Interférences5-11-02Le dernier des sept

CAMÉRA MEURTRE
(EPIC)

Steed catches a falling star – Emma makes a movie

Tournage : Terminé le 27 février 1967

Diffusion : ITV, 1er avril 1967 – 2e Chaîne ORTF, 6 août 1968

Scénario : Brian Clemens

Réalisation : James Hill

Peter Wyngarde (Stewart Kirby), Isa Miranda (Damita Syn), Kenneth J. Warren (Z. Z. von Schnerk), David Lodge (Policeman), Anthony Dawes (Actor).

Résumé

Mrs Peel est retenue prisonnière dans des studios de cinéma désaffectés. Un producteur, aidé de deux acteurs sur le déclin, veut relancer sa carrière en tournant la destruction de Mrs Peel. Steed arrivera-t-il à temps pour sauver sa partenaire ?

Épilogue

Steed et Mrs Peel se refusent à aller voir un film avec Stewart Kirby et préfèrent passer la soirée "à la maison". Emma pousse alors le mur de son "appartement" et le spectateur se rend compte que les Avengers sont encore dans le studio.


CRITIQUES

5-11-01
 

Denis Chauvet

Avis : Aimé ou détesté, Epic est un incontournable de la cinquième saison ; Mrs Peel est confrontée à un trio infernal magistralement interprété qui nous permet, de surcroît, de visiter l’envers du décor des Avengers. Brian Clemens prouve à cette occasion qu’il est le moteur de la série et James Hill démontre qu’il en est bien le meilleur réalisateur. De la pure satire à prendre au second degré. La tenue vert pomme de Mrs Peel renforce le côté irréel de cette aventure loufoque qui a une place controversée parmi les fans. Les différents tableaux caractérisant le cinéma accentuent le côté satirique et soulignent l’aspect inclassable de la série. La scène du mariage enterrement est inoubliable, agrémentée par la réplique de Peter Wyngarde : "Mrs Peel, we’re waiting for you !".

Avec le recul (nouvel avis, janvier 2012): Un grand épisode que j’aime beaucoup. Ce que je préfère est la scène de l’enlèvement et le réveil de Mrs Peel en tenue vert pomme dans son ‘appartement’ (un peu comme le numéro 6 dans le village) et toute la séquence mariage/enterrement qui suit. Et le regard de Mrs Peel/Diana Rigg avant le duel au saloon…Quelle série a permis à ses fans de visiter aussi bien les lieux de tournage ? Comme les autres épisodes ‘Peel’, je ne classe pas Epic dans le top three, car il n’y a pas la parité Peel/Steed requise mais c’est du quatre melons sans hésiter.

Steed3003 2 février 2005

Autant Brian Clemens est d'ordinaire un scénariste inégal, autant quand il s'agit de faire passer à ses héroïnes un sale moment, il est brillant. Ne vous retournez pas, L'héritage diabolique ou Le joker sont autant de chefs-d'œuvre. Mais qu'en est-il de Caméra meurtre ?

Autant rompre le suspense tout de suite : Brian Clemens a tout simplement écrit ici son meilleur scénario. Les superlatifs manquent pour le qualifier. Tout d'abord, comme très souvent chez les Avengers, il se montre remarquablement moderne, Brian Clemens abordant indirectement le sujet de la téléréalité. Le réalisateur Z.Z. von Schnerk ne veut-il pas faire de Mrs Peel une "star", recherchant en elle des réactions les plus spontanées, allant jusqu'à entraîner sa mort en direct pour "parachever son chef-d'œuvre". Cette critique, très sous-jacente il est vrai, des dérives de la télévision et du cinéma est des plus pertinentes : jusqu'à quelle folie peut aller l'humain au nom de l'art et du divertissement ? Si Brian Clemens n'apporte pas de réponse, la question a au moins le mérite d'être posée. D'autres symboles du même type émaillent l'épisode : comme mettre en parallèle le mariage et l'enterrement de Mrs Peel ? Brian Clemens, qui n'a jamais lui-même été marié, nous donne là une vision bien pessimiste du mariage, signifiant la mort de l'individu ! Mais bon, ne faisons pas passer la série pour du Prisonnier bis, ce qu'elle n'a jamais été, mais nous remarquerons néanmoins que la série a différents niveaux de lecture et se révèle parfois bien plus fine qu'elle n'y paraît. Mais, Caméra meurtre, ce n'est pas seulement ça, c'est aussi de la gaudriole vivifiante. En effet, cet épisode est de toutes les outrances. Ainsi, si la série se moque souvent d'un genre en particulier (le whodunnit avec Le dernier des sept, le film d'horreur avec Le mort vivant, le western avec Je vous tuerai à midi... ), Brian Clemens se moque de tous ces films pompeux qui se prennent trop souvent au sérieux, passant ainsi à la moulinette quasiment tous les genres : horreur, western, policier, historique, drame... Ceux qui font ce cinéma sont aussi passés à la moulinette : les gloires déchues, les réalisateurs mégalomanes, les figurants naïfs... L'épisode n'épargne rien ni personne avec un plaisir évident et des plus communicatifs. Pourtant, cet épisode totalement délirant et à la trame inhabituelle (la série réussit à se renouveler, c'est tout à son honneur) est extrêmement bien structuré, avec un rythme qui ne faillit pas et un enchaînement tout à fait logique. Chapeau l'artiste ! Il s'amuse même avec les codes du genre : les nombreux faux-semblants inhérents au monde du cinéma (les pistolets tirent à blanc, les policiers s'avèrent être des figurants...) sont parfois vrais (le meurtre du teaser, Mrs Peel assommant Steed avec une chaise qu'elle croyait en toc... ) Tous les personnages de l'épisode sont autant de personnages inoubliables : Z.Z. Von Schnerk, Stewart Kirby et Isa Miranda sont les meilleurs méchants de cette saison. Des méchants outranciers, caractériels et mégalomanes, mais terriblement attachants et désabusés ; ils possèdent une épaisseur, malgré leur aspect ultra stéréotypé. Enfin, que dire du tag final, superbe clin d'œil au téléspectateur (la série si proche des Avengers, Clair de Lune, réutilisera souvent le même principe) et prouvant au passage que la série, elle, ne s'est jamais prise au sérieux. Et c'est bien là une de ses principales qualités. En bref, voilà une mise en abyme de la série très intelligente ; bourrée d'humour et de second degré, un scénario d'une rare richesse, avec une scène finale haletante. Une incontestable réussite !

Pour un scénario pareil, le choix de James Hill, l'un des meilleurs réalisateurs de la série (Le fantôme du château De'Ath ou Clowneries) s'avérait des plus judicieux. L'épisode est visuellement très riche, des plus colorés. Tout à fait, dans le ton excessif du scénario. La qualité artistique est énorme, la série est à son apogée. C'est simple, chaque plan est un régal. Non seulement le travail est soigné, mais le très inspiré James Hill réussit à nous faire pénétrer dans le monde du cinéma, et ses différents univers, avec un rare bonheur. Tant dans les scènes d'action que de comédie et de suspense, James Hill s'avère excellent. Il y a même quelques scènes quasiment oniriques (l'enterrement de Mrs Peel, par exemple) vraiment stylisées. Comme souvent chez lui (cf Pour attraper un rat, Clowneries), la direction d'acteurs est excellente : avec des rôles sur mesure, Peter Wyngarde, Isa Miranda et Kenneth J. Warren (particulièrement bien doublé en VF) se révèlent impériaux, leur jeu outrancier collant parfaitement au ton de l'épisode. Diana Rigg offre elle aussi une très belle performance. En bref, une réalisation digne du cinéma (pour un épisode qui s'en moque, c'est déjà pas mal !), rehaussant encore plus la qualité du scénario. La meilleure réalisation de James Hill pour la série, sans aucun doute.

Emma Peel est soumise, pour la deuxième fois dans la série après L'héritage diabolique, à rude épreuve dans cet épisode, où Steed n'est que très peu présent. Elle garde néanmoins tout son humour et sa nonchalance habituelle (il faut voir sa réaction tout juste amusée quand elle apprend qu'elle va se faire tuer, c'est extraordinaire !). Son personnage s'affirme ici comme un personnage féminin fort ; prenant même parfois des airs de macho (voir ce geste des plus masculins à 30'56" ou quand elle parodie le lion de la MGM). Mais, c'est tout de même ce bon vieux Steed qui lui sauve la vie !

Les extérieurs de campagne au début de l'épisode (quand Stuart Kirby, déguisé en vieille dame, filme Mrs Peel sur une bicyclette) sont des plus verts et ensoleillés. Bref, des campagnes anglaises comme on en voit que dans la série ! On ne s'étonnera pas que les extérieurs et les intérieurs du studio soient des plus réalistes, puisqu'il s'agit de ceux de la série. Quant aux autres décors, reflétant chacun une ambiance bien distincte, leur aspect un peu cheap (le saloon, la chambre de tortures... ) ne fait que renforcer l'aspect savoureux de l'épisode.

Mrs Peel nous fait toujours rêver avec une tenue mauve des plus affriolantes, une veste verte et un pull violet qui la mettent très bien en valeur et qui n'ont pas vieilli d'un pouce. Dans cet épisode, Steed porte des gants ; c'est plutôt rare et pourtant du plus bel effet.

La musique de Laurie Johnson suit tout à fait l'aspect délirant de l'épisode et, comme dans Clowneries, c'est excellent.

EN BREF : Un chef-d'œuvre baroque et jubilatoire ! De loin, le meilleur épisode de la saison et, de peu, juste après Clowneries, de la série toute entière.

 

Estuaire44 15 Septembre 2013

Après une séquence pré générique déjà absolument remarquable d'impact et d'humour noir, l'audacieux détournement du rituel Mrs Peel, We're needed institue d'emblée qu'Epic va constituer un épisode éminemment à part. Effectivement, à l'instar de Maille à partir avec les taties, auquel il fait finalement davantage songer qu'un Héritage diabolique, malgré une trame scénaristique davantage similaire, Epic s'impose comme un nouvel épisode audacieusement décalé, au sein même de la série entre toutes spécialiste du genre. On y reconnaît le même humour dévastateur, au non-sens des plus britanniques, ainsi que ce souffle transgressif et débordant de vitalité créative caractérisant les Sixties. Un épisode aussi génialement fou par saison représente d'ailleurs une proportion ad-hoc, conférant le maximum d'impact à l'exercice de style, tout en maintenant l'unité de la saison. Mais ce feu d'artifice permanent des images et des dialogues n'empêche pas l'opus de développer un intérêt profond, aux multiples facettes.

Evidemment l'arme première de l'opus demeure son incoercible drôlerie, puisant à diverses sources. Les dialogues pétillent comme jamais, que cela soit durant les sessions délirantes du triumvirat décati, les échanges entre un Z.Z. en fusion et une Mrs Peel souverainement flegmatique, l'acharné  déni du réel du faux bobby. Les gags visuels abondent, de même que l'humour de répétition durant les multiples affrontements d'Emma et de Kirby, tous plus hilarants les uns que les autres et relevant du plus haut burlesque. Le tag de fin se monte pareillement irrésistible, avec ses réparties dignes du meilleur théâtre.

En outre, Epic revêt rapidement l'aspect d'un précieux documentaire sur le tournage des Avengers eux-mêmes. L'amateur éprouvera un vif plaisir à découvrir une visite étonnamment détaillée des studios et décors historiques, avec comme fer de lance le propre appartement de Mrs Peel. Découvrir l'envers de la scène suscite toujours un frémissement particulier. L'aspect technique ne se voit pas non plus négligé, avec un passionnant panorama sur l'ordonnancement d'un plateau de l'époque, ses caméras au charme désuet, ses spots innombrables, ses ventilateurs et autres multiples artifices. Captivant, et d'autant plus irremplaçable que l'on connaît le sort échu aux studios d'Elstree.

Tout comme La mangeuse d'hommes du Surrey, Caméra meurtre sait également merveilleusement évoquer le cinéma d'un autre temps. Certes, au pastiche anglais fin et élégant succède un irrésistible et dynamique tourbillon imaginatif, mais on y retrouve une approche particulière constituant le sel des Avengers, ainsi qu'un hommage sincère en arrière fond. Les clins d'œil abondent et les divers affrontements synthétisent tout un catalogue du film de genre, avec une idéale mise en scène de James Hill. Mais, à travers le dévoiement de la folie visionnaire de Z.Z. von Schnerk transparaît bien la magie du cinéma de l'âge d'or d'Hollywood. On préfère de beaucoup cette lecture si créative et décalée du cinéma au vulgaire décalque, littéral, opportuniste et indigent caractérisant l'échec d'Interférences. L'apothéose gothique de la scène finale illustre parfaitement le large fossé séparant un inutile doublon compassé d'une mordante et brillantissime parodie.

Enfin Epic excelle par son approche ludique et virtuose jusqu'au vertige du concept même de réalité. Différents niveaux de perspectives s'interpénètrent entre l'œil de l'observateur, l'univers des Avengers et la trame narrative de Z.Z.. Le tout avec une fluidité et un talent inouis, porté par un Brian Clemens paraphant ici l'une de ses plus belles prouesses. Plusieurs moments forts ponctuent cet étonnant voyage, comme Mrs Peel se réveillant dans un simili appartement, puis Steed pénétrant dans le même qui est le réel, puis les Avengers accomplissant une nouvelle et spectaculaire bascule lors du tag conclusif. Un chef d'œuvre. Le mariage/enterrement représente un autre grand passage, avec de surcrôit une habile fusion entre l'esthétique traditionnel et celle, passablement psychédélique, des Sixties. On songe beaucoup à l'épatant A World Of His Own de The Twilight Zone, à l’argument aussi jouissif et où Gregory West crée une réalité en l’enregistrant, non sur une pellicule de cinéma, mais sur la bande d’un magnétophone. 

Les personnages s’avèrent au diapason de cet extraordinaire scénario. Emma Peel se voit une nouvelle fois mise en avant, avec une interprétation derechef enthousiasmante de Diana Rigg. Elle accomplit cette prouesse de rendre Emma Peel en tous points conforme à l’aussi mémorable qu’enfiévrée description qu’en donne Z.Z.. Emma bénéficie également d’une superbe tenue au vert flamboyant, à l’éclat lysergique parfaitement en raccord avec le récit. Elle convient aussi idéalement au technicolor que la garde robe de la saison 4 au Noir et Blanc. L’ensemble mauve du tag vaut aussi largement le détour, tandis qu’Epic présente aussi le mérite de ne contenir aucun Emmapeeler ! Patrick Macnee demeure parfait d’élégance et de finesse, aucune scène de Steed n’apparaît d’ailleurs secondaire.

Si Damita tient toute sa place, Kirby domine le duo grâce à la faconde et à la personnalité de Peter Wyngarde, dont le talent s’impose avec une rare force. Il passe d’un costume à l’autre avec une égale réussite, une authentique performance. Mais l’on retiendra surtout le fabuleux Z.Z. von Schnerk, incarnation dévoyée mais flamboyante du Septième Art, dont le charisme extraverti et l’égo exacerbé oscillent dangereusement sur la frontière étroite séparant le génie de la folie. Kenneth J. Warren quitte la série sur sa meilleure prestation et le démiurge Z.Z. s’impose comme le plus mémorable des Diabolical Masterminds de la saison. Il ne cède sans doute que devant la froide folie obsessionnelle et l’aura méphitique d’un Keller.

EN BREF : Avec talent et audace visionnaire, l'épisode rend un hommage vibrant au cinéma hollywoodien d'avant-guerre. Ses variations autour de la notion de réalité et son aspect documentaire concernant le tournage de la série sont également passionnants

 


VIDÉO

Un ultime élan artistique ! (VF)

Un ultime élan artistique ! (VO)

L'enterrement de Mrs Peel


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

5-11-03
 

Tournage

o Le décor utilisé est principalement le studio de tournage de la série vu sous tous les angles. Les studios d’Elstree furent fondés en 1925 par... un Américain, J. G. Williams, qui rêvait de fonder un Hollywood anglais. Les premiers films créés étaient encore muets. Repris par des entrepreneurs anglais après une faillite rapide, les studios donnèrent naissance à l'un des tous premiers films d’Hitchcock, encore dans sa période anglaise (Blackmail, 1929). Fermés durant la guerre, ils furent repris par la Warner qui y réalisa d’importants investissements, tout en assurant la distribution aux États-Unis des films produits. Les années 50 furent ainsi une période de prospérité et de création intense, tandis que les studios s’ouvraient progressivement aux séries télé (ITV, ABC). Les années 60 virent le couronnement de cette évolution, avec outre les Avengers, le tournage de nombreuses séries prestigieuses (Le Saint, Les champions, Jason King, Le Baron…), tandis que la Hammer y prenait ses quartiers. En 1968 EMI racheta le studio, avant de les fusionner avec ceux, voisins, de la MGM. Malgré de beaux succès durant les années 70 (Le crime de l’Orient-Express, 1974), la MGM se retire et le studio commence un déclin progressif. Malgré de nombreux succès durant les années 80 (la trilogie des Indiana Jones) la fermeture est envisagée. Malgré une mobilisation du public, les deux tiers des studios sont détruits en 1991 pour laisser place à un immense hypermarché, activité beaucoup plus rentable... Après une période de conflit juridique, les studios subsistants rouvrirent en 1999, et, avec l’aide d’importants investissements publics, produisent encore aujourd’hui de belles réussites populaires (Revenge of the Sith, 2005).

o La scène en extérieur où Mrs Peel est dans le taxi de Kirby en route pour les studios fut tournée à côté du studio de tournage (Shenley Road, Borehamwood).


Continuité

o Lorsque Mrs Peel prend le taxi, on voit un arrière-plan avec une lumière ; c’est exactement le même après que le taxi ait pris le virage.

o Une erreur surprenante : lorsque Mrs Peel se réveille et qu’elle saisit le téléphone rouge, elle devrait se rendre compte tout de suite que c’est un studio ; il n’y a en effet pas de ‘mur’ quand elle franchit la porte et passe du coté caméras. Il n’y a pas ce problème dans le tag car Mrs Peel pousse le mur avec son pied.

o On reconnaît le même faux décor vu dans l’épisode Interférences pour le cottage du professeur Stone.

o Mrs Peel pose le pistolet chargé à blanc juste avant le combat avec Kilby en indien, mais elle l'a de nouveau en main quand elle se retrouve près de la barrière électrifiée.

o Lors du combat avec Kilby, déguisé en soldat cette fois, Emma est censée être assommée alors que rien ne la touche à la fin de la scène après qu’elle ait dit "ah ah ah!" à Damita.

o Dans la scène finale où Mrs Peel est attachée sur une planche et se dirige dangereusement vers une scie, on peut voir qu'elle s'en approche, puis recule, et ainsi de suite (particulièrement visible à 41'59" puis 42'00").

o Il est impossible que Mrs Peel ne remarque pas Z. Z. von Schnerk et Damita Syn sur les marches de l’escalier après le duel dans le "saloon".


Détails

o Stewart Kirby a onze déguisements dans cet épisode.

o Sur la Rolls Royce décorée pour le mariage, on peut lire sur le carton : "Wedding invitation – You are invited to the wedding of Emma Peel.".

o Sur le premier plan de l’introduction, la statuette a une inscription: ‘Ollingham Award given to Z. Z. von Schnerk for the Best Cinematograph Film of 1931’.

o Les titres des films des deux stars sur le déclin sont: The Bad Bad Lady & Sophisticated Scoundrel.

o Le taxi pénètre dans les studios, stage 4 : lieu de tournage des Avengers.

o On voit rarement une Mrs Peel aussi dépeignée que lors du rendez-vous manqué.



o À l’entrée de Kirby en Alexandre le Grand, on peut voir une pancarte qui, elle, n’a pas dû servir à la série ; on y lit : "Police Department, City of San Francisco".

o Steed s’assoit sur une caisse estampillée "props" [accessoires] pour lire le script The Destruction of Emma Peel.

o Dans la scène du péplum, on reconnaît le fauteuil qui a servi lors d'une séance photo de promotion pour la série.

o Deux éléments de décor déjà vus : la peinture abstraite dans Bons baisers de Vénus et l'écriteau «Simon Roberts and son» dans Le vengeur volant.

o Cet épisode est une référence au film de Billy Wilder, Sunset Boulevard – Boulevard du crépuscule (1950). Damita Syn est censée être une caricature de Gloria Swanson et Z.Z. von Schnerk d'Erich von Stroheim. (Das Konzept Emma Peel, Lars Baumgart. p 121-122). Les deux acteurs, stars de films muets, ne tournaient en effet plus beaucoup avant ce film. Le thème du film de B. Wilder : un scénariste écrit une histoire pour une star du film muet tombée dans l'oubli. Sunset Boulevard montre le monde sans pitié du cinéma qui détruit ses ressources par la révolution de ses techniques. Z.Z. von Schnerk joue d'ailleurs au piano une partition souvent utilisée dans les films muets à la fin de l'épisode.

o C’est la célèbre phrase de Shakespeare: ‘To be or not to be, that is the question’ qui met Steed sur la piste de Kilby!

o L’imposante voiture conduite par Kelby durant la scène du « mariage » est une Rolls-Royce Silver Wraith, fabriquée à 1 883 exemplaires, de 1946 à 1959. Elle intègre de nombreux progrès techniques mais demeure la dernières Rolls-Royce a être livrée sur châssis, avec une carrosserie à façonner au goût du clients par des artisans spécialisés. La Silver Wraith fut adoptée comme voiture officielle  par plusieurs chefs d’Etat (Irlande, Brésil, Danemark) et apparaît dans de nombreux films. Elle est ainsi la voiture de Bruce Wayne dans les Batman de Tim Burton.

o La scène où Emma est anesthésiée dans le taxi est une reprise d'une scène du classique de Fritz Lang, Le Docteur Mabuse (1922). L'Inspecteur principal Von Wenk y est pareillement gazé puis dépouillé dans un taxi, alors qu'il s'apprête à poursuivre le génie du mal.

o Pink pages, Kirby ! This means pink pages ! s'exclame Z.Z. lorsque Emma déjoue une nouvelle fois le scénario. Ceci fait référence à la coutume voulant que, durant un tournage,  les modifications du script s'inscrivent sur des pages de couleurs différentes afin d'indiquer leur chronologie. Le document initial est en blanc, le première jet de pages remplacées est traditionnellement en bleu, ultérieurement  le deuxième est en rose. Chaque page représente une minute de film. La séquence usuelle est blanc, bleu, rose, jaune, vert, or, chamois, saumon, cerise, brun, ivoire, puis le cycle reprend. Si un nombre très important de pages est à changer d'un coup, le script peut passer tout entier à la couleur concernée.

Acteurs – Actrices

o Peter Wyngarde (1933) est également l'inoubliable John Cartney du Club de l'enfer, saison quatre. Il est né à Marseille. Enfant, il fut détenu dans le camp de Lung-Hai en Chine après l'invasion japonaise en 1941. Le rôle de Jason King dans les séries Département S (1969-70), puis Jason King (1971-72) centrées sur son seul personnage, l'a rendu célèbre, notamment pour sa moustache et ses cravates flamboyantes. Auparavant, il avait tourné dans Le Saint (deux épisodes) et Le prisonnier (Numéro 2 dans Échec et mat). Sa dernière apparition à l'écran remonte à 1994 dans un épisode des Mémoires de Sherlock Holmes. En 1970 il réalisa un album de chansons pour RCA Victor, édité depuis en CD sous le titre When Sex Leers Its Inquisitive Head.

o Isa Miranda (1905-1982) était une actrice italienne très connue en Europe des années 30 à 50, que ce soit au cinéma ou au théâtre. Dans les années 60, elle a surtout tourné pour la télévision britannique avant de sombrer dans l'oubli. Elle a joué notamment dans Au-delà des grilles avec Jean Gabin (Oscar du meilleur film étranger en 1950 et pour lequel elle fut primée au Festival de Cannes), Hôtel imperial, La ronde et The Yellow Rolls Royce. À la télévision, elle est apparue dans Le Baron, Sherlock Holmes, Paul Temple.

o Kenneth J. Warren (1929-1973) a joué dans trois autres épisodes de la série : Le trapéziste, saison 1 ; Intercrime, saison 2 ; Les petits miracles, saison 3. Cet acteur australien a également joué dans des séries à succès comme Destination danger, Le Baron, Les champions, Le Saint, Amicalement vôtre.

À noter que…

o Pour l'édition Optimum sortie en 2010 au Royaume-Uni, un commentaire audio de cet épisode a été fait avec Peter Wyngarde, acteur.

o La scène où Alexandre revient de guerre et retrouve sa mère Olympias comporte une petite revanche pour Peter Wyngarde. En effet celui-ci fut brièvement envisagé pour interpréter le rôle-titre dans le Alexandre le Grand de Robert Rossen (1956), avant que Richard Burton ne finisse par l'obtenir (Danielle Darrieux jouera Olympias). Un personnage mineur échut finalement à Wyngarde, celui de Pausanias, l'assassin de Philippe de Macédoine. De plus, la plupart des scènes de Wyngarde furent coupées au montage. Dépité et sa carrière au cinéma étant ainsi tuée dans l'œuf, Wyngarde se consacrera ensuite à la seule télévision. 

o Pas de scène traditionnelle ‘Mrs Peel, we’re needed’, mais Mrs Peel déclarant: ‘I’m needed elsewhere!’

o Sur le DVD3 de la collection Optimum, Brian Clemens présente l’épisode et il dit qu’il y avait un problème de budget car beaucoup d’argent avait déjà été dépensé pour les décors. D’où l’idée de tourner cet épisode dans le studio et aux alentours, en y ajoutant quelques ‘props’. Clemens souligne la référence à Erich von Stroheim et Sunset Boulevard et ajoute qu’Isa Miranda joue ‘a fading ageing star’ ce qu’elle était réellement dans les années 60.

o Il y a une photo montrant Patrick Macnee en grande discussion avec Roger Moore sur le plateau des studios d’Elstree ainsi que des clichés avec Peter Wyngarde et Isa Miranda dans tous leurs costumes. (DVD3 de la collection Optimum, Image Galleries.)

o Commentaire de Patrick Macnee pour cet épisode : "Caméra meurtre, c'est du grand Brian Clemens. Dans un style très Avengers, il se moque du monde du cinéma et parodie les stéréotypes que sont les bagarres, les films historiques ou d'horreur, et tout cet univers complètement fou !" – (source : bonus DVD)

o La musique style film muet jouée par ZZ von Schnerk durant la scène finale est la même que celle utilisée dans le final de l'épisode Les fossoyeurs de la saison 1965/1966.

o Erreur sur le dos de la jaquette du DVD kiosque, le réalisateur et le scénariste de cet épisode ne sont pas respectivement Robert Day et Philip Levene comme indiqués, mais bien James Hill et Brian Clemens.

o La scène finale, la séquence de la mort d'Emma Peel, est une référence au Puits et le pendule d'Edgar Allan Poe.

o Le fauteuil roulant découvert par les complices de Z.Z. von Schnerk pour transporter le "corps" de Steed ressemble étrangement à celui d’Horatio Kane (Mort en magasin, saison 4).

o Coupures de presse lors de la 1re diffusion française.

Télé Magazine

Télé Poche

Télé 7 Jours

Fiche de Caméra meurtre des sites étrangers :

En anglais
http://theavengers.tv/forever/peel2-11.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/emmacol/511.html
http://deadline.theavengers.tv/PeelS2-11-Epic.htm
En flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/peel38.htm
En italien
http://www.avengers.it/11col.htm
En espagnol
http://losvengadores.theavengers.tv/peel_epic.htm