1969. Nous avons droit à un happy end improbable.

Par certains côtés, cette histoire évoque le double épisode des New AvengersLe long sommeil – puisque Nagata s'attaque à des cibles de 1941 comme les Soviétiques endormis et réveillés à des endroits symboliques de guerre.

Un épisode moyen.

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3. LAME DE FOND
(FORTY FEET HIGH AND IT KILLS)

Retour de Wo Fat mais premier gros ratage de la saison 2. En effet, cet épisode est très prévisible. À noter que pour une fois, il est fait allusion au passé de McGarrett dans la marine. La série y reviendra dans l'excellent Souvenirs au présent (3-04).

Les méchants sont à nouveau la Chine communiste qui annonce un tsunami. Cette alerte générale n'a pour but que de kidnapper un savant généticien, le professeur Lochner (Will Geer), lequel, diabétique, ne peut survivre sans ses médicaments qu'il détruit. Cela fera échouer l'enlèvement vers la Chine.

Le scénario est médiocre, et un néophyte qui commencerait par cet épisode à regarder Hawaii 5-O n'en poursuivrait pas la vision. Les Chinois sont présentés de façon caricaturale et les face-à-face entre Lochner et Wo Fat ne sont que longs bavardages pour meubler un scénario creux. La fille du professeur est jouée par Sabrina Scharf qui ressemble beaucoup à la regrettée Karen Carpenter de The Carpenters.

Il a été révélé dans le documentaire de 1996 Souvenirs d'Hawaï que tous les réseaux routiers géants cités dans la série sont totalement imaginaires. C'est le second face-à-face entre Wo Fat et McGarrett après Le cocon. Il y en aura de plus mémorables comme Le vol du prototype (5-05). La fin de la rencontre entre les deux ennemis est semblable à celle du Cocon, devant un immense et affreux bateau dans le port.

Cet épisode fut diffusé en 1988 par M6.

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4. L'OURS EN PELUCHE
(JUST LUCKY, I GUESS)

Cet épisode repose sur le problème des "honnêtes citoyens" qui un jour sont confrontés à des bandits, et du courage qu'il faut pour témoigner alors.

Dès le pré-générique, particulièrement riche en action, on découvre qu'un brave quincaillier, Marty Sloane (John Randolph), profite d'un congrès à Hawaï pour s'encanailler avec Angela, une fille de dix-huit ans, prostituée et droguée. Celle-ci a eu le malheur de voler un maffioso avéré, Charly Bombey (Albert Paulsen, parfait en truand, il fit partie de la galerie de ceux de la série Les Incorruptibles) et se fait défenestrer pour l'exemple. Sloane a assisté à tout secrètement, et sa conscience le travaille.
Témoigner qu'il était présent, c'est se fourvoyer aux yeux de sa femme, sa famille, et de la société bien-pensante, mais aussi avoir le courage de dire à la police ce qu'il sait face à un truand notoire.

Toute la tâche de McGarrett va être de faire parler l'honnête citoyen pour mettre sous les verrous un truand qu'il cherche à coincer depuis des années. Le policier est partagé entre le mépris qu'il a pour ce touriste inconscient (nous aurons droit à un monologue moraliste du chef de Five-O) et l'envie qu'il a de lui faire franchir le pas, d'avoir le courage d'assumer ses actes.

L'épisode se situe donc plus sur le plan de la psychologie que de l'action pure et simple. Les truands (costards, lunettes noires, pochettes...) sont vraiment présentés de façon caricaturale, un peu comme un espion qui mettrait un imper et des lunettes noires dans un dessin animé de Tintin pour que l'on comprenne tout de suite son rôle. Cela fait partie du charme naïf des séries de l'époque.

La prostituée avait caché un ours en peluche bourré d'héroïne dans une consigne. Ce tuyau est révélé à McGarrett par Sloane. McGarrett décide de tendre un piège à Charly Bombey en faisant jouer à une femme policier le rôle de la sœur de la victime. Dans le rôle de Joyce Carlson, nous avons l'immense plaisir de retrouver la charmante comédienne Ann Helm. Pour ceux de ma génération, elle reste l'un des personnages récurrents de la série Match contre la vie/Run For Your Life où elle interprétait Molly Pierce, la belle-sœur du héros Paul Bryan alias Ben Gazzara.

Ann Helm reprend ici le rôle de "mouton" que tenait Marj Dusay dans Trafic d'or (1-07) : la femme que McGarrett envoie pour piéger le méchant. Elle aborde Bombey en lui parlant de la marchandise contenue dans l'ours en peluche, dont elle veut 200 000 dollars. Loin de la sœur éplorée, Joyce se fait passer pour un maître-chanteur. Le talent des deux comédiens fait passer cet affrontement qui aurait pu sombrer dans l'artificiel et le ridicule. Albert Paulsen dégage un magnétisme de fauve dangereux. Les yeux du comédien montrent qu'il est une sorte de loup prêt à dévorer autant Joyce que Sloane.

Pour protéger Joyce, nous aurons le plaisir de voir McGarrett en chemise hawaïenne. L'affaire tourne au vinaigre lorsque Sloane est enlevé et passé à tabac par les gangsters et que le "flic en jupons" se fait évincer. Arrêté, Bombey nargue McGarrett et surtout le témoin qu'il traite de "paysan".

Trois formidables numéros d'acteurs : Ann Helm, John Randolph, et Albert Paulsen donnent les quatre étoiles à cet épisode riche en émotion et dense en tension.

Pour toute la fin de l'épisode, une fois n'est pas coutume, Jack Lord délaisse sa tenue stricte pour un foulard orange et une chemise couleur locale.

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5. SOMBRE DIMANCHE
(SAVAGE SUNDAY)

Le dimanche 15 juillet 1973 fut exceptionnel. Après la toute première diffusion française du Retour des cybernautes sur la Une l'après-midi, débarquait à 19h30 sur la balbutiante troisième chaîne une nouvelle série : Hawaii Police d'État.

Dès les débuts de cette chaîne, j'étais frustré de ne pouvoir regarder les séries qui semblaient toutes sortir de l'ordinaire : Nouvelles de Somerset Maugham, L'homme et la Cité avec Anthony Quinn, Cannon (multi-rediffusé par la suite)... ou encore Hawk, l'Oiseau de Nuit avec Burt Reynolds.

Télé Poche annonçait d'emblée qu'il ne s'agissait pas vraiment d'une "nouvelle" série puisqu'elle existait déjà depuis cinq ans. La photo de Jack Lord donnait l'impression qu'il s'agissait d'un nouveau héros digne des séries américaines de l'époque.

Sombre dimanche est en réalité un épisode qui tourne très vite aux clichés et au huis clos. La présence d'Henry Silva aussi convaincant en révolutionnaire sud-américain qu'en chef de la mafia (Match contre la vie avec Ben Gazzara, Le Marginal avec Bébel...) est l'atout de cet épisode que réalise Reza Badiyi, un des plus prolifiques metteurs en scène de Mannix. Ce qui pèche ici, c'est le script, et malheureusement, au fil des saisons, pour avoir 24 numéros, la série connaîtra des épisodes creux comme celui-là.

Le happy end un tantinet "eau de rose" est hautement incroyable quand on voit la férocité d'Elpidio Acuna. J'avoue m'être ennuyé quelque peu en revoyant l'épisode pour cette critique. En effet, en cours d'épisode, Acuna devient presque un "gentil" face au méchant dictateur qui essaie de soudoyer McGarrett pour qu'il ne fasse pas de prisonniers. « Nous avons des lois en Amérique, pas un dictateur, c'est ce qui fait la différence entre votre police et la nôtre ! » scande le chef des Five-O.

Parmi les faiblesses de Sombre dimanche, le ridicule jogging blanc que revêt McGarrett dans la fusillade du début (on dirait un pyjama). Julie Gregg qui joue l'épouse enceinte d'Acuna n'est guère convaincante, là où une actrice latino genre Barbara Luna aurait fait merveille.

S'il y a beaucoup de fusillades au début, l'évasion rocambolesque d'Acuna de l'hôpital par ses complices déguisés en infirmiers, le final dans un camion avec Acuna jetant les armes car il a appris qu'il allait être père, font baisser le rythme d'une histoire qui s'étire pendant cinquante minutes. J'ai tout de même mis deux étoiles pour Henry Silva qui arrive à sauver l'entreprise du naufrage total.

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6. LA BÊTE
(A BULLET FOR MCGARRETT)

Il y a une vie avant Les feux de l'amour. Eric Braeden, star de la série (Victor), est ici le professeur Farar, qui est un membre de l'organisation de Wo Fat (Khigh Dhiegh). Il exerce son influence sur une étudiante, Joyce (Marianne McAndrew), qu'il va conditionner pour abattre Steve McGarrett.

Cet épisode, bien que non diffusé dans les premiers en France (c'est-à-dire les deux saisons de 1973 et 1975 sur la 3, et les 26 épisodes diffusés par Antenne 2 en 1976), est très connu en raison de ses multi-diffusions. Nous assistons à un jeu de chat et la souris entre Steve et Farrar. Le scénario nous attire sur le terrain de l'hypnose ; en ce sens, cet épisode se rapproche de celui d'Amicalement vôtre : Quelqu'un dans mon genre.

La bête connaît le paroxysme de la tension lorsque la jeune étudiante programmée pour tuer McGarrett par le professeur playboy Farrar (que l'on voit en maillot de bain dans des scènes de plage) passe à l'acte. McGarrett sera blessé, mais il aura une force de persuasion plus forte que l'hypnose. C'est Farrar qui sera abattu par "l'arme" qu'il a enclenchée. La ficelle est un peu grosse. Farrar vole la vedette à Wo Fat puisqu'il est infiniment plus présent à l'image.

Alternant action et psychologie, La bête n'est pas l'un des meilleurs épisodes de la série, mais demeure dans la bonne moyenne, celle que l'on est en droit d'attendre.

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7. DOUCE TERREUR
(SWEET TERROR)

Cet épisode a été diffusé sur Antenne 2 sans être prévu en remplacement d'un programme. Je l'ai donc vu la première fois tout à fait par hasard à la fin des années 70. La speakerine avait annoncé Terreur au lieu du titre exact, dont le titrage après le générique n'était montré ni en français ni en américain.

Épisode férocement anticommuniste, il nous présente une tentative de déstabilisation de l'économie américaine à Hawaï par un mercenaire, ancien nazi, à la solde du "Parti", Erich Stoss (Theodore Bikel). Ce dernier utilise des avions d'épandage pour répandre une guerre bactériologique et détruire toute l'économie agricole.

Il est aidé par un homme de main, Lao (Soon Taik Ho, Hip dans The man with the golden gun), et par une militante communiste convaincue, Mariana (Linda Marsh). Comme l'équipe de Five-O est à ses trousses et l'arrête, Lao se déguise en médecin et lui procure un poison (soi-disant sans douleur). McGarrett qui fait protéger la captive à l'hôpital ne peut empêcher son suicide, d'autant plus que Lao se présente à une infirmière l'air menaçant comme son médecin et use des privilèges de la hiérarchie des médecins sur les infirmières.

La mort de Mariana est froidement décidée par Stoss qui déclare : « Je n'aime pas les gens qui agissent par idéalisme, je préfère ceux qui sont payés ». Lao ayant menti à Mariana et celle-ci mourant dans d'atroces souffrances, elle révèle tout du complot à McGarrett.

Stoss n'a pas plus de pitié pour les idéalistes que pour les hommes de main ; cerné, il doit fuir en hélicoptère, mais il n'y a que deux places : une pour lui, une pour le pilote, aussi abat-il froidement Lao qui a des scrupules à se suicider au nom de "la cause".

Jack Lord se montre particulièrement convaincant (notamment dans la scène de la mort de Mariana). On peut reprocher à cet épisode d'être trop politique et de délaisser le côté "Fu Manchu" d'un héros comme Wo Fat. Mais le scénario est bien construit et l'action trépidante.

Diffusé en novembre 1969, cet épisode pouvait encore se permettre de présenter une Amérique idéale face aux méchants "rouges", image qui sera écornée par l'histoire. Un film comme Les trois jours du condor sur les exactions de la CIA contribuera à fissurer cette certitude, et il est souvent dit que Hawaï Police d'État est la dernière série à avoir montré "Le rêve américain".

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8. KAMEHAMEHA
(KING KAMEHAMEHA BLUES)

Attention, cet épisode a eu plusieurs titres français au fil des rediffusions : d'abord intitulé La chansonnette par FR3 lors de la première diffusion en septembre 1979, il fut rediffusé comme Le manteau de plumes. Édité en vidéo comme Kamehameha, il ne faut pas le confondre avec l'épisode également intitulé de ce nom en saison 4 (4-10 Rest in peace somebody) diffusé pour la première fois, lui, en 1976 sur Antenne 2.

Le manteau du roi Kamehameha est volé par des étudiants "têtes à claques" qui, pour tromper l'oisiveté, vont jusqu'à monter pour la gloire un "coup" dans un musée digne de Ethan Hunt/Tom Cruise dans les locaux de la CIA dans le premier Mission Impossible. Il n'y a pas ici de mobile si ce n'est le défi et la stupidité. Les voleurs deviennent des vedettes aux actualités télévisées locales et l'on promet une solide récompense pour la restitution du manteau.

McGarrett identifie très vite les coupables mais ne sait pas où se trouve le précieux manteau (qui sert de "voile" à une embarcation). Bien qu'il ne s'agisse pas ici de meurtre ou de vie humaine, McGarrett est très fâché. L'épisode rappelle un peu le faux enlèvement de Le piège (1-04). Nous assistons ici à un formidable numéro de Jack Lord en guerre contre une certaine "jeunesse" oisive et pourrie.

McGarrett promet l'impunité à la télévision, ce qui provoque l'hilarité des coupables. Ceux-ci ne prennent aucune précaution avec cette relique de 160 ans. Dans une scène où le chef des Five-O pénètre dans l'appartement des voleurs, ceux-ci le narguent effrontément.
Mais dans la bande, un hawaiien, Johnny (Vincent Eder), a des scrupules et vient se confesser au policier. En dénonçant ses complices sur le point de détruire le manteau, le jeune homme permet d'éviter le saccage et surtout d'arrêter la bande.

La scène finale de cet épisode diffusé aux États-Unis en 1969 est prémonitoire d'une certaine violence urbaine actuelle. Pour éviter d'être pris, le fils à papa, Arnold, chef de la bande, tente de tuer McGarrett avec un hameçon. Jusqu'au dernier moment, ce dernier (que McGarrett jette à la mer en se défendant), sa fiancée Diana (Jennifer Leak), et un jeune Chinois (Randall Dull kim), ne montrent aucun regret, rient sauvagement, le Chinois allant même jusqu'à évoquer l'amnistie promise.

Direction la prison, sans passer par la case amnistie. Un excellent épisode. Seul bémol, dans le rôle d'Arnold, Brandon De Wilde manque d'épaisseur, alors que sa partenaire Jennnifer Leak sait jouer les filles odieuses jusqu'au bout.

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9. SOS SINGAPOUR
(THE SINGAPORE FILE)

Cet épisode fit partie des douze premiers diffusés l'été 1973 par la chaîne 3 ORTF et longtemps invisibles pour des questions de droit. Si sur le papier on peut imaginer une formidable histoire, la désillusion est au rendez-vous le jour de la découverte de cet épisode qui rappelle beaucoup un épisode de la saison 1 du Fugitif (Un billet pour l'Alaska).

Si dans La preuve vivante la série se délocalisait sur le continent américain, ici c'est une Asie de carton-pâte qui nous est proposée. Des stock-shots de Singapour la nuit, et beaucoup de scènes de studio qui ne nous trompent pas de nos jours. Retour de la comédienne Marj Dusay qui était l'agent secret Andrée Dupré dans Trafic d'or (1-07). Ici, elle joue Nicole Wylie, témoin d'un meurtre à Honolulu commis par un certain Ravasco (Dan Leegant), un caïd. Elle a cru bien faire en s'enfuyant au bout du monde, où elle a sombré dans la prostitution, jusqu'au jour où elle est reconnue par un homme de Ravasco qui tente de la tuer.

Ravasco envoie un tueur à bord du bateau qui ramène le "couple" à Hawaï, en l'occurrence un révérend nommé Halloway qui finit par dessus-bord. Mais la mise en scène piétine dans ce long huis clos bateau/studio très bavard (comme l'épisode du Fugitif). Aucun des clichés des histoires se situant sur un navire ne nous est épargné.

L'épilogue à la chapelle de Santa Christina (enfin des décors extérieurs !) relève un peu le niveau d'un épisode qui de toute évidence manque de moyens. Malgré le talent des deux comédiens, la pseudo-romance Lord-Marj Dusay n'est pas crédible. La fusillade finale à la "chapelle" qui n'est autre qu'un temple japonais (!) nous réveille de notre torpeur. Les dernières scènes à l'aéroport d'Honolulu avec McGarrett et la jeune femme portant des colliers de fleurs prouvent que le ridicule ne tue pas.

Un épisode qui sur le papier aurait pu être très bon, mais avec un budget plus conséquent.

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10. TOUS LES CHEVAUX DU ROI
(ALL THE KING'S HORSES)

Les histoires de politique intérieure et de syndicats du crime sont trop typiquement américaines pour passionner le téléspectateur français lambda. On n'échappe pas à la règle avec cette intrigue qui voit un procureur (Jason Evers, un familier des séries 60's comme Mannix et Les Envahisseurs) s'acharner, avec une commission d'enquête sénatoriale, contre un syndicaliste au passé trouble (James Gregory, autre guest célèbre des sixties comme Mission Impossible).

Rapidement, le spectateur comprend qu'il va s'ennuyer ferme. Faux attentat bidon, politesses entre huiles, bavardages et scènes d'audiences de procès dont raffolent les fans de Perry Mason... McGarrett prend ici fait et cause pour Finney (James Gregory) qui a payé sa dette de truand à la société contre le sénateur Irvin (Jason Evers). On comprend d'ailleurs mal cette sympathie entre le policier et le truand. Les blablas continuent entre Irvin et des politiciens corrompus. Puis vient le procès.

McGarrett réussit à faire inculper le sénateur Irvin pour machination et attentat monté de toutes pièces pour faire accuser Finney. Le triomphe de ce dernier est de courte durée puisqu'un tueur (qui ne survivra pas aux balles de McGarrett) tue le syndicaliste en plein tribunal.

Il n'est pas étonnant que la France ait longtemps attendu avant d'acheter cet épisode trop américain pour l'Hexagone.

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11. L'ESCALE FORCÉE
(LEOPARD ON THE ROCKS)

Cet épisode a connu un semi remake dans la saison 6 avec La fille du diable (6-10) sur le même thème d'un dictateur obligé d'atterrir à Hawaï.

Le Président Jackal – un dictateur donc – se trouve en escale forcée d'Hawaï. Il s'agit en réalité d'un piège. Son arrivée suscite des manifestations de ses victimes et de réfugiés politiques exilés. Nous retrouvons dans cet épisode l'un des visages les plus familiers des séries américaines, décédé en 1986 : Paul Stevens, vu dans Les feux de l'amour, Les rues de San Francisco, Mannix, Cannon, Les mystères de l'ouest...

Dès le début, nous savons qu'il s'agit d'un piège, et voyons deux comparses, dont les intentions sont plus pécuniaires que politiques, planifier un complot contre Jackal. McGarrett commence par intercepter un militant politique, puis rencontre le dictateur et son armée de gardes du corps. La rencontre entre McGarrett et le dictateur est explosive. McGarrett ne manque pas d'humour en rétorquant à celui qui se prétend un "sauveur" que ses "partisans" l'acclament dehors ! Bien malgré lui, le chef des Five-O se retrouve à devoir protéger un monstre pendant son séjour forcé à Honolulu. McGarrett tente de parlementer avec les manifestants, mais très vite, son flair de flic l'incite à penser qu'il y a un complot sous roche.

Les épisodes politiques de Hawaii 5-O sont difficiles à décrypter : la démocratie américaine y est présentée comme le meilleur des mondes, les communistes (Wo Fat) sont les ennemis, mais aussi les dictateurs comme ce Jackal, sorte de Pinochet (l'épisode date de 1969).

McGarrett soupçonne vite Koryo (Paul Stevens) de vouloir assassiner Jackal. Il doit aussi calmer un professeur dont la petite-fille a tenté de tuer le monstre. Jack Lord présente un policier qui assume son rôle avec méticulosité mais sans trop d'états d'âme. Le but de notre héros est de maintenir l'ordre face au désordre provoqué par la visite de l'importun. Il arrête l'un des deux malfaiteurs avides vu dans le pré-générique. Et arrête Koryo et le grand-père de la jeune fille qui pourtant étaient là pour assassiner Jackal.

Une mission bien ingrate pour McGarrett que de devoir protéger le félon. Le générique s'arrête cette fois sur une fin bien amère.

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12. LE DIABLE ET LA GRENOUILLE
(DEVIL AND MR FROG)

Cet épisode relate l'enlèvement d'un enfant, Scotty, fils du riche Gainham (Bill Zuckert), dont les ravisseurs ont mis des masques de grenouilles. L'enfant parvient à s'échapper. Le père a cependant déjà payé la rançon.

Dans une scène de cet épisode, on voit la Ford de McGarrett freiner et Jack Lord en sortir en vitesse. D'après le documentaire Souvenirs d'Hawaï Police d'État de 1996, c'est l'épisode où la portière de Danny s'est bloquée et où le tournage a été stoppé pour cause de fou rire général.

On retrouve dans cet épisode, dans le rôle de Gibbons, une figure familière de la série Les Envahisseurs, Frank Marth, dont l'allure inquiétante faisait merveille. Ici, il est l'un des kidnappeurs, qui a tué son complice, mais se retrouve impuissant face au commanditaire, Tod Kee (James Hong) qui refuse de prendre la rançon dont les billets sont marqués.

McGarrett convoque les principaux truands de l'île dont Tod Kee. Gibbons, acculé, finit par se servir de l'argent dans les tripots de jeu, et McGarrett s'y infiltre pour y traquer le kidnappeur. Tod Kee envoie ses hommes récupérer la rançon, mais Gibbons abat le "voleur". Le père de Scotty décide de récupérer son argent, et comprenant que l'enquête se dirige vers Gibbons, fait un marché avec lui. Gainham, confronté dans le bureau de Steve au ravisseur, refuse de le reconnaître.

Gibbons est traqué par les hommes de Five-O. Il a alors l'idée de proposer au père de Scotty d'échanger la rançon contre le quart de sa valeur en billets usés. McGarrett comprend la combine et se rend sur les lieux de la transaction. Forcé d'abattre Gibbons, il tient un discours amer et désabusé à cet "honnête citoyen" qui a voulu court-circuiter la police.

Encore une conclusion amère pour cette fin d'épisode.

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13. UN JEU DANGEREUX
(THE JOKER'S WILD, MAN WILD)

Étrange épisode au postulat un peu incroyable mais au suspense constant, Un jeu dangereux raconte l'histoire d'une femme qui flirte avec deux hommes, et se donnera à celui qui se sera montré le plus hasardeux à bafouer la loi.

Une blondinette, Jo Louise Mailer, épousera soit l'américain Craig (Kaz Garas), soit l'hawaïen Billy (Lani Kai). J L compte les points. Le premier défi consiste à incendier une voiture de police, puis à couler un bateau. McGarrett, apprenant qu'une jeune femme a pris des photos du naufrage, se souvient qu'elle était sur les lieux de l'incendie de la voiture. Grâce au portrait robot que fait McGarrett, les policiers appréhendent Jo Louise. Celle-ci ne nie même pas, pensant que son statut de fille à papa d'un milliardaire lui permet tout. Après avoir affronté des espions chinois, des truands américains et hawaïens, et toutes sortes de criminels, McGarrett se trouve confronté pour la première fois au crime gratuit d'une enfant gâtée. La tension entre les "concurrents" au poste d'amant de J L Mailer commence à croître. La fille est sous surveillance de la police, mais réussit à semer celle-ci.

Le troisième défi que lance la plante vénéneuse consiste à enlever puis tuer un clochard. On se rend compte qu'en 1969, certains crimes gratuits existaient déjà. McGarrett finit par être face au père de la fille, Mailer (Jimmy Smith). Il tente d'acheter le chef des Five-O. On devine la réaction sans que je la décrive.

Billy commence à trouver le jeu trop dangereux et décide d'arrêter. Mais Craig poursuit le jeu idiot, il a tiré le joker, la carte du meurtre. Il finit par tuer Billy. Jo Louise, effondrée, se rend compte un peu tard du gâchis occasionné. Le clochard qui en a réchappé jette sa bouteille d'alcool à la mer.

Une fin moralisatrice, mais l'ensemble des comédiens parvient à nous faire croire à cette farce macabre.

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14. FAUSSE MANŒUVRE
(WHICH WAY DID THEY GO ?)

Cet épisode met en valeur le comédien William Window (un habitué des Envahisseurs – trois épisodes – mais aussi de Mannix et des Rues de San Francisco entre autres). Il joue ici un gangster sortant de prison, Ossie Connors, qui projette un "coup" dans une banque d'Hawaï en kidnappant le directeur de celle-ci, Norumu (Philip Pine, formidable en chef alien dans Les Envahisseurs : La vallée des ombres), et en faisant garder en otage sa femme par un complice.

Erreur fatale, ou plutôt fausse manœuvre : le complice viole et tue la femme du banquier qui lui a arraché son masque (un bas sur le visage). L'autre fausse manœuvre de l'histoire est pour Connors de se rendre chez un agent de change de Hong Kong, allusion à une précédente affaire qui avait permis à McGarrett de le mettre sous les verrous.

L'épisode est particulièrement violent pour l'époque (on mit un terme aux Mystères de l'ouest pour moins que cela), avec le viol de la femme du banquier et la punition qu'inflige Connors au coupable en envoyant l'un de ses tueurs à gage l'éliminer.
Toute l'atmosphère repose sur l'affrontement entre le "libéré sur parole" Connors et McGarrett qui, à la fin de l'épisode, lui promet un bail de 99 ans dans les prisons hawaïennes.

Il y a de grands moments de tension lorsque Norumu est confronté à Connors pour l'identifier. Il ne peut le faire car ce dernier avait un bas sur le visage. Mais dans une scène éprouvante, il reconnaît par ses chaussures le cadavre de l'homme qui a violé et tué sa femme. Le jeu du chat et de la souris entre McGarrett et Connors, malgré les airs détendus que William Window donne à son personnage, ne part jamais dans l'humour ou la légèreté (comme c'est parfois le cas dans d'autres épisodes avec d'autres truands). McGarrett d'ailleurs ne sourit guère dans Fausse manœuvre.

Un excellent épisode qui précède l'un des chefs-d'œuvre de la série : Le tigre aveugle.

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15. LE TIGRE AVEUGLE
(BLIND TIGER)

Lors de la première diffusion française, le titre était La cible. Malgré sa diffusion tardive en France (septembre 1979, FR3) sous ce titre, cet épisode – redevenu lors des nombreuses rediffusions Le tigre aveugle, traduction de la VO – est sans doute l'un des plus célèbres de toute la série.

L'histoire raconte un double affrontement : celui de McGarrett avec un homme qui a dynamité sa voiture le jour de son anniversaire, et persiste à tenter de le tuer à l'hôpital, et celui de notre héros confronté à la cécité et à une infirmière, Mlle Lavallo, qui pour lui permettre d'évoluer dans le monde de la nuit, va devoir faire preuve de plus de fermeté que le chef des Five-O.

La voiture de McGarrett explose alors que ses adjoints viennent de fêter son anniversaire. Peu avant, un jeune garçon a vu un homme soulever le capot de la voiture, prétendant la réparer. C'est à cause d'un cadeau tombé au moment de rejoindre la voiture que McGarrett a la vie sauve, mais il perd la vue.

L'épisode reprend le canevas d'un opus célèbre de la saison 4 du Fugitif avec David Janssen, La seconde vue. Ce n'est donc pas grâce à un sujet nouveau que Le tigre aveugle doit d'être un must, mais par la façon de traiter l'histoire. Entre le très dur Steve McGarrett et l'infirmière déterminée Edith Lavallo (Marion Ross de Happy Days) naît une sorte d'idylle platonique. Les scènes entre la comédienne et Jack Lord constituent le tour de force de l'épisode. Elles évitent les clichés habituels, et d'ailleurs leur histoire ne se termine pas par un happy end puisque Mlle Lavallo ne se montre pas lorsque McGarrett retrouve la vue, et que le policier la salue en l'ignorant en quittant l'hôpital après lui avoir téléphoné. Il ne l'a évidemment pas reconnue.

L'intrigue invente un faux flashback, puisque l'homme qui veut se venger de Steve n'est jamais apparu dans une précédente aventure : son fils Roger a tué à moitié un touriste qui se trouve dans le coma, et le jeune homme est placé sous tutelle judiciaire en attendant son procès. Le père, Masterson (Robert Edwards, qui d'après Internet Movie Data Base n'a joué que dans trois épisodes en tout et pour tout, dont deux d'Hawaii Five-O), est présent dans l'hôpital pour venger son fils. Un chauve à lunettes à ranger dans la catégorie des plus célèbres méchants de la série.

Sans aucun temps mort, l'épisode distille un suspense mêlé d'une recherche assez inhabituelle pour la série d'approfondissement des rapports humains. Mlle Lavallo se trouve laide et attendra le dernier coup de téléphone pour révéler son prénom, Edith. McGarrett, devenu un tigre aveugle, est obligé de se référer à elle pour apprendre à se mouvoir sans tomber. Dans la confrontation finale avec Masterson père, les deux hommes se trouveront à égalité car Edith éteint la lumière. Se souvenant des leçons de son infirmière, McGarrett va triompher du dynamiteur.

Au fil des diffusions, cet épisode est celui que l'on retient le mieux. L'intrigue marque le téléspectateur longtemps après la première vision, et cela même pour des personnes qui ne suivent pas régulièrement Hawaï Police d'État. On se souvient d'un autre huis clos dans un hôpital, Le roi de la colline (1-14), moins réussi. Le tigre aveugle est l'un des épisodes incontournables de la série.

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16. BORED, SHE HUNG HERSELF

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Cet épisode a été diffusé une seule et unique fois le 7 janvier 1970 sur la chaîne CBS. Un téléspectateur ayant voulu imiter Don Miles ayant trouvé la mort, l’épisode fut interdit de rediffusion en syndication, ni vendu à la France, et ne se trouve dans aucune édition DVD. Le synopsis est le suivant : Un jeune hippie disciple de Krishna, Don Miles, fait, lors de pratiques de yoga, des exercices avec une corde. Il feint se pendre pour éprouver des sensations. Mais sa petite amie Wanda Parker, après une dispute, est retrouvée pendue. McGarrett pense que c’est un meurtre déguisé.

Filmé on ne sait trop comment par un spectateur, la critique est difficile : son nasillard, image floue genre VHS délavée, évidemment ni VF ni sous titres.

Une chose est évidente : la scène du pré-générique n’était pas à faire, et ne pouvait qu’inciter quelque imprudent à jouer les acrobates. Je n’ai pas trouvé l’épisode passionnant, il se concentre sur peu de personnages. Don Miles le petit ami de la victime (Don Quine), le père, le docteur Warren Parker (William Smithers), un psychiatre qui mène une véritable enquête à la place de McGarrett pour prouver la culpabilité de Don, et les voisins, les Weatherly, Charles et Paula, dont le fils donne un témoignage qui sera déterminant.

Un des rares épisodes, ce qui est singulier vu l’atmosphère funeste, où McGarrett sourit. La fin est déconcertante. Les tentatives (avec un micro-magnétophone) du père pour impliquer Don échouent. On ne voit Wanda que dans le pré-générique en bikini (pas de flash-back), elle est incarnée par Pamela Murphy. Un épisode fort difficile à chroniquer vu la mauvaise qualité de conservation.

 

William Smithers (1927-) est connu pour Papillon au cinéma et à la TV Peyton Place et Dallas.

Quasiment le dernier rôle de Don Quine (1938-) qui fut l’ami de Grace Kelly. Traumatisé par les conséquences de cet épisode ? Sa carrière commencée en 1961 passe par les séries Le Virginien et Peyton Place.

Pamela Murphy (1945-) a joué dans Hôpital central et Dallas. Sa carrière s’est arrêtée en 1983 juste après Dallas.

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17. VAS-Y JOHNNY
(RUN, JOHNNY, RUN)

Un protégé de McGarrett, Johnny Mala (Nephi Hannemann), est accusé du meurtre d'un marin, Fred Waters. C'est le chef du Five-O qui l'a fait entrer dans la marine. Walter Kramer (nous découvrons un jeune Christopher Walken) a assisté à la scène du meurtre et provoque une chasse à l'homme contre Mala. McGarrett demande à l'armée de "tenir" ses hommes. McGarrett est confronté à la jeune veuve, Susan (Marcy Brown), persuadée que Johnny Mala est l'assassin de son mari. Pourtant, l'équipe d'Hawaï Police d'État a des doutes. Kono et Chin Ho mènent une minutieuse enquête sur les lieux du drame et, par déduction, retrouvent une balle.

Déserteur et en fuite, Mala se réfugie dans une base militaire et se trouve pris au piège. McGarrett plaide la cause de ce jeune hawaïen issu d'un milieu défavorisé qu'il a pris sous son aile il y a des années. Au cours de cette traque, McGarrett retrouve Johnny Mala devenu un animal sauvage et qui ne lui fait aucun cadeau, étant plus fort physiquement que le policier. Mais Steve a vite des soupçons sur le véritable meurtrier, Kramer, qui s'était fait voler sa fiancée par la victime. Il est toujours amoureux de Susan Waters.

Christopher Walken nous donne ici un aperçu de ce que sera plus tard son talent dans Dead Zone ou en Zorin dans Dangereusement vôtre. Nous assistons à une formidable confrontation entre Jack Lord et Christopher Walken, mais grâce à la balle retrouvée par Chin Ho et Kono sur les lieux du crime, Kramer est confondu.

Dans cet excellent épisode, on découvre la fibre paternaliste et sociale de McGarrett envers la population hawaïenne. Les scènes d'échanges avec la mère de Johnny Mala montrent une facette inattendue du policier habituellement si dur et réservé. L'épisode se termine par un happy end avec la réhabilitation de Mala, même si McGarrett a encore le visage très marqué par la bagarre dans la base militaire.

Le comédien hawaïen Nephi Hannemann vole souvent la vedette à Christopher Walken. Cet acteur a participé plus tard à une autre série, Waikiki Ouest, avec la "drôle de dame" Cheryl Ladd et la "sentinelle" Richard Burgi. Quant à la très jolie Marcy Brown, sa carrière demeura très confidentielle, et on ne peut que le regretter.

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18. L'ABEILLE
(KILLER BEE)

Épisode raté en raison d'un scénario trop alambiqué : un infirmier pyschiatrique de retour du Vietnam, George Looman, enlève des enfants qu'il libère peu après, mais en persuadant un de ses anciens copains du Vietnam, Theodore Frazer, qu'il est le coupable. Theodore a eu une mère tyrannique, Emilia Watson ex Frazer, qui n'a jamais aimé son fils. Deux enfants sont ainsi enlevés et chloroformés. La mère de Theodore reçoit une demande de rançon qu'elle remet à l'équipe du Five-O. En enquêtant à l'hôpital psychiatrique dont Ted Frazer vient d'être libéré, Steve apprend que l'homme est victime du syndrome de l'abeille, une sorte d'obsession qui fait perdre la mémoire et le contrôle de soi.

En manque d'amour, Ted retrouve sa mère sur la tombe de son père. Elle le rejette encore. Pendant ce temps, Danny repère sur une photo dans les affaires de Ted chez sa mère l'assistant psychiatrique Looman. Peu après, Looman se blesse avec un couteau et persuade son ami drogué qu'il vient de tenter de le tuer. L'équipe de Five-O découvre que Looman est l'auteur des demandes de rançons. Looman a été décoré pour des faits de guerre dont le seul témoin survivant est Ted Frazer.

Il faut attendre les dernières minutes de l'épisode pour découvrir que George Looman est devenu fou après avoir refusé d'obéir à un ordre qu'il estimait suicidaire et qu'il a massacré au Vietnam son chef et ses camarades, excepté Ted Frazer, se faisant passer ensuite pour un héros couvert de médailles.

Les enlèvements d'enfants et l'émotion des parents "meublent" l'épisode, mais une fois celui-ci visionné, on constate qu'ils tombent complètement à plat. Il est pourtant facile de réussir un épisode sur les soldats traumatisés de retour du Vietnam (Le lieutenant Ralston 4-24 est un des meilleurs épisodes de la série sur ce thème). Mais ici, la mayonnaise ne prend pas. À noter que l'on tombe même dans les redites puisque Looman croit voir McGarrett en soldat comme le faisait l'infortuné Yaphet Kotto dans Le roi de la colline (1-14).

Un épisode ennuyeux, où Jack Lord et l'équipe de comédiens habituels font de leur mieux pour sauver l'entreprise du naufrage.

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19. L'ASSASSIN EST GAUCHER
(THE ONE WITH THE GUN)

Après l'ennuyeux L'abeille, cette deuxième saison nous propose un nouvel incontournable : scénario, interprétation, tout est en place pour passer un moment palpitant.

Un homme, Peter Corman (Steve Logan), fait une partie de poker et découvre qu'elle est truquée. Il est aussitôt assassiné. Son frère, Lorenzo Corman (John Colicos, vu souvent dans Mannix et Mission Impossible), doté d'un physique qui ne vous donne pas envie d'aller lui chercher querelle, arrive du continent pour le venger. Juste avant de mourir, Peter lui a dit que l'assassin était gaucher. L'enjeu pour McGarrett et son équipe est de retrouver le tueur avant que Corman ne s'en occupe. La jeune et jolie veuve de Peter, Maggie (Julie Gregg), est très affectée. Mais Corman a décidé de pratiquer la loi du Talion et retrouve un à un les joueurs qui étaient avec son frère. À l'un, Corman fait croire qu'il lui a donné du poison, à l'autre il donne mille dollars, un autre ne doit la vie sauve qu'au fait qu'il est droitier.

Steve McGarrett apprend que Corman est un mafioso (ce que le téléspectateur a deviné depuis longtemps). En continuant sa justice expéditive tel un Charles Bronson « justicier dans la ville » en furie, il est blessé par un tireur anonyme. Dans la seconde partie de l'épisode, John Colicos, tel un fauve blessé, fait moins peur et nous semble plus vulnérable. Colicos vole la vedette à Jack Lord (il est d'ailleurs omniprésent à l'image). L'un des joueurs, un avocat, a été tué lorsque Corman fut blessé. Le crime est attribué à Corman. Traqué par la police, Colicos rappelle un peu David Janssen dans Le Fugitif, c'est dire l'étendue de la palette de son talent.

On retrouve dans cet épisode l'un des comédiens qui a le plus tourné de petits rôles durant les douze saisons, Tommy Fujiwara.

Corman finit par retrouver le tueur, Sam Quong (Jack Soo), mais ce dernier réduit à sa merci le vengeur qui ne devra la vie sauve qu'à une balle savamment tirée par McGarrett.

Cet épisode est intéressant car le personnage de Corman est doté d'une nature complexe, et que sa psychologie est bien fouillée. Au début, il effraie et l'on ne donne pas cher de la vie de celui qui a tué son frère. John Collicos lui donne une part d'humanité, d'abord dans ses rapports avec sa belle-sœur où il se montre un homme profondément affligé par la mort du frère. Mais aussi dans le fait qu'il n'est pas un robot tueur invulnérable comme les premières images nous le laissaient pressentir.

Le véritable tueur, joué par Jack Soo, comédien mal inspiré, n'est guère crédible. C'est profondément dommage car cette erreur de casting fait baisser l'intensité du suspense et de la tension lors de l'épilogue.

L'épisode fut diffusé la première fois par M6 en 1988, les décideurs de France 2 et France 3 auraient pu choisir de nous le montrer bien avant.

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20. CHANTAGE
(CRY, LIE)

Cet épisode aborde le thème de la corruption dans la police. Ce sujet sera abordé plusieurs fois dans la longue série, notamment dans Massacre sur commande (05-01) où Duke se retrouvera dans la situation de Chin Ho Kelly ici. Sur un sujet voisin, nous avons vu dans Le rat d'hôtel (01-06) McGarrett devoir innocenter de meurtre Danny Williams.

À noter que dans cet épisode, nous découvrons le comédien Glen Cannon dans le rôle de Stone. Il joue un opérateur de détecteur de mensonge, et sa prestation fut sans doute éblouissante au point d'en faire le procureur Manicote, un des personnages récurrents de la série dès la saison 3 et jusqu'à la dixième, soit 32 épisodes en tout.

Chin Ho Kelly (Kam Fong) se trouve donc accusé de corruption par des dealers de drogue. Très vite, l'affaire tourne à l'aigre malgré la conviction de McGarrett. Curieusement, le gouverneur (Richard Denning) se montre peu prompt à défendre Chin Ho. Le banquier qui met en cause le policier, Summers (George Petrie), est sous le contrôle du gangster Eddie Calhao (un moustachu Martin Sheen, pas encore vedette du grand écran dans Apocalypse now).

Kam Fong, dont le jeu est habituellement celui d'un "dur", montre ici un aspect vulnérable. McGarrett découvre que Eddie Calhao, qui vient d'éliminer un concurrent dans la mafia locale, est une relation de Summers, le banquier. Mais Summers est tué sur l'ordre de Calhao qui fait porter les soupçons sur Chin Ho. Ce dernier est suspendu de la police.

Comme dans un autre épisode mémorable, Le témoin secret (01-12), McGarrett va semer la division et le doute chez l'ennemi en faisant croire à Calhao qu'un de ses hommes va le trahir, Carl Brohme. Et bien trop facilement, Calhao va venir tout avouer en suppliant McGarrett de le sauver de la vengeance de Brohme.

Une fin bien trop bâclée, un Martin Sheen dont on a mal écrit le personnage qui passe du chef implacable au pleutre en deux temps trois mouvements au détriment de toute crédibilité, et des ficelles bien grosses pour réhabiliter Chin Ho, font que cet épisode est tout juste passable.

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21. UN CAMARADE DE COLLÈGE
(MOST LIKELY TO MURDER)

La deuxième saison arrive bientôt à son terme avec ce très bon épisode. Danny est appelé sur un meurtre par strangulation : il connaît la victime, c'est l'épouse d'un camarade de collège. On retrouve dans cet épisode deux figures familières des séries télé : Sam Melville (qui jouait un mauvais garçon dans Le Fugitif avec David Janssen) et surtout Tom Skerritt, héros de Un drôle de shérif, série également diffusée sous le titre High Secret City, La ville du grand secret.

Le thème de la femme d'un collègue policier tuée est aussi abordé dans un épisode célèbre de la saison 3 (Meurtre, amour, et poésie, 3-12). Lewis Morgan, le camarade, c'est Tom Skerritt méconnaissable, maigre et sans moustaches. Comme dans Meurtre, amour et poésie, la victime avait un amant. De la compassion, nous passons à la suspicion envers le veuf paumé. Le tout est traité avec finesse et psychologie, de façon à laisser planer le doute chez le téléspectateur.

C'est à McGarrett que revient la pénible tâche d'annoncer l'existence de l'amant. Ce dernier est moins impliqué émotionellement que Danny. Un suspect, Gary Oliver (Sam Melville, mentionné pour Le Fugitif), l'amant de la victime Marjorie Morgan, est recherché.

Morgan ne tarde pas à retrouver Gary Oliver et à le tuer froidement.

Si Danny continue de montrer de la compassion pour Lewis son camarade, McGarrett découvre un témoin, une femme qui a partagé la nuit avec Gary Oliver la nuit du meurtre de Marjorie.

La fin très dramatique montre un McGarrett résolu et furieux arrêtant le mari meurtrier en l'accusant de la circonstance aggravante de préméditation. Dès le début de l'épisode, nous comprenons que McGarrett et Danny Williams n'abordent pas l'affaire de la même manière : le chef de Five-O garde une objectivité qui manque au camarade de collège. Une conclusion d'épisode semblable (policier assassin ici, détective privé et ami de Steve McGarrett) se retrouvera dans Meurtre, amour, et poésie où le policier au visage de pierre tient à montrer l'exemple, et à vouloir une police plus parfaite que le commun des mortels.

Il fallut attendre 1988 et une diffusion sur M6 pour découvrir en France cet excellent épisode.

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22. NAÏF COMME UN SAVANT
(NIGHTMARE ROAD)

Lors de sa première diffusion ORTF en septembre 1973, l'épisode s'intitulait Naïf comme le savant.

Cet épisode, très tôt diffusé en France, fut longtemps invisible pour une question de droits. Il a fallu attendre l'intégrale TF1 en 1989 pour le revoir. Sa vedette est bien connue des amateurs des Mystères de l'ouest puisqu'il s'agit de Charles Aidman alias Jeremy Pike.

Depuis le pilote Le cocon, on sait que Steve McGarrett ne fait pas bon ménage avec les services secrets américains lorsqu'ils empiètent sur ses plates-bandes.

John Royce, un chercheur (Charles Aidman), croit avoir tué un homme. Il s'agit d'une manipulation de la part de sa jeune maîtresse chinoise Theresa (Pilar Seurat – splendide fille) et de "l'oncle" de cette dernière.

Malheureusement, malgré la présence d'Aidman et la beauté de l'actrice qui joue sa maîtresse, l'épisode sombre vite dans l'ennui. McGarrett flaire très vite le piège et le fait que la fille a servi d'appât.

Petite plaisanterie, Steve demande à Danny s'il connaît la France, ce dernier répond : « Il paraît qu'il y a 300 sortes de fromage. — Steve répond : On y dit : "Cherchez la femme." »

L'oncle se révèle être un agent ennemi, Kreuter (Ronald Long). Il profite de la "guerre des polices" entre l'équipe des Five-O et les services secrets. McGarrett, après que Kono ait été assommé à coups de crosse par un agent de la CIA, affronte le responsable local de cette agence. « Ici vous êtes à Hawaï, vous n'êtes pas à Cuba ou au Laos ». Kreuter n'est guère plus charitable puisqu'il dit à ses hommes de liquider Theresa devenue amoureuse de Royce.

Nous assistons à un face-à-face dramatique entre Royce et Theresa où ce dernier comprend qu'une jeune femme dont il a deux fois l'âge ne peut l'aimer et qu'il a été bien naîf.

Pour récupérer le professeur Royce, McGarrett et l'équipe Five-O travaillent contre les hommes de la CIA. Ils arrivent sur la plage où un sous-marin chinois attend Kreuter et Royce. Pour sauver Royce, Theresa se fait tuer par Kreuter que Steve abat aussitôt.

La CIA arrive ensuite. McGarrett est plein de compassion pour Royce, et écœuré de la froideur de son homologue agent secret.

L'épisode laisse un goût d'inachevé. L'intrigue est confuse et l'on a du mal à se passionner pour les personnages. Il manque un Wo Fat (dont Kreuter n'a pas l'envergure), et la romance entre Theresa et le savant naïf Royce a du mal à nous émouvoir.

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23. ALERTE À HAWAII – PARTIE 1
(THREE DEAD COWS AT MAKAPUU: PART 1)

Cet épisode en deux parties va nous permettre de vivre un grand moment de la série, mêlant un scénario flirtant avec la science-fiction et une histoire d'amour.

Comme l'indique le titre anglais, on trouve trois vaches mortes. Mais les cadavres sont gelés. Il s'agit pour Steve McGarrett et son équipe d'éviter la panique. Une première piste s'oriente vers une expérience ratée de l'armée, mais la disparition d'un savant idéaliste, le docteur Alexander Kline, ouvre la voie à une enquête délicate. C'est Ed Flanders (le dealer de Le grand voyage 01-15) qui incarne avec conviction ce savant illuminé. Sur la route de sa folie (il a prévu de provoquer un cataclysme dans toute l'île), il va rencontrer l'amour en la personne d'une jeune inconnue, Wanda Russell (Loretta Switt, "lèvres en feu" dans M.A.S.H.). Nous assistons une nouvelle fois à une entrave dans l'enquête de McGarrett, cette-fois "la grande muette" (l'armée) après la CIA dans le précédent épisode.

Kline n'est pas sans évoquer le docteur Armstrong des Cybernautes qui, avant de se trouver dans un fauteuil roulant, voulait concevoir des armes pour la paix et non la guerre. L'arme bactériologique n'a pas été inventée par Kline qui veut prouver à l'humanité que l'Amérique doit renoncer à de telles armes. Plein de bonne volonté, et voulant créer un vaccin contre toutes les maladies, il a inventé, tel Einstein, l'arme absolue. Effaré, il s'est donné une mission suicidaire sans penser qu'il rencontrerait sur le chemin de l'apocalypse d'Hawaï une jeune et jolie femme. En en tombant amoureux, il va vouloir qu'elle échappe à la catastrophe.

Dans ce brillant épisode, l'un des confrères de Kline (le docteur Benjamin) est interprété par Dana Eclar, le chef de McGyver.

L'épisode nous pose la question du bien et du mal, très représentatif des mouvements pacifistes de l'époque de diffusion (1970). Qui est le méchant, qui est le gentil ? Certes, le savant veut tuer des milliers de gens, mais pour ouvrir les yeux à l'humanité et lui faire renoncer à la guerre bactériologique. McGarrett apparaît ici comme le gardien de l'ordre établi qui ne se préoccupe pas de morale et fait tout simplement son boulot. L'arbitre entre les deux, c'est Wanda Russell. Elle va comprendre que la fin ne justifie pas les moyens. Elle a rencontré par hasard sur une plage Kline et l'a baptisé "Pennsylvanie" à cause de son accent, puis a suivi son chemin. Mais standardiste, elle reconnaît sa voix tandis que Kline veut passer un appel. Cet homme qu'elle ne croyait jamais revoir, elle sait déjà qu'elle en est amoureuse. Et petit à petit, elle va morceler les pierres de l'édifice que s'est construit dans sa folie Kline. À ce titre, Hawaï Police d'État se hisse ici à un rang bien supérieur que la série policière de la semaine. On va demander au téléspectateur de réfléchir. On peut saluer le courage de Leonard Freeman et de CBS de présenter en pleine guerre du Vietnam un épisode aussi sensible, alors que dans notre Hexagone, le pouvoir s'était ému en 1967 lors de la première saison des Chevaliers du Ciel (manquant interdire un épisode pour finalement inverser la programmation) si l'on n'en disait pas trop au téléspectateur sur l'armée de l'air.

Malade, déjà contaminé par son arme chimique, Kline accepte les soins et l'amour de Wanda. En comparaison, l'enquête "routinière" de Danny, Chin Ho, et Kono nous semble beaucoup moins intense psychologiquement.

Les épisodes doubles d'Hawaï vont constituer dans la série de grands moments, celui-là marquera longtemps les spectateurs.

McGarrett ne paraît plus ici le "sauveur" face à des trafiquants de drogue ou des espions chinois à la Wo Fat. Les personnes qu'il rencontre, comme un voisin aveugle de Kline, ne sont pas marquées par le sceau du mal, bien au contraire. Ce sont des gens ordinaires qui vont tous protéger Kline. Pour la première fois dans la série, l'image du bien (McGarrett) et du mal est ébranlée. En même temps, on devine que la love story de Kline et Wanda n'aura pas de happy end. Nous n'avons presque pas envie que le policier trouve le savant, et pourtant c'est le sort de toute l'île d'Hawaï qui est en jeu. Malade, capturé, et hospitalisé, Kline a caché la bombe qui est programmée. Il veut éviter un nouvel Hiroshima en tuant 750 000 personnes. L'armée serait prête à le torturer, mais dans cette affaire, Steve va devoir jouer serré pour sauver Hawaï. Et persuader le savant de renoncer à son projet.

L'épisode se termine, pour sa première partie, sur une grande interrogation : l'amour va-t-il rendre la raison au savant fou avant que l'irrémédiable n'arrive ?

Un épisode remarquable, diffusé tardivement en France (M6 en 1988) et qui se hisse parmi les plus grandes réussites de la série.

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24. ALERTE À HAWAII – PARTIE 2
(THREE DEAD COWS AT MAKAPUU: PART 2)

Nous devons subir tout d'abord un trop long résumé de la première partie. Ce qui agace le fan pressé de voir la suite.

McGarrett arrive dans la chambre de Kline alors que le colonel était sur le point de le torturer. « Qui a fait de vous le gardien de la conscience universelle ? » demandera McGarrett au savant malade qui veut faire justice et changer le monde. Mais la faille dans la détermination de Kline, c'est la jeune fille qui l'a baptisé "Pennsylvanie".

Si le colonel devient caricatural à force de vouloir user de la violence, le personnage de Wanda vient nous attendrir. McGarrett lui révèle le terrible projet de Kline.

Immense paradoxe pour Kline, prêt à tuer 750 000 personnes : il veut absolument épargner une vie, celle de Wanda. L'épisode réussit à éviter le mélo pour garder en haleine le téléspectateur. On utilise contre Alexander Kline un psychiatre, l'hypnose, un lavage de cerveau, le penthotal... rien n'y fait. Les enquêteurs de la police et des services secrets militaires ne peuvent arracher à l'homme l'endroit où il a caché la bombe bio-chimique.
La scène d'hypnose a déjà été vue mille fois ailleurs, notamment chez Hitchcock. Mais le psy échoue et McGarrett joue le tout pour le tout et décide de libérer l'homme pour qu'il les mène (sans le savoir) à la bombe. Steve prend là le risque le plus insensé de toute la série, jouant avec la vie de toute la population d'Hawaï.

Filé par Chin Ho, Kono, et Danny, Kline se rend chez Wanda. « Je devrais vous haïr et pourtant je ne peux pas » déclare la jeune femme amoureuse. Kline tente de la convaincre du bien-fondé de son action : « L'important, ce n'est pas les abeilles, il faut sauver la ruche. » se défend-il.

La tension de l'épisode faiblit un peu lorsque Wanda et Kline tentent de quitter l'île. Wanda lui avoue préférer mourir plutôt que de perdre son amoureux. Devant cette preuve d'amour, Kline abdique : « Je me suis trompé. », et révèle un peu facilement le pot aux roses, soit l'endroit où est cachée la fiole diabolique. Mais celle-ci a disparu. Ce qui permet à l'épisode de rebondir.

L'objet était caché sous un embarcadère. Le chef militaire qui accompagne McGarrett dans l'enquête espère "récupérer" intacte la terrible arme à des fins militaires, ce en quoi il s'oppose férocement au chef des Five-O. Or le tube a été trouvé par un hippie qui pense avoir dégoté de la drogue. Il éteint la radio au moment où un communiqué allait le prévenir, procédé classique comme les voitures qui ont la bonne idée de tomber en panne lorsqu'une héroïne est pourchassée par un serial killer dans un slasher.

La fin est un peu convenue. Alex Kline s'échappe, retrouve le tube dans la cabane du hippie, et sacrifie sa vie en l'enterrant dans le sable après avoir indiqué à McGarrett de passer toute la zone au lance-flammes. McGarrett empêche Wanda, désespérée, de rejoindre son amoureux contaminé et mourant.

Un magnifique épisode.

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25. LA REINE DE LA POLYNÉSIE
(KISS THE QUEEN GOODBYE)

Cet épisode marque le retour de la comédienne Joanne Linville (vue dans le double épisode La preuve vivante en docteur charlatan), à nouveau dans un rôle de méchante, Camilla Carver. Elle fait confectionner par un faussaire une copie d'un bijou rare, "La Reine de la Polynésie", et en guise de paiement abat l'homme dans le dos.

Cette banale enquête de police choisie par les producteurs et CBS pour conclure la saison 2 nous laisse sur notre faim. On aurait aimé un final flamboyant, un cliffhanger, une enquête magistrale. Et on a la fâcheuse impression que cet épisode n'est là que pour faire du "remplissage".

Comme dans la fin de Demain ne naîtra jamais, nous assistons ici à une cérémonie officielle, où doit être présentée la Reine de la Polynésie. En dehors de Joanne Linville, aucune guest star particulière dans l'épisode. McGarrett comprend que lors de la cérémonie, le véritable bijou de la reine sera présenté, et que celui qui en a fait une copie veut substituer le faux au vrai.

Camilla a un amant beaucoup plus jeune qu'elle, Michael Olson, style athlète blond ; Joanne Linville est moins crédible que dans La preuve vivante, son personnage est caricatural. On embarque ensuite le spectateur dans une histoire compliquée où Camilla et son amant prennent au piège un grand-père pickpocket et le font chanter. L'homme, Thurman Elliott, participe aux préparatifs de la cérémonie officielle, et Camilla veut s'en faire un chevalier servant qui l'introduira dans les lieux incognito pour dérober la véritable Reine de la Polynésie et l'échanger avec la fausse.

Jack Lord sauve du naufrage ce qui peut l'être en menant son enquête avec pugnacité. On retrouve avec plaisir Richard Denning en gouverneur et Steve dans un complet rouge et blanc.

L'épisode a parfois des allures d'élection de Miss France (!) avec la jolie et jeune hawaïenne chargée de porter la Reine de la Polynésie. McGarrett trouve un peu trop facilement la solution : Camilla Carver vient de sortir de prison pour vol de bijoux et d'arriver à Hawaï, elle est sur une liste de passagers arrivés à Honolulu, et l'invitée de Thurman Elliott.

Un peu d'action quand même en fin d'épisode lorsque McGarrett à bord d'un hélicoptère prend en chasse l'amant de Camilla qui, en voiture décapotable, s'enfuit avec le bijou.

Bref, un épisode très moyen qui mérite tout juste deux melons pour terminer cette deuxième saison.

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Crédits photo: Paramount.

Images capturées par Patrick Sansano.