Etrange hôtel6-19-02Du bois vermoulu

MEURTRE AU PROGRAMME
(KILLER)

Steed gets a new partner - Tara gets some R and R

Tournage : Terminé le 27 septembre 1968

Diffusion : ITV , 22 janvier 1969 - 1ère chaîne ORTF 12 octobre 1973 ( La saison 6 a été diffusée aux Etats-Unis avant son passage au Royaume-Uni. La série étant britannique, seule la date de diffusion en Grande Bretagne, région de Londres, est fournie.)

Scénario : Tony Williamson

Réalisation : Cliff Owen

Jennifer Croxton (Lady Diana), Grant Taylor (Merridon), William Franklyn (Brinstead), Richard Wattis (Clarke), Patrick Newell (Mother), Harry Towb, John Bailey, Michael Ward, James Bree, Michael McStay, Anthony Valentine, Charles Houston, Jonathan Elsom, Clive Graham, Oliver Macgreevy.

Résumé

Des agents sont retrouvés morts, emballés, enrubannés et déposés dans un cimetière. L'assassin se nomme Remak mais sous quelle apparence agit-t-il ? Steed et sa nouvelle partenaire, Lady Diana Forbes, mènent l'enquête.

Epilogue

Steed rentre chez lui et découvre un amoncellement de cartes postales. Tara est de retour et elle offre à Steed un canot pneumatique qu'il gonfle immédiatement.


CRITIQUES

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Denis Chauvet

Avis : Bonne intrigue et une superbe Jennifer Croxton (Lady Forbes) en Avengers girl, un mélange de Mrs Peel et de Purdey. Sportive et charmante, elle nous met en appétit et nous donne un aperçu de ce que la saison 6 aurait dû être : une totale réussite ! Jennifer Croxton a plus de confiance en soi et de subtilité que l'actrice qu'elle remplace. Une excellente mise en scène, de l'action, une musique agréable et une histoire typiquement Avengers ! Dommage que qui vous savez rentre de vacances pour nous gratifier d'un épilogue ridicule : triste retour à la réalité !

Avec le recul (nouvel avis, juillet 2011) : Points positifs : action, suspense, mystère (même si on sait que Remak est un ordinateur à la revoyure), les agents décimés aseptisés, empaquetés et livrés par hélicoptère au cimetière, Freddy, le roi de l’emballage, des airs musicaux de la saison 4 (dont Les fossoyeurs au cimetière et Les cybernautes dans le final), le départ de Tara en vacances, le faux mort, l’humour (chapeau, brandy, suranaya), le bus et les mannequins, le final Steed versus Remak et, bien sûr, Lady Forbes (‘Call me Steed, I call you Forbes’) et sa Triumph blanche : subtile, féline, élancée, bien habillée (en contraste avec la titulaire) et une voix chaleureuse. Un chapeau en bonus pour cette unique prestation. Lady Forbes méritait de revenir pour s’affirmer.  Points négatifs : suspense moins présent à la rediffusion, le retour de Tara dans un tag stupide. Four !

Steed3003 29 mai 2007

Après le médiocre Georges et Fred, Tony Williamson s'intéresse une nouvelle fois aux ordinateurs. L'essai est-il cette fois conclu?

Pas de répit pour Tony Williamson: il avait déjà écrit l'épisode précédent (Etrange Hôtel) et enchaîne avec celui-ci. Pour l'occasion, Tara King est remplacée le temps d'un épisode par un nouvel agent : Lady Forbes. Il introduit parfaitement Lady Forbes et règle en quelques dialogues son duo avec Steed. Néanmoins, si le personnage se révèle excellent dans les scènes physiques, il manque d'humour et de personnalité. On regrettera qu'il n'ait pu être développé dans plus d'épisodes, comme l'avait par exemple été Venus King dans la saison 2. L'intrigue de Meurtre au programme est passionnante. Contrairement à Georges et Fred, où le traitement de l'informatique était des plus rebutants, Tony Williamson a su ici tirer tout l'intérêt dramatique et ludique de l'ordinateur. Le rythme est à l'américaine : cette rapidité parfois étourdissante, tout en sachant prendre son temps pour les scènes essentielles, permet une tension constante. Les morts s'accumulent sans temps...mort! Une caractéristique qui n'est pas sans rappeler celle de Maille à partir avec des taties où là aussi, le temps d'un épisode, Steed faisait équipe avec une nouvelle partenaire. Tony Williamson se moque d'ailleurs joyeusement d'un tic bien connu des scénaristes: le mourant qui dans son dernier souffle révèle une information capitale. Ce faux semblant sous forme de dérision, la première fois le spectateur est pris au piège, est tout à fait dans l'esprit de la série! On se souvient d'ailleurs que Tony Williamson avait lui même utilisé cette astuce dans le nettement moins glorieux Georges et Fred. En tout cas, Tony Williamson sait maintenir le mystère tout au long d'un épisode où il est bien difficile de croire que c'est un ordinateur qui est responsable de tous ces meurtres. A ce titre, il est bien dommage de remarquer un titre français moins équivoque que le titre original. L'intrigue aboutit sur une scène finale qui compte parmi les meilleures de la série. En bref, une intrigue parfaitement maîtrisée qui permet de passer outre la légèreté du personnage de Lady Forbes.

Il s'agit ici de l'unique mise en scène de Cliff Owen pour la série, un réalisateur qui d'ailleurs ne fera pas carrière. Son travail s'inscrit dans la continuité de ceux de John Hough, Robert Fuest et Ray Austin qui cherchaient à dépoussiérer la série. Cliff Owen se montre à la hauteur de ses prédécesseurs. En parfaite harmonie avec le scénario, il nous offre une réalisation des plus bluffantes. Il apporte un côté spectaculaire qui sied parfaitement au ton de Meurte au programme. Faisant preuve d'une recherche et d'une inventivité constante, il ne cesse de surprendre; quitte parfois à en faire trop et à donner un air foutraque à l'épisode. En effet, il a tendance à multiplier les effets et sa mise en scène apparaît parfois un peu précieuse. En tout cas, sa réalisation est extrêmement soignée et s'écarte de très loin des standards télévisés de l'époque. Il suffit de regarder la scène finale hallucinante où Steed est pris au piège de Remak (l'ordinateur diabolique) pour remarquer l'étendue du talent de Cliff Owen. Jennifer Croxton se débrouille plutôt bien dans le rôle de Lady Forbes mais ne jouit certainement pas de l'aura des autres Avengers girls. Macnee, bien soutenu par Newell dans le rôle de Mère Grand se révèle excellent et prend sans difficulté la vedette de l'épisode.

Tara King prend des vacances! Elle l'avait déjà fait dans l'épisode précédent, pour des motifs certes bien différents. Elle est remplacée par Diana Forbes qui se situe dans une situation bien plus d'égal à égal avec Steed. Mais bien qu'à l'aise physiquement, le personnage manque cruellement d'humour et de charme.On retrouve avec plaisir Tara King à la fin de l'épisode (quoi qu'en disent les mauvaises langues!). Une Tara King qui a inondé son partenaire de cartes postales!

Le studio de cinéma désert nous permet de retrouver durant quelques scènes l'atmosphère de Caméra Meurtre. Le pub est aussi réussi. Un décor très moderne et parfaitement réussi pour les entrailles de l'ordinateur. Pas mal d'extérieurs aussi, sans grandes particularités mais joliment ensoleillés.

Au début de l'épisode, nous pouvons voir Tara King porter un ensemble bleu clair ravissant avec une mini jupe nous laissant entrevoir des jambes qui n'ont rien à envier à celles de Diana Rigg. La garde robe de Lady Forbes s'avère être un mix improbables des trois Avengers girls précédentes. Ce mix nous permet de revoir le chapeau de l'ère Gale qui n'a rien perdu de ses attraits. Enfin, Steed enchaîne des costumes à se damner dans trois coloris différents :marron, bleu marine et gris.

Laurie Johnson ne nous offre aucune composition nouvelle mais seulement une reprise d'anciens thèmes, plus ou moins adaptés selon les scènes.

EN BREF : Efficace et des plus spectaculaires, Meurtre au programme figure parmi les joyaux de la série.

Estuaire44 16 février 2014

On apprécie le pont jeté entre l'épisode précédent (Étrange hôtel), également écrit par Tony Williamson), qui se concluait par la volonté affichée par Tara de partir en vacances et qui passe ici à l'acte. Un joli effet mais, pour le reste, le scénario de Killer se caractérise par son insigne faiblesse. En effet tout ce qui précédé le véritable argument de l'intrigue, la confrontation entre Steed et REMAK, ne représente qu'un interminable prétexte, où Williamson se contente de meubler, de plus maladroitement. Pour cela il suscite une accumulation des poncifs les plus éculés au fil de la série, tels l'informateur déboulant chez Steed pour y mourir en débitant quelques termes sibyllins, ou encore le marronnier absolu du défilé ininterrompu de meurtres. Le suspense autour de la véritable nature de REMAK ne perdure guère, les spectateurs comprenant le pot aux roses bien avant les Avengers, tant les indices se multiplient. La surprise de nos héros lors de la « révélation » résulte dès lors plus attristante qu'autre chose.

L'auteur a également recours à l'arme de prédilection des scénaristes acculés : la réitération. Ce n'est ainsi pas une ou deux, mais bien trois fois (trois) que l'on nous assène l'intégralité de la procédure d'exécution, ce qui alourdit considérablement un récit déjà peu tonique. Cet acharnement souligne de facto l'inanité du concept, puisque l'inamovible et onéreux REMAK ne fonctionne qu'en supposant qu'aucun des agents d'élite du Ministère ne soit capable de distinguer un cadavre d'un simulateur. Pour épicer son brouet dépourvu d'humour, Williamson tente plusieurs manœuvres vite avortées, comme des Excentriques sans saveur (le légiste) ou versant dans le gros rire traditionnel autour des homosexuels (le marchand de rubans). Le summum se voit atteint avec l'associé aussi vite apparu que disparu, uniquement destiné à gagner quelques précieux mètres de pellicule. On appréciera toutefois de retrouver les décors de Caméra meurtre, en particulier l'escalier avec lequel Steed franchit les grilles des studios. Les deux antagonistes ne sont pas non plus dépourvus de saveur, sans atteindre pour autant des sommets.

Au terme de cet indigent pensum survient la récompense du patient public, avec le combat tant attendu entre Steed et la machine infernale. Celle-ci tient ses promesses jusqu'à apporter une vraie justification à l'épisode, même si trop brève. Ici pour la seule fois derrière les caméras de la série, Cliff Owen manifeste un vrai savoir faire dans la mise en valeur de pièges astucieux et de décors élaborés. Il suscite une authentique atmosphère inquiétante, même si l'on peut regretter l'absence de Robert Fuest. Particulièrement versé dans l'art du design, ce dernier aurait encore pu accentuer les effets, tout en apportant une tonalité d'ensemble à l'épisode, en rehaussant les autres décors, très quelconques. Même le QG de Mother semble en retrait, vis à vis des créations antérieures. On reconnaîtra également  à Cliff Owen de s'être efforcé de dynamiser l'atonie du récit, par un montage aussi nerveux que possible, parfois abrupt.

L'autre caractéristique forte de l'épisode réside dans l'introduction d'une nouvelle partenaire de Steed. Forbes bénéficie de la personnalité de la tonique Jennifer Croxton, dont la vivacité et l'allant compensent une intonation parfois trop monocorde. Hélas l'auteur (et sans nul doute doute Brian Clemens lui même) commettent l'erreur d'opter pour la facilité en la campant sous les traits d'une quasi clone d'Emma Peel. Vêture, chevelure, style de voiture ou de combat, postures, tout concoure à ravir les nostalgiques de l'ex veuve ; mais il aurait été plus porteur d'imaginer une personnalité nouvelle plutôt que de ressasser un âge révolu. Une série comme Doctor Who privilégie toujours l'avenir au passé en innovant sans cesse dans le domaine clé de la personnalité de ses protagonistes. Inévitablement, cela suscite des périodes que l'on aime moins que d'autres, mais la série demeure vivace, car sans cesse renouvelée.

Ici le message perçu est que les Avengers demeurent intrinsèquement liés à Mrs Peel, et sont donc condamnés à terme, car il n'existe qu'une seule Diana Rigg. Il s'agit bien ici d'un miroir aux alouettes car les contempteurs de Tara King aimant à porter Forbes aux nues, détesteraient pareillement cette dernière si elle avait succédé à leur idole, la considérant comme une pale et indigne copie. Forbes se voit également assez maltraitée par l'intrigue, oubliant un indice capital, ne bénéficiant de pratiquement aucun moment de complicité avec Steed ou d'une scène d'adieux en bonne et due forme, le tag final (désastreux) voyant le retour de Tara, ce qui n'avait rien d'obligatoire. Alors que Steed monopolise virilement les scènes épiques contre REMAK, l'apparition miraculeuse et largement inexpliquée de Forbes au sein du dispositif achève d'en ruiner le concept. 

EN BREF: L'épisode se résume à un interminable et laborieux prologue au certes spectaculaire affrontement entre Steed et REMAK. Forbes se limite à une copie inévitablement mineure d'Emma Peel.


VIDÉO


Steed pris au piège !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

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Tournage

o Haberdasher Aske's School à Elstree est le bâtiment Remak.

o Steed et Lady Diana arrivent au pub The Pirate et y cherchent Remak. Ils sont attirés à l'extérieur. Scène tournée à The Crown, East Burnham.

o Trancer s'échappe à l'arrière d'une camionnette sur Dagger Lane à Elstree.

o Lady Diana arrive en voiture chez Wilkington. Scène filmée à Letchmore Lodge, Elstree Road.

o Lady Diana poursuit le car qui vient de quitter le bâtiment Remak sur London Road près de Shenley.


Continuité

o Comment des agents expérimentés ne prennent jamais le pouls du faux mort avant de croire à son décès ?


Détails

o Remak est l'abréviation pour : 'Remote Electro-Matic Agent Killer'. o Pourquoi 'meurtre' au singulier dans le titre français ?

o Une bouteille de champagne Meudon, à peine entamée, traîne sur le bureau de Steed à...11H30 du matin!

o Steed fait 1m85 et pèse 80 kilos comme nous l'apprend l'ordinateur. Avec un indice de masse corporelle de 23,4; il se situe donc dans une corpulence normale.

Acteurs - Actrices

o Jennifer Croxton a fait peu d'apparitions à l'écran ; le rôle de Lady Diana Forbes étant son quatrième après des débuts en 1966 dans la série Dixon of Dock Green. Elle ne fera que des apparitions TV dont Moi, Claudius ; la dernière en date est The tenth Kingdom (2000).

o William Franklyn (1926-2006) a tourné dans trois épisodes de la série : Il est l'inoubliable Omrod dans La poussière qui tue de la saison 4. Il a joué également dans Meurtre au programme, saison 6 et Otage des TNA. Il a souvent prêté sa voix à des publicités comme celles, très connues de Schweppes. Sa carrière a couru sur cinquante ans aussi bien à la télévision qu'à la radio, au théâtre et au cinéma. Il a passé sa jeunesse en Australie avant de revenir à Londres. Il fit ses débuts au théâtre à l'âge de 15 ans dans des rôles dramatiques puis dans des comédies. Il devint célèbre par des spots publicitaires en 1965. Il est apparu dans les séries britanniques Le baron, Les champions. Sa dernière apparition à l'écran remontait à 2004. Il est décédé d'un cancer de la prostate.

o Grant Taylor (1917-1971) est le général James Henderson dans UFO. Il a joué également dans Le Saint, Les champions.

o Richard Wattis (1912-1975) était un acteur comique britannique reconnu pendant trois décennies. Il mourut d'un arrêt cardiaque.

A noter que……

o Jennifer Croxton remplace Linda Thorson (partie en vacances), l'espace de cet épisode. Une polémique est née : était-ce un test pour remplacer définitivement Linda Thorson ? Brian Clemens dément cette information dans le livre Chapeau melon et bottes de cuir - éditions 8ème Art : "A cette époque, je m'étais brouillé avec Thames TV (pour une raison sans rapport avec les Avengers) et j'avais quitté la série. De sorte que Linda Thorson fut engagée pendant mon absence. Pour ma part, ce n'est pas elle que j'aurais choisie, car elle manquait de personnalité et, ce qui est plus grave, d'humour. C'est pourquoi, dès mon retour, j'ai créé le personnage de Mère-Grand afin qu'il apporte à la série un peu d'humour à la place de Linda. Certes Linda donnait le meilleur d'elle-même, mais elle manquait trop d'expérience. Quoi qu'il en soit, l'apparition de Jennifer Croxton n'a jamais correspondu à une tentative de remplacer Linda, elle a eu pour seul but de lui permettre de prendre des vacances.". o Problème de son sur la piste anglaise du dvd avec de nombreux scratchs.

o Le titre français lève toute ambiguité sur la nature du "tueur" de l'épisode.

o Jennifer Croxton est dans la première version de l'épisode Invitation to a Killing dans le rôle d'une photographe mais elle n'apparaît pas dans la version définitive Un dangereux marché.

o Dans certains épisodes de la saison 6, de nombreux acteurs apparaissent au générique sans le nom de leur personnage.

o Remak est le titre allemand tandis que les italiens ont gardé le titre original. o Il y aura une sorte de remake dans The New Avengers avec Complexe X41.

o Coupures de presse lors de la 1e diffusion française.

Télé 7 Jours

Jours de France

Fiche de Meurtre au programme des sites étrangers

En anglais

http://theavengers.tv/forever/king-16.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/tara/616.html
http://deadline.theavengers.tv/King-17-Killer.htm

En flamand

http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/king18.htm

En italien

http://www.serietv.net/guide_complete/agente_speciale/stagione_6.htm#145

 

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